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Sweaty Toad, the Evil Diner of Fried Street [Ana]

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Message posté : Jeu 27 Nov 2014 - 15:03 Message
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Toad’s diner était tenu avec une évidence limpide, par Toad… Ce dernier était un cuisinier tout ce qu’il y avait de plus classique et crasseux. Né et élevé à Star City, il avait repris le commerce de son père et n’avait fait que quelques petits changements dans le restaurant. Le juke box avait disparu, et il avait modernisé l’équipement en cuisine où il passait le plus clair de ses journées. Même la carte était restée la même. Les aliments finalement avaient une constance rare en ces temps troublés. Bien entendu avec la crise, les prix avaient quelque peu monté, mais toujours Toad avait maintenu son commerce et sa clientèle à flot. Parfois, il se trouvait l’âme un peu plus belle que son faciès peu avantageux. Oui, parfois on ne savait pas si Toad était son véritable prénom, ou bien si c’était un surnom qu’il avait écopé du fait des quelques boutons sur son visage, et de son crâne aux cheveux presque absents maintenant.

Mais Toad n’était pas la devanture du magasin, il était le type un grognon mais avec un bon fond devant les fourneaux. Il avait toujours trouvé les jolies filles qui cherchaient un boulot pas trop mal payer, mais assez fatiguant, et qui se refusaient à tapiner. C’était ainsi qu’Abigaïl s’était retrouvée à bosser là depuis plusieurs semaines maintenant. L’uniforme vert et rose de l’établissement était ridicule et criait le mauvais goût. D’ailleurs elle le trouvait bien trop court, mais après tout, tous les vêtements luis paraissaient trop courts en ce siècle. Elle avait compris pourquoi bien entendu, lorsque certains ouvriers et quelques camionneurs avaient taquiné la nouvelle. Elle aurait pu mal le prendre, mais elle s’était contentée de serrer les dents. Après tout, elle avait connu bien pire que quelques mains sur sa croupe au moment où elle passait prendre les commandes.

Il était tard. Le soleil était couché depuis plusieurs heures déjà. Mais le diner se devait d’être ouvert, et Abigaïl était de service. Elle avait déjà plusieurs heures dans les pattes mais il fallait gagner sa croûte. Qui plus est rien ne l’attendait dans son appartement si ce n’était le crâne d’un certain monstre qui avait d’ailleurs laissé une belle trace de morsure sur son flanc. Elle attendait passivement au bar, écoutant la musique qui passait à la radio. Toad était un amateur de rock’n roll, et elle y prenait presque goût. Le diner était presque vide, seulement quelques travailleurs qui venaient prendre un café avant d’entamer leur service de nuit, ou bien avant de retourner dans leurs masures misérables pour quelques heures de répit entre les bras de Morphée.

C’était le mauvais horaire en tout cas. Deux-trois hommes qui mangeaient ou buvaient sur les tables ce n’était pas beaucoup. C’était l’horaire où Toad avait le plus l’habitude de voir débarquer quelques petites frappes du coin. Généralement des membres de fratries bien alcoolisés qui venaient tenter de jouer les durs. La plupart avaient appris à la dure qu’il ne fallait pas emmerder Toad. Il avait des contacts dans plusieurs gangs, mais aussi un fusil à pompe dans sa cuisine.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 1:52 Message
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" Ecoutes, bub, c'est très sympa à toi de m'avoir proposé de m'emmener, mais c'est non. "

La voix était celle de Proyas, le chef de la sécurité de Georges LeBlanc. Un homme endurci par des années de conflit, en Afrique et dans le monde. Sous ce blouson de cuir qu'il portait, se cachait un vétéran, un homme aussi capable que n'importe quel autre de se prendre en charge. A vrai dire, il appartenait même à cette catégorie de personnes à laquelle vous ne cherchiez pas de poux, certainement pas, car c'était précisément le genre de personnes qui répondait plus facilement par un poing dans la tronche que par une discussion censée.
Et là, vint le moment où l'impétueux s'avance pour demander, fier et sûr de lui : "Oui, mais moi, j'ai des pouvoirs ! Je suis le porteur d'une super-force ! Je l'envoie en orbite basse, le vieux croûton, vétéran ou pas !"

Face à cela, Proyas rigole, vraiment. Derrière, il frappe. Ce genre d'hommes est précisément dangereux parce qu'il n'a pas peur, ou plus précisément, parce que de son propre aveu, il ne peut pas "faire deux choses en même temps". Comprendre "Frapper et avoir peur.". Il combat d'abord, vainc, et a peur, après. Ne vous en déplaise, cette homme est plein de ressources...

Que fait-il alors, conduit par la fille de son patron, dans le quartier d'Hamelin ? Bonne question. Il n'a pas voulu répondre autrement que par "Affaire personnelle.", mais toujours était-il qu'Anna lui avait proposé de le transporter, alors que la voiture du protecteur était en réparation. Elle aimait beaucoup Proyas, en dépit de son aspect social exécrable : il était bien l'un des derniers à croire en elle, à voir en elle ce qui pourrait un jour, véritablement devenir un super-héros. Une véritable justicière avec une véritable stature.
Alors elle lui devait bien ça. Entretenir ses "amis" était la base ... bien que l'ami en question ait plus, depuis longtemps, fait office de figure paternelle de substitution.

Et telle père, telle fille. Il n'y avait pas à s'étonner de voir la jeunette faire voler des gencives porter des les tiques verbaux typiques d'un garçon manqué du bayou, quand son exemple était un mercenaire sud-africain fin amateur de bières !

" Tiens, gares-toi là, " lui fit-il, pointant une place devant un diner local, le Toad's, " et va m'attendre à l'intérieur. Prends-toi un truc à bouffer, ça risque de prendre un moment. "

Comme ça, sans crier gare, Anna, la distinguée fille de l'une des dix plus grosses fortunes du Monde, se retrouvait assise à la table d'un diner tout ce qu'il y avait de plus lambda, avec pour seule considération celle de comprendre la carte qu'elle avait sous les yeux, en lançant des regards subtilement mélancoliques par la fenêtre, pour chercher un éventuel retour de son distingué compagnon de route par la fenêtre. Il fallait dire que la voiturière n'avait pratiquement jamais mis les pieds dans pareille institution jusqu'alors, si ce n'était justement avec Proyas. C'était lui qui aimait le contact, qui aimait garder les pieds proche de ses "racines", dans les petits établissements, et c'était normalement lui qui s'occupait de commander, car Anna ne savait pas vraiment ce qui était bon ou mauvais ... Que pouvait-elle plaider ? Elle avait été éduquée à la cuisine française des chefs étoilés !

Il fallait dire que malgré sa tenue du jour, des plus décontractées, elle n'était pas du cru ni du même habitat, et cela, même si l'on la comparait avec ce qui avait été son habitude : aujourd'hui, c'était un sous-pull noir à manches longues couvert par l'un de ces excentriques pulls jade et or au col si grand qu'il vous laissait nécessairement une épaule dénudée et aux manches aussi longues qu'il était court en hauteur, car n'eût son sous-pull était présent, le pull lui-même aurait à peine couvert sa poitrine, laissant tout son ventre à la morsure de l'hiver. Un jean sans jambes venait en dessous recouvrir des bas de laine anthracites subtils, et leurs baskets assorties, tandis que ses cheveux en bataille se suffisaient à eux-mêmes, considérant sûrement que leurs traits d'ivoire étaient suffisants. Elle complétait tout cela avec un casque audio bluetooth des plus communs lui aussi, l'un de ces Beats ,bleu marine pour sa part, aux formes épurées et arrondies, que tout le monde portait dans la rue.

Oui, elle avait l'air d'une jeune femme tout ce qu'il y avait de plus commun, une étudiante. Une étudiante qui se demandait pourquoi on laissait un crapaud en cuisine, et une étudiante aux questions des plus ... étranges, pour un tel lieu :

" Excusez-moi, " fit-elle à sa serveuse au moment de passer commande, " La viande, elle vient d'où ? "

Oui. Il était question de savoir sur quoi l'on tombait. Réflexe.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 11:49 Message
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Ça… C’était quelque chose de bizarre. Et pourtant, Abigaïl en avait vue des déchets sociétaux entrer dans son diner, enfin dans le diner de Toad, mais elle avait enchaîné tellement de services ici bas qu’elle pourrait presque le considérer comme une seconde maison. La radio enchaînait sur du rock, encore, dont elle ignorait tout, mais pendant un moment d’absence, la nécromancienne ne pouvait détacher son regard de la tenue de la nouvelle arrivante. Elle-même avait un peu honte de l’uniforme du diner. Elle avait parfois vu quelques groupies d’étudiants du coin, attendre dans le froid plutôt que dans l’odeur de friture du restaurant, et regretter aussitôt leurs atours dénudés. Mais pour ce qui était d’Anna, c’était plutôt un excentrisme même pour ce siècle. Sûrement une de ces étudiantes, en infomatrique, non, informatique.

Quoiqu’il en soit, elle semblait complètement perdue. De toute façon, Abigaïl ne l’avait jamais vue dans le diner, ni elle, ni quelqu’un lui ressemblant un tant soit peu. Une brebis égarée sûrement, ou à la recherche d’un peu de nostalgie dans un lieu rappelant le siècle dernier de ce pays. Siècle qu’Abby avait quand à elle vu passer en étant six pieds sous terre. Prenant son calepin, dont certaines pages étaient d’ailleurs recouvertes de gribouillages macabres, elle se dirigea vers la pauvre âme égarée. Il fallait dire qu’Abby s’attendait à beaucoup de chose, mais pas à ce genre de question. Un homme un peu plus loin sembla l’entendre et sourit.

« Oh sweety, c’est une terrible question à poser ici » Commença Abigaïl. Elle voyait bien la viande arriver de temps en temps, et si tout était frit ou grillé pendant de longs moments, c’était qu’il y avait une bonne raison. La nourriture était bonne, mais pas de qualité. Abby ne s’était même pas rendu compte qu’elle reprenait peu à peu les tics des autres serveuses, en appelant ses clients par des diminutifs presque racoleurs. Ce qui ne collait pas trop avec son visage qui ne se barrait d’un sourire qu’en de très rares occasions. La dernière ayant été dans un cimetière d’ailleurs. « Si vous avez l’estomac fragile, je vous conseillerais d’éviter le porc, mais sinon, malgré des origines douteuses, je n’ai jamais vu personne tomber malade. Sinon, nous avons plusieurs plats sans viande. »

La sonnerie de la porte retentit à nouveau. Un courant d’air froid entra dans le diner. Ces énergumènes là, par contre, Abigaïl les connaissait bien. Trois étudiants éméchés venaient d’entrer dans le restaurant. Ils avaient clairement bu tout leur saoul, mais malheureusement pour eux, le diner ne vendait pas d’alcool mis à part quelques bières. Il y avait la réserve personnelle de Toad, mais c’était la réserve personnelle de Toad. « Oh Abby ! » S’exclama le premier d’entre eux. Il était trop bien habillé et propre sur soi malgré son ivresse pour être un véritable fauteur de trouble. Mais c’était l’un des pires, l’un de ces ovules fécondés de riches qui pouvait pousser ses géniteurs à le supporter dans ses pires aventures. Il s’était approché, et venait de passer son bras autour des épaules de la serveuse.

Abigaïl observa un instant le stylo dans sa main. Est-ce que le lui enfoncer dans l’œil pour réaliser une trépanation l’enverrait en prison ? Assurément. « Dit moi, Abby, Abigaïl… Pourquoi tu as un prénom de grand-mère ? Et pourquoi t’es pas venue à la soirée hier hein ? On t’avait explicitement invité avec mes potes… » En effet. Mais bizarrement, finir violée dans un coin d’une maison de fratrie ne l’intéressait que modérément. Les deux autres acolytes semblaient plutôt intrigués par Anna que par la serveuse quant à eux.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 13:18 Message
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Une terrible question à poser ici. Oui, en effet. C'était bien parce que c'était une terrible question à poser ici que la jeune femme à la tenue improprement suggestive l'avait posée. C'était plus fort qu'elle : Anna n'avait jamais mis les pieds là-dedans, et si elle n'était pas des plus exubérantes, elle était très certainement maladroite dans ses interactions sociales. On pouvait voir le double effet d'une incapacité au moindre contact physique, et de sa jeunesse dorée : quand on avait un budget pour ainsi dire illimité, acheter quelque chose de trop peu cher lui inspirait automatiquement le coup fourré ou la médiocrité. Plus simplement, la lycéenne n'avait pas cette notion de l'argent que beaucoup de ses congénères qui n'étaient pas du club très fermé des "1%" avait. Cette notion du fait qu'il fallait tenir jusqu'à la fin du mois avec moins de trois zéros sur le compte en banque, quand la présente jeune fille, sur un coup de tête, avait plutôt tendance à s'offrir quelque chose d'unique dont le prix se négociait plutôt dans les cinq zéros.

Rien à voir toutefois avec cette racaille de nouveaux riches qui achetaient pour acheter. Non, Anna avait simplement le goût des bonnes choses et des choses bien faites, et ici, elle doutait. Ici, il semblait plutôt être question de choses vite faites.

Il ne fallait pas s'étonner que le pays se vautre dans la médiocrité et l'obésité, ah ! Pauvre serveuse ! Anna avait pitié pour elle, elle qui semblait adopter un air blasé jusque dans des répliques qui semblaient formatées pour le client - comme sa tenue, au demeurant, et dans le présent cas, Anna n'avait strictement aucune comparaison à faire. Elle était distinguée, elle, même dans son impudeur. -, et Anna avait pour ainsi dire la même tendance à être désespérément de marbre dans une telle situation.

Elle auraient quasiment pu s'inverser, même : Elle en serveuse de diner miteux, et la serveuse en reine des glaces ... Une chose à laquelle l'Acadienne aurait longuement songé, si elle ne suivait pas les conseils de son interlocutrice en barrant de son esprit tout ce qui contenait un dérivé de porc quelconque. Il était certainement hors-de-question pour la jeune fille de ne pas manger de viande, car elle n'était pas de ces excentriques qui croyaient dur comme fer que le végétalisme était la voie à suivre, non : elle était de ceux qui défendraient leur dernier steak avec leur vie, comme elle défendrait son droit constitutionnel à porter une arme à feu !

" Alors, alors, alors ... " hésitait la sudiste avec son lourd accent, en parcourant la carte, " Pas de porc, pas de porc ... "

C'était dur.

" C'est dur. On dirait qu'il y a du bacon partout ... "

Certes. Eh bien, tentons le diable, alors ! Les LeBlancs pouvaient être comptés parmi les pères fondateurs de cette ville, après tout, et ses ancêtres avaient très sûrement dû composer avec les bêtes sauvages et la salmonellose. Etait-elle moins que ses ancêtres ? Cela, non ! Jamais ! Elle était une héroïne, songea-t-elle, toute romantique. Elle composerait avec l'adversité, elle l'affronterait les yeux dans les yeux, et le gras dans le gras !

" Bon, chère, " se résout-elle finalement, en claquant la carte et en reportant son regard sur cette serveuse qui devait être encore plus pâle qu'elle, " au diable tout cela, je vais prendre le Toad's Special, des onion rings et ... voyons ... un coke, normal. "

Bien évidemment, comme un malheur au cholestérol n'arrivait jamais seul, sa commande fut prestement interrompue par une bande d'importuns, trois. Inconsciemment, le premier réflexe d'Anna LeBlanc fut de regarder par la fenêtre à nouveau. Le spécialiste des rixes de bar, c'était Proyas, certainement pas elle. Cela ne seyait définitivement pas à une jeune femme de son acabit. Inquiète, elle dégaina son smartphone au goût "Pomme d'Or" d'une poche de son minuscule jean que l'on pût croire inconcevable, et tomba assez vite sur le répondeur du mercenaire : pas même de tonalité d'attente, il était injoignable.

C'était sûrement ce comportement qui attirait l'attention des deux comparses qui n'avait pas yeux pour la serveuse, à moins que ce fut sa tenue et son physique. Il fallait dire qu'elle n'avait pas pour habitude d'être aussi "racoleuse", et que quand elle l'était, elle l'était avec des personnes qui la connaissait suffisamment pour savoir que la draguer lourdement n'amènerait rien, sinon peut-être une paire de claques dans la figure.
Depuis qu'elle s'était faite tiré dessus au fusil d'assaut, au fusil de sniper et quasiment gazée, elle était comme ça, Anna LeBlanc. Cash. Rien à perdre.

Mais qu'aurait fait Proyas à sa place ? Qu'aurait fait son père de substitution ? Qu'aurait fait Jezebel, la vraie, dont elle aimait suivre les aventures en comics ?

Sans son costume, sans sa volonté de casser du criminel ou du malfaiteur, et sans même savoir si on avait affaire à des malfaiteurs, la situation était extrêmement compliquée.

Au diable tout cela, aussi !

" Hé, bub, " se risqua-t-elle, essayant d'imiter son mentor jusque dans son ton rugueux et ses idiomes curieux, " Je commande là. Tu pourrais aller voir ailleurs ? "

Lancer de dé n°1 :

  • Réussite : Les fauteurs de troubles sont intrigués par Anna.
  • Échec : Ils n'en ont vraisemblablement rien à carrer.


Lancer de dé n°2 (Si réussite au n°1) :

  • Réussite : Ils sont quelque peu "intimidés".
  • Échec : Ils ne peuvent décemment prendre au sérieux une fille qui s'habille avec des pulls aussi courts par-dessus ses sous-pulls un Novembre de New Jersey.


" Et que dirais-tu de "Non", chérie ? "

Ce fut la seule réponse qu'elle obtint de la part du lardon alcoolisé en chef, qui avec sa tenue, pouvait être sûrement fils de cadre.

Quelle honte. Une LeBlanc qui voit son caquet rabattu par un pauvre.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 13:18 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
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ϟ Crédits : © Renan
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Le membre 'Anna LeBlanc' a effectué l'action suivante : Jugement du Hasard

#1 'Jugement du Hasard' :


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#2 'Jugement du Hasard' :
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 15:25 Message
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En voilà une fille courageuse ! Autant culinairement que dans ses mots apparemment. De toute façon, elle n’avait sûrement pas grand-chose à craindre. Abigaïl avait connue une époque où les aliments et en particulier la viande ne connaissaient pas toujours un traitement aussi approfondi qu’en cette époque. Elle avait survécu à la transition jusqu’au vingt et unième siècle, Anna survivrait assurément à la découverte de la cuisine du Toad. Bien entendu, le spécial était une monstruosité culinaire en soi. Abby se demandait d’ailleurs dans quel état d’ébriété le cuisinier avait dû se retrouver pour élaborer une telle construction culinaire. Elle lança d’ailleurs un léger coup d’œil à la jeune femme. Difficile d’imaginer qu’elle puisse dévorer une telle chose. Mais après tout, certaines personnes avaient un appétit tout particulier pour la viande…

Les morts par exemple… Les morts qu’elle mourrait d’envie d’envoyer donner la becquée à ces énergumènes qui se pavanaient derrière le bouclier de la richesse parentale. S’ils savaient la fortune qu’avait eut Abigaïl à une époque ! Elle aurait pu devenir une lady, si elle n’avait pas assassiné son mari, et joué à se faire affronter des mort-vivants en plein milieu de la lande avec son frère. D’ailleurs Anton s’était lassé d’hanter sa sœur pour le moment. Une bonne chose, sinon elle aurait peut-être mis en pratique certaine de ses imprécations macabres sur les gêneurs.

« Messieurs, je crois que vous dérangez ma cliente. Si vous pouviez vous installer je viendrais prendre votre commande. » L’odeur d’alcool qui émergeait de l’étudiant était dérangeante. Mais pas la pire qu’elle eut connue. L’Italie et ses vices, autant de souvenirs stimulant la régurgitation. « Non, je crois pas Abby, je crois qu’on aime bien cette table ». Leur chef, celui qui avait toujours son bras autour des épaules de la serveuse fit un signe de tête à ses deux acolytes. Il en profita d’ailleurs pour descendre sa main le long du dos de la nécromancienne. Les phalanges de cette dernière pâlirent en serrant plus fort son calepin. « Et ne vas pas te mettre en tête d’aller tout cafter à Toad. Il aimerait pas que tu lui fasses perdre des habitués qui payent. Il t’a déjà donné un avertissement ? Et puis je suis certain que pour bosser dans un endroit pareil, tu as besoin du salaire. Sinon, retour en Angleterre, c'est ça ? » Elle avait aussi besoin des pourboires, mais ce n’étaient pas avec des trouducs pareil qu’elle allait en obtenir.

Tous les clients trouvaient d’un seul coup leurs assiettes très intéressantes. Personne ne voulait risquer de se prendre un procès dans la tronche juste pour avoir amoché ces gamins. Le choix le plus évident aurait été de s’en aller pour laisser la cliente affrontés cette meute de chiens faméliques. Mais Abigaïl était certaine que ce ne serait pas aussi simple. Elle ne pouvait plus qu’imaginer la tête de Tommy à la place de celle de ces énergumènes d’ailleurs. Des petits pantins de chairs… Comme celui qui attendait dans son sac de sport, dans la cuisine. Après une altercation avec des types de ce genre, elle ne venait plus sans défense. Un chien était lourd, sauf quand on le débarrassait de tout sauf des os. Il y avait trop de monde toutefois pour faire venir ce genre de créatures. Pour le moment en tout cas.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 21:24 Message
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Cela était certain, Anna n'appréciait que très moyennement que de tels individus viennent perturber sa première excursion en solitaire dans un tel lieu de perdition. Perdition semblait en effet être le mot, car il fallait en tenir une sacré couche pour venir se perdre dans un diner où le patron se faisait appeler "crapaud" - que cela soit son vrai patronyme ou un simple pseudonyme, d'ailleurs. -. Qui irait imaginer même que cela puisse être le début d'un commencement d'un soupçon de bonne idée de nom à donner à son établissement gastronomique ? Est-ce qu'on appelait les armureries "Hiroshima & Son" ou les entreprises gazières "Hitler Limited" ? Il y avait une raison à cela, c'était que c'était de très mauvais goût !

Comme au moins la moitié des variétés de viandes que promettait la spécialité du patron, cela dit.

Toujours était-il qu'Anna était très, mais alors très moyennement d'accord à l'idée de voir trois gredins s'asseoir à sa table, surtout à la vue de ceux-ci empestant l'alcool. Elle devait le dire, et cela était rare : elle craignait pour son existence. Elle craignait pour ... Pourquoi craignait-elle quoique ce soit d'ailleurs ? Elle était bien la dernière personne qui aurait eu à craindre pour sa virginité, en vue d'un quelconque viol. Voilà un cas de figure où ne pouvoir toucher personne était bien utile !
Cela dit, elle aurait aussi, au passage, à aspirer la personnalité, les souvenirs et même la substantifique moelle de sa personne.

Oui, elle pouvait craindre pour son intégrité, en fait. Plus que de se faire violer physiquement, elle se ferait violer psychiquement.

" Messieurs, " leur fit-elle, " Je suis moyennement sûre que ... "

Peine perdue, ils s'assirent, et l'un d'eux même à côté d'Anna. Dégoûtant.

" Oh, tu sens bon. " fit son voisin en reniflant bruyamment dans ses cheveux, alors que la lycéenne se mit à rougir de manière presque dérangeante, " et puis c'est funky, ça, les mèches blanches. "

" Je... " essaya-t-elle, " Non, vraiment ... Je n'aimerais pas ... "

" Oh, voyons ! " lui rétorqua le faciès porcin qui s'était attablé face à elle, " Faut pas nous voir comme ça ! On est des vrais dandys, on est distingués ! Hin hin hin ! "

" Carrément ! " continua son voisin, " Et puis on a de la thune, en plus ! Regardes, t'as vu la Corvette dehors ? La toute dernière ! Et c'est la mienne ! Tu vas voir, quand tu seras dedans, t'auras même plus envie de ... "

Anna se dégagea avec force de la main qui s'était mise à tripatouiller dans ses mèches frontales, avant de s'exprimer plus fermement,

" Non, vraiment. Ecoutez, vous voyez tout ces dangereux mutants dans le journal ? Et bien, la pire, c'est moi. "

Ce fut de la surprise qu'elle récolta, et des réactions plus grivoises encore, au bout de quelques secondes.

" Ah, je le savais ! C'est une mutante ! C'est pas des vrais qu'elle a ! " ricana-t-il en mimant une paire de seins, " C'est son pouvoir ! Hin hin hin ! "

" Ah ouais, tiens, c'est quoi ton pouvoir ? " ajouta le second, " Tu fais des papillons lumineux ? J'ai toujours rêvé de sortir avec une mutante ! "

Dernier joker, alors, et sous l'impulsion, elle sortit son ultime argument.

" Perdu. " trancha-t-elle en posant sa montre - une Audemar Piguet dont l'addition tapait dans l'astronomique. - sur la table. " Je chie de l'or. Je rachète le restaurant. Vous êtes chez moi maintenant, cassez-vous. "
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 22:21 Message
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L’acharnement d’Abigaïl à rester auprès de cette adolescente avait quelque chose de malsain. Etait-ce vraiment qu’elle pensait pouvoir la protéger des mains baladeuses ? Ou bien était-ce plutôt ce bras autour de sa taille qui l’intimait de rester en palace. Etait-elle devenue si lâche après tout ce temps ? N’avait-elle survécu à la tombe que pour devenir une petite chose fragile, une pauvre serveuse qui tremblait sous le contact d’un appendice étranger ? Non. Finalement, ce n’était qu’un costume de plus. Elle était Lady Death, et elle aurait pu invoquer un spectre qui aurait mâchouillé le membre jusqu’à ce qu’il se détache. Ensuite elle l’aurait cousue à son petit monstre, à Tommy. Un petit souvenir de cet homme qui l’avait touché.

Le monde des vivants jouait par des règles bien étranges. On prohibait la mort, on interdisait le deuil en publique, et on ne faisait plus de célébration pour les trépassés. Surtout, on devrait cacher sa propre noirceur et endurer celle des autres pour pouvoir s’intégrer. « Laissez-là tranquille. » Lâcha une nouvelle fois Abigaïl. Sauf que sa voix était aussi froide qu’une lame. L’homme qui se trouvait auprès d’elle la dévisagea ouvertement alors que ses deux collègues faisaient comme s’ils n’avaient pas entendu. On ne prenait pas d’ordre d’une serveuse. « Ecoute Abigaïl, tu étais ma serveuse préférée, mais si tu continues à nous parler comme ça, on va devoir demander à Toad de te mettre à la rue. »

Il fallait mettre du pain sur la table. Toujours cette menace inhérente à ceux qui ont besoin d’un travail pour survivre. Ce n’était plus une époque où elle se serait contentée de vivre avec son époux. Et dire que la commande de la jeune femme attendait toujours. Elle lança un regard en cuisine. Toad l’observait, son faciès de crapaud émergeant de l’espace où il posait habituellement les plats. Qu’est-ce qu’il pouvait bien penser ? Il devait jauger le pour du contre. Après tout, il devait choisir entre trois clients, et une nouvelle consommatrice qu’il n’avait jamais vue et une serveuse un peu pommée.

La montre eut tôt fait d’absorber l’attention de tout le monde. Le chef des mécréants lâcha enfin Abigaïl et s’approcha de l’objet. Tous se turent un instant, et un léger sourire en coin se dessina sur les lèvres de la nécromancienne. « C’est une fausse, c’est obligé. » Lâcha l’un des jeunes. « Ou alors on a une voleuse ! » Une odeur de friture s’éleva alors que le cuisinier s’approchait à son tour. Il ne pipait pas mot, sûrement à se demander si tout n’était pas qu’une mauvaise blague.

« Hey Toad ! Cette gamine a volé une montre ! Depuis quand tu sers à manger à des criminels ? Va appeler la police ! » Même si Anna possédait effectivement l’objet, avec l’alcool dans leurs veines et sa dégaine, les morveux ne lui accorderaient pas le bénéfice du doute. Abigaïl, elle, perdait patience.

« Tu n’appelleras pas la police, Toad, lâcha-t-elle.

- Et pourquoi ?

- Sinon je leur dirais à propos de ta mère.

- A propos de ma mère ?  Répliqua-t-il incrédule. »

Elle s’approcha de lui pour murmurer quelques mots à son oreille. « Elle est morte, mais tu ne l’as dis à personne, comme ça tu continues de toucher sa pension. » Le crapaud humain balbutia quelques mots, mais une certaine rougeur s’installait sur son visage. Le léger sourire d’Abigaïl venait de se changer en rictus de victoire. Bien entendu il allait se poser des questions : comment est-ce qu’elle pouvait savoir cela ? La réponse était simple et compliquée à la fois, Abby avait simplement croisé le fantôme de la reinette. Cela, le cuistot n’avait pas besoin de le savoir. « Maintenant vous trois, vous dégagez. »

Les trois malfrats se retournèrent vers elle, incrédules. Pourquoi la blondasse britannique se permettait tout à coup de sortir de son rôle de serveuse et de leur parler sur ce ton ? Peut-être n’était-ce qu’un élan de solidarité féminine. « Et rends-lui sa montre.

- Sinon quoi ? »

Oh oui, cela se corsait. Une ombre noire se déposa derrière Abigaïl, invisible aux yeux de tous, mais comme à chaque fois que quelque chose de mauvais allait s’amener à se passer. Anton, son amour, son frère, sa hantise. Le voilà qui venait supporter sa brave sœur dans l’adversité qu’était la défense de cette adolescente. Abigaïl posa un nouveau regard sur Anna. Elle n’était pas dans son élément, tout comme Abby n’était pas vraiment dans le sien. Après tout, avec les questions qu’elle avait posées sur la viande, et cette montre, la nécromancienne pourrait bien avoir affaire à une véritable gamine richissime. Qu’importe, tant que cela permettait de fermer le clapet des autres guignols.

« Oh petite sœur ! Laisse-moi venir à toi, laisse-moi venir à eux. Je sais que tu en meurs d’envie. Tu pourrais voir leurs visages terrorisés alors que mes doigts plongeraient dans leurs poitrines. Je t’offrirais un bouquet de leurs cœurs palpitants. Alors qu’ils expireront leurs derniers souffles dans ce lieu misérable, tu deviendras leur maîtresse ultime. Tu seras leur faucheuse et leur déesse. Petite sœur laisse moi faire de toi leur reine ! Ce ne seront que des pantins, des marionnettes soumises à ta volonté. Je sais que tu en meurs d’envie petite sœur. Je sais que tu le veux, ils iront te chercher les plats comme toi avant eux. »

Les mots s’échappaient de la bouche d’Anton, inaudibles aux oreilles de tous sauf elle. Elle maintenait son regard droit, affrontant l’homme qui lui faisait face. Toad était en retrait, un mélange de peur, de méfiance, mais aussi d’excitation en expectation du conflit.

« Cette main qui t’a touchée Abigaïl… Je pourrais le forcer à la dévorer. Imagine-le, en pleurs, dévorant à chaque bouchée sa propre chair, contre la promesse que je ne lui ferais pas plus de mal. Mais je lui en ferais du mal, tellement. Je lui infligerais toute la souffrance du monde pour toi Abigaïl ! Plus jamais il ne toucherait de femme de toute son existence ! »

Le spectre l’entourait, la surplombait. Elle sut ce qu’elle avait à faire, rien qu’un instant, un bref moment, pour montrer à ces hommes toute l’horreur de ce à quoi ils avaient à faire. L’air s’était refroidi un instant, et pendant une fraction de seconde, une silhouette commença à se matérialiser. Elle donnait à son frère une horrible tentation, un soupçon seulement de ce qu’il désirait. Rien qu’un instant, elle le rendit visible, et les trois hommes purent se rendre compte de l’horreur de la créature qui accompagnait Abigaïl. Le visage squelettique, aux mâchoires difformes et aux chairs violacées leur fit face, surplombant celui de la serveuse. Puis il n’y eut plus que le sourire mauvais d’Abby.
« Maintenant sortez. »

Ils hochèrent la tête. Quand ils seraient de nouveau sobres, peut-être qu’ils penseront avoir halluciné. Quant à Toad, elle savait parfaitement qu’en cette heure du soir, il avait déjà bien abusé de la bouteille. Ce qui ne l’empêcha pas de retourner d’un pas pantois vers les cuisines, couvert de sueur. Si les autres clients du diner avaient vu quoique ce soit, ils n’en dirent rien. Après tout, mieux valait ne pas être témoin des conflits qui avait lieu ici. Mieux valait dire aux policiers qu’on était concentré sur son assiette ou son journal pour ne pas se mettre à dos les mauvaises personnes. La seule personne finalement qu’Abigaïl pouvait bien avoir effrayé était Anna. Mais elle ignorait si la jeune femme avait vraiment vu l’apparition, et le cas échéant si elle en était effrayée. Après tout elle s’était autoproclamée mutante. Le surnaturel devait l’accompagner quelque peu.

« Alors, luv'. Le Toad’s special, avec onion rings et un coke c’est ça ? J’espère que ces abrutis ne t’ont pas coupé l’appétit. La boisson est offerte par la maison. »

Dans un coin de la pièce, sans qu’Abigaïl le sache, l’un des clients venait de filmer toute la scène avec son téléphone. Une brève seconde, sur la vidéo, on pouvait voir Anton, mais l’image se figeait et on croirait qu’il ne s’agissait que d’un bug.
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Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 1:51 Message
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Bon, il était temps de ressasser ce qu'il s'était passé, et Anna, inconsciemment, ne pouvait s'empêcher de projeter son regard à gauche comme à droite : qu'allait-on voir sortir, une serveuse vampire ? Un cuistot medium ? Est-ce que le fameux Toad lui-même devait son nom à sa capacité de se transformer en crapaud-garou ?
C'eût été comique, cela dit. On n'en avait jamais vu, de crapaud garou. Sauf si l'on considérait les vieux contes avec leurs princes charmants et leurs transformations en crapauds comme des cas du genre, mais cela aurait été plutôt spécifique, et pas réellement perçu pour son sens premier.

Toujours était-il qu'Anna LeBlanc venait d'avoir affaire à une sorte d'invocation, ou de conjuration, ou d'aura, ou de force démoniaque, ou divine ou ... Dieu seul pouvait savoir quoi. Pour sûr, elle avait vu des choses tordues, elle avait vu des monstres, elle avait des robots tueurs, elle avait même pu voir le système sanguin de l'être humain en empruntant les capacités d'une préadolescente encore plus assoiffée d'action et de violence qu'elle-même, mais cela était une première.

La jeune Acadienne le prit plutôt bien, cela dit. Sa réaction fut celle d'un " Wow. " pantois, avec un œil suspicieux beaucoup plus ouvert que l'autre, et pour toute peur, c'était plus certainement de l'inconfort qui habitait son esprit à ce moment. De l'inconfort à l'expression guillerette et sommes toutes normale de la serveuse qui, quelques secondes plutôt, aurait certainement semblé être capable de gober les trois importuns - et son propre patron, d'ailleurs, apparemment. -. Anna se serait bien permis une réflexion, elle aurait même sûrement porté à caution la bonne volonté de sa "sauveuse", mais le fait était qu'elle n'avait pas envie de mettre son nez là où il ne fallait pas. Elle n'avait pas son costume, et en plus, elle avait faim.

Du reste, si s'en prendre aux cons était un crime, alors Anna aurait été la première à partager une cellule avec cette Abigaïl.

" Merci ... " émit Anna, dans le doute, sans lâcher son expression incrédule, " J'imagine. Faut pas trop vous chercher des crosses, vous, non ? "

Sa main se plongea dans son autre micro-poche pour en ressortir un porte-monnaie de cuir sur lequel avait été cousu un "Bad Mother Fucker". De lui sortirent plusieurs billets à l'effigie de Benjamin Franklin, qu'elle ne put réellement s'empêcher de poser sur la table. On aurait pu y voir une sorte de pourboire avant l'heure, mais c'était plutôt là l'utilisation de l'un des plus puissants superpouvoir de son arsenal : l'argent.

" Au fait, le bonhomme là-bas, " reprit-elle en hochant la tête en direction du témoin au téléphone, " il a capturé votre ... Ahem ... "éclat". J'imagine que ça devrait être suffisant pour lui racheter son terminal. Gardez-tout, au fait, je vous dois bien ça, je pense ... "

Oui, un doute, auquel elle ne put s'empêcher d'ajouter un candide :

" C'est pas les resquilleurs dans le steak haché, au moins, j'espère ? "
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Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 12:03 Message
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« Oh je l’aime bien celle-là, Abigaïl ! » Anton avait laissé de côté sa fièvre sanglante. Pour une fois, il avait laissé derrière lui sa soif de sang pour se contenter de la frayeur qu’elle avait infligé aux trois étudiants. La silhouette fantomatique venait de s’installer en face d’Anna, sans que cette dernière ne puisse bien entendu la voir ou l’entendre. « Elle est jolie, à ce qu’il faut là où il faut… Tu devrais l’adopter, je suis sûre qu’elle pourrait utiliser une figure maternelle comme toi ! » La nécromancienne ignora superbement le spectre de son jumeau pour adresser un nouveau sourire à Anna. Elle risquait d’utiliser toute sa réserve mensuelle d’expressions faciales en une soirée si cela continuait.

« Je n’aime pas trop qu’on me marche dessus.  C’est trop facile pour eux de jouer les tyrans, autant leur rappeler que les autres peuvent mordre aussi. » Une leçon qu’elle avait d’ailleurs appris à la dure. Il était tellement facile d’écraser les autres quand on était convaincu d’avoir raison, que tous nos actes étaient bien fondés. « Vous ne semblez pas trop effrayée, je suppose que vous devez avoir vu pas mal de choses de votre côté aussi. » En même temps, elle devait avoir quoi, seize ans, dix-sept ? Abby avait déjà recousu pas mal de cadavres à cette époque, ranimé des choses grotesques et avait passé toute son enfance entourée de fantômes pas toujours agréables à regarder. Voir Anton toutefois, restait pour beaucoup une épreuve… D’ailleurs elle coula un regard en direction de la cuisine. Toad devait avoir le nez plongé dans la bouteille de gnôle qu’il cachait. Elle espérait qu’il reste en état de cuisiner pour la jeune femme.

Abby hocha un sourcil toutefois en voyant la pile de billets qui s’accumulait sur la table. Bon, soit elle était tombée sur la gamine la plus riche de toute la ville, soit elle venait effectivement de braquer une banque et ne savait pas quoi faire de l’argent. En tout cas, elle imaginait difficilement que des histoires avec autant d’argent risquaient de bien se finir. Mais en même temps, elle ne pouvait se permettre de cracher sur une telle somme… Son appartement était miteux, son salaire pas des plus élevés. « Vous êtes censée attendre la fin du repas pour le pourboire, luv’ » Son vieil accent londonien commençait à ressortir. Celui des bas quartiers, qu’elle avait pris jeune en écoutant des morts discuter et que son père s’était échiné à tenter de lui faire perdre. « Vous devriez faire attention en tout cas en vous baladant avec autant d’argent. Je me fiche de savoir si c’est vraiment le votre ou pas, mais certains types ne se poseraient même pas la question avant de vous embarquer ou de vous dépouiller. »

« Et pour les resquilleurs, ne vous inquiétez pas, on en fait de la farine pour les petits pains, pas de la viande. Si vous avez besoin de quoique ce soit d’autre n’hésitez pas. Mais je sens que ce genre de restaurant n’est vraiment pas votre tasse de thé. » Abby s’éclipsa un bref instant. Elle avait hésité avant d’empocher l’argent. S’il venait d’un braquage ? Ou d’un meurtre ? Bah, elle l’apprendrait d’une façon ou d’une autre, les morts parlaient plus qu’on ne l’imaginait. Le cas échéant, elle retrouverait la gamine et lui apprendrait ce qui en coûtait de jouer avec la mort. La nécromancienne fit un bref arrêt en cuisine pour déposer la commande. Toad ne lui accorda même pas un regard… Restait cette fois-ci l’individu qui avait filmé.

Son visage perdit toute couleur lorsque la serveuse s’approcha. Il devait déjà être en train de mouiller son pantalon rien qu’en regardant la vidéo qu’il avait prise, alors en voyant la nécromancienne arriver… Quoiqu’il en soit il n’opposa pas beaucoup de résistance. Un café, deux billets, et le téléphone bon marché finit dans la poche du tablier d’Abby.

Ce qui posait la nécromancienne dans une situation un peu compliquée. Elle pouvait simplement détruire l’objet, mais dans ce cas elle ne serait jamais sûr que tout serait bien parti. Foutue technologie. Elle se rapprocha de la table d’Anna, attrapant le fameux coke au passage. « Dites-moi, vous pouvez me rendre un service ? J’aimerais supprimer cette vidéo sur cette chose, là. Mais je ne sais pas trop comment faire. » Et voilà que la méconnaissance du vingt et unième siècle la refaisait passer pour la gourde de service. Anton lança un regard désespéré à sa sœur. Il était resté tout le temps en face d’Anna, sûrement à ressasser dans son esprit torturé des images éloquentes.
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Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 22:19 Message
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" Bah, disons que j'ai vu ma part de choses fantasques. " acquiesça la jeune fille, un peu hâtivement.

Elle ne pouvait évidemment raconter tout ce qu'elle était, tout ce qu'elle savait, tout son passage à la Team Alpha ou ébruiter sa carrière de justicière freelance. Il fallait dire que tout cela était soit sensible, soit sous le coup d'une clause de confidentialité.
Anna sortit cela en même temps que ses billets, sans trop faire attention. Elle ne faisait même pas trop attention non plus aux doutes qu'un tel tas d'argent pouvait inspirer : si vider les distributeurs avec une carte infinite correspondaient à un braquage, alors l'un des loisirs les plus absurdes, déviants et exécrables d'Anna était en effet le braquage. Le braquage légal. Pour elle, cracher de l'argent ne représentait rien de plus qu'étaler du papier, car la richesse avait cela de fabuleux qu'elle transposait votre vision de la réalité à un tout autre niveau : vous n'êtes plus capable de comprendre la valeur des choses peu chères, mais vous êtes parfaitement en mesure de voir l'argent pour ce qu'elle était, une limite artificielle, du papier.

Et après qu'Abigaïl eût quitté sa compagnie, répondant avec une ironie sarcastique charmante que la mauvaise compréhension qu'Anna avait du cockney ne lui permit que d'apprécier après quelques secondes de décodage et bien incapable de voir la ... charmante ... compagnie qui lui faisait face et la toisait. Elle jeta un nouveau regard sur la rue, autant pour s'assurer que les trouble-fêtes ne revenaient pas que pour constater le retour de Proyas. Au fond d'elle, elle voulait voir comment il prendrait en charge une telle situation. Elle voulait voir une bagarre éclater, prendre des leçons.
C'était mal, assurément, mais qui a dit que la jeunesse dorée était particulièrement propre et immaculée dans ses pensées ? Anna ne tuait pas, déjà, elle mettait un point d'honneur à user de la violence extrême avec une circonspection infinie. Un point qui lui avait déjà arraché un très grand dilemne. La peur de la mort, de l'adversité, propulsait la capacité de repentir de l'humain vers des cimes insoupçonnées...

Et toute cette réflexion simplement déclenchée par la rencontre de son regard émeraude dans le reflet qu'offrait la glace à la jeune LeBlanc ... Grands Dieux, que l'introspection faisait des merveilles ! Que le miroir était l'école de philosophie la plus abordable !
Elle partit pour ressortir son téléphone et tenter peut-être un nouvel appel - ou relancer la musique, ou passer le temps avec quelque absurde application qui traînait ici ou là... - quand la serveuse revint, avec sa boisson gazeuse. Le saint coke, carburant de toute une nation ! Après avoir frôlé l'adversité la plus totale, il semblait que même la plus triviale des distractions prenait des allures divines, et que la boisson la plus déplorable pour votre organisme - ou du moins était-ce que les médecins aimaient à vous faire penser. - se parait d'allures d'ambroisie.

Effacer une vidéo ? Sacrebleu, mais d'où pouvait donc sortir cette serveuse ? Anna ne lui donnait certainement pas plus de la trentaine, et normalement, à cet âge, on avait déjà fait plus sûrement l'expérience de la téléphonie que celle du sexe, même dans les quartiers les plus populaires de Londres, d'ailleurs. Voyons, on devait sûrement en voler par wagons complet, des smartphones ?

Non, voilà qu'Anna abandonnait son ouverture d'esprit pour des clichés nauséabonds. Il fallait fermer cette imagination un peu trop volage !

" Et bien, chère ... " fit la fille à mèches blanches après une solide rasade de soda, en se penchant sur le téléphone, " Vous n'avez clairement pas l'air du coin ... "

Elle commença à essayer de tapoter avec ses gants sur le pavé, avant de se rendre compte que contrairement au sien - unique en son genre - qui réagissait à ses gants, celui-ci n'était pas aussi ... "élaboré".
Ou accessible aux handicapés.
Si tant est que la mutation d'Anna eût pu remplir la case "déficience".
Toujours était-il qu'elle dût enlever ses gants pour effacer la vidéo, en reprenant avec la virtuosité et la précision de la couturière la fouille et la recherche dans le joyeux fatras que représentait tout ce qui était caché sur ce téléphone.

Des photos de femmes nues baignant dans leur vomi dans la cuvette des toilettes avec des chapeaux de fêtes ? Etait-ce cela que les jeunes "normaux" appelaient une occupation ?

" Et ... voilà " lâcha une Anna victorieuse avec une pression de l'index sur le bouton rouge de confirmation de cette satanée corbeille.

" Cela ne devrait plus poser problème. " reprit-elle, en tendant à Abigaïl le téléphone avec ses mains jointes, l'une d'entre elle nue, comme si elle offrait un présent avec une infinie délicatesse.

Un signe de politesse. Rien de plus.
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Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 23:27 Message
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Pas vraiment du coin… Non, on pouvait dire ça. Mais pas vraiment de cette époque surtout. Plusieurs siècles la séparaient d’une sensation d’appartenance à ce nouveau millénaire. Qu’on lui pose des questions d’histoires et elle se ridiculisait obligatoirement. Qu’on lui demande d’utiliser un appareil électronique et il fallait faire preuve d’une patience outre mesure. Oh, Abigaïl n’était pas stupide, et elle le savait. Elle avait parcouru suffisamment de livre à son époque pour être cultivée et était naturellement vive d’esprit. Mais il y avait trop de décalage, beaucoup trop de décalage, de choses qui avaient changé. Mémoriser un texte était sûrement plus facile pour elle que pour les gens de cette époque. Mais pour ce qui était d’associer le mouvement de la souris à celui du curseur sur l’écran. C’était compliqué, tellement compliqué. Les siècles évoluaient, tout comme les réflexes et les habitudes. D’anciennes capacités disparaissaient pour laisser place à de nouvelles.

Mais cela ne l’empêchait pas de passer pour une gourde à chaque fois qu’elle se trouvait dans une telle situation. « Je suis de Londres, comme vous avez dû vous en douter à mon accent. » Oui, mais elle avait vécu à Londres, dans l’asile, et elle avait vu que tous utilisaient ces objets, ces téléphones. Seule la pauvre Abigaïl, cette serveuse quelque peu flippante du diner en était incapable. Heureusement qu’elle avait son réseau de trépassé, de fantômes et des spectres pour la tenir informée de tout ce qui se passait dans le vaste monde. Ou tout du moins dans Star City.

Abby tendit la main pour récupérer l’objet. Qu’est-ce qu’elle allait bien en fait de toute façon ? Un léger contact, un effleurement entre les doigts des deux femmes fut tout ce qui suffit. C’était comme prendre une petite décharge. La nécromancienne recula sa main aussitôt. Il était déjà trop tard. Etait-ce donc là la fameuse « mutation » dont elle avait parlé aux énergumènes précédemment ? Seulement pour Anna, ce n’était pas uniquement la psyché de la jeune femme blonde qu’elle venait de toucher. Car Abigaïl était liée à une autre entité, si intensément entremêlée à son frère qu’on ne pouvait réellement séparer l’un de l’autre.

Sous les yeux de l’adolescence se révéla la créature qu’était devenu Anton Faust. Le spectre n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été de son vivant, clairement, mais pendant de brefs instants, lors d’un clignement de paupière, on pouvait voir l’homme derrière le monstre. Il avait été élégant, avec des traits graves comme sa sœur, et les cheveux légèrement plus sombre malgré qu’ils soient des jumeaux. Seulement, ce n’était qu’une fraction de l’apparence cruelle de la chose. Une fumée noirâtre l’enveloppait constamment, caressant de manière languissante ses ossements tout aussi sombres. Son visage était une parodie d’humanité, une parodie de crâne humain. Les arrêtes de l’os étaient bestiales, et une sorte de chaire violacée venait remplir les vides. Ses yeux, telles deux flammes, brillaient avec ardeur au fond de ses orbites.

Il avait ressenti lui aussi cette sensation. Et quelle extase ! Cette fraction de ressenti, comme s’il avait de nouveau des nerfs, comme s’il pouvait sentir le touché d’une femme sur ses membres défraîchis. Anton inclina sa tête de côté, interrogatif. « Abigaïl, mon amour. Cette jeune femme nous a fait quelque chose… » L’intéressée observait d’ailleurs Anna, restant parfaitement immobile. C’était plus qu’un simple contact, plus qu’un coup de jus entre deux individus. Elle en était certaine. « Tu devrais la toucher encore, j’aime cette électricité entre vous. Cela me fait me sentir… Vivant. » Il eut un sourire qui avec ses lèvres absentes se changeait en rictus peu engageant. Aucun des deux n’avait encore réalisé une chose évidente.

Anna pouvait voir l’homme décédé deux siècles plus tôt qui était assis en face d’elle.
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Message posté : Dim 30 Nov 2014 - 1:27 Message
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" Woh woh woh ! " piailla Anna, tout à coup, " C'est quoi l'enculade ? "

Instinctivement, elle avait sauté sur place, sur la banquette, en portant ses bras à son visage. Un réflexe quelque peu absurde et inutile, au vu de la nature vraisemblablement surnaturelle du phénomène en marche.
En ressassant la situation, Anna ne put que remarquer qu'en ôtant le gant de sa main, elle n'avait finalement fait que la bêtise d'offrir de quoi toucher sa main à la serveuse. Dans sa stupidité, elle lui avait même tendu le téléphone avec cette main découverte. Si attentionnée d'habitude, la jeune adulte en avait perdu ses automatismes les plus triviaux. Elle portait ses gants si souvent qu'ils étaient devenus pour elle une sorte de seconde peau, sans qu'elle ne fasse la différence entre leur présence ou non, si elle n'y attachait pas une quelconque attention.

A ce moment, il aurait été probablement nécessaire qu'elle accorde de l'attention, car voilà qu'en touchant Abigaïl, elle avait récolté un ... compagnon de tablée.

Un curieux compagnon de tablée, au demeurant. L'un de ces hommes qui trouve amusant de fumer à table, abondamment, et d'exhiber leur squelette difforme, en se dandinant par moment avec un insolent physique de jeune dandy victorien.

La réaction d'Anna, assurément fut de la surprise, d'abord, qui se mêla en légère panique, avant qu'elle ne se reprenne. Cela nécessita qu'elle souffle, plusieurs longues bouffées d'air, à gauche, à droite.
Elle revint, il était toujours là, la toisant avec des yeux vides, une gueule aux chairs manquantes et un crâne assez curieux pourvu de défenses complètement une impressionnante dentition. Elle répondait à ce regard par un regard écarquillé, et une voix qui se voulait la plus posée possible.

" Ex... Excusez-moi, " bégaya l'Acadienne, " Je ... Je crois que nous n'avons p... pas été présentés ... "

Elle déglutit, d'une manière particulièrement visible. Elle avait vu des choses fantasques, oui. Elle avait fait des trucs particulièrement dangereux, stupides ou incroyables, mais elle n'avait encore jamais fait apparaître qui que ce soit en touchant quelqu'un ... Etait-ce un pouvoir ? Une capacité quelconque ? Cette aura qu'elle avait vu auparavant ?

" Je ... "

Elle se tourna vers la serveuse, le teint étonnamment encore plus pâle que ce qu'il avait pu être auparavant.

" Je ... Je crois que je vois des gens qui sont morts. "

C'était quelque peu bateau, mais le fait était que la situation était des plus étranges. En temps normal, face à une telle apparition, elle aurait sûrement piqué un sprint. Elle aurait cherché à mettre la plus grande distance possible entre elle et l'abomination, mais cette fois-ci ... C'était différent.

Elle se sentait proche d'elle ... Comme si ... Elle avait un lien. Un lien qui était à la fois elle, et qui ne l'était pas.
C'était peut-être ça, qu'elle avait copié, en fait ...

" Anna LeBlanc. " déclara l'ingénue, en tendant sa main découverte à Anton, " Enchantée. "
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Message posté : Dim 30 Nov 2014 - 14:49 Message
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« Une enculade ? Rien que ça… » Le sourire macabre d’Anton s’accentua un instant. Abigaïl était pétrifiée alors qu’elle comprenait enfin ce qui était en train de se passer. Quelle qu’en soit la raison, l’adolescente était maintenant capable de voir son frère jumeau. De voir un mort ! Jamais Abby n’avait croisé de personne avec un tel don en dehors de sa famille. Pourtant, ce simple contact, cette sensation désagréable qu’elle avait ressentie, tout comme son frère, avait rendu Anna apte à voir le spectre.

Et Anton aimait être vu ! Il avait connu pendant des années uniquement la présence d’Abigaïl à ses côtés. Elle était la seule vivante à pouvoir le voir, à pouvoir discuter avec lui. Là, pour une fraction de seconde, il était vu, et il avait ressenti un contact humain. C’était une sensation enivrante qu’il retrouvait, il aurait presque pu se croire vivant, rien qu’un moment. Abby d’assit à côté de lui… De cette manière les autres clients ne verraient pas qu’Anna avait commencé à parler à une personne qui n’existait pas. Mais elle avait aussi besoin de s’asseoir.

« Oui, vous voyez des gens qui sont morts… Mais… Comment vous faites ça ? Vos cheveux. » Abigaïl était complètement perdue. La couleur des cheveux d’Anna venait même de s’inverser. Sa mèche blanche était devenue noire et le reste de sa chevelure avait pâlit. En fait, elle avait la couleur qu’aurait eut la nécromancienne si elle ne s’était pas débarrassée de la mèche sombre qu’elle avait enfant. C’était ça sa « mutation » ? Pouvoir piquer la chevelure de gens qu’elle touchait ? Ou bien était-ce plutôt de pouvoir voler les identités.

« Tu ne devrais pas accorder tant d’attention aux détails ma chère sœur. Cette magnifique demoiselle peut me voir, et m’entendre. Enchanté par ailleurs, je suis Anton Faust, docteur en médecine, nécromancien accompli et fils de l’illustre Victor Faust.

- Et mort. »

Il lança à sa sœur un regard faussement courroucé, avant de reporter son attention sur l’adolescente. Abigaïl ressentit un léger pincement au cœur. Etait-elle jalouse ? Pendant tout ce temps elle avait été le centre de la vie de son frère, et ils étaient bien plus proches même que de leur vivant. Maintenant, à peine croisait-il une autre femme capable de le voir qu’il l’ignorait complètement ? Il ne semblait ne plus avoir d’yeux que pour la jeune femme en effet.

« Et bien, love. Pourquoi ne me conterais-tu pas ce que tu viens de faire à ma sœur ? Je dois dire que j’ai trouvé cela électrisant. Il y a plus dans ton contact que de la physique. Il y autre chose, et je l’ai ressenti. J’étais un gentleman, aussi j’espère que vous pardonnerez cette question. Mais vous ne voudriez pas l’embrasser par hasard ? »

Son sourire s’élargit encore. Il avait laissé la main tendue d’Anna en suspens, car il savait très bien qu’il ne pourrait pas la toucher. Il y avait quelque chose de psychique dans le contact d’Anna, sûrement ce qui lui permettait d’absorber un peu de la psyché de sa cible, mais Anton n’avait pas pu toucher sa sœur en deux siècles, il ne le pourrait pas non plus avec celle-là. Abigaïl avait un regard choqué, dévisageant le spectre comme s’il venait de dire une énormité. Ce qui était sûrement le cas.

« Anton espèce de…

- Oh du calme ! Les mœurs ont évolué et tu le sais bien. Ce n’était qu’une idée en passant. »

Une idée… Ou bien le début d’une faim avide d’un trépassé pour des miettes de sensation.
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Message posté : Dim 30 Nov 2014 - 19:51 Message
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" Oulah, du calme, sugah. " posa Anna en fronçant les sourcils, " J'ai vraiment la tête à faire ça ? "

Il fallait que cela soit clair et entendu, Anna était tolérante, elle était ouverte à beaucoup de choses et elle respectait la liberté des autres à faire ce qu'ils voulaient de leurs corps, mais penser qu'elle pouvait elle-même faire dans le ... Non, certainement pas ! C'était dégoûtant !
Rien que de penser à une telle chose d'ailleurs, cet acte charnel répugnant ... Elle se savait parfaitement être en mesure de le faire, et elle l'avait déjà fait, mais elle considérait cela comme une arme, un ultime recours, une sorte de blague ... de provocation. Quelque chose qu'elle ne faisait que dans le feu de l'action.

Le faire comme ça, maintenant ? Cela dépassait l'entendement !

" Non, vraiment ? " fit-elle en posant son regard successivement vers Anton et Abigaïl, en pointant ses mains vers l'intérieur, vers elle.

Et elle remarqua que la mèche qui vint lui obscurcir la vision n'était pas blanche, comme à l'accoutumée, mais d'un noir de jais, et instinctivement, elle attrapa une autre mèche, plus éloignée, pour la ramener à sa vision.
Blanche, immaculée.

" C'est quoi ce ... ? " émit-elle, soufflée. C'était bien la première que son pouvoir inversait sa carnation capillaire !

Peut-être était-il le temps d'expliquer la nature de son pouvoir, et peut-être que l'on apprendrait plus sur ce qui était présentement en train de se passer, et de pourquoi elle se mettait à voir un curieux beau-parleur à la gueule de cauchemar, et ce que sa sœur pouvait bien être. Nécromancien ? Cela aussi, dépassait l'entendement ! Elle avait essayé, cela ne donnait pas de tels ...

Et bien. Cela n'avait rien donné, en fait. Tout semblait possible, finalement, et elle entreprit donc de se lancer dans ses explications, de son côté.

" Bon, écoutez-moi. Je suis désolée. "

Elle posa ses mains sur la table, en en profitant pour remettre le gant qui manquait à sa main nue.

" Comme je l'ai dit tout à l'heure, en espérant que ça dissuaderaient nos ... compagnons ... Je suis une mutante. Le fait est, néanmoins, que je n'ai pas le pouvoir de la richesse - Quoique - " digressa-t-elle un instant, en hésitant, levant les yeux au ciel comme pour chercher une réponse quelconque, " Ahem ... En fait, quand ma peau entre en contact avec quelqu'un, je ... J'ai tendance à l'absorber. Ses mémoires, sa personnalité, ses capacités, ses compétences, cela peut varier. Dans le cas présent, il semblerait que ... "

Comment définir une telle chose ? Anna se tourna vers Abigaïl, pour tenter une théorie :

" Je crois que j'ai absorbé un fragment de ... ce qui vous permets de voir Mr. Faust ... pardon, votre frère, ici présent. Cela expliquerait qu'il ait senti quelque chose. "

Avant toutefois de revenir subitement vers Anton, ne se rendant pas complètement compte de la curiosité qu'elle devait offrir aux autres clients, avec sa teinture soudainement parfaitement inversée et ses murmures courroucés à une place vide :

" Il est hors de question que je l'embrasse, ceci dit, ou que je la touche plus que je ne l'ai déjà fait. C'est dangereux ! Les gens que je touche trop longtemps, ils ... Ils perdent connaissance, ils deviennent fous, ils ... Ils meurent, même, si c'est trop long ... "

Souvenirs douloureux. Souvenirs de son premier petit ami ...
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Sweaty Toad, the Evil Diner of Fried Street [Ana]

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