AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Les méditations collectives [Anna]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message posté : Mar 25 Nov 2014 - 14:30 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Les méditations collectives - Anna Leblanc & Hak-Kun Jang


La journée, bien que froide, avait été très ensoleillée. Les nuages perlant doucement dans le ciel, signalait que le temps allait être clair et doux. Les passages piétons et les allées avaient été recouverts d’une fine couche blanche qui craquelait sous la semelle. Ce matin-là, Hak-Kun avait deux cours à donner à Star High. Il avait fait le chemin en bus et avait pris le temps d’arriver en avance pour se préparer. D’habitude il devait courir un peu partout, téléphone portable à la main pour s’occuper de ses affaires à l’Alliance. Bien entendu, il avait un petit groupe d’employés qui devaient théoriquement se charger d’un peu tout et le libérer dans son emploi du temps, mais dans les faits, le Roi-Dragon avait du mal à déléguer ce genre de responsabilité, surtout quand ça concernait sa propre création. Ce jour-là tout était calme. Le programme de ce mois-ci avait été décidé et voté, les divers problèmes techniques avaient été réglés (pour le moment) et il n’avait pas été retenu à la Tour de la Paix. Autant dire que de telles journées étaient rares. Ainsi, le professeur Jang arriva dans sa salle de cours très tôt. Aujourd’hui était une activité d’étude de cas. Le professeur Le professeur été devenu spécialiste de ce genre d’exercice. Il donnait une situation de départ à un groupe d’élève. Généralement, une personne commettant un acte illicite. La plus part du temps, la personne était méta-humaine ou alien. Ensuite, chaque groupe devait apporter une solution par écrite au problème. Une fois la solution remise au professeur, ils recevaient le développement de leur « affaire » et ils devaient venir avec une autre solution jusqu’à la fin de l’activité. Le Coréen laissait toujours quelques minutes à la fin de chaque cours pour un débriefing et pour donner les résultats (qui avait respecté les règles imposées par la loi, qui avait eu une résolution finale positive et qui avait conduit tout le scénario à la catastrophe) car ce n’était pas le tout de travailler et d’avoir un résultat, encore fallait-il que ces jeunes gens arrivent à analyser leurs erreurs. Comprendre ce qui c’était bien passé ou mal passé était plus important que les actions elles-mêmes. A la fin, ce qui importait c’était les changements qu’ils entreprendraient dans leur manière de penser et d’agir. Car on pouvait être la personne la plus vertueuse du monde, si on ne changeait pas sa manière de faire selon les situations, on se retrouvait à faire d’immenses bourdes.

Ainsi, la première heure se déroula sans imprévus. Deux groupes avaient relativement bien géré la situation, deux autres avaient exécuté les pires plans et encore deux autres avaient eu une fin plutôt mitigée. C’était dans la moyenne. Monsieur Jang n’essayait pas de les démoraliser ou de leur faire tout regretter jusqu’au bout, mais bien de les faire réfléchir. Malgré ses mots d’encouragement, les groupes n’ayant pas réussi partirent la tête basse avec l’impression d’avoir échoué. Dans ce genre de société où l’erreur était toujours punie, il était difficile de leur apprendre que se tromper faisait partie de l’apprentissage. Il fallait aussi qu’ils apprennent qu’ils ne feraient jamais un parcours sans faute et sans erreurs. Ils n’arriveront jamais à sauver tout le monde et à tout remettre dans son état normal, quoi qu’il arrive. Tout ça, c’était des rêves, des illusions et des fantasmes. Et pour éviter que ces jeunes ne finissent par tomber de très haut lorsqu’ils finiraient par aller au-devant du danger, il fallait qu’ils le sachent avant de faire quoi que ce soit. Le deuxième groupe arriva et entama la même routine. Comme d’habitude, certains se précipitaient et d’autres prenaient trop de temps. Les scénarios se succédèrent, Cette fois-ci, la plus part des groupes avaient trouvé des solutions satisfaisantes mais un groupe avait malheureusement tout fait de travers. Ça arrivait. Signalant la fin du cours, Hak-Kun conclut « Ne faites pas ces têtes. Ce ne sont que des bouts de papiers. L’important étant que vous appreniez de vos erreurs ici, dans cette classe, plutôt que vous soyez obligé de gérer ça au dehors avec toutes les responsabilités que ça implique. Profites-en pour explorer les notions d’éthique et les analyser, au calme, assis ici. Car vous n’en aurez pas le luxe quand vous serez dehors, avec une menace imminente planant sur vous ou sur les personnes que vous essayerais d’aider et juste quelques secondes pour décider. » Donner des automatismes et leur inculquer des règles simples et des réflexes automatiques les sortiraient de quelques situations fâcheuses, mais apprendre à résonner et à faire la part des choses, ça pouvait les aider pour toutes les situations de la vie. La fin du cours approchant grandement, il leur permit de faire leurs affaires avant que la cloche ne sonne. Le plus gros de la classe s’en alla. Hak-Kun cru un instant que tout le monde était sorti, mais il aperçut, dans le coin de son regard, une élève près de son bureau. Il releva la tête « Ha Mademoiselle Leblanc, vous avez des questions ? » La jeune fille était relativement bonne élève et devait forcément avoir quelques interrogations ou des notions à aborder. Anna restait souvent en fin de classe, une des seules, d’ailleurs.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 25 Nov 2014 - 17:28 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Le recours à la facilité. Le recours à la facilité comptait pour une grande part dans le recours à l'improvisation que nécessitait la confrontation à une situation de danger, et pourtant, était-ce la meilleure solution ? Une question intéressante à se poser, surtout dans le cas de la classe du professeur Jang, puisque c'était précisément l'une des grandes composantes de ses "travaux pratiques" - qui n'en étaient pas vraiment, sinon par la nécessité de faire fonctionner sa matière grise ... -, et une question qui accaparait l'esprit du groupe adjacent à celui d'Anna. Un groupe qui, contrairement au sien, n'avait pas eu de résultats particulièrement satisfaisants, et qui firent connaître leur mécontentement en messes-basses, dont la jeune fille n'attrapa que quelques bribes :

" ... Nah, mais de toutes façons, c'est d'la merde : on a une équipe bidon. " sifflait une adolescente au visage de marbre - au sens propre comme au figuré -, " Regardes à côté, ils ont juste à marquer "Anna touche tout le monde.", et pouf. Fin. Gagné. "

Evidemment, cela suffit à faire se retourner l'intéressée, qui fusilla du regard sa vis-à-vis, qui ne le prit visiblement pas sous l'angle de la crainte la plus aveugle.

" Oh, s'il-te-plait, ne me regardes pas comme ça, " rétorqua la fille de marbre à voix basse, en renvoyant le regard, " Même avec ton vieux maquillage de gothique, on sait tous que tu n'es qu'une copie de copie de copie. Tu n'as aucune spécificité, aucune particularité ... t'es ... rien de plus qu'une Mary-Sue. Ouais. Une copie de mauvais personnage de fan-fiction. "

En plein dans le mille. Anna n'avait rien à rétorquer, rien. En temps normal, quand on l'accusait de quelque chose de la sorte, sa seule réponse consistait à frapper, fort, et à faire taire l'inopportun(e), mais l'on était en milieu scolaire. Un milieu qu'elle supportait de moins en moins, autant parce qu'il la rappelait toujours à ses erreurs que parce que ses camarades la poussait souvent dans les derniers retranchements de sa patience. Au fond de son esprit, des voix tambourinaient, qui lui intimaient de laisser libre court à sa rage, de la toucher, de la briser, et elle se faisait forte de ne pas y répondre. Elle devait résister, ne pas céder.
Et pourtant, cette fille avait raison. Une part d'Anna se demandait réellement si tout ne serait pas plus facile si, en lieu et place de devoir réfléchir aux situations et de devoir expliquer à ses compagnons de tâche pourquoi telle ou telle théorie ne pouvait fonctionner, surtout au fanfaron qui proposait à chaque situation une "frappe nucléaire. On n'est jamais trop sûrs, avec les aliens.", elle ne se contentait pas de dire "Je vous touche. Laissez-moi la feuille, je m'occupe du reste. On a qu'à dire que vous êtes partis vous faire un café."

A quoi bon avoir une équipe ? A quoi bon s'épuiser à organiser les efforts d'autres personnes quand elle n'avait peut-être même pas besoin d'eux ? Elle se voulait être une héroïne, elle pensait vraiment en avoir l'étoffe, mais aurait-elle l'étoffe d'une cheffe d'équipe ? Suivre les ordres était aisé. S'en remettre entre les mains de personnes qui avaient l'air de savoir ce qu'elles faisait l'était tout autant, mais assumer elle-même ce rôle ? Aurait-elle les épaules, au feu, d'organiser tout cela, de vivre avec les conséquences de ses actes, d'assumer la perte potentielle de personnes sous sa responsabilité ?

Pragmatique, elle se persuadait qu'elle ne pourrait pas : en temps voulu, elle recourrait logiquement à la facilité. Elle toucherait tout le monde, et dirait qu'elle s'en occupe.

C'était le visage pris dans ses mains accoudées à sa table que le Professeur Jang put trouver Anna, alors que la classe avait déjà préféré troquer les précisions d'une discussion postérieure au cours au profit de la liberté offerte par la pause. Il lui fallut plusieurs secondes pour relever le visage, après s'être frottée les sourcils à l'aide du pouce et de l'index de l'une de ses mains gantée d'un air qui semblait dire qu'elle n'était pas des plus éveillées. Cela devait être rassurant, cela dit, car on aurait pu croire qu'elle faisait un malaise ou qu'elle était en proie à quelque chagrin.
C'était plutôt de la réflexion intérieure, à vrai dire.

" Oui, j'avais une question ... " répondit-elle finalement en regardant son professeur, " ... tout à l'heure, on... Et bien. Quelqu'un m'a suggéré de dire simplement que je prenais tout en charge, plutôt que de m'em ... bêter à travailler en équipe. "

Elle commençait à pousser négligemment ses affaires dans son sac, s'accordant un temps pour réfléchir à la formulation de sa question proprement, préférant plonger son regard vers ses cahiers, ses livres et sa trousse sombrant dans le réservoir de tissu, avant de relever le visage à nouveau, en dégageant les mèches couleur de neige qui lui obscurcissait le champ de vision.

" Vous pensez que ça pourrait être viable, réellement ? Est-ce que ça vaut réellement la peine que je travaille en équipe quand ... je peux être l'équipe, seule ? "
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 11:18 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La jeune fille avait des pouvoirs singuliers c’était le cas de le dire. En plus d’être singuliers ils étaient surtout et avant tout embêtants. Mais, utilisés à bon escient, ils pouvaient se révéler particulièrement utiles. Seulement voilà, les jeunes gens qui possédaient des capacités impressionnantes ou efficace, que ce soit des pouvoirs ou même une capacité qu’ils avaient obtenus à force d’entrainement, avaient l’impression de pouvoir contrôler le monde et pouvoir affronter tout et n’importe quoi. Si un Dieu comme lui ne pouvait pas faire face seul a tous les déboires que Star City connaissait, comment elle, la jeune fille qui ne semblait pas pouvoir garder une concentration soutenue pendant plus de quarante minutes, pouvait réussir à tout gérer toute seule ? A la limite, même lui, dans ses jeunes années, avait eu l’impression de pouvoir tout faire et de pouvoir tout réparer. Quand il était revenu après la guerre en Corée, il avait voulu aider tous les habitants du pays divisé. Finalement, il avait vite compris que même lui, Roi-Dragon ne pouvait supplanter le pouvoir du peuple et du nombre. Tous ces gens n’auraient pu s’en sortir tous seuls si ils n’avaient pas eu une volonté collective d’aller de l’avant et de reconstruire leur pays ravagé. Et que dire de la Corée du Nord ? Hak-Kun ne préférait même pas y penser. Il grinçait des dents chaque fois que les journaux occidentaux se plaisaient à étaler les dernières idées farfelues du leader politique. Viendrait un temps ou tout s’arrangerait, le Coréen espérait juste qu’il serait encore vivant quand ceci arriverait… La jeune fille lui expliqua ainsi qu’elle se demandait pourquoi elle devait « s’embêter » à être en équipe alors qu’elle pouvait, selon ce qu’elle croyait, tout faire toute seule. Levant un sourcil légèrement perplexe, le professeur ne répondit pas tout de suite, espérant que ceci n’était pas tout ce qu’elle avait a dire. Puis, il s’éclaircit la gorge et dit simplement. « He bien, je pensais être au courant de l’étendue de tes pouvoirs. Ou alors on m’a trompé et tu es la seconde Chase Neutron-Grey ou alors tu surestimes grandement tes capacités… Cela pourrait être dangereux, pour toi comme pour les autres. » Pouvoir mettre KO quelqu’un en le touchant et en récupérant jusqu’à trois pouvoirs, c’était très éloigné de ce que Hak-Kun pouvait appeler « puissant » pour tout dire. Il suffisait qu’elle se débarrasse du mauvais pouvoir passif pour qu’un autre actif ne la tue. Ou alors il suffisait que deux pouvoirs entrent en contradiction pour que tout s’annule. De plus, ce qui faisait la puissance d’un méta-humain était la combinaison de ses pouvoirs et de son expérience, chose que la jeune fille ne pourrait pas simplement absorber tout en entier.

« Donc non, je pense que ce n’est pas viable comme tu dis. Sinon on n’aurait pas eu besoin de la Légion ou de la Ligue pour éradiquer les menaces qui planaient sur la Terre. Etant donné les gènes récessifs qui permettent à des pouvoirs de se retrouver dans des descendants, j’imagine que des personnes qui avaient tes capacités ont foulé la Terre bien avant toi… Et pourtant, c’est bien des équipes qui se sont distingués. » Les actions effectuées par des individus seuls, même emplies de bonnes intentions, pouvaient (et avaient) dégénérés car personne n’était parfait et surtout, il fallait toujours un garde-fou pour prévenir des éventuels volontés impérialistes. « Tu as beau avoir une possibilité d’adaptation, si tu n’as personne pour te fournir tes armes, tu es inutile. De plus, tu n’as que deux bras et deux jambes. Pourrais-tu cerner un bâtiment entier et contrôler des zones étendues à toi toute seule ? As-tu toutes les connaissances nécessaires, toi, toute seule, pour appréhender n’importe quelle menace, méta-humaine, alien, magique… ? » Il ne s’attendait pas particulièrement à une réponse car il savait que ce serait « Non ». Il rajouta enfin, « Fais confiance à l’histoire. D’autres ont essayé avant toi. On n’en parle pas, ou alors ils sont devenus des êtres détestables, privés de toute perspective sur leurs actions. C’est aussi ça que t’apporte une équipe : des limites quand toi-même tu ne sais plus où sont celles que tu dois respecter. » Les personnes les plus vertueuses pouvaient commencer à perdre pied et à ne plus voir claire, moralement parlant. Après tout, si ils se battaient pour un idéale, c’était qu’ils n’étaient pas des êtres sans cœurs incapables de ressentir quoi que ce soit. Les sentiments venaient avec une lourde contrepartie, celle de se voir blesser aussi bien physiquement que moralement. Et ce n’était pas le premier type de blessures qui faisait le plus mal ou qui pouvait changer quelqu’un du tout au tout.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 1:07 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Elle ne savait pas trop ce qu'elle avait cherché en posant cette question. Un peu de réconfort, peut-être ? Des pistes pour l'avenir, ou bien de quoi se sortir de son marasme et de la misanthropie - que dire, de l'anthropophobie, puisqu'on comptait bien plus dans l'étendue anthropoforme de la Star High School que de simples êtres humains. - qui l'accablait quand elle parcourait les froids couloirs d'une marbre d'une institution qui lui avait pourtant offerte quatre années durant autant de réconfort que de volonté de remonter la pente, de racheter toutes les erreurs qu'elle, autant que toute la famille LeBlanc, avait pu perpétrer au cours des années, des décennies, si ce n'était des siècles, qui les avaient précédés.

Evidemment, c'était à un professeur qu'elle avait à faire. Pas à un ami, et il n'avait donc pas la moindre raison de l'aborder avec le dos de la cuillère, mais quand bien même était-ce cela, elle avait l'impression de perdre pied, petit à petit. Perdre contact avec la terre, avec son humanité. Toute cette violence, tout ce plaisir qu'elle retirait de l'action, toutes ces capacités qui lui chatouillaient le bout des doigts, toutes ces voix qui ne rêvaient que de bousculer sa conscience. On n'était plus que la somme de ses pouvoirs, cela était bien vrai. La synergie, sainte matrice mère de toutes les bonnes volontés coordonnées.

Curieuse analogie qui était faite entre elle et un cadavre, d'ailleurs. A quel niveau pouvait-elle se comparer à ce Chase arraché si brutalement à l'affection des siens ? Tout le monde avait entendu parler de lui, de ses coups d'éclats, et de sa mort. Une mort stupide, une mort dangereuse. On disait qu'elle avait causé des dégâts. On avait jamais retrouvé son cadavre, d'ailleurs. Curieux.
Peut-être sirotait-il des mojitos dans le Triangle des Bermudes, avec Elvis Presley, Michael Jackson, Paul Walker et le Prétorien, en rigolant de voir la manière dont le Monde évoluait...

Ah, vraiment, que pouvait-on savoir de ce en quoi le Futur allait être fait ? Anna, elle-même, ne connaissait pas son propre corps suffisamment pour savoir ce dont il était pleinement capable, alors comment lui pourrait-il le savoir, mieux qu'elle ? Se surestimer ? Peut-être, sûrement, même, mais ce qu'elle avait appris, c'est que l'on n'avançait plus vraiment en se rabaissant, en se cachant derrière les autres. C'est ce dont Anna LeBlanc avait souverainement marre, d'être prise encore et toujours pour une enfant, pour une personne inconsciente de ses gestes, pour un ... pantin. Quelqu'un qui, à force de se nourrir des autres, en était venu à s'oublier elle-même. L'ombre d'une ombre d'une ombre ...

" Oui, c'est bien ce que je pensais, " soupira-t-elle, mélancolique, en laissant son regard aller traîner du côté des fenêtres de la salle, et, plus loin, des arbres laissant au vent le tribut de leurs feuilles brunes. La fin d'une année, et autant de feuilles perdues pour autant d'idées qui tombaient dans l'esprit de la jeune mutante, " des limites. Des limites et du lien social. Mes deux grands hobbys, surtout en ce moment. "

Cela était faux, évidemment. C'était le sarcasme qui, définitivement, en ces temps troublés, lui servait de grand hobby. Tout comme l'automne étouffait la vie dans la nature, il étouffait la bonne volonté d'Anna. C'était peut-être ça, qui l'empêchait de travailler en équipe en dehors des travaux de groupe, ou bien son maquillage définitivement sombre, et les croix d'argent qu'elle portait aux oreilles. Un effet de mode, encore.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 29 Nov 2014 - 11:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La jeune fille parut incroyablement déçue de sa réponse. En même temps, elle avait posé une question franche au professeur d’Éthique de l'héroïsme qui en connaissait quand même un petit morceau sur l'histoire des Supers, des ligues héroïques et surtout, des ratés de l'histoire et des développement des Méta-humains ayant voulu la destruction et le mal. Alors elle aurait une réponse honnête et sans détour. Car le professeur Jang n'était pas payé à faire des courbettes et des ronds de jambes à des jeunes ayant des responsabilités et un cerveau à utiliser. Non pas qu'il considérait la jeune fille comme écervelée, ou alors il ne lui aurait pas répondu, mais il se rendait surtout compte qu'elle avait des rêves bien trop grand qu'elle et qu'elle allait se faire bouffer. Faire équipe toute seule ? Et elle demandait ça à un professeur qui avait potentiellement des relations avec la Légion et qui connaissait des Légionnaires ? Comme si il allait se mettre à lui demander de jouer à la vigilante solitaire dans la ville de Star City. Ce qu'elle voulait, ce n'était pas une réponse, en fait. Elle voulait une validation de ses propres ambitions. Elle voulait qu'il lui dise que c'était bien d'utiliser ses pouvoirs sans aucun garde-fou, sans aucun contrôle extérieur, sans aucun regard critique et sans aucun questionnement. La jeune fille ne voulait pas être bousculée dans ses croyances, elle voulait que quelqu'un les valide. Mais comme ce que le Coréen disait à beaucoup de ses élèves : il n'était ni leur père ni leur nounou. Il n'était pas là pour les border le soir, mais pour leur parler des implications de leurs pouvoirs. Ils n'avaient pas choisis d'en avoir. Soit. Une fois passé l'affliction, il fallait remonter ses manches et essayer de travailler sur soi pour protéger le reste du monde sous notre responsabilité, ou au moins travailler à ne pas être une menace directe. La gamine répondit une phrase typiquement adolescente et ensuite se mit à se plaindre. Comme d'habitude, les jeunes se regardaient le nombril et ne voyaient que leurs petits sacrifices personnels à côté des gains pour l'humanité et surtout, la sûreté d'innocents. Hak-Kun s'éclaircit la gorge. « Anna, tu voulais apparemment que je valide ce que tu pensais. Je ne suis pas là pour ça. Tu m'as posé une question : est-ce que tu pourrais tout 'gérer' toute seule, qu'importe ce que ça veut dire. Ma réponse est non, si tu veux rester du bon côté de la barrière. Tu peux le faire, mais dans ces cas là, tu n'auras aucun moyen de mesure la légitimité de tes actes. Aucune personne humaine ne peut, avec un pouvoir et de grandes responsabilités, garder la tête froide et rester sur le bon chemin si il n'a pas un œil extérieur pour le surveiller. C'est pour ça que la Légion est soumise à des lois et des règles. Les limites dont tu te plains, elles sont là pour éviter que tu ne fasses des bêtises irréparables comme tuer par exemple. Personne n'est exempt de ce genre d'erreurs et c'est pour cela que les règles existent. Tes petits sacrifices ne sont rien, face à la justice et à la paix. » Comme si elle pouvait tout avoir... Le pouvoir, la puissance, la reconnaissance et la sûreté. Seulement, rien de tout ce dont elle profite aujourd'hui, l'école par exemple, n'aurait été possible si tout le monde s'était mit à soupirer bruyamment qu'il y avait des limites à poser.

« Le monde sans limites est un chaos destructeur. Si au lieu de simplement considérer les restrictions tu voyais le plus grand tableau, tu verrais que ces maigres réglementations servent à quelque chose de plus grand et de plus juste. » L'individualité et l'égoïsme, c'était les valeurs qui avaient conduit des personnes à marquer d'une empreinte sale l'histoire de cette planète. Et c'était des groupes justes qui avaient conscience de leur responsabilité qui avaient réussi à les stopper et qui avaient permis aux deux individus dans cette salle de classe d'avoir cette conversation. « On ne parle que de devoirs dans cette classe. Mais ça ne vous servirait à rien de ne faire qu'un devoir pour penser au devoir. Réfléchis un peu au delà. Si personne n'est là pour questionner les autres lors d'une décision commune, alors on arrête de se poser des questions. Et lorsque cela arrive, on arrête de chercher à s'améliorer et on arrête de chercher la meilleure fin possible. » Surtout que ses devoirs étaient fait pour qu'une personne seule ne puisse pas réussir. Car la plus part des situations ne le permettaient pas. A moins d'avoir des clones invincibles aux pouvoirs illimités, il n'était pas possible de savoir tout ce qui se passait partout, il n'était pas possible de connaître exactement toutes les cultures impliquées ou les personnalités impliquées, il n'était pas possible de gérer tous les pouvoirs et capacités possibles dans ce monde. Sinon, les pays ne tiendraient plus, les communautés ne tiendraient plus et surtout, la Terre ne serait qu'un champ de bataille stérile. « Je suis sûr que cela t'es déjà arrivé.... De faire une bêtise et de ne t'en rendre compte qu'après que quelqu'un te l'ai dit... Non ? » La question, encore une fois, était rhétorique. Même à lui ça lui était arrivé, et plutôt deux fois qu'une. Avec des frères comme les siens, qui ont la capacités de le mettre dans des situations problématiques il avait reçu sa part de bêtises plus souvent qu'à son tour. C'était loin d'être agréable mais aujourd'hui, il ne les effacerait pour rien au monde car finalement, ce qui nous définissait, ce n'était pas de ne pas faire d'erreur, mais c'était la manière dont on réparait nos tords.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 30 Nov 2014 - 17:59 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
" Il m'est arrivé de faire des choses que d'autres ont considéré comme des bêtises, pour moi. "

Elle voyait très bien, trop bien même, où il voulait en venir, et sa voix s'était faite bien plus froide, plus neutre. Elle perdait son masque et ne cherchait même plus à contenir son accent familial du bayou pour se rendre compréhensible.

" Et au nom de cela, au nom du ... "Grand Tableau" " dissertait-elle, appuyant bien avec des guillemets en doigts sur cette notion de "Bien Suprême" que son esprit avait de plus en plus de mal à discerner, " Je me retrouve là, au point de départ : à me faire chapeauter comme si je n'avait pas plus de la moitié de mon âge. "

Des règles et des limites. Qu'on la fasse rire. Qu'est-ce que les règles et les limites faisaient pour réinsérer les criminels dans la vie ? On les attrapait, on les mettait derrière des barreaux, on les laissait croupir, et à leur sortie, on s'étonne qu'ils soient encore parfaitement fous, parfaitement aptes à se relancer dans une carrière criminelle. C'est en sachant pertinemment que des règles et des limites sont en place, inamovibles, que ces hommes et ces femmes perpétuaient leurs forfaits, en sachant précisément qu'ils étaient plus ou moins gagnants, quelque fut le résultat de leurs actions. Une petite baffe par-ci, une pichenette énergétique par là, et dans le pire des cas, ils se retrouvaient en prison, tout frais payés, au chaud, en compagnie de vieilles connaissances.
Une joyeuse colonie de vacances en pyjamas oranges, et quelque puissent être les traitements qu'ils aient à subir entre quatre murs, ils n'étaient rien en comparaison du mal qu'ils causaient à leurs semblables, en dehors ... Le disait-on, cela, à la population ? Le CODE s'en rendait-il compte ?

Les limites et les règles, deux notions qui équivalaient dans l'esprit d'Anna à un constat simple : l'Héroïsme n'est plus ce qu'il était, car il avait été un temps où une telle carrière résultait d'une vocation, d'une volonté, celle de faire ce que personne d'autre ne voulait faire. De se lever et de s'opposer au Mal quand d'autres cherchaient à garder leurs mains au chaud, bien loin de toutes les salissures qu'un tel combat imposait.
Maintenant ? Maintenant, quiconque pouvait s'improviser "Héros". On vous offrait des "règles", des "limites", toute une carrière, tout un code de conduite, clés en main. Plus de doutes, plus d'introspection, plus que les bons-cotés, le strass, les paillettes, la célébrité... Bienvenue à l'âge de l'Héroïsme Industriel !

" Le monde, sans limites, est un chaos destructeur pour vous. " fit-elle, trouvant dans ses réserves une insoupçonnée constance. La contenant de cette Anna LeBlanc qui s'était si longtemps prise de passion pour les grandes causes, " C'est parce que vous n'arrivez pas à imaginer un monde sans limites. Vous vous basez sur un monde étriqué, un monde où la population réclame des règles et des limites pour se protéger des "méchants" et d'eux-mêmes. Un monde qui réclame l'émergence de groupuscules - ou de leaders - à même de leur offrir le soutien - et les contraintes - à même de tenir l'inconnu - soit le chaos - en respect. "

Elle s'assit sur la table devant laquelle elle venait de passer, en tapant ses mains sur ses genoux comme pour appuyer sa réflexion par un influx extérieur.

" Les limites sont tout ce que vous connaissez, tout ce que vous pensez être bon, mais durant toutes ces années où elles ont été en place, elles n'ont pas fonctionné, pas une seule fois : les criminels sont toujours là, toujours plus violents, et la population, même dans cette ville, ne peut pas dormir sur ses deux oreilles, et ce sont les justiciers que l'on blâme plus facilement que les criminels, en ce moment. "

Elle en vint à sortir une cigarette de sa poche, s'interrompant pour tasser le tabac sur le revers du gant de sa main libre, se préparant déjà à sa pause-cigarette à venir, et puis elle revint à la conversation, toujours aussi peu en accord avec les opinions de son interlocuteur.

" Il n'y a qu'à me voir. " soupira-t-elle, sa clope éteinte au bec. " Ciel, un monde sans limites, je le côtoie au quotidien. "

Elle regarda ses paumes, songeant à toutes les possibilités, tout ce qu'elle pourrait faire, et elle songea à sa fortune : au pouvoir quasiment infini du dieu Dollar, que la civilisation s'était elle-même imposé.

" Je le souhaite à tout le monde. "

Elle ne souhaitait certainement pas la richesse de tous : elle leur souhaitait à tous de sortir de leur torpeur, de voir les possibilités au dehors du carcan qu'ils s'imposaient à eux-mêmes.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 30 Nov 2014 - 18:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La gamine détourna totalement sa question et fit preuve d'une assez grande mauvaise foi. Elle avait fait des choses que d'autres avaient considéré comme des bêtises. Ce que cela voulait dire, c'était qu'elle pensait toujours avoir raison et d'être constamment dans son droit. Et ce genre de pensées pouvaient être dangereuses tant pour elle que pour d'autres. Car si à chaque fois que quelqu'un lui disait qu'elle devrait attendre un peu, réfléchir et essayer de éventuellement de changer, elle s'exclamait qu'elle avait raison et que les autres ne savaient rien, alors ça n'allait pas aller bien loin. « C'est toujours la faute des autres n'est-ce pas... Tu as largement passé l'âge pour ne pas avoir un peu d'auto-critique. » Précisément, ce genre de pensées devaient s'arrêter vers le début de la puberté, soit vers treize ans environs. A cet âge les enfants commençaient à se rendre compte que des règles extérieures implicites régissaient leur existence et que tout ne tournait pas autour d'eux. Ils commençaient aussi et surtout à voir qu'ils n'avaient pas toujours raison et qu'ils ne faisaient pas toujours des choses bien, ça les forçait, aussi, à se cacher plus. La gamine se plaint ensuite qu'on la considérait comme une enfant alors qu'apparemment, elle se considérait comme une adulte. Un fin sourire s'afficha sur le visage du professeur, surtout pour cacher son agacement certain envers l'égoïsme et le manque de modestie de la jeune femme. Après avoir été élevé dans un monastère, s'être battu dans des batailles sanguinaires, on supportait de moins en moins qu'une jeunesse dorée qui n'avait rien vécu de la vie se mettre soudainement à exiger le respect du guerrier. « Mais Anna, ce que je vois, c'est que tu ne veux pas prendre tes responsabilités. Tes actes ont des conséquences. Tu sembles ignorer ça et les effets que ça peut avoir sur autrui. Jusqu'à ce que tu agisses en adulte et les assume, je doute que quiconque ne veuilles te considérer aussi adulte que tu penses être. Fais attention aux illusions. C'est facile de se sentir invincible. Mais la chute est douloureuse. » et généralement mortelle. L'histoire en était truffé et c'était rarement pour le meilleur que certains individus s'élevaient au dessus des lois humaines. Shun Ao lui avait apprit au cours de méditations et au cours de conversations qu'il en avait vu plus d'un, des hommes cupides qui se pensaient maîtres de tout car ils étaient né avec des capacités surhumaines. Ce n'était pas le tout de se retrouver avec ce genre de pouvoir, encore fallait-il pouvoir le maîtriser.

L'élève argumenta ensuite que son monde avec des règles n'était pas le meilleur modèle et que ce n'était que ce qu'il connaissait, et donc, qu'il ne pouvait que suivre le reste. Elle se prit ensuite, encore, en exemple universel, portant sa vision personnelle des événements en preuve incontestable qu'elle avait raison. Heureusement qu'elle ne voulait apparemment pas devenir policière ou avocate car ériger ses opinions en faits était dangereux et ne pouvait pas être prit au sérieux. « Que connais-tu de moi exactement ? Que sais-tu de mon expérience ? Que sais-tu des règles que j'ai connu ? C'est bien prétentieux de ta part de penser me connaître par cœur... » Bien entendu, elle ne savait pas qu'il avait vécu la guerre, les affrontements avec des colonialistes, le racisme décomplexé de l'Europe, l'invasion Terminus. Mais quand bien même, elle le saurait, est-ce que cela lui donnait le droit de simplement balayer une centaine d'année d'expérience avec son caprice d'adolescente ? Le respect de l'aîné était bien loin. Ces jeunes américains avec l'envie de tout avoir tout de suite exaspérait Hak-Kun bien souvent. Il était difficile de donner à ces adolescents le bénéfice du doute. « Le simple fait que tu puisses avoir une éducation et que cette ville soit présente sur Terre est une preuve que les règles dont tu parles marchent. Le simple fait que cette planète n'ai pas été colonisée ou détruite par les Grues est une preuve que les règles dont tu parles marchent. Tu n'as rien inventé, Anna. Je ne dis pas ça par colère ou par mépris. Mais tu sembles croire que soudainement, ton idéal pourrait marcher. Plus aucune règle. Les innocents sacrifiés pour la loi du plus fort. Les enfants réduits au rang de travailleur, d'esclave, de jouet... Tout ça s'est déjà passé avant, tout ça arrive encore aujourd'hui. Et pourtant, ce ne sont pas ces endroits où tu veux habiter. Crois moi. » Avait-elle déjà côtoyé ces endroits qu'elle envie ? Ces terres de non-droit, généralement après les guerres, où l'administration, la police et l'armée n'étaient plus passé depuis des années ? Dans les vieilles montagnes de Corée, après la guerre, il en avait vu des choses immondes. Si c'était ça ce dont elle avait envie, alors il se sentait mal à l'aise. En parler avec Sydney apaiserait potentiellement son anxiété mais savoir qu'une jeune fille comme ça ne souhaitait que la liberté inconditionnelle pour tout le monde sans conséquence, avec ce que ça impliquait, ça la rendait dangereuse. « Un monde avec des règles ne veut pas dire un monde qui stagne. » Il en savait quelque chose pour avoir grandit dans un pays qui avait été classé comme faisant parti du Tiers-Monde à sa naissance, et qui était à présent dans les plus hautes sphères d'influence. « Ça veut seulement dire qu'on substitut la justice à la vengeance, qu'on remplace la loi du plus fort pour la loi du groupe et l'entraide, ça veut seulement dire qu'on regarde plus loin ensemble plutôt que de faire du sur-place en ne regardant que ses propres pieds. » Puis il observa la cigarette roulée avec un œil légèrement contrarié. L'odeur, même si le tabac n'était pas fumé, chatouillait son nez et lui déplaisait. « Je ne sais pas de quel idéal tu parles, ni même si tu as de vrais exemples concrets et de vrais solutions, mais d'après ce que j'entends, j'ai l'impression que ces théories ne sont motivées que pour ta progression personnelle... L'héroïsme, même si des noms se détachent dans l'histoire, n'a jamais été à propos de sa gloire personnelle, mais à propos de l'élévation des peuples et de leur protection. Et pour ça, on ne peut pas tous faire comme on veut. » Il espérait que la jeune fille allait au moins reconnaître qu'elle ne pensait pas réellement à rependre le chaos pour reconstruire la société par le bas. Ces pensées anarchistes avaient déjà fait des ravages avec le terrorisme intérieur, que ce soit en Amérique ou en Europe. Et l'Etat ne plaisantait pas avec ça.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 1 Déc 2014 - 0:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Quelques mois encore auparavant, Anna n'aurait pas même émis une seule remarque. Elle aurait acquiescé et aurait reçu cette parole comme l'enseignement qu'elle aurait pu voir en elle, mais ces temps étaient passés. Tout ce que l'on savait d'elle, tout ce qu'on avait recensé d'elle, cette joyeuse banque de données, tout cela, maintenant erroné. Instabilité psychologique latente ? Peut-être, mais il était clair que peu de personnes avaient tenté de la résoudre, et ce que l'on pouvait voir comme une tare, Anna le voyait comme une formidable force.
La force d'un raisonnement différent. La force de l'affranchissement.

" C'est ainsi, n'est-ce pas ? " soupira l'Acadienne, mélancolique, détournant le regard vers des horizons plus chantantes " Préférer se voiler la face, prendre les jeunes pour des idéalistes écervelés ? "

Manifestement, on se prenait à surinterpréter chacun des faits et gestes de la jeune héritière, ce qui n'était finalement pas pour l'effrayer outre mesure. Cela ne faisait que la conforter dans sa certitude.

" Je ne sais rien de vous. Rien si ce n'est ce qu'Internet avait à m'offrir. C'est maigre, évidemment, mais entre cela et votre présence ici, c'est suffisant pour que je puisse déduire que vous n'êtes pas le dernier des analphabètes. De vos expériences, je ne peux tirer que des suppositions, mais je peux vous dire ceci : moi aussi, j'ai fait des choses et traversé des épreuves, et si elles ne sont peut-être pas aussi fabuleuses que les vôtres, je gage qu'elles aient pu avoir un caractère formateur non négligeable. "

Elle n'avait pas connu la guerre, pas connu l'adversité au sens commun du terme, elle n'avait jamais dû avoir à dormir sous des ponts ou dans la nature, mais elle avait subi les pires sévices psychologiques imaginables, et avait pu côtoyer la folie dans l'esprit de son père et de son grand-père. Elle savait plus qu'à son tour ce que tout cela pouvait amener, ce que la folie des hommes obsédés par les règles et l'ordre pouvait amener. Assurément, ce n'était pas le futur qu'Anna voulait suivre : elle voulait utiliser son héritage pour le bien, pour l'évolution et pour la grandeur, pas pour continuer une absurde œuvre oligarchique, et encore moi pour sa gloire personnelle, si ce n'était pour inspirer d'autres jeunes personnes à poursuivre leurs rêves et leurs volontés : si devenir une icône d'émancipation constituait un exemple d'orgueil mal placé, alors Anna en avait, énormément, et elle ne laisserait personne l'écraser.

" Ces règles que vous admirez, " continua-t-elle, " elles sont tout autant celles qui autorisent des criminels à perpétuer leurs crimes en toute impunité, elles sont celles qui font qu'un quartier entier, non loin d'ici - Lincoln - , reste plongé dans la pauvreté, la drogue et le crime. Ces règles, elles permettaient de faire avancer le monde par le passé, mais regardez autour de vous. Regardez la jeunesse, qui n'en plus de voir les mêmes processus et figures inamovibles au sommet. Regardez ces personnes qui oublient tout les sacrifices que l'on a dû faire pour en arriver là, en s'avachissant devant leurs téléviseurs, qui s'en remettent à une lucarne pour s'échapper d'une existence qu'ils ne contrôlent pas, et qu'ils ne veulent même plus contrôler. Je ne suis pas contre l'organisation, et je suis persuadé qu'un individu - ou un groupe - de bonne volonté peut atteindre de bien plus grandes qu'un océan de vagues personnalités qui compensent leur absence de volonté ou de passion par la nécessité de règles et de limites contraignantes. "

Elle se mit à triturer sa cigarette, revenant au professeur Jang, ne se formalisant même pas de son inconfort vis-à-vis du tabac.

" Je n'ai rien inventé, en effet, un tel phénomène existe déjà : ça s'appelle le libéralisme. C'est sur cette base que cette nation s'est fondé et grâce à elle que mon père paye ma scolarité ... Je cherche juste à l'extrapoler : Voyez-moi comme ... Une anarchiste de droite. "
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 24 Déc 2014 - 10:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La gamine rejeta simplement les conseils et avis du professeur qui avait dépassé la centaine en disant qu'il ignorait juste les jeunes et leurs idées tellement innovantes et parfaites... Bon, c'était une peine perdue. Anna se prenait pour la prochaine Chase Neutron-Gray, invincible et tellement plus intelligente que tout le monde. Et ça, comme pour tous les enfants trop gâtés, personne ne pourrait la convaincre du contraire même si elle enchaînait bourde sur bourde sans arrêt. Au bout d'un moment elle ne se demandait pas si quelque chose clochait avec sa manière de faire, comme tout le monde. Non, elle restait sur sa première idée et ne changeait jamais (à savoir, qu'elle avait raison et que le reste du monde et de l'univers alien avait tord et ne l'écoutait pas). A la fin, ses paroles résonnaient comme les suppliques d'un pré-adolescent qui geignait « personne ne me comprend ! ». Pourtant il lui semblait que tout cela avait arrêté dans les années soixante-dix. Il fallait croire que la jeune fille avait des goûts rétro. Lorsqu'elle sortit sa diatribe pleine de provocation, Hak-Kun en fut persuadé : elle n'avait rien dans la tête et se contentait juste de vouloir provoquer les gens. Surtout, quand, à la fin, elle se dit anarchiste de droite. Cette jeune fille était une blague qui cherchait de l'attention comme un enfant de cinq ans. En bref, rien qui ne puisse valoir son attention ou son temps. Il avait des choses plus importantes à faire qu'à écouter les plaintes incessantes d'une adolescente gâtée. Si elle voulait geindre sans jamais chercher et proposer de solutions, alors elle n'avait qu'à le faire seule. Il n'allait pas l'aider.

Il sourit et finit par dire. « Bon, j'ai un rendez-vous. Au revoir mademoiselle Leblanc. » puis il sortit de sa salle en prenant son lourd agenda de professeur taille A4. Il avait à parler avec un autre professeur pour organiser des séances multi-sujets et permettre une bonne mise en pratique de plusieurs capacités en même temps. Un genre d'exercice pratique en situation presque réelle. Ils se devaient de rester dans l'enceinte de l'école mais celle-ci était tellement grande que ce n'était pas un soucis. Sur le chemin il croisa quelques élèves qu'il salua et il entra dans la salle des professeurs où il retrouva quelques collègues. Le coréen avait besoin d'un thé avant de repartir à ses affaires. Il avait beau dépasser les cent ans sans en avoir l'air, il lui fallait quand même des boosts dans la journée pour rester éveiller et au top.
Revenir en haut Aller en bas



Les méditations collectives [Anna]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Anna Preston - Are you talking to me ?
» [The Preston Sisters : Meet Anna, the one with the eyes that look ]
» Anna Defontaine [End]
» Anna Lynn
» Anna Williams [ Under Construction ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-