AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Jingle bell, jingle bell!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Ven 12 Déc 2014 - 11:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil



Jingle Bell, Jingle bell !


13 décembre 2014 - soir


Les fêtes de noël approchaient, et avec elles leurs lots de surprises et de visites. Je n'étais pas très coutumier de ces festivités, mais depuis que je séjournais sur terre, j'avais appris à les apprécier. A l'approche de noël, une étrange émulsion naissait dans les rues de Star City qui se paraient de mille et une lumières. Les vitrines des magasins se coloraient de rouge, de vert et de blanc, arborant fièrement leurs produits en vue d'appâter le chaland qui s'affairait déjà à préparer ses cadeaux de fin d'année.

Certains quartiers étaient plus à la fête que d'autres. Et quoi de mieux pour se donner un avant goût des fêtes de noël que le grand centre commercial de Star City. Il fallait être fou pour s'y rendre un samedi après-midi, quelques semaines seulement avant les fêtes de noël. Mais cela ne m'effrayait pas. Bien au contraire. J'aimais particulièrement prendre des bains de foule car c'était là que se trouvait la plus grande concentration d'être humains parmi lesquels je me plaisais toujours autant de me fondre.

Bon certes, je ne m'y serais pas risqué seul, un samedi, sans aucun but précis, alors qu'il s'agissait d'une des périodes les plus visitées du musée historique de Star City. D'autant plus que je n'avais pas pour habitude de fêter noël et que n'avais pas de famille à honorer de tels présents. Hormis Soshiro, mon major d'homme, à qui je doublais les étrennes chaque année. Quoi que cette année serait peut être quelque peu différente car j'avais été convié à un gala de charité par le chef d'orchestre de l'opéra de Beaudrie.

Que faisais-je donc dans un endroit pareil me direz-vous ? J'avais pris ma journée pour accompagner Mariko, la fille de Soshiro, faire ses emplettes dans le plus grand centre commercial de la ville. La jeune japonaise de vingt quatre ans qui n'était pas très à l'aise en anglais, était venue aux Etats Unis afin de passer les fêtes de fin d'années avec son père. Elle était arrivée la veille et m'avait semblée ravie que je lui propose de lui faire faire le tour de la ville en attendant de retrouver son père le soir. De plus Soshiro n'aimait pas les endroits trop bondés et il avait préféré nous laisser entre ‘jeunes', comme il avait dit à sa fille.
Contrairement à son père, elle ignorait tout de ma nature divine, et la politesse dont elle faisait preuve voulait qu'elle ne posa aucune question sur les raisons qui poussaient son père à me vouer un tel respect. Pas en ma présence tout du moins. Et je ne me faisais pas trop de souci à ce sujet, Soshiro était une tombe, mon secret était bien gardé.

La jeune femme s'émerveilla tout l'après-midi de se promener dans le centre commercial où elle finit peu à peu par laisser tomber son masque de timidité pour se lâcher et me traîner un peu partout dans les boutiques qui la faisaient rêver, sur les sons enjoués de Jingle Bell et autres joyeusetés du même genre. Je lui faisais à la fois office de guide et d'interprète, de porteur aussi. Lâchez une japonaise avec une carte bleue chargée dans un centre commercial et celle-ci la fera flamber. Mariko ne s'était pas privée en tout cas.

La nuit tombée, le coffre de la voiture chargé, je la raccompagnai afin qu'elle puisse retrouver son père. Alors que nous filions à vive allure sur les grands boulevards du centre ville, la discussion finit indéniablement par prendre une tournure plus personnelle durant laquelle elle laissa libre court à sa curiosité, cherchant à en apprendre plus sur moi. C'est à ce moment que je choisi de me garer pour la conduire à un endroit qui devrait la ravir. Pour couper court à la conversation, naturellement. C'est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le marché de noël du centre ville, installé sur une grande place, où se dressaient des petites maisonnettes de bois exhibant leurs présentoirs d'artisanat local, où flottaient la bonne odeur de vin et de cidre chaud, de crêpes, de marrons, de beurre de cacahuète. Les chants de noël égayaient les rues devenues chaleureuses par la proximité humaine, ou tout un chacun déambulait, flânait dans une ambiance de fête.

J'eus naturellement le droit au très cliché « Kawaiiiiiii » que j'avais entendu mainte fois tout l'après midi. Mariko m'expliqua que cela lui rappelait les différents festivals japonais auxquels il m'était arrivé de prendre part également. Le plus connu étant celui de Hanami, où il régnait une ambiance de fête un peu similaire et bon enfant. La criminalité en moins…

Mon attention fut retenue par un individu dont le comportement m'était familier. Un jeune homme, tout ce qu'il y avait de plus normal en apparence, très habile de ses mains cela dit, pour le clampin lambda. Mais aussi virtuose soit-il, il ne fallait pas qu'il compte duper un dieu en la matière. Je me tournai vers Mariko pour lui glisser à l'oreille de faire attention à ses affaires, mais cette dernière m'avait visiblement faussé compagnie. « Mariko ? » Je la cherchais rapidement du regard autour de moi lorsque la situation dégénéra pour le pickpocket qui eut la main malheureuse. Il bouscula plusieurs personnes qui s'écrièrent sur son passage et détala en courant, comme un lapin. Il me percuta également. Je l'interceptai, la main dans le sac, ou dans ma poche, ici, en l'occurrence, c'était le cas de le dire, avant qu'il n'ai le temps de faucher mon portefeuille. Je croisai son regard et lui adressai un sourire amusé. « N'y pense même pas ! » Paniqué, il dégaina une lame pour me planter, mais je relâchai déjà ma prise sur son poignet. A peine avait-il cligné des yeux que l'arme avait déjà changé de propriétaire. « Je vais garder ça si tu veux bien, il serait ennuyeux que tu blesses quelqu'un. » dis-je avec le sourire, comme s'il s'agissait de la conversation la plus banale qui soit, puis je la rangeai discrètement dans la poche de ma veste. Les yeux du voleur s'écarquillèrent de surprise, ou de peur, puis il repris sa course, bousculant une nouvelle fois une jeune femme au passage, dont le visage ne m'était pas inconnu.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 12 Déc 2014 - 18:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La recherche du cadeau de Noël parfait. Le cadeau qui faisait suivre un cri de joie, une surprise, plein de sentiments positifs, et surtout, le fameux "Haha, t'es con !". Le cadeau qui devait être original, parce que ça foutait trop la honte d'offrir le même pull que l'an dernier, mais en bleu. Le cadeau pour dire qu'on a des bonnes idées, pour dire au destinataire qu'on se soucie au moins un chouilla de lui, alors même que notre compte en banque préconise les pâtes jusqu'à la fin du mois.

Voilà, c'était à la recherche de ce genre de cadeau qu'était Susan. Il fallait qu'elle trouve un truc fissa pour l'envoyer à ses parents. Assez vite pour qu'ils l'aient en temps et en heure. Internet était source de conseil, mais beaucoup trop de conseils ! Sérieusement, des listes de plus de trois cent cadeaux à offrir ? Et comment on était censé faire son choix, dans ces trois cent cadeaux, plus les cent-cinquante du site d'à coté, plus les conseils presque avisés de sa liste d'amis ?
La quête effrénée pour le cadeau parfait restait un échec. Du moins, pour le moment, la vidéaste l'espérait très fort. Elle n'avait pas la moindre envie de passer sa semaine sur cette affaire.

Alors la journée de Susan se résumait en une suite d'errances en ville, entre lèche vitrines et décorations de mauvais goût.

Pour pallier à la déception diurne, rien de mieux qu'une petite sortie le soir venu. Susan était parée : Plusieurs pulls, un hoodie, des collants sous son jean, une écharpe, et un su-blime bonnet à pompon.
La mise en scène du marché de Noël était bien moins laide que les guirlandes improvisées des magasins. Heureusement pour Susan, qui appréhendait très sérieusement une cataracte précoce à force d'agressions visuelles.

Hélas, une nouvelle déception ne tarda pas à pointer le bout de son nez : Strictement impossible de se prendre un verre de vin chaud. A la base, Susan n'avait rien contre les Etats-Unis, mais là !
Le vin chaud, elle en buvait un verre lorsqu'elle allait au marché de Noël en France. Personne ne lui demandait son âge, et personne ne venait la tacler pour ça. Ici, impossible de marchander. Il lui était venu en tête de prendre une voix de petite vieille au moment de passer commande, mais son petit doigt insistait quand au fait qu'elle n'avait absolument pas un physique de petite vieille. Foutu petit doigt.
C'est avec grand regret qu'elle porta son dévolu sur un chocolat chaud, qui lui réchauffait tout aussi bien les mains.

Quelques mètres de plus dans ce marché suffirent à ruiner sa soirée.
Éclats de voix, bousculade, Susan haussa un sourcil durant une courte pause, puis n'eut pas le temps d'éviter son destin. Bousculade, bis, et un chocolat chaud renversé, un !

Premier réflexe :
« Putain, sérieusement ?! », s'exclamait l'étudiante.

Pour second réflexe, Susan faisait volte face pour attraper le fuyard par le premier truc qui passait à portée de main. Son manteau.
Si elle ne parvint pas à le garder en main, elle déséquilibra le gredin, qui trébucha sur quelque américain moyen de Star City.

« Ca t'arrives de r'garder d'vant toi ?! », lui lançait-elle, ajoutant un chapelet d'invectives plus ou moins cohérentes, puis vérifiant au passage la fermeture de ses poches, et la présence de sa monnaie, entre deux tâches de chocolat.
Les témoins semblaient prendre les choses en main. Tant mieux, car Susan était plutôt d'humeur à prendre les choses en main... En main en travers du visage. Elle inspira un bon coup et ramassa le gobelet au sol. Destination : poubelle.
Ou pas.
Une tête connue ! Enfin, si les néons verts et rouges n'avaient pas totalement brûlé sa rétine. Elle s'arrêta face à M'sieur le conservateur, à qui elle tendit une main pour lui serrer la pince.

« S'cusez-moi, vous auriez pas un mouchoir, par hasard ? »

Selon Susan, la plupart des gens avaient des mouchoirs en hiver, puisque cette saison détestable était la source de tous les rhumes du monde. Elle, elle n'en avait pas uniquement parce qu'elle avait été terriblement tête en l'air en se préparant. Un coup d'œil à droite, un coup d'œil à gauche, puis un haussement de sourcil.

« Il vous a rien piqué, au moins ? - Moi ça va, il a juste détruit mes espoirs de passer une bonne soirée. »

Disant cela, elle désignait le gobelet tristement vide, tâchant de faire bonne figure, après tant d'injures proférées.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 17 Déc 2014 - 16:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Aussitôt après que j’eu lâché le voleur, celui-ci, se rendant compte qu’il avait affaire à plus fort que lui détala une nouvelle fois avant de se faire ralentir par la dernière personne qu’il avait bousculée. Il trébucha sur d’autre, suscitant de nouveaux mugissements de la part des honnêtes citoyens avant de disparaître, happé par la foule.

La jeune femme au bonnet à pompons se tourna vers moi et me tendis la main. Une jolie tache brunâtre était venue agrémenter son sweat-shirt, de vin chaud, ou de chocolat, difficile à dire. Je levais les yeux sur son minois qui m’était familier. Je l’avais déjà croisée à plusieurs reprises… à la Star School of the Art si ma mémoire était bonne, lorsque j’étais allé rendre visite au professeur de musique. Une des élèves de Louis ?

Je me saisi du bout des doigts de sa main tendue. Je n’avais pas pour habitude de serrer la main des demoiselles ou des jeunes femmes. D’ordinaire, je réservais cela plutôt aux hommes. Même si cela pouvait paraître quelque peu désuet à notre époque, je portai le dessus de sa main à mes lèvres afin de la saluer. « Bien le bonsoir Mademoiselle … » je laissai volontairement ma phrase en suspend afin de l’inciter à me rappeler son nom. « Raphaël Mercury. » Me présentais-je à mon tour, si elle ne le savait pas déjà.
« Non, navré, je n’ai pas de mouchoir sur moi. » J’avais la chance d’ignorer ce qu’était un rhume, et je n’étais pas du genre à m’encombrer inutilement. Mariko, en revanche, devait très certainement en avoir. Les femmes avaient tout un tas de fourbi dans leurs sacs. Mais j’ignorais où cette dernière était passée.

J’esquissai un léger sourire, puis tâtait machinalement mes poches, comme si j’avais besoin de m’assurer que le voleur ne m’avait rien piqué. Je l’avais pris la main dans le sac, et il était bien trop novice pour pouvoir duper un dieu. En revanche, je jouais parfaitement bien la comédie vis-à-vis de Susan.
« Non. On dirait que non. Je dois avouer qu’il ne s’est pas montré très discret. » répondis-je, amusé. C’était le moins que l’on puisse dire, niveau discrétion, il pouvait repasser, et avait encore beaucoup de choses à apprendre. « Le bon déroulement de votre soirée se résumait-elle à ce breuvage ? » Dis-je, désignant son gobelet d’un signe de tête. « Si ce n’est que cela… Permettez-moi d’égayer votre soirée. » répondis-je avec un sourire avenant. « Venez ! » Je l’invitai à me suivre vers le stand de boissons chaudes le plus proche, sans vraiment lui donner le loisir de protester si l’envie lui en avait pris.

« Vous êtes étudiante à la SSA, c’est bien cela ? » demandai-je plus pour asseoir mon souvenir qu’autre chose. « Il me semblait vous y avoir croisée. Et qu’étudiez-vous ? »

Je me plantai devant le stand de boissons où fleurait bon une odeur de cannelle et de vin chaud. « Bonsoir. Qu’est-ce que je vous sers ? » demanda la vendeuse.

« Je vais commencer par abuser de votre gentillesse en vous demandant de nous dépanner d’une serviette s’il vous plait. Ma compagne a été victime d’un accident de gobelet. » dis-je, adressant à la vendeuse mon sourire le plus charmeur.
« Et je vais vous prendre un vin chaud et … » Puis je me tournai vers Susan que j’interrogeai du regard.
Elle pouvait bien commander ce qu’elle voudrait, je n’étais pas très regardant et encore moins à cheval sur la législation en vigueur. Les lois n’étaient-elles pas écrites pour être contournées et enfreintes ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 19 Déc 2014 - 23:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Le coup du baise-main surprit Susan. Ouais, c'était une d'jeunz, on donne pas vraiment dans ce style là, d'habitude. Remarque que même si son interlocuteur sortait d'un musée, c'était pas en tant qu'antiquité. Mademoiselle... ? Ah, oui, son nom !

« Susan. Susan Suncana. »

Et Suncana se prononçait Sounetchana. Elle agrémenta d'un léger haussement d'épaules. Elle ne savait pas franchement comment réagir au baise-main. Mieux valait donc ne pas réagir. Le nom du conservateur vint se placer dans sa mémoire, en association avec sa fonction et sa trombine. Si elle l'avait déjà croisé pas mal de fois au gré de couloirs et autres visites curieuses, jamais elle n'avait engagé la conversation ou cherché à en savoir plus. Du coup, sa curiosité pourrait éventuellement se manifester au cours de cette soirée ! Poser des questions, enfin une opportunité de penser à autre chose qu'à des cadeaux à offrir et de l'argent à dépenser.
Car oui, à l'heure qu'il était, la soirée n'aurait pu être égayée que par une bonne boisson chaude. Alors elle hochait la tête.

« Ben... J'ai passé une journée pourrie, donc un peu quand même. » Puis, alors qu'elle le suivait : « V'savez, z'êtes pas obli... » L'odeur des chocolats et autres vins chauds lui coupèrent la parole tout net. En fait, c'était très bien qu'il propose de lui offrir à boire ! Parfait !
Elle n'avait pas encore eu le temps de poser de questions, Raphaël prenait les choses en main.

« Ouais, la SSA, j'y suis en première année d'Cinéma. »

Elle sourit. Être prise en cursus audiovisuel, c'était son plus grand souhait, et il avait été accompli. Une serviette arrivait, la courbe qui représentait l'humeur de Susan était en train de remonter peu à peu.
« Génial, merci ! Et, euh... -Une courte hésitation, puis une soudaine envie de faire comme s'il n'y avait pas de règles à transgresser- Un autre vin chaud, si'ouplait ! »


Si elle le faisait en France, pourquoi pas ici ?
Elle frottait rapidement les tâches de chocolat, au moins pour sécher son pull. Le froid était mordant, et avec des vêtements humides, il l'était encore plus. Choper un rhume était la pire chose qui pourrait arriver à cet instant. Puis le gobelet arriva, pour lui réchauffer les mains.
Lorsqu'ils furent un peu plus éloignés du stand, pour laisser passer les autres clients, Susan prit la parole.

« J'ai cru que j'allais devoir vraiment attendre trois ans avant de re-boire le moindre truc alcoolisé, vous savez ? Pourtant, c'est pas un vin chaud qui va rendre un homme saoul... 'Fin une femme non plus, m'voyez... »

Peut être pas la meilleure façon d'engager une conversation. Elle poursuivait donc en retournant les questions qui lui avaient été adressées plus tôt. Susan déambulait de nouveau dans le marché, regardant son interlocuteur, mais faisant attention de ne heurter personne. Pas deux fois.

« J'vous ai déjà vu au musée, mais j'ai pas du faire attention à la SSA... Vous y faites quoi ? »


Les questions lui venaient, tout naturellement. Il lui semblait correct de tout placer dans un contexte : Qui était-il, avec quelques précisions. Parfois, elle fixait un stand qui avait des articles particulièrement jolis, elle notait tout ça dans un coin de sa tête pour y aller dès que l'occasion se présenterait. Et puis, une autre question :

« Vous êtes venu ici seul ? Si c'est pas indiscret ! »


La plupart des passants étaient en famille, en couple, entre amis... Elle même faisait exception à la règle, ceci-dit, et il n'y avait rien d'étonnant que quelqu'un d'autre fasse de même. Juste de la curiosité, et une envie d'avoir les choses claires en tête. Mieux valait éviter tout quiproquo. En parlant de ça... Elle haussa un sourcil, ce qui lui donnait un air tout à fait charmant et amusant à la fois, alors qu'elle déclarait :

« Oh et euh, si jamais, j'vais pas essayer de vous draguer, hein. »

Ou comment installer un sentiment de confiance dans les cinq premières minutes de conversation.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 11:00 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Un sourire illumina mon visage lorsque la demoiselle me donna un nom à mettre sur son visage plusieurs fois croisé dans les couloirs de la SSA. Après qu’elle m’ait avoué avoir passé une mauvaise journée, je pris comme ouverture le fait que boire un verre lui remonterait le moral, je l’invitai ensuite à prendre une autre boisson chaude, la sienne ayant malencontreusement fini par terre, et à moitié sur son hoodie, à cause de ce voleur à la tire.
Elle n’eut pas vraiment le temps de protester, et à vrai dire, je ne lui en avait guère laissé l’occasion.

« Oh ! vous étudiez le cinéma, c’est intéressant ! »
Rien à voir avec la musique donc. « Et… vous avez une idée du métier que vous voulez exercer ensuite ? »

Entre temps, j’avais récupéré une serviette pour Susan et je commandai un second vin chaud. La serveuse commença à se montrer désobligeante et à demander les papiers d’identité de la demoiselle qui m’accompagnait. Surpris, je jetai un rapide coup d’œil à Susan, puis avant que cette dernière n’ai eu le temps de répondre quoi que ce soit, je me tournai vers la serveuse à qui j’offris mon plus beau sourire : « Elle est avec moi, ce ne sera pas nécessaire. » J’avais fait usage de mon don de persuasion afin de nous éviter un scandale inutile. Les États-Unis et leurs stupides lois ! La serveuse s’exécuta sans rechigner et me tendis le deuxième verre que j’offris à Susan. Après avoir réglé, je saluai aimablement le personnel puis nous nous éloignâmes du stand.

Je fus quelque peu surpris de l’aveu de la jeune femme. Je me doutai bien qu’elle devait être mineure, si elle était étudiante, mais cela n’avait pas une réelle importance à mes yeux. Bien plus que sur son âge, je m’attardai d’avantage sur le fait qu’elle avait déjà transgressé certaines règles, ou qu’elle venait d’un endroit où ces dernières étaient différentes. J’optais pour la questionner sur la seconde hypothèse. « Vous n’êtes pas originaire des États-Unis ? » Après tout, c’était une possibilité, son nom ne sonnait pas très anglophone, même si cela ne voulait pas dire grand-chose de nos jours.
Un nouveau sourire étira mes lèvres : « Tout dépend de l’individu, je dirais… » Je n’étais moi-même pas invulnérable à l’alcool humain que j’appréciais, mais auquel je n’étais pas habitué et dont les vapeurs en excès avaient tendance à me faire tourner la tête, même si j’étais sans doute plus résistant que la plupart d’entre eux. Si cela aurait pu choquer les bonnes âmes humaines, l’idée de donner à boire de l’alcool à une mineure ne me chagrinait pas plus que cela. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de mal à cela.

Je portai le verre à mes lèvres. Ce breuvage était délicieux, même si j’en avais sans doute bu de meilleurs. « Au musée ? Je suis conservateur. » Dis-je le plus simplement du monde. Au musée, lorsque j’étais au contact du public, ce qui était assez rare – j’étais plutôt du genre à travailler enfermé dans mon bureau ou dans les labos, quand je n’étais pas en déplacement - je croisai des milliers de personnes auxquelles je ne prêtai pas spécialement attention. J’avais repéré quelques habitués, parmi les visiteurs, je connaissais bien les donateurs et les gens participants activement à la vie du musée et j’avais mémorisé les visages de quelques personnes avec qui j’avais pris la peine de discuter lorsque je m’étais improvisé guide. Il m’arrivait de me faire passer pour un guide parfois. Je trouvais cela amusant, au grand damne de mon assistante.
J’avais peut être croisé Susan dans les allées du musée, mais je n’en avais pas le souvenir. J’avais plutôt associé son visage à la SSA. Quant à mon rôle là bas, c’était une longue histoire… « Je travaille sur un projet visant à établir un partenariat entre le musée et la SSA. C’est lors de mes précédentes visites que j’ai déjà du vous croiser, au détour d’un couloir. Sans doute. » … que je n’avais pas envie de raconter, c’était pourquoi je mentais avec aplomb. Ce projet n’existait pas. Pas encore du moins. Mais l’idée n’était pas complètement dénuée d’intérêt, et j’avais déjà noué contact avec le directeur de l’école rencontré à la SSA ainsi qu’au détour d’expositions et de conférences organisées pour l’Alliance asiatique, gérée par Hak-Kun Jang, dont je faisais partie, visant à promouvoir l’art des pays de l’Est. Bref, mes précédentes venues à la SSA n’avaient pas grand chose à voir avec cela. J’avais quelque amitié parmi les professeurs qui enseignaient là bas, mais je ne souhaitais pas m’étendre sur le sujet.

« Vous venez souvent au musée ? » Pendant que nous marchions, je jetai des regards furtifs à droite et à gauche afin de voir si je n’apercevais pas Mariko. Et justement, pendant qu’on en parlait, mon portable vibra dans la poche de mon manteau en laine. Je dégainai le petit bijou de technologie sur lequel s’affichaient les deux premières lignes du sms en japonais. « Non. Je suis venu avec ma nièce. Mais je l’ai perdue de vue lorsque ce voleur a fait des siennes. » Tout en parlant, j’avais jeté un œil au message qui n’était pas celui de Mariko, mais de son père, qui me demandait confirmation du lieu et de l’heure de rendez-vous pour nous retrouver. Un mensonge de plus, mais celui-là n’était pas très loin de la vérité. Soshiro était mon major d’homme, mais je le présentais souvent comme un proche de ma famille. Je le considérais comme tel. C’était un homme en qui j’avais toute confiance, et sa fille était comme la mienne. Cependant, compte tenu de mon apparence de jouvenceau, je ne pouvais bien entendu pas affirmer que je considérais comme ma fille, une jeune femme de vint quatre ans. Je n’aurais pas paru très crédible aux yeux des mortels. Déjà, le simple fait d’évoquer une nièce, à moins d’avoir un frère particulièrement vieux, et japonais qui plus est, c’était déjà difficile à avaler.

Je reportai mon attention sur Susan dont l’expression me fit sourire et je ne pu réprimer un éclat de rire lorsque je l’entendis se justifier. « Oh ! vraiment ? Vous m’en voyez terriblement déçu ! » répliquai-je, amusé. Je ne savais pas si ce genre de blagues douteuses étaient de bon ton pour la dérider, mais je n’étais pas du genre à me formaliser pour si peu. « Et vous ? êtes-vous venue seule ? » demandai-je, un sourire en coin accroché aux lèvres. « Ou je dois m’attendre à voir surgir un parent furieux de derrière une maisonnée venant me sermonner de vous avoir offert un verre ? » Cette hypothèse m'amusait d'autant plus qu'elle me rappelait quelques souvenirs. J'avais moi-même été confronté à quelqu'un soucieux de ma majorité, craignant de se voir accuser par mes parents pour détournement de mineur.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 18:56 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Excellentes questions soulevées par le compagnon de discussion de Susan. Elle-même ignorait ce qu'elle pourrait bien faire après ses études. Elle n'en était qu'à la première année, elle avait bien le temps pour se choisir une spécialisation !
Ceci dit, le travail du montage était tout particulièrement fascinant. Un dixième de seconde de décalage suffisait à faire la différence entre un bon raccord, et un raccord qui sonnait faux. Et quelle fierté, de voir l'effet que ça fait, lorsque ses raccords sont parfaits et permettent l'enchaînement propre d'une série de plans...
Le montage, c'est aussi le timing, et le timing, c'est important. Susan a toujours aimé monter des clips musicaux. Pourquoi ne pas s'orienter dans cette direction ?

« Bah... Ch'ais pas, j'aimerais bien faire des clips de musique. En réal'. Ou sinon monteuse. »

Elle ponctua sa phrase d'un haussement d'épaules. Elle avait eu chaud, pour le coup du vin, et le sentiment de culpabilité d'avoir fait enfreindre la loi à quelqu'un d'autre sans le prévenir était quelque peu en train de l'effleurer. Tant pis, c'était fait, et il avait pas l'air de si mal le prendre. Et puis, c'était épicé, c'était chaud, c'était bon ! Pourquoi ne buvait-on pas de ça plus souvent dans l'année ? Peut-être que ça briserait un peu de la magie de Noël, qui sait...
Puis, elle n'avait jamais compris pourquoi ici l'alcool n'était autorisé qu'à vingt-et-un ans. En France, c'était dix-huit, et pourtant les jeunes n'était ni plus responsables ni moins responsables vis à vis de leur comportement avec les boissons alcoolisées. Mieux encore : en Allemagne, on laissait boire des alcools légers à seize ans, puis le reste à dix-huit ! Ça semblait plus raisonnable de laisser tester à petite échelle, plutôt que de donner une bouteille de vodka à un jeune frustré qui vient d'avoir sa majorité absolue et qui va se jeter dessus après tant d'années de privation. Un poil exagéré, mais c'était l'image que Susan avait en tête lorsqu'elle voyait de jeunes américains dans l'excès.
Tout ça pour dire :

« Ah, ben c'est compliqué, j'ai passé mon enfance au Royaume-Uni, pis j'ai bougé en France. J'suis ici depuis trois mois... »

Pas si longtemps que ça. Elle n'avait pas eu trop de mal à se remettre à l'anglais, heureusement !
Elle sirotait sa boisson, écoutant silencieusement, ponctuant de hochements de tête. Elle ne s'était pas trompée, il travaillait au musée. Cette idée de projet avec la SSA, elle n'avait pas la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir, mais ça avait l'air tout à fait intéressant ! La curiosité de la vidéaste était piquée. Elle notait ça dans un coin de sa tête pour essayer d'en savoir plus au fil de la discussion.

« Ouais, une fois par semaine ou toutes les deux semaines, ça dépend quand y a des expos prévues... J'trouve que ça donne plein d'idées. »

Puis elle écoutait, tranquillement. Retrouver quelqu'un dans un marché de noël ? Comme dans les films d'action, où on retrouve toujours une scène de course poursuite sur une place bondée ou dans un marché rustique... Décidément, cette idée n'arrêtait pas de passer dans la tête de l'étudiante. Elle la gardait elle aussi dans un coin de sa tête pour la réaliser un de ces jours.
Elle fut secouée d'un rire franc à la réaction de Raphaël. Au moins, il ne manquait pas d'humour.

« Ouais, j'suis venue seule. J'devais acheter des cadeaux, si les gens à qui j'dois les offrir sont là, ça l'fait pas, tu vois l'genre... Et nan, pas de parents qui débarquent, ils sont très loin... Et ils s'en fichent un peu, je suppose ? »

Elle sourit, enjouée. Une scène pareille n'aurait pas été dénuée d'intérêt !
Elle se mit à réfléchir, le temps de quelques gorgées de son verre. A aucun moment elle n'eut l'idée de mette en doute ce qu'affirmait son interlocuteur. Vu qu'elle n'avait pas grand chose à faire, il lui fallait trouver une grande quête à accomplir ! Si possible, quelque chose de plus intéressant que chercher des cadeaux. Quand au projet entre le musée et la SSA, elle trouverait un moment pour en parler plus tard, ça viendrait !

« Et du coup, elle ressemble à quoi ta nièce ? Besoin d'aide pour la r'trouver ? J'ai pas d'idées de cadeaux, alors faut bien un truc à faire, pis j'te dois un verre. »

Une fois son gobelet fini, elle avisait une poubelle pour l'y jeter. Pas question de jeter quoi que ce soit sur la voie publique ! Elle rajusta son bonnet et fourra ses mains dans ses poches pour les réchauffer, d'humeur à jouer l'investigatrice !
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 30 Déc 2014 - 20:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

« Monteuse dans le domaine de la musique ? » Demandais-je par simple curiosité en vue d’agrémenter la conversation. « Vous êtes passionnée de musique ? » Voilà qui nous ferait un point commun, même s’il y avait peu de chances que mes goûts musicaux trouvent écho dans ceux de la jeune femme. Les clips étaient plutôt destinés à un autre genre de musique que celui que j’affectionnais. Mais ne savait-on jamais…
Cela dit, j’étais plutôt ouvert d’esprit. J’avais toujours été passionné par l’art sous toutes ses formes et je trouvais intéressant et amusant de constater son évolution au fil du temps surtout depuis l’apparition de la photographie, la vidéo et maintenant l’ère du numérique ouvrait d’autres possibilités tout à fait fascinantes.

Je me chargeai de passer commande de vin chaud pour deux. La chaleur du gobelet fumant contrastait parfaitement avec le froid environnant et la vapeur qui s’en dégageait laissait présager un subtil parfum d’épices et d’agrumes mélangé aux vapeurs d’alcool. Je portais le gobelet à mes lèvres et laissai se déverser une gorgée de son contenu brûlant sur ma langue, puis je tournai vers Susan, un visage surpris lorsque j’appris qu’elle venait de France. « Vraiment ? Vous devez parler parfaitement la langue de Molière je présume ! » dis-je dans un français sans accent. Je ne craignais pas de passer pour un frimeur, même si d’aucun auraient pu le penser. Je n’en avais cure. Le Français était l’une des nombreuses langues que je parlais couramment et que je m’étais remis à pratiquer plus régulièrement lors de mes entrevues avec le chef d’orchestre de l’Opéra de Beaudrie entre autre, qui lui, était français pure souche. Je trouvais la coïncidence intéressante et très amusante. Le français ne s’entendait pas particulièrement dans l’accent de Susan, et j’aurais du me douter, à certaines intonations de sa voix, de ses origines britanniques.

J’exposai rapidement mon rôle au musée, sans vraiment entrer dans les détails, tout comme je justifiai rapidement ma présence à la SSA, avant de réorienter la conversation sur la jeune femme que j’interrogeai sur sa fréquentation du musée historique. Je me contentai de lui adresser un sourire pour toute réponse.

J’avais pris la justification de Susan au sujet de ses questions possiblement indiscrètes au second degré… ou pas. Allez savoir ! J’étais doté d’un sens de l’humour un peu spécial et j’aimais particulièrement jouer sur cette corde sensible que Susan venait de faire vibrer, à son insu. Son rire fit écho au mien et je ne me gênai pas pour renchérir. Mon regard se teinta d’espièglerie lorsqu’elle me réconforta au sujet de ses parents. Non pas que je fusse effrayé de devoir faire face à la furie de ses proches, mais je préférais éviter d’être la cible en public d’un scandale honteux que nombre d’oreilles indiscrètes se feraient plaisir à colporter afin de ternir l’image de mon identité de couverture. J’avais déjà une journaliste soupçonneuse et avide du moindre écart de conduite de ma part sur le dos et je ne tenais pas à alimenter en eau le cours qui permettrait aux pales de son moulin de tourner. « Tu supposes ? » demandais-je amusé, pensant qu’elle se moquait de moi.

Dans le même temps, j’avais envoyé un SMS à Mariko afin de lui demander où elle se trouvait, et Susan me questionnait déjà à son sujet. « Brune, les yeux sombres. Elle porte un manteau gris et elle a un bonnet avec des oreilles de… panda je dirais… » dis-je, essayant de me rappeler en détail la tenue vestimentaire de ma jeune protégée. Dit comme cela, la description que je donnais pouvait laisser penser à une jeune fille ou une adolescente outre le fait que sa disparition n’avait pas l’air de m’affoler plus que de raison. « Merci, c’est très aimable à toi. Mais je pense que cela ira. Je vais lui dire que son père est venu la chercher. Il devait nous retrouver dans les environs. » ajoutai-je en tapant un nouveau texto à une vitesse déconcertante. « Et volontiers pour le verre. » répondis-je, relevant le nez sur Susan avec un sourire en coin. Je ne perdais pas le nord.

Mon téléphone vibra dans mes mains. « Tout compte fait… as-tu vu un stand de décorations de noël non loin d’ici ? » Je laissai échapper un rictus en balayant du regard les stands qui nous entouraient. Ce n’était pas ce qui manquait. « Elle en a de bonnes ! … » Le marché de noël était bondé, et Mariko ne devait pas faire plus d’un mètre soixante ou soixante cinq… Je lui écrivis de nouveau afin de lui demander quelques précisions sur le stand en question. « Elle me dit qu’il y a des étoiles qui brillent et qui tournent dans le vent. C’est… » je levai une nouvelle fois le nez de mon mobile et adressai un sourire à Susan avant de poursuivre « …intéressant. »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 31 Déc 2014 - 14:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
« J'aime la musique, mais pas autant que la vidéo. »

Le son et l'image allaient de pair. Et si Susan adorait écouter la musique, elle n'avait absolument aucune capacité pour en jouer. Et même la perspective de savoir jouer d'un instrument ne l'excitait pas tant que cela. Aussi, pour répondre plus en précision à la question, elle ajoutait.

« J'écoute un peu de tout, j'aime bien bosser avec des groupes plutôt rock ou alternatif, en général on s'entend bien. »

Sans préjugés, la vidéaste avait aimé travailler avec beaucoup de personnes différentes, dans tous les genres. C'était un peu ce qui la poussait à ne pas se fermer à quelques genres musicaux restreints. Si l'on voulait faire une vidéo cohérente pour un groupe de métal, il fallait se renseigner sur ce qu'il voulait dire, sur l'univers du métal, de ses sous genres, et surtout, il fallait écouter la musique. On ne pouvait pas tout aimer, mais Susan avait jusque là eu la chance de travailler avec des musiciens pas trop mauvais.
En France, pas mal de petits groupes faisaient tourner les contacts. Certains se formaient jeunes, c'était comme ça qu'elle avait fait ses dents, lorsqu'elle était au lycée. Avec les options de cinéma audiovisuel, les exercices pratiques étaient une nécessité, et plus on connaissait de gens, mieux c'était. Ça donnait un air sérieux au moment des oraux.
C'est dans un français exempt d'accent sur Susan répondit à Raphaël.

« Ouais, j'ai passé dix ans là bas, faut dire. Ça me manque un peu, des fois. Pour pouvoir dire ce qu'on veut exactement dire, quand on parle Français, on veut utiliser des mots anglais, et quand on parle Anglais, on a besoin d'utiliser des mots français...  »

Elle haussait de nouveau un sourcil. Dès lors que l'on était à l'aise dans plusieurs langages, on pouvait s'emmêler les pinceaux. Combien de fois se demandait-elle comment utiliser tel mot dans telle langue ?
Puis elle écoutait, sa curiosité se faisant partiellement satisfaire. C'était bien, de discuter sans se prendre la tête, comme ça. Elle n'avait pas peur d'être jugée de quelque façon que ce soit.
Elle ne releva pas la question à propos de sa supposition. Susan était à peu près sure que ses parents seraient contents de la voir discuter calmement, plutôt que jouer à l'apprentie rebelle comme il y a quelques années. Revenir chez soi avec des idées était toujours mieux que revenir chez soi avec des bleus. Enfin, peut être que tout le monde ne pensait pas comme ça.

Elle écoutait patiemment la description de la personne à retrouver. L'évocation d'un stand de décorations de noël la fit littéralement éclater de rire. Ah ben oui, il y en avait une ici ! Ah ben, ici aussi. Et puis là. Et un peu plus loin, aussi. Flûte alors. Retrouver une aiguille dans une botte de foin, ça, c'était une mission !

« Des étoiles qui tournent dans le vent ? C'est un poème, ou bien ? »

Elle souriait, en cherchant des yeux une décoration qui pouvait correspondre. Le marché était grand, bondé, et elle ne mesurait qu'un mètre soixante. Pas facile de dépasser toutes ces têtes pour apercevoir la moindre chose !

« Sinon j'ai une idée, c'est quoi son nom ? »

Dans tous les films, quand on cherchait quelqu'un, on gueulait son nom. Pourquoi ça ne fonctionnerait pas dans la vraie vie ? Quoi de mieux pour attirer l'attention d'une personne ? Enfin, en espérant qu'elle n'aie pas un nom de madame tout le monde.

« Comme ça, on pourrait se séparer et l'appeler... Y a des étoiles brillantes partout ! »

Elle envisageait même d'imiter la voix de Raphaël pour pouvoir passer un appel plus efficacement. Après tout, pour une fois que ça pouvait avoir une quelconque utilité... C'était ça, d'être trop petite pour voir correctement aux alentours.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 7 Jan 2015 - 19:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Le rock n’était pas spécialement ma tasse de thé, mais cela se laissait écouter. Malgré son inspiration du blues et du jazz, entre autre, je trouvais l’instrumentalisation brutale, parfois peu développée, et souvent réduite à l’utilisation d’une guitare électrique accompagnée de quelques rares autres instruments comme : basse, batterie, claviers et plus rarement violon et autres plus « exotiques » dans certains sous-genres.
L’objectif de cette musique n’était, certes, pas spécialement de raconter une histoire à plusieurs niveaux comme le faisaient les œuvres de grands compositeurs baroques, classiques ou encore romantiques. L’arrivée des percussions et des nouvelles sonorités électroniques avaient fait naître un genre plus contemporain, plus populaire, plus accessible aux oreilles profanes, où l’expression artistique primait d’avantage sur le contenu de la partition, et ne visait plus seulement à transmettre un savoir, ou conter une histoire. Ce n’était pas pour autant que cette musique n’était pas appréciable et la poésie était même parfois de rigueur dans certains textes.

La vidéo s’alliait à merveille avec ce genre musical et en renforçait l’expression pour en être, en quelque sorte, une extension. Le mélange des deux médias donnait lieu à des résultats assez intéressants. Je ne trouvais pas cela très étonnant qu’il puisse intéresser de jeunes gens comme Susan.
Je me contentai d’un sourire en guise de réponse. Même si j’avais assisté à la naissance du rock’n’roll, j’étais quelque peu dépassé par les rouages qui constituaient le monde de la musique contemporaine, même s’il m’arrivait d’en écouter et de m’attarder sur certains clips. Ne baignant pas particulièrement dans ce milieu, je n’avais pas pris le temps d’approfondir la question. Mes oreilles étaient plutôt adeptes de sonates, de concertos, de symphonie, qui relevaient déjà du domaine du moderne pour moi qui avait été à l’aune de sonorités et de chants bien plus anciens.

« La France ! Quel pays magnifique ! » dis-je. Pour un tout petit pays, il possédait une certaine richesse paysagère, architecturale et culturelle. Chargé d’histoire, c’était sans doute pour cette raison qu’il était le pays le plus visité au monde.
L’anecdote de Susan m’amusait et je ne m’en cachais pas. Pourquoi faire simple quand on pouvait faire compliqué. Si elle pensait que je me moquais, il n’en était rien en revanche. Je trouvais juste cet emmêlement de pinceaux curieux. « Oh vraiment ? » demandais-je avec le sourire. Si l’anglais et le français était deux langues aux racines communes, elles étaient pourtant bien distinctes par leur vocabulaire, leur prononciation, leur grammaire qui leur était propre. Fort heureusement, cela ne m’arrivait pas. Vue le nombre de langues et de dialectes que j’avais appris au cours de ces quelques millénaires, il aurait été malvenu que certains mots me viennent dans chacune d’elles, et cela rendrait sans doute mon discours parfaitement incompréhensible. « Cela dit, il est vrai que des mots d’une langue n’aient aucune traduction dans une autre. Tout est une question d’interprétation et de transposition qui résulte aussi de la façon de penser et des différences culturelles. » Pour les langues occidentales, ce n’était pas toujours très flagrant. C’était d’autant plus frappant dans les langues asiatiques. Le Japonais était un parfait exemple de langue à l’expression nébuleuse pour tout étranger à la culture de Cipango, notamment pour ses constructions de phrases où certaines propositions étaient très souvent omises.

D’ailleurs, en parlant de Japonais, et si je retrouvais celle qui m’accompagnait quelques instants plus tôt ? Mariko ne parlait pas très bien anglais, ou du moins, elle n’osait pas car elle manquait d’assurance et de pratique. Je ne l’avais pas franchement aidée en lui servant d’interprète tout l’après-midi. Elle avait cependant la fâcheuse tendance à se refermer comme une huitre et à devenir aussi muette qu’une carpe lorsque je l’avais poussée à essayer. Je regardais autour de moi, il n’allait pas être aisé de la retrouver dans la marée humaine qui se pressait autour de Susan et moi-même.

Cette dernière se moqua légèrement lorsque je lui traduisis le texto de Mariko. Je haussai les épaules. « Va savoir ! Sans doute a-t-elle l’âme poète. » répondis-je avec nonchalance.
J’étais résolu à en apprendre plus et à l’appeler directement, nous gagnerions du temps. Mais Susan m’interrompit alors que je m’apprêtai à appuyer sur l’écran tactile de mon portable. « Mariko. » répondis-je sans adage. « Je vais l’appeler. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Une, deux, trois sonneries…et sa voix cristalline me gratifia d’un « Moshimoshi ? » Un sourire espiègle étira mes lèvres. Je lui répondis en anglais. « Mariko où es-tu ? » Le bruit ambiant qui régnait alentour, aussi bien de mon côté que du sien entravait quelque peu notre conversation, mais elle rechignait toujours à me parler en anglais. Elle tenta de me décrire le stand devant lequel elle se tenait, mais tous les stands ici se ressemblaient et la foule empêchait de les discerner distinctement. J’avisai Susan qui essayait tant bien que mal de rechercher la jeune fille du haut de son mètre soixante, et aussitôt, il me vint une idée. « Excuse-moi juste une seconde je te prie. » Je l’entendis protester en japonais quand j’écartai l’appareil de mon oreille.

« J’ai une meilleure idée, si tu permets ? »dis-je à Susan. Je lâchai mon téléphone dans la poche de mon manteau, m’approchai de Susan, de qui j’attrapai une main pour la faire pivoter afin qu’elle me présente son dos. Je l’attrapai par la taille et la soulevai comme si elle était aussi légère qu’une plume afin de l’asseoir sur mes épaules, faisant fi de ses protestation, quand bien même elle en aurait fait montre. « Ce sera plus aisé de la chercher comme cela. » Je récupérai mon mobile dans ma poche et entrepris de faire une brève description de la situation à Mariko, lui décrivant le bonnet de Susan, que je portai à présent sur mes épaules. Si la jeune japonaise était dans les parages, elle ne pourrait pas nous manquer, c’était certain.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 13 Jan 2015 - 20:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Le jeune homme avec qui Susan parlait avait tout à fait raison. En tout cas, intérieurement, elle abondait dans son sens, à propos des différents langages : Chaque langue transmettait aussi des valeurs, une culture et une vision du monde propre à un peuple. Aussi, lorsque l'on arrivait d'un pays anglophone, on pouvait trouver totalement insensé l'utilisation du genre pour des objets. Pourquoi une table était-elle au féminin ? Sérieusement ? Il aurait été si pratique de pouvoir utiliser des mots d'une langue au milieu d'une phrase... C'était un peu ce qu'il se passait parfois, lorsqu'un mot était inventé, ou qu'un objet portait le nom de son inventeur... Mais c'était une toute autre histoire.
L'âme poète, c'était une jolie expression, ça aussi. L'idée venait à la vidéaste de réaliser des vidéos où, tout naturellement, les personnages parleraient en vers. Idée qu'elle tâcherait de garder dans un coin de sa tête, comme à son habitude, côte à côte avec des dizaines d'autres projets. Elle assistait à l'appel téléphonique, qui semblait tout sauf utile, pour le moment. Le bruit, la foule, les descriptions inutiles... C'était comme les quartiers résidentiels, où tous les pavillons étaient construits sur le même modèle. A la Edward aux Mains d'Argent, on ne faisait la différence qu'à la couleur des volets ou de la voiture garée devant. Sauf qu'ici, pas de volets, ni de voitures, ni de numéro... Aucune aide.
Avant qu'elle n'aie eu le temps de dire ''ouf'', elle s'était trouvée dos à Raphaël, puis juchée sur ses épaules. Il avait été plus que surprenant qu'il n'aie pas eu le moindre souci à la porter, et elle même, dans le froid, n'avait même pas songé à réagir, ou bien la réaction était arrivée un peu trop tard. Un vague « Eh ! » lui avait échappé, dans le feu de l'action.
Ceci dit, de là haut, elle voyait bien ! Elle voyait mieux !

« J'devrais investir dans des échasses... »

Remarqua-t-elle, profitant de la vue dès lors. Elle s'aventura à ne pas s'accrocher à son escabeau vivant pour mimer des jumelles avec ses mains. Tout pour le style. La vidéaste scrutait l'horizon, concentrée, cherchant parmi les innombrables têtes.

« C'est bien, d'être grand ? Je sais, c'est con, comme question, mais j'me suis toujours demandée. Quand j'vais à un concert ou un truc du genre, si j'suis pas dans les premiers rangs, c'est mort, quoi... »

C'était vrai, elle aimerait avoir plus souvent un soutien logistique de ce style.
Tout en observant, elle essayait de meubler un peu.
Ça bougeait dans tous les sens, et le moindre signe de main attirait son attention. Ça avait beau être un immonde cliché, Susan déduisait que si la personne recherchait s'appelait Mariko, alors elle serait probablement asiatique.

« Là bas, y'a des étoiles qui font gling gling et qui bougent 'vec le vent, t'en penses quoi ?»

Elle crut voir une main s'agiter, sans la moindre idée de ce dont il s'agissait, mais par réflexe, elle rendait le coucou. Quelqu'un semblait se diriger vers eux, mais actuellement, on était trop surs de rien.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 18 Jan 2015 - 22:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

« Des échasses ?» interrogeai-je la jeune fille en riant. « J’ignorais qu’il y avait une spécialité cirque dans le cursus de vidéaste. »

Je donnais une brève description de Susan à Mariko afin que celle-ci puisse plus aisément nous retrouver, puis reportai mon attention sur la jeune fille qui me surplombait. « Je ne sais. Je suppose qu’il y a des avantages et des inconvénients, comme pour tout. En ce qui concerne les concerts, je suis généralement assis à ceux auxquels je me rends. Mais vraisemblablement, pour cette fois-ci je ne suis pas assez grand. »

Susan gesticulait sur mes épaules, et dans le téléphone Mariko me dit qu’elle apercevait une tête dépasser de la foule.

« Ça m’a l’air de correspondre à la description. Allons voir. C’est par où ? » demandai-je à Susan. « Mariko me dit qu’elle pense t’avoir vue. Elle te fait signe. Tu la vois ? » dis-je à ma cavalière.

La jeune japonaise ne tarda pas à nous rejoindre. Elle débita tout un flot de paroles en japonais pour nous expliquer comment elle m’avait perdu de vue et ô combien elle s’excusait en s’inclinant plusieurs fois.
Je fis descendre Susan de mes épaules et entrepris de faire les présentations : « Mariko, je te présente Susan, une amie… » La jeune japonaise s’inclina une nouvelle fois en souriant timidement, marmonnant un bref « Hajimemashite, yoroshiku ! » entre ses dents. « Et Susan, je te présente ma nièce, Mariko. Elle est en vacances à Star City pour les fêtes. » Surprise, la japonaise ouvrit de grands yeux et marmonna quelques mots dans sa langue natale avant d’exploser d’un rire, qui, quand on connaissait bien les japonais, masquait nombre de choses dont il ne fallait point parler pour ne pas froisser la susceptibilité de ses interlocuteurs. Le sien en l’occurrence, avait une légère teinte flavescente. Elle avait été surprise par la manière dont je l’avais introduite auprès de Susan, et restait visiblement interdite d’avoir été présentée comme ma nièce. Ce qu’elle n’était pas du reste, il ne fallait pas être bien docte pour le deviner, nous n’avions pas l’once d’une ressemblance physique. Cependant, je présentais très souvent son père comme étant un proche de ma famille, voir un membre à part entière de celle-ci. Il allait de soit que Mariko, sa fille, ne fasse pas exception. Et puis, c’était la première chose qui m’était passée par la tête lorsque je l’avais évoquée auprès de Susan.

Cette fois, je pris soin de m’exprimer dans un japonais parfait, pour me justifier auprès de Mariko qui recouvra un sourire un peu plus approbateur. Puis je me tournais vers Susan. « Mariko comprend l’anglais, quand nous ne parlons pas trop vite. Elle sait également le parler, d’ailleurs ! » dis-je, accompagnant mes propos d’un regard appuyé sur l’asiatique qui me gratifia d’une moue boudeuse. « Quand elle veut bien se donner la peine. Elle n’ose pas. Voilà tout. » J’osais espérer qu’elle se détendrait en présence de la vidéaste. Celle-ci était plus jeune qu’elle, elle lui paraitrait peut être moins impressionnante que le commun des américains. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Elle n’osait pas même me parler anglais à moi, alors que nous avions passé l’après-midi ensemble. « Susan est étudiante en Cinéma. » dis-je à l’intention de Mariko pour étoffer quelque peut les présentations.
« Ne ? Omoshiroï ! »
« Intéressant n’est-ce pas ? » répétais-je après elle, en prenant particulièrement soin d’articuler le mot « intéressant ». Mais celle-ci préféra se réfugier derrière un sourire crispé plutôt que de répéter.
« Elle n’est pas à Star City depuis très longtemps non plus. » ajoutai-je afin d’encourager la jeune japonaise à se débrider.
« Mariko quant à elle est infographiste. » expliquai-je à Susan. Je ne doutais pas qu’une étudiante en cinéma et une graphiste auraient quelques points en commun et des choses à se raconter, si Mariko voulait bien faire l’effort de franchir la barrière de la langue. « Elle est un peu têtue. » dis-je en plaisantant.
« Raphaël-san ! » bougonna cette dernière.
J’eclatai de rire. « Et un peu susceptible. » rajoutai-je, baissant d’un ton, à l’intention de Susan. « Mariko, est-ce que tu veux boire quelque chose ? »
« Iie ! arigato gosaimassu. Sumimasen ! »

Mon téléphone vibra une nouvelle fois. Je m’excusai auprès des deux jeunes femmes puis me retournai pour décrocher. Mariko adressa un sourire gêné à Susan tandis que je m’entretenais avec son père. Je les rejoignis une minute plus tard. « Mariko, j’ai donné rendez-vous à ton père au pied du grand arbre de noël. » Le regard de la jeune femme s’illumina. « Il devrait nous y retrouver d’ici quelques minutes. Venez, c’est par là ! » leur intimai-je à toutes deux afin de les entraîner dans mon sillage.

« Mariko est arrivée hier, … » expliquai-je à Susan, « … nous sommes allés faire les boutiques cet après-midi au grand centre commercial. Il y avait un petit peu de monde. » dis-je, amusé. Ce qui n’était pas vraiment étonnant à l’approche des fêtes de noël.

Quelques minutes plus tard, nous avions triomphé de la foule et nous nous trouvâmes au pied de l’immense sapin qui brillait de mille feus. Un asiatique d’âge mûr vint à notre rencontre. Il avait une bonne cinquantaine d’années bien tassées, les cheveux grisonnant et l’air un peu sévère. Je lui adressais aussitôt un grand sourire tandis que Mariko s’était déjà précipitée vers lui et déversait déjà un flot de paroles en japonais. « Mercury-san ! » me dit le vieux avec un fort accent japonais, en me saluant respectueusement, puis il se tourna vers Susan et s’inclina de la même manière.

« Soshiro, voici Susan, une élève de la Star School of the Art. »
« Enchanté mademoiselle. »
Mariko baragouina quelque chose en japonais et me regarda d’un air interrogateur.
« Je pense que je vous rejoindrais un peu plus tard. J’imagine que vous avez des tas de choses à vous raconter tous les deux. » dis-je adressant un clin d’œil complice à Soshiro.
« Demo… »

Le père et la fille échangèrent quelques mots en japonais, puis ce dernier laissa échapper un petit rire. Je souris également.

« Merci d’avoir pris soin de Mariko. »
« Tout le plaisir était pour moi. Ne vous souciez pas de moi, profitez-en. Je t’appellerais. A tout à l’heure ? »
« Hai ! Merci beaucoup. » dit le vieux en s’inclinant.
« Arigato gosaimassu ! » l’imita sa fille.
Je tapotai amicalement sur l’épaule de Soshiro, puis celui-ci se détourna, accompagné de Mariko. Puis je me tournai vers Susan. « J’ai du m’improviser guide et interprète pour la journée. » dis-je d’un ton léger. « Ma nièce n’est pas très loquace. Elle est un peu timide. Navré. Il va lui falloir quelque jours pour s’acclimater je présume. Les japonais ont quelque peu de mal à assumer de ne pas avoir un anglais irréprochable, du coup ils préfèrent ne pas parler de peur de se ridiculiser. Enfin, ce n’est pas une généralité. Mais Mariko est un peu perfectionniste. »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 8 Fév 2015 - 13:12 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
L'idée des échasses semblait de plus en plus pertinente à Susan. Mais plutôt en été, car le froid hivernal se plaisait bien à lui envoyer quelques vents glacés au le visage. Béni soit le bonnet à pompon. La vidéaste fut bientôt toute fière d'avoir accompli sa mission ! C'était une jeune nippone qui se mettait à déblatérer des trucs à une vitesse folle. C'était normal, chez les japonais, ou bien celle-ci parlait particulièrement vite ? En tout cas, elle n'y comprenait pas un mot. Le peu qu'elle comprenait se limitait à quelques mots qu'on entendait dans des animés ou des chansons. Autant dire pas grand chose.
Susan, qui s'était habituée aux hauteurs de ce monde, se vit contrainte de toucher à nouveau terre. Le moment des présentations ! Aussi, ravie de rencontrer quelqu'un, bien qu'elle n'eut pas compris un traître mot de ce qui était dit en japonais, elle répondait tout sourire.

« Enchantée ! »

Le lien de parenté semblait bien impromptu, mais qui était-elle pour mettre en doute la parole de Raphael ? Et puis, d'une part, ça ne la regardait pas tant que ça, et elle savait bien ce que c'était, d'élire quelques rares proches au rang de famille. Les amis, c'est bien la famille qu'on se choisit, non ? En tout cas, le regard de la vidéaste ne tardait pas à s'illuminer.

« Infographiste ? Génial ! T'as un book ou quelque chose comme ça ? »

La curiosité l'emportait de nouveau. Elle était prête à partager plein de choses ! Enfin, si elle arrivait à avoir une réponse en anglais. Raphael se retournait pour répondre à un appel, alors qu'elle essayait d'échanger. Que Mariko soit susceptible, c'était pas un souci. Susan ne l'était pas le moins du monde et elle arrivait régulièrement à contaminer les gens avec son enthousiasme. Certains étaient juste plus difficiles à convaincre que d'autres !
Toujours aussi curieuse, Susan suivit le mouvement lorsqu'il fallait aller retrouver le père de la jeune touriste non loin de là. Au moins, elles étaient deux à risquer de se perdre dans cette masse de gens nettement plus grands qu'elles. Heureusement, le grand sapin servait de repère !

Le père de Mariko avait quelque chose d'impressionnant. Selon Susan, en tout cas. Il avait un de ces airs du meme internet, le père asiatique sévère qui exige que son enfant lui ramène des A en classe. Bon, il y avait un petit peu d'exagération. L'imagination de la vidéaste tournait sans cesse à plein régime. Elle lui rendait la politesse, tout naturellement, puis ne tardait pas à se retrouver juste avec Raphaël.
Un haussement d'épaules plus tard, elle répondait :

« Bah, j'ai l'habitude avec les gens timides... Après avoir séjourné en France, je crains pas les accents ratés et les anglais approximatifs. - Elle sourit largement, puis ajouta – En tout cas, si ça l'intéresse, le cinéma et tout ça, elle peut me contacter. »

Elle remit ses mains dans ses poches, admirant quelques instants le grand sapin illuminé.

« Alors c'est vrai, la rumeur des asiatiques perfectionnistes ? » Elle rit, avant de poursuivre sur un plan plus personnel : « Ça fait longtemps que vous vous connaissez, j'me trompe ? Ca a l'air pratique, en tout cas, d'avoir un guide touristique atitré. »

Elle sourit, amusée, et un chouilla taquine. Elle n'avait pas vraiment eu ce luxe, pour le moment, et explorait toute la ville par ses propres moyens. Pour le meilleur et pour le pire.

« Je devrais pas trop tarder... 'fin, j'me répète, mais si votre nièce est intéressée par quoi que ce soit, faut pas hésiter ! Moi en tout cas ça m'intéresse, ce qu'elle fait. »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 13 Fév 2015 - 21:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Comme je m’y attendais, les deux jeunes femmes s’enthousiasmèrent chacune leur tour, des études de l’une et de la profession de l’autre. Je levai les yeux au ciel. Mariko s’obstinait toujours à ne parler qu’en japonais. Je me du une fois encore de faire l’interprète, tout en lui faisant comprendre qu’elle pouvait très bien se débrouiller sans moi, si elle daignait y mettre un peu du sien. Mariko me rabroua d’abord. Elle répondit à l’affirmative à la question de Susan d’un hochement de tête puis me lança un regard dans lequel je perçu sa détresse. Je l’encourageai vivement d’un signe de tête.

« Ano… » commença-t-elle, gênée. Puis elle farfouilla dans son sac à main et sortit un petit étui doré contenant des cartes de visites. Elle en tendit une à Susan. La carte comportait un design original et les inscriptions étaient écrites en japonais et en anglais. Un QR code permettait de scanner l’ensemble des données et d’accéder à son portfolio. Elle baragouina quelques mots en japonais, me lançant un regard en coin dans l’espoir que je traduise. Et mon téléphone avait vibra à ce moment là.

La jeune japonaise, nerveuse, affichait un grand sourire crispé, puis elle se risqua à dire avec un accent plutôt marqué : « C’est mon sitto internetto. Hai ! » elle montra le lien à Susan sur la carte, acquiesçant de la tête pour masquer sa gêne. Son visage s’était empourpré. Elle n’osa pas demander à la jeune fille si celle-ci en avait un également. Elle paru soulagée lorsque je lui avouais que son père nous rejoignait.

Après que les deux japonais nous eussent quittés, j’excusai un peu Mariko auprès de Susan, bien que je ne comprenne toujours pas ce qui bloquait la jeune japonaise de parler anglais. Peut-être nourrissait-elle un complexe par rapport à moi qui était capable de m’exprimer dans un japonais parfait. Je l’ignorais. Cela dit, ce n’était pas la seule langue que je maîtrisai et je rejoignais Susan sur les accents. « C’est vrai que certains français ont un accent anglais bien à eux. » dis-je avec le sourire. « J’ai déjà eu l’occasion de m’en rendre compte aussi. C’est ce qui fait leur charme. » Ce n’était pas le cas de tous les français heureusement, mais cela n’enlevait rien au charme de ceux qui magnaient merveilleusement bien la langue de Shakespeare. « Je lui transmettrais. »

« Je ne sais si c’est une rumeur, mais il est vrai qu’ils sont rigoureux, c’est indéniable. D’ailleurs, il n’existe pas dans leur langue, de correspondance au mot « correctement » ou « parfaitement » tel que nous avons l’habitude de l’employer. Lorsque j’ai posé la question à Soshiro, il m’a répondu qu’un japonais faisait toujours les choses correctement. » dis-je en riant. Je ne fus pas surpris de la question de la jeune fille, et je ne m’en offusquai pas le moins du monde. Il était évident que je n’avais aucune origine asiatique, et que de ce fait, il pouvait paraître curieux que ces deux là fassent partie de ma famille, comme je l’avais laissé entendre. « Kimura-san est un ami proche de ma famille depuis de nombreuses années, il fait pour ainsi dire partie intégrante de la famille. Par extension, Mariko aussi. » J’éclatai d’un rire bref avant de poursuivre : « Oui, enfin… je suis conservateur de musée, on ne peut pas dire que je sois le meilleur guide touristique qui soit ! Disons que j’étais disponible aujourd’hui. Tu étais déjà venue à Star City avant d’emménager ici ? Qu’as-tu déjà visité ?»

Nous avions fait le tour de la grande place au milieu de laquelle se dressait l’immense sapin. Il était difficile de circuler, tant il y avait du monde. « Tu as un horaire de couvre-feu ? » je n’avais pas pensé à ce détail, mais il était vrai qu’elle était mineure et que ses parents l’attendaient probablement chez elle. « Merci, c’est gentil à toi. Je lui dirais. Tu es venue comment ? Tu veux que je te dépose quelque part ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 15 Fév 2015 - 21:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Un lien ! Susan avait réussi à obtenir une jolie carte avec un QR et le lien vers le site de la jeune japonaise. Parfait. Mieux, elle avait même réussi à lui sortir deux mots d'anglais. C'était un bon score, vraiment. Bon, elle ne l'avait pas fait exprès, mais les faits étaient là.
Elle se réjouissait que son message puisse être transmis. Mariko avait du partir à la vitesse de l'éclair. Au moins, elles pourraient peut-être un jour discuter à nouveau, au moins un peu plus que ce soir.
L'étudiante avait aussi souri à l'évocation de l'accent français qui était la sombre origine d'un charme insoupçonné. Elle n'avait jamais réellement compris en quoi cet accent était plus sexy ou attirant qu'un autre. Aussi, en haussant un sourcil, elle répondit avec un fort accent français feint sans aucune difficulté :

« Pourquoi les gens trouvent que c'est charmant, ça ? Je comprends vraiment pas. »

Bon, peut être aussi que si le physique suivait, ça rendait le truc nettement plus compréhensible, d'un coup !
Aussi, l'anecdote au sujet des asiatiques amusa bien la jeune vidéaste. Ça ne l'étonnait absolument pas. A vrai dire, ça allait renforcer certains clichés contre lesquels elle s'opposait, mais bon, personne n'était contre une petite blague ou deux de temps en temps, si ?

« Avant d'emménager ici, nah, j'étais en France. J'me suis faite larguer ici au passage par mes parents pour les études, eux sont aux US pour le boulot. Un petit peu angoissant, la réputation de la ville. J'me suis demandée si tout allait exploser une semaine après mon arrivée. - Elle esquissa un sourire – Et vu que j'suis qu'en première année, ben ça fait pas longtemps. J'ai déjà fait quelques tours à Little Italy, exploré le Front de Mer, mais j'ai pas trop eu le temps de pousser les investigations... »

Susan avait à demi répondu aux interrogations qui suivaient. Mais elle préféra étayer, puisque sa situation d'étudiante l'exigeait parfois.

« Pour le couvre feu, ça dépend si j'arrive à me lever pour bosser après. Pas de folies au programme... J'suis v'nue en bus, si y'a pas trop de monde je pourrais le reprendre pour repartir, j'ai un petit appart' au Front de mer...  »

Elle marqua une pause pour réfléchir à ce qu'elle souhaitait : allait-elle demander à se faire raccompagner à perpet' ? Et s'il voulait voir son appartement ? No way, trop de boites de pizzas et de bordel. Et puis il ne voudrait surement pas voir son appartement, qui voudrait voir un studio d'étudiant ? Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Non, le souci qui se posait était plutôt de savoir ça n'allait pas trop le déranger de courir aussi loin.

« C'est gentil de proposer mais t'as peut être prévu de faire autre chose ce soir, nah ? Et puis j'sais pas où tu vis mais c'est pas forcément la porte à coté... 'fin après c'est comme tu veux hein, je dis pas non pour économiser le temps et l'argent du trajet.  »

On ne savait trop si elle souhaitait encourager Raphaël à la ramener ou tout l'inverse. Et à vrai dire, elle même n'en avait pas la moindre idée.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 17 Fév 2015 - 1:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

Il était de notoriété publique que l’accent français était charmant à l’étranger. J’ignorais vraiment pourquoi, car je les trouvais très difficiles à comprendre lorsqu’ils ne faisaient pas particulièrement d’effort. Et pourtant, Zeus savait que j’aimais la langue française ! Façon de parler, bien entendu. Mon père n’avait rien à voir dans tout cela, et il ne valait mieux pas qu’il sache où je me trouvais très précisément à cet instant, auquel cas je risquais d’avoir de très gros ennuis. Déjà que mon frère Apollon me menait la vie dure depuis l’incident de la lyre…

Bref, revenons-en à nos moutons. J’éclatai de rire après la petite démonstration de franglais de Susan. « J’avoue que je ne comprends pas non plus. Sans-doute est-ce du à ces nombreux clichés liés à la France qui précèdent ses habitants à l’étranger. » Pour m’y être rendu à diverses époques, la France d’autrefois avait effectivement un fort cachet qui avait tendance à se perdre à l’époque contemporaine. Il y avait cependant de nombreux pays et villes à travers le monde, tous aussi charmants cependant. « Mais cela n’est sûrement pas uniquement du à la langue. La personne contribue aussi au charme. » ajoutai-je, le regard espiègle, accompagné d’un sourire charmeur.

Susan m’avoua ne jamais être venue à Star City avant et qu’elle avait encore peu visité la ville. « Au contraire, Star City est la ville des super-héros, c’est l’endroit le plus sûr au monde ! Avec le nombre de héros au kilomètre carré qu’il y a ici… » affirmai-je sur un ton parfaitement convaincu, qui se voulait rassurant, et la planque rêvée pour toute personne possédant des supers pouvoirs, qu’ils soient bien intentionnés ou non. C’était un peu mon cas d’ailleurs. Je ne m’affichais pas en tant que « super », au contraire, compte tenu de mon essence divine, et de ma présence clandestine, je préférais que cela ne se sache pas, mais cette ville était l’endroit où je passerais le plus inaperçu si par malheur un de mes pouvoirs venait à être découvert.

« C’est vrai qu’en France tu es majeure, j’imagine que tes parents te laissent certaines libertés ? » Même s’il en était tout autre sur le continent américain. Ici, ils ne plaisantaient pas avec les mineurs. Je n’avais jamais vraiment compris pourquoi ils les bridaient autant, mais j’avais fini par l’accepter comme une coutume de ce pays. « Le Front de mer ? Ce n’est pas très loin d’ici… » C’était une question de point de vue. Pour moi, aucun endroit de la ville n’était vraiment loin, excepté lorsque je décidai de prendre les transports en commun, ce qui m’arrivait assez fréquemment je dois dire. La circulation en ville n’était pas toujours très aisé lorsque l’on possédait son propre véhicule, et plutôt que d’être coincé seul dans les embouteillages, je préférais encore prendre des bains de foule. « … Enfin, en voiture. » précisai-je. Cela me ferait faire un détour, mais une fois que nous aurions quitté le centre ville pour gagner le boulevard périphérique, la circulation devait être plus fluide. « Si je propose, c’est que je n’ai rien de mieux à faire. Ce soir je m’improvise chauffeur. » dis-je, lui adressant un clin d’œil complice. « Je suis garé un peu plus haut, nous allons devoir retraverser le marché. Viens, suis-moi ! » Je lui attrapai la main, le plus naturellement du monde, sans me soucier de savoir si cela se faisait ou pas. En chemin, des odeurs de sandwiches, de marrons grillés et autres fastfood en vente sur le marché de noël emplirent nos narines. « Tu veux manger quelque chose ? » demandai-je à la jeune fille ?

Puis, après avoir bravé la foule, nous atteignîmes finalement la proximité du centre commercial où j’avais laissé ma voiture. Il s’agissait d’un modèle coupé sport, une Bugatti Veyron noire. Les phares clignotèrent à notre approche. J’ouvris la portière à la jeune fille afin de lui permettre de monter, puis refermai la porte derrière elle. Je m’installai au volant et presque aussitôt, le doux ronronnement du véhicule se fit entendre. Je n’avais pas pris la peine de lui demander son adresse, et pour l’instant, je conduisais à vitesse raisonnable afin de sortir de cet endroit bondé de monde, à l’approche des fêtes de noël. J’empruntai la quarantième avenue bordée de ces innombrables grattes-ciel, et descendis jusqu’au Bigbsby Building devant lequel je m’arrêtai docilement, au feu rouge. « Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler d’eux, mais ce bâtiment appartient à la famille Neutron Grey. Ce sont des supers héros renommés à Star City. Plus loin là bas, tu as le Daily Star Building. » Je passai la marche avant dès que le feu passait au vert puis tournai à droite sur la première grosse avenue traversante. « On ne voit pas très bien d’ici puisqu’il fait sombre, mais devant nous, c’est le Star Park, je ne sais pas si tu es déjà venue. J’imagine que tu connais déjà le Star Dome où sont donnés les plus grands concerts, ainsi que l’opéra Beauderie, dans le quartier des théâtres ? » Vue qu’elle était amatrice de musique, je supposais qu’elle connaissait les lieux de spectacle, et si non, je roulais à une vitesse tout à fait respectable pour pouvoir prendre la cinquante deuxième avenue afin de l’y conduire. Comme elle s’en doutait sans doute, à moins qu’elle ne me croit mal intentionné, j’avais entrepris de lui faire faire un tour de la ville « by night. »
Revenir en haut Aller en bas



Jingle bell, jingle bell!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» Jingle bells, jingle bells, jingle all the way ♫
» Jingle Bells, Jingle Bells... [Amy, Bhupal & Kathy]
» Improvisation 103 : jingle bells, jingle all the way ¤ ft. Nigel ♥
» di 4 mai 2009 Interview accordée par Me Bell Angelot au journal Le Porte Parole
» Katie Bell, Rogue, McGonagall et Mimie Geignarde (libre)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-