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An Affair to Remember

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Message posté : Dim 23 Nov 2014 - 19:10 Message
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10 Novembre 2014 - Fin d'après-midi

Une veille de Jour des Vétérans. Une veille de jour de congé national. Une journée entière dédiée au souvenir et au remerciement des hommes et des femmes ayant servi les Etats-Unis d'Amérique dans ses combats à travers les années. Une journée à la signifiance épineuse, pour les temps troublés que vivait une nation américaine en pleine crise existentielle : scandales financiers, scandales politiques, scandales d'espionnage, scandales militaires ... scandales héroïques, même, bien que le terme n'ait plus vraiment été à employer depuis les années soixante-dix et l'affaire qui vit un super tuer des gardes nationaux à Kent, dans l'Ohio. Evidemment, à l'ère d'internet et de l'information rapide et gratuite, tout est bon pour faire du sensationnel et de l'audience, et tout en vient à être galvaudé, trituré et édité, plutôt que recoupé et véritablement vérifié.
A la veille d'un jour qui voit ressortir les vieux démons de l'intérieur des placards et les vieilles affaires des dessous de tapis au nom des grandes causes, il y aurait bien des choses à dire, bien des parallèles à dresser : la réalité serait-elle elle-même devenu le champ de bataille de l'information ? La vérité a-t-elle un prix, et si oui, doit-on le payer en sang rubis ou en dollar émeraude ?..

Autant de questions, autant d'interrogations, qui ne sont aucunement à l'ordre du jour pour une jeune Anna LeBlanc qui, du haut de ses dix-huit printemps - et achevant même son dix-huitième automne pour entamer son dix-neuvième hiver. -, avait ses propres motivations, ses propres projets pour l'après-midi et la soirée, son propre agenda comme les anglophones se plairaient à le décrire.

Celui-ci était simple : il consistait à attendre, les fesses vissées sur le siège conducteur, en écoutant les fréquences radios de la police, après les cours, sur une installation bricolée avec les moyens du bord, et il fallait dire qu'internet ne manquait certainement pas de ressources dès qu'il était question de concevoir des gadgets du genre. Pour Anna, c'était devenu plus qu'une simple occupation, plus qu'un simple moyen de s'affirmer, c'était devenu à la fois une obsession et un hobby. On pouvait y voir la marque de l'adrénaline, du danger, du besoin de donner un sens à son existence ... Toutes ces choses que bien des jeunes se contentaient souvent de rêver ... Anna, elle, le faisait, à son échelle, elle avait été confrontée au danger, plus d'une fois, elle avait reçu des coups, pris des tirs, et pourtant, elle en redemandait. Allez savoir ce qui pouvait fasciner autant une jeune femme dans une voie aussi dangereuse et hasardeuse, où les criminels tant que la police ne cherchait qu'à vous mettre la main dessus, pour des raisons aussi néfastes les uns que les autres ...

" "Protéger une ville qui nous déteste et qui a peur de nous ... " " psalmodia Jezebel, pensive, un comics de la Blackwood entre les mains, tout en levant la tête des cases pour s'observer dans son rétroviseur intérieur. " C'est bien notre boulot, ça, chère. Tu ne pouvais pas mieux le décrire. "

Une réplique directement tirée d'une série racontant les aventures d'une autre Jezebel, la première, une super plutôt confidentielle, membre un temps de la FORCE, dans les années quatre-vingts. Une femme qui avait immédiatement attiré la curiosité d'Anna, à plus d'un titre, puisqu'elles disposaient d'une certaine ressemblance : cette ancienne héroïne copiait elle aussi les autres, et elle était représentée avec des yeux verts particulièrement vifs et clairs, comme sa lectrice. Au-delà de ses deux points, elle étaient plutôt proches, dans cette volonté de vouloir faire la justice à tout prix, sans compromission d'aucune sorte. C'était, à vrai dire, le sujet précis de la scène qu'elle lisait où, censée être aux arrêts, elle était confrontée par un de ses collègues. Il y soulignait la similarité de ses horaires de sorties, et la découverte de deux corps de voleurs à l'arraché inconscients et battus quasiment à mort, ou celui d'un pédophile avéré transféré en urgence à l'hôpital avec deux jambes brisées.
Elle tentait de dialoguer, mais très vite, cela tournait court. On lui mettait sur l'épaule, on lui disait d'écouter, et elle répondait "Non, toi, écoutes. ", avec les yeux brillants du même rouge vibrant que son empêcheur de faire-de-la-justice-en-rond de vis-à-vis, et elle utilisait ses pouvoirs pour l'envoyer au loin, avant de s'enfuir dans le ciel nocturne avec un jet-pack, comme toutes ses précédentes escapades.

" Un réacteur dorsal ... " marmonnait la jeune justicière à la mèche blanche, en notant l'idée sur un petit carnet qu'elle tenait à portée, et sur lequel elle inscrivait tout ce dont elle avait besoin, des informations sur les codes utilisés par les fréquences de la police à ses idées de tenues ou de gadgets, ou même les répliques qu'elle fantasmait de placer, que ce fut en conversation ou en combat. La liste était longue, et elle inscrivait la mention "Réacteur dorsal" en dessous d'un dessin de tenue de combat de cuir à deux bandes de renforcements formant des "V" au niveau de la poitrine et du ventre, et arborant deux ceintures aux hanches penchées chacune d'un côté, et lui servant de baudrier. Elle arborait également une cape d'étoffe beige lui descendant jusqu'aux genoux, et dont sa disposition autour du visage lui permettait aisément de faire office de keffieh, sinon d'écharpe, en complément des possibilités qu'elle offrait comme capuche.

En bonne couturière tout autant victime de la mode qu'elle s'imaginait pouvoir l'initier, c'était précisément la tenue qu'elle portait pour ce début de soirée. Elle était présentement complétée avec des épaulettes conçues pour parer les tentatives visant à l'écharper et des bottes de combat brunes remontant jusqu'aux genoux et protégeant les tibias avec des renforts. Celles-ci étaient assorties à ses gants, des mitaines lui laissant tout le loisir de toucher de la pointe des doigts les criminels, tout en ayant les revers des mains, les avant-bras et les coudes suffisamment renforcés de cuir bouilli et de bandes d'étoffe pour compenser la fébrilité certaine d'une jeune fille qui, si elle devait par essence être sportive, ne s'était jamais vu comme une athlète de premier ordre.

Le résultat de cet attirail, si l'on oubliait l'absence du fameux jet-pack comme la présence d'une matraque télescopique, tenait bien plus de la tenue d'un obscur chasseur de primes sorti de la Guerre des Etoiles que d'une super-héroïne, mais cela n'était vraisemblablement pas réellement dommageable. Après tout, il y avait super bien plus curieusement vêtue qu'elle-même, et cela lui donnait même plutôt un certain panache, car avec une telle tenue, elle faisait baroudeuse ou aventurière, plus guerrière même que ce qu'elle s'était imaginée sur le papier.

Un aspect important, alors qu'elle refermait son carnet autant que sa bande-dessinée, en baissant le volume de cette radio ne crachant qu'un bruit blanc propre aux statiques. Oui, assurément, ce qu'elle entendait, c'était les bruits présidant à un dépouillage en bon et due forme.
Ce n'était certes pas une urgence policière, mais le devoir l'appelait !

Elle ouvrit donc la portière de sa voiture, mit le pied dehors en esquivant d'une manière experte l'une de ces innombrables crottes de chien qui constellaient les trottoirs d'un quartier que l'on avait abandonné à la décrépitude et aux gangs. La scène prenait place dans l'une de ces allées comme il en existait tant, entre deux barres d'immeubles patibulaires aux locataires déshérités.

Cinq d'entre eux s'étaient réunis autour d'un sixième individu, vraisemblablement pour requérir une assistance financière d'urgence, sous la forme d'un emprunt immédiat à taux négatif. Evidemment, en plus d'être un affront certain à l'esprit d'un pays basé sur l'effort individuel, le réinvestissement et la capitalisation boursière certainement plus que sur l'emprunt, il était évident que la personne sollicitée n'avait pas grand chose d'un guichet de banque ambulant.

En un mot comme en cent, c'était un vol, en bon et due forme. Anna n'en espérait à vrai dire pas tant.

" Messieurs, " déclara-t-elle d'une voix forte, " Je vais devoir vous demander de ... "

Peine perdue, les hommes s'étaient retournés vers elle, et tous arboraient une tête qui en disait long sur leur volonté de ne pas obtempérer.

" Et t'es qui, toi, putain ? La capote verte ? " rétorqua l'un d'entre eux.

Une référence sûrement au vert forêt de sa tenue, qui contrastait avec le beige ou le blanc de ses multiples renforts d'équipement comme des deux bandes qu'elle arborait sur le torse et le ventre, ou le marron de ses ceintures-baudriers. Certes, cette combinaison n'était qu'un concept, l'une des nombreuses itérations qu'elle élaborait sur son temps libre, mais cela était franchement vexant. Elle trouvait que cela allait très bien avec ses yeux et ses cheveux.

Alors son sang ne fit qu'un tour, et elle porta la main à sa ceinture, pour, en un seul geste fluide, dégainer sa matraque télescopique, la déployer, et frapper au visage l'impudent, qui finit sa course en crachant ses dents, face au bitume.
Pour faire bonne mesure, elle lui en recolla pour plusieurs coups dans le dos.

Frapper un homme au sol n'était certainement pas un geste honorable, mais il était certaines choses qui ne se disaient pas à une justicière.

Volant à la rescousse de son camarade, un deuxième voleur attrapa la furie avec un bras musculeux pour la soulever de terre, tandis que son corps commençait à se charger d'une espèce d'aura de flammes verdâtres, et qu'elle sentait que la chaleur montait de manière dramatique. En temps normal, la situation aurait été plutôt désespérée, et l'attaque elle-même suicidaire, mais pourtant, Anna, qui avait reçu une éclaboussure du crachat sanguinolent de son attaque originale en plein sur le visage, arborait un air assez neutre et aimable, pour une personne sur le point de mourir.

" Sympathique, " souffla-t-elle, en utilisant le peu d'air que ses poumons lui laissait, et l'assurance que sa confiance en ses pouvoirs et en la stupidité de ses opposants lui offrait, " Je prends. "

" Quoi ? " lâcha l'agresseur radioactif, en fronçant les sourcils, avant de sentir la douloureuse sensation que seule conférait le contact avec la peau nue de Jezebel, dont les mitaines étaient venues s'ancrer sur l'avant-bras.

En quelques secondes, il avait lâché sa proie, qui n'en avait rien fait, de son côté, et, une poignée de secondes plus tard, il n'était lui-même plus qu'une loque bavant par terre, en tremblant comme une feuille.

" Suivant. " acheva-t-elle, laconique, en se tournant vers les derniers bandits du cru, un rictus de haine sur un visage aux dents serrées et aux lèvres retroussées, tandis que ses yeux brillaient d'une dérangeante lumière verte pomme ; leurs orbites à peine plus qu'un timide reflet tremblant derrière la déformation thermique et la vapeur qu'ils produisaient.

Evidemment, pas vraiment gaillards avec la subduction relativement inattendue de ce qui devait avoir été leur principale source de puissance de feu, et la mise au tapis plus violente encore d'un compagnon de plus, ils préférèrent s'enfuir à toutes jambes, l'un d'eux arrachant au passage les affaires de sa victime initiale, qu'il n'avait semble-t-il pas oublié.

Tout aussi évidemment, elle ne pouvait laisser faire ça, alors elle leva un bras gauche parcouru de ce même brasier de jade chatoyante qu'avait arboré le coupe-jarret à pouvoirs, pour projeter un brasier aveuglant vers le voleur à l'arraché, qui s'effondra en hurlant toute sa douleur et sa terreur. Lui aussi face contre terre, il portait maintenant au dos, à l'endroit où l'émanation l'avait frappé, une portion de peau brulée et cloquée, fumante et au fumet de cochon grillée, tandis que des flammes vivotaient gentiment aux frontières du cratère, sur ses vêtements.

Lui non plus n'irait plus embêter grand monde, et elle aurait pu frapper de la même manière les deux autres importuns, mais le fait était qu'ils avaient déjà tourné dans une autre allée. Assurément, ils étaient rapides.
Elle préféra donc ne pas tenter le diable, et aller chercher les affaires de la victime pour les lui ramener.

" Et voilà, " fit-elle à l'inconnue en lui tendant les affaire qu'elle avait récupéré sur le gredin, " ils ne devraient plus vous ... "

Elle s'interrompit une seconde, le temps de jeter un nouveau coup de pied rageur et parfaitement gratuit dans le bas-ventre à celui qu'elle avait initialement frappé de sa matraque. Elle n'avait toujours pas digéré cette allusion entre son distingué costume d'un sublime vert profond et un vulgaire préservatif.

" ... Embêter ! " compléta Jezebel avec un sourire charmant.
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Message posté : Jeu 27 Nov 2014 - 15:38 Message
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Sans doute était-ce une mauvaise idée de traîner dans ses rues à une heure aussi tardive. Mais sans doute cela n’était-il que des préjugés et des clichés. Elle connaissait la réputation de ce district. Tout le monde le savait. Ce n’était pas un endroit où on irait boire du ‘Thé et manger des petits gâteaux’ une fois le soleil quasiment couché. Dès que la lumière laisse la place à l’ombre, l’univers tout entier semble soudainement virer de bord. Ceux que l’on croyait bon ferment les yeux, et leurs volets. Et ceux qui le jour sont passifs, invisibles, la nuit, ils entrent en action. Tels des démons.

Oui, Amy connaissait bien ce quartier. Les nouvelles quotidiennes qui titraient toujours un crime ou deux dans les environs. Il n’y avait même pas besoin de travailler dans les médias ni les renseignements pour être au courant. C’était comme si tout dans ce district rappelait cette insécurité. Et la voir ainsi marcher, dans une ruelle, ça faisait tâche… Une femme, a priori désarmée, seule, habillée convenablement, et… Blanche. Dans un district majoritairement afro-américain et hispanique. C’était tout comme si elle venait d’entrer par erreur dans la maison d’un autre. Autant dire que le propriétaire des lieux ne serait pas très ravi. Que pouvait-elle donc bien vouloir ici ? Ne devrait-elle pas comme tout autre rentrer chez elle après une dure journée de travail ?

Justement. Elle rentrait du travail. Certes, elle se trouvait loin de son véritable lieu de travail. Mais elle était venue ici secouer quelques personnes, faire du porte-à-porte pour récolter des témoignages. Dans ce quartier dominé par les gangs, où la police semble progressivement s’abstenir d’y patrouiller, il est difficile d’avoir des informations sur ce qu’il s’y passe. Dès qu’un évènement a lieu, toutes les bouches se ferment. Personne ne parle. La peur envahit la zone. Pourtant, la lutte contre la criminalité ne pourrait pas se régler si l’ensemble de la population s’enferme dans la morosité au moindre délit. Voilà pourquoi la journaliste était venue ici. Hors de question de laisser ces petits groupes de délinquants arriver à s’en sortir juste parce que les quelques témoins ont trop peur de parler. Il faut parler, justement. Parler, et la police se charge du reste. Sans aucun témoignage, le criminel n’est rien de plus qu’un inconnu parmi des millions d’autres. Un homme-sans-visage. Il fallait les réveiller, et Amy y allait, comme d’habitude, d’un grand coup de pied dans la porte. Elle ne tournait que rarement autour du pot. C’est ce qui la rendait si… Impressionnante et si détestable. Impressionnante, car il paraitrait qu’une femme courageuse et forte est attrayant. Détestable parce que rarement les personnes interrogées n’aiment voir une journaliste fouiller ainsi dans leur vie ou celles des autres.

Et alors qu’elle passait au dernier détour d’une rue, un long sifflement se fit entendre dans son dos. Elle n’eut pas besoin de comprendre plus que ça. Faisant mine de ne rien avoir entendu, elle accéléra le pas. Encore une rue, et elle atteindra son véhicule, pour partir d’ici. L’adrénaline commençait déjà à lui monter jusqu’au cerveau, quand elle eut l’écho des pas qui la suivaient. Il n’y avait pourtant personne cinq secondes plus tôt… Pourtant, il y avait quelque chose d’étrange dans le bruit des pas derrière elle. Elle comprit. Ils étaient plusieurs. Un second sifflement survînt, suivi de près par des ricanements immatures. Leurs messes-basses en disaient long sur leurs intentions. Ils n’étaient pas là pour jouer à la marelle. Amy risqua un regard par-dessus son épaule. Un tout petit regard… Et effectivement, ils étaient cinq à la suivre en la fixant sérieusement. Commençant à prendre quelque peur, elle allait se mettre à courir quand quelque chose agrippa son bras. L’un d’eux venait de l’attraper, et la tirait pour qu’elle s’arrête. Les quatre autres l’entourèrent rapidement. « Je peux vous aider messieurs ? »… Avec un sourire faussement poli. Elle comblait l’inquiétude par la parole. Comme priant vainement une ultime chance, qu’elle s’était imaginé le pire pour rien. Qu’elle était paranoïaque. En même temps on voyait tellement de trucs à la télévision, qu’il y avait de quoi paniquer au moindre truc désormais. Mais en fait, non, sa première pensée était la bonne…

« Oh que oui tu peux nous aider… Fais donc voir ce que tu as là… »

Il tenta de lui prendre son sac à main. Evidemment, elle résista. Elle ne comptait pas rester là les bras croisés comme une cruche à les regarder la dépouiller. Oh que non. Elle tira son sac d’un coup sec. Suffisamment sec pour surprendre l’homme qui lui faisait face. Ils rirent devant sa défense vaine. Elle tenta de se frayer un chemin, mais impossible, ils étaient trop nombreux. Et à côté, c’était une crevette.

Mais le Seigneur semblait l’avoir entendu. Puisqu’un Messie faisait son apparition soudainement. Une femme a priori, enveloppé d’un drôle d’attirail. Mais la journaliste qui avait couvert plusieurs affaires impliquant des supers n’était plus étonnée de leurs costumes parfois assez excentriques. C’était devenu une habitude, et un bon moyen pour protéger la vie privée de ces mêmes supers, tout en cultivant une sorte de culte du super-héros. Amy était intriguée, car elle ne connaissait pas ce super-là. Et visiblement, les vauriens qui l’entouraient ne semblaient pas partager l’avis d’Amy, puisqu’ils se moquèrent gracieusement. Et grand mal leur en a pris, car la Super qui leur faisait face n’a par contre pas bien prit la remarque. Un flottement de quelques secondes, puis un geste rapide au visage envoya l’agresseur à terre. Surprise, la jeune femme recula d’un pas, assistant à la scène d’un air assez dubitatif. Elle n’était pas naïve, la violence était obligatoire dans cette situation, ils ne seraient jamais partis sans rien dire ni rien faire… Et quand le second homme attrapa à la gorge la justicière masquée, Amy tenta de s’interposer. On l’arrêta, l’obligeant à regarder sans pouvoir faire quoi que ce soit l’homme étrangler la jeune Super. Pourtant, quelque chose clochait… La Super ne se débattait pas vraiment, pour une personne qui avait les pieds au-dessus du sol. Et qu’une aura semblait l’entourer.

Puis l’agresseur finit par lâcher, et tomber à terre. Amy avait arrêtée de se débattre, regardant fixement l’homme à terre, qui semblait plus que mal au point. Profitant qu’elle ne suivait plus ce qu’il se passait autour, l’un des agresseurs finit par lui arracher de force ses affaires. Elle n’eut pas le temps de s’y accrocher. Ni la véritable endurance ou force pour les poursuivre. Elle regardait les voleurs partir avec tout son bazar, impuissante, quand un jet lumineux fusa. Et quand ce même jet d’énergie toucha l’homme, qui s’écroula comme un imbécile, Amy ne put rien ressentir d’autres que de la pitié.

La justicière ramassa ses affaires, alors qu’Amy restait plantée là sans vraiment savoir quoi faire. Tout s’était passé si vite. Elle ressentait un mélange d’excitation intense, d’adrénaline en pleine descente, et de peur face à la justicière. Elle lui était reconnaissante de son geste, assurément. Et complètement même. Mais tout avait été si violent. Les frapper et leur faire des bleus auraient probablement été suffisant.

« Je… Euh… Bien… Je vous remercie… Mademoiselle ? »

Amy tendit une main quelque peu nerveuse pour reprendre son sac que la Super toute verte lui tendait. Elle ne voulait pas être impolie, mais sur le coup, elle restait encore quelque peu choquée. Elle revoyait en boucle l’agresseur se faire toucher par cette boule étrange d’énergie, et brûlé instantanément. Et il y avait l’autre aussi, par terre, qui avait l’air d’être transformé en légume-humain. Elle s’était d’ailleurs retournée vers lui, et s’était progressivement accroupie pour voir son état. Celui-ci continuait de baver comme personne sur le sol, tout en tremblant. Il gémissait des bruits étranges. Amy avait mal pour lui.

« On devrait appeler une ambulance, on ne peut pas les laisser comme ça, non ? »

Oui. Ils avaient essayés de l’agresser. Et alors ? Était-ce une raison pour se montrer pire qu’eux, en les laissant ainsi souffrir comme des chiens dans la rue ?

« Je vous remercie sincèrement d’être intervenu, croyez-le bien. Je ne sais ce que j’aurais fait sans vous… Mais… »

Elle cherchait ses mots, comment caractériser cela sans la vexer ? Il y avait quand même une assez grande disproportion entre l’agression et la réponse qu’on lui donnait. Ou alors était-ce Amy qui avait une vision trop idéaliste et rêveuse d’un Super-Héros ?
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 15:11 Message
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On ne vous renseignait jamais suffisamment sur les dommages que l'usage de pouvoirs pouvaient faire à l'esprit des gens. Ces dommages, on pouvait les identifier à bien des niveaux, à commencer par leur utilisateur. C'était l'éternelle rengaine du "pouvoir corrupteur", ce potentiel que vous vous découvriez au fond de vous-même, et pour lequel vous vous sentiez soudainement meilleur que tout vos congénères, plus puissant, et donc, par voie de fait, supérieur.

Anna, elle, n'avait pas à subir cela. Elle ne se sentait certainement pas supérieure, certainement pas meilleure qu'un autre. Elle avait ses avantages et ses inconvénients, et tout ceux-là étaient poussés dans leurs derniers retranchements, infiniment plus loin que ce qu'aurait pu espérer un être humain normal. L'arrogance de l'humain était de penser qu'il était en mesure de tout comprendre, de tout quantifier, de tout contrôler. Il avait affronté le mal stellaire, le mal dimensionnel, il semblait être ce survivant éternel, côtoyant superpouvoirs, magie et mutation au quotidien, mais la réalité s'acharnait en fin de compte à être tout autre. On ne savait jamais de quoi demain allait être fait, et on ne pouvait certainement pas être sûr de pouvoir quantifier tout ce qu'il se passait dans l'esprit d'une jeune fille comme Anna, tout ce que son corps pouvait expérimenter, tout ce que son cerveau pouvait emmagasiner. Tout autant d'expériences à même de changer la donne, et tout autant de choses qu'elle était sûre, peu de personnes pouvaient comprendre, à défaut même de pouvoir un jour les expérimenter.

" Pas de problèmes ! Vous pouvez m'appeler comme vous voulez, j'ai pas encore choisi de nom, en fait. " émit la justicière, " Pour l'instant, je pensais à Jezebel, mais ... Je sais pas, ça sonne pas super, je cherche encore. "

Cette expression qu'elle vit sur le visage de la victime qu'elle avait sauvé, ce n'était pas la première fois qu'elle la côtoyait. C'était néanmoins la première fois qu'elle la voyait dirigée vers elle, et peut-être, en un sens, contre elle. Qu'était-ce ? La jeune fille, elle, pensait avant tout à de l'appréhension, de la crainte, si ce n'était peut-être même de la peur. Une appréhension vis-à-vis de sa pouvoir, de son utilisation, de son comportement ... "Protéger une ville qui a peur de nous. "
Ces mots lui revenait en tête, à nouveau, et elle ne voulait pas, justement, que l'on regarde vers elle avec un air qui ne la différenciait pas tellement des criminels, et pourtant, elle était un mal nécessaire.

" Ecoutez, madame, " commença-t-elle, se voulant des plus conciliantes, " Je ... pense savoir ce que vous pensez ... que j'en ai trop fait, que tout ... cela n'était peut-être pas nécessaire. "

Elle se racla l'occiput, se laissant quelque secondes de réflexion, en portant une main encore fumante à son front, avant de reprendre :

" J'aimerais bien penser la même chose mais ... Ces hommes, ils ne comprennent pas la mesure. Ils ne comprennent pas l'exemple, à moins qu'ils ne viennent de l'un des leurs. L'un des leurs, je précise ... Les femmes, ils ne pensent qu'à ... Ah, vous voyez bien, j'imagine. "

Elle faisait les cents pas, nerveuse. S'expliquer dans ses actes, comme ça ... Ah, elle aurait dû fuir sans demander son reste !

" Je ne suis ni des leurs, ni un homme ... Je dois faire avec ce que j'ai, et je n'ai que deux bras et de la puissance de feu... C'est la doctrine que l'armée appelle le "Choc et Effroi" : frapper beaucoup plus fort qu'eux, beaucoup plus vite. "

Elle s'arrêta, pour regarder celle qu'elle avait sauvé dans les yeux, en se faisant forte de contrôler le pouvoir qu'elle avait absorbé, pour arrêter cette lueur qui, au vu de la situation, pouvait sûrement être effrayante.

" Ecoutez ... Je n'ai jamais eu dans l'idée de les tuer, jamais. Le but, c'était que la peur passe de leur côté. Si je m'étais contenté de gentiment les assommer, comme la Légion le fait, ils auraient recommencé, comme tout les criminels que la Légion a jamais affronté, ou presque ; alors que maintenant, je peux vous assurer, à leur sortie de l'hôpital, ils y réfléchiront à deux fois : ils vont sûrement raconter à leurs amis ce qu'il s'est passé, et vont préférer aller chercher du travail plutôt que de risquer à nouveau de frôler la mort ... "
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Message posté : Dim 14 Déc 2014 - 13:29 Message
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Amy était vraiment ingrate. Sur le coup, elle s’en rendait bien compte. Comment pouvait-elle juger ainsi une personne qui venait de lui offrir un sauvetage en bonne et due forme ? Amy était réellement ingrate. Sur le coup, elle ne se reconnaissait pas, et tentait même de se justifier mentalement, comme par déni de ce qu’elle de dire ou de faire. Elle était là, toujours accroupie auprès du malade qui avait voulu la voler, voire pire encore. Elle observait le jeune super faire les cents pas en tentant d’expliquer son comportement. Et la nervosité dans ses paroles, et dans ses gestes, intrigua la journaliste. Habituellement, les Supers étaient soient imbus de même, voir arrogants, soient discrets mais joueurs. Celle-ci semblait encore quelque peu… Inexpérimentée vis-à-vis de la relation Super <–> Public. Au moins Amy était rassurée, elle n’avait pas à faire à une folle sans cœur qui n’hésitait pas à tuer au moindre écart de comportement. Son expression sur son visage avait peu à peu changé de forme. De la crainte, celui-ci se calma pour tendre vers un air légèrement plus désolé.

Amy n’était pas comme ça. Elle était d’habitude plus compréhensive, et plus ardente défenseur des causes Supers et des justiciers. Et puis, elle avait l’habitude de voir des pouvoirs en action. Cela n’aurait pas dû l’effrayer. Cela ne devait pas l’effrayer même. Elle avait fait pire que ça, auparavant. Elle se releva et ne pouvait que constater que la Super était encore plus nerveux qu’au départ. Amy écarta les mains d’un air conciliateur.


« Calmez-vous, calmez-vous… Je comprends, ne vous inquiétez pas. Je ne suis peut-être pas d’accord avec la méthode, mais… Je vous comprends.»

Elle n’allait pas non plus la prendre dans ses bras et la serrer très fort, mais au moins n’affichait-elle plus son regard. Ce regard méfiant, que la plupart des gens avaient lors de l’apparition des mutants et supers au grand jour, et qu’ils ont toujours pour la plupart d’ailleurs.


« Je suis sûre et certaine que plusieurs d’entre eux ne méritaient pas forcément de subir une telle violence, c’est tout. Ils n’étaient pas armés. Ce serait plutôt à la Justice de faire appliquer la sanction.»

Amy tentait de justifier sa crainte du début. Elle ne cherchait pas à les défendre. Si cela ne tenait qu’à elle, elle leur mettrait des coups de pieds bien placés. Mais ils étaient suffisamment mal en point actuellement, elle n’allait pas en rajouter une couche.


« Mais au moins, grâce à vous, je vais bien. Et la police pourra arrêter ceux-là, voir retrouver les fugitifs. Vous avez… Bien agis. Bien que je ne sois pas vraiment sûre que cela aille inciter d’autres d’arrêter. »

La jeune journaliste avait récupéré de son expérience et était maintenant calmée. Elle ne craignait plus, et même ressentait-elle un peu de confort lié à la présence toute proche de la super ? Sa nervosité avait témoigné de sa volonté de bien faire, et surtout de sa volonté à ne pas faire du mal à des innocents.


« Jezebel, c’est ça ? Cela sonne toujours mieux que ces supers dans les bandes-dessinées. »

Tentative de sympathie : bonjour !


« Je vous remercie pour ce que vous avez fait. Réellement. Je m’appelle Amy Davis, au cas où cela vous intéresse. Ne m’appelez pas Madame, j’ai l’impression de ressembler à votre grand-mère.»

Dit-elle en souriant légèrement plus et en lui tendant une main grande ouverte. Dans certaines cultures, tendre une telle main signifiait la volonté de prendre contact avec une personne étrangère. La paume ainsi déployée, et le poignet dévoilé, cela montrait à l’interlocuteur d’en face qu’aucune arme n’était dissimulée. Une sorte de drapeau blanc de la paix. Cette coutume s’était transportée au travers des âges, pour se transformer en une forme de politesse et d’acte civilisé.
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Message posté : Sam 20 Déc 2014 - 16:31 Message
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Qu'est ce qu'Anna pouvait bien répondre à tout cela ? Il était deux choses qui, tout particulièrement, lui trottait dans la tête. Tout d'abord, il y a avait son pseudonyme qui semblait, malgré son inspiration sortie autant de la réalité que des bandes-dessinées - puisque finalement, celles-ci se contentaient d'extrapoler avec un talent certain tant pour l'emphase que pour l'exagération une réalité qui n'était pas si reluisante que cela, par moment. -. De là, elle ne savait si elle devait se justifier en citant cet "ancêtre" qui l'avait inspiré ou plutôt se rallier à l'origine biblique, bien qu'en l'état, elle aurait sûrement passé pour une fantasque jeune fille tant pour l'une que pour l'autre : ses actes n'avaient rien de ceux d'une femme de foi, et pas même d'une illuminée utilisant quelque écrit sacré que ce soit pour se justifier. Elle n'était pas non plus rousse, et moins encore avait-elle l'allure d'une croqueuse d'hommes à l'allure tyrannique ... Sa justification, en ce domaine, aurait simplement été d'avoir pioché un personnage biblique inquiétant au hasard, tout juste moins connue que Lilith.
Elle se demandait d'ailleurs si c'est ce qui avait motivé cette ancienne Jezebel à porter ce pseudonyme ...

Non, quitte à discuter, il fallait passer directement sur le volet de la Justice, le deuxième volet qui avait attiré son attention. Le volet plus problématique. Les laisser à la justice aurait certes été tentant, et en l'état actuel des choses, il ne restait pas grand chose d'autre à faire, car la Jezebel n'était pas celle que l'on aurait pu dépeindre avec horreur. Elle ne tuait pas.
Tout juste laissait-elle pour mort.

Là était semble-t-il la nature d'un certain désaccord bénin dans la procédure :

" Ecoutez, Miss Davis, " répondit-elle, en se voulant également la plus sympathique possible, répondant même à la poignée de main - bien qu'en s'excusant au passage en drapant sa main droite de sa cape, pour que les parties laissées découvertes de ses doigts par sa mitaine ne causent de dommages à la journaliste. -, " Je peux comprendre votre volonté mais ... Eh bien, excusez-moi si je me trompe mais ... vous n'avez pas l'air d'être réellement le genre de femme à combattre la criminalité. "

Evidemment, la jeune lycéenne se trompait peut-être, car l'air bien plus sympathique qu'elle éprouvait à présent dans son regard semblait trahir une certaine expérience avec, sinon des héros, au moins des pouvoirs, et le fait de les voir en action, et peut-être avait-elle simplement été sous le choc, tout ce temps. C'aurait été compréhensible, en manquant de se faire racketter avec violence.

" Je me trompe peut-être sur votre cas mais ... eh bien ... Disons que dans ce cas précis, la Justice ne prononcera sûrement que des peines creuses. Vous n'avez même pas perdu votre sac, et je me suis assuré qu'ils n'avaient rien pris dedans ... Si il est une personne qui serait condamnée ici à quelque chose de "sérieux". "

L'adolescente lâcha un lourd soupir.

" Ce serait moi. Agression à main armée sur tout les individus ici au tapis. " expliqua-t-elle, en ouvrant les bras, " Ici, la police ne cherchera pas de recherches, ils se contenteront de cueillir ces bonshommes, de les soigner, et de les envoyer devant un tribunal, avec un avocat commis d'office qui n'aura pas de mal à les faire passer pour victime d'une société qui glorifie l'auto-justice et la violence. Pour que la Justice les condamne fermement, il aurait fallu que j'attende qu'ils vous aient passé à tabac - que vous crachiez vos dents au sol. - et que votre sac porte les traces d'un vol. Ensuite seulement, aurais-je pu intervenir, en adoptant une réponse parfaitement adéquate à la menace : pas d'armes, pas de pouvoirs. Maintenant, une telle méthode fonctionne peut-être quand on est maîtres en arts martiaux ... mais ce n'est pas mon cas. "

Ses bras tombèrent, comme pour montrer une certaine résignation fataliste :

" Pour vous sauver en toute légalité, nous aurions toutes deux eu à nous exposer au danger d'une manière particulièrement inconsidérée, alors je vous le demande, que fait la police ? Ce ne sont certes pas les années Mandon, mais nous n'en sommes pas loin ! On ne peut plus légalement sauver les gens sans les laisser se faire frapper par le danger, et je préfère donc croire que ma méthode, si elle n'est peut-être pas la meilleur, est au moins la plus fonctionnelle ... "
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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 14:43 Message
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« Je… »

Amy se résolut sur le coup à ne rien dire. Se contentant d’écouter la jeune femme continuait de parler. Et se justifier. Mais en réalité, elle n’avait pas à se justifier. Amy regrettait sur le moment d’avoir parlé, et sortie ses grandes leçons moralisatrices. Ne se rendant pas compte qu’elle se visualisait peut-être un monde parfait, qui n’était pas forcément le monde que tous voyait. Et sa manière de réagir laissait présager que Jezebel était particulièrement touchée par la réaction quelque peu déconvenue d’Amy. Et c’était compréhensible, après tout. Amy était en position délicate, en face d’agresseurs qui n’auraient pas hésités à lui faire tout ce qu’il y avait de plus mauvais sur Terre, et Jezebel était intervenue pour l’aider. Sans demander un reste, ou une contrepartie quelconque. Par simple volonté d’aider, de faire ce pourquoi elle se battait, ses convictions. Ce pourquoi elle se battait. Amy aussi, se battait pour ses convictions. Elle aurait pourtant été la plus compréhensible des « victimes » normalement. Ne pas être celle sensée de faire un reproche. Elle aimait bien les Supers, au fond. Elle voulait les aider, à son niveau également, sachant très bien qu’elle n’avait pas la possibilité ni les capacités de faire comme eux. Elle s’en voulait donc, d’avoir reproché à la jeune Super d’être intervenue. Car cette intervention relevait au final bien plus du miracle que de toutes autres choses.

« Je suis désolée… Je… Je vous aie embrouillée la tête avec toutes mes idées. Vous devez me prendre pour une ingrate, égoïste ou hypocrite. Voir les deux. »

Les idées. Dignes de celles d’un petit groupuscule intellectuel croyant tout savoir sur la vie de tous les jours. Typique du cliché des journalistes, grossièrement. Ces personnes qui savent tout sur tout, expert de machin, et de truc, qui savent parfaitement éduquer un enfant, faire la cuisine, réparer, bricoler, jardiner, travailler, voter, etc. Amy venait de mettre un pas dans un ‘secteur’ qu’elle répugnait particulièrement.

« Mais vous avez parfaitement raison. De n’importe quelle autre manière, cela aurait de toute façon terminé ainsi, dans le meilleur des cas… » Après une réflexion de quelques secondes. « Nous ferions mieux de nous éloigner d’ici… »

Par ‘ici’, elle désignait surtout la ruelle qui témoignait avec les criminels couchés par terre d’une certaine décadence sociale plutôt marquée. Elle était encore embarrassée, et même si la présence de Jezebel l’avait maintenant plus que rassurée, s’éloigner lui ferait quand même du bien.
Elle reconnaissait en la Super cette qualité. Rassurer. La sincérité dans sa parole était visible, et elle témoignait aussi d’une certaine particularité. Notamment par rapport à d’autres Supers qu’Amy a pu croiser dans son travail. Celle-ci était plus discrète, et marquée d’une expérience mitigée. Entre mature mais encore novice. Oui, Amy ne pouvait pas être, dans ce cas-là, en meilleure compagnie que Jezebel.

« Vous devriez peut-être partir avant que la Police n’arrive, non ? Il ne faudrait pas qu’ils vous voient ici… Après ce qu’il vient de se passer. »

Amy ne voulait pas non plus l’éjecter. Loin de là. Elle serait bien restée collée à ses talons jusqu’à être de retour dans son appartement, en ‘sécurité’. Mais sa conscience faisait lui suggérer la possibilité d’une séparation immédiate. Car oui, Jezebel avait raison quand elle expliquait le modèle de justice. Ce n’était pas idyllique, et elle risquait gros à rester dans les parages. Et Amy, en tant que principale témoin, ne pourrait pas faire grand-chose. Les témoins étant peu fiables… Ce n’était plus, pour l’heure, Amy qui était dans une position délicate, mais cette Jezebel. Bien que la journaliste n’émettait aucun doute sur les capacités de la Super à semer une patrouille de police. Du moins, pour le peu qu’elle avait pu assister des pouvoirs de la sauveuse. Néanmoins, elle n’irait probablement pas jusqu’à les utiliser sur des policiers, ou des forces de l’ordre quelconques, même pour le bien. C’était du moins l’impression qu’avait Amy désormais de la jeune lycéenne.
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Message posté : Mar 27 Jan 2015 - 17:22 Message
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S'esquiver pour éviter les représailles judiciaires ? Maintenant qu'Anna y pensait, voilà qui serait probablement une idée loin d'être absurde. Oh, évidemment, elle pourrait laisser jouer ses origines pour elle, s'en sortir blanche comme neige grâce à l'adjonction de fonds suffisamment élevés pour se payer une équipe chevronnée d'avocats, et compter sur la loi pour protéger son identité, mais honnêtement, qui pourrait-elle réellement tromper ? Elle ne portait pas de masques, et ne comptait finalement que sur son relatif anonymat, en ce moment précis, pour la protéger. Elle n'était "que" la fille d'un grand patron, et pas celle d'une star de cinéma ou de télé-réalité. Personne ne se souciait du destin des fils ou filles de capitaines d'industrie : on les savait absurdement riches, à même de réaliser leurs fantasmes les plus stupides, mais on ne savait jamais réellement quelle tête ils avaient, quand on connaissait même simplement leur nom.

Partir avant que la maréchaussée n'arrive avait également un autre avantage, éviter un délit de fuite en plein jour et en plein sous les yeux des garants de l'Ordre. Éviter d'avoir à utiliser des talents qu'elle avait subtilisé pour les semer et éviter de devoir changer de véhicule suite au signalement qui ne manquerait pas d'être transmis de son véhicule en cas de poursuite serait un avantage non négligeable. Déjà, elle n'aurait pas à vivre avec la désagréable sensation d'être une criminelle, et ensuite, elle n'aurait pas à vivre avec la Légion sur les talons, car celle-ci ne manquerait pas d'être retorse envers elle. Ces béni-oui-oui sous l'autorité de leur général à la calvitie électrisante ne manquerait pas de se jeter vers les LeBlanc pour mener l'enquête dès lors que des gardiens de la paix auront été frappés par une jeune fille au visage découvert parée de cheveux à la couleur fantasque, elle ne doutait pas que cette bande de paranoïaque à l'efficacité toute relative ne manqueraient pas de s'en prendre à une jeune adulte plutôt qu'à un vrai criminel : du reste, son propre père ne manquerait pas de lui en vouloir de manière assez appuyée de lui mettre autant de pression aux trousses, lui qui avait mis des années à seulement se sortir des clivages qu'il rencontrait en raison de sa seule taille aurait très mal vécu cela ... Et très mal vivre cela aurait signifié pour Anna passer sous des droits de succession qu'elle avait mis bien des mois avant de réussir à déposséder son frère, et, en passe de finaliser le plus bel affront qu'elle pourrait faire à sa lignée, il était de bon ton de ne surtout pas attirer sur elle l'ire de son paternel.

" Oui ... Je crois que vous avez raison. " réalisa-t-elle, alors que l'on pouvait déjà entendre au loin des sirènes, qui, sûrement, n'étaient pas pour elle, mais comment pouvait-on le savoir avec certitude ? " Vous savez quoi ? On a besoin de gens comme vous, de gens qui pensent. Je ne vous en veux pas : le principal, c'est que vous vous rendiez compte de ce qui vient de se passer, et de ce qui aurait pu se passer... Bon, je vous laisse ! "

Et sur ces mots, et sur un bref salut de la main en portant deux des doigts de sa main droite à son front, comme un espèce de salut militaire bâtard et hâtif, elle se retourna pour s'enfuir à toute jambes, en direction de son véhicule ...
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An Affair to Remember

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