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Tout s'explique... #Jay

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Message posté : Dim 9 Nov 2014 - 19:19 Message
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Au final, il n’avait pas fallu grand-chose pour la déstabiliser : il y avait toujours des sujets plus sensibles que d’autres. Elle était stupide parce que, à la base, elle n’avait pas prévu de revoir ce type. Juste un gars qui voulait se faire passer pour son père, elle aurait dû laisser courir, continuer sa vie, oublier ça. Mais ça dernière discussion avec Jay l’avait énervée et son caractère à de merde avait repris le dessus. Elle avait repris contact avec le type et, à partir de là, tout était rapidement parti en vrille. Charlie aurait dû rester dans son bureau, ça aurait été bien mieux.

Ça faisait deux semaines qu’elle avait revu l’homme puis, après ce qu’il lui avait dit, elle avait pris une semaine à faire des recherches avec ses propres moyens, sans en parler à personne. Elle n’avait rien trouvé pour contredire ce qu’il avait pu lui apprendre. Charlie avait eu besoin d’une semaine de plus pour se décider à se rendre non loin du lieu de travail de Jay. Il n’apprécierait sûrement pas qu’elle vienne dans le coin mais, elle s’en fichait, elle devait le voir et il était hors de question de passer par l’Irlandaise pour essayer de mettre au point un rendez-vous avec le dernier des Lane.

L’avocate s’était posée sur un banc, dans une rue que Jay devait forcément prendre pour aller de son travail jusqu’à chez lui. Il y avait plus qu’à espérer qu’il travaillait ce jour-là ou alors, justement, il fallait espérer le contraire parce qu’elle n’avait aucune idée de comment elle devait tourner la conversation. Comment on faisait pour dire aux gens ce qu’elle venait d’apprendre ? C’était stupide de s’interroger, la seule qui vivrait mal cette révélation, après tout, c’était elle. Est-ce que le reste des Lane ne lui avaient pas fait assez comprendre qu’elle ne faisait plus partie de cette famille. Ça se trouve, ça serait même une sorte de soulagement pour Jay. Si cette hypothèse était probable, elle espérait sincèrement que ce ne soit pas le cas.

Ses pensées s’arrêtèrent quand elle vit Jay approcher de l’endroit où elle se trouvait. Se relevant, Charlie enfonça les mains dans les poches de sa veste, aucun sourire sur le visage. Pourquoi est-ce qu’elle aurait envie de sourire ? Elle commença même à se dire que c’était la pire idée de sa vie et qu’il était probablement temps de faire demi-tour mais ses jambes refusèrent de faire le moindre mouvement. Quand Jay fut à sa hauteur, tout ce qu’elle trouva à dire fut le mot le plus banal qui puisse exister.

« Salut. »

Pas de doute à avoir sur le fait qu’elle ne semblait absolument pas à l’aise. Le ton n’avait rien d’enjoué mais il n’avait rien d’énervé non plus. Ouais, elle semblait juste ne pas savoir comment l’aborder et comment lui dire les choses ce qui, de toute évidence, n’était pas très bon signe venant d’elle. La trentenaire aurait pu partir dans des banalités pour essayer de noyer un peu le poisson, lui demander comment il allait, comment c’était passé sa journée et, entre deux phrases, lui dire qu’elle n’était pas sa sœur. Pas sûre que la méthode soit la bonne. Pas sûre qu’il existe une bonne méthode en réalité.

« Désolée d’être là sans prévenir mais, il fallait que je te parle de quelque chose. »

Une erreur dans un hôpital du Texas. Une erreur à laquelle elle n’avait aucune envie de croire tout en expliquant un tas de choses. Combien de fois on lui avait dit qu’elle était tombée dans la mauvaise famille ? C’était presque ironique comme phrase maintenant qu’elle savait ce qui s’était passé.

« J’ai revu le type dont je t’avais parlé, tu sais ? Celui qui disait être mon père. Et… » Elle passa la main sur son visage, dans un soupir. « J’ai vérifié ce qu’il a dit, en fait, j’ai même été faire des tests et… »

Des tests ADN, c’était même la première chose qu’elle avait demandée quand elle avait commencé à avoir des doutes, commencer à le croire. Croire un inconnu sur paroles, avec un dossier comportant des preuves, ça n’avait pas été suffisant pour l’avocate. Les tests avaient été formels, il avait dit la vérité – ou avait promis des choses en l’échange de la falsification du test en question mais Charlie n’était pas assez suspicieuse pour aller jusque-là dans son raisonnement.

« Et, en fait, il n’a pas menti. Cet homme est réellement mon père. »

Ça aurait pu être perturbant si les révélations s’arrêtaient là mais vivables. Les choses étaient un peu plus compliquées que ça mais, honnêtement, elle ne savait pas comment le dire. D’ailleurs elle n’était même pas certaine de vouloir le dire : ça changerait tout.
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Message posté : Lun 10 Nov 2014 - 11:54 Message
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Après avoir garé son pick-up récemment accidenté, non loin de son lieu de travail, Jay avait décidé de marcher un peu jusqu'à l'entrée. Il n'était pas d'excellente humeur et, en vérité, c'était même tout le contraire depuis qu'il avait parlé avec Charlie. Sa frangine avait un don indéniable pour lui retourner le cerveau et l'empêcher de penser à des choses moins importantes que le retour d'un père qui avait toujours été absent. Le pire restait certainement que ce gars était venu voir la jeune femme plutôt que ses fils qui eux, porteraient toujours le même nom que lui. Charlie aurait toujours droit au meilleur et, l'espace d'un instant, Jay avait ressenti une pointe de jalousie. Oui, il en avait marre de toujours passer en dernier parce que lui n'avait pas fait d'études de droit, ne fréquentait pas un mentaliste super célèbre ou ne menait pas une vie parfaite. Puis cette jalousie s'était rapidement éclipsée lorsqu'il avait songé que ce prétendu père voulait simplement profiter du fric de la jeune femme. Quoi qu'elle en dise, il ne pouvait rien avoir fait qui mérite d'ignorer ses enfants pendant aussi longtemps.
C'était ces pensées qui habitaient son esprit depuis la fin de sa conversation avec Charlie et il commençait à en avoir marre.

Ses pensées furent interrompues par une personne qui se redressa, il manqua même de passer à côté d'elle avait de se rendre compte qu'il s'agissait de sa frangine. Bordel. Jay détestait qu'elle le prenne par surprise et surtout en se pointant sur son lieu de travail. Il avait suffisamment d'emmerdes pour ne pas se faire railler par ses collègues – qui ne l'aimaient pas – parce que sa frangine valait mille fois plus que lui. Encore ce vieux complexe d’infériorité qui refusait de s'en-aller. Machinalement, le trentenaire s'arrêta, silencieux et ne répondant pas à la formule de politesse lancée par Charlie. En fait, si cela ne dépendait que de lui, le texan aurait bien passé son chemin en l'ignorant, mais il lui était encore trop attaché pour agir ainsi.
Et pourtant, s'il avait su.

Il resta obstinément silencieux tandis que l'avocate prenait la parole pour lui reparler du type dont il avait été question la fois dernière. Sans chercher à masquer la contrariété que provoquait cette déclaration, Jay lâcha un profond soupir en détournant le regard vers les environs. Il n'avait vraiment pas envie de parler de tout ça. Et pourtant... il resta muet, reportant ses yeux sur le minois de sa sœur qui terminait en expliquant qu'elle avait fait des tests et qu'ils prouvaient que l'homme ne mentait pas. Ouais. Sauf que Jay ne croyait que ce qu'il voyait, la science n'était pas infaillible et il n'était pas exclu que quelqu'un se soit trompé quelque part. Ou même qu'il ait payé pour avoir ces résultats : la perspective d'avoir une gamine riche et célèbre pouvait pousser à de drôles d'extrémités ! Il n'en aurait pas fait autant si ses fils avaient été les seuls Lane du coin. Bien décidé à ne pas entrer dans le jeu de cet inconnu, Jay ouvrit enfin la bouche pour parler d'un ton indifférent.

« Ouais et puis ? » La question était franche. « La mégère c'est aussi ta mère, j'crois pas qu'tu t'amuses à lui acheter un cadeau pour la fête des mères nan ? » Ce qui était parfaitement véridique. « J'vois pas ce que ça change. Il a jamais été là avant aujourd'hui, c'est pas parce qu'il a zappé d'se protéger que tu lui dois quelque chose. »

Parce que, dans l'esprit de Jay, il apparaissait clair que ses « parents » n'avaient jamais cherché à avoir d'enfants : ils étaient là uniquement parce qu'ils avaient été trop saouls ou drogués pour penser à se protéger, voilà tout. Le texan ne leur était ni redevable, ni agréable. La mégère avait au moins eu le respect de ne pas les larguer dans la nature, elle ne les avait jamais collés dans un orphelinat ou quelque chose du genre. C'était bien la seule raison pour laquelle le trentenaire acceptait encore de vivre sous le même toit qu'elle. Bref, tout cela pour dire que l'arrivée surprise de ce géniteur n'allait rien changer : c'était eux sa véritable famille et pas un parfait inconnu qui se souvenait d'elle après plusieurs années d'absence totale. Et elle osait venir lui en parler ? !

« T'as pas pigé qu'il vient là pour profiter de ta célébrité ? J'dis pas ça parce que t'es pas intéressante alors te vexe pas... » Il prenait les devants. « ...mais s'il avait réellement voulu jouer le rôle du père, il aurait peut-être dû se bouger avant qu'tu deviennes une célébrité. Ça aurait été plus crédible tu vois. » Il secoua la tête. « T'attends quoi Charlie ? Pourquoi tu viens m'parler de tout ça alors que j'en ai rien à carrer de ce type ? Désolé, mais si t'espères avoir ma bénédiction pour le voir, tu perds ton temps. » Au moins ça, c'était dit. « J'dois aller bosser.... »

Même s'il n'en avait strictement aucune envie, bien sûr. Disons simplement que pour éviter de parler de tout ça avec sa frangine, il était prêt à tout, même à se coltiner ses collègues chiants et son supérieur hautain. C'était navrant, il avait du mal à comprendre où ils s'étaient plantés pour vouloir s'éviter à ce point. Ce n'était pas ce qu'une famille était censée faire.
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Message posté : Mar 11 Nov 2014 - 18:46 Message
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Respirer, faire preuve de patience et ne rien dire trop rapidement. Mais bon, la discussion commençait à peine que, déjà, Jay montrait des signes d’impatience à et de contrariétés. Super. Parce qu’il pensait vraiment qu’elle avait envie de parler de tout cela ? Qu’elle avait seulement envie d’être au courant de toute cette affaire ? Et, en fait, puisqu’il en parlait : non, la mégère n’était pas aussi sa mère. C’était là tout le fond du problème, aucun des Lane n’était de sa famille de sang. Elle le laissa débiter ce qu’il avait à dire, prenant sur elle de ne pas répondre trop rapidement pour essayer de choisir ses mots et de dire les choses le plus simplement possible. Très drôle.

« Pour info, tu n’es pas le seul à avoir un boulot et je ne serais pas là si ce n’était pas important. »

Ce qui lui avait semblé pourtant logique en venant ici. A croire qu’ils n’avaient pas la même façon de voir les choses… Était-ce vraiment une surprise ? Ils n’arrivaient même plus à se comprendre. Chose qu’elle relativisait plutôt bien avant d’apprendre ce que l’autre type avait à lui dire. Mais là c’était différent, elle avait l’impression que chaque parole, chaque geste, chaque réaction de Jay était une preuve supplémentaire à ce qu’on lui avait dit. Un peu comme si quelque chose ne cessait de lui hurler : tu vois, c’est bien la preuve que vous n’avez rien en commun. Ce genre de façon de penser la déprimait complètement.

« Et peut-être qu’il ne le savait pas avant que je devienne célèbre, en fait peut-être que ce fait n’entre même pas dans l’équation. Parce que, en réalité, niveau confort de vie, il n’a pas grand-chose à espérer de moi. Il a déjà tout ce qu’il lui faut. »

Forcément dire que son père avait les moyens de vivre dans une belle maison sans manquer de rien, ça ne collait pas vraiment aux images qu’ils avaient pu se faire du géniteur inconnu.

« Avant de rétorquer quelque chose, laisse-moi juste te raconter une histoire. Il y a plusieurs mois de ça, une fille de mon âge a eu un accident en vélo. » Elle leva la main pour demander à ne pas être coupé, comprenant que, sur l’instant, Jay devait se foutre des problèmes de ce genre. « Là, elle a été hospitalisée et c’est à ce moment que les médecins se sont rendu compte que le groupe sanguin des parents ne pouvait faire d’eux les parents légitimes de cette fille. »

Et c’était, il parait, souvent comme ça qu’on comprenait qu’il y avait eu une erreur quelque part. Avant, c’était, finalement, un peu comme Charlie : tout le monde disait un truc du genre « on ne dirait pas que vous êtes de la même famille » sans vraiment se rendre compte à quel point ils pouvaient être dans le vrai.

« La fille a fini par être soignée et les parents sont partis chercher des réponses, jusqu’à remonter à l’hôpital de naissance pour se rendre compte que, au moment de la naissance, une autre personne avait accouché en même temps. Tu connais le pourcentage de nourrisson à la maternité ? » Elle eut un sourire un peu nerveux en baissant la tête. « Cette fille, elle est née le 13 février 1980 à Houston. » Elle releva les yeux vers Jay, l’air franchement dépité. « Je ne te demande pas de te préoccuper de l’homme que j’ai vu parce que, en réalité, je n’ai jamais dit que tu avais le moindre lien avec lui. »

C’était le problème : Jay n’avait pas de lien avec cet homme, Charlie était la seule à en avoir. Par extension, ça voulait dire qu’elle n’avait aucun lien génétique avec Jay. Elle haussa les épaules parce que, en fait, elle avait juste envie de croire à un mauvais rêve, qu’elle allait se réveiller et que rien n’aurait changé.

« Il a menti sur son nom parce qu’il pensait que c’était la meilleure façon de pouvoir me parler. » Ce qui, au final, avait très bien fonctionné. Il serait arrivé directement avec son histoire d’échange, qu’elle l’aurait envoyé bouler avant qu’il ne mette un pied dans son bureau. « Tu sais ? Avant que j’aille faire des tests ADN, et tout ça, je crois que ce qui m’a fait douter sur le fait que ça pouvait être vrai, c’est quand il a expliqué que les gens avaient du mal à le croire quand il présentait cette fille en tant que la sienne. Les gens trouvaient qu’ils ne se ressemblaient pas du tout et qu’elle était franchement différente que le reste de la famille. »

En gros, quelque part, selon les dires de l’homme, une fille avait grandi dans un foyer comme étant en marge du reste de sa famille. Et, à bien y réfléchir, ça ressemblait quand même beaucoup à la situation de Charlie chez les Lane. Et comme elle ne savait toujours pas comment elle devait réagir à tout ça, elle balança le premier truc qui lui passa par la tête.

« Au moins, Seth sera heureux de ce genre de nouvelle. »
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Message posté : Mer 12 Nov 2014 - 15:44 Message
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Lorsque Charlie prétendit que leur père avait les moyens de subvenir seul à ses besoins, Jay n'y crut pas une seule seconde. C'était un Lane et, par conséquent, il était génétiquement destiné à rater sa vie et à vivre dans la pauvreté, voire la misère. C'était une idée qui était ancrée dans son esprit depuis qu'il était tout gamin : rien de bon n'arrivait jamais aux personnes comme ses frangins et lui. En fait, la seule « bonne chose » que le texan pouvait citer dans son existence, c'était sa frangine et ils étaient incapables de se parler sans s'engueuler ou s'insulter. Autant dire qu'il avait énormément de mal à penser qu'un type qui les avait largués alors qu'ils étaient simplement des gamins, puisse avoir réussi sa vie. Si ça se trouvait, il avait épousé une riche gonzesse qui avait passé l'arme à gauche peu de temps après et lui avait laissé tout son fric ? Peu probable. Jay avait du mal à imaginer son géniteur comme un homme capable de séduire quelqu'un – et cela même si la mégère prétendait qu'il avait été beau à l'époque où elle le connaissait. Bref, les pensées du texan ne trouvaient aucune logique à ces explications et il préféra se taire.
Une fois n'est pas coutume.

C'est alors que commença son petit résumé de la vie d'une nana qui ne regardait absolument pas Jay et il fut à deux doigts d'en informer Charlie, mais cette dernière avait pris les devants pour lui demander de la fermer. Soit ! Mais il y avait intérêt à ce qu'elle ait une bonne raison de lui débiter toutes ces conneries. Pourtant, même si son esprit fermé refusait de faire le moindre effort pour comprendre la venue de ce type dans la vie de Charlie, le trentenaire fut forcé de voir une idée naître dans son esprit lorsqu'elle parla d'accouchements ayant eu lieu le même jour. Sauf que ce n'était pas possible. Jay refusait la simple perspective qu'il puisse avoir une frangine ailleurs dans ce monde et que la femme face à lui ne soit rien de plus qu'une parfaite étrangère. Pour lui cette idée était aussi crédible que de pouvoir un jour marcher sur la planète Mars : elle devait avoir fumé pour croire à une pareille chose !

Son silence parlait pour lui et il osait à peine regarder dans la direction de l'avocate qui jugea utile de souligner d'autres évidences. Bah, il était habitué au fait que les gens disaient toujours qu'ils ne se ressemblaient pas et cela même s'ils partageaient quelques légers points communs – la couleur des yeux par exemple – c'était donc une raison de croire que ces soupçons pouvaient être fondés. Mais allons donc ! Ils auraient vécu tout ce temps sans se rendre compte qu'elle n'était pas de leur famille ? La dernière phrase lancée par Charlie était criante de vérité : Seth pourrait prétendre qu'il l'avait toujours dit et qu'elle était beaucoup trop bizarre pour être une Lane. Mais lui refusait de le croire et c'est pourquoi il ne put s'empêcher de nier l'évidence.

« C'est des conneries ! » Argument un peu faible. Il regarda à nouveau Charlie. « Tu crois franchement que personne se serait rendu compte de rien avant aujourd'hui ? C'est débile ! Puis t'oublie que la mégère dit tout le temps que t'as la même gueule qu'elle quand elle avant ton âge. » Même s'ils n'avaient pas de photographie pour le prouver. « Puis franchement, j'ai d'jà croisé des tas de personnes qui s'ressemblent pas alors qu'elles sont frère et sœur. C'est débile de penser que c'est vrai juste pour ça. »

Parce qu'en effet, il refusait de voir la preuve de l'ADN. C'était de la science, ils pouvaient parfaitement se planter après tout ! Si ce mec avait du fric, rien ne l'empêchait de pouvoir acheter des gars qui feraient croire qu'en effet, Charlie était sa fille. Avec de l'argent, tout était envisageable. À l'instant présent, Jay refusait obstinément de croire à cette probabilité, parce que ça signifierait tout simplement que ses sentiments pour la jeune femme étaient factices. Il avait toujours joué au frangin protecteur parce qu'il considérait que c'était son rôle, mais s'ils n'étaient que des étrangers, tout cela n'était bâti que sur des fadaises. Ça lui donnait la nausée, il avait presque envie de chialer, sauf que ce n'était pas son genre. Non, en fait il avait plutôt envie de défoncer la tronche du type qui avait osé émettre cette idée.

« C'est débile. S'il est plein de fric, j'vois pas pourquoi tu devrais croire à ces conneries d'ADN ! Qui te dit qu'il a pas truqué tous ces tests juste parce qu'il avait envie de se trouver une fille plus célèbre que sa vraie gamine ? Tu vois, l'genre qui trouve que sa véritable famille est pas assez bien pour lui. » Il secoua la tête. « Ou p't'être bien que c'est vraiment le gars qu'a engrossé la mégère et qu'il invente ces conneries parce qu'il veut juste récupérer la gamine qui vaut le coup dans la famille. »

Après tout, ce n'était pas impossible que ce soit bel et bien le vrai père de Charlie et aussi le leur. Jay ne serait pas étonné que ce soit le cas, un type capable d'abandonner ses enfants devait pouvoir agir de la sorte. Cette discussion le perturbait comme jamais, ses pensées s'emmêlaient et il ressentait une horrible douleur au niveau du cœur. Enfin, pas comme lorsque vous aviez un problème de santé, en fait c'était plus... mental. Ouais, cette connerie lui brisait littéralement le cœur. Quel con, Seth se foutrait bien de lui s'il était là. Il glissa ses mains dans ses poches pour s'empêcher de frapper ce qui se trouvait à portée de main – pas Charlie, notez bien – songeant brièvement à lui dire de comparer leur ADN à eux, mais s'y refusa finalement. Non. Si elle décidait de croire ce gars, c'est qu'elle devait en avoir envie. Levant les yeux vers elle, il reprit.

« Mais p't'être que t'as vraiment envie de le croire. Ça doit être cool de comprendre que finalement, la famille craignos que tu pensais avoir est pas à toi. Un mec avec des moyens et qu'est civilisé, ça fait plus classe sur le CV. »

Oui, il devenait mesquin, mais c'était pour mieux dissimuler les sentiments que cette nouvelle éveillait en lui.
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Message posté : Dim 16 Nov 2014 - 19:45 Message
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Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Tout nier en bloc, dire que c’est une grosse connerie, même si ce n’était pas en ces termes, Charlie l’avait déjà fait. En revanche, là où elle lui en voulait c’était que, à l’écouter, Jay semblait penser que Charlie ne s’était pas interrogée et qu’elle s’était, seulement, contenter de croire cette histoire. Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle était heureuse d’apprendre qu’ils n’avaient pas de liens de sang ? L’avocate avait passé la majeure partie de son temps dans cette famille et, même en étant partie du domicile familiale, même en n’étant plus considérée comme de la famille, les autres Lane restaient ses frères. Les dernières phrases de Jay l’énervèrent profondément.

« Tu es sérieux là ? » Elle secoua la tête comme si elle venait d’entendre la plus grosse connerie de sa vie. « Si j’avais envie d’y croire et de venir une autre famille, sérieux, Jay, tu crois que je me serais pris le chou à essayer de reprendre contact avec toi ? Tu crois vraiment que l’histoire de Seth m’aurait interpellé ? Si vraiment j’en avais rien à faire, je l’aurais laissé avec ses problèmes et je serais restée dans mon coin ! »

Pas qu’elle avait envie de traiter Jay de débile profond mais, franchement, ça lui traversa l’esprit tellement il avait été capable de l’énerver en deux secondes. Si Charlie pouvait être très patiente sur plan de choses, le sujet de la famille était beaucoup moins sujet à ce trait de caractère. Et là, ça la gonflait, parce qu’elle ne trouvait pas la réflexion de Jay justifiée. Si vraiment elle n’en avait rien à faire des Lane, elle aurait juste continué sa vie de son côté, sans chercher à en revoir un.

« Puis, ce n’est pas qu’une histoire de ressemblance physique dont je parle, c’est un ensemble. »

Elle ouvrit la bouche pour expliquer tout ce qu’elle voyait par là. Parce que, au-delà de la non-ressemblance physique, il y avait plein d’autres choses. Elle n’avait pas du tout le même mode de vie qu’eux, elle n’avait jamais vraiment été intéressé par les mêmes choses. A aucun moment elle ne critiquait leur choix de vie mais, honnêtement, elle n’avait jamais suivi le même chemin, elle avait toujours été un peu à part dans cette famille. Ce n’était pas qu’elle avait envie de croire à cette histoire, c’est seulement que ça pouvait expliquer plein de choses. Cela dit, elle n’y aurait jamais porté le moindre crédit s’il n’y avait pas eu ces tests et toutes les preuves que le mec lui avait apportées.

« En fait, tu sais quoi ? Laisse tomber, si tu as envie de croire que ça me convient comme ça alors, libre à toi. J’en ai marre de devoir toujours tout justifier parce que tu décides de prendre les choses comme tu as envie de les prendre. »

Un sentiment qui n’avait rien de nouveau avec Jay. Dès qu’elle lui disait quelque chose, il avait cette tendance à interpréter comme il le voulait – non, non, elle ne faisait pas du tout la même chose ! Et le plus souvent, en plus d’interpréter d’une mauvaise manière, elle était aussi négative. Si elle avait aidé Seth c’était seulement pour qu’on ne vienne pas la faire chier parce qu’ils avaient le même nom. Quoi qu’elle fasse, il y avait toujours une raison inventée par Jay pour ne pas avoir à comprendre qu’elle pouvait, aussi, le faire uniquement parce qu’elle tenait à eux.

« Crois ce que tu veux Jay, je m’en fiche. » Ce qu’il allait, encore, interpréter comme un : voilà, elle se dit qu’elle n’est plus de la famille alors elle s’en fout. « Parce que, quoi que je dise, quoi que je fasse, tu n’es qu’une fichue tête de mule qui décide de croire que ce qui t’arrange. Tu vas toujours choisir l’interprétation qui est la plus facile pour toi et qui te demande le moins de te remettre en question. »

Oui voilà, c’était tout à fait le problème avec Jay. Il prenait les choses au plus simple pour que ça continue à entrer dans les vérités qu’il pensait absolues.

« Je suis partie de la maison, c’est que j’en avais marre de vous. Je reviens parce que je veux aider Seth dans une affaire, si je le fais, c’est uniquement pour ne pas tenir ma réputation. C’est pour tout pareil Jay. Tu crois quelque chose et plutôt que de remettre ça en question, tout ce que je peux faire à forcément une raison qui colle avec ce que tu penses. A aucun moment tu ne veux réfléchir au fait que mes choix sont peut-être motivés par autre chose. Et j’en ai marre de me battre pour essayer d’expliquer les choses comme je les vois. Alors, vas-y Jay, crois ce que tu veux puisque, apparemment, te demander de faire autrement c’est trop compliqué. »

Si elle aussi devait se mettre à tout interpréter de travers, elle en viendrait à croire que, d’eux deux, ça allait être le plus heureux qu’elle ne soit pas sa sœur : au moins, il n’aurait plus besoin de se triturer le cerveau pour essayer de trouver des excuses bidons à tout.
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Message posté : Dim 16 Nov 2014 - 22:18 Message
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Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'ils allaient réussir à se comprendre, c'était un fait ! Jay adopta une expression contrariée qui devenait habituelle en présence de sa sœur... non, pardon, de cette inconnue. Pourtant, son esprit refusait encore d'un croire : il avait eu trente-trois ans pour assimiler le fait que Charlie était sa frangine, ce n'était donc pas en deux minutes qu'il allait pouvoir croire à une pareille histoire ! Échanger des bébés, mais franchement, quelle excuse moisie ! Pourtant, plus il y songeait et plus les raisons avancées par l'avocate lui apparaissaient comme crédibles. C'était un fait, ils n'avaient strictement rien à voir et pas seulement eux deux ! Même avec les autres Lane, Charlie était totalement différente d'eux. Au final, il n'y avait rien de bon qui pouvait sortir de cette famille et il avait été drôlement con de croire qu'il pouvait avoir un lien familial avec une personne aussi douée et intelligente que Charlie Lane. Enfin pas Lane plutôt. Il ne connaissait même pas son véritable nom de famille.

Il fixa la jeune femme avec un regard à la fois courroucé, mais aussi troublé. Enfin, pas sûr qu'elle remarque quoi que ce soit étant donné qu'il n'avait jamais vraiment été comme ça avant aujourd'hui. Pas étonnant : ce n'était pas tous les jours que votre sœur unique vous annonçait que, finalement, elle n'était pas votre sœur. Pour le coup, les explications sur les actions qui avaient pu la pousser à agir pour les aider et toutes ces justifications lui passèrent largement au-dessus de la tête : à quoi bon excuser tout ça, si au final ils n'avaient pas le moindre lien familial ? Pour lui, c'était le signe qu'ils allaient couper les ponts, il ne voyait pas de raisons pour que Charlie puisse continuer à les voir si elle n'était pas de leur famille. Et au fond, c'était ce qui l'inquiétait le plus – pour ne pas dire le terrifiait.

Puis, tout à coup, la justification s'arrêta, cédant le pas aux reproches. Il ne comprenait rien, ou juste ce qu'il avait envie. Ce n'était pas son genre de se remettre en question – ce qui était parfaitement véridique – et il ne comprendrait jamais ce qu'elle essayait de lui expliquer. Tout était vrai. Jay refusait de voir les choses en face, mais ce n'était pas volontaire ou du moins, son inconscient le poussait à agir de la sorte. Lorsque les gens avec qui vous viviez n'avaient de cesse de vous raconter que vous n'étiez rien de plus qu'un crétin doublé d'un incapable et que personne mis à part eux de s'intéressait à vous, vous finissiez par les croire. Alors oui, le texan se voilait la face et se facilitait la vie en pensant que sa sœur – enfin celle qu'il avait vue comme telle – n'en avait rien à faire de lui. Parce que le contraire signifierait qu'il s'était planté sur toute la ligne et qu'il avait gâché sa vie. Bref, un truc trop gros pour qu'il puisse l'avaler sans en crever.

Et elle enchaîna de plus belle pour lui balancer le coup de grâce en pleine poire. Qu'elle ait toujours nié ce qu'il pensait était une manière pour lui de s'entendre confirmer qu'elle ne pensait pas ce que lui craignait. C'était compliqué, oui, mais Jay n'était pas une personne simple, contrairement à ce qu'il voulait prétendre. Ainsi donc, entendre Charlie lancer qu'en effet, elle en avait eu marre d'eux et qu'elle se fichait pas mal de ce qui leur arrivait, c'était les « aveux » de trop. Elle n'était pas sa frangine, pour quelle raison s'amuserait-elle à prendre encore des gants avec lui ? Ils n'étaient rien de plus que des inconnus : elle allait avoir sa famille parfaite et Seth serait content parce qu'il n'aurait plus la frangine chiante dans les pattes. Pourtant... pourtant il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une émotion indescriptible. De la déception, beaucoup de tristesse et un point horrible douloureux dans sa poitrine. Il en avait presque envie de chialer encore une fois, mais ce n'était pas qu'il avait appris à faire dans une situation de crise. Non, Jay fuyait face aux problèmes et cette fois-là ne serait pas différente.

Il hésita longuement, sachant très bien que s'il ouvrait la bouche, les choses déraperaient pour de bon. Mais ils n'allaient pas rester là des heures, à se regarder en chiens de faïence. C'est donc d'un ton résolu, mêlé de colère et de déception, qu'il prit la parole.

« Te bile pas. T'auras plus à te soucier de c'que j'peux penser ou croire. T'auras plus à t'emmerder à essayer de me faire piger des trucs que tu veux expliquer. » Une introduction qui laissait présager le pire pour la suite. « Tant mieux pour toi si t'as trouvé ta famille. J'suis sûr que ta vie sera beaucoup plus cool maintenant. » Pourtant, il n'avait pas l'air réjouit. « T'en fais pas, j'te poserai plus problème. J'ai pigé qu'on avait rien à voir, puis de toute manière, on a jamais pu se comprendre, ça sert à rien qu'on continue à essayer de parler. » C'était faux, ils s'étaient compris à une époque. Mais il préférait l'oublier. « Ni même à se voir en fait. » Même si ça lui coûtait de prononcer ces paroles. « Puis t'auras largement plus à faire avec ta nouvelle famille. »

Il se détourna de la jeune femme pour jeter un coup d'oeil vers les docks. En fait, s'il n'y avait plus de Charlie dans sa vie, à quoi bon continuer à bosser ? Il avait trouvé ce boulot légal pour éviter de sombre dans la délinquance et ne pas faire trop honte à sa sœur, mais puisqu'il n'y en avait plus, à quoi bon poursuivre dans cette voie ? Sans même un dernier regard pour la jeune femme, Jay lâcha finalement un ultime mot.

« Bye. »

En considérant le fait qu'il ne saluait jamais personne, c'était assez parlant. Jay disait rarement au revoir à Charlie parce qu'il savait qu'ils allaient se revoir un jour ou l'autre, mais cette fois-ci c'était différent. C'était terminé. Pour de bon. Ses pas l'éloignèrent de la trentenaire tandis qu'il se dirigea vers son pick-up. Que faire maintenant ? Rentrer ? Non. Annoncer cela à Seth, ce serait une deuxième défaite. Il n'avait pas envie de revoir ses frangins, ni cette baraque pourrie qui tombait en ruine. Il en avait marre de tout ça, marre que le sort persiste à s'acharner contre lui. Finalement, la seule chose qui le retenait dans cette foutue ville, c'était Charlie et maintenant, elle n'existait plus dans sa vie. Mieux valait en changer et recommencer à zéro. Depuis le début.
La main sur la poignée de son pick-up, il la retira finalement, jeta les clés sur le siège conducteur, par la fenêtre ouverte, avant de se tirer dans une autre direction sans savoir où il allait.
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Tout s'explique... #Jay

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