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" L'avenir, c'est du passé en préparation."

 
Message posté : Sam 17 Jan 2015 - 16:56 Message
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Amy-Linh avait senti dès son réveil que cette journée allait mal se passer. Rien à voir avec ses visions du futur, ou avec un quelconque horoscope, c'était un simple mauvais pressentiment comme tout un chacun subit de temps en temps. 
Elle s'était tout de même levée, habillée. Une jolie robe noire, plutôt classe, dont les manches étaient longues, avec des collants épais gris. Et des gants de cuir gris, pour être bien assortie. Comme d'habitude. Amy-Linh aimait beaucoup la mode.
Ensuite elle avait déjeuné, prit son sac bandoulière, et je ne compte pas vous expliquer tous les autres faits inutiles qu'elle avait accompli jusqu'au moment qui nous intéresse ! 
Arrivée à Star High, elle apprit qu'elle avait un long moment de libre avant d'aller en cours: un professeur était absent pour la matinée. Si elle avait su ! Elle serait restée au lit, pour dormir encore un long moment, et si sa mère avait été d'accord elle serait restée chez elle. Pourquoi venir pour même pas une demi-journée de travail ? 
Amy-Linh avait l'habitude de limiter ses sorties, même si ces derniers temps elle faisait des efforts. Ça lui évitait les endroits bondés ou minuscules qui entraîneraient des crises. 
Et franchement, si elle avait su ce qui l'attendait, elle ne serait vraiment pas venue.
Alors qu'elle cherchait quoi faire pour éviter de s'ennuyer, elle décida de ne pas rester dans le parc. La température était plutôt hivernale, c'est à dire fraîche, et Amy-Linh n'avait aucune envie de tomber malade. Elle ouvrit la porte du hall bondé du bâtiment. 
Beaucoup d'élèves avaient eu l'idée de se mettre au chaud eux aussi, en même temps c'était une évidence. Amy-Linh aurait bien voulu traverser toute cette masse, pour pouvoir se diriger vers une salle d'étude pour travailler. Cependant, tenant encore la poignée de la porte dans ses mains, elle hésitait à entrer véritablement. Serait-elle capable de passer ici sans faire de crise ? Elle en doutait sérieusement, elle ferait mieux de...

 - Hé ! Ferme la porte il fait super froid dehors !  

Tirée de sa réflexion par un élève qui paraissait assez musclé pour casser de noix avec ses poings, ce qui suffisait largement à impressionner Amy-Linh, elle obéit. Et resta à l'intérieur. 
Maintenant qu'elle était là, elle s'imaginait mal sortir. Alors elle prit son courage à deux mains, et entreprit de se frayer un chemin parmi tous les étudiants inactifs et bavards qui peuplaient cette pièce. Ils formaient une foule assez compacte, impressionnante. Il ne fallait pas y penser.
Elle s'efforçait de ne toucher personne, de passer le plus vite possible, mais le moindre mouvement dans sa direction lui faisait peur, et elle craignait à tout instant que quelqu'un ne lui touche le visage par inadvertance, seul endroit laissé à nu. Aussi, sa progression était considérablement ralentie. 
Sa respiration se faisait irrégulière, et rapide. Elle avait le sentiment d'étouffer tellement elle avait l'impression qu'il faisait chaud, et tout ce qu'elle désirait c'était maintenant sortir. Sa phobie venait de prendre le dessus. Sa première pensée fut qu'elle devrait certainement raconter cet événement à son psychologue. La deuxième fut qu'elle devait sortir. Elle regarda tout autour d'elle. 
Personne ne semblait faire attention à la petite blonde en détresse: les autres adolescents étaient généralement en groupes de discussion, et elle ne passait qu'entre des dos anonymes lorsqu'elle cheminait difficilement dans la pièce. Personne ne la voyait. 
Elle ne parvenait pas à se demander si cela était ou non une bonne chose: son esprit était désormais bloqué sur l'idée de sortir, sans pour autant qu'elle y parvienne. Plus tard elle se dirait certainement que sa mère allait lui passer un savon, ou qu'elle aurait mieux fait de ne jamais entrer. La seule pensée nouvelle à cet instant fut celle d'un vertige. Le monde entier tournait autour d'elle, et elle mourrait d'envie de se laisser tomber sur le sol du hall, de fermer les yeux, et de ne plus les ouvrir. Non, il fallait se ressaisir, sortir de là. Et à cet instant, elle vit une fille qui regardait dans sa direction...
 
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Message posté : Sam 17 Jan 2015 - 18:43 Message
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- Qu’est-ce que tu as à te gratter comme ça ? T’as des allergies ?

Prudence se raidit. Elle baissa son bras, rabattit sa manche et esquissa un haussement d’épaules en détournant les yeux. Le regard de Lucy, empli d’une sincère inquiétude, pesait sur sa nuque. Prudence ne pouvait pas se résoudre à répondre honnêtement à sa question. Elle n’avait d’ailleurs aucune réponse à fournir. S’il s’agissait d’une allergie lambda, à laquelle elle n’était pas habituée, tout allait dans le meilleur des mondes. Mais s’il s’agissait au contraire d’un symptôme étranger… Elle redoutait le fait même d’y songer. L’évoquer de vive voix était alors exclu. Elle qui haïssait le mensonge et en faisait l’arme des lâches, elle l’utilisait dorénavant sur ses proches. Dans une certaine mesure, ce n’était pas un mensonge complet puisqu’elle ignorait ce qu’il se passait. Peut-être était-ce seulement la peur, irraisonnée et vaine, qui la minait et lui faisait craindre le plus petit changement. Peut-être était-ce plus que cela. Impossible de le savoir.

- Ouais, j’ai changé de gel douche.
- Prue…
- Quoi ?

Lucy laissa sa phrase en suspens avant de soupirer d’un air résigné. Son amie mentait très mal. Ce n’avait jamais été un de ses atouts. Cependant, si celle qu’elle pensait être une apprentie héroïne mutante ne voulait pas parler de ses problèmes, elle ne voulait pas insister jusqu’à la mettre mal à l’aise. Elle parlerait lorsqu’elle jugerait le moment venu. Elle lui faisait suffisamment confiance pour cela. Prue aurait aimé la détromper. Car il y avait certaines choses qu’elle ne se jugeait pas prête de dévoiler avant un bon bout de temps.

- Puisque le cours a été annulé, tu veux aller réviser avec moi ? Je vais avoir besoin d’aide pour retenir toutes ces formules mathématiques… Prue, tu m’écoutes ?

Il lui suffisait de fermer les yeux pour se remémorer la scène. Le malaise. La douleur diffuse, qui suscitait une irrépressible envie de se gratter. Les bosses dures sous sa peau. Debout devant le miroir de sa salle de bain, le dos tourné vers la glace, Prue s’était contorsionnée pour apercevoir la source de ses démangeaisons. Son dos lisse et musclé ne présentait pourtant aucune marque d’allergie : pas de plaques rouges, pas de boutons ni de cicatrices infectées. Pourtant, en effleurant ses vertèbres, elle aurait juré que celles-ci étaient plus chaudes que le reste de son corps. Avait-elle attrapé un quelconque virus au refuge pour animaux ? Ou était-ce quelque chose d’autre, peut-être en rapport avec l’héritage maternel ?...

- Prue ! Regarde où tu vas !

Lucy agrippa brusquement la manche de la veste en cuir de son amie. Prudence revint aussitôt à la réalité.

- Désolée ! J’avais la tête ailleurs !

La demi-alien réajusta son sac en bandoulière et croisa le regard apeuré d’une mince fille blonde, qui semblait s’être statufiée juste devant elle. Quelque chose dans l’expression de la lycéenne laissait présager des ennuis. Elle lui évoquait une biche effarouchée, encerclée par des chiens de chasse et incapable de trouver le courage de s’enfuir. Comme si rester immobile pouvait l’aider à devenir invisible.

- Salut ! lança gaiement Lucy Temple avec un sourire amical, fidèle à elle-même. Ça va ? Tu as l’air un peu perdue. Tu es nouvelle, peut-être ?

Prudence n’écoutait déjà plus que d’une oreille distraite. Elle fixait sans ciller l’inconnue, ne pouvant s’empêcher de lire dans ses yeux une peur animale. Une de celles qu’il était difficile de cacher, tout autant que de maîtriser.

- Le cours de 8h a été annulé, tu sais, renchérit Lucy, ayant reconnue le visage d’une fille de leur classe « normale » - lorsque les cours spéciaux des Supers se mêlaient à ceux plus ordinaires du commun des mortels. Tu peux rentrer chez toi, si tu veux…
- Tout va bien ?

L'adolescente ne quittait pas l'inconnue du regard. Quelque chose n'allait pas, elle pouvait le sentir.
 
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Message posté : Dim 18 Jan 2015 - 0:08 Message
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- Salut ! Ça va ? Tu as l’air un peu perdue. Tu es nouvelle, peut-être ? 

Amy-Linh venait seulement de remarquer qu'il n'y avait pas une, mais deux jeunes filles. Elle promenait son regard hagard sur ses deux interlocutrices, avec des yeux écarquillés qui trahissaient qu'elle ne comprennait rien. Son esprit était entièrement préoccupé par l'idée de sortir, l'empêchant de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre.
Les paroles et autres sons lui parvenaient sous forme d'un brouhaha irrégulier dont elle saisissait parfois quelques mots, et tout ce qu'elle voyait, c'était un monde qui tournait sans cesse. Il fallait qu'elle s'en aille. Parfois elle arrivait à surpasser ses crises, mais au fond elle savait qu'elle n'aurait pas cette chance aujourd'hui: cette foule était tellement impressionnante qu'elle n'aurait jamais dû tenter de la traverser. Elle n'y pensait même pas.
Amy-Linh avait l'impression d'être à la limite de tomber, sans parvenir à savoir s'il s'agissait d'une impression ou de la réalité.

- Le cours de 8h a été annulé, tu sais. Tu peux rentrer chez toi, si tu veux…

Oui elle savait, oui elle aimerait rentrer chez elle. Cependant elle ne dit rien, parce que tout ça lui paraissait trop loin. Elle était comme un esprit enfermé dans un corps incontrôlable: elle se voyait trembler, s'entendait respirer fort, sans parvenir à se contrôler. Si elle n'était pas habillée et maquillée comme une jolie poupée, on aurait pu croire qu'elle avait couru pour ne pas être en retard: les joues rouges, la respiration difficile, et le regard perdu de celui qui est en proie à la fatigue. Mais avec ses jolies chaussures à talons -qui ne facilitaient pas son équilibre- et sa robe, cela paraissait impensable.

- Tout va bien ? 

Ça, elle avait comprit. Dans son état, elle était incapable de savoir qui exactement lui avait posé la question - peut-être même d'ailleurs l'avait-elle imaginée, elle qui souhaitait tant que quelqu'un lui vienne en aide. Et d'instinct, elle avait voulu répondre oui. Ça n'aurait été ni vrai ni crédible, mais c'était un réflexe. Elle voulait répondre sans réfléchir, comme lorsqu'on lui demandait son prénom.
Alors, Amy-Linh avait ouvert grand la bouche. Et aucun son n'en était sorti.
Elle était tout à fait capable de parler normalement, d'habitude. Ensuite, il y avait le stade de stress, où elle bégayait. Et dans des cas plus rares, quoique tout de même assez courants, elle se trouvait incapable de parler. De toute façon elle ne savait même pas si elle avait ouvert la bouche, le moindre geste lui paraissait trop compliqué. Tétanisée par la peur, elle ne savait même pas part quel miracle elle tenait encore debout.
Pourtant il fallait qu'elle réponde: c'était peut-être la seule occasion que quelqu'un l'aide. Et si elle ne sortait pas, elle savait qu'elle risquait le malaise.
Amy-Linh prit donc plusieurs grandes inspirations. Elle ferma les yeux, pour essayer d'ignorer son vertige. Elle se sentit bousculer quelqu'un, mais réussit à se répandre en plates excuses qui firent que cette personne se retourna comme si ça n'avait aucune importance. Sa langue enfin déliée, puisqu'elle venait de réussir à s'excuser, elle rouvrit les yeux.

- F-f-f-faut qu'je s-s-s-sorte.


Il n'y avait aucune autre solution. Sortir, se retrouver dans un endroit calme et peu fréquenté, et attendre que ça se calme.

- F-f-f-faut qu'je s-s-s-sorte.

Elle l'avait répété, sans vraiment se rendre compte. De toute façon, elle était incapable de se déplacer toute seule. Elle avait beau affirmer son besoin de sortir, ses pieds lui semblaient ancrés au sol. D'un air toujours aussi troublé et perdu, ses yeux se précipitaient dans toutes les directions, comme si un danger imminent la guettait. C'était juste un des effets de son vertige: elle essayait de comprendre où elle se trouvait pour pouvoir se déplacer. Sa phobie avait vraiment le don de la transformer en légume. Voilà un super pouvoir dont elle se serait bien passé ! En fait, elle se serait bien passée de tous ses pouvoirs...
 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 12:01 Message
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Telle une biche aux abois, l’adolescente ne cessait de jeter des regards de tous côtés. Elle tremblait, haletait et pâlissait dangereusement. La situation n’augurait rien de bon. Le hall bondé par des étudiants supportant difficilement le froid ne lui offrait aucune échappatoire. C’est du moins ce à quoi songea Prudence en observant la lycéenne terrorisée qui lui faisait face. Elle échangea un regard avec Lucy, laquelle paraissait de plus en plus soucieuse. Enfin, après d’interminables secondes passées à se demander si l’inconnue se souvenait même de son prénom, la voix de celle-ci s’éleva. Prudence ne comprit pas tout de suite de quoi il s’agissait. Ce fut Lucy qui fit le rapprochement et lâcha un hoquet d’étonnement.

- Une crise de panique. Vite, il faut qu’on la sorte de là !

En professionnelle de la thérapie individuelle – dont on pouvait remercier ses parents -, Lucy prit d’autorité la direction des opérations. Surplombant une partie de la foule dense et compacte grâce à ses talons hauts, elle fendit les rangs avec empressement. Prudence fermait la marche, surveillant tout mouvement capricieux de la part d’étudiants maladroits, qui pourraient fragiliser le silence de l’adolescente en difficultés. En général, on s’écartait bon gré mal gré devant Lucy Temple, sauf lorsqu’elle souriait et s’excusait à tout va comme une grande dame. On s’écartait plus volontiers du chemin de Prudence Carter, car son pas vif et déterminé rappelait celui d’une conquérante – ou d’une fille à problèmes, au choix.

Les trois jeunes filles atterrirent dans le couloir menant à la bibliothèque des sciences. Ici, les gens se pressaient moins les uns contre les autres, même se lieu était loin d’être désert. La rumeur grondante du hall leur parvenait en sourdine. Lucy alla à la fontaine à eau et remplit un gobelet en plastique destiné à la demoiselle en détresse. Avec son visage angélique et ses grands yeux effrayés, cette dernière méritait parfaitement l’appellation. Lucy reprit doctement :

- Bois un peu. Respire profondément. Ça va passer si tu arrêtes de trop y penser. Oh misère, tu es blanche comme un linge ! Tu es agoraphobe ? Ça t’arrive souvent ce genre de crise ?
- Ne la harcèle pas de questions, l’interrompit Prudence.

Elle jeta un long regard à l’égarée avant d’ajouter plus doucement :

- Tu devrais t’assoir. Ou respirer un peu d’air frais.

Elle tira de sa poche de veste une barre chocolatée et la lui tendit. Elle avait déjà eu à faire avec des animaux effrayés au refuge. Des chiens, des chats, un peu sauvages, qui avaient perdus de leur confiance envers leur maître ou le genre humain en général. Prudence se révélait assez douée avec ceux-là, si bien que les autres employés se déchargeaient volontiers de cette partie du travail. La règle d’or était de ne jamais quitter des yeux l’animal blessé. Cette attitude ne devait être ni un défi ni un signe de soumission mais une manière de prouver qu’on n’avait pas peur de lui. Un animal blessé pouvait rapidement devenir dangereux, même sans qu’il veuille réellement se défendre.

- Tu ne devrais pas avoir peur d’eux.

Elle désigna du menton les étudiants ayant pris d’assaut le hall chauffé.

- Les ados deviennent cons quand ils sont en groupe.

Elle ignorait si ses paroles auraient un quelconque effet réconfortant sur l’inconnue. Elle n’avait jamais ressenti ce type de peur panique, à aucun moment de sa courte vie et peinait à imaginer les tourments de son vis-à-vis. Elle accompagna son trait d’humour d’un demi-sourire railleur. Si l’inconnue parvenait de nouveau à respirer normalement, peut-être pourrait expliquer son problème.
 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 18:49 Message
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Une des filles avait dit quelque chose, mais ça n'avait entraîne qu'un mouvement des yeux d'Amy-Linh, qui cherchait l'origine du bruit. Ensuite tout s'était passé très vite. Les deux filles lui avaient assuré un petit espace entre les autres étudiants, ce qui avait eu le mérite de lui permettre de reprendre sa marche. Laborieusement, veillant à ne pas tomber à cause de ses hauts talons, Amy-Linh suivit la direction imposée sans même réfléchir. Tout ce qui comptait était la mouvement, la perspective d'être à nouveau éloignée de tout ça, de cette masse oppressante. C'était l'horreur, ce hall.
Elles se déplaçaient en direction d'un couloir, zone nettement moins fréquentée mais encore bien loin du calme auquel Amy-Linh aspirait.

- Bois un peu. Respire profondément. Ça va passer si tu arrêtes de trop y penser. Oh misère, tu es blanche comme un linge ! Tu es agoraphobe ? Ça t’arrive souvent ce genre de crise ? 


Une des filles venait de lui offrir gentiment un verre d'eau, qu'elle saisit doucement avant de répondre par un hochement de tête reconnaissant. Elle but en écoutant les questions d'une de ses sauveuses.
Agoraphobe. De nombreux gens confondaient le trouble d'Amy-Linh avec de l'agoraphobie, mais ce n'était pas du tout pareil. Amy-Linh craignait les gens, la foule, comme une entité dangereuse capable de la faire souffrir. Au contraire des agoraphobes, elle adorait les grands espaces, qui diminuaient sa sensation d'oppression. Ça se rapprochait beaucoup plus de la claustrophobie.

- Tu devrais t’assoir. Ou respirer un peu d’air frais. 


Amy-Linh ne savait pas trop. Elle avait le sentiment que sa crise était passée, même si elle restait encore tremblante et assez confuse. Son vertige s'était calmé, elle respirait mieux grâce à de profondes inspirations. La gentille jeune femme qui venait de parler lui tendait une barre chocolatée, qu'Amy-Linh refusa très poliment. Elle avait à manger dans son sac, si jamais elle avait faim, et pour l'instant elle restait plus proche de la nausée que de la faim.
Les yeux au sol, elle se sentait coupable d'avoir eu besoin d'autant d'aide de la part des deux inconnues - bon elle les avait déjà croisées en cours mais ça restait des inconnues...
Elle ne savait trop que faire pour les remercier, et se contentait d'avoir un air gêné et fragile, plutôt recroquevillée sur elle même.

- Tu ne devrais pas avoir peur d’eux. 

Elle n'écouta pas la suite. Avait-elle blessé cette fille en refusant de manger ce qu'elle lui proposait ? Peut-être. En tout cas, Amy-Linh ne s'était absolument pas attendue à une remarque pareille, qui l'avait blessée. Avant même d'entendre la suite, de voir l'humour qui se cachait derrière, elle avait fondu en larme. D'instinct, elle s'était laissée glisser contre le mur, espérant cacher ses larmes bruyantes. Sachant pertinemment que c'était peine perdue, elle chercha plutôt à ce justifier. Mais une voix bégayante et pleine de larmes ce n'était pas si facile à comprendre.

- C-c-c'est p-p-pas ma f-f-faute !

Tant de personnes s'étaient déjà moquées d'elle. Elle avait aussi parfois subi le regard désapprobateur des membres de sa famille, incapables de comprendre que tout ceci ne dépendait pas de sa volonté. Elle même s'en voulait beaucoup, d'être si faible, d'avoir besoin de tant d'attention.

- J'j-je suis o-o-ochlo-ochlophobe...

Pendant un cours instant ses pleurs redoublèrent, jusqu'à ce qu'elle parvienne à se calmer un peu et à reprendre.

- D-d-depuis que j-j-je suis p-p-petite, je dois t-t-toucher personne...


Elle ne précisa rien, comme si le lien qui liait toutes ces informations était des plus évidents. Évidemment, quelqu'un qui passait sa vie à éviter tout contact avec les autres et à subir leurs moqueries pouvaient aisément développer ce genre de peurs paniques. La plus grande question était de savoir si ses deux interlocutrices savaient ce qu'étaient l'ochlophobie. Parce que si elles n'en savaient rien, elles pouvaient très bien prendre peur, et s'imaginer par exemple qu'il s'agirait d'une genre de folie furieuse qui s'emparerait d'Amy-Linh si elle touchait quelqu'un. Ce qui était très éloigné de la réalité. Elle ne ferait pas de mal à une mouche !
Au bout d'un moment elle finit par sécher ses larmes. Elle n'aurait pas su dire si elle s'était vraiment sentie blessée par les paroles de la fille, ou si c'était simplement toute la fatigue et la pression que faisaient régner ses crises sur elle. En tout cas, pleurer lui avait fait du bien. Et s'expliquer aussi: mine de rien c'était plus embêtant de passer pour une fille bizarre que pour une fille malade. Amy-Linh n'osa pas se redresser, se contentant d'observer les chaussures de ses deux camarades, en marmonnant des excuses.
 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 21:58 Message
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A peine Prudence venait-elle d’achever sa piètre tentative de réconfort que la malheureuse fondit en larmes. Elle se transforma littéralement en fontaine tandis qu’elle se laissait glisser, dos au mur, jusqu’à terre. La demi-alien réprima les prémices d’une grimace marquée par le dégoût. Cela devenait embarrassant. On aurait pu croire que c’était elle qui venait de faire du mal à la petite blonde. De plus, elle n’était guère familière avec ce genre de démonstration. Prudence pleurait mais jamais en public. Elle contrôlait ses émotions – en grande partie. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit de s’épancher dans un couloir, au milieu de centaines d’étudiants.

Plusieurs têtes se retournèrent pour voir de quoi il retournait. Les badauds curieux : un réel fléau. Toujours à l’affût. Plus encore au lycée où le regard des autres pesait tellement sur la conscience qu’avait chacun de sa propre existence. Prudence, évidemment, détestait les badauds. Elle jeta un regard noir à la ronde et aboya :

- Hey ! Dégagez, y’a rien à voir !

On protesta vaguement. Puis le flux de regards curieux se tarit lentement.

- Bande de vautours, marmonna-t-elle en aparté.

Lorsque Prudence Carter élevait la voix, avec ce ton hargneux, presque impérial, il valait mieux passer son chemin. Plusieurs avaient fait l’expérience de son mauvais caractère. D’autres, encore innocents, risquaient d’y laisser des plumes s’ils s’approchaient trop près. On apprenait vite à ne pas se frotter de trop près à elle, sauf si on avait de bons arguments. En général, on l’aimait bien, cette rockeuse un peu cinglée. Exception faite des jours où elle se prenait pour un héros.

- Ochlo…Phobie ? articula Lucy en se baissant pour se mettre à la hauteur de la fille en pleurs. Tu es ochlophobe ? Oh. Oh, j’ai compris !
- Super. Va falloir m’expliquer parce que moi, j’ai rien compris !

Elle voulait bien faire des efforts pour aider cette fille. Comprendre la situation restait néanmoins une nécessité. Elle n’était pas médecin, encore moins une assistante sociale. En tant que future super-héros de la Terre, elle se devait d’aider n’importe qui dans le besoin. Y compris, et surtout, dans le quotidien des gens et pas seulement face à des menaces extraordinaires. Aider cette ingénue, qui levait vers Lucy et elle son visage baigné de larmes, n’aurait pas dû paraître aussi gênant. La peur primaire que Prudence lisait dans les yeux clairs de ce chaton à demi-noyé se reflétait anormalement avec ses angoisses inavouées. Voilà où résidait le réel problème.

- Tu n’as pas à t’en faire. Ça va passer. Voilà, pleure un bon coup. Ça ira mieux après.

Lucy jouait à merveille le rôle de la mère-poule réconfortant un petit poussin égaré. Elle semblait avoir fait ça toute sa vie. Son sourire lumineux se reflétait dans ses yeux semblables aux eaux calmes d’un lac.

- Je ne voulais pas dire que c’était de ta faute, se justifia maladroitement Prudence, se sentant de trop. Au contraire ! Ecoutes : chacun a ses problèmes et doit apprendre à vivre avec. Tôt ou tard, tout le monde affronte ses peurs. Tu ne pourras pas te laisser guider par elles toute ta vie.

L’adolescente s’agitait de plus en plus, mal à l’aise. Maintenant que Lucy et elle étaient venues en aide une première fois à cette jeune fille, cette dernière devenait leur responsabilité jusqu’à ce qu’elle aille mieux et prenne la décision de partir. Prudence observa le silence un instant, se contentant de fixer l’inconnue. Enfin, elle soupira et se baissa à son tour pour se mettre à son niveau. Elle s’approcha doucement, comme elle le ferait face à un animal apeuré. Son débit de parole ralentit pour adopter un rythme tranquille qui se voulait apaisant.

- J’m’appelle Prudence mais tu peux m’appeler Prue. Elle, c’est Lucy. On ne va pas te toucher, t’inquiètes pas. Dis-nous juste ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux. Tu voulais aller quelque part en particulier ? Prendre l’air, peut-être ?
- Elle n’a pas l’air comme ça, renchérit Lucy avec un sourire moqueur, mais Prue a l’habitude de sauver des demoiselles en détresse.
- La ferme ! pouffa malgré elle la demi-alien, sans quitter l’inconnue des yeux.
 
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Message posté : Mar 20 Jan 2015 - 18:20 Message
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Amy-Linh n'avait pas écouté. Elle n'avait pas senti sur elle le poids des regards qu'une des jeunes filles s'était évertuée à chasser. Tout ce qu'elle avait senti, c'était à nouveau une foule qui venait l'encercler. Cela ne finirait-il donc jamais ? Tout ce qu'elle voulait c'était retourner dehors - elle avait perdu toute envie d'aller travailler en salle d'étude pour aujourd'hui.
Une des deux jeunes fille, celle qui paraissait être la plus féminine, s'était baissée à son niveau et avait dit comprendre ce qu'avait dit Amy-Linh. Cette dernière ne savait pas si elle avait juste comprit quel mot elle avait utilisé, ou si elle en connaissait le sens. L'autre fille en tout cas, semblait bien plus perdue. Et peut-être moins patiente. Elle intriguait Amy-Linh et lui faisait un peu peur en même temps.
Peut-être parce qu'elle semblait forte. Elle avait des allures de rockeuse, et Amy-Linh avait bien remarqué que les gens n'hésitaient pas longtemps avant de s'écarter lorsqu'elle le demandait. Cela ne faisait que lui rappeler qu'elle pourrait elle aussi devoir obéir à ce genre d'ordres. La cadette était d'une timidité plutôt exacerbée, et une personnalité comme celle de l'inconnue avait tendance à la mettre mal à l'aise. Le point positif était qu'en attirant l'attention sur elle, l'inconnue diminuait la probabilité qu'on s'intéresse à la discrète Amy-Linh. Ce n'était pas pour lui déplaire !

- Je ne voulais pas dire que c’était de ta faute. Au contraire ! Ecoutes : chacun a ses problèmes et doit apprendre à vivre avec. Tôt ou tard, tout le monde affronte ses peurs. Tu ne pourras pas te laisser guider par elles toute ta vie. 


Amy-Linh n'avait pas prévu de se laisser guider par ses peurs jusqu'à sa mort. C'était bien pour ça qu'elle passait autant de temps chez des psys. Elle n'était pas du genre à nier ses problèmes, et même si elle ne se sentait pas l'âme d'une héroïne, elle avait envie de cesser d'avoir peur à la simple idée de mettre le nez dehors. Être présentée comme si faible par une inconnue n'était pas très agréable, mais au fond Amy-Linh ne s'était pas attendue à plus de compréhension. Ce genre de phobies étaient assez dures à intégrer pour les gens qui n'en étaient pas victimes.
La deuxième fille se mit à son niveau. Amy-Linh n'osait pas bouger d'un centimètres, de peur de toucher une d'entre elles. Ses larmes étaient à peu près contrôlées, elle s'était calmée.

- J’m’appelle Prudence mais tu peux m’appeler Prue. Elle, c’est Lucy. On ne va pas te toucher, t’inquiètes pas. Dis-nous juste ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux. Tu voulais aller quelque part en particulier ? Prendre l’air, peut-être ? 

- Elle n’a pas l’air comme ça, mais Prue a l’habitude de sauver des demoiselles en détresse. 

- La ferme ! 


Prue venait, certainement sans le savoir, de dire la phrase la plus apaisante aux yeux d'Amy-Linh. Elles avaient bien comprit qu'il ne fallait pas la toucher, et n'avaient pas l'intention de le faire. Ça contribuait grandement à diminuer l'angoisse de la jeune oracle. Celle-ci, qui s'était appliquée consciencieusement à scruter les chaussures de ses deux sauveuses plutôt que leurs visages, releva doucement la tête. En plus, Prudence avait proposé une super idée: allée dehors. Ça permettrait à Amy-Linh de se sentir mieux, moins compressée parmi la foule, mais aussi de fuir ces gens devant lesquels elle s'était ridiculisée. Pourquoi avait-elle pleuré ? Pourquoi n'avait-elle pas pu s'en empêcher ?

- M-m-merci, c'est g-g-gentil.

Ce n'étaient plus ses pleurs, c'était son bégayment normal, celui qui révélait ses moments de stress. C'était bien le cadet de ses soucis, coincé entre sa phobie et son don !

- Je v-v-veux bien s-s-sortir.

Amy-Linh se releva doucement en prenant garde de ne toucher personne. Elle jeta un regard inquiet vers le hall, essayant de se persuader que ni Prudence ni Lucy n'avaient envisagé de la faire passer par là. Après tout, il y avait d'autres entrées, moins connues, moins fréquentées, et Amy-Linh connaissait très bien ce genre d'endroits.

- M-m-moi c'est A-Amy-Amy-Linh.

Puis elle se rappela que Prudence semblait ignorer de quoi elle souffrait. N'osant pas la regarder dans les yeux, elle fixa son épaule pour faire croire qu'elle regardait au moins dans sa direction.

- L'o-ochlo-ochlophobie, c-c-c'est quand on a la p-pho-phobie des f-f-foules.
 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 18:23 Message
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Dans les yeux gris métallique de la demi-alien se lisait du soulagement. L’instant extrêmement embarrassant semblait terminé. Amy-Linh – car ainsi s’était-elle nommée – se relevait, le souffle plus maîtrisé et les yeux secs. Prudence n’avait pas de réel talent pour réconforter les gens. Elle laissait volontiers cette mission à sa belle-mère ou à Lucy. Enfin, au moins, le pire avait été évité. Pendant quelques secondes, elle s’était imaginée avoir recours à la menace pour faire sortir cette fille de son apathie et la traîner au dehors pour lui faire reprendre ses esprits. Fort heureusement pour tout le monde, on n’en était pas arrivé à cette extrémité.

- L'o-ochlo-ochlophobie, c-c-c'est quand on a la p-pho-phobie des f-f-foules.

Perplexe, l’adolescente haussa un sourcil. Comme Lucy acquiesçait silencieusement à l’adresse de l’ochlophobe, Prudence décida qu’elle avait bien compris.

- Ah, d’accord.

Après avoir jeté un coup d’œil alentour, elle décida également qu’il valait mieux déguerpir maintenant, tant que la voie était à peu près dégagée.

- On ferait mieux d’y aller.

Les deux comparses entraînèrent Amy-Linh vers un sortie de secours, située tout au bout du couloir. Prudence se hâta de rajuster son écharpe comme l’air froid s’engouffrait soudain dans le bâtiment dès l’ouverture de la porte. Le trio sortit en prenant soin de refermer derrière lui. La porte de secours menait sur une petite allée bordée d’arbres, qui conduisait ensuite au parc de Star High. Chaque respiration se transformait en volutes blanches. Prudence se surprit à songer à des locomotives à vapeur. Chassant cette bizarrerie de son esprit, elle reporta son attention sur leur demoiselle en détresse.

- Ça va mieux ? Tu devrais penser à t’acheter un bouclier pour traverser cette marée d’étudiants ! ajoute-t-elle avec un sourire.

Lucy leva les yeux au ciel tandis qu’elle enfilait ses mitaines en grelottant.

- Ce que Prue essaie de dire, c’est qu’une foule pareille dans un si petit espace ne peut faire que des ravages pour quelqu’un comme toi. Tu as pris des risques inutiles. Il y a beaucoup d’autres entrées, des sorties de secours en fait, qui sont bien plus discrètes ! Ça fait combien de temps que tu es à Star High ?

Prudence laissa le soin de faire la conversation à son amie. Elle s’y prenait mieux qu’elle. L’électrokinésiste détestait l’hiver. Non pas qu’elle n’aima pas la neige, ni les sports d’hiver ou les fêtes de fin d’année. Cela n’avait rien à voir. Depuis toute petite, elle supportait mal les basses températures, ce qui poussait généralement sa famille à partir en vacances dans le Sud du pays. Elle se sentait plus fatiguée et plus lasse lorsque la saison froide arrivait. Ses mains camouflées dans ses poches de jean pour les réchauffer, le nez caché dans son écharpe, Prudence faisait de gros efforts pour ne pas rentrer de nouveau au chaud. Amy-Linh en valait la peine. Tant qu’elle n’aurait pas retrouvé son calme, elle préférait rester dans les environs. Quitte à empêcher une nouvelle crise de larmes. Il valait mieux prévenir que guérir.

- Ça n’a pas dû être facile, quand t’étais plus jeune. Mais si t’as survécu jusqu’au lycée, c’est que tu es une battante !

Par Cthulhu ! Elle allait geler sur place si elle ne faisait rien ! Utiliser ses pouvoirs en public, face à n’importe qui, ne remplissait pas les règles de l’école et encore moins celles de sa famille. Prudence n’était peut-être pas née avec la foudre dans ses veines mais, d’une manière ou d’une autre, ses pouvoirs faisaient partie d’elle maintenant. Ils lui étaient aussi naturels que le fait de respirer. Elle avait donc pris l’habitude, depuis quelques, temps de doser de très faibles quantités d’électricité, pour se laisser la possibilité d’en faire usage à tout moment. Juste au cas où.

De plus, ce processus l’entraînait à doser plus subtilement son énergie alors où était le mal, si elle ne faisait bon usage ?

Le corps de Prudence commença lentement à se réchauffer. Une infime quantité d’énergie électrique circulait plus vite dans son organisme, jusqu’à faire vibrer ses cellules épidermiques. Elle poussa un soupir d’aise et découvrit le bas de son visage.

- Et sinon, tu te plais bien ici ?

Un étudiant surgi de nulle part bouscula subitement la demi-alien, qui n’eut pas même le loisir de protester. Le garçon s’engouffra par la porte de secours dans la chaleur du lycée, tandis que Prudence était poussée en avant. Son coude entra en contact avec celui d’Amy-Linh. A travers le tissu – quoiqu’épais – de leurs vêtements, un léger choc d’électricité résiduelle se produisit.

- Désolée…
 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 21:59 Message
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Sous l'influence de Prudence et son amie Lucy, Amy-Linh sortit par la sortie de secours au bout du couloir. Elle passait généralement par là pour éviter le hall, et ne comprenait toujours pas vraiment pourquoi elle avait pris tant de risques aujourd'hui. Son psy lui avait conseillé de s'exposer un peu plus, de voir plus de monde, mais elle savait qu'une confrontation aussi brutale avec sa phobie n'améliorerait rien.
Alors que Prudence s'était montrée sympathique avec la jeune oracle, tentant un trait d'humour et s'intéressant à sa santé, Lucy semblait plutôt vouée au rôle de donneuse de leçon. Malgré son état assez fragile, Amy-Linh se considérait comme tout à fait capable de comprendre ce que Prudence avait dit. Elle considérait aussi qu'elle était bien mieux placée que Lucy pour savoir ce qu'elle devait faire ou non, même si cette malencontreuse expérience ne lui donnait pas raison. Seulement, Amy-Linh était bien trop timide pour oser s'opposer à quiconque, encore plus à quelqu'un qui s'était montré bienveillant envers elle. Les yeux à terre, marchant doucement, elle se contenta de marmonner qu'elle était ici depuis bientôt deux ans. Deux ans déjà, et elle passait encore pour une idiote, comme si elle ne connaissait pas les nombreuses issues moins fréquentées du lycée. !

- Ça n’a pas dû être facile, quand t’étais plus jeune. Mais si t’as survécu jusqu’au lycée, c’est que tu es une battante ! 


Cette réplique tira un sourire gêné à Amy-Linh. Elle avait loupé plusieurs années de cours avant d'arriver à la Star High, à cause de sa phobie et de sa mutation. Elle ne se considérait pas comme une battante, mais plutôt comme une feuille morte obligée de suivre la direction du vent. Incapable de décider vraiment de ce qu'elle voulait ou pouvait faire, Amy-Linh se contentait d'essayer de ne pas trop souffrir, sans jamais remettre en question les événements.
Prudence avait vraiment l'air d'avoir froid. Enfin, Amy-Linh le pensait, jusqu'à ce que son attitude change un peu. Plus décontractée, on aurait dit qu'elle venait de se réchauffer, ou peut-être de s'habituer à la température, il était vrai que...

- Et sinon, tu te plais bien ici ? 

Quelqu'un venait de pousser Prudence. Avant même que la blondinette n'ait pu ouvrir la bouche pour lui répondre, elle voyait déjà Prudence tomber vers elle. Une part d'elle trouvait inutile de s'inquiéter, après tout, elle était recouverte de vêtements partout sauf sur le visage, elle pouvait bien aider Prue à se rattraper !
Mais Amy-Linh n'avait pas de bons réflexes. Avant même qu'elle ait pu bouger, Le coude de Prudence avait frappé le sien. Ce n'était pas violent. Seulement, les mailles de laine du pull d'Amy-Linh étaient peut-être un peu trop larges. Le manteau de Prue toucha la peau d'Amy-Linh, en même temps que celle-ci recevait une légère décharge électrique plutôt désagréable. Elle n'entendit pas les paroles de Prudence.
Debout, la blonde tremblait. Ses yeux grands ouverts semblaient plus vagues que jamais, et sa bouche était fixée dans un moue de douleur. Comble de la classe, elle avait couiné. Franchement, elle aurait pu être l'auteur d'un best-seller: Comment faire flipper des inconnus en moins de vingt minutes .
Amy-Linh était perdue. Dans le passé. Le passé du manteau de Prudence. Passionnant n'est-ce pas ? La vision fut courte, le contact ayant été très bref. Au bout d'à peine 5 secondes, la blonde clignait des yeux en reprenant ses esprits, avec l'impression d'avoir couru un vrai marathon. Cette journée allait être très fatiguante. Et tout ça pour quoi ? Avoir un vision de Prudence qui essayait son manteau devant une glace, probablement chez elle.
Voulant se faire oublier, et donc agir comme si de rien n'était, Amy-Linh se contenta de remonter ses gants pour éviter de toucher qui que ce soit à l'avenir. Ensuite, elle sortit de son sac des médicaments, et en avala un. Contre le mal de crâne, qui allait arriver d'ici quelques minutes elle le savait très bien. Alors, elle dirigea à nouveau son regard vers Prue. Répondre à sa question était un bon moyen de détourner son attention de ce qu'elle avait peut-être vu...

- J-J-Je suis m-m-mieux ici qu'au T-T-Texas.


Ses mains tremblaient encore un peu, même si elle s'efforçait de l'oublier. Elle aurait bien aimé s'asseoir, mais si Prue avait froid, ça n'allait pas lui plaire comme proposition. Alors, Amy-Linh se tut.
 
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Message posté : Ven 23 Jan 2015 - 23:20 Message
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- Désolée, répéta Prudence comme elle se redressait.

Elle remit instinctivement une distance respectable entre Amy-Linh et elle. Elle ne tenait pas à déclencher une nouvelle crise d’ochlophobie. Elle surprit pourtant le regard hagard de la jeune fille et crut en être responsable. L’avait-elle électrocutée sans le vouloir ? C’était peu probable. En ce moment, elle n’utilisait qu’une infime partie de ses capacités. Tout juste un pourcentage mineur, avoisinant le zéro absolu. A moins qu’Amy-Linh ne soit extrêmement sensible, elle doutait de lui avoir réellement fait mal. Le choc de leur coude avait dû la surprendre et rien de plus.

Le regard de l’apprentie héroïne s’aiguisa. Quelque chose clochait. Un subtil changement d’ambiance venait de s’opérer dans l'air sans qu’elle ne comprenne comment. Pourquoi Amy-Linh faisait cette tête-là ? Avait-elle vu un fantôme ?

- Ça va, je ne t’ai pas fait mal ?

A côté d’elle, Lucy s’était rapidement désintéressée de la situation. Elle pianotait avec une rapidité inouïe sur le clavier tactile de son téléphone portable. Elle prenait l’habitude de consulter les actualités à toute heure de la journée.

- Hey, ça vous dit un café, les filles ? Y’a le Baroc à deux coins de rues d’ici. Il ouvre le matin parce qu’il fait des p’tits déjeuners !

Lucy releva aussitôt les yeux de son écran.

- Oh oui ! Un bon chocolat chaud, avec une tonne de chantilly et un croissant !...
- OK, j’ai compris ! On a une adepte ici ! l’interrompit son amie, moqueuse.

Prudence retourna la question à Amy-Linh à propos d’une boisson chaude. Cela leur permettrait de s’éloigner du lycée et de profiter de leur matinée de libre.

- Alors, ça te tente ? Normalement, y’aura pas grand monde au Baroc à cause de la rentrée.

Alors qu’elle formulait cette proposition, Prudence se propulsa soudain dans la peau d’un leader quelconque, d’un coach ayant à cœur de motiver ses troupes. Et ce ne fut pas pour lui plaire. Pas entièrement. Lucy et Amy-Linh partageaient cette féminité qui lui faisait défaut, ainsi qu’un goût certain pour la mode. Le reste de leur personnalité se peuplait d’innombrables dissemblances. Il fallait dès lors trouver un terrain neutre sur lequel évoluer, pour faciliter un dialogue déjà laborieux du fait que l’une était passionnée par ses mails, tandis que l’autre bégayait d’une faible voix. Une vraie partie de plaisir ! Prudence n’avait pas pour habitude d’être le ciment d’un groupe, ni de gérer des caractères parfois diamétralement opposés.

Échapper à des monstres aliens : check !
Gérer la crise d’un pâtissier envoûté : check !
Travailler en équipe avec des gens très différents sur un projet commun : check !

Quant à gérer une banale sortie entre lycéens et souder le groupe dans la bonne entente, elle manquait singulièrement d’expérience. Elle n’enviait pas Jace. Lui devait faire face à ce genre de situations plus souvent et c’était sans doute cent fois pire dans la Team Alpha. Cette pensée en entraînant une autre, il faudrait qu’elle lui reparle prochainement de ses progrès en vol. Mais pour l’heure, Amy-Linh requérait toute son attention.

- C’est cool, le Texas ! J’y suis déjà allée en vacances, quand j’étais plus jeune. Tu viens de quel coin ? C'est pas la porte à côté, dans tous les cas. Tu devais vraiment avoir envie d'intégrer Star High !
 
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Message posté : Sam 24 Jan 2015 - 8:46 Message
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- Ça va, je ne t’ai pas fait mal ?

Non elle ne lui avait pas fait mal. C'était Amy-Linh qui s'était fait mal toute seule. C'était de sa faute, et uniquement la sienne, si elle ne pouvait toucher personne. Sa mère, touchée par le même problème, avait réussi à s'en sortir. Pourquoi pas elle ? Mais en tout cas, personne ne pourrait l'aider. Elle était seule, dans cette galère.
Lucy, qui s'était montrée si maternelle un peu plus tôt, semblait pour le moment avoir oublié jusqu'à l'existence de Prue et Amy-Linh. Elle avait le nez fixé sur son téléphone, et pianotait dessus à une vitesse folle.

- Hey, ça vous dit un café, les filles ? Y’a le Baroc à deux coins de rues d’ici. Il ouvre le matin parce qu’il fait des p’tits déjeuners ! 

Ça avait l'air d'être le genre d'informations qui plaisait à Lucy. Pas à Amy-Linh. Elle sentait venir un mal de crâne - de faible intensité parce qu'elle avait pris son médicament - mais qui persisterait certainement une bonne partie de la journée. Ça ne lui donnait pas vraiment envie de se rendre dans un café, endroit sans doute bruyant. Cependant, Prudence et Lucy avaient été gentilles avec elle, et l'oracle n'avait pas envie de les laisser tomber. Elles étaient venu l'aider sans rien demander, à elle désormais de faire un effort.

- Alors, ça te tente ? Normalement, y’aura pas grand monde au Baroc à cause de la rentrée. 

Si en plus on lui assurait qu'il n'y aurait pas grand monde, elle ne voyait pas de raison de refuser. Elle attrapa son porte-monnaie dans son sac, et vérifia qu'elle aurait de quoi payer. Une fois rassurée sur l'état de ses finances, elle hocha la tête positivement en direction de Prudence.

- C’est cool, le Texas ! J’y suis déjà allée en vacances, quand j’étais plus jeune. Tu viens de quel coin ? C'est pas la porte à côté, dans tous les cas. Tu devais vraiment avoir envie d'intégrer Star High !


Amy-Linh reprit un peu d'assurance. Prudence se montrait gentille, le parc était quasiment désert. Pour l'instant plus rien ne pouvait véritablement l'inquiéter.

- J-J-Je viens du Nord, d'un petit v-v-village. Mais j'avais pas le choix, je pouvais pas rester là bas. Ils aimaient pas les m-m-mutants.

Elle se souvenait très bien de la difficulté qu'avait sa mère à expliquer les moments d'absence de sa fille, ou la nécessité qu'elle porte des gants. Admettre qu'elle était mutante était la seule solution, qui pourtant l'excluait du reste des enfants. Moquée, insultée, elle en avait développé une phobie des plus tenaces. Au début elle ne parvenait même pas à parler à quelqu'un d'autre que sa mère, et à sortir de sa maison. Elle avait vraiment beaucoup progressé depuis lors.
Baissant les yeux, Amy-Linh attendit que les filles se mettent en route, prête à les suivre. Après tout, elle ne connaissait pas ce café. Généralement sa mère la déposait en voiture juste devant le portail, et elle n'allait pas faire un tour loin de l'école.
 
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Message posté : Sam 24 Jan 2015 - 20:44 Message
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L’improbable trio, composé de la mutante, l’humaine et la demi-alien, se mit en marche, traversant le parc pour rejoindre la rue principale et faire route vers le Baroc. Lucy se chargea de faire la conversation. Elle enchaînait les sujets à une vitesse vertigineuse, passant du cinéma à sa nouvelle paire de chaussures, sans oublier les infos du jour à Star City. Vive et intelligente, Lucy Temple ne cessait de sourire pour mettre son petit monde à l’aise, tout en jetant négligemment sa crinière dorée sur le côté. Quand la lumière de ses yeux bleus tombait sur quelqu’un, celui-ci se retrouvait généralement piégé dans une bulle de bien-être. Lucy ne semblait accorder son attention qu’à son interlocuteur, comme s’il devenait soudain la chose la plus importante au monde. Cela avait quelque chose de réconfortant, ainsi que de légèrement effrayant. Elle était ainsi. Elle n’avait pas besoin de supers pouvoirs pour exister.

Prudence resta songeuse pendant le trajet, se contentant de lancer quelques répliques au hasard de la conversation – ou plutôt du monologue. Amy-Linh souffrait de timidité et ne se révélait pas bien bavarde. Lucy avait donc tout le loisir de monologuer. Après un regard échangé avec son amie, il n’avait plus été question d’aborder le sujet qui fâche. Car le mot mutant avait été prononcé.

- C’est là ! Le Baroc !

En effet, l’enseigne indiquait une tête de mort portant un monocle et un chapeau haut de forme. La devanture rouge et noire s’offrait au regard des passants. Peu de clients se pressaient derrière le comptoir.

Quelques mois plus tôt, Prudence aurait sauté de joie à l’idée de rencontrer une nouvelle mutante, de l’aider à se familiariser avec le lycée et même de partager leurs tours de passe-passe de Supers. Elle l’était ! En amoureuse de la diversité et produit d’une éducation basée sur la curiosité intellectuelle, l’adolescente aimait croiser la route de personnes extraordinaires, de confronter les points de vus. Elle sentait comme un lien d’appartenance se tisser avec les autres mutants, comme s’ils faisaient tous partie d’une grande et hasardeuse famille. Aujourd’hui, le lien était coupé. Et si Prudence se réjouissait toujours de sa différence, si elle parvenait encore à croire en son idéal, elle ne considérait plus les mutants comme une famille d’accueil. Pas plus que les extra-terrestres à la vérité. Prudence Carter aurait toujours un pied dans les deux mondes.

- On va s’installer près de la fenêtre, à droite. C’est là qu’il y a le moins de monde. Lucy, tu veux bien prendre les commandes ?
- D’accord ! Alors, vous voulez quoi ?
- Un cappuccino pour moi.
- OK… Amy-Linh ?

Comme la jolie blonde se dirigeait vers le comptoir avec leurs commandes respectives, Prudence profita du fait qu’elles étaient seules pour adopter un discours plus grave. Face à elle se tenait Amy-Linh, qui venait d’avouer courageusement à deux presqu’inconnues sa nature de mutante. Prudence pouvait louer ses efforts. Et elle comprenait d’autant mieux que sa famille ait voulu l’envoyer à Star High malgré la distance. Les mêmes raisons motivèrent son propre départ, plus d’un an auparavant.

- C’est une bonne chose que tu sois à Star High. C’est le meilleur endroit pour progresser et accepter ses pouvoirs. J’imagine que l’ochlophobie et tes capacités ne font pas bon ménage… Moi aussi, j’ai des pouvoirs. Si ça se trouve, on suit parfois les mêmes cours sans le savoir ! C’est jamais facile au début : entre les cours normaux, les cours spéciaux, les exigences des profs, la vie étudiante, toussa… J’pourrais t’aider à t’y retrouver si tu veux.

2015 serait une année décisive. Prudence en avait décidé ainsi. Finis de se morfondre. Finis de se trouver des excuses. La Team Alpha et par extension la Légion, ses rêves de découverte de l'espace et de protéger la planète : tout cela formait un objectif à atteindre. Un état d'esprit nécessaire. Et aider Amy-Linh n'était que la première marche d'une longe ascension vers un idéal - peut-être trop idéal, d'ailleurs.
 
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Message posté : Mer 28 Jan 2015 - 16:22 Message
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Amy-Linh avait, comme très ( trop ?) souvent, suivi le mouvement. Elle se contentait d'emboîter le pas à Lucy et Prudence, tout en agrémentant la conversation par de légers " Hmmm" pour montrer qu'elle ne s'en désintéressait pas malgré son silence. Prudence ne semblait pas vraiment plus bavarde qu'elle, et lançait juste quelques phrases de temps en temps.
Lorsqu'elles arrivèrent à destination, Amy-Linh se demanda finalement si elle avait bien fait d'accepter l'invitation. La devanture représentait une tête de mort avec un monocle et un chapeau très classe, genre de symboles que l'oracle n'appréciait pas beaucoup. Elle avait peur de se retrouver dans un endroit mal famé .
Elle se rassura finalement, en se disant que Prue et son amie ne l'avaient certainement pas aidée pour ensuite l'abandonner dans les coins plutôt incertains. Devant l'exclamation de Lucy, pleine de joie, Amy-Linh choisit de garder ses angoisses pour elle et entra sans un mot.
Elle répondit poliment à Lucy qu'elle aimerait un chocolat chaud, et hocha la tête aux directives de Prudence, qui prenait véritablement le grade de chef des opérations. La blondinette se décida à la suivre et à s'asseoir à son tour.
En plus d'être désormais la capitaine de leur petite bande improvisée, Prudence se proposa alors de devenir une aide pour Amy-Linh.

- C’est une bonne chose que tu sois à Star High. C’est le meilleur endroit pour progresser et accepter ses pouvoirs. J’imagine que l’ochlophobie et tes capacités ne font pas bon ménage… Moi aussi, j’ai des pouvoirs. Si ça se trouve, on suit parfois les mêmes cours sans le savoir ! C’est jamais facile au début : entre les cours normaux, les cours spéciaux, les exigences des profs, la vie étudiante, toussa… J’pourrais t’aider à t’y retrouver si tu veux. 

Amy-Linh avait beau être ici depuis quelques temps déjà, un peu d'aide ne serait pas de refus ! Visiblement, Prudence avait bien connu ces moments d'égarement, quand on ne sait pas exactement ce que l'on doit faire, partagée entre deux vies qui semblent radicalement opposées.
Elle doutait cependant que Prue puisse la comprendre vraiment. La mutation d'Amy-Linh lui gâchait la vie depuis des années, contrairement à bon nombre de superhéros à qui ça facilitait la vie. Prudence faisait-elle partie de ce groupe, ou plutôt de celui fondé par Susan et Amy-Linh, celui des pouvoirs inutiles ? Peut-être avait-elle, comme le suggérait Susan, le pouvoir de faire apparaître des cookies ? Ce serait vraiment génial, mais Amy-Linh en doutait fortement.

- Ce serait très gentil.

Assise dans un endroit calme et plutôt vide, Amy-Linh reprennait le contrôle d'elle même. Son bégayment avait donc disparu, même s'il était susceptible de revenir d'un instant à l'autre.

- T'as une idée de comment faire ? Pour s'y retrouver je veux dire. Pour progresser aussi. Et puis, si tu m'aides, peut-être que je pourrais t'aider aussi ?
 
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Message posté : Dim 1 Fév 2015 - 15:50 Message
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- Ça fait plus d’un an que je suis à Star High. Je connais plutôt bien le coin, depuis l’temps !

L’attente fut récompensée par l’arrivée d’une Lucy toute guillerette qui, après avoir rangé son porte-monnaie dans son sac, reprit son téléphone pour y pianoter avec assiduité. Un serveur ne tarda pas à rejoindre leur table, chargé d’un plateau avec leurs commandes. Il déposa le chocolat chaud devant Amy-Linh, le cappuccino entre les mains de Prudence, ainsi qu’un second chocolat chaud accompagné d’un croissant au beurre pour la distraite Lucy Temple. L’adolescente gourmande ne prenait pas un gramme de graisse malgré ses fréquentes entorses à un régime équilibré. Prudence lui jeta un rapide regard jaloux avant de reporter son attention sur leur invitée.

Amy-Linh avait cessé de bégayer. Elle paraissait également plus tranquille. Ce petit séjour loin de la foule et du bruit produisait visiblement un effet apaisant. Prudence savait dorénavant qu’il serait plus facile d’engager la conversation.

- M’aider ? Merci, c’est sympa, s’exclama la demi-alien avec un sourire insolent et un soupçon d’hésitation. J’veux pas te vexer mais je vois pas trop en quoi tu pourrais m’aider… Lucy et moi ne t’avons pas porté secours, tout à l’heure, pour réclamer ensuite quelque chose de toi. Ne te sens pas obligée d’offrir ton aide.

A vrai dire, Prudence réalisait à peine toute l’aide qu’on pouvait lui offrir. Pour l’heure, elle ne se sentait pas capable de faire confiance à quiconque en dehors de son cercle restreint d’amis. Son héritage interstellaire, elle voulait le garder secret encore quelques temps. Pour se protéger elle-même.

La jeune fille face à elle avait avoué être une mutante. Selon toute vraisemblance, ses pouvoirs se développaient rapidement avec la puberté et interféraient avec sa perception du monde. C’était, du moins, l’explication la plus logique. Prudence connaissait beaucoup d’étudiants à Star High, et parfois en dehors, qui étaient ou connaissaient eux-mêmes des mutants. Cela ne signifiait pas forcément qu’elle était leur amie. Mais grâce à ses contacts, elle avait pu en apprendre davantage sur certains schémas courants dans les mutations génétiques. Quelques bribes arrachées à tante Emery sur son passé de lycéenne combinées à des notions parfois abstraites délivrées par Jace avaient complété ses maigres renseignements. Tout cela datait de l’époque où Prudence Carter revendiquait une nature de mutante. Amy-Linh gagnerait, dans tous les cas, à élargir un peu plus son cercle de fréquentations, tout en recueillant plus d’informations sur sa propre mutation.

- J’peux te dresser une liste des différents profs les plus à mêmes de t’aider. Tu les as sûrement déjà vus en cours. Beaucoup travaillent aussi en ville. Y’a monsieur Pennington – très classe, très savant… Et aussi monsieur Suvorov : il est un peu bizarre mais il est passionnant ! Il y a aussi cette femme, euh, ah zut, j’oublie tout le temps son nom… Mais si je veux pouvoir t’aiguiller vers le bon prof, il va falloir m’en dire un peu plus sur ta mutation. Est-ce que c’est physique, mental, lié à la magie ou autre chose ?

La rockeuse se pencha par-dessus sa tasse fumante. Avec un clin d’œil taquin, elle ajouta à voix basse :

- Est-ce que tu peux manipuler les gens pendant leur sommeil ?

Prudence se rassit sagement sous l’œil soupçonneux de Lucy. Cette dernière comprenait que l’humour parfois douteux de son amie puisse laisser quelque peu à désirer. Elle ne souhaitait pas que son amie traumatise Amy-Linh. Une pointe de fierté perça dans le ton de Prudence comme elle engageait le sujet sur sa propre particularité supranaturelle.

- Moi, j’suis électrokinésiste. C’est cool, non ? Pas très pratique au début, quand je partais en vacances à la mer. J’avais tendance à projeter des étincelles à chaque fois que je me prenais une vague ! Mais ça va mieux, maintenant.
 
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Message posté : Dim 1 Fév 2015 - 16:39 Message
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Prudence ne voyait pas en quoi Amy-Linh pourrait l'aider. Elle baissa les yeux, déçue. L'oracle avait l'ambition d'aider les gens, pourtant tout le monde peinait à y croire, et à force ça en devenait plutôt blessant. Mais bon, ça se comprenait. Elle était fragile, peureuse, angoissée... Ça ne donnait pas l'impression de force que l'on recherchait chez quelqu'un qui proposait de nous aider.
Lucy avait déposé devant elle son chocolat chaud. Aussi, la jeune blondinette sortit quelques pièces pour la rembourser. Ensuite, elle prit la tasse entre ses doigts gantés, et la porta à ses lèvres. Elle eut un instant d'hésitation. Normalement elle pouvait boire dans les tasses des bars, puisqu'elles étaient utilisées par trop de gens pour qu'ils y laissent une vraie empreinte donnant des visions. Néanmoins, il y avait toujours un petit instant de stress. Amy-Linh déposa doucement ses lèvres sur l'objet... Rien ne se produisit. Elle soupira, et but, pendant que Prudence continuait à parler.

- J’peux te dresser une liste des différents profs les plus à mêmes de t’aider. Tu les as sûrement déjà vus en cours. Beaucoup travaillent aussi en ville. Y’a monsieur Pennington – très classe, très savant… Et aussi monsieur Suvorov : il est un peu bizarre mais il est passionnant ! Il y a aussi cette femme, euh, ah zut, j’oublie tout le temps son nom… Mais si je veux pouvoir t’aiguiller vers le bon prof, il va falloir m’en dire un peu plus sur ta mutation. Est-ce que c’est physique, mental, lié à la magie ou autre chose ?


Elle voulait la diriger vers des personnes susceptibles de l'aider. C'était très gentil de sa part, et Amy-Linh comprenait très bien qu'elle ait besoin d'informations sur sa mutation pour ça. Elle rit lorsque Prudence soumettait l'idée de contrôler les gens dans leur sommeil. Amy-Linh avait un don bien moins dangereux ! Enfin.. Ça dépendait de ce qu'elle voyait.
Prudence quant à elle, avait une particularité bien plus classe que celle d'Amy-Linh. L'électricité... Ça devait faire d'elle une vraie héroïne ! Elle devait sans doute pouvoir avoir des vrais combats de superhéros... L'oracle sourit. Elle était encore pleine de ces préjugés qui associaient mutants et superhéros. Même si elle était loin de se considérer comme une héroïne.
Les yeux baissés sur ses gants, elle cherchait ses mots.

- Je suis largement moins dangereuse, et moins utile je pense... En fait... J'ai des visions quand je touche des gens, ou des objets qui appartiennent à des gens depuis longtemps... C'est pour ça que j'ai des gants. Et c'est à cause de ça que j'ai la phobie des foules.

Elle se tut un instant, pour rester calme, et ne pas se remettre à bégayer. Amy-Linh but encore un peu de son chocolat.

- Je peux voir le passé, ou le futur. Enfin, un des futurs possibles. Ou plusieurs futurs possibles. Ça dépend, mais je choisis pas. Je pense que je devrais y arriver un jour, et arriver à toucher des gens sans avoir de visions, mais pour l'instant...

Peut-être que ça pourrait aider Prudence, ce don ? C'était à peu près le seul talent d'Amy-Linh, à part celui qu'elle possédait pour la mode. Et elle pensait que Prudence était loin d'avoir envie d'un relooking.

- Ça pourrait t'aider ? Un prof pourrait m'aider ?
 
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