AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Dir will ich abfahren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
Message posté : Jeu 25 Déc 2014 - 12:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Ich will dich mit Fleiss bewahren
Ich will dir Leben hier
Dir will ich abfahren,
Mit dir will ich endlich schweben
Voller Freud Ohne Zeit
Dort im andern Leben

Johann Sebastien Bach, Weihnachtsoratorium, 33



***

— Qu’est-ce que tu vas lui offrir ?
— Mystère.

Moue songeuse de la part de Holly.

— C’est sexuel ?

Un coussin du canapé atterrit droit dans le visage de la jeune fille.

— Non mais ça suffit !

Jace rassembla ses talents de comédien et affirma :

— On pense pas qu’à ça.
— Hmm hmm.

***

— Et ze bais faire eplooOOOOOzer la ville ! Ah ah AH AH AH ah ah ah !

Tous les voyants de la Machine s’éteignirent en même temps.

— Quoi ? Non ! Non ! Mon bijou ! Ma merveille ! Mon prézzziieeeuux…
— Vous dites si je dérange.
— Zunder ! Tu as entrafé mes plans pour la dernière fois !
— Euh…

L’adolescent se gratta la nuque.

— D’accord, mais c’est la première fois qu’on se voit, vous savez.

***

– Une autre !
— OK. Qui ?

Les murmures parcoururent le demi-cercle qui s’étaient formés autour de Jace. Celui-ci était aux anges. La fête, ce soir-là, se passait beaucoup mieux que le jour où la sœur de Vincent était arrivée. D’ailleurs, le blond posa son regard sur son petit ami. Son sourire s’agrandit.

— Sarah Palin !

Lança l’un des footballeurs. Jace changea de posture. Comme quoi, même après des semaines, il pouvait encore dévoiler à Vincent des talents inédits. Ce soir-là, c’était son don incontestable pour les imitations.



***

— Tu devrais arrêter.
— Est-ce que tu sens ?

Beverly secoua la tête.

— Pas vraiment.

La jeune fille tendit une aspirine à Jace, qui la repoussa avec un grognement incompréhensible.

— Difficile à dire.
— Bah voilà. J’vais pas arrêter. Ça marche.
— Question de point de vue…

De son point de vue à elle, ça ne marchait pas du tout. D’abord, la perspective de devenir incapable de ressentir les émotions de Jace la perturbait au plus haut point mais, après tout, ce ne serait pas la première fois qu’elle côtoyait une protection mentale. Mais ensuite, et surtout, les entraînements dans lequel le Légionnaire se plonger pour modifier en profondeur la façon dont fonctionnait son esprit, des entraînements dont elle n’avait pas très bien compris, elle devait bien l’abouer, le fonctionnement précis, laissait Jace en proie à des douleurs interminables. Et cela, pas besoin d’empathie surhumaine pour le comprendre.

— Et tu ne veux pas m’expliquer pourquoi tu fais ça… ? Il y a peut-être d’autres moyens.
— Non.

***

25 décembre 2014

Les deux semaines qui avaient suivi l’affrontement de Vincent avec Noctis avaient été chargées. Rapidement, Jace avait oublié la dernière conversation qu’il avait eue, ce soir-là, avec son petit ami. Pas vraiment oublié. Repoussé. Le Vincent du passé était rangé quelque part, comme le diable dans sa boîte, et Jace se concentrait sur celui qu’il avait sous la main. Il essayait de ne pas se montrer trop envahissant, même s’il fallait bien avouer qu’il le couvait un peu, depuis l’incident.

Surtout, il avait tenté de multiplier les activités. De s’intégrer dans son cercle d’amis — et Vincent avait eu raison, avec un peu de persévérance, les footballeurs avaient su voir autre chose en Jace que sa sexualité. Heureusement, l’Alpha était sociable et il avait l’habitude des équipes de garçon : il n’eut pas beaucoup de difficulté à retrouver la popularité qu’il avait eue à Star High. La vie avait repris son cours et Jace espérait que cette constatation rassurerait son compagnon.

Lui, il s’entrainait. D’un commun accord, il restait très, très vague sur la nature même de l’entraînement et il le pratiquait toujours loin de Vincent. Il eût été inutile de développer des protections mentales pour en déposer le secret dans l’esprit de son petit ami. Quand la douleur devenait trop vive, ou le désespoir qui montait parfois en lui, quand l’organisation de ses émotions et de ses pensées lui imposait de creuser trop profondément dans ses traumatismes et ses peurs, Jace appelait Vincent et, dans son studio, il se réfugiait contre lui, en silence, dans le noir. Mais c’était tout.

Heureusement, l’entraînement commençait à porter ses fruits. Il faudrait sans doute encore un peu de patience mais de Noctis, de toute façon, il n’avait plus de nouvelles. À vrai dire, ils ne cherchaient pas à en prendre. Jace supposait que les enquêtes parallèles de la Légion, de la SCPD et de l’UNISON suivaient leur cours mais, même si cela lui en coûtait, il faisait tous les efforts du monde pour ne pas s’y intéresser. Pas tout de suite, en tout cas. De toute façon, Star City abritait bien assez de vilains pour l’occuper.

Et ainsi le temps avait passé, du début du mois jusqu’au réveillon de Noël et du réveillon de Noël jusqu’au matin de Noël.

— Regarde, Vincent !

Aucune pitié. Holly était réveillée depuis l’aurore, évidemment. Le « sapin » trônait. Un sapin artistique, fabrication Jason. C’était un hommage au Hérisson de Duchamp, les décorations de Noël en plus. Jace avait renoncé à comprendre. Il s’était contenté d’empiler ses cadeaux dessous, avec les autres. Sur un paquet, il avait vu son nom écrit de la main de Jason et depuis, il se préparait à ne pas adopter un air trop perplexe quand il déballerait ce qui était à tous les coups une poterie expérimentale ou un portrait déstructuré d’il-ne-savait-quoi.

— Tous ces cadeaux !

Jace quitta le sapin-hérisson pour rejoindre son petit ami qui émergeait, sans doute encore fatigué par la fin mouvementée (et dénudée) de la veille. Jace, lui, était frais comme un gardon, bien entendu. Il posa une main sur le torse de Vincent et lui sourit, sans l’embrasser. Même si Jason et Holly devaient bien mesurer — et entendre — leur affection à travers les murs de l’appartement, l’adolescent ne se départait pas d’une certaine pudeur en public.

— Bon, vous venez !

Pas de petit-déjeuner pour Vincent : il y avait des choses avec lesquelles on ne plaisantait pas. Il faut dire que Holly lorgnait surtout sur un cadeau immense et rectangulaire qui trônait à la place de la vieille table basse récupérée jadis par Jason. Comme sur nombre de cadeaux, il y avait une étiquette qui indiquait « Vincent ».

— Ouvre celui-ci !

Vincent fut bien contraint de s’exécuter. Et il put découvrir… un bloc de bois. Un bloc de bois manifestement ouvragé, avec des petites rainures et différentes parties qu’on ne pouvait cependant pas bouger. Jace, les bras croisés, observait tour à tour son petit ami et Holly, assez fier de lui. Celle-ci, légèrement décontenancé, constata :

— C’est une table basse.
— Vincent.

Jace se pencha pour récupérer un tout petit paquet — avec son étiquette « Vincent » — sous le sapin-hérisson et le lança à son petit ami. À l’intérieur se trouvait une grosse clé métallique à l’aspect un peu ancien. Jace désigna la « table basse » d’un geste de la tête. Sur l’un des côtés, il y avait une serrure pour la clé.

— Vers la gauche. Faut insister un peu.

Quand la clé fut correctement tournée, la table basse se mit à grincer. Bientôt, les parties de bois coulissèrent, au bruit de multiples mécanismes, comme si Vincent venait d’activer une horloge géante. La table s’ouvrit et une partie des rouages devint apparente, qui avaient le même aspect un peu ancien que celui de la clé. Quelque chose se construisait à partir de la table basse, quelque chose de difficile à deviner, d’abord, alors que toutes les parties se mettaient en place au gré de la machinerie, mais qui devait bientôt tout à fait clair.

C’était une table de football américain. Comme ça, mais en plus joli. Et toutes les petites figurines de l’une des équipes avaient été soigneusement sculptés et peintes pour ressembler à Vincent et à ses coéquipiers. Il y avait de la place aux manettes pour quatre joueurs.

Jason, en plasticien connaisseur, demanda :

— Où est-ce que tu as trouvé un truc pareil ?
— J’l’ai fabriqué.

Jace et les automates de bois, c’était une longue histoire d’amour. Il n’en parlait pas beaucoup. Il l’avait dit une fois, à Vincent, en passant, au début, dans la liste de ses loisirs mais, depuis qu’il avait eu l’idée pour le cadeau, il s’était bien gardé de le rappeler à son petit ami, pour ménager la surprise. Jason, lui, avait tourné des yeux ronds vers Jace. L’adolescent avait l’air plutôt fier de son affaire.

— Pour refermer, faut remettre la clé et tourner à droite. Faites gaffes à pas vous coincer les doigts, par contre.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 27 Déc 2014 - 0:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    Le jeune homme se tient au milieu d’un entrepôt désaffecté situé dans la périphérie de Star City. Un cercle de feu l’entoure. Il est immobile, les bras le long du corps. Ses yeux sont fermés dans une concentration digne d’un moine tibétain. Il est simplement vêtu d’un jogging et d’une paire de baskets mystérieusement noircies. Vincent Nash se concentre actuellement sur sa respiration, sur les battements de son cœur, ainsi que sur les flammes qui crépitent joyeusement tout autours de lui, impatientes de recevoir un ordre. Soudain il ouvre les yeux et lève un bras en direction du mur qui se trouve en face de lui, à une bonne cinquantaine de mètre. Aussitôt, une bonne partie du cercle de feu s’élève et se projette violemment dans cette direction à toute vitesse. Mais avant qu’elles n’atteignent leur cible, Vincent les rappelle à l’aide d’un large mouvement de bras et les flammes font demi-tour avant de se diviser en deux pour atteindre cette fois le mur opposé. Le pyromancien reste penché vers elles, une jambe fléchie, les bras tendus mains ouvertes, les yeux fermés. Puis, au bout d’un moment, il referme le poing, lentement. Progressivement, les flammes perdent en intensité, jusqu’à s’éteindre complètement, une fois que le jeune homme eut fermé les poings. Vince n’ pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir qu’il avait éteint ses flammes, mais il le fait tout de même, en se redressant. Et voilà. Elles avaient disparues.

    – Yes !

    Ce n’était pas grand chose pourtant. Mais le jeune muté avait toujours eu du mal à éteindre ses flammes lorsqu’elles étaient loin de lui. Cela avait été le thème de sa journée d’entraînement d’ailleurs. Il n’était pas peu fier de lui. Transpirant, il se tourna vers l’entrée de l’entrepôt et demanda l’avis de son supporteur numéro un.

    – Alors ? T’en dis quoi ? C’est mieux non ? J’étais assez rapide ?
    – Miaou !
    – Ouais bon, la prochaine fois, j’y arriverai dans un claquement de doigts... t’es dur quand même...

    Certes, monsieur Purrington était un juge sévère. Ce chat errant avait pris l’habitude de venir observer les entraînements de Vincent lorsque l’étudiant venait s’exerçait. Au début, l’animal n’avait pas manqué de sursauter et de s’enfuir en crachant en voyant le jeune homme produire autant de feu. Mais à force, il s’était habitué. Et depuis il ne fuyait plus. Même s’il ne se laissait toujours pas caresser. Vince le soupçonnait de venir uniquement pour profiter de la chaleur que ses pouvoirs généraient. Le chat s’était même permis de piquer une ou deux siestes pendant les exercices du pyromancien. Mais il s’en fichait, c’était toujours sympa d’avoir de la compagnie, même si elle ne parlait pas... non, surtout si elle ne parlait pas en fait. Lorsqu’il utilisait ses pouvoirs, Vincent préférait rester seul. Question de sécurité. Il l’avait surnommé Purrington car le chat s’était mis à ronronner la première fois qu’il avait décidé de rester pour l’entraînement pyrotechnique. Et comme le félin le snobait un peu, il méritait un titre adéquat.

    Satisfait de sa performance, il alla jeter un œil à son portable. Celui-ci avait sonné à un moment, mais, pris dans son entraînement, l’étudiant n’y avait pas fait attention. Jace voulait le voir. Le ton du message était clair. Il avait besoin de lui. Depuis l’affaire Noctis, l’Alpha appelait parfois son petit ami pour qu’il vienne le prendre dans ses bras. Cela rappelait à Vincent l’état dans lequel il avait trouvé le blond à son retour de Sibérie. Sans doute à cause de son propre entraînement. Le barman savait en effet que Jace travaillait à protéger son esprit... mais il n’osait pas imaginer ce qu’un tel entraînement impliquait. Cela dit, il n’aimait pas trop le voir dans cet état... Heureusement, cela ne durait généralement pas longtemps.

    – Excuse-moi, Purrington, j’dois te laisser. Crève pas d’faim d’ici à ce que je revienne ! Au fait, je reviendrai pas d’ici là alors Joyeux Noël !
    – Miaou ?

    ... ... ...

    25 décembre

    La voix de Holly réveille doucement Vincent. Le jeune homme est encore bien fatigué pourtant. Il n’aurait peut-être pas du accomplir ses devoirs (tu parles de « devoirs ») de petit ami la veille de Noël. Un sourire se dessina sur ses lèvres en souvenir de leurs ébats. Le jeune homme faillit même se laisser aller dans des réminiscences plus tactiles lorsqu’il entendit son amie parler de Noël... Oui... c’était Noël. Il commença à en prendre conscience et à se rappeler que, pour la première fois de sa vie, il ne passait pas ce jour avec sa famille. Sa mère qui ne manquait pas d’étrangler ses enfants et son maris avec les traditionnelles écharpes de Noël, tricotées main. Ses frères qui s’introduisaient plus ou moins discrètement dans la cuisine pour goûter aux plats préparés. Clarisse qui évitait soigneusement la cuisine pour ne pas avoir à se taper la vaisselle. Son père qui ressassait les anecdotes de familles... Un nœud se forma dans l’estomac du barman. Tout cela lui manquait atrocement. Il avait déjà eu un gros moment de déprime en période de Thanksgiving, mais là, c’était pire. Puis il entendit la voix de Jace. Son nœud s’allégea un peu.

    Après s’être extirpé sur lit, fallait bien avec Holly qui avait tambouriné à sa porte, l’étudiant enfila un boxer et un tee shirt avant de rejoindre ses amis et son petit ami dans le salon. Sa main se posa sur celle de Jace lorsque le blond la posa sur son torse et il murmura un « Joyeux Noël » à la personne qui comptait désormais le plus pour lui. Mais rapidement, on lui demanda quelque chose de plus manuel.

    – Tu sais, Noël, ça se termine ce soir à 23h59, je suis sûr qu’on peut attendre un peu...
    – Même pas en rêve ! Allez !

    C’était une tentative désespérée, il le savait bien, mais ça valait le coup de voir la tête que Holly avait faite en entendant le blasphème de son ami. Vincent ouvrit donc son cadeau, découvrant ainsi un bloc de bois dont l’utilité ne sauta pas aux yeux. Ceux du jeune homme se clignèrent avant les instructions de Jace. Et lorsqu’il s’exécuta, le regard de Vince se mit à pétiller.

    – Oh la vache ! C’est... c’est génial !

    Aussitôt, le jeune homme fut plus que réveillé. Excité comme un gamin, il tourna autours de la table pour mieux l’examiner et énoncer à haute voix les merveilles qui lui apparaissaient alors. Les détails, les poignées, la texture. C’était un cadeau génial. Il avait toujours rêvé d’avoir une table de babyfoot ! Il ne s’était pas autant extasié devant un cadeau depuis que ses parents lui avaient procuré une vieille voiture pour ses 17 ans.

    – Ca a du te prendre des jours ! Ce, c’est... waouh !

    L’émotion venait de le propulser dans les hautes sphères de la joie. Si bien que Vince ne parvint pas à se retenir. Au diable la pudeur de son petit ami ! Il le prit dans ses bras et l’embrassa.

    – Maintenant j’me sens mal de pas avoir fabriqué mes cadeaux à la mains...

    Il n’avait pas un tel talent. Pendant qu’il s’excusait d’avance, tout en continuant d’exprimer sa gratitude. Holly avait commencé à déballer ses propres cadeaux, en commençant par celui de Vincent : une paire de pantoufles à l’effigie de Marge Simpson, une de ses idoles. L’enthousiasme naturel de la jeune femme la poussa à sauter sur son ami.

    – Elles sont trop cools !!! MERCI !!!

    Jason lui, souriait. Il se souvenait des commentaires récurrents de Vincent. Comme quoi la jeune fille avait un pas plutôt bruyant en particulier lorsqu’elle se trouvait dans la Salle de la Muse. Avec des pantoufles aussi douces, le martèlement serait bien diminué. Bien joué.

    – Voilà les tiens.

    Déclara Vincent après avoir apporté les trois cadeaux qu’il avait fait à Jace. L’un d’eux contenait un sac avec quelques équipements pour le cross-country auquel l’Alpha voulait s’adonner. Un autre contenait un t-shirt blanc orné de la tête de Donald Duck, en hommage aux goûts animaliers du jeune mutant. Le troisième, quant à lui, beaucoup plus petit, contenait une boîte d’allumettes (il trouvait ça drôle) qui renfermait une clé, celle de l’appartement. L’objet était tellement symbolique que Vincent ne put s’empêcher de se justifier d’une voix timide.

    – Vu que t’as des affaires à toi, je me suis dit que c’était normal que tu puisses rentrer ici sans avoir à le faire par effraction...

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 28 Déc 2014 - 14:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Les yeux rivés sur Vincent, Jace s’était senti tout chose en découvrant le regard émerveillé de son compagnon devant le cadeau. Il y avait passé des jours, en effet — des nuits, surtout, quand il avait commencé à mettre à profit les effets de son endurance surhumaine. Il avait fallu concevoir les plans et puis observer patiemment les coéquipiers de Vincent, pour bien saisir leurs traits. Sculpter les figurines, rassembler les pièces du mécanisme, travailler le métal et le bois. Lui qui avait pensé un temps à devenir artisan et à fabriquer des jouets avait renoué avec son ancienne passion.

Jace réceptionna son compagnon entre ses bras et il répondit à son baiser, avec beaucoup moins de passion que celle dont il eût fait preuve si Holly et Jason n’avaient pas été là. Il murmura très bas, à l’oreille de Vincent, alors que celui-ci regrettait de ne pas avoir travaillé de ses mains pour les présents de Jace :

— On leur trouvera un autre emploi, à tes mains, t’inquiètes pas.

Sans doute était-il plus sage, pour l’heure, de se détacher de lui, parce que dans la tenue où se trouvait Vincent, les perspectives que les promesses de Jace ouvriraient peut-être à son esprit seraient difficiles à dissimuler. Il fit bien : Holly venait d’ouvrir ses pantoufles et elle sauta sur Vincent. Jace se décala sagement et observa Jason déballer le paquet qu’il lui avait adressé. Il contenait une boite à outils d’assez belle facture pour travailler le bois — un matériel dont Jace avait jugé qu’un artiste plasticien aurait sans doute besoin.

Les remerciements de Jason furent beaucoup plus contenus que ceux de Holly qui s’attaquait à son autre cadeau. Elle gardait ceux offerts manifestement par son petit ami pour plus tard. Jace s’assit sur le canapé et rassembla devant lui les trois cadeaux offerts par Vincent. Il attendit que Holly eût ouvert le sien cependant. Celui-ci consistait en une enveloppe, qui refermait un bristol blanc portant un simple numéro de téléphone. Sous le regard indécis de la jeune femme, Jace expliqua :

— Le… Enfin un des numéros de Cipher. Elle a accepté que tu l’accompagnes sur une affaire.

Cipher était une Légionnaire qui n’occupait pas le premier plan de la scène médiatique, mais que les passionnés comme Holly connaissaient sans doute : elle avait une grande réputation pour les enquêtes et un don certain pour démêler les affaires particulièrement complexes. Ancienne hackeuse reconverti en white hat puis en Légionnaire, elle ressemblait un peu à Holly, à certains égards, en beaucoup plus calme, et Jace avait supposé qu’elle serait la plus indiquée des Légionnaires pour offrir à sa nouvelle amie une expérience héroïque de première main.

Après que Holly eut embrassé un Jace tout de même un peu crispé devant autant de démonstrations physiques, elle se mit à envisager à haute voix toutes les possibilités rocambolesques de cette future aventure, en élaborant des scénarios de plus en plus dangereux. Jace croisa le regard de Jason et secoua discrètement la tête. Il avait soigneusement convenu avec Cipher que la hackeuse n’entraînerait pas Holly dans des péripéties trop mouvementées. Hors de question que le cadeau de Noël se transformât en train fantôme.

Un peu rassuré, Jason entreprit tout de même de circonscrire les ambitions héroïques de Holly, tout en la dirigeant vers ses cadeaux. Jace reporta donc son attention sur les siens. Il commença par le tee-shirt Donald Duck et, avec un sourire amusé, commenta sobrement :

— Sexy.

Évidemment, comme à son habitude, sauf portes closes, Jace n’était pas très démonstratif. Mais, assis à côté de Vincent, il laissa ses regards en dire plus que ses mots. À deux pas de là, Holly, elle, roulait un patin à Jason, qui venait de lui offrir ce qui était soit une sculpture, soit le contenu d’une benne à ordures — probablement un peu des deux. Jace les regarda une seconde ou deux, avant de détourner les yeux. Il se lança à la découverte du deuxième cadeau, le sac de cross-country.

Avec tous ses entraînements, son travail et les soirées près de Vincent, Jace n’avait pas vraiment pris le temps de se lancer pour de bon dans ce nouveau sport. Il y allait tout de même une fois par semaine, mais il se contentait des équipements proposés par le club et n’avait même pas encore acheté son propre vélo. Il avait assez traîné sur les sites internet des équipementiers cependant pour savoir que Vincent n’avait pas lésiné. Et il comprenait bien que ce cadeau était tout à la fois un souvenir de leur rencontre au forum des sports et une manière de le rappeler à ses propres loisirs.

— Merci.

Un cadeau, un mot. Jace prit la boite d’allumettes, l’ouvrit et en retira la clé. Il se souvenait très bien de la manière dont Vincent avait refusé, deux semaines plus tôt, qu’ils vécussent ensemble sous prétexte de sécurité et de consolation, un refus auquel Jace avait prêté un sens un peu plus radical que Vincent ne l’aurait voulu. L’adolescent fit tourner la clé entre ses doigts. Il la quitta finalement des yeux et posa un regard un peu humide sur Vincent. Repoussant une mèche de ses cheveux blancs, machinalement, il murmura :

— Tu es parfait.

Un sourire aussi timide que l’avait été la voix de son compagnon suivit cette déclaration.

— Ça mérite d’autres cadeaux.

Jace se releva pour dénicher deux paquets supplémentaires sous le sapin et les apporter à Vincent. Le premier contenait une coque de téléphone.

— Thermorésistante. C’est la Légion qui a développé ça. ‘Fin, à la base, ça sert pour les combinaisons de super-héros pyromanciens. D’ailleurs, si jamais ça t’intéresse… Bref, tu ranges le téléphone à l’intérieur et ça devrait résister à des températures très, très élevées.

Et le troisième cadeau, une enveloppe aussi, contenait deux places pour un match important de football américain, qui devait se dérouler à Chicago quelques mois plus tard.

Jace se rendit bientôt compte qu’ils étaient seuls dans le salon. Jason et Holly avaient déballé tous leurs cadeaux et, apparemment, les remerciements s’étaient poursuivis en haut, dans la Salle de la Muse. Jace rougit légèrement.

— Hmm…

Un bruit un peu plus fort que les autres tomba du plafond. L’esprit de Noël.

— En fait, j’ai un autre cadeau pour toi, mais j’l’ai pas mis sous l’sapin. Viens.

Jace prit la main de son compagnon et l’entraina dans sa/leur chambre. Il lâcha la main de Vincent, fouilla dans ses vêtements, sur son étagère, dans leur armoire et tira de sous un tas de tee-shirt un dernier paquet. Celui-ci contenait une boite en bois et la boite, elle, contenait de l’huile de massage « comestible » et « pour toutes les parties du corps ». Ainsi qu’une paire de menottes dont un discret rembourrage en cuir, fait pour ménager les poignets du porteur, indiquait assez qu’elles n’étaient pas destinées à contenir les malfrats.

Passablement embarrassé, Jace, qui fixait le mur, tint à se faire un peu mousser :

— T’sais qu’j’ai même pas commandé ça sur Internet. J’suis allé dans un magasin. C’était…

Il y avait vu des objets tout à fait insoupçonnables.

— … euh. Instructif.

En tout cas, ça lui avait demandé pas mal de courage.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 2 Jan 2015 - 23:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    Vincent se retrouva là, dans sa chambre, des ustensiles coquins entre les mains, le sourire jusqu’aux oreilles. Rien que d’imaginer Jace en train d’effectuer ces achats, le pyromancien. Remarque, lui n’aurait probablement pas été fier non plus à sa place. Il lui été déjà arrivé d’entrer dans ce genre de boutique pour le fun avec des potes, mais jamais avec l’intention d’acheter quelque chose pour agrémenter sa propre vie sexuelle. Il trouvait ce genre de trucs plutôt tristes car si on venait se fournir en matériel, c’était que notre vie sexuelle n’était pas très satisfaisante. Du moins c’était ce qu’il pensait avant. Depuis qu’il s’était un tout petit peu forcé à parler de ce genre de chose avec Jace en dehors des temps « chauds », le barman avait un peu ouvert son esprit. De plus, il tenait son petit ami en très haute estime et rien que pour lui, il était prêt à faire des efforts. Une motivation qui s’étendait d’ailleurs jusqu’au dernier cadeau qu’il lui avait réservé.

    – C’est génial ! En plus ça ira très bien avec mon dernier cadeau.

    Mais lentement, l’assurance du jeune homme commença à fondre. Il était déterminé, mais cela ne voulait pas dire qu’il n’avait pas un peu d’appréhension. En plus, il craignait d’être maladroit ou déplacé... En fait il craignait beaucoup de choses.

    – Enfin c’pas vraiment un cadeau... il n’est pas emballé... Enfin, pas au sens propre...

    Et voilà la maladresse. Heureusement, Vincent commençait à plutôt bien se connaître maintenant. Donc il avait développé plusieurs stratégies dans ce genre de situation. Car Vincent Nash était un jeune homme prévoyant, rigoureux et professionnel. L’étudiant cessa donc de cafouiller pour planter un regard déterminé dans celui de son petit ami.

    – Remarque, j’pourrais déjà commencer par te remercier pour tes cadeaux.

    Il posa alors ses deux nouveaux cadeaux sur le lit – endroit stratégique, notez-le – avant de poser ses mains miraculeusement libérées sur les hanches du blond. La position assurée, elle fut suivie d’un rapprochement tactique qui incita les lèvres du pyromancien à se rapprocher de celles de l’Alpha afin de les embrasser avec toute la reconnaissance que Noël exigeait. De fil en aiguille, les mains de Vincent perdirent vite leur emplacement sage. Les deux garçons s’arrêtèrent lorsqu’un bruit de chute retentit au dessus d’eux, dans la Salle de la Muse. Une chute suivie par ce qui semblait être un gloussement de Holly. Ah, Vincent reconnut ce gloussement. Il était typique d’une petite séance de représentation artistique intime. Le jeune homme sourit au plafond avant de baisser de nouveau les yeux sur Jace.

    – Je savais vraiment pas que le Père Noël avait cet effet là.

    Le ton était innocent, le regard un peu moins.




Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 4 Jan 2015 - 14:48 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Instructif, c’était le mot. Dans cette boutique, Jace avait découvert que les gens utilisaient toutes sortes de protubérances aux formes les plus étranges pour les insérer dans toutes sortes d’orifice et il avait soudain jugé que sa propre vie sexuelle était très sage et très vertueuse. Puis il avait acheté des menottes, mais enfin, l’adolescence, même en sa fin, n’est-elle pas une période de découverte ?

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 4 Jan 2015 - 21:28 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 4 Jan 2015 - 23:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 5 Jan 2015 - 20:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 5 Jan 2015 - 21:29 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 6 Jan 2015 - 19:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 6 Jan 2015 - 20:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 6 Jan 2015 - 22:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 7 Jan 2015 - 15:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 7 Jan 2015 - 22:20 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 7 Jan 2015 - 22:56 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Revenir en haut Aller en bas



Dir will ich abfahren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 6Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant


Sujets similaires

-
» Dir will ich abfahren

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-