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Des soleils de poils et d'écailles

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Message posté : Mar 11 Nov 2014 - 12:46 Message
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Dans les ténèbres de la caverne grondait le poitrail d’un prédateur immortel. Sa masse emplissait presque tout l’espace. Il se dressait face à ses enfants, exhalant un souffle chaud, et bruissait au milieu des chaînes qui le retenaient. Une profonde voix caverneuse, si grave qu’elle ébranlait les murs de sa prison, s’éleva dans le noir, depuis une gueule immense barrée d’une lame, au-dessous de deux immenses yeux jaunes.

« Vengez-moi. Vengez notre famille. Hati, fille de la haine et de l’exaltation. Sköll, fils du mépris et de la terreur. Vengez votre père. Faites couler le sang du monde. »

La louve blanche et le loup rouge acquiescèrent en hurlant...


~¤¤¤~

11 novembre 2014
Ecosse, Highlands, château d'Ardtornish


Dans la pénombre luisaient deux grands yeux jaunes. L’éclat doré semblait vouloir rivaliser avec celui, bien plus ardent et magnifique, du soleil. L’astre diurne narguait ces prunelles animales tout le jour. Mais la nuit, l’amante du jour voulait au contraire exalter cet éclat, qui lui rappelait son époux éblouissant. La nuit, c’était à sa sœur que la lune souhaitait faire de l’ombre. Hati avait toujours été plus belle que l’astre blanc du point de vue de son frère. La louve blanche, aux yeux d’argent et d’or mêlés, sa seule égale dans tout l’univers. Ce jour-là, elle ne se trouvait pas auprès de lui.

Le loup rouge errait dans les Highlands, sous le couvert des arbres ou galopant sur la pente d’une montagne. Le crépuscule rougeoyant enflammait sa fourrure. Il irradiait de tout l’éclat insolent du soleil mourant à l’horizon. Il aurait voulu rattraper l’astre, sauter par-dessus la falaise et le gober tout rond. Enfin. Cette quête ne finirait-elle donc jamais ? Où était ce Ragnarök tant promis et tant espéré ? Que fallait-il faire pour le provoquer ? Le loup géant arpentait cette Terre depuis plus longtemps qu’il ne l’aurait souhaité. Tenir sa promesse lui semblait devenir plus difficile chaque jour. Seule sa jumelle parvenait à lui redonner courage et patience, par sa simple présence. Mais Hati ne se trouvait pas avec lui. En mission, ou sur le tournage d’un quelconque film, qu’importait. Depuis leur entrée dans SHADOW, tous deux regrettaient de ne plus pouvoir passer autant de temps ensemble qu’avant. Si la guerre de l’ombre, pour amener le règne du chaos sur le monde, les emplissait de joie, leur seul regret était la distance qui les séparait régulièrement.

Sköll revenait en terre de pèlerinage. Plusieurs fois dans l’année, il prétextait une visite à d’anciens compatriotes, ou à des créatures surnaturelles croisées lors de ses errances, espérant s’échapper quelques temps de Star City. Espérant reprendre sa forme originelle sans trop attirer l’attention. L’Ecosse était une de ses destinations favorites. Le Managarm pouvait reprendre ses habitues de chasseur sans risquer de faire la une des journaux. Alimenter les légendes des environs flattait son ego. Il stoppa sa course non loin du château en ruines d’Ardtornish, au bout de la péninsule. On disait de cet édifice qu’il était hanté, comme bon nombre des châteaux d’Ecosse. Quelques moutons égarés le fuirent aussitôt. Un chien poussa quelques jappements d’avertissement, avant de décamper à son tour. Sköll ne leur prêta pas attention.

Assis dans l’herbe verte, le loup rouge se perdit dans la contemplation du soleil couchant, imaginant déjà la saveur de sa chair lumineuse sous ses crocs.
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Message posté : Mar 11 Nov 2014 - 16:08 Message
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ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 7868
ϟ Nombre de Messages RP : 818
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Crédits : Cookie
ϟ Doublons : /
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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Revenir en Europe comblait Louis d'une joie presque enfantine. Toujours. S'il y revenait, cette fois, c'était pour honorer une promesse, celle de diriger quelques concerts au Royaume-Uni, pays d'un de ses plus anciens amis dans le milieu de la musique classique. James MacMillan fut non seulement un ami mais aussi un mentor qui permit à Louis de peaufiner son art de la musique, d'abord, mais aussi ses talents à la direction d'un orchestre. Il ne lui devait pas tout, loin de là, mais le considérait avec assez d'estime pour répondre favorablement à son invitation pour venir jouer, notamment à Édimbourg, première ville d’Écosse. Louis connaissait peu ce beau pays, il n'y avait jamais fait aucun voyage durable et ne s'y était rendu qu'une seule fois auparavant, pour une bien courte visite à ce même MacMillan. Y revenir pour quelques jours lui permettrait de rattraper le temps perdu et de combler cette lacune. Il avait comme tout le monde une vision très singulière de ce pays encore nimbé du voile des légendes qui le caractérisent. Victime de sa réputation, il attirait autant qu'il faisait rire. Mais Louis en avait déjà trop vu, et depuis longtemps, pour s'effrayer de quelques spectres, de quelques monstres, de quelques corbeaux malveillants. Lui-même aurait pu d'ailleurs alimenter en faits divers mystérieux les quotidiens locaux et les légendes du crû. À quoi bon s'épouvanter, dans ce cas ? Il se sentirait comme un poisson dans l'eau.

Après avoir achevé la tournée des concerts, qui s'étala sur trois jours au pays de Galles, à Londres et enfin à Édimbourg, Louis en profita pour s'accorder quelques jours de répit dans l'arrière-pays écossais, là où il pourrait retrouver le calme, la quiétude et la volupté. Il quitta la grande ville, gagna la campagne, s'y installa, s'en éloigna seul, et là, à l'abri des regards, loin de tout, il se transforma. Les griffes, et les écailles ! La liberté. Le vol. Le feu pour cingler l'air de virgules brûlantes et féroces. Quel magnifique tableau ! Il se sentait comme le Cid aux portes de Valence. Il était roi dans les cieux et personne, car la nuit tombait, ne viendrait l'ennuyer. Quelques moutons, au sol, semblaient même l'ignorer. Braves bestioles laineuses. Louis s'amusa à leur faire peur. Le dragon hurlait, mais lui riait. Il riait aux éclats. Il laissait s'échapper toute sa hargne, toute sa colère, toute la rancœur qu'il avait jusque là accumulé contre le flot des événements qui l'enchaînaient. Il ne se plaignait pas. Il ne se plaignait jamais. Ce n'était pas dans sa nature. Il préférait digérer. Et parfois, il s'envolait, raillait l'air, moquer la terre, et c'en était fini. Au loin se dessinait dans le couchant l'ombre endormie d'une ruine. Le château d'Ardtornish, lui avait-on dit. Il laissa les moutons tranquilles et quelques coups d'ailes lui suffirent à se porter aux devants de la ruine. Minable ruine ! Il fut déçu, quelque peu, de n'y trouver rien que des pierres moisies et les reliquats d'un ancien fort qui, dut, au temps de sa splendeur, impressionner davantage. Il s'y hissa sans rien respecter de la tranquillité des lieux. À cette heure avancée de la soirée, et en ce jour de recueillement européen, nul ne songeait aux châteaux oubliés. Le soleil tombait comme le silence. Il se couchait. Louis n'avait pas sommeil.

Le château avait désormais son dragon. Où était la princesse ? Où était le prince venu l'affronter ? Dans l'herbe, un animal assis attira le regard doré du prince des nuées. Qu'est-ce qu'un loup faisait ici, tout seul, à contempler le soleil ? Quelques secondes suffirent au magicien qui reconnut à ce qu'il voyait que ce loup n'en était pas tout à fait un ou plutôt n'en était pas un comme les autres. Il était plus grand. Son pelage avait la teinte du cuivre et le crépuscule magnifiait ces couleurs féeriques. Louis s'arracha à son perchoir pour aller se planter entre le loup et le le soleil. Il le contempla de toute sa hauteur et parut lui sourire – difficile de décrire ce qu'affichait en vérité cette gueule reptilienne. Dans la langue des dragons, Louis déclara en tournant pour rendre au loup l'astre du jour qu'il regardait jusque là.  « Et que fais-tu là, loup ? Les moutons sont ailleurs. » Puis, songeant que sans doute l'animal ne comprendrait pas, il opta pour l'anglais, une langue qu'il avait déjà efficacement employée avec une louve qui partageait quelques traits communs avec ce loup qu'il observait. « Es-tu toi aussi plus que ce que tu parais être ? »
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Message posté : Mar 18 Nov 2014 - 22:56 Message
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La course mourante du soleil accaparait toute son attention. Un avion aurait surgi de terre sous son museau qu’il n’y aurait pas prêté plus de sens. L’astre ne brillait jamais autant que lorsqu’il déclinait à l’horizon. A cette vaste sphère d’or en fusion faisaient écho les prunelles du fils de Fenrir. Des ambres liquides, presque rougeoyantes sous l’éclat du jour, où se reflétait la fureur des temps anciens. Pour rien au monde il ne l’aurait avoué, pas même à sa chère sœur mais son ancienne patrie lui manquait. Le destin que les jumeaux avaient embrassés, que leur famille comme leurs ennemis avaient fait miroiter sous leurs yeux, s’enfuyait. Il glissait, tel les lambeaux d’un rêve, entre leurs griffes : plus ils semblaient s’y accrocher, plus l’impossibilité de cette quête se révélait à eux. Les Managarm n’abandonnaient jamais. Ils étaient les messagers de la mort et du carnage. Dans leur sang s’inscrivait une destinée hors du commun, qu’ils avaient dû malheureusement mettre de côté quelques siècles pour espérer survivre. Le temps du Ragnarök ne viendrait-il donc jamais ?

Le vent changea de sens. Et une nouvelle odeur, entêtante, vint remplacer les effluves d’herbe et de bois humide. Le vent charriait soudain une forte odeur de reptile, chaude et musquée. Le loup rouge dressa les oreilles, tous ses sens aux aguets. Il aperçut une ombre grandissant à contre-jour. Se contraignant à ne pas bouger, il se tendit, tous ses muscles bandés dans l’expectative d’une attaque imminente. La créature s’approchait rapidement de sa position. Contre toute attente, celle-ci se contenta de se poser non loin de lui, quoiqu’à une distance prudente. Son impressionnante envergure lui masquait le soleil. Sköll en conçut immédiatement de la contrariété. De quel droit osait-on interrompre sa vengeance méditative ? Un étrange rictus, semblable à une parodie de sourire empli de crocs, retroussait les babines de la bête. Elle paraissait s’amuser du spectacle. La colère du loup ne fit que croître.

Pourtant, lorsque la voix draconique frappa son esprit, Sköll réussit tant bien que mal à ravaler sa hargne. Un bas grondement sourd s’échappait de son poitrail. Mais il ne fit pas un geste trahissant son animosité, se contentant de fixer son vis-à-vis de ses grandes prunelles dorées. La curiosité fut la plus forte. Après tout, c’était la première fois qu’il se retrouvait face à un dragon. Au cours de sa longue errance en compagnie d’Hati, ils avaient rencontrés des sorciers, des créatures hybrides dont les Hommes ignoraient jusqu’à l’existence, des mutants de toutes sortes… Mais jamais encore pareille créature. Le dragon arborait des écailles d’un rouge sanglant, dont l’éclat était flatté par le crépuscule. Ce constat modifia à nouveau la perception du loup rouge face à cet intrus. L’envie lui brûlait les entrailles. Ici, ce soir, le plus grand et le plus beau des prédateurs aurait dû être le fils de Fenrir, le loup rouge qui ne craint ni la mort ni les dieux. Et pas ce saurien écarlate qui le narguait e toute sa hauteur…

Sköll découvrit de longs crocs blancs en un simulacre de sourire. Pour toute réponse à la créature inconnue, il se permit de lui offrir un sourire, en premier lieu. Les présentations devaient être faites dans les règles. Sköll ne pouvait guère communiquer avec qui que ce soit – ou quoi que ce soit – sous sa forme originelle. Jadis, au sommet de sa puissance, il pouvait converser avec tous les êtres évoluant parmi les montagnes, les forêts et les palais, cachés dans des brumes mystiques, autour au-delà du Bifrost. Depuis l’exil des jumeaux sur Terre, leurs capacités amoindries s’adaptaient mal à la faiblesse naturelle des mortels, quels qu’ils soient. Ce dragon ne faisait pas exception, malgré son aspect surnaturel. Sköll en était d’autant plus contrarié, puisqu’il devrait reprendre une forme humaine pour se faire comprendre de lui.

Le loup rouge se releva, huma l’air autour de la bête ailée, comme s’il cherchait le souvenir d’une fragrance dans les émanations du dragon. Il osa s’approcher de quelques pas. Son regard d’ambre ne lâchait pas celui de l’inconnu. Ce n’était pas à lui de baisser les yeux le premier. Jouant le jeu, il leva la tête vers le ciel et poussa un long cri. Sa voix, plus forte que celle d’un loup ordinaire, portait au-delà des champs et des vallées, au-delà des ruines du château soi-disant hanté. Ce serait au dragon de deviner s’il avait bien affaire à un loup un peu spécial ou à une créature bien plus ancienne. Il devait mériter l’attention de Sköll, pour que celui-ci se dévoilât. De plus, même s’il peinait à l’avouer, être contraint d’adopter une enveloppe charnelle moins puissante déplaisait beaucoup au loup rouge. Il détestait devoir se plier à ce qu’il considérait comme une faiblesse honteuse, pour espérer se faire comprendre des habitants de cette terre.


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Message posté : Mer 19 Nov 2014 - 13:41 Message
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Il n'y eut guère de salmigondis mondain et policé. Sans grande surprise, auprès d'un animal, tout était plus simple. L'opacité des sentiments et l'hypocrisie des émotions ne concernaient peut-être que les humains, dont les manières et les bonnes grâces n'étaient que d'agréables paravents pour dissimuler des pensées non moins noires que l'encre. De toutes ses écailles le dragon attendait un geste, un signe, un indice, n'importe quoi qui l'eût conforté dans l'idée qu'une intéraction était possible avec cette bête semblable à toutes les créatures lupines de sa connaissance et pourtant différente à trop d'égards pour que ce ne fût qu'une pitoyable coïncidence. Le loup aux yeux d'ambre n'esquissa néanmoins qu'un sourire. À cela les yeux mordorés du dragon répondirent par quelques éclats sombres. 《 C'est sans doute un bon début... pour un salut. 》 Peut-être se trompait-il, peut-être que devant lui se tenait bien un animal et non, comme il avait pu en croiser une sur la colline aux Lénapes, une entité mystique et supérieure. S'il était plus gros, plus grand et plus impressionnant que les autres, ce loup n'en était peut-être pas moins un loup et cette conclusion, quoique hâtive, parut à Louis la plus appropriée pour le moment. Sans doute s'y fiait-il aussi parce qu'elle facilitait pour lui les choses : le loup, mammifère terrestre éminent et respectable, serait comme tous les autres membres de ce taxon incliné à la confiance et à l'affection pour le magicien. Cette conséquence flatteuse pour la fierté de Louis n'était d'ailleurs pas étrangère à l'appui dont profitait son raisonnement.

Louis n'était pas zoologue, ni même spécialiste de la question lupine. Il avait acquis une solide expérience du terrain et prétendait sans trop se moucher du coude en connaître un rayon sur les animaux et leur comportement, mais ce savoir n'avait rien d'académique et procédait presque exclusivement de ses observations empiriques. C'était sans doute pourquoi ce loup-là l'intriguait. Il était seul et contemplait le soleil au crépuscule. Or dans ses souvenirs, les loups allaient en meute et honoraient la nuit - il n'e croyait pas à l'image éculée de la meute hurlant à la lune, mais...《 Je connaissais le hurlement des loups à la lune, mais c'est la première fois que je vois un loup hurler après le soleil. 》 Sa queue fendit l'air pour venir autour de lui former comme un cercle de protection. Il ne se sentait pas menacé. Un dragon n'est pas une bête qu'on peut effrayer. Mais le long cri du loup aux yeux d'ambre l'avait étonné. Pourquoi hurlait-il soudain ? Était-ce en lien avec le couchant ? L'intuition du magicien était la bonne, mais dans l'immédiat cela n'avait aucune espèce d'importance. Ce loup intriguait Louis et sa curiosité se faisait aussi vorace que peut l'être l'appétit d'un dragon. Il baissa la tête vers le loup, commd pour le mieux contempler, puis fit quelques pas de côté afin d'observer avec lui le soleil qui s'endormait et peu à peu disparaitrait sous la ligne continue de l'horizon. Là-bas, à l'ouest, c'était le continent américain, et donc Star City, et donc...

《 L'autre louve était plus bavarde. 》 Même s'il continuait de croire à un loup tout à fait animal, peut-être l'exemplaire rare ou unique d'un animal mutant, Louis ne pouvait réprimer ses convictions - elles l'inclinaient à croire à une créature lupine d'un ordre bien supérieur à celui du vulgaire canis lupus. Il aurait tant voulu à cet instant pouvoir, comme le pouvait la jeune Amber, communiquer avec les animaux en plus de se les savoir acquis d'avance par l'affectionqu'il leur inspirait continuellement et naturellement. Il avait bien assez de vanité - n'est pas dragon qui veut - pour monologuer encore longtemps, mais il aurait donné tout son trésor pour n'avoir qu'un aperçu des pensées dissimulées sous les yeux d'ambre.
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Message posté : Mar 25 Nov 2014 - 17:55 Message
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L’immense reptile écarlate dardait des yeux dorés sur Sköll. L’or de ses prunelles et de celles du loup géant répondaient au soleil mourant. Sköll laissa filer les mots du dragon sans y répondre. Il voulait contempler, encore un instant, le magnifique spectacle de l’astre disparaissant de l’autre côté de la Terre. S’il avait encore arpenté les forêts brumeuses autour d’Asgard, il l’aurait appelé le palais du jeune dieu Sol. Et il aurait salivé par avance à la pensée de croquer l’astre brûlant. Dévorer sa chair lumineuse. Voilà quel était son plus grand rêve. Sa revanche sur les maudits dieux, sur le triste sort de sa famille, sur les mortels si insignifiants qui paraissaient si importants aux yeux des dieux eux-mêmes...

Lorsque le soleil eut complètement disparu, Sköll retourna un regard ambré au dragon. Ses cordes vocales vibrèrent en un grondement sourd, semblable au son produit par un tremblement de terre, et son esprit s’envola à la rencontre de celui de la bête ailée. A nouveau, l’impression de heurter un mur infranchissable le saisit à la gorge. Il ne pouvait pas communiquer ici comme il le faisait jadis sur sa terre natale. Ce constat lui laissait un arrière-goût de défaite. Qu’il ne puisse pas communiquer sous sa forme originelle avec les humains n’avait aucune importance. Au contraire, pourquoi se serait-il embarrassé d’une conversation avec ses proies sanguinolentes ? Cependant, face au dragon, il se savait affligé d’une faiblesse innommable. Chose qu’il supportait difficilement.

Les propos du dragon l’interpellaient. S’il s’était senti quelque peu flatté par la distinction qui lui était accordée – il était le seul loup qui hurlait au soleil dans ce monde -, l’allusion à une louve soi-disant « plus bavarde » le fit dresser les oreilles. Depuis le commencement de leur long périple autour du globe, les Managarm avaient rencontrés des rois et des mendiants, des créatures étranges et des sorciers, ainsi que quelques représentants lupins. Aucun d’entre eux, cependant, ne possédait l’envergure de enfants de Fenrir. Lycaon s’était révélé un piètre souverain doublé d’un lâche. Loups-garous et autres meneurs de loups d’Europe menaient une existence éphémère et sujette aux tares de l’Humanité, notamment une profonde bêtise. Hati et Sköll était uniques. Se pourrait-il que le dragon ait rencontré sa jumelle ? La curiosité dévorait le regard mordoré du loup rouge. C’en était trop. Il devait savoir.

Gorgé de la puissance solaire, Sköll amorça sans tarder une pénible métamorphose. Contraindre sa perfection dans une si petite enveloppe charnelle n’était jamais aisé. Les pattes griffues profondément enfoncées dans la terre meuble, il serra les mâchoires tandis que s’opérait la transformation. Il choisissait de ne pas apparaître sous sa forme la plus courante. Hati avait coutume de nommer ses diverses apparences et d’en user à loisir, même si sa préférence allait à celle d’Ida Mikkelsen. Son frère peinait à comprendre pareil choix. Généralement, l’identité fictive – et ayant traversé les époques – ayant les traits de Niklaus Mikkelsen lui suffisait. Seule une autre restait gravée dans sa mémoire. Celle d’un homme grand et mince, nerveux, au visage anguleux voire émacié, aux dents un peu chevalines et qui fronçait souvent les sourcils. La fourrure cuivrée céda la place à une peau halée par le grand air et des cheveux d’un roux clair. Nu et encore tremblant de la métamorphose, Sköll ouvrit d’imparfaits yeux verts sur les Highlands. Nonobstant sa nudité, le faux mâle humain s’assit les jambes croisées dans l’herbe, juste en face du dragon. Avec ses yeux d’homme, la créature paraissait bien plus impressionnante. Il se racla la gorge pour apprécier la nouvelle tonalité de ses cordes vocales, puis il déclara :

- Je ne chasse pas ce soir, tu as de la chance.

Ce n’était rien de plus qu’un constat. De plus, il n’avait pas pour habitude de chasser les lézards géants. Un trophée de ce type ferait sensation dans son tableau de chasse. Mais il songeait à sa sœur, à l’intelligence du monstre rouge devant lui et la faim reculait dans son esprit, au profit de la curiosité. Le tutoiement lui venait naturellement, puisque le dragon lui-même en avait fait usage précédemment.

- Les apparences sont trompeuses, dragon. Je ne néglige pas les bienfaits d’une conversation mais je n’en éprouvais pas la nécessité… Jusqu’à maintenant.

Sa voix n’était pas aussi rauque que celle de Niklaus. Il avait l’impression de perdre en crédibilité lorsqu’il s’exprimait aussi sérieusement. Au contraire, cette voix, peu travaillée par le passé, lui faisait l’effet de celle d’un pirate ivre. Ce qui n’avait rien de commode, pour espérer capter l’attention d’un dragon.

- De quelle louve parle-tu ?


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Message posté : Mer 26 Nov 2014 - 13:30 Message
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La transformation qui opéra sous les yeux du dragon ne le choqua point, ni ne l'intimida, ni ne l'incommoda. Elle lui était familière, non qu'il la pratiqua lui-même, mais bien parce qu'il avait été déjà le témoin d'une semblable métamorphose, dans la forêt de Watson, sur la colline des Lénapes. Il sut à voir le loup changer d'apparence au soleil redouté du couchant écossais qu'un lien même ténu était à faire entre la louve qu'il rencontra là-bas et ce spécimen-là de la gent lupine. Il était encore tôt pour dire quelle était la nature de ce lien, mais Louis ne craignit point de se tromper en supposant une parenté quelconque - si courante, chez les créatures magiques. 《 J'espère que tu ne prendras pas froid, les nuits sont fraîches par ici. 》 Le dragon n'avait pas résisté à ce commentaire, pas plus qu'il n'avait résisté à ce gargarisme masturbatoire dont il flatta sa vanité en coiffant sa phrase d'une flamme égarée hors de ses naseaux. C'était à peine une flammèche, mais il l'amusait d'évoquer la fraîcheur de la nuit tombante en soulignant peu subtilement qu'il pourrait sans peine allumer un feu de camp pour l'homme nu à ses pieds. Louis était vanité de nature, le dragon pire encore. Il ne s'embarrassait d'aucun scrupule dès qu'il voyait une occasion de caresser l'échine de son orgueil d'un jeu de mots - ou de naseaux.

Le parallèle avec la louve des forêts fut d'ailleurs saisissant puisque la créature transformée apparut elle aussi sous les traits d'un homme complètement dénudé. Le dragon toutefois n'observait point cette nouveauté d'un œil voyeur, mais bien plutôt amusé. Lui n'avait aucun complexe : sa forme humaine lui était naturelle, primordiale, il s'était élevée de la chair de sa mère comme de la boue des marécages jusqu'au plus hautes cimes du monde et de la force ; le dragon n'était qu'un aboutissement. Il devinait en revanche que l'apparence humaine que revêtait le loup pour enfin lui parler n'était ni du goût de son possesseur, ni sans doute sa forme la plus évoluée ou aboutie. Le vivait-il comme une régression ? Subissait-il cette métamorphose comme un pis-aller tragique, nécessaire, honteux ? Bien qu'il ne fût pas de ces extrasensibles qui prétendent toucher du doigt la douleur d'autrui, le magicien avait cru percevoir des signes fugaces qui trahissaient la pénibilité d'une transformation peut-être douloureuse. S'il trouvait le temps et si ce loup manifestait plus d'intérêt que la louve pour la conversation, Louis n'hésiterait pas à poser cette question qui le tarabustait. 《 De cette louve que j'ai rencontrée en Amérique. Un gabarit semblable au tien. Des yeux inoubliables. Un pelage magnifique. Des attributs très avantageux... Et je ne parle que de sa forme lupine. Elle s'est transformée, elle aussi. 》

Mais elle n'avait pas pris l'apparence décharnée et d'un autre âge qu'avait pris sous ses yeux le loup du soleil couchant. À dire vrai, il n'y avait rien de semblable entre ce rouquin blafard aux hautes joues et la délicieuse femme aux courbes blanches et blonds cheveux. Louis toutefois n'avait pas vu l'une et l'autre d'après les mêmes yeux, et le dragon trouvait des appâts à cet homme, quand le magicien demeura insensible à ceux, évidents, de cette femme. 《 La connais-tu ? Elle chassait ou, en tout cas, se promenait près de Star City, dans la forêt de Watson, en un lieu connu là-bas comme la Colline des Lénapes. Elle m'a dit en être l'une des gardiennes, si j'ai bonne mémoire, et m'a même parlé du tragique destin de ces misérables. 》 Un éclat de rire, ou ce qui s'y apparentait, crépita dans la bouche du dragon. Il se souvenait très bien du sermon esquissé par la louve et devant cet homme il n'éprouvait pas plus de culpabilité que devant cette femme. Pitié, pas de nouvelle réprimande sur fond de responsabilité historique, sinon Louis finirait par croire que tous les gros loups étaient des moralisateurs inépuisables pire que ces abbés d'un siècle oubliée qui allaient partout sermonner les jeunes filles pour les tenir loin des vices de certains attouchements personnels ! C'est d'une voix déjà lasse mais d'un ton enjoué qu'il poursuivit, taquin et formidable :

《 J'espère que tu ne vas pas me parler du tragique destin des Écossais mort aux batailles du pont de Stirling, de Bannockburn et de Culloden... Je ne suis pas anglais, je ne me sens ni concerné ni responsable de ces événements historiques qui ont pavé le chemin de la réunion plus tardive des couronnes d'Écosse et d'Angleterre...》
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Message posté : Mer 26 Nov 2014 - 19:07 Message
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Sköll n’avait pas froid. Il naquit, plusieurs millénaires avant cette ère, dans les steppes glacées du Nord, là où le temps n’existe pas, là où les saisons ne sont que les sceptres de divinités capricieuses. Sur Terre, ce soir-là, le soleil avait nourri son corps pour lui faciliter la transformation. Sa chaleur imprégnait encore sa peau et sa chair. Ses forces déclinaient avec la nuit mais pour quelques instants encore, il serait au sommet de sa puissance. L’allusion à sa nudité et la froideur nocturne lui passa complètement au-dessus de la tête, par conséquent. La pudeur était une notion qu’il avait difficilement intégré mais qu’il comprenait. Seulement face aux humains. Comment se comporter face à un dragon, voilà qui s’avérerait une leçon bien plus ardue – et beaucoup plus intéressante.

Il remarqua d’emblée que la bête se complaisait sous sa forme massive. Une flammèche par-ci, une flammèche par-là, tout en faisant danser des centaines d’échos lumineux sur ses écailles rouges et dans ses yeux d’or, la longue queue serpentant au sol avec la nonchalance alanguie d’un fauve au repos, sans oublier la formidable envergure des ailes négligemment repliées… Les orgueilleuses paroles du dragon n’existaient que pour souligner sa puissance musculaire, et ce qu’il devait considérer comme « beau ». Sa superbe était à la mesure de sa masse physique. Tout cela confortait le fils de Fenrir dans sa pensée. Les légendes disaient vrai : l’orgueil des dragons n’avait d’égal que leur gigantisme. Cette réflexion lui rappela un certain dragon noir, qu’avant combattu le protégé des dieux il y avait plusieurs dizaines de siècles.

Bientôt, Sköll cessa tout examen approfondi de la personnalité de la Bête, tout occupé qu’il était à boire les paroles de cette dernière. Une louve, à Star City, sur la Colline des Lénapes, qui s’en disait la gardienne… Ce ne pouvait être qu’Hati. Lui aussi avait souffert de la destruction de la tribu face à « l’homme blanc civilisé ». C’était comme s’il avait créé une meute, la sienne, pour la regarder mourir ensuite. Une souffrance indescriptible en avait résulté. Si les Managarm se révélaient bien plus que de simples gros loups, il n’en demeurait pas moins qu’il avait besoin de confronter leur éternelle solitude – du fait de leur indiscutable supériorité – à quelque chose de plus concret. Cette tribu représentait leur meute, leur peuple, leurs sujets. Rois-esprits, craints et vénérés tout à la fois, avaient forcés le respect des natifs, en échange de leur protection. Sköll se remémorait leur disparition avec tristesse, colère et déception. Cela avait été pire pour Hati. Même si elle ne l’admettrait sans doute jamais, sa jumelle avait perçu cette disparition comme une douleur proche de celle d’une mère voyant ses louveteaux mourir un à un. Le mépris affiché par le dragon durcit les traits de Sköll.

- Je ne suis pas plus Écossais que je ne suis un homme, rétorqua-t-il froidement, ses yeux verts étincelants d’une rage silencieuse, tel un feu couvant sous la cendre. Cette louve blanche est ma sœur. L’insulter, c’est m’insulter.

Lever la tête pour contempler la Bête – car ainsi s’appelait-elle dans son esprit – le contrariait toujours autant. Sous sa forme originelle, il ressentait moins cette honte diffuse à propos de leur différence de taille. Le dragon se moquait, à demi-mot, de sa propre sœur. Il aurait voulu lui sauter à la gorge, déchiqueter sa parure d’écailles tendres sous le ventre et arracher ses ailes… Une douce vengeance pour l’instant inaccessible. La Bête le surplombait de toute sa hauteur. Elle profitait de son ascendant sur le loup d’airain.

- L’Histoire est écrite par les vainqueurs. De tous les camps que nous avons pu fréquenter, ma sœur et moi, aucun ne fut jamais perdant. Nous sommes des faiseurs de victoires. Pourquoi prendrions-nous la peine de défendre les causes perdues ? Les humains sont faibles par essence. Ils sont mortels, éphémères ; ils ne revendiquent la liberté que pour mieux la piétiner. Beaucoup de leur gloire nous revient. Nous façonnons l’Histoire.

Ce discours, les Managarm le tenait de leur père. A chaque génération humaine, leurs exploits les confortaient dans cette idée. Si échec il y avait, l’affront fait à leur grandeur se lavait dans le sang. Plus anciens que l’invention même de ce Dieu unique, ils arpentaient l’ombre des pages d’Histoire, traçant un sillon sanglant sur leur passage, déchirant violemment les événements pour y marquer leur présence et ce, depuis des siècles. Hati et Sköll égrenaient maints hivers depuis leur exil sur Terre mais le temps n’avait aucune emprise sur eux. La Bête connaissait-elle ce sentiment, cette solitude, cette impression de toute-puissance ? Qu’était-elle réellement.

Sans se départir de son calme olympien, il renchérit :

- Autrefois, j’ai connu un dragon. Il est mort. Son nom était Fafnir. Était-il de ta parenté ?

Ni Sköll, ni sa sœur, ou même un membre de sa glorieuse lignée n’avait réellement approché Fafnir du temps où il vivait dans sa grotte puante. Aucun d’eux n’était responsable de sa mort. Cependant, dans l’esprit de l’immortel, le seul véritable dragon dont il ait entendu parler avait bel et bien été tué. Il s’agissait d’une créature mortelle. Par ce rappel, il souhaitait remettre à sa place première la Bête. Elle n’était rien de plus d’un gros lézard ailé, quand lui revendiquait la puissance d’un dieu.
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Message posté : Mer 26 Nov 2014 - 19:52 Message
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ϟ Âge : 28
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ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
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ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Louis jouait de malchance. Ne devait-il donc tomber que sur des loups susceptibles et grognons ? Et tous les loups étaient-ils de cette sorte-là ? Chatouilleux et difficiles ? Était-ce d'ailleurs la sensibilité et l'irritabilité qui avait plongé au néant de l'Histoire le peuple Lénapes ? Le sourire du dragon avait disparu. Lui qui espérait palabrait tranquillement et s'amuser ! Quelle déveine, il aurait pourtant donné la moitié de ses écailles pour entendre quelqu'un rire de l'autre moitié ! Les loups d'ailleurs devenaient de tous les animaux ceux qu'il aimait le moins. Il était à deux doigts d'en faire le symbole nouveau des grincheux et des sensibles ! Il n'avait pas d'ailleurs souhaité insulter la sœur de ce loup, ni même lui faire offense.

Tout au plus avait-il fait un constat des plus nets sur l'échange qu'il avait eu avec elle – et il n'avait pas menti, elle l'avait sermonné. Bien qu'il y eût du vrai dans le discours de ce métamorphe acariâtre, car Louis reconnaissait volontiers l'état de faiblesse primitive de l'être humain, il ne parvenait guère à le prendre au sérieux. Sans doute était-il trop grégaire, et ces loups trop solitaires. « Ce dragon n'était pas de ma parenté. » Louis n'avait rien de commun avec ce gros nain transformé maladroitement en dragon pour protéger le trésor qu'il s'était construit toute sa vie durant. Il ne connaîtrait certainement pas la même fin et à dire vrai, cette vague histoire mythologique, il la connaissait peu et ne s'y intéressait qu'à moitié, voire au tiers, voire au quart. Mais il était en revanche assez étonnant d'entendre le loup dire qu'il avait connu ce dragon légendaire.  « Si tu l'as connu, j'en déduis donc que tu es une créature magique du panthéon nordique. » L'évidence de la déduction dévoilait ses fils blancs et grossiers.

Voilà toutefois qui éclairait davantage ce qu'était cet homme, ce loup, et même sa sœur la blanche... S'ils étaient de très anciennes créatures, alors il n'y avait guère à chercher plus loin la cause de leur inconfort social : ils étaient trop peu habitués aux convenances humaines et contemporaines pour goûter le sens d'un propos et son interprétation. Ou peut-être feignaient-ils ? Louis peinait à croire cela : le ton du loup ne laissait aucun doute, quand bien même sa voix trahissait des intentions bizarres ou contestataires. Repensant à son discours sur l'Histoire, les vainqueurs, les camps, les victoires et les causes perdues, Louis se rendit bien compte qu'il y avait dans ces propos tous les signes d'une esquisse de sermon... et curieusement, il s'en amusa, à un point tel qu'il éclata de rire.

Un rire qui crachait son lot de flammes. Il ne tomberait pas dans le piège cette fois, et laisserait son silence répondre aux récriminations déguisées du loup brun. Qu'il sermonne, qu'il réprimande, qu'il admoneste, qu'il morigène, qu'il blâme et houspille à sa guise autant qu'à son gré ! Louis ne se laisserait guère impressionner par ces discours pompeusement moralisateurs.  « Et qu'est-ce que vous êtes, exactement ? Je n'ai jamais rencontré pareils animaux. » Le terme pouvait paraître insultant mais à la vérité, dans la bouche du dragon, il était neutre, voire même mélioratif. L'opinion que Louis se faisait des animaux était d'emblée très bonne.

 « Et pourtant j'ai beaucoup voyagé. J'ai connu mon lot de créatures magiques, j'ai même de fréquents contacts avec certains gobelins de ma connaissance... mais deux loups métamorphes échappés des songes d'un goði non, vous êtes les premiers que je rencontre. » Son long cou imprima à sa tête ce qui ressemblait à une parodie de révérence. Ses cornes luisaient dans le couchant. Ses crocs glissèrent derrière ses lèvres et sa langue fit un tour aux derniers rayons du soleil. Ses pattes immobiles semblaient dormir.

 « J'imagine que je suis enchanté... et comment dois-je t'appeler ? Au contraire des loups sauvages, tu dois bien avoir un nom ou une appellation, non ? »
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Message posté : Mer 26 Nov 2014 - 22:25 Message
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Sköll s’épargna un reniflement dédaigneux. Au lieu de quoi, il se contenta de demeurer impassible comme à l’accoutumée. Il avait toujours été le plus doué des jumeaux avec ce type d’expression. Ou plutôt l’absence d’expression. S’il était le loup qui rêvait du soleil, il paraissait l’égal de l’hiver, tandis que sa sœur, promise à la lune, reflétait l’été. Etre aussitôt étiqueté et rangé dans la catégorie du « panthéon nordique » l’aurait fait sourire, si quiconque lui avait posé la question au sein de SHADOW. Son nom de code y était, de fait, son véritable nom. Et non un prétentieux surnom en rapport avec leur prétendu pays natal – la Norvège – comme tout le monde se plaisait à le penser. Les humains éprouvaient le besoin de nommer les choses pour espérer les comprendre. C’en était navrant. Toute la beauté, toute la puissance, toute la folie de Sköll résidait dans son nom. Le prononcer, c’était donner un aperçu de son essence même.

- Nous ne sommes pas des créatures magiques.

La Bête ne ressemblait pas du tout à Fafnir. Pas d’après les récits, ni le témoignage de Fenrir, en tout cas. Là où le dragon noir avait été idiot, aveuglé par sa propre cupidité, possédait un corps énorme et des ailes atrophiées – à rester trop longtemps dans sa caverne -, la robe d’écailles de la Bête rutilait, son langage se voulait policé et il ne semblait couver aucun trésor sinon sa propre personne. Au moins, avait-il la délicatesse de préférer la comparaison – extrêmement malhabile – avec un animal plutôt qu’avec un humain, ce qui eut été offensant. Le salut du dragon ne passa pas inaperçu. S’il avait encore été loup, Sköll aurait fait de même. En tant qu’homme, il se contenta d’un salut volé aux gladiateurs romains : le poing droit serré, frappant sa poitrine du côté du cœur. C’était le moins qu’il puisse faire, pour rendre sa politesse au dragon et reconnaître, qu’en dépit de son allure charmeuse et de son impardonnable ignorance, il demeurait d’assez agréable compagnie.

- Je suis Sköll.

Toute son histoire, ses rêves, son destin, se résumaient dans ce seul nom. Si la Bête ne savait rien de ce nom, Sköll le laissait volontiers chercher par ses propres moyens.

- Je te retourne la question, dragon. Je n’ai pas eu l’honneur de te croiser auparavant. Tu es sans doute un jeune dragon. (Tout le monde paraissait trop jeune près des Managarm.) Jeune mais pas ordinaire.

Par ordinaire, il évoquait ces créatures ternes et sans éclat, aux ailes pataudes, qui croupissaient dans certains marais, perdues aux quatre coins du monde. Ces sauriens étaient les pâles copies de leurs ancêtres. Ceux-ci avaient portés la voûte du ciel dans certains pays ; d’autres avaient été ignoblement domestiqués par une civilisation quelconque ; beaucoup d’autres furent tués par des chevaliers en trop grand nombre contre une seule bête pour ne pas paraître lâches. Sköll ne fréquentait pas les dragons. Celui-ci était le premier véritable membre de son espèce qu’il rencontrait et, il fallait le reconnaître, il faisait honneur à la race, contrairement aux rumeurs glanées autour du globe. Le loup d’airain, cependant, ne pouvait pas taire l’étrange impression familière qui lui avait chatouillé les narines précédemment. Sous cette forme humaine imparfaite, il ne pouvait pas se fier à son odorat. Pourtant, il aurait juré que le dragon possédait une odeur corporelle quelque peu originale, sous l’entêtante fragrance de reptile. Plus le temps s’écoulait, plus cette impression persistait.

- Tu es chanceux si tu n’as jamais rencontré Fafnir. Il n’était pas d’agréable compagnie. Il est mort comme il a vécu : en lâche et en imbécile.

C’était du moins ce qu’avait raconté Fenrir, puis Loki, à ses enfants. Si Sköll se méfiait ouvertement de tout ce qui pouvait sortir de la bouche du Grand Tricheur – qu’il avait pourtant servi un temps -, il ne remettait jamais en doute la parole de son père. Fafnir avait mérité de mourir. Mais ceci est une autre histoire.
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Message posté : Mer 26 Nov 2014 - 23:20 Message
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Sköll. Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Il s'agissait sans doute d'un animal du panthéon nordique, et comme Cerbère était le chien d'Hadès, sans doute ce loup-là était-il le fidèle compagnon d'un de ces dieux marmoréens, peut-être Odin ou Thor, après tout ? Louis avait oublié ses encyclopédies Tout l'Univers à la maison, hélas ! Il ignorait tout de Fenrir, de sa parenté lupine, des Managarm et du Ragnarök qui annonçait l'extinction du soleil dans la bouche de ce loup qu'il contemplait de ses yeux d'or. Au point porté sur sa poitrine, Louis avait cru comprendre toutes les limites de la forme qu'avait prise la créature. Il regrettait presque qu'elle ne fût point encore un loup. « Un dragon lâche et imbécile n'est pas un dragon, si tu veux mon avis, mais je ne mets point en doute ta parole. Quelqu'un l'a tué, sans doute. C'est toujours ce qui attend les pleutres et les idiots, qui ne sont que des nuisances qu'il faut éliminer. » Comme la vermine. Comme les vieilles dames égarées dans les chantiers solitaires. Mais là n'était pas la question. Le loup de Norvège lui avait posé une question ou plutôt il lui en avait retournée une. Que devait-il répondre ? Pouvait-il être honnête ? Que risquait-il à mentir ? À glisser un prénom choisi au hasard ? Un rictus figea son sourire : le hasard ferait bien les choses. Il était tenté de laisser à la chance le soin de décider pour lui, mais hélas il n'avait ni pièce de monnaie, ni les doigts pour la jeter en l'air... « Appelle-moi Louis. » Finalement, la fureur de l'instant décida en lieu et place du hasard et de toutes réflexions. Il n'y avait aucun danger à révéler son nom à cet homme nu et roux devant lui. Il était ou du moins paraissait inoffensif. Et s'il se révélait menaçant et dangereux, quelques coups d'ailes et il serait déjà bien loin de tout péril.  « Suis-je jeune ? Je ne sais pas, qu'appelles-tu jeune ? Si tu vis depuis des temps immémoriaux, un siècle doit te paraître bien jeune, non ? » C'était pure logique. Mais il n'avait aucun complexe à nourrir, il était satisfait des quelques trente-trois années qu'il avait passées sur terre, et comptait bien tirer profit de toutes celles qui viendraient. Si l'immortelle créature magique entendait le diminuer ou le prendre de haut du fait de son âge, il se heurterait à un mur d'indifférence aussi haut que l'était la voûte céleste.

 « Pourquoi dis-tu que je ne suis pas ordinaire ? J'ai comme mes frères des griffes, des crocs, des naseaux qui crachent du feu, des cornes et une queue. J'ai quelque part un trésor et toujours avec moi l'orgueil de mon sang et de ma race. Qu'y aurait-il de plus d'après toi ? » La question n'était pas innocente. Il n'était pas qu'un dragon. Il était aussi un magicien capable de bien des prouesses. Mais il n'éprouvait nul besoin de faire étalage de ses aptitudes au grand jour... ou au grand crépuscule. Mais c'était un fait, il n'était pas qu'un dragon.Car le sang et la race de ce dragon-là n'était pas tout à fait... reptilien d'origine. Il était l'héritier d'une longue lignée dont l'origine n'était autre que la magicienne Armide. Était-elle originellement un dragon incarné dans le corps de la reine de Damas ? Ou avait-elle conquis ce pouvoir comme tant d'autres ? Une énigme à confier aux meilleurs historiens de cette période et de ces sujets... mais elle devrait attendre. D'autant plus que la conversation prenait un nouveau virage intéressant – évidemment, puisque le sujet se recentrait sur Louis. Son orgueil approuvait nécessairement ce brusque revirement. Mais il ne serait pas celui qui dévoilerait l'intégralité de ses petits secrets. Sköll l'avait rencontré en tant que dragon, il le quitterait de même, car pour le moment Louis ne désirait pas reprendre forme humaine. Il savourait trop ce décalage enivrant et féérique.  « Je serais curieux de savoir ce que ton flair peut deviner. » C'était grâce à son flair que la louve blanche avait découvert certains des attributs du magicien sans pour autant pouvoir les distinguer nettement. Elle n'avait pas laissé d'ailleurs à Louis l'occasion d'expliciter.
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Message posté : Jeu 27 Nov 2014 - 0:30 Message
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Démentir les propos de la Bête à propos de Fafnir aurait une preuve de mauvaise foi. Il était impensable de ne pas dénigrer pareil idiot. Ce faux dragon avait mérité son sort. Sköll ne pouvait qu’acquiescer à ces sages paroles. Il n’en oubliait pas pour autant à qui il s’adressait. La Bête ronronnait comme un chat tombé dans un pot de crème. Flatter son ego s’avérait une basse manœuvre pour en découvrir plus sur la créature. Après tout, cela fonctionnait, pourquoi s’en priver ? Le dragon se plaisait à parler de lui. Le loup n’allait pas le priver de ce petit caprice égocentrique.

- Louis ?

Sur le visage naturellement renfrogné de Hjalmar – ainsi s’appelait-il jadis sous cette forme éphémère –, un sourcil se leva, trahissant la perplexité de son propriétaire. Il préféra passer outre le ridicule de ce nom pour un dragon. Après un bref silence, il souligna, tout en confirmant la théorie de son vis-à-vis :

- En effet. Tous les êtres de ce monde sont jeunes.

Lui-même ne se considérait pas comme vieux, à proprement parlé mais plutôt comme une créature atemporelle. Sur laquelle le temps glissait, n’ayant aucune emprise, sans éroder sa perfection. Il était déçu, cependant, que son nom n’ait pas fait plus d’effet au dragon. Louis ne semblait pas comprendre tout ce qu’impliquait le nom de « Sköll ». Encore une nouvelle preuve de son ignorance crasse… S’il avait su que Louis songeait à le comparer à des chiens serviles semblables à Cerbère, la colère l’aurait submergée jusqu’à abréger la conversation. Généralement, cela finissait dans le sang et le résultat n’était pas joli à voir.

- Ma sœur a-t-elle su ce que tu cachais sous ton manteau d’écailles ?

Louis se moquait gentiment de son flair et de ses pouvoirs. Le dragon savait jouer avec les apparences. Il avait beau se savoir à moitié découvert, il ne renâclait pas devant un peu d’amusement. Sköll regrettait, plus encore maintenant, son enveloppe originelle. Il ne pouvait pas converser avec Louis en tant que loup géant mais tous ses sens retrouvaient alors leur plein potentiel. Il se sentait invariablement diminué, presque estropié, lorsqu’il adoptait un corps d’homme. Il réfréna l’envie de renifler la Bête de nouveau. Il ne servait à rien de se torturer l’esprit pour de telles futilités. Il n’obtiendrait qu’un piètre résultat s’il cédait. Il s’était déjà imprégné de son odeur. Il lui suffisait de la décoder. Le loup rouge s’avançait sur un dangereux terrain de suppositions.

- Louis le dragon, tu possèdes un autre visage. Mon flair n’est pas qu’un outils. C’est une arme contre les illusions. Tu n’es pas plus dragon que ne l’était Fafnir le nain avant sa métamorphose. Tu n’es pas plus dragon que je ne suis un homme. Tu es autre chose… (Une lueur vaguement jaune s’alluma au fond des sombres prunelles.) Pourquoi aucune saga ne chante-t-elle tes exploits ?

Provocation en bonne et due forme. Si l’orgueil de Louis n’était plus à démontrer, celui de Sköll ne devait pas être négligé pour autant. Le fils de Fenrir estimait qu’il n’avait plus à prouver ses mérites. Ni sa puissance, ni sa supériorité ne sauraient passer inaperçues dans les livres d’Histoire ou les rapports de mission de SHADOW. Il était ce qu’il était. Malgré ses évidentes qualités, Sköll n’était pas un homme. Viendrait un temps où sa sœur et lui quitteraient l’organisation, pourchasseraient les astres et participeraient à la destruction de la Terre. Un monde chéri par les dieux scandinaves, leurs meilleurs adversaires ! Tôt ou tard, même SHADOW se retrouverait emporté dans la tourmente d’une fin des temps. La société de l’Ombre réalisait un pari risqué, après avoir engagé les Managarm et en les laissant pleinement jouir de leurs talents sur le terrain. Pour l’heure, rien ne laissait présager un départ imminent. Le Ragnarök se révélait encore un rêve fabuleux. La Terre avait encore de beaux jours devant elle. Sköll ne comprenait pas pourquoi tant de déités ou de créatures étranges pouvaient aimer cette planète barbare. Bien sûr, il lui trouvait certains charmes. Comment aurait-il survécu l’ennui, sinon ? Une petite voix au fond de ses esprit, néanmoins, lui soufflait que si ce monde disparaissait, il recommencerait à s’ennuyer…
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Message posté : Jeu 27 Nov 2014 - 18:37 Message
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ϟ Âge : 28
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Louis ne dit rien. Qu'avait-il à redire à son prénom de baptême, ce canidé nommé d'après une bière aromatisée à la vodka et aux agrumes ? Le magicien ne sut comment interpréter ce haussement de sourcil et ce silence qui suivit l'annonce et la présentation de son nom. Fallait-il y voir de la surprise, du mépris, du scepticisme ? Un simple silence aurait suffi, mais cette manœuvre faciale laissait entendre que le nom entendu n'était pas tout à fait le nom attendu. Le reste n'était que reprise insignifiante. Louis ne désirait guère s'épancher sur la blanche louve de la colline des Lénapes, car le souvenir de cette rencontre n'était pas des plus éloquents ni des plus féroces à son esprit. Tout au plus gardait-il d'elle une vague impression de la douceur bilieuse que laisse entre vos yeux ces mirages aux déserts sablonneux. 《 Tu as une vision bien étroite des choses, si tu crois qu'il suffit d'avoir des ailes, des écailles, des cornes et du feu dès la naissance pour être un vrai dragon. 》 Sa voix était profonde. Mais elle avait perdu de son pétillant. Il avait clairement perçu dans les propos de Sköll ce venin formidable qui fait la réputation des assassins sans couteaux. Ce petit air qui fait grincer des dents, Louis ne le connaissait que trop bien. Il n'était pas né dans un œuf, ni couvert d'écailles, ni du sein d'un dragon - l'évidence ne trompait guère, et Louis ne démentirait pas ce que découvrait peu à peu le flair de ce loup qui palabrait avec lui. Et s'il nourrissait des opinions aussi arrêtées que sa vue semblait être basse, alors Louis ne chercherait pas à le convaincre de quoi que ce fût.《 Ta sœur ne m'a pas vu sous cette forme. J'imagine qu'elle a compris, toutefois. Le sang qui coule dans ces veines est bien le sang d'un dragon. Ces écailles, ces cornes, ces crocs sont bien ceux d'un dragon. Ce feu même naît des entrailles d'un dragon. Ce dragon t'est peut-être étrange. Sans doute parce qu'il est non seulement prince des cieux, mais aussi autre chose. Je suis né sans ailes, mais j'étais déjà un dragon. Ce sein était déjà le siège d'une puissance appelée à croître. Elle traverse les siècles et s'exprime aujourd'hui à travers moi.》 Il n'était pas sans raison l'avatar d'Armide, la filiation s'imposait à lui et avec elle son cortège d'implications lumineuses et terribles.

À présent qu'il avait satisfait la curiosité de son interlocuteur - du moins il l'espérait - Louis risqua un soupir désenchanté et quelque peu désabusé. Bavarder avec des créatures jaillies du fond des âges, apparentées aux divinités de panthéons disparus et oubliés, n'était guère aisé. De deux choses l'une, soit il jouait de malchance et ne tombait que sur les moins sociables entités, soit il ne parvenait pas à se montrer digne de capter leur attention. Mais c'était faire preuve de mauvaise foi car après tout, en dépit de ses maladresses, Sköll parlait avec lui. Cela exigeait peut-être de lui des efforts pour concentrer son intérêt mais au moins le faisait-il, contrairement à d’autres, pas toujours divins, incapables de tenir la moindre conversation de longue durée, incapables de manifester pour lui quelque intérêt ! S'il avait pu et daigné le faire, il les aurait tout entier croqués ou brûlés jusqu'à ce que mort s'ensuivît ! L'agacement fut toutefois de courte durée car même s'il était sensible à ces désagréables réminiscences, il avait depuis longtemps appris à leur refuser toute l'importance qu'il leur accordait autrefois.

《 Si les sagas ne chantent que les exploits des morts, je préfère m'abstenir d'être l'objet de ces récits mythiques. De plus, mes exploits, je préfère éviter de les rendre trop publics. La renommée, c'est une amante froide. Je suis d'ailleurs persuadé que tu sais de quoi je parle, puisque Sköll n'est plus rien aux yeux du monde, pas plus que ta sœur ou aucune des hautes figures du panthéon nordique... tout au plus a-t-on vu parodier Odin, Thor, Loki et quelques autres au cinéma ces dernières années... Nous sommes bien loin des récits racontés et chantés au coin du feu sous la longère, non ? Même moi, je peux dire sans honte que j'ai une grande culture et pourtant mes lacunes m'empêchent de te voir tel que tu te prétends. 》 Il rapprocha sa gueule de l'homme nu pour le toiser de tout l'or de ses yeux tandis qu'au creux de sa gorge se formait une flamme nouvelle. Louis commençait à douter de la sincérité des paroles de son interlocuteur. Peut-être avait-il menti, après tout ? 《 J'en suis une belle preuve, puisque j'ignore tout de Sköll et de ce que ce patronyme recouvre. En serait-il autrement si j'avais vu le jour au fin fond de la Norvège ? Peut-être, mais en attendant, si tu veux m'entendre parler juste, si tu veux que je sache exactement ce que tu es, il va falloir éclairer ma lanterne, ou tu ne seras jamais qu'un loup plus bavard que les autres à mes yeux. 》 Il devrait choisir entre le partage et le silence.
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 15:35 Message
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Lui, une vision étroite des choses ? Sköll s’en serait offusqué si l’opinion de qui que ce soit lui importait. Il y avait Hati et cela lui suffisait. Personne ne pouvait comprendre la créature qu’il était réellement, ni saisir toute la magnificence de son être, que cela vienne d’un homme ou d’un dragon. L’avis de Louis le laissa de marbre. Il lui avait déjà fait la faveur de lui donner son nom véritable. C’était bien trop d’honneur, finalement, pour une créature qui se permettait de le juger, lui, le puissant loup immortel, source de haine et de terreur depuis la nuit des temps ! Sköll estimait que sa vision des choses se trouvait plus simplifiée que réellement étroite. Après tant de siècles passés à chasser et observer les mortels – quels qu’ils soient -, il devenait aisé de les trier.

Le froncement de sourcils de Hjalmar s’accentua. Là se trouvait une des raisons pour lesquelles ce visage lui plaisait moins que celui qu’il utilisait d’ordinaire. Hjalmar se révélait bien trop expressif, malgré son air constamment renfrogné et sa longue figure en lame de couteau. Sköll détestait montrer ses émotions – au contraire de son expansive jumelle. Elles le trahissaient en silence, comme des petites souris se glissant entre les pièges. Pour un être qui, la plupart du temps, restait indifférent face au monde qui l’entourait, ce genre d’indiscrétions involontaires le désavantageait.

- C’est là que tu te trompes. Tous les héros des sagas ne sont pas morts. J’en suis la preuve, tout comme ma sœur. Nous n’avons pas besoin d’entendre les mortels scander nos noms, ni d’être vénérés, pour exister. Nous sommes.

Il aurait dû rugir, hurler ou mordre, face à l’affront que le dragon lui faisait. Louis ignorait tout de lui. Son nom ne lui évoquait rien. C’eut été mentir effrontément que d’affirmer que Sköll n’était pas déçu. Profondément déçu. Pour un dragon, qui vantait sa puissance à l’égale de glorieux ancêtres, son ignorance se révélait au moins aussi grande que lui – sans compter son formidable ego. Sköll avait appris à réfréner – un minimum – ses ardeurs belliqueuses au fil du temps. Il ne sautait plus à la gorge de ceux qui lui manquaient de respect, surtout par excès d’ignorance. Il pouvait lui concéder cette faute. Elle serait cependant la dernière.

Cet incurable défaut qu’est l’ignorance ne représentait pas une excuse, ni même une menace. Régulièrement, les Managarm se rappelaient au bon souvenir des humains en frappant l’Histoire, faisant pencher la balance des victoires d’un camp à un autre. Un moyen comme un autre de ne pas tomber dans l’oubli et de patienter plus sereinement… L’orgueil du loup rouge lui interdisait de vanter des évidences. Il le consolait également avec ce beau rêve miroitant dans son esprit depuis plusieurs millénaires. Son glorieux destin.

- Dans ce cas, laisse-moi t’instruire, dragonneau Louis. Je suis Sköll, fils de Fenrir, lui-même fils de Loki. Je suis la peur. Je suis la violence. Et je suis immortel.

Ses prunelles retrouvèrent l’aspect de l’or en fusion à ces paroles. Derrière la fragile illusion de cette nudité humaine transparaissait sa nature profonde. Il aurait pu ajouter : « Je me nourris du sang des faibles » ou « Je suis le faiseur de victoires et de carnages » ; mais tout cela aurait présomptueux et arrogant. Et inutile. Le fils de Fenrir détestait gaspiller sa salive. Il préférait laisser le dragon se faire sa propre opinion. Il pouvait se le permettre. S’il s’avérait n’être rien de plus qu’un homme ayant la faculté de prendre une apparence draconique, un de ces mortels bizarres peuplant Star City, ses croyances n’avaient peu, voire pas du tout, de valeur à ses yeux. Sköll vivait pour un dessein bien trop grand pour se laisser influencer par les péripéties spirituelles d’une race inférieure condamnée à l’obscurité.

- Tu as néanmoins raison sur un point. La renommée se mérite… Mais elle n’apporte aucune garantie sur le long terme. Pas même la certitude que le pouvoir, quel qu’il soit, demeurera. C’est un cadeau empoisonné. Les plus habiles à manier le pouvoir sont ceux qui survivent à tout et tout le monde.

Comme songeant à un lointain souvenir, une pâle esquisse de sourire se dessina sur ses lèvres minces. Comme la nuit se noircissait de minutes en minutes, Sköll leva ses yeux d’or luisant vers la lune blafarde qui trônait dans le ciel d’encre. Lorsqu’il regarda de nouveau le dragon dans les yeux, son sourire moqueur s’était élargi, dévoilant une dentition trop parfaite pour être humaine. Des dents blanches trop aiguisées pour seulement orner la bouche d’un homme.

- Que chasse un dragon dans les Highlands ?
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Message posté : Ven 28 Nov 2014 - 21:01 Message
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Mais si sa sœur et lui-même « étaient » sans nul besoin que d'autres se fissent l'écho de leur existence, quel besoin de mentionner les sagas, les chants et les légendes ? Ce loup n'était pas à une contradiction près de toute évidence, mais le dragon s'abstint de le lui faire remarquer. Le sobriquet dragonneau vibra sur ses écailles comme la goutte d'eau sur la plume des canards proverbiaux. Quelques minutes plus tôt, quand le dragon se pavanait devant le loup, pareil dard eût piqué son orgueil au plus vif sous le cuir de la créature. Là, en revanche, il était trop sur la réserve pour se laisser aller aux inquiétudes de la vanité. Cette créature divine n'était sans doute pas à prendre au pied de la lettre, après tout : puisqu'elle n'appartenait pas au monde des hommes, on ne pouvait lui appliquer les grilles de lecture et les codes propres à ce monde. Il se décrivit d'ailleurs comme le fils de Fenrir et le petit-fils de Loki, comme la Peur, comme la Violence, et comme immortel. Que de qualificatifs impressionnants ! Un seul en vérité aurait pu rendre Louis jaloux. Tout le reste n'était encore une fois que des drapeaux attachés à la bannière que ce Sköll prétendait balayer à travers le monde. « L'ennui. » C'était ce que Louis chassait, ni plus ni moins, dans ces terres connues de tous et toujours si mystérieuses. La vieille ruine toute proche n'allait pas démentir. Les Highlands n'intéressaient pas le dragon pour leur faune singulière, ni pour leurs trésors gastronomiques à l'usage des grands prédateurs. Il n'était là qu'à la faveur d'un hasard surprenant. La proximité d'un paysage ignoré et indifférent au reste du monde, où il pourrait voler et dragonner à loisir, en quête pourquoi pas d'un autre dragon – il en connaissait trop peu – ou d'agréables compagnons, comme les animaux que sa nature n'effraierait pas. Les mammifères s'inclineraient volontiers après lui, mais la présence de Sköll sans doute les dissuadait d'approcher de trop près, comme cela avait été le cas avec sa sœur la louve blanche. Quelle pitié, d'ailleurs ! Il n'eût pas dit non à un public attentif et tout entier à lui dévoué.

 « Qu'y aurait-il d'autre, ici ? Les moutons ? Ces stupides animaux accouraient d'eux-mêmes dans ma gueule entrouverte. Un éclat de rire et voilà qu'il n'y aurait plus dans ces champs que les chairs calcinés de ces méchouis laineux. » Non sans une certaine fierté, Louis contempla, dans la nuit environnante, les dernières lueurs qui dessinaient les contours du paysage. La clarté des étoiles et celle de la lune auraient bientôt remplacé les derniers souvenirs du soleil, dans le voisinage. Qu'allait faire ce loup qui avait vu se coucher le soleil ? N'irait-il pas ailleurs, à un autre point du globe, là où l'astre du jour diffusait encore sa lumière ? Louis se prêta au jeu, toutefois, de ce qu'impliquait la question de Sköll.  « As-tu cru que je venais à toi pour te manger ? Probablement pas. » Louis devinait l'orgueil du loup au moins aussi imposant que le sien, mais d'une coloration bien différente, que d'ailleurs la conversation contribuerait à illustrer pour la postérité. Il déroula sa queue autour de lui et adopta une posture méditative – ce qui, pour un dragon, ne voulait dire grand chose, sinon qu'il n'était pas prêt à s'envoler de si tôt. « Rien ne doit t'effrayer, n'est-ce pas ? Tu es immortel, m'as-tu dit, mais es-tu invincible pour autant ? Es-tu de ces divinités que rien ne peut atteindre ? » La curiosité de Louis n'était pas tout à fait malhonnête. Il était franchement tenté d'essayer d'immoler l'homme nu devant lui, rien que pour estimer sa réaction et apprécier sa résistance aux flammes d'un dragon. L'idée, saugrenue, ne retint point son attention au-delà du jeu d'esprit qu'elle sous-tendait. Il ne le ferait pas, mais sa curiosité n'en était pas moins en éveil. On ne rencontrait pas tous les jours des êtres divins ! Et ce Sköll, tout froid et maladroit qu'il fût, n'était pas si inintéressant ni même si désagréable. Louis n'était plus si innocemment et vaniteusement enthousiaste, mais il ne perdait rien du fil de leur conversation puisqu'il ne se lassait pas. Et ce loup... Lui qui se déclarait être la Peur et la Violence... pourrait-il effrayer un dragon ?
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Message posté : Mar 23 Déc 2014 - 16:29 Message
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Sköll ne pouvait qu’acquiescer silencieusement. Lui-même chassait l’ennui depuis si longtemps ! Il s’agissait réellement de la pire invention humaine qui soit. Etant obligé d’adopter le rythme de vie et les coutumes des humains pour se mêler à eux, le loup de bronze regrettait le temps jadis où l’ennui n’existait pas. Où exister lui suffisait. Ici, en tant qu’exilé de sa patrie natale, la lutte pour exister demeurait constante. Par conséquent, Sköll comprenait très bien le désir du dragon d’éviter à tout prix de s’ennuyer.

Face à Hjalmar s’installait plus confortablement Louis. Le dragon rouge déroulait ses anneaux et sa queue, couché dans l’herbe humide, comme un homme le ferait dans un fauteuil moelleux devant une tasse de thé. Sköll goûta la plaisanterie sur le régime alimentaire de son vis-à-vis mais ne rit point. La plupart du temps, l’humour lui paraissait une notion définitivement étrangère et incompréhensible. Cela ressemblait à un mensonge enrobé de trop de sucre et de double-sens pour être satisfaisant. Sköll en restait toujours sur sa faim. En revanche, que Louis puisse douter de son invincibilité avait quelque chose de navrant. N’avait-il pas déclaré être le fils de Fenrir et le petit-fils du Grand Tricheur ? Louis savait-il seulement ce que cela signifiait ? Le rictus moqueur de Sköll s’évanouit aussi vite qu’il était apparu.

- Détrompe-toi, je ne suis pas un dieu. Je suis bien plus encore. Je ne saurais mourir ou être détruit.

Pas tant que ma mission ne sera pas achevée, du reste !


Il tardait à Sköll de reprendre sa véritable forme. Hélas, il ne lui serait alors plus possible de converser avec le dragon. Indifférent à la morsure du froid sur sa peau, Hjalmar ne quittait pas des yeux l’imposante masse draconique devant lui. Ils formaient un duo très improbable dans ce paysage atemporel.

Sköll regrettait le temps passé. Peut-être même ne vivait-il que pour le retrouver. Le Ragnarök s’éloignait un peu plus chaque jour, hors de sa portée. Il peuplait ses rêves et ses espoirs. C’était tout. Rien qu’un rêve, une promesse, qui s’effilochait avec le temps. A la différence de sa sœur, qui s’intégrait parfaitement à cette époque moderne et aux nouvelles techniques de chasse, le loup rouge vivait encore imprégné de ses souvenirs. D’une époque où il suffisait de rugir pour clamer son existence. Ici, sur Terre, il s’agissait d’un combat de tous les instants. Pour exister, pour ne pas être oublié, pour ne pas s’oublier soi-même. Face au jeune dragon de grenat nommé Louis, le fils de Fenrir se rendait compte que, là aussi, il devait justifier son existence dans le monde réel. Comme si les mythes humains l’avaient façonnés, lui alors qu’il s’agissait du phénomène inverse ! Les humains n’étaient que des affabulateurs, des idiots superstitieux, qui croyaient donner vie aux êtres en les nommant dans leurs contes. Les Managarm, en vérité, incarnaient l’horreur dans toute sa splendeur. Ils créaient des cauchemars bien réels dans le cœur des Hommes, car là était leur place.

Ce paradoxe le rendait maladroit. S’exprimer aussi librement, sans fards, sans avoir à cacher sa véritable nature, ne lui était pas coutumier. Son nouveau mode de vie parmi les Terriens le lui interdisait, sauf aux côtés de Hati. Face à Louis, cela lui donnait la désagréable – mais persistante – impression d’essayer de faire comprendre à un simple d’esprit que Midgard est rond et non pas plat. Un jeu d’enfant qui se complexifiait de minutes en minutes.

- Tu me défies ? Je ne suis peut-être pas aussi craint aujourd’hui que je l’étais jadis. Peut-être ne suis-je, pour toi, qu’un nom quelconque parmi la pléiade de mythes qui hantent l’imaginaire des mortels. Pourtant, le monde se souviendra longtemps des Managarm. Je t’en fais le serment.

Lorsque ce monde, tant chéri par les mortels et les dieux, disparaîtrait enfin, plus personne ne saurait ignorer les Managarm.

Sur la physionomie sèche de Hjalmar se dessina un sourire sans âme. Un sourire froid, dans un visage de glace tant il paraissait impassible. Sköll ne faisait jamais de promesses qu’il ne saurait tenir. C’est pourquoi elles étaient si rares. Il ne prêtait jamais un serment sans savoir que le rompre pourrait mettre en péril le Ragnarök. Chaque serment recelait une part de magie, qui liait les deux partis. Il y avait toujours un prix à payer dans ce genre de marché, même si les deux partis pouvaient l’ignorer.

- Tu ne sembles pas plus effrayé que moi, faux dragon. Est-ce ta taille et ton feu qui te donnent cette assurance, ou nies-tu réellement le danger que je représente ?

Un brin de provocation se glissa dans la question. Sköll avait beau exposé un fait, son orgueil commençait à se heurter à celui de Louis. Ses instincts prédateurs, émoussés sous sa forme humaine, s’éveillaient à nouveau.
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Des soleils de poils et d'écailles

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