AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_1Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_2_bisDir will ich abfahren - Page 3 Categorie_3
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
 

Dir will ich abfahren

 
Message posté : Mer 14 Jan 2015 - 18:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Une policière pas très sûre d’elle s’approcha de Thunder avec des menottes à la main. Les yeux bleus du super-héros se posèrent dans les siens. Elle déglutit péniblement et, avec une autorité vacillante, expliqua :

— Je vais devoir vous menotter.

Thunder ne bougea pas d’une pouce.

— Euh… S’il vous plait.

Jace jeta un regard à Vincent qu’on malmenait. Bon, d’accord, on le malmenait pas beaucoup mais c’était déjà trop pour le Légionnaire. Lui qui entretenait des rapports toujours excellents avec la SCPD avait un peu de mal à s’habituer à ce nouveau traitement de défaveur. Sans un mot, il finit pourtant — pour le plus grand soulagement de la policière — par lui tourner le dos. Elle lui passa les menottes aussi rapidement que possible, avant de s’éloigner d’un bon mètre.

Puis ils furent conduits à l’arrière d’une voiture. Alors qu’ils se retrouvaient tous seuls, Vincent et lui, à l’arrière d’une voiture de police, Jace laissa échapper un bref rire amer à la remarque de son compagnon.

— Nan, j’te confirme, c’est tout nouveau pour moi aussi.

De se faire arrêter par la police. Parce que la NYPD n’était en revanche pas la première à tenter de lui passer les menottes. En général, cependant, les circonstances étaient beaucoup moins légales. Jace parvenait à s’enfuir : tout comme Vincent, il avait le don de ne pas être perpétuellement solide. Cela dit, l’idée de fausser compagnie aux forces de l’ordre n’était sans doute pas excellente.

L’adolescent marmonna :

— Dans ma version du policier et du voleur, c’est beaucoup mieux. Tu dois m’montrer ta grosse matraque et tout.

Là, c’était moins ludique.

Les plaisanteries (à demi) furent écartées quand Vincent l’interrogea sur les prédictions loufoques de leur ennemi assommé. Jace haussa les épaules.

— J’sais pas. Sauf à Risk, j’crois pas avoir jamais trahi personne.

Et envahir l’Océanie à la sauvette pour récupérer des bonus de régiments, ça ne méritait certainement pas des coups de couteau. Bref, il se perdait en conjectures. Pur délire de la part de Soundwalker ? Prévision de l’avenir ? Il avait bien vu le regard de l’autre changer quand il s’était posé sur lui. Est-ce qu’il savait quelque chose ? Est-ce qu’il avait deviné quelque chose ? À propos de quoi ?

Toutes ces questions demeurèrent sans réponse alors que deux policiers s’installèrent à l’avant de la voiture. Celle-ci démarra pour s’engager dans l’intenable trafic new-yorkais, en direction du commissariat le plus proche. Jace broyait du noir à l’arrière. Au bout de quelques minutes, il sortit de son mutisme.

— Qu’est-ce que vous allez faire de l’autre ?
— Il s’appelle Walker. Saul Walker.
— Sérieusement ? Soundwalker s’appelle Saul Walker ?
— Ce type-là, c’était Soundwalker ?

L’étonnement était général et multipartite. Jace avait toujours cru que Soundwalker faisait référence à la capacité de Soundwalker à se déplacer silencieusement. Il ne l’aurait jamais cru si peu imaginatif. C’était comme s’il avait choisi, lui, comme pseudonyme, Ace Rubber.

— Je croyais qu’il était mort.
— Vous n’étiez pas le seul.
— Et ça vous prend souvent d’agresser d’anciens camarades ?
— C’est lui qui a commencé.

Pour que sa défense ne parut pas trop puéril, Jace précisa :

— Il m’a poignardé.

Pour un type poignardé, il avait l’air plutôt en bonne santé. Il sentit le silence dubitatif des policiers.

— J’ai régénéré.
— Ah.

Ça commençait à faire beaucoup pour deux officiers du rang.

— Y a un trou plein d’sang dans mes fringues, des fois que ça vous tente de vérifier.
— On verra au poste.

Une preuve bien matérielle, ça les rassurait un peu. Jace poussa un soupir en se calant contre la banquette arrière et regarda le paysage d’immeubles défilés. Celui qui conduisait entreprit tout de même de faire la conversation, comme si ses interlocuteurs n’étaient pas menottés.

— Et qu’est-ce que vous venez faire à New York ?
— Week-end en amoureux.
— Ben elles sont où, vos copines ? Elles font du shopping ?

Sur le siège passager, la policière se racla la gorge, avant de souffler :

— Doug…

Doug lui jeta un regard interrogatif. La policière posa ses deux index l’un contre l’autre et les tourna de gauche à droite.

— Oh.

Silence.

— Ah.

Silence.

— Bon.

Et ils ne parlèrent plus jusqu’au commissariat.

***

Vincent et Jace avaient été libérés de leurs menottes. Assis à un bureau, côte à côte, ils racontaient très patiemment leur histoire à un policier qui ne tapait pas très vite sur son clavier d’ordinateur. On leur avait même offert une tasse de thé. Enfin, un gobelet en plastique d’eau chaude légèrement teintée. Mais c’était tout de même une nette amélioration. Alors que Vincent achevait sa version, le policier qui les avait conduit refit son apparition, l’air décontenancé.

— Euh… Monsieur Thunder…
— Juste Thunder.
— Oui. Euh. C’est à propos de Walker, là…
— Oui… ?
— Il a disparu.

Jace haussa un sourcil.

— Comment ça, disparu ?
— Mes collègues l’ont amené à l’hôpital, mais il s’est réveillé et il leur a faussé compagnie.
— C’est plutôt malin pour un fou furieux, vous trouvez pas ?

Doug n’avait pas l’air de savoir quoi répondre à cette judicieuse remarque.

— Vous inquiétez pas, on va vous placer sous protection.
— Ah non ! Hors de question. Nous, on va à Luna Park.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 14 Jan 2015 - 20:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    La comparaison avec les activités policières que les deux garçons pourraient mener dans l’intimité fit sourire le barman. Malheureusement, si pour une fois le décor se prêtait à leurs jeux, ceux-ci étaient hors de question dans l’immédiat. Si, étrangement, Vincent ne s’inquiétait pas beaucoup de sa situation, il la prenait au sérieux. Faire l’amour dans un véhicule de police était donc hors de question. Même si ce n’était pas les pensées lubriques qui manquaient.

    – Pas du tout pareil. Mais si tu compares dans cette situation, c’est que ton esprit est un peu trop influencé par nos moments privés. Je ne sais pas si je dois être flatté ou inquiet.

    Cela dit, son visage n’exprimait guère d’inquiétude. Il revint tout de même au sérieux lorsque le blond lui fournit une réponse concernant l’affaire Sound Walker. Ou plutôt Saul Walker. Le Kansasais, à qui on attribuait un surnom à la fois proche de ses capacités et de son propre patronyme, s’abstint de se moquer. Quoique, si Soundwalker était le genre de héros à adopter une identité secrète, il devait aimer vivre dangereusement parce que ce n’était pas très discret. Enfin, il n’allait pas juger son choix. Le super devait avoir ses raisons... ou bien il était déjà fou à l’époque... Mais cela ne le concernait plus maintenant. Soundwalker était K.O. et entre les mains des forces de l’ordre. Le prophète du parc ne s’amuserait plus à essayer de planter son petit ami, tout allait bien. Puis l’officier au volant tenta une conversation plus légère afin de détendre l’atmosphère. Il fut reçu par une réponse qu’il ne comprit pas tout de suite et qui, lorsque sa coéquipière la lui expliqua, le laissa sans voix. Vincent l’observa de derrière d’un air songeur. Est-ce que cet homme se taisait parce qu’il se sentait bête ? parce qu’il était embarrassé ? parce qu’il désapprouvait ce genre de relation ? Bien sûr, quelque soit la réponse, cela ne changerait rien au weekend de Vince, mais le jeune homme ressentait un certain malaise. Seulement parce qu’il avait gêné un inconnu sans rien faire, juste en étant avec Jace. Ce genre de chose l’attristait toujours un peu. Après tout cela ne faisait pas longtemps qu’il avait décidé d’assumer leur couple et il avait encore un peu de mal avec les réactions négatives. L’étudiant finit par poser le front contre la fenêtre et poser le regard sur la ville, profitant du silence qui venait de s’inviter dans la viture pour observer le paysage urbain.

    ... ... ...

    Installés en face d’un bureau en ayant pour tâche de donner leur version des faits, les deux touristes firent du mieux qu’ils pouvaient pour en finir avec ces démarches. Leur bonne volonté fut accueillie par un petit problème administratif. Soundwalker s’était enfui. Vincent en fut sincèrement surpris. Les yeux ronds, il se remémorait les nombreuses discussions que Jason et Holly menaient sur l’incompétence plus ou moins condamnable des forces de l’ordre. Lui, en général, nourrissait une haute estime à leur égard. Mais il fallait avouer que lorsqu’ils avaient affaire à des Supers, ils n’étaient peut-être pas à leur place. Pour compenser, le policier qui venait de leur annoncer la mauvaise nouvelle tenta de les rassurer. Ce qui provoqua le refus de l’Alpha. Vince décida de tempérer les choses.

    – Ce que Jace essaie de dire... car c’était bien Jace et non Thunder qui venait de s’exprimer ... c’est qu’on est tout à fait capables de se protéger nous-mêmes.

    Il leur avait dit que lui aussi était un super.

    – Eh puis... Soundwalker a peut-être pété un câble, mais il ne va pas non plus essayer de poursuivre Jace pour le tuer, pas vrai ?

    Là, il essayait de se rassurer lui même. La question était aussi bien adressée à la victime potentielle qu’aux policiers. Ceux-ci ne tardèrent pas à recevoir une interrogation qui leur était directement adressée.

    – J’veux dire, vous le connaissez. Vous saviez comment il s’appelle. S’il était vraiment dangereux, vous l’auriez déjà arrêté, pas vrai ?

    Il n’essayait pas de les critiquer à travers sa question. Sa sincérité lui permit sans doute d’obtenir une réponse sérieuse.

    – Non, Walker n’a jamais été appréhendé. Sauf une fois parce qu’une patrouille l’avait trouvé en train de dormir sur une propriété privée. C’est comme ça qu’on a découvert son identité. Mais ça fait des années. Depuis tous les flics le connaissent plus ou moins.

    Bon, c’était rassurant. Au moins on n’avait pas affaire à un psychopathe invétéré. Par contre, cela n’expliquait pas l’accès de violence que cet homme avait eu envers Jace. Vincent ne tenait pas vraiment à passer son weekend dans un commissariat, entouré de policiers, mais il préférait s’assurer que la sécurité de son petit ami, aussi solide pouvait-il être, était un minimum garantie. Il fallait donc s’assurer que Soudwalker ne s’amuse pas à jouer les traqueurs pour chasser le Jace sauvage. C’était une activité que seul Vincent était autorisé à pratiquer. Pour revenir à leur affaire. Doug se montrait plutôt rassurant. Mais le policier chargé de taper leur déposition tint des propos un peu moins optimistes.

    – Il paraît qu’il s’est montré un peu plus bruyant ces derniers temps. D’habitude les gens l’ignorent, mais il s’est fait de plus en plus insistant. Les patrouilles n’ont rien fait parce qu’elles le connaissaient bien, mais les gens on commencé à se plaindre. Et puis, ce n’était pas trop grave. Il n’en venait jamais aux mains.
    – Ouais enfin, là il en est venu au couteau, quand même.

    On pouvait entendre la légère inquiétude qui teintait sa voix.

    – Ca aussi c’est nouveau. Il n’avait pas d’arme la fois où on l’a interpellé.

    Un peu perdu et surtout ne sachant pas quoi faire, Vincent tourna un regard interrogatif en direction de Jace. Celui-ci voudrait peut-être chercher à savoir ce qui était arrivé à cet ancien Légionnaire pour qu’il en vienne à attaquer le fils du Commander. Ce n’était pas tellement comparable, mais si une vieille connaissance de Vincent venait à agir bizarrement et violemment, le barman ferait tout pour en découvrir les raisons. Mais peut-être que Jace tenait encore plus à se rendre à Luna Parc. A moins que cette pulsion ne soit guidée par son sixième sens, le pouvoir de son petit ami que Vince comprenait le moins.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 14 Jan 2015 - 21:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La vérité, c’était surtout que Jace n’avait aucune envie de traîner dans les locaux de la NYPD. Il se rendait bien compte que ce ne serait pas là qu’il en apprendrait plus long sur Soundwalker. Ni qu’il ferait des tours de manège. Alors, tant qu’à faire, il préférait encore remettre leur week-end sur les rails et revenir plus tard enquêter sur la question. Walker avait disparu et Jace n’était pas prêt de le retrouver dans New York. Mais sa super-intelligence cyberpathique ne serait pas de taille à fouiller de fond en comble, via les caméras de sécurité, une ville comme celle-là. À Star City, c’était différent : il connaissait les moindres recoins de sa ville natale et savait toujours où chercher. Pour New York, il avait besoin d’un plan et d’un peu d’aide.

Hélas, son intérêt pour le parc d’attractions n’était pas accueilli avec toute l’insouciance qu’il aurait pu espérer de la part des policiers. Vincent essayait de relativiser les choses avec un calme qui surprenait un peu Jace. Il s’était attendu à ce que son compagnon voulût l’enfermer en cellule pour assurer pleinement sa sécurité. Il fallait croire que le pyromancien développait petit à petit un véritable tempérament héroïque.

Jace finit par hausser les épaules.

— Ça ne change rien. On vous a dit tout c’qui s’est passé et c’est pas comme si j’le connaissais vraiment. J’veux dire, la dernière fois qu’j’l’ai vu, j’avais cinq, six ans. J’ai aucune idée d’où il peut être. Et j’suis pas sûr qu’un mec tout seul et sérieusement timbré arrive à me dénicher dans tout New York. Quand bien même, j’suis pas un civil.

Objectivement, Jace était persuadé d’être plus à même de se défendre s’il ne devait pas en plus veiller à la sécurité d’un policier en uniforme.

— On vous a laissé nos numéros, si jamais y a un truc, qu’v’z’avez besoin d’nous, vous pouvez toujours appeler, pas vrai ? J’veux dire, c’pas contre vous, mais on imaginait pas vraiment passer le week-end au poste…

Doug hocha la tête.

— Faites quand même attention.

C’était surtout qu’il n’avait pas de véritable raison de les retenir. Jace se releva donc, attrapa son manteau et le regarda en se rappelant qu’il avait été poignardé à travers.

— On va peut-être vous donner une veste, hein…

Quelques minutes plus tard, l’adolescent marchait à pas vif dans les rues de New York en maugréant :

— Tu parles d’une veste, j’me les pèle…

C’était une veste de survêtement de la police new-yorkaise et elle n’était pas vraiment à la hauteur de la saison. Mais, la fermeture éclair relevée, elle dissimulait le sweat maculé de sang et c’était l’essentiel. Il avait fourré son blouson dans un sac en plastique et Vincent et lui se dirigeaient vers l’hôtel, pour se changer. Heureusement, l’hôtel n’était pas loin du commissariat et Jace put bientôt se déshabiller. En dehors de ses chaussettes et de son boxer, le reste de ses vêtements n’avait pas été épargné. Le sang avait coulé sur le pantalon et les chaussures. Heureusement, il avait pris du change — même s’il avait prévu surtout les accidents de ketchup, plutôt que les agressions prophétiques.

Jace referma le dernier bouton de son pantalon propre. Machinalement, il effleura du bout des doigts son ventre, là où aurait dû se trouver la blessure. Il quitta finalement la salle de bain pour revenir dans la chambre à la recherche de son second sweat. Son regard se posa sur Vincent. Doucement, il remarqua :

— Toute cette histoire. Tu le prends plutôt bien. J’veux dire, calmement.

Il ne savait pas trop comment formuler ça.

— C’est pas qu’j’m’attendais à c’que tu sois hystérique, hein… Juste. Je sais pas. J’ai l’impression que tu commences à… Pas t’habituer…

Il n’était que trop évident que Jace marchait sur des œufs.

— C’que j’veux dire, je suppose, c’est qu’j’suis content que tu sois pas traumatisé.

Parce qu’on ne voyait tout de même pas son petit ami se faire poignarder tous les jours, même si, en l’occurrence, dans le cas de Jace, cet événement extraordinaire n’était pas suivi d’une longue et sanguinolente agonie pleine d’adieux déchirants.

— Bref. J’m’occuperai de Walker plus tard. Lundi. Ça fait dix ans qu’il a disparu, deux jours de plus ou de moins, on s’en fiche. Ce week-end, c’est pour toi.

Et de la part de Jace, c’était une sacrée évolution.

Le regard de l’adolescent était toujours anxieusement fixé sur Vincent. D’ailleurs, ça faisait une bonne minute qu’il bataillait avec son sweat pour mettre les manches à l’endroit, tournant l’une pour retourner l’autre.

— Tu, euh…

Le jeune homme s’éclaircit la gorge et essaya de demander d’un ton pas trop inquiet, parce qu’ils étaient censés ne pas s’inquiéter, ce week-end-là.

— Tu m’en veux pas trop ? Si j’l’avais pas suivi, t’aurais pu finir ton hot-dog tranquille, en continuant à parler de comment tu voudrais me tripoter dans les fourrés…
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 0:30 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Le négociateur Jace Roberts fit entendre raison à tout le monde. Les policiers les laissèrent donc reprendre le cours de leur weekend. Malheureusement, le vêtement qu’ils avaient donné à l’Alpha ne le protégeait pas vraiment du froid. Il fallut quelques plaintes formulées à voix hautes et un « tilt » dans l’esprit de Vince pour que celui-ci ait une idée et arrête la marche accélérée jusqu’à l’hôtel.

    – Attends...

    Et pour se justifier, il s’arrêta en pleine rue, ôta son propre manteau et le tendit à Jace. Celui-ci n’avait pas d’autre choix que de l’enfiler sans protester. De toute façon, le barman ne craignait pas le froid. Il avait juste prit l’habitude de mettre des habits correspondant à la température externe pour sortir. Le jeune homme n’aimait pas trop être la cible des regards surpris des passants les plus observateurs. Il s’était déjà promené en tee shirt au milieu d’une nuit glaciale en rentrant du boulot. Le nombre de regards étonnés qu’il avait reçus avait suffit à le convaincre de faire un effort thermo vestimentaire pour donner le change. Et puis, les manteaux, c’était plein de poches. Vraiment pratique. Tout de même, le couple se dépêcha de retourner à l’hôtel, parce qu’avoir les vêtements tâchés de sang, ce n’était pas forcément agréable pour Jace. Celui-ci s’esquiva dans la salle de bain pour estimer les dégâts tandis que Vincent attendait sur le lit. Lui n’avait pas de manteau de rechange, il laisserait le sien à son petit ami et se contenterait d’un bon gros pullover. Ca devrait l’aider à passer inaperçu. Une fois vêtu d’un pantalon propre, l’Alpha revint dans la chambre, encore torse nu. Vince ne put se retenir de le détailler des yeux, aussi bien par gourmandise lubrique que par intérêt pour l’endroit où son compagnon avait été poignardé un peu plus tôt. Mais comme d’habitude, le torse du blond était impeccable, dénué de cicatrice. C’est alors que le jeune Légionnaire commenta le calme du pyromancien. Le concerné fit une moue dubitative.

    – Ouais... désolé si je parais trop calme... C’est ça ou j’me transforme en torche humaine, en finissant à poil au passage. Mieux vaut éviter. J’aimerais bien finir l’année sans avoir à acheter de nouvelles fringues.

    Mais le barman se rendit compte que la remarque de Jace était un peu plus générale que ça. Vince l’observa sans rien dire alors que le blond tint à préciser qu’ils allaient tout faire pour que le reste du weekend soit « normal ». Du moins sans incident de ce genre. Le mutant enchaîna en s’excusant d’avoir cherché à retrouver Soundwalker au parc. Malgré ses efforts, il ne pouvait empêcher l’inquiétude d’émaner de lui. Vince en fut un peu triste. L’étudiant se leva donc et s’approcha de son petit ami qui ne respectait pas la règle qu’ils avaient décidé de suivre pour ces deux jours. Il lui prit son pull des mains et le laissa tomber sur le lit avant de poser une main sur le ventre, récemment perforé, du jeune Robert, l’autre prit place sur une joue.

    – Tu crois que je vais me fâcher et que cette histoire va me servir de prétexte pour t’engueuler, annuler le weekend et te plaquer ?

    Un scénario qui, honnêtement, aurait pu se concrétiser avec le Vincent d’avant décembre. Mais à la place, il caressa doucement son partenaire et approcha son visage afin de l’embrasser. Cette fois, il fut un peu plus démonstratif que sur le pont où ils auraient pu choquer les passants. Par contre, il demeura « soft ». Le baiser fut long cependant. Plus que ce que Vincent avait envisagé. Probablement parce que l’attaque de Walker l’avait plus choqué que ce qu’il avait laissé paraître. Mais lorsque l’étreinte fut finie, il reprit l’argumentation d’une voix sûre.

    – Je ne veux pas me fâcher avec toi. Je veux qu’on passe un bon weekend ensemble. Et ce n’est pas mon weekend, c’est le nôtre. Et évidemment, il est hors de question que je te plaque. Mais ça, j’espère que je n’avais pas besoin de le préciser.

    Maintenant qu’il avait rassuré son petit ami – du moins il l’espérait – Vince pouvait passer à la suite. Autrement dit : parler de ce qui venait de se passer.

    – J’demande qu’à aller à Luna Park moi. Mais j’crois que je commence à te connaître un peu. Si tu penses que cette affaire va te tracasser pendant tout le weekend, j’préfère autant retrouver Walker maintenant et régler cette histoire une bonne fois pour toute.

    Car celle-ci semblait réalisable.

    – Tu sais je... j’ai compris que toi et moi... on était spéciaux. Avec nos pouvoirs, ta Légion et tout... Et du coup ça veut dire qu’il va nous arriver plein de trucs déments. Alors j’ai décidé de faire front et de ne pas ignorer les problèmes. Là c’en est un... c’est ton problème. Et comme c’est toi, c’est le mien aussi. Donc j’vais pas bouder dans mon coin en attendant que l’orage passe.

    Finalement, l’intervention de Noctis avait eu du bon. Un peu. En plus, Vincent commençait vraiment à prendre confiance en lui depuis qu’il voyait une nette amélioration de sa maîtrise du feu. Ok, il n’avait pas réduit le risque d’accidents à zéro, mais il s’en approchait petit à petit. Cependant, il jugea bon de relativiser cette évolution.

    – Mais j’te rassure, je suis encore loin d’être habitué à tout ça. Et j’crois qu’il y a des choses auxquelles je pourrais jamais me faire.

    Comme de voir son petit ami se faire poignarder. Une image qui lui nouait encore l’estomac et qui, il n’en doutait pas, allait sûrement nourrir ses cauchemars. Déjà que ceux-ci avaient commencé à revenir depuis qu’il avait croisé Anna quelques semaines plus tôt.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 10:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le jeune Roberts en question afficha une moue évasive quand son copain lui demanda s’il avait peur d’être plaqué parce qu’il venait de se faire poignarder par un ancien compagnon d’armes obsédé par les rongeurs. Plaqué, peut-être pas, mais engueuler, d’une façon ou d’une autre… Évidemment, maintenant que Vincent le caressait tendrement et qu’il se retrouvait une fois de plus logé dans les bras de son compagnon, Jace avait un peu honte de son pessimisme en la matière.

Il se mit donc à jouer un peu nerveusement avec les cheveux de Vincent, une fois le baiser passé.

— T’es tellement cool…

Il avait dit ça d’un ton un peu triste. Un sourire passa rapidement sur son visage.

— J’veux dire…

Il n’allait tout de même pas se lancer (encore) dans le menu détaillé des innombrables qualités qu’il trouvait à son petit ami, avec toute l’objectivité qui le caractérisait et qui lui faisait trouver Vincent le plus intelligent, le plus courageux, le plus beau, le plus fort, le plus sexy, le plus gracieux de tous. Bon, peut-être pas aussi gracieux que Camille mais Camille avait un côté un peu flippant, alors c’était tant mieux.

— Je t’aime.

Jace posa son front contre celui de Vincent, ferma les yeux et inspira profondément. Sous les doigts de son petit ami, son ventre se contracta un peu. Il sentait encore le couteau s’y enfoncer. Tout doucement, Jace avoua :

— J’ai peur.

Il l’avait dit et répété à ses Alphas : tout bon super-héros se devait d’avoir peur. Les héros sans peur et sans reproche étaient les pires de tous : les plus mauvais stratèges, les plus mauvais coéquipiers et les plus mauvais citoyens. Jace rouvrit les yeux et releva la tête.

— T’as vu Walker. Avec tout ce qui me passe par la tête, ça s’trouve, un jour, j’vais finir comme lui. J’ai pas envie d’arpenter Kane Street dans un vieil imper en mettant les gens en garde contre les canards. Et j’me dis, ce s’rait pas impossible. T’sais, j’ai mal… J’ai mal à la tête, dans les muscles, j’ai mal… J’ai mal aux os. J’veux dire, ça a toujours été comme ça, depuis l’épilepsie, quand j’étais gamin, mais depuis la Russie, c’est pire. J’te parle pas de… l’entraînement.

L’entraînement mental, pour se préserver un peu des incursions psychiques de Noctis.

— Si un jour j’peux plus gérer, si un jour ça m’fait disjoncter…

Jace secoua la tête et prit une nouvelle et profonde inspiration. Il ne s’était jamais inquiété de sa santé mentale. En tout cas, pas de perdre les pédales. S’il y avait bien une chose qui le caractérisait, qui le caractérisait peut-être même à l’excès, sur le terrain, c’était une maîtrise de soi précoce, un sang froid prématuré. Mais de voir Walker comme ça lui avait fait remettre les choses en perspective.

D’un autre côté, évidemment, il ne savait pas grand-chose sur l’ancien super-héros. Peut-être y avait-il moins de raison qu’il ne le supposait d’être surpris de son état. Peut-être y avait-il eu des signes avant-coureurs. Après tout, la Légion devait abriter, comme toutes les organisations, des gens quelque peu instables.

— Enfin bref. Ce que j’veux dire, c’est qu’j’ai pas peur que tu m’plaques. Mec, quand j’pense à dans un an, ou dans dix ans, t’es toujours dans l’tableau. C’est sans doute pas très malin d’ma part, on est pas ensemble depuis longtemps, mais des fois, j’t’imagine faire des passes avec Vincent Jr. pendant qu’j’répare la fenêtre de notre pavillon résidentiel, alors bon…

Un Vincent Jr. adopté dans un orphelinat malaisien ou né de quelque technique médicale encore inexistante — un petit électro-pyromancien pour animer une maisonnée, on ne faisait sans doute pas mieux.

— J’ai peur de plus être là pour toi. Alors j’veux pas… J’veux pas qu’on passe notre week-end ici à chasser un fou. J’veux pas être Thunder. J’veux qu’on s’amuse, j’veux remettre à plus tard, j’veux faire des manèges, manger d’la barbapapa, aller à Time Square. Comme ça, un jour, peut-être, si j’deviens cinglé, tu te diras que ça en valait un peu la peine.

Sourire nerveux. Sur le ton de la boutade, Jace rajouta :

— Et puis ça te fera des histoires à raconter à Vincent Jr.

Cela dit, il n’était pas pressé d’avoir un enfant. Là, maintenant, tout de suite, il avait d’autres priorités, mais plus il y réfléchissait, moins l’hypothèse lui paraissait rebutante. Il imaginait sans peine cet avenir pas si lointain où Vincent et lui pourraient peut-être fonder une famille. Se représenter cet avenir donnait plus de saveur encore au présent et même lorsqu’il tentait d’examiner sa situation avec objectivité, Jace était incapable de se convaincre que son couple ressemblait à tous les autres couples des jeunes gens de son âge : d’avance voué à être éphémère.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 12:40 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Les craintes de Jace nouèrent la gorge de Vincent. Ce dernier ne supportait pas de savoir que son petit ami souffrait. Lorsqu’il en était la cause, Vince faisait de son mieux pour rectifier le tir et apaiser son compagnon. Mais là, il n’y pouvait rien. Que pouvait-il faire pour empêcher son corps, son pouvoir, de le faire souffrir ? Rien. En tout cas rien de bien efficace sur du long terme. Peut-être arrivait-il à lui faire oublier sa souffrance pendant de courts instants lorsqu’ils étaient ensemble. Mais ils n’étaient pas collés l’un à l’autre H 24, 7 jours sur 7. Et puis Vincent devait dormir un peu. Dans ces moments là, il était incapable de faire quoique ce soit pour faire disparaître la douleur qui harcelait son petit ami. Son impuissance le dégoûtait. C’était peut-être un peu cliché, mais Vincent donnerait n’importe quoi pour être le prince charmant tel qu’il était décrit dans les contes, armé de son épée et prêt à pourfendre le dragon qui tourmentait son amour. Malheureusement, dans la réalité, le dragon était beaucoup trop abstrait pour être éliminé. L’étudiant fit donc la seule chose qu’il était à peu près capable de faire. Il prit son petit ami dans les bras et le serra. Pour une fois, la peau nue de Jace ne lui donnait pas uniquement envie de faire l’amour ; il devait le protéger.

    – J’te laisserai pas devenir fou... murmura-t-il avec une once de désespoir dans la voix. Car après tout, que pourrait-il faire pour empêcher un tel scénario ? Concrètement ? Walker il... on sait pas quels problèmes il a pu avoir. Si ça se trouve, c’est une exception... un cas particulier et il ne t’arrivera jamais ce qui lui ait arrivé. Et puis... y en a beaucoup des anciens Légionnaires qui pètent des plombs comme ça ?

    Après, il y avait bien quelque chose qu’il pouvait proposer, si Jace craignait vraiment que ses pouvoirs ne finissent par le rendre cinglé. Mais il n’était pas sûr que ça soit une bonne idée. Déjà techniquement, mais surtout, l’Alpha risquerait de le prendre mal. Les pincettes étaient donc nécessaires.

    – Dis tu... tu crois vraiment que tes pouvoirs pourraient te faire perdre la tête ? J’veux dire... objectivement ? C’est pas juste Walker qui t’a fait flipper ? Je minimise pas, hein ! C’est juste... si tes pouvoirs te font du mal... ptet qu’on pourrait essayer de... je sais pas les tenir sous contrôle pour les empêcher de...

    Non c’était une mauvaise idée. Rien que de mettre cette hypothèse sur le tapis, c’était stupide. Jace refuserait d’inhiber ses pouvoirs. Ils étaient ancrés en lui et faisaient partie de lui. Mais comme il pouvait s’agir d’une question de survie et que Vincent refusait d’envisager la possibilité, même lointaine, de perdre son copain, l’étudiant se dit qu’un tel traitement vaudrait peut-être mieux...

    – Enfin... j’adore tes pouvoirs... Ils sont cools et... c’est toit. Mais... s’ils te font souffrir et... si un jour ils te...

    Pour le coup, le barman se remettait à les comparer à une espèce de maladie. Mais aujourd’hui, cela n’avait rien à voir avec une opinion tranchée sur le sujet, sur la façon dont un être humain devait vivre sa vie. La morale et le respect des traditions familiales n’avaient rien à voir. C’était peut-être une nécessité. Vincent libéra l’Alpha pour l’observer. On pouvait voir sur le visage de l’étudiant que rien dans cette discussion ne lui faisait plaisir et qu’il en tirait un peu de peine. Encore une fois, savoir que son Jace souffrait constamment lui était intolérable. Il se sentait inutile. La mention d’un très hypothétique futur Vincent Jr ne l’aida pas à se rassuré, juste à se permettre un court sourire. L’image n’avait rien de désagréable, mais elle lui paraissait encore un peu lointaine tout de même. Sa vie était actuellement beaucoup trop chaotique pour qu’il se permette d’envisager un tel avenir, même si cet objectif était toujours dans la liste. Mais présentement, la conversation qu’ils étaient en train d’avoir sur la folie potentiellement inévitable de Jace ne mettait pas le barman dans de très bonnes dispositions pour s’amuser dans des manèges. Vincent tenta cependant d’arborer un visage enthousiaste quand son petit ami déroula le programme qui était prévu pour ce weekend. Pas très concluant.

    – Arrêtes. J’veux pas penser à un futur où tu ne seras pas avec moi. Je sais que c’est bête parce qu’on ne sait pas ce qui peut arriver.

    Ils avaient le choix des perturbations : Noctis, Proteus Biotech, Soundwalker et ses ratons laveurs apparemment, les multiples ennemis de Thunder, sans parler des êtres qui avaient conféré ses pouvoirs à Vincent. C’était sans doute naïf de sa part, mais Vince refuser de penser à des scénarios catastrophes. Ou plutôt, il refusait leurs tristes conséquences qui impliqueraient d’une façon ou d’une autre la disparition de sa moitié.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 19:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
À la différence de Noctis, Jace n’était pas un béat des pouvoirs — en tout cas, il ne croyait pas qu’ils fussent entièrement positifs. Après tout, son adolescence avait été rythmée par les crises de tétanie, qui avaient succédé aux crises d’épilepsie, et c’était à cause de ses pouvoirs. À cause de ses pouvoirs, il ne pouvait pas vraiment dormir avec son compagnon. Et pourtant, il savait très bien que ses aptitudes étaient infiniment moins contraignantes ou dangereuses que celles d’autres mutants qu’il connaissait.

Il comprenait fort bien ce que Vincent essayait de formuler. Il fallait dire que cette fois, à la différence de leurs premières conversations sur le sujet, son compagnon ne présentait pas leur mutation comme une tare par principe, comme un défaut moral ou une aberration dans l’ordre de la nature. Ce changement de point de vue était indubitablement profitable au plus haut à point à une discussion rassérénée.

Jace afficha un sourire un peu faible.

— Alors on va dire qu’dans nos articles sur Wikipedia…

Parce que lui, en tout cas, il avait déjà un article à lui sur Wikipédia.

— … y aura marqué : « Jace Nash-Roberts mourut à quatre-vingt-trois ans en compagnie de son époux Vincent Nash-Roberts, quatre-vingt-six ans dans un accident de jet-ski. »

Ou alors bloqués à mort dans une position du Kama-Sutra, à cause de leur arthrite. C’était tout à fait leur genre. Jace secoua la tête.

— T’as raison, de toute façon. C’est juste Walker qui me monte à la tête. C’est l’seul cas que j’connaisse. Y en a sans doute d’autres, mais moins qu’à l’armée, ou, j’sais pas, dans des trucs comme ça. J’connais plein de vieux Légionnaires qui coulent une retraite tranquille.

Et c’était de toute façon une perspective bien lointaine.

— Et la douleur… J’ai l’habitude. Avant, j’prenais des médicaments, pour que ça se tasse un peu. C’est Syd qui les préparait. Mais j’essaie d’diminuer la dose. ‘Fin, j’ai arrêté, même. Si jamais j’vois que c’est trop difficile, je reverrai avec elle.

Cette version un peu plus optimiste — mais non dénué de pragmatisme — sembla un peu le rassurer, parce que son sourire se fit plus franc. Il attira Vincent un peu plus près de lui pour pouvoir le serrer dans ses bras — l’étreinte chaste (ça arrive) dura un bon moment, avant que Jace ne se décidât à libérer son petit ami. Il se détacha, attrapa son sweat et l’enfila pour de bon, avant d’expliquer :

— C’est pour t’aider à tempérer tes ardeurs. Déjà qu’on peut pas faire un pas dans Central Park sans que tu me fasses des propositions tendancieuses.

Dixit celui qui avait remis son fantasme du policier sur le tapis quand ils avaient été vraiment menottés à l’arrière d’une vraie voiture de police pour un vrai interrogatoire dans un vrai commissariat. Mais Jace était blond : il avait donc le droit de prendre des airs angéliques.

— Allez, viens, j’veux mes tours de manège. Passe devant, sinon, tu vas être obnubilé par mes fesses et on s’ra pas sorti d’l’auberge.

Ils se retrouvèrent donc bientôt dans les rues new-yorkaises — puis dans le métro, en direction de Coney Island. Cette fois-ci, ils eurent miraculeusement des places assises et Jace put s’abîmer dans la contemplation légèrement perplexe d’un couple de hipsters qui lisaient du Foucault — par extraits. Il y avait les mêmes, deux pas de là, dans le métro de Star City, mais étrangement, les sous-sols new-yorkais donnaient à toutes les spectacles une saveur de dépaysement. Jace se pencha à l’oreille de Vincent et murmura :

— Tu crois qu’ça m’irait bien, un nœud papillon ?

Jace était décidément un peu influençable : le type en face de lui en portait un. Mais Vincent devait avoir l’habitude désormais des lubies ponctuelles de son compagnon. Il y avait eu la barbe, l’idée de se laisser pousser les cheveux, la longue heure passée à hésiter entre deux modèles de montres dans une galerie marchande et la péripétie de la nouvelle paire de baskets. Jace n’était peut-être pas à la pointe de la mode, ni très au courant des dernières tendances, mais il n’en faisait pas moins attention à son physique, notamment parce qu’il cherchait toujours à compenser « quelque chose », sans qu’on sût vraiment trop quoi.

— Ça m’fait penser qu’y a une Légionnaire qui s’marie au printemps. J’suis invité, tu m’accompagneras ? Tu dois être tellement beau en tenue du dimanche.

Et l’adolescent, qui avait décidément un penchant pour les fantasmes vestimentaires, détailla Vincent en l’imaginant en costume-cravate — et en imaginait, bien entendu, tous les moyens de lui enlever son costume-cravate.

— Hmm…

Hélas, le mutant fut tiré de ses rêveries par l’arrêt du métro et ils durent descendre. Il fut donc ramené à des pensées plus chastes, pendant que la foule les ballottait de droite et de gauche. L’idée d’être accompagné de Vincent à un événement mondain lui paraissait étrangement plaisante — il pensa au Nouvel An. Maintenant que Vincent avait souligné combien il adorait ses pouvoirs, Jace se sentait plus rassuré, forcément, à l’idée de l’immerger dans une soirée de Star High.

Tout le monde allait pouvoir admirer son copain.

Jace émergea donc du métro avec un grand sourire aux lèvres.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 22:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    L’instant panique passa. Jace l’acheva même en restant sur une lancée humoristique en faisant un prédiction presque aussi folle que celles de Saul Walker. Cette fois le sourire que cette image invoqua sur les lèvres de Vincent fut sincère.

    – Ok, et là on pourra s’engueuler pour savoir lequel d’entre nous aura eu cette idée stupide.

    Mais les connaissant, c’était le genre de chose qu’ils pourraient tous les deux proposer. Pour en revenir au sujet principal, Vincent fut rassuré de voir qu’il avait eu raison. Le cas Walker avait fait flipper l’Alpha. Il pouvait comprendre que ce genre de chose puisse arriver dans la Légion qui ne devait pas vivre que des journées de bisounours mais il se doutait également que l’organisation n’avait pas le même fonctionnement que l’armée, en dépit de son titre un peu militaire. Pourtant Vince était prêt à croire que la Légion pourrait complètement abandonner un de ses membres. Le souvenir de l’aventure sibérienne de Jace était encore présent et Vincent ne se rappelait pas avoir vu la Légion agir pour protéger Thunder. Mais peut-être leur en voulait-il car il était tout simplement incapable de se montrer objectif avec son petit ami, surtout lorsque le père de celui-ci était aussi le dirigeant de l’organisation et, qu’à son sens, un père n’envoyait pas son fils au casse pipe. Allez, on ne remet pas le sujet sur le tapis et on reste calme. Jace n’était pas en danger là. Il n’y avait pas d’ancien justicier en pleine crise de moralité ou de folie pour le poignarder là. Revenons sur des dangers possibles. Comme les pouvoirs du jeune mutant.

    – Bon, ça me parait raisonnable comme plan. Et t’hésite pas si jamais les choses sont trop dures. Ne joue pas les durs en attendant le dernier moment pour demander de l’aide.

    Il savait que Jace était du genre raisonnable. Néanmoins, Vincent n’oubliait pas que le soir même de son retour de Russie, alors qu’il n’allait pas très bien ni physiquement ni moralement, l’Alpha n’avait pas hésité à sortir pour jouer aux cowboys en plein Little Italy juste parce qu’il avait entendu un coup de feu. Ok, c’était super héroïque et tout, mais niveau responsabilité et prudence... moyen. Aussi il imaginait très bien son petit ami s’abstenir de demander de l’aide sous prétexte que la Légion avait besoin de lui avec tous ses moyens, non médicamenté, ou même peut-être pour éviter que les gens se fassent du souci inutilement alors qu’il pensait pouvoir gérer la douleur tout seul. Après tout, c’était comme ça qu’un héros raisonnait dans les bandes dessinées (Jason lui avait forcé à essayer de rattraper le « retard » qu’il avait accumulé dans sa lecture de comics). Or Jace Roberts était assurément un héros.

    – Et c’est pas parce que t’as l’habitude qu’il ne faut rien faire pour essayer de changer ça.

    C’était tout de même bizarre pourtant. A entendre Jace, cette souffrance était là depuis des années. Or ses pouvoirs à lui étaient... naturels en quelques sortes. Ils ne provenaient d’aucun accident quelconque. C’était lui qui les avait développés. Tout seul... avec un petit coup de pouce de Dame Nature, probablement. Mais du coup c’était étrange... la nature s’arrangeait pour faire les choses correctement en général. Sauf en cas d’aberrations, mais cette nomination ne s’appliquant pas à Jace, Vincent se demandait pourquoi celui-ci souffrait des talents qui lui avaient été offerts ? En général, on a mal lorsque quelque chose n’allait pas. Est-ce que c’était le cas pour le mutant ? Est-ce qu’il lui manquait quelque chose ou bien qu’un truc avait été mal fait ? Que l’accident du réacteur nucléaire ait eu des conséquences néfastes, Vince pouvait à peu près le concevoir... mais que Jace soit né pour souffrir de ses pouvoirs, ça lui paraissait ridicule. Toutefois, c’était bien connu, Vincent Nash n’était pas un expert en supers pouvoirs. Mais comme le thème : « on ne s’inquiète pas » avait déjà été bien bafoué, l’étudiant décida de ne pas se lancer dans un débat qui serait probablement stérile. Restons donc sur des sujets plus gais et revenons sur les rails qui les mèneraient jusqu’au par d’attraction. Malheureusement, cette nouvelle politique devait commencer par un désastre : se séparer du corps de Jace et le regarder finir de s’habiller.

    – Je vois... mes désirs sont malvenus. Ok. Compte sur moi pour rester chaste jusqu’à la fin du weekend.

    Mais on entendait bien qu’il ne le pensait pas du tout. D’abord, Vincent serait probablement le premier à craquer, même sans avoir le postérieur du blond sous les yeux.

    – A vos ordres monsieur Super Fesses.

    Et sur ses chastes précautions, les deux garçons reprirent le cours de leur weekend romantique. Direction Coney Island. Mais d’abord, l’épreuve du métro. Vince était plutôt habitué à celui de Star City. Il aimait bien marcher dans la mesure du possible ou encore se rendre quelque part en en profitant pour faire son jogging, mais les distances, les horaires à respecter et les circonstances ne lui permettaient pas toujours de le faire. Donc il utilisait les transports en commun. Ca va, y avait pire comme épreuve. En général il en profitait pour écouter de la musique, finir de lire tel ou tel article ou encore mettre à jour ses correspondances par sms. Et quand il n’avait rien de tout ça à faire, il lui arrivait parfois d’observer les gens à la dérobée. Il tombait parfois sur des individus et des scènes qui valaient le coup d’œil. Mais il tombait aussi parfois sur des trucs qu’il aurait préférait ne pas avoir vu. Un peu comme cet homme debout devant lui dont les oreilles exhibaient plus de piercings que de chair. Fallait vraiment pas aimer ses oreilles pour faire ça. Et comment on faisait lorsque votre amoureux/se voulait les mordiller gentiment ? Le barman était en plein questionnement oto-esthétique lorsque son petit ami lui posa une de ses fameuses questions fashion. N’étant pas un spécialiste en la matière, Vince ne fournissait jamais de réponse bien catégorique sur ces propositions. En général, il prenait le virage de l’humour tout en donnant son avis. Tant que Jace ne lui demandait pas sa position sur les abus de piercings, tout irait bien.

    – Ca dépend, c’est pour le mettre avec autre chose ou... porter juste le nœud ? murmura-t-il malicieusement.

    Au temps pour sa résolution de chasteté.

    – Faut essayer. Mais les nœuds ça va généralement à tout le monde. Après, ça dépend de ce que tu mets avec. Perso, je trouve que ça va bien quand on ne porte qu’une chemise en haut... Pour les costards, je suis carrément plus cravate.

    Après avoir donné sa position politique sur le sujet, Vincent tourna la tête vers Jace pour l’observer. Il lui posait assez souvent ce genre de questions... Ca le préoccupait tant que ça de bien s’habiller ? Le footballeur était plus pragmatique qu’esthétique à ce niveau là... surtout depuis que ses vêtements avaient développé une maladie récurrente : l’inflammabilité. Cela dit, il s’arrangeait toujours pour que le résultat final ne fasse pas mal aux yeux, le tout en restant assez mainstream niveau mode.

    – Mais tu sais... tu demandes au mauvais juge. Moi, j’te trouverais sexy en toge alors...

    Alors tout lui irait certainement bien aux yeux de l’étudiant. Sauf peut-être si Jace se prenait l’envie de se travestir, là peut-être que les pulsions de Vincent se calmeraient. Psychorigide comme il était sur les genres. Encore que... Ah non... voilà. Jace n’avait sûrement posé la question que pour pouvoir parler de ce mariage. Bien joué. L’enchaînement était parfait.

    – Ouais bien sûr. C’est une amie proche ?

    L’intérêt était sincère. Mis à part Alan et Beverly, aussi adorables et particuliers pouvaient-ils être, Jace ne l’avait pas encore introduit dans son cercle de connaissances. Ok, il était un peu injuste. Après tout il avait passé Noël chez les Roberts. Mais tout de même, l’idée d’entrer encore plus concrètement dans la vie de son petit ami lui plaisait beaucoup... et l’effrayait un peu aussi... mais ça, c’était peut-être « normal ». En parlant de normalité, le métro finit par accomplir son objectif, à savoir les mener à bon port. Vincent et Jace quittèrent donc leur rame et remontèrent à la surface.

    Coney Island. La station ne les avait pas menés pile devant le parc, mais ils pouvaient le voir de là où ils étaient. Une marche de quelques petites minutes serait donc une nouvelle fois nécessaire pour les porter jusqu’à leur destination. Sur le chemin, Vince vit un panneau qui lui rappela un endroit qu’il aimerait bien visiter. Avec une voix qui dissimulait presque entièrement une excitation enfantine, Vincent proposa.

    – Y a l’aquarium aussi ! Tu préfèrerais le faire aujourd’hui ou demain ?

    Parce qu’il fermait tôt le bougre. Dommage. En tout cas c’était encore la matinée, même si elle arrivait bientôt à son terme, merci Soundwalker, merci NYPD, et comme ils avaient prévu de consacrer leur après midi et leur soirée à Luna, peut-être qu’ils pourraient aller à l’Aquarium avant. Après, leur programme n’était pas non plus gravé dans la pierre, c’est sûr. Mais Vince préférait avoir l’avis de son compagnon. Peut-être que les aquariums, ça le branchait pas tant que ça. Le Kansasais en tout cas adorait ce genre d’endroit. Mais en même temps, de la part d’un mec dont la chaîne préférée était Animal Planent, ce n’était pas très étonnant.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 15 Jan 2015 - 23:06 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
— Tssss…

Jace leva les yeux au ciel quand Vincent lui proposa de faire d’un nœud papillon le seul élément de sa tenue. Puis il se demanda si son petit ami était sérieux. Ensuite, il s’interrogea sur les jugements que Vincent pouvaient porter sur ses tenues. Puis il se mit à passer mentalement toutes ses tenues en revue, en essayant de se souvenir des réactions qu’elles avaient suscités chez le footballeur — lequel ne manqua pas de mettre un terme à cet exercice vain en lui rappelant que peu importaient les vêtements : qu’il plût ou qu’il ventât, il lui sautait toujours dessus.

N’empêche, cette histoire travaillait Jace. Alors qu’ils quittaient le métro, une part de l’esprit de l’adolescent songeait encore très sérieusement à prendre des cours de strip-tease sur YouTube — il devait bien y avoir des vidéos consacrés à la question. Ou alors à acheter l’un de ses sous-vêtements un peu étranges qu’il avait vu une fois, sur une vidéo porno, en l’une des rares occasions où il avait eu la curiosité de voir ce qui s’y passait. Mais il ignorait jusqu’au nom de cette accessoire.

Une autre partie de son esprit se consacra tout de même à des considérations plus chastes et moins dénudées.

— Proche, pas tant que ça, elle est un peu plus vieille que moi. Mais elle a invité pas mal de gens. J’connais plus ceux avec qui on pourrait passer l’Nouvel An, c’est ma tranche d’âge, tu vois. La Légion, c’est un peu comme la famille. J’les connais bien, mais on partage pas forcément des masses de trucs.

En même temps, Jace ne partageait rien avec personne par principe, quant il était question de sa vie personnelle et il avait fallu toute la patience d’un Qaletaqa ou d’une Prudence, sans parler de Vincent, pour lui arracher quelques informations éparses. Même avec son petit ami, il restait souvent évasif au quotidien, en dehors des grands moments de révélation, quand il était question de son passé, de ses amis, de ses aspirations.

Ils remontaient la rue en direction du parc et Vincent s’arrêta tout esbaudi devant un panneau auquel, très franchement, Jace n’aurait de lui-même pas prêté la moindre attention. Les animaux n’étaient pas sa passion numéro 1 et les aquariums lui avaient toujours paru des lieux relativement soporifiques — sans qu’il n’y eût jamais mis les pieds. Ce qui le fascina, ce fut l’enthousiasme de Vincent. Il considéra l’excitation enfantine de son compagnon d’un air tout attendri et il fit quelque chose que le Jace Roberts ne faisait pas souvent : il franchit d’un pas la distance qui les séparait et déposa un baiser sur sa joue.

Sa démonstration publique d’affection tout à fait exceptionnelle fut suivie d’un hochement de tête.

— On y va tout de suite, à l’aquarium, va.

Vincent lui aurait demandé avec le même enthousiasme de visiter une station de retraitement des eaux usées que Jace aurait accepté avec le même attendrissement. Les deux jeunes gens partirent donc voir les poissons — ou plutôt, pour ce qui était de Jace, voir Vincent voir des poissons. Ils pénétrèrent dans le bâtiment et une jeune et jolie hôtesse leur tendit leurs billets. Elle adressa un regard insistant et un sourire à Jace, qui le lui rendit par politesse. À vrai dire, ce genre de situations n’était pas rare pour le jeune héros photogénique et c’était peut-être ce qui avait développé son extraordinaire naïveté à cet égard. Alors que l’hôtesse le suivait du regard tandis qu’ils s’éloignaient pour retrouver le sens de la visite, Jace était toujours persuadé qu’elle avait fait preuve d’une simple courtoisie commerciale.

Incapable surtout d’imaginer que Vincent pût être jaloux — et encore moins quand il y avait tous un tas de méduses visqueuses à contempler dans les bassins —, Jace parcourait en toute insouciance le prospectus du lieu, ce qui lui prit très exactement deux secondes et treize centièmes, après quoi il le tendit à son petit ami, le plan mémorisé.

— T’sais qu’j’me demande de plus en plus sérieusement si ce serait pas une bonne chose de devenir végétarien.

Les conversations politiques ou morales n’étaient pas rares avec Jace — et les opinions du jeune homme étaient toujours clairement à gauche.

— D’abord, c’est plus écologique, ensuite, c’est plus éthique. Toi qui aimes les animaux, t’y as déjà réfléchi ? J’veux dire, j’me suis un peu renseigné, comme ça, en passant, et ça a pas l’air si compliqué. Surtout dans une grande ville, y a plein de magasins spécialisés.

Et Jace n’était pas particulièrement gastronome. Il imaginait mal se passer de certains produits, mais au fond, il savait bien que ça ne bouleverserait pas fondamentalement son existence. Ce qui le retenait, c’était surtout de n’avoir jamais pris le temps de considérer sérieusement la question.

(Comment ça, je me sers de mes personnages pour faire de la propagande ?)

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 12:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    L’avis que se faisait Vincent au sujet de la Légion s’adoucissait progressivement depuis qu’il avait rencontré un de ses spécimens électriques. Le jeune homme n’avait pas tardé à comprendre que l’organisation s’assimilait plus ou moins à une grande famille dans le cœur de Jace. Alors le barman avait modéré ses opinions sur le sujet. Avoir lui-même des pouvoirs et une vie qui se rapprochait de plus en plus de la vie héroïque que de celle d’un citoyen lambda aidaient beaucoup. Sans parler des sentiments qu’il avait développé à l’égard de Thunder.

    – Super, j’suis impatient de les rencontrer.

    Et il le pensait vraiment. L’enthousiasme pouvait se voir dans ses yeux alors qu’il regardait son petit ami. Vince n’était pas du genre à forcer les choses. Ces dernières semaines, il avait surtout essayé d’intégrer Jace à son groupe d’amis à lui. L’effort était assez conséquent pour ne pas mélanger les expérimentations sociales. Cela dit, maintenant que l’Alpha s’était fait une petite place dans l’entourage de Vince, celui-ci aimerait bien en faire autant. Le nouvel an et le mariage de cette Légionnaire pourraient être de bonnes occasions pour s’y mettre. En attendant, l’étudiant aimerait déjà traîner son compagnon dans l’aquarium de New York. La réaction du blond le surprit un peu. Jace ne l’habituait pas vraiment aux bisous en public, malgré la récente évolution de Vincent sur le sujet. Il lui lança un regard un peu surpris lorsqu’il reçut une réponse à sa proposition. Le jeune homme n’avait pas utilisé des arguments particulièrement percutants mais on dirait que le résultat était là. Chouette.

    Ce qui fut moins chouette, c’était de voir l’hôtesse d’accueil offrir à son petit ami un regard beaucoup trop équivoque pour être honnête. Vincent avait bien envie de se manifester en glissant sa main dans celle de son compagnon, mais cela aurait été un peu trop puéril. Il s’en abstint donc. Merci mademoiselle pour cet accueil qui, pour sa part, l’avait bien refroidi. Une fois dotés de tickets d’entrée, les deux garçons progressèrent dans le bâtiment pour se diriger vers les raies Manta, première escale de cette visite aquatique. Sur le chemin, Vincent observait son petit ami à la dérobée. Celui-ci semblait absorbé par le prospectus qu’ils venaient de recevoir. Rien n’indiquait qu’il avait remarqué l’intérêt qu’avait manifesté la jeune femme. Pouvait-il être aussi peu observateur ? En même temps, Jace n’avait jamais vraiment fait attention aux regards humides que pouvaient lui lancer certaines admiratrices, et plus rarement – heureusement – admirateurs. L’étudiant allait tenter d’en parler un peu lorsque l’Alpha lança une discussion politique/morale/culinaire. Tout ça.

    – Ben... c’est sûr qu’éthiquement, comme tu dis, ce serait idéal. Mais je me vois mal me passer de burgers, de hot dog, de barbecue ou de...

    S’il continuait comme ça, il risquerait de se donner faim.

    – C’est quand même marrant de parler de ça dans un aquarium... maintenant j’ai l’air irrespectueux.

    A moins qu’il s’agisse d’une stratégie psychologique de la part de l’Alpha.

    – Après, j’adore la nourriture végétarienne, c’est pas le problème. Mais... j’sais pas, je me suis toujours dit que ces animaux là, le bétail et tout, ils étaient là pour ça...

    Voilà un discours qui sentait bon le Kansas.

    – Perso j’essaie toujours de m’assurer que la viande que je consomme provienne d’une ferme respectueuse, tu vois ? Qui ne traite pas les animaux dans des conditions horribles.

    Et comme son budget n’était pas illimité, la viande faisait partie des plaisirs exceptionnels dans le régime de Vincent. En fait, il était déjà un peu végétarien en quelques sortes. Tout en continuant de débattre sur le sujet, les deux Supers s’approchèrent des vitres qui exposaient le bassin des raies, accompagnées de poissons, sûrement pour les empêcher de déprimer seules. Le barman se tût un instant pour les observer. Ca, c’était le truc qui lui avait manqué lorsqu’il vivait au Kansas : le contact avec le monde marin. Même simplement nager dans la mer. En grand enfant, il rêvait encore de barboter un jour en compagnie de dauphins. Même ici, nager avec des raies Manta pourrait lui plaire. Puis la conversation lancée par Jace lui revint en tête et il se demanda comment ces poissons pouvaient se cuisiner...

    – Après, j’t’avoue que si là, on me proposait de manger ce genre de poisson, j’aurais un peu la nausée. Cela dit, paraît que les plantes aussi sont vivantes en temps qu’organismes, les légumes, les fruits. Alors à ce compte là...

    Car il y avait les végétariens mais aussi les végétaliens et Vince avait même entendu parler de gens qui ne mangeaient que les fruits qui tombaient naturellement des arbres. Il trouvait tout cela un peu extrême... Lui ne se prenait pas la tête avec ce genre de considérations. Certes, l’Homme était doté d’une force morale, mais l’Homme restait un animal. Or dans la nature, les animaux se nourrissaient, lorsqu’ils le devaient, d’autres animaux et participaient à la chaîne alimentaire. Et puis surtout, un steak saignant, de temps en temps, c’était tout de même bon. Parallèlement, et peut-être paradoxalement, Vincent était contre la chasse, en tout cas dans leur société actuelle, en tant que passe temps. Qu’on chasse pour se nourrir car autrement, on mourrait de faim, ça il le concevait très bien et n’hésiterait probablement pas à s’y exercer si la situation l’exigeait. Mais pour le plaisir, il trouvait cela répugnant. D’ailleurs Vince s’abstenait de manger du gibier.

    – J’suis pas contre les limitations par contre, d’ailleurs on devrait limiter la consommation de viande en général... dans l’idéal. Mais l’arrêt complet... ça me parait un peu exagéré. C’est quand même un peu dans notre culture... Et aussi dans notre nature... enfin je dit ça, je ne suis peut-être qu’un sauvage...


(fais-toi plaisir)
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 14:56 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Les raies manta indolemment nageaient derrière la vitre. Jace se demandait si elles les voyaient. Lui essayait de les deviner — de deviner les nuances de leur système électrique. Il faut dire qu’à Star City, il n’avait pas l’occasion de croiser tant d’animaux que cela. Des chiens dans les rues, des pigeons, parfois quelques rats ou un chat égaré, et puis c’était tout. Il n’aimait pas aller au zoo, il trouvait ça déprimant, alors il n’avait jamais pris le temps, depuis que ses pouvoirs s’étaient développés, de vraiment les appliquer à une autre espèce que les êtres humains.

Évidemment, sa totale méconnaissance de la physiologie de la raie ne rendait pas l’exercice très fructueux. Tout du moins, il percevait les signaux électriques, à défaut de pouvoir les interpréter correctement. C’était donc une contemplation un peu particulière, hypnotique, comme un banc de lucioles qui aurait sous ses yeux dérivé dans l’eau, à laquelle Jace se livrait. Il lui fallut un moment pour se concentrer à nouveau sur leur épineuse conversation.

Plus il parlait, moins Vincent avait l’air convaincu par sa suggestion ; évidemment, plus il parlait, plus Jace se sentait persuadé de bien fondé de la chose (brave garçon). Pendant que son narrateur vegan digère son déjeuner, le jeune homme réfléchissait donc aux derniers arguments de Vincent. Après un moment, alors qu’ils se dirigeaient vers le bassin suivant, il reprit la parole.

— J’suis pas sûr que ce soit vraiment possible, de parler d’nature. J’veux dire, toi et moi, on est mal placé pour prétendre que l’éthique se fonde sur une nature humaine immuable. Même notre nature personnelle est instable, alors bon… D’façon, on vit dans un état d’culture, pas dans un état d’nature.

Si ses anciens professeurs de philosophie, qui avaient désespéré de l’intéresser jamais à leur matière, le voyaient à présent, ils n’en auraient sans doute pas cru leurs yeux — mais il fallait bien avouer que Jace était plus réceptif aux débats moraux et politiques concrets qu’à des considérations techniques, et creuses à ses yeux, sur l’impératif catégorique kantien ou la dialectique historique hégelienne.

— Et la culture, elle change. ‘Fin, elle doit changer. Sauf pour les Républicains de Washington qui…

Jace s’interrompit brusquement et posa un regard songeur sur Vincent. Une horrible possibilité se dessinait pour la première fois devant lui. Et si son petit ami était un Républicain ? Ou même un crypto-Républicain ? Un crypto-Républicain bisexuel qui vivait avec un artiste gauchiste et sortait avec un jeune super-héros Démocrate. Hm. Peut-être pas.

— C’que j’veux dire, c’est qu’j’ai l’impression qu’notre seule raison de pas l’faire, c’est une raison de confort.

Et le confort, quand on considérait l’intérieur relativement spartiate de Jace, ses heures d’entraînement et son incapacité chronique à « glander », « se la couler douce » ou « profiter de la vie », ne devait pas être une notion très perméable au jeune homme.

— Après, tu vois, ça me choque pas. C’est bizarre quand même. Qu’on puisse avoir une position morale intellectuelle qui soit pas émotionnelle. J’me demande si… Waaa…

Le requin-marteau venait d’éclipser cette intéressante objection au principe d’innéité morale, qui aurait dangereusement remis en cause la morale occidentale et la psychopathologie contemporaine. Je suis sûr que vous mourrez d’envie d’entendre cette belle réfutation de trois millénaires de philosophie occidentale mais hélas pour vous, Jace avait le nez collé à l’aquarium ou pas loin. Le requin, lui, n’avait pas l’air violemment perturbé par ces visiteurs fascinés. Une voix féminine s’éleva derrière eux.

— On l’appelle Sphyrna Mokarran. Il vit principalement dans les océans tropicaux. Là, il est en train de dormir.

C’était la guichetière, qui venait de se reconvertir en guide. Elle avait réussi à se faire remplacé et elle en avait profité pour traquer Jace dans les couloirs de l’aquarium. Toujours aussi naïf, Jace se retourna vers elle et avec un enthousiaste non feint, qui concernait le requin beaucoup plus que la jolie jeune fille, demanda :

— C’est vrai ? J’pensais qu’c’était une légende urbaine qu’les requins nageaient en dormant.
— Eh bien en fait…

La demoiselle — Carrie, disait son badge — baissa un peu la voix, pour pouvoir se rapprocher de Jace et poursuivre de près des explications dont l’érudition venait quasi exclusivement de la lecture répétée, pendant de longues heures creuses, des prospectus de l’aquarium, quand aucun client ne se présentait au guichet.

— On sait que les requins ont besoin que l’eau passe sur leurs branchies pour respirer, pour extraire l’oxygène. Du coup, ça marche quand ils bougent. On suppose que certains se laissent juste dériver sur le courant. On a l’impression qu’ils nagent, mais ils se laissent porter et c’est comme ça qu’ils se reposeraient. Mais c’est pas vraiment prouvé. Enfin, après tout, chaque être vivant a besoin de se reposer.
— Hmoui…

Pas lui. Jace esquissa un sourire un peu triste.

— Je suppose…

Et pendant que Jace continuait à suivre le requin des yeux, Carrie laissa son regard dériver vers les fesses de l’Alpha. Un succès qui ne se démentait pas.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 22:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Ha ha, différence d’opinions dans le petit couple, cela pourrait planter quelques piments dans leur relation. Vincent n’était cependant pas quelqu’un de particulièrement engagé. Surtout depuis que sa vie avait subit de profonds changements lui faisant revoir ses principes. Cela dit, le jeune Nash restait aussi un éternel pragmatique. Discuter de la théorie ne le dérangeait pas, mais quitte à dépenser son énergie en actions politiques, peut-être valait-il mieux la placer sur des sujets plus urgents.

    – Bien sûr, mais on est peut-être pas les meilleurs exemples au monde... J’veux dire tout le monde n’est pas comme nous. J’parlais de nature au sens large. Une nature qui a donc été influencé par plusieurs paramètres, y compris la culture. Si tu veux essayer d’empêcher l’Amérique de consommer leur traditionnelle dinde de Thanksgiving, je te souhaite bon courage. Cela dit, si on veut changer la nature, ou même la culture humaine, il vaudrait mieux commencer par des problèmes plus capitaux non ? Parce que si on veut que le monde entier devienne végétarien, faudrait le changer en profondeur. Et je ne peux m’empêcher de penser que, tant qu’à faire ce serait mieux de commencer par des problèmes qui me paraissent plus vitaux.

    La pauvreté, la faim et la soif dans le monde, l’écologie même, quoique réduire la consommation de viande aurait certainement un impact positif à ce niveau là. Le terrorisme, les guerres de religion, le traitement juste ou injuste des criminels... ce n’étaient pas les problématiques qui manquaient dans ce beau monde. Politiquement parlant, Vince n’avait jamais été très engagé. Sa famille l’avait habitué à penser à droite mais depuis qu’il vivait à Star City, ses idées se rapprochaient de plus en plus de la gauche, sans pour autant quitter son bord d’origine. Le tout le plongeait dans une perplexité qu’il jugeait inutile dans sa vie et qu’il se contentait de lancer au loin comme un ballon de football lorsque les périodes des élections s’éloignaient. Une attitude pas très responsable, mais ô combien plus apaisante.

    – Et si on part du point de vue selon lequel on devrait se débarrasser des conforts nuisibles et inutiles, nous n’avons pas fini. Il y a la surproduction de papier qui nuit aux arbres et tous les produits impliqués de près ou de loin aux déforestations. Le matériel électronique et informatique dont le recyclage est encore loin d’être parfait. Les transports en commun, même s’ils sont toujours mieux qu’une voiture par citoyen, c’est toujours moins éthique qu’un vélo. Tu vois, techniquement, il n’y a pas de limites aux conforts dont on pourrait théoriquement se débarrasser. Pour ma part, j’essaie de vivre sans chauffage, mais mon copain est plus frileux que moi...

    Du coup il avait reprit l’habitude de chauffer sa chambre quand Jace venait. Tout ça pour dire que Vincent était prêt à faire des efforts à bien des niveaux. Il en faisait d’ailleurs et pas seulement envers les animaux qui le nourrissaient. Il coupait l’eau pendant qu’il se brossait les dents. Cela faisait des années qu’il avait arrêté de prendre des bains au profit des douches. Le jeune homme se trouvait plutôt conscient et responsable de ses actes. A son sens, ce n’était pas les petites gens, comme on disait autrefois, qu’il fallait changer à coup de propagande végétarienne, mais le système de consommation et ses dirigeants. Les cantines, la restauration en général. C’était à ces échelles-ci que les choses devenaient problématiques. Et pour modifier les habitudes alimentaires de toute une espèce comme la leur, mieux valait y aller progressivement. Vince était bien placé pour savoir que certains Américains, beaucoup, sans doute, seraient prêts à tuer si on les empêchait de manger leur entrecôte. Ce serait provoquer une guerre civile pour un rien. Mais là on s’éloignait un peu de la simple discussion de départ.

    – Après j’pense que tu ferais un bon végétarien. En plus, avec ta célébrité, tu pourrais en influencer pas mal. Ça collerait bien avec ton image de...

    Puis Vincent réalisa que l’intérêt soudain de Jace pour le requin n’était pas feint du tout.

    – ...d’amoureux des requins, apparemment. termina-t-il pour lui-même.

    Marrant, de la part d’un type qui adorait les canards, Vince ne l’aurait pas vu s’émerveiller autant devant un prédateur comme ça. Bon après, les requins, c’étaient pas non plus es T-rex, leur réputation était surfaite. Mais ce n’était pas le pyromancien qui allait les défendre. La guichetière allait peut-être s’en charger. Le barman s’était posté à côté de l’Alpha, mais la vile prédatrice qui venait de refaire surface se mit de l’autre côté. Il se pencha un peu pour l’observait. L’étincelle de convoitise animait toujours le regard de la jeune femme. Et elle était jolie en plus de ça. Tabarnak ! Intelligente pour couronner le tout... enfin intelligente, elle s’y connaissait en requin, quoi. L’étudiant déplorait le sexe de cette rivale potentielle. C’aurait été un mec, il aurait pu se contenter de lui casser la figure, ou peut-être, plus raisonnablement, de poser une main possessive sur la hanche de son petit ami. Mais là, la compétition était féminine. C’était une première pour Vincent et il ne savait pas comment réagir... Mais non, c’était n’importe quoi ! Il n’y avait tout simplement pas de compétition. Il suffisait d’observer Jace pour voir qu’il ne portait aucun intérêt à cette allumeuse. Cependant, lorsque Vince surprit le regard de la demoiselle se poser sur les fesses de Jace, donc, par extension, les SIENNES, il n’y tint plus. Le jeune homme se rapprocha encore de l’Alpha, le collant presque. Puis il glissa sa main dans celle de son voisin et feignit – pas tellement en fait – son propre intérêt pour le requin.

    – Envie de nager avec lui, mon cœur ? Ca serait sympa non ? Parait que c’est cool de nager avec des requins.

    Pour la subtilité, on lui mettra un B. Pourtant, il prit soin de ne pas regarder l’autre greluche Celle-ci sembla pourtant vaciller dans sa détermination. Il ne lui fallut que quelques secondes pour décider d’abandonner voyant que sa cible était prise. Victorieux, Vincent tourna tout de même la tête pour la voir s’en aller. Une fois le danger écarté, il libéra la main de son compagnon, mais ne s’éloigna pas pour autant. Il aimait bien être tout près de Jace. Même de là, il pouvait sentir sa chaleur. Et il n’était pas nécessaire de rappeler qu’il l’appréciait beaucoup. Son regard se posa finalement sur le visage de ce bourreau des cœurs.

    – T’sais... j’suis content qu’on soit ensemble. On serait juste amis, j’aurais un mal fou à draguer à côté de toi...

    Pour se justifier, il fit un signe de tête en direction de la bimbo qui venait de s’arrêter sur le chemin de son guichet pour informer un père et ses deux enfants.

    – Désolé, mais elle t’a reluqué les fesses. J’pouvais pas lui casser la figure alors...

    Et là, le malaise arriva. La honte s’empara de Vincent et il baissa les yeux. Pour le coup il se sentait stupide et puéril. Le débat sur les végétariens lui manqua terriblement.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 16 Jan 2015 - 23:06 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Alors que Jace se demandait s’il y avait un rapport métaphorique entre le requin et lui — que par ailleurs il réfléchissait au cadeau d’anniversaire de Vincent — et au moyen de mener une campagne végétarienne qui ne choquât pas l’Amérique — et à la meilleure manière d’apprendre rapidement le coréen — et… bref, alors que Jace regardait le requin la main de Vincent se faufila dans la sienne et ce geste était si inhabituel pour eux que le jeune homme faillit sursauter. Il parvint tout de même à ne pas électrocuter son petit ami mais son regard passa du prédateur marin au prédateur pyrique.

L’adolescent ne tarda pas à relier les points. Le surnom affectueux était en trop. Et Vincent savait très bien qu’il ne nageait pas en compagnie. Le regard de l’Alpha quitta Vincent pour se poser sur la jeune fille. Il comprit à son regard ce qu’avaient été ses intentions, il remarqua qu’elle était jolie et supposa les raisons des ces soudaines démonstrations d’affection. Feignant d’être attendue à d’autres fonctions, la demoiselle s’éclipsa. Les doigts de Vincent libérèrent sa main.

Et Jace fut plongé dans une profonde perplexité. D’un côté, il éprouvait un net ravissement à avoir été traité comme une possession que l’on défend. Il y avait eu quelque chose de primitivement mâle dans le comportement de Vincent qui l’avait émoustillé. De l’autre, il était un peu froissé, sans très bien savoir pourquoi. Alors il fixait le requin qui, lui, n’en avait strictement rien à cirer, comme il se doit.

La dernière déclaration de Vincent fut cependant accueillie par un prompt regard choqué et un brusque :

— Pardon ?

Plus calmement, Jace rajouta :

— Tu plaisantes…

Sous-entendu : « j’espère ». La perspective que Vincent pût s’en prendre vraiment à quelqu’un pour un regard malencontreux, elle, n’avait rien d’émoustillant. Mais en voyant combien son petit ami semblait embarrassé, Jace supposa qu’il n’avait pas trop de raison de s’inquiéter — alors il se mit à envisager des raisons un peu plus profondes ou élaborées à l’attitude de son cher et tendre.

La remarque précédente surtout le laissait pensif. Ce n’était pas la première fois que quelqu’un lui soulignait son succès auprès de la gente féminine. La combinaison super-héros/physique athlétique/personnalité médiatique/gueule d’ange était assurément redoutable auprès d’une certaine partie de la population, celle qui ne courait pas après les bruns ténébreux ou les hommes à la virilité barbue. Le succès de Jace n’était pas universel mais il avait tout de même un bon contingent d’admiratrices régulières ou ponctuelles.

Et que Vincent eut besoin d’affirmer leur relation sous-entendait sans doute qu’elle n’était pas assez évidente. D’ailleurs, le jeune homme était encore là, tout à côté de lui, dans une proximité inhabituelle. Jace sentit son estomac se nouer alors qu’il se remémorait les reproches voilées de Christopher sur sa froideur en public. Assurément, ceux qui le voyaient avec Vincent dans la rue devaient être loin de deviner leur relation.

La main de Jace se glissa donc dans celle de Vincent.

— Viens, mon ange, ça continue par là.

Et Jace, sans lui lâcher la main, l’entraina à sa suite. Comme si de rien n’était, il entreprit de reprendre leur conversation laissée en plan à la découverte du requin.

— J’pense pas qu’ce soit seulement une question politique. C’est aussi une question éthique, t’sais, d’éthique personnel. J’veux dire, à la limite, c’t’un autre débat d’savoir si faut imposer ça aux autres, si faut des décisions publiques ou ce genre de choses. J’ai tendance à m’dire qu’on doit d’abord s’appliquer ses principes à soi-même avant d’se lancer dans les discours. Même si, j’suppose, c’est utile qu’des gens soient plus militants. Après, on est d’accord qu’y a des problèmes plus urgents…

Même si, tout bien réfléchi, la faim dans le monde était étroitement liée au carnisme — tout comme l’écologie.

— Mais c’pas comme s’il fallait choisir l’un ou l’autre. Ou, je sais pas, qu’il fallait militer pour tout c’qu’on croit juste. J’sais pas, si j’devais aller à une seule manif, entre l’droit des animaux, la gay pride et contre l’invasion d’un pays, j’irai à la troisième, mais ça veut pas dire qu’faudrait oublier les deux autres.

Ils étaient arrivés devant un bassin de poissons tropicaux impressionnants — pas par la taille, parce qu’ils n’arrivaient pas à la cheville du requin, mais par la diversité de leurs formes et de leurs couleurs. Après avoir suivi du regard l’un d’entre eux, plus chatoyant que les autres, Jace murmura, sans quitter l’aquarium des yeux :

— Tu sais, j’pense qu’tout l’monde a l’droit d’regarder mes fesses mais y a qu’toi qu’à l’droit d’les caresser.

Hélas, il n’avait pas entendu le couple de seniors alabamiens qui était arrivé après eux. En attendant ses dernières paroles, la vieille dame lui lança un regard outré — le mari, lui, avait plutôt l’air de sourire dans sa barbe. Jace rougit, baissa la voix mais poursuivit tout de même :

— J’devrais être plus chaleureux, pour que tu t’sentes plus en sécurité. J’suis désolé.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 18 Jan 2015 - 18:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Oui, bien sûr qu’il plaisantait... enfin, il l’espérait. La séductrice aurait été un homme, peut-être Vincent aurait-il réagit un peu plus vivement. Peut-être même violement selon la situation. Mais surtout, il s’en voulait de ne pas avoir fait confiance confiance à son petit ami. Dans un contexte inverse, il n’aurait pas spécialement bien pris la paranoïa de Jace, jugeant qu’il avait montré suffisamment d’affection pour ne pas avoir à justifier ses sentiments. Vince s’en voulait aussi de se sentir aussi rassuré alors que son cerveau lui hurlait qu’il avait agit bêtement et qu’il n’avait rien à craindre. Ce n’était pas non plus comme si leur relation était ordinaire. Le barman n’avait jamais rien connu de tel, encore moins avec une personne comme Jace. Il fallait donc qu’il agisse en conséquence.

    Bien sûr qu’il plaisantait...

    – Désolé...

    Le Vincent immature, puéril, coupable et plein de remords ne releva la tête que lorsque son petit ami lui prit la main. Il lui lança alors un regard surpris. Ce genre de contact ne faisait pas partie des habitudes de l’Alpha qui était plutôt discret en dehors des moments où ils étaient juste tous les deux. Pourquoi un tel revirement ? Incapable de trouver une réponse pour le moment, le pyromancien hocha la tête et adressa un sourire timide à son compagnon avant de le suivre pour la suite de leur visite. Le tout en reprenant la conversation engagée / ou pas, là où ils l’avaient laissée. La gêne de Vince étant encore présente, son argumentation fut un peu moins travaillée. D’ailleurs, il décala légèrement le sujet sur un thème plus général.

    – Tu penses vraiment que ça sert les manifestations comme ça ? C’est vrai que je n’en n’ai jamais faite, donc je ne peux pas très bien juger. Mais j’ai toujours eu l’impression qu’en dehors des périodes d’élections, cela ne serait pas à grand chose. Pour moi les slogans et autres pancartes changent rarement la trajectoire empruntée par un gouvernement.

    Mais comme il venait de le préciser lui-même, cette position ne partait que d’impressions. L’étudiant n’était pas quelqu’un de vraiment engagé et la politique ne l’intéressait pas plus que ça. Cela venait d’une habitude à se contenter d’apprécier le monde tel qu’il était en évitant les défauts. Une attitude qui évoluait progressivement et qui le conduirait peut-être un jour à se montrer plus militant. Pour le moment, dans sa petite bulle étudiante, Vincent n’avait pas trop l’impression de souffrir de gros problèmes contre lesquels il pourrait manifester. Cela ne voulait pas dire qu’il n’était pas au courant de certaines injustices. Mais comme les manifestations et autres mouvements populaires ne lui semblaient pas très efficaces, le jeune homme préférait se contenter d’étudier afin, justement, d’obtenir un semblant d’importance et de pouvoir changer les choses à son niveau. Pour ce qui était de Jace, il fallait dire que les choses étaient différentes. Après tout, il avait un poids médiatique beaucoup plus important et pourrait l’utiliser à des fins politiques. Mais Vincent se demandait si l’Alpha en avait vraiment conscience. Le jeune homme s’abstint toutefois de transformer son petit ami en arme révolutionnaire et laissa son esprit se détendre en observant les poissons multicolores qui nageaient dans le nouveau bassin qu’ils découvrirent. Le pyromancien conserva son regard sur les poissons tropicaux lorsque Jace soutint que tout le monde avait le droit de regarder ses fesses. La petite précision technique qu’il apporta quant à l’habilité à les toucher le fit brièvement sourire. Ok, mais ce n’était pas parce qu’ils avaient le droit qu’ils devaient le faire. L’étudiant poussa un silencieux soupir, il se sentait toujours embarrassé... et en même temps il se sentait dépassé par le nombre de prétendantes et prétendants qui pourraient essayer de lui arracher son petit ami. Objectivement, parmi ces milliers (et encore, on reste raisonnable) de concurrents potentiels, il y en avait certainement plus d’un et d’une qui pourrait surpasser Vincent sur un, plusieurs ou tous les domaines. Les pensées défaitistes de Vince l’empêchèrent de voir ce couple qui avait surpris l’intervention de Jace portée sur ses fesses. Il ne comprit donc pas ce qui pouvait faire rougir son partenaire. Lorsqu’il se tourna vers le blond, il pensa alors qu’il était responsable de son malaise et que le contact de leurs mains en public le dérangeait vraiment. Il reprit aussitôt la sienne.

    – T’as pas à... t’as pas à faire des efforts. J’veux dire... si t’as pas envie d’être plus chaleureux ou si ça te gêne, tu ne devrais pas te forcer.

    Il avait dit ça avec diplomatie, sans s’énerver ou même montrer sa résignation.

    – C’est à moi de m’habituer... J’veux pas que tu fasses un truc que tu veux pas faire.

    Et il voulait encore moins que Jace se prenne la tête pour calmer la paranoïa d’un Vincent pas sûr de lui. Le jeune homme se sentait encore mal à l’aise d’avoir autant gêné son compagnon. Pour essayer de le rassurer, il eut un timide sourire. Timide mais enthousiaste. C’était toujours mignon de savoir que son copain s’inquiétait de ce qui pouvait se passer dans la tête de sa moitié.

    – Alors, c’est lequel ton préféré ? J’aime bien leurs poissons-anges moi.

    Parce que les poissons, c’était du solide pour reprendre une conversation normale. Puis Vince se rappela de l’origine de la discussion plus politique qu’ils avaient entamée et tenta de s’y raccrocher comme un radeau.

    – En tout cas, y aura pas trop de problèmes à l’appart si tu veux devenir végétarien. J’achète pas souvent de viande et Jason n’en mange que chez ses parents. Holly s’en fiche tant qu’on ne l’empêche pas de manger les chips et les pizzas qu’elle veut.


 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 18 Jan 2015 - 23:12 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
— J’sais pas si c’est à ça qu’ça sert.

Jace continuait la conversation pour offrir une porte de sortie à Vincent, désormais, beaucoup plus que par intérêt véritable. Le malaise de son compagnon était sensible et le jeune homme, lui, était un peu désemparé. Il avait essayé de le rassurer mais il avait l’impression que son geste n’était pas des plus efficaces. Est-ce qu’il s’y prenait mal ? Est-ce que Vincent avait finalement honte d’être vue ainsi en public ? Jace avait le sentiment d’avoir manqué une étape, d’avoir oublié un facteur important dans ses calculs et de faire preuve d’une insigne maladresse.

Le silence que leur conversation politique ou maritime occultait lui nouait à chaque seconde un peu plus l’estomac. Pour une fois, le mutant avait l’impression de vivre avec Vincent une situation comparable à celles qu’il avait si souvent expérimentées aux côtés de Christopher : une situation d’incompréhension muette et à moitié soupçonnée, un décalage incompréhensible qu’il ne parvenait pas à combler.

— J’me dis, les manifs, c’est d’abord pour donner du courage aux autres, pour réunir les gens, pour les mettre en contact, pour créer des groupes, ce genre de trucs, avant d’adresser un message au gouvernement. Mais bon, c’est pas non plus ma grande spécialité, l’militantisme.

Il était curieux de politique, très curieux même — il s’informait et il essayait de se constituer une opinion sur les sujets secondaires comme sur les plus importants mais son implication s’arrêtait là.

Vincent reprit la parole. Cette fois, il n’était plus question de politique. La main de Vincent l’avait quitté. Et Jace fut un peu vexé que son compagnon repoussât son geste d’affection sous le prétexte qu’il ne devait pas faire d’effort. Depuis quand leur relation était-elle fondée sur l’illusion dangereuse que les choses devaient « se faire toutes seules » « naturellement » et « sans effort » ? Ils s’étaient au contraire toujours promis de chercher activement et volontairement des solutions à leurs problèmes.

Jace enfonça les mains dans ses poches, haussa les épaules quand Vincent lui demanda quel était son poisson préféré et lâcha un « Super » typiquement adolescent quand il lui annonça qu’il pouvait devenir sans difficulté végétarien.

Tic. Tac.
Tic.
Tac.

— Ça m’saoule.

Boum.

— C’est quoi, l’problème ? Tu m’fais pas assez confiance, alors j’te montre qu’ça m’dérange pas qu’les gens sachent cash que j’suis avec toi et quand j’le fais, tu m’jettes en m’accusant d’être pas assez chaleureux.

Ce n’était pas exactement, littéralement, ce que Vincent avait dit mais c’était en tout cas ainsi que Jace l’avait interprété. Cela dit, ce que Jace avait conçu d’abord comme un discours de reproche avec des accents beaucoup moins accusateurs qu’anxieux. Comme souvent, l’adolescent se sentait démuni devant sa relation avec Vincent. Son inexpérience lui faisait craindre la répétition des erreurs du passé et, lorsqu’un problème était beaucoup trop fluide et vague pour qu’il pût le saisir clairement et le résoudre par des gestes ou des discours bien pensés, il se sentait pris au piège.

— C’pas ma faute à moi si j’me fais draguer. En plus, j’avais rien vu. J’vais pas m’mettre à porter des baggy pour que personne me mate le c…

Jace ne finit pas sa phrase et baissa la voix, même s’il ne parlait pas particulièrement fort.

– À Central Park tu m’demandes si j’me fais pas chier et si j’ai pas envie d’aller voir ailleurs pour me dépayser, là tu m’dis qu’j’suis froid et coincé, j’dois vraiment pas être fun comme copain.

Cette fois-ci, le ton était clairement découragé. La lèvre inférieure de Jace commençait à trembler un peu, alors inspira profondément, pour ne pas se mettre à pleurer devant les poissons-anges, qui en effet étaient fort beaux.

— J ‘sais pas moi… J’te dis qu’j’vois mon avenir avec toi, j’te dis qu’je t’aime, j’t’embrasse dans la rue, on est en week-end en amoureux, ça me parait, je sais pas, ça me parait chaleureux, quand même. Je sais qu’j’intellectualise et… que j’suis pas romantique. Mais… mais… Le billard, c’était romantique, comme cadeau, non ?

Personnel, fabriqué de ses mains, fruit de longues heures de travail et de réflexion.

— Moi… Moi, si tu m’disais que maintenant, on part à Vegas pour se marier, j’te dirai oui sans hésiter. J’sais pas, demande moi une preuve, n’importe quoi. J’t’embrasse au journal de 20 heures, si tu veux. C’est pas un effort. Enfin si, mais pas à la fin, pas pour de vrai. J’suis content qu’les gens sachent que j’suis avec toi. J’suis, genre, fier. Mon copain, c’est un canon, intelligent et gentil, tu parles si j’avais envie que tout l’monde soit au courant. Si j’te mets pas une main au cul quand on marche en public, c’est pas pour m’laisser des portes ouvertes, c’est juste une question d’intimité.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
Dir will ich abfahren
 
Page 3 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  SuivantRevenir en haut 
Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_6Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_8


Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_1Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_2_bisDir will ich abfahren - Page 3 Categorie_3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_6Dir will ich abfahren - Page 3 Categorie_8
Sauter vers: