AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_1C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_2bisC'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_3
Aller à la page : 1, 2  Suivant
 

C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante]

 
Message posté : Jeu 12 Mar 2015 - 0:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Moïse avait à gérer une situation qui ne lui était pas habituelle.
En effet, le hacker était spécialiste pour se décharger de toute responsabilité. La magie du net combinée à un caractère naturellement porté sur le je m'en foutisme. Mais là... Là, c'était compliqué. Il avait été impliqué dans un attentat terroriste dans une salle de sport, dont aucun des otages n'avait réchappé – sauf lui.
Et pourtant, il avait essayé de faire en sorte que ça se termine autrement. Il y avait foutu tout son sale caractère, des menaces, des hurlements, des coups de feu, et tout son poids.
Mais non, il avait été impuissant, et tout le monde était mort, sauf lui. Enfin, même lui en fait, puisque son cadavre avait été retrouvé dans la salle de sport – mais il ne s'était pas présenté à la police pour leur expliquer qu'en fait, il n'était pas vraiment mort et qu'il s'agissait d'une manipulation magique.
Moïse était resté entre les vivants et les morts, et sitôt à peu près soigné par Elsa, des points de suture de fortune sur l'arcade sourcilière éclatée qu'il avait récoltée dans l'aventure, s'était jeté sur son laptop le plus puissant, et avait fait des recherches.
Il avait fait défiler les annonces de la mort du chef d'orchestre Louis d'Ax, avait débusqué plein de forums de wicca, qu'il avait traité entre ses dents de choses diverses et variées – mais toujours vulgaires – dévoré de curiosité et poussé par cette rage froide qu'il connaissait bien.
Moïse détestait se sentir responsable de la mort de quelqu'un, et ça faisait déjà deux fois que ça lui arrivait.

Au cours de ses pérégrinations frénétiques sur la toile, il finit par débusquer l'adresse de feu Louis d'Ax, mais il n'arrivait pas à trouver la date et l'horaire de la cérémonie. Oui, parce qu'il voulait y aller. Ce mec lui avait légèrement sauvé la vie, et Moïse n'était pas forcément quelqu'un de réglo... Mais il savait quand il fallait incliner la tête et juste dire merci. Il avait au moins cette éducation-là. Et c'était pas le cas de tout le monde, croyez-le.

Il ne fonça pas directement vers la demeure du chef d'orchestre, un peu indécis, ce qui là aussi, lui arrivait très rarement. Moïse était un homme qui fonçait, il baissait la tête, serrait les mâchoires, et s'imposait. Mais là, non, c'était plus compliqué. Après avoir hésité une semaine complète, ce qui pour lui représentait l'éternité – c'était le fait de vivre quasiment sur internet, ça, l'IRL paraît beaucoup plus longue en regard de ce qu'il se passe online... – il prit sa décision.
Il mit des fringues moins sociologiquement marquées que d'ordinaire, et prit, à pied, la direction de la demeure du chef d'orchestre. Il n'avait foutre aucune idée de qui allait bien pouvoir lui ouvrir la porte, et de ce qu'il allait pouvoir lui dire – « bonjour, je suis un des otages morts et je suis désolé » ? – mais il sentait, confusément, que sans faire ça, il n'arriverait pas à vivre comme il le faisait avant.
Il maudissait les terroristes – il en avait exécuté plusieurs, et là par contre, sa conscience s'en accommodait très facilement – de l'avoir foutu dans une situation pareille. C'était bien simple, si sa maison l'avait permis, il y aurait installé sa propre salle de sport pour ne plus risquer pareille aventure. (Oui il est au courant que cette réflexion est stupide.)

Il prit la direction de la colline aux lanternes à pied, par un jour trop chaud de printemps, les poings enfoncés dans les poches. Ses mésaventures avaient laissé sur son corps musculeux leur marque, mais elles étaient en train de s'effacer. Ok, il avait le bras gauche quasiment totalement engourdi puisqu'il était tombé trois fois de suite dessus, et avait un hématome de la taille des Etats-Unis dessus, mais son arcade sourcilière cicatrisait gentiment et il n'avait presque plus l'air d'être sorti d'une moisonneuse-batteuse en pleine forme.
La classe intégrale.

Il fit peur à deux trois mamies le long du chemin, mais arriva en un seul morceau – on ne parle pas assez de l'agressivité des mamies de nos jours, surtout envers les immenses renois tatoués à l'air malcommode. Il jaugea du regard la « demeure » qui s'apparentait plus à son avis à euh... à... Il avait même pas de mots.
Moïse n'avait strictement jamais foutu les pieds dans une bâtisse de ce genre.
Heureusement, c'est le privilège des chats et des hackers de se sentir partout chez soi, paraît-il. Il laissa échapper un long souffle censé lui donner de la force, puis alla frapper à la porte, et attendit ensuite sagement qu'on lui ouvre en détaillant les statues qu'il voyait de l'endroit où il s'était posté – en plein milieu du perron.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 12 Mar 2015 - 23:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Dante n'avait pas quitté son domicile, ce jour-là. Il était trop occupé à rêvasser, à songer à la vie qu'il avait perdue et à tout ce qui changerait pour lui désormais. Son propre nom, désormais, ne lui appartenait plus. Louis d'Ax, ce n'était qu'un souvenir, une inscription sur le marbre d'une pierre tombale. Digérer cette nouveauté prendrait du temps. Le reste paraissait bien dérisoire : qu'importe la renommée, la gloire et la réussite, quand c'est votre identité propre qui vous est arrachée ? Revoir Raphaël avait été une première épreuve. D'autres viendraient encore. Il n'était même pas certain de vouloir quitter le palais. Devait-il vraiment s'intégrer à sa nouvelle existence ? Ce Dante n'était qu'un petit con sans importance, un étudiant, un blanc-bec, un béotien, un de ces minables branleurs que Louis aurait dédaigné même de mépriser – le temps est précieux à l'homme rare. À peine vêtu, dans son lit, il froissait les draps contre lui, comme pour trouver dans leur douceur satinée un peu du réconfort que lui refusait la vie. Porter le deuil de soi-même est une expérience difficile. Châtaigne apparut dans la chambre et s'approcha lentement du chevet. Il posa une petite main triste sur le rebord du lit. Sa voix n'avait rien perdu de son caractère enjoué, mais il y avait dans l'intonation du gobelin une fêlure que le temps, peut-être, guérirait. Il souffrait de voir son maître dans un tel état de lassitude, et peut-être même regrettait-il de ne pouvoir l'aider mieux qu'il ne le faisait depuis son retour au palais, sous ces traits nouveaux. En revanche, il n'avait eu aucun mal à accepter cette situation insolite, pas moins que Torgnole d'ailleurs : les deux valets n'avaient eu besoin de rien d'autre qu'un regard pour deviner, sous les traits de ce jeune homme, l'incarnation nouvelle de leur maître.

 « Messire dragon...
- Qu'y a-t-il, Châtaigne ?
-  Quelqu'un est là dans le jardin, il avance vers la porte.
- Un avocat ? Un officiel ? Raphaël ?
-  Non, maître, un... euh, un homme noir, très grand, très corpulent. Chauve.
- Chauve ?
-  Crâne rasé, plutôt. Je lâche les chiens ?
- Non. Apporte-moi mon costume noir.
-  Maître ?
- Je vais le recevoir. »


Le magicien quitta le lit. Il s'habilla et revêtit l'habit de deuil traditionnel des sociétés occidentales. Il négligea toutefois de passer une cravate. Quelqu'un frappa à la porte. Dante l'entendit, car il avait déjà quitté sa chambre, et gagné le rez-de-chaussée. Là, il frémit de voir les décorations florales qui rappelaient encore qu'un peu plus tôt dans le mois, la messe funèbre de l'ancien propriétaire des lieux avaient été célébrés. Un grand portrait de Louis, drapé d'un voile noir, ornait même le grand hall d'entrée. Cette vision lui glaça le sang, il ne s'y ferait jamais. Quelques foulées de plus, et il se trouvait derrière la grande et lourde porte qui le séparait de celui qu'il devinait, à la description donnée par le gobelin, Moïse. Sous le porche, d'ailleurs, cet invité surprise avait trouvé la compagnie du nonchalant Henri, le chat du domaine et véritable maître des lieux, qui se frottait à ses jambes. Il abandonna ces caresses quand la porte s'ouvrit et en profita pour pénétrer son royaume. Quand il vit Moïse devant lui, Dante eut un mouvement de recul. Il s'attendait à le voir là, bien sûr, car le portrait qu'avait dressé le gobelin ne laissait que peu de doutes... mais il s'étonnait sincèrement de constater la présence chez lui de cet homme dont il avait presque oublié l'existence, tant les derniers jours avaient meublé sa tête de pensées parasites et très éloignées de ces cas-là.

 « Oh, c'est vous. »

Son visage frémit d'un sourire qui dissimulait un rictus maladroit. Il se doutait bien que ces trois mots étaient inappropriées à la situation, eût-elle été normale... mais bien évidemment, et le temps le montrerait, le magicien était banni du monde normal et devrait embrasser l'envers du décor, pour le plus grand bien des fervents lecteurs de ses aventures. Il ouvrit plus grand la porte. Heureusement, Torgnole et Châtaigne surent se faire discrets et évitèrent de se montrer, même s'ils n'étaient pas loin.

 « Je veux dire, bonjour. Que puis-je pour vous ? »

La matinée s'achevait à peine et déjà la journée s'annonçait passionnante.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 13 Mar 2015 - 22:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Il ne savait pas vraiment à quoi il s'attendait. Voire, il ne savait pas du tout. Il avait juste la consience vague qu'il lui fallait faire cette démarche, même s'il ne savait pas franchement comment s'y prendre.
Bon, par contre, il était assez clair qu'il ne s'attendait pas au petit jeune à la gueule d'ange qui lui ouvrit la porte. Il observa le mouvement de recul sans expression particulière, mettant ça sur le compte de sa carrure, de ses tatouages, voire – soyons fous – de sa couleur de peau. Le « oh, c'est vous » lui fit froncer les sourcils.
Le hacker reporta son poids non négligeable sur sa jambe à droite, assez mal à l'aise tout en affichant une attitude parfaitement neutre, fruit de longs entraînements.

« Euh, ouais, bonjour. »


Il regarda le chat, qui avait marqué son territoire sur lui – il savait comment fonctionnaient ces bestioles de l'enfer, qui avaient colonisé les internets avec la vivacité de l'hépatite B en Afrique noire – et disparaissait comme un prince dans le hall d'entrée, puis releva son regard sur le visage du type qui lui avait ouvert. Il n'avait pas aperçu le début de l'ombre d'un serviteur non-humain.

« Je viens euh... »

Mince, comment on disait ça quand on était pas un geek ? « Désolé qu'il ait delete IRL », ça le faisait pas. « Se faire kick du serveur Life comme ça, c'est moche », non plus. « Il avait sûrement beaucoup pexé avant d'erase », non plus. « On a pas été dans la même team longtemps mais c'était un PGM », c'était nul aussi.
Moïse se découvrait totalement inadapté en société normale.
Il pinça les lèvres, finit par retrouver une formule à peu près correcte.

« J'le connaissais pas tellement, mais j'suis désolé qu'il soit mort comme ça. J'espère que quelqu'un chopera le reste de ces psychopathes. »

Ouais, bien Moïse, tu fais des progrès de jour en jour en vie IRL. Il faisait même tellement de progrès qu'il ne déclara pas qu'il ne faisait absolument pas confiance à la police – vieille habitude – pour trouver quoi que ce soit, parce que c'est bien connu, la police est composée d'un tas de mecs qui ne savent que boire du café et bouffer des donuts.
Star City aurait une chance de s'en tirer quand un certain Harry Callahan ferait son apparition, et Moïse était désormais trop vieux pour croire à ce genre d'histoires.
Une idée traversa néanmoins son esprit – rassurez-vous, il n'a pas eu mal.

« Mais t'es de la famille ? »

Il avait mis à feu et à sang – façon de parler – les internets à la recherche d'indices sur la vie de Louis d'Ax, et n'était pas tout à fait sûr d'avoir trouvé la tête de ce gars dans ses recherches. Pour la énième fois de sa vie, il regretta de ne pas s'être implanté un disque dur dans le cerveau – ce qui était probablement à la fois extrêmement douloureux et très dangereux, au passage.
Et non en contrepartie, il n'est pas du tout à expliquer qui au juste, lui-même est.
Comme tous les geeks ultimes, et encore pire, les cybercriminels, Moïse tient à son anonymat. C'est une seconde nature chez lui.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Mar 2015 - 0:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Les propos de ce visiteur inattendu manquaient un peu de cohérence, mais Dante comprit très vite que cet homme, dont le nom lui reviendrait bientôt, était venu jusqu'ici pour témoigner de son soutien et exprimer ses condoléances. Il étonnait d'ailleurs toujours un peu le magicien de recevoir des témoignages de sympathie justifiés par son propre décès. Il était très certainement un cas unique – il avait été contraint, par la force des choses, à acheter pour lui-même une gerbe de fleurs, une carte de vœux ainsi qu'une plaque mortuaire ; de quoi se faire bien des nœuds au cerveau et se voir tenter d'aller crécher pour toujours chez le psychiatre. Heureusement, le magicien avait la tête sur les épaules, même s'il s'agissait de la tête et des épaules de quelqu'un d'autres. Tout à sa surprise d'avoir vu débarquer Moïse au seuil de son domicile, Dante en oublia presque les bonnes manières. Il se reprit néanmoins assez vite.  « Vous venez pour... Louis. Je vous en prie, entrez, les amis sont toujours les bienvenus au château. » Tout étonné qu'il était, et tout nouveau qu'il présentait, Dante n'avait rien perdu de la clairvoyance ironique qui fit le charme de Louis auprès des belles étudiantes germanopratines et de ses employeurs successifs, à la ville comme à l'ombre. Il ne parlait point à la légère, ni ne cherchait à honorer vraiment l'amitié que l'inconnu du jour pouvait supposer avoir motivé la venue de cet autre homme qui connaissait Louis. Parce qu'il n'était pas le dernier des imbéciles, parce qu'il ne savait pas encore ce que Moïse venait faire ici, parce qu'il désirait aussi semer progressivement des indices afin de le conduire sur le chemin de la compréhension, Dante parlait volontairement en des termes nébuleux. Il n'avait rien oublié du tapis roulant et entrevoyait déjà une occasion de paver le chemin qui conduirait à l'éclaircissement qu'il appelait de ses vœux.

Moïse lui pardonnerait sans doute d'être ainsi l'objet d'une manœuvre tactique à la fois simple et pernicieuse, puisqu'elle nécessitait de sa part d'être la victime impuissante des sous-entendus et des jeux de mots d'un hôte qui ne ménagerait rien pour lui faciliter certaines prises de conscience. Il l'invita à entrer dans le salon et la question du visiteur lui arracha un sourire qu'il mouilla, tant que possible, d'une tristesse fausse et compassée. Le résultat fut sans doute assez médiocre. Il se promit de prendre des cours de comédie dès que son emploi du temps le lui permettrait.  « Je suis un proche cousin, du côté... italien de la famille. Pas le meilleur côté, d'ailleurs, mais que voulez-vous, c'est ainsi. » Comme tout le reste.  « Je m'appelle Dante, et vous ? »

Dans le grand hall, ils tombèrent nécessairement nez-à-nez avec le grand portrait en deuil de Louis, qu'entouraient les fleurs silencieuses et éplorées. Celles-ci étaient là depuis longtemps, mais la magie de Dante les gardait en excellent état de conservation. Sous chaque gerbe, les banderoles annonçaient leur provenance. Il y avait les amis, la famille, les collègues, la mairie de Star City, la Fenice et d'autres grandes salles de concert internationales... Bref, de toute évidence, l'homme était, de son vivant, très aimé de ses proches, et très estimé de ses pairs. Dante posa sur le funèbre tableau un regard songeur. Il se doutait que Moïse observait également cet étalage de regrets et de compassions.

 « C'est admirable, n'est-ce pas ? Louis d'Ax était un homme apprécié dans tous les cercles qu'il a fréquentés. Quel dommage qu'aucun corps n'ait été retrouvé, une autopsie nous aurait peut-être révélé ce qui, chez lui, justifiait l'engouement des autres. » Dante porta la main à ses cheveux et inclina la tête pour constater, au sol, qu'une fleur avait chu de sa tige. Il s'abaissa pour la ramasser et la posa, délicatement, au cœur de la gerbe dont elle s'était échappée. Ce faisant, il n'oubliait pas la présence – comment oublier ce haut tas de chair, de muscles et d'os ? – à ses côtés et donc, sur le ton de la conversation, il questionna :  « D'où le connaissiez-vous ? Je ne crois pas me souvenir de vous. » Qu'il était mesquin d’ainsi mentir, et qu'il jubilait de le faire. Vilain, vilain garçon ! Et pourtant, selon toute vraisemblance, il ne mentait pas. Dante n'avait jamais rencontré Moïse, au contraire de Louis. D'ailleurs...
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Mar 2015 - 4:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La sensation de n'être absolument pas à sa place ne faisait que grandir désagréablement. Heureusement, Moïse étant de cette espèce heureuse de personne qui finit par se sentir à l'aise pour peu qu'on ne fasse pas trop de démonstration de territorialité envers sa personne, ce qui en l'occurrence était le cas. Dante était un charmant garçon, et n'agissait pas suffisamment comme le maître des lieux pour que ça laisse Moïse sur le qui-vive. Les muscles diablement dessinés et durement entraînés se détendirent d'un atome une fois qu'il fut entré, détaillant la pièce du regard avec l'attitude d'un fauve habitué à surveiller son environnement.
Hors de question de rester à découvert. Il finit par répondre distraitement à son hôte, dominant son espace vital avec facilité, et une certaine habitude de la chose. Moïse aimait à être plus haut que les autres, c'était une chance qu'il fasse cette taille-là qui lui permettait la plupart du temps.

« Je m'appelle Moïse. »

Sans nom de famille, parce que même s'il est banal à pleurer, ça donne beaucoup trop de renseignements. Le regard marron, traversé de lumière grâce à l'action conjointe d'une fenêtre et d'un rayon de soleil judicieusement placé, flamba quand il se posa sur le portrait du chef d'orchestre ainsi déguisé de deuil.
Il y avait – peut-être, pas sûr – une ambiance sur laquelle le hacker n'arrivait pas à mettre le curseur, un petit bug dans le code, quelque chose qui ne collait pas au reste. Mais il avait fait tellement d'efforts pour venir jusqu'ici, ne pas juger la famille, essayer de ne pas débrouiller ce que lui-même ressentait face à la mort de cet homme qu'il ne connaissait pas du tout hormis pour lui avoir renversé une bouteille d'eau dessus...
Oui, mais allez empêcher, vous, l'esprit d'un homme habitué à chercher LE détail qui faisait tout planter, à faire de la synthèse.

Le parent italien, enjoué, mignon, lui paraissait louche. L'ambiance ne concordait pas. Rien n'allait, en fait, et Moïse avait l'impression d'être le seul à pouvoir s'en apercevoir – ce qui était extrêmement prétentieux.
Mais on est pas un des cybercriminels les plus en vue de sa génération sans y laisser un peu de sa modestie. Alors, oui, Moïse se la raconte.
Et rien ne colle dans cette maison éplorée.
Il sent pourtant, vaguement et très confusément – les émotions ne sont pas son rayon – que ces sensations ne sont pas tout à fait jouées. Juste sur une autre gamme.
Tout est très étrange, ici.
Le regard du hacker finit par se détacher du portrait pour se reporter sur Dante, circonspect mais pas inamical.
Dante est un privilégié, Moïse n'attaquera pas immédiatement avec ses répliques de troll de jeux olympiques, des fois que ses sensations soient toutes erronées et que la famille soit réellement en deuil – mais dans ce cas-là où est passée la rousse aux seins fabuleux ? L'italien est mignon, d'accord, mais la rousse aux seins fabuleux, nom des dieux !


Moïse croisa ses larges bras sur sa vaste poitrine, et choisit d'énoncer la vérité, à demi-mots.

« Il m'a tiré d'un très mauvais pas une fois, alors qu'on était parti sur de mauvaises bases. Je pense que c'était pas forcément un type bien, mais qu'il m'a rendu un grand service. Et comme je tiens à ma peau, eh bien...
Je viens lui dire merci. »


Le regard métissé du hacker se planta dans celui de l'italien, avec très exactement l'impression que pouvait essayer de donner un fauve adulte sur un animal de même nature que lui, mais plus jeune. Moïse était loin d'être quelqu'un d'inoffensif, et sa meilleure défense consistait à apparaître tel qu'il était : volontairement impressionnant et implacable quand l'occasion s'en présentait.
Il ne pouvait pas se payer le luxe, comme d'autres, de jouer les innocents.

« Moi, je suis certain qu'on jamais été présentés. Je ne chasse pas l'héritage du glorieux défunt, j'ai une dette d'homme d'honneur envers lui. Alors t'es gentil, tu gardes les quenottes qui te servent de crocs pour les autres héritiers qui en veulent vraiment à son fric. »

Et oui, forcément.
Pour Moïse tout mort d'une célébrité ou assimilé termine dans le sang, les larmes, et les arrachages d'héritage, donc il n'hésite pas à faire comme le chat et marquer son territoire. Aussi étonnant que cela puisse paraître il est ici pour le spirituel, et compte bien faire comprendre au monde entier, à coups de poing sur la caboche s'il le faut, qu'il n'est pas là pour récolter des liquidités.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 15 Mar 2015 - 0:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Dante ne sut retenir un ricanement.

 « Ne présagez pas du tranchant de mes crocs, vous seriez surpris. » Il quitta des yeux le portrait de cet homme qui fut lui-même, autrefois – quelques jours à peine auparavant, en fait. Son regard se posa sur l'épaule de Moïse, gravit sa nuque brillante et s'arrêta sur ses yeux de carnivore affamé.  « Je vois que vous connaissez bien assez les écueils successoraux pour les décrire avec justesse. C'est, voyez-vous, que l'héritage est le prix que la Mort paie pour se faire pardonner de nous avoir enlevé un proche. »

Il laissa quelques instants à son vis-à-vis pour mesurer ses propos mais ne le quittait pas des yeux. Admirateur monomaniaque ou araignée immobile ? Les spectateurs transis d'impatience se feront leur opinion à la lecture de ce qui va suivre. « Je suis content de voir enfin une mouche que l'odeur du pot de confiture n'a pas attirée ici. Je suis certain que... mon cousin apprécierait de savoir l'estime que vous avez pour lui. » Dante adoptait un ton moins provocateur et cynique, à présent. L'usage du présent avait de quoi troubler la conversation, mais les énigmes n'étaient pas étrangères aux discours habituels du magicien. Chaque chose en son temps s'éclairerait, pour le plus grand bonheur de tous.

 « Venez, il y a des boissons dans l'autre pièce. » Et d'autorité, il s'avança dans le hall et franchit l'arche qui le séparait d'une salle où les petites réceptions se tenaient. Sans que Moïse pût le savoir encore, les deux hommes s'étaient rencontrés dans une salle de sport, et voilà qu'ils se retrouvaient dans un palais riche encore de son éternel confort. Parlez d'un grand écart ! Sur un buffet, Dante présenta un assortiment de bouteilles offrant des possibilités multiples, depuis l'eau minérale jusqu'au whisky écossais.

L'invité n'aurait qu'à faire son choix. Dante se servit un verre de limoncello. Il leva son verre et proposa de trinquer.  « Trinquons à Louis ! À cet homme hors du commun. »Dante fit la grimace. La boisson citronnée lui fit l'effet d'une pastille de C4 sous la voûte charnue de son palais. Jamais il ne se ferait à cette explosion délicieuse et pourtant, il y revenait toujours avec beaucoup de plaisir.

Hors de question, toutefois, de laisser s'installer entre Moïse et lui les nuages d'une sclérose ordinaire, toujours induite par les banalités d'usage. Il avait donné, trop longtemps et trop souvent, depuis son... décès. Avec cet homme rencontré le jour-même, il se permettrait quelque écart aux conventions et aux principes, pour embrasser, à pleines mains et à pleine bouche, non pas Moïse, mais l'originalité de l'approche qu'il choisit pour introduire, non pas Moïse, mais la discussion qu'il souhaitait avoir. À quoi bon attendre et tergiverser ? A-t-on jamais vu un dragon s'annoncer ou frapper à la porte pour entrer ?

 « Exceptionnel, oui, mais dîtes-moi, Moïse, saviez-vous qu'il était magicien ? La plupart des gens l'ignoraient, je crois. Il cachait bien son jeu. Un expert ès discrétion. » Il lui était d'autant plus facile d'en parler qu'il avait été cet expert-là. Il remplit à nouveau son verre et alla s'asseoir sur un fauteuil voltaire – quel joie d'écraser de son postérieur et par procuration symbolique la face molle d'un philosophe méprisable. Une fois assis, il s'y tint tel Macbeth sur son trône, avec toute la nonchalance des vrais las. Mais en fait de crâne, c'était un verre qu'il tenait dans sa main. Et de toute évidence, à en croire les dispositions, les formes et les protubérances, Moïse n'était pas lady Macbeth.

 « Vous avez dit qu'il vous a tiré d'un mauvais pas. Qu'a-t-il fait, exactement ? Vous avez l'air de savoir vous défendre. Vous êtes sportif... professionnellement ? » Il y avait sans doute plus subtil, pour conduire Moïse à décrire un peu l'étendue de ses activités civiles et professionnelles, mais la véritable subtilité résidait justement dans l'effronterie de ce jeune blanc-bec qui cherchait à susciter chez son interlocuteur des doutes et des réactions, afin que celui-ci ne baissât jamais sa garde. De cette façon, il pourrait mieux le jauger et voir s'il était pertinent de questionner l'affaire des tapis roulants.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 0:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le hacker ne broncha pas quand le petit jeune se rebella quelque peu contre sa démonstration de force – c'était de bonne guerre, il aurait fait pareil. Il ne dit rien non plus quand il se fit traiter de drosophile, alors que d'habitude, ce genre de comparaison l'amenait, au grand minimum, à être de sacrée mauvaise humeur.
Mais là, non. Il était en train d'observer le côté italien de la famille du magicien, sur ses gardes. Il le suivit dans une salle attenante, l'oeil balayant la décoration qu'en bon geek habitué à des interfaces futuristes tout d'acier brossé et d'à plats numériques sans fioritures, il trouvait surchargée et incompréhensible.
Ça voulait dire quoi ces volutes bizarres ? « attention il y a un bug dans le plâtre » ?
Une fois arrivé devant la table, il eut un léger haussement de sourcils pour manifester son étonnement poli de voir autant de boissons concentrées sur si peu de centimètres carrés. Le hasard et la chance le firent s'emparer d'un verre de whisky irlandais de bonne facture.
Il trinqua à la mémoire de l'homme, sans un mot, avalant un peu d'alcool.
Puis reporta son regard patient sur le jeune homme qui était en train de prendre place sur un fauteuil avec force démonstraton d'alanguissement.
Enfin, Moïse pensait que c'était de l'alanguissement, il était pas spécialiste.

« Oui j'ai cru comprendre ça. Il était sûrement très discret en temps normal, mais on s'est pas vraiment rencontrés dans des circonstances normales. T'as certainement entendu parler des circonstances du décès ? Alors, voilà, t'imagines le truc. Surtout si t'es au courant qu'il était magicien. »

Bon, faire parler Moïse, c'est pas forcément d'une évidence risible. Que l'homme soit secret parce qu'il travaille dans une branche très obscure – et illégale – ou que son travail se situe très précisément dans cette branche parce qu'il était secret... c'était une très bonne question, qui n'amenait strictement rien de neuf à la conclusion. Moïse ne balançait pas facilement, et il avait beau jeu de ne pas vouloir répondre, avec ses attitudes volontiers impressionnantes. Et ce, même si son public – comme maintenant – n'avait pas l'air tellement impressionné.
Il avala une autre parcimonieuse gorgée de whisky, paraissant tenter de se détendre.
Après tout, le petit jeune n'était pas obligé de lui raconter ça sur le défunt, de lui offrir à boire, tout ça, il pouvait peut-être se montrer un poil plus aimable qu'à l'accoutumée.
Ouais, mais pas beaucoup hein, il avait des quotas à respecter.

« Oh, oui, me défendre je sais très bien faire... Sauf quand on m'attaque sur le terrain magique, là je maîtrise pas grand-chose. Heureusement pour moi, lui, il maîtrisait... »

Il reposa son verre, réfléchit à la façon dont il allait tourner ça. « Il m'a jeté une plante en pot histoire que je sois pas dans la zone quand un machin lumineux a explosé » ça le faisait pas. Ça faisait même très con, d'autant plus que c'était la vérité.

« Oh, pour faire court, je crois qu'il m'a sauvé la vie. Pas sûr, j'suis pas spécialiste en magie, mais vu que tout le monde là-dedans est mort, j'pense que c'est vrai. »

Il posa un regard à la fois calme et amusé sur Dante, le dominant de toute sa hauteur. Il a préféré rester debout, parce qu'il peut ainsi profiter de sa haute taille, et aussi parce que bêtement, quand on faisait quasiment une centaine de kilos, on ne faisait pas facilement confiance aux sièges. Il reprit possession de son verre d'une patte brute et distraite.

« Mais et toi alors, comment ça se fait que tu te retrouves ici, aux commandes ? Il y avait sûrement beaucoup plus officiel que toi dans l'entourage, non ? Ils sont tous trop transpercés par la douleur pour le faire, c'est ça ? »

Il ne se moque pas vraiment, ni dans le ton ni dans l'attitude, il a juste la sale manie d'aborder ce genre de sujets avec une ironie tranchante qui lui permet de tenir tout ça à distance.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 8:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Dante nota avec une curiosité amusée le choix de Moïse, qui jeta son dévolu sur la belle bouteille de whisky irlandais. Ce choix révélait un goût pour les classiques et les boissons fortes, les boissons qu'on ne devrait jamais servir au verre des craintifs. Mais sans présager des intentions de son si cordial invité derrière ce choix de boisson, Dante avait continué la conversation et voilà qu'il apprenait, à présent, de la bouche de Moïse, pourquoi ce dernier considérait avoir une dette d'honneur envers Louis... envers lui. Très honnêtement, dans la salle de sport, le magicien n'avait pas agi par bonté d'âme, ni même par réel altruisme, mais bien davantage par intuition, aussi eût-il été bien fat de s'arroger les mérites d'une bonne action qui n'en était une qu'à l'aune d'un certain regard. Mais il était flatteur, un peu, de s'entendre dire ces choses-là, et la sensible vanité du magicien ne pouvait qu'applaudir les propos de Moïse, à l'instar d'un public qui, à l'issue d'un beau concert, se lève et crie « encore ! » Il s'était assis, l'autre demeurait debout. Leur disposition même prêtait à de multiples interprétations, mais Dante garderait sa place, sur ce fauteuil si confortable. Il n'était pas particulièrement fatigué mais ne tenait pas à paraître plus excité qu'il ne l'était pas une situation insolite au possible. Le rideau bientôt se lèverait sur la vérité, et les masques tomberaient. Peut-être, alors, Moïse aurait-il besoin d'une chaise où poser son cul pour ne pas y tomber ? Dante savourait déjà le petit effet que produirait sa révélation, mais il avait intimement le secret espoir et la douce conviction que Moïse, qui ne ressemblait à aucune des personnes qu'il connaissait, saurait le surprendre en réagissant d'une façon tout à fait inédite et nouvelle. La surprise serait pour lui divine, mais il constata que son verre était vide. Tant pis, il le remplirait plus tard. « Je suis au commande car le testament de Louis d'Ax me désigne comme son légataire universel. Et comme personne dans la famille ne tient à me contester cette qualité... ils ont cru bon de m'investir de la jouissance des lieux dès maintenant. » Ce jargon de notaire et d'avocat lui déplaisait fortement, mais quelle importance ? Autant être honnête sur ce point, sans lien évident avec le chef d'orchestre décédé au cours de l'attentat, sa présence en sa demeure avait de quoi surprendre et même dérouter.

 « Il n'y a pas plus officiel que moi, et pour cause... s'il ne vous a pas échappé que Louis était un magicien, vous devez également savoir qu'il n'était pas un Rincevent... la magie, il la connaissait bien et elle le lui rendait bien. » Sauf qu'à la toute fin, il n'était pas mort de vieillesse, allongé dans un lit, ratatiné par l'âge et entouré de sa famille, mais bien d'un stupide accident magique causé par l'entêtement fanatique d'un crétin de mage terroriste. Être criminel n'était pas une excuse pour être idiot ! Louis joignit les mains après avoir déposé son verre vide sur une table à côté du fauteuil. Le napperon, sur la table, était magnifique. Il posa sur Moïse un regard profond, indéchiffrable, comme si plusieurs voiles d'énigmes impérissables en dissimulaient la couleur. L'heure était venue. Il ferait son annonce et alors, Moïse aurait en quelque sorte une alternative. Il crierait peut-être à la folie et partirait sans demander son reste, content d'avoir accompli son devoir d'hommage à l'homme qui, somme toute, lui sauva la vie le six mars. Ou alors, il ferait preuve d'un grand calme en accueillant l'information et alors peut-être la curiosité le pousserait à croire ce jeune homme qui prétendait ne pas être tout à fait ce qu'il était. Dante se demandait ce qui se vérifierait et se prit même au jeu des paris. Après quelques instants d'un silence qu'il mesurait volontairement, car après tout le monologue ne l'intéressait pas, dans l'ordre de votre choix il se leva, saisit son verre et s'en alla le remplir de la même liqueur citronné qu'il appréciait tant. « De toute évidence, la magie l'aimait assez pour lui refuser l'éternel repos de la tombe. Louis d'Ax n'est pas vraiment mort. C'est à lui que vous parlez actuellement. »

Quel sens de la formule ! Moïse n'avait plus qu'à reculer de quelques pas, s'enfuir et téléphoner à l'asile le plus proche pour qu'ils envoyassent au plus vite au palais l'ambulance, la camisole et les bonshommes en blanc. Il n'en fit rien toutefois que déjà Dante continuait :

 « C'est difficile à croire ? J'en conviens. Une preuve de ce que j'affirme ? Je me souviens très bien de notre rencontre. Cela a commencé par un t-shirt mouillé, et cela a terminé par votre départ. Et vous devez toujours m'expliquer l'emballement des tapis de courses. »

Il ne pouvait être plus clair et plus incisif, mais ses propos témoignaient d'un enthousiasme grandiose, bien plus que d'une ironie théâtrale.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 16 Mar 2015 - 22:23 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La réaction de Moïse à cette nouvelle fracassante fut toute de sobriété et de douceur, bref, à son image. Il éructa un « putaindebordeldemerde » mal articulé, en serrant ses doigts tatoués contre le pauvre verre qui n'avait rien demandé.
D'accord, il était familier au concept de nombre de vies supérieur à la normale, mais ça c'était bon pour ces petits crétins de Link, Mario et Kirby, pas pour les vrais humains, n'est-ce pas ? D'un autre côté, tout bien pesé, est-ce que les vrais humains étaient capables de balancer des boules de feu et de faire des plantes en pot innocentes des filets du diable ?
… Non.
Moïse referma la mâchoire, tentant de rassembler ses pensées – après s'être dit, évidemment « putain faut que je trouve le code source pour y rajouter ça immédiatement ». Du calme Moïse, tu le sais qu'il y a pas de code source sur les humains pourtant.
Il dévisagea Dante avec une acuité redoublée, prêt au « naaan j'déconne il est toujours mort », mais rien ne vint.
Enfin, hormis cette histoire de tapis roulant qu'il avait quant à lui quasi oubliée.

« Rincevent, oui... »

On pardonnera au technopathe d'avoir légèrement buggué, et on mettra à son crédit la connaissance de l'oeuvre de feu Sir T. Pratchett, merci bien.
Il avala une gorgée bien tassée de whisky, histoire de rebooter son système, n'appréciant même pas au passage la brûlure de l'alcool comme il l'aurait fait en temps normal.
Le truc fonctionna pas mal, et Moïse reporta un regard intéressé et évaluateur sur Dante, qui s'était relevé de sa pose de Cléopâtre, et en avait pris une autre, devant la collection d'alcools.

« Pour le tapis de course, c'est un petit truc assez simple, en fait. Je sais faire ce genre de trucs, avec les machines. C'est beaucoup moins impressionnant sur un tapis de course que sur un ordinateur, j'te le garantis. »

Et beaucoup moins utile, même si la méthode expéditive avait été sur le coup utile voire salvatrice. Il ne dit rien de ses cyber-activités mondialement connues – parce qu'il fallait pas déconner quand même – puis, pris d'un intérêt scientifique dont le crédit était à mettre à son côté geek, fronça des sourcils.

« Mais comment c'est possible ? Et qui est au courant ? C'est à cause de l'autre con qui avait son lieutenant à boules de feu ? »

Mais non c'est pas tendancieux, de suite...
Toutefois, dans un coin de son esprit multitâches, Moïse était en train de se demander si tout ça n'était pas un canular, et si, par le plus grand des hasards, on était pas en train de se foutre légèrement de sa gueule – exercice qu'il n'appréciait pas des masses, on s'en doutera.
Il détermina rapidement, avec des pour et des contre, que ça n'était pas tellement possible. L'épisode du t-shirt mouillé n'était connu que des gens qui avaient été présents à la salle de sport le jour fatidique et... Eh bien, il était bien placé pour savoir que ces gens-là n'existaient plus.
Tiens à ce propos...

« Et au fait, mon faux cadavre, ça en est où cette histoire là ? »

Parce que bon, ça l'enchantait pas des caisses d'être pour ainsi dire euh... trépassé. Il avait rien demandé, à la base, et le voilà à batailler avec sa propre presque-mort, un mort-qui-était-revenu – ça lui rappelait vaguement une histoire ça, tiens – et surtout, la perte de la grande prêtresse du minishort rose bonbon, ce qui n'était pas rien.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 0:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Dante se trouva confronté à plusieurs questions. Il jugea bon d'y répondre par ordre de priorité. Une première gorgée de limoncello l'aida dans son choix.

 « Ce faux cadavre était destiné à distraire nos agresseurs. Un leurre, en somme, pour vous permettre de fuir plus facilement. » Il n'allait pas lui faire un dessin, et puis de toute façon, avec le recul, il se rendait bien compte que la manœuvre n'avait pas été des plus utiles ni des plus heureuses, car Moïse, alors même que Louis venait de concevoir le cadavre factice, s'était piqué d'un certain sens de l'héroïsme, au lieu de prendre, comme le magicien le lui avait suggéré, la poudre d'escampette. Toutefois, un détail réglait la question qui échappait aux deux hommes : Moïse n'avait pas figuré sur la liste des victimes recensés de l'attentat, pour la bonne raison que le cadavre, créé par la magie, avait été très sensible à l'accident magique... trop sensible, tant et si bien qu'il disparut lui aussi, happé par la terrible sphère. Ni Dante ni Moïse ne le saurait jamais, mais ledit Moïse, d'ailleurs, avait-il été seulement inquiété par les huissiers, les avocats, les notaires, les assureurs, etc ? Si ce n'était le cas, c'était bien que les autorités responsables le considéraient toujours comme vivant – et donc imposable et corvéable à merci, vive le fisc !

 « Quant au reste... oui, c'est possible, de toute évidence, et j'en suis le premier surpris. » Il s'interrompit. Admettre son ignorance, précisément à ce sujet, lui coûtait, considérant la haute estime en laquelle il tenait ses aptitudes à la sorcellerie. Mais Moïse n'était pas dans sa tête et ne pourrait donc tâter du doigt la texture de ces scrupuleuses introspections.  « Je ne suis pas le dernier des lapins, comme magicien. Sans rire, je suis plutôt habile. » Et si la parole du mage ne lui suffisait pas, la démonstration qu'il fit y réussirait sans doute. Moïse n'avait d'ailleurs qu'à tourner légèrement la tête pour voir le petit orme de chine, dans son pot de céramique, croître à toute vitesse pour devenir une belle figure hippique, une véritable licorne de troncs, de branches et de feuilles. Le plus spectaculaire serait certainement d'avoir vu un bonsaï de petite taille devenir en l'espace d'une minute plus grand que ne l'était Moïse au trois-quarts – ce qui, considérant le tout, était une fort belle taille. Légèrement las, car il devrait trouver un autre endroit, plus tard, pour ce végétal déformé, Louis songea qu'il était encore trop tôt dans la journée et dans leur existence commune pour oser pratiquer sur Moïse une démonstration de ses autres pouvoirs... le danger n'était pas seulement de susciter chez son invité de la crainte, mais aussi du dégoût, ce qu'il ne désirait pas.  « Bref, la magie, c'est vaste, mais ce qui est arrivé... ce qui m'est arrivé, ça m'échappe totalement. À vrai dire, c'est même très frustrant, mais je finirais par comprendre ce qui est arrivé. Ce n'est qu'une question de temps. » Il avait déjà quelques pistes, mais doutait de la pertinence d'un exposé trop théorique pour intéresser Moïse au-delà des premiers mots. Il reprit la parole avec empressement.

 « En dehors de vous, quelques autres personnes sont au courant. La plupart sont de ma famille proche. Les autres... peuvent aller au diable. L'événement a eu au moins le mérite et le bienfait de me permettre le luxe d'un tri par le vide assez considérable. Vous n'imaginez pas à quel point la vermine s'accumule dans les coins, au cours d'une vie... » Trente-quatre ans, c'est très peu, mais bien assez pour voir les environs se peupler de personnes inutiles et détestables. Il n'épiloguerait pas à ce sujet, Moïse avait sans doute, lui-même, connu de semblables expériences, comme tout un chacun – à ceci près qu'il n'était jamais mort, lui. Mais trêves de pensées parasites.  « Je suis heureux que vos tripes soient assez accrochées pour vous permettre d'encaisser le choc. D'autres ont cédé à l'évanouissement, je désespérais de trouver quelqu'un qui ne fût pas une petite nature. Pour être honnête, je ne vous attendais pas, et je suis surpris, autant que flatté, par les paroles que vous avez eu à l'égard de Louis. À mon égard, donc, si vous me permettez cette ironie. » Et même s'il ne le permettait pas, charbonnier était maître chez lui, et Dante chez Louis. Riez, pauvres fous ! De toute façon, Dante ne comptait pas en rester là, et tandis qu'une deuxième gorgée venait mouiller sa gorge et asseoir ses convictions, il continuait, du même ton très sérieux et très clair qu'il avait adopté depuis sa révélation. « Voulez-vous m'en dire plus sur vos capacités ? Je dois reconnaître que je suis très intéressé. » Pour le moment, d'un point de vue théorique. « Il y a un ordinateur dans l'autre pièce, pourriez-vous me faire une démonstration ? »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 1:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Effectivement, un exposé magique de haute volée n'aurait pas été très susceptible de conserver longtemps l'attention de Moïse, qui n'aimait pas tellement discourir de sujets sur lesquels il était peu renseigné. Et c'était pas les renseignements qu''il avait trouvé sur des forums de wicca qui allaient l'aider à entraver quoi que ce soit à la conversation, il en était à peu près persuadé – hormis s'il s'agissait de parler du bien-fondé de l'utilisation du pépin d'orange dans un sort domestique.
Il passa une main sur sa mâchoire carrée, un peu perdu, son esprit purement factuel ayant du mal à intégrer la notion qui venait de lui être livrée. Il supposait qu'avec un peu de temps, il finirait par s'y faire.

« Oh, j'te crois sur parole, ouais. J'ai vu ce que t'as fait à la salle de sport, c'était relativement... ok c'était vraiment impressionnant. J'suis pas tout à fait sûr d'y croire, là. »

Sauf que si, il y croyait, parce qu'il y avait été et que s'il fumait de temps en temps pour se calmer les nerfs, ça n'était en aucun suffisant pour expliquer tout ce qu'il avait vu là-bas. Il n'avait tout simplement pas ce genre d'imagination là, il se connaissait suffisamment bien pour le savoir. Oui, même en vivant dans une ville où les Super étaient lâchés en liberté, il n'avait pas pu simplement inventer tout ça.
Un léger sourire, genre de réflexe, apparut sur ses lèvres quand Dante se dit flatté par ses paroles. Moïse n'était pas vraiment le genre d'homme à retirer ce qu'il avait dit, sous prétexte qu'il ne pensait pas s'adresser au défunt à ce moment-là.

« Ben, c'est la moindre des choses. Ça m'aurait vraiment fait chier de mourir là-bas, et en plus à cause d'une bande de crétins pareils. »

Ce que le hacker n'avait pas dit, c'est qu'il avait retrouvé, sur l'immensité de la toile, le site minable dont se servaient les terroristes pour se tenir au courant entre eux.
Le site avait plongé dans les enfers de l'internet, avec la diligence d'un cocher pressé. Pour faire bonne mesure, les laptops des mécréants avaient tous arrêtés de fonctionner en même temps, et inutile de préciser que TheRealProphet s'était assuré personnellement que tous les participants à cette petite cellule se croient frappés d'une malédiction informatique particulièrement virulente.
Il avait horreur qu'on essaie de le buter.
La conversation revint alors sur un sujet qu'il maîtrisait mieux, et la ligne de ses épaules massives se détendit perceptiblement. Le sujet de l'informatique, il le maîtrisait, et ça le sécurisait vachement. Parce que oui, Moïse avait horreur d'être projeté dans des lieux où il avait l'impression de ne pas appartenir, et de ne rien maîtriser. Etonnant.

« Une démo, ça sera certainement beaucoup plus parlant que des explications. »

En effet, le technopathe n'était pas vraiment capable d'expliquer comment il faisait pour mettre en jeu sa datakinésie. C'était un réflexe, quelque chose qu'il pratiquait sans y penser, et l'informatique était sûrement un sujet aussi obscur que la magie quand ça s'y mettait. Il abandonna définitivement son verre, prenant la direction de « la pièce d'à côté », se dirigeant avec l'instinct sûr du geek en terrain connu vers le laptop.
Une antiquité poussiéreuse de son point de vue, forcément, et calibrée n'importe comment, mais franchement ?...
Moïse resta à quelques pas de la machine, fixant son regard sur l'écran avec l'expression qu'il aurait pu avoir s'il se préparait à faire une déclaration d'amour enflammée.
Et l'ordinateur s'alluma sans faire d'histoire.
S'il y avait un code sur la machine, l'ordinateur parut oublier de le demander, et afficha immédiatement l'écran de commande noir bien connu des codeurs. Evidemment, pas de temps de démarrage à déplorer, pas d'antivirus pour chercher à se mettre à jour alors qu'on essayait de faire autre chose d'urgence, l'ordinateur répondait comme un chien de berger très bien dressé. Moïse laissa échapper un mot indistinct dans un souffle, ouvrant son code, qui se mit à s'écrire tout seul en caractères blancs, défilant sur l'écran noir à une vitesse inatteignable, même par un chinois surentraîné.
Même la datakinésie ne protégeait pas des fautes de frappe, des retours rapides étaient visibles, mais le code continuait à s'écrire, répondant aux mouvements d'yeux infimes du hacker, et il ferma proprement son code avec un claquement de langue satisfait.
L'écran de commande s'éteignit, et se ralluma sur un écran inconnu, et Moïse croisa les bras sur la poitrine dans une attitude somme toute satisfaite.

« Je te présente le laptop de ton voisin. Apparemment, il est connecté dessus, il doit regarder ses... photos de vacances ? Hm. Ennuyeux. Si on l'éteignait ? »

Sourire de gentletroll amusé.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 17 Mar 2015 - 9:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Charmant, tout à fait charmant ! Et très impressionnant. Dante en convint d'autant plus volontiers qu'il était lui-même bon public. Geek, il l'avait été, en quelque sorte, plus jeune, quand il avait découvert les jeux vidéos et les salles dévolues au jeu en ligne. En revanche, il n'avait jamais pénétré la surface ludique de cet univers qui, à l'époque, n'en était qu'à ses balbutiements. Ainsi donc le bellâtre Moïse fit des choses à cet ordinateur qu'il n'aurait jamais cru possibles ni même faisables. La scène avait quelque chose de surréaliste. Ils étaient là, tous les deux, dans ce petit salon attenant du plus grand, Moïse assis devant l'ordinateur portable posé sur un secrétaire de travail, et lui debout à ses côtés, observateur fidèle et sérieux des prouesses cybernétiques de son invité qui, à première vue, prenait la machine à bras le corps pour la soumettre à ses désirs.

Tout autour d'eux, c'était les livres, les babioles, le tapis, les fauteuils, les tableaux accrochés aux murs qui semblaient absorbés dans la contemplation de ce petit génie du net qui donnait la preuve que l'intuition du magicien avait été la bonne. Ce dernier d'ailleurs n'était pas peu fier de lui, car tout cela n'était parti que d'un regard furtif sur des tapis de course en furie. Le lien d'ailleurs entre l'emballement des tapis et les lignes de code qui n'en finissaient plus de défiler sur l'écran noir n'apparut pas très net au yeux du magicien, mais sans doute était-ce très clair à l'esprit de Moïse.

Dante jubilait, littéralement, de voir à l'oeuvre celui qu'il devinait être un pirate clandestin et parmi les plus efficaces de sa connaissance. D'aucuns diraient que Dante n'en connaissant nul autre, c'était facile, mais il se formait son opinion sans besoin d'asseoir ses arguments sur la seule comparaison de Moïse avec d'hypothétiques autres. Et puis, considérant le néophyte qu'il était en la matière, tout était de nature à lui paraître exceptionnel, alors que, peut-être, de son point de vue à lui, Moïse ne venait d'accomplir qu'une badinerie de pirate informatique à peine susceptible de divertir les initiés, trop habitués à bien mieux.

Mais à quoi bon nier l'évidence ? " C'est très impressionnant. Le bureau de l'ordinateur du voisin, vous dîtes ?" Il présageait d'ores et déjà de toutes les petites misères qu'un tel sésame pour l'intimité numérique dudit voisin pouvait lui permettre de faire. De là à jubiler, il n'y avait qu'un pas qu'il s'empressa de franchir avec une joie non feinte, mais encore contenue par la nécessaire distance qu'impose la nouveauté .

"L'éteindre, c'est une idée, mais il y a sans doute plus... enfin, mieux à faire, non ? Pouvez-vous par exemple supprimer certaines de ces photos de vacances ?" Il voyait défiler sur l'écran un diaporama d'images qui suggéraient un formidable séjour dans les Caraïbes. Il se surprit à souhaiter les voir s'effacer une à une et son sourire s'élargit comme un croissant de lune. "Est-il virtuellement possible de tout faire ? " interrogea-t-il du regard, l'oeil avide et le front bas, la bouche entrouverte sur les mille possibilités qu'il envisageait.

"Contrôlez-vous directement la machine ou seulement la navigation... de base ? " Il n'était pas certain du vocabulaire à employer mais ne doutait pas un instant que Moïse comprendrait de quoi il parlait. Avait-il accès au bios ? C'était sa question, en substance, et celle qui couvrait toutes les autres."C'est vraiment très impressionnant, oui, encore que la démonstration soit, j'imagine, en l'état, du b.a.-ba, puisqu'à vous entendre, vous savez faire bien plus... pouvez-vous par exemple... je ne sais pas, moi, mettons... initier une conversation instantanée avec lui directement sur son propre ordinateur ?"

L'idée d'ainsi effrayer son voisin lui plut tant qu'on put déceler dans ses yeux l'éclat d'or des prunelles d'un dragon carnassier. Troll ! aurait sans doute dit Moïse en se gaussant. Dante aurait alors copieusement assumé. Il n'était pas à une méchanceté près, après tout, Louis déjà n'était pas un enfant de coeur, et Dante ne serait pas moins mesquin... Quand bien même il avait partagé avec un certain prêtre un pur moment de foi au cours d'une confession étonnante, Dante n'en avait pas moins quitté l'église avec la ferme conviction que la Créateur lui-même lui pardonnait et l'encourageait, alors... Et c'était peut-être le meilleur moyen de constater l'étendue des aptitudes de Moïse, qui avait déjà acquis l'estime du magicien. Ce dernier d'ailleurs s'amusa de ne pas nourrir plus de craintes, car après tout ce pirate aurait très bien pu faire usage de ses capacités pour chercher à tirer profit de la confiance que peu à peu Dante lui accordait. Mais le risque encouru lui parut bien maigre à côté d'abord du plaisir de la découverte et enfin des perspectives qu'il envisageait déjà.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 18 Mar 2015 - 22:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Moïse avait les yeux fixés sur les dossiers ouverts du voisin, affichés sur l'écran de l'ordinateur de Dante, l'air parfaitement à l'aise. Ce petit tour était un des premiers qu'il avait maîtrisé, quand il n'était encore même pas majeur, et celui-là même qu'il avait dupliqué à grande échelle avec son virus appelé Pharaoh. Autant dire une de ses capacités les plus basiques, qu'il avait justement montrée à Dante parce que c'était quelque chose qu'il faisait de façon automatique. Esclavagiser un ordinateur relié à internet ne présentait aucune difficulté pour le hacker.
Il détacha son regard de l'écran pour le poser sur Dante, affichant un léger sourire satisfait.

« Ouais, je peux tout faire. J'ai la main sur sa machine, il est juste pas encore au courant, parce que je ne fais rien. Je peux supprimer ses photos... »

Un regard à l'écran, et les photos s'affichèrent en surbrillance pour partir à la corbeille, qui afficha immédiatement un message de nettoyage immédiat. En même pas deux secondes, les souvenirs des Caraïbes avaient disparu dans les ténèbres.

« Je peux lancer la musique si j'ai envie... Ou internet, ou l'antivirus, ou l'innommable défragmentation qui est livrée avec l'OS de l'ordinateur... »

Les quatre programmes susnommés s'affichèrent en même temps, faisant ramer le laptop et apparaître le curseur de moulinage bien connu des personnes qui avaient des ordis qui ramaient.

« Ou tout stopper et lui envoyer un message effectivement. »

A ces paroles, le regard de Moïse toujours aimanté à l'écran du laptop maître – celui de Dante –, les programmes se fermèrent comme par magie, et l'écran noir des commandes apparut. Moïse avait ouvert ça par habitude de codeur, il aurait pu également se servir du traitement de texte. Ce qui fut un vieux, très vieux souvenir qui le poussa à écrire « Hello world » avec sa datakinésie.
Le programme, cette fois sur l'impulsion du voisin qui certainement devait commencer à baliser, se ferma.
Moïse, qui était fort entêté à ses heures, ouvrit de nouveau les commandes, et environ cinquante « asv svp » s'affichèrent d'un coup.
Il émit un léger rire.

« ça sert à pas grand chose hormis lui faire peur, ça. Il y a des choses beaucoup plus utiles à faire avec ce genre de commandes sur les ordinateurs des autres... »

Une page internet s'ouvrit – et fit siffler de désapprobation le hacker quand il vit l'explorateur utilisé par le voisin – et il se connecta au compte facebook du voisin en se servant du code enregistré dans les paramètres.

Les fenêtres de chat instantané et les notifications défilaient à une vitesse surhumaine, prouvant, s'il en était besoin, à quel point Moïse avait l'habitude de ce genre d'exercice.

« Ah... Il est pas très intéressant ton voisin... Et son ordinateur est infecté par au moins 4 chevaux de Troie. »

L'antivirus utilisé par le voisin – une saleté qui s'amusait à gueuler qu'il était à jour dans les moments les plus inopportuns – s'ouvrit, et Moïse, par habitude, lança un scan de la machine.

« Pff il sait vraiment pas comment se servir d'un laptop j'te jure. »

Ce qui était pas le cas de tout le monde, on l'aura compris. Moïse n'avait pas une seule fois touché au clavier de l'ordinateur de Dante.
Il laissa l'antivirus tourner, détachant son regard de l'écran pour le reporter sur Dante.

« Voilà. C'est ça, ma magie personnelle. C'est beaucoup moins efficace que la tienne face aux boules de feu je te l'accorde, mais ça fait des miracles aussi. Au passage, à la salle de sport, la flotte et l'alarme c'était moi aussi. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 19 Mar 2015 - 2:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


Sans un clic, Moïse venait de faire disparaître l'intégralité du contenu de l'album photo numérique de son voisin. Comme s'ils avaient été chez lui, sur son ordinateur, sauf qu'ils étaient chez Dante, à l'abri du petit salon, sur un ordinateur qui n'était pas celui du voisin. Dante se demanda si ces activités de pirate domestique – il y avait pire, pour un hacker, que de troller ainsi son voisinage – étaient traçables, et permettraient de remonter jusqu'à lui, jusqu'à son ordinateur si d'aventure le voisin en colère décidait de débusquer le petit plaisantin responsable de la destruction de ses photographies.

Moïse n'était pas peu fier de lui, et Dante trépignait d'aise, car il goûtait fort cette nouveauté, avec une pointe d'envie. S'il désirait, lui, troller son voisin, il pouvait envahir son jardin de ronces affreuses, à la manière d'une parodie de ce que proposèrent les studios Disney pour leur version de la Belle au bois dormant, mais si cette espièglerie de magicien aurait eu de quoi impressionner le premier venu, cela touchait à un domaine – le jardinage – bien moins riche de possibilités que ce que proposait là Moïse. Ce dernier disposait en effet d'un pouvoir qui ferait de lui un atout indéniable pour un certain groupe de la connaissance de Dante, mais il était encore trop tôt pour lui fournir les trois formulaires d'inscription à remplir. Sa jubilation se poursuivit sans s'accroître, ce qui n'était pas plus mal, après tout, l'euphorie portée à son paroxysme a toujours des effets curieux, quand il vit les prémices d'un échange entre eux et le voisin, dont la panique était évidente, même à travers l'écran.

Ce rageur pourrait rager! Dante s'en fichait et de toute évidence Moïse était, de ce point de vue, en parfait accord avec lui. « Et tout cela sans les mains... » Ce détail n'avait pas échappé au magicien qui but les dernières gouttes de limoncello et abandonna son verre à l'exil sur un quelconque meuble à proximité. Il ne l'intéressait plus de boire, mais davantage d'en savoir plus sur cet homme qu'il avait rencontré tout à fait par hasard et qui, pourtant, lui donnait l'impression d'avoir été placé sur son chemin, à un moment très précis, pour des raisons bien particulières. Mais avant de remercier la providence, Dante crut judicieux de s'occuper du présent et de son invité. « C'est vraiment formidable. Je ne suis pas assez féru de ces choses-là pour entrevoir toutes les possibilités pratiques, mais j'imagine qu'en terme de criminalité, vous pourriez devenir la bête noire de ce qu'on pourrait appeler la cyberpolice. »

Et bien sûr il pesait ses mots. Tout ce qu'il venait de voir lui donner envie d'en apprendre encore davantage, mais s'il se lançait dans l'examen systématique des aptitudes de Moïse, Dante s'imaginait bien qu'ils n'en auraient pas terminé en quelques heures. Il ignorait tout de cet homme et pourtant en savait assez pour lui donner quelques idées singulières qu'un certain laveur de carreau n'aurait pas reniées. Croisant le regard avec lui sans croiser le fer comme tant d'autres le feraient, il lui sourit non avec bienveillance, mais avec le sourire des coupables et des complices. Et puisqu'ils en étaient là, Dante choisit d'abandonner la distance polie qu'imposait certaines formalités de langage, pour embrasser la proximité d'un dialogue à cœur ouvert.

 « Et ces facultés sont au cœur de tes activités professionnelles ? Cette magie-là est assez discrète, enfin je présume que tu as les moyens et les connaissances de ne laisser derrière toi aucune trace... c'est le cas ? » Il était sincèrement curieux. Une manœuvre délicate s'imposait à lui. Plus il en apprenait sur Moïse, et plus il voyait la pertinence d'un tel atout pour les joyeux drôles de Mannheim. Mais il ne pouvait lui parler franchement de SHADOW et n'avait pas qualité pour le ramener à la base comme on ramène une boîte de chocolats pour ses collègues. Il devait donc non seulement évaluer la pertinence du recrutement, mais aussi les prédispositions de Moïse à ce recrutement. L'alchimie de leur échange déterminerait tout cela et quand Moïse quitterait le palais Beaudrie, Dante saurait peut-être ce qu'il ferait – informer Renan, ou délayer l'information, ou l'oublier. « J'imagine qu'avec de tels talents, l'argent n'est plus concrètement un problème, cela doit vous laisser beaucoup de temps pour d'autres activités, en fait. C'est ce que je ferais en tout cas. » Moïse n'avait pas l'air d'être un gros pacha bouffi d'argent et de paresse, et sa mine dénotait un certain goût pour l'entretien physique – il l'avait rencontré dans une salle de sport, après tout !

Ainsi peut-être que cet homme était non seulement un pirate de génie, mais aussi un individu plus profond qu'il n'aurait pu paraître à l’œil peu averti. Était-il courtisé, d'ailleurs, ce pirate ? Par les organismes gouvernementaux, par les organisations criminelles, etc ? La question viendrait en temps voulu. Pour l'heure, il devait progresser dans la subtilité.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 19 Mar 2015 - 4:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Moïse eut une espèce de sourire de sphinx satisfait quand Dante fit allusion à la grippe monumentale qui pouvait paralyser les cyberflics par rapport à ses capacités. Il croyait pas si bien dire... Oh, à qui essayait-il de faire croire ça ? Dante savait très bien ce qu'il disait. Et la suite de ses paroles le prouvait très bien.

« T'as oublié d'être con, toi hein ? Ouais, personne m'a jamais r'trouvé jusqu'à maintenant, et c'est pas faute d'avoir été cherché. Ton voisin aurait beau être un crack en informatique... ce qu'il n'est pas je te garantis, il trouverait jamais d'où a bien pu venir l'attaque. »

Il considéra de nouveau l'écran avec un air situé à mi-chemin entre le paternalisme satisfait, et le trollage total, ce qui donnait un mélange... assez curieux.
Il n'avait pas besoin de regarder Dante pour entendre son ton... intéressé ? Curieux ? Impressionné, ça oui, mais tout comme le hacker l'avait été par le sortilège qui répliquait les blessures sur les terroristes, ou même le coup de la plante en pot – oui ok, il avait cru mourir étouffé par une plante sur le coup.
Mais le hacker, instinctivement, parce qu'heureusement pour lui, il n'avait pas – encore – totalement abandonné ses impressions humaines pour une analyse quasi robotique de la situation.
Il se retrouvait toutefois devant une situation plutôt neuve, qu'il envisageait avec une sérénité qui l'étonnait lui-même.
Apparemment, voir mourir un type et apprendre qu'en fait, il s'était réincarné avait tendance à faire tomber son firewall. Enfin, à diminuer sa paranoïa galopante, quoi.

« Ouais, tout juste. J'sais pas si tu connais un peu internet ou pas du tout... Mais si le pseudo TheRealProphet te dit quelque chose... bah c'est moi. »

Pour ça, être en face du fameux TheRealProphet, qui lui livrait son identité civile comme ça, Dante aurait pu se faire écharper des fans hardcore de Moïse.
Oui parce que les internets sont des endroits étranges, qui regroupent des gens tout aussi étranges, et Moïse, au fil du temps, a récolté une base de fans, dont certains ont un sérieux grain. Malheureusement pour les geeks en question, Moïse n'était absolument pas du genre à bien vouloir se prêter au jeu du fan-service, ce qui pouvait se comprendre quand on connaissait sa réputation de cybercriminel et cyberterroriste.

« Et encore une fois, t'as pas tort, c'est exactement ce que je fais. Il faut savoir s'appuyer sur ses points forts, n'est-ce pas ? »

Le hacker servit alors à Dante un sourire satisfait, et son regard fut attiré par l'antivirus du voisin, qui annonçait fièrement avoir trouvé un cheval de Troie. Il eut un petit rire grave, en voyant son nom affiché. « Burning bush ». Il l'aurait parié.
Néanmoins, s'il s'était fait repérer aussi facilement par l'antivirus, c'était que la version qui infectait l'ordinateur du voisin datait de quelques bons mois. Moïse mettait un point d'honneur à avoir toujours au moins 5 coups d'avance sur les ingénieurs informaticiens qui travaillaient sur les antivirus, et depuis le temps qu'il s'entraînait à ce petit jeu-là, il y était devenu très bon.
Il commanda à l'ordinateur du voisin d'ignorer la menace représentée par Burning bush, et le laissa mouliner un peu plus, glissant un regard acéré sur Dante.

« Je peux me tromper... mais j'ai l'impression que t'as un truc à me demander. Et qu'le truc en question, c'est pas de reconfigurer ton laptop. Ça te dirait de m'en dire plus ? »

En bon geek habitué au langage binaire et clair des machines, Moïse n'était pas très bon dans les sous-entendus, et préférait autant qu'on évite les énigmes avec lui.
Il considéra Dante sérieusement, scannant ce qu'il pensait de ce gars. L'énorme avantage qu'avait Dante, c'était qu'il lui avait sauvé la vie dans une salle de sport alors que rien ne l'y obligeait, ce qui incitait le hacker à lui faire confiance.
D'un autre côté, il ne connaissait pas grand-chose de lui, si ce n'était qu'il avait assisté à quelques unes de ses démonstrations magiques – et encore sur le coup il n'avait pas eu vraiment le temps d'y prêter attention – et qu'il était chef d'orchestre.
Ah bah tiens, il devait plus l'être, du coup.

« Tiens, parlant boulot, t'fais quoi maintenant du coup ? J'imagine bien que tu peux pas te ramener à l'orchestre en leur assurant que t'es l'chef. »

C'est bien Moïse, tu t'améliores d'heure en heure en vie IRL.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante]
 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  SuivantRevenir en haut 
C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_6C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_8


C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_1C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_2bisC'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_3
 Sujets similaires
-
» C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante]
» FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans
» N'aie pas peur ce n'ai pas comme si j'avais tué quelqu'un...
» Parce que toute histoire a un début. (Elisabeth)
» L'amour sans philosopher C'est comme le café : très vite passé. [Les Shepard && Gibbs]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_6C'est comme si j'avais attendu toute ma vie... [PV Dante] Cadre_cat_8
Sauter vers: