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Dieu se moque d'être compris des hommes [PV Ezio]

 
Message posté : Ven 13 Mar 2015 - 20:59 Message
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Dieu se moque d'être compris des hommes


Devant l'église où officiait le père Ezio, un jeune homme hésitait à entrer. Il était fort tôt dans la matinée, puisque le clocher sonnerait bientôt les huit heures. Il était là depuis quelques minutes, et trottait comme un chien fou sur le parvis du saint lieu. Qu'attendait-il pour pénétrer la maison de Dieu, lui qui était venu chercher du réconfort auprès d'un homme dont la foi était inébranlable ? Ses réticences n'étaient qu'un ensemble de vaines postures, il ne luttait point, il s'imposait la patience et savait, de toute façon, que le prêtre ne recevrait les confessions de ses ouailles qu'après les huit coups du matinal carillon. Pourquoi avoir choisi le père Ezio, toutefois ? Considérant les nombreuses connexions de la famille Beaudrie à Star City, et son implication très ramifiée dans les activités religieuses de la communauté catholique municipale, nul doute qu'il aurait pu actionner quelques leviers pour obtenir un entretien ou une entrevue avec un haut gradé du clergé romain local. Mais il ne l'intéressait pas d'aller graisser la patte d'un dignitaire religieux plus intéressé par sa vie temporelle que par sa vie spirituelle. Et le père Ezio, qu'il connaissait peu mais bien assez pour n'avoir aucune raison de douter de l'authenticité de sa foi, entrait de toute évidence dans la catégorie des hommes d’Église capables d'éclairer la lanterne sèche et sombre du malheureux Dante, qui, peu de temps auparavant, était un autre. Cet autre était mort. Sa famille pleurait encore sa mort et lui se voyait toujours vivant, alors qu'il aurait dû s'en aller pour le royaume des Cieux. Mais de toute évidence, la mort fut insuffisante à le tuer, ce jour-là, dans cette salle de sport, alors que l'événement n'avait laissé que des ruines, des cadavres et du chagrin. Cette erreur du destin, qui l'avait arraché à son corps pour l'enfouir dans un autre, peinait à trouver grâce à ses yeux. Il ne se l'expliquait pas.

Il le pourrait un jour, mais pour l'heure, il se trouvait seul face à l'ignorance et au silence de tous les grimoires qu'il possédait. Et la frustration l'avait gagné. Il n'avait certes pas eu le temps de lire tous les livres de sa bibliothèque susceptibles de l'aider à comprendre ce qui lui était arrivé quelques jours plus tôt, mais trop pressé qu'il était, se tourner vers la Foi, et donc vers un prêtre digne de ses vœux, et quel prêtre était plus digne de ses vœux que cet homme qui avait avec la délicieuse Giulia Mancini et lui menait avec zèle et sérieux un projet caritatif qui fut un succès ? Les huit coups sonnèrent. Dante entra. Après avoir recueilli sur le bout de ses doigts un soupçon d'eau bénite prélevée dans le modeste bénitier de l'entrée, il alla s'agenouiller devant l'autel, se signa, puis gagna l'espace dévolu à la confession. Il alla s'agenouiller encore, mais cette fois dans le confessionnal, où il attendit, patiemment, la venue du prêtre. Une vague odeur d'encens régnait dans l'église. Cette présence était rassurante. Il y a dans la myrrhe et l'encens un peu de la divinité qui règne en chaque homme, et qui rapproche tout individu de son Créateur. Légèrement grisé par cette caresse olfactive, Dante manqua presque de remarquer l'apparition, derrière la grille de l'isoloir, de son confesseur. Ils échangèrent quelques formules d'usages et le jeune homme, que le père Ezio n'avait jamais rencontré et qui n'avait donc jamais entendu sa voix, découvrit bien vite que ce dernier n'était pas là pour confesser un excès de gourmandise au restaurant ou un défaut de courage à la faculté.

 « Dîtes-moi, mon père, croyez-vous aux miracles ? »

Il avait conscience de l'impunité de sa question, mais le magicien, qui avait toujours refusé l'irrévérence crasse et facile, n'était pas vraiment d'humeur à ne point parler franchement et sans ambages.

 « Dieu a ressuscité son fils, béni soit-il. Y'a-t-il eu d'autres cas de résurrections ? »

Il songeait bien évidemment au célèbre Lazare de la Bible, qui mourut, se leva et marcha à l'injonction de celui qui n'était pas encore le Christ. Tout le monde connaissait l'histoire, mille fois répétées, décriées, parodiées. Mais Dante ne posait pas la question par esprit de provocation. Il était sincère dans sa démarche, et même si sa voix dénotait une certaine impatience que l'encens apaisait quelque peu, elle n'en était pas moins criante de fragilité, de la fragilité des convictions qui cherchent à s'affermir.

 « Pardon, mon père, mais je dois vraiment savoir... dans l'ignorance où je suis, je suis porté à croire que Dieu m'a abandonné. »

Il y avait une part de sincérité, bien sûr, dans ces propos, mais Dante n'était pas non plus un agneau innocent : ces dernières phrases ne visaient qu'à s'assurer de l'intérêt du prêtre qui, ennuyé à l'idée de répondre aux questions d'un jeune sot, trouverat sans doute plus intéressant de converser avec un gamin qui se sent faiblir dans sa foi mais qui désire s'y retrouver.
 
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Message posté : Ven 13 Mar 2015 - 22:21 Message
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La confession était un moment important aux yeux d'Ezio. Il avait lui-même été confronté à cette situation dans son enfance et il lui était parfois – souvent même – arrivé de partir en étant déçu. Les réponses apportées par son confesseur étaient à peine impliquées, il avait l'intime conviction que l'homme ne s'intéressait guère aux problèmes de ses ouailles, mais qu'il agissait ainsi par obligation. Le prêtre Italien mettait donc un point d'honneur à ce que les fidèles qui venaient à son église puissent avoir accès à un service de qualité. Il était important de trouver une oreille attentive, quelqu'un qui puisse conseiller et répondre aux questions qui venaient parfois perturber la vie des enfants du Seigneur. Si les habitants de cette planète ne pouvaient plus compter sur Dieu, quel espoir restait-il ? Aucun, assurément !

C'est pour cette raison que l'Italien dédiait toutes les matinées de la semaine à la confesse. Du lever du soleil à midi, l'homme était à disposition de ses fidèles, prêt à leur offrir une oreille attentive. Il n'y avait aucune curiosité là-dessous, mais en réalité Ezio était certainement l'homme au courant du plus de secrets de toute la ville. Les gens venaient lui confier n'importe quel tracas, du vol mineur à la tromperie conjugale, voire pire. Il avait déjà entendu des choses qui auraient fait blêmir les plus sensibles – voire des personnes aguerries. Mais c'était son devoir et il le faisait avec joie.

Ce matin-là, le prêtre était déjà debout depuis un bon moment lorsqu'un fidèle éprouva le besoin de se confesser. Ezio se rendit donc dans le lieu prévu à cet effet et après les échanges d'usage, entendit une voix s'adresser à lui. Il ne la connaissait pas. L'Italien avait toujours été plutôt doué pour reconnaître les voix ou les visages, mais il lui semblait que son interlocuteur était un nouveau venu. Peu lui importait au final, car il confessait également tous les individus qui se présentaient à lui – et sans chercher à savoir à qui il avait affaire d'ailleurs.

La question du lui fut alors posée ne manqua pas de le surprendre. Entrée en matière plutôt originale, mais l'homme d'église resta silencieux alors que le jeune homme reprenait la parole pour parler de la résurrection. Il s'agissait là d'un sujet plutôt... compliqué. L'église catholique reconnaissait difficilement les cas de ce genre, mais au cours de sa vie, Ezio avait déjà été témoin de choses suffisamment étranges et inhabituelles pour savoir qu'elles n'étaient pas impossibles. Il croyait volontiers à la résurrection, mais pas à la réincarnation. Il s'agissait là de deux choses bien différentes – de son point de vue uniquement. La voix de l'inconnu était teintée d'hésitation, de doute, mais pas vraiment de colère ou de contrariété. Il semblait vraiment chercher à comprendre quelque chose qui lui échappait. Avait-il était « victime » d'une résurrection ? À moins que ce ne soit l'un de ses proches qui l'avait abandonné suite à cet événement. Les possibilités étaient nombreuses, mais pour commencer, Ezio décida simplement de répondre à la question de sa brebis égarée.

« Je crois que le terme de « miracle » est un peu trop flou pour définir tout ce que la vie peut nous réserver. » Il ne s'agissait que de son avis et non de celui de l'église. « L'Ancien Testament relate au moins trois résurrections, les Évangiles quatre, toutes réalisées par le Christ, quant aux Actes des Apôtres, ils en comptent au moins deux. » Il marqua une légère pause. « Comme vous le constaterez, ce n'est pas vraiment ce qui manque. »

Mais il s'agissait là de simples écrits. Bien sûr, Ezio y croyait totalement, cependant il était conscient que pour certaines personnes, si elles ne voyaient pas les choses se passer juste sous leurs yeux, c'était aussi peu crédible que de parler du Père Noël. Le prêtre ne savait pas vraiment où le jeune homme voulait en venir, mais ce qu'il voyait, c'était qu'il semblait douter de l'attention qu'Il lui portait. Or, Il était là pour s'intéresser à tous les humains. Contrairement à certains de ses compères, Ezio croyait que Dieu avait la même attention pour chaque être vivant, qu'il soit un riche politicien ou un sans abri qui ne croyait pas en son existence. Il ne cherchait pas la célébrité, juste le bonheur pour ses enfants.
Après quelques instants de pause, il reprit.

« D'après les chrétiens, la résurrection du Christ n'est pas un simple retour à la vie mortelle, comme un réveil. C'est plutôt un passage à une nouvelle vie. Selon l'apôtre Paul, quiconque ressuscitera après le Christ renaîtra avec un corps spirituel différent de son corps mortel. » Ce qui ne devait pas être très clair. « Certains verront peut-être cela comme une réincarnation, mais comme vous le savez peut-être, le christianisme n'y croit pas. »

Il retomba dans le silence pendant quelques instants. Il s'agissait là de ce qu'il avait appris au cours de sa formation de prêtre, mais ce n'était peut-être pas ce que son interlocuteur cherchait comme réponses ? Marquant une légère pause, l'Italien reprit finalement la parole d'un ton toujours aussi calme et apaisant.

« Il ne se désintéresse jamais de ses enfants. Même lorsqu'ils se détournent de lui et empruntent une voie bien obscure, il s'intéresse toujours à ses enfants. Parfois, il choisit simplement un nouveau chemin plus adapté aux choix de son protégé. »

Et là, c'était son intime conviction.
 
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Message posté : Sam 14 Mar 2015 - 1:30 Message
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Le prêtre connaissait sa Bible sur le bout des doigts et de toute évidence, donnait aux réponses qu'il formulait toute la rigueur nécessaire à l'apaisement des doutes du jeune Dante – ce dernier n'aurait pas toléré une réponse trop vague, de celles qu'on entend trop souvent dans les prêches à travers la chrétienté, catholique ou réformée. Trop de religieux séculiers se reposaient, à son goût, sur la passivité des fidèles, alors qu'il lui semblait nécessaire d'impliquer chacun dans la pratique d'une foi active, ouverte et réceptive à toutes les manifestions de la divinité. Ainsi, les cas de résurrections étaient nombreux. D'après le père Ezio, il n'y en avait pas moins de neuf, ce qui n'était pas une quantité négligeable. C'était même plutôt rassurant, mais tout de même très intimidant : Dieu lui-même était impliqué dans ce qui lui était arrivé lors de l'attentat de la salle de sport ? L'idée même que le Créateur eût pu être un des acteurs de sa résurrection lui arracha un frisson et un soupir d'effroi. Ce que dit ensuite le père Ezio le conforta dangereusement dans cette idée, puisqu'il décrivait la résurrection du Christ comme l'étape d'une renaissance d'un corps mortel à un corps spirituel. Or, Louis avait justement retrouvé la vie dans un tout autre corps : le parallèle était évident et l'esprit très réfléchi du magicien n'en fit guère l'économie. Mais sa vanité avait des limites : il n'irait pas jusqu'à se comparer à Jésus Christ – pas pour le moment, en tout cas ! Résurrection ou réincarnation, ce n'était à ses yeux qu'une question subsidiaire, presque un problème de vocabulaire. Sans croire aux fumisteries des prophètes autoproclamées de leur époque, qu'on voit prêcher à tous les coins de rue dès qu'une fin du monde est annoncée par les astrologues – notez la logique ! – Dante n'irait pas contredire le prêtre sur ces points de détail, pas plus qu'il ne mettrait en cause sa conviction de savoir l’Éternel soucieux de couvrir chacun de ses enfants du même amour et de la même bénédiction. Mais Il était certainement trop loin du monde pour encore y avoir la pesante influence d'un couteau sous la gorge, par exemple.

Dante inclina la tête et son front effleura la dentelle de la grille. Il ne pouvait voir le visage du père Ezio, mais le souvenir qu'il en avait lui suffisait pour l'imaginer, de l'autre côté de la paroi. Il aurait voulu lui parler face à face, toutefois il devait se plier aux règles imposées par la confession. Toutefois, s'il ne pouvait observer le clerc dans le détail de ses expressions, rien ne l'empêcherait d'affirmer toute la vérité de son trouble. « Pensez-vous, mon père, que Dieu pourrait accorder la résurrection à n'importe qui ? Un homme à l'âme d'un démon pourrait-il prétendre à cette faveur divine ? » Le magicien savait très bien ne pas avoir mené une vie de saint. Sans doute était-ce la cause réelle de ses inquiétudes. Il avait toujours su concilier sa foi et ses activités... ténébreuses. Mais à présent qu'il se trouvait dans l'incompréhension la plus totale... pourquoi diable Dieu l'aurait-il ressuscité ? Pourquoi lui ? Bien sûr, il allait déjà fort loin dans ses raisonnements, car après tout, l'avenir lui révélerait l'innocence de Dieu, dans l'événement. Mais pour l'heure, il ne voyait nulle autre puissance capable d'accomplir pareil prodige. Et Ezio, bouche de Dieu, en quelque sorte, devait bien pouvoir l'éclairer à ce sujet. « Mon Père, ne me prenez pas pour un fou si j'insiste, mais je dois savoir si Dieu peut encore aujourd'hui ressusciter les personnes de son choix. Car... » Sa voix se brisa dans le silence d'un regret soudain. Il était encore trop tôt pour avouer à l'homme d'église la vérité sur son identité dévoyée. Mais le temps pressait, et Dante l'ignorait encore, mais plus il échangerait avec le père Ezio dans le confessionnal, plus ce dernier se rapprocherait de la vérité. De sa vérité.

 « Car je crains que Dieu ait fait une erreur. Mais est-ce possible, mon père ? Dieu se trompe-t-il, parfois ? » L'hypothèse paraissait probable, sinon pourquoi aurait-il accordé sa bénédiction et le retour à la vie à un magicien aux pratiques plus que douteuses ? Sauf à dire que les desseins du Créateur lui demeuraient encore obscurs, ce qui n'était pas improbable. Les voies du Seigneur sont réputées impénétrables, après tout !
 
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Message posté : Sam 14 Mar 2015 - 11:50 Message
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Le prêtre resta silencieux dès que la voix de son interlocuteur recommença. La résurrection était le centre de cette discussion qui ressemblait davantage à une conversation à cœur ouvert qu'à une réelle confession, mais Ezio était l'oreille attentive que cet inconnu cherchait et il remplissait donc son rôle. Assit en silence, mains jointes aux doigts entrelacés, posées sur ses genoux, il observait le plancher de bois sans le voir. Un homme à l'âme d'un démon ? S'il parlait de lui, cet individu avait une bien piètre estime de sa personne ! Ou était-il plutôt clairvoyant, le prêtre ne le connaissait pas assez pour savoir s'il se fourvoyait ou non. Quant à la folie... nombreux étaient ceux à croiser Trinité et à le prendre pour un fou. Pourtant, il ne faisait qu'exprimer sa foi au travers de ses actes et de son accoutrement. Les humains étaient prompts à juger leurs semblables : il suffisait parfois d'émettre une idée qui sortait des normes pour être classé dans la catégorie des personnes à l'esprit malade. Dommage. La variété était une bonne chose, encore plus lorsqu'il s'agissait d'une foi réelle : Ezio n'avait jamais dénigré qui que ce soit parce qu'il ou elle avait une autre foi que la sienne.

Le silence du prêtre ne se brisa que lorsque son interlocuteur lui posa une question très simple : Dieu se trompait-il ? Il y avait la réponse dictée par l'église et la sienne. Ezio avait tendance à s'éloigner un peu des mots prononcés par ses comparses, il préférait considérer que leur Seigneur à tous était intéressé par tous ses enfants plutôt que de penser qu'il sélectionnait seulement quelques élus. La peur d'être pris pour un fou expliquait peut-être pourquoi bien peu de personnes parlaient des miracles dont elles étaient la cible.
C'est donc d'un ton toujours aussi patient et posé qu'il reprit la parole.

« Je ne crois pas. Dieu a le temps de réfléchir à chacune de ses actions, il n'agit pas sur un coup de tête. Chaque malheur, chaque miracle est le fruit d'une réflexion intense. Bien sûr, il serait vaniteux de ma part de prétendre pouvoir comprendre ce qu'Il souhaitait faire en agissant de telle ou telle manière, mais je suis convaincu qu'il a un projet bien précis pour chacun d'entre nous. »

Peut-être que cette réponse ne conviendrait pas à son interlocuteur : parfois les gens avaient besoin d'une réponse claire et à partir du moment où vous leur disiez que vous ne pouviez pas les aider à comprendre plus précisément ce qui allait se passer, ils perdaient la foi. Ezio avait souvent songé que c'était pour cette raison que bien peu de citoyens de cette ville était penchés sur la religion : ils avaient l'habitude de voir des héros se promener dans les rues de la mégalopole et ne pouvaient donc pas envisager qu'une quelconque force supérieure puisse exister quelque part. Ils devaient la voir pour un croire. Mais la foi était justement bien différente de cela : il fallait la ressentir et la chérir pour qu'elle gagne en intensité.

Dans ce cas présent, peut-être que le Seigneur avait un projet bien précis pour cet homme ? Lui-même était né dans le péché, de deux serviteurs de Dieu qui avaient fauté. Pourtant, il servait désormais le Tout Puissant et propageait sa bonne parole. Aurait-il dû être oublié, mis de côté parce qu'il portait le péché de ses parents ? Non. Dieu était bien moins hostile et hautain que les humains voulaient bien le faire croire.
Après cette légère pause, l'Italien reprit.

« Se décrire comme un homme à l'âme de démon est très sévère. Je crois que Dieu a une vision de l'humanité qui n'est pas comparable à la nôtre. Peut-être a-t-il des projets pour cette personne. Peut-être désire-t-il lui offrir une nouvelle chance ? » Il inspira légèrement. « Les miracles ne sont pas fournis avec le mode d'emploi, je le crains bien. C'est à la personne concernée de comprendre ce qu'Il attend de lui. Les miracles sont là pour éprouver ou récompenser la foi. Peut-être a-t-Il sentit que la foi de cet homme était vacillante et a-t-Il décidé de lui permettre de réfléchir là-dessus ? » Une pause se fit. « Si vous êtes venu dans l'espoir d'obtenir une réponse précise, je crains de ne pouvoir vous satisfaire. Mais vous aider à comprendre entre dans mes moyens. »

Une manière de dire qu'il serait là pour l'accompagner, mais non pour parcourir ce chemin à sa place.
 
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Message posté : Dim 15 Mar 2015 - 1:06 Message
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Les réponses du prêtre n'étaient pas déplaisantes, mais elles lui semblèrent trop générales, trop impersonnelles, trop vagues et imprécises. Il aurait voulu du détail, du concret, du définitif, du brutal même ! Hélas, Dante oubliait peut-être que le père Ezio, sans savoir les détails de son histoire, ne pourrait que lui fournir des conseils et des paroles de bon sens, mais trop unanimes et communes pour être d'une quelconque aide.  « Je comprends, mon père, les réponses ne peuvent être plus précises, et c'est fâcheux. Ma la foi supplée l'imprécision du langage des Cieux, je suppose. » Le prêtre lui inspirait beaucoup de sympathie, depuis qu'il le connaissait, et jamais il n'aurait cédé ni ne céderait, avec lui, aux facilités rhétoriques des bretteurs impatients de prouver, à tort ou à raison, à l'homme de foi qu'il se trompait, justement, dans sa foi. Mais ce jour-là, dans ce confessionnal, les inclinations au respect et à l'amitié, qu'il avait toujours eues pour le père Ezio, ne pesaient guère en comparaison de l'irrépressible besoin de réponses qu'il sentait poindre en lui comme une faim intarissable. Alors s'il devait pour obtenir des réponses concrètes être lui-même très concret dans la formulation de ses questions, soit ! La parole de Dieu est claire à l'homme dont le cœur est clair lui-même.  « Avez-vous entendu parlé de la mort de Louis d'Ax, mon père ? Le chef d'orchestre que vous connaissiez ? » Il eut l'impression de faire le grand saut de la foi qui fit la réputation d'une des plus mémorables scènes cinématographiques de la fin des années 1980. Dante n'était pas Harrison Ford, mais il veillerait à mettre assez de cran et d'authenticité dans le témoignage qu'il s'apprêtait à faire.

Ils n'étaient pas dans un film, après tout. En cas d'erreur, en cas d'échec, il ne suffisait pas de couper la scène et de la recommencer. Le moindre geste, le moindre de mot était une pierre de plus à l'édifice du monde. Rien ne se faisait jamais qui ne fût définitif, en fin de compte.

 « Vous avez participé avec lui à un projet, en fin d'année dernière. Un projet pour Noël, conjointement mené avec Giulia Mancini, qui est une amie que vous partagez et qui vous a rassemblés tous les deux. N'est-ce pas ? » Mais Dante ne s'arrêta pas là. Sans attendre la réponse du père Ezio, il enchaîna en faisant le récit de toutes les entrevues qui firent se rencontrer le prêtre et le musicien, depuis la première dans ce salon de thé fort cossu où le projet se décida et jusqu'à la dernière visite de Louis en la présente église, quand il vint porter au prêtre un chèque à son attention, participation de la Société des amis de l'Opéra Beaudrie à la rénovation des toitures du saint lieu. Et il y avait trop de détails dans le récit du jeune homme, pour que le prêtre ne reconnût pas la véracité de ce témoignage, soit que Dante fût le confident de Louis ou un espion de première catégorie. Mais ce que Dante dit ensuite devait l'éclairer sur ce point, et le détromper si d'aventure il s'imaginait l'une ou l'autre de ces deux possibilités :  « Cet homme que vous avez connu et fréquenté est mort, mon père, et pourtant, il se tient là à vos côtés. »

Il prit une profonde inspiration et déclama d'un ton qui ne devait rien à une quelconque théâtralité. Dante n'était plus dans la mise en scène. « Je suis Louis d'Ax et je voudrais savoir pourquoi Dieu m'a refusé de mourir. » Et sur ces quelques mots, il se tut, pour laisser à Ezio le temps de digérer l'information et de répondre à sa dernière question, mais aussi pour calmer ce cœur qu'il sentait battre la chamade dans sa poitrine. Quelle pitié qu'il n'eût pas l’œil fixé sur le visage du prêtre pour observer ses réactions ! Quelle pitié, et aussi quel soulagement, car ainsi abrité par le format traditionnel de la confession, Dante pouvait tout entendre, et il s'attendait déjà à se voir traiter de fou, d'impie, d'hérétique ou de malade. C'était la saine réaction qu'il attendait de tout un chacun, mais du père Ezio, il ne savait trop à quoi s'attendre, et se demandait si la Foi de cet homme lui avait ouvert l'esprit autant qu'elle avait ouvert son cœur aux autres.
 
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Message posté : Dim 15 Mar 2015 - 12:19 Message
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Bien sûr qu'il avait entendu parler de la mort de Louis d'Ax. Ezio en avait été chagriné, tout en restant conscient que le jeune homme avait certainement rejoint un monde meilleur. Le trentenaire était loin de soupçonner que le chef d'orchestre était membre d'une organisation secrète qui rêvait de dominer la planète. Les explications s'enchaînèrent en l'interlocuteur du prêtre parla du projet de Noël mené aux côtés de la charmante Giulia Mancini – certainement l'une des personnes les plus fidèles de l'église. Mais les choses ne s'arrêtèrent pas là : le jeune homme poursuivit pour apporter des précisions qui n'auraient certainement pas été connues d'une personne extérieure à leur groupe de l'époque. Ezio était étonné, c'est un fait. Les questions sur la résurrection et puis ces précisions... est-ce qu'il y avait anguille sous roche ? Loin d'interrompre son ouaille, l'Italien attendit que ce dernier termine ses aveux pour annoncer qu'il était bel et bien Louis d'Ax et qu'il avait visiblement eu une seconde chance.

Quelques secondes de silence s'installèrent dans la discussion. Ezio ne prenait pas le jeune homme pour un menteur : en entrant à l'Opus Dei, il avait rencontré des choses pour les moins étranges et exceptionnelles. Depuis lors, il était capable de comprendre certains événements qui l'auraient certainement interloqué s'il n'était encore qu'un prêtre lambda. Les secondes s'égrainèrent et il coupa enfin court au silence avant de répondre à l'aveu de Louis d'Ax, un jeune homme qu'il avait toujours beaucoup apprécié, même s'ils ne s'étaient jamais vraiment côtoyés excepté lors des réunions en lien avec l'église. Le ton de sa voix était calme et posé, signe qu'il ne jugeait pas son interlocuteur.

« Les questions posées prennent tout de suite plus de sens. » Il hocha la tête pour lui-même. « Comme je vous l'ai dit, je ne puis vous donner une réponse claire, j'ignore quels sont les desseins du Seigneur vous concernant, mais je puis vous aider à essayer de les comprendre. » Signe qu'il ne comptait réellement pas le laisser tomber. « Nous ne nous connaissions pas réellement, hormis lors de nos rencontres en lien avec l'église. Mais vous m'êtes toujours apparu comme un homme de foi, désireux d'aider les autres en partageant ce que la vie vous a offert. »

Par là, il pensait notamment au fait que la famille Beaudrie n'avait jamais hésité à donner de l'argent à l'église pour pouvoir lui permettre de survivre et de continuer à aider les gens dans le besoin. Louis était un homme fort occupé – tout comme Giulia Mancini – et pourtant ils n'avaient pas hésité à sacrifier plusieurs jours pour des personnes qu'ils ne connaissaient même pas. Si ce n'était pas la preuve d'un altruisme sincère, il ne s'y connaissait pas ! Bien évidemment, Ezio n'était pas naïf, il avait entendu l'ancien chef d'orchestre lui dire qu'il était un humain à l'âme de démon, c'est donc qu'il devait avoir fait des choses peu recommandables – et certainement pas de l'avis du Seigneur. Malgré tout, Il avait décidé de lui donner une nouvelle chance pour lui permettre de reprendre sa vie en main ou de continuer ses bonnes actions.

« Le Seigneur a de l'intérêt pour ses Enfants. Il aspire à ce qu'ils mènent une vie paisible auprès des gens qui comptent pour eux. S'il a décidé de vous accorder une nouvelle chance mon enfant, c'est certainement parce qu'il estimait que vous le méritiez. Un accident n'existe pas. » Il répondait à sa précédente question. « Quant à la raison, je ne puis la deviner à votre place. Peut-être avez-vous enclenché une mécanique que vous-mêmes ne soupçonnez pas ? Les gens ont besoin que leurs semblables soient là pour les soutenir. Depuis que je vous connais, vous avez fait preuve d'altruisme à l'égard de parfaits inconnus. Le Seigneur ne peut que récompenser cela. »

Mais il existait certainement bien d'autres choses qui pouvaient justifier cette décision. Malheureusement, Ezio n'était rien de plus qu'un prêtre qui était là pour aider les Enfants de Dieu, il n'était pas sa voix ou son esprit. L’Italien était prêt à aider Louis à éclairer son chemin obscur pour savoir vers quoi il se dirigeait, mais il ne pouvait pas le faire seul. Il serait là, à ses côtés, de manière à veiller qu'il puisse trouver l'issue tant désirée. Mais un prêtre n'était pas un remplaçant, juste un accompagnateurs. Après quelques secondes de silence, il reprit la parole.

« Vous avez parlé d'une âme de démon. Vous semblez penser que cette nouvelle vie ne vous était pas dédiée.... »

Et désormais, c'était à Louis de lui expliquer ce qu'il avait en tête.
 
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Message posté : Dim 15 Mar 2015 - 22:05 Message
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Dante entendait le père Ezio, mais les réponses qu'il formulait ne touchait pas seulement l'esprit du magicien. Elle l'apaisait aussi, en quelque sorte. Ce fut toutefois, bientôt, au père Ezio de poser des questions. Dante s'y attendait. Il n'était pas là pour se dérober.

 « Une âme de démon. Le mot est fort, n'est-ce pas, mon père ? Il est aussi contradictoire, vu qu'il me semble que ces créatures n'ont pas d'âme. Et heureusement ! Quand on sait ce que sont les démons... mais c'est vous le spécialiste. » Un fort mauvais souvenir lui revint. Il avait dans le courant de la seconde moitié de l'an passé rencontrer un démon et même un archidémon. Raphaël, qu'il se nommait, ironiquement, ne lui avait pas franchement laissé un doux souvenir, et s'il n'avait aujourd'hui plus aucun contact réel avec ce suppôt des enfers, Dante n'en était que très heureux et espérait que la distance serait maintenue aussi longtemps que possible.  « C'était bien sûr une métaphore. À vrai dire, j'ai connu un démon, un vrai, mon père. Un de ceux qui troublent, qui assombrissent, qui affaiblissent nos consciences et les font régresser vers son plus petit état... Si les anges brillent au ciel, ce démon-là, mon père, il brûlait aux plus profonds de l'abîme. » Il n'allait pas faire le récit de sa rencontre avec l'archidémon, car il aurait dû alors faire aux prêtres des révélations que sa bonne conscience ne supporterait peut-être pas. Et même s'il était lié par le secret de la confession, Dante connaissait bien la valeur des serments et des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient. Le risque était trop grand et là n'était pas la question, du reste : aucun intérêt à se remémorer ces moments difficiles à Mannheim comme ailleurs. Il se rapprocha tant de la grille du confessionnel qu'il lui sembla entendre la respiration calme et méditative du religieux à ses côtés.  « C'était un vrai méchant, mon père. Sans tête de bouc, sans pieds et queue fourchus, sans cornes, sans poils. Je ne crois pas être comme lui, puisqu'après tout, je suis civil, et courtois, ce qu'un démon n'est jamais. »

Il prit une profonde inspiration. Tant pis s'il monologuait. Ezio méritait des réponses claires, et il les désirait, après tout. Notons toutefois que, pour une fois, la vanité du magicien ne prenait aucun plaisir à voir Dante parler de lui-même. Comme quoi tout arrive !  « Moi j'étais civil, j'étais courtois, j'étais sociable, j'étais travailleur, j'étais bon. Je menais une vie de labeur et de générosité, mon père. J'avais ma part d'ombre, toutefois. » Sa voix se fit plus faible. Il quitta la proximité de la grille pour s'affaisser à l'opposé, comme s'il manifestait là le désir de s'extraire à cette cage de bois, ce tombeau hors de terre où il lui semblait mourir une seconde fois. Ses yeux s'embrouillèrent. S'il devait pleurer, toutefois, ce ne serait pas de chagrin, mais de colère.  « Oh oui, mon père, j'ai plusieurs fois commis des actes que vous réprouveriez, j'ai plusieurs fois agi sans les scrupules nécessaires, et je crois qu'avec le temps ma culpabilité s'est émoussée... je crois qu'à la toute fin le bien et le mal pour moi se confondait... je n'exagère pas, mon père. » Il osa même cet aveu, à voix si basse que le prêtre dut tendre l'oreille pour être sûr de ne rien manquer :  « Vous pourriez imaginer le pire, mon père, mais vous seriez loin du compte. Alors, pourquoi... » Sa voix s'éleva soudain. Il ne criait pas mais parler avec une fermeté nouvelle.  « … pourquoi, mon père, pourquoi suis-je mort à l'âge du Christ pour ressusciter comme lui, moi que l'Enfer aurait dû accueillir ? » Dante se trompait sur les chiffres, mais quelle importance ? Son problème demeurait indifférent à ces considérations historico-mathématiques. Il porta la main à son front et y épongea quelques gouttes de sueur. Même s'il était immobile dans ce clapier béni, l'épreuve lui coûtait en force, et exigeait de lui des surcroîts d'énergie. Bien plus que physique, l'épreuve était spirituelle. « Est-ce à dire que je me suis trompé, mon père ? Que tout ce que j'ai cru être mal, toute ma vie durant, ne l'était pas ? Que Dieu m'a refusé la mort pour m'encourager à poursuivre comme je l'ai toujours fait ? » Son cœur battait la chamade. Il s'était emporté et le regrettait un peu, mais bien vite ses regrets furent balayés par le soulagement qu'il éprouva soudain, et qui déferla sur lui comme si le barrage qui retenait ce grand fleuve venait de sauter. Il avait enfin mis des mots sur ce qui lui pesait tant depuis qu'il s'était éveillé dans le corps d'un autre. Mais le soulagement n'ôtait rien au besoin de réponses qui l'avait poussé à se confier au prêtre. ote]
 
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Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 0:50 Message
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Ezio croyait à l'existence de démons et il prenait donc les paroles du trentenaire très au sérieux. Si Louis – ou quelle que fut sa nouvelle identité – prétendait avoir rencontré l'un d'entre eux, le prêtre le croyait. Le volume de la voix du jeune homme s'éleva légèrement, signe qu'il s'était rapproché de la grille qui masquait leurs visages. Mains toujours posées devant lui, le trentenaire écoutait patiemment, respiration régulière et apaisée malgré la nature pour le moins étrange et surprenante de cette confession. L'Italien avait déjà rencontré des démons, il savait que certains d'entre eux aimaient se camoufler derrière le joli minois d'un enfant. Les plus sournois bien souvent, ceux qui comprenaient que les humains peinaient plus à enlever la vie d'une personne qui avait encore toute son existence devant elle. Mais Ezio savait que lorsqu'un démon assimilait l'esprit de son hôte, il n'y avait plus le monde espoir pour lui, pas même l'exorcisme.
Mais ce n'était pas le cas d'Ezio.

La voix de Louis devint moins forte, signe qu'il s'éloignait à nouveau. Physiquement, ou spirituellement aussi ? Avouer avoir sa part d'ombre n'était pas une chose simple, Ezio savait de quoi il parlait puisqu'il devait donner la mort pour permettre à d'autres de survivre. Mais ce qui l'inquiétait, c'était surtout que le chef d'orchestre déclarait que bien et mal finissaient par se confondre. Et s'il avait perdu son âme immortelle en voulant céder aux sirènes du mal ? Elles pouvaient être très envoûtantes, l'Italien l'avait vu au cours de ses voyages.

De nombreuses questions se posaient dans l'esprit du jeune homme, des questions qui prouvaient que tout n'était pas perdu. Louis d'Ax n'était qu'une brebis égarée qui avait besoin d'être menée jusqu'au Seigneur. S'il souhaitait se racheter une conduite, c'était le moment idéal. Ezio ne connaissait pas le passé de l'ouaille qu'il confessait, cependant il pouvait assurer sans la moindre hésitation que le Seigneur n'aurait pas agi ainsi qu'il n'avait pas eu bon espoir pour lui. Espoir de le voir reprendre une nouvelle vie ? De changer de cap ? De saisir la chance offerte par ce niveau corps et ces nouveaux moyens ?

« Non. Je crois simplement qu'Il considère que vous êtes quelqu'un de bon et que vous avez une chance de racheter vos erreurs passées. Habituellement, les gens n'ont qu'une chance. Ils meurent comme ils ont vécu : en commettant trop de fautes et en faisant du mal aux autres, ils partent en Enfer. » Il inspira longuement. « Mais vous pas. Il a décidé de vous accorder une nouvelle chance, de vous permettre de pouvoir vous pencher sur votre passé. » Mais il ne parlait pas de le modifier. « Alors, non. Je ne crois pas que vous vous soyez trompé. Je crois simplement que c'est vos questions qui vous ont mené ici. Vous sembliez toujours vous demander si vous agissiez correctement, Il a dû considérer que vous étiez une brebis égarée et non le loup dans la bergerie. En vous permettant de pouvoir débuter une nouvelle vie, vierge de tout lien avec votre ancienne enveloppe charnelle, je pense qu'Il veut uniquement que vous choisissiez une nouvelle voie. Ou plutôt que vous choisissez votre voie. »

Il avait parlé de nombreuses erreurs passées, mais l'Italien n'irait pas lui demander lesquelles exactement. Cela n'était qu'entre lui et le Seigneur. Le prêtre ne devait pas connaître tous les secrets, sauf si la brebis égarée avait besoin de le dire, mais en aucun cas le réclamer. Le trentenaire observa quelques instants de silence, son regard clair toujours posé sur ses mains immobiles devant lui. Il s'agissait d'un sujet très sérieux et auquel Ezio voulait répondre aussi efficacement que possible – comme tous les autres en vérité. Après une légère pause, l'Italien reprit du même ton posé et rassurant.

« Je connais l'attitude des démons, tout comme je connais leur affection pour les enveloppes charnelles humaines. Bien souvent faibles en apparence, de manière à attirer la pitié des humains. » Et il avait l'air sincère. « Mais vous, vous avez des scrupules. Ou vous sembliez en avoir. Vous vous demandez si vous méritez cette nouvelle chance, si vous n'auriez pas dû mourir pour expier vos fautes en Enfer. Il ne vous considère pas comme une âme souillée ou gangrenée, mais bel et bien comme une âme à sauver. » Une pause se fit. « Mais la question étant : est-ce que vous vous sentez comme tel ? Ou plutôt, est-ce que vous comptez changer vos erreurs passées pour mériter cette chance ? »

Mais la question ne donnait pas l'impression qu'il attendait une réponse : il voulait uniquement pousser le cher d'orchestre à s'interroger lui-même. Bien évidemment, il serait là pour en discuter si l'homme le souhaitait, mais la décision lui revenait à lui et à lui seul.
 
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Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 14:33 Message
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 « Je ne sais pas, mon Père, comment je me sens. » Ces mots lui échappèrent. Ils étaient criants d'une vérité invisible aux yeux du magicien : ses hésitations n'étaient pas un caprice. Ses doutes n'étaient pas une passade. Son indécision n'était pas une posture. Tout naissait d'une fracture opérée en lui le jour de sa mort. Le Louis qu'il fut jamais n'avait douté de la... méchanceté de certaines de ses actions. Il avait, du reste, toujours agi en pleine conscience des conséquences que ses choix et ses décisions entraîneraient pour son âme.

Il avait accepté cette fatalité monstrueuse en persévérant sur le chemin qu'il s'était choisi ; et entrer au service de l'Ombre, pour respecter les vœux de loyauté de sa famille, jamais ne lui avait paru compatible avec une vie menée dans les pas du Christ. Il n'était pas un saint, mais un pécheur, et il le savait. Alors la résurrection n'aurait pas dû lui être accordée. C'était comme s'il recevait le cadeau destiné à un autre, comme si le miracle se trompait de cible. Dante s'était apaisé, un peu. Le doute ne lui était pas si désagréable, et pourtant il ne pouvait se résoudre à en accepter la froideur annelée.

Le père Ezio semblait l'inviter à placer sa confiance en Lui et en son dessein indéchiffrable aux yeux des hommes. Son cœur peut-être, et sa foi, lui suffiraient à accepter l'augure choisie par Dieu, en tout cas c'était le chemin que lui désignait le religieux.  « Mais je suis heureux que vous ne me jetiez pas la pierre, pour douter ainsi de la sagesse de notre Créateur. Je crois comprendre ce que vous me suggérez. Mais si le paradis m'était destiné, Dieu ne m'a-t-il pas puni en me refusant d'y accéder ? »

Cette pensée lui parut immédiatement sotte. Si le père du Christ était si cruel et si tordu, il ne serait sans doute pas vénéré par des millions de fidèles à travers le monde. Les hommes tordent la parole de Dieu pour justifier leurs actions, mais Lui n'a pas besoin de cet intermédiaire pour agir et faire.Dante ferma les yeux.  « Vous avez très certainement raison, je dois voir dans le geste divin qui m'arrache à la mort l'occasion de continuer la belle œuvre qui m'a conduit jusqu'à Dieu, au cours de ma... vie précédente. »

Le terme lui sembla détestable, mais il n'en trouvait pas de meilleur pour décrire la situation avec une honnêteté de chirurgien.

 « Je veillerai à honorer sa faveur comme il se doit. » Il rouvrit les yeux. Quelque chose en lui venait de se briser, c'était l'urne où Dante concentrait ses doutes et ses hésitations. Dieu lui pardonnait ses erreurs passées, ses méfaits, ses crimes et ses tentations diaboliques. Dieu considérait certainement le jeune homme avec assez de compassion pour excuser ses fautes et ses égarements. Alors Dante sut qu'il continuerait sur le même chemin, jusqu'à connaître les nausées d'une vie trop riche et trop mouvementée, car c'était là ce que Dieu désirait pour lui.

Sa foi s'en trouvait renforcée, et la fêlure du paradoxe de sa vie de crime et de charité, de forfaiture et de bonté, disparut à l'horizon de ses pensées car désormais, pour lui, Dieu épousait, embrassait, encourageait ses projets personnels et l'invitait même à les poursuivre jusqu'à leur dernier terme. Qu'importait tout le reste ! Les actions bonnes ou mauvaises, les crimes ou les bienfaits, tout cela ne serait que des moyens alignés en vue de la fin, de l'accomplissement, du couronnement final. Ce serait en quelque sorte un pèlerinage qu'il mènerait en lui-même, et qui le conduirait jusqu'aux portes de Saint-Pierre où il serait accueilli en héros ! Dante laissa échapper un bref ricanement. Il riait de sa propre grandiloquence. Pourtant, ces réflexions, grotesques et grandioses, marquaient en lui une étape de plus dans son développement personnel.

 « Croyez-vous, mon père, que je sois appelé à accomplir de grandes choses ? Que je ne gaspillerai pas ce miracle ? » Il alla même plus loin encore.  « Je ne voudrais pas me montrer indigne de la faveur des cieux... avez-vous jamais douté, comme moi ? Avez-vous jamais connu la froideur du... scepticisme ? » Sa question était sincère. Il voyait le père Ezio comme un homme à la foi inébranlable. Il n'imaginait pas qu'un tel prêtre eût pu connaître ce sentiment d'abandon qu'il vivait depuis sa résurrection. Mais il ne connaissait pas le saint homme, et peut-être que ces deux yeux si profondément convaincu dissimulaient des souvenirs d'une infinie tristesse et d'une acerbe incrédulité. Il se tut. Il désirait entendre le prêtre, qui refuserait sans doute de lui parler de ces choses personnelles, mais il sentait au fond de lui que plus qu'un confesseur, il avait besoin d'une personne avec qui partager ce sentiment terrible de foi malmenée et vacillante.

Et le prêtre semblait être cette personne, puisqu'il ne le prenait pas pour un fou à la mention des démons et de la résurrection.
 
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Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 16:37 Message
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Lorsqu'il parlait, Ezio ne faisait qu'exprimer la manière dont il interprétait l'agissement du Seigneur, mais il ne pouvait pas déclarer que c'était une certitude. Il n'était rien de plus qu'un prêtre et ne pouvait pas se targuer de savoir ce qui se passait dans l'esprit de leur Père à tous. Mais l'Italien se doutait que Louis l'avait bien compris, il l'avait précisé au début de leur discussion – qui ressemblait plus à cela qu'à une confession. Le chef d'orchestre avait toujours été une personne intelligente de ce que le trentenaire avait pu constater et il était convaincu qu'il ne se baserait pas sur ce qu'il pensait avoir entendu du Seigneur, pour excuser toutes ses fautes passées. Que ce dernier accepte d'effacer l'ardoise pour offrir un nouveau départ n'était pas pour autant le signe qu'il allait tout pardonner.
Ezio en était la preuve : il obéissait à ses ordres, mais allait finir en Enfer pour avoir commis le péché de tuer.

Les paroles de son ouaille ne manquèrent pas de rassurer Ezio sur le fait que le Seigneur semblait avoir fait le bon choix. Une personne pareille à leurs côtés – donc de ceux du bien – serait une véritable bénédiction. Tout comme celle de la charmante Giulia Mancini.

Mais alors qu'ils parlaient de choses plus axées sur la religion, Louis revint à la charge avec une question pour le moins inattendue. L'Italien ne parlait jamais de lui ou de sa vie privée. Rares étaient ceux à savoir ce qu'il avait fait avant de venir à Star City et mis à part pouvoir dire qu'il était Italien, les gens n'auraient pas énormément d'informations à fournir à son sujet. Pourtant, il comprit que garder le silence face à cette question serait une grosse erreur. Louis avait besoin de comprendre et en tant que prêtre, Ezio devait lui apporter autant d'aide que possible. Si cela devait passer par son expérience personne... il le ferait.
Après quelques secondes de silence, le trentenaire répondit d'un ton sincère et posé.

« Oui. Jadis, j'ai douté de l'existence du Seigneur, puis j'ai douté de ses choix. Je me demandais pourquoi est-ce qu'il s'intéressait à une personne plutôt qu'à une autre, j'ai été jusqu'à m'imaginer qu'il n'offrait son attention qu'aux personnes les plus dignes d'intérêt. Ma foi a longuement été mise à mal et j'ai songé à m'éloigner de cette voie pendant un certain temps... mais mes doutes ont fini par s'envoler. » Sans quoi il ne serait pas ici. « J'ai trouvé des réponses à mes questions et j'ai compris quel était mon but dans la vie, que je désirais suivre le chemin qu'Il m'avait tracé. » Il bougea très légèrement, glissant son regard vers la grille. « Mes interrogations et mes doutes n'étaient pas les mêmes que vous et par conséquent, je ne puis vous fournir les réponses, mais je crois que les doutes sont salvateurs. Croire aveuglément n'est pas une bonne chose. La foi deviendra bancale et s'envolera au premier coup de vent. Non, vous devez bâtir vos croyances sur une base stable, trouver les réponses aux questions qui vous taraudent. Vous comprendre vous. »

Contrairement à ses homologues prêtres, Ezio ne prônait pas l'obéissance aveugle : il estimait que les gens devaient comprendre pour mieux apprécier. Dire à une personne que les plans de Dieu étaient précis et qu'elle ne devait pas en dévier, était juste stupide. Le Seigneur n'avait pas une seule voie à offrir à ses enfants, il cherchait toujours à les remettre sur une nouvelle si par malheur ils devaient s'en égarer. Peut-être était-ce pour cette raison que le Vatican siégeait à Rome ? L'adage ne prétendait-il pas que tous les chemins y mènent ? Quoi qu'il en soit, Ezio espérait bien que Louis allait comprendre qu'il était primordial de construire sur avenir sur une base saine.

« Je ne vous jetterai jamais la pierre mon enfant. Je ne suis pas le juge, je me contente de vous épauler. C'est à Lui de décider de ce qui arrivera ensuite. J'ai uniquement vocation à vous aider à trouver votre voie. » Il marqua une légère pause. « Je ne crois pas que vous ayez été puni. Peut-être que certaines de vos actions vous auraient valu d'être refusé aux portes du Paradis, mais que le Seigneur estimait que vous n'étiez pas fautif ? Vous m'avez parlé de démons... ils savent souiller l'âme de leurs victimes sans même que ces dernières ne le constatent. » Lui aussi devait certainement l'être. « Non, il ne vous a certainement pas sanctionné, mais plutôt sauvé. Si vous comprenez la chance qui vous est offerte, oui, vous accomplirez de grandes choses. » Il inspira légèrement. « Mais le simple fait de mener une vie en veillant sur vos semblables est une grande chose mon enfant. Vous n'avez guère besoin d'être le meilleur pour que Dieu vous accorde son amour. »

Et de cela, il en était convaincu.
 
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Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 1:07 Message
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Il ne faut pas craindre d'avancer lentement, mais plutôt craindre de s'arrêter. Dante comprenait où Ezio voulait en venir, et il percevait dans les propos de ce dernier une sagesse jaillie du fond des âges. Nul doute que ce dernier, en dépit des années d'égarement, avait été, dès la naissance, touché par la grâce de Dieu. Peut-être même les fées de la légende, penchées sur son berceau, avaient-elles fleuri des plus belles qualités son cœur et son esprit. Quant à son âme, Dante ne doutait pas un instant de sa pureté, et bien sûr, même s'il ignorait tout de Trinité et des activités de Vigilant du père Ezio, il ne doutait pas une seconde que cet homme, qu'une mince cloison de bois séparait de lui, était tout entier dévoué au service de son prochain. Car qui sert l'autre honore le Christ. Chaque brin d'herbe a sa part de rosée. Plus les circonstances seraient contre lui, plus Dante verrait l'éclat de sa force intérieure. Il suivrait les recommandations du religieux, et continuerait d'agir comme il l'avait fait, car Dieu, en le ressuscitant, lui avait accordé non seulement son pardon mais aussi ses encouragements. Que demander de plus ? Tout chrétien devait se sentir honoré d'avoir ainsi pu goûter à la caresse divine. « Vous avez raison, mon père, et je vais tâcher de suivre vos conseils pour marcher dans la lumière du Christ. » Tout était dit, ou presque, mais Dante savait que cette confession, plutôt insolite et hors du commun, lui avait non seulement fait beaucoup de bien mais encore permis de connaître quelque chose qu'il désespérait de retrouver, depuis le tragique événement. Et cette chose, c'était le soulagement, l'apaisement. Il pouvait désormais s'abandonner librement au regard divin qu'il savait bienveillant et posé sur lui. Ezio lui faisait le plus merveilleux des cadeaux. Il espérait aussi qu'il ne lui en voudrait pas trop d'avoir... ainsi détourné la pratique traditionnelle de la confession pour opérer une approche... plus frontale. Après tout, Ezio devait en voir défiler, des pécheurs venus confessés leurs petites affaires... combien d'épouses venues avouer avoir trompé leur époux ? Il s'en amusa : peut-être que tous ces récits grotesques consolaient Ezio d'avoir prononcé le vœu de célibat ? L'idée lui parut saugrenue. Il ne ferait pas l'affront au prêtre de l'interroger sur ces sujets-là. « Je crois que cette résurrection est l'occasion pour moi d'accomplir peut-être de grandes choses, mais surtout de maintenir tout ce qui, dans ma vie précédente, me semble inscrit dans les pas de Jésus et des apôtres, ces modèles de bonté et de sagesse que nous devons tous suivre... merci, mon père, car je suis en paix, et à tout ce qui m'arrive je vois... »

Il s'interrompit. Dans sa fraction d'isoloir, il recevait la visite inattendue d'un mammifère rongeur de petite taille, plus communément appelée... « Une souris ! » Il était surpris de voir ici pareil animal, et s'amusa même de croiser le regard avec elle. Ni farouche, ni suspicieuse, ni craintive, ni hostile, la souris au contraire se montra curieuse, amicale et docile. Elle alla même, divine ballerine, se hisser sur l'épaule de Dante, longer son bras courbé et jouer dans les doigts de sa main droite. Cette visite importune et impromptue mettait fin à la confession mais quelle importance ? Le père Ezio avait déjà fait beaucoup pour Dante, qui acceptait désormais toute les implications de sa résurrection ou qui, en tout cas, ferait l'effort de garder l’œil ouvert à tous les signes de la clémence divine. Il quitta le confessionnal et, au-dehors, se hâta de constater que la souris, loin de préférer, à l'air libre, la fuite, demeurait entre ses doigts comme en son royaume. Il ne s'en étonnait pas. Il avait remarqué la docilité et l'amitié de la plupart des mammifères, à son égard. Il en ignorait encore les causes réelles, mais devinait un lien solide avec ses pouvoirs magiques et leur développement, ou leur éveil. Il ne le savait pas encore, mais ce pouvoir-là s'étendait à tous les animaux. Les mammifères étaient les premiers touchés, pour des raisons de taxinomie, tout simplement. L'homme appartenait au même taxon que la souris, après tout !

Quand le prêtre quitta à son tour le confessionnal, Dante lui présenta la petite souris. « Il semble que votre église ait une locataire clandestine, mon père... que comptez-vous en faire ? Avez-vous un problème... de souris, dans ce bâtiment ? »
 
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Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 13:00 Message
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Il semblait que les paroles prononcées par Ezio trouvèrent écho dans les pensées de Louis. Ou du moins ce dernier avait l'air de comprendre un peu mieux ce qui lui arrivait, même s'il n'avait pas eu de réponse aussi claire que celle que l'on pouvait espérer obtenir lors d'une discussion « normale ». Mais parfois, dans certains cas, il fallait faire preuve de patience et de compréhension : la vie serait bien trop simple si tous les conseils étaient à portée de main. Au début de sa vie d'adulte, le prêtre s'était demandé pour quelle raison le Seigneur n'exprimait pas plus clairement ce qu'il désirait pour chacun de ses enfants, mais finalement, la réponse était arrivée naturellement : il fallait écouter pour comprendre. Il expliquait quelles étaient ses attentes, mais c'était à ses Enfants de se taire le temps de pouvoir le comprendre. Si les gens se contentaient de rester centrés sur eux-mêmes, ils ne pouvaient pas s'ouvrir aux autres et donc à Lui. La vie sur Terre devait se faire avec ses semblables et non terré dans sa demeure en pestant sur quiconque se présentait à soi. L'humain était fait pour vivre avec les siens, voilà tout. Ils devaient tendre la main à leurs frères et sœurs.

Il était donc relativement rassuré – et heureux – de constater que l'ancien chef d'orchestre avait à nouveau trouvé sa voie. Maintenant, il fallait espérer qu'il allait être désireux et capable de la suivre, mais c'était une autre question et à celle-ci, seul Louis pourrait répondre. Toutefois, un événement imprévu pointa le bout de son nez – touffu – et interrompit la confession, qui n'en était plus une depuis un bon moment cela dit. Le regard du prêtre se tourna instinctivement vers la grille qui le séparait de son interlocuteur alors qu'il entendait ce dernier parler de son nouveau compagnon de jeu. Une souris ? Oh, Ezio en avait déjà vu quelques-unes, notamment dans la chambre qui lui était prêtée par l'église. Il n'avait jamais cherché à s'en débarrasser bien que l'homme d'entretien avait lourdement insisté pour mettre des pièges ou du poison dans les coins. La maison de Dieu était là pour toutes les créatures du Seigneur, pas seulement les humains !

La conversation était donc terminée et le prêtre rejoignit son ouaille à l'extérieur du confessionnal. Même s'il savait que l'homme qui lui faisait face était bien Louis d'Ax, il était vrai que le voir sous les traits d'un jeune homme inconnu, était plutôt perturbant. Mais pas impossible à croire cependant : Ezio avait déjà vu bien pire.

Le regard du trentenaire se baissa jusqu'à la main de son interlocuteur qui abritait bel et bien un petit rongeur au pelage sombre et qui ne semblait pas considérer qu'il y avait un quelconque danger à se trouver dans les mains d'un humain. Et bien, si ce n'était pas la preuve que Louis n'avait rien d'hostile dans sa manière de se comporter : jamais un animal ne se serait approché de lui ! Les yeux clairs du religieux se relevèrent jusqu'à se poser sur le visage de son interlocuteur qui le questionnait sur l'invasion dont ils étaient peut-être victimes.

« Un problème ? En aucun cas. La maison du Seigneur est celle de toutes les créatures vivantes, pas uniquement des humains. Si votre charmante amie éprouve le désir de se rendre ici, elle est la bienvenue. » Le ton de sa voix n'était pas moqueur, mais juste honnête. « L'homme d'entretien tente bien de s'en débarrasser, mais je lui ai formellement interdit de s'en prendre à elle. Si elles sont jetées même hors de cet endroit, comment demander aux gens de se montrer conciliants avec les créatures du Seigneur ? »

Il devait peut-être avoir l'air de jouer au hippie en parlant ainsi, mais l'Italien n'avait jamais été dégoûté par les créatures qualifiées de « nuisibles ». Même les insectes trouvaient grâce à ses yeux et lui semblaient bien plus fréquentables que certains humains qui se comportaient comme de véritables monstres. Après quelques secondes de silence, levant légèrement la main pour désigner le petit rongeur, le trentenaire reprit la parole.

« Vous pouvez me la confier si vous le souhaitez. Je crois que sœur Edwige leur a confectionné une petite cabane à l'arrière de l'église. » L'une des plus jeunes sœurs du couvent de Little Italy. « Mais je crois que nous pouvons dire sans nous tromper que si cette souris vous considère sans danger, c'est que vous êtes en bonne voie. » Cette fois-ci, le ton de sa voix était plus léger. « Les animaux possèdent une sensibilité qui leur est propre. Quoi qu'il en soit, vous savez que les portes de cette église vous sont toujours ouvertes si d'autres doutes venaient à vous assaillir. Ou pour n'importe quelle autre raison. »

Les anciens chefs d'orchestre aussi étaient les bienvenus, pas seulement les souris qui profitaient de la gentillesse d'un prêtre d'un conciliant.
 
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Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 18:46 Message
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Ezio avait quitté à son tour le confessionnal et les deux hommes se firent face. Une souris se tenait entre eux, seul rempart pour protéger le magicien des violences d'un homme de Dieu irrascible, opiniâtre, cruel, débauché... Ah ! Mais Ezio n'était rien de tout cela, et son attitude en découvrant le jeune Dante Visconti, dont il ignorait encore l'identité réelle, officielle, publique, son attitude donc n'avait rien qui parût hostile ou inspirée par le dégoût. Il fallait bien dire que le jeune Dante avait la sale tronche des enfants de choeur, mais par chance Ezio n'était pas homme à s'arrêter aux détails physiques pour jauger son prochain. Notons toutefois l'ironie de cette posture, qui veut qu'on ne juge pas son prochain d'après ses apparences... et pourtant toutes les figures, toutes les images du démon, de la mort et du diable sont présentées sous des traits horrifiques, terribles, répugnants parfois. Donc ne jugez pas un homme à sa sale gueule, mais sachez toujours reconnaître sous l'horreur monstrueuse la preuve de la présence du malin ! Philosophie de comptoir mise à part, Dante tenait toujours la souris entre ses mains et se réjouit d'entendre que, comme lui, le prêtre partageait, sinon de la sympathie pour les animaux, au moins du respect pour toutes les créatures de Dieu. S'il n'était pas lecteur de Saint-François d'Assise, Ezio avait comme lui un respect infini pour la Création dans son ensemble, dans son entier. Pourquoi en exclure les bêtes ? C'était sottise. C'était mensonge ! L'animal est un des locataires du monde, ni plus ni moins que l'homme, et si ce dernier n'avait pas pour lui l'intelligence et l'ingéniosité, entre autres atouts pour survivre, nul doute qu'il aurait cédé à une autre race le statut d'espèce dominante sur la planète, depuis fort longtemps. Ezio avait été jusqu'à interdire formellement à l'homme responsable de l'entretien de l'église de nuire aux souris qui peuplaient la vieille bâtisse. L'opinion que Dante se faisait du prêtre gonfla jusqu'à devenir excellente. Eût-il été un sim, que le père serait devenu d'un coup un "ami proche", avec la jauge au plus loin du vert, sur la droite ! Mais trêves de palabres inutiles.  « Je suis étonné, mon père. Enfin, non, pas vraiment. » Et l'oscar des propos contradictoires revient à Dante Visconti, bravo, hourrah !  « C'est assez rare de trouver en ville des gens authentiques, dans leur inclination à protéger les bêtes. Souvent c'est une posture d'écolo bidon, très courante chez les vedettes et les stars du moment... mais les amis vrais des animaux qui ne sont pas dans l'hystérie permanente sont rares. » Il n'avait à la vérité rencontré qu'une seule femme dans ce cas-là, une jeune demoiselle, qu'il n'avait jamais plus revu, ce qu'il regrettait. Leur promenade dans les bois, il ne l'oublierait jamais !

 « Je vais m'en occuper. Cette brave bête trouvera un trou où bien vivre dans les jardins, chez moi. Je ne comprends pas pourquoi les gens en font tout un plat, d'ailleurs... ils achètent des pièges et des produits toxiques pour détruire les souris, ils font parfois même venir un dératiseur, mais c'est stupide, un chat suffit à limiter la prolifération des souris. Il n'y a pas plus équilibré que la nature. » Qu'on voit dans la nature l'oeuvre de la Raison pure ou de la Main de Dieu, ce qui revenait au même, on ne pouvait lui nier cette harmonie parfaite qui la caractérise quand l'homme ne s'en mêle pas. Trop souvent d'ailleurs l'homme s'en mêle, en vérité. Il couvrit la bête de ses deux mains, tel un Minsc bienveillant, et chuchota entre ses doigts. « Tu seras bien à la maison. » Puis il reprit à voix haute, pour le père Ezio :  « D'ailleurs mon père, il y a une requête que j'ai songé à vous faire, par le passé, et l'occasion ne s'est jamais présentée, mais maintenant... » Maintenant, il craignait d'agacer le prêtre en lui demandant encore quelque chose... bon, la confession, c'était compris dans le pack, en quelque sorte, mais ça... enfin, ce qu'il s'apprêtait à demander choquerait peut-être le religieux, alors autant y aller tout de suite et espérait ne pas trop ternir l'opinion qu'il se faisait de lui.

 « Il y a dans les jardins du palais Beaudrie un sol dédié au culte et une petite chapelle... j'ignore si toutefois c'est autre chose qu'un aménagement décoratif... y a-t-il un moyen de savoir si elle a été consacrée selon le rite approprié ? Et si ce n'est pas le cas, y a-t-il un moyen d'y procéder ? »
 
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Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 22:08 Message
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Ezio ne gagnerait rien à se faire passer pour un écologiste ou quelqu'un désireux de protéger la nature, mais sans réellement penser à autre chose que ses intérêts. Hormis parmi les fidèles de l'église, il n'était connu de personne et qu'il défende des souris sans défense n'apporterait pas grand-chose à sa vie – si ce n'est quelques regards dégoûtés de visiteurs choqués par la présence des rongeurs. C'était simplement une habitude, une manière de penser en vérité. Peut-être que s'il avait été élevé dans un autre endroit ou par une autre personne, les choses se seraient passées différemment ? Quoi qu'il en soit, ce n'était pas bien important, la seule chose qui comptait réellement, c'était qu'il n'avait pas l'intention de faire installer des pièges anti-rongeurs avant un bon moment !

« Le tout est peut-être une question de dosage. »

Ezio n'avait jamais été fanatique ou extrémiste, même dans sa manière de parler de la religion. Bien sûr, certaines personnes qui apprendraient qu'il s'amusait à tuer les criminels de la ville durant ses heures de libre, penseraient le contraire ! Mais ce n'était vraiment pas l'objectif de l'Italien : ce dernier tenait simplement à ce que la vie des habitants de ce monde soit simplifiée. Il obéissait donc aux requêtes du Seigneur, mais il n'était pas question de fanatisme ou de quoi que ce soit de ce genre. L'on pouvait être passionné, mais sans tomber dans l'extrémisme.

La curieuse souris fut donc prise en charge par l'ancien chef d'orchestre : elle trouverait certainement un endroit où installer son petit nid et vivre tranquillement sans rien demander à personne. Ces créatures n'avaient pas besoin de grand-chose, juste un peu d'espace et de la tranquillité. C'était exactement la même chose pour la race humaine, sauf que ces derniers avaient tendance à l'oublier. Parfois, Ezio se désolait lorsqu'il voyait le nombre élevé d'individus qui sur-consommaient et désiraient toujours plus de possessions. Ils avaient peut-être l'impression qu'ils valaient mieux s'ils possédaient plus, mais au final, ils se retrouvaient souvent plus malheureux qu'avant. Bien sûr, il y avait quelques exceptions comme la jeune Giulia Mancini ou Louis d'Ax qui, bien qu'ils étaient aisés – si ce n'est riches – gardaient les pieds sur Terre.

Arriva alors une nouvelle question du jeune homme qui parla du passé avant d'aborder la question d'une petite chapelle qui n'était peut-être pas consacrée. Comment faire pour savoir si c'était bien le cas ? De but-en-blanc, Ezio était tenté de lui expliquer qu'il existait des tests très simples qu'il avait lui-même déjà expérimentés lorsqu'il devait protéger un endroit de la patte du démon, mais ce n'était pas forcément le genre d'aveu que l'on faisait au premier venu. Même au dernier en vérité. Cependant, Louis avait clairement avoué qu'il avait déjà eu mailles à partir avec une créature des Enfers, il serait donc le plus apte à comprendre que le prêtre ne divaguait pas. Cela dit, entre connaître leur existence et avouer que vous saviez consacrer un lieu, il y avait une grosse différence. Après quelques instants d'hésitation, le prêtre se décida finalement.

« Oui. Il suffit de connaître le procédé, mais il est parfaitement possible de consacrer une terre, même sans qu'il ne s'agisse d'un lieu de culte en vérité. » Même s'il n'y en avait généralement pas l'utilité. « Pour le vérifier, j'aurais tendance à dire qu'il faudrait qu'une personne capable de réaliser cela se rende sur place et procède aux tests de rigueur. Un novice n'y parviendrait pas, ou du moins pas de manière efficace. »

Techniquement, tous les lieux de culte de la ville avaient été consacrés, mais comme le disait Louis, ce n'était pas forcément une véritable chapelle. Il suffisait peut-être de vérifier dans les documents du jardin ? Parfois, la présence d'un religieux était notée de telle sorte à ce que les propriétaires suivants puissent savoir à quoi s'en tenir.

« Ou vous pourriez vérifier cela dans les documents du bâtiment : parfois l'intervention d'un prêtre ou d'un curé était indiquée dans les documents officiels. » Il haussa légèrement les épaules. « Mais le mieux resterait de vérifier pour de bon. Je puis toujours vous proposer mon aide, j'ai été formé à consacrer un lieu et donc, à vérifier si c'était déjà le cas ou non. » Il n'en dit pas plus à ce sujet. « Cependant, j'ignore si désormais vous avez encore la possibilité de vous rendre là-bas. Je vous avoue que je n'avais encore jamais eu l'occasion de vous rencontrer avant ce jour. »

Par là, il voulait dire qu'il n'avait jamais rencontré le « corps » actuel de Louis. Par ailleurs, Ezio ignorait totalement qui était cette personne, si elle était décédée ou si son esprit habitait encore l'enveloppe charnelle qui fut la sienne. Il s'agissait là de questions qui ne se posaient pas, mais que Louis devait décider d'aborder avec lui. Ce n'était pas une question de politesse, mais juste du respect de l'accord entre lui et le Seigneur.
 
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Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 23:40 Message
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 « En vérité, mon père, j'ai toujours accès à mon... ancien domicile, puisque j'occupe... comment dire. Dante Visconti était mon cousin. » Il eut un regard vague pour le prêtre mais abandonna vite cette position inconfortable pour d'abord contempler la souris, puis lever les yeux vers les hauts vitraux de l'église. La lumière qui s'y diffusait avait la chaleur apaisante des présences sereines. Ses pensées l'étaient beaucoup moins. Dante était-il mort, dans le processus de sa résurrection ? Dieu aurait-il ôté la vie de son cousin pour lui permettre de vivre, lui, plus longtemps ? À la vérité, et il l'ignorait encore, mais Dante n'était pas mort, en tout cas son esprit avait fusionné avec le sien, tout comme le sien n'était qu'une émanation d'un esprit plus ancien et plus puissant, qui perdurait à travers lui, à travers eux. Il ne pouvait encore le savoir. Quid, donc, de l'âme de Dante, ce malheureux étudiant en botanique ? Il ne pouvait l'affirmer, et craindre le pire était tentant, mais après avoir entendu les paroles rassurantes du père Ezio, il était incliné à croire que l’Éternel, dans sa miséricorde immense, avait offert à celle-ci le salut et une place à ses côtés dans le royaume des cieux. « Le choix paraît curieux, n'est-ce pas ? Pourquoi m'avoir fait renaître dans ce corps-là, plutôt qu'un autre ? C'est incompréhensible, d'un certain côté, et de l'autre, vu ce que vous m'avez dit... je ne peux que m'incliner devant la sagesse de Dieu, qui a pour nous des desseins impénétrables mais d'une infinie clémence. La preuve est que je respire, alors que je devrais... dormir. » Il regarda la souris et son regard s'embua quelque peu. Il n'allait pas pleurer, mais son cœur se pressait au bord de ses yeux. « Je ne considère pas l'avoir... tué, je sais que je n'y suis pour rien, mais... j'imagine que le chagrin passera avec le désir d'honorer la mémoire de ce proche qui n'est plus. » Et qui était la véritable victime de la mort accidentelle de Louis en fin de compte. Le laissé pour compte, hélas ! Il n'y pouvait rien. Il ne servait à rien de gémir autour d'un événement indépendant de sa volonté... pourtant il lui était difficile d'abandonner tout sentiment de culpabilité. En cela peut-être était-il véritablement chrétien ? Il laisserait cette question aux sages et aux impatients. Lui ne se sentait pas la force encore d'y répondre.

 « Je veillerai à me renseigner comme vous me l'avez dit, et si les documents le mentionnent, alors je considérerai la chapelle comme un lieu consacré. Si rien n'est dit, il se peut que je fasse appel à vos services ou à vos conseils pour me diriger vers quelqu'un qui accepterait de procéder au rite nécessaire... » Il posa à nouveau son regard sur le prêtre. Ses yeux accusaient le coup de l'émotion.  « Je vous dédommagerai, bien entendu... je sais vos réticences à accepter de l'argent pour vous-même, mais certainement vous ne refuserez pas un don pour votre église... » En d'autres circonstances, il aurait certainement mieux formulé sa requête, mais le choc émotionnel de la confession pesait encore sur ses épaules et sur son cœur. Il libéra la petite souris du cocon de ses mains et celle-ci alla trotter jusqu'à son épaule. Elle y trouva une place de choix et, vigile impérissable, se posta en sentinelle, toisant le prêtre de ses petits yeux noirs. Que voyait-elle, au juste ? Un étranger ou un ami ? Probablement un sauveur. C'était sans doute ainsi qu'Ezio devait apparaître aux yeux des gens qui ne s'arrêtaient pas à son austérité, à sa vie simple, à sa foi assurée. Il y avait plus, derrière ce masque de catholicité inébranlable. Dante le devinait. Mais ce fut à la souris qu'il s'adressa encore et tout d'abord : « Toi par contre, je crois que tu vas venir avec moi. Il n'y a pas assez de nature dans cette église pour toi, et puis, les trous dans les troncs, c'est mauvais pour les offrandes... n'est-ce pas ? » La bestiole ne parut pas nier l'évidence et comme on dit, qui ne dit mot consent ! Ce qui était fort commode, considérant qu'un animal n'était pas doué de parole... Mais la docilité de la souris suffirait à convaincre les deux hommes de sa bonne volonté.
 
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