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Les opposés se complètent

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Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 21:28 Message
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Les couloirs du Brett avaient pour habitude de ne jamais se vider, laissant s’écouler paisiblement des flots d’agents à longueur de journée sans discontinuité. Comme une gigantesque fourmilière, tous ces petits soldats de la paix œuvraient pour l’ensemble et chacun trouvait sa place dans ce gigantesque complexe familial. Pourtant, comme partout, il y avait toujours nombreux électrons libres qui échappaient à la règle de base. Un agent très – ou trop – studieux qui ne sortait jamais boire un café et ainsi n’empruntait au mieux que trois fois par jour les couloirs, ou les extrêmes inverses, qui se baladaient souvent en banc et donnaient l’impression de passer leur vie entière dans ces dits tubes. C’était le cas de la coréenne. Bien qu’elle ne se balade pas particulièrement en banc, préférant de loin faire « la taupe » avec ceux qu’elle croisait sans s’embarrasser d’un troupeau, Eun-Sil passait de plus en plus de temps dans les passages centraux de l’immeuble. Une raison à cela ? Son intérêt soudain à fuir la solitude. Elle n’était pas plus à l’aise en public que par le passé et elle était tout autant un boulet en relations humaines mais elle faisait de monstrueux efforts pour ne pas rester plus d’une heure entièrement seule ce qui pouvait l’envoyer dans un engrenage de mélancolie sans fin à lui zaper complètement le moral et lui donner des envies de se pendre. Suivant les conseils de son psy au sein de l’UNISON suite à la catastrophique mission de renseignement en début d’année, elle faisait de son mieux pour s’intégrer mieux aux autres. Paradoxe quand on savait que c’était justement cet attachement aux autres qui lui rendait le deuil de cette mission impossible. Toujours étant que le médecin de son bien être mental l’encourageait à faire un pas vers les autres et à ne rien garder pour elle.

Ce qu’elle faisait. A son hilarante manière. Jamais très délicate en conversation comme en mouvements, elle faisait le plus souvent fuir les autres agents qui la trouvaient agaçante au possible. Elle répondait toujours que c’était la façon de faire en Corée, ce à quoi le médecin répondait qu’ici on était en Amérique et que si elle voulait progresser, il fallait qu’elle l’accepte et agisse en conséquence. Cette manière d’être voilait en réalité un manque certain de confiance en soi et de camaraderie. Depuis cinq ans qu’elle arpentait la ville et bientôt trois ans qu’elle parcourait les couloirs du Brett, elle ne comptait pratiquement aucun ami en dehors du travail et même ses collègues de missions, elle ne prenait jamais le temps de les voir une fois changée et sortie du vestiaire. Erreur que le psy voulait lui faire corriger mais qui ne se résoudrait pas du jour au lendemain. Du moins, pas avec la coréenne. Perdue dans des archives impossiblement mystiques elle s’était extirpée de la zone confinée en sentant son moral prêt à exploser si elle ne prenait pas une bouffée d’air dans les larges couloirs. Elle s’était vue bousculée et elle en avait fait autant prenant ensuite plaisir à esquiver les mouvements de foule comme sur un ring. En bref, elle riait toute seule et se moquait bien de ce qu’on pouvait en dire. Curieuse de tout, elle observait ses collègues avec insistance en se demandant bien sur quoi ils pouvaient être en train de travailler sur le moment et ainsi faisant déambula jusqu’à la salle qui servait de cafétéria d’appoint. Fermée pour problèmes de plomberie. La coréenne ronchonna devant la porte close en se demandant bien en quoi des fuites sur le robinet empêchaient d’utiliser la machine à café qui était un distributeur. Elle actionna la poignée et comme la porte n’était pas verrouillée, elle entra. Il n’y avait personne. Les ouvriers devaient s’être rendus un étage plus bas pour inspirer des bouffées de nicotine. La coréenne referma la porte et se dirigea jusqu’à la machine branchée au mur. Du moins, normalement branchée au mur. Sauf que la prise avait été retirée. Elle poussa l’énorme meuble métallique sans délicatesse, pour le dégager du mur, rayant au passage le sol souple. Accroupie derrière l’engin, elle dénicha le câble et l’enfonça avec affection dans la prise du mur avant de se relever et de faire le tour du selecta. Sortant de sa poche sa pièce truquée – les agents avaient des rabais grâce à une clé personnelle – pièce reliée à un long fil de nylon, elle l’enfonça dans le trou prévu à cet effet et actionna le café noir en appuyant bien fort sur le dosage. Elle réussit à récupérer sa pièce – il arrivait souvent qu’elle se fasse happer malgré le fil de nylon qui était relié aux doigts de la coréenne – et la rangea bien sagement dans sa poche. Se baissant en avant pour récupérer le verre en sajex et la délicieuse boisson chaude, elle sifflota de plaisir en se retournant pour sortir sur le couloir.


Faire un vol plané à cause d’une peau de banane ? Extrêmement banal. Par contre, se retrouver les quatre pattes en l’air,  après une peur bleue qui engendra un lâché de café qui s’en était allé se répandre largement sur le sol, s’avancer et y mettre les pieds pour y glisser et se vautrer comme une mal propre, ça c’était le niveau au-dessus ! L’espèce de cri de gosse qu’on surprend dans un cimetière au soir d’Halloween qu’avait lâché Eun-Sil n’avait fait qu’accentuer le comique de la scène. Au lieu d’avoir honte, la coréenne était tétanisée sur le sol. Putain, elle venait de voir quoi là ? Se hissant sur les coudes, elle s’apprêtait à faire face à une vision tout à fait démoniaque et digne des pires cauchemars de son enfance. L’esprit de son ancêtre était venue la hanter ! Elle dévisagea l’esprit frappeur en cherchant la réplique adéquate pour saluer les défunts de l’Empire Coréen. Hein ? Elle haussa les sourcils, avant d’exploser de rire et de se détendre. L’esprit, bah c’était pas celui d’un ancêtre, ou alors on lui avait caché des origines nordiques ! La – jeune ? – femme qui lui faisait face, enfin flottait en face d’elle, avait tout d’une européenne, d’une blanche en somme et rien dans son code vestimentaire ne la rattachait à l’ancien empire chinois. Ouf ! Ca n’était donc par pour Eun-Sil qu’elle était revenue sur terre pour laisser exploser sa vengeance. Toujours sur le sol, la coréenne n’en était pas forcément rassurée pour autant. C’était un esprit ravagé par la haine qui déambulait dans les couloirs de… oh bordel ! La coréenne se releva en une fraction de seconde et recula de grandes enjambées pour regagner le mur du fond. «  Je suivais les ordres ! Nous étions là pour vous protéger ! Des balles ont fusé dans tous les sens mais je n’ai jamais voulu vous tuer ! » En fouillant dans sa mémoire bien mélangée, elle dénicha le seul moment de son existence qui lui avait donné de tuer et de s’en vouloir pour l’avoir fait. Dans la confusion totale, elle avait très bien pu mettre un terme à la vie de l’innocente demoiselle qui se trouvait en face d’elle et cette dernière était des plus décidée à lui rendre la vie plus misérable encore. «  Vous n’avez qu’à demander à ma vieille – ma grand-mère ! – je lui dédie mes prières tous les soirs et je me recueille aussi souvent que possible sur ses tablettes mortuaires ! Je n’ai absolument rien à me reprocher ! » Elle n’y allait pas avec le dos de la cuillère. Mais la perspective de se retrouver enchaînée à cet esprit aux tendances meurtrières lui faisait suffisamment peur pour trouver n’importe quelle excuse pour y échapper. Il lui aurait pourtant fallu pas moins de cinq minutes de plus pour se souvenir qu’il y avait au sein du Brett un agent discret au travers duquel il était possible de voir.
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