AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_1Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_2_bisIl n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_3
Aller à la page : Précédent  1, 2
 

Il n'y a pas de vilains au Kansas ?

 
Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 14:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Les pensées de Jace partageaient les préoccupations de Vincent. Si l’adolescent estimait bien avoir une petite chance, sinon de contrarier entièrement les pouvoirs de Noctis grâce aux spécificités de son esprit, du moins de sérieusement les embarrasser, il était parfaitement conscient que l’esprit de Vincent, tout séduisant et charmant le trouvât-il pour sa part, restait une proie facile pour un mentaliste, même moins doué que Noctis. Jace savait qu’il existait des entraînements, du reste très rigoureux, pour permettre aux humains de dissimuler une partie de leurs pensées à l’investigation télépathique, mais la réputation de Chase Neutron-Grey permettait de douter sérieusement de leur efficacité à son encontre.

Et quant aux machines électriques… Jace hocha la tête plus pour la forme que par réelle conviction. Des idées un peu plus sordides et plus radicales se formaient déjà dans son esprit. Une balle dans la tête, c’était rudimentaire mais sans doute très efficace. Si Noctis devenait une véritable menace pour ceux qui l’entouraient, pour Vincent surtout, serait-il prêt à recourir à de semblables méthodes ? À libérer toute son énergie électrique pour assassiner un adversaire ? Il doutait que la télékinésie de qui que ce fût pût entraver la puissance d’un réacteur nucléaire qui se déchargeait.

Les yeux de Jace s’arrêtèrent sur Vincent. Il était étonné de la facilité avec laquelle cette solution définitive se présentait à son esprit quand il faisait entrer son petit ami dans l’équation. Déjà, cette simple supposition se transformait en plan. Il lui suffisait d’entraîner assez son esprit pour que ses intentions demeurassent cachées pendant quelques secondes à Noctis, puis de libérer sa pleine puissance pour le tuer. Et le problème serait réglé. Vincent serait en sécurité.

Holly continuait à parler. Jace continuait à fixer Vincent. L’adolescent sursauta quand la sonnerie de l’interphone résonna. Il détourna les yeux, hocha une nouvelle fois la tête, sans vraiment savoir ce qu’il venait d’approuver, et se leva pour répondre à l’interphone. Dans la cuisine, il retrouva Vincent. La question de son petit ami fut suivie d’une remarque de Holly qui fit naître un sourire mi-amusé, mi-triste sur le visage du jeune Roberts.

— On a une de ces réputations…

Il était probable que la politique domestique de Mrs. Roberts comportait un article prohibant les activités sexuelles dans la cuisine, de toute façon.

— On peut toujours arrêter les gens. Ou les dissuader. Ou les raisonner. On a arrêté des tyrans extraterrestres d’une dimension lointaine qui voulaient envahir la Terre. Terminus, les Grues. Et je ne te parle pas de nos super-vilains locaux. D’accord, peut-être que toi et moi, on n’est pas de détails. Je sais pas. Mais c’est parce que chaque individu, isolément, constituera toujours pour quelqu’un, quelque part, une proie facile, que la Légion existe. J’te dis pas ça par idéalisme, mais par pragmatisme stratégique.

Évidemment, il y avait des super-vilains qui faisaient quelques victimes — et parfois de très nombreuses — avant d’être arrêtés, mais Jace n’allait pas saper son propre argument. Il confia les assiettes et les couverts à Vincent.

— J’vais récupérer les pizzas en bas, j’arrive.

Quelques minutes plus tard, ils étaient réunis autour des cartons ouverts. Le plan anti-Noctis, rudimentaire pour l’heure, était collectivement approuvé et la conversation avait lentement dérivé vers d’autres sujets : le prix que ça coûterait de reconstruire le bâtiment de philosophie, l’endroit où iraient les étudiants en attendant, ce qu’on en dirait dans la presse, même si Jason coupa court à ce sujet en particulier pour que Holly ne se mît pas à spéculer immédiatement sur la célébrité croissante de son colocataire.

Jace vola aussi à la rescousse de l’artiste.

— Bon, et sinon, elle vous a montré quoi, la Mémoire ?
— Tout !

S’enthousiasma Holly. Jace en doutait un peu.

— Les archives, des salles d’entraînement, des salles d’expérimentation de pouvoir, des salles de recherche, des salles de…

La Tour de la Paix restait un bâtiment et son architecture n’était pas vraiment révolutionnaire : de fait, il y avait surtout des salles de ceci et de cela à voir. Certaines pièces des étages inférieurs avaient tout de même été aménagées avec un certain sens muséographique pour entretenir l’image publique de la Légion et offrir un parcours intéressant, surtout aux jeunes visiteurs et aux touristes. Jace toutefois comprit rapidement que ce qui avait intéressé Holly, c’était les super-héros qu’ils avaient croisés dans ces différents endroits.

— Et je suis sûr que le type à côté de la plante verte, en bas, c’était le Corbeau.

Jason secoua la tête.

— Le Corbeau est une femme.
— Ça, c’est ce qu’il essaie de faire croire, mais sur les forums…

Jace échangea un regard avec Vincent. Il se pencha vers son petit ami et murmura dans son oreille :

— C’est ma tante. ‘Fin, pas littéralement, mais c’est tout comme.
— Tu lui as dit qui c’était ? Je suis sûre que tu lui as dit !

Jace prit un air innocent.

— J’vois pas d’quoi tu parles.
— Alleeez !
— Nope.

Et l’adolescent attrapa une nouvelle part de pizza. Les supplications de Holly demeurèrent sans effet, le Corbeau conserva son anonymat et la jeune fille enchaîna avec une autre interrogation, qui se situait au croisement des événements de la journée et de sa visite du soir.

— Et alors, Vincent, tu vas venir t’entraîner ici, toi aussi ?

La perspective de transformer son ami en super-héros Légionnaire ne devait pas lui déplaire.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 19:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Finalement, amener Holly et Jason ici n’était peut-être pas une si bonne idée que ça. Pas pour leur sécurité, certainement, mais pour celle du monde de la Légion. La conversation sur le Corbeau avait amené Jace à confier un détail assez important sur l’identité de l’héroïne. Vincent le regarda un instant avec des yeux ronds. N’avait-il pas peur de trop en dire ? Ok, ils étaient ensemble, mais l’Alpha avait le droit d’avoir des secrets, notamment par rapport à son statut de Légionnaire. En plus plus lorsque cela concernait un de ses proches. Certes, cela ne voulait pas dire que Vince savait maintenant qui était le Corbeau, mais c’était tout de même une sacrée piste. Le blond n’avait-il pas compris que l’esprit du barman avait été très facilement exploré par un dangereux mentaliste? Et si Noctis venait se servir des informations que Jace avait partagées avec son crétin de petit ami ? Vince était incapable de protéger son esprit. Un mentaliste pourrait donc y trouver de quoi nourrir ses plans machiavéliques. L’étudiant ne s’inquiétait pas trop pour la sécurité des Héros, en général, mais il n’aimait pas du tout l’idée d’être directement, ou indirectement, impliqué dans une éventuelle catastrophe. Le Corbeau par exemple était apparemment quelqu’un d’important pour Jace. Si elle venait à avoir des problèmes à cause de ses pensées trop transparentes... Vincent ne supporterait pas de faire de la peine à son petit ami. Sans parler de la culpabilité « ordinaire » qu’un honnête Kansasais comme lui ressentirait en sachant qu’il avait contribué au malheur de quelqu’un.

    C’était officiel, il devenait parano...

    Le jeune homme quitta son petit ami des yeux pour se concentrer sur sa pizza hawaïenne sans avoir l’air trop inquiet ni triste. Toute cette histoire ne lui plaisait pas du tout. C’était pourtant le quotidien de Thunder. A peu de choses près. Et lui se révélait incapable d’y trouver une place sans risquer de bouleverser cet équilibre héroïque. Il n’était pas assez fort. Il n’avait pas l’expérience adéquate. Il était un danger pour son compagnon. Et Holly vint une nouvelle fois mettre les pieds dans le plat. Les regards se posèrent sur Vincent qui se contenta de finir de mâcher sa pizza, qui avait actuellement un goût de carton tant le barman était mal à l’aise. Jason parvint à détecter l’embarras de son ami et crut bon d’intervenir, histoire de l’aider... ou pas...

    – C’est vrai que la Salle de la Muse est finie maintenant... tu peux pas trop t’y entraîner. En plus, elle devient trop petite pour tes pouvoirs.

    Vince lui jeta un regard noir avant de baisser les yeux vers les autres parts de pizza encore confortablement installées dans leurs cartons. Jason avait raison, cependant. Le pyromancien arrivait à manipuler de plus en plus de flammes et l’espace de la Salle de la Muse devenait trop réduit pour les contenir sans que l’immeuble en souffre. Mais il n’avait pas vraiment envie de venir ici pour se servir des installations de la Légion. Il n’était pas sûr d’en avoir le droit, déjà. Et puis... s’il venait à casser quelque chose ?

    – J’sais pas... j’ai déjà repéré un endroit sympa pour m’entraîner. Pas de gens, rien à brûler...

    Sauf qu’il y trouverait peut-être les restes des expériences tordus d’un scientifique nazi... Mais bizarrement, c’était un danger qu’il préférait à tous ceux qu’il pourrait rencontrer ici et qui pourraient, potentiellement, nuire à sa relation avec Jace.

    – Eh puis... de toute façon, mes pouvoirs m’ont pas servi contre Noctis... Juste à m’empêcher de finir écraser sous un mur que j’ai approché tout seul sans raison...

    Et aussi, en règle générale, il n’aimait pas trop utiliser ses pouvoirs contre d’autres personnes. Sauf avec beaucoup de retenue, comme ce gars qui l’avait menacé afin de contrôler Camille. Depuis le tireur cannibale, Vince avait décidé d’éviter autant que possible de retrouver l’odeur de la chair humaine calcinée.

    – Alors pourquoi il t’as testé en fait ?

    Bonne idée. Revenir sur toutes ces choses qui lui avaient emmêlé les pensées.

    – J’crois qu’il est plus intéressé par Jace. Il m’a approché juste pour voir qui j’étais.
    – Il aurait pu se contenter d’un café.
    – J’aurais préféré.
    – Et donc il t’a fait quoi, concrètement ?

    Vincent prit une longue inspiration.

    – Il a menacé... ou apparemment, fait semblant de menacé des gens et a examiné mes réactions. Il m’a aussi posé un ultimatum... des trucs de méchant quoi, genre Dark Sidious...
    – Ooooh... t’as vu Jason ? Il se souvient de notre soirée Star Wars... Notre Vincent devient un geek !

    Cette fois, Holly avait gagné. Elle avait exaspéré Vincent ce qui le força à reprendre une autre part de pizza, l’empêchant ainsi de continuer son récit. Ca tombait bien, il n’avait pas spécialement envie de le répéter une énième fois... Quoique... il n’avait pas encore précisé à qui que ce soit que Noctis avait proposé de lui retirer ses pouvoirs et ses mauvais souvenirs.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 20:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le regard avec lequel Vincent l’avait fixé, quand il lui avait révélé un peu de l’identité du Corbeau, lui restait à l’esprit. Eh bien quoi ? C’était son petit ami, il l’aimait, alors il lui faisait des confidences. Il avait confiance en lui. Sans doute la confidence du jour était facilité par le fait que Chase Neutron-Grey avait déjà croisé le Corbeau en civil, sous les traits de Sydney Stevens, et collaboré avec elle. Par le fait que l’ancien informaticien de l’UNISON né et élevé dans une famille de super-héros sur plusieurs générations devait en savoir long, très long, sur les habitudes et les identités des gens qui peuplaient la Tour de la Paix. Une pensée pas très rassurante, certes.

Mais est-ce que la surprise de Vincent avait tenu seulement à une inquiétude d’ordre stratégique ? À la peur de ne pas arriver à préserver une information précieuse que Jace lui aurait confié ? Et s’ils ne partageaient pas la même conception de leur relation ? Le même degré d’implication ? Jace jetait des coups d’œil à son petit ami entre chaque bouchée. Après tout, et Vincent le lui avait bien fait comprendre dès le début, ils n’avaient pas vraiment le même rythme pour ce genre de choses. Comme à son ordinaire, Jace s’était engagé auprès de Vincent avec toute la force de son tempérament. Rapidement et complètement. Mais il était bien forcé d’admettre qu’ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que cela. Que rationnellement, ils n’étaient peut-être pas assez proches pour tout partager.

Ces préoccupations éclipsèrent un moment les considérations plus immédiates et plus héroïques sur l’entraînement de Vincent, que Jace n’écouta que d’une oreille distraite, en avalant sans conviction une nouvelle part de pizza. La Tour de la Paix n’ouvrait pas exactement ses équipements à tous les métahumains en mal de ring où boxer, mais le fils du Commander ne doutait pas de parvenir à obtenir une dérogation pour son petit ami. Cela dit, le petit ami en question avait « déjà repéré un endroit sympa ». Première nouvelle. Nouveau regard de Jace. Depuis quand Vincent songeait-il à s’entraîner ? Pourquoi est-ce que lui, il apprenait ça maintenant ? Qu’est-ce que le pyromancien lui cachait d’autre ? Et si la certitude de Noctis de pouvoir les éloigner l’un de l’autre naissait d’une meilleure connaissance, de la part du mentaliste, des sentiments et des secrets de Vincent ? Est-ce que Noctis, par exemple, savait quelque chose de ce fameux homme sur lequel Vincent s’était montré particulièrement laconique, quand il lui avait avoué avoir eu des relations avec un autre ? Est-ce que…

— Jace ?
— Hmm ?

L’adolescent releva les yeux de sa part de pizza.

— Je disais : tu aimes Star Wars ?
— Euh…

Un peu distraitement, sans grande conviction, le jeune homme répondit :

— Oui. Bien sûr. ‘Fin, comme tout l’monde, j’suppose.

La conversation qui n’avait attiré qu’une partie de son esprit se reconstitua pour lui dans sa conscience. L’entraînement, l’impuissance de Vincent face à Noctis et le mystérieux ultimatum. Jason, qui n’était jamais le dernier pour percevoir le trouble chez les autres, résultat sans aucun doute d’une longue pratique à contenir Holly, glissa l’air de rien :

— N’empêche, tout ça, le stress et tout, ça a dû de fatiguer, Vincent. Si vous voulez aller vous reposer, on rangera, c’est pas un problème.
— Mais j…

Jace coupa court aux protestations de Holly en sautant sur l’occasion.

— Merci. J’vais vous montrer la chambre d’amis, quand même.

Et le quatuor abandonna les cartons de pizza, de toute façon presque vides. Jace indiqua la chambre à Holly et Jason, non sans se répandre en explications détaillées sur l’appartement et la manière dont tout y pouvait fonctionner — très normalement, à vrai dire, mais ses propos avaient plutôt pour objectif d’empêcher une nouvelle conversation de démarrer à propos des événements de la journée.

Jason parvint habilement à captiver sa compagne avec la vue imprenable sur la Place du Centenaire que la fenêtre de la chambre, comme une bonne partie de celles du reste de l’appartement, offrait à ses occupants et Jace en profita pour entraîner Vincent dans la sienne. Il referma doucement la porte derrière eux et la lampe de chevet s’alluma toute seule.

— Alors…

Pendant la brève visite de l’appartement, il avait tenté de repousser les doutes insidieux et les questions à ses yeux injustifiées que la situation avait fait naître en lui. Le succès n’était pas complet. Il ne savait pas par où commencer. Pourquoi Vincent avait-il eu l’air si surpris qu’il lui confiât quelque chose sur le Corbeau ? Est-ce que Vincent continuait à voir l’autre homme ? Quel était l’ultimatum posé par Noctis ? Où est-ce que Vincent comptait s’entraîner ? Depuis quand songeait-il à s’entraîner ? Est-ce que Vincent trouvait qu’il brûlait les étapes de leur relation ? Toutes ces questions n’avaient sans doute pas la même importance mais Jace était incapable de les départager.

Alors, à la place, il dit :

— Il est gentil, Jason.

Un temps.

— Holly aussi, j’veux dire. Mais Jason, il a toujours… du tact.

C’était le mot qui convenait le mieux.

Un temps.

Les mains dans les poches de son jogging, Jace fixait le lit.

— Techniquement, tu pourrais. Faire quelque chose contre Noctis. À peu près le même principe que l’autodestruction. Quand on peut pas empêcher quelqu’un de prendre possession de quelque chose, alors on détruit tout. Si tu parvenais à te transformer en torrent de flammes au moindre soupçon d’intrusion mentale, ça s’rait très dissuasif. Ça d’mande de l’entraînement, niveau puissance et niveau réflexe. Une sorte de vigilance mentale. Mais c’est pas impossible. Puis même. S’il fait très, très chaud, il pourra sans doute pas réfléchir correctement. Utiliser ses pouvoirs normalement. Pareil, pire même, s’il fait très, très froid. Vu qu’tu résistes au froid. Des armes glaçantes, qui modifient l’environnement, ça existe. J’veux dire, faut toujours envisager ses pouvoirs d’manière indirecte quand on veut s’entraîner.

C’était du Jace tout cracher : noyer le poisson personnel dans un discours technique adressé à un objet sur un ton faussement dégagé.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 22:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Nul ne savait mieux comment mettre Holly en veille. Jason en avait fait un art. Bon, ça ne marchait pas toujours. Lorsque l’artiste était en train de parler de son sujet de prédilection, il était incapable de recentrer son attention sur autre chose. Mais les boîtes à pizza n’offrirent pas une diversion suffisante, ainsi il bloqua sa petite amie. Voilà une alchimie des plus efficaces. Pendant que Jace leur montrait leur chambre, Vince revint esquisser un début de rangement, histoire de ne pas laisser ses amis s’en occuper seuls, en réunissant les restes de pizzas dans une boîte et en jetant les vides. Lorsqu’il alla retrouver ses amis, l’Alpha en avait finit avec ses indications et l’entraîna dans sa chambre. Cette perspective avait le mérite d’entraîner un sourire sur le visage du barman. Il aimait bien la chambre de Jace. Elle était très... lui.

    Cela dit, son petit ami ne tarda pas à montrer les signes les plus évidents d’un embarras contenu. Vince parvint même à reconnaître une de ses stratégies les plus classiques. Heureusement, il avait une bonne parade. Le barman fit un pas en avant, posa une main sur la hanche de son homme, une main sur sa nuque et les lèvres sur les siennes. Sa progression ne s’arrêta pas là car il continua d’avancer afin de plaquer gentiment le blond contre la porte. Un emplacement de choix pour une étreinte dans les règles de l’art. Le jeune homme y mit du sien. Cependant, il ne voulait pas étouffer le poisson sous les caresses et autres baisers sensuels. Il désirait simplement interrompre le flot de paroles techniques de cet adorable esprit brillant. Les mains du pyromancien restèrent donc relativement sages et le baiser s’interrompit sans allumer un nouveau brasier indécent. Vincent ne s’écarta toutefois que très peu, juste assez pour avoir une vue d’ensemble sur le visage du blond, pas assez pour ne pas sentir le souffle de Jace contre le sien. Il le regarda un instant d’un air inquiet avant de lui demander doucement :

    – Qu’est-ce qui ne va pas ? ?

    Une question à réponse courte serait plutôt : qu’est-ce qui allait vraiment aujourd’hui ? Les éléments positifs de la journée comme le bon déroulement de son premier match ou encore la découverte de l’endroit où son petit ami avait grandit ne parvenaient pas à compenser la menace qui planait désormais sur eux. Même si elle avait toujours été présente et que Vincent venait juste d’ouvrir les yeux. En grand.

    – J’ai rien brulé dans le salon de tes parents, si c’est ça qui t’inquiète.

    Ah non ! Vince ! Tu n’as pas mis fin au torrent infini de propos techniques de Jace pour mettre en place ta propre stratégie défensive humoristique ! Un peu de nerfs ! Initiative !


    – Tu sais je... je sais pas si tu devrais me confier des trucs supers importants... Mon esprit est comme un livre ouvert et... ok je vais m’entraîner, promis mais... j’pense pas que les résultats vont être immédiats.

    Son talent, aussi exceptionnel pouvait-il être aux yeux d’observateurs externes, était loin d’être indéniable. Certes, les accidents domestiques étaient devenus bien rares. Mais c’était principalement grâce à Jace, pour ne pas dire uniquement. Leurs moments d’intimité étaient généralement ceux où il avait le plus de mal à maintenir ses pouvoirs dans leur cage. Alors forcément, une sexualité débridée l’avait bien aidé à progressé. Cela dit, Vince n’était pas sûr de pouvoir utiliser cette méthode pour développer des compétences de combat et de défense.

    – J’ai pas envie de faire une boulette avec des pensées un peu trop voyantes...

    Sans pouvoir s’en empêcher, Vince baissa les yeux un moment. Preuve qu’il nourrissait des pensées bien plus sombres que ce que ses paroles exprimaient. Lorsqu’il s’en rendit compte, il releva la tête et tenta de se rattraper avec un sourire avant de s’emparer de la main de Jace pour l’entraîner vers le lit afin de s’y asseoir... car pour l’instant, les deux garçons ne faisaient que parler. Pour le moment.

    – Est-ce que... est-ce que tu voudras venir m’aider à m’entraîner de temps en temps ? J’ai pas vraiment de plan en tête... J’ai juste répondu à Holly parce que je voulais pas qu’elle m’assomme sous une cascade d’arguments. En fait je ne sais pas trop comment m’y prendre... J’ai bien l’endroit par contre. Enfin, j’pense que ça fera l’affaire. J’ai sais rien, j’ai juste pensé ça sur le moment... C’est un endroit isolé, tranquille...

    Encore une fois, si on oubliait les reste de créatures qu’on pourrait peut-être y trouver si l’UNISON n’avait pas procédé à un nettoyage complet.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 22:31 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Oh non ! Le Vincent sauvage s’est libéré ! Le Pokéball rhétorique de Jace n’avait pas très bien fonctionné et le pauvre mutant se retrouvait désormais la cible innocente (évidemment) d’une attaque Doux Baisers. Nul doute que la confusion ne tarderait pas à suivre.

Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 53ae5de465651d991ed6c4e03d3898ad

Désemparé, le jeune homme n’eut pas la présence d’esprit de se défendre et ce fut sans doute le poids accumulé des émotions de la journée qui lui fit étouffer un soupir de plaisir en sentant la porte dans son dos. De la même manière, c’était le traumatisme et les préoccupations héroïques, dignes d’un semblable et si respectable lieu que la Tour de la Paix, qui l’incita à coller tendancieusement son bassin contre celui de son petit ami.

Fort heureusement, l’attaque fut interrompue et Jace put recouvrer un peu ses esprits. Ses mains, elles, étaient toujours posées sur le torse de Vincent : des pectoraux comme ça, on ne s’en lassait jamais. L’adolescent les regardait d’ailleurs, maintenant, les yeux baissés, peu contrariés qu’ils fussent couverts par tout ce tissu superflu. C’était joli, l’emblème de la Légion, mais moins que la peau de son compagnon.

Vincent, qui devenait très doué décidément au petit jeu de l’autruche qu’on désensable, entraina Jace sur le lit en poursuivant ses explications. Assis à côté de son petit ami, Jace jouait avec ses doigts, ce qui était bien le jeu le plus chaste auquel il se fût livré sur un lit avec Vincent. Comme quoi, Holly n’était jamais qu’une diffamatrice.

Les explications de l’étudiant eurent le mérite immense de disqualifier une bonne partie des questions de Jace. Pas toutes, cependant, et après un instant de silence et un soupir à fendre les cœurs de pierre, Jace murmura :

— J’ai peur d’aller trop vite.

Il releva les yeux sous un voile de mèches blondes.

— Pas en général. Mais de ton point d’vue.

C’était un peu cryptique, comme crainte, il en avait bien conscience, alors il lui fallut bien s’expliquer.

— Des fois, t’as l’air si surpris quand j’te confie des trucs que j’me demande ce que toi tu m’confies pas. J’me sens un peu jaloux en général de cette vie hypothétique que tu mènes loin de moi et qui fait son apparition, comme ça, au détour des phrases, parce qu’elle m’prend au dépourvu. J’arrive pas à imaginer à quel lieu isolé t’as pu penser et qui t’est si familier que tu l’as envisagé tout de suite. J’arrive pas à pas penser à c’que t’as fait avec…

Cette partie-là de ses craintes fut escamotée aussi sec sans que sa phrase trouvât aucune occasion de se finir. Jace enchaîna immédiatement :

— J’me dis parfois que j’m’engage trop dans un truc où peut-être tu veux aller plus doucement. Que j’me donne en entier et que c’est un don qui t’embarrasse, tu vois ? Dont tu sais pas forcément quoi faire. J’m’en fiche que ton esprit soit un livre ouvert quand ça concerne ma vie. Si j’veux qu’la Légion s’occupe de Noctis sans nous, c’est aussi parce que j’aurais pas la forcer de te cacher des trucs que je préparerais moi. J’préfère pas savoir.

Comme souvent, les inquiétudes de Jace jouaient sur plusieurs niveaux à la fois : ses problèmes de confiance et de dévouement étaient liés à sa perception toute personnelle de l’écoulement du temps, mais ils rappelaient aussi la difficile question des pouvoirs télépathiques de leur ennemi apparent, sans être tout à fait étrangers aux considérations plus banales des débuts difficiles de leur relation et des épisodes d’indécision et d’expérimentation qui les avaient caractérisés. Jace passait d’un sujet à un autre, parce qu’il en sentait le rapport évident, sans vraiment prendre le temps de s’expliquer complètement ; mais Vincent devait être habitué désormais aux discours de son petit ami, qui avaient toujours l’air à la fois chaotiques de l’extérieur et parfaitement cohérents du point de vue de Jace.

— Noctis s’intéresse à toi à cause de moi, tu l’as dit. Tu as peur que ton esprit soit un livre où on lise mes secrets. Tu supportes pas qu’on me voit en danger. En vrai, j’suis une plaie dans ton existence. T’es là, en haut de la Tour de la Paix, avec un blason de la Légion sur le Torse, des étages et des étages de super-héros sous les pieds, en train d’songer à ton entraînement secret, et c’t’à cause de moi. Si tu m’avais pas rencontré, t’aurais trouvé tout seul à faire des exercices d’méditation et tu mènerais ta vie à peu près normale. Un jour, qui sait si tu t’rendras pas compte que tu nous veux pas autant que ça ? Et alors le reste de ta vie viendrait te happer et t’enlever à moi. Et toi, peut-être que tu trouveras ça normal. Peut-être que tu s’ras triste, mais ce sera jamais qu’une rupture, tu sais, quand on est jeunes, on a plein de ruptures, et on passe à autre chose.

Tu vois, j’me dis ça, et en vrai, j’y crois pas trop. En vrai, j’ai l’impression que t’m’aimes pour toute la vie, parce que j’crois tes yeux qui brillent quand ils sont sur moi. Ça doit être un peu crétin. Genre, peut-être toutes les filles de seize ans elles s’disent ça quand elles sont amoureuses pour la première fois. Mais si un jour c’est trop et tu pars, restera ça, que pour moi, nous, ça aura duré dix milles ans. Et pour tous les autres, ce s’ra une métaphore, les gens m’diront, allez ça va passer, t’as dix-huit ans, t’as dix-neuf, t’as vingt ans, mais avec toutes les pensées que j’ai de toi en une demi-seconde de ma vie, au fond d’moi, j’sais qu’la vérité ce s’ra ça : dix milles ans.


Jace posa la tête sur l’épaule de Vincent en refermant sa main sur la sienne.

— J’suis désolé d’avoir foutu l’bordel dans ta vie, Vincent.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 0:23 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    – C’est pas un endroit familier, c’est juste que j’y ai pensé, comme ça, sur un coup de tête... tenta de se défendre Vincent.

    En fait, il n’en n’avait pas conscience, mais l’étudiant y avait immédiatement pensé lorsqu’il était sorti de ces sombres tunnels avec Camille. Cette ancienne zone industrielle totalement déserte dans laquelle ils n’avaient pas croisé un chat... A l’exception de l’ombre d’une créature étrange mais probablement – il fallait l’espérer – innocente. Bien sûr, il n’y avait pas fait attention sur le coup, le pyromancien avait eut alors d’autres priorités. Mais son esprit s’était penché sur cette éventualité, si bien qu’il n’avait pas traîné à lui rappeler cet endroit lorsque Holly avait parlé d’entraînement. D’une certaine façon, cette décision avait été mûrement réfléchie. Mais en même temps, Vincent était le dernier au courant. C’est fort l’inconscient.

    Mais présentement, il ne chercha plus à essayer de se défendre devant ce qui, de toute façon, n’était pas une attaque. Vincent essaya de se concentrer pour écouter ce que son petit ami essayait de lui dire. Ses craintes... Décidément, à eux deux, ils devaient porter la moitié des craintes que renfermait la ville entière. Le barman avait conscience – cette fois – qu’il n’avait jamais autant réfléchi à une relation, qu’aucune de ses ex ne l’avait inquiété comme il s’inquiétait avec Jace. Mais en même temps, il était hors de question de changer ça. Le footballeur serra un peu plus la main de son petit ami et pencha la tête pour la poser contre celle du blond.

    – Je suis pas désolé moi... que tu foutes le bordel dans ma vie...

    Amis du romantisme, c’était Vincent Nash.

    – Aujourd’hui un mentaliste m’a proposé une offre. Pour pouvoir te manipuler il voulait m’écarter et du coup il a suggéré d’utiliser ses pouvoirs pour inhiber les miens et pour me faire oublier tout ce que j’ai vécu à cause d’eux... y compris toi...

    Vince avala sa salive. Il fallait faire attention à la suite. Le but était de rassurer Jace et pas de le faire flipper. Du coup une formulation correcte était exigée.

    – C’était tout ce que je voulais. J’aurais pu retrouver ma famille... ptet même réintégrer une fraternité étudiante... Retrouver la vie que j’avais avant... avant... Le ton qu’il avait utilisé était clairement nostalgique. Mais sur la fin, la tristesse avait pris le pas. – Mais c’est quand il m’a fait ce marché que j’ai compris que ce n’était plus ce que je voulais... Le barman se redressa et reprit sa main pour forcer doucement Jace à lever la tête vers lui et le regarder dans les yeux. Ses doigts glissèrent sur la joue de l’Alpha en une tendre caresse. Le regard de l’étudiant était lui aussi bien attendri. Vince enchaîna en s’approchant pour déposer un doux baiser sur les lèvres de son petit ami. Il en profita également pour amener Jace à s’allonger sur le lit et il le rejoignit juste a côté. J’ai réalisé que je pouvais pas m’imaginer de vivre sans... sans toi. J’ai réalisé... que toutes ces difficultés, ces trucs compliqués... les Supers, héros et vilains, les pouvoirs, les tiens et les miens, tout ça... je vais faire avec parce que... parce que je tu les vaux largement et... Il s’interrompit le temps de rougir, parce que la suite faisait très princesse. Mais sa main était toujours posée sur la joue de son petit ami et le contact lui donna du courage. Alors il prit sa virilité et son orgueil à deux mains et leur dit merde. ... là tout de suite... j’arrive pas à imaginer ma vie sans toi... vraiment... j’veux dire... même si j’essaie, ça me fait un mal de chien et j’arrive plus à respirer. Je sais pas combien de temps ça va durer... pas longtemps si ça se trouve, mais j’ai l’impression que si je me séparais de toi, j’arriverais jamais à m’en remettre, j’aurais toujours un vide...

    D’ailleurs, rien que d’en parler, Vincent ressentait une sorte de nœud, à moins que ce soit ce vide dont il faisait allusion. En tout cas, c’était très désagréable et cela le confortait bien dans la décision qu’il avait prise devant l’ultimatum de Noctis. Mais il n’essaya pas tout de suite de réparer ce malaise qu’il ressentait parce qu’il avait d’autres choses à dire. Parce que Jace avait exprimé d’autres inquiétudes. Et comme pour accompagner ce changement de sujet, l’étudiant déplaça sa main pour la poser sur la hanche du jeune héros.

    – Et... j’suis désolé si t’as l’impression que je te cache des trucs. C’est juste... je partage pas tout ce que je fais... parce que j’trouve que c’est pas forcément important ou parce que j’ai pas envie que ça t’inquiète. Mais aussi... il y a des choses qui ne concernent pas que moi... sérieux, mon cœur, s’il ya un truc que tu veux savoir sur moi, tu n’as qu’à demander et je te répondrai, mais... si ça concerne d’autres personnes... des amis ou... des gens qui comptent pour moi... je... j’crois que je préfèrerais garder leurs secrets... j’veux dire... c’est pas comme si je connaissais de gros secrets...

    Tout dépendait de la définition de « gros ». Après tout, Louis était plutôt immense lorsqu’il était un dragon.

    – Mais en même temps, je connais aucun psychopathe... bref... tout ça pour dire que j’aurais trop peur de révéler un truc qu’ils préfèreraient pas qu’un autre répète... Tu vois j’suis plutôt loyal comme gars, pas du genre à embarrasser mes potes...

    Bon, ce n’était pas comme si Camille et Louis faisaient partie de ses plus grands potes mais tout de même. Les activités, ou anciennes activités du premier semblaient assez spécifiques et peu communes pour mériter un minimum de discrétion, cela dit, il avait confiance en Jace, donc s’il le fallait, il n’hésiterait pas à en parler avec lui. Mais Louis avait expressément indiqué qu’il voulait garder son identité secrète. Vincent s’en voulait déjà d’avoir laissé Noctis apprendre ou réapprendre des choses à son sujet. Sa relation avec l’homme dragon avait beau être... presque inexistante, sachant qu’il ne l’avait pas revu depuis la nuit qu’ils avaient passée ensemble – il en avait un peu honte, d’ailleurs – mais tout de même. L’ami des bêtes l’avait trop aidé pour qu’il ne lui soit pas redevable. Et du coup, maintenant, le barman craignait que Jace soit du genre à vouloir tout savoir de tout le monde et à refuser que son petit ami lui cache quoique ce soit. Vince avait déjà rencontré des filles qui ne supportaient pas qu’il ne leur raconte pas tout tout tout. L’étudiant s’humecta légèrement les lèvres, en signe d’inquiétude et demanda timidement :

    – Je... j’espère que ça te pose pas de problème, que je... garde ce genre de trucs pour moi ? En tout cas pour le reste, s’il y a quelque chose dans ma vie ennuyeuse qui t’intéresse, demande et je te donnerais les réponses à tes questions.

    Il tentait de réinstaller une ambiance plus légère. En tout cas il regrettait un peu d’avoir pris la peine d’expliquer ses principes de loyauté un peu extrêmes. L’envie d’embrasser son petit ami pour appuyer les propos qu’il avait tenu au sujet de leur relation était très forte. Mais un bon baiser était un baiser qui avait un bon timing...

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 8:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
— Je vois.

Donc, c’était dit.

Vincent lui mentait.

Jace se sentait horriblement mal.

Ça n’aurait pas dû peser beaucoup, comparé à ce que Vincent lui avait dit d’autre. L’explication du fameux ultimatum aurait dû l’emporter sur tout le reste.

— Non. Pas de problème.

Jace battit rapidement des paupières, pour ne pas pleurer. C’était idiot, parce que Vincent était là, juste en face de lui, les yeux dans ses yeux, la main sur sa hanche. Faire illusion, décidément, ce n’était pas son truc. En tout cas, pas dans ce genre de circonstances.

Jace partit en quête de son bonheur. Il avait explosé et rayonné quand Vincent lui avait parlé de l’ultimatum. Pour de bon, Vincent avait sacrifié toute son existence afin d’être avec lui. Peut-être que Noctis n’avait pas les moyens de donner ce qu’il avait offert. En tout cas, eux, ils n’avaient pas les moyens d’en douter. Vincent, en toute bonne foi, avait repoussé l’offre qu’il aurait acceptée quelques semaines auparavant. On n’avait probablement rien fait pour lui de plus remarquable, jamais.

Jace força un sourire.

Qu’importait que Vincent ne lui dît pas toute la vérité sur ces « potes », ces « amis », ces « gens qui comptent », ces « autres personnes » qui peuplaient mystérieusement sa vie ? De qui parlait-il, au juste ? Est-ce que ça concernait l’autre, là ? Ou bien Jason, Louis ? D’où sortait Camille, ce Britannique au nom français ? Et puisque tous ces gens importaient, justement, importaient au point de mériter une loyauté dont les conséquences, pour Jace, étaient absolument incompréhensibles, parce qu’elles allaient à l’encontre de ses propres principes et son propre ordre des priorités, puisque tous ces gens étaient une part essentielle de la vie de son compagnon, comment pouvait-il espérer le connaître lui, s’il ne savait rien d’eux ?

Et qu’est-ce qu’elle était, exactement, cette vie ennuyeuse dont il découvrait des morceaux au détour des conversations ? Un coup, on visitait des cannibales. L’autre, on dénichait apparemment des endroits propices aux entraînements de grande ampleur. Ce n’était jamais que de l’omission, et parfois temporaire, mais Jace avait une idée toute différente de la sincérité dans un couple, une idée jamais clairement formulée à lui-même, mais qui s’imposait désormais avec la force de l’évidence, puisqu’elle s’opposait frontalement à celle de Vincent.

— On a chacun notre conception d’ce genre de trucs.

Autant dire clairement, sans passer par les banalités, qu’ils n’avaient pas, Vincent et lui, pas du tout la même. Jace parlait de ses missions, parlait de son travail. Au début, il avait dressé consciencieusement à Vincent la liste de ses partenaires sexuels passés. Il lui avait parlé de la mission sibérienne, qui était un secret d’État. Il lui avait parlé du Corbeau. Est-ce que Vincent trouvait qu’il parlait trop ? Est-ce qu’il le jugeait, pire que bavard, déloyal envers ceux que ces secrets-là impliquaient aussi ?

— Je te poserai pas de questions. T’inquiète pas.

C’était la première fois que leur relation rencontrait un écueil qui lui fût entièrement propre et qui ne tînt pas à la progressive acceptation, par Vincent, de ses désirs masculins. Jace sentit la panique monter en lui. Il avait beau être intelligent, il avait beau être un héros, il était beaucoup trop jeune et beaucoup trop inexpérimenté pour savoir si c’était très important. Sans doute que tous les couples avaient des conceptions différentes.

— Puis évidemment que j’t’aiderai à t’entrainer. Par contre, j’te préviens, en la matière, j’ai une sale réputation. J’suis un bourreau de travail.

Nouveau sourire.

Nouveau silence.

— Vincent…

Il avait vu évidemment, Vincent avait vu — impossible de faire autrement — que la dernière partie de ses explications avait jeté un froid beaucoup plus qu’une clarté. Jace voulait absolument en balancer l’effet.

— Je sais pas si je le vaux.

Sans doute que non, puisqu’il était mesquin et borné.

— Que tu sois aussi courageux pour moi. Dévoué. Je sais pas si je le vaux. Mais que tu aies pensé que je le valusse… vaille… que je…

La syntaxe devenait compliqué. Le sourire de Jace, lui, un peu plus naturel.

— Bref. Merci.

Le sentiment d’indignité n’était pas un adversaire dont on se défaisait facilement. Jace vivait avec lui depuis sa plus tendre enfance. Pas digne de son père, pas digne de la Légion, pas digne de la confiance que ses coéquipiers plaçaient en lui, pas digne de Sydney. Et maintenant, pas digne de Vincent. Ses sentiments n’étaient pas assez purs. Il aurait dû être plus compréhensif. Moins immature. Moins inquiet. Son sens écrasant du devoir lui imposait comme modèle une image inhumaine du Jace qu’il aurait dû être selon lui, un être incommensurable à son âge et à son tempérament, un assemblage de vertus difficile à désirer et à aimer.

— ‘Videmment, si toi t’as des questions sur moi. ‘Fin, t’as jamais vraiment de questions, j’ai l’impression…

Il avait dit cela avec une pointe d’anxiété. Vincent ne voulait rien savoir de sa vie de supers et Jace n’estimait pas avoir de vie personnelle, alors il ne restait plus grand-chose à quoi s’intéresser. Plus la conversation se poursuivait, plus l’adolescent avait envie de se cacher sous la couette — ou de partir quelques heures faire un jogging.

— Bref… Tu d’vrais dormir. T’as besoin de t’reposer. Puis Holly va sans doute se réveiller à quatre heures du mat pour explorer en douce la Tour, vaut mieux être prêts.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 10:31 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Et c’est reparti. Vincent ne semblait décidément plus capable de l’ouvrir sans blesser son petit ami. Mais qu’est-ce qui le contrariait, aussi ? Que Vince soit un ami fidèle qui ne supportait pas l’idée de trahir ses proches ? Il voyait bien que quelque chose entravait le sourire de Jace, qui avait l’air un peu crispé. Vincent pensait pourtant qu’il comprendrait. L’esprit d’équipe... ne pas laisser tomber les autres...

    – C’est pas...

    ... ce qu’il voulait. Que Jace ne lui pose tout simplement pas de question. Ce n’était pas ce qu’il désirait. L’étudiant ne voulait pas que son petit ami s’impose un silence qui le frustre. Au contraire, il désirait essayer d’éclairer les zones d’ombres qui pouvaient éventuellement le préoccuper. Et il y en avait certainement, vu la tête que l’Alpha faisait. Le malaise du barman s’intensifia lorsque son compagnon déclara qu’il ne valait peut-être pas tous les « sacrifices » qu’il faisait pour rester avec lui.

    – Jace, arrête. Tu le vaux cent fois... En fait, c’est ptet moi qui te mérite pas vu la tête que tu fais.

    Est-ce que le mutant était déçu ? Triste ? Les deux alternatives n’étaient pas plaisantes, du tout, et méritaient des mesures radicales. L’étudiant avait même l’impression d’être en train de faire fuir son petit ami. Il n’était pas question de laisser cela arriver.

    – Et du coup, j’crois que je mérite un interrogatoire un peu plus brutal...

    Et du coup, en toute logique, Vincent se redressa et écarta une jambe pour la poser de l’autre côté des hanches de Jace. Le footballeur se trouva donc à genoux au dessus de son tortionnaire encore allongé. Il utilisa ensuite ses mains pour entrouvrir la fermeture éclaire de la veste portée par ce jeune bourreau et l’entrouvrit pour exhiber un tout petit peu le torse de l’assistant juridique. Mais pas trop, il ne fallait pas dévoiler toute l’artillerie.

    – Là tu vois, parce que je suis un pervers, j’ai très envie de t’embrasser et d’abuser de toi... mais comme je suis un mauvais petit ami qui te cache des choses, je ne le ferais pas jusqu’à ce que tu me poses toutes les questions qui te préoccupes. Crois-moi, ça va être dur pour moi de ne pas y répondre...

    Le sourire espiègle de Vince s’effaça progressivement pour un entracte un peu plus sérieux.

    – J’te promets de rien te cacher... j’veux dire... j’ai pas une vie pleine de secrets ou je ne sais quoi... Je fais juste la différence entre ma vie et celle des autres... J’suis plutôt pudique avec ça...

    Vous noterez l’ironie de l’emploi du mot « pudique » de la part d’un exhibitionniste presque invétéré.

    – Mais j’veux pas que tu sentes que je te cache des trucs importants sur moi, parce que c’est pas le cas. C’est juste... y a des trucs dont j’aime pas parler... des mauvais souvenirs que j’aimerais oublier... mais si tu as envie de les connaître, tu as le droit de me demander Jace... Tu es mon petit ami et... t’as le droit de savoir et moi j’ai le devoir de prendre sur moi et de me confier, même au sujet des trucs qui me dérangent...

    C’était certainement là où résidait le secret d’une relation amoureuse sincère. Dans le partage des sombres secrets. Bien sûr, cela n’inclurait pas les secrets des autres qui, de toute façon, n’avaient rien à voir avec le couple. Après, Jace avait peut-être des questions précises à poser, sur Louis notamment. C’est vrai que lorsqu’il lui avait parlé de ce fameux dimanche soir, Vince n’avait pas reçu beaucoup de questions. Peut-être pourrait-il en dévoiler un peu plus histoire de ne pas laisser Jace se faire des films. Ce n’était cependant pas un sujet qui mettait Vincent à l’aise, aussi, il décida de ne pas l’aborder de lui-même. Si ça se trouve, l’Alpha pensait à autre chose.

    – Donc voilà, j’attends tes questions. Et rappelle-toi, je n’ai pas le droit de t’embrasser jusqu’à ce que tu sois satisfait des réponses. Je t’écoute...

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 11:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Incroyable ! Jace qui était pourtant aussi doué en comédie que Magicarpe en calcul différentiel n’avait pas réussi à convaincre son petit ami, décidément bien perspicace, de la philosophique indifférence que lui inspiraient leurs éventuelles divergences de vue. En quelques secondes, le Légionnaire coupable, une nouvelle fois, d’autruchisme caractérisé, fut promptement et facilement maîtrisée par les forces de l’ordre, qui entreprirent, comme la procédure l’exigeait sûrement, de le déshabiller (un peu).

Le dit prévenu ne put s’empêcher de sourire. Cette fois-ci, le regard qu’il posait sur Vincent avait retrouvé l’éclat fasciné qui le caractérisait la plupart du temps. En guise de question, il murmura tout d’abord :

— Je t’aime.

C’était histoire d’amadouer la maréchaussée.

— T’es patient avec moi, à un point… Moi, sérieux, j’me supporterai pas.

Heureusement, il supportait Vincent qui était au-dessus de lui et le lit les supportait tous les deux : on avait donc pourvu à l’essentiel.

Jace posa ses mains sur les cuisses de Vincent et les caressa doucement, un peu frustré de sentir la fabrique du jogging sous ses doigts plutôt que la peau de son compagnon. Il les aimait bien, ses jambes, ses jambes musclées de footballeur, ses jambes d’homme viril qui…

De la concentration, Jace. De la concentration et du courage.

Le sourire de l’adolescent s’effaça.

— Tu sais, j’me suis jamais senti comme ça. Mal, je veux dire, parce que je savais pas. Jamais, euh…

Il chercha le mot approprié et il s’imposa très vite à lui, même s’il n’était pas flatteur.

— Jaloux ?

Il était jaloux et il en avait honte. Pas d’une jalousie maladive, pas d’une jalousie de reproche non plus, mais plutôt une inquiétude vague et sans objet, dont les objets justement se dérobaient, sans qu’il sût jamais s’ils existaient ou non.

— Dans ma tête, on doit tout se dire, tu vois ? J’veux dire, y a nous d’abord, puis le reste du monde. Je sais pas, j’ai pas tellement théorisé ça. Ça me paraissait juste évident que les secrets des autres avec nous, c’était pas des secrets entre nous. Pas tellement que je sois curieux de tout savoir sur Jason ou Camille. Même, que tu dises pas grand-chose, ça m’avait pas paru étrange, tu vois, mais c’est de savoir maintenant que tu dis pas par principe qui me fait bizarre. Comme si y avait une espèce de confiance à degrés, et que j’étais allé à un degré trop loin, un degré trop vite, qu’on avait un problème de tempo, toi et moi.

On notera que Jace ne posa aucune de ses questions. Mais il y venait.

— Bref…

Cette fois-ci, le « bref » n’était pas trop fuyant, même si les mains de Jace avaient remonté haut sur les cuisses de Vincent, puis qu’elles avaient glissé à l’intérieur, et que l’adolescent devait désormais se retenir d’avoir d’autres idées que celles d’une saine et conjugale maïeutique.

— J’ai pas b’soin d’savoir c’que tes amis te disent. T’as raison. J’veux dire, t’as raison et j’ai raison. On a pas besoin d’avoir des conceptions identiques sur tout pour être ensemble. J’peux faire des efforts. C’est juste que j’ai pas l’habitude. De la… De…

Le ton de Jace s’était fait hésitant. Ses mains descendirent plus sagement vers les genoux. La maïeutique faisait bien son effet, parce qu’il comprenait un peu plus clairement d’où venait son trouble.

— T’es jamais qu’mon deuxième copain, tu vois. Et j’veux dire, en général, la deuxième personne avec qui j’suis sorti de ma vie. Et Chris… C’était mon meilleur ami, et mon coéquipier, avant ça. Alors on était plus… On avait moins une vie séparée.

Du reste, Christopher avait un peu vécu par lui et pour lui. Jace s’empressa en tout cas de rajouter :

— J’dis pas qu’c’était mieux, hein, pas du tout ! Tu comprends ça ? Je dis juste que c’est ma référence par défaut, voilà. Faut pas m’en vouloir. Toi, tu m’fais tout découvrir et parfois, j’ai b’soin de temps.

Entre eux, le discours s’inversait ainsi parfois. Jace avait fait découvrir à Vincent une bonne partie du monde héroïque et, parallèlement, ses désirs masculins. Il avait joué volontiers un rôle d’initiateur ; c’était moins volontiers qu’il reconnaissait que dans de nombreux domaines, et surtout celui du compagnonnage, c’était lui qui avait besoin d’être initié. Tout de même, grâce à Vincent, il l’avouait de plus en plus souvent.

— Bref, y a quand même un truc… J’sais qu’on parle pas trop de… Enfin, tu sais, des trucs. Du sexe.

Parce que les « trucs », c’était tout de même un peu vague.

— ‘Fin, à part la fois sur les fantasmes et tout, mais globalement, voilà.

Il ne savait pas si ça venait de lui ou de Vincent. Les deux, sans doute.

— Mais des fois… j’me pose des questions. Sur… L’autre. Garçon. Louis ? J’sais pas trop. J’ai l’impression qu’il est… sorti d’nulle part. Tu vois ? Et j’trouve ça bizarre. Et un peu… J’veux dire, si t’as fait ça avec un inconnu, et qu’avec moi, d’abord, y avait plein d’hésitations… Non, je sais pas comment dire.

Il ne craignait pas que ce fût mieux avec Louis, puisque Vincent avait l’air tout à fait comblé par leurs étreintes. Ni que Vincent allât voir ailleurs. En fait, il ne craignait rien de précis. Jace afficha un sourire nerveux.

— L’interrogatoire, c’est pas mon fort, hein…

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 20:09 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    – Je t’aime aussi, Electric Boy.

    Et c’était une raison amplement suffisante pour amener Vincent à faire des efforts pour essayer d’établir le dialogue... D’ailleurs, le dialogue c’était important dans les couples, paraissait-il... en fait, c’était important partout. La communication, c’était le secret de la Réussite. Oui, avec un R majuscule ! Et comme par miracle, les choses commencèrent à s’approcher d’une amélioration. En tout cas, Jace parla. Peut-être que Vince devrait utiliser cette méthode plus souvent, mais il trouvait ça cruel. En général, il n’aimait pas utiliser le sexe pour autre chose que le sexe. Mais à situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Du coup, le barman écouta son petit ami. Et comme c’était souvent le cas, les paroles de l’Alpha embarquèrent l’étudiant dans des montagnes russes d’émotions. De la joie à la tendresse en passant par la tristesse et l’embarras. C’était comme ça dans le Thunder Mountain. Heureusement, Vince commençait à comprendre ces virages spectaculaires.

    – Louis est une des premières personnes que j’ai croisée lorsque je suis sorti du coma. Il m’a aidé à ne pas brûler l’hôpital où il était aussi pour voir un proche... de la famille j’crois... Tu connais mes pouvoirs, ben la première fois, ça te surprendra pas, j’ai fini à poil. Du coup il m’a prêté des vêtements que je lui ai rendus quelques semaines plus tard...

    L’hésitation qui s’affichait maintenant sur le visage de l’étudiant était plutôt explicite. Autrement dit, c’était à cette occasion que Louis et lui s’étaient retrouvés dans un lit. Mais il ne savait pas si les interrogations de Jace le poussaient à en demander plus à ce niveau là. Pour sa part, le footballeur serait plutôt gêné de demander un compte rendu des relations que le blond entretenait avec son ex. Encore une fois, c’était de l’ordre du privé et ne devait regarder que les deux personnes concernées. Mais il n’avait pas envie de blesser son compagnon. D’ailleurs il était prêt à donner les informations que celui-ci pourrait lui réclamer, après tout, d’une certaine manière, la nuit qu’il avait passée avec Louis avait été déterminante pour Vincent... donc pour Jace également.

    – Et j’ai pas non plus énormément d’expérience dans les relations amoureuses, hein... Je ne suis sorti qu’avec trois filles... Le truc qui marche plutôt bien, à mon avis... en tout cas j’ai jamais rompu à cause de ça... c’est de se parler... dès qu’il y a un problème. Pas faire ce que je faisais avec mes pouvoirs... comme si ce n’était pas important et qu’on peut l’ignorer. Faut en parler... C’est pour ça que je me retrouve là au dessus de toi...

    Mais il valait peut-être mieux ne pas trop s’attarder sur cette délicieuse position, sinon le pyromancien ne sera plus en mesure de parler.

    – Et si t’as un souci ou une question... ou un truc qui te parait pas clair par rapport à nous faut pas non plus hésité de m’en parler. Je... je sais que c’est pas facile parce qu’on a peur de blesser l’autre – en tout cas moi j’ai tout le temps peur de dire un truc ou de faire un truc qui te plait pas – mais faut essayer.

    Voilà la théorie. Maintenant la pratique... eh bien Vincent n’avait pas réellement de conseils à donner à ce niveau là. Ce n’était pas non plus un expert. Et comme il l’avait dit plus tôt, ses anciennes relations n’avaient pas été parfaites. Autre preuve : il n’avait pas trouvé d’autre « solution » que de grimper sur son petit ami pour l’amener à s’exprimer. Ce genre de procédé serait un peu limite dans la rue. Le jeune homme en était encore au stade des expérimentations avec plus ou moins de succès.

    – Et Jace... faut qu’tu saches que j’ai confiance en toi... plus qu’en personne d’autre.

    Le footballeur se pencha un peu en posant une nouvelle fois la main sur la joue de l’Alpha.

    – C’est pas une question de confiance... enfin si un peu, mais pas entre nous... plutôt entre moi mes amis... Faut voir ça... comme le football. Ils m’ont fait des passes en me confiant des trucs, et là c’est à moi de rattraper la balle et de pas la laisser tomber, donc de ne pas balancer... Mais toi... j’te jure... si je devais choisir entre toi et les secrets des autres... j’hésiterais pas à te choisir, même si après j’aurais un peu honte.

    Un peu beaucoup même. Mais la comparaison était tellement simple qu’il n’y réfléchirait vraiment pas à deux fois. Le jeune homme resta un moment penché vers son petit ami sans rien dire, juste à le regarder dans les yeux, sa main sur le visage du Légionnaire. Non il n’hésiterait pas. Jace était plus important que tout. Tout...

    – En fait, je... j’crois que je ferais n’importe quoi pour toi...

    Transformer Noctis en grillades en faisait partie. « Heureusement », cela n’avait pas été possible, et ne le serait sans doute jamais. Une petite ombre d’inquiétude passa sur son visage.

    – C’en est presque flippant...

    Nouveau silence. Puis Vincent chassa ces pensées avec un petit sourire avant de se redresser pour planter un regard innocent – car dans cette position, c’était tout à fait possible, bien sûr, croyons-y – dans celui de son interrogateur.

    – Est-ce que tu as d’autres questions ? J’ai pas envie de t’influencer, mais j’ai sacrément envie de t’embrasser là...


 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 20:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Vincent avait rapporté ses vêtements à Louis et ils avaient couché ensemble. L’estomac de Jace se noua un peu plus. Il y avait quelque chose là qui le dérangeait. Quelque chose qu’il était entièrement incapable de formuler. C’était la peur que Vincent fût beaucoup moins réticent qu’il ne l’avait dit, qu’il ne l’avait cru. La peur qu’il fût disponible, en réalité, à la faveur d’une occasion quelconque. Cette idée-là — Louis, Vincent, les vêtements, deux rencontres — était en réalité si éloignée de l’image qu’il se faisait de son compagnon, de l’idée qu’il avait de son caractère et de son comportement, elle le présentait sous un visage si différent que Jace avait l’impression qu’elle sortait de la biographie d’un inconnu et cet inconnu, là, au-dessus de lui, à tout moment peut-être pouvait ressurgir.

Il n’avait plus envie d’en parler. Jamais. Ni d’y penser — ce serait beaucoup moins facile. Pendant que Vincent lui vantait les mérites de la communication, Jace construisait tout l’échafaudage rationnel qui lui permettrait d’ignorer l’étrangeté que ces explications lui avaient jeté au visage. Vincent avait traversé une période difficile, traumatique même, propice aux décisions inconsidérées et inattendues, qui ne reflétaient pas la personnalité réelle de ceux qui les prenaient. Il avait agi différemment parce que les circonstances étaient exceptionnelles. Jace n’y croyait pas vraiment mais c’était un vernis vraisemblable.

L’adolescent afficha un nouveau sourire, toujours timide, alors que la main de son petit ami se posait sur sa joue. C’était nouveau pour lui de penser comme cela au passé. À dix-huit ans, le passé n’avait jamais été très important. Le passé de Vincent, pourtant, était inexplicable, dangereux et inquiétant — d’autant plus inexplicable, dangereux et inquiétant que son petit ami s’ingéniait perpétuellement à le présenter sous les airs d’une ennuyeuse banalité.

Jace secoua la tête.

Pas de questions.

Sa main se referma sur le tee-shirt de Vincent et il l’attira vers lui pour l’embrasser. Dans sa passion, il y avait peut-être ce soir-là une pointe de désespoir.

***

— Tiens.

L’adolescent poussa la clé USB sur la table de réunion. Le regard du Corbeau lui adressa une silencieuse interrogation. Il était très tôt encore, mais le Corbeau était une créature nocturne et Jace ne dormait plus. Il avait veillé sur Vincent lorsque celui-ci avait trouvé le sommeil, après une étreinte — et puis une autre — qui avaient beaucoup contribué à apaiser Jace. Et puis il s’était activé.

— C’est tout expliqué dans les fichiers.

Le témoignage de Vincent, ses propres souvenirs du Bohnson Building, ses spéculations sur Chase Neutron-Grey, ses contacts à la police. Pendant la nuit, il avait essayé de retrouver les traces de la mort du mentaliste, sur Internet, dans les archives. Les mouvements d’argent. Difficile. Il n’avait pas assez d’éléments. Mais le résultat de ses recherches était contenu sur la clé.

— Ne me parle jamais de ça.

Tout le principe de la stratégie était que Vincent et lui pussent ignorer, autant que possible, les mesures que la Légion et l’UNISON prendraient à l’encontre de Noctis, pour qu’ils n’eussent rien à lui apprendre, malgré eux, s’ils le croisaient à nouveau.

– Tu comprendras, c’est expliqué.

***

Sydney était repartie. À défaut de pouvoir parler de la clé et de ce qu’elle contenait, elle avait posé quelques questions sur Vincent mais, comme à l’habitude, Jace était resté évasif. L’adolescent n’avait jamais été très enclin à partager sa vie personnelle, même avec ses plus proches amis. Il était parti s’entrainer. Douche des vestiaires. Discussion dans les couloirs avec les plus matinaux des Légionnaires. Et retour dans sa chambre où Vincent était encore assoupi.

Le regard bleu du mutant restait posé sur le visage de son compagnon. Il se demandait ce que Noctis avait bien pu voir dans cette tête-là. Assis au bord du lit, Jace le regarda rouler sur le côté. Il posa une main sur son épaule et la caressa aussi doucement que possible. Ce matin-là, il se sentait plus adulte. Une douleur descendit le long de son bras gauche. Il agita les doigts, comme pour en chasser des fourmis. Il avait l’habitude, désormais. Trop plein d’énergie, résultat de l’accident de Sibérie. Messages électriques de souffrance que son cerveau avait toujours produits spontanément, dès les premiers jours de sa mutation. Avoir mal, c’était devenu un automatisme.

Jace remonta un peu les couvertures sur le corps de Vincent. C’était inutile, évidemment : le pyromancien ne risquait pas de prendre froid.

— Moi aussi.

L’Alpha se pencha pour déposer un baiser sur la tempe de Vincent. Il reprit dans un murmure :

— Moi aussi, je ferai n’importe quoi pour toi.

Jace sentit les corps dans la chambre d’amis bouger. Il se releva. Mieux valait s’occuper de Jason et Holly, pour les empêcher de farfouiller à l’aveugle dans la cuisine et de réveiller Vincent.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
Il n'y a pas de vilains au Kansas ?
 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2Revenir en haut 
Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_6Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_8


Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_1Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_2_bisIl n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_3
 Sujets similaires
-
» Quelque vilains dans la Légende
» Super-Vilains
» Compte de Kansas J. Elsass

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_6Il n'y a pas de vilains au Kansas ? - Page 2 Categorie_8
Sauter vers: