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Quand Internet s'en mêle...

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Message posté : Lun 24 Nov 2014 - 17:36 Message
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    19 Novembre - Après-midi.


C’était une journée ennuyante à mourir. Il n’y avait rien eu d’intéressant pour elle depuis quelques jours. Et à part des enquêtes qui n’avançaient plus, autant dire qu’elle n’avait plus rien à se mettre sous la dent. Amy restait en plus quelque peu troublée par son agression deux semaines à peine plus tôt. Elle n’arrêtait plus d’y penser, se remuant les évènements mentalement indéfiniment. Comment avait-elle pu être aussi imprudente ? Et qu’aurait-elle fait sans cette Super, intervenue au bon moment ? D’où sortait-elle d’ailleurs ? Autant de questions sans réponses, qui profitaient du manque d’activité actuel pour lui prendre la tête. Sa seule occupation plausible tenait dans quelques clics sur le Spider Solitaire de son ordinateur. Tête posée sur son poing refermé, d’un air qui en disait long sur son ennui. Alors que le lundi aurait dû être synonyme de reprise du travail, de la vie, il n’était cette fois pas du tout question de travailler. C’était donc nerveusement qu’elle guettait les moindres mouvements : téléphone, chef de service, e-mails… Tout passait au crible, même ses collègues. « Qu’est-ce que tu fais ? », « Besoin d’un coup de main ? », et autres tentatives vaines de trouver quelque chose à faire. Quelque chose d’utile. Ironie du sort que de ne plus rien avoir à faire. Soudainement, elle fut tirée de son marasme par un collègue de travail. Elle venait tout juste de remplir une pile.

« Il y a un mail qui t’es destiné Amy. C’est urgent, a priori… Je te le transfère. »

Comme fouettée, Amy se redressa sur son fauteuil et remercia rapidement le collègue en question. Ni une ni deux après avoir reçu le mail en question sur son poste de travail, elle ouvre. Déjà, l’expéditeur lui était inconnu. Et l’e-mail peu explicite. Une courte déception parcourue un instant le corps d’Amy. Elle aurait bien voulu quelque chose de plus… Épique. Faisant une moue contrariée, elle prit quand même le soin de tout lire, et prendre en note le numéro de téléphone indiqué. Un étudiant lui demandait son aide, à propos d’une histoire d’il y a quelques temps. Un mois environs. Des cannibales attrapés, mettant fin à une longue affaire tragique. Intérieurement, elle se demandait ce que cet étudiant pouvait bien vouloir, et quel était le rapport avec ces cannibales. Elle attrapa le téléphone du bureau, et entra le numéro de téléphone de ce « Vincent Nash ». Elle n’avait rien d’autres à faire, donc autant en faire profiter les autres. Le téléphona sonna plusieurs fois, puis une personne décrocha. Après quelques minutes, la conversation était terminée, et Amy raccrocha. Elle attrapa ses affaires, son manteau, et partie. « Je vais sur le terrain, à plus tard. ». A plus tard voulait surtout dire « à demain ». Car à chaque fois qu’elle revenait le soir, il n’y avait déjà quasiment plus personne !

Ils s’étaient donné rendez-vous directement à la fac. C’était simple, travaillant à WCOC, l’université restait assez proche. Idéal. Vu la rapidité avec laquelle elle avait répondu, et elle était partie, il était fort probable qu’elle soit quelque peu en avance sur le rendez-vous prit. Mais tant pis. Cela lui laissait le temps. Et elle aimait avoir le temps. Elle grimpa en voiture, et partie rapidement. La circulation était dense, comme souvent en plein centre-ville. Mais elle y était habituée depuis le temps. Hors de question pour elle de prendre un transport en commun, et même si la fac était assez proche, il faudrait être un athlète pour vouloir y aller à pied avec ce froid. Le plus dur allait surtout être, probablement, de trouver une place pour se garer. Mais c’était un souci devenu bien secondaire depuis quelques temps. Elle menait une vie quelque peu trépidante, enchaînant avec le boulot comme une folle, ne laissant que peu de place à une socialisation en bonne et due forme. Socialisation… Elle n’aimait pas vraiment ça, mais elle le reconnaît tout de même. Elle est trop… Limitée dans ses perspectives de vie. Trop centrée sur ses rêves, sur son travail. Elle ne prend jamais le temps de sortir, se faire des amis. De vrais contacts au-delà du simple bonjour avec la caissière du supermarché. Avec le simple bonjour entre collègues.

Trouvant une place de parking plus facilement qu’elle ne l’aurait espérée, elle traverse finalement le campus pour se diriger vers la cafétéria universitaire. Cela faisait quelques années maintenant qu’elle n’était plus étudiante dans cette université. Revenir ici maintenant, plus mature et plus grande, lui donna un sentiment étrange. Un sentiment… Qu’elle n’était plus à sa place. Bien qu’elle reconnaisse les lieux, tout lui semblait maintenant être d’un autre monde. Au moins sut-elle trouver son chemin facilement, et sans se perdre une seule fois. Entrant dans la cafétéria, elle chercha du regard une place libre. Le cadre n’avait pas changé, tout faisait pour que les étudiants s’y sentent à l’aise. Et vu les conversations animées et amusées des quelques présents, c’était visiblement bien le cas. Amy sourit en repensant à ces quelques années passées à étudier ici, déjà à l’époque elle était un bourreau de travail.

Elle passa tout d’abord prendre un café, auprès du vendeur. Elle ne travaillait jamais sans avoir pris son café. Une tradition limite devenue obsessionnelle. Une fois armé, et prête à affronter n’importe qui et n’importe quoi, elle alla s’assoir dans un coin, à une table pour deux personnes. Elle ne voulait pas être dérangée, si ce n’est par ce Vincent-mystère. Posant sur la table son café, et son sac à côté du fauteuil, elle installa sur la table son ordinateur portable, qu’elle alluma aussitôt. En attendant que l’étudiant qui voulait la voir se manifeste, elle pourrait s’occuper en commençant par prendre quelques notes. Elle lisait les articles parus sur les cannibales attrapés, et c’est ainsi qu’elle découvrit sur le net quelques photos d’un jeune qui serait impliqué. Amy fut immédiatement intriguée. Elle ne se souvenait pas avoir vu mention d’un jeune Super dans les différents articles à l’époque des faits. Qui était donc cet homme ? Quand elle but une gorgée, captivée par les photos et cherchant quelques informations, son regard fut naturellement attiré par la personne qui entrait dans la salle. Cela aurait pu s’arrêter-là si l’étudiant qui venait d’entrer ne lui disait pas quelque chose…

Elle regarda tour à tour les photos qu’elle avait sous les yeux, et l’étudiant, qui semblait chercher quelqu’un. Elle reconnut sans grandes peines la corpulence, sans vraiment arriver à savoir s’il s’agissait bien de la même personne. Elle osa un « Vincent ? », à voix bien audible dans la cafétéria. Quelques regards se retournèrent vers elle d’un air curieux, mais c’était surtout celui de l’étudiant qui la fixait désormais qu’il l’intéressait. Elle se leva pour aller à son encontre.

« Vous êtes bien Vincent Nash ? Je suis Amy Davis. Vous m’avez contacté pour discuter d’une affaire ‘délicate’… »

Elle pointa du doigt la table où elle était assise.

« Et si on s’installait ? J’aurais des questions à te poser également, pour éclaircir certains points… »

Le tutoiement était venu naturellement. La nostalgie étudiante ? Ou simplement le fait de côtoyer un ‘jeune’ ?
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Message posté : Lun 24 Nov 2014 - 21:07 Message
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    – Je vais être le plus clair possible... c’est hors de question !
    – Mais c’est le seul moyen...
    – J’y arriverais tout seul... d’ailleurs ce n’est pas bien grave car cette personne a enlevé les photos...
    – Tu sais qu’elles circulent déjà sur le net... Même le FBI pourrait pas toutes les enlever...

    Vincent poussa un juron. Il était dans le métro avec Holly, en direction de l’université, et discutaient – se disputaient – à propos de ce qu’il convenait de faire pour s’occuper de ce blog mystérieux. « Love the Truth »... Titre nase, d’après Vincent... follement ironique/satirique/sarcastique d’après l’étudiante en informatique. Celle-ci avait bien essayé de mener son enquête pour découvrir l’identité de ce reporteur de la toile, mais elle n’avait rien trouvé... nada. Pourtant, Vince pouvait lui faire confiance, la jeune fille adorait fouiner. Les trois quart des informations « inutiles » qu’il stockait dans son cerveau provenaient d’elle et de ses ragots improbables. Mais apparemment, le « pouvoir » de Holly ne fonctionnait pas cette fois. Toujours quand on en avait besoin... Car la situation était presque désespérée. Depuis sa randonnée avec les cannibales, Vincent avait découvert ce blog horrible dans lequel des photos inédites le montraient en train d’en découvre avec ces psychopathes pour sauver son amie. D’un point de vue photographique, le jeune homme était obligé d’admettre qu’elles « rendaient bien » mais il était hors de question de laisser ces clichés traîner partout, surtout sur un blog qui trouvait plus d’un millier de lecteurs. Un mail adressé à l’administration du blog avait suffit à retirer les images du site... mais pas de la toile. Effacer les photos, site par site relèverait de l’impossible, il l’avait compris. Seulement hier encore, « Love the Truth » avait publié un article afin de nommer les héros de demain en mettant en avant leur non appartenance à un groupe fédéré. Son nom y figurait en gros, et sans fautes. D’où l’élaboration (en cours) d’un plan B. Mais ce que suggérait Holly était un peu trop dangereux... et complètement stupide.

    – Le but c’est justement de me faire oublier, tu crois pas qu’en rameutant une chercheuse de scoop, je ferais tout le contraire ?
    – Ca me paraît logique pourtant, pour arrêter ce blogueur, ou cette blogueuse, j’te dis que le style d’écriture me fait penser que c’est une fille, il faut s’attaquer aux racines du problème. Une journaliste professionnelle pourrait te conseiller. C’est ce qu’ils font les enquêteurs quand ils sont confronté à un problème qui dépasse leur compétences... ils font appel à un expert...
    – On n’est pas des enquêteurs...
    – Et puis j’adore le travail de cette femme ! Tu as vu son reportage sur...
    – C’est exactement pour ça que je n’ai pas envie de l’approcher...
    – Tu es sûr ? demanda-t-elle en lui plaquant son portable devant les yeux.

    Vincent put ainsi avoir le plaisir de découvrir un commentaire sur cet article du diable. Quelqu’un avait fait ses recherches et présentait sa biographie quasi complète. Vincent demeura interdit quelques instants avant de céder. Il acceptait l’idée de son amie.

    ...

    Un mail, une conversation téléphonique et un cours express (en économie, les profs sont parfois très speed) plus tard, Vincent se dirigea en direction de la cafétéria pour rejoindre son rendez-vous avec Amy Davis. La jeune femme lui avait répondu très rapidement pour demander s’ils pouvaient se voir. D’un côté, l’étudiant était pressé d’y être pour en finir avec cette histoire de blog... d’un autre, il n’avait pas non plus envie de faire ce genre de chose... Qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour que quelqu’un d’autre règle le problème pour lui ! En fait, c’était justement le genre de problème qui ne lui correspondait pas... Un peu comme si un mec se préoccupait de son vernis à ongle... Ok, certains mecs y faisaient peut-être attention... mais vous comprenez l’idée ! Le pyromancien arriva donc à la cafétéria et avait commencé à balayer la salle du regard lorsqu’il entendit son nom provenir d’une voix qu’il ne reconnaissait pas. Un regard vers la demoiselle concernée et il la vit. Amy Davis. Il n’eut aucun mal à dissimuler ses angoisses pour lui répondre par un sourire et s’approcher d’elle. Vincent pouvait remercier son expérience de barman. Un sourire pouvait rendre un échange beaucoup plus agréable... le truc, c’est qu’au bar, les échanges sont généralement courts, sauf lorsque la drague vient s’y glisser. Là, ce qu’ils avaient prévu allaient prendre un peu plus de temps, sourire était donc très important, même si le cœur n’y était pas. Cela dit, la jeune femme avait un visage assez plaisant qui facilitait grandement la tâche.

    – Oui c’est moi, enchanté.

    Elle était directe au moins. Avec un peu de chance, cette histoire ne s’éternisera pas.

    – D’accord.

    Il s’installa donc facilement. Se faisant, il capta le regard d’une demoiselle au comptoir, Lisa. Il y avait longtemps qu’il ne l’avait pas vue. Elle avait l’air d’aller plutôt bien, mais elle était beaucoup moins maquillée qu’avant. Vincent la soupçonner de pleurer assez souvent. L’étudiante leva une cafetière vers lui tout en lui lançant un regard interrogateur. Il répondit avec un signe de tête à l’affirmatif avant de reporter son attention sur la femme qu’il avait en face.

    – Je vous remercie encore d’être venue. Vu la façon dont les choses évoluent, je ne pensais plus pouvoir gérer ça tout seul...

    Mais il s’arrêta là pour l’introduction. Mademoiselle avait été directe là dessus, elle voulait passer aux questions. Dans le langage du sport, on pourrait dire que la balle était dans son camp et étant donné que rien ne l’obligeait à s’embêter avec ce problème. Néanmoins, il n’avait pas forcément envie de lui dévoiler ce qu’il voulait justement garder pour lui en arrêtant ce gossip geek. Cela dit, elle devait bien se doutait qu’il tenait à sa vie privée. Avant de passer aux choses sérieuses, Lisa se ramena avec un gobelet de café qu’elle posa sur la table devant Vincent, cependant, il ne la laissa pas partir tout de suite.

    – Merci Lisa, attends... Est-ce que vous voulez quelque chose ? demanda-t-il poliment en se demandant si elle avait terminé sa boisson.

    Lorsque la commande fut passée, ou non. Dans les deux cas, avec un grand sourire adressé à Lisa. Vincent avala une gorgée de son café bouillant avant de regarder la journaliste dans les yeux avec le regard le plus bienveillant dont il était capable. Concrètement, cela lui donnait un air particulièrement neutre.

    – Quelles sont vos questions ?


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Message posté : Sam 6 Déc 2014 - 16:49 Message
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Elle n’avait jamais tourné autour du pot. C’était une perte de temps, le plus souvent. Il était parfois utile d’enrober un peu le tout autour de belles phrases et autres, mais pas toujours. Dans le cas présent, c’était inutile. Le jeune Super qu’elle avait en face de lui était parfaitement conscient de ce qu’il faisait. Elle ne pourrait rien faire de plus, même en étant la plus cool et la plus gentille du monde. Amy devait juste s’assurer de ne pas être brutale, et rester dans les limites du raisonnable. Bien qu’elle ne sache pas vraiment comment l’aider. Mais ça, elle se garderait bien de le lui dire. Il arrivait souvent que des photos tombent sur Internet, pour ne pas dire systématiquement. Il était difficile de les retirer. Impossible même, les utilisateurs n’arrêtant pas de se les relayer les uns aux autres. Sans parler du fait qu’il n’y a aucune frontière sur le net, l’image peut se perdre dans des langues que les deux ne soupçonneraient même pas l’existence. Ce n’était néanmoins pas une raison de baisser les bras. Elle remercia d’un hochement de tête et sourire la jeune « Lisa », déclinant la demande. Elle avait encore du café. Probablement sa boisson favorite, et sa meilleure amie. Au moins, il était poli. Elle ne regretterait pas de l’avoir aidé. Elle avait bien peur de rencontrer un rustre, ou un idiot immature et sans cervelle. Pour le moment, le premier aperçu était bon…

« Ne t’inquiètes pas. Je ne vais pas t’aider à te débarrasser des gêneurs pour moi-même divulguer toute ta vie à côté. Ce serait idiot… Je voudrais juste savoir à qui d’autres tu as parlé de tout ça ? Et qui d’autres de ta connaissance avait assisté à la scène dans la forêt ? »

Elle voulait écarter déjà des « suspects » les proches de Vincent. Ca aiderait à dévoiler la personne qui se cache derrière ce pseudo sur le blog. Quoique, elle n’avait pas vraiment l’habitude de gérer ce genre d’affaire, d’histoire. C’était plus du ressort de la police que de protéger la vie privée des gens sur internet. Ou de la justice. Mais, cela sous-entendrait que son identité soit divulguée, puisque pour y avoir plainte, il faut que celle-ci soit déposée par la personne concernée… Autant dire problématique. Mais ils trouveraient bien, à deux, une solution. Surtout s’ils arrivent à retrouver la trace de l’auteur de l’article. Elle but une gorgée de son café, la température de la boisson n’était que très peu retombée, pour son plus grand plaisir. « J’aimerais également que tu me racontes ta version de ce qui s’est passé dans la forêt, ce jour-là. Le moindre détail compte, car tu pourrais avoir croisé le bloggeur en question. ». Elle disait cela en pianotant sur son ordinateur, sans regarder Vincent. Quelques secondes passèrent avant qu’elle ne se rende compte d’un point. La confiance. Elle devait au minimum s’attirer sa confiance. Et sur le coup, ce qu’elle lui demandait risquerait fortement de le faire fuir illico momento.

« Enfin… Je te promets de ne pas utiliser contre ton accord quelconque information issue de ce rendez-vous. Et je n’ai pas vraiment l’habitude de trahir ma parole. »

Pour s’assurer de sa bonne foi, elle retourna son ordinateur pour lui montrer son écran. Elle ne prenait pas des notes sur leur entrevue, elle surfait juste sur le web à la recherche des sites internet qui mentionneraient des images ou le nom de « Vincent Nash ». Elle les référençait un par un pour s’assurer de tous bien les faire supprimer. Cela prendra du temps, nécessitera du marchandage probablement avec certains, mais le résultat sera là. Ce n’était pas non plus l’histoire du siècle, des Supers, il y en avait à la pelle, et pour n’importe quel goût ! Donc, ce n’était pas l’histoire d’un jeune étudiant que les bloggeurs allaient s’arracher pêlemêle. Du coup, Amy pensait intérieurement que la plupart serait compréhensif et coopéreraient assez rapidement et facilement. Pour la moyenne, en tout cas. Et alors qu’elle lisait l’article d’origine qui avait déclenché les tourments de Vincent, Amy l’écoutait répondre à sa question. Néanmoins, elle lâcha une remarque en voyant l’écriture :

« C’est le style d’écriture d’une femme. Amateur mais douée. Tu connaîtrais une passionnée de journalisme ? »
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Message posté : Dim 7 Déc 2014 - 0:50 Message
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    Les précisions de la journaliste rassurèrent un peu Vincent qui pu commencer à se détendre et savourer son café après avoir hoché la tête pour montré qu’il avait compris et qu’il était reconnaissant. Puis il réfléchit à sa question... Qui d’autres s’était trouvé sur place ? La réponse était facile.

    – Il y avait Anna, la Super qui est venue avec moi. Et Kristen, la fille qu’on a sauvée. Mais aucune des deux n’avait de quoi envoyer la première photo.

    Et c’était tout. Non ce n’était pas tout. Evidemment que non. Il y avait aussi ce mystérieux sauveur qu’il fallait prendre en compte. La personne qui les avait libérés de la cave sans se faire connaître. Celle qui lui avait sauvé la vie, l’empêchant de finir avec un trou au milieu du front.

    – Si... il y avait quelqu’un d’autre. Je ne sais pas qui c’est mais... cette personne... Un super je crois. Il nous a sauvés à deux reprises et je crois qu’il volait.

    Ce qui explique alors certains clichés adoptant un point de vue pour le moins aérien est presque cinématographique. Mais avant que le jeune homme s’enfonce dans cette histoire qui n’avait, manifestement, pas été prise au sérieux par les forces de l’ordre étant intervenues sur cette affaire, il écouta la promesse que lui fit la journaliste et décida de la croire. Un visage sympathique, une intonation sincère... cela suffisait généralement pour acheter sa confiance. Surtout en cette période de troubles pour un jeune homme dont les problèmes peuplaient presque tous les fronts.

    – D’accord... merci.

    Et il tenait à le dire car c’était vraiment important pour lui. Le problème, c’est que maintenant, il se sentait redevable envers elle. Lui payer des cafés ne serait sans doute pas suffisant. Cela dit, c’était peut-être un peu prématuré pour envisager de la couvrir de louages. Toutefois, elle se révéla rapidement capable de déterminer le sexe de l’auteur de ce blog. Une fille apparemment. Vincent se fit songeur quelques secondes. Il essayait de replonger dans ses souvenirs, au cœur de cette nuit horrible qui l’avait confronté à l’horreur.

    – Y avait une odeur de vanille... quand elle m‘a sauvé la vie... j’ai senti la vanille... C’est vrai que c’est pas un parfum que les garçons ont l’habitude de porter...

    Malheureusement, depuis que Jace avait commencé à lui ouvrir les yeux sur la subtilité de la masculinité et de la féminité, Vincent se demandait si un tel raisonnement pouvait se révéler utile. Mieux valait rester sur du concret. Il commença alors à raconter les évènements de cette journée. Comment en arrivant dans le parc, ils avaient trouvé une fléchette juste avant d’en recevoir chacune une et de tomber dans les pommes pour être transportés. Lui avait été enfermé dans la cave avec Kristen mais pas Anna. Apparemment, ses pouvoirs avaient entravé le transport, du coup ils voulaient « l’examiner ». Pendant ce temps, il avait réussit à se libérer en utilisant les siens mais ils étaient bloqués... du moins jusqu’à ce qu’une force inconnue vienne arracher bruyamment la porte. En sortant, Kristen et lui se sont fait canarder mais il a essayé d’utiliser ses pouvoirs pour se défendre... ça avait raté. Mais quelque chose, ou apparemment quelqu’un était arrivé de nulle part et l’avait amené en sécurité. Le temps qu’il comprenne ce qui lui était arrivé, son sauveur – ou sa sauveuse plutôt – avait disparue. Il s’est alors dirigé vers la maison en entendant de nouveaux coups de feu à l’intérieur. En se défendant contre le tireur, il avait accidentellement libéré Anna qui du coup avait du gérer le docteur et le tireur. Mais Vincent est arrivé à temps pour empêcher le sniper de blesser Anna. Et ils ont contacté les secours. Mais il prit soin de ne pas parler de ce qu’il avait vu dans le sous sol. Rien que d’y penser... il était content de tenir quelque chose de chaud.

    – J’me souviens que Kristen avait vu quelque chose dans les airs... c’était peut-être elle. Ou peut-être le fruit d’une imagination cultivée par 24 heures de détention. en tout cas on est parti un peu après l’arrivée des secours... et l’heure de publication s’est faite avant qu’on nous ait libérés.

    Du coup il pensait vraiment que c’était cette personne qui était responsable de ses écrits. Le problème, c’est que maintenant, Vince ne pouvait plus aller lui casser la gueule en bonne et due forme. Pas seulement parce qu’il s’agissait d’une fille, mais en plus elle lui avait sauvé la vie.

    – Après, je suis presque sûr de ne pas connaître de fille volante... Et la vanille... c’est un parfum assez répandu...

    Le jeune homme réfléchit encore un peu... mais ce domaine était décidément trop nouveau pour lui.

    – Vous savez comment on déniche un Super qui ne veut pas se montrer ?

    D’après ce qu’il avait compris du résumé de Holly, c’était un peu la spécialité de Mlle Davis.

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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 11:04 Message
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Amy écouta le récit que lui fit Vincent, sans essayer d’en perdre une miette au passage. Celui-ci, et ses deux amis, avait vécu un calvaire. Elle-même n’aurait sans doute pas supporté une telle mésaventure. Et pourtant, il semblait s’en être plutôt bien remis. La force dont certains pouvaient faire preuve était phénoménale, parfois. Elle prit du coup l’étudiant quelque peu en pitié, sans le vouloir véritablement, et elle savait ne pas vouloir se trouver à sa place pour le moins du monde. Mais a priori, il n’y avait rien d’exploitable sur le tas, comme ça, dans son récit. Si ce n’est peut-être la bêtise des forces de l’ordre de n’avoir pas voulu prendre au sérieux le témoignage des victimes. C’était pourtant les plus disposés à apporter des informations utiles ! Les hommes pouvaient être vraiment idiots quand cela dépassait leur entendement. Amy crut sans mal à cette histoire de Super qui volait, et qui les aurait aidé. Vu le nombre de Supers, et autres espèces, qui s’aventuraient maintenant sur Terre, cela n’était pas étonnant. Mais Amy ne se souvenait pas d’avoir un jour entendu parler d’une Super qui volait. Cela ne voulait pourtant pas dire qu’elle n’existait pas. Elle n’en serait pas là si elle s’arrêtait à ce constat facile.

Mais Vincent lui posa une question délicate. Dénicher un Super, qui ne veut pas se montrer ? Difficile à répondre. De manière franche, ou éluder la question ? Certes, les Supers étaient bien souvent le sujet de ses reportages. Mais il faut dire aussi qu’elle adore ce thème, de manière personnelle. Cela l’influençait donc dans un sens plus que dans un autre. Mais elle était journaliste, avant tout. Ce n’était pas vraiment elle qui choisissait au final le sujet de certains reportages. Et encore moins le Super qui ferait l’objet de ce même reportage. La plupart du temps, ces Supers-là faisaient tout pour que les médias les remarquent, et les prennent pour cible. Elle avait rarement eu à faire avec un Super qui se cachait. Lui avouer cela risquerait de le faire se refermer, et elle perdrait contact avec lui et possibilité d’en apprendre plus. Bien qu’elle n’ait pas vocation à en apprendre plus sur lui, vu qu’elle lui avait fait sa promesse, mais il pouvait toujours lui être utile. Elle choisit toutefois d’être franche, et honnête. Il méritait bien cela.

« A dire vrai… Je ne sais pas vraiment. Je ne suis pas une espionne de la CIA, et mes moyens sont donc limités. Mais on peut toujours creuser, et trouver quand on veut. Je ne te garantis juste pas les résultats, et encore moins le temps que ça prendra. »

D’autant plus que le blog, évidemment, ne donnait pas de liens de contacts, ou d’adresses précises. L’auteur était purement et simplement anonyme. Mais Amy refusait de s’avouer vaincu. Pas par un petit idiot d’internaute qui se croyait plus intelligent qu’elle. Elle prenait limite cela comme un défi personnel, désormais…

« Je peux par contre passer un coup de téléphone à quelqu’un. Un collègue, qui peut m’aider. Chez nous, on l’appelle un peu le « Grand Manitou », parce qu’on est tous en contact avec lui, et que, dès qu’on cherche quelque chose, il est là. Et il… Enfin bref, tu t’en fiches… »

Elle sortit son téléphone et pianota, avant de le porter au niveau de son oreille. Elle n’avait pas attendu l’autorisation de Vincent, ou même qu’il ne réagisse. C’était ainsi, Amy était impulsive, elle réagissait au quart de tour. Un allô sortit finalement de sa bouche, et elle discuta quelques secondes à peine avait lui. ‘Dis mois, tu peux me trouver des informations sur un blog ? … Tout, tout, tout, tout ce que tu peux trouver… Oui, un reportage voilà… Je ne sais pas, une intuition, j’ai besoin de connaître l’auteur… Mais pas un mot hein… Oui, je te revaudrais ça, c’est ça. Bye.’ Elle raccrocha. Contrairement à ce que le ton pouvait laisser croire, ils ne se connaissaient pas plus que cela, et la sympathie entre les deux collègues n’étaient que purement professionnelle, fictive…

Elle sourit à Vincent d’un air assuré de ce qu’elle faisait, sûre à 100% qu’ils auraient au moins une piste d’ici les prochaines minutes.
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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 21:43 Message
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    Lorsqu’il eut finit de raconter son expérience en essayant de mettre en avant tous els détails qui pourraient éventuellement les mener à une piste concernant leur sauveur/blogueur, Vincent attendit de voir si la journaliste disposait d’un quelconque plan ou stratégie typique dans ce genre de situation. Le jeune homme ne comptais bien sûr pas aller jusqu’à lui demander de venir avec lui pour confronter le ou la geek qui postait ces articles et photos, mais quelques conseils seraient les bienvenus. Et même des généralités, parce que même s’il sortait avec un super-héros, Vincent n’était pas forcément à l’aise à l’idée d’aller rencontrer quelqu’un qu’il ne connaissait pas et qui était doté de pouvoirs. On pouvait tomber sur de bons samaritains comme sur de gros cinglés. Malheureusement, la réponse de mademoiselle Davis ne l’aida pas beaucoup. Voulant donner le change, par politesse, l’étudiant hocha la tête pour montrer qu’il comprenait. C’est vrai, ce n’était qu’une journaliste... peut-être s’était-il laissé emporter par les récits aventureux de Holly qui comparait le métier à une version urbaine des activités d’Indiana Jones.

    – Oui, je comprends... enfin ce sera mieux que rien, merci.

    C’était toujours mille fois préférable que de rester dans son coin à maudire les blogs et à envisager de pratiquer le vaudou pour mettre fin à ce qu’il considérait comme une atteinte à la vie privée. Heureusement, il avait fait appel à une pro qui connaissait des pros. L’étudiant fit donc un enthousiaste mouvement de la tête pour approuver la démarche de miss Davis. La conversation téléphonique fut courte mais efficace. C’était bien ça. Ps de superflu, pas de temps perdu, direct. Un peu froid peut-être mais Vince s’en fichait un peu, il ne connaissait pas ce Grand Manitou personnellement, pas plus qu’i ne connaissait la nature de sa relation avec la journaliste. Et en plus, ce n’était pas le genre de garçon qui jugeait ces choses là. Cependant, il remarqua la discrétion dont voulait faire preuve son interlocutrice. Ca l’inquiéta un peu. Ok, il savait qu’en faisant appel à elle, il empruntait un chemin indirect potentiellement ombrageux, mais il n’avait pas envie de lui causer des ennuis. Encore qu’il se disait que si c’était le cas, Amy se serait abstenu de passer par son contact.

    – Vous lui avez demandé d’être discret... Qu’est-ce que vous entendiez par là ? J’espère que vous n’allez pas vous attirer des ennuis juste pour m’aider.

    L’étudiant avait dit ça avec un sourire entendu, un peu légèrement comme pour faire passer la pilule. Pour lui c’était évident qu’elle ne prendrait pas de tels risques. Pourtant, il posa tout de même la question, histoire d’être rassuré.

    En attendant que le collègue de la journaliste rappelle, car c’était bien ce qu’ils étaient en train de faire maintenant, attendre, Vincent tenta de lancer la discussion. Un peu au hasard. Il aurait peut-être du réviser un peu en cherchant quels types de sujets la jeune femme aimait couvrir. Pour se donner de la contenance, il reprit une gorger de son café, encore bien fumant pourtant. Mais juste une petite pour ne pas le finir trop rapidement.

    – Vous avez travaillé sur quoi dernièrement ? Si ce n’est pas trop indiscret bien sûr...

    Vincent ne voulait pas se montrer trop curieux. Un comble lorsqu’on avait affaire à une reporter. Mais peut-être que celle-ci préférait garder ses articles sous le coude pour une raison ou pour une autre. A vrai dire, l’étudiant n’était pas très habitué à fréquenter des journalistes, ni même des aspirants journalistes.

    ... ... ...

    La conversation « comble le vide » ne dura pas longtemps car quelques échanges plus tard, le téléphone de Amy se mit à sonner. Le Grand Manitou était aussi un rapide.

    – Amy ? J’suis désolé je n’ai pas trouvé grand chose. Je crois que le blog est tenu par une seule et même personne. En tout cas, c’est le même pseudonyme qui l’a mis en ligne et qui le met à jour. « Candy Love »... avec un nom pareil, on s’attendrait à un site en rose et bleu... Ce blogeur, ou blogeuse, semble-t-il, utilise toutes les précautions possibles et imaginables pour se couvrir. Sur la plateforme du blog, son profil est presque vide. Le truc étrange, c’est qu’il y a même pas d’adresse. Là ça me laisse perplexe. On dirait que ta blogeuse s’y connait en informatique. Par contre, j’ai pu déterminer l’adresse IP qu’elle utilise. Ou plutôt les adresses. Je les ai pas encore vérifiées, mais elles proviennent toute d’un bâtiment sur le campus universitaire de la ville. Le bâtiment de chimie. Je vais essayer de voir si j’peux te donner des indications plus précises... j’te recontacte.

    Et il raccrocha, comme un pro.

    Bon, ben c’était un début de piste. Non ?

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Message posté : Mer 28 Jan 2015 - 17:41 Message
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Elle était confiante. Toujours, dans les moindre moments, mais compliqués. Bien qu’elle ne soit pas invincible pour autant, quand elle avait quelque chose entre les mains, et qu’on lui laissait guider les choses, elle était confiante. C’était cette confiance et aisance qui l’avait propulsé là où elle en était. Au final, ce serait amusant qu’on la croise ici, dans cette cafétéria à l’Université. Venir en aide à un étudiant pour l’histoire d’un blog un peu trop voyant. Ce n’était après tout pas son rôle, mais plus celui de la Police. Vincent avait d’ailleurs eu plus que beaucoup de chance de pouvoir la contacter, le hasard ayant probablement joué aussi. Même s’il y avait foule de journaliste, il l’a choisi elle. Elle se demandait pourquoi. Sans doute peut-être sa passion pour les Supers et le caractère quelque peu mystique de leurs pouvoirs avait-il suffit à le convaincre qu’elle s’y connaissait mieux que tout autre sur le sujet. Oui et non, en fait. Tout dépendait du sujet précisément.
Elle continuait de fixer son téléphone, en attendant que son collègue la rappelle. Un peu impatiemment, il est vrai. Elle ne pouvait rien faire de son côté, il ne lui restait donc qu’à attendre. Autant dire qu’elle n’aimait pas ça. Il fallait que ça bouge, un minimum. Qu’on lui donne un truc à travailler, de la substance et de la consistance. Vincent émit une inquiétude, quelque peu gêné. Elle sourit, appréciant qu’il s’inquiète pour elle. Il était vraiment poli, et vraiment mature, pour quelqu’un qui représentait pourtant physiquement le stéréotype parfait de l’étudiant qui n’aime que faire la fête et faire du sport. Du moins, elle n’avait pas pour réelle habitude de juger du regard, surtout pas. Amy n’aurait jamais pu réaliser des reportages ou écrire des articles de manière neutre si elle s’arrêtait au simple cliché de la première vue. Elle haussa les mains pour clarifier les choses et lui mettre l’assurance que tout va bien.

« Rien à craindre. C’est légal tu sais. Du moins, aussi légal que faire se peut. Après je ne sais pas vraiment comment il fait, mais dès qu’on a besoin de quelque chose, on peut lui demander, il cherche pour nous. Je lui demandais juste qu’il garde ça pour lui, histoire de ne pas mettre un autre journaliste sur ta trace. Le comble, t’imagine … ? »
Ça aurait été bête en effet. C’était d’ailleurs un peu la guerre, entre journalistes, les scoops et bonnes affaires à couvrir. Autant dire que cela pouvait donner lieu à de belles chamailleries des fois. Assez amusantes pour certaines, parfois bien vicieuses pour d’autres. Amy en faisait partie, parfois, elle le reconnaissait même si c’était au final peu reluisant à dire. Mais il faut avouer aussi qu’il était beaucoup plus difficile à avaler ou supporter le fait de se laisser marcher sur les pieds par d’autres. Et ce n’était pas forcément entre chaines ou journaux concurrents, mais même au sein d’une même entreprise cela pouvait vite tourner aux crêpages de chignons et autres petites disputes qui produisent des boudins. Aux rédacteurs et autres de faire tourner la machine et faire office d’arbitre/police.

Quand il lui demanda sur quoi elle avait travaillé dernièrement, elle comprit qu’il voulait combler l’attente. Et elle s’attendait en quelque sorte à ce qu’il ne soit pas forcément l’un de ses fans, comme pour d’autres. Ce n’était pas une star, mais certaines personnes pouvaient se montrer assez… Passionnées, au point d’apprendre par cœur les moindres faits et gestes d’Amy. Un peu flippant, mignon pour quel que uns mais dans l’ensemble assez flippant. Vincent n’en faisait pas partie, il n’aurait pas posé la question sinon. Et autant dire qu’il ne savait pas dans quoi il s’engageait en posant cette question. Ça pouvait lui sembler banal, pour lui, mais pour Amy. C’était comme appuyer sur le détonateur d’un explosif. Une fois lancée, on ne pouvait plus l’arrêter. La fusée avait décollé. Elle était passionnée par son travail, et pipelette comme elle était, elle aurait pu en parler et expliquer pendant des heures. Parler de tous petits détails, et expliquer chacun d’eux comme si on lui avait chargé de décrire la vie de journaliste de A à Z sans s’arrêter une seule fois de parler. Tout en arborant un sourire jusqu’aux oreilles à chaque fois. Mais elle dû se contenter d’un petit aperçu finalement. Le Grand Manitou rappelant aussitôt. Il n’avait pas chômé. Elle attrapa le téléphone et répondit.

Elle raccrocha, quelque peu déçue. Sans doute pourrait-on lire sa déception sur son visage. Elle ne cachait rien et ne cherchait de toute manière pas à le cacher. Mais cela était vraiment logique. Si le blogueur ne voulait pas être retrouvé, elle ne devait pas s’attendre à clore tout ça d’un simple coup de téléphoner. Il fallait investir les lieux et enquêter ! Seconde facette des journalistes. Il n’y a pas que les blablas à la télévision, mais aussi l’investigation. En théorie. Voilà pourquoi les rédacteurs des magazines people ne peuvent être considérés comme des journalistes. Elle fit part de ce qu’elle a entendu à Vincent.

« Au moins on a réduit la zone de recherche à l’Université. Sur une ville de plusieurs millions, c’est déjà un grand pas. »
Autant se rassurer, hein ?
« Avec ces nouveaux éléments, ça ne te dis toujours rien ? Tu l’as sans doute déjà croisé, plusieurs fois… Mais ça peut être n’importe qui, étudiant comme professeur voir agent d’entretien. Même si je pencherais plus pour étudiante. ‘Candy Love’ comme pseudo, ce n’est pas très… Recherché. Disons. »

Huhu’. Elle voulait surtout dire que ça faisait très gamin, et pas très adulte. Autant dire, pseudo parfait pour une adolescente, plus étrange pour un professeur. Mais ça ne voulait strictement rien dire. Cela pouvait très bien être un artifice, voire carrément l’origine d’un auteur quelque peu dérangé. Tout autant de possibilités. Elle se leva subitement, ramassant ses affaires, sous l’étonnement probable de l’étudiant. Elle le dévisagea, comme attendant de lui qu’il réagisse.

« On y va ? »

Elle voulait aller voir directement sur les lieux, dans les labos de chimie. Rester dans cette cafétéria, malgré le cadre sympathique, ne les ferait pas avancer.
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Message posté : Jeu 29 Jan 2015 - 13:05 Message
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    Rassuré sur la légalité de leur démarche, Vincent abandonna les questions d’éthique pour se consacrer à l’affaire en elle-même. Le rapport du Grand Manitou ne lui parut pas particulièrement éclairant. Mais l’informaticien – à défaut de connaître son rôle officiel – semblait confiant et réservait la possibilité de recontacter Amy par la suite afin de lui donner plus d’informations. A dire vrai, pour le moment, Vince n’avait pas trop de piste. Pour l’instant, tout ce qu’ils pouvaient conclure, c’était que le bloggeur, ou plutôt, et c’était peut-être un début de confirmation, la bloggeuse utilisait des ordinateurs du bâtiment de chimie afin de gérer son site.

    – J’connais pas grand monde en chimie... en tout cas, personne qui pourrait avoir ce genre de trip...

    Le journalisme sur la toile n’était pas forcément lié à la chimie. Encore que, tous les étudiants pouvaient choisir des mineures variées et très spécifiques. Certains faisaient des choix étonnants. Gareth avait pris psychologie. Quant aux enseignant et au personnel universitaire, Vince ne se rappelait pas avoir eu affaire à ceux qui travaillaient dans la faculté de chimie. Cela dit, il pouvait s’agir de quelqu’un de très discret. Peut-être qu’il ou elle agissait ainsi par vengeance (mais alors, que pouvait-il avoir fait ?) ou tout simplement par curiosité journalistique. Auquel cas, Vince serait bien content d’avoir Amy à portée de main pour l’aider à comprendre cette motivation. La journaliste en question se montrait d’ailleurs bien surprenante, en tout cas, très motivée. Et comme l’étudiant était quelqu’un de pragmatique qui aimait obtenir des résultats concrets et dans les plus brefs délais, il n’hésita pas à se lever, finir son café d’une traite et mettre son sac sur l’épaule.

    – C’est partie. Le bâtiment de chimie n’est pas loin.

    Mais il fallait tout de même sortir pour s’y rendre. Vêtu d’une simple veste, Vincent donnait l’impression d’être peu vêtu pour la pluie fine que Novembre faisait abattre sur eux. Heureusement, ce n’était pas ça qui allait le rafraichir. Le duo atypique s’abstint tout de même de perdre du temps. Être mouillé n’était jamais agréable, et surtout, Amy était certainement moins thermo-insensible que lui. Sur le chemin, Vince partagea son avis sur l’endroit où devrait se concentrer leurs recherches, encore qu’il ne savait pas précisément quelle approche ils allaient utiliser, mais il espérait que mademoiselle Davis soit plus au fait de cette partie là de leur investigation.

    – Si elle utilise plusieurs ordinateurs, elle le fait peut-être depuis une salle d’informatique. J’imagine qu’elle ne fait pas ça pendant un cours ou bien dans un seul et même bureau.

    La diversité des adresses mentionnée par le Grand Manitou semblait rendre cette hypothèse compliquée. Cela dit, une fille capable de voler et de les sauver d’un sniper cannibale avait peut-être plus d’un tour dans son sac.

    – Après, ils ont peut-être des laboratoires qui comportent aussi plusieurs ordinateurs...

    Et là, il n’était pas sûr que le personnel les laisse visiter les installations sans rien dire. Mais là encore, il ne savait pas quelle stratégie comptait adopter son experte attitrée. L’étudiant n’aurait aucun problème à mentir ou à passer pour quelqu’un d’autre... d’un point de vue moral. Son jeu d’acteur en revanche, serait peut-être moins convainquant. Le mieux étant de laisser la pro parler.

    Après quelques minutes de marche rapide, ils arrivèrent dans l’entrée du bâtiment. L’accueil se trouvait sur leur droite et comportait une dame occupée à regarder son écran d’ordinateur derrière la vitrine qui la séparait de ceux qui venaient faire appel à ses services. Le plan de la faculté, un élément clé pour tous les étudiants de première année, se trouvait en face d’eux et indiquait que la salle informatique se trouvait au deuxième étage. Mais là encore, peut-être que la journaliste avait une autre piste à suivre.

    – Vous avez un plan en particulier ? J’vous préviens, y a des gens qui me reconnaissent parfois sur le campus... à cause de mes pouvoirs et... ben... du blog.

    Autrement dit, il pourrait difficilement passer pour quelqu’un qu’il n’est pas. Sans être une célébrité locale, Vincent bénéficiait souvent de coups d’œil inquisiteurs qui indiquaient clairement que ceux qui l’observaient le connaissaient, ou au moins, avait entendu parler de ses exploits, qu’ils soient accidentels, sportifs, festif (il bossait au bar le plus fréquenté par la population étudiante), ou héroïque... Pendant ce temps, une jeune étudiante sortait d’un couloir qui menait à l’entrée. Le regard perdu sur sa tablette, elle se figea discrètement en levant la tête et en reconnaissant immédiatement Vincent. Celui-ci étant en pleine discussion avec Amy, ils ne la remarquèrent point. La demoiselle en profita pour faire demi-tour. Car bien sûr, elle avait lu ses messages lui demandant d’enlever certaines photos et informations de son blog...

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Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 19:30 Message
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Amy n’aimait pas les temps comme ça, où ils faisaient gris, pluvieux, venteux et froids. L’hiver en quelque sorte. Le printemps est tellement plus agréable, avec ses températures douces et ses rayons de Soleil. C’était donc avec un assez grand soulagement qu’elle franchit le pas de porte pour se réfugier dans un lieu sec et plus chaleureux. Elle prit quelques secondes pour s’habituer à ce nouveau lieu qu’elle ne connaissait pas. Observant du regard les différentes possibilités et personnes l’entourant. Bien qu’elle ait elle-même étudié ici, le bâtiment de chimie était le dernier qu’elle aurait visité. Les mathématiques et matières affiliées aux chiffres ne l’ont jamais réellement intéressée. Et elle était d’ailleurs bien contente de s’être débarrassée de toutes ces choses inutiles pour faire quelque chose de plus concret dans la vie. Elle attrapa un dépliant servant de plan de l’université, qu’elle déplia et lu approximativement en écoutant Vincent parler. Elle pouvait lui donner l’impression de ne pas l’écouter, mais en réalité, si. Lire la carte en diagonale ne l’empêchait pas d’apporter une petite attention à ceux qui lui parlaient. Elle ne vit par contre pas la scène étrange de cette étudiante sur sa tablette qui faisait demi-tour subitement.

« J’ai étudié dans cette université, ce n’est pas trop un problème donc que l’on me voit ici. La nostalgie d’une vieille étudiante ? »

Sourit-elle ironiquement avant de regarder à nouveau autour d’elle, pour réfléchir. Il y avait l’escalier menant aux étages supérieurs, et d’autres couloirs. Il y avait également un accueil, avec une employée à l’intérieur. Amy ne jugea pas nécessaire d’aller la voir, elle ne serait a priori pas d’une grande utilité. Sans vouloir rabaisser la pauvre secrétaire. Mais contrairement aux laboratoires, la salle d’informatique serait, avec un peu de chance, en libre-accès aux étudiants. Sans qu’il n’y ait de contrôle par le personnel si ce n’est une probable surveillance de temps à autre. C’était le choix qui lui semblait le plus logique, pour la journaliste. Bien qu’elle n’ait ni la science infuse, ni l’arrogance de croire tout savoir. Deuxième étage donc, elle invita son collègue de circonstance à la suivre jusque dans la salle informatique. Peut-être qu’ils trouveraient quelque chose. Ils pourraient toujours essayer l’un des ordinateurs, et fouiller dans l’historique. L’avantage d’un ordinateur mit à la disposition des étudiants par l’université était qu’il conservait obligatoirement une trace de chaque étudiant l’ayant utilisé. Même si celui-ci se montre prudent. Et quel que soit sa session de connectée. C’était d’ailleurs ce qui jouerait en leur faveur, car ils auraient au moins le nom de la session s’étant connecté sur internet pour consulter le blog. La probabilité qu’ils trouvent une telle information était assez élevée. Qu’ils trouvent le nom d’un étudiant ayant visité le blog également, et ils pouvaient donc aisément conclure que cet étudiant serait l’auteur ou une personne proche de l’auteur, car la probabilité qu’un simple visiteur du blog, étudiant ou non, passe à l’université dans le seul but de consulter ce blog, dans ce bâtiment précis, par une totale coïncidence soit assez faible.

En gravissant les marches de l’escalier d’un pas rapide, elle fit part de son avis et de sa conclusion plus ou moins fantaisiste à Vincent. Pour voir ce qu’il en pensait. Cela ne coutait rien de tenter sa chance, si ce n’est perdre un peu de temps. De toute manière, même s’il n’était pas d’accord ou ne partageait pas le même optimisme, elle ne lui laissait guère plus de choix. Si ce n’est peut-être pour mener une véritable chasse aux sorcières dans les couloirs du bâtiment, se jetant sur chaque étudiant ayant le malheur de les croiser, pour mener un interrogatoire en bonne et due forme. Pas très diplomate comme stratégie, ni efficace.

« Elle doit être sûre d’elle. Et l’assurance mène à l’imprudence. Tu devrais essayer de consulter l’historique d’un de ces ordinateurs. Tu sais comment faire ? Je vais essayer de voir s’il n’y a rien qui traine dans la salle… Elle peut très bien avoir oublié ou laissé un document. Même si je n’ai pas trop d’espoir. »

Amy n’était pas non plus une grande experte de l’informatique. Mais tout bon journaliste qui se respecte, et qui a l’habitude d’enquêter sur le terrain sait qu’il faut savoir maitriser n’importe quel outil électronique. Ce n’était donc pas une surprise qu’elle puisse ainsi savoir ce qu’un utilisateur a pu consulter sur un poste informatique en cherchant un peu. Même si au fond c’était une atteinte aux libertés, notamment privées. Cependant, ne dit-on pas qu’un journaliste est par nature fouineur et imprudent ?

Comme elle s’y attendait, il n’y avait rien dans la salle. Qui n’était d’ailleurs pas très grande mais suffisait amplement pour le rôle qui lui était destiné. Elle n’avait trouvé que quelques bouts de papiers qui trainaient, plus là par oubli de le jeter qu’autre chose. Des chewing-gums collés sur et sous les tables, rien d’intéressant. Il n’y avait heureusement personne, pour le moment, ils pourraient donc discuter librement. Elle revînt donc vers Vincent, voir s’il avait eu plus de chance qu’elle.

« Bon, ça va être plus compliqué que je ne l’aurais cru au départ… Mais je ne m’avoue pas vaincue, je prends ça comme un défi… Oui, un défi. En tout cas, si tu as une suggestion, je suis toute ouïe. »
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Message posté : Lun 2 Fév 2015 - 12:26 Message
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    Comme il l’avait imaginé, leurs recherches commencèrent dans la salle d’informatique. Celle-ci comportait quelques étudiants qui étaient venus pour se détendre entre de cours ou encore, et c’était le plus probable, pour fignoler un devoir ou une présentation. Amy ne tarda pas à se lancer à l’assaut d’un appareil pour voir ce qu’elle pourrait apprendre. Vincent, pour sa part, n’était pas forcément doué avec les ordinateurs. Mais la tâche que la journaliste lui suggérait ne semblait pas très ardue. Par contre, quelles étaient les chances pour qu’il tombe sur un des ordinateurs que Candy Love avait utilisé ? Si leur bloggueuse était du genre à avoir ses habitudes ou ses ordinateurs préférés, les chances étaient basses. Et l’étudiant eut beau fouiller dans l’historique, il ne trouva aucune référence au blog. Celui-ci ne figurait même pas dans la liste des propositions qu’affichait la barre de recherche. Non, cette méthode ne semblait pas très probante. Et en plus sa « guide spirituelle » revint bredouille. Soudain, le jeune homme eut une idée.

    – Je vais essayer quelque chose.

    Il se leva et se dirigea vers le bureau du surveillant prédisposé à la salle. Car si l’université était un lieu ouvert, il fallait tout de même veiller à ce que les personnes venant utiliser le matériel sur les lieux étaient bien des étudiants. Il fallait donc, logiquement inscrire son nom ou faire quelque chose du genre pour pouvoir se connecter. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Le surveillant n’était là que pour aider les utilisateurs en cas de difficultés, problème technique et pour veiller à ce que personne n’abîme le matériel. Pas d’inscription requise. C’était vraiment pas de chance. Enfin, tant mieux pour les geeks. Toutefois, quelque chose attira le regard du footballeur : un post-it collé sur l’écran du membre du personnel.

    « Merci pour la clé, C. Love »

    Bingo !

    – Vous connaissez Candy Love ? demanda le barman en montrant le post-it d’un signe de tête.
    – Candy ? Ou bien sûr, je suis un grand fan, elle vient souvent ici. Vous... son regard passa de l’enthousiasme à la suspicion Vous la connaissez ?

    Vince n’était pas doué pour mentir.

    – Pas vraiment, mais je connais son blog, c’est...
    – Ah mais je vois ! Vous êtes le mec des bois ! Oui, c’est vrai je me souviens de l’article. Bravo, hein ! Ca devait être vraiment l’horreur là-bas... Et pourtant l’employé semblait ravi. Vous voulez la rencontrer ? Je suis sûr qu’elle serait ravie de pouvoir discuter avec...

    L’homme s’interrompit, comme s’il venait de se souvenir d’un détail.

    – Dommage qu’elle tienne à préserver son identité secrète.

    Tu m’étonnes.

    Vincent jeta un coup d’œil à sa partenaire d’investigation. Peut-être pourrait-elle essayer quelque chose. Le regard du jeune homme attira celui de l’employé qui commencé à examiner Amy, d’un air à la fois professionnel et plus... personnel. Il fallait dire que la journaliste n’était pas désagréable à regarder.

    – Vous savez, j’aimerais simplement lui poser quelques questions. Si elle connaît la personne qui a pu prendre les photos qu’on voit sur le blog alors elle connait la personne qui m’a sauvé la vie. J’me sens un peu redevable.

    Il y avait de ça. Mais entre deux remerciements, Vince comptait également mettre les points sur les i. Si au moins cette Candy Love voulait bien flouter les photos et s’abstenir de citer son nom, le pyromancien lui en serait infiniment reconnaissant et saura retenir son désir ardent de voir se blog partir en fumée. Bon, un site virtuel ne pouvait pas vraiment se détruire comme ça, mais l’image lui semblait correspondre à ses sentiments. Ses pouvoirs l’influençaient peut-être un peu... L’employé de bureau considéra cette proposition, manifestement, il n’avait pas vu les choses sous cet angle. Cependant, son regard trahissait autre chose, une certaine curiosité qui n’était pas sans rappeler celle que manifestait sa charmante et passionnée colocataire. Finalement, il déclara :

    – Hum, oui... je suppose qu’elle ne m’en voudra pas si je vous donne ses coordonnées... Mais il faudrait que je vérifie que c’est bien vous dans le reportage...


    Le barman se dit qu’il voulait peut-être vérifier le nom cité avec celui qui figurait sur sa carte d’étudiant mais le regard de cet homme lui montrait clairement qu’il voulait une preuve plus particulière. Avec un sourire embarrassé, Vincent hocha la tête avant de regarder un peu autours de lui. Il était hors de question de se changer en cendres, c’était beaucoup trop intense et il craignait de perdre le contrôle. A la place, il se pencha vers la corbeille de bureau et s’empara d’un morceau de papier qui y avait été jeté. Le muté le plia en boule et l’enferma dans son poing avant de l’exposer, sauf que cette fois le papier brûlait. Pour éviter d’activer les alarmes à incendie, Vince ne conserva sa main ouverte que quelques secondes avant de refermer les doigts et d’inciter les flammes à s’éteindre. Lorsqu’elles furent dissipées, il jeta les restes dans la poubelle. Quelques secondes plus tard, le surveillant lui tendit un post-it sur lequel il avait inscrit le nom de la blogueuse ainsi que son numéro de portable. « Candice Loveless ». Avant de prendre congé de leur précieux informateur, Vince se tourna vers Amy pour lui montrer le papier. Peut-être que la journaliste avait d’autres questions à poser.

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Message posté : Mer 11 Fév 2015 - 16:51 Message
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« Je n’aime vraiment pas ça. Cette bloggeuse va m’entendre râler… »

Amy tenait ses mains sur les hanches en tenant une moue plus que déçue. Elle ne perdait pas en son assurance, mais elle s’en retrouvait piquée dans son moral. Et plus particulièrement son égo. Elle avait l’habitude de persévérer et continuer jusqu’au bout. Et il était surtout évident que rien n’était facile à avoir, surtout pour un journaliste, qui se devait de creuser. Mais là, il n’y avait tellement rien à creuser. Comment retrouver une personne dont on ne connaît, ni le nom, ni l’âge, ni véritablement le sexe, ou encore même l’apparence ? Il n’y avait qu’à la télévision, dans les shows tv, que la police arrivait à retrouver un criminel en moins de 24H avec seulement un bout de cheveux d’un témoin inconnu de la scène. Autant dire, Mission Impossible de reproduire ces techniques dans la réalité. C’était peut-être même cette impatience à vouloir montrer ce dont elle était capable, et vouloir également découvrir la personne se cachant derrière ce blog, qu’elle en avait probablement loupé des indices importants. Quoique, il n’y avait pas énormément d’informations à analyser pour y déceler un indice. Elle se repassait l’histoire dans sa tête, les différents protagonistes… Anna, Kirsten… L’OVNI qui les avait sauvés deux fois… C’était vraiment tordu comme récit. Un vrai casse-tête chinois, comme peuvent savent les apprécier. Elle se grattait la tête en réfléchissant quand elle s’aperçut que Vincent n’était plus là. Elle reprit pied, sur le coup, dans la réalité. Suivant les échos de voix, elle tomba sur un petit bureau d’une sorte de concierge, gardien ou on ne sait trop quoi. Vincent discutait avec un homme. Homme qui la regardait étrangement. Amy ne dit rien, se contentant d’un sourire poli mais quelque peu gêné. Il aurait pu être un peu plus discret.

Elle n’intervînt pas dans la conversation, Vincent conduisait la négociation suffisamment bien tout seul. Elle n’avait pas à ajouter son grain de sel dedans, au risque de faire refermer l’huître sur elle-même. Finalement, l’adolescent pu avoir son dû, après un court échange à l’amiable. Tout comme le surveillant, Amy ne perdit pas une miette du léger spectacle qu’offrit le pyromancien en brûlant ce bout de papier. ‘Ça aurait pu faire un joli fond d’écran…’. Mais bon, elle n’allait pas lui promettre de retrouver une photographe indiscrète pour elle-même le retranscrire sur son téléphone. Elle devrait se contenter, en tant que fan invétérée des pouvoirs, de garder ce petit souvenir en tête.

Une fois le post-it obtenu, ils remercièrent le surveillant, puis partirent. Une fois en-dehors de la salle information, et dans le couloir, Amy prit le post-it pour y lire ce qu’il y était inscrit. C’était des coordonnées, assez minces mais tout de même. Il faudrait l’appeler, quoiqu’il arrive. Encore fallait-il y aller avec des pincettes.

« Bon. Je me lance. Vaut mieux pas que ce soit toi qui le fasse, si elle te reconnaît, on perd notre seule chance. »

Et en effet, elle se lança. Non sans avoir réfléchit une minute de comment approcher la chose. Franche et directe ? Mentir ? Négocier ? Portable dans les mains, elle recopia soigneusement les numéros du petit papier jaune sur les touches de son clavier. Une fois sûre de ne pas s’être trompée, elle valida. Main sur l’oreille, elle attendit que la conversation se lance. Mais visiblement, Mademoiselle Loveless ne souhaitait pas décrocher. Amy allait s’apprêter à raccrocher, ne souhaitant pas tomber sur le répondeur, le son significatif de la personne au bout du fil se produisit. Un « Allô ? » put être entendu. C’était inespéré. Amy sourit largement, en mordant légèrement le coin droit de la lèvre inférieure d’un petit air de victoire. Ils avançaient un peu, enfin. Vincent pouvait se vanter au moins d’avoir pu débloquer les choses.

« Oh, je suis vraiment désolée de vous déranger. Mais c’est important. Je suis Mlle Davis, Reporter, et… Disons simplement que votre blog est vraiment intéressant. J’aimerais vous voir, en personne. »

Elle tentait tant bien que mal d’occuper la conversation, essayé d’acculer cette Candice au pied du mur pour lui faire dire « oui ». Elle ne devait pas poser la question de savoir comment elle l’avait retrouvé. Amy n’aurait pas de réponse à lui donner. Au final, le ton dans la voix de la jeune bloggeuse trahit son état. Celle-ci était surprise, et sur le coup, ne chercha même pas à mentir ou nier qu’elle avait un blog. Mais allait-elle mordre à l’hameçon ? C’était une autre histoire. Il y eu un flottement de quelques secondes, où Amy ne put entendre qu’une suite de bruits, probablement liés à la respiration. Son interlocutrice hésitait, enchainant les « Ecoutez… » Et « Je ne sais pas trop… ». Amy ferma les yeux, et insista une dernière fois.

« Si vous voulez rester anonyme, je peux taire votre identité vous savez. Je veux juste discuter, rien de plus. »

Ce qui n’était d’ailleurs pas un mensonge. Amy sentait qu’elle était en train de perdre la main, la balle revenait au centre du terrain, dangereusement vers l’équipe adverse. Elle ferma les yeux, puis soudainement, la Candice céda. Elle dû se dire probablement que si une journaliste avait réussi à la retrouver, celle-ci ne lâcherait pas l’affaire jusqu’à avoir ce qu’elle cherchait. Là encore, ce n’était pas un mensonge. Victorieuse, elle remercia et échangea quelques mots avant de finalement raccrocher.

« Bon, l’cow-boy. On la tient. On doit la retrouver dans une vingtaine de minutes devant ce bâtiment. »

Le problème ? Ce n’était pas comme si la jeune adolescente en question avait aperçu Vincent quelques minutes plutôt, en compagnie d’une femme. Ce qu’Amy n’avait pas saisi, c’était que la Candice avait fait le rapprochement entre l’appel et la journaliste.
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Message posté : Mer 11 Fév 2015 - 23:47 Message
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    Wow, ça avait marché, Vincent avait réussi à obtenir le nom et le numéro de la blogueuse. Qui l’eût cru ? D’ordinaire, le jeune homme ne se servait de ses capacités de persuasion que dans les jeux de rôles que certains professeurs leur proposaient ou encore au bar lorsqu’il fallait encourager les clients à consommer. Son taux de réussite générale était d’environ 65%, du coup, il s’estimait vraiment en veine. Amy la journaliste enchaîna avec une décision immédiate.

    – Vous avez raison.

    Il lui tendit donc docilement le papier et elle pu faire son numéro. La jeune femme se débrouillait très bien. En tout cas elle n’avait pas l’air de paniquer ou de trop hésiter. Vincent n’aurait probablement pas réussi à mentir comme ça, ni au téléphone ni en vrai. Tordre la vérité comme il venait de le faire avec le surveillant, c’était déjà exceptionnel de sa part. Un peu nerveux, il portait une main devant ses lèvres pour contenir son stress et observa la conversation. Peut-être aurait-elle pu paraître plus naturelle, mais il n’était pas assez expert pour se permettre des conseils. Et puis avoir l’air naturel, ça ne voulais rien dire.

    De son point de vue, en ne suivant la conversation que d’un côté, Vince eut l’impression que ça allait planter. Que Candy Love allait raccrocher et qu’ils allaient perdre la piste... Puis miracle, elle accepta. Si l’étudiant avait été une cheerleader, il en aurait sauté sur place. Ignorant lui aussi que leur cible les avait repérés un peu plus tôt, il laissa l’enthousiasme le submerger.

    – Super ! Vous êtes géniale !

    Il était à deux doigts de la prendre dans les bras. Un peu de retenue, voyons ! Attendons de voir si l’entretien porte ses fruits. Mais avant, le barman avait une flopée de questions techniques.

    – Alors comment est-ce que vous voulez faire ? Vous y aller seule et je vous surveille ou bien on l’attend ensemble ?

    S’il devait suivre la politique amorcée par la conversation téléphonique, le premier plan semblait le plus adéquat, mais il n’avait pas forcément envie de laisser sa généreuse aide aussi vulnérable. On parlait d’une fille qui était théoriquement capable de voler et d’arracher les portes en bois très facilement de ses gonds.

    – Et du coup, vous savez comment on pourrait la convaincre de retirer ses photos ?

    Là encore, si Amy le laissait participer aux négociations, Vince aimerait bien avoir à sa disposition des arguments plus percutants que le : « tu enlèves ces photos parce que c’est une violation de la vie privée ». En plus, en compagnie d’une journaliste, ce genre de propos ne tenait peut-être pas la route. Du coup, pour le moment, Amy devait s’employer à rassurer Vincent et lui expliquer la marche à suivre. Et dire que ce mec avait survécu à deux cannibales au sang froid.

    ... ... ...

    18 minutes plus tard

    Vincent se tenait dans une salle de classe vide qui offrait une belle vue sur l’entrée du bâtiment, là où se tenait maintenant Amy qui attendait leur rendez-vous. Heureusement pour elle, il ne pleuvait plus, l’air était toujours humide, le ciel gris, mais au moins, elle ne serait pas mouillée. Le jeune homme s’en voudrait beaucoup si elle attrapait un rhume par sa faute. Nerveux, il attendait devant la fenêtre en se triturant les mains, étirant les bras, faisant les cent pas, tapotant sur un mur ou sur une table. Il ne pouvait pas rester dans l’entrée du bâtiment car si Candice se rendait au rendez-vous par là, elle pourrait le repérer et peut-être fuir. Comme elle n’avait jamais répondu à ses messages sur son blog, Vincent ignorait qu’elle serait son attitude à son égard. Mais attendre comme ça, aussi loin et sans rien faire, c’était insupportable. Pire que les instants juste avant un examen ou un match... Heureusement, il ne restait plus beaucoup de temps. Une minute normalement. Soudain, une ombre tomba des airs pour se poser au sol juste devant la journaliste. Vince n’eut pas le temps de voir de quoi ou de qui il s’agissait car l’ombre avait déjà attrapé la jeune femme et s’envola avec elle pour se poser sur le toit du bâtiment d’en face.

    Voilà un plan qui se déroulait sans accroc.



Spoiler:
 
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Message posté : Sam 14 Fév 2015 - 12:06 Message
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« Je ne sais pas vraiment comment on pourrait l’y forcer, mais en forçant, et à deux, on devrait pouvoir réussir. On a réussi à la démasquer, elle est en position de faiblesse, même si on ne la convainc pas, on n’est toujours pas hors-jeu. »

Elle lui expliqua ensuite qu’il vaudrait mieux qu’il attende à l’écart, tout près mais à l’écart tout de même. Au moins les premières secondes, puis il se dépêcherait de venir les rejoindre une fois l’intéressée venue au rendez-vous. Le tout était juste de ne pas l’effrayer, puis la ‘piéger’ une fois arrivée. Ça ressemblait un peu à une partie de chasse, d’ailleurs…

** *** **** *** **

Une quinzaine de minutes plus tard, et la voilà seule dehors, à attendre. Elle se tenait près de la portée d’entrée, et heureusement pour elle, le temps s’était calmé, offrant un moment de répit. Elle jeta brièvement un regard sur sa montre, n’aimant pas attendre toute seule. Un autre regard se porte vers le bâtiment, à la recherche de Vincent. Auquel elle offrit un clin d’œil confiant avant de finalement reporter son attention sur les allers-venues alentours. Il y avait quelques passants, qui allaient d’un bâtiment à l’autre, étudiants ou non. N’importe lesquels pouvaient être Candice. Sauf les hommes, a priori, mais ils pouvaient très bien la connaître ou même être complice. Et alors que l’heure se rapprochait du rendez-vous fixé tantôt, une masse noire atterrit juste à côté d’elle. Elle eut un léger bond de surprise, ne s’attendant pas à une telle arrivée. Et l’ombre profita qu’Amy baissa sa garde cette poignée de secondes pour l’agripper puis s’envoler… Avec elle. La jeune femme lâcha un cri alors qu’ils étaient propulsés dans les airs. Il ne manquait plus qu’elle se fasse kidnapper, encore. Cette ville avait un véritable problème avec les journalistes.

Finalement, l’escapade aérienne ne fut que de courte durée, et pour le plus grand bonheur d’Amy, qui ne cessait de se débattre et gesticuler en sommant l’inconnu de la laisser redescendre. Arrivés sur le toit, l’emprise qui l’étreignait se desserra, et Amy pu se libérer en titubant, se remettant à peine de l’action. Il y avait mieux comme baptême de vol. Une fois la respiration reprise, et qu’elle ait pu voir qui l’avait ainsi prise comme jouet, elle lâcha ses nerfs.

« Mais vous vous prenez pour qui ? Espèce de fou furieux… Enfin… Folle furieuse… »

La fille en question ne répondit pas, se contentant d’observer Amy d’un air neutre. La réponse néanmoins était évidente. Ça ne pouvait être que Candice Loveless, alias Candy Love. Celle qui avait pris les photos, la même qui avait sauvé Vincent et ses deux amis plusieurs fois. Les Supers, notamment héroïques, avaient le don pour vouloir se faire remarquer, ou croire que les citoyens lambda leur devaient tout, pour la plupart. Et qu’ainsi, ils pouvaient se permettre des actions plus ou moins… Malotrus.
Mettant fin au silence, Candice allait parler, et remettre les pendules à l’heure visiblement, mais Amy ne lui en laissa pas le temps. Elle avait assez mauvais caractère, et n’appréciait pas trop qu’on joue avec elle comme ça. La journaliste prit les devants et allait essayer de trouver un accès pour redescendre, tout en pestant à voix haute et couvrant la jeune Candice d’insultes ou d’adjectifs peu reluisants. Mais la Super n’allait pas la lâcher si vite, si elle l’avait amené tout en haut, ce n’était pas pour rien. Elle lui attrapa le bras, la sommant de s’arrêter et l’écouter parler. Amy n’eut pas le choix, l’étudiante semblait profiter d’une incroyable force et elle aurait beau se débattre, elle comprit que c’était vain.

« Vous croyez que je ne savais pas ? Votre petit jeu avec Vincent, là, il m’attendait bien patiemment. J’avais besoin d’être seule. Je ne sais pas à quel jeu vous jouez tous les deux, en tout cas j’aimerais que vous arrêtiez. Immédiatement. »

Le ton dans la voix s’était affermi vers la fin. Il suffisait d’un regard pour comprendre qu’elle ne plaisantait pas. Mais cela sonnait dans les oreilles d’Amy comme une provocation, voire même une invitation à faire tout le contraire. Cependant, s’énerver ne servirait à rien. Amy hocha la tête sur le côté, puis leva les deux mains au niveau de ses épaules, en signe de retrait. Et recula d’un pas pour se détacher de l’emprise de Candice.

« D’accord, d’accord… On se calme tout de suite ! J’ai d’autres chats à fouetter que maîtriser votre humeur de crise d’adolescence… Il faut juste que vous supprimiez les photos où l’on aperçoit Vincent, ensuite on vous laisse tranquille. C’est facile. »

Candice, qui paraissait assez chétive et faible dans son habit traditionnel de jeune étudiante, comparée à ce qui était réellement, réfléchit un instant. Mais comme pour défier le propre côté rebelle de la journaliste, Candice la défia elle aussi.

« Sinon quoi ? Vous allez me mettre la fessée ? Vous le savez autant que moi, vous êtes journaliste pas vrai ? Ou vous mentez aussi toujours autant ? Le monde doit savoir la vérité, qui les entoure, et qui le protège… »

Candice n'avait pas totalement tort. Amy le savait, le sentait, au fond. Elle-même raisonnait ainsi, dans son travail, insistant pour pouvoir offrir toujours plus d'informations et de scoops, comme une quête ultime. Elle n'allait pas pour autant abandonner Vincent à cette logique arbitraire. Détruire la vie des autres, même pour le bien, était moralement bancale.

L’arrivée d’un nouvel intervenant interrompit Candice, ce qui attira le regard curieux des deux femmes.



Nota Bene:
 
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Message posté : Dim 15 Fév 2015 - 0:26 Message
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    Au moment où il avait compris qu’il s’agissait d’un vol de journaliste, Vincent s’était précipité hors de la salle où il se trouvait. Après avoir traversé l’entrée du bâtiment de chimie au pas de course, il se retrouva dehors où il put voir qu’Amy avait était emmenée sur un toit. Son cerveau ne prit pas le temps de réfléchir... Ou plutôt, ses jambes avaient prit de l’avance et l’amenaient en vitesse en direction de se bâtiment. Pendant ce temps, les méninges reprenaient leurs fonctions. Bon, logiquement, si cette folle avait amené Amy sur un toit, ce n’était pas pour la zigouiller. Voulait-elle simplement s’assurer un tête à tête avec la journaliste ? Ou bien elle l’avait repéré et voulait surtout éviter de se retrouver confrontée à lui. Mais alors, comment avait-elle su ? Non, ne pas se poser de question. Essayer d’y répondre, c’était plus urgent, et plus constructif.

    Pendant ce temps, ses entraînements de football faisaient leur effet et Vincent filait comme une flèche. Il n’y avait pas trop de monde sur son chemin, du coup il n’y avait pas vraiment besoin de manœuvrer, mais une fois à l’intérieur du bâtiment, il dut s’arrêter pour s’orienter. Car évidemment, il se trouvait dans un endroit qu’il ne connaissait pas vraiment. Pourquoi rendre les choses plus simples ? Mais heureusement, il réussit à trouver des escaliers assez rapidement. Il ne manquait plus qu’à les monter. Une fois tout en haut, il trouva un couloir qui menait sur une porte vitrée liant l’intérieur aux escaliers extérieurs qui montaient encore... Bénédiction !

    Vincent finit donc par arriver sur le toit, un peu essoufflé. Amy se trouvait devant lui et devant elle, il y avait la fameuse blogueuse, ou plus exactement celle qui lui avait sauvé la vie dans la forêt... et qui se chargeait actuellement de la rendre infernale. Bouillonnant de colère et d’adrénaline, le jeune homme parvint à se contenir suffisamment pour ne pas cracher ses griefs sous une forme venimeuse. Il trouva toutefois rapidement un substitut. Un substitut qui commencer par pointer un doigt accusateur en direction de Candy Love.

    – Ca se fait pas de voler les gens comme ça sans prévenir !

    Et le père moralisateur obtint un petit silence d’indignation.

    – C’est très impoli, et pas très discret...
    – C’est encore en vie et ça se plaint ?

    Touché. Elle marquait un point. Si elle n’avait pas utilisé son pouvoir dans la forêt, Vincent serait actuellement dans un cercueil avec un trou entre les yeux.

    – C’est pas le sujet...
    – Exactement, le sujet, c’est que je veux que vous me laissiez tranquille ! Mon Blog est en pleine ascension! Vous avez vu le nombre de visiteurs ?

    Non et Vincent préférait ne pas savoir. Mais cette chère Candice n’aurait peut-être pas du parler de son blog car cette simple référence raviva la colère de Vincent.

    – Parlons-en alors de ton blog ! Puisque tu ne réponds pas à mes mails. Pourrais-tu retirer mon nom de ton site et au moins, flouter les images pour qu’on ne m’y reconnaisse pas.

    Mais la petite était têtue. Evidemment.

    – Je ne suis pas du genre à masquer la vérité.

    Le pyromancien était à deux doigts de tout cramer.

    – Bien, alors dans ce cas tu ne verras aucun inconvénient à ce que je t’attaque en justice.
    – Ca fera une bonne publicité pour mon blog. Et puis tu as utilisé tes pouvoirs pour jouer au super héros, non ? Ca te classe dans la même catégorie qu’eux. J’peux pas priver Star City d’un de ses héros.
    – J’suis pas un héros, j’suis juste un étudiant paumé qui a des pouvoirs et qui essaie juste de faire les choses bien ! Mon amie avait disparu. C’était une histoire louche. J’ai appelé la personne la plus disposée et compétente pour m’épauler et je l’ai aidé. C’est aussi simple que ça... J’veux dire... la police faisait rien. Tout le monde aurait fait pareil à ma place, non ?

    La question était sincère. Il l’adressait aussi bien à Candy qu’à Amy qu’il bombardait de regards interrogatifs. La journaliste de haut vol (littéralement) commença à douter un peu. Ou peut-être à manifester un semblant d’empathie. Cela suffit à calmer Vincent qui interrompit cet échange échauffé pour une séance de diplomatie, en espérant qu’Amy allait le soutenir.

    – Ecoute... tout ce que je veux c’est qu’on me laisse tranquille. Pas de nom, pas de visage... en échange je réponds à toutes les questions que tu veux.
    – Et pour le dragon ?
    – Le dragon ?
    – Celui qui a apparemment failli détruire l’hôpital dans lequel tu comatais. Des témoins ont dit en avoir vu un... ou quelque chose qui y ressemblait. Tu vois j’ai fais mes devoirs moi aussi.
    – Oh bon sang mais ça n’a rien à voir !

    En tout cas, sans l’aide d’Amy, il serait difficile de calmer le jeu. Autre parenthèse : Vincent ne niais pas l’existence d’un dragon.

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Message posté : Dim 22 Fév 2015 - 13:26 Message
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Amy était soulagée en découvrant Vincent, essoufflé mais bien vivant, au niveau de l’escalier menant au toit. Le petit jeu de l’apprenti superwoman allait enfin pour s’arrêter-là, et ils allaient pouvoir tous passer à autre chose. La petite expérience aérienne lui avait suffi pour la journée, elle irait boire un bon litre de café et s’affaler dans le canapé en regardant des ânes parler à la télévision. Sauf que… Sauf que la vie n’est pas juste. Bien que formant un duo incongru, les deux compères se heurtèrent à un mur de pierre. La bloggeuse n’allait pas concéder si facilement face aux exigences de Vincent. Mais il fallait s’y attendre. Les novices en journalisme, on les reconnaissait facilement. Ils croyaient tous savoir sur tout, et pensaient pouvoir se permettre n’importe quoi sous prétexte de bonnes mœurs et de vérité. Et ils pouvaient faire montre d’une grande obstination s’ils le pouvaient. Le ton monta assez rapidement, alors que la super-volante continuait dans le sarcasme et la provocation. Amy n’était plus en colère, celle-ci ayant été vite remplacée par celle que Vincent exprimait avec une légère retenue pour, visiblement, ne pas frapper la bloggeuse. Ce qui aurait probablement était totalement inutile d’un autre côté.

D’abord, la journaliste restait en retrait dans la discussion. Elle essayait de suivre le rythme, et semblait d’ailleurs compter les points. Elle hochait la tête à chaque argument de Vincent d’un air de soutien assuré. Et elle agitait en signe de négation, telle une arbitre dressant un carton rouge, quand la bloggeuse refusait ou lançait des piques. D’un côté, Amy aurait pu comprendre la super, dire la vérité, tout ça, et tout ça… Mais cela lui aurait fait trop mal de l’avouer à voix haute. Et le jeune footballeur lui avait accordé si facilement confiance, elle ne pouvait pas lui tourner le dos pour un tel argument. Elle allait s’apprêter à intervenir, mais le caractère échauffé de la conversation lui coupa plusieurs fois la parole, et elle avait l’air d’être invisible pendant quelques secondes.

Et lorsque Vincent posa une question à voix haute, comme s’il devait se justifier ou demandait l’approbation pour ses actions, Amy hocha une nouvelle fois la tête d’un air d’accord. Il est vrai que toute personne normalement constituée aurait fait quelque chose pour aider un ami. Amy se fendit même d’un « C’est vrai », simple, précis et concis, enfonçant bien la certitude de sa pensée. Elle la première aurait fait de même, enfin, si elle avait eu un super à porter de main probablement. Sinon, la police aurait été plutôt son premier réflexe. Mais ce n’était pas la question. Cela sonna finalement comme un signe d’apaisement, et la conversation put reprendre un fil plus adouci. Peut-être arriveraient-ils à tirer quelque chose de tout ça en discutant plus patiemment et mettant le pour et le contre.

Néanmoins, l’esprit de la journaliste fit deux tours dans sa caboche quand le mot dragon fut prononcé. Voilà que la négociation prenait une tournure inattendue. Amy rigola un court instant, légèrement. Comme si elle pouvait croire une telle sornette. La bloggeuse devait être bien effrayée pour pouvoir se défendre avec une telle excuse. Elle ne manquait pas d’imagination. Et Vincent fut du même avis, puisqu’il ne comprit lui-même pas tout de suite. A priori, la bloggeuse dégageait un air assuré, et Amy comprit qu’elle ne plaisantait pas. Elle écarquilla les yeux. Elle voulait bien avoir l’esprit ouvert, comprendre certaines choses qui pouvaient avoir l’air impossible pour le commun des mortels. Les mutants, c’était une chose. Les « aliens » aussi, ainsi que les supers. Les monstres aussi. Mais des dragons, sérieusement ? Pourquoi pas des licornes ensuite ?

La journaliste jeta un regard vers le footballeur, qui se défendit d’un simple « ça n’a rien à voir ». Amy ouvrit grand la bouche. Elle était partagée entre un sentiment de surprise totale, elle était comme qui dirait sur le cul. Avec un léger sentiment d’excitation journalistique. Et autant dire que sur le coup, elle ne savait pas vraiment comment prendre la nouvelle. Si ce n’est un : « il faut que j’en vois un de mes yeux ! ». Vincent aura des réponses à fournir, quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse. Il y avait néanmoins une priorité à régler avant.

« Stop, stop, stop les gars. C’est quoi cette histoire de malade ? »

La question était surtout redirigée vers Vincent, qui était le plus à même de l’éclairer, et puis de toute manière, Amy n’aurait pas voulu de Candice pour lui répondre. Le peu qu’elle avait pu voir d’elle et son caractère imbu suffisait à la dégouter. Cependant, Candice en profita pour enfoncer une porte entrouverte d’un grand coup de pied.

« Ah ? Il ne vous a pas raconté … ? Mais quelle équipe de choc que voilà, on voit que la confiance règne ! Vous ne reprendrez pas un verre de lait avec votre goûter aussi ? »

Amy lança un regard désapprobateur, sans doute vain puisque jouant le jeu de Candice. Celle-ci provoquait, et ça marchait. La journaliste tombait dans le panneau, plutôt que d’ignorer purement et simplement. C’est qu’elle avait une certaine susceptibilité, et un petit égo à protéger la brune. Et à la bloggeuse d’en profiter encore un petit plus.

« Je ne sais pas ce qui vous amène ici, je doute que vous soyez une bonne samaritaine, mais cette histoire concerne Vincent et moi. Donc, si vous n’y voyez pas d’inconvénients, reprenez vos jouets et partez. »

Là, elle marquait un point. Amy fut scotchée sur place par cette double réplique en rafale. Il était vrai que la journaliste n’était pas vraiment à sa place ici. Elle ne connaissait pas l’étudiant pyromancien, et n’avait strictement rien à gagner à l’aider, sauf si peut-être elle trahissait son serment. Ce qu’elle ne ferait pas, à moins de nécessité absolu. Elle commençait à douter, et elle espérait donc maintenant que son compagnon d’infortune, Vincent, prenne le relais pour reprendre l’avantage. Il était clair que sur le coup, Amy était hors-jeu et si elle continuait d’agir ainsi, elle finirait par s’enfoncer et s’enterrer de plus en plus au point de finir par tomber sur la Chine.
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