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Dir will ich abfahren

 
Message posté : Jeu 8 Jan 2015 - 23:51 Message
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Message posté : Ven 9 Jan 2015 - 0:41 Message
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***

27 décembre 2014

— … ‘suis désolé…

Jace adressa un sourire piteux à son petit ami. Assis par terre dans un coin, dans la chambre aux rideaux tirés, la tête appuyée contre le mur, collé contre Vincent, l’adolescent entreprenait depuis plusieurs minutes de mettre de l’ordre dans ses pensées. New York, c’était la porte à côté — le port à côté, plus précisément, et pourtant, force lui avait été de constater que les réseaux de la métropole étaient très différents de Star City.

Son esprit avait dû se faire à d’autres antennes relais, à d’autres super-ordinateurs, à d’autres centrales d’appel, à d’autres… il ne savait pas trop. C’était un peu comme rallumer un téléphone après avoir traversé une frontière : il fallait un petit temps d’adaptation. Jace n’avait jamais quitté Star City que pour aller en Sibérie, loin de toute effervescence télécommunicatrice. En tout cas, depuis que sa cyberpathie s’était pleinement développée, l’adolescent était resté cantonné à l’environnement familier de Star City.

Depuis qu’ils étaient descendus du bateau, sa migraine n’avait cessé d’empirer et, maintenant qu’ils avaient rejoint l’hôtel, confortable sans être luxueux, que Vincent et lui avaient réservé à peu près deux semaines plus tôt, lorsqu’ils s’étaient décidés à s’offrir un week-end à deux à New York pour célébrer Noël, ils restaient assis par terre dans l’obscurité, le temps pour lui de se reprendre.

Évidemment, Jace s’en voulait de commencer leur séjour de cette façon. Heureusement, la migraine commençait à se dissiper.

— Heureusement qu’on a pas commencé par Kuala Lumpur, sinon, t’aurais fait du tourisme tout seul.

L’adolescent tourna la tête pour déposer un baiser sur la joue de Vincent, avant d’assurer :

— Allez, ça va mieux.

Pas assez pour se relever ouvrir les rideaux, alors la lampe de chevet la plus proche s’alluma toute seule.Jace se pencha pour tirer à lui le gros sac à dos où il avait empaqueté ses affaires pour le weekend. Il farfouilla dans la poche avant et en tira le guide fait maison qu’il avait compilé à partir d’Internet, en recueillant les informations nécessaires aux visites que Vincent et lui avaient prévu. Il y en avait pour beaucoup plus que leur court séjour ne le permettrait pas, mais ils avaient voulu se donner du choix.

Ils étaient partis tôt ce jour-là et comme New York était à côté, il leur restait encore toute la matinée. Le parc d’attraction devait constituer le plat de résistance du séjour mais Jace n’avait rien contre des excursions annexes. De nouveau calé dans les bras de Vincent, il feuilleta avec lui le livret.

— Tu veux aller où en premier ? J’pensais qu’on pourrait aller au parc c’t’aprem et tout demain. Ça nous laisse quand même quelques heures. Après, j’me rends pas forcément compte du temps qu’ça prend de s’déplacer.

Il voulait dire par là qu’il avait plus l’habitude d’estimer les distances et donc les temps de trajet à vol d’oiseau — ou de Thunder — qu’à partir des méandres du métro. Même si, depuis qu’il était avec Vincent, il avait rappris les rudiments des trajets terrestres.

— Bon, on laisse tomber les musées, hein, c’t’un peu chiant.

Il se tourna pour voir le visage de son compagnon et ouvrit tout de même la porte à tout hasard à d’éventuelles et inédites volontés artistiques de Vincent.

— ‘Fin, sauf si tu veux, bien sûr…

Mais il savait qu’il ne prenait pas trop de risques en le lui proposant.

— Mais genre, j’me disais, Time Square et Central Park. Ou l’un des deux.

Il y avait les grands stades aussi, mais ça, ils auraient toujours le temps d’y revenir à l’occasion d’un match.

— C’t’un peu cliché, j’sais bien, mais en même temps, l’idée d’faire un truc typique avec toi, c’est… j’sais pas, ‘fin, tu vois, quoi…

Lumineuse explication.

Jace corna machinalement une page de son guide, avant de suggérer tout bas :

— … romantique ?
 
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Message posté : Ven 9 Jan 2015 - 21:48 Message
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    New York City, ville magnifique et horrible à la fois. Symbole du rêve américain. Vincent y était déjà venu quelques fois. Avec Gareth et Lisa, pour un concert. Pour l’université afin d’assister à quelques colloques et autres séminaires. Mais là, pour la première fois de sa vie, il y venait en amoureux. Et la première chose qu’il fit en tant qu’amoureux sur la terre New Yorkaise fut de s’asseoir par terre dans la chambre d’hôtel qu’ils avaient réservée et de prendre son petit ami dans les bras pour l’aider à s’adapter au climat informatique de cette nouvelle ville.

    S’il n’était pas encore très à l’aise avec toutes ces histoires de pouvoirs et de particularités mutantes, Vince était par contre très doué pour prendre soin de ceux qu’il aimait. Ainsi, la migraine de Jace reçut un traitement de choc composé d’amour, de baisers sur le front, de caresses dans les cheveux, de mots doux et réconfortants. La crise commençait à passer, mais il fallut alors composer avec la culpabilité de l’Alpha. Le barman arbora alors un sourire rassurant. Il s’en fichait de passer les premières heures de son weekend tapis dans une chambre d’hôtel. C’était un moment difficile pour Jace et il était ravi d’être là pour lui. Bon certes, dans l’idéal, il préfèrerait que son compagnon ne soit pas la victime de telles perturbations sensorielles, mais l’étudiant savait maintenant qu’on ne pouvait pas toujours tout avoir. Quoiqu’il en soit, il était prêt à faire avec tous les contrecoups des pouvoirs de son copain. Parce qu’il le valait bien. Même plus que bien.

    – Kuala Lumpur ? Vraiment ? Ca te tente ou bien tu dis ça juste parce que leurs réseaux informatiques et électriques te font peur ? Perso j’suis plus porté sur le Tibet...

    Mais de toute façon, s’il devait aller en Asie un jour, ça ne serait pas pour visiter ses grandes villes mais plutôt ses beaux paysages... Sauf peut-être Tokyo... par curiosité. Mais l’heure n’était pas à prévoir de grands voyages. Il fallait déjà qu’ils survivent à celui-ci. Pas question de brûler les étapes. Pourtant Jace, déclara qu’il allait mieux, mais Vince n’en n’était pas bien persuadé. Sa voix lui semblait encore un peu faible par rapport à l’énergie qu’elle dégageait habituellement. Cela n’empêcha pas l’Alpha de faire le grand et d’aller chercher son guide pour établir une stratégie afin de rattraper ce petit contretemps technique. C’était tout lui ça.

    – J’propose Central Park. Time Square m’a l’air plus cool la nuit. C’comme l’Empire State Building... j’pense que la nuit ça serait plus cool. Plus romantique...

    Il réalisa alors que Jace semblait embarrassé par la notion de romantisme. Le concept le rendait timide ? Il avait peur de paraître bête ou bien pensait-il que Vince n’était pas un romantique ? Hum...

    – Mais d’abord...

    Vincent s’extirpa des bras de son petit ami, lui prit le guide des mains pour le poser sur une table de nuit. Il incita ensuite délicatement le blond à se relever et l’amena avec lui près du lit. L’étudiant se pencha ensuite pour libérer les couverture de son sac qu’il avait jeté là en arrivant pour mieux s’occuper de son amoureux. C’est ce même amoureux qu’il fit s’allonger sur le lit avant de l’y rejoindre. Même en restant habillé, c’était important d’inaugurer le lit d’une chambre d’hôtel. Toutefois, là, il cherchait surtout à forcer son héroïque compagnon de voyage à prendre encore le temps de se reposer. Une fois son patient installé, Vince s’allongea à ses côtés, habillé lui aussi (pour une fois) et sur le côté, il observait son petit ami d’un regard tendre et protecteur

    – Avant de faire des trucs typiques ou atypiques, romantiques ou pas romantiques, tu vas encore prendre une minute ou deux pour te reposer et je refuserai de quitter cette chambre tant que je ne serais pas convaincu que tu vas mieux. Tant pis si ça prend tout le weekend, je bougerai pas... même s’il y a le feu.

    Une pointe de malice s’invita dans son regard. Vincent leva ensuite une main pour caresser la joue de Jace avant de l’embrasser sur le front. Il se mit ensuite sur le dos, prit la main de l’Alpha dans la sienne et s’empara du guide à l’aide de l’autre.

    – Tu sais... j’y avais jamais vraiment pensé, même après t’avoir rencontré mais s’il y avait un endroit où j’aimerais pouvoir voler, c’est bien dans New York. Regarder la statue de la liberté face à face dans les yeux, ça doit être cool quand même... Bref... Ok pour le parc d’attraction c’t’aprem et demain. Mais si ta tête va pas mieux on restera dans un endroit calme. Pas question que tu serres les dents sur les photos.

    Car oui, il avait cédé à Jason et avait accepté de prendre son appareil photo pour prendre quelques clichés. Pas le tout dernier que ses parents lui avaient offert pour Noël, bien sûr, celui que l’artiste c’était acheté il y a deux ans. Jason s’achetait un appareil à peu près tous les deux ans. C’était le moins que Vincent puisse faire sachant qu’il n’allait déjà pas mettre un seul pied dans tous les musées que son colocataire lui avait intimé de visiter.

 
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Message posté : Dim 11 Jan 2015 - 0:21 Message
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— J’sais pas. J’sais pas même c’qu’il y a à voir, à Kuala Lumpur.

Il savait où c’était et c’était déjà beaucoup pour un Américain. Mais Jace savait bien des choses sur beaucoup de sujets : il n’était pas un point de comparaison très pertinent.

— Le Tibet, c’est bien.

L’adolescent attrapa la main de son petit ami pour se relever et se laissa mettre au repos forcé, l’esprit tourné vers les longs voyages qu’ils feraient un jour, peut-être. Pour l’instant, si la situation financière de Jace devenait de plus en plus confortable, à mesure que ses talents intellectuels uniques le rendaient essentiel à l’équipe juridique qui l’avait accueilli, ses finances étaient loin de pouvoir supporter un périple aussi lointain.

Pour l’heure, Jace se fit encore dorloter, tandis que son petit ami le couvrait de paroles rassurantes. Il aimait bien ça. Ne pas jouer au super-héros. Se laisser faire. Ça ne durait jamais très longtemps mais ces moments de répit avaient assurément toute leur importance. L’adolescent tourna la tête vers son compagnon, sur l’oreiller. Puis il roula sur le côté pour se caler de nouveau dans ses bras et resta ainsi plusieurs minutes, longues et rassérénantes, le temps de se remettre d’aplomb.

Heureusement qu’il ne dormait plus, sans quoi il se fût sans doute assoupi. À la place, il tenta :

— On y va ?

De fait, il se sentait bien mieux et une bonne demi-heure plus tard, après avoir affronté le métro new-yorkais, les deux jeunes gens se promenaient dans les allées de Central Park. À bien des égards, le parc ressemblait à ceux que Star City comptait parmi ses plus grands mais savoir que l’on était au cœur de New York, dans un endroit si souvent évoqué dans les films et les séries que Jace regardait de temps à autre, donnait une toute autre saveur à la promenade.

Les mains dans les poches, Jace regardait les joggueurs.

— Tu as déjà songé à étudier à l’étranger ?

Vincent et lui n’avaient jamais beaucoup parlé des voyages et des envies d’ailleurs. Une fois, Jace avait évoqué, très rapidement, ses rêves de dépaysement, sans s’étendre sur la question. À l’époque, il ne se voyait pas quitter Star City. Vincent lui avait appris à revoir ses priorités et l’équilibre dans lequel il pouvait maintenir sa vie héroïque et sa vie personnelle. La plaisanterie sur Kuala Lumpur, puis le Tibet, avait ramené ses pensées vers de semblables considérations.

— Tu sais, genre, un an en Europe. Ça se fait pas mal, si j’ai bien compris.

Jace n’était pas très, très au courant des projets d’avenir de Vincent. Le sujet avait été sensible depuis qu’ils se connaissaient et Jace avait jugé prudent de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Le barman avait paru convaincu que l’apparition de ses pouvoirs sonnait le glas de ses projets de carrière, quels qu’ils eussent été, et Jace ignorait s’il projetait de continuer ses études encore longtemps, de trouver un emploi, où et lequel.

Alors il n’était pas très sûr de lui en abordant le sujet. Mais il souligna quand même :

— Parce que la Légion a des bases un peu partout, finalement…

Autrement dit : il était prêt à quitter pour un an sa famille, ses amis, son équipe, pour suivre Vincent de l’autre côté de l’océan. Il avait dit cela en regardant un peuplier, sur un ton faussement dégagé, comme il le faisait souvent, pour les choses importantes. Les sentiments ou les preuves d’amour, Jace avait deux méthodes de prédilection pour les dispenser : les logorrhées nerveuses qui éclataient comme le déluge en pleine crise de couple ou les « j’dis ça, j’dis rien ».

— ‘Videmment, rien ne t’oblige à continuer tes études. C’est pas moi qui vais t’pousser si t’as pas envie, c’est sûr.

Lui avait fui l’université alors que ses aptitudes l’y dirigeaient.

— Moi, en tout cas, j’commence à m’ennuyer. Au travail. C’est…

L’adolescent haussa les épaules, avec un air résigné.

— Inévitable ? Je suppose.

Avec sa super-intelligence, il avait besoin de défi constant. Sa courbe d’apprentissage plus que rapide avait rapidement épuisé la matière qui s’offrait à lui au cabinet d’avocats et il commençait déjà à sombrer dans des automatismes dont la répétition, il le sentait bien, était assez dangereuse pour ses nerfs.

Ce n’était pas la première fois qu’il évoquait son ennui, du reste. Souvent, quand Vincent travaillait à côté de lui, pour ses études, Jace lisait un livre — jouait à un jeu vidéo — surfait sur Internet en connexion directe et il était rare que l’une ou l’autre de ces activités parvînt à le faire tenir en place plus d’une demi-heure. L’adolescent était pourtant loin de se rendre compte combien ce besoin permanent de changement pouvait être propice aux inquiétudes de celui qui partageait sa vie et qui se demandait peut-être s’il ne risquait pas devenir bientôt, lui aussi, une histoire fastidieuse pour le superhéros avide de nouveauté.
 
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Message posté : Dim 11 Jan 2015 - 14:42 Message
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    Lentement, Jace reprit des couleurs. Son état s’améliorait visiblement, mais Vincent ne savait pas s’il n’était pas encore un peu faible ou gêné par sa migraine. Par prudence, il décida de laisser son petit ami dire quand il se sentait prêt. Lorsque ce fut le cas, le barman n’opposa aucune objection, rien de ce qu’il avait sous les yeux ne lui indiquait que le jeune mutant se sentait encore mal. Il savait que sa capacité à se régénérer le préservait de nombreux maux, mais cela ne devait pas l’autoriser à souffrir gratuitement pour autant. C’était un peu paradoxale, mais ce pouvoir de guérison automatique rendait Vincent encore plus protecteur vis à vis de Jace. Comme s’il mettait un point d’honneur à faire en sorte que son copain souffre le moins possible. Déjà qu’il devait certainement avoir son compte avec ses activités de Légionnaire. Mais à ce niveau, le blond s’abstenait sûrement de s’étendre sur le sujet. Dans l’immédiat, Vince était rassuré. Il se leva donc avec enthousiasme et les deux garçons se rendirent à Central Park.

    L’étudiant s’y était déjà rendu. Pour un pique nique avec ses amis. Mais il n’avait pas eu le temps de s’y promener d’avantage car à la fin du repas, ils avaient réalisé qu’ils étaient très en retard. Aujourd’hui, il avait le temps. Et surtout il était avec quelqu’un de spécial. Ca vous change un lieu, ce genre de détail. Les deux garçons avançaient côte à côte. Le regard de Vincent se perdait dans le paysage et parfois au loin sur les gratte ciels qui dépassaient des arbres. L’endroit était assez vert et vaste pour lui faire oublier qu’ils étaient dans une grande ville, mais le paysage le lui rappelait. Bizarrement, lui qui aimait la nature n’en fut pas attristé. Sans doute parce qu’il savait qu’il n’était pas chez lui, qu’il visitait... ou simplement parce qu’il était avec Jace. Celui-ci profita de leur promenade pour parler d’études à l’étranger. Il précisa que lui pourrait éventuellement voyager car la Légion avait de multiples bases. Le barman prit quelques secondes pour réfléchir à la question. Avant octobre, l’idée de partir étudier à l’étranger lui paraissait horrible. Star City étant déjà bien éloignée de son foyer. Mais maintenant, les choses étaient différentes. En plus il maîtrisait mieux ses pouvoirs... et si Jace envisageait de partir avec lui, pourquoi refuserait-il ?

    – J’y avais jamais vraiment pensé... tu pourrais partir aussi ? Avec moi ?

    L’alternative le touchait pas mal.

    – J’suppose que je pourrais... Après j’parle pas beaucoup de langues donc le choix serait limité. Alors à part l’Espagne... oh après y a le Royaume Unis et l’Irlande mais... j’ai peur de déprimer par manque de soleil... Enfin c’est ptet juste un préjugé ça...

    Et les préjugés, il en avait déjà piétiné un certain nombre ces derniers temps.

    – Mais j’pourrais me renseigner. A la rentrée alors... j’crois qu’il faudrait que je fasse vite. Surtout qu’après l’an prochain, ça sera ma dernière année et je sais pas si c’est possible de l’utiliser pour étudier à l’étranger... Au pire, un seul semestre... Je verrais en janvier.

    C’est vrai que du coup, si Jace venait avec lui, il n’avait aucune raison de rester... si ce n’était l’habitude. On ne pouvait pas dire qu’il s’était enraciné de bon cœur à Star City. En parlant de s’enraciner, les racines professionnelles de Jace commençaient apparemment à l’ennuyer. Vince eut un petit sourire. C’est vrai qu’il ne tenait jamais en place celui-là. Ils en avaient déjà parlé un peu, de ce besoin constant de changement intellectuel.

    – Tu peux toujours changer de boulot. J’t’ai dis, c’est pas avec ton pédigrée que tu vas te retrouvé bloqué. Sauf si tu veux faire dans le trafic illégal, mais mon ptit doigt me dit que ça te tente pas vraiment.

    Ils arrivèrent alors sur un pont qui offrait une vue magnifique sur le reste du parc ainsi que sur le paysage urbain qui dominait au loin. Vince s’arrêta un instant pour s’appuyer sur la rambarde et observer la vue. Ok, objectivement parlant, c’était assez romantique. Même avec ce climat hivernal. Soudain, une pensée pessimiste frôla son esprit. Jace s’ennuyait facilement à son travail. D’après ce que Vincent avait compris, il avait rapidement gravit les échelons jusqu’à se trouver des tâches qui l’intéressaient assez. Le cabinet l’avait même laissé s’occuper de quelques affaires comme la triste histoire du Bohnson Building. Et si cet ennui inévitable ne concernait pas que son travail ? Le barman ne put s’empêcher de faire un parallèle entre l’évolution professionnelle de son petit ami et celle de leur relation. Elle aussi s’était développée plutôt rapidement. L’Alpha avait déjà une clé de son appartement... Même sexuellement, les choses allaient vite, en tout cas par rapport à ce que Vincent avait connu auparavant, ce qui n’était peut-être pas non plus une comparaison valide. Mais si l’ennui venait s’installer dans leur couple ? Jace l’avait dit lui-même, il avait l’impression que cela faisait dix mille ans qu’ils étaient ensembles. C’était long, quand même. Accoudé sur le pont, Vincent fixait désormais l’horizon sans vraiment le regarder. Il se décida finalement à quitter le silence contemplatif qu’ils venaient tout juste de débuter.

    – Jace ? Si... si tu t’ennuyais avec moi, tu me le dirais, pas vrai ?

    Puis il s’en voulut un peu de gâcher ce moment. Embarrassé, il se tourna pour s’adosser à la barrière et après avoir laissé un joggeur s’éloigner, il précisa.

    – J’veux dire... T’as tout le temps besoin de changement... de passer à autre chose... de faire des projets... Et c’est très bien, hein ! C’est juste... des fois j’ai l’impression qu’un jour, demain ptet, tu voudrais faire un truc sans moi... avec quelqu’un d’autre.

    Pour une fois, la vitesse l’effrayait mais pas dans son sens. Pas par peur de ne pas être prêt, mais par celle d’être trop lent. Ou plutôt celle d’avoir un petit copain dont l’esprit – et le corps sans doute – avait toujours besoin de plus...

 
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Message posté : Dim 11 Jan 2015 - 15:16 Message
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— Évidemment.

Évidemment, qu’il partait avec lui. Évidemment — ça n’avait rien d’évident. Jace était très attaché à Star City : c’était sa ville natale, la ville où il avait grandi, celle de ses parents, de ses amis, de la Légion des Étoiles, de Star High, de la Team Alpha. Partir à l’étranger, même s’il retrouverait la Légion dans tous les pays où Vincent était susceptible de suivre son cursus, c’était tout abandonner. Si d’un côté Jace avait toujours rêvé de voyage, toujours eu l’envie de découvrir de nouvelles cultures, de l’autre, il était étroitement attaché à Star City.

La proposition qu’il avait faite à Vincent lui avait demandé bien du courage. Il en avait parlé souvent avec ses amis, des voyages. Avec Qaletaqa, avec Christopher, avec Prudence. Sans jamais faire plus qu’en parler. Prudence et lui avaient bien commencé à méditer un projet pour l’été prochain, quelques mois plus tôt, mais c’était un projet toujours un peu lointain, pour Jace. La discussion avec Vincent, il la sentait bien plus concrète. Mais il ne voulait pas se laisser dominer par ses doutes.

— Tu peux aussi aller dans un pays où ils donnent des cours en anglais. Et tu apprendras la langue sur place, sur le tas. ‘Fin, je suppose.

Jace ne se rendait plus très bien compte des difficultés inhérentes à ce genre d’apprentissage. Il lui fallait un petit mois de travail pour maîtriser une nouvelle langue, peut-être moins, maintenant qu’il ne dormait plus et qu’il avait beaucoup de temps à consacrer à de semblables apprentissages.

— Au début, j’pourrai toujours servir d’interprète.

Et puis de ce qu’il en savait, Vincent était loin d’être le dernier des demeurés, alors tant qu’il ne se lançait pas dans la périlleuse entreprise d’apprendre le chinois, le russe ou l’arabe, ça devait être possible. En tout cas, l’idée était lancée. Jace hocha la tête quand Vincent prit la décision d’enquêter sur les possibilités à la rentrée hivernale.

Ils atteignirent un pont. Jace s’accouda à la balustrade et regarda l’eau s’écouler. Il avait eu un sourire amusé quand Vincent avait écarté sa carrière de trafiquant et le sourire était devenu songeur. Qu’avait-il envie de faire ? Il avait pris beaucoup de plaisir à fabriquer le billard de son petit ami, pour Noël, et en travaillant le bois et les mécanismes, il avait presque regretté de ne pas s’être décidé à suivre son projet initial : ouvrir un magasin de jouets.

Pour la première fois cependant, d’autres considérations prenaient le pas sur ses pures envies. Financières, surtout. Le droit, ça rapportait pas mal — et avec ses capacités, il était prêt à toucher beaucoup, rapidement. Vincent avait des études à faire, ils montaient des projets de voyage et Jace avait envie de combler son petit ami. Tout cela exigeait des ressources. Et si Vincent n’était pas du genre à accepter sans ciller que son compagnon assumât les frais de leur vie à deux, ce dernier avait du mal à tirer un trait sur les perspectives d’une carrière lucrative.

Il ruminait ces considérations quand la question de Vincent le prit de court. Jace quitta des yeux l’étendue d’eau pour poser un regard un peu inquiet sur son ami. De son point de vue, ça sortait un peu de nulle part. Les explications qui suivirent éclairèrent un peu la teneur de cette angoisse qui paraissait soudaine à Jace. L’adolescent à son tour se retourna.

— Hey, mon ange…

Jace donna un petit coup de coude à Vincent, sur la rambarde.

— T’es pas un puzzle, t’es mon homme.

Une réponse qui résumait assez bien la manière dont il voyait les choses mais qui n’était peut-être pas des plus limpides. Jace resta un moment silencieux, avant de soupir et de reconnaître :

— J’sais pas, j’suppose, y a quatre ou cinq mois, j’aurais dit qu’t’avais raison. J’avais l’impression que je serais jamais satisfait. Jamais… Bien, tu sais, avec une seule personne. Mais j’crois qu’j’ai grandi, avec toi. Pas en intelligence, mais, t’sais, en maturité.

Parce que Jace n’avait jamais que dix-huit ans.

— J’crois aussi que c’est parce que c’était difficile, au début, très difficile, toi et moi. Et personne a abandonné. Et maintenant, j’me dis, même si y a quelque chose de compliquer, à l’avenir, y aura jamais rien qui nous soit insurmontable. Je sais que si j’ai besoin de quelque chose, tu seras là pour moi. Pas en claquant des doigts, pas comme par magie, pas genre changement immédiat et soudain, comme je pensais avant. Mais pour de vrai. Dans la vraie vie. Avec toi, j’me sens…

Il chercha le mot approprié dans les feuilles des arbres que la brise hivernale agitait.

— … adulte. Avant, je pensais qu’être adulte, c’était être sérieux et… Sacrifié. Un peu. Je crois. Légionnaire. Ça avait quelque chose de triste mais de nécessaire. Grâce à toi, j’ai compris qu’être adulte, c’est autre chose : c’est être capable de pas toujours penser à ce qu’on deviendra demain pour profiter de ce qu’on est maintenant. C’qu’est cool, c’est qu’on s’est tous les deux rencontrés en pleine crise et du coup, changer à deux, c’est un peu notre marque de fabrique. Tu crois pas ?
 
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Message posté : Dim 11 Jan 2015 - 18:48 Message
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    – On verra en fonction des choix possibles.

    En toute objectivité, en étudiant dans une ville comme Star City, Vincent était presque sûr que ce n’était pas le choix qui allait lui manquer. Cela dit, il s’inquiétait surtout des frais exigés pour un tel séjour. Peut-être pourrait-il demander une bourse. Et puis il y avait aussi le côté pratique à prendre en compte, notamment par rapport au travail de Jace. Si on pouvait dire que les activités de Légionnaires consistaient en un travail en soit. Autant choisir une fac qui n’était pas trop loin d’une base de la Légion.

    – Et si on part, tu chercheras du travail là-bas ou tu te contenteras de celui de la Légion ?

    Dans tous les cas, ce n’était pas une décision qu’il voudra prendre seul. Son petit ami sera invité aux négociations. Le système d’étude à l’étranger fonctionnait peut-être par classement de choix. Un peu comme les universités ici. Il faudrait alors espérer que le Kansasais aura plus de chance que pour son choix de fac... Star City avait été à peu près son dernier. Cela dit, il ne s’en sortait pas trop mal au final... Surtout grâce à Jace. Même si les choses, à commencer par Jace lui-même, étaient parfois un peu compliquées. Mais Vince commençait à s’habituer au compliqué. Enfin, s’habituer était peut-être un grand mot. Aujourd’hui, une de ses craintes se portait sur l’ennui perpétuel de son incroyablement intelligent petit ami. Heureusement pour lui, Vincent n’était pas du genre à se faire des films en permanence. Il lui arrivait juste d’avoir parfois des idées un peu effrayantes comme c’était le cas aujourd’hui suite à la confession de son ennuyé assistant juridique.

    – Les deux sont pas forcément incompatibles... répondit-il sans vraiment y croire.

    Quoique... dans certains cas on pouvait assimiler les gens à des puzzles. Jason et Louis par exemple rentraient bien dans cette catégorie. Cela dit, la comparaison n’était peut-être pas particulièrement romantique dans leur cas. Sinon, le but serait de résoudre le puzzle... et après ? Les aveux de Jace quant à son état d’esprit quelques mois plus tôt prouvèrent que Vince n’avait pas tout à fait tord en parlant de cette éventualité. Il se demanda tout de même si ce n’était pas juste l’amour qui parlait et qui les empêchait tous les deux de prendre un recul objectif. Mais le blond résuma plutôt bien leur relation, même si l’incertitude du futur inquiétait un peu le barman. Et c’était plutôt normal pour lui qui, jusqu’à quelques mois auparavant, avait toujours su ce qu’il ferait et où il serait dans le futur. Il commençait maintenant à se rendre compte qu’il était stupide de faire de telles projections, surtout à son âge, surtout en vivant dans une ville comme Star City, surtout avec des pouvoirs. Au final, il était rassuré. Un peu.

    – Ouais c’est vrai... mais toi t’arrives tellement bien à t’adapter. A côté j’ai l’impression d’être un escargot en pierre... Ouais bon, faut que j’arrête de vivre avec des gens qui ont une imagination trop imagée...
    Et on baisse la carapace humoristique.

    – Cela dit, avec toi, c’est plus facile.

    Même si Jace n’était pas constamment à ses côtés, Vincent avait l’impression de sentir sa présence et son aura motivante. Ca lui arrivait lors de ses sessions bibliothèques, ses examens, et aussi et surtout pendant ses entraînement pyrotechniques. L’étudiant lança à son petit ami un regard attendri. Il l’aurait bien embrassé tout de suite, sur ce pont, mais cela aurait peut-être était trop niais, trop cliché. Et puis Jace n’aimait pas se donner en spectacle. Paradoxal pour un super héros aux pouvoirs si démonstratifs, non ? Surtout qu’ils n’étaient pas seuls sur le pont. Une mère était en train de le traverser avec sa fille et leur chien. Remarque, lui non plus n’était pas très porté sur les démonstrations publiques... mais c’était parce qu’il avait peur de gêner les autres. Ils seraient un couple hétérosexuel, il ne craindrait pas ce genre de chose... Et voilà qu’il culpabiliser de penser de cette façon. Vince eut toutefois de quoi s’occuper l’esprit car il vit quelque chose qui attira son attention. La petite fille semblait demander quelque chose à sa mère en montrant du doigt quelque chose qui devait se situer près des deux garçons. Avec un peu de retard, il réalisa que l’enfant montrait Jace du doigt. Ce constat fut confirmé par une petite voix aigue :

    – Maman, regarde ! J’te dis il ressemble à Thunder.

    Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du pyromancien. La gamine était trop mignonne pour rendre cette interruption agaçante. Sa mère lui rappela qu’il était interdit de montrer du doigt, mais la façon dont elle regardait Jace indiquait qu’elle l’avait reconnu elle aussi. La petite en profita pour demander si elle pouvait quémander un autographe.

    – On dirait que ta célébrité te poursuit même en dehors de Star City, Roberts.


 
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Message posté : Dim 11 Jan 2015 - 19:21 Message
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Vincent et Jace échangèrent un regard. Le second n’était pas certain d’avoir pu convaincre le premier. Il se souvint de l’angoisse qui l’avait saisi, quelques jours plus tôt à peine, à Noël, quand il avait demandé à Vincent s’il doutait de lui. De ses sentiments. Le blond tenta un sourire aussi rassurant que possible. Et il se remit à observer les arbres. Maintenant qu’ils étaient ensemble, il se demandait souvent si l’échelle de la souffrance ne s’était pas inversé. Il avait souffert en attendant que Vincent se décidât à assumer leur relation. Et désormais, les nerfs de Vincent paraissaient être mis à rude épreuve parce qu’il avait un compagnon… difficile à vivre.

L’adolescent sentit un nœud se former dans son estomac. Heureusement, l’intérêt de l’une de ses admiratrices, encore beaucoup trop jeune pour visiter les fameux blogs qui enchaînaient les photographies de lui torse nu, le tira de ses pensées. Après avoir — brièvement — négocié avec sa mère, la petite s’était élancée vers Jace. Avec perspicacité, elle déclara :

— Thunder !

Jace lui décocha l’un des sourires dont il avait le secret — et qui ne devaient pas peu contribuer au nombre de ses admiratrices.

— Salut !

Le jeune héros s’accroupit en face de l’enfant.

— C’est quoi, ton nom, à toi ?
— Maisy.
— C’est cool, comme nom.

Jace leva brièvement les yeux vers la mère et lui adressa un autre sourire, pour l’assurer silencieusement que l’entrevue ne le dérangeait pas. La femme en profita pour glisser :

— Elle voudrait un autographe.
— Ça d’vrait pouvoir se faire.

Jace s’empara du stylo et du bloc-notes d’ordinaire consacré à la liste des courses, que Maisy lui tendait.

— Quel âge tu as, Maisy ?
— Sept ans.
— T’as l’air vachement plus grande.

C’était faux mais Jace savait flatter les enfants. Plutôt fière d’elle, Maisy hocha la tête, tandis que Thunder dessinait l’éclair caractéristique de son autographe héroïque.

— T’as été gâtée à Noël ?

La gamine hocha vigoureusement la tête avant de se lancer dans l’énumération des jouets reçus et leur description exhaustive. Sa mère fut contrainte de couper court à ce désir de précision en suggérant :

— Tu ne voudrais pas une photo, Maisy, pour montrer à tes amies ?
— Si !

Le regard de la gamine se reporta, tout brillant, sur le Légionnaire, et la mère interrogea poliment :

— Est-ce que ça vous dérangerait… ?
— Non, bien sûr que non.

Jace se releva et tendit les bras.

— Viens là.

Il souleva l’enfant du sol et posa avec son plus beau sourire devant l’objectif du téléphone, avant de reposer Maisy, une fois le cliché enregistré. L’enfant porta son regard sur Vincent et interrogea :

— C’est qui, lui ?
— Vincent.
— C’est pas un nom de super-héros, ça.
— Ça dépend du point d’vue.
— C’est ton nouveau coéquipier ?

Ça dépendait du point de vue.

— C’est mon p’tit ami.

Maisy pesa un instant l’information, avant de faire remarquer avec sagacité :

— Mais t’es un garçon !
— Hé ouais.
— Et c’est un garçon aussi !
— J’avais remarqué.

Il avait même étudié la question très en détail.

— Ben alors ?
— Maisy, n’embête pas Thunder…

Jace secoua la tête.

— Ben alors, ça arrive.

La gamine esquissa une moue dubitative.

— Hé, il est quand même super mignon, tu te trouves pas ?
— Hmmmoui…

Les bruns musclés, ça ne devait pas être trop le style de Maisy. Diplomatiquement, elle concéda :

— Il a l’air gentil.
— Maisy, il va falloir qu’on y aille.
— Ooooh…
— Si.

La femme adressa un sourire tout de même un peu embarrassé au Légionnaire.

— Désolée pour…

Elle fit un vague geste de la main, sous le regard interrogatif de Thunder. Jace secoua la tête.

— Merci encore.
— Tout le plaisir est pour moi.

Et Maisy et sa mère passèrent de l’autre côté du pont. Jace se retourna vers Vincent, un sourire amusé aux lèvres.

— Alors comme ça, il parait que t’es un garçon ? Fais moi penser à vérifier ça en détail ce soir à l’hôtel.

On ne se refait pas.

Plus sérieusement, Jace reprit :

— Ça va ? Ça ne t’a pas trop… J’sais pas. Gêné.

Ils arrivaient à la fin de la fameuse période de transition de Vincent, selon le calendrier que celui-ci s’était fixé. Que les progrès de Vincent avaient été considérables, c’était le moins que l’on pût dire. Mais Jace le connaissait trop bien pour croire qu’il ne subsistait aucun embarras. Ceci étant dit, il était inévitable qu’un week-end à deux à New York impliquât une certaine démonstration, aux yeux d’inconnus, de leur relation. Après tout, ils venaient ce matin-là de s’enregistrer pour une chambre unique avec un seul lit dans un hôtel.

— Parce que si jamais ce week-end, ça devient trop, ou trop vite, tu sais, il faut le dire. Je me fâcherai pas. Promis.
 
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Message posté : Lun 12 Jan 2015 - 0:06 Message
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    La petite fille vint donc demander son autographe. Vincent assista au spectacle sans rien dire, mais sans non plus se départir d’un sourire attendri. Comment ne pas l’être devant une telle scène ? Bien sûr, il aurait probablement réagit différemment si la chose s’était produite avec de jeunes adolescentes aux hormones en furie. Là, le barman aurait sans doute cédé à une petite crise de paranoïa. Mais ici le niveau n’était pas le même. Alors il ne dit rien et se contenta d’observer après avoir fait un signe de tête pour saluer la mère de cette Maisy, elle aussi réduite à un rôle contemplatif. En voyant son petit ami interagir avec cette enfant, Vincent ne put s’empêcher de penser à son propre avenir... Un avenir (plus ou moins lointain) dans lequel il s’était toujours imaginé avec des enfants... les siens, ceux qu’il aurait avec une autre personne... Et sur Terre, cela signifiait donc : avec une femme. Mais comme il était apparemment bisexuel, les chances pour qu’une telle éventualité se concrétise diminuaient. Bien sûr, il n’y avait jamais songé parce que... parce qu’il était encore jeune, qu’il n’avait pas fini ses études, qu’il n’avait donc pas de situation professionnelle fixe et qu’il n’était pas marié. Le scénario de son avenir professionnel avait déjà été bien démoli par l’arrivée de ses pouvoirs et le rejet de ses parents. Mais maintenant celui de son avenir personnel et familial semblait également compromis. Evidemment, il ne remettait pas en cause ses sentiments pour Jace, et c’était bien trop tôt pour se projeter aussi loin, mais il se dit que l’avenir était décidément moins clair que ce qu’il avait pensé. En fait, si on lui demandait où il pensait se trouver dans dix ans – les profs adoraient poser la question au lycée – Vince serait incapable de donner une réponse. Et pendant que ses pensées continuaient de noyer son avenir dans un brouillard phénoménal, l’étudiant fut ramené sur Terre en croisant le regard de la petite Maisy qui lui porta son attention.

    Sourire du footballeur. Manifestement, Jace maîtrisait la situation et fournit des réponses plutôt adaptées. En tout cas, de son point de vue, Vincent n’avait rien à y redire. D’un autre côté, il ne se permettrait pas de juger les propos que son copain tenait à un enfant. Cela dit, il trouvait peut-être compliqué d’annoncer à une gamine qu’un garçon pouvait sortir avec un autre garçon. A cet âge là, c’était peut-être un concept compliqué qui pourrait la perturber... Mais ce n’était pas non plus un spécialiste des enfants... on dit d’ailleurs qu’ils peuvent encaisser pas mal de choses... Elle s’en remettra. Lui aussi. De nouveau seuls, Jace se permit un commentaire moins innocent qui reçut un sourire amusé de la part du garçon concerné. Puis le jeune Alpha s’inquiéta d’avoir participé à un échange qui aurait pu gêner son compagnon. Celui-ci le rassura en conservant un visage neutre. Vince tourna ensuite la tête pour voir si la mère et son enfant, et leur chien, étaient bien partis. Oui. Il approcha alors son visage de celui de Jace pour l’embrasser avec tendresse. Il ne pouvait pas résister plus longtemps à l’appel au romantisme que lui lançaient désespérément le pont et le parc.

    – T’as été parfait. Vraiment mignon... Et non ça m’dérange pas. Enfin, j’t’avoue que si ça avait été une bande de bimbos aux paupières battantes, j’aurais serré les dents, mais là ça allait... je ne me suis pas senti menacé.

    Si ça avait été le cas, ils ne seraient probablement pas ensemble.

    – Et je confirme, je suis bien un garçon. Ta mémoire m’inquiète un peu je dois dire... Si tu n’étais pas aussi frileux, je te la rafraîchirais bien dans ces buissons.

    Mais objectivement, ils avaient passé l’âge de se cacher dans les buissons pour mener leurs petites affaires... en fait non. Mais objectivement, la température n’était pas propice à de telles activités... A part pour des esquimaux habitués au froid peut-être... et Vincent, bien sûr. Accessoirement, le barman devait déjà rassurer son petit ami. C’était peut-être ça le but d’une relation en fait... constamment rassurer l’autre.

    – Et moi je t’ai promis ce weekend et je ne fais pas de promesse que je ne tiens pas. J’propose d’ailleurs qu’on instaure une nouvelle règle pour ce weekend... ptet même pour tout le temps... Interdiction de s’inquiéter.

    Houlà. Gros challenge. Entre lui et les craintes qui survenaient dans son esprit comme des champignons sous amphétamines et le cerveau de Jace qui devait approcher le million de pensées par seconde, cela revenait à empêcher les nuages de pleuvoir. Mais s’ils pouvaient faire illusion le temps d’un weekend sans qu’aucun ne développe un ulcère, ces deux jours pourraient peut-être être merveilleux... Dérogation spéciale pour l’inquiétude culinaire. Là, c’était l’estomac de Vincent qui s’exprimait en grondant bruyamment. L’étudiant était persuadé que le bruit avait fait fuir quelques écureuils. Le jeune homme tenta de calmer les ardeurs de son ventre en le massant.

    – Hum... Pause brunch ? Y a sûrement des vendeurs de hot dogs quelque part. C’t’une spécialité quasi locale après tout.

    Et puis c’était plus pratique pour jouer aux touristes amoureux.

 
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Message posté : Lun 12 Jan 2015 - 20:41 Message
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Si Vincent craignait les hordes de jeunes filles énamourées, mieux valait qu’il évitât les interventions publiques de Thunder, qui n’étaient jamais sans attirer le fanclub essentiellement féminin du jeune super-héros. Une partie de ce fanclub était bien en dessous de l’âge légal, mais l’autre ne manquait ni d’assurance ni de charme et il avait fallu tout le professionnalisme médiatique du jeune homme, joint à ce qui fut longtemps son relatif désintérêt pour les plaisirs de la chair, pour le conserver ainsi vertueux — jusqu’à rencontrer Vincent.

Jace hésita bien un instant à nourrir les craintes de Vincent, parce que la jalousie de son petit ami, savamment dosée, n’était pas désagréable, mais il jugea finalement préférable de lui épargner la douloureuse épreuve d’imaginer le jeune héros entouré de ses soupirantes. De toute façon, Jace jetait déjà un regard songeur vers les buissons. Vincent n’était sans doute pas sérieux mais l’adolescent, lui, considérait la proposition. Avant de conclure :

— On reviendra en été.

Parce que pour sa part, il n’était pas sûr de pouvoir faire quoi que ce fût de très constructif, dans le domaine, par de pareilles températures. La vérification fut donc reportée à plus tard, dans une pièce avec un radiateur et, en attendant, après avoir levé les yeux au ciel quand Vincent lui suggéra de ne plus s’inquiéter — comme s’ils en étaient capables ! — Jace hocha la tête à la proposition culinaire typiquement américaine de son cher et tendre.

— Alors… je vais te trouver ça.

Le cyberpathe ferma les yeux et, derrière ses paupières, il fut aussitôt possible de percevoir une lumière bleutée. Lui n’était pas au courant de cette manifestation physique de ses pouvoirs mentaux. En attendant, son esprit se connectait aux caméras de sécurité des environs, à un téléphone portable qui l’emmena sur Internet et, en comparant le plan de Central Park, des forums où les touristes s’échangeaient de bonnes adresses et ce qu’il pouvait percevoir par les caméras, l’adolescent ne tarda pas à désigner une direction :

— Par là.

Il rouvrit les yeux, qui avaient retrouvé leur aspect normal, si ce n’était peut-être un bleu plus profond qu’à l’ordinaire. Vincent et Jace se mirent en route.

— T’sais qu’on pourrait faire des week-ends de randonnée, aussi. Ça, ça demande pas tellement d’investissement, ni d’aller chercher très loin. Je suis pas forcément super à l’aise en forêt. Enfin, pas en forêt spécialement, mais, tu sais, loin de…

Il désigna d’un vaste geste de la main les immeubles qui les entouraient et, implicitement, le réseau dense d’électricité et d’informations qui faisait vivre une ville.

— Mais je sais que t’aimes ça, la nature, et sans doute que ça me ferait du bien, d’avoir l’esprit au calme.

Il avait de semblables projets avec Qaletaqa aussi mais après tout, plusieurs expériences ne seraient pas dommageables.

— On fait quoi, pour le Nouvel An, au fait ?

Il était parti du principe qu’ils le passeraient ensemble mais il ne s’en était pas beaucoup préoccupé. Jace n’avait jamais organisé de fête par lui-même et il s’était toujours raccroché à la dernière minute aux projets des autres, pour être toujours libre d’intervenir héroïquement au dernier moment. Évidemment, maintenant qu’il était accompagné, les soirées paraissaient beaucoup plus intéressantes. Et puis Vincent n’allait pas pouvoir jouer tout seul au babyfoot qu’il lui avait offert.

— Parce que bon, j’sais pas si t’as remarqué, mais les dernières fois auxquelles on est allés, c’était un peu chaotique.

L’avant-dernière avait été marquée par l’irruption de Clarisse — et la précédente, par celle de la CIA. Jace commençait à croire que les soirées étudiantes étaient maudits. Ils avaient bien fait une ou deux soirées depuis mais pas une fête à proprement parler.

— J’suis sûr qu’on peut s’améliorer.

En attendant, ils avaient trouvé le vendeur de hot dogs, précédé d’une file d’attente pas très longue, mais que Jace trouva tout de même assez considérable, à une heure pareille.

— Tu pourrais inviter ton ami, là. Camille.

Qui était un ami très épisodique, mais enfin.

— ‘Fin, pas sûr qu’il accepte, évidemment…

Il échangea un regard avec Vincent et comprit que celui-ci n’avait pas été mis au parfum par le fameux Camille des suites de la dernière soirée où le Français avait été invité.

— Alan l’a plus ou moins planté là.

Sans surprise, pour Jace, hélas, même s’il avait espéré que son ami se montrerait pour une fois un peu plus raisonnable. Pourtant, Alan avait paru tout à fait charmé lors de la fameuse soirée. Jace ouvrit la bouche pour fournir de plus amples explications, puis il regarda autour de lui et conclut sobrement :

— Longue histoire. Plus tard.

Exposer le cas Alan en public, en pleine file d’attente, ce n’était sans doute pas l’idéal. Alors Jace fit un signe vers la pancarte qu’il commençait à apercevoir et qui alignait les tarifs.

— Choisis ton « brunch », c’est moi qui invite.
 
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Message posté : Lun 12 Jan 2015 - 23:00 Message
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    Plus Vincent observait les pouvoirs de ses connaissances mutantes, plus il comprenait leur utilité. Jace lui fit une nouvelle démonstration en usant de ses facultés pour devenir un gps humain. Bien sûr, ils auraient pu obtenir le même résultat en regardant sur leurs propres portables... si Vince avait le bon goût de disposer d’un modèle suffisamment performant. Ses pouvoirs à lui avaient pulvérisé son téléphone quelques mois plus tôt et celui qu’il avait pris en remplacement n’avait pas accès à internet. Et il n’avait pas assez confiance en sa maîtrise pour s’en offrir un nouveau et inaugurer au passage la coque que son petit ami lui avait offerte à Noël. Sans parler de l’état de ses finances... Pour Pâques, peut-être. Le barman observa donc son compagnon entrer en mode bluetooth avec un sourire amusé. Rapidement, l’Alpha trouva ce qu’ils cherchaient et les deux jeunes hommes s’y rendirent tout en continuant de faire des projets. Tout en prenant en compte les particularités de chacun.

    – T’es sûr que ça ira ? Vu comment tu réagis aux changements de ville, l’idée de te forcer à te perdre en pleine nature m’inquiète un peu. Je suis pas sûr que le calme soit très sain pour toi. Remarque, ça me dérangerais pas de jouer à l’infirmier dans les bois...

    Mais comme ils étaient en public, Vince s’abstint de laisser son imagination approfondir ces plaisantes dérives.

    – Mais c’est clair que ça pourrait être sympa. Kristen en fait souvent, elle pourrait nous passer quelques itinéraires sympas.

    En tout cas l’idée lui plaisait beaucoup. Vince savait également qu’ils pourraient sans problème se faire un itinéraire bien calculé pour tomber sur des coins sympas dépourvus de cannibales affamés. Mais là encore, le jeune homme évita de se perdre dans les multiples scénarios aventureux/sportifs/romantiques/érotiques que son esprit enthousiaste pourrait générer. Nouveau sujet donc. Le nouvel an. En espérant que l’année à venir soit un petit peu plus tranquille que celle qu’il venait d’avoir, surtout à la fin. Cela dit, « tranquille » avait maintenant un sens beaucoup plus relatif depuis qu’il sortait avec Jace Roberts. Un sens qui n’était pas si mal que ça, soit dit en passant.

    – Je bosse ce soir là. La patronne a besoin de monde et comme c’est un soir bien payé je ne vais pas cracher dessus. Du coup Holly et ses potes vont venir aussi, comme Jason sera également de service. D’ailleurs, ses artistes seront là aussi. Pour l’after par contre y a le choix. L’équipe de foot fait quelque chose au stade. Y aura un truc geeko artistique dans la Salle de la Muse et sinon je sais qu’il y aura aussi une grande fête sur le campus dans je sais plus quel bâtiment...

    Ce n’était pas le choix qui manquait à la fac.

    – Après, si tu as quelque chose de prévu de ton côté, avec les Alphas ou je sais pas... on peut y aller aussi. C’toi qui voit.

    Lui s’en voulait déjà de ne pas être complètement disponible ce soir là donc il n’allait pas chipoter. Et puis en général, il se débrouillait bien pour s’amuser un peu partout, même là où il ne connaissait pas grand monde. Une connaissance suffisait largement comme base de fête. Or Jace était plus qu’une simple connaissance. Vincent ne s’inquiétait donc pas là dessus.

    – C’est vrai que les autres fois c’était pas tout à fait ça... Mais c’était pas de notre faute... presque.

    Mieux valait ne pas s’étendre sur les échecs. En tout cas il avait vérifié avec Clarisse, elle avait quelque chose de prévu dans le Kansas pour le nouvel an. Cela faisait donc une surprise potentielle en moins. Cela dit, la liste était encore longue, sans parler de celles que les deux supers seraient bien incapable d’imaginer. Dans une ville comme Star City, tout était possible. Commençons déjà par celles que l’on connaissait plus ou moins. Comme Camille et Allan.

    – Ah bon ?

    Vincent n’avait pas une oreille très ragots.

    – J’l’inviterais quand même j’pense. Enfin j’lui dirai où on ira. Il pourra nous rejoindre s’il veut... ou pas. Pas de pression quoi.

    Cela dit, Camille n’était sûrement pas du genre à stressé pour une simple soirée de nouvel an.

    – Ben c’est une raison de plus pour que je lui propose...

    Après, tout le monde n’avait pas les mêmes réflexes que lui. A savoir : noyer son chagrin dans la fête. Comme il l’avait fait à l’Eclipse pour une soirée qu’il oublierait volontiers en dépit des quelques petits trucs positifs qu’il en avait tirés. Toujours était-il que sur le moment, ce genre de remède fonctionnait toujours. Ephémère consolation. Pour l’instant, Vincent avait cependant autre chose à faire que s’inquiéter pour un des mecs les plus compliqués qu’il connaissait. Le jeune homme profita donc pleinement de la petite file d’attente qu’ils durent supporter pour faire son choix. Encore une fois, on ne plaisantait pas avec la nourriture. Même pour un simple hot dog. Les deux garçons passèrent donc leur commande.

    – Le prochain repas est pour moi. précisa le footballeur.

    Encore une fois, il n’était pas question de laisser Jace être le seul à ouvrir le portefeuille. De toute façon, l’étudiant avait prévu les excès de ce weekend dans son budget. Il sera juste beaucoup moins aux aguets lors des soldes de la rentrée. Pour ce qui était de leurs hot dogs, ils arrivèrent rapidement. Le sourire que Vincent fit au vendeur était tellement reconnaissant qu’on avait l’impression qu’il venait de lui sauver la vie. Son merci fut rapidement suivi de la première bouchée.

    – Hmmm...

    C’est que son petit déjeuner datait de Star City.

    – Délicieux. J’entends presque le commentateur du Superbowl...

    Le regard de Jace sembla demander quelques explications.

    – C’t’ait c’qu’on mangeait quand on regardait les matchs à la maison...

    Sujet sensible. Pourtant Vincent le mentionnait avec bonne humeur. Il n’avait pas tout à fait digéré la chose mais il s’y faisait. Maintenant il était nostalgique mais sans en souffrir... sans non plus transformer son hot dog en burning hot dog. Mais ce n’était peut-être pas un sujet que Jace voulait aborder en ce weekend en tête à tête. Le blond n’avait déjà pas vraiment apprécié le spécimen Clarisse Nash qu’il avait rencontré quelques semaines plus tôt.

    – T’as pris quoi toi ?

    Et pendant qu’ils comparaient leurs sandwichs, les deux garçons furent interrompus par un hurluberlu en vieux trench coat et mal rasé, la quarantaine, qui se posta devant eux en levant les bras aux ciels. L’homme avait des yeux ronds comme des soucoupes, pourtant il n’avait pas l’air particulièrement surpris. C’était juste son regard naturel.

    – Prenez garde ! La fin est proche !!! Les ratons laveurs vont venir nous dévorer !!!

    Puis il repartit comme il était venu. Pour prévenir d’autres promeneurs. Vincent demeura immobile un moment, les yeux ronds, de surprise pour sa part, et observa son compagnon un moment avant d’éclater de rire. Fallait le faire, vivre à Star City et continuer de se faire surprendre à New York.

    – Bon... t’as entendu, faut faire gaffe.

    Mais contrairement à Star City, cette brusque intervention ne fut pas accompagnée par un incendie, par l’arrivée d’un super vilain désireux de provoquer la troisième guerre mondiale ou par la fureur d’un dinosaure géant. Seule conséquence : Vincent mordit dans son hot dog avec un plaisir et une insouciance tout particuliers.

 
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Message posté : Mar 13 Jan 2015 - 19:39 Message
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Vincent déployait l’éventail de leurs perspectives sancto-sylvestriennes. L’idée de passer la soirée avec une équipe de footballeurs fut accueillie par une moue dubitative. Là comme ça, Jace imaginait surtout une immense beuverie qui n’avait rien de très engageant. Il n’était pas fondamentalement opposé aux ambiances de vestiaires, mais à petites doses. Le geeko-artistique, lui, eut le droit à une franche grimace. Refaire le monde sur fond d’abstruses considérations esthétiques ne le tentait guère. La grande fête sur le campus paraissait plus à son goût. Cela dit, quand Vincent évoqua la possibilité d’une quatrième voie, avec lui et ses projets, Jace haussa les épaules d’un air faussement indifférent.

— Y a bien une fête avec des gens de Star High…

Il fallait avouer que, dans l’ensemble, le couple fréquentait infiniment plus les connaissances de Vincent que celles de Jace. D’ailleurs, pour Vincent, le cercle d’amis de son compagnon devait demeurer un peu flou. En dehors de Beverly et d’Alan, il n’avait rencontré personne — nul doute pourtant que Jace ne manquait pas de connaissances. Mais le Légionnaire avait toujours l’impression que son petit ami serait plus rebuté qu’enchanté à la perspective de côtoyer ceux qu’il connaissait.

— ‘Puis Chris s’ra pas là, du coup…

Du coup, la présence de Vincent ne risquait pas de conduire à des face-à-face glaciaux avec l’ancien petit ami du jeune Roberts. Ceci étant dit, Jace n’épilogua pas sur la question, toujours pas très à l’aise à l’idée d’imposer sa vie à Vincent, sans se rendre compte que son attitude pouvait tout aussi bien être interprétée à l’inverse : comme s’il n’avait pas voulu présenter Vincent à ses amis. En tout cas, ils avaient récupéré leurs hots dogs.

L’anamnèse culinaire de Vincent fut accueillie par un sourire un peu triste de Jace qui glissa, l’air de rien :

— J’aime bien r’garder les matchs, aussi…

Autrement dit : Vincent pourrait compenser à ses côtés. Ce n’était pas suffisant, Jace le comprenait bien, mais enfin… C’était mieux que de rester tout seul à être dévoré par les ratons-laveurs. Le type en trench-coat fut suivi du regard songeur de l’Alpha. Le rire de Vincent résonnait à côté de lui et ce ne fut que par un vague hmm hmm que Jace répliqua d’abord au commentaire de son compagnon.

Vincent recommençait à manger et Thunder laissait le ketchup lui couler sur les doigts tandis que son esprit se livrait à un exercice auquel il finissait par être rompu : traquer les sources d’une impression quasi indiscernable. Ses lèvres reformèrent silencieusement les mots de la prophétique mise en garde. Il fallut qu’un peu de ketchup atterrit sur son tee-shirt pour qu’il s’exclamât :

— Merde !

D’une langue habile, Jace rattrapa le ketchup qui suintait par tous les pores de la saucisse et quand les cataractes tomateuses furent enfin contenues, il essuya avec la serviette, sans beaucoup de succès, la tache sur son tee-shirt. Ces déboires alimentaro-vestimentaires étaient cependant le cadet de ses soucis — ce qui devint fort claire quand il murmura :

— J’ai manqué quelque chose.

Et c’était pour ça que les informations cascadaient dans son esprit. Son sixième sens ne le trompait (presque) jamais et Jace avait appris à se fier à cette intuition surhumaine. Une demi-illumination se fit enfin et il tourna un regard un peu nerveux vers Vincent.

— Le type, là. Le type des ratons-laveurs. J’le connais.

Jace afficha un sourire piteux.

— Désolé.

Désolé, parce que le week-end venait de prendre un autre tour que celui anticipé par la satisfaction gastronomique et insouciante de son compagnon. Jace rebroussait déjà chemin cependant, en fendant la foule. À la première occasion qu’il trouva, il fourra son hotdog dans les mains d’un sans-abri. Surtout, il partageait le résultat de ses rapides réflexions avec son ami.

— Je sais pas son nom, mais c’est Soundwalker. J’avais jamais vu son visage, mais j’ai reconnu sa voix. C’était un Légionnaire. Je l’ai vu deux ou trois fois, quand j’étais petit, il y a genre dix, onze ans. Il a disparu en 2001, la Légion était persuadé qu’il avait raccroché le costume ou qu’il avait été tué en opérations.

Jace n’avait pas des souvenirs très précis de Soundwalker, mais il était au moins certain que celui-ci n’avait pas été, par le passé, un hurluberlu millénariste aux talents de prédicateur urbain.

— J’veux juste…

Jace tendait le cou à intervalles réguliers pour tenter d’apercevoir l’apocalyptique zélote dans la foule. La tâche aurait été beaucoup plus facile s’il avait pu survoler l’avenue mais, hélas, quoique les supers ne fussent pas étrangers à la vie new-yorkaise, les habitants du coin y étaient moins familiers que les Stello-citadins. Thunder n’avait aucune envie de créer une panique.

— … lui parler.

Nouveau regarde nerveux à Vincent. Nouvelles excuses.

— J’suis désolé… Chasser les fantômes, c’était pas c’qu’on avait prévu, je sais…
 
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Message posté : Mar 13 Jan 2015 - 23:58 Message
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    Objectivement parlant, quelles étaient les chances pour que Jace reconnaisse un prophète urbain anti ratons laveurs ? Vince ne comptait pas faire le calcul tout de suite, mais il était sûr que le résultat serait infime... Quoique, avec eux. Vincent poussa un long mais discret soupir de résignation avant de suivre le pas pressé de son petit ami.

    – Bah... au moins on aura eut un Noël tranquille.

    Encore que c’était relatif. Après tout il avait appris ce jour là que son copain pouvait être au pluriel. L’étudiant suivit donc l’Alpha en quête de cet ancien Légionnaire aux activités actuelles un peu moins glorieuses. Cependant, il était hors de question de lâcher son hot dog. Vincent s’abstint cependant de poursuivre son repas pendant la recherche. Il y avait des limites à ce que sa bonne volonté héroïque et solidaire pouvait imposer à son estomac plaintif. De plus, en ayant la bouche dépourvue de nourriture, il pouvait toujours essayer de raisonner à haute voix.

    – Tu sais s’il a peur des ratons laveurs, j’pense pas qu’il soit d’une conversation bien palpitante.

    Sans vouloir ternir la réputation sûrement bien faite d’un ex justicier dont Vincent – en bon inculte en la matière – ignorait tout, l’étudiant se sentait tout de même en droit de remettre en question la santé mentale de ce pauvre super. Cela dit, il n’opposa aucun argument visant à les empêcher de le retrouver. Peut-être que Soundwalker – un cousin de Luke, probablement – avait marqué l’enfance de Jace. Ce n’était cependant pas le moment ni l’endroit pour poser la question. Les deux garçons continuèrent de progresser en regardant un peu partout pour retrouver leur cible. Le barman regardait plus Jace que les passants toutefois. Il se demandait si l’Alpha n’était pas content d’avoir croisé un personnage qui pourrait rompre la monotonie d’un weekend aussi banal que celui qui avait été prévu. Car Vince ne doutait pas qu’un ancien Légionnaire reconverti en Cassandre déchue risquait de bouleversait le cours de leur séjour. Finalement, passer le nouvel an avec Christopher l’ex ne semblait pas si terrible que ça... Néanmoins, puisqu’il était amoureux, et pas qu’un peu, le pyromancien fit des efforts.

    – 2001... il s’est passé quoi déjà pour la Légion cette année là ?

    Lui en tout cas ne pouvait penser qu’aux attentats du 11 septembre, mais il savait que sa culture du monde héroïque était loin d’être complète. En tout cas, s’il pouvait aider Jace à comprendre les raisons de la disparition de cet ancien héros, cela pourrait peut-être leur faciliter les choses par la suite... ou même maintenant. Le jeune Nash posa une main sur l’épaule de son compagnon avant de faire un signe de tête pour lui montrer la direction d’une joggeuse qui semblait fuir les conseils d’un prophète forestier.

    - ... ne les laissez pas vous approcher !

    La cible était en vue. Il ne restait plus qu’à s’approcher pour que Jace obtienne des réponses, et donc satisfaction. Mais avant, Vincent ne retira pas sa main afin de retenir un peu son petit ami. Il voulait récupérer une information qu’il jugeait utile... ou en tout cas prudente.

    – Heu... il avait des pouvoirs ? demanda-t-il discrètement.

    Parce que si les apparences n’étaient pas trompeuses – ce qui serait une première – et qu’ils avaient effectivement affaire à un fou doté de super pouvoirs, Vincent préférait être au courant. Histoire de se préparer au pire. Paranoïaque ? Du tout. Mais un chat échaudé craignait l’eau froide. Une fois informé sur les éventuelles capacités de cet ex Légionnaire, Vince lâcha prise et laissa Jace s’approcher de cette vieille connaissance. L’étudiant marcha à sa suite, légèrement derrière lui. Après tout, ce n’était pas lui qui le connaissait. Jace était donc le mieux placé pour établir un premier contact. En attendant, le barman ne pouvait s’empêcher de remarquer que même sans auditoire, Soundwalker continuait de déblatérer ses précieux conseils. A moindre volume, cela dit. Il était donc à peu près conscient de son environnement. C’était déjà bon signe. Vince n’était pas du tout un expert en barjos. Il avait toujours fait son maximum pour les éviter, peut-être plus que les Supers. Et s’il se montrait généralement poli et patient avec eux, il préférait les ignorer dans la mesure du possible. Sauf s’il les connaissait. Il y avait par exemple cette grande tante à qui il avait parfois rendu visite avec sa mère et ses frères, mais le contexte n’était pas le même. Encore que, il ne savait toujours pas quel lien cet homme avait pu tisser avec Jace.

    Privé de joggeuse à avertir. L’oracle de Central Park tourna lentement sur lui-même pour trouver des oreilles plus attentives. Son attention sembla se porter sur un couple d’adolescents chacun doté d’un gobelet de café et ayant manifestement passé une nuit blanche. Mais il fut interpelé par les Star citoyens. Au passage, Vincent pu déceler quelques paroles que le pauvre homme continuer de déverser.

    – ... faut les prévenir... le monde va sombrer... ça sera trop tard... mangés... nous serons tous mangés... prévenir...

    Et c’est à ce moment là que Jace intervint. Le muté, pour sa part, resta légèrement en retrait, armé d’un sourire poli et d’un regard bienveillant. Au final, les fous l’attristaient plus qu’ils l’énervaient.


 
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Message posté : Mer 14 Jan 2015 - 12:00 Message
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Vincent était fâché. Tout du moins, il n’avait répondu que par un silence que Jace jugeait glacial aux excuses de son petit ami. Jace s’en voulait déjà de ne pas avoir été moins attentif, mais c’était plus fort que lui : il ne pouvait pas laisser un ancien Légionnaire errer par les rues sans savoir ce qu’il lui était arrivé, s’il pouvait l’aider, si la Légion pouvait faire quelque chose pour lui. C’eût été comme laissé un vétéran dormir sur le banc d’un parc public en ayant ses propres bras couverts de tatouages de régiment.

Cela n’empêchait pas les coups d’œil nerveux en direction de Vincent de se succéder. La remarque de son petit ami n’avait pas échappé à l’électromancien, qui se demandait s’il devait y voir une accusation voilée. Il faisait son possible pour préserver Vincent de sa vie de super-héros et, pourtant, Dieu savait qu’elle était mouvementée. Il restait laconique sur les aventures qu’il vivait en tant que Légionnaire, il en minimisait toujours les dangers et les implications. Se présenter sous un visage à peu près normal, c’était un exercice de tous les instants — ce jour-là, il avait échoué.

Quand Vincent ironisa sur ce que l’on pouvait attendre d’une conversation avec un apôtre de la fin des temps, Jace répondit d’une voix mi-coupable, mi-tranchante :

— C’est juste pour voir s’il a besoin de quelque chose…

Puisque la Légion, c’était sa famille, et que Vincent l’avait planté sur un canapé en pleine fête sans un mot d’explication pour se lancer à la poursuite de sa sœur, Jace estimait finalement que son compagnon pouvait parfaitement comprendre ce qui le poussait à chasser les pessimistes animaliers dans la foule new-yorkaise.

Mais visiblement, la nervosité de Jace était infondée : il sentit bientôt une main sur son épaule, alors qu’il lançait un regard éberlué à Vincent qui lui demandait ce que la Légion avait vécu en 2001. Le ton de l’adolescent devint un peu plus calme — et un peu plus triste.

— En 2001, la Tour de la Paix a été attaquée.

Par le Cartel Rouge. Il n’avait que cinq ans à l’époque et il ne gardait pas de souvenir précis de l’événement. Plutôt des mois qui avaient suivi, de cette impression vague de deuil permanent, des travaux pour moderniser le siège et mieux le protéger. De l’air préoccupé de son père. Une époque sombre pour la Légion — mais il ignorait si Soundwalker avait été impliqué ce jour-là dans les événements.

Jace adressa un mince sourire à son compagnon avant de reporter son attention sur l’ancien héros. Il secoua la tête.

— Non, pas vraiment. Doué en arts martiaux, en escalade, en parkour. Quelques gadgets. Le veilleur classique, quoi.

Un peu comme le Corbeau, en nettement moins talentueux sans doute.

— T’inquiètes, j’te protège.

On ne se refait pas. Jace s’approcha de Soundwalker, qui continuait, à voix basse et solitaire, à ruminer ses sombres prédictions. Jace se glissa devant lui. D’une voix aussi douce et patiente que possible, tandis que l’ancien héros continuait à déverser ses avertissements, l’adolescent débuta :

— Soundwalker ? Sound… ?

Le regard de l’autre brilla soudain d’une lueur nouvelle.

— Oui… Longtemps, il y a longtemps…
— J’m’appelle Jace Roberts. Vous vous souvenez ? Le fils du Commander ?

Soundwalker plissa les paupières.

— Jace… Roberts…
— C’est ça. Vous vous souvenez, à l’époque, j’étais petit, blond et je courrais partout.

Entre temps, il avait grandi mais dans l’ensemble, la description restait valable.

— Vous êtes le Traître !
— Euh…

Ça commençait bien. Le sixième sens de Jace s’activa brusquement — et à raison : Soundwalker venait de sortir un couteau de cuisine de la poche de son trenchcoat et il le plongea en direction du ventre de l’adolescent. Celui-ci para le coup grâce à ses réflexes anticipés. La lame lui entailla tout de même le flanc. Jace poussa un gémissement de douleur mais il n’eut pas vraiment le temps de se lamenter : Soundwalker revenait à l’assaut.

L’adolescent fit un bond en arrière qui l’amena d’un coup à trois mètres de son agresseur — une démonstration élémentaire de sa fameuse technique de combat volant mais assez saisissante, déjà, pour attirer l’attention des promeneurs. Ça et son blouson qui était rougi par le sang alors que la blessure se refermait déjà. Des étincelles naquirent au bout de ses doigts avant d’entourer son bras gauche.

— C’EST LE TRAÎTRE ! C’EST LE CHEF DES RATONS !

Vociférait Soundwalker en agitant son couteau comme un damné. Thunder posa brièvement les yeux sur Vincent.

— Je gère. Protège les civils.

Alpha Leader refaisait surface. Il reporta son attention sur Soundwalker et il fit bien : le couteau volait à travers les airs droit vers son front. C’était une tentative un peu futile de l’atteindre : Jace tendit la main et l’arme fut foudroyée par le bouclier électrique, avant de tomber fumante sur le sentier. Pure diversion de la part de l’ancien Légionnaire qui avait pris ses jambes à son cou ; c’était sans compter sur le fossé qui séparait son état physique de celui du jeune Alpha. Jace bondit une nouvelle fois dans les airs, fusa à toute vitesse vers son adversaire, se retourna en un salto en plein vol et atterrit en face de lui, pour lui retourner sans attendre un coup de pied qui l’assomma.

Dans l’attroupement des passants, il y eut quelques cris, mais une voix évidemment domina les autres. C’était celle qui cria :

— NYPD ! Personne ne bouge.

Deux revolvers étaient déjà braqués sur Jace. Deux autres sur Vincent — on n’était jamais trop prudent avec les acolytes.

— Fais pas l’con !

Jace leva sagement les mains.

— Thunder, Légion des Étoiles.
 
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Message posté : Mer 14 Jan 2015 - 14:54 Message
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    – Ah...

    Le ton de Jace était assez grave pour ne pas entraîner de commentaire léger. Vincent voyait bien que cette attaque était un douloureux souvenir. Il se fichait à peu près de cette tour monumentale, mais les conséquences qu’un attentat pouvait avoir eu sur son petit ami rentraient dans le top trois de ses soucis. Cependant, ce n’était ni le lieu ni le moment pour demander à l’Alpha de partager ce qui était peut-être une douloureuse expérience. Priorité au fou, donc. Il sourit tout de même à l’encouragement protecteur de son petit ami. Un artiste martial, Vince pourrait à peu près gérer. Il lui suffirait de se changer en cendres pour ne plus rien craindre, à moins que cet ancien Légionnaire ait conservé certains de ses gadgets. L’étudiant lui répondit donc par un sourire touché mais assuré. Il n’avait pas besoin de s’inquiéter pour lui, Vince devrait s’en sortir. Ainsi la conversation commença. Et si les premiers échanges se firent sans incident, le dialogue emprunta rapidement et sans explication le chemin de la violence.

    – Hey !

    Mais le temps que Vince avance pour s’interposer, Jace s’était déjà écarté tout seul comme un grand et comme une sauterelle. Son petit ami ayant quitté le périmètre de menace, le barman fit de même en reculant. Après tout, Soundwalker, en dépit de sa folie évidente, semblait bien maîtriser le couteau. L’Alpha Leader lui confia alors une tâche et Vince hocha la tête. C’était tant mieux car il se voyait mal maîtriser un cinglé adepte des lames sans le brûler un peu. Le pyromancien se tourna donc vers les promeneurs qui commencèrent à s’approcher. Tout en lançant de réguliers coups d’œil sur le combat, Vincent, armé des restes de son hot dog, leur intima de s’éloigner. Ce qu’ils ne firent pas, naturellement. Mais au moins personne ne s’approcha davantage. Les coups de couteau perdus furent donc évités. Et bien vite, Jace régla l’affaire avec son professionnalisme de Légionnaire. La tension descendit... puis remonta alors que la police locale se manifesta. Voyant qu’on n’allait pas le laisser finir son repas tranquillement, Vince s’empressa d’engloutir la fin de son sandwich avant de lever les mains à son tour.

    – Allongez-vous sur le ventre !
    – D’ghccrd tenta d’articuler la bouche pleine de l’étudiant.

    Le jeune homme s’allongea ensuite tout en continuant de mâcher et se laissant menotter. C’était nettement moins agréable que les menottes que Jace lui avait offertes, mais il ne broncha pas. De toute évidence, les forces de police locales préféraient arrêter d’abord et poser des questions ensuite. Il avait pourtant remarqué l’expression de doute qui avait suivit l’identification de Jace. Au moins, ils le connaissaient de réputation. Ce qui ne les empêcha pas de le menotter lui aussi. Et pour faire bonne figure, ils firent de même avec Soundwalker, toujours K.O.. Les suspects furent ensuite traînés devant un véhicule de police sur lequel ils durent se pencher. Bonne nouvelle cependant : Vince avait vaincu son hot dog.

    – Rassure-moi, c’est pas une première uniquement pour moi ?

    Le meilleur moyen de ne pas déprimer était de prendre la chose avec du recul. Pendant que Vincent essayait de ne pas s’attrister de la distance qui le séparait du parc d’attractions dans lequel ils avaient prévu de se rendre, les agents de police récoltaient les témoignages des passants. Le problème, c’était qu’aucun n’avait assisté au début de la confrontation. Cela dit, certains avaient déjà subi le discours de monsieur pas de ratons laveurs. L’inquiétude arriva tout de même car il était facile de voir que les forces de l’ordre étaient un petit peu dépassées. Par la célébrité du blond qu’ils venaient d’interpeler, déjà, puis sûrement par le caractère Super héroïque de la situation. Apparemment, New York n’était pas particulièrement habituée à faire face à ce genre de scénario. La quiétude de leur weekend semblait lointaine, très lointaine.

    – J’imagine que tu ne sais pas ce qu’il a voulu dire en te qualifiant de traître ?

    Il ne faisait aucun doute que Soundwalker disait n’importe quoi. Vincent n’arrivait pas à s’imaginer Jace en Judas. Ce qui ne l’empêchait pas de s’interroger un peu sur le comportement de l’ancien Légionnaire. OK, il s’en fichait un peu, mais là il venait d’accuser son petit ami. Même si on parlait d’un fou, cela l’intriguait un peu. Et il n’imaginait pas ce qui devait se passer dans l’esprit de son petit ami. Leur conversation fut toutefois interrompue par l’arrivée d’un agent.

    – Nous allons devoir vous amener au poste. C’est pas contre vous Thunder, mais on a une politique de non distinction ici. Les héros sont traités à la même enseigne que les autres citoyens.

    Puis le regard du policier se posa sur Vincent. Celui-ci pouvait voir l’interrogation qui se dessinait sur le visage de l’officier.

    – Excusez-moi, je ne connais pas tous les Légionnaires... vous êtes ?
    – Oh y a pas d’mal. J’suis juste un civil. Vincent Nash. Ravi de vous rencontrer monsieur l’officier.
    – Ah...

    Ah, les joies de l’anonymat New Yorkais.

 
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