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Amicalement vôtre [Demetrio Falcone & Susan Suncana]

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Message posté : Dim 14 Déc 2014 - 12:48 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
ϟ Nombre de Messages : 3596
ϟ Nombre de Messages RP : 3227
ϟ Célébrité : L'Homme Mystère
ϟ Crédits : © Renan
ϟ Âge du Personnage : Tous et aucun
ϟ Statut : Tous et aucun
ϟ Métier : Hasard
ϟ Liens Rapides : Star City Heroes
Avec les amis, on pouvait être indulgent. Pardonner les petits traits de caractère. Les sautes d’humeur. Les indélicatesses. Des bons amis, c’est rare, ça s’entretient. Les amis des amis, c’était autre chose, mais enfin, par considération pour les seconds, on se montrait patients avec les premiers. Au pire, on se contentait de les éviter. Mais les connaissances des amis des amis étaient une tout autre histoire. Ceux-là, ils débarquaient de nulle part, ils s’associaient au groupe et ils imposaient leur conversation. Leurs opinions. Et la patience commençait rapidement à manquer.

Celle de Susan, ce soir-là, était mise à rude épreuve. La séance de cinéma, encore, avait été supportable. D’accord, Pat avait une tendance à manger du pop-corn comme un goret fouissait dans la boue, surtout pendant les moments d’intense tension dramatique, mais ils n’auraient pas dû en acheter : c’était un peu de leur faute. Au moins, il ne parlait pas et le film avait occupé les esprits. Ni excellent, ni lamentable, un bon moment passé qui avait pu alimenter les conversations sur le chemin de la pizzeria.

Et puis le sujet avait changé, on avait commencé à parler actualités, d’abord les dernières séries télévisées, et puis tel événement, et puis tel autre, et inévitablement, comme le destin est implacable et cruel, la discussion s’était tournée vers la politique. Sujet sensible. Pat, en tout cas, avait des opinions arrêtées. Très arrêtées. Une fois à la pizzeria, plus moyen de s’enfuir : de l’apéritif au tiramisu, il allait falloir supporter les grands principes de Pat.

Pat, c’était le petit ami d’une amie de Susan. On ne savait pas très bien ce qu’il faisait là, sans doute qu’il n’avait rien de mieux à faire ce soir-là. Il n’était pas entièrement dépourvu de qualités, c’est vrai, mais les siennes tenaient d’abord au carré de sa mâchoire, à la symétrie de ses abdominaux et à la courbe de ses pectoraux. Pat, à vrai dire, était tout à fait agréable, de l’avis général, tant qu’il ne bougeait pas et qu’il ne parlait pas.

Demetrio aussi avait eu une longue journée. Elle avait débuté son cours interminable très tôt, ce matin-là, quand son téléphone avait décidé de son propre chef d’avancer le moment du réveil de trois heures — pas très longtemps après celui du coucher, en somme. La dernière mise à jour du système d’exploitation avait perturbé l’horloge interne. Tout de suite après, le contact du sol froid avait annoncé aux pieds sensibles une panne de radiateur.

Il y a des jours, comme ça… Entre le mal de crâne et la pénurie d’aspirines, Demetrio avait bien dû passer les heures et puis, ce soir-là, il était de service à la pizzeria. Elle faisait salle comble. Il fallait enchaîner les services avec efficacité : si trop de clients patientaient à l’entrée, si trop se voyaient refuser une table, la réputation de l’établissement en pâtirait sans doute. Inutile de préciser que les serveurs étaient les premières victimes de la pression. Vite prendre les commandes, ne pas se tromper dans les plats, ne pas faire une erreur dans l’édition, autant de tâches auxquelles Demetrio était sans doute habitué, mais devenaient singulièrement difficile quand la migraine faisait retour, en plein milieux du brouhaha des conversations.

Il avait confondu ainsi la pizza de Pat avec celle de la table 6. Or, parmi les nombreux principes de Pat, il y en avait un très simple : le client était roi et il avait le droit de récriminer. Pas simplement de demander à ce que l’erreur fût rectifié, mais de se plaindre, sans considération pour la tâche épuisante des employés. Assis juste à côté de Susan, il prenait donc à partie Demetrio, qui venait de poser la mauvaise pizza devant lui. Pas assez concentré, pas de conscience professionnelle, et en plus on avait entendu longtemps, etc., etc.

Pour donner plus de poids à sa longue complainte, Pat décida de prendre Susan à témoin, comme si la jeune fille devait nécessairement abonder en son sens et participer à l’humiliation de l’infortuné serveur.


*** *** ***


Voilà pour vous, chers Enfants du Hasard !

Nous vous offrons une rencontre du Destin sur le thème de la Vie Quotidienne et nous vous avons mis dans une situation où vous pourrez discuter. La situation est très basique et vous êtes évidemment libres de l'agrémenter à votre guise tout en justifiant votre présence sur les lieux de la manière qui vous sied le plus. Que va-t-il se passer ? Difficile à dire ! Mais pour le savoir, il n'y a qu'une chose à faire, vous lancer ! Votre avenir est entre vos mains, à vous de décider !

Ceci n'est qu'une introduction pour vous et à partir de là, vous entrez dans un sujet à mener vous-mêmes, selon vos envies ! N'hésitez pas à communiquer entre vous, si vous le souhaitez et surtout, ne tardez pas trop à répondre à votre partenaire ! Je me réserve toutefois le droit d'intervenir à un moment que je jugerais opportun, si besoin est, pour vous servir une belle surprise...

Prenez garde aux caprices du Destin !
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Message posté : Dim 14 Déc 2014 - 20:59 Message
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Voilà, une nouvelle résolution pour Susan en 2015 : Ne plus jamais faire de promesses.

Aller au cinéma ? Avec plaisir ! Manger une pizza ? Impossible de passer une meilleure soirée ! Avec des amis, relaxé, sur le papier tout semblait parfait. On aurait presque envie d'encadrer le post-il sur lequel l'heure de rendez-vous était notée.
Susan s'était préparée, et elle avait presque fait un effort vestimentaire. Tout du moins, elle avait choisi un jean, délavé, certes, mais sans trous, des baskets en cuir, sobres, et un blouson en cuir noir qui lui donnait un petit air rebelle.
Encore un succès : Tout le monde était là ! Rare étaient les soirées sans un retardataire ou un absent de dernière minute. Le compte était bon... Ou pas. Une personne de plus ?

Oh non... Et si. Pat, le fabuleux, le fantastique, l'adoré... Ou bien aucun de tout ça. Finalement, la seule personne qui savait le supporter, c'était lui même. Même sa petite amie devait galérer, c'était obligé, et ça se comprenait. Peut-être vivait-il dans un environnement constitué uniquement de « Pats », naviguant entre testostérone inversement proportionnelle au QI, clichés et bolognaise.

Et elle, elle n'avait rien trouvé de mieux que promettre de rester calme, de ne pas lui renverser quoi que ce soit dessus... Bref, de faire comme s'il n'était pas là. Mais s'il n'est pas là, qui est l'abruti fini qui allait chercher ses pop-corns au fond de la boîte, pour ensuite les mâcher la bouche ouverte ? Pire, qui l'avait laissé s'asseoir à coté d'elle ? Étais-ce une épreuve du Destin ?

La séance fut terminée alors que Susan était à deux doigts de craquer. Elle n'avait pu être qu'à moitié dans le film à cause de cette andouille... Heureusement, rien ne pouvait mal tourner, avec une bonne pizza, n'est-ce pas ?

Sur le trajet, les discussions avaient été plutôt agréables. En tout cas, tant que les sujets traités ne concernaient pas trop Pat. Hélas, on ne dirigeait pas toujours l'issue d'un dialogue, et la discussion dérapait lentement mais sûrement. Lorsque la politique fut mise sur le tapis, l'étudiante décida de détailler dans sa tête l'architecture de Little Italy. Il fallait rester concentrée, ne pas l'écouter. Ne surtout pas l'écouter.

Bla, bla, bla... Pat était assez extrême dans ses idées de la politique. Euphémisme du soir, bonsoir. Il en était presque à dire que l'Etat devrait nous donner notre emploi du temps et nous imposer jusqu'au repas du midi ! Réalisait-il que l'Etat ne souhaiterait certainement pas nous voir nous gaver de pâtes et de pizzas ? Et notre liberté culinaire, alors ? Pire... Imaginez que le gouvernement vous force à manger des endives une fois par semaine !

Une odeur titilla les narines de Susan. Une pizza arrivait. Ses yeux se rivèrent tout d'abord sur la pizza, déposée devant Pat. Cela lui rappelait au passage qu'il était encore assis à coté d'elle. Puis un éclat de voix lui fit lever la tête. Une erreur de pizza ? A entendre Pat, se tromper de table signifiait qu'on était adopté, qu'on avait lancé un sac de bébé chatons par dessus le pont Kennedy, qu'on faisait acte de cannibalisme tous les vendredis 13, et qu'on était un incapable.
Concentrée à ignorer la plainte du râleur de service, Susan essayait de se dissimuler derrière les épaules du grand relou. Sans le moindre succès : La jérémiade durait bien trop longtemps, et le ton montait bien trop vite. C'est lorsque Pat se tourna vers elle que Susan identifia le pauvre serveur.

« J'ai pas raison ?! » Affirmait Pat, dans une simple « question » qu'il considérait rhétorique, bien qu'il ne sût pas ce que signifiait ce mot.

Demetrio. Merde, merde et re-merde. Pourquoi fallait-il qu'elle finisse totalement décrédibilisé à cause de cet imbécile ? Vite, une solution. Avant que Pat ne reprenne sa liturgie, Susan déclara, simplement :

« Non. T'as pas raison, t'es chiant. Plus tu causes, plus la pizza pour les gens qui l'attendent sera froide, plus ta pizza mettra de temps à arriver.

Il s'apprêtait à répondre, visiblement indigné. Il souhaitait sûrement en rajouter une couche quand à la ô terrible erreur de Dem' ! Mieux valait lui couper la parole.

« Et puis merde, ça arrive à tout l'monde de faire des erreurs ! Regarde, par exemple... -elle se retint de justesse d'évoquer la terrible erreur qu'avait été la mise au monde de Pat- Ta coupe de cheveux ! Ça, c'est une terrible erreur, et je vois bien que tu essaies de la corriger en portant une casquette. » C'était dit. Fallait trouver un truc pour détourner l'attention. C'était fait. Maintenant, Pat' allait probablement se déchaîner afin de justifier sa coupe de beauf.
Susan fit un rapide signe de tête à Demetrio afin qu'il puisse s'enfuir. Elle allait tâcher de ne pas lancer de truc au visage de monsieur testostérone. Du moins, jusqu'au retour du serveur, qui, elle l'espérait, n'allait pas rester ici à attendre qu'on se retourne vers lui.
Note : S'excuser le plus vite possible sans que Pat ne le sache.
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Message posté : Mar 16 Déc 2014 - 23:55 Message
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La petite erreur de pizza, c’était ce qui manquait à Demetrio pour être certain d’une chose : cette journée était l’une des pires de toute sa vie. Et pourtant, il n’avait pas eu un passé simple, avec ses problèmes de violence, son absence de père et la mort de sa meilleure amie. Mais là, c’était la première fois que tout semblait vouloir échouer. D’abord, une faille informatique dans son téléphone portable avait perturbé l’une des choses les plus importantes pour le jeune homme : le sommeil. Celui qui se situait dans la tranche horaire trois heures-dix heures, ou à peu près. Le mobile dysfonctionnel avait osé le sacrilège de raccourcir de trois heures le minimum syndical dont avait besoin Demetrio. Qui parfois même s’accordait un peu de rab. Et puis, une fois réveillé, impossible de se rendormir. Les yeux dans le vague, il avait opté pour une solution de repli : regarder la télévision. Vêtu uniquement de son boxer, il avait quitté son lit, mais s’était finalement ravisé en constatant qu’il faisait un froid inhabituel dans sa chambre. Il resta donc étendu sans pouvoir retourner au pays des rêves.

Quand il décida enfin de se lever, poussé par un mal de crâne qui lui tapait à l’arrière de la tête, il trouva un mot de sa mère, expliquant qu’il y avait une panne de chauffage dans tout l’immeuble. Après avoir pris un antidouleur, il s’étendit sur le canapé avec une couverture, dans l’espoir de retrouver rapidement la forme. Malheureusement, il fut contraint d’appeler son professeur de danse pour annuler son cours du début d’après-midi. D’autant qu’il avait constaté, en fouillant la salle de bain, qu’il avait pris le dernier cachet d’aspirine… Cela n’aurait pas été pire s’il n’avait pas réalisé, vers quinze heures, donc après une assez longue agonie, qu’il était de service le soir-même à la Pizzeria Mancini. S’il avait envisagé pendant quelques secondes de se faire remplacer, il savait bien que c’était impossible. La salle allait être comble, ça allait enchaîner, ils ne seraient pas de trop en étant une équipe complète.

Il arriva donc, à vélo, juste à temps pour recevoir le brief du soir. Il se changea rapidement. Et tout ça en ignorant le petit bonhomme qui lui tapait à grands coups de marteau sur le crâne. Il ne voulait pas perdre son emploi. Pour plusieurs raisons, mais surtout pour la famille. La famille qui ne l’avait pas accepté, et de laquelle il voulait se rapprocher. Giuseppe, chef de salle pour ce soir, avait eu la bonté de lui offrir une aspirine, tout en l’exhortant à ne pas se plaindre une seule fois. Et Demetrio avait promis qu’il ferait son maximum, comme toujours. Une promesse qu’il ne fut pas loin de regretter quand, vingt minutes après le début du service, quasiment toutes les tables furent occupées.

Deme, table 6, Parmigiana !

Avec le bruit, le jeune serveur n’avait pas bien entendu. Mais son mal de tête, qui ne s’arrangeait pas, lui fit interpréter l’ordre différemment, par rapport à une commande qu’il avait lue : table 26, Parma. N’importe qui aurait pu se tromper, finalement. Il attrapa l’assiette et se rendit parmi les fauves affamés. Quand il déposa la pizza devant l’homme qu’il pensait être le propriétaire légitime, il eut comme un doute. Doute qui se confirma quand le client remarqua la supercherie et se lança dans une diatribe à l’encontre de l’individu qui avait osé commettre une telle bourde. Demetrio ne put même pas s’excuser. Il eut droit à des remontrances sur sa concentration, sur sa conscience professionnelle, sur le temps d’attente, sur la table qui n’était pas idéalement placée, sur le bruit…

Et ce n’est qu’en cherchant du soutien chez la personne qui accompagnait le râleur professionnel que l’Italo-américain reconnut… Susan. Sur le coup, il fut tellement surpris qu’il en oublia totalement qu’il était la cible de critiques en grande partie injustifiées. Quand l’homme constata qu’il n’était plus écouté, il se tourna à son tour vers Susan pour la prendre à partie. Et là, elle fit exactement ce que Demetrio, en silence, avait prié qu’elle fasse. Elle renvoya son camarade dans les cordes. Du coup, le serveur en profita pour récupérer la pizza et l’apporter à celui qui l’attendait, et auprès duquel il s’excusa. Heureusement, l’homme était un habitué qui aimait bien le jeune homme, et qui avait entendu les plaintes de l’autre imbécile.

En repassant devant la table, Demetrio articula un « merci » à l’adresse de Susan. Trente secondes plus tard, il revint avec les deux pizzas pour leur table. Cette fois, il put présenter ses excuses, sans laisser le temps à quiconque d’ajouter quoi que ce soit à la longue liste de reproches qu’on pouvait lui faire. Et sur ce, il alla s’isoler dans le couloir qui menait aux vestiaires. Juste pour respirer, quelques instants. Une chose positive : son mal de tête semblait s’être estompé. Il retourna donc au boulot avant que Giuseppe ne se rende compte de son absence. Bizarrement, la suite du service se passa bien mieux, comme si l’intervention de Susan avait remis toutes les choses en place. Puis vint le moment où il apporta les desserts à la table de la jeune vidéaste.

Et voici vos desserts. Si vous souhaitez des cafés, c’est pour moi, pour me faire pardonner pour tout à l’heure…
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Message posté : Mer 17 Déc 2014 - 20:51 Message
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Susan n'était pas mécontente de sa ruse. Attirer l'attention de Pat sur sa coupe de cheveux ratée avait porté ses fruits, et Demetrio avait pu en profiter pour filer en douce. Les camarades de Susan tentaient de reprendre les choses en main pour calmer le jeu. L'étudiante en profitait pour adresser un sourire franc au serveur, alors qu'il repassait à leur table.
Quoi qu'on en dise, il lui avait offert une occasion en or pour rabrouer monsieur muscles, et ça avait été un plaisir pour elle de lui remettre les pieds sur terre. Enfin, au moins pendant les deux ou trois secondes précédant son retour à l'état de nature borné. Pat finit par couper court à la discussion sur ses cheveux lorsque les pizzas arrivèrent. Un regard noir parvint à peu près à contenir tout commentaire de sa part. A moins que ça ne soit la vitesse exceptionnelle à laquelle le serveur était reparti.

Bon point du soir : Les pizzas étaient bonnes, très bonnes !
En connaisseuse, Susan goûtait des deux. Connaisseuse ou juste goinfre ? Seule la taille des portions nous affirmait qu'il s'agissait probablement des deux à la fois. Si son appétit lui permettait d'être d'un peu meilleure humeur, son voisin de table n'en était pas moins exécrable. Il parlait tout en mangeant, et personne n'aimerait être face à lui pour contempler sa mastication. Pour se défouler, il se mettait à balancer tout ce qui n'allait pas dans cette ville, selon lui, et qu'il tenait donc pour vérité universelle. En toute honnêteté, Susan n'eut aucun mal à l'ignorer pendant toute la durée de consommation de ses parts de pizza.
C'est lorsqu'il se mit à baver sur le dos des mutants, sur la vidéaste commença à perdre patience. Vite, que ça se termine. Elle n'avait pas la moindre envie de craquer maintenant : Ça serait éveiller des soupçons dans son entourage, et ça, non. En plus, les desserts arrivaient. Un tiramisu au café, que pouvait-on avoir de mieux ?
La réponse : Un café offert !
Susan s'apprêtait à répondre, mais Pat la devança. Pour son plus grand malheur.

« Ouais, et j'aurais un thé à la place du café ? » Se moquait-il, d'un ton mauvais.

Vite, lui couper la parole. Encore.

« Merci, t'es super ! T'as pas à t'excuser, c'est lui qui nous a fait perdre not' temps! » Regard noir de Pat. Sourire digne d'une publicité colgate de Susan. « Dis pas l'contraire. Tu t'es entendu ? » Elle enchaîna avec une imitation de Pat', qu'elle s'efforça de faire le moins bien possible, malgré le don qui voulait s'exprimer à chaque instant. « Je ne recommanderai certainement pas ce restaurant à mes proches, c'est in-to-lé-rable! » Rires.

Elle laissa chacun préciser s'il voulait un café ou non. Pat semblait ruminer dans son quoi. Préparait-il quelque obscure vengeance, ou était-il juste en train de bouder ? Peu importe. Elle espérait juste que son amie ne lui en voulait pas trop pour avoir perturbé son Patounet. Patounet, sérieusement, qui a eu une idée pareille ?
Le tiramisu était plus que satisfaisant, et alors que chacun finissait son repas, Susan réfléchissait : Que faire de sa fin de soirée ? Après le resto, chacun allait probablement partir dans son coin, rentrer chez lui, aller au bar, peut être ?
L'une se plaignait déjà de ses cours du lendemain. Une de moins pour finir la nuitée. L'autre piquait du nez, et il n'y avait qu'à guetter le moment où celui-ci serait couvert de chocolat faute de se relever assez tôt. Le film avait été si fatigant ? Susan haussa les épaules après les avoir tous dévisagés.

« J'vais rester un p'tit peu dans l'coin c'soir, z'en dites quoi ? »

Elle guettait ensuite le retour de Dem'. Peut être qu'il savait quoi faire par ici.
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Message posté : Sam 20 Déc 2014 - 22:07 Message
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Demetrio tâcha de ne pas réagir à la réponse qui vint, du tac-au-tac, de la part du client mécontent. Aucune plainte n’était venue de la table depuis la petite erreur du serveur, et le repas avait semblé bien se passer. Mais c’était sans compter sur le type qui devait avoir ruminé en attendant l’occasion d’envoyer une réplique cinglante. Fort heureusement, Dem n’eut pas le temps d’être déstabilisé, puisque Susan vola encore une fois à son secours, en le remerciant, avant de retourner la situation à la face de son camarade râleur. Toute la table se dérida à l’imitation de la jeune femme, au grand dam de la cible. Demetrio, professionnel, garda son sérieux, même s’il brûlait d’envie de se joindre aux rires.

Il n’en fit rien, et prit les commandes pour le café. Il laissa une note qui permettrait au patron de déduire le prix des boissons chaudes de sa paye. Ça lui faisait un peu mal, sur le principe, parce qu’il était tombé sur un intolérant qui ne méritait pas une telle attention, mais en même temps, un autre principe lui dictait que c’était normal : il s’était trompé, il devait se racheter. Il s’affaira sur les quelques dernières tables, débarrassant, nettoyant, tout en gardant un œil sur la table de Susan, pour surveiller l’avancement du dessert. Il refusait de laisser une occasion supplémentaire à l’autre troufion de gueuler. Il fit un tour au bar, pour préparer les cafés, et les apporta.

Tout s’est bien passé ? Voici vos cafés, dit-il, en posant les tasses, avant de récupérer les coupes vides.

L’une des filles demanda qu’il apporte l’addition. Il rejoignit, après un passage par les cuisines, donc la console pour clôturer la tablée. Une vague douleur lui traversa le crâne. Sans doute la retombée de toute l’agitation vécue pendant la soirée. Giuseppe s’approcha de lui alors qu’il sortait le ticket avec le total.

Tu offres les cafés ?
Oui, j’ai fait une note. Je me suis trompé de pizza, mauvaise table, tout à l’heure, ça a râlé.
Encaisse-les et vas-y. On va tranquillement finir sans toi. T’as bien bossé, même si t’étais pas en état.
Merci…
Ah, arrête. Allez, va encaisser.

Muni de l’addition, il retourna à la table, en espérant que l’autre n’allait pas encore faire des siennes. Et en même temps, il avait bien envie qu’il y ait une remarque, rien que pour le voir se faire rembarrer par Susan.

Souhaitez-vous partager, payer séparément ? demanda-t-il, prêt à aller chercher l’appareil à carte.

Souvent, les modes de paiement étaient variables. Espèce, carte, American express… Il laissa le petit groupe s’arranger pour aller débarrasser une dernière table, puis il revint avec le fameux appareil. Quelques minutes plus tard, tout le monde avait réglé, tout était en ordre.

Et voilà, dit-il, en rendant la dernière carte, accompagnée de son ticket. Merci, encore désolé pour la petite erreur. Passez une bonne fin de soirée !

Il retourna près de la console pour mettre en règle tous les paiements. Un regard du côté de la bande de Susan lui fit remarquer que, contrairement aux autres, elle s’attardait un peu, comme s’ils voulaient tous rentrer chez eux, alors qu’elle aurait aimé profiter encore de sa soirée. Il attendit qu’elle pose les yeux sur lui avant de montrer son poignet, dépourvu de montre, mais ça n’empêchait pas que le symbole soit clair, puis de lever une main, les cinq doigts dépliés. Enfin, il montra l’extérieur. Dans cinq minutes, il serait dehors, devant la pizzeria. Maintenant que son service était terminé, il avait envie de se détendre. Chose qui ne pourrait évidemment pas arriver si l’imbécile grognon restait dans les parages. Quand tout fut en règle, il rejoignit les vestiaires, pour rapidement se laver les mains et se changer, sans oublier de se recoiffer. Il n’allait pas sortir avec une sale tête.

En sortant à l’arrière de l’établissement, il inspira une longue bouffée d’air froid. Dans ces moments-là, il se demandait pourquoi est-ce qu’il ne fumait pas, parce que c’était l’occasion idéale. Récupérant son vélo, il le fit rouler jusqu’à devant le restaurant. Il soupira en constatant que Susan n’était pas seule. Pire, le malotru était toujours là. Du coup, il fit semblant de ne pas s’intéresser à eux, tout en ajustant son écharpe. Malheureusement, il y en a un qui l’avait remarqué.

Tiens ! C’est le gamin qui sait pas faire son boulot ! On se demande quels sont les critères de sélection, c’est pas brillant, hein.

N’étant plus en service, Dem se retint d’aller lui dire franchement sa façon de penser, chose qui n’aurait pas fait de mal, vu qu’il ne devait pas en avoir l’habitude, et que ça pouvait lui remettre les idées en place, qu’il apprenne un minimum de tolérance. Mais il lança tout de même :

L’erreur est humaine, vous devez bien en faire aussi de temps en temps.
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Message posté : Dim 21 Déc 2014 - 21:34 Message
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A la table de Susan, chacun s'affairait à régler son addition. Le choix de payer séparément était de loin le plus judicieux, sans quoi on se retrouvait avec des dettes à n'en plus finir. Un jour, on paie un café, le lendemain, on se fait payer un repas, la semaine d'après, il faut rembourser le repas moins le prix du café de la veille du repas... Bref, on s'en sort plus ! Pat insistait pour payer pour sa copine, bien qu'il eut râlé pendant une dizaine de minutes, affirmant qu'il ne payait pas pour un travail d'incompétents. Grande gueule, mais rien dans le calebard.
Susan prit soin d'ajouter à sa note un pourboire à l'attention de Dem'. Ça lui rembourserait au moins un café qu'il n'avait pas eu l'obligation de payer. Elle comprenait bien qu'il arrivait à tout le monde d'avoir un coup d'inattention, elle la première.
Le café l'avait réveillée plus qu'elle ne l'était déjà. La soirée était loin d'être finie.
Les règlements se firent sans encombres. Pat avait même su se retenir de faire une remarque. A moins qu'il n'aie tout simplement oublié.
Susan semblait être la seule de la bande à vouloir rester en ville ce soir. Tout le monde y allait de son excuse la plus pourrie. Sauf Pat, parce que lui, il n'avait que des bonnes excuses, et puis c'était une bonne chose, qu'il s'en aille. C'est un coup d'œil dans la direction du serveur qui la rassura quand à l'avenir de sa soirée. Soit il essayait de lui dire que les pâtes du restaurant d'en face mettaient cinq minutes à cuire, soit -plus probable- il essayait de lui dire qu'il serait devant dans cinq minutes. Elle allait au moins pouvoir papoter un peu au calme et sans avoir peur d'être jugée de quelque façon que ce soit. Dans le meilleur des cas, faire le pitre comme sur les tournages... L'expectative de tout cela la faisait sourire, ce qui lui valut une remarque de la part de monsieur muscles. Maintenant, sourire était un crime. Diantre.

Une fois dehors, alors que tout le monde voulait partir, rentrer chez soi, et que Susan voulait avoir un peu de paix, voilà que Pat se sentait d'humeur « Pat »ernaliste. Ben ouais, une jeune fille frêle et sans défense, seule dans les rues, la nuit ! A ceci près qu'ils n'étaient pas dans une ruelle sombre, et que la vidéaste, aux dernières nouvelles, savait se défendre.

« Et tu comptes faire quoi, au juste ? T'as envie de rentrer chez toi, ta copine, aussi, et tous les autres aussi. Pas vrai ? »

Plusieurs hochements de tête lui répondirent. Personne ne semblait vouloir se forcer à rester là ce soir, encore moins pour faire plaisir à celui qui savait tout mieux que tout le monde.
Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, puisque l'attention venait de se tourner ailleurs.

« Tiens ! C’est le gamin qui sait pas faire son boulot ! On se demande quels sont les critères de sélection, c’est pas brillant, hein. »

Sans déconner ? Même en dehors du resto ?

« L’erreur est humaine, vous devez bien en faire aussi de temps en temps. »

Une petite étincelle s'alluma dans le regard de Susan. Elle se prit à sourire de toutes ses dents à Pat.

« Mais oui, c'est ce que je me tue à dire ! »

Elle poursuivit, saisissant sa chance d'échapper à quelque remontrance ou à une dizaine de minutes de négociations inutiles et chronophages.

« Et tiens, je viens de trouver un preux chevalier, accompagné de son fidèle destrier, qui saurait me défendre des dangers de la nuit noire ! T'as vu ça ? »

Elle désignait du pouce Demetrio et son vélo, et la figure de Pat semblait se décomposer. Il semblait s'indigner de nouveau, comme un père dont la fille annonce qu'elle sort avec un dealer. Son expression faciale n'avait pas de prix, mais la vidéaste se retenait d'en rire. Elle essayait de se déplacer vers Dem' comme si de rien n'était. Il y eut un instant de silence, le bruit de ses semelles sur le goudron, la rue était quasiment déserte, comme par magie. Les lampadaires donnaient comme un aspect dramatique à la scène. C'était presque beau.

« Tu vas pas trainer avec ce raté quand même ?! Il est même pas capable de servir.des.pizzas ! »

C'en était bien trop pour l'étudiante, qui savait sur quelle corde il fallait appuyer pour vexer Pat'. Elle en avait marre et si il fallait faire ça pour qu'il la lâche, eh bien soit. Elle s'imaginait bien une ambiance de comédie dramatique à la mord moi le noeud.

« Quoi, t'es jaloux ? Et puis tu m'feras plaisir, la prochaine fois tu parles mieux de mes acteurs, d'accord ? »

Si monsieur muscle entretenait autant sa forme physique, c'est parce qu'il avait un égo démesuré et rêvait de se confronter aux caméras. Malheureusement pour lui, son caractère imbuvable l'en tenait éloigné. Et puis il n'avait franchement pas l'air d'un bon acteur non plus. Susan laissa échapper un lourd soupir.
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Message posté : Jeu 8 Jan 2015 - 15:08 Message
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De nouveau, Susan vint à la rescousse de Demetrio. À voir l’attitude de la jeune femme, elle semblait prendre plaisir à en mettre plein la tête à ce type bouffi d’orgueil et de suffisance. L’Italien s’était demandé ce qu’il pouvait bien faire dans cette bande d’amis, et en était arrivé à la conclusion qu’il ne devait être là que parce qu’il était le petit ami d’une des filles. Personne n’aurait accepté un mec pareil à moins qu’il n’ait été introduit par quelqu’un faisant déjà partie du groupe. Dem ne réalisa pas immédiatement qu’il venait d’être qualifié de « preux chevalier ». Il jeta un œil à son vélo, qui n’avait rien d’un fidèle destrier, mais il ne dit rien, préférant ne pas faire s’effondrer le film que montait la réalisatrice à son imbécile de camarade.

Un moment de silence s’installa, alors que Susan s’approchait doucement de lui, sous le regard stupéfait de l’homme, qui finit par réagir, traitant Demetrio de « raté » et rappelant la petite erreur qu’il avait commise pendant le service. Est-ce que ça allait le poursuivre encore longtemps, toute cette histoire ? Il était déjà lassé d’entendre répéter la même chose, et n’avait désormais plus qu’une envie : s’éloigner. Il attendit que la dernière réplique de Susan fasse mouche. Pat ouvrit la bouche, la referma, l’ouvrit de nouveau, poussa un grognement, puis tourna les talons, en lançant par-dessus son épaule :

Ben si ça te fait plaisir de fréquenter des minables, vas-y !

La suite fut marmonnée, et donc, inaudible pour la vidéaste et son comédien-danseur. Ce dernier poussa un soupir. Cette journée était dans le haut de la liste des « à oublier ». Même s’il se réjouissait d’avance de pouvoir passer un peu de temps avec Susan. Elle avait cette faculté à rester positive et à se montrer joyeuse, ce qui était communicatif.

Tu sais, t’as rien d’une demoiselle en détresse. T’as pas vraiment besoin d’un preux chevalier… et puis, de toute façon, même si je peux essayer d’être aussi preux que possible, il me manque pas mal de trucs pour être un chevalier… La carrure, par exemple !

Il leva son bras libre pour bander ses muscles, ce qui ne donnait rien avec le blouson, mais qui n’aurait pas donné grand-chose non plus s’il avait été torse nu. Il éclata de rire.

En tout cas, ça fait vraiment plaisir de te voir. Et si t’avais pas été là, je sais pas si j’aurais réussi à me débarrasser de lui… Il désigna la silhouette de Pat au loin. D’ailleurs, comment ça se fait que tu « traînes avec ce raté » ?

Même si son imitation n’était pas criante de vérité, il avait mis le ton de Pat sur les derniers mots. Sans être acteur au départ, il savait quand même y faire un peu, et Susan pouvait bien le voir chaque fois qu’elle dégainait sa caméra.

Du coup, j’imagine que là, tu rentres pas chez toi ? Il est pas si tard.

Quant à savoir ce qu’ils allaient bien pouvoir faire, la question n’était pas si évidente. Ils pouvaient se poser quelque part et refaire le monde, faire le tour du quartier, descendre tranquillement vers le centre-ville… Rien qui ne nécessitait de trop s’agiter, parce que Demetrio savait que son mal de crâne pouvait revenir à n’importe quel moment. Pour l’instant, tout allait bien, il se sentait mieux.

On peut au moins commencer par aller par-là. Y a pas mal de trucs d’ouverts, fit-il, en désignant la rue derrière lui, avant de tendre son bras libre à Susan.

Si elle avait une idée, il était preneur. Mais rien que marcher en respirant l’air hivernal le satisfaisait. Tant qu’il était avec son amie et que personne ne venait les embêter, ils pouvaient bien marcher toute la nuit.
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Message posté : Sam 17 Jan 2015 - 17:19 Message
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Enfin libre !
Un poids s'était envolé de ses épaules, alors qu'une dernière réplique assassine de Pat' manquait sa cible. Susan, à cette heure ci, crevait d'envie de fréquenter des « minables ». Un, c'était déjà inespéré ! Elle s'imaginait déjà en train de faire éditer un poster « Demetrio Saves The Day ! » pour le placarder dans son petit appartement.
Enfin un peu de tranquillité, profiter d'une bonne discussion comme on en faisait trop rarement avec un bon pote. Aussi, elle était déjà en train de hausser les épaules lorsque Dem' faisait remarquer qu'elle n'était pas une demoiselle en détresse, et que lui n'avait pas tout à fait la fibre du preux chevalier.

« Tu sais, faut pas juger un livre à sa couverture. C'est un livre moche qui me l'a dit. »

En voilà une citation impromptue, dévoilée non sans un sourire face aux -ô- imposants muscles de Demetrio. C'était ce qui avait manqué à la vidéaste, ces dernières heures. Faire des blagues nulles, ou tout simplement exprimer une pensée qui n'a sa place à peu près nulle part.
Maintenant, c'était la place au questionnement tout à fait légitime de la part du pizza guy.

« Ben tu vois, même moi, je sais pas ce qu'il faisait là. Honnêtement, je comprend pas comment sa copine le supporte. Juste, imagine le couple quand la nana a ses règles. »

L'image raffinée du soir, bonsoir. Toujours égale à elle-même, Susan balançait ça comme ça, sans complexe, comme elle aurait pu parler d'un concours de rot de la veille ou d'une banane qu'elle avait oublié pendant trois mois entre deux livres.

« Eeeet non j'rentre pas chez moi. J'ai besoin de me défouler un peu après tout ça, j'suis restée un peu trop longtemps assise, j'crois bien. »

Aussi, elle se mit à suivre Demetrio dans la direction qu'il indiquait, acceptant bien son bras, façon gentleman. Elle n'était pas une pro dans le domaine de la marche à deux, puisqu'elle avait plutôt tendance à se disperser dans tous les sens, autant lorsqu'elle se baladait que lorsqu'elle parlait. C'est dire l'ampleur de la catastrophe. Aussi, elle faisait bien attention à ne pas dévier sa marche pour ne pas le faire partir d'un coté, puis lui rentrer dedans la seconde d'après.

« Bah écoute, perso j'ai envie de me balader. Tu connais pas quelques coins sympas à explorer ? Comme ça j'peux profiter pour faire des repérages... Et dans le pire des cas, on finit au bar. »

Elle hochait la tête. C'était pas si mal, comme pire des cas. Un verre ou deux, ça aidait à dormir. Ils continuaient de marcher, et Susan se sentait d'humeur à papoter, probablement pour évacuer la frustration de ne pas avoir pu dire tout ce qu'elle voulait avant.

« Sinon, quoi d'neuf ? Tu sais qu'un d'mes profs de ciné' m'a demandé ton numéro ? Ils ont kiffé le clip d'y a deux semaines. J'lui ai pas donné, quand meme, pasque j'donne pas les numéros des gens comme ça, t'sais. »

Susan n'attendait pas des nouvelles renversantes, pas de quoi changer la face du monde, mais peut être qu'il y aurait quelques évènements que Dem' s'amuserait à lui raconter. Elle aimait écouter les gens raconter leur vie, et c'était pour ça qu'elle s'efforçait de réduire son temps de parole pour laisser les autres parler un peu. Et puis, tout était matière à lui donner des idées de métrages. Tout ce qu'elle notait dans un coin de sa tête, ça commençait à former un paquet de gribouillis, comme un tas de post-its accumulés les uns sur les autres, qu'elle décollait de temps en temps pour ne retenir que les meilleurs.
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Message posté : Jeu 29 Jan 2015 - 0:02 Message
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Demetrio n’était pas spécialement bon public, mais il aimait la façon qu’avait Susan de faire des blagues, quelle qu’en soit la qualité, et il rit donc à celle qui découlait du fameux proverbe sur les livres et leurs couvertures. Au moins, ce qui rassurait le jeune serveur, c’était qu’elle n’était pour rien dans la fréquentation de Pat, et ne comprenait pas comment une fille pouvait arriver à le supporter. Au moins étaient-ils deux à le penser, et ça pouvait certainement s’étendre à d’autres. Dem rit de nouveau à la finesse de la remarque suivante. La relation du couple devait en effet devenir explosive dans ces moments-là. Si elle ne l’avait pas quitté, c’était bien que Pat devait avoir des talents cachés. Trop bien cachés pour qu’on les décèle rapidement, en tout cas…

Déjà, l’Italo-américain se sentait beaucoup mieux. Il avait remisé sa migraine dans un coin de sa tête, remplacée par une certaine bonne humeur. Susan était en quelque sorte un excellent remède contre pas mal de choses : le mal de crâne, la morosité, le stress… En un rien de temps, elle alignait deux vannes, et c’était reparti pour un tour, loin de tout ce qui n’allait pas. Et alors qu’ils faisaient les premiers pas, la demoiselle l’interrogea sur ce qui pouvait être intéressant à explorer dans les parages. Demetrio haussa les épaules.

Je connais pas trop, en fait, j’y viens juste pour bosser, surtout. Y a un temple… une belle église… On peut toujours tranquillement redescendre vers la ville et passer au Bar Secret. C’est pas trop trop loin à pied, et c’est sympa.

Il n’y avait mis les pieds qu’une fois, avec Maille, et n’y était jamais retourné par la suite. Ce pouvait être une occasion de conjurer le sort, de tourner une autre page douloureuse de son passé. La jeune femme enchaîna ensuite, annonçant qu’un de ses professeurs de ciné avait vu le clip tourné deux semaines auparavant, et s’intéressait carrément à Dem. Il haussa les sourcils. Il était danseur, surtout, et ce qu’il faisait en termes de « comédie » ne méritait pas vraiment le détour, c’était du fun.

Sérieux ? Il a dit quoi ? demanda-t-il, tout de même avide d’avoir un peu plus de détails. Je le connais pas, je sais pas s’il est digne de confiance ou pas, c’est toi qui vois. Moi ça me dérange pas que tu files mon numéro si derrière y a pas d’embrouille. Je risque pas grand-chose, en fait…

À part être harcelé, il savait que les menaces étaient inexistantes. Personne ne se munissait d’un numéro de téléphone mobile pour planifier un coup d’État ou toute autre action lourdement répréhensible… Ou en tout cas, pas avec le numéro d’un simple serveur aux origines italiennes.

J’ai rien de très neuf… Je vais sûrement passer un casting pour un spectacle à l’Opéra Beaudrie. Faut d’ailleurs que je m’inscrive à des cours de chant, pour élargir un peu la panoplie… T’imagines, si je fais partie d’une troupe de comédie musicale ? Je sais pas du tout ce que ça peut donner…

Ils continuaient d’avancer, tranquillement, croisant de temps en temps quelques passants qui ne leur prêtaient pas attention, ou les regardaient à peine. Ils avaient simplement l’air d’un couple.

Et toi, du coup, tes clips, tes courts-métrages, tes profs te disent de tenter des concours ?

Il n’y connaissait pas grand-chose, dans le monde du cinéma, mais savait qu’il existait des petites compétitions entre courts-métrages, avec des prix à la clé, et surtout, des possibilités de diffusion impossibles à obtenir autrement. Il ne pensait pas du tout à sa propre tête, qui apparaissait souvent ces derniers temps sur les productions de Susan, mais surtout à elle, qui méritait bien qu’on la connaisse un peu plus.
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Message posté : Lun 9 Fév 2015 - 14:25 Message
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Susan était bien contente de faire son petit effet déridant et antidépresseur. C'était une habitude chez elle. Elle leva le menton pour souffler un peu de vapeur dans l'air hivernal, et réfléchit quelques instants. Visiter les coins historiques, c'était peut être pas une super bonne idée de nuit, mais elle songerait à repasser dans les environs en journée. C'était toujours de bonnes occasions pour trouver de jolis endroits authentiques, des vieux bâtiments, des jolis vitraux ?
Sa main inoccupée fouillait distraitement dans sa poche, vérifiant ses vivres.

« Eh, pourquoi pas un tour au bar, j'ai encore un peu de sous ! »

Puis elle poursuivait, au sujet des professeurs, de leur avis sur ses travaux qui étaient souvent bons, et souvent teintés de surprise : Comment une gamine aussi pénible en classe pouvait-elle s'en sortir sans leur laisser l'occasion de la tacler ? Elle acceptait toujours les critiques avec humilité et s'en servait pour améliorer son travail, tout simplement. Elle argumentait ses choix lorsqu'il fallait les défendre, mais acceptait la défaite. En bref, son comportement en cours et ses résultats en matière générale étaient ce qui causait la plupart de ses déconvenues.
Concernant Demetrio...

« Oh, ben t'sais, les autres élèves galèrent des fois à trouver des danseurs ou des comédiens pour leurs travaux, j'pense qu'ils savent pas s'y prendre. Du coup les profs aimeraient bien essayer d'faire un genre de répertoire. Et ils t'ont bien aimé dans la choré du dernier clip. »

Susan hocha la tête, sure d'elle.

« Mais bon, c'est à toi d'savoir ! Si tu veux j'te dirais avec qui faut pas bosser. »

Elle rit et tire la langue, taquine. Plus sérieusement, certains élèves de sa promotion se prenaient beaucoup trop la tête à son goût, sans cesse à vouloir faire des scénarios tirés par les cheveux, où chaque plan fait référence à trois bouquins de Rousseau et un album de Céline Dion.
Et elle exagérait à peine.
En tout cas, si Dem' arrivait à avoir des castings, c'est qu'il avait sacrément la classe ! Il avait l'air d'en douter.

« Ouais, c'est une bonne idée ! J'suis sure que t'en es capable. 'Pis ça s'rait classe. Tu m'diras quand tu passeras sur scène, que j'vienne jeter un oeil. »

Elle était bien confiante : Pourquoi ne serait-il pas pris ? Alors qu'elle laissait Demetrio la guider dans les rues, elle réfléchissait à la question qui suivait. Oui, les concours, elle y avait songé... Mais parfois, c'était un beau piège.

« Ouais, j'prépare quelques vidéos pour deux trois concours, mais des fois faut se méfier. T'sais, genre, si une marque te demande de faire une vidéo et qu'ils diffuseront le gagnant, en vrai, ça veut juste dire qu'ils veulent avoir une publicité sans avoir à la payer. Si tu gagnes, t'as un peu d'renommée, et si tu gagnes pas, bah... Tant pis pour toi. - Elle haussa les épaules, geste familier qu'elle faisait bien souvent. A croire qu'elle finira par se muscler les trapèzes de cette façon – Mais y'en a qui sont sympa, avec des vrais prix à gagner, surtout. »

Elle ponctuait d'un nouvel hochement de tête. Les concours avec jury étaient bien utiles, ceux qui se déroulaient sur internet était trop souvent biaisés par les listes d'amis et votes par copinage. Susan n'aimait pas beaucoup de genre de comportements, et ça réduisait donc de beaucoup les genres de compétitions qui l'intéressaient.
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Message posté : Mer 11 Fév 2015 - 12:05 Message
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Quand Susan approuva d’aller faire un tour au Bar, Demetrio établit tout de suite un trajet dans sa tête. L’établissement n’était pas tout près, ils en auraient pour un bout de temps à s’y rendre en marchant. Aussi décida-t-il d’utiliser, à un moment, son vélo. Vu que ça avait tendance à descendre, il n’aurait pas besoin de pédaler, et ça serait suffisamment court pour qu’à deux sur le véhicule, ça ne soit pas trop inconfortable. Puis, Dem apprit la raison de ce soudain intérêt pour sa personne : la composition d’un répertoire. L’idée avait de quoi séduire, et, en même temps, il se demandait s’il n’était pas déjà satisfait de travailler avec Susan.

Tu serais prête à me laisser bosser avec d’autres ? C’est vrai que je n’ai pas signé de contrat d’exclusivité ! Mais faut voir, si y a des bonnes idées, pourquoi pas… Après, j’ai pas l’intention non plus de devenir comédien, je veux pas m’éloigner de la musique. Faut que ce soit un tout.

S’il se mettait à faire des courts-métrages et plus des clips, il allait délaisser ses premières amours. Et vu qu’il voulait se produire un jour sur scène, se concentrer sur le jeu n’était pas la bonne stratégie. Mais ça valait peut-être la peine d’être inscrit sur ce répertoire, ne serait-ce que pour avoir des opportunités de rencontres.

Mais tu peux leur laisser… pas mon numéro, en fait, plutôt mon mail. Au moins, par mail, on est pas dérangé comme au téléphone.

Après avoir abordé le sujet « comédie musicale », il adressa un clin d’œil à Susan, qui viendrait, du coup, le voir.

Bien sûr que je te dirai ! Je pense pas que je serai assez bien placé dans la troupe pour avoir droit à des invitations, mais un jour, peut-être, j’en aurai !

Le premier rôle d’une grosse production, bien sûr qu’il en rêvait, mais avant ça, il fallait se faire sa place. Les cours de chant permettaient d’élargir sa palette, mais surtout, de largement multiplier ses chances d’être vu, puisque les chanteurs étaient plus recherchés que les danseurs. Un danseur de comédie musicale se fondait dans le groupe, alors que le chanteur pouvait très bien être seul. La tête dans les étoiles, Demetrio se secoua un peu pour revenir au présent, alors que Susan évoquait les revers de certains concours. L’occasion de se faire remarquer, mais aussi des chances d’avoir abattu beaucoup de travail pour peu en retour. Et trop peu souvent de la reconnaissance…

Alors, je croise les doigts pour ceux que tu vas faire ! lança l’Italien, avant de s’arrêter. On va accélérer un peu pour aller au bar. En selle !

Il enfourcha son vélo et indiqua la selle à Susan. Puis il se dressa sur les pédales et laissa tranquillement rouler le deux-roues, qui prit de la vitesse avec la pente. Il lui arrivait parfois de faire quelques « figures », Susan l’avait même filmé, même si c’était assez basique et limité en termes de « spectaculaire ». Elle savait donc qu’il ne prendrait aucun risque inconsidéré, et que ceux qui étaient considérés restaient dans la limite de contrôle.

Tiens, une idée, tu pourrais faire une course-poursuite ! cria-t-il, pour être entendu alors que le vélo maintenait une bonne allure.

Un peu plus bas, il ralentit et tourna vers la droite. La circulation s’intensifia un peu, et les piétons se firent plus nombreux. Du coup, il s’arrêta.

On va finir à pied, c’est dans la rue là-bas, à gauche. Si je continue comme ça, on va se faire engueuler par les gens. Il est encore assez tôt, en fait, ils sortent tous du resto…

Quelle idée d’aller au restaurant, le soir, et d’ensuite faire une petite promenade digestive ? Pourquoi ne pas aller dans un bar, après ? Les gens manquaient cruellement d’originalité.

C’est quoi, le prochain projet ? Ce sera un truc pour un concours ? demanda Demetrio, alors qu’ils reprenaient leur route, un bras présenté à Susan, l’autre main tenant son vélo.
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Message posté : Sam 14 Fév 2015 - 0:03 Message
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Loin de là l'idée de faire de Demetrio un comédien parfait ! Susan aimait bien l'idée d'avoir plusieurs casquettes, mais il ne fallait pas trop en faire d'un coup non plus, chaque chose en son temps. Cela pouvait largement attendre, d'autant plus qu'elle n'avait fait la publicité de Dem' en tant que danseur, et non acteur. Aussi, elle insista légèrement sur ce point pour rassurer le jeune homme.

« T'en fais pas, c'est pour tes moves que je t'ai fait de la promo ! J'suis pas jalouse, tout l'monde mérite d'avoir ses chances. Après, si ils te proposent des trucs, si ça te plait pas, tu peux les envoyer péter. »

Elle agrémenta sa phrase d'un sourire digne d'une publicité pour du dentifrice, que l'on évoquera plus tard sous le nom de sourire colgate. Question d'envoyer les gens balader, elle avait déjà du le faire un paquet de fois pour des propositions de films pas intéressants, ou de pseudo acteurs qui se croyaient parfaits.

« Le mail, d'accord, ça roule pour le mail ! Tu pourras les snober plus à l'aise. »

Clin d'œil. Susan trouvait amusant de s'imaginer dans le showbiz, avec le danseur qui offre des invitations à ses amis, le petit coté tranquille. Peut être même un jour se retrouver dans la vraie cour des grands et soir son travail affiché sur grand écran dans le monde ? Il était encore un petit peu trop tôt pour la folie des grandeurs. Elle n'était qu'une étudiante, capable d'imiter de gens, certes, mais toujours une étudiante. Et même pas majeure selon la législation du pays.

En tout cas, ce qui n'allait pas attendre, c'était la descente en vélo ! Zou, en selle, et les cheveux dans le vents ! Peur de rien, Susan aimait bien ce genre de trucs. Elle savait que Demetrio gérait et lui faisait confiance. Heureusement, sinon le stress serait en revanche monté au plafond.
Aussi, à l'idée de la course poursuite, elle ne pouvait qu'approuver. Et répondre à haute voix.

« Ouais ! J'avais déjà eu l'idée d'un film d'action, j'suis d'accord ! »

Aussitôt ils s'étaient arrêtés, Susan bondissait sur ses pieds, opérationnelle. Ce petit moment l'avait définitivement réveillée, et ses cheveux étaient encore plus hérissés que jamais après ça. Un hochement de tête, puis elle accepta de nouveau son bras. C'était pas désagréable, et quand on se promenait la nuit, c'était pas plus mal de passer pour un couple.

« Ben, le prochain projet c'est un travail sur le rythme et la pression que ça implique. C'est du découpage. Du coup ça colle avec un film d'action. - Un grand sourire de plus – Avec un début lent, puis une montée de rythme d'un coup, paf ! Course poursuite, puis un peu moins vite si y'a une baston, et ça re finit sur un truc tranquille. Ça s'tente, non ? »

Elle n'avait pas de scénario précis, pas d'histoire ni de contexte, mais une foule d'images en tête !

« C'est marrant, tout le monde sort du resto à la même heure... T'imagines, une rue comme ça, avec les lampadaires, 'pis le personnage qui sort d'un bar ou d'un resto, la caméra qui le suit quand il commence à marcher dans la rue, 'pis il regarde derrière lui et se met à courir, et en meme temps t'as la caméra qui mooonte pour l'accompagner dans le mouvement. »

Elle mimait en même temps qu'elle expliquait, allant jusqu'à se hisser sur la pointe des pieds pour signifier que la caméra montait vraiment beaucoup !

« Et, euh, à priori c'pas pour un concours, mais j'pourrais p'tet le présenter à l'occasion si les contraintes collent... »

Le nez en l'air, elle détaillait les bâtiments qui les entouraient, de temps en temps les passants, elle n'oserait pas dire qu'elle reluquerait bien une ou deux filles, mais c'était bien le cas !
Puis elle se décida à poser une question, à son tour. Peut être même des questions.

« Ça va, toi, niveau boulot et tout, à part la danse ? J'supposes que t'habites dans le quartier ? Enfin, p'tet que j'me trompe, hein, mais vu que tu bosses ici, et qu'tu connais bien, tout ça... »

Demetrio avait été relativement secret lors des tournages, aussi, si elle savait qu'elle s'entendait bien avec lui et qu'ils pouvaient délirer à plein régime, elle ignorait aussi énormément de choses.
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Message posté : Mer 11 Mar 2015 - 14:34 Message
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Ce qui était bien avec Susan, c’est qu’elle restait naturelle en toute circonstance, et savait trouver du positif dans à peu près n’importe quoi. Demetrio était réticent sur la manière ? Il pouvait refuser certains projets ? Pas de scrupules à envoyer bouler les gens par mail ! La descente en vélo eut le mérite de les secouer un peu tous les deux, l’air frais leur fouettant le visage et ébouriffant leurs folles coiffures respectives. Et la jeune fille approuva l’idée de la course-poursuite, c’était donc quelque chose à garder dans un coin de la tête. L’Italien se voyait bien dévaler les pentes de la ville sur son « bolide », avec des malfrats sur les talons. Ce n’était pas de la danse, mais c’était de l’action, ça pouvait bien lui convenir aussi. Surtout si la réalisatrice du film était Susan.

L’étudiante vidéaste se lança ensuite dans l’explication de son prochain projet, qui d’ailleurs collait bien avec la suggestion précédente. Le rythme et la pression, assaisonnés de suspens, ça pouvait faire un court-métrage du tonnerre, haletant. Les précisions s’accompagnaient, comme toujours avec elle, des gestes appropriés. Tout ce qu’une caméra était capable de faire, Susan se devait de pouvoir le décrire le plus précisément possible. On était impliqué ou on ne l’était pas. Et visiblement, le concours, ça pouvait être un bonus. Elle ne semblait pas du genre compétitif. Ce qui était compréhensible, certaines personnes n’appréciant pas d’avoir des contraintes trop fortes…

Tu me diras si t’as besoin de mes talents à vélo, alors ! lâcha-t-il, alors qu’ils entamaient la traversée de la 82nd Avenue.

Elle s’intéressa ensuite à lui, qui il est vrai n’était pas aussi bavard qu’elle, et donc, ne s’était jamais vraiment livré. Pas par manque de confiance, mais parce que ça n’était pas dans ses habitudes.

J’habite dans le quartier des Théâtres, avec ma mère. C’est pas si loin d’ici, faut traverser la voie rapide. Le bar où on va est juste avant.

En parlant, il avait désigné les directions, globalement nord-est. Il enchaîna.

Le boulot, ça va pas mal. En dehors des projets de casting, et tout, la pizzeria, c’est assez tranquille. Même si y a beaucoup de rushs, je m’y suis habitué, j’arrive à gérer plus facilement qu’avant. Fallait que je fasse mes preuves avec le patron, mais là, je crois que c’est bon. Après, je suis pas à l’abri de me planter, c’est sûr, ça peut arriver à n’importe qui, tant que je tombe pas sur des clients… relous.

La référence était claire, et Susan n’allait sûrement pas le contredire sur la question.

Pour l’instant, je concilie bien les deux, mais quand ça marchera dans la danse, le chant, tout ça, j’espère pouvoir arrêter. C’est un boulot sympa, mais c’est surtout alimentaire, j’ai pas envie de servir des pizzas toute ma vie.

Demetrio entraîna sa compagne du soir vers la gauche. Plus loin luisait l’enseigne d’une société d’import-export, le genre d’établissement devant lequel passaient ceux qui ne connaissaient pas. Mais quand on avait déchiffré la particularité des lieux, on ne s’y trompait plus.

Voilà, c’est le Bar Secret. On dirait pas, comme ça, hein ?

Ils passèrent l’entrée et arrivèrent dans ce qui ressemblait à l’accueil de n’importe quel immeuble de bureau. Après avoir attaché son vélo aux barreaux d’un escalier, Dem entraîna Susan vers le fond et actionna un mécanisme, qui révéla un passage secret. Au bout d’un couloir, ils arrivèrent dans le bar en lui-même. Le genre qu’on voyait dans les films d’espionnage des années 60.

Tadam ! Pas mal, hein ? Tiens, y a une table tranquille, là-bas, fit-il en désignant un coin dans une alcôve.

Il y avait assez peu de monde. Ce qui n’était pas plus mal, l’endroit ayant tendance à devenir assez bruyant que trop de clients s’y pressaient. Le danseur prit la carte et y jeta un œil. Les noms de code avaient de quoi déstabiliser les novices, la plupart des cocktails classiques portant des noms ayant un rapport assez vague avec l’original.

Je sais pas s’ils accepteraient des tournages… Les lieux sont super pour le cinéma, hein ?

Peut-être cela avait-il d’ailleurs déjà été fait. Mais Susan était capable, si elle s’y mettait, de trouver un scénario inédit qui collerait parfaitement à l’ambiance.
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Message posté : Mer 25 Mar 2015 - 10:08 Message
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Susan n'arrivait pas à s'arrêter de parler ! Probablement conséquence de la terrible soirée passée, où elle n'avait pu s'exprimer de tout son saoul. La pensée qu'elle puisse être incroyablement chiante auprès de ses proches lui effleura l'esprit. Mais pour l'instant, c'était au tour de Demetrio ! L'étudiante était bien heureuse d'avoir un interlocuteur sympa et ouvert à qui parler. Un bon pote, un collègue cool, qui voulait tester de nouvelles choses. Que demander de mieux ? Comme à son habitude, Susan avait une main fourrée dans sa poche, et écoutait l'italien, sans vraiment regarder devant elle. Elle était plutôt entrain d'imager tout un tas de scènes, de la plus banale à la plus infaisable, à la limite du Besson-esque.

Il était agréable de savoir que tout se passait bien de son coté. Il était discret, et ça faisait un peu craindre qu'il n'aie des soucis personnels à dissimuler. A priori, ça avait l'air pas trop mal. Susan se fendit d'un sourire à l'évocation de clients qu'on pourrait qualifier de « relous ».

« T'as bien géré pour arranger la situation, en tout cas, j'pense que c'est de bon augure. »

Elle hocha la tête, compréhensive.

« Ouais, normal. T'sais, t'as du talent et t'aimes c'que tu fais, donc t'as déjà toutes tes chances de passer devant ceux qui prennent la danse et tout pour un hobby. 'Pis t'as du talent, et au moins une fan ! -Elle ponctua d'un pouce levé, toujours aussi dynamique- Perso, j'ai de la chance, j'ai mes parents derrière moi, et j'arrive à vendre un peu mon boulot, mais sinon j'pense que j'aurais droit à un joli scooter domino's, ou un paquet de tracts et un gilet fluo, tu vois l'genre. »

L'entrée du Bar Secret était bien curieuse. Susan aimait ça. L'établissement portait bien son nom ! Est-ce qu'ils seraient d'accord pour tourner ici, un jour ? Elle verrait avec les responsables. Consciencieusement, elle gardait en tête l'accès, et prenait une carte présentant le numéro et les informations du bar, qu'elle rangea dans sa poche.

« Pas mal ? Ca déchire, tu veux dire ! »

Elle prit place, et jeta un œil amusé à la carte. C'était vraiment bien foutu, même si ça avait de quoi perturber, pour une première fois.

« Tourner ici ? J'étais en train d'y penser, tu vois ! Ambiance crooners et mafia, magouilles et supers planqués. Avec de la fumée et des lumières façon le Parrain... Mais ça c'est un peu classique... Ou bien carrément un truc moderne, t'vois, genre planque d'une team, ils viennent avec leurs ordis et du matos high tech pour planifier leurs trucs. Et vu qu'le Bar s'appelle déjà le Bar Secret, personne se doute que c'est vraiment secret, tu vois. C'est genre, le truc est tellement évident que personne capte. »

Elle avait entendu ça dans un film un peu bizarre. Un Indiana Jones du pauvre, où le héros planquait un bouquin super important, juste là dans sa besace, parce que c'était tellement évident que personne ne pensait à le fouiller.

« J'vais prendre une pression, rousse... un demi, me faut au moins ça pour faire disparaître la voix de Pat' de ma tête ! »

Elle posa ses coudes sur la table.

« J'sais pas toi, mais j'me demande toujours si il va pas finir par m'arriver une merde, ou bien un truc cool, hein, dans c'te ville. Y'a tellement la réputation, j'flippais grave quand mes parents m'ont dit que j'avais été prise à la SSA. -Elle fit une pause, regarda l'heure un instant sur son téléphone- C'est genre, le rêve de gosse sur les héros et tout ça, sauf que quand t'es un endroit où ça peut arriver en vrai, bah... T'es pas prêt à ce qu'il t'arrive un truc, quoi. 'Fin après j'dis ça, y'a pas de raison qu'il m'arrive quoi que ce soit... »

Elle n'en était pas si convaincue, son ton le laissait entendre. Elle était toujours un peu tiraillée à cette pensée. Passer une vie normale serait bien plus simple : Elle fait ses films, tout le monde est content, ça la passionne, tout ça. Mais il y a toujours cet espèce de grain qui vient se mettre dans les rouages, qui attend qu'un truc vienne briser la routine, non sans une certaine appréhension.

« 'Fin, ça fait pas longtemps que je suis là, et pour le moment je suis pas à plaindre !  T'en penses quoi, toi ? »

Puis, enfin, elle fronça les sourcils, semblant sortir ça de nulle part, alors qu'on venait prendre leur commande :

« Je parle trop ? »
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Message posté : Mer 8 Avr 2015 - 22:43 Message
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Aux compliments de Susan, Demetrio ne répondit que par des mimiques de fausse modestie. S’il était, véritablement, humble quant à ce qu’il savait faire, il aimait dépasser ce cadre quand il était avec elle, et en jouer. Après tout, il la soutenait et ne se privait pas de la complimenter aussi, alors, pourquoi se priver ? Elle avait la chance de pouvoir pour le moment s’adonner à sa passion, aidée par ses parents, sans avoir besoin de se trouver un petit emploi alimentaire. Le jeune Italien pouvait vivre dans la même logique, et sa mère avait même été réticente quand il lui avait annoncé qu’il allait travailler à la Pizzeria Mancini. Mais finalement, il avait ses raisons, et son besoin était tout autre que le simple financement basique de sa vie.

L’idée de Demetrio, émise comme ça, avait en fait un bon train de retard : Susan avait déjà bien en tête la scénographie d’un potentiel tournage au sein du Bar secret. Non seulement elle avait imaginé quelque chose de classique, du type mafia et espionnage, mais en plus, elle avait poussé jusqu’à trouver de l’inattendu. Et c’était ça qu’il aimait chez elle, cette faculté à prendre le contre-pied, qui lui permettait d’avoir l’originalité que recherchaient les professionnels. Pourquoi se contenter de faire comme tout le monde, quand on avait un cerveau bouillonnant tout prêt à aligner les courts-métrages à partir d’un seul élément ?

Susan choisit une bière, Demetrio opta pour un Américano. Il aimait, quand il se rendait dans un bar, tester les cocktails italiens. Celui-là, il l’avait déjà goûté, et il était plutôt pas mal. Puis la jeune femme se lança dans une réflexion à voix haute sur la ville et ses opportunités et dangers. Le tatoué l’écouta sans broncher, sachant pertinemment que l’interrompre ne servirait à rien, qu’il valait mieux la laisser parler et se rendre compte elle-même qu’elle avait pendant un temps monopolisé la conversation. Ce qui ne manqua évidemment. Et qui fit éclater de rire Dem.

Si tu me poses la question, c’est sans doute que tu as déjà la réponse ! finit-il par dire, en reprenant son souffle.

D’ordinaire, il n’était pas aussi expressif, mais la fatigue jouait, et il put ainsi se détendre. Désormais, le « relou » était totalement oublié. Il prêta enfin attention au serveur, qui avait jusqu’à présent patiemment attendu que son client ait terminé de s’esclaffer. Il passa les commandes et, alors que l’homme s’éloignait, il reprit, à l’attention de son amie :

Je vois ce que tu veux dire… Moi je suis né à Star City, j’ai vécu des trucs, heureux ou pas, donc je sais que ça peut arriver… Mais c’est vrai que quand on connaît pas, juste de réputation, y a de quoi avoir des appréhensions. Après, si tu fais en sorte de pas te mêler de leurs histoires, les Supers vont pas t’embêter. C’est sûr qu’on est pas non plus à l’abri d’un accident, ou un braquage, ou autre chose, mais c’est pas pire que dans une autre ville…

Après une brève pause pensive, il ajouta :

Enfin, je dis ça, je connais pas vraiment les autres villes, à part de réputation, et à la télé, sur Internet, tout ça.

Il secoua la tête, jeta un regard circulaire autour de lui, et poursuivit :

Après, t’es bien placée pour le savoir, c’est bien aussi qu’il se passe des trucs. Dans un film, s’il se passe rien, on se fait chier. Ben, dans la vie, c’est pareil. Non ? Enfin, peut-être pas non plus au même niveau, parce qu’on a moins de chances, voire on en a qu’une, mais tu vois ce que je veux dire. Pour moi ça a pas été facile tous les jours, ben aujourd’hui, je sais que si j’avais pas vécu tout ça, j’en serais pas là. Je serais, je sais pas, dans la rue, ou… même mort, ou loin d’ici.

Pour la première fois depuis leur rencontre, Demetrio dévoilait une ou deux pages du livre de sa vie. Le reste devait rester secret, pour leur sécurité à tous les deux, mais ça lui faisait du bien de pouvoir évoquer les difficultés que lui avait causées le rejet par sa famille…

C’est pas très joyeux, en fait, hein ? Désolé, t’étais pas si pessimiste quand tu parlais, et moi, je plombe l’ambiance ! fit-il en riant de nouveau.

C’était fou, ça, ce qu’il était facile de rire quand on était avec Susan.
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Amicalement vôtre [Demetrio Falcone & Susan Suncana]

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