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Star City, nid d'espions

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Message posté : Dim 9 Nov - 12:53 Message
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***

Le Caire, Égypte, 4 novembre 2014

— La clé, je vous prie.
— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

L’agent Flore, un silencieux sur le front, et à l’autre bout du silencieux un revolver, et à l’autre bout du revolver, un Russe patibulaire qui s’exprimait dans un arabe approximatif, faisait tout pour mimer la parfaite innocence. Il fallait donner le change de la jeune femme mondaine, avec sa robe de soirée, surprise au détour d’une ruelle obscure par les demandes incompréhensibles d’un malfrat salve.

— Pas de ça avec moi. La clé avec les plans de l’Epsilon-38.
— L’Epsilon quoi ?

Il y eut un petit bruit mat et le corps d’Amélie Vallier, l’agent Flore, s’effondra sur le sol, pour y répandre petit à petit sa mare de sang. Le Russe se pencha vers le cadavre et entreprit de le fouiller consciencieusement. Entre les deux seins de l’espionne, il tira une clé USB, qu’il rangea dans sa poche. Il ne lui restait plus qu’à se débarrasser de son arme dans le Nil.

***

Paris, France, nuit du 4 au 5 novembre 2014

— Monsieur. Un rapport vient d’arriver du Caire. L’agent Flore a été éliminée. Les plans ont disparu. Nos informations indiquent qu’un agent ennemi les transporte aux États-Unis.
— Les Américains ont volé les plans ?
— Non, Monsieur. Un franc-tireur, selon nos suppositions.
— Où, exactement, aux États-Unis ?
— À Star City, Monsieur. Devons-nous contacter les Américains ?
— Non… Non, nous allons procéder autrement.

***

Star City, États-Unis, 5 novembre 2014

— Hmm… Oui… Encore…

Doug laissa échapper un soupir de frustration alors que son coéquipier interrompait le meilleur massage qu’il eût jamais reçu pour vérifier son téléphone.

— Il faut que j’y aille.

Décréta brusquement Camille. Le handballeur se retourna vers le jeune homme, l’air franchement déçu.

— Mais j’ai encore mal…

Les super-massages, c’était super-addictif.

— Je te conseille d’aller voir un kinésithérapeute.

D’un air entendu, Doug précisa :

— Mais je n’ai pas mal qu’ici…

Et un petit sourire plein de sous-entendu accompagna cette déclaration. Mauvaise pioche. Camille répondit d’un air distrait :

— Va voir un médecin.

Laissant derrière lui un Doug tout penaud, le jeune homme regagna son domicile, ferma soigneusement sa porte à clé, tira les rideaux, alluma la musique et démonta sa télévision. À l’intérieur de l’écran plat, dont les composants étaient curieusement assemblés tous du même côté, il y avait un petit ordinateur. Camille ouvrit l’ordinateur, se connecta sur un serveur très sécurisé et téléchargea une étrange recette de pâte à crêpes. Le décodage pouvait commencer.

***

Star City, États-Unis, 6 novembre 2014

Les ventilateurs industriels faisaient un bruit infernal — c’était tout le principe de se retrouver dans les dédales de cette usine.

— Vous nous enverrez une photographie de la clé quand vous l’aurez récupéré, nous fabriquerons une réplique, puis on copiera le contenu de la clé. L’ensemble de l’opération devrait prendre quelques heures. Vous donnerez la copie, dont le contenu sera légèrement corrompu, à la DGSE et nous analyserons les plans de l’Epsilon-38.
— Et vous êtes sûr de pouvoir faire une copie capable de donner le change ?

L’agent de liaison de la CIA afficha un sourire suffisant.

— Vous pouvez nous faire confiance.
— On est en train de discuter des moyens de doubler les services de renseignement de mon pays, pour ce pays, en volant les plans militaires d’un troisième pays, eux-mêmes volés par un quatrième pour le compte d’un cinquième. La confiance ne fait pas vraiment partie de mon monde.

***

Star City, États-Unis, 7 novembre 2014

Une petite étudiante à laquelle personne ne prêtait attention, avec ses grosses lunettes et ses vêtements hors d’âge, s’assit à côté d’Amber à la bibliothèque. Elle lui adressa un vague sourire crispé, avant de se mettre quasi aussitôt à étudier les pages d’un volumineux dictionnaire de pharmacologie. L’étudiante resta pendant une bonne demi-heure à côté d’Amber. Lorsque Amber se leva pour aller chercher un autre livre, l’étudiante en pharmacie sortit une clé USB de sa poche, la glissa dans un trou de la doublure, dans le sac à dos d’Amber, puis fouilla celui-ci activement, jusqu’à trouver une carte étudiante, où elle mémorisa le prénom, le nom et l’adresse de la jeune fille. Quand Amber revint, l’étudiante était toujours en train de lire son dictionnaire de pharmacologie.

***

Star City, États-Unis, 8 novembre 2014

Le plus difficile, quand on investissait les conduits d’aération, c’était de se retenir d’éternuer. L’oreille tendue, Camille plissait du nez à intervalle régulier, pour survivre à la poussière. Dans la salle en bas, deux voix échangeaient en russe et il avait du mal à saisir tous les mots. La clé avait été confiée à une mule. Les Russes avaient été alertés par l’attention collective portée à l’objet. La DGSE, la CIA et probablement cinq ou six autres agences étaient sur leurs traces : ils avaient jugé préférable de dissimuler la clé le temps de pouvoir s’ouvrir une porte de sortie.

Camille entama sa retraite. Bientôt, il était dehors, retirait sa combinaison, la fourrait dans son sac à dos et s’éloignait dans ses vêtements de ville. Restait à trouver la mule, le porteur ou la porteuse innocente du précieux objet. Le meilleur moyen était peut-être d’enquêter à rebours sur la couverture de la jeune Russe qui avait placé la clé. Camille contourna le bâtiment et partit en chasse.

***

Star City, États-Unis, 9 novembre 2014

Il l’avait repérée. Amber Matthews. Pas eu le temps d’en apprendre beaucoup plus sur elle, mais ce n’était pas nécessaire. Tout ce qui l’intéressait, c’était de trouver la clé. Probablement dans le sac à dos. C’était le meilleur endroit où la cacher. Dans les vêtements de la jeune femme, elle aurait été vite repérée. Dans un sac, il y avait toujours un endroit à glisser un petit objet. Et ce sac à dos, était-ce celui qu’elle portait, là, dans la rue, ce dimanche matin ? En avait-elle plusieurs ?

Camille avait hésité. Suivre Amber ou pénétrer dans son domicile ? Il avait opté pour la première solution. Et la suite des événements n’allait pas tarder à lui donner raison. Une voiture noir aux vitres teintées s’arrêta brusquement à côté de la chaussée, près d’Amber. Deux hommes en surgir, ceinturèrent la jeune fille et la forcèrent à l’intérieur du véhicule, qui redémarra aussitôt en trombe, sous les cris de stupéfaction des passants.

Ni une, ni deux, Camille héla un taxi. La voiture jaune s’arrêta près de lui, le Français la contourna et fit signe au chauffeur, qui baissa sa vite. D’une main preste, Camille attrapa le col de l’homme et l’assomma contre son volant, avant de l’éjecter de son véhicule pour prendre place sur le siège conducteur. Et le taxi commença à prendre en filature la berline.
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Message posté : Dim 9 Nov - 19:06 Message
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« Est-ce que vous avez une idée l’importance de ces livres ? »

Les mains et le visage collé contre la vitre, Amber regarda les livres, au sol, sur le trottoir, s’éloigner d’elle. Enlever quelqu’un en pleine rue, ce n’était pas cool. Lui faire perdre ses précieux livres qu’elle devait ramener au prof d’histoire, pour qui elle travaillait, c’était encore pire que tout ! De toute évidence, ils ne feraient pas demi-tour pour lui permettre de récupérer ses précieux biens : autant se concentrer sur le deuxième problème plus urgent.

« Qu’est-ce qu… Euuuuh. »

En se retournant vers l’homme à côté d’elle, Amber se retrouva avec une arme pointée sur le front, à loucher pour essayer de la voir.

« Où est la clé ? »

Ok : accent de merde, encore pire que l’autre texan rencontré une fois. Amber fronça les sourcils.

« Je crois qu’on s’est mal compris. Il ne s’agit pas d’une clé mais de livres. Vous savez ces trucs de différentes tailles avec des pages sur lesquelles sont écrites des phrases ? »

Amber était toujours aussi mauvaise en mime, encore plus avec une arme braquée sur elle. Apparemment, il n’y avait pas de problème de compréhension, l’homme se fichait complètement des livres qui étaient tombé et, il essaya de s’emparer de son sac à dos. Le truc c’est qu’en voulant le prendre, un rat en sortit pour lui mordre violemment le doigt. L’homme poussa un cri, agita la main, le chauffeur se demanda ce qu’il se passait à l’arrière, pendant qu’Amber attacha sa ceinture de sécurité. Toujours, toujours attacher sa ceinture.

Le chauffeur, occupé à regarder ce qui se passait, ne vit pas que, devant lui, un arbre venait d’étendre ses racines, déchirant le béton de la route, pour venir créer une sorte de petite barrière devant la voiture qui percuta le bois. Le véhicule se stoppa rapidement, projetant les types en avant pendant qu’Amber se cramponnait fermement. Il lui fallut, tout de même, quelques secondes pour réussir à reprendre ses esprits, arrivé à se détacher et ouvrir la portière pour s’extraire de la voiture.

Elle se crut libre, jusqu’à ce que son bras soit retenu par l’une des Russes à l’intérieur. Il fallait vraiment qu’elle apprenne à mieux se défendre parce que c’est encore Bob – le rat – qui l’aida à se dégager en mordant une deuxième fois le type. Une fois dehors, il faut croire que la paranoïa venait en renfort. Une sorte de bouchon venait de se créer avec des gens qui regardaient ce qui venait de se passer. Une personne commença à approcher et il y avait fort à parier que c’était pour lui demander comment elle allait, après tout avait été dans la voiture heurtée par un arbre qui avait décidé de soudainement grandir un peu. Elle ne le laissa pas le temps d’approcher, fixant son sac sur son dos et se mettant à courir à travers la première rue qu’elle trouva.

Une course un peu désorientée, le choc dans la voiture lui avait un peu vrillé le crâne. Cela dit, ça ne l’empêcha pas de comprendre qu’il y avait un problème quand, face à elle, deux autres types, en costumes, firent leur apparition.

« Mademoiselle, on doit seulement vous poser quelques questions ? »
« Vous êtes anglais ? »

Enfin des gens qui parlaient bien ! La règle numéro un consistait à toujours faire confiance à des Anglais, question de principe. Mais la deuxième consistait à émettre une option sur la première quand les anglais en question étaient armés. Par précaution et, le temps de trouver une idée de génie, elle marcha à reculons.

« Croyez-moi, vous allez préférer répondre à nos questions plutôt que de répondre à celle d’autres personnes qui vont arriver. »

Par réflexe elle jeta un coup d’œil derrière elle, pour voir un des hommes de la voiture commencer à aller vers elle. Suivre des Russes ou des Anglais… Hmm.

« Et, juste rentrer chez moi, ce n’est pas une option envisageable ? »

Ce qu’elle avait compris de tout cela c’était que l’important était son sac. Aucune idée de pourquoi et, du coup, peut-être qu’en le lâchant, tout le monde se concentrerait dessus jusqu’à la laisser partir. Une option qui n’était pas envisageable parce que sinon elle ne comprendrait pas un mot de cette histoire. Amber s’accrocha à son sac à la recherche d’une nouvelle option.
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Message posté : Dim 9 Nov - 20:58 Message
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Les Russes conduisaient très mal. Les Américains aussi. Cette course-poursuite était un enfer. Parce que la filature s’était transformée en course-poursuite : suivre discrètement un véhicule qui ne se souciait guère d’être discret, c’était impossible, même pour un très bon conducteur — pardon, un conducteur parfait. Comme la berline grillait les feux rouges et slalomait entre les voitures, le taxi grillait les feux rouges et slalomait entre les voitures. Et ce qui lui manquait en puissance dans le moteur, il le compensait amplement par une trajectoire si précise qu’il n’y avait pas un millimètre de perdu.

Tenez : même le dérapage que le véhicule effectua pour éviter de rentrer dans la berline qui n’avait pas évité de rentrer dans un peuplier inopiné était parfaitement contrôlé. Passée la fraction de seconde de surprise que son entraînement et ses réflexes surhumains lui offraient encore, Camille détacha sa ceinture de sécurité — toujours mettre une ceinture, sans quoi, on terminait sa brillante carrière d’espion dans le pare-brise — et sortit de son taxi pour prendre en chasse Amber.

Du coin de l’œil, il aperçut un Russe qui s’extirpait de la voiture. Amber s’enfonçait dans une ruelle. Camille pivota soudainement, envoya le tranchant de sa main dans la gorge du Russe, l’attrapa par le col pendant que celui-ci toussotait, plongea sa main libre dans sa veste, tira l’arme du slave de son holster et précipita enfin un genou dans son entrejambe, avant de lui fracasser le crâne contre la voiture. Ces quatre secondes écoulées, Camille reprit sa poursuite.

Il ne tarda pas à retrouver Amber dans une ruelle, en compagnie de deux hommes en costume. Bientôt, Camille fixait les hommes qui fixaient Camille et chaque camp mettait l’autre en joue.

— Laissez la partir.

L’accent typiquement londonien du jeune homme laissa les deux Britanniques un peu perplexes. La perplexité était très mauvaise dans ce genre de situation : une première balle quitta le canon de l’arme russe pour défoncer un poignet britannique et une seconde balle suivit une trajectoire tout aussi exemplaire pour exploser les os d’une épaule. Les deux coups de feu n’avaient pas fini de résonner que l’arme de Camille tombait déjà au sol, tandis que le Français s’élançait vers les deux espions endimanchés.


Une fois la supériorité gauloise définitivement prouvée et les deux Britanniques allongés sur le sol, assez amochés, Camille fit volte-face vers Amber et lui servit un pieux mensonge avec une assurance éhontée :

— Je m’appelle Ashton Palmer. Vous êtes en danger. Suivez-moi.

De toute façon, c’était ça, rester à côté de deux Britanniques ensanglantés ou attendre que les Russes peu amènes de l’avenue principale reprissent leurs esprits à l’ombre des peupliers. Camille, au moins, avait eu l’amabilité de rengainer son arme, qu’il avait glissé sous sa ceinture, à l’arrière de son dos, dissimulée par son tee-shirt. Ce qu’il venait de sortir de sa poche était beaucoup plus pacifique : il s’agissait d’un petit étui en cuir qui, une fois ouvert, révéla le matériel d’un parfait cambrioleur.

Dans les films et les séries, forcer une serrure prenait toujours un peu de temps. Camille, lui, avait l’air d’utiliser la bonne clé pour la bonne porte. Il ne s’affaira même pas sur celle, petite et métallique, qui se trouvait à leur portée dans la ruelle et, une fois ouverte, il fit signe à Amber de pénétrer Dieu sait où, avant de lui emboîter le pas et de refermer soigneusement derrière eux. À voix très basse, sans prêter attention au local à poubelles d’un immeuble résidentiel dans lequel ils venaient d’atterrir, il souffla :

— Surtout, pas un bruit.

Il avait ressorti son arme et, désormais, l’oreille collée à la porte métallique, il écoutait attentivement ce qui se tramait dans la ruelle. Il espérait que les Russes les croiraient enfuis par l’autre avenue principale et qu’ils se lanceraient à leur poursuite dans les rues de Star City. Bientôt, il entendit les pas précipités des premiers poursuivants, quelques phrases échangées rapidement en russe, puis les pas s’éloignèrent. Au moins cette partie-là du plan avait fonctionné : restait à trouver la clé et, bien sûr, à faire savoir que la clé avait été retrouvée, pour épargner à Amber ces attentions un peu envahissantes.

Camille rengaina une nouvelle fois son arme, avant de se retourner vers la jeune femme et de la détailler rapidement du regard. Elle lui paraissait étrangement calme, pour une civile qui venait d’être prise dans l’écheveau complexe d’une affaire de renseignements. Accessoirement, elle faisait pousser des arbres au milieu de la route. Tout du moins, c’était ce que Camille supposait, puisqu’aucun super-héros reboiseur n’était venu interrompre les échanges de tir : la jeune femme devait être responsable de cet étrange sursaut végétal. Mais à Star City, comment s’en étonner ?

— Vous avez quelque chose qui intéresse beaucoup de monde, Miss Matthews.

Camille désigna le sac à dos de la jeune fille.

— Vous et moi, nous allons devoir trouver un endroit où nous cacher pendant quelques heures.

Et parce que les civils avaient parfois de drôles d’idées, Camille prit la peine de préciser :

— Pas chez vous, de préférence. Ils sont probablement déjà en train de fouiller votre appartement.
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Message posté : Mar 11 Nov - 13:38 Message
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Nouveau protagoniste. Nouveau plan. Nouvelle option.

L’espace d’un instant, Amber se demanda si elle n’avait pas atterri dans son pays natal – passer de son salon à une planète inconnue n’était pas une chose impossible, après tout – étant donnée la concentration d’Anglais dans une rue de Star City. Mais le décor était typiquement trop américain pour être anglais, elle n’avait pas changé de pays, le monde devenait juste complètement fou. Et puis il y avait, définitivement, trop d’armes autour d’elle. Elle devait faire quoi dans ce genre de cas ? Se baisser ? Fuir ? Pleurer ? Appeler sa mère ? Pas le temps de trouver une réponse, à peine le temps de sursauter, que les deux coups de feu avaient déjà été tirés.

Elle ? En danger ? Non, sérieux ? Elle avait à peine remarqué mais il faut croire qu’elle n’était pas assez à l’aise pour se permettre la moindre réflexion ironique ou alors, tout allait vite et elle réfléchissait trop à la tournure que prenaient les choses. Se retrouver dans un local à poubelle avec un parfait inconnu qui savait parfaitement tirer, ce n’était pas ce qu’on faisait de plus rassurant. Oh, pardon, il n’était pas un inconnu, elle avait son nom et son prénom. Tout allait bien donc, n’est-ce pas ? Dans le doute, elle cessa quand même de respirer quand il lui demanda de ne plus faire un bruit, sait-on jamais, que sa respiration attire une bande de Russes pas très sympathique.

Amber conserva une distance aussi raisonnable que lui permettait d’avoir le local dans lequel ils se trouvaient, plissant légèrement les yeux quand il donna son nom. Les gens qui connaissaient son identité sans qu’elle ne se présente avaient une légère tendance à l’inquiéter. Ce qui était d’autant plus vrai quand elle venait de se faire embarquer dans une voiture sans qu’on ne prenne la peine de lui demander son avis.

« Je ne sais pas trop comment ça se passe pour vous mais, généralement, il suffit de dire que le sac plait bien et je vous donne l’adresse de l’endroit où je l’ai acheté. Une boutique très sympa, d’ailleurs. »

Elle était Anglaise et, quoique puisse en dire les Irlandais – je ne vise personne, ce n’est pas mon genre –, elle était capable de réfléchir. Amber avait bien compris que ce n’était pas le sac qui intéressait mais une particularité qu’il devait avoir. La question était de savoir ce qui pouvait intéresser autant les gens mais, dans l’immédiat, elle garda sa question pour elle.

« Pff, mon colocataire va vraiment finir par me virer avec ce genre de connerie. »

Une réflexion plus pour elle que pour l’inconnu face à elle. La légionnaire secoua la tête en espérant qu’on ne touche pas aux précieux ordinateurs du propriétaire de l’appartement – ce qui semblait compromis – sous peine de réellement se faire virer. Remarque que ce genre d’inquiétude n’avait pas trop d’importance si elle ne passait pas la journée. Donc : trouver une planque pendant quelques heures. Si elle avait un moyen de joindre un certain Taxi aux yeux changeants, elle lui aurait demandé de se retrouver sur une planète inconnue, seule, sans hommes bizarres sortis de nulle part. Mais ce n’était pas possible, elle allait devoir composer avec le fameux Ashton.

« Je connais un endroit. »

Ça ressemblait à un vieux film d’espionnage alors, probablement de manière très logique, elle avait pensé à ce bar Secret, qui n’avait de secret que le nom. Mais : 1, ça restait un lieu public et on ne pouvait pas dire qu’elle avait une confiance aveugle envers l’inconnu. 2, les gens se prêtaient tellement au jeu du thème de ce bar, qu’ils pourraient parler sans que cela n’inquiète quelqu’un si on venait à les entendre. 3, elle connaissait un peu mieux le quartier dans lequel se trouvait le bar et ça pouvait lui offrir une porte de sortie en cas de problème.

« Il nous faut une voiture. Je vous suis. »

Elle ne comptait pas passer devant parce que, en réalité, sur les deux, c’était quand même lui qui était le plus apte à les sortir d’ici. Tout ce qu’elle comptait faire dans l’immédiat c’était de veiller sur son sac et de lui donner les directions à suivre pour aller jusque dans le quartier de la Little Italie. Après réflexion, allez dans un endroit connu pour être le lieu de certaines mafias n’était peut-être pas la meilleure idée mais, elle n’en avait pas d’autres. Ok, elle avait bien songé à aller à la Légion mais elle ne voulait pas y aller sans avoir de réponse à donner. Bref, elle se contenta de donner la direction pour arriver dans ce bar qui semblait être le décor d’un vieux film d’espionnage et décida de s’installer dans un coin où il n’y avait personne. Ce n’est qu’une fois assise face au prénommé Ashton, qu’elle se décida à reprendre la parole.

« Vous êtes qui ? Parce que, à voir la manière dont étaient habillés les deux Anglais, ils avaient plus l’air de sortir d’une agence. Les Russes, en revanche, ça faisait beaucoup moins officiel. Vous vous situez où dans tout ça ? »
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Message posté : Mar 11 Nov - 16:06 Message
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Une voiture ?

L’extraction commença. Ils quittèrent le local à poubelles et Camille examina la disposition de l’immeuble. Dans le centre-ville cossu de Star City, il comptait bien trouver un garage dans les sous-sols. Au lieu de sortir du bâtiment, ils empruntèrent donc un escalier qui descendait encore d’un étage, dédaignèrent la porte qui menait aux caves et débouchèrent sur une rangée de portes de garage. Camille les longea pendant un moment et s’arrêta devant la moins bien entretenue, qui abritait, présumait-il, la voiture la moins exceptionnelle et donc la plus facile à forcer.

Ce fut donc dans une voiture volée absolument parfaite, parce que tout à fait banale, qu’ils quittèrent le centre-ville pour se diriger vers Little Italy. Camille écoutait les instructions d’Amber d’un air un peu distrait. L’une des premières choses qu’il avait faites en débarquant à Star City avait été d’étudier les plans de la ville, puis de visiter les réseaux souterrains et de cartographier à sa manière la jonction entre les différents toits de la ville. Se déplacer était toujours sa préoccupation principale.

Après un créneau absolument parfait, ils descendirent de voiture et gagnèrent le Bar Secret. En découvrant l’ambiance des lieux, le Français à l’accent britannique murmura :

— Très à propos…

Ils étaient bientôt assis face à face. Plutôt que de profiter du charme indéniable — j’dis ça, j’dis rien — de son interlocutrice, Camille parcourut l’établissement du regard, pour repérer : 1. les gens suspects, 2. les surfaces réfléchissantes et 3. les portes/fenêtres/murs faciles à démolir de sortie. Ses yeux revinrent finalement sur Amber, mais très souvent, ils s’éclipsaient en coups d’œil rapides et évaluateurs.

— Beaucoup de vendeurs d’assurance sont très bien habillés, ça devrait vous suffire pour vous méfier des gens en costume.

Lui-même n’avait aucune idée précise de qui pouvait être les Russes ou les Anglais. Les plans intéressaient tout autant les gouvernements que les syndicats criminels, les espions industriels indépendants que les sociétés concurrentes, les renseignements civils que les renseignements militaires.

— N’importe quel mafieux peut s’acheter une politesse et un costume trois pièces. Vous savez ce que dit Shakespeare : all hoods make not monks. Et quant aux Russes, il y a beaucoup d’agences qui ne sont pas du tout officiel.
— Qu’est-ce que je vous sers ?

Leur demanda une jeune femme dans une robe des années quarante, que Camille déshabilla aussitôt du regard, non pour juger de ses charmes, mais pour estimer la présence possible d’armes sur elle. Une fois satisfait de son innocence, il commanda :

— Un café.

Blasée sans doute par l’attitude souvent désobligeante des clients, la serveuse ne parut pas beaucoup affectée par ces yeux scrutateurs. Elle prit la commande d’Amber et s’éclipsa. Camille reprit le fil de leur conversation à voix très basse.

— Je travaille pour les renseignements militaires britanniques. À vrai dire, je suis capitaine Ashton Palmer.

Il pouvait débiter ces mensonges sans ciller : ce n’était pas la première fois qu’il utilisait cette identité-là. D’ailleurs, trois mois auparavant, son Ashton Palmer avait reçu une promotion, pour récompenser son activité en Europe de l’Est : il fallait toujours prendre soin de la carrière de ses alias.

— Il y a quelques jours, des plans militaires ont été volés en Égypte par des agents non-identifiés et transportés jusqu’à Star City pour être revendu sur le marché noir. Lorsque des contacts ont été établis avec des acheteurs potentiels, quelques agences de renseignement ont été alertées. Les vendeurs ont commencé à craindre que la transaction soit surprise et interrompue. Ils ont dissimulé les plans sur une mule le temps de préparer leur extraction, probablement en direction de l’Amérique du Sud. La mule, c’est vous.
— Votre café.
— Merci.

Camille sortit quelques billets, dont un pourboire substantiel qui effaça sans doute dans l’esprit de la serveuse ce que son regard pouvait avoir de désobligeant. Lorsque celle-ci partit, le jeune homme retira la cuiller du café, la suçotant consciencieusement et la plaça sur le coin de la table. Pour l’orienter ensuite un peu mieux. Et constater avec satisfaction qu’il pouvait apercevoir en gros le fond du bar dans le reflet sur l’inox.

— Une mule est un agent involontaire et inconscient qu’on utilise pour transporter des documents ou de petits objets. L’avantage, c’est que personne ne peut repérer une mule, parce que, par définition, il n’y a rien à repérer. L’inconvénient, c’est qu’il faut récupérer le paquet après. Je crois que les Russes essaient de récupérer leur paquet et que les autres essaient de s’en emparer.

Et la mule, dans toutes ces histoires, survivait ou ne survivait pas : c’était sans importance.

— Vous avez besoin de vous débarrasser du paquet, d’une part, et d’autre part que tout le monde sache que vous ne l’avez plus. Pour ça, il va vous falloir des contacts et des protocoles.

En somme, il était, dans cette affaire, un homme providentiel, presque un ange gardien — avec quelques mensonges en plus. Comme Amber avait de la chance !

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Message posté : Jeu 13 Nov - 17:32 Message
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Amber s’interrogea sur la santé mentale de son interlocuteur : il semblait avoir des tocs assez étranges. Franchement il fallait le voir avec sa cuillère ! Se dire qu’il la posait à un endroit stratégique pour regarder derrière lui, évidemment, ne traversa pas l’esprit de l’anglaise. Pour elle, il avait juste un problème, un peu comme ces gens qui se sentent obligés de tourner trois fois une poignée de porte avant de l’ouvrir.

Ok. Donc. Amber était avec un fou qui tirait sur des gens en costume – peut-être acheté pour faire bien – à cause d’une histoire de plan qui aurait fini dans son sac et qui, bien sûr, était voulu par plusieurs personnes. Bizarrement, ça ne l’étonna même pas. Amber avait cette prodigieuse faculté à se retrouver dans des histoires peu probables ou que l’on ne croise que dans des séries ou des livres. Mais, comme elle réfléchissait – ou du moins, elle essayait – elle se retrouva à commander la même chose qu’Ashton, plus par mimétisme que réelle envie. La caféine, elle avait déjà essayé et, franchement, ce n’était pas fait pour elle. Vraiment pas.

« Je suis assez d’accord sur la partie qui dit que je dois faire savoir que je n’ai plus ce qu’ils veulent. Beaucoup moins sur celle qui dit que je dois réellement m’en débarrasser. »

Et comme elle n’avait aucun toc, Amber continua de touiller son café sans avoir besoin de placer quoi que ce soit de manière étrange sur la table.

« Dans la mesure où je n’ai aucune idée de ce que peuvent représenter ces plans, il y a peu de chance pour que je m’en sépare. Bien que j’apprécie réellement votre intervention dans cette rue, parmi les options, je garde celle qui dit que votre aide sert seulement à récupérer les plans. »

Et, dans cette hypothèse-là, elle appréciait néanmoins de ne pas être enfermée dans une voiture, une arme pointée sur elle, pour qu’elle lui remette les plans. Au moins, c’était fait avec plus de, euh… Tact ?

« D’ailleurs, hormis mon nom, qu’est-ce que vous savez de moi ? »

Et pendant qu’elle touillait son café sans y boire, que les deux faisaient la conversation, il y avait un rat qui, lui, faisait des fouilles archéologiques dans le sac à dos à la recherche d’un élément n’appartenant pas à sa propriétaire. Oui, oui, c’est très intelligent ces petites bêtes là.

« Ce sont juste des hypothèses mais, dans la mesure où il n’y a rien à repérer dans une mule, je suppose que les recherches sont peu étendues. Une identité, une adresse, éventuelle l’emploi mais, on ne doit pas chercher beaucoup plus loin ? »

En fouillant un peu, il y avait moyen de savoir qu’elle était liée à la Légion des Étoiles. Ce n’était pas un secret, juste elle restait discrète sur cette appartenance et n’était pas une tête aussi reconnue que, par exemple, un Jace Robert. Amber était celle qui restait enfermée dans une pièce à faire des recherches, plus que la personne qui va sur le terrain à parler à tout le monde. Bref, en survolant, ouais il y avait son adresse, et surement le fait qu’elle était l’assistante d’un prof d’histoire à la Star High. Si les gens ne cherchaient pas plus loin, du coup, peut-être qu’elle avait un avantage ?

« Je connais quelqu’un qui pourrait aider mais, en fait, je ne suis pas certaine que vous faire confiance soit une bonne idée. »

Arriver en sauveur, ça aussi c’était très dans le thème. Est-ce que ce n’était pas comme ça que ça fonctionnait dans les vieux films. Le gars arrivait, se posait en tant qu’aide providentielle et, à la fin, on apprenait qu’en fait il avait juste fait tout ça pour récupérer ce qu’il y avait à récupérer ? Enfin, un truc dans le genre, en fait elle n’était pas très au fait de ce genre de film. Si ça avait été la trame d’un vrai film, en fait, il aurait été plus probable que les deux acteurs se trouvent des points communs, jusqu’à fuir, ensemble, vers une ile paradisiaque. Peu de chance que ça arrive, donc.

« Je ne sais pas, tout ça, votre arrivée, c’est juste un peu trop… Euh… Parfait. »

Et tout cachait toujours quelque chose. Tient, peut-être même que poser sa cuillère d’une manière particulière, ça cachait quelque chose… Ouais, non, là c’était se triturer un peu trop le cerveau.
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Message posté : Jeu 13 Nov - 18:12 Message
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Parfois, Camille oubliait combien les civils vivaient dans un autre monde. Il lui fallut plusieurs phrases d’Amber pour comprendre que la jeune femme l’imaginait en train d’essayer de lui faire croire qu’il était venu la sauver. Camille avala une gorgée de café. Erk. Les Américains ne savaient vraiment pas ce que c’était, le café. Il reposa la tasse beaucoup trop grande pour abriter un café digne de ce nom et reprit la parole.

— Je suis navré, je crains de m’être mal exprimé.

Le jeune homme repoussa la tasse de café sur le côté de la table, à l’opposée de la cuiller et donc de l’allée entre les tables, pour être sûr de pouvoir se relever brusquement sans s’ébouillanter s’il devait tabasser quelqu’un à l’improviste — c’est le genre de trucs auquel on devrait toujours faire gaffe, quand on prend un café — et il croisa les mains sur la table.

— Je ne voulais pas vous donner l’impression que vous aviez le choix. Enfin si, d’une certaine façon, vous avez un choix : soit vous remettez les plans à quelqu’un, soit quelqu’un, peut-être, les trouvera sur votre cadavre. Que vous les cachiez ou les détruisiez ne changerait rien à cette seconde solution. Vous pouvez évidemment essayer de vous enfuir, de changer d’identité et de gagner le Paraguay, mais très franchement, l’anonymat sud-américain, ce n’est plus ce que c’était, et pour quelques plans, ça n’en vaut pas tellement le coup.

Il n’était pas exactement en train de la menacer, d’une part parce qu’il n’avait pas prétendu qu’il la tuerait si elle ne lui remettait les plans et d’autre part parce qu’il était sincèrement convaincu que la situation d’Amber n’offrait pas de troisième voie.

— D’ailleurs, vous me demandez ce que je sais de vous. Peu de choses. Vous n’êtes pas ma mule et je n’ai pas vraiment eu le temps de mener mon enquête. Mais je sais que vous êtes Britannique. Je suppose que vous êtes capable de percevoir les enjeux géopolitiques de la situation.

C’est une manière (très) voilée de rappeler à son interlocutrice qu’elle frôlait de près la trahison, si elle refusait de remettre ces plans, qu’elle devait accomplir son devoir patriotique et que, dans le cas contraire, les représailles de son gouvernement pouvaient être très concrètes. Sous le voile, les menaces étaient certes purement fictives, cette fois-ci. Autant que Camille en savait, les SIS n’étaient pour l’heure pas impliqués dans leur petit jeu de traque du jour.

— Comme vous le voyez, mon intervention n’est pas providentielle. Dans mon monde, la perfection n’existe pas : c’est une affaire pour l’imagination. Ceci étant dit, je n’ai aucun intérêt à ce que vous soyez en danger et votre protection constitue encore une priorité pour moi.

Puisqu’elle était sujet de la Couronne.

— Simplement, pour être tout à fait honnête, ce n’est pas la première de mes priorités. La première de mes propriétés est de recouvrer ces plans et de les transmettre à notre gouvernement. Ma sécurité et même votre sécurité sont négligeables au regard de l’intérêt supérieur de la Couronne.

Dans ces moments d’odes patriotiques, Camille ne pouvait s’empêcher de se demander quels intérêts supérieurs il servait, lui, réellement. Certainement pas ceux de l’État français, depuis qu’il l’avait trahi, en offrant ses services, à Amsterdam, à l’Agence — mais pas vraiment ceux des États-Unis non plus, même si la CIA était in fine son véritable employeur. Quelque chose entre les deux. Un vague idéal internationaliste, sans doute. Quelque chose comme l’UNISON.

— Je ne vous demande pas de me faire confiance, à la rigueur. Je vous demande d’estimer de manière raisonnable les différentes options qui s’offrent à vous. Quelque soit votre aptitude à faire pousser des peupliers au milieu de la chaussée, Miss Matthews, vous jouez ici un jeu dont les règles vous échappent et dont les autres joueurs sont beaucoup mieux entrainés que vous. Plus la partie s’éternise, plus l’échiquier s’étend. Inévitablement, lorsque les différents joueurs commenceront à perdre patience, de nouvelles pièces feront leur apparition. Vous avez de la famille, peut-être. Des amis. Une compagnon ou un compagnon. Comprenez bien ceci : ce que nous faisons ici est moins sanglant qu’une guerre, au bout du compte, mais à la différence d’une guerre, il n’y a pas vraiment de règles.

Camille jeta un coup d’œil à sa cuiller. Pour l’heure, tout allait bien, mais il préférait ne pas se reposer sur ce calme qui était peut-être bien trompeur. Son regard revint dans celui d’Amber.

— Nous sommes ensemble depuis presque une demi-heure. Je veux les plans, vous avez les plans et pourtant, vous êtes toujours vivante. Croyez-moi, c’est une raison à vrai dire assez pragmatique pour penser que je suis de votre côté.
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Message posté : Dim 16 Nov - 22:00 Message
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Un point pour lui : elle était toujours envie. Ce qu’elle lui accorda d’un hochement de tête mais, si elle commençait à croire la première personne qui se présentait bien, elle pouvait changer de voie tout de suite. Ne l’avait-il pas dit ? Il est facile de s’acheter un costume et de passer pour quelqu’un d’autre. Qu’elle soit en vie démontrait une méthode différente de ceux qui l’avaient embarqué en voiture mais, en aucun cas, ça ne voulait dire qu’il travaillait pour qui il disait le faire. Mais, comme elle était tout ce qu’on fait de plus polie, elle attendit qu’il ait fini pour se mettre à sourire.

« Je ne vous en veux pas pour vous être mal exprimé, je suppose que j’ai fait exactement la même chose de mon côté. »

Peut-être qu’un jour, elle devrait vraiment se mettre à paniquer quand il lui arrivait quelque chose de l’ordinaire. Cela dit, même en le voulant, elle ne savait pas trop à quoi cela servirait.

« Je ne compte, à proprement parler, garder les plans en ma possession. Je compte bien les donner à quelqu’un parce qu’il existe une personne, en qui j’ai confiance, et qui travaille avec le gouvernement Anglais. »

Plus ou moins. Disons qu’elle avait une mère – personne en qui elle avait réellement confiance – qui revêtait un costume de Britannia pour des interventions dans son pays natal. Et que ces dites interventions lui avaient permis, sous son costume, de nouer des relations avec pas mal de personnes en Angleterre. Du coup, effectivement, donner la clé à sa mère dans la seconde, ça allait être rudement compliqué : beaucoup de kilomètres de distance.

« Parce que, évidemment, même en vivant et travaillant dans ce pays, je ne saurais trahir celui qui m’a vu naître. »

On ne rigole pas avec les envies patriotiques de la petite Amber qui haussa les épaules avec l’air le plus innocent du monde.

« Je suppose que, du coup, il y a une nouvelle option. Je fais ce que j’ai à faire pour remettre cette clé à qui de droit et, vous faites en sorte que j’y arrive en vie. Bon, il reste toujours l’option où l’on récupère la clé sur mon cadavre mais, je me trouve encore un peu jeune pour mourir et puis, il faudrait qu’elle soit encore dans mon sac. »

Parce que, rappelons que, pendant qu’ils discutaient, un petit rat apprivoisé cherchait la clé. On se doute bien que, forcément, à un moment, il avait fini par la dénicher. Et, comme c’est un rat intelligent – pas comme certains qui rongent tout ce qui passe à portée – le petit Bob avait récupéré la clé avant de se glisser dans les vêtements d’Amber. La table offrant un bon rempart pour éviter de voir ses choses sauf si, évidemment, notre espion à la cuillère avait ciré ses chaussures suffisamment pour avoir un regard sous la table. Des irlandais avaient pourtant bien essayé de prévenir : avec les Anglais, il faut se méfier de tout !

Pour ce qui était de sa famille, de ses amis, du reste… ça l’inquiétait, ça ne faisait pas un pli mais son entourage, pour la plupart, venait de la Star High ou de la légion des étoiles. Si elle avait eu le temps d’exposer son problème, il y avait fort à parier que les gens lui auraient dit de ne pas donner les plans à un inconnu et de miser sur une personne de confiance. Si ces plans étaient si importants, hors de question de les remettre à une personne – même charmante – sous prétexte qu’elle lui était venue en aide.

« Et, je crois qu’il va falloir se décider assez vite sur l’une des options possibles. »

A la manière dont elle avait cessé de remuer son café – auquel elle n’avait pas touché – on pouvait comprendre son premier vrai signe d’anxiété depuis qu’elle était dans ce bar. Des types étranges faisant leur apparition, l’air peu avenant et commençant à regarder tous les clients, comme à la recherche de quelqu’un, ce n’était pas ce qu’on faisait de plus rassurant. SI elle arrivait à se dire que son entourage serait capable de s’en sortir, elle ne croyait pas vraiment en ses chances de survie en étant seule.

« La porte des employés, là, elle donne sur une remise, puis sur une rue perpendiculaire à la rue principale. »

Au mieux, pour gagner du temps, elle pourrait faire semblant de perdre son sac dans la foulée, juste histoire que les types cherchent, éventuellement, la clé qui ne se trouvait plus dedans. Cela dit, elle s’interrogea sur la manière dont ils avaient été retrouvés parce que si, par hasard, il y avait un système permettant de localiser la clé, les choses devenaient un peu plus compliquées que prévues.
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Message posté : Lun 17 Nov - 17:09 Message
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Les civils… Franchement, Camille était certain que ça devait être une des plaies d’Égypte. Il y avait un bout de la Bible qui avait disparu, pas possible autrement. Ces gens-là ne comprenaient jamais rien à ce qu’on leur disait, ni à ce qui leur arrivait, ni à ce qu’on faisait pour eux. Après, il ne fallait pas s’étonner si des agents perdaient patience et s’abandonnaient à des méthodes expéditives pour mettre un terme à des conversations semblables. Une personne de confiance qui travaillait avec le gouvernement ? Sérieusement. On croirait rêvé.

Refoulant ses envies d’attraper Amber par le col, de lui fracasser la tête sur la table et de fouiller ses vêtements, son sac et pourquoi pas son estomac pour retrouver la clé, Camille concentra toute sa frustration et son impatience dans une contraction de la mâchoire, avant de parer au problème le plus urgent : quelqu’un les avait retrouvés.

— Donnez moi votre soucoupe.

Oui, non, en fait, il ne lui demandait pas tellement son avis. Camille ôta les tasses des deux soucoupes et se releva.

— On y va.

Les deux jeunes gens quittèrent leur place pour emprunter la porte qui menait à la remise, suivis par les deux hommes qui avaient attiré l’attention d’Amber. Une fois dans la remise, l’un d’eux déclara d’une voix autoritaire :

— La clé, s’il vous plait.

Camille se retourna, pour constater qu’on pointait — encore — une arme sur eux.

— Non.
— Pour qui travaillez-vous ?
— J’allais vous poser la même question.
— Écartez-vous de la fille.
— Je vous propose un scénario alternatif : vous rangez vos armes, vous tournez les talons, vous retournez voir vos supérieurs et vous leur dites qu’avec les prochains, je serais beaucoup moins gentil.

Étrangement, les deux sbires ne parurent pas séduits par son plan. Avec un soupir, Camille lança donc sa première soucoupe. Le projectile inattendu décrivit une trajectoire élégante pour heurter la main du premier homme, celle qui tenait l’arme. Elle dévia, un coup de feu incontrôlé projeta une balle contre la porte de la remise — Camille, lui, avait plaqué son dos contre le torse de l’homme. Il lui attrapa le bras, le fit pivoter vers le second et le força à tirer dans le ventre de son collègue. Avant de lui tordre violemment le poignet.

Les deux cris de douleur se joignirent. Camille fit rouler sa marionnette par dessus son épaule pour le projeter à terre et, ces quelques secondes passées, il fit signe à Amber de courir en direction de la rue. Une blessure au ventre était mortelle, potentiellement, mais assez lente et douloureuse pour laisser le temps à une intervention médicale de faire son effet — ce qui impliquait pour les deux autres d’abandonner leur poursuite.

Camille et Amber couraient dans la rue. Ils coururent le long de deux immeubles, avant que Camille ne s’arrêtât brusquement. Juste à côté d’un motard qui venait de garer son véhicule et qui retirait son casque. Mauvaise idée. Quelques secondes plus tard, Camille tendait un casque de moto à Amber.

— Montez.

Les deux roues démarra en trombe et entreprit une violation systématique du code de la route de l’État. Camille méprisait les feux oranges, et les feux rouges, et les feux verts des autres, et les règles de priorité, et… Tout le reste. La moto slalomait à toute allure entre les voitures, pour n’en éviter certaines que de justesse. Heureusement, elle s’éloignait rapidement du centre-ville le plus fréquenté de Star City et se dirigeait vers les banlieues résidentielles. Là, Camille commença à ralentir, pour s’arrêter finalement près d’un parc public désert.

Il était peut-être temps de vérifier si sa passagère n’avait pas succombé à une crise cardiaque. Le jeune homme descendit de la moto, fouilla dans ses poches et en sortit un téléphone portable, qu’il entreprit de démonter, non sans surveiller Amber du coin de l’œil. Après avoir remplacé la carte SIM par une autre tirée de l’intérieur de sa chaussure, Camille composa un numéro et entama une conversation qui ne devait pas être de pure courtoisie.

— Bird. Identification Limi-Whiskey-2-2-9-Sierra-Echo. Demande de connexion.

Camille attendit que son code et la source fussent confirmés, avant de reprendre la parole.

— J’ai besoin d’une planque à Star City.

Nouveau silence. Puis Camille écouta attentivement les instructions et finit par conclure par un simple :

— Reçu.

Le jeune homme raccrocha avant de fixer Amber.

— On va aller dans un endroit sûr. Mais juste pour être clair. Peu m’importe que vous ayez une grande-tante qui travaille pour un général, un frère dans la Royal Navy ou que votre meilleure amie soit chargée de mission aux ministères des affaires étrangères. Je ne vous fais pas confiance, je ne fais pas confiance aux gens auxquels vous faites confiance et on ne va certainement pas embarquer un civil supplémentaire dans toute cette affaire. J’ai déjà assez de mal à vous éviter de vous faire tuer…

Et puis il ne travaillait pas pour le gouvernement britannique. Accessoirement.

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Message posté : Lun 24 Nov - 14:17 Message
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Constat numéro 1 : ne pas énerver Ashton Palmer. Quand un type est capable de s’en sortir avec la soucoupe d’une tasse à café, le mieux est encore de ne pas dans la catégorie des cibles. Elle ne tenait pas vraiment que ses parents apprennent qu’elle était morte à coup de cure-dent.

Constat numéro 2 : ne jamais remonter à moto avec Ashton Palmer. Des manèges à sensations elle en avait déjà faits et, bien qu’elle n’était pas fan de ces activités, elle avait l’avantage de ne pas être cardiaque – merci aux origines anglaises. Ce dernier point lui avait probablement – c’était même certain – sauver la vie lors de sa fuite. Parce que, de toute évidence, la conduite d’Ashton était bien plus éprouvante, pour les nerfs, qu’un grand huit dans un parc d’attractions.

Constat numéro 3 : il y avait beaucoup de constats à faire sur Ashton Palmer. Ce type aurait été en noir et blanc, sortant directement d’un vieux film d’espion – certains pouvoirs devaient bien permettre de faire cela – que cela n’aurait même pas étonné Amber.

« Alors, pour commencer, je ne sais peut-être pas lancer une soucoupe avec votre précision mais, c’est bon, j’aurais été capable de m’en sortir toute seule ! »

Elle s’en serait sortie les pieds devant, une balle dans la tête mais, par principe, parce qu’elle était jeune, elle avait besoin de signifier qu’elle pouvait s’en sortir toute seule. Le pire c’est qu’elle savait très bien que cette phrase était dite parce qu’elle était vexée. Amber était loin d’avoir les capacités de ce type et encore moins les capacités de s’en sortir face à des types armés.

« De deux, c’est également mon cas : je n’ai pas confiance en vous, ni pour les personnes avec qui vous travaillez. »

Ce qui allait poser un problème à un moment. Si chacun restait bloqué sur ses positions il n’y avait pas beaucoup d’issues possibles. Il y a un moment où laisser penser qu’elle était une civile lambda n’allait pas jouer en sa faveur. Toujours un peu vexée, bien droite, elle hocha la tête.

« Et pour finir, quand je vous dis que j’ai des contacts, je ne pense pas au petit informaticien du coin. La prochaine fois qu’une clé est à cacher, ils devraient se renseigner un minimum et pas la mettre dans le sac d’une personne qui bosse pour la Légion des Étoiles. »

Voilà. Et pour rester fière, Amber, dans la foulée, commença à prendre une direction pour aller vers la planque qu’Ashton avait demandée. Le problème c’est que, au bout de deux pas, elle comprit assez vite qu’elle n’avait aucune idée de la direction à prendre. Soupirant, elle secoua la tête en se traitant intérieurement d’imbécile, et refit face à Palmer.

« Il est où votre endroit sûr ? »

Ce n’était vraiment pas en agissant de la sorte qu’elle allait réussir à prouver son utilité à la Légion des Étoiles. Franchement, il y avait quelque chose qu’elle enviait chez ce type : il savait ce qu’il faisait, il avait l’air d’être sûr de lui et il savait carrément se défendre et se battre. Elle avait toujours pensé qu’on ne la prenait pas toujours au sérieux parce qu’elle était jeune mais, de toute évidence, il n’y avait pas que cela. Ashton ne paraissait pas bien vieux et, pourtant, il ne donnait pas envie de contester quand il donnait une directive. Un peu comme Jace, qui était vexant parce qu’il rappelait que même jeune, on pouvait arriver et, en même temps, qu’on admirait par son parcours et la présence qu’il imposait naturellement.

C’est en le suivant qu’elle attrapa son propre téléphone et quand on décrocha, elle ne laissa passer qu’une seule phrase.

« C’est moi, tu peux me rappeler. »

Il y avait certains codes instaurés dans la famille : ne pas prononcer de nom, demander à être rappelé, c’était dire qu’elle voulait être recontactée de manière sécurisée. Un peu moins d’une minute plus tard, son téléphone sonna et Amber expliqua brièvement la situation : on avait mis quelque chose dans son sac, beaucoup de personnes voulaient récupérer l’objet en question.

« … Non, je ne suis pas toute seule. » Elle leva les yeux vers Ashton. « Apparemment, un agent Britannique. » c’était lui qui avait dit de ne pas se baser sur les apparences, elle ne faisait que suivre son conseil. « Non, ce n’est pas moi qui l’ai, je ne l’ai pas gardé. C’est Bob qui a l’objet. »

Son interlocutrice, sa mère, savait qui était Bob. Amber misait sur le fait que cette information n’était pas connue de Palmer et, pour le coup, elle était même contente d’avoir donné un nom un peu près humain à un rat. L’Anglaise avait fini par hocher la tête et tendit son téléphone à l’homme.

« On veut vous parler, je suppose que ça doit être pour vérifier votre version de l’histoire. »

Mais sa mère ne travaillait pas à proprement parler avec le gouvernement, elle avait des contacts, elle connaissait des gens et des noms. Si elle interrogeait Ashton sur ces noms, par exemple, il suffisait d’être bien renseigné pour répondre aux questions. Une couverture bien faite pouvait permettre de palier ce genre de petits soucis.
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Message posté : Mar 25 Nov - 21:32 Message
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Ah, les Légionnaires…


Camille poussa un soupir.

— La Légion, c’est très bien, vraiment.

Il avait abandonné l’énervement un peu sarcastique qui avait été le sien, quelques secondes plus tôt.

— Mais le combat qui se mène ici est très différent de ceux dont vous avez l’habitude, Légionnaire.

Et cela, il ne le savait que trop bien. Le monde du renseignement et le monde du super-héroïsme n’avaient guère pour parenté que leur propension à donner refuge, l’un comme l’autre, à des êtres aux aptitudes exceptionnelles. Mais, et Camille l’avait trop rapidement découvert quelques années plus tôt, les ressemblances s’arrêtaient à peu près là.

Amber se détourna, puis revint vers lui et le jeune homme indiqua d’un geste de la tête la direction qu’ils devaient emprunter. Lorsque Amber sortit son téléphone, ses nerfs se tendirent à nouveau, mais cette fois-ci, par un effort surhumain de la volonté, il se retint de rabrouer la jeune fille. Une certaine dose de coopération serait nécessaire s’il souhaitait parvenir à ses fins.

Il suivit donc la conversation d’une oreille attentive. Bob ? Amber avait paru surprise de se voir soudain l’objet de tant d’attention. Il était peu probable qu’elle fût au courant à propos de la clé avant de se voir kidnappée. Camille essaya d’imaginer, par acquis de conscience, la réaction de la jeune fille qui aurait trouvé la clé un peu plus tôt, dans son sac, par hasard. Elle l’aurait lue pour trouver à qui elle appartenait, découvert le plans et les aurait confié déjà à « quelqu’un de confiance ».

Ainsi donc, soit elle mentait, soit elle avait donné la clé à Bob sous son nez. C’était peut-être un code. Peut-être l’avait-elle cachée quelque part. Les endroits alors n’étaient pas légions : 1. dans la voiture des Russes, mais c’eût été idiot, 2. dans le local à poubelles ou 3. dans le Bar Secret. Ou bien Bob était autre chose. Un autre pouvoir ? Un petit animal ? Un compartiment secret ?

Camille attrapa le téléphone qu’on lui tendait et coupa la communication, sans même prendre la peine d’adresser la parole à la personne à l’autre bout du fil. Il rendit l’appareil à la jeune femme avant de s’expliquer.

— Vous êtes peut-être sur écoute. Je serais vous, je n’utiliserais pas mon téléphone. Mais vous faites ce que vous voulez, évidemment…

Après tout, elle était assez grande pour s’en sortir toute seule, non ? Camille en venait à penser que la mission serait beaucoup plus facile s’il se contentait de récupérer la clé sur le cadavre d’une Amber tuée pour d’autres. C’était bien son genre à lui, tiens, de faire dans les bons sentiments.

— Accessoirement, tout le principe de mes versions, c’est qu’elles ne puissent pas être vérifiées. Encore une fois, mon monde fonctionne différemment du vôtre.

Il ne s’inquiétait pas tellement que sa version fût contredite par l’éventuel contact d’Amber. À moins que la jeune fille n’eût une liaison directe avec le cabinet du Premier Ministre, Camille la voyait mal confirmer une fois pour toute qu’il n’appartenait à aucune des multiples branches du renseignement britannique. Entre le Foreign Office, le SIS, le MI9, le MI5, le JIC, la DI et les sections de certaines parties de l’armée, il y avait fort à faire — et beaucoup de silences professionnelles à affronter — avant d’être sûr de quoi que ce fût.

— Vous savez, vous seriez le Commander en personne que de mon point de vue, les choses ne seraient pas très différentes. Je ferais un mauvais justicier, vous feriez une mauvaise espionne : chacun sa spécialité.

C’était pour lui une manière d’aplanir le terrain.

— On va se mettre en sécurité et ensuite, on essaiera d’aplanir la situation.

Ils bifurquèrent dans une rue d’une affligeante banalité et qui, pour cette raison même, paraissait à Camille des plus propices. Après avoir passé deux maisons, ils tournèrent dans l’allée d’une troisième. Ils gravirent les marches du perron, le jeune homme pressa son doigt sur la serrure et, la seconde suivante, la porte s’ouvrit : elle devait cacher un lecteur biométrique.

Le reste de la maison ne présentait pas de particularité frappante. On aurait dit un petit intérieur pavillonnaire des plus classiques. Mais la première chaîne de la télévision regroupait les images des caméras de sécurité dissimulées partout sur la façade, la cave était aménagée en panic room, les placards abritaient des rations de survie et les coussins du canapé des armes de poing et des munitions.

— Ça appartient à l’Agence.

Il explicita aussitôt :

— La CIA.

Comme quoi, il lui arrivait de dire la vérité. Ou à peu près…

— Il n’y a pas à dire, ça change d’opérer dans un pays allié…

Il sous-entendait que la CIA prêtait son équipement au SIS le temps d’une mission — ce qui, en réalité, n’avait rien d’improbable, tant les deux services avaient pris l’habitude de gérer certaines de leurs opérations en tandem. Camille alluma la télévision pour avoir accès aux caméras de surveillance et récupéra l’une des armes cachées dans les coussins du canapé.

— Cela dit, il ne faudra pas s’attendre non plus à la cavalerie. Les Américains ne vont pas vouloir trop s’impliquer.
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Message posté : Jeu 27 Nov - 11:16 Message
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Évidemment que la Légion c’était très bien. La légion c’était plein de super-héros super-trop-forts sur lesquels elle aimait faire des recherches pour tenter de remonter aux origines de tout. Amber était jeune, Amber était idéaliste, Amber aimait les costumes super-moulants – à titre très professionnel, personne n’en doutera. La Légion c’était…

« Hey ! »

Mais quel impoli ! Il venait de raccrocher au nez de sa maman – lire ça avec une voix toute désemparée. Enfin, c’est surtout qu’elle avait cru, l’espace d’un instant, qu’il allait en profiter pour balancer le téléphone à l’autre bout de la pièce. Ça n’aurait pas été cool du tout, est-ce qu’il savait à quel point il était difficile de trouver un téléphone aussi vieux qui, de toute évidence, était loin de faire autant de choses que les smartphones de nos jours ?

« Oui et bien, je ne sors peut-être pas de carte sim de mes chaussures mais ça ne veut pas dire qu’une autre personne n’est pas capable de vous rappeler en sécurisant une ligne. »

Vexée, elle reprit son téléphone avec l’idée de s’excuser pour l’arrêt de la communication mais, finalement, elle se ravisa. Rangeant le téléphone elle avait fini par entrer dans une baraque pas vraiment rassurante. Il y avait tout pour se protéger d’un assaut de grande envergure. La protection, quoi qu’on en dise, elle ne trouvait pas cela rassurant parce que, ça impliquait, en avoir besoin. Elle ne s’inquiéta pas qu’Ashton puisse avoir plus d’armes à sa disposition, s’il avait voulu la tuer, il l’aurait fait avec un marron trouvé sur la route. Pas besoin d’armes de poing quand on s’est lancer la soucoupe d’un café.

Son regard se porta sur les images des caméras de sécurité.

« Honnêtement, je vous trouve un poil irritant. » Elle soupira et lâcha l’écran des yeux pour revenir sur lui. « Mais, en aucun cas, ce que je peux penser de vous entre en considération pour ce que vous voulez récupérer. »

Ce type pourrait être le plus détestable du monde, qu’elle ne garderait pas la clé, juste pour l’ennuyer ou lui mettre des bâtons dans les roues.

« Sans savoir la portée que peuvent avoir ses plans, je ne peux juste pas vous les donner comme ça. » dire « de son plein gré » ça aurait presque été une invitation à la tuer sur le champ. « Je veux bien croire que vous travaillez pour un gouvernement, sinon je suppose que l’accès à ce genre d’endroit aurait été plus compliqué mais…J’ai beau être Anglaise et aimer mon pays, je ne fais pas tellement confiance aux agences gouvernementales pour autant. »

C’était un peu compliqué à expliquer. Elle y croyait à ce genre de choses mais, d’un autre côté, si sa mère travaillait avec quelques services, elle ne travaillait pas pour eux. C’était une grande différence, toutes les décisions n’étaient pas les meilleures. Le côté « gouvernemental » impliquait des considérations trop politiques pour donner une confiance aveugle. Dit la fille appartenant à un regroupement de Super-héros.

« Le problème n’est pas de vous croire ou de ne pas vous croire mais d’apprendre, potentiellement, ce que deviendront ces plans et que ce ne soit pas très… euh… Disons, pas très éthiques. »

Bref elle ne cherchait pas à mettre des bâtons dans les roues de l’agent Palmer pour le plaisir de le faire, ou pour prouver qu’elle était prête à défendre ces plans coute que coute. Elle gardait la clé par manque d’assurance sur ce qu’allait devenir son contenu. Elle ne pouvait pas juste la donner et, ensuite, fermer les yeux comme si rien ne s’était passé en apprenant, par exemple, que l’Angleterre allait asseoir un règne de la terreur car elle possédait les plans d’un truc ultra-violent faisant flipper tous les pays voisins.

« Franchement, j’essaye de chercher une solution qui pourrait nous convenir tous les deux mais, je n’en trouve pas. Ce n’est pas tellement mon domaine. » Oui, chacun sa spécialité. « Je fais dans la recherche, pas dans l’espionnage ou dans les plans récupérés. »

On était bien loin de son domaine d’expertise. Définitivement, elle était bien mieux le nez dans des livres anciens. En revanche, ce qu’elle n’avait pas prévu à ce moment-là, c’était la panique de Bob, quelque part entre ses vêtements et son manteau dans son dos. A chercher des solutions, elle était un peu moins prompt à la maitrise de ses pouvoirs et, elle commença elle-même à s’agiter en tortillant ses doigts. Amber n’était pas une personne angoissée, il n’y avait probablement pas plus zen qu’elle – sans entrainement spécifique de super-espion – mais l’empathie avec les animaux, ça pouvait vite devenir le bordel. Bref, ses yeux s’étaient considérablement éclaircis et son agitation était, en réalité, le résultat de l’angoisse d’un rat qui, apparemment, n’aimait pas du tout cette histoire. Et, chez elle, la panique sa se traduisait par trop de parole en faisant les cent pas.

« Bref, ce n’est pas que je ne veux pas vous aider mais, franchement, je serais quel genre de personne si je donnais des plans à la première personne venue ? Et puis vous êtes stressant aussi, sans parler de cet endroit. Sérieusement il y a vraiment besoin d’aller dans un truc pareil ? Trop flippant. »

Et tant qu’on ne l’arrêterait pas, Amber continuerait à faire l’état de tout ce qui pouvait être inquiétant dans cet endroit : le besoin d’autant de caméras de sécurité, l’arme qu’il pouvait trouver juste derrière un cousin, le pauvre petit vieux passant avec son caddie dans la rue devant la maison, bref tout ce qui pouvait devenir suspect alors que ça ne l’aurait pas été en temps normal.
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Message posté : Ven 28 Nov - 12:18 Message
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Plein de bonne volonté, l’agent Palmer, quand Amber lui apprit l’irritation qu’il éveillait chez elle, confirma volontiers :

— Un sentiment très partagé.

Mais s’il avait voulu devenir populaire, il aurait embrassé une autre carrière : par exemple, acteur hollywoodien. Dans la maison, Amber commençait à s’agiter. Camille haussa un sourcil. L’empathie animale ne fut pas sa première hypothèse — étrangement. Les civils avaient tendance à être un peu émotifs et, quoi qu’elle voulût en dire, Amber lui paraissait tenir beaucoup plus de la civile, justement, que de la Légionnaire chevronnée.

Avec une autorité toute militaire, Camille décréta :

— Asseyez-vous.

Et pour l’appâter un peu, il rajouta :

— Je vais vous expliquer ce que sont les plans.

Il s’assit lui-même, sans quitter du regard les écrans de surveillance. Le grand-père ne l’inquiéta pas trop. Il n’espérait pas pouvoir rester indéfiniment dans cette maison, mais il avait parlé à leurs poursuivants et c’était une excellente chose : avec son accent britannique, et celui d’Amber, une fois semés, leurs ennemis penseraient d’abord à remuer les réseaux anglais, plutôt qu’à se lancer sur les traces de la CIA. Certains associés connus du SIS à Star City risquaient de recevoir des visites fort peu agréables, mais ce n’était vraiment pas son problème.

— Ce sont les plans d’une arme anti-drone appelée l’Epsilon-38. Pas vraiment une arme au sens conventionnel. Ne vous représentez pas l’Étoile de la Mort, mais plutôt… Une espèce de grosse antenne parabolique, je suppose. Ou quelque chose dans le genre.

Il n’avait pas vu les plans lui-même — c’était tout le principe — mais les ingénieurs de la CIA et la DGSE avaient une petite idée de ce à quoi l’arme pouvait ressembler.

— Epsilon-38 a trois fonctions spécifiques : la surveillance aérienne, la gestion des télécommunications et la surveillance des radiations. Elle a été conçue pour assurer la sécurité des centrales nucléaires. C’est une question de… géopolitique.

Et ainsi Amber pouvait découvrir que l’espionnage n’était pas toujours une activité aussi séduisante que dans James Bond. On se battait beaucoup plus souvent avec de la vaisselle que des super-gadgets et on cherchait à mettre la main sur des informations qui n’étaient pas exactement propices à la domination mondiale.

— Les deux ou trois dernières années, différents pays européens ont pris conscience que les nouvelles technologies de drones, développés depuis la récupération des morceaux de l’invasion Terminus, posaient un grave problème de sécurité pour les centrales nucléaires. Ce n’est pas tellement qu’on ne puisse pas intercepter un drone en plein vol, c’est juste qu’il est difficile de déployer les mesures d’interception traditionnelles dans toutes les centrales, de militariser les sites d’énergie, etc.

La préoccupation principale est qu’un drone porte une charge explosive et provoque une réaction eh chaine dans un réacteur. Les centrales qu’on a construites pendant la Guerre Froide ont depuis un moment dépassé leur durée de vie prescrite, mais elles sont toujours en fonctionnement, parce qu’une transition énergétique coûterait trop cher à négocier. Elles sont beaucoup plus vulnérables que vous ne pouvez vous l’imaginer et les moyens de contrôler les incidents sont… rares. Le seul vraiment domaine d’action, c’est la prévention systématique des accidents.

Comprenez bien une chose. Quand il y a un incident technique dans une centrale nucléaire, l’opinion publique panique. Comme au Japon. Mais ça ne dure qu’un temps. C’est une affaire technique, c’est du ressort des compagnies qui gèrent les centrales, et voilà. On continue à les utiliser. Si jamais une attaque terroriste prenait pour cible une centrale, au-delà de la catastrophe immédiate, la crise de confiance serait totale. Or, certains de nos alliés fondamentaux se reposent entièrement ou presque sur l’énergie nucléaire. Comme la France. Si l’énergie nucléaire devient du jour au lendemain non viable, sans transition, l’une des grandes puissances nucléaires militaires va s’effondrer et la balance géostratégique va se déplacer vers l’Est. L’OTAN va perdre de son influence sur l’ancien bloc soviétique au profit de la Russie, l’ONU va être modelé par la pression chinoise sur le conflit indo-pakistanais. Les conséquences sur les consensus internationaux seraient catastrophiques.

Vous voyez, la Légion vit peut-être dans l’illusion que nous sommes rentrés dans l’ère d’un gouvernement international et que les préoccupations interétatiques sont devenues superflues, elle vit peut-être dans l’illusion que les vrais combats sont médiatiques et qu’ils opposent la simplicité d’un super-vilain contre un super-héros, mais les enjeux géostratégiques quotidiens sont en un sens beaucoup plus terre à terre. Quoi qu’il en soit, une entreprise franco-algérienne a conçu l’Epsilon-38 pour répondre à ce problème.

L’Epsilon-38 surveille un espace aérien restreint au-dessus de la centrale et le niveau de radiations du réacteur. Il déclenche un système d’alerte s’il y a une anomalie dans l’un et l’autre cas. Surtout, quand il détecte un drone, il coupe les télécommunications entre le drone et ses contrôleurs et prend en charge le téléguidage de l’appareil. Il calcule une trajectoire standard qui permet de poser le drone pour qu’il soit récupéré. Vous comprenez, si on abattait simplement le drone, si on coupait tous les systèmes par pulsation électromagnétique, on créerait le risque de déclencher malgré tout l’explosion.

Le but de notre gouvernement dans cette situation est de récupérer la technologie et d’assurer un statu quo en la divulguant largement. Si tous les pays la possèdent, on revient au système d’équilibre géopolitique préalable.

Est-ce que c’est clair ?


Ah bah oui.
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Message posté : Dim 7 Déc - 22:12 Message
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Ok. Ce n’était pas l’étoile de la mort. Le monde n’allait pas disparaitre si les plans tombaient entre des mauvaises mains. En tout cas, c’était ce que semblait dire l’homme qui lui faisait face. Mais ça ne changeait pas la question de base : quelle garantie elle avait pour lui faire confiance ? Il aurait pu lui dire que c’était une arme vouée à créer des arcs-en-ciel – peut-être que certains pouvaient considérer comme une arme meurtrière – qu’elle n’aurait aucun moyen de savoir si c’était vrai ou non.

N’empêche… Difficile de ne pas décrocher sous autant d’informations quand on avait, pour couronner le tout, une petite boule de poils au bord de la crise cardiaque. A plusieurs reprises, elle s’était mordu l’intérieur de la joue pour tenter de rester concentrée et essayer de comprendre tout ce qu’il pouvait dire. Pas certaine qu’elle avait tout saisie, cela dit. Trop d’informations en peu de temps, trop de pays impliqués, trop de trop.

« Je m’en fiche. »

Pas tellement mais, disons qu’elle n’était pas certaine que ce soit l’heure, l’endroit et la bonne disposition pour avoir une leçon sur toutes les implications que pouvaient avoir des plans sur une clé USB mis au hasard dans ses affaires.

« Je veux dire : vous pourriez me dire n’importe quoi sur cette arme que je ne pourrais que vous croire sur parole. »

Ne jamais faire confiance à un anglais qui boit un café dégueulasse dans un bar bizarre. Il était mignon, il faisait des efforts pour lui expliquer les choses et, surtout il ne se contentait pas de la tuer sur le champ. Il était énervant mais elle ne dénigrait pas les efforts qu’il semblait faire.

« Le mieux que je puisse faire, c’est de vous donner une copie de ces plans et de garder la clé. »

Du moins c’était ce que sa confiance pouvait tolérer en essayant de faire un pas en avant pour débloquer la situation. En gardant les plans, sûrement naïvement, elle se disait que si elle laissait la copie à quelqu’un de finalement mal intentionné, elle aurait toujours les plans de base pour essayer de faire quelque chose pour contrer cette mauvaise utilisation.

« Je ne sais pas, c’est comme une garantie… En quelque sorte. »

Vraiment, elle ne gravitait pas dans ce monde pour savoir ce qui pouvait sembler raisonnable ou ce qui ne l’était pas. Mais bon, du haut de ses 19 ans, elle était supposée y comprendre quoi aux problèmes géopolitiques. Son truc à elle gravitait autour des personnes en collants moulants avec des capes.

« Par contre je vais finir par croire que, soit vous travaillez avec d’autres personnes, soit cette clé à un traceur. »

Deuxième hypothèse pas si bête que cela. A déposer une clé sur la première venue, il fallait bien pouvoir la retrouver par la suite. Et, en même temps, s’ils étaient capables de situer la clé, ça voulait bien dire qu’elle était toujours avec Amber. Elle quitta les écrans des yeux pour revenir que l’agent secret à coupelle d’or.

« Oh, il y a aussi l’option destruction de la clé, comme ça plus de problèmes pour personne et puis ça évitera qu’on soit retrouvé dès qu’on va quelque part. »

Parce que, ce n’est pas qu’elle n’avait pas envie de courir à travers toute la ville, de découvrir des cachettes du FBI ou autres organisations mais, à un moment, il allait bien falloir qu’ils trouvent un terrain d’entente. Sur quoi elle se releva.

« Je suppose que dans un endroit comme celui-là il y a une façon de partir sans passer par la porte d’entrée ? Ah moins que vous vouliez aller leur dire bonjour ? »

Dans tous les cas, enfermée dans une baraque comme celle-là, Amber ne pouvait pas faire grand-chose. Ses capacités n’allaient pas avoir un grand intérêt sans végétation autour d’eux. Elle reporta son regard sur les écrans avant de secouer la tête.

« En fait, ce n’est pas la peine de répondre sur une éventuelle autre sortie. Il y en a bien une mais, ils vont y envoyer trois hommes. »

Ce qui, pour le moment, ne se voyait pas sur les écrans puisque c’était en cours de décision. Disons que l’une des caméras, avec un arbre en vue, l’avait aidé à avoir des informations sur la manière dont s’organisaient les choses pour les autres types.
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Message posté : Lun 8 Déc - 11:15 Message
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Il allait finir par la gifler. Camille rongeait son frein en regardant Amber avec tout le flegme dont il était capable et il remerciait son entraînement rigoureux et son éducation britannique. Un coup elle voulait savoir, un coup elle ne voulait pas savoir. Cette gamine-là, qui n’était pas beaucoup plus jeune que lui, n’arrivait manifestement pas à se faire une idée de la situation et de ses options. Difficile de le lui reprocher, certes : elle n’était apparemment pas entraînée aux vicissitudes du terrain et aux décisions rapides et sans arrière-pensée qu’il exigeait de ceux qui y opéraient.

Lui-même prit toutefois la peine de réfléchir quelques secondes à la proposition d’Amber. Copier les données de la clé ? Ce n’était pas exactement la mission qu’on lui avait donnée, certes. En tout cas, pas l’esprit de la mission. Mais on lui avait dit de récupérer les informations, pas de récupérer la clé, et de toute façon, il avait une certaine marge de manœuvre.

— Ça me convient.

Et ils auraient sans doute pu mettre à exécution leur arrangement si les arbres n’avaient pas été trop bavards. Camille fixa les écrans de surveillance, l’air d’abord un peu sceptique, avant de se résigner à faire confiance à Amber. Si elle était membre de la Légion et qu’elle faisait pousser des peupliers au milieu des rues passantes, c’était sans doute qu’elle possédait encore d’autres pouvoirs. À tous les coups, elle parlait aux fougères ou quelque chose comme ça.

— Trois hommes…

Ce n’était pas des adversaires très considérables, surtout maintenant qu’il était armé. Mieux valait cependant procéder avec discrétion.

— Suivez-moi.

Camille quitta le canapé et passa dans la cuisine. Il ouvrit la porte du réfrigérateur, tâta les œufs alignés sur l’étagère du haut et fit pivoter l’un d’eux d’un quart de tour vers la gauche, avant de refermer la porte. Pendant ce temps, il expliquait rapidement la suite des opérations.

— La clé a un traqueur ou on vous a injecté un traqueur.

La seconde hypothèse avait l’air moins rassurante que la première, mais Camille l’aurait préféré de loin : un couteau, une petite incision, un peu de sang et on n’en parlait plus. Mais détruire rapidement le traqueur présent sur la clé impliquait de détruire la clé et les précieuses données qu’elle contenait.

— On va passer par un souterrain, rejoindre les égouts et sortir à un autre endroit de la ville. On pourrait détruire la clé, mais ça ne changera rien à la situation : l’arme serait déployée et l’instabilité effective.

Parce que les gens qui avaient conçu l’Epsilon-38 n’avaient probablement pas une seule série de plans. Camille savait que la question était rarement d’éradiquer des informations, mais d’en contrôler la multiplication et la diffusion.

— On a besoin de trouver un ordinateur, télécharger rapidement le contenu de la clé puis la détruire.

Entre temps, le réfrigérateur s’était enfoncé dans le mur avant de coulisser vers la droite, révélant un escalier éclairé par une simple ampoule et, plus loin, un tunnel. Camille, l’arme toujours sortie, s’y engagea, en vérifiant que Amber lui emboîtait le pas. Quand ils eurent tous les deux atteint le tunnel, le réfrigérateur reprit sa place : leurs poursuivants n’étaient pas prêts de trouver leur issue de secours.

Ce n’était pas une raison pour trainer. Camille avait déjà commencé à courir tandis qu’en haut, la petite équipe tactique enfonçait la porte de la maison vide. Il avait hésité à enclencher les explosifs dissimulés dans les murs du bâtiment, mais une détonation n’aurait rien eu de très discret et Amber aurait été sans doute beaucoup moins prompte encore à lui faire confiance, s’il avait provoqué la mort de trois hommes.

Le tunnel débouchait sur une grille un peu rouillée. La maison n’avait pas servi depuis quelque temps. Camille ouvrit la grille d’un coup d’épaule et ils débouchèrent dans les égouts. Le jeune homme ferma les yeux et rassembla son sens de l’orientation, en se rappelant la disposition de la rue au-dessus d’eux, les grandes directions. Il s’agissait de ne pas se perdre.

— Par là.

Dans un tel environnement, hélas, impossible de savoir où en étaient leurs poursuivants. Camille, surtout, aurait aimé déterminer la précision du traceur. Leur signal était sans doute plus faible, maintenant qu’ils étaient sous terre, mais serait-ce suffisant ? Le jeune homme s’arrêta brutalement. Une idée venait de germer dans son esprit. Il se retourna vers Amber.

— Donnez moi la clé.

Oh, et puis, elle n’allait sans doute pas accepter.

— Bon. Sortez la clé, ouvrez la coque en plastique et plongez la clé dans l’eau.

Enfin, dans l’espèce de liquide malodorant qui coulait à côté d’eux dans les canaux.

— Le traceur ne devrait pas résister à ça. Les données seront un peu corrompues et il faudra du temps à des ingénieurs pour les récupérer, mais ça devrait être encore possible.

En tout cas, il en avait déjà vus faire.
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