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Dir will ich abfahren

 
Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 13:32 Message
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    Ce n’était apparemment pas la peine d’essayer de se raccrocher à de vaines conversations pour étouffer le malaise et passer à autre chose. Jace ne supporta pas cette méthode. Devant cette explosion, la culpabilité de Vincent grimpa en flèche. C’était lui qui avait causé ça avec sa bêtise et ses peurs de gamin prépubère. Et plus Jace exprimait son désarrois plus Vince s’en voulait d’avoir causé ça pour... pour rien en plus. L’étudiant prit sur lui et attendit que son petit ami ait fini de s’exprimer avant de reprendre la parole.

    – Jace... dans le même temps, sa main retrouva son chemin jusqu’à celle du blond. Puis il vit que des visiteurs s’approchaient pour dire bonjour aux poissons tropicaux. Plus pour ne pas leur infliger un spectacle embarrassant que par pudeur, Vincent guida son homme jusqu’au banc qui était placé près d’un mur nu. Là, ils auraient un peu plus d’intimité. Bon, fallait espérer que l’Alpha ne prenne pas mal ce petit voyage. J’ai pas dit que t’étais pas assez chaleureux... t’es pile comme il faut. Mais j’avais juste l’impression que ça te gênait... tu rougissais et tout alors je voulais pas... et puis je ne t’ai pas jeté, t’es pas un mouchoir...

    Sa main serrait davantage celle de son compagnon. Pour le rassurer. Pour empêcher ses lèvres de trembler comme elles l’avaient fait un moment devant les poissons. Le jeune homme prit ensuite une grande inspiration afin de trouver la force de se lancer dans une introspection en direct et d’y assimiler les bons mots.

    – Tu es... parfait tout ça c’est... le weekend, les cadeaux... t’as pas à t’inquiéter pour ton taux de romantisme parce qu’il est très bon. C’est moi qui... J’ai paniqué. C’tait la première fois que j’ai eu peur qu’une fille me pique... C’est pas que j’ai pas confiance en toi, pas du tout. C’est en moi que j’ai pas confiance. C’comme à Central Park. Des fois j’ai peur de pas être la personne qu’il te faut. Mais c’est mon problème. C’est à moi de travailler sur cette paranoïa stupide.

    Il voyait bien tous les efforts que fournissait Jace. Toutes ses attentions et sa tendresse. Pourtant Vincent avait peur. Il n’osait pas le dire, et peut-être même le penser, mais cela venait certainement de l’attitude récente de ses parents à son égard. La peur d’être abandonné à cause de quelque chose qu’il ne pouvait pas changer s’était ancrée en lui, plus ou moins inconsciemment. Or, auparavant, sa famille était son centre de gravité. Le point de repère qu’il utilisait pour construire son avenir. Maintenant, il n’avait plus que les cours et ses amis, ce n’était pas grand chose. Et à côté de ça, il y avait Jace. Là c’était déjà un point d’ancrage plus conséquent. Il n’était donc pas question de le perdre.

    – C’est pas juste que tu stresses à cause de ma connerie. T’as rien à te reprocher en plus. Ca va aller j’te promets. J’vais m’habituer à... ton succès.

    Cette fois il accompagna ses paroles d’un sourire rassurant et sincère. C’est comme ça qu’il aurait du réagir devant cette prédatrice en chaleur. Avec le sourire. Pour poursuivre sa tentative de réconfort, le barman se pencha pour déposer un baiser sur la joue de son petit ami. Lorsqu’il revint à sa place, Vince continuait d’arborer un sourire qui se voulait réconfortant. Son regard se porta alors sur une petite file qui les observait à plusieurs mètres d’eux avec une expression décontenancée. Le jeune homme étira son sourire avec bienveillance avant de reporter son attention sur Jace. Il s’en fichait un peu d’avoir choqué cette gamine. Elle s’en remettra. Au pire, et on lui souhaitait, elle ne verra rien de plus choquant avant longtemps. Ca ne le dérangeait pas d’être vu avec son petit ami. L’étudiant avait « prévenu » tous ceux qu’il jugeait importants. En plus, ils étaient à New York City, ici il ne connaissait pratiquement personne, alors il n’allait pas s’empêcher de montrer un peu d’affection à l’homme qu’il aimait. Timidement, Vincent essaya une nouvelle fois de les remettre sur les rails du weekend.

    – Alors... quand tu auras comprit que ton ptit ami est en fait un idiot, tu voudras continuer la visite ou bien tu préfèreras noyer immédiatement ton chagrin dans une barbe à papa à Luna Park ?

 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 14:41 Message
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Des raisons pour se justifier, Jace en avait encore beaucoup, mais il les trouvait toutes mauvaises, parce qu’au fond de lui, le jeune homme était habité par la crainte d’être vraiment ce monomaniaque de la Légion froid et sans personnalité, cet entraîneur héroïque, rigoureux et un peu austère, préoccupé par le bien impersonnel que l’on faisait de manière générale, sans distinction, plutôt que par celui des proches qui l’entouraient. Quand il s’était rendu compte, en découvrant sa bisexualité, un an plus tôt, à quel point il avait sacrifié ses propres désirs à la construction d’une image médiatique et héroïque, pour lui-même et pour les autres, Jace avait craint de ne jamais pouvoir être autre chose qu’une machine à objectiver, normaliser, entraîner.

Sa main frémit dans celle de Vincent et, sans doute parce que sa plaidoirie désarticulée l’avait fatigué nerveusement, il se laissa entrainer sans opposer de résistance sur le banc. En face d’eux, un paysage essentiellement végétal décrivait la flore des fonds marins et les poissons qui y passaient étaient si petits qu’il fallait encore s’approcher de la vitre pour les pouvoir les apercevoir parmi les ondulations des anémones.

Sous l’avalanche de compliments et d’excuses, l’adolescent s’apaisa peu à peu. Il se décala légèrement sur le banc, pour être plus proche encore de son compagnon et, c’était vrai, pour une fois, il aurait eu envie que Vincent passât en public un bras autour de ses épaules. La main qui s’était refermée sur la sienne était un réconfort déjà et il baissa les yeux pour observer leurs doigts mêlés les uns aux autres.

Il les releva pour rencontrer celui de Vincent et répondit à son sourire d’un autre sourire, timide aussi d’abord, comme celui de son compagnon. Jace secoua la tête.

— On continue à visiter. J’veux voir la partie sur les mers glaciales.

Il ne bougea pas tout de suite cependant. Les yeux dans ceux de Vincent, Jace resta un moment silencieux.

Puis :

— Moi j’ai confiance en toi. J’ai confiance que t’es la personne qu’il me faut. Jamais j’en doute.

Il porta la main de Vincent à ses lèvres pour y déposer un baiser avant de la relâcher, naturellement cette fois-ci, plutôt que par embarras, pour se relever et se remettre en route. Les deux jeunes gens ne parlaient plus mais Jace se sentait rassuré. C’était un silence calme propice à la découverte des nouvelles espèces marines que les salles de l’aquarium proposaient successivement. Comme à chaque fois qu’une dispute, une incompréhension ou une dissension, après l’avoir séparé de Vincent, était dissipée, Jace se sentait plein d’une assurance conquérante qui, n’eussent-ils pas été en public, se fût exprimée par le plus charnel des enthousiasmes et qui, pour l’heure, se contentait de fréquents regards énamourés.

Ils s’étaient arrêtés devant l’aquarium des plies, qui comme tous les jours paressaient dans le sable. D’un ton songeur, Jace remarqua :

— Ça s’trouve, tu pourrais aller au Pôle Nord et t’aurais même pas froid. J’s’rais, j’changerais de majeure pour prendre glaciologie.

Ou guide alpin. Un peu plus sérieusement, l’adolescent interrogea :

— T’as déjà fait de la voile ?

Dans le Kansas, sans doute pas, mais en vacances, c’était toujours possible. Pour sa part, alors même qu’il vivait dans une ville portuaire, Jace n’avait jamais été très au fait des activités de la mer. Rapidement et pendant longtemps, son pouvoir l’avait dissuadé de s’approcher des étendues d’eau ou trop vastes, ou trop peuplées. Les airs lui étaient un domaine évidemment plus familier — question d’héritage familial autant que de mutation.

— J’me dis, ça doit être sympa de faire un voyage en bateau. Bon, p’t’être pas plusieurs semaines, parce que ça doit vite être monotone, mais genre quelques jours. Toi, moi, un voilier…

Étrangement, la plongée sous-marine ne fut pas la première activité qui se présenta à l’esprit de Jace quand il s’imagina seul au milieu de l’océan — tropical, de préférence — en compagnie d’un Vincent torse nu, fier et musculeux matelot qui ferlerait sous le soleil de l’Équateur les voiles de leur navire. Évidemment, ça n’y manqua pas :

— Tu dois être tellement beau en costume de marin.

Regarde les poissons, Jace, ça va te calmer. L’adolescent détourna sagement le regard des pectoraux qu’il se peignait fort bien moulé dans une marinière de chez Armor Lux. Ce geste d’une profitable chasteté l’incita à une remarque plus terre-à-terre :

— Mais ça doit coûter cher, comme voyage.

Et il poussa un soupir. Il était ramené à sa grande préoccupation du moment : le choix difficile entre quitter un travail qui s’annonçait très, très rémunérateur et où il excellait pour se lancer dans un avenir professionnel encore indéfini et par conséquent tout à fait incertain, qui ne lui procurerait pas la même aisance. Il n’avait jamais sérieusement songé à quitter les quatre murs d’une chambre-studio à Star City avant de rencontrer Vincent et, désormais, il songeait à un avenir à deux, plus complexe, plus diversifié et plus coûteux.
 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 19:45 Message
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    Il était facile de deviner le désespoir qu’avait exprimé Jace devant les doutes de son petit ami. Celui-ci imaginait très bien la confusion que cela pourrait engendrait. Etant celui qui avait eu besoin de plus de temps pour avouer ses sentiments, ainsi que leur relation en général, Vincent pouvait comprendre le sentiment d’impuissance de son compagnon. D’être incapable de faire plus pour rassurer l’autre alors que la dernière chose que l’on désirait était de le faire souffrir. Pour le barman, leur relation était une première, compliquée et nouvelle. Il en oubliait parfois que pour son partenaire, les choses étaient différentes. Le jeune Roberts avait fait son coming out depuis un certain temps déjà et, parallèlement, il n’avait connu qu’une seule vraie relation. Celle-ci avait été relativement courte d’après ce que Vincent avait compris. Ce détail n’entrait peut-être pas dans l’équation, mais il était toujours possible qu’il contribue à leurs malaises. N’empêche que Vince avait l’impression d’être le boulet dans ce couple...

    Lorsque la crise fut passée, leurs mains se séparèrent, sans prise de tête cette fois. Et les deux garçons reprirent leur visite avec un enthousiasme frais légèrement tempéré par ce qui venait de se passer. L’étudiant ne put cependant chasser le sourire qui hantait ses lèvres depuis qu’il avait entendu la déclaration de confiance de son blond. Le sourire ne faiblit même pas lorsque l’Alpha les projeta tous les deux dans un scénario polaire.

    – Je compte bien essayer un jour... Cela dit, j’aimerais déjà savoir si j’arrive à survivre dans une chambre froide. Holly m’a suggéré cette expérience deux ou trois fois, j’ai fini par accepter à condition qu’elle m’accompagne. S’tu veux assister à ça...

    C’était nettement moins aventureux que le Pole Nord, certes. Mais on faisait avec les moyens du bord. Conscient que son petit ami plaisantait, Vince ne chercha pas trop à s’imaginer vivre dans un milieu glacial. Ce n’était pas vraiment un projet pour l’instant. Ptet pour des vacances, pour faire du ski... Mais y travailler sur du long terme, non. En plus, avec ses pouvoirs, il ne ferait que contribuer à la fonte des glaces. Laissons donc les neiges pour prendre les voiles.

    – Jamais et toi ?

    Puis il se rappela des limites que Jace s’imposait avec l’eau et en déduisit la réponse à sa question. Pour sa part, Vincent n’avait jamais nécessairement rêvé de faire de la voile, mais il ne refuserait probablement pas la scène qu’était en train d’esquisser son rêveur et aventureux compagnon. Décidément, Jace avait plein de projets et d’envies. Vince avait déjà remarqué cette curiosité sans limite chez l’Alpha. Il la trouvait touchante et contagieuse. L’étudiant était loin d’être un pantouflard, mais en dehors de ce qu’il connaissait, il n’avait pas l’esprit d’aventure. Il suffisait maintenant au Légionnaire d’envisager une activité à deux pour que le barman s’y voit déjà sans que cela ne l’effraie ou lui fasse bizarre. Pourtant, si une de ses ex lui avait demandé de faire un voyage sur un voilier, le jeune homme n’aurait sans doute pas montré un enthousiasme aussi positif. Sous sourire s’tira encore lorsque l’électromancien le complimenta d’avance sur sa potentielle tenue de marin. Cette fois il n’y avait plus aucun doute, Jace était un amateur des uniformes.

    – Ca t’irait bien aussi.

    Mais encore une fois, Jace pourrait porter une peau de phacochère, Vincent le trouverait toujours aussi sexy. De toute façon, il le préférait nu. Heureusement, les plies n’étaient pas les poissons les plus excitants des eaux. On évita donc toute manifestation incongrue. Et histoire de réduire tout risque éventuel à zéro, autant parler d’argent.

    – Sûrement... mais tu sais, on est pas obligés de prendre les voiles demain. Si on parle d’une navigation de quelques jours, sachant qu’avec tes capacités tu peux te former facilement et rapidement, si on s’organise et si j’arrive à avoir un boulot décent – c’qui n’est pas impossible non plus – ça serait tout à fait accessible.

    Quand on parlait d’argent, d’économies et de prévisions financières, Vincent pouvait se montrer à la fois réaliste et rassurant. Certes, il s’appuyait surtout sur le fait qu’au moins un d’entre eux disposera d’un salaire convenable. Mais il n’y avait pas de raison... Il était travailleur et motivé et Jace était polyvalent, il s’adaptait très très facilement et il était et loin d’être feignant.

    – Bon après, faut pas non plus que t’envisages de nous envoyer voyager dans l’espace, parce que là, niveau budget, ça dépassera sûrement mes compétences.

    En plus, l’idée ne branchait pas tellement Vincent. Celui-ci aimait bien cette bonne vieille Terre, même si elle pouvait réserver de sacrées surprises. Et puis ce n’était pas l’Histoire qui lui donnait envie de procéder à des voyages intergalactiques. Entre l’invasion des Grues et le Terminus, il avait largement de quoi préférer rester, avec les plies.

    – Puis y a toujours moyen de s’arranger pour trouver des affaires intéressantes. C’est parfois pas si compliqué qu’on le croirait. Suffit de chercher un peu et de demander. Un peu comme les brocantes. Bon pour les voyages, faut savoir sauter sur les occasions qui se présentent quand elles se présentent. Mais vu que de toute façon, t’as envie de tout voir, je pense pas que ça te dérangerait.

    Les deux supers ayant déjà couvert des sujets bien différents, souvent à l’initiative de Jace, tirer cette conclusion n’était pas très risqué. Toutefois, avant d’en venir à leur plus ou moins lointaine future escapade, concentrons nous sur la présente qui impliquait de faire un choix entre la gauche et la droite. Pour sa part, Vince avait plus envie de suivre les centres d’intérêts de son compagnon. La droite semblait mener aux morses. Ca devait correspondre aux désirs glacés de son partenaire.

    – Pour cette année, si tu veux bouger souvent, on peut toujours jeter un oeil aux prix des billets d’avion. Au dernier moment, ils font des réductions vraiment intéressantes. Par contre, si on part à l’étranger l’an prochain, faudrait éviter les destinations trop coûteuses.

    Ce qui du coup, impliquait de limiter les voyages potentiels aux Etats-Unis. Cela dit, Vince avait confiance en l’enthousiasme de son petit ami pour se satisfaire de la diversité présente dans leur propre pays. Quant à lui, il n’aurait pas trop de soucis, déjà, sans être un grand fanatique de morse, Vincent ne put s’empêcher d’être impressionné devant le spectacle qu’offraient ces animaux.

    – Wow, t’as vu leurs défenses !?

 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 20:12 Message
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Jace faillit répondre que l’espace était à portée de main grâce aux téléporteurs de la Tour de la Paix qui menaient vers le Phare mais cette pensée le ramena aussitôt à Noctis et à ses nébuleux projets en la matière. Il ne savait toujours pas si ce que Vincent l’avait entendu dire du Phare, après l’affaire du Bohnson Building, avait effectivement un rapport avec la station planétaire entretenue par la Légion en collaboration avec l’UNISON ou s’il ne s’était agi que d’une coïncidence, mais depuis, la grande construction spatiale était un sujet sensible. Il hocha donc la tête alors que Vincent repoussait cette possibilité, tandis qu’ils reprenaient leur chemin.

— T’as raison. Déjà, on verra comment les choses se précisent en janvier, qu’on ait une idée de combien faut économiser et tout.

Le jeune homme était plutôt rassuré de se rendre compte que son petit ami parlait d’argent d’une manière posée et pragmatique, sans pour autant adopter en la matière une discipline toute rigoriste. Jace, lui, était beaucoup trop jeune pour avoir jamais appris à gérer sérieusement ses ressources financières. Fort heureusement pour lui, il n’était pas d’un naturel dépensier mais c’était plutôt par hasard et tempérament, plutôt que par saine gestion, qu’il ne dilapidait pas son récent salaire. Se reposer sur Vincent en la matière lui paraissait une option plus que viable et surtout fort sécurisante.

— En plus, à Star City, y a d’jà plein d’gens différents, suffirait d’aller dans des associations, à des concrets, des marchés, des trucs comme ça, ce serait vachement dépaysant.

Il parlait au conditionnel mais, en réalité, c’était ce qu’il faisait déjà. Jace tenait le cosmopolitisme des grandes villes côtières des États-Unis comme l’une des forces du pays et il avait toujours éprouvé une curiosité insatiable pour ces cultures qu’il se refusait à ne voir qu’étrangères et lointaines. Les progrès linguistiques fulgurants que le développement de sa super-intelligence lui permettaient avaient considérablement favorisé ses contacts, les mois passés, avec les différentes communautés de Star City.

— En fait, j…

Il fut interrompu dans ses explications par l’exclamation tout à fait enfantine de Vincent devant les morses. Jace ne parvint pas à réprimer un sourire mi-amusé, mi-attendri et, d’un ton un tout petit peu moqueur, il répondit :

— Très impressionnant.

Les morses, eux, considéraient avec un flegme un brin perplexe ces deux humains qui s’extasiaient devant eux. À côté de Vincent, un petit garçon qui ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’années tira sur la main de sa mère et s’exclama :

— Waaa ! T’as vu les défenses ?

Le sourire de Jace s’agrandit et il posa un regard éloquent sur son petit ami.

— On achètera une figurine souvenir au magasin pour que tu puisses la montrer à tes amis à l’école, en rentrant.

Un morse vagit pour approuver cette excellente idée et Jace reporta son attention sur l’animal. La diversité de la faune lui parlait certes moins que celle de l’espèce humaine, mais il n’y était pas entièrement insensible, quoiqu’il n’eût pas le même enthousiasme spontané que son compagnon. Dès qu’il regardait un animal de ce genre-là, il envisageait des problèmes écologiques et sa réflexion tournait bien vite à la politique plutôt qu’à l’admiration.

En même temps cependant, il songeait à ce que Vincent lui avait dit déjà de ses rêves d’enfant. S’occuper des animaux.

— Dis, Vincent…

Jace lui donna un petit coup d’épaule, dans l’espoir que son petit ami se tirerait de sa polaire observation pour l’écouter.

— Ça te manque pas d’avoir un animal ? Genre, un chat ou un chien. Vous auriez la place, dans votre appart.

Évidemment, il fallait compter avec l’avis de Jason et sans doute celui de Holly et Jace ignorait tout de leur position en la matière.

— J’en ai jamais eu, j’sais pas trop comment ça fait, mais j’me dis, ça a l’air d’être quand même vachement ton truc.

Le petit garçon et sa mère s’en allaient pour visiter une autre partie de l’aquarium. L’estomac de Jace poussa un grognement que l’adolescent ignora pour poursuivre :

— Bon, tu vas m’dire, y a toujours Mister Purrington. C’est ça, son nom, hein ?

Il parlait du chat qui, s’il avait bien compris, assistait aux entraînements de son compagnon.

— Mais c’est pas tout à fait pareil, j’suppose. Ou alors, j’sais pas, toi et moi, on pourrait faire du bénévolat dans un truc pour les animaux. Un refuge, par exemple. J’sais pas si j’serai très doué pour ça…

Il n’avait pour ainsi dire aucune expérience dans le domaine, si l’on éliminait les rares visites au zoo de son enfance et ses contacts épisodiques avec les chats que certains Légionnaires gardaient dans leurs appartements de la Tour de la Paix.

— … mais ça a l’air important pour toi. J’aimerais bien partager ça. Puis promis, j’me moquerai pas quand tu t’extasieras devant les coussinets d’un chat.

Ou alors juste un peu.
 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 21:58 Message
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    Oui, Vincent Nash était un grand enfant. Il suffisait qu’une boule de poils ou de plumes arrive dans son champ de vision pour que le jeune homme fasse place à un petit garçon émerveillé. Louis avait facilement percé ses défenses en jouant à l’ami des mulots devant lui. Ses parents avaient eut un chien, il y a longtemps, mais c’était tout. Le reste de ses contacts animaliers, son grand frère et lui les avaient cherchés eux-mêmes en jouant les vétérinaires sans frontières. Assurément ce genre de relations lui manquait beaucoup depuis son arrivée à Star City. Le jeune homme y avait vite compris que les gens de la ville n’aimaient pas tous qu’on caresse leurs chiens. Donc oui, il s’émerveillait très facilement et il n’y avait pas besoin de décodeur pour constater l’effet que les morses avaient sur lui. Cela dit, la magie de l’aquarium ne lui enlevait pas non plus tous ses neurones.

    – Moque-toi, n’empêche que ces pinnipèdes peuvent...
    – Waaa ! T’as vu les défenses ?
    – ...

    Soit.

    – Ha ha ha... fit Vincent en faisant semblant de rire à la remarque de son petit ami.

    N’empêche que ça l’amusait quand même. Heureusement, l’étudiant était un habitué de l’autodérision. Loin de s’offusquer devant les moqueries de son compagnon, Vince arborait le sourire. L’intermède humoristique étant passé, le jeune homme reprit sa contemplation des bêtes jusqu’à ce qu’une voix un peu sérieuse ne l’interpelle de nouveau en tandem avec un coup de coude. Le barman se tourna alors vers son voisin et lui accorda toute son attention. C’était le minimum car l’Alpha mit un gros sujet sur la table. Après avoir confirmé le nom de son chat « adoptif », l’étudiant fit connaître sa réponse.

    – Oh... oui ça serait chouette. Et on aurait carrément la place.

    Mais comme pouvait l’indiquer le retour de ses yeux sur le spectacle animalier, ce n’était pas un projet qu’il souhaitait concrétiser pour le moment.

    – Mais tu vois, ça serait pas responsable d’adopter un animal maintenant. Imagine si on part à l’étranger ? Et même faut... faut un peu de stabilité tu vois ? Un logement et un travail à peu près fixes... Moi je ne sais pas où je serai l’an prochain. En plus, je sais pas si t’as remarqué, mais mon copain à la bougeotte, il veut aller partout. Et moi j’ai envie de le suivre.

    Sans être particulièrement calé sur la question, Vincent imaginait bien les difficultés qui pourraient y avoir à faire voyager son animal de compagnie d’un continent à un autre. Et il n’avait pas très envie d’infliger de gros changements à un éventuel compagnon à quatre pattes. De ce qu’il savait, ils n’aimaient pas trop ça.

    – En plus, je commence à connaître les deux lascars avec lesquels on vit. Jason ferait des expériences artistiques chelou avec et Holly a déjà beaucoup trop de mal à s’occuper d’elle-même pour qu’on lui confie un animal. Parait que même les cactus ne survivent pas avec elle.

    Avoir un animal, cela faisait pourtant bien partie du grand programme que c’était imaginé Vincent Nash. Voyez le topo : 1, la fac. 2, boulot. 3, appart. 4, animal. 5 (mais peut aussi être en 1,2,3,4 etc...) rencontrer quelqu’un. 6, mariage. 7, grosse promotion. 8, maison. 9, enfants. Aujourd’hui, s’il avait rencontré quelqu’un, Vincent n’en n’avait toujours pas terminé avec l’université. C’était donc beaucoup trop tôt pour avoir un animal. Et puis, il ne fallait pas oublier le facteur « vie de dingue » que ses pouvoirs et les activités héroïques de Jace venait mettre dans l’équation.

    – Bosser dans un refuge m’a l’air plus envisageable. Après... je sais pas si on aura le temps. J’pense que j’aurai pas mal de boulot à la fac dans les mois à venir. En plus j’ai pas envie de faire moins d’heures au bar. Désormais complètement dépourvu de soutien familial, il ne pouvait plus compter que sur lui-même. Et à côté, y a les entraînements de football et les autres...

    Ses pouvoirs. Les fameux. Il fallait continuer de s’y exercer afin de mieux les maîtriser. Et pas uniquement afin de survivre à un mentaliste anarchiste ; pour faire des économies de fringues et virer ces ridicules extincteurs de l’appart. Ils consistaient en une partie de moins en moins envahissante de la vie de Vince, mais le pyromancien estimait qu’il ne pourrait pas passer à côté avant un long moment. Au final, il craignait de ne plus avoir assez de temps pour sa vie sociale, pour un éventuel animal et même pour Jace.

    – On peut essayer tout de même. Ca serait vraiment sympa. J’ai hâte de te voir en arbre à chats. Ah et pour info, je suis plus chiens que chats.

    Ce qui ne l’empêchait pas de discuter de la météo avec monsieur Purrington.

    – Par contre, ne fais pas comme si je n’avais pas entendu ton ventre crier à l’aide. T’as beau me vendre du rêve en me faisant t’imaginer dans un chenil, je vais pas oublier ta détresse. Ils ont des stands où ils vendent de la nourriture ici. Mais s’tu préfères filer pour te goinfrer de sucreries, je ne voudrais pas manquer ça.

    Certes, Vincent adorait les animaux. Mais le spectacle qu’offrirait Jace en se précipitant sur une barbe à papa, des gaufres ou encore des pommes d’amour était trop tentant pour ne pas peser lourd dans la balance. Aussi, le jeune homme préféra laisser son compagnon choisir. Pour sa part, et c’était évident sur son visage, Vincent serait enchanté par n’importe laquelle de ces alternatives.

 
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Message posté : Lun 19 Jan 2015 - 22:32 Message
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Dans leur vie personnelle, Vincent était décidément le plus raisonnable des deux. Jace, qui tombait amoureux en un clin d’œil, se proposait de partir en voilier, acceptait sans ciller de déménager à l’étranger pour suivre l’amour de sa vie rencontré quelques mois plutôt à peine, aurait sans doute adopté une meute de husky en chaleur dès son retour à Star City, si son compagnon n’avait pas été là pour réfréner son excessive spontanéité. Dire qu’il se croyait trop froid et calculateur dans la vie de tous les jours : chacun est décidément le plus mauvais juge de son propre caractère.

L’adolescent eut une moue un peu déçue, comme si la passion des animaux avait été la sienne et que Vincent avait décidé de la frustrer. Il hocha quand même la tête et accepta un instant de se divertir de sa nouvelle idée pour songer à de la nourriture.

— Ah non, salé. D’abord, un, je te rappelle, je raffole pas de sucreries.

À vrai dire, on se demandait bien de quoi Jace raffolait. Pour l’essentiel, son alimentation était sportive et elle répondait plutôt à des besoins énergétiques et nutritifs qu’à un régime de plaisir et de saveurs. Il n’était pas un obsédé des apports quantifiés mais Vincent avait sans doute déjà constaté que l’univers gastronomique de son compagnon était beaucoup plus gouverné par les nécessités de l’entraînement physique que par la richesse des traditions culinaires.

— En plus, ça nourrit pas.

Et voilà. Ça ne l’empêchait pas de se rappeler ponctuellement qu’il n’était pas qu’une machine à héroïsme et d’avoir des désirs gratuits. Aussi ajouta-t-il :

— On ira manger une barbapapa après.

Sur quoi, ils entreprirent de quitter l’aquarium. Sur le chemin, Jace reprit leur précédente conversation.

— On pourrait voyager et s’occuper d’animaux. J’veux dire, tu sais, participer à des réserves ou des projets de sauvegarde, des trucs comme ça. Genre, avec les gorilles. J’ai t’jours trouvé que c’était… troublant.

Jace avait du mal à regarder un grand singe, même à la télévision, sans lui trouver des traits humains. Il était sincèrement persuadé que travailler auprès d’eux devait être une expérience bouleversante.

Le chemin les amenait à repasser par l’entrée. Lorsque Jace le comprit, il se rapprocha de Vincent et souffla :

— Mets ton bras autour de mes épaules.

Et il lui adressa un sourire encourageant. C’était un peu une manière symbolique de renverser la scène du requin marteau. Ils repassèrent ainsi devant l’infortunée réceptionniste et contournèrent l’accueil pour rejoindre une cafétaria attenante qui, dans le même bâtiment, satisfaisait aux besoins alimentaires des visiteurs, en proposant toute sorte de spécialités maritimes dont l’énoncé ne manquait pas d’ironie, après la conversation que les deux jeunes gens avaient eue à propos du végétarisme.

Tant qu’à faire, Jace se composa un menu sans poisson ni viande et les deux garçons s’installèrent à une table près des immenses vitres qui donnaient sur l’extérieur. Il faisait un peu trop froid pour manger dehors, du moins du point de vue de Jace. Mais les yeux du blond étaient déjà fixés sur les manèges, surtout les plus redoutables, dont on apercevait facilement les grandes structures métalliques à quelques dizaines de mètres de là.

Un sourire d’impatience gagna ses lèvres sans qu’il s’en rendît compte, puis il reporta son attention sur Vincent.

— Ça a l’air trop cool !

En grand amateur de sensations fortes, il parlait évidemment des manèges les plus démoniaques. Il attaqua son sandwich de bon cœur — tout en puisant généreusement dans le gros sachet de chips.

— Hmm, puisque t’en parlais…

Jace rattrapa une tomate qui se faisait la malle avant de finir sa phrase. Il se retrouva les doigts plein de mayonnaise, chercha désespérément une serviette des yeux et dut à Vincent d’éviter la catastrophe vestimentaire. En s’essuyant les doigts, il poursuivit :

— … t’sais que la Légion donne des formations à destination des supers. Bon, c’est un peu soft, sauf si t’es vraiment Légionnaire, mais y a des trucs genre premiers secours, introduction à la diversité des pouvoirs, ce genre de choses. Globalement, c’est pas du tout universitaire, c’est du vrai concret, j’me dis, ça pourrait p’t’être t’intéresser…

Il avait adopté le ton le plus dégagé possible, pour ne pas donner l’impression à Vincent qu’il essayait de le recruter même si, à son humble avis, la Légion offrait les structures les plus appropriées pour accueillir un individu comme son compagnon. Ces cours introducteurs lui paraissaient un bon compromis qu’il osait désormais proposer à son ami dans la mesure où celui-ci paraissait entretenir une relation un peu plus pacifique avec ses propres pouvoirs.

— J’fais même des ateliers sur les médias, pour les jeunes !

Jace n’avait rien d’un professeur mais un ou deux ateliers de temps à autre, fondés sur des exemples très concrets et qui tenaient surtout des questions-réponses étaient encore à la portée de son faible sens pédagogique.

— Aussi, j’ai fait une liste des pyromanciens d’la Légion. Enfin, ceux et celles qui sont sympas, tu sais… J’me suis dit, si jamais tu voulais parler un peu… Mais c’est comme tu veux, c’est juste au cas où.
 
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Message posté : Mar 20 Jan 2015 - 14:27 Message
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    Ah oui, c’est vrai, il était plus salé. Pourtant, d’après l’enthousiasme que Jace exprimait quant à leur visite au parc d’attraction, Vincent l’imaginait sans mal en profiter pour faire le plein de confiseries. Ca collait avec l’image. Mais pas trop avec celle du jeune Légionnaire propre sur lui.

    – J’avais oublié, monsieur parfait.

    Le ton était gentiment moqueur. Pour de vrai, Vince était loin d’être embêté par le comportement alimentaire responsable de son petit ami. Ce n’était pas forcément le cas des deux autres étudiants qui partageaient parfois leurs repas, mais on ne pouvait pas plaire à tout le monde. Et au final, Jace n’était pas trop difficile à nourrir. Sur le chemin de la sortie, l’Alpha proposa une alternative à ses suggestions animalières.

    – C’est vrai, j’imagine qu’on pourrait. Je me suis jamais vraiment penché sur la question. Tu crois qu’ils ont besoin de personnes sans grande expérience ? Pour des projets aussi importants, ils pourraient se limiter en personnel et en moyens.

    Parce qu’en somme, ni Jace ni lui n’avaient un passé de vétérinaire compétent.

    – Si j’comprends bien, les gorilles te font quelque chose. C’est bon à savoir.

    Encore une fois, l’étudiant se fit taquin. Juste retour des moqueries du blond devant l’émerveillement de Vincent devant ces impressionnants morses. Toutefois, le jeune homme devait avouer que les gorilles étaient bel et bien fascinants, avec leur comportement social et leur façon de vivre. Mais il s’abstint de le préciser devant son partenaire qui avait la moquerie facile. D’ailleurs, la facétie de Jace fit une nouvelle démonstration en incitant Vince à exhiber leur couple en repassant devant la prédatrice de jeunes héros. Après un regard hésitant, le barman se prêta au jeu et enroula les épaules de son petit ami à l’aide d’un bras possessif, et viril, n’oublions surtout pas la virilité. Et notons aussi que le pyromancien ne libéra pas sa proie tout de suite, pas même lorsqu’il fut certain que la séduisante guichetière les avait perdus de vue. Il était difficile de dire non à un contact direct avec Jace, même si celui-ci était chaste. Les inséparables s’écartèrent tout de même lorsque vint le moment de commander. Vincent eut un sourire amusé lorsqu’il vit l’Alpha mettre en pratique la suggestion végétarienne qu’il avait faite un peu plus tôt. Comme les suggestions dépourvues de viandes semblaient effectivement appétissantes, Vince décida de suivre la voie empruntée par son compagnon. En plus, il avait déjà eu sa dose de viande avec le hot dog. Une fois installés, le barman eut le plaisir de voir les rôles s’inverser : cette fois, ce fut au tour de Jace de s’extasier devant les manèges qu’ils pouvaient apercevoir de là où ils étaient. L’excitation de son partenaire modéra celle de Vincent qui pourtant était tout aussi impatient de s’installer dans ces sources de sensations fortes. Heureusement qu’il aimait ce genre de choses, sinon il craindrait de se transformer en cendres par accident à mi parcours sur des montagnes russes. Avouez que ça ne serait pas trop dans l’ambiance. Si encore il se changeait en confettis...

    – Tiens...

    Vincent aida Jace à résoudre sa problématique mayonnaise en lui tendant une serviette et en lui évitant d’en mettre partout. Le tout sous un regard bienveillant et protecteur. Une fois cette intervention héroïque effectuée, l’Alpha passa à un sujet tout aussi héroïque. Le concerné pris quelques précieuses secondes afin de réfléchir à cette proposition. Personnellement, il allait de soit qu’un tel « stage » irait à l’encontre de toutes les valeurs que Vincent avait suivies toute sa vie : être un jeune homme sans histoire, ne pas se lancer inutilement dans des situations dangereuses. Laisser ceux qui en avaient les moyens et la vocation s’occuper de sauver et protéger des vies. Mais il devait constater que depuis qu’il avait acquis ses pouvoirs, le danger venait à lui. Et se faisant, la menace effleurait souvent d’autres personnes. Anna, Kristen, les étudiants de philosophie, Jace... Autant de personnes prises dans le feu de l’action que le jeune muté avait tenu à protéger sur le moment sans en avoir forcément les compétences. Objectivement, il aurait bien besoin de conseils. Et puis bien sûr, il ne fallait pas oublier l’existence de menaces telles que Noctis. Apprendre à les gérer et les empêcher de nuire ne serait pas une mauvaise chose, c’était d’ailleurs ce qu’il essayait – vainement, il l’avouait – d’atteindre en s’exerçant à la maîtrise de ses pouvoirs. Le jeune homme finit par donner sa réponse.

    – Ca pourrait me servir... au moins je saurais quoi faire la prochaine fois qu’un malade viendra me tester en menaçant toute une promotion d’étudiants...

    Le dépit était clairement présent dans ses propos. Vincent fit tout de même l’effort de se montrer plus enthousiaste en reprenant :

    – Faut s’inscrire où ?

    Ca ne valait pas la joie qu’il avait manifestée en allant à l’aquarium, mais c’était déjà un début. Au moins la conversation ne lui coupait pas l’appétit, comme on pouvait le constater en le voyant mordre dans son propre sandwich. En tout cas, l’étudiant avait bien remarque que la conversation tenait moins de la théorie et de la spéculation que de la certitude pour son compagnon. Jace maîtrisait son sujet, c’était évident.

    – Y en a tant que ça des pyromanciens ?

    Le jeune homme avait toujours un peu de mal avec cette appellation, elle lui donnait l’impression d’avoir une maladie incurable ou de faire partie d’une espèce de secte. Il nota également que son partenaire avait gardé ceux qui étaient « sympas ». C’était à ce demander ce qui n’allait pas avec les autres pour les empêcher de faire partie de cette catégorie. Mais comme le sujet de la Légion était trop sensible pour l’Alpha, Vince préféra s’abstenir de poser des questions épineuses.

    – Tu leur fais faire quoi dans tes ateliers ? J’ai du mal à comprendre le concept de l’interaction médiatique, en fait.

    Dit comme ça, il avait l’impression que Jace leur enseignait à poser devant les caméras, mais il était presque sûr que la matière était plus complexe que cela. C’était une dimension de la vie héroïque à laquelle Vincent n’avait jamais porté beaucoup d’importance. Aucune en fait. Pas même depuis qu’il sortait avec Thunder. Certes, il avait jeté un coup d’œil à ces fameux sites qui proposaient des photographes de son torse héroïque, mais c’était plus par curiosité (et fierté). Aussi il ne s’intéressait pas à ce que les magazines disaient de son petit ami. Même si Holly se chargeait parfois de lui faire un rapport, lorsqu’elle jugeait les propos importants.

    – Vous avez une politique médiatique précise ? Avec des agents et tout ? Est-ce que c’est financé ou bien les Légionnaires font tout ça, les ateliers et formations, bénévolement ?

    Et là, c’était le potentiel économiste qui parlait. Notez tout de même l’intérêt franc qu’il commençait à manifester en parallèle à ses questions concrètes. Comparer la Légion à une espèce d’organisme semblable à Green Peace l’aidait un peu à rendre l’organisation moins abstraite.

 
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Message posté : Mar 20 Jan 2015 - 20:41 Message
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Jace avait haussé les épaules quand Vincent s’était inquiété d’avoir les compétences nécessaires pour aller soigner les gorilles. L’adolescent imaginait que des missions de ce genre avaient toujours besoin de gens pour faire la cuisine, assurer la sécurité, passer la serpillière et, très franchement, il ne trouvait aucun de ces emplois particulièrement dégradants. Évidemment, il ne se voyait pas administrer les médicaments des gorilles ou se lancer dans une étude zoologique en bonne et due forme : tout ce qu’il voulait, c’était pouvoir offrir à son compagnon l’occasion d’approcher de près une vie animale exceptionnelle.

La discussion quitta cependant le domaine des grands primates forestiers pour rejoindre celui des grands primates urbains, de leurs super-pouvoirs et des organisations qui les accueillaient. Et qui proposaient des stages. L’activité de la Légion était loin de se limiter aux interventions héroïques et c’était un aspect qui tenait particulièrement à cœur à Jace.

— J’t’inscrirai. ‘Fin, on r’gardera les plannings, en rentrant. J’ai pas ça en tête.

Parce non, la mémoire vaste et ultra-performante de l’Alpha n’était pas (encore) infaillible et il y avait certains détails qui lui échappaient. Question suivante, donc.

— Ben, pas des milliers, c’est sûr, mais ça fait partie des pouvoirs courants, relativement. Disons, c’est le cas de tous les pouvoirs élémentaires, l’eau, le feu, la terre un peu moins, l’air un peu moins, l’électricité c’est plus rare, mais enfin, tout ça, globalement, c’est pas unique. Pareil pour la télépathie, la télékinésie, la téléportation. Le vol j’en parle pas. Ça, c’est vraiment des pouvoirs très répandus. Après, chacun a sa propre spécificité et in fine, on est tous en face à face avec nos propres pouvoirs, mais ça n’empêche que y a des convergences.

À la différence de Noctis, Jace ne croyait pas du tout que la mutation devait être une aventure toujours radicalement solitaire. Après tout, le jeune homme croyait à la vertu des contraires qui se rencontraient et des incompatibilités qui s’exprimaient les unes aux autres. C’était sans doute l’une des nombreuses raisons qui faisaient de lui un si bon communicant.

Les questions de Vincent ne tardèrent pas à se succéder et il était aisé de voir au sourire ravi de Jace qu’elles ne le dérangeaient pas, bien au contraire. Il leva la main pour en arrêter le flot.

— Alors…

L’adolescent lécha in extremis un peu de mayonnaise qui tentait de se faire la malle, avant de répondre.

— On a pas du tout une politique médiatique précise, non. Globalement, les gens aiment pas trop ça. Ouais, enfin, c’est comme partout, je suppose. Y a des agents de police qu’aiment bien parler aux journalistes mais la plupart évite les caméras. Bref, chacun fait un peu comme il veut, même si y a une espèce de bon sens partagé sur ce qu’on dit à la télé. Mais au fond, ça vient plus des valeurs qui font qu’on entre à la Légion que d’un vrai consensus. Et non, y a pas d’agents. Enfin, certains super-héros peuvent en avoir, mais j’suis pas spécialement au courant et c’est sans doute loin d’être la majorité.
Il fallait bien comprendre que la Légion était un univers socialement très diversifié.

— Y a pas de Légionnaires professionnels, même si la Légion peut aider certains dans les moments difficiles. Après, les gens ont leur métier, certains sont super riches, d’autres plutôt modestes. La Légion vit sur des dons, parfois sur des subventions gouvernementales ou d’autres associations, grâce à son partenariat avec l’UNISON, ce genre de choses. Si j’ai bien compris, les sièges nationaux ont des comptabilités séparées, du coup, ça peut être plus ou moins reluisant selon l’pays où on s’trouve, même si, évidemment, on essaie d’équilibrer les choses et de diriger les ressources vers les endroits où c’est l’plus urgent. Les ateliers ou les formations, typiquement, c’est du bénévolat. Peut arriver qu’des municipalités ou des instances quelconques passent une commande et versent une subvention, mais c’est pas l’cas le plus fréquent.

En d’autres termes, ils fonctionnaient exactement comme une ONG.

— Moi, dans mes ateliers, ben… ça dépend de qui y a dans la salle, des problèmes des gens et tout. Des fois, ça part uniquement sur la gestion du stress devant la caméra, sur la manière d’expliquer les choses. Tu sais, raconter une intervention de manière claire sans donner des détails qui peuvent rebuter. Répondre aux questions sans s’laisser embarquer dans une polémique. Donner une bonne image de soi et de l’la Légion sans s’faire mousser ni monopoliser la parole. Quand les gens commencent à être vraiment connus et qu’on vient les voir pour autre chose qu’un reportage sur leurs interventions, mais pour des questions sur eux, ben… à quoi s’attendre dans une interview. Savoir un peu quel magazine publie quel genre de choses. Être au courant du droit d’regard ou d’réponse qu’on peut avoir sur un article.

Il suffisait d’entrer son nom à lui dans un moteur de recherches pour se rendre compte que Jace faisait tout cela très bien. On en apprenait un peu, sur Internet, à propos de la vie du jeune homme mais sans jamais entrer dans des détails particulièrement privés ou inutiles. Tout était calibré pour donner l’impression d’un jeune héros chaleureux et simple, qui ne débordait jamais de son champ d’action. Rien n’affleurait des tourments psychologiques du super-génie adolescent ou des passions charnelles de celui qui rêvait de voir son petit ami en marinière.

— Après, j’suis pas un bon professeur. J’veux dire, les ateliers, ça va, j’crois qu’j’gère, mais j’ferai pas tout un cours sur ce genre de trucs. Ça existe, genre à Star High, mais c’est pas tellement ma vocation. J’suis doué pour former les gens individuellement, ou par petite équipe, sur le terrain, tu vois, dans les entraînements. Pas pour faire la classe. C’est deux trucs vachement différents.

Autant dire qu’à la différence de bien des spéculations à son propos, Jace était loin de se voir comme l’héritier naturel du Commander à la tête de la Légion. Troquer, plus tard, la Team Alpha contre une autre équipe de super-héros, très certainement, mais piloter la grosse organisation, pour l’heure, c’était sans lui.

— Bref, t’es plus que bienvenue si tu veux voir ça en détail. Ou si tu veux profiter de nos équipements pour t’entraîner. J’sais qu’t’as trouvé ton spot et tout, mais on a du matos, alors si des fois… Si t’es sage, p’t’être même que j’t’apprendrai à te battre.

Et Jace mordit dans son sandwich. Pour l’heure, son talent martial devait être bien flou pour Vincent : celui-ci n’avait jamais vu son petit ami que dans des actions éphémères et rapidement résolues, qui étaient loin de rendre justice aux talents de combattant du blond. Et pourtant, telle était bien sa première spécialité.
 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 0:01 Message
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    Il n’était donc pas le seul à connaître, ou à avoir connu, ces problèmes incendiaires qui pouvaient changer une chambre en volcan en fusion. C’était rassurant. Après, Vincent n’avait pas un besoin vital d’échanger ses impressions avec d’autres pyrokinésistes. Surtout que d’après ce qu’il avait compris, il avait obtenu ses pouvoirs à travers un moyen peu commun. Et puis il avait bénéficié très tôt de conseillers qui connaissaient leur affaire. Louis et sa sagesse draconique, Jace et son expérience riche et variée. Et puis, au final, leurs pouvoirs se ressemblaient un peu. Malgré cela, Vince devait avouer que la perspective d’échanger avec quelqu’un qui savait ce que ça faisait de pouvoir mettre le feu aux choses qu’on veut protéger et qui connaissait ce sentiment à la fois effrayant et grisant de commander aux flammes était plutôt agréable. Ce serait un peu comme de se perdre en Europe et d’y retrouver un passionné de football (Américain). Un désespoir auquel il pensait un peu depuis que Jace avait suggéré une année d’étude à l’étranger. Cette pensée lui inspira d’ailleurs une petite analogie.

    – Un peu comme les sports, non ? Ceux de ballon, de course, d’équitation... ils se regroupent plus en moins en fonction de certains critères et peuvent créer des sortes de communautés...

    Sauf que, et il en avait bien conscience, il existait beaucoup plus de pouvoirs que de sports. Quoique... si on devait prendre en compte ceux qui existaient dans le collectif imaginaire comme celui que ces sorciers pratiques sur un balai avec des balles bizarres... Mais quittons les sports fantaisistes pour nous concentrer sur des choses plus concrètes, comme l’anarchie médiatique de la Légion des étoiles. L’étudiant but une longue gorgée en écoutant les explications de son compagnon d’un air concentré et un peu studieux. Considérer l’organisation comme un « problème » économique l’aidait grandement à rester impartial et à ne pas mettre sur le tapis certains aspects qui ne lui plaisaient pas tellement. Il conserva sa bouteille d’eau dans la main lorsqu’il formula une réponse-hypothèse tout en regardant en l’air pour mieux visualiser la chose.

    – J’sais pas si c’est une bonne chose, tu vois. Enfin...

    Redescends sur Terre, Vince, tu parle au fils du Commander qui voyait à la Légion comme sa famille. Sois plus soft.

    – J’critique pas la politique de la Légion mais... tu vois c’est un peu comme la police en général. On peut avoir des avis différents d’un flic à un autre, d’un district à un autre. Certains donnent une super image de la police quand ils passent aux infos. Ca rassure. Mais y en a, ils peuvent te donner l’impression d’être des espèces de fous avec des flingues et des menottes. C’t à cause de ça qu’il y a des gens divisés sur la question. Du coup, j’pense qu’il faudrait que vous ayez... ben un minimum de consensus. J’sais pas comment ça marche chez vous, mais dit comme ça, on dirait de l’impro et ça peut donner des résultats aléatoires.

    La critique était un peu là pourtant. Mais purement théorique et surtout conversationnelle. Et comme pouvait le témoigner le vocabulaire légèrement sérieux de Vincent, il ne donnait là que son avis intellectuel sur la question, pensant sincèrement qu’une politique médiatique plus dessinée, ou même esquissée, pourrait être profitable à la Légions de héros. Une bouchée de sandwich et un rattrapage de concombre fuyant plus tard, l’étudiant se pencha sur la question de la gestion des dons.

    – Tu m’dis si j’pose trop de questions, hein. Mais, comment ça se décide ? L’attribution des fonds ? C’est ton père qui commande pour toute la Légion ou juste celle basée à Star City ?

    On pouvait être à peu près doué pour les finances et posséder de très grosses lacunes sur ce que Holly qualifierait comme étant « de la culture élémentaire pour tout star citizen ».

    – Et excuse-moi si j’demande des trucs qui te paraissent évident, j’essaie d’en apprendre un peu plus...

    Pour mieux connaître l’environnement dans lequel avait grandi son cher et tendre. Et donc, pour mieux le connaître.

    – C’est juste... j’ai du mal à concevoir que des gens arrivent à sauver le monde, arrêter les criminel, avoir un travail de leur côté et trouver le temps de gérer leur organisation. En plus, j’imagine petit sourire entendu que certains arrivent aussi à avoir une vie sentimentale correcte au milieu de tout ça.

    Tout cela lui semblait relever de la tâche surhumaine. Et quand on savait que Richard Roberts arrivait à combiner la vie de couple, de famille, son entreprise, ses activités héroïques ainsi que l’organisation de la Légion. Il y avait tout de même de quoi être impressionné. Même si on n’était pas forcément pour les héros. En termes de management, c’était du lourd !

    – Et est-ce que la Légion organise des sortes de galas de charité ? Je sais que les gens n’aiment pas trop en voir d’autres demander de l’argent, mais ça peu rapporter gros dans la tirelire de la Tour de la Paix.

    Mais là encore, en termes d’organisation, ce n’était pas rien. Il fallait une sacrée expérience. Après, si ce que sous entendait Jace était vrai, la Légion comporterait des membres aux porte feuilles bien souples. Planifier ce genre d’évènement ne devait alors pas être trop compliqué pour eux. Mais bien sûr, il fallait aussi prendre en compte les moyens dont pouvait disposer es Légionnaires. Certains devaient posséder des capacités extraordinaires qui leur permettaient d’accomplir de véritables miracles. Jace et son intelligence accrue en étaient un bon exemple. Loin de s’éloigner de son centre d’intérêt principal pour se poser sur un concept de moins en moins abstrait, Vincent revint ensuite sur son petit ami décidément merveilleux.

    – Ca a l’air quand même compliqué de répondre au journaliste sans parler la langue de bois et sans non plus trop en dévoiler. Tu as appris ça comment toi ?

    Certes, son petit ami était un génie, mais il avait bien du apprendre certains trucs quelques part.

    – Moi j’suis sûr que t’es un bon prof. Regarde, tu m’as appris pas mal de trucs. Par contre, si tu me donnais des cours de combat, je sais pas si j’pourrais me concentrer, tu vois...

    Parce qu’en général, lorsque Vincent essayer de toucher Jace, ce n’était pas pour lui faire du mal, au contraire.

    – Et puis j’sais m’battre. Enfin en gros...

    Bien sûr, ce n'était pas une activité qu'il pratiquait quotidiennement. Aussi, il fallait éviter de le comparer à Camille Saint-Clair... En même temps, Bruce Lee aurait l’air ridicule à côté du Français. En tout cas, Vincent ne doutait pas des performances de Jace. L’agilité dont il avait fait preuve face à Soundwalker lui donnait une petite idée de ses talents. Ce n’était pas comme s’il comptait vraiment se mesurer à lui un jour, mais maintenant Vince savait qu’il vaudrait mieux éviter de prendre son compagnon par surprise.

    – Vous avez des espèces de punching ball ignifugés ?

    Il se demandait quel genre d’équipements pourrait l’aider à améliorer ses pouvoirs précisément. Pour son corps, il connaissait déjà les salles de sport et celle de l’université lui suffisait amplement, même s’il ne doutait pas de la qualité du matériel de la Légion. Concernant ses pouvoirs, il ne voyait vraiment pas quelle technologie pourrait l’aider à les affuter. D’ailleurs, pour une fois, son ignorance le rendait plus curieux que méfiant. Comme le prouvait son regard qui ne quittait plus son interlocuteur, pas même pour finir son sandwich qui trouva presque tout seul le chemin de sa bouche. Ca, c’était une preuve d’intérêt. Finalement, le sujet de leur conversation n’avait plus pour seul but de faire plaisir à Jace, il intriguait sincèrement le jeune Nash.

 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 18:53 Message
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— À qui le dis-tu…

Jace était le premier convaincu que la Légion aurait eu besoin d’une attitude organisée et coordonnée dans de nombreux domaines : dans son rapport aux forces de l’ordre, dans son rapport aux médias, dans sa politique sur les doubles identités ou dans ses préconisations en matière de travail solitaire ou par équipe.

— … perso, j’ai un peu d’mal avec les justiciers cachés et tout, tu vois, mais je crois pas que ce soit tellement l’avis majoritaire. Je sais pas, peut-être, un jour, ce sera mon grand projet, ma contribution à la Légion en tant que telle, de faire un vrai plan médiatique, pour l’instant, j’suis un peu trop…

Il chercha le terme approprié, haussa les épaules et conclut ce qui devait tenir à l’avis général :

— Jeune.

Que nombre de Légionnaires l’eussent connu quand il n’était encore qu’en couches culottes ne devait pas aider, parfois, à asseoir sa crédibilité dans ces domaines. Même si tout le monde s’accordait à reconnaître ses talents de super-héros, il y avait tout de même un certain nombre de choses qui restaient des affaires « de grands » et dont Jace était, pour l’heure, tacitement exclu.

L’adolescent secoua la tête quand Vincent craignit de poser trop de question.

— C’pas mon père qui décide. Mon père est porte-parole. Commander, c’est un surnom qui vient un peu parce qu’il était dans l’armée avant, même si, bon, il a quand même une certaine autorité et puis un pouvoir de décision. Mais non, globalement, y a des gestionnaires pro, des comptables et tout et l’argent est géré par chaque responsable dans les QG locaux. En général, j’suppose que les responsables de tous les QG réfléchissent entre eux. Après, sur la levée d’fonds, concrètement, j’saurais pas te répondre, mais je me renseignerai.

Il n’avait jamais eu à se préoccuper de ces questions et, de manière générale, la gestion financière, même personnelle, était un phénomène un peu nouveau qu’il avait découvert avec sa majorité. Les questions de Vincent commençaient ainsi à toucher à une zone obscure de sa connaissance de la Légion mais, fort heureusement, son petit ami les orienta vers des domaines dont il était plus familier, comme son apprentissage des médias.

— Sur le tas. Y a des cours à Star High, aussi, un peu, alors ça aide. Mais globalement, j’sais pas, y a des journalistes, tu leurs réponds, tu en déduis des trucs et puis tu t’améliores. Parait que j’ai le sens de la caméra et du spectacle, mais bon…

Jace haussa les épaules. Vincent avait déjà pu insister à ses sketchs improvisés d’imitateur lors d’une ou deux soirées ou à ses longues histoires héroïques et il fallait bien avouer que le jeune homme aimait se retrouver en public. S’il n’aimait pas, personnellement, être le centre de l’attention, il appréciait être le conteur ou le discoureur d’autres. Jace avait toujours eu besoin de beaucoup plus que l’approbation de son entourage : de celle du monde entier, par les caméras, par exemple.

Puis vint le sujet du combat. Lorsque Vincent suggéra qu’il ne pourrait pas se concentrer en l’affrontement, l’esprit parfois un peu naïf de Jace le poussa à un hausser un sourcil interrogatif, avant que le jeune homme ne s’imagina en train de se battre avec son petit ami, dans une version beaucoup moins aérienne et beaucoup plus au corps-à-corps que ce qu’il pratiquait. Ses pensées furent très vite peuplées par un imaginaire gréco-romain qui lui donna l’air définitivement ailleurs.

La question de Vincent se heurta donc à un mur de silence tandis que Jace le fixait comme s’il allait lui sauter dessus, le renverser dans la cafétéria et l’immobiliser au sol pour lui montrer qui était le plus fort, avant d’exiger le prix qui revient au vainqueur.

— Quoi ?

L’adolescent rougit légèrement. Ah, oui. Les punching ball.

— Euh, ouais, on a ça. On a des salles ignifugés, des salles isolantes, des salles hermétiques, tout ce que tu veux, en fonction des pouvoirs. Enfin voilà, si tu veux te battre… Pour, euh, pour apprendre… ou pour… pas te concentrer…

Jace se mit à tourner évasivement sa paille dans son gobelet de soda.

— J’suis sûr qu’on peut trouver un tatami inoccupé au milieu d’la nuit…

N’était-il pas de son devoir de jeune héros que d’entraîner les mutants qui découvraient leurs pouvoirs, après tout ? On pouvait même dire qu’il se dévouait pour la cause. Jace rougit un peu plus, arrêta finalement de fixer Vincent et reporta son attention sur le parc d’attractions, pour se concentrer sur des plaisirs plus directement accessibles et moins athlético-charnels. Hélas, le problème d’avoir une intelligence surhumaine capable de penser à deux choses à la fois, c’était qu’il réfléchissait à l’ordre des manèges et qu’en même temps, il pensait à la saine et mâle adversité de deux lutteurs roulant l’un contre l’autre.

Après avoir siroté une gorgée de soda, l’adolescent poussa donc un soupir rêveur, dont la chaleur n’était pas entièrement justifié par les circonvolutions du grand huit.
 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 20:19 Message
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    Les justiciers cachés, qu’en penser ? A dire vrai, Vincent ne s’y connaissait pas suffisamment pour porter un jugement précis dessus. Avant octobre, il aurait probablement été farouchement opposé au principe, mais comme sa mentalité avait un peu évolué depuis, il évitait maintenant de tirer des jugements trop hâtifs. Ou au moins de les exprimer. Par contre, il pouvait se permettre de faire des suppositions en tenant compte des propos de son petit ami.

    – Ils te prendraient pas au sérieux ?

    Vince ne voyait pas le problème à être jeune justement. C’était une bonne chose. La jeunesse pouvait être synonyme de prise de risques avec des résultats parfois positifs. L’insouciance et l’inexpérience n’étaient pas forcément les seuls caractéristiques à lui assimiler. En plus, connaissant l’Alpha, ce n’étaient peut-être pas les descriptifs qui lui convenaient le mieux. Mais évidemment, le pyromancien n’avait pas un avis tout à fait impartial sur son copain super intelligent.

    Une recherche de chips plus tard, le jeune homme écoutait les explications sur le rôle du Commander. Porte parole donc... c’est marrant quand même, pour l’avoir rencontré, Vince ne l’imaginait pas trop dans ce rôle. Il ne doutait absolument pas de ses compétences, mais monsieur Roberts lui avait donné l’impression d’être un dirigeant à la poigne de fer. Mais là encore, son avis sur le personnage était probablement occulté par le fait qu’il sortait avec son fils unique. L’étudiant hocha la tête pour montrer qu’il avait compris, puis tenta de rassurer son interlocuteur sur ses lacunes.

    – T’es pas obligé. J’demandais juste parce que ce genre de choses, je connais à peu près. Si ça t’intéresse pas vraiment, t’embête pas.

    C’est qu’il n’avait pas envie d’être le lourd qui demandait des détails qui n’intéressaient personnes. Vincent comprenait très bien que cet aspect de la gestion pouvait être ennuyeux pour les autres. C’était d’ailleurs la même chose pour tous les domaines. On pouvait aimer le cinéma sans apprécier les blockbusters. Ou encore aimer le rap tout en rejetant certains artistes précis. Le truc de Jace apparemment, c’était les interventions héroïques, les médias, l’esprit d’équipe. On ne pouvait pas tout aimer tout le temps. Les explications du blond sur ses performances devant caméra trouvèrent plusieurs échos dans l’esprit du barman. Effectivement, le Légionnaire savait captiver son audience.

    – Non non, il paraît pas, c’est le cas. T’es un vrai numéro. Quand t’imitais Clinton, j’ai cru que tous mes potes fantasmaient sur toi...

    Une fausse paranoïa, cette fois, qu’il exagéra afin de montrer à Jace qu’effectivement, il savait s’y prendre avec le public. Lui pour sa part devait être un piètre orateur car il venait de perdre son interlocuteur. L’Alpha le fixait avec un regard un peu étrange que Vince ne parvint pas à interpréter.

    – Jace ?

    Ah non, c’est bon, le revoilà. Mais tandis qu’il lui répondait au sujet des équipements de la Tour de la Paix, Vincent l’observait encore avec attention sans même en profiter pour terminer son sandwich. Est-ce qu’il avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? La confusion qui s’installa à la fin de la réponse du jeune Roberts l’inquiéta un peu.

    – Tant que ça ne te crée pas d’ennuis... lança prudemment Vincent.

    La perspective d’avoir droit à une session d’entraînement privé avec Jace le rendait un peu nerveux. Il n’était pas certain d’arriver à se concentrer correctement. Et il risquerait également de se sentir très inférieur à lui car il ne possédait pas du tout le même niveau de maîtrise. C’était normal puisque le mutant avait ses pouvoirs depuis bien plus longtemps. Mais comme ils étaient ensembles et que Vince avait un peu l’esprit de compétition, il n’était pas certain de pouvoir faire la part des choses dans un environnement sportif. Cependant, sur le moment, il s’inquiétait surtout de l’attitude de Jace. L’étudiant l’observa un instant. Peut-être qu’il était pressé de monter dans les manèges ? C’est pour ça qu’il regardait par la fenêtre alors...Voyant qu’en plus le teint de son compagnon était passé par le rouge, le jeune homme tenta quelque chose. Il posa sa fin de sandwich et après s’être essuyé les mains en posa une sur celle de son partenaire.

    – A quoi tu penses ?

    Le tout avec un sourire qui ne pouvait qu’inciter à la confidence. Ou à autre chose si on avait des pensées déplacées, mais ça, Vince ne pouvait pas le deviner. Est-ce que Jace s’ennuyait ? Si c’était le cas, il n’aurait pas à tenir trop longtemps, le barman n’allait pas tarder à terminer son repas. La pomme qu’il avait commandée sera mangée sur le trajet ou dans un manège.


 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 20:52 Message
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Taratata ! Voilà qu’on essaie de nous vendre Vincent comme un prude damoiseau plein de chastes pensées. À d’autres ! Jace frémit en sentant la main de son petit ami sur la sienne. À dix-huit ans, il ne lui en fallait pas beaucoup pour s’émouvoir et un simple contact de ce genre lui fit un effet tout à fait considérable qui excluait de quitter la table, là, maintenant, tout de suite. D’ailleurs, au cas où, Jace ramena un peu plus son siège sous la table. Sagement, il retira sa main de sous celle de Vincent et croisa les siennes.

— À rien.

C’était à croire que plus le temps passait, moins Jace était doué pour mentir. Il croisa une nouvelle fois le regard de son petit ami et se rendit compte que Vincent avait l’air sincèrement inquiet de son comportement. Évidemment, il rougit un peu plus. Mais il se voyait le mal le laisser en proie au doute, particulièrement après leur micro-dispute, moins d’une heure plus tard, devant l’aquarium des plies.

Jace fit donc un sourire nerveux.

— Non, mais c’est juste, t’sais, rien. ‘Fin, tu disais, pas se concentrer, et tout, et j’pensais, si on s’battait, un peu comme, euh… à la lutte et… euh, tu vois… ça pourrait être intéressant, euh, après, tu sais, ça pourrait être…

Jace baissa encore un peu plus la voix et souffla :

— Excitant.

Comme s’il avait peur qu’il y eût dans la cafétéria un amateur de poisson doué d’une super-ouïe, il jeta un rapide coup d’œil autour de lui, pour vérifier qu’on ne l’avait pas entendu. Tout allait bien. Personne ne lui jetait de regard réprobateur. Il décroisa les doigts pour faire rouler la pomme de Vincent vers son compagnon et marmonna :

— Mange ça, j’suis pas encore… Présentable.

Ce n’était pas forcément terriblement flagrant mais tant qu’à faire, autant éviter de se construire une réputation de priapiste. En tout cas, il était évident que malgré les conversations qu’ils avaient pu avoir, Vincent et lui, après leurs ébats, parfois, Jace n’était toujours pas très à l’aise pour parler ouvertement de sa sexualité à son propre petit ami, en dehors de quelques allusions très ponctuelles de temps en temps, qui tenaient plus à un humour de garçon qu’à une véritable conversation sérieuse.

— Non mais sérieusement, après, on peut s’entraîner pour de vrai. J’suis sûr que j’arriverai à pas m’emporter.

Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.

— Ouais, non, en fait, j’suis pas si sûr que ça. Genre là, j’arrive pas à penser à autre chose. Enfin, plutôt, à pas penser à ça

Et chez Jace, ce n’était pas une métaphore. Il avait toujours un peu honte de se rendre compte de combien la présence de Vincent ramenait systématiquement ses pensées vers les plaisirs charnels. Il avait l’impression d’être un mâle basique, un peu comme ceux dont se plaignaient les filles à Star High, ceux qui ne pensaient qu’à « ça », lui qui n’avait vraiment pas beaucoup pensé à « ça » pendant une bonne partie de son adolescence. Tout intelligent qu’il fût, Jace n’était pas très équipé moralement pour vivre une sexualité florissante.

Ça se voyait à coup sûr à la manière dont il triturait sa paille en grommelant :

— … ‘tain, j’suis grave, quand même…

Si Jace avait été un catholique convaincu, il aurait sans doute songé sérieusement à la carrière d’anachorète. En tout cas, il était engagé dans un véritable exercice de maîtrise de soi et il manqua de sursauter quand son téléphone sonna. Il le tira de la poche du manteau que Vincent lui avait prêté et décrocha.

— Oui ? Ah, ‘jour, m’man…

Donc, il rougit encore un peu plus, un peu embarrassé de devoir bifurquer sa conversation de ses fantasmes à sa môman.

— Quoi ? Non, j’ai pas besoin d’une manique. J’sais même c’que c’est. Ah, ouais, d’accord. Si, j’cuisine parfois. Genre, même, souvent.

Fallait l’dire vite. S’en suivit un discours assez long, probablement sur la nécessité d’une alimentation saine et équilibrée. Jace leva les yeux au ciel.

— J’suis avec Vincent à New York, tu t’souviens ? À l’hôtel. Ben évidemment qu’on a pris une seule chambre…

Silence.

— M’man…

La mâchoire de Jace se contracta légèrement.

— Ouais, écoute, salut, hein.

Et il raccrocha au nez de sa mère. Il n’était pas difficile de deviner à partir de quel moment la discussion avait dérapé et, de toute façon, le sujet « garçons » était le seul sujet de franche opposition entre sa mère et son père. Mr. Roberts, lui, se montrait un peu plus tolérant que son épouse, laquelle faisait des efforts — mais n’en faisait pas assez, aux yeux de son charmant rejeton.

Au moins le coup de téléphone avait eu le mérite d’occulter la première partie de la conversation mais à voir le visage sombre de l’adolescent, ce n’était pas nécessairement un grand avantage. Rapidement, il se plaignit :

— Me saoule. En quoi ça la r’garde qu’on s’protège ou non ? Genre j’vais parler d’ces trucs avec elle, sérieux, quoi. T’m’étonnes qu’j’leur rende pas visite plus souvent.

Jace faillit partir dans un couplet contre l’esprit rétrograde de sa mère mais il se souvint — un peu tard — que Vincent n’avait pas la chance de se disputer avec ses parents. En général, l’Alpha évitait soigneusement d’aborder les sujets familiaux en présence de Vincent. Il s’interrompit donc, baissa les yeux et murmura, tout piteux :

— Désolé, mon ange…
 
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Message posté : Mer 21 Jan 2015 - 22:54 Message
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    Parfaitement ! Vincent dispose d’un minimum de maîtrise de soi et d’un sens des priorités. De fait, il ne pense pas à « ça » tout le temps. (En fait si, mais pour éviter de se faire arrêter pour exhibitionnisme, il évite d’y penser en public. Rappelez-vous, notre pyromancien possède une incroyable capacité à faire l’autruche, comme l’ont prouvé ses 21 années de bisexualité entièrement ignorée. Fin de la parenthèse.) Et comme il ne pensait pas du tout à la chose en cet instant précis, le jeune homme s’inquiéta de voir la main de Jace échapper à la sienne qui pourtant ne faisait rien de mal. Il l’avait même essuyée avec une serviette !

    – Hmhm...

    C’est là tout ce que lui inspirait le convainquant « rien » de son compagnon de déjeuner. Ensuite vinrent enfin les explications et ce fut au tour de Vincent d’arborer un teint rouge et de baisser les yeux. Car sa technique de l’autruche avait l’inconvénient de se dissoudre dès lors qu’on pointait du doigt la chose qu’il essayait d’effacer de sa conscience.

    – Oh, ça. Ouais... tu vois, c’est pour ça que je pensais que ça serait pas une bonne idée. Enfin... d’un point de vue strictement... martial.

    Mais en dépit de son embarras, Vincent parvint à laisser entrevoir un sourire amusé qui sous entendait clairement que la partie excitante d’un tel corps à corps ne le dérangerait pas le moins du monde. L’étudiant attrapa la pomme que lui fit rouler son voisin de table afin de la nettoyer un peu avec la dernière serviette propre qu’il lui restait. Il fallut ensuite éviter de rire lorsque Jace avoua ne pas être « présentable ». Dans ce contexte, il n’y avait pas besoin de chercher loin pour comprendre ce que cela impliquait. Vince lança tout de même un regard attendrit au jeune mutant avant de croquer dans sa pomme. Un geste qui symbolisait probablement la frustration sexuelle qui planait dans l’inconscience du barman. Lorsque le blond proclama être capable de conserver son professionnalisme le temps d’une leçon de combat, Vince se contenta de l’observer silencieusement d’un air dubitatif tout en prenant une deuxième bouchée de pomme. Vint alors l’aveu. Il put donc hocher la tête d’un air entendu. Si Jace n’arrivait même pas à parler d’entraînement sans que son corps ne vienne manifester son enthousiasme, il y avait peu de chance pour qu’il parvienne à jouer les Pai Mei.

    – Grave, et je t’aime.

    Commenta sobrement mais sincèrement l’étudiant en accordant un autre regard qui se voulait plus tendre qu’ardent. Pas facile. Heureusement, il fut aidé par une sonnerie de téléphone incongrue. Tournant aussitôt la tête pour s’échapper de cette tension sexuelle, le jeune homme se concentra sur sa pomme, non sans conserver une oreille tendue. D’abord franchement amusé par une conversation maniquaire, le pyromancien s’inquiéta ensuite du changement de température que prit l’échange avant de se terminer brusquement. Cessant immédiatement de torturer cette pauvre pomme, Vincent observa son petit ami d’un air franchement inquiet, jusqu’à ce que viennent les explications. Là, il fut d’abord gêné d’associer la mère de Jace à un sujet aussi intime que celui-ci, mais ensuite il relativisa et se dit qu’il s’agissait là d’un comportement normal pour une mère. Puis il se rappela que sa mère ne l’appelait plus pour s’assurer de sa santé. Il déglutit.

    – Ce n’est rien...

    L’émotion était là pourtant. Mais il venait d’assister à un clash mère-fils en direct et ne pouvait pas l’ignorer. Ok, il avait une situation familiale plus que catastrophique, mais ça ne devait pas empêcher Jace de lui parler de la sienne lorsqu’il en sentait le besoin. Et là, le mutant blond fumait presque. Vince se leva pour s’asseoir juste à côté de son compagnon. Cette fois la main qu’il posa sur celle de Jace ne pouvait certainement pas porter à confusion.

    – Qu’est-ce que... qu’est-ce qu’elle a dit ?

    Loin de lui l’idée de se mêler dans une histoire mère-fils, mais il aimerait tout de même apporter son écoute et ses conseils à celui qu’il aimait. Mais ce n’était pas facile vu que le concernait l’épargnait sur la question familiale. Dur d’être aussi adorable.

    – T’sais... au début, quand j’étais juste arrivé à Star City, ma mère me demandais tout le temps si je me protégeais.

    Officiellement, monsieur et madame Nash étaient contre le sexe avant le mariage, mais la réalité parvenait parfois à venir à bout de certains principes.

    – Et puis... j’dis ça, mais je suis de ton côté, hein. Toujours... J’pense qu’elle s’inquiète juste pour toi. Y a des parents qui parlent beaucoup de sexe avec leurs enfants...

    Vincent se souvenait encore d’une visite de madame Greenberg qui lui avait valut d’écouter les récits sexuels de Holly. Depuis, il ne pouvait plus regarder la mère de son amie sans ressentir de la gêne. Et c’était pire lorsque Jason était également présent.

    – T’as fini ? On peut y aller si tu veux. Prendre l’air.

    Non pas pour couper court à la conversation mais plutôt pour essayer de faire baisser la tension.


 
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Message posté : Jeu 22 Jan 2015 - 21:00 Message
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Déjà que Jace ne parlait pas de sa vie sexuelle avec ses amis, alors ce n’était pas pour s’étendre sur la question avec ses parents. Mais ses parents en eux-mêmes n’étaient pas le problème. Il arrivait ponctuellement au Commander de s’inquiéter des précautions que son fils pouvait prendre en la matière mais c’était toujours très différent de la méthode de Mrs. Roberts. Jace haussa les épaules pour répondre à Vincent et celui-ci tenta de relativiser la situation. Un hochement de tête plus tard et les deux garçons prenaient le chemin de la sortie, pour rejoindre la fête foraine.

— C’pas ça, c’pas qu’elle me dise d’me protéger… en plus, si, quand même, on s’en fout. Dix contre un qu’tu pourrais me foutre d’la variole par intraveineuse que ça m’f’rait rien, et puis en plus, j’me fais tester pour ce genre de trucs toutes les deux s’maines, alors bon…

Ce qui, techniquement, ne réglait pas la question : Mrs. Roberts ne s’inquiétait probablement pas des maladies que son fils pouvait transmettre et bien de celles qu’on pouvait lui transmettre. Il sentit bien cependant que sa dernière précision impliquait une explication. Il jeta un regard à Vincent.

— Des fois, quand on s’bat, genre, quand les mecs utilisent des lames ou, ça arrive qu’i mordent, ‘fin bon, on sait jamais trop, vaut mieux être prudent. Après, c’pas tous les jours qu’i m’arrive des trucs chelous comme ça, mais tu vois, on sait jamais. Bref.

Cette précaution-là faisait partie des mille et un aspects de la vie héroïque qu’on ne soupçonnait pas de prime abord et sur lesquels Jace ne s’étendait guère. Des tests médicaux aux contraintes nutritives en passant par le choix des chaussettes lors des interventions, le professionnalisme du jeune Roberts ne laissait rien au hasard. Évidemment, pour se rassurer, c’était d’abord de son rôle de Légionnaire que Jace parlait à Vincent.

Il y eut un silence et il consentit enfin à aborder l’aspect plus personnel de la question.

— Le truc, c’est qu’elle me d’manderait pas ça si t’étais pas un mec. OK, peut-être qu’elle me dirait de pas te mettre enceinte, mais bon. T’sais c’qu’elle m’a sorti, là ? « Dans cette communauté, il faut être prudent ». Sérieusement, quoi…

L’inquiétude de Mrs. Roberts était sincère, sans aucun doute ; cela n’empêchait pas Jace de le juger homophobe. De façon moins avouable, il avait été aussi perturbé de se voir assimiler à une « communauté » qui n’était pour lui que vague et mystérieuse et avec laquelle il ne se sentait aucune attache.

— J’veux dire, c’pas comme si j’allais m’faire défoncer tous les soirs dans les toilettes du Machine…

C’était sorti comme ça, un peu crument. Jace rougit et murmura :

— Désolé.

Au moins l’idée était passée. Dans le froid de la rue qu’ils avaient rejointe en quittant l’aquarium, Jace remonta la fermeture du manteau prêté par Vincent.

— Et puis genre, est-ce qu’on a pris une seule chambre, c’est quoi cette question, sérieux ? Des fois, j’me dis qu’elle doit toujours croire que c’t’une espèce de camaraderie virile qu’a mal tourné et qu’un jour, j’vais ouvrir les yeux et redevenir un gentil petit héros.

Machinalement, Jace corrigea :

— Hétéro.

En termes de lapsus révélateur, difficile de faire mieux.

— La prochaine fois, elle va m’demander si j’suis actif ou passif, j’te jure…

Et énervé comme il l’était, Jace s’imaginait la douce vengeance que ce serait de décrire à sa mère combien il aimait quand c’était Vincent qui menait la danse. Pure imagination, du reste : il eût été bien incapable de se lancer dans une semblable description. D’ailleurs, déjà, il prenait une profonde inspiration, et puis une autre, pour se calmer et retrouver son sang-froid.

— Bon, bref, c’est pas important. C’est pas comme si c’était nouveau. Quand j’ai rompu avec Chris, elle avait du mal à pas montrer sa joie, alors bon…

C’était un peu exagéré. Mrs. Roberts, indubitablement, avait ressenti un soulagement dont elle avait été elle-même embarrassée et Jace n’avait pas tort de croire que sa mère continuât à voir ses relations masculines comme des passades que l’âge effacerait. Toujours est-il que l’adolescent — comme tous les adolescents — se sentait profondément incompris par ses parents, qui refusaient de reconnaître la force évidemment unique de son Grand Amour.

D’ailleurs, puisque c’était comme ça, son Grand Amour, il avait envie de le secouer sous le nez de tout le monde. Jace se rapprocha de Vincent, prit la main de son compagnon et passa le bras de celui-ci autour de ses épaules, comme il l’avait fait dans l’aquarium. Finalement, on s’y habituait très bien, à ce genre de choses.

D’une voix un peu plus calme, l’adolescent souligna :

— Franchement, t’es tellement le gendre idéal, je sais pas c’qu’il lui faut…

Il n’avait pas tort. Vincent était un jeune homme athlétique et propre sur lui, souriant et poli, responsable et posé, plein de valeurs américaines, mais ni rigoriste, ni soporifique. Sa mutation ne constituait évidemment pas un défaut aux yeux des Roberts. Il y avait fort à parier que si Jace avait été une fille, Vincent eût été, aux yeux de Mrs. Roberts, le candidat parfait.

— Si elle veut qu’on l’invite à notre mariage, va falloir qu’elle se calme…



 
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Message posté : Jeu 22 Jan 2015 - 23:24 Message
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    Même si parler d’un problème de famille provoquait chez Vincent un petit pincement au cœur, il était tout de même content de voir son petit ami partageait quelque chose qui ne relevait pas de la Légion ou d’un super pouvoir. C’était là quelque chose de personnel, un problème, apparemment, et l’étudiant était touché que Jace daigne le partager avec lui. Bien sûr, ça ne voulait pas dire qu’il était content que son compagnon ait un problème, pas du tout.

    Aaaah, la variole... commenta Vince avec une fausse nostalgie avant de capter quelque chose comment ça tu te fais tester toutes les deux semaines ?

    Parce que si c’était à cause de ce qu’ils faisaient dans leur chambre, le barman risquerait de mal le prendre. Entre son hygiène de vie qu’il jugeait exemplaire et les protections qu’ils utilisaient régulièrement, il aurait de quoi se sentir insulter. Sans parler de l’hypothèse d’une infidélité que des tests sanguins réguliers pourraient sous entendre. Ensuite vint la réponse. Vincent aurait alors préféré que Jace l’accuse de coucher à droite à gauche.

    – C’est... rassurant...

    Que sa santé soit régulièrement contrôlée, oui. Que Jace mène une vie dans laquelle une telle précaution était nécessaire, non. Son « rassurant » exprimait d’ailleurs bien l’amertume du jeune homme. Il s’abstint cependant d’approfondir le sujet, conscient que cela ne changerait rien. N’empêche que voilà une menace à laquelle il n’avait pas pensée. C’était évident pourtant. Les criminels n’utilisaient pas forcément des armes minutieusement désinfectées. Et dire qu’avant, Vincent s’inquiétait...

    – Ouais enfin bon, si on peut éviter d’avoir à vérifier que ton pouvoir te protège contre ce genre de truc, ça serait aussi bien...

    Là encore, il avait essayé d’adopter un ton léger, mais ses propos sentaient trop le souci. Si Jace flippait à l’idée de parler d’un problème personnel, Vincent lui flippait plus devant les risques que présentait une vie de combat contre le crime. Mais comme l’étudiant comprenait de plus en plus que le crime et le mal en général faisaient partie de ce monde et qu’il fallait bien que ceux qui en soient capables fassent quelque chose, il ne piqua pas sa crise de... mère poule. D’ailleurs, pour éviter de se faire des films d’horreur, Vince tenta de se concentrer sur la vraie mère poule de Jace. Pour, l’Alpha parla d’un scénario dans lequel il offrait son corps dans un établissement que même le prude (y en a qui y croient encore ?) Vincent connaissait. Le pyromancien fronça alors automatiquement les sourcils parce qu’il était clair que cette image ne lui plaisait pas du tout. En fait elle l’inquiétait même. Et si Jace venait de faire un lapsus et de dévoiler une partie de sa vie sexuelle passée ? Au final, les deux garçons ne parlaient pas tant que ça de leurs expériences passées. Et même si ce genre de comportement n’était pas très compatible avec le caractère du jeune Légionnaire, comment être sûr ? L’étudiant mit de côté ses craintes le temps de se concentrer sur le problème du moment : celui de Jace. : sa maman. Il haussa un sourcil lorsque le blond imagina que sa mère souhaitait qu’il redevienne un héros, puis un hétéro. C’était trop spontané pour être une simple coïncidence. Vince n’était pas très branché psychologie, mais il était clair que toute cette affaire Jace prenait cette affaire au sérieux. Timidement, il commença :

    – Mon coeur... je veux bien te croire mais... j’t’ai rarement vu aussi énervé. Quand Soundwalker t’a attaqué, t’étais calme comme un moine et là...

    Il aurait aussi pu parler du professionnalisme que Jace avait conservé dans l’ascenseur ensanglanté où Vince l’avait retrouvé lors de l’attentat de Noctis, mais c’était un trop mauvais souvenir. Et même lorsque Clarisse était venue, l’Alpha avait gardé son calme. Là il semblait perdre ses moyens... pour pas grand chose, du point de vue du barman.

    – Alors j’pense que c’est important pour toi. Tu devrais essayer de te mettre à la place de ta mère. Je sais, ce n’est pas juste, mais on sait tous que c’est aux jeunes de donner des leçons aux aînés.

    Même si le plus souvent, c’était l’inverse. Mais Vincent essayait juste de détendre un peu l’atmosphère en exagérant.

    – Moi je la comprends. J’crois que je pensais un peu comme elle avant. Enfin, je serais à sa place, j’arrêterais pas d’essayer de te faire quitter le côté obscur de la Force.

    Heureusement que Holly n’était pas là pour entendre cette comparaison digne d’un grand geek, sinon elle lui consacrerait un hommage.

    – Et puis... ça fait un an mais... t’es son seul enfant, t’as déjà une vie mouvementée avec tes pouvoirs, la Légion... j’pense qu’elle aimerait s’assurer qu’il y ait au moins un domaine où les choses seraient simples pour toi. J’crois pas qu’elle essaie de te faire entrer dans un moule ou quoi... mais elle a ptet peur pour toi. Et vue qu’elle ne sait pas trop comment réagir, elle se repose sur des préjugés.

    Ca lui allait bien à lui de dire ça.

    – Du coup elle t’imagine à passé tes weekends déguisé en indien à chanter Macho man.

    Ce qui était la version soft du : « pris tous les soirs dans les WC du Machine »

    – En plus... j’ai l’impression qu’elle essaie de garder le contact avec toi, de communiquer, tu vois. Bon c’est pas réussi on dirait mais... au moins elle essaie.

    Mais on allait éviter de la comparer à des cas extrêmes comme celui des parents de Vincent.

    – T’sais, c’est pas très futé les parents. Mais en plus on est super intelligent comme toi... Ils ont besoin de temps pour s’habituer et tout...

    Le pyromancien avait un discours bien optimiste. C’était certainement parce qu’une partie de lui, une partie important espérait que c’était tout ce qu’il fallait à ses propres parents pour qu’ils finissent par l’accepter : le recul. Un espoir qui demeurait sourd à la petite voix de la raison qui restait toujours dans les parages et qui lui rappelait qu’en plus d’une mutation, Vincent avait développé une sexualité que la famille Nash qualifierait sans hésiter de « déviante ». L’exemple Clarisse en fut l’échantillon le plus doux. En attendant que Jace réagisse à ses propos, Vincent laissa la conversation prendre un tournant plus léger et émit un rire amusé lorsque le blond conclut qu’elle ne sera tout simplement pas invitée au mariage. Une perspective tellement lointaine, et irréaliste pour lui qui associait encore le mariage à la religion, qu’elle l’amusa. Il joua donc le jeu.

    – On mènera une campagne pré faire-parts pour décider qui on invitera.

    Le sourire aux lèvres, bras dessus, bras dessous, les deux garçons arrivèrent devant l’entrée du parc d’attraction qui était plutôt impressionnant vu de près. On en n’avait pas des comme ça au Kansas. Lorsqu’ils réglèrent leur ticket d’entrée auprès d’un guichetier, cette fois, qui leur jeta un regard bizarre que Vince décida d’ignorer, les deux Supers pénétrèrent dans l’enceinte de ce royaume de festivités et après un court débat, le pyromancien laissa Jace décider de leur première activité. Après tout, là tout de suite, il avait besoin d’un remontant et il y avait un peu trop d’enfants pour que Vincent ose l’embrasser à pleine bouche pour chasser ses préoccupations familiales.


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