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La montagne nous offre le décor... A nous d'inventer l'histoire qui va avec ! Cadre_cat_1La montagne nous offre le décor... A nous d'inventer l'histoire qui va avec ! Cadre_cat_2bisLa montagne nous offre le décor... A nous d'inventer l'histoire qui va avec ! Cadre_cat_3
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La montagne nous offre le décor... A nous d'inventer l'histoire qui va avec !

 
Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 21:37 Message
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La situation actuelle de Lorenzo n'était pas des plus agréables pour lui. Sa famille semblait en effet être la cible de personnes mal intentionnées. Semblait, parce que rien n'était avéré et que cela pouvait tout simplement être un hasard, même si le jeune Italien en doutait. Le fait qu'on s'en prenne à eux sur plusieurs fronts semblait effectivement prouver qu'on cherchait à leur nuire et cela rejoignait donc ce que Lorenzo avait en tête depuis un certain temps, à savoir qu'il devait trouver le moyen de mettre en place une défense solide. C'était évidemment bien plus complexe que la gestion d'un studio pornographique et de toute façon, si ce domaine rapportait, ce n'était pas ce à quoi il aspirait pour son avenir. Il allait devoir trouver quelqu'un pour gérer ce secteur tandis qu'il chercherait à développer une nouvelle activité et de nouveaux contacts, tout cela dans le but de finalement parvenir à ses fins. Il allait néanmoins encore devoir batailler et travailler pour y parvenir...

C'était pour cette raison qu'il avait décidé de s'accorder quelques jours de vacances en ce début d'année 2015, après des fêtes passées en famille. N'ayant toutefois pas envie de partir tout seul, Lorenzo s'était fait un devoir de harceler Abban jusqu'à ce qu'il cède et qu'il accepte de partir avec lui. Ça avait été une épreuve, d'ailleurs, et l'Italien se demandait encore comment il avait bien pu réussir. Mais au moins, il ne partirait pas tout seul et ça ferait très probablement du bien à l'Irlandais, s'il parvenait seulement à se mettre en mode vacance, ce qui était probablement impossible. Ils étaient donc partis à deux de Star City, avec la voiture exceptionnelle du téléporteur du Cartel Rouge.

Le voyage avait été relativement long, puisqu'ils avaient pas loin de 500km de route à faire. Heureusement, c'était presque en ligne droite ! En quittant la ville en direction du nord, ils avaient contourné la ville de New-York avant de prendre la route 87, passant par Albany jusqu'à la ville de Plattsburg, tout ça sans quitter l'état de New-York. La traversée du lac Champlain leur permit de se rendre dans le Vermont et de là, ils n'eurent plus que quelques kilomètres à faire pour rejoindre le Smuggler's Notch Resort, une station de ski dont le nom leur correspondait plutôt bien. Là, ils n'étaient plus qu'à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Canada mais il n'était pour l'heure pas prévu de s'y rendre. C'était quand même un pays étrangement bizarre !

Si le voyage avait été long, cela leur avait toutefois permis de discuter et de parler, concrétisant de cette manière le rapprochement qu'ils avaient entrepris quelques semaines plus tôt. C'était toujours agréable d'avoir des amis et il fallait avouer qu'en plus d'être sympa, même s'il était une vraie boule de nerf, Abban avait la capacité de le comprendre et de ne pas le juger sur les activités de sa famille et tout ce qui pouvait y être lié. C'était suffisamment rare pour le souligner ! C'était donc dans le but de profiter de ces quelques jours en compagnie d'un ami que Lorenzo avait décidé d'inviter l'Irlandais.

Ils finirent donc par arriver dans la station et ils prirent la direction du chalet que le jeune homme avait fait réserver, préférant éviter les petits appartements dans les grands immeubles, même s'ils pouvaient être très agréables. Un chalet, c'était peut-être cliché, mais au moins, ça leur permettait une certaine indépendance et un isolement relatif et agréable. Leur chalet disposait donc d'une entrée qui débouchait sur un salon chaleureusement meublé et doté d'une cheminée qui donnait lui-même sur une terrasse. Une cuisine aménagée et un coin repas jouxtait le tout tandis qu'un escalier permettait de rejoindre les deux chambres installées à l'étage. Seul petit bémol, le chalet ne disposait que d'une seule salle de bain...

Entrant dans le petit logement, Lorenzo laissa tomber sa valise à même le sol, retirant son manteau qu'il accrocha négligemment au porte-manteau. Puis, une fois les chaussures retirées, il se dirigea vers le salon et s'affala littéralement dans un fauteuil en poussant un soupir de contentement.

« J'ai rien contre ta voiture, elle est super-cool et super-confortable, mais je suis pas fâché d'être enfin arrivé. Ça va, toi ? C'était pas trop dur ? »

La question pouvait se poser, parce que quand on était un téléporteur comme Abban et qu'on avait l'habitude de voyager à la vitesse d'un clignement d’œil, faire cinq cent kilomètres en voiture, ce n'était pas rien et ça pouvait être carrément gonflant.

« Je sais que c'est pas du tout dans tes habitudes, mais je propose que ce soir, on ne fasse rien. On reste juste là, tranquille, et on se repose. »

Affichant un sourire, Lorenzo jeta alors un coup d’œil à travers la pièce.

« T'y connais quelque chose en cheminée ? »
 
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Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 22:13 Message
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Pour éviter d’infliger à Lorenzo une crise cardiaque permanente, Abban avait conduit « doucement » — c’est-à-dire qu’il avait en gros respecté certaines des limitations de vitesse, de temps en temps, et qu’il n’avait pas poussé Macha à plein régime. Du reste, tout excellent conducteur qu’il fût, le jeune homme ne pouvait pas conduire pendant des heures à très grande vitesse et maintenir une conversation en même temps. Quand il lui arrivait de traverser les États à plusieurs centaines de kilomètres-heures, c’était pour une mission et une pareille prouesse exigeait toute sa concentration et la complète mobilisation de ses réflexes surhumains.

Alors ils étaient allés lentement, de son point de vue, de sorte que la question de Lorenzo, quand ils pénétrèrent dans le chalet, fut très claire pour Abban. L’Irlandais hocha la tête en déroulant son écharpe.

— J’aime bien conduire, t’inquiètes.

Dehors, Macha redémarrait pour rejoindre le gros du bâti de la station et se caler contre l’un de ses immeubles les plus imposants, là où elle pourrait sans difficulté siphonner discrètement un peu d’électricité. Cela dit, à peine son manteau et ses chaussures retirés, Abban disparut pour apparaître devant la cheminée. Sans doute l’usage de ses pouvoirs l’avait démangé pendant les quelques heures qu’il avait passé en voiture avec Lorenzo.

— Hmmm…

Il y avait bien des cheminées à Nalebo Hall, mais c’était Thabo qui s’en était toujours occupé et Abban avait préféré, pour sa part, manipuler les radiateurs : c’était beaucoup plus pratique.

— Faut mettre du bois. Et une allumette. En gros. Nan ?

L’Irlandais jeta un regard interrogateur à Lorenzo. Peut-être pas. À en juger par la question de l’Italien, celui-ci n’était pas beaucoup plus avancé que lui en la matière.

— On va r’garder.

Abban se redressa pour se laisser tomber sur un fauteuil. Il ne lui fallut pas une seconde pour commencer déjà à changer de position. Désormais en tailleur, il essayait de trouver une connexion à Internet. Fort heureusement, les stations de skis abritaient quantité de bourgeois américains qui avaient besoin de leur connexion régulière à Facebook et le réseau était beaucoup plus souriant que dans certaines des étendues rurales qu’ils venaient de traverser.

Après avoir dument entré « How To Light a Fire in a Fireplace » dans Google, Abban se mit à parcourir attentivement les différentes instructions. Comme il était d’un tempérament plutôt manuel, tout cela ne lui paraissait pas insurmontable. Deux hommes informés valaient sans doute mieux qu’un, malgré tout.

— Tiens, jette un coup d’œil.

Le téléphone du Passeur apparut brusquement sur les genoux de Lorenzo. Celui-ci découvrait rapidement que la vie quotidienne avec Abban était légèrement différente d’une existence humaine, dans la mesure où les objets — et les gens — avaient tendance à ne pas rester longtemps à leur place. D’ailleurs, Abban venait d’apparaître pour sa part à côté de la cheminée, pour considérer la réserve de bûche.

— Faut du journal, i’ disent. J’reviens.

Abban disparut. Une seconde, deux secondes, trois secondes. Un Irlandais se matérialisa à nouveau dans le salon du chalet, avec une demi-douzaine d’exemplaires de la dernière édition du New York Times, pour lesquels il y avait fort à parier qu’il n’avait pas déboursé un centime.

— Refais voir.

Le téléphone disparut cette fois-ci des mains de Lorenzo et Abban commença à suivre exactement les instructions. Force était de constater qu’à chaque étape, le résultat ressemblait bien à ce que les photographies du site proposaient. En pickpocket virtuose doublé d’un cuisinier, Abban était sûr de ses dix doigts. Le feu crépita et le jeune homme put bientôt se redresser avec un sourire satisfait. Il se retourna vers Lorenzo et s’inclina, comme s’il saluait un public.

Abban se frotta vigoureusement les mains, promena un regard un peu impatient autour de lui et s’exclama :

— On s’installe ? On regarde c’qu’i’ y a dans les placards ? On va faire les courses ?

Silence. Ah, oui, il se souvenait maintenant du programme proposé par Lorenzo.

— Ou on s’repose. Ouais.

Sagement — ça arrive — Abban revint vers le canapé, sur lequel il s’allongea donc, la tête du côté du fauteuil occupé par son ami. Il regarda rêveusement les poutres du plafond. Son dernier séjour au ski remontait à l’année précédente, avec Jake. Les circonstances étaient bien différentes. Mais il était désormais capable d’y penser, sinon sans mélancolie, du moins sans net désespoir. La page commençait à se tourner.

— T’en fais beaucoup du ski, toi ? Dans les Alpes et tout…

Bon, d’accord, Lorenzo, techniquement, n’était pas un Italien d’Italie et puis toute l’Italie n’était pas traversée par les Alpes, mais du point de vue d’un Irlandais, c’était quand même assez cohérent. Ce n’était pas sur sa terre natale qu’il allait partir aux sports d’hiver. Néanmoins, le surf n’était pas si différent du skateboard et il avait toujours aimé le patin à glace alors, l’un dans l’autre, il avait rapidement trouvé ses marques.

— J’suis jamais allé dans les Alpes. Plus l’temps passe, plus j’me dis qu’j’ferai bien quelques visites, quand même. J’veux dire, autrement qu’pour l’Cartel.

Ses récentes missions l’avaient amené jusqu’à Cuba, le Salvador et le Mexique, à mesure que sa sphère d’influence s’étendait mais il n’avait pas vraiment pris le temps de faire du tourisme. Depuis que Lorenzo avait tenté de lui faire comprendre que les vacances n’étaient pas le synonyme d’un repos absolu, Abban avait songé sérieusement aux différentes possibilités que renfermaient les périples étrangers.

— En tout cas, un jour, toi et moi, on ira en Irlande. Histoire qu’tu meurs pas inculte, tu vois. J’te chanterai Oró Sé do Bheatha ‘Bhaile et on détroussera des Anglais, tu vas voir, un truc typique, tu m’en diras des nouvelles.

 
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Message posté : Dim 25 Jan 2015 - 17:00 Message
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Lorenzo avait été particulièrement reconnaissant envers le style de conduite adopté par Abban, parce que cela devait sans doute avoir été assez compliqué pour lui de se retenir ainsi. Le jeune Italien avait depuis longtemps compris que l'Irlandais était une vraie boule de nerf et le voir faire preuve d'un certain calme, même si tout était relatif, c'était déjà une belle preuve d'amitié. Mais bon, toutes les bonnes choses ont une fin et à peine sorti de la voiture, Abban sembla avoir besoin de libérer toute l'énergie accumulée pendant le trajet.

De ce fait, il multiplia les téléportations, comme s'il semblait incapable de se déplacer autrement, passant de l'entrée à la cheminée, puis de la cheminée à d'autres lieux bien mystérieux. A la question du bois et de l'allumette, le jeune Italien haussa les épaules, n'ayant pas la moindre idée de comment faire. Il y avait des cheminées au manoir, mais il ne s'en occupait pas lui-même et comme il n'avait jamais été scout, il n'avait pas appris à allumer de feu. Heureusement, Abban avait déjà trouvé la solution et lorsque le téléphone du jeune homme apparu sur ses genoux, Lorenzo ne put s'empêcher de penser que le week-end allait être mouvementé.

« Ça m'a pas l'air trop... »

Lorenzo n'eut malheureusement pas le temps de finir sa phrase que déjà Abban disparaissait avant de revenir en un éclair, les bras chargés de journaux. Comme la vie devait être facile quand on pouvait chercher ce que l'on voulait dans un simple claquement de doigts ! Ça n'avait rien à voir avec le fait de prendre la voiture et de faire quinze kilomètres parce qu'il nous manquait un pot de sauce tomate pour finir un plat de pâtes... Le téléphone disparu ensuite des mains de Lorenzo, pour réapparaître chez Abban. Ainsi, il pouvait aussi téléporter les objets... Décidément, ce garçon était étonnant.

En quelques minutes, le feu finit par s'allumer et la chaleur se fit doucement sentir, même s'il n'y en avait pas vraiment besoin. D'un autre côté, que serait un séjour au ski sans feu de cheminée ? Offrant un sourire de remerciement à l'Irlandais, Lorenzo ne put ensuite s'empêcher d'éclater de rire devant l'impatience de ce dernier. Mais finalement, Abban vint s'installer sur le canapé, de manière calme. Combien de temps est-ce que ça allait durer ? Les paris étaient pris.

« Les Alpes ? Je crois que j'ai du aller deux fois au ski, mais ça n'était absolument pas dans les Alpes. On n'avait pas forcément le temps de partir en vacance en famille, alors je n'ai pas vraiment une grande expérience des voyages. Je suis même jamais allé en Italie, en vrai. »

Et c'était un fait. Même si la famille se disait Italienne, elle était en vérité plus Américaine qu'autre chose, puisque rare étaient les Mancini à être allés en voyage en Italie. Lui-même ne l'avait jamais fait et même s'il avait bien envie de voir le pays de ses ancêtres, il ne savait pas trop quand l'occasion lui en serait donné.

« Puis, techniquement, ma famille vient de Sicile, donc les Alpes, c'est pas juste à côté. »

C'était un détail, même si Lorenzo ne savait pas trop quelles différences il pouvait y avoir entre la Sicile et le reste de l'Italie. Le père de Giulia aurait sans doute pu lui en dire davantage, mais le jeune homme n'avait jamais pensé à lui poser la question, alors pour l'heure, il était assez ignorant sur le sujet.

« Mais je suis d'accord avec toi, faire des visites, ça peut être sympa. Y a des tas de choses à voir et bon, avec ton pouvoir, c'est pas comme si c'était compliqué pour toi. »

Souriant, Lorenzo ne savait toutefois pas si cela était vrai, parce que le pouvoir d'Abban devait avoir une portée limite. Mais quelle était-elle ? Pouvait-il aller visiter des sites Incas sans aucun problème ? Ou devait-il prendre l'avion, comme tous les gens normaux ?

« L'Irlande, ça peut être sympa, c'est sûr. Avec un guide comme toi, je suis sûr qu'on ratera pas tous les coins intéressants. Par contre, j'suis obligé d'attendre le voyage pour que tu chantes ? » Le sourire du jeune homme se fit un peu plus grand. « C'est vrai, ça, tu te proposes, alors pourquoi tu me le chanterais pas maintenant ? Je savais même pas que tu chantais, en fait. T'en as beaucoup, des talents cachés comme ça ? » Le regard posé sur Abban, Lorenzo ne cessait pas de sourire, curieux de voir s'il était réellement sérieux sur le sujet ou s'il allait se défiler. « En tous les cas, si on va en Irlande, ça voudra dire qu'il faudra aussi aller en Sicile. Mais... Ça fait quand même beaucoup de vacances, tout ça, tu es sûr de pouvoir y survivre ? »
 
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Message posté : Dim 25 Jan 2015 - 17:32 Message
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— T’es jamais allé en Italie ?

Et hop, Abban changea de position — v’z’avez quand même pas cru que ça allait durer. Il roula sur le ventre, croisa les bras sur l’accoudoir et y posa son menton, pour fixer Lorenzo. Cette révélation lui tenait au cœur, de toute évidence. L’Irlandais n’était pas à proprement parler un franc nationaliste, parce qu’il n’estimait pas que l’Irlande fût la meilleure des patries, il ne pensait pas non plus que le peuple irlandais était nécessairement supérieur au reste, mais il était profondément attaché à sa terre natale et, à ses yeux, il y avait une espèce de perte à ne pas avoir visiter les lieux de ses racines.

Certains étrangers trouvaient peut-être que le cosmopolitisme américain, où les Italiens se disaient italiens même après trois générations, étaient un peu curieux. Abban, lui, le comprenait parfaitement. Alors que Lorenzo lui inculquait des rudiments de géographie italienne et planifiait leurs futurs voyages, le jeune homme glissa quand même une précision :

— Ouais, enfin, l’Europe, c’pas la porte d’à côté, même pour moi. J’m’améliore, m’enfin, l’Canada, c’est quand même ma limite, en gros.

Et encore, pas tout le Canada, parce que ce machin-là, ça avait tout de même la largeur d’un continent. Abban ne savait pas très bien quand sa portée continuerait à augmenter. Il y avait quelque chose d’exaltant à imaginer qu’un jour, il pourrait se transporter de l’autre côté de l’Atlantique à en un clin d’œil mais il n’y croyait pas trop et puis, de toute façon, s’il en jugeait par l’état déplorable dans lequel il se trouvait après une téléportation de très longue portée, il doutait de pouvoir jamais survivre, s’il tentait d’emmener quelqu’un avec lui.

L’avion était donc l’option la plus raisonnable. Abban haussa un sourcil quand Lorenzo réclama une chanson. L’Irlandais se redressa pour s’asseoir en tailleur — la bougeotte, toujours.

— Bah, on peut voyager sans forcément prendre des vacances. Y a sans doute des tas d’opportunités à exploiter, en Sicile. J’sais pas. Ou juste pour s’entrainer. Hmbref.

L’Irlandais se cambra pour s’étirer de tout son long, prêt à accéder à la requête de son ami. Il ne passait pas son temps à chanter, mais une fois ou deux, en public, ça ne le dérangeait pas plus que cela. Il lui semblait bien, quelque part, que la demande était un peu étrange, sans toutefois qu’elle l’embarrassât vraiment.

— Des talents cachés, j’en ai plein, mec. Qu’est-ce tu crois, j’suis un type accompli, moi.

Oui, enfin, il ne savait pas jouer d’un instrument ou dessiner : en dehors de la cuisine, le chant était peut-être sa seule qualité artistique propre, quoiqu’il eût un solide sens de l’esthétique.

— Du coup. C’t’un chant traditionnel irlandais, j’te f’rai la traduction après, s’tu veux. Ça fait comme ça.

Abban inspira profondément, ferma les yeux pour mieux se remémorer les paroles, qu’il n’avait pas forcément bien en tête et se mit à chanter. D’ordinaire, il chantait juste et plutôt bien. Cette fois-ci, « juste et plutôt bien » était un cruel euphémisme. La voix de l’Irlandais avait quelque chose d’inspiré, une sorte d’énergie poétique propre à faire naître des frissons chez son auditoire, et dont l’origine surnaturelle ne devint que trop évident quand, à mesure que les paroles se déployaient dans le salon du chalet, les bûches empilées à côté de la cheminée, elles, commençaient à fleurir.

Comme la chaleur avait commencé à se diffuser, Abban avait retroussé les manches de son sweat et Lorenzo pouvait ainsi apercevoir sans difficulté les arabesques d’une lueur émeraude qui s’étendaient sur l’avant-bras du jeune homme. La Pierre Orphique ressuscitait en Abban le chant du poète antique — les tiges nées des bûches formaient leurs bourgeons, les bourgeons s’ouvraient en fleurs sauvages et la voix d’Abban peu à peu disparut, alors que la chanson finissait, comme un murmure refermée en secret.

Le silence était revenu, habité par le crépitement du feu. Les arabesques à leur tour s’effacèrent sur la peau de l’Irlandais et celui-ci, en rouvrant les yeux, tourna aussitôt le regard vers Lorenzo.

— Donc, en gros, ça parle de… ça va pas ? C’tait si horrible que ça ?

Abban jeta un regard à la cheminée et découvrit les tresses de végétation. Il comprit à moitié ce qui s’était passé : que son pouvoir végétal s’était réveillé. Il rougit un peu, embarrassé, incertain surtout de ce que Lorenzo pouvait penser de ce genre de manifestations. Il n’avait jusqu’à lors jamais évoqué la Pierre Orphique avec son ami : pendant un moment, ils n’avaient pas été assez proches pour ça.

— Ah, ouais, euh… Désolé. Ça arrive parfois. C’t’un… Truc magique. Longue histoire. J’contrôle pas des masses. T’inquiètes, c’pas dangereux.

Bon, OK, il avait détruit toute une salle d’une bibliothèque de quartier, au début, mais depuis, aucun incident notable — si on exceptait la fois où il avait failli étrangler son père — ne s’était produit.
 
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Message posté : Dim 25 Jan 2015 - 22:42 Message
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« Non, jamais. »

Et que rajouter de plus ? Il n'était jamais allé en Italie et vu les raisons qui avaient poussé la famille de Giulia à rejoindre les États-Unis, il valait mieux éviter d'y retourner à moins de planifier correctement son voyage. La mafia restait très mal vue par les autorités, même si elle était très présente dans la botte. De toute façon, s'il devait y voyager un jour, ça ne serait pas pour tout de suite ! Abban enchaîna alors en mentionnant que son pouvoir avait effectivement certaines limites de distance et que s'il pouvait se rendre au Canada, il lui était sans doute difficile d'aller plus loin. Il fallait dire que le Canada, c'était déjà pas mal, niveau distance ! En plusieurs fois, Abban devait donc pouvoir traverser les USA, ce qui n'était pas rien.

La suite de la discussion pointa du doigt le fait qu'ils n'avaient pas nécessairement la même notion de ce que pouvaient être des vacances. Mais quand on avait un pouvoir comme Abban et qu'on pouvait se déplacer loin en une fraction de seconde, ça pouvait sans doute l'expliquer.

« C'est quoi des vacances, pour toi ? Parce que j'ai jamais dit que si on voyageait, on ne ferait rien ! »

Pour Lorenzo, des vacances, c'était tout ce qui l'éloignait de chez lui et de ses affaires habituelles, mais ça ne voulait pas dire qu'il allait se prélasser sur une plage de sable fin, sans jamais rien faire. On pouvait prendre des vacances et avoir un emploi du temps de ministre, même si dans l'immédiat, le jeune homme préférait en effet prendre un peu de temps pour souffler. Les voyages en voiture, ce n'était jamais très agréable !

Quoi qu'il en soit, Abban enchaîna, laissant planer un peu de mystère en mentionnant qu'il avait énormément de talents cachés. Au vu de ce que Lorenzo savait déjà de l'Irlandais, il voulait bien le croire, même s'il se demandait quand même ce qu'il pouvait encore dissimuler. La question ne se posa toutefois pas, parce qu'Abban se mit alors à chanter. Et la manière dont il s'y prit ne put que surprendre Lorenzo. Oui, dans le cas présent, on ne pouvait que parler d'un talent caché, parce qu'il était impossible que cela soit autre chose. Est-ce que cela faisait partie de ses pouvoirs ? Visiblement oui, parce que le chant n'avait rien de naturel et que les dessins de lumière qui apparaissaient sur les bras de l'Irlandais l'étaient encore moins. Décidément, l'Irlandais était de plus en plus surprenant...

Gardant les yeux rivés sur Abban, Lorenzo ne put rien dire, alors que la chanson se terminait, trop étonné de lui découvrir ce talent. Si tous ses autres talents supposés étaient du même niveau, on comprenait mieux pourquoi il occupait déjà une telle place au sein du Cartel. Lui-même faisait un peu pâle figue, en comparaison...

« C'était tout le contraire d'horrible, en fait. » Lorenzo marqua une pause, affichant un sourire, avant de reprendre. « Un truc magique ? Tu as aussi des pouvoirs magiques ? »

Est-ce que c'était parce qu'il était Irlandais ? Peut-être qu'il avait été béni par un leprechaun ou quelque chose de ce genre. Donc, en plus d'être un mutant téléporteur, Abban avait des pouvoirs magiques. Est-ce qu'il avait d'autres secrets de ce genre ?

« Tu t'y connais un peu en magie ? Je n'ai jamais rien vu de magique. J'en ai déjà entendu parler, mais ta démonstration, là, c'est la première fois que j'ai vu de la magie en vrai. C'est vraiment impressionnant. »

Le regard de Lorenzo se porta alors sur l'anneau qu'il portait au doigt et qu'il soupçonnait de renfermer des pouvoirs magiques, même s'il n'avait jamais eu la moindre preuve que ça puisse être vrai. Est-ce qu'Abban pourrait l'aider là-dedans ?

« Un super-pouvoir, de la magie, un voiture qui a trop la classe... Décidément, t'es un exemple à suivre, toi ! »
 
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Message posté : Dim 25 Jan 2015 - 23:07 Message
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L’Irlandais fut un peu — beaucoup — rassuré par la réaction de Lorenzo. En dehors de Lukaz et Alex qui, avouons-le, n’étaient pas de vibrants exemples de normalité, d’Adrian qui était un mage, de Nalebo qui leur passait tout et d’Aishlinn sa jumelle, Abban n’avait jamais exprimé sa magie devant une personne qu’il estimait vraiment et dont il avait été incertain. Quand il songeait à quelle hostilité avait jadis été la sienne devant de telles manifestations et combien, en cette époque encore, il se montra rétif à l’essentiel du monde magique, il n’avait pu que craindre la réaction de Lorenzo.

Un sourire illumina son visage, qui s’élargit encore quand son ami le peignit un modèle à imiter. Pour tous ses professeurs, Abban avait toujours été le mauvais sujet par excellence, l’exemple néfaste à ses petits camarades et même au sein du Cartel, sa réputation de professionnalisme et ses mérites criminels reconnus n’impliquaient pas une véritable estime pour sa personne privée. Avec Lorenzo, il sentait bien que les deux aspects étaient des vases communicants et Abban avait trop peu d’amis, il en avait eus trop rarement, pour ne pas en sentir tout le prix.

— Mais carrément. T’vas voir, un jour, on écrira un bouquin sur la vie de Saint Abban.

L’Irlandais éclata de rire — et de toute évidence, il était beaucoup plus détendu ce jour-là que lors de leur conversation au manoir des Mancini, dans la chambre de Lorenzo. Il fallait dire qu’entretemps Aishlinn était revenue à lui, que leur père avait disparu de l’horizon et qu’il prenait, merci Lorenzo, des vacances. Ce séjour à la montagne venait parfaire une fin d’année plutôt agréable.

— Bon, en vrai, t’emballes pas, j’y connais rien et j’contrôle quasi que dalle.

Devant un autre criminel qui n’eût pas été son ami, par sens de la stratégie, Abban aurait probablement laissé planer le doute sur l’ampleur exacte de ses facultés magiques mais avec Lorenzo, il ne jouait pas à ce petit jeu-là.

— C’t’un truc que j’devais voler, une espèce de pierre, la Pierre Orphique, ça s’appelle. C’était pour un client. Mais le machin, quand j’l’ai touché, ça s’est mis à briller et ça a, c’est… euh… c’est rentré dans mon bras. ‘Fin, pas genre parasite douloureux, hein. Une espèce de fusion ou je sais pas. Enfin, chelou quand même, hein…

Sans blague.

— Genre, i’ parait que le caillou élit une âme poétique, franchement, t’y crois, ça ?

Abban roula des yeux pour dire combien il trouvait ça absurde. L’âme poétique, lui ? Ses anciens profs d’anglais devaient avoir les oreilles qui sifflaient.

— Ouais, et donc… C’est magique, le machin, mais moi, je sais rien faire, j’lance pas des sortilèges et tout. Linn, elle fait ça pour de vrai, elle a un don, elle est super forte, en plus, tu verrais comme elle gère, un truc de dingue. Une fois…

Abban faillit se lancer dans un énième panégyrique de sa jumelle, si talentueuse, si belle, si intelligente, mais dans un éclair de lucidité, il se souvint que ce n’était pas le sujet de la conversation.

— Euh, ouais, la Pierre. Ben voilà, elle se déclenche un peu comme elle veut. C’qu’elle fait, c’est qu’j’arrive à parler toutes les langues, mais des fois, pas quand j’le décide, en fait souvent, c’est pas automatique, tu vois ? Et je parle en poésie, aussi. Genre, je fais des vers. Niveau discrétion, ça s’pose là, t’imagines. Et ça, là, les histoires de plantes. Ça, c’t’un peu nouveau. Et du coup, ben, c’t’un peu la galère. Non mais sérieux, j’ai une bagnole caractérielle, j’ai un avant-bras lumineux caractériel, des fois, c’est pas triste, hein…

Il en parlait avec beaucoup de légèreté ce jour-là mais c’était essentiellement parce qu’Adrian l’avait aidé à avoir une relation un peu moins conflictuelle avec la Pierre. La même conversation quelques mois plus tôt eût été bien différente.

— Et comme t’as vu, j’m’illumine comme un sapin d’Noël. Pour l’côté furtif, on r’passera…

Sans parler de la tresse florale qui décorait maintenant leur cheminée. Il désigna la structure végétale d’un geste de menton et commenta :

— Heureusement qu’j’suis pas chanteur de music hall, sinon, ce s’rait jungle permanente à Star City. J’vais d’voir arrêter d’chanter sur la douche, c’est la loose…

C’était un coup à transformer Nalebo Hall en Jumanji.

— ‘Fin bref, t’inquiètes pas, j’risque pas de t’transformer en grenouille, on aura pas b’soin d’partir à la chasse à la princesse.

Abban montra l’anneau de Lorenzo du doigt. En perspicace enquêteur qu’il était, il interrogea :

— Tu tripotes ça, parce c’est en rapport avec la magie ? J’peux voir ?

L’Irlandais quitta son canapé pour poser une fesse sur l’accoudoir du fauteuil de Lorenzo et sans vraiment attendre l’autorisation — faut pas plaisanter non plus — il prit la main de son ami. Il ne s’était jamais interrogé vraiment sur l’anneau que Lorenzo portait, supposant qu’il devait s’agir d’un héritage familial.
 
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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 22:10 Message
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Lorsque l'Irlandais expliqua qu'il n'y connaissait en fait rien à la magie, Lorenzo fut quelque peu rassuré. Non, parce qu'il fallait dire que s'il avait en plus été un professionnel du domaine, ça aurait fait beaucoup ! Il ne fallait voir aucune jalousie dans ces pensées, mais Lorenzo estimait quand même avoir un certain statut dans le domaine criminel et constater qu'Abban s'en sortait bien mieux que lui et qu'en plus de cela, il nageait sans souci dans le monde des supers, ça avait de quoi le faire se sentir un peu... inférieur ? Le terme n'était pas tout à fait correct, mais l'idée était là.

Cela étant dit, ce que lui racontait Abban n'avait rien de très joyeux. Ce pouvoir était vraisemblablement dû à une pierre magique qu'on lui avait demandé de voler, sauf que les choses n'avaient pas l'air de s'être déroulée comme il aurait fallu s'y attendre... Enfin, au moins, l'Irlandais avait eu de la chance, parce que si la pierre ne faisait que réciter de la poésie et pousser les plantes, ça n'était pas bien grave. Il aurait pu tomber sur un objet beaucoup moins plaisant... Et puis visiblement, il n'avait pas eu de souci avec le commanditaire du vol, puisqu'il était encore là. Alors c'était encore un bon point.

« OK, donc la magie, mieux vaut s'en méfier. Ça m'a quand même l'air vachement dangereux. »

Et tout à coup, il se trouvait bien stupide de porter cet anneau en permanence alors qu'il n'avait pas la moindre idée des pouvoirs qu'il pouvait renfermer. Et si quelque chose l'avait possédé, la première fois qu'il l'avait passé au doigt ? Qu'est-ce qu'il aurait fait ? Rien... Mais qu'il avait été idiot ! Il allait devoir faire beaucoup plus attention à l'avenir, c'était évident.

« Enfin, c'est sûr que tes pouvoirs, c'est pas top discret mais finalement, tu t'en sors quand même pas trop mal. T'imagines si ça avait été autre chose ? J'en sais rien, ça aurait pu te transformer en une bestiole baveuse ! Ou tu aurais pu te retrouver avec les cheveux roses ! Celui qui t'a envoyé la voler ne t'avait pas prévenu des risques ? »

C'était quand même un point important à soulever, pour Lorenzo, même s'il se doutait aussi que les commanditaires ne disaient pas toujours tout... Cela le poussait un peu à remettre en question ses propres décisions. Devait-il tout dire aux gens qu'il employait ? Avait-il déjà risqué la vie d'un Abban ? Il lui faudrait méditer sur tout ça. Plus tard. Pour l'heure, il était question de magie et des risques liés à cette dernière. Laissant donc l'Irlandais observer l'anneau qu'il portait au doigt, Lorenzo porta à son tour son regard dessus.

« Pour être franc, j'en ai pas la moindre idée. »

Et c'était un fait. Pour le peu qu'il en savait, cet anneau pouvait être tout ce qu'il y avait de plus normal. Il espérait évidemment que ce ne soit pas le cas, mais cette espérance était peut-être un simple rêve de gosse, comme quand on espère un jour avoir des super-pouvoirs ou devenir super-riche.

« C'est mon père qui m'a confié cet anneau. Il était dans la famille depuis un certain temps, mais de ce que j'en sais, il existait bien avant. C'est... » Marquant une pause, Lorenzo se demanda ce qu'Abban allait bien pouvoir penser de la suite. « On peut dire que c'est un trophée, en fait. Dans les années 30, des soldats de la famille ont réussi l'exploit de tuer un justicier. Le Phantom. Je ne sais pas si ça te dit quelque chose. Il s'en prenait à la mafia, bien avant que le Cartel Rouge ne voit le jour, et beaucoup de monde voulait sa mort. Mais, ce sont les Mancini qui l'ont eu. Le Phantom portait cet anneau. »

Cela ne voulait toutefois rien dire, parce que même un super pouvait avoir envie de porter des bijoux. Mais dans le cas du Phantom, certains éléments pouvaient laisser croire que les choses étaient un peu différentes.

« Je ne sais pas trop s'il avait ou non des pouvoirs et bon, il faut dire qu'à l'époque, les choses étaient un peu moins faciles, sans ordinateur, sans portable et tout le reste. Cela dit, pour qu'il arrive à échapper à la mafia aussi longtemps tout en posant autant de problème, il devait avoir quelque chose. Et le seul élément notable qu'on a trouvé sur son corps, c'était l'anneau. Mais personne n'a jamais réussi à déterminer quoi que ce soit à son sujet. C'est... un vrai mystère. » Lorenzo haussa des épaules, ne pouvant malheureusement pas en dire beaucoup plus sur le sujet. « J'ai toujours pensé qu'il avait des pouvoirs. Peut-être simplement parce que j'en ai très envie, j'en sais trop rien. Mais s'il en a, je ferais tout ce qu'il faut pour les découvrir. » Puis, laissant apparaître un sourire sur ses lèvres, Lorenzo fixa son regard dans celui d'Abban. « Peut-être que ça me fera chanter et qu'on pourra faire des concerts trop classes ensemble. »
 
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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 23:24 Message
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Un frisson parcourut l’échine d’Abban quand Lorenzo évoqua la terrifiante perspective qu’un objet magique mît à mal sa précieuse chevelure. Machinalement, l’Irlandais s’arrangea quelques mèches — on ne plaisante pas avec ces choses-là — tout en répondant à Lorenzo sur les intentions du commanditaire.

— Ben en fait, j’crois qu’le mec, il en savait pas non plus des masses, tu vois. Genre, j’ai croisé deux mages plutôt doués, ‘fin j’suppose, et ils avaient pas l’air non plus tellement renseigné sur la Pierre. Ça fait partie du genre d’objets pas très bien documentés, sauf avec de vagues trucs prophétiques qu’les gens comprennent un peu comme ils veulent. J’crois qu’le type qui m’a commandé ça, il voulait juste un objet d’art, tu vois. Ça aurait été ça ou une vieille sculpture à la con sans pouvoir funky, ça reviendrait au même. T’sais, des fois, les collectionneurs, ils collectionnent sans savoir.

Abban reconnut néanmoins :

— Mais c’est sûr qu’y a des gens, i’ t’fourguent des cargaisons super dangereuses sans rien te dire. Ça fait partie du métier, j’suppose. Bref, t’as raison, l’un dans l’autre, j’m’en tire plutôt bien.

Il lui avait fallu un bon moment, tout de même, pour prendre sa situation avec philosophie — et surtout, il espérait que la Pierre ne développerait pas d’autres pouvoirs extraordinaires et extraordinairement dangereux.

Pour l’heure, ce qui l’intéressait, cependant, c’était l’anneau de Lorenzo. Il s’abstint de le toucher, parce qu’il n’avait pas vraiment envie de provoquer il-ne-savait-trop quelle réaction cataclysmique, alors il se contentait de l’observer. Après un moment, il rendit tout de même la pleine possession de sa main à son ami, tandis que celui-ci lui fournissait des explications.

Abban était un criminel relativement non-violent — un franc pacifiste, même, selon les standards du milieu dans lequel il frayait — mais il n’était pas non plus naïf et il savait fort bien que les assassinats faisaient partie des méthodes standards de la mafia en particulier et du Cartel en général. N’avait-il pas dit à Lorenzo que Cesar lui proposait souvent de diversifier ses activités en y incluant ce domaine ? Abban n’était de toute façon pas un prosélyte. Les deux seules personnes dont il avait jamais exigé une parfaite non-violence avait été Jake — et l’incapacité de celui-ci à s’adapter à ses méthodes n’avait pas été étrangère à leur rupture — et Aishlinn. Pour ses amis, Abban s’adaptait. Noctis, par exemple, n’était pas exactement un enfant de chœur.

Et puis, les années 30, c’était loin et Lorenzo n’avait pas pris une part active à cette traque. De toute façon, le Phantom, dont Abban, plus familier des justiciers irlandais que des Américains, pour ce qui était de l’histoire en tout cas, n’avait entendu parler que vaguement, le Phantom, donc, avait accepté les règles du jeu en s’opposant à la mafia, de la même façon que les membres des gangs, de son point de vue, acceptaient l’éventualité de perdre la vie dans un règlement de compte.

Une nouvelle fois, le jeune homme se laissa aller à un rire quand Lorenzo évoqua leur futur musical.

— Ouais, puis on f’ra des tournées, ce s’ra la gloire.

Mais Abban n’aspirait pas à d’autre gloire que celle qu’il conquérait jour après jour au sein du Cartel. Pour le grand public, il était ravi de demeurer dans l’anonymat.

— Nan, sérieusement, si le mec s’appelle Phantom, ça pourrait être un truc, genre, devenir invisible, ou passer à travers les murs, ou… Posséder les gens, hypnotiser, des trucs comme ça.

Il se fondait beaucoup dans ses spéculations sur les pouvoirs de ses proches.

— Franchement, c’est carrément possible. Doit bien y avoir des gens au courant, nan ? Genre, les archives d’la Légion. Ou des gens de l’époque.

Abban calcula rapidement.

— Ouais, bon, i’ s’raient vachement vieux, mais machin, là, l’Amiral, par exemple. Après, j’te concède, interroger un Légionnaire, c’pas forcément l’idéal, mais avec un sourire et un air innocent, façon projet d’recherche, ça passe.

L’arnaque avait été la première activité des Jumeaux.

— Sérieux, avec ta gueule d’ange, t’es insoupçonnable, mec.

Mais il était aussi tout à fait possible que le Phantom eût été un cavalier solitaire jaloux de ses secrets. Abban quitta l’accoudoir et se mit à marcher. Machinalement, il s’approcha de la cheminée, pour regarder le feu crépiter, sans savoir vraiment quels étaient les signes qui indiquaient qu’il fallait à nouveau l’alimenter. D’une voix songeuse, il explora une autre solution.

— Sinon, faut d’mander à un mage. J’connais une sorcière, une Irlandaise. Pas, genre, super, super bien, mais un peu quand même. Peut-être ils peuvent percevoir ce genre de choses. Y a un autre type aussi, mais genre vachement réglo, si on lui fourre ça sous l’nez, i’ pourrait poser des questions embarrassantes. J’sais pas…

La chaleur de la pièce s’était bien répandue. Abban ôta son sweat pour se retrouver en tee-shirt : il était toujours plaisant d’être bras nus à l’intérieur et de regarder la neige glacée par la fenêtre. L’Irlandais se retourna vers Lorenzo.

— T’as jamais essayé d’le faire, genre, expertiser, ton anneau ?
 
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Message posté : Mer 28 Jan 2015 - 22:16 Message
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Lorenzo écouta attentivement ce que lui disait Abban au sujet de ce vol d'une pierre magique et de ce que les commanditaires pouvaient parfois faire. Il était vrai que le métier d'intermédiaire n'était jamais de tout repos, surtout quand il fallait transporter des cargaisons. Il y avait bien une règle qui disait qu'il ne fallait jamais ouvrir le colis, non ? Enfin, c'était comme ça dans le film, mais Abban faisait peut-être les choses différemment. Le sujet fut toutefois laissé de côté pour aborder celui de l'anneau du Phantom et du personnage de manière plus générale. L'Irlandais commença par mentionner des idées de pouvoirs et tout ce qu'il disait pouvait effectivement correspondre.

« C'est possible, en effet. J'ai aussi entendu dire qu'il se faisait appeler comme ça parce qu'il surgissait de nulle part en plein milieu d'une réunion secrète, qu'il arrêtait les gens présents et qu'il disparaissait ensuite. Comme un vrai fantôme, quoi, si jamais ça existe. Mais bon, ça ne l'a pas empêche de finir par se faire descendre. »

La suite porta sur les moyens à leur disposition pour se renseigner. Il fallait avouer qu'Abban avait de la suite dans les idées, mais malgré cela, Lorenzo n'était pas certain que toutes les idées soient réellement bonnes.

« Le Phantom était en activité avant que les premiers super-héros de la Ligue ne se réunissent, donc je ne sais pas si la Légion aurait vraiment quelque chose d'exploitable à ce niveau. On en trouverait sûrement plus au Musée des Supers. » Lorenzo se permit un sourire. « Mais ça, je l'ai déjà fait. Et puis, le costume en vitrine n'est qu'une copie. »

C'était un fait, vu qu'il portait lui-même la bague du justicier. Il y avait peut-être d'autres choses dans les archives, mais est-ce que ça en valait vraiment la peine ? S'ils avaient du mettre la main sur des infos, le cadavre du Phantom aurait du être suffisant, non ? Tout cela était bien trop ancien pour que ça les mène quelque part. Mais s'il avait une gueule d'ange. Sérieusement ? Lorenzo ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire amusé.

« Tu trouves que j'ai une gueule d'ange ? » Un sourire illuminait toujours son visage quand il poursuivit. « Même si c'est le cas, je m'appelle encore Mancini et ce simple nom suffit souvent à mettre les gens mal à l'aise. On a beau avoir été blanchi plusieurs fois, ça n'empêche pas les rumeurs d'exister. Et puis bon, tout ça, c'est un peu vrai, au final. »

Même s'il était vieux – et peut-être même parce qu'il était vieux, en fait – Lorenzo ne se voyait pas trop aller poser des questions à un Légionnaire ou se rendre à la Tour de la Paix. Si une personne pouvait effectivement le renseigner sur l'anneau, ça serait la preuve que sa famille était liée à la disparition du Phantom et ça, ce n'était pas forcément bon pour les affaires. Non, même si les idées étaient sympas, mieux valait les oublier.

« Demander à un mage ? » Effectivement, ça, c'était possible. « Tu sais, ça ne fait pas bien longtemps que mon père m'a confié l'anneau. Avant ça, il était enfermé depuis des années dans le coffre de la maison. Mais je ne pense pas qu'on l'ait apporté à un mage. Je pense qu'on ne croyait pas vraiment à ces choses-là, dans les années 30 et après... » On n'y avait plus forcément pensé. « Il faudrait peut-être l'apporter à quelqu'un en effet, ne serait-ce que pour savoir si c'était de la magie ou pas. »

Mais si ça n'était pas de la magie, qu'est-ce que ça aurait pu être d'autre ? L'anneau était très ancien, alors ça ne pouvait logiquement pas être un truc technologique, sauf si on imaginait que ça venait du futur, mais ça, c'était tiré par les cheveux. La piste magique était probablement la plus à même de leur apporter une réponse.

« Enfin, faut pas s'inquiéter, hein. L'anneau n'a jamais rien fait depuis que je le porte alors c'est pas demain que ça va se réveiller d'un coup. »

Souriant, Lorenzo finit par se relever de son fauteuil. Les bagages traînaient toujours dans l'entrée et ils n'avaient pas encore fait le tour du logement, pour voir ce qu'ils avaient à disposition. En plus, Abban avait été bien sage en restant là, alors autant bouger un peu !

« Bon, si on regardait ce qu'on a ici ? En plus, j'ai un peu soif. »
 
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Message posté : Jeu 29 Jan 2015 - 20:09 Message
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— Je sais pas, peut-être qu’ils ont, genre, des historiens. ‘Font tout un tas de trucs culturels ou médiatiques j’crois.

Il ne serait pas surpris si la Légion avait cherché à se documenter sur les héros du passé. Le Musée des Supers avait-il les moyens de financer de vraies recherches ? Peut-être y avait-il des historiens spécialisés dans ce genre de questions ? Il fallait avouer que toutes ces pistes étaient un peu vagues : Abban était habitué à enquêter sur des affaires beaucoup plus fraîches que les aléas de la vie d’un héros disparu depuis des décennies.

Lorsque Lorenzo lui demanda de confirmer qu’il avait une gueule d’ange, Abban le fixa d’un air faussement grave.

— Sérieusement ?

L’Irlandais hocha lentement la tête.

— Trop. Un truc de fou.

Lui, il trouvait ça (très) mignon. Bon, il fallait bien avouer que ce n’était peut-être pas le physique idéal pour s’imposer spontanément comme un leader mafieux et il était bien placé pour savoir, Abban, que dans le milieu parfois un peu machiste et arriéré du Cartel, les apparences n’étaient pas forcément en leur faveur. Mais il était tout aussi bien placé pour mesurer l’élément de surprise fort appréciable qu’était parfois le fait de ne pas avoir (du tout) la tête de l’emploi. Abban ne comptait plus les situations où avoir été sous-estimé pour son allure lui avait fourni un avantage considérable.

En tout cas, ils tombaient d’accord sur le fait qu’un sorcier plus ou moins lié au Cartel restait le choix le plus sûr et le plus facile à contrôler, au moins pour commencer.

— J’te fil’rai l’contact d’la meuf que j’connais. Au pire, elle pourra t’adresser aux bonnes personnes.

Quant à la certitude Lorenzo que l’anneau qui avait dormi longtemps dormirait toujours, Abban y répondit d’abord pour une moue dubitative.

— Mon caillou à moi, si j’ai bien compris, ça faisait des siècles qu’il bougeait pas, ça l’empêche pas d’faire la foire maintenant. J’s’rais toi, j’s’rais pas aussi catégorique que ça. Ces machins-là, on peut pas prévoir.

Peut-être que Lorenzo avait raison. Peut-être que l’anneau, s’il avait bien des pouvoirs magiques, avait besoin de circonstances très particulières et surtout d’une activation volontaire pour révéler ses propriétés. Mais comment en être certain ? Pour l’heure, en tout cas, ce n’était certainement pas en le regardant et en spéculant sur son compte qu’il ferait avancer les choses, alors le plus sage était encore de s’installer.

Abban disparut — évidemment. Aussitôt, de la cuisine, la voix de l’Irlandais monta :

— Tu veux quoi ? Y a les basiques dans le frigo.

En fait, le frigo était plutôt bien rempli — les charmes d’une location confortable, sans aucun doute. Mais les critères d’un cuisinier étaient toujours un peu exigeants.

— Moi, j’prends un jus d’pomme.

Et après avoir servi à Lorenzo ce qu’il avait demandé, il lui tendit le verre quand celui-ci arriva dans la cuisine. Appuyé contre le plan de travail, le professionnel livra son diagnostic.

— J’crois qu’j’peux nous faire un truc acceptable, pour ce soir. Tu m’diras à quelle heure tu manges, d’hab, que j’anticipe un peu, quoi.

En attendant, après avoir vidé son verre d’une traite ou presque et s’être massé l’arrête du nez, parce que c’était quand même un peu froid, Abban laissa son verre disparaître et apparaître dans le lave-vaisselle, avant de se volatiliser lui-même et de déclarer, depuis l’entrée :

— J’laisse mon surf là…

Parce qu’il en avait acheté un, depuis son séjour avec Jake, à la montagne. Un surf qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’étrenner.

— On monte les sacs ?

La seconde suivante, Abban et son immeeeeense valise faisait leur apparition en haut de l’escalier. Le jeune homme la fit rouler dans le couloir, tout de même et, une fois rejoint par Lorenzo, il considéra tour à tour les deux chambres. L’une était un peu plus grande que l’autre, parce qu’elle devait habituellement servir aux parents mais, à part ça, c’était du pareil au même. Avec une politesse insoupçonnable, Abban entraina sa valise dans la chambre la plus petite et se laissa tomber sur le lit.

— Wooa… Mou.

En étoile de mer, l’Irlandais s’amusa à gigoter un peu pour faire jouer le matelas.

— Mes chats kiff’raient trop.

Lui s’en accommoderait : il avait connu bien pire, dans les taudis dublinois où il avait passé son enfance.

— Et l’tien ?

Abban disparut de son lit et refit son apparition dans les airs, un peu au-dessus du lit de Lorenzo, pour se laisser réceptionner par le matelas. Pareil. Le jeune homme croisa les mains sous sa nuque et observa le plafond. Les poutres apparentes lui rappelaient certaines pièces de Nalebo Hall et, somme toute, l’architecture et la décoration n’étaient pas trop dépaysantes.

— C’est quoi, ton rythme, au fait ?

Puisqu’ils avaient commencé à parler de l’heure des repas.

— Couche tard, lève tôt, lève tard ? P’tit déj, pas p’tit déj ? Douche matin, soir, les deux ? J’te préviens, j’ai du mal à dormir, quand j’suis tout seul, alors j’vais sans doute me lever vachement tôt, mais j’f’rai pas d’bruit.

Et de la part d’un voleur, ce n’était sans doute pas une promesse en l’air.

— Et j’passe un peu d’temps dans la salle de bain, aussi. ‘Fin, un peu…

Abban sourit à Lorenzo et reconnut :

— Un peu beaucoup, i’ parait.
 
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Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 22:10 Message
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Même si la Légion des Étoiles avait des historiens, Lorenzo ne se voyait pas vraiment débarquer là-bas pour poser des questions. Oh, bien entendu, il ne risquait lui-même absolument rien, mais il craignait d'avoir l'air louche à poser des questions sur un justicier disparu depuis longtemps et donc on ne savait rien. C'était peut-être faire preuve de paranoïa, mais il craignait qu'à cause de ses questions, on finisse par se demander ce que les Mancini pouvaient avoir à voir avec la disparition du Phantom. Et même s'il avait trop une gueule d'ange, selon Abban, il n'était pas certain que ça aiderait à amadouer un super-héros tout en pectoraux.

Lorsque l'Irlandais mentionna le fait de lui transmettre les coordonnées de la sorcière qu'il connaissait, Lorenzo hocha simplement la tête, prenant dans le même temps en compte ses avertissements quant à la magie. Oui, il allait étudier la question dès que leur séjour au ski serait terminé, histoire d'éviter les problèmes et de se retrouver avec des cheveux roses. La disparition soudaine d'Abban le tira de ses pensées et lorsque Lorenzo entendit la voix de son ami qui venait d'une autre pièce, il en prit la direction.

« Du jus de pomme, ça sera très bien. »

A peine entré dans la pièce, le jeune homme attrapa le verre que lui tendait son ami et il ne put s'empêcher de retenir un rire franc en l'entendant commenter ce qu'il avait trouvé dans les placards.

« C'est toi le cuisinier, donc c'est à toi de me dire à quelle heure on mange. Celui qui gère la cuisine a un rôle des plus importants et il ne me viendrait pas à l'idée de m'imposer là-dedans. Tu sais, même mon père arrête ce qu'il est en train de faire quand mamma dit que c'est l'heure du repas. »

C'était un fait. Dans les traditions familiales des Mancini, le repas de famille était sans doute l'une des plus importantes et si les Américains se contentaient souvent de fast-food pris devant la télé, chez les Mancini, on s'attablait toujours tous ensemble. Si cela désignait généralement le Don, son épouse et leurs enfants, d'autres membres du clan se joignaient souvent à eux. De ce fait, Lorenzo accepterait toutes les décisions prises par Abban quant à leurs repas et il s'y plierait volontiers.

Un instant plus tard, l'Irlandais disparaissait à nouveau et Lorenzo l'entendit parler dans l'entrée avant que sa voix ne se fasse à nouveau entendre à l'étage. Décidément, vivre avec Abban devait être particulièrement stressant. Pour l'heure, Lorenzo ne l'avait vu que disparaître, mais s'il se décidait à apparaître soudainement devant lui, il y avait de grandes chances que l'Italien sente son cœur s'accélérer. Souriant en tentant d'imaginer ce que les jours à venir allaient leur réserver, il rangea son propre verre dans le lave-vaisselle avant d'aller chercher sa propre valide pour la tirer à l'ancienne dans les escaliers.

Devant les chambres, Lorenzo fut prêt à laisser la plus grande à Abban. Cela aurait le choix le plus logique, vu qu'il avait la plus grande des valises, mais l'Irlandais le devança et de fait, Lorenzo se rabattit sur la grande chambre. Heureusement, il n'eut pas l'idée de tester le matelas comme le faisait Abban de l'autre côté du couloir, parce que dans le cas contraire, il se serait pris une chute d'Irlandais sans prévenir.

« Je me lève généralement tôt, donc t'as pas à t'en faire pour le bruit. Je vis dans une grande maison avec plein de monde, alors j'ai l'habitude. Mon frère n'est pas très doué pour ne pas faire de bruit... » Souriant, Lorenzo tira la valise contre le mur avant de venir s'asseoir à son tour sur le lit, le regard rivé sur Abban. « Je crois que j'aurais pu le parier, que la salle de bain était ton domaine. Je te laisserais passer le premier, y a pas de soucis. Puis inutile de nous faire un emploi du temps militaire, hein. Je te rappelle qu'on est en vacance. » Puis, souriant encore davantage, Lorenzo reprit d'une voix un peu plus forte. « En vacance ! »

Se relevant, l'Italien se dirigea vers la fenêtre afin de jeter un coup d’œil à l'extérieur. La nuit commençait à tomber doucement, en cette fin d'après-midi, ce qui était plutôt normal, aussi loin dans le nord. Revenant auprès d'Abban, Lorenzo réfléchit aux possibilités qu'ils avaient.

« Ça te tente de sortir faire un tour ou on remet ça à demain ? Je sais pas, tu en as peut-être marre de bouger et tu préfères rester au calme. » Taquin ? A peine. « Je sais pas trop ce qu'il y a dans les environs, mais comme ça, on pourra se faire une idée. Bon, évidemment, si tu veux te préparer avant d'y aller, ça risque de nous prendre un peu de temps... » Un sourire illumina le visage de Lorenzo alors qu'il faisait mine d'esquiver un hypothétique lancer d'oreiller. « Sinon, on peut toujours défaire nos valises. D'ailleurs, tu sais qu'on ne part pas trois mois ? »
 
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Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 23:32 Message
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— Mais ça suffit, oui !

Abban se redressa sur le lit pour s’asseoir en tailleur.

— S’tu continues, j’te préviens, j’me remets à chanter, et avec l’pot qu’on a, tu finiras enfermé dans un baobab, ça t’f’ra les pieds. Non mais.

Et puis pour récupérer la caution quand le baobab aurait défoncé le toit du chalet, hein, il lui en dirait des nouvelles !

— J’suis prévoyant, c’tout, j’ai pris des tenues pour toutes les occasions. Si Môôôssieur veut s’balader en jogging tout l’week-end, c’est pas l’cas d’tout l’monde.

Et Abban conclut cette brillante démonstration d’une langue tirée.

— Allez, on va s’promener !

Quelques minutes plus tard, alors qu’ils descendaient à pied dans le village, Abban murmura :

— On s’les pèle, n’empêche.

Ce qui, certes, était un peu le principe du séjour. Mais ils venaient d’abandonner la chaleur confortable du chalet pour explorer la nuit hivernale, heureusement illuminée par l’électricité du village, et la transition était un peu rude, même pour un Abban parfaitement équipé de ses vêtements de neige à la pointe de la mode et en parfait accord avec la couleur de ses yeux et celles de ses cheveux. Quand on vous dit qu’il a tout prévu.

— C’est Macha qui doit kiffer, avec tout c’verglas. La course sur glace, c’est son grand trip. Ça et K2000. Elle a l’béguin pour la bagnole, un truc de ouf. J’en entends parler à la longueur de la journée. Puis d’Alex qui lui change les jantes, aussi, j’te jure, trop flippant.

Il se plaignait (tout le temps, oui) mais il était bien sûr ravi de la personnalité haute en couleurs de sa voiture. En tout cas, eux deux ne tardèrent pas à atteindre le village et, malgré la nuit, la soirée n’était pas encore très avancée : il y avait toujours des passants dans les rues, plus encore que pendant la journée, puisque les pistes s’étaient vidées au profit des activités du reste de la station. Abban s’arrêta devant la vitrine d’un magasin de souvenirs.

— Une marmotte qui chante. T’veux une marmotte qui chante ?

Il adressa un sourire de mauvais augure à Lorenzo, s’approcha très près de lui et murmura d’un air de conspirateur.

— Fais gaffe, s’tu continues à t’moquer, tu pourrais bien t’réveiller au milieu d’la nuit avec une marmotte qui chante sur l’oreiller d’à côté.

Puis l’Irlandais se tourna de nouveau vers la vitrine.

— Bon, en vrai, c’est quand même vachement moche, ces trucs-là. J’comprends pas qu’les gens en achètent. Non mais franchement, qui veut porter un tee-shirt comme ça ?

Il désigna un tee-shirt blanc avec un dessin grossier de la station et le nom de celle-ci en dessous.

— Même pas pour dormir j’mettrais un truc comme ça.

D’un autre côté, pour dormir, il ne mettait pas grand-chose. Bref, ils passèrent leur chemin. Abban désigna un spa du doigt.

— T’as vu, ça ? T’as déjà fait ? Ça doit être chelou, quand même, genre les inconnus te massent, et tu vas suer avec de gros types chinois dans le sauna. Autant, en avoir un chez soi, j’dis pas, ça peut être cool, encore que, j’sais pas trop, mais s’caser avec les autres, bonjour l’horreur.

On l’aura compris, Abban avait un avis sur tout mais il était en réalité assez facile de comprendre que les jugements catégoriques du jeune homme trahissaient plutôt une curiosité réelle pour cet univers que son enfance des quartiers pauvres de Dublin continuait à lui faire paraître exotique que des idées définitivement arrêtées. Il avait simplement une manière un peu colorée d’exprimer son intérêt.

Celui-ci s’exprimait parfois de manière un peu plus explicite toutefois.

— Trop cool !

Abban attrapa le poignet de Lorenzo et l’entraîna devant un chalet sans vitrine mais sur les murs duquel étaient collées diverses affiches, qui annonçaient les activités organisées par l’association auquel il appartenait. L’Irlandais pointa une moufle sur celle qui l’intéressait singulièrement. La ligne disait : « Initiation au saut à ski ».

— J’ai vu à la télé, les tremplins, i’ sont immenses, et les mecs, tu d’mandes comment i’ font pour pas crever !

Donc, conclusion logique :

— Ça l’air génial.

Il était probablement inutile de lui proposer une agréable promenade en ski de fond ou une randonnée en requête : avec son surf et ses envies de saut à ski, Abban était de toute évidence à la recherche de sensations fortes. D’ailleurs, il avait retiré ses moufles pour prendre en photo avec la Machmontre l’affiche et ses horaires.

— Bon, et toi, mec, tu veux faire quoi ?

Cela faisait un petit moment qu’il fréquentait Lorenzo, certes, mais il ne le connaissait pas si bien que cela, en dehors de leurs rencontres au manoir des Mancini et de quelques sorties encore assez ponctuelles en ville. Pour une large part, les goûts de son ami lui échappaient encore.
 
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Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 23:23 Message
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Lorenzo n'avait pu s'empêcher d'éclater de rire devant la réaction d'Abban. Bien entendu, il avait dit tout cela sur le ton de la plaisanterie, d'autant que c'était un peu l'hôpital qui se moquait de la charité. Lui-même ne faisait-il pas son possible pour être présentable en portant des vêtements qui ne faisaient pas pouilleux ? Finalement, après ce court échange, ils avaient quitté le chalet et ils se dirigeaient doucement vers le village. A la remarque de l'Irlandais, Lorenzo ne put s'empêcher de lancer une nouvelle pique amicale.

« Je croyais que tu venais d'Irlande. Tu vas me dire qu'il fait chaud, là-bas ? C'est moi, l'Italien, ça serait plutôt à moi de me plaindre ! »

Mais il ne se plaignait pas, essentiellement parce qu'il était un faux Italien qui avait depuis toujours grandi à Star City. Alors oui, il ne faisait pas aussi froid que dans le Vermont, mais il n'empêchait qu'il était loin d'être un animal des terres chaudes. Lorenzo ouvrit ensuite des yeux bien ronds lorsque son ami évoqua les étranges fantasmes de sa voiture mais il décida de ne pas rebondir dessus, craignant d'apprendre des choses un peu trop louches. C'est donc sur ces évocations lubriques qu'ils arrivèrent au village où il fut question de marmotte musicale.

« En fait, tu as accepté le voyage au ski pour me tuer en pleine nuit, c'est ça ? » Non, parce que se réveiller avec une marmotte qui chante sur l'oreiller, c'était un coup à faire une crise cardiaque de la seconde. « Et puis, comment elle ferait pour y entrer, dans la chambre, la marmotte ? »

C'est un regard suspicieux que Lorenzo lança sur Abban. Parce qu'il comptait se téléporter comme ça dans sa chambre pendant qu'il dormait ? Ce n'était pas comme ça que les choses marchaient ! En plus, c'était sérieusement de la triche parce que Lorenzo n'avait pas moyen de riposter, à part en faisant un énorme trou dans le mur avec ses armes. Mais là, comme avec le baobab, bye-bye la caution. Lorsque son ami désigna un tee-shirt, l'Italien haussa des épaules.

« J'imagine que s'ils le vendent encore, c'est que ça doit s'acheter. Vu le prix de la marmotte, je dirais que si qui le veulent, c'est ceux qui ont pas d'argent pour acheter le reste. Si on regarde, c'est limite du vol, ces souvenirs... »

Et après, on osait critiquer certaines pratiques des Mancini ! Non, mais sérieusement, quand on voyait la qualité des souvenirs, sans doute fabriqués en Chine – et Lorenzo n'avait rien du tout contre la Triade – et le prix qu'ils coûtaient, c'en était presque indécent.

« Tu mets un truc pour dormir, toi ? » La question était sortie toute seule, mais Lorenzo la regretta immédiatement. Pourquoi est-ce qu'il avait demandé ça ? « Non, oublie. » Et comme pour tenter de faire oublier la question, il rebondit sur l'histoire du spa. « J'ai jamais fait et je dois t'avouer que ça m'inspire pas plus que ça. Il paraît que c'est bon pour la santé de transpirer mais franchement, je trouve plutôt que c'est l'horreur, moi. En plus, faire ça ici, c'est un truc à tomber malade. »

A peine la question résolue, Abban entraîna Lorenzo devant un autre chalet, désignant une affiche de la moufle. Là, l'Italien put découvrir que l'Irlandais semblait avoir un penchant très prononcé pour les activités à risque, ce qui semblait logique au vu de ce qu'il faisait de sa vie et avec sa voiture. Mais de là à s'essayer au saut à ski...

« Je... » C'était vrai, ça, qu'est-ce qu'il voulait faire ? « Je pense que mes idées sont un peu trop conventionnelles pour toi... Je dois t'avouer que j'ai jamais fait quoi que ce soit de vraiment excitant, en fait... Enfin, à part le Phantom, mais vu que j'en ai pas fait grand chose... »

Et en vérité, Lorenzo se rendait compte que sa vie, au-delà des aspects mafieux, n'était pas si extraordinaire que cela. De ce fait, comment pouvait-il espérer devenir ce qu'il souhaitait être ? Bon, oui, Abban l'entraînait dans le maniement de ses armes et de son côté, Lorenzo s'était trouvé un professeur pour d'autres disciplines martiales. Mais, en dehors de ça, que savait-il faire d'autre ? Rien. C'était peut-être l'occasion de faire autre chose, de se lancer dans de nouvelles aventures !

« Tu serais genre vraiment chaud pour faire ça, toi ? Parce que bon, ça m'a quand même l'air assez technique... » Et dangereux, parce que s'ils tombaient mal, ils pouvaient se casser un membre ou pire encore... « Cela dit, ça peut être amusant. Il est peut-être temps d'apprendre à prendre des risques. On pourrait aussi aller faire du hors piste, cela dit, mais on risquerait de tomber sur un yéti... » Une petite blague pour tenter de détendre l'atmosphère et de se détendre par la même occasion. « Tu crois qu'ils ont des cours pour les débutants ? Sinon, vu qu'on a que quelques jours, on peut aussi prendre des risques en tentant le spa, si les gros Chinois te font pas peur. » Et Lorenzo ne put s'empêcher d'afficher un sourire amusé sous son bonnet.
 
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Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 20:44 Message
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— J’sais pas.

Abban avait haussé innocemment les épaules.

— C’est sournois, les marmottes.

Surtout celles qui chantaient. Pour l’instant cela dit, la menace restait théorique et Lorenzo avait une perspective beaucoup plus préoccupante à examiner : celle de sauter d’un tremplin immense en ski pour se fracturer tous les os du corps en bas d’une piste improbable et transformer son séjour à la neige en expérience de reconstruction chirurgicale radicale. L’Italien découvrait ainsi qu’Abban était parfois courageux et souvent téméraire, souvent téméraire et très, très souvent autodestructeur. Multiplier les risques inconsidérés était l’un des nombreux symptômes de la pathologie mentale de l’Irlandais : entre son goût pour la très grande vitesse, ses partenaires sexuels d’un soir qu’il semblait choisir systématiquement parmi les moins recommandables des bars les plus glauques où il trainait et son insolence chronique envers les loubards susceptibles, nul doute qu’Abban devait sa survie à ses super-pouvoirs beaucoup plus qu’à sa prudence.

Il n’empêchait que pour le coup, si son enthousiasme avait d’abord été motivé par sa réaction primaire et névrotique « sensation forte », tout bien considéré, le saut à ski ne représentait pas un danger considérable dans son cas.

— Quand j’me téléporte, j’conserve pas l’énergie cinétique.

Ou quelque chose comme ça. À tout hasard, Abban précisa :

— C’pas moi qu’ai compris ça, hein, c’t’Alex qui m’a expliqué… euh… des trucs. J’ai pas tout suivi, en fait. T’sais, Alex, c’est le type qu’est venu à ton studio.

Dans l’une des tentatives un peu maladroites du mentaliste pour mieux comprendre la sexualité de son petit ami, avant que Lukaz et lui ne se missent à expérimenter plus concrètement le potentiel infini de leur affection très tactile en heurtant la pudeur dans les parcs publics. Bref, Alex avait une théorie très élaborée sur le fonctionnement de sa téléportation et Abban n’en avait retenu que deux ou trois mots.

— Ouais, et donc, si j’suis en mouvement quand j’me téléporte, j’arrive à l’arrêt. Ou alors si j’téléporte une balle qu’on m’tire dessus, elle tombe par terre. Du coup, les tremplins, on risque pas grand chose.

Jusque là, c’était plutôt convaincant mais Abban ajouta quand même une précision supplémentaire.

— C’la dit, quand on a pas l’habitude, la téléportation, surtout en mouvement, ça fait gerber.

Et Lorenzo avait peut-être d’autres projets pour son week-end de repos que de vomir dans la poudreuse.

— M’enfin, on verra d’main. Faut qu’tu fasses des trucs funs, t’es trop jeune pour rester pépère, mec. On pourrait tirer une caisse et faire d’la conduite sur glace. Ou du hors piste. Ou faire les poches des gros Chinois du sauna.

L’idée de prendre des cours pour débutant, soulevée par Lorenzo, avait tout l’air de lui être entrée par une oreille et sortie par l’autre. Les Jumeaux et l’enseignement, c’était une grande histoire de désamour. Beaucoup plus sérieusement, Abban, qui avait une manière de classer la dangerosité comparée des situations toute personnelle, remarqua :

— Mais le spa, ça m’parait quand même pas super safe. Tous ces gens pieds nus, doit y avoir des germes, j’ai pas envie d’chopper une mycose plantaire.

On ne plaisantait pas avec l’hygiène et Abban était (un peu) hypocondriaque.

— M’enfin, on aura l’temps d’décider demain. Viens, on continue.

Ils reprirent leur chemin et le silence qui suivit la décision procrastrinatrice de l’Irlandais fut propice à la réflexion. Abban se remémora la question étrange de son ami. Est-ce qu’il mettait un truc pour dormir ? Qu’est-ce que Lorenzo pouvait bien en avoir à carrer ? Et surtout, pourquoi la question avait paru l’embarrasser autant ? Il y avait anguille sous roche et Abban, en bon enquêteur, se décida à tâter l’animal.

— Et sinon, rien. Ou un boxer.

Une réponse à retardement qui méritait peut-être un éclaircissement.

— Pour dormir, j’veux dire. J’ai super chaud souvent, alors j’mets rien ou un boxer, ça dépend.

Ça dépendait de si Aishlinn était là ou non. Du coin de l’œil, l’Irlandais tenta de jauger la réaction de son interlocuteur — du coin de l’œil, c’est-à-dire, pour lui, en regardant tout à fait à l’opposée, l’air de rien. Ce fut la raison pour laquelle il manqua de s’emplâtrer dans une volumineuse Nééerlandaise qui, avait le charmant accent clapotant de sa nation, demanda :

— Saucisse ?
— Euh… Ciseaux ?

Kamoulox.

La Néerlandaise se mit à fouiller dans les multiples poches de sa combinaison rose bonbon jusqu’à en extirper un manuel de conversation, dont elle feuilleta ensuite les pages d’une moufle habile. Elle articula ensuite avec beaucoup d’application :

— Je. Chercher. Un commerçant. De saucisses.

Ce à quoi Abban répondit, dans un néerlandais absolument impeccable :

— Nous sommes passés devant un épicier trois chalets plus bas.

Le vaste visage de leur nouvelle amie s’épanouit et après avoir chaleureusement remercié Abban, elle partit à la recherche de la charcuterie désirée.
 
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Message posté : Mer 11 Fév 2015 - 17:06 Message
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« Alex, ouais, je crois que je vois de qui tu parles. »

Lorenzo écouta attentivement les explications scientifiques d'Abban, tentant dans le même temps de s'imaginer les différentes scènes que les propos faisaient naître dans son esprit. Dans l'une d'elle, Abban se téléportait après une course et en réapparaissant ailleurs, il faisait une rencontre très frappante avec un mur de briques rouges. Vu qu'il revenait toujours aussi propre sur lui qu'au départ, ce genre de mésaventures ne devait pas lui arriver et l'explication du dénommé Alex devait donc être réaliste. Non, parce que sinon, Abban aurait été dans un drôle d'état s'il décidait de se téléporter au cours d'une chute libre. Bonjour les dégâts à l'arrivée !

« Mais... T'es assez rapide pour réussir à te téléporter de manière à éviter les balles ? »

Oui, parce que les balles, c'était quand même vachement rapide, donc s'il arrivait à éviter les tirs en se téléportant, c'était qu'il était encore plus doué que ce que Lorenzo avait pensé au premier abord. Il était dommage de se dire qu'Abban avait déjà sa propre vie et sa propre carrière, parce que dans le cas contraire, le jeune Italien l'aurait volontiers mêlé à ses propres projets, quand ils aboutiraient enfin. Peut-être qu'en passant par Virgilio... Non, ce n'était sans doute pas une bonne idée.

« Ça veut donc dire que tu viendrais héroïquement me sauver la vie en nous téléportant, si je venais à m'exploser comme une merde en sautant à ski ? » On n'était jamais trop prudent. « Ça serait quand même dommage d’abîmer ma gueule d'ange comme ça. »

Lorenzo laissa apparaître un sourire sur ses lèvres avant d'envisager les diverses propositions faites par son ami. Voler une voiture, faire du hors piste, voler un gros Chinois... Il aimait décidément le risque. Ils poursuivirent alors leur chemin sur les trottoirs enneigés et là, l'Irlandais surprit une nouvelle fois l'Italien, répondant à retardement à la question. C'est donc une expression surprise que Lorenzo tourna vers, ne comprenant d'abord pas vraiment ce dont il lui parlait et, une fois cela compris, ne comprenant pas vraiment pourquoi il avait répondu. Ça rendait toutefois l'histoire de la marmotte un peu plus gênante, parce que Lorenzo s'imagine un instant un Abban tout nu se téléportant dans sa chambre alors qu'il dormait... Cela n'arrangea en rien son expression, mais il fut heureusement sauvé par une étrangère. Ouf. Une fois la situation réglée, Lorenzo ne put s'empêcher de commenter.

« C'est bien la première fois qu'on me demande où acheter des saucisses... » Ce qui n'avait évidemment rien de louche, surtout pas après les pensées qu'il venait d'avoir, un instant plus tôt. « N'empêche, c'est vachement pratique, ton truc de langue. T'es paré pour tous les voyages, comme ça ! Et oui, ça doit être cool, pour le Cartel, entre les Chinois, les Japonais, les Coréens, les Italiens... »

Ils faisaient effectivement dans l'international et quand on voyait que les membres du clan Mancini faisaient un usage fréquent de l'Italien, on était en droit de penser qu'il en allait de même d'autres groupes ethniques. La capacité d'Abban, en plus de ses nombreuses autres qualités, devait faire de lui quelqu'un de très prisé. Mais pour l'heure, Lorenzo avait d'autres pensées en tête.

« Tu fais quoi, quand tu bosses pas, toi ? Parce que tu m'as l'air de bien aimer tous les trucs à risque, mais à Star City, ça m'a quand l'air un peu limité... Tu fais quoi de ton temps libre ? »
 
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