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Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ?

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Message posté : Mer 5 Nov 2014 - 20:40 Message
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Vendredi 24 octobre 2014

S'il y avait une chose importante pour Lorenzo Mancini, c'était bien évidemment sa famille, au sens large du terme. Cela comprenait donc aussi bien les membres du clan auxquels il n'était pas lié par le sang que sa véritable famille, aussi grande que cette dernière ait pu être. Au sein de cette famille, s'il avait un amour très fort pour ses parents comme pour ses frères et sa sœur, il y avait une autre personne de sa famille qui comptait plus que les autres, pour lui : sa lointaine cousine, Giulia. Le lien qui les unissait était particulier et tout le monde n'était pas apte à le comprendre, mais cela lui importait généralement très peu. Après tout, les activités de sa famille n'étaient-elles pas elles-aussi incomprises ?

Bien entendu, cette relation avait grandement évolué au fil des années et ils étaient ainsi passés d'une relation amoureuse d'adolescents à une forme d'amitié presque fusionnelle. Cela pouvait parfois prêter à rire de s'imaginer le lien qu'ils entretenaient près d'une décennie plus tôt, mais il fallait aussi avouer que c'était ce qui leur avait permis de se rapprocher autant l'un de l'autre. Si Giulia n'était que sa cousine, elle représentait en fait beaucoup plus aux yeux du jeune homme et s'il parlait à sa sœur sans forcément tout lui dire, il se livrait bien davantage auprès de Giulia. Bien entendu, il exigeait la même chose en retour, tout comme il exigeait son droit de regard sur les éventuels hommes que la jeune femme voudrait fréquenter. Il n'était pas encore né, celui qui pourrait abuser de Giulia.

De part cette relation et la nature même de leur famille, Lorenzo et Giulia se voyaient ainsi très souvent. Au-delà du cadre des rencontres plus officielles, ils avaient aussi pris l'habitude de voir presque chaque semaine, aussi souvent que leurs emplois du temps le leur permettaient. Il pouvait ainsi s'agir d'une sortie au cinéma suivie d'un dîner au restaurant, d'une visite dans une galerie d'art ou simplement d'une rencontre autour d'un café dans l'appartement de la jeune femme. En ce jour, c'était un rendez-vous de ce genre qui avait été convenu. Laissant son véhicule personne dans le parking surveillé de l'immeuble, Lorenzo prit ensuite l'ascenseur pour gagner les étages, suivant un chemin qu'il connaissait par cœur tant il l'avait emprunté.

Arrivant devant la porte de l'appartement, il posa le doigt sur la sonnette et appuya. Il eut très probablement pu avoir une clé des lieux, mais ceux qui voyaient déjà d'un très mauvais œil cette relation et leurs nombreux rendez-vous auraient alors de quoi se plaindre encore plus. Il fallait aussi avouer que cela aurait pu poser des problèmes dans le cas où Lorenzo serait arrivé alors que sa cousine consommait sa soirée avec un homme... D'un autre côté, cela l'aurait rassuré de pouvoir interrompre une situation de ce genre ! Personne n'avait le droit de déshonorer Giulia. Rajustant la chemise qu'il portait sous sa veste, le jeune mafieux attendit que la porte s'ouvre pour laisser apparaître un franc sourire sur ses lèvres.

« Buongiorno, bella mia. »
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Message posté : Dim 9 Nov 2014 - 1:05 Message
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Lorsque la sonnette avait retentit dans le duplex de Giulia Mancini, elle avait d’abord pesté contre l’inopportun qui avait l’audace de venir la déranger à une heure pareille. Il fallait dire qu’au retour de son voyage au Mozambique, elle n’avait pas réellement prévu d’accueillir qui que ce soit en cette soirée du vingt-quatre octobre, ayant réservée sa nuit à la pratique immodérée de son art et passion salvateurs : la peinture. C’est tout juste enroulée dans une chemise trop large pour elle, couverte de peinture et coiffée comme l’as de pique qu’elle trottina jusqu’à l’entrée de son penthouse, s’afférant à faire le moins de bruit possible pour ne pas attirer l’attention de l’éventuel inconnu qui se trouverait derrière la porte blindée. Se saisissant au passage d’un pantalon – car on ne savait jamais de quoi il était question et qu’il était bien inconvenant pour une femme comme elle de se dévoiler à moitié nue devant n’importe qui – la jeune femme se hissa sur la pointe des pieds pour venir mirer le judas, les sourcils. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle reconnut le visage de son petit-cousin derrière le battant de métal ! En un instant, son ennui avait disparu, et c’était un sourire vrai qui apparut sur le creux de ses lèvres.

Il n’était pas rare qu’il lui rende visite, mais c’était généralement à des heures et des jours convenus, et sauf cas exceptionnel – quoiqu’à bien y réfléchir, ça lui arrivait plus souvent qu’elle ne voulait bien l’avouer – il n’était pas homme à se présenter spontanément sur le pas de sa porte. Leur prochain rendez-vous était d’ailleurs proche, si elle ne se trompait pas. Très proche. C’est pourquoi c’était ensuite envers elle-même qu’elle avait copieusement pesté, lorsqu’elle avait réalisé qu’il n’était pas arrivé quelques jours trop tôt, mais qu’elle avait bien un jour de retard sur son propre emploi du temps. Finalement, il était ponctuel, comme toujours. Sans le faire plus attendre, la jeune femme lui ouvrit la porte de son appartement, un grand sourire aux lèvres. « Buongiorno, il mio cuore. Entre donc. » Souffla-t-elle en passant une main dans l’épaisse tignasse de Lorenzo, lui collant un sonore baiser sur chaque joue.

Leur relation avait toujours eu le don de déranger, sans qu’elle sache réellement pourquoi. Leur brève liaison lorsqu’ils étaient adolescents n’avait jamais été réellement comprise, ni accepté, et même maintenant, leur proximité dérangeait. Si elle en avait quelque chose à faire ? Absolument pas. Les gens pouvaient bien dire ce qu’il voulait, il était l’une des personnes les plus importantes de sa vie, une relation qui transcendait bien les liens du sang et de la famille. Déambulant dans l’immense living room dont la sophistique exhalait un relent de superficiel, mais qu’un joyeux bordel animait d’une vie étonnamment chaleureuse, la Sicilienne s’exclama : « Désolée pour le désordre, je suis rentrée ce matin et je n’ai pas trouvé la motivation de ranger tout ça. Ce qui expliquait que le contenu de ses valises défaites soit en grande partie éparpillé sur le sol. Je te sers un café ? » Demanda-t-elle en passant la tête au-dessus de l’îlot de sa cuisine américaine. Sans réellement attendre sa réponse, elle mit en route la machine à expression et rejoignit Lorenzo en quelques enjambées. « Alors, qu’est-ce que tu racontes ? »
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Message posté : Lun 10 Nov 2014 - 23:43 Message
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Lorsque la porte s'ouvrit, Lorenzo ne put s'empêcher d'être surpris. Il avait l'habitude de voir Giulia vêtue avec goût, la jeune femme présentant naturellement une classe indéniable. Elle était de ces femmes qui avaient une aura de présence et qu'on ne pouvait pas ignorer, quand on la croisait dans une pièce ou au détour d'un couloir. Elle faisait en effet toujours preuve d'une image impeccable et même en cherchant loin, il aurait été pratiquement impossible de trouver une photographie d'elle dans une toilette de mauvais goût. Et pourtant, voilà qu'elle lui ouvrait la porte simplement vêtue d'une large chemise bariolée de peinture et d'un pantalon tout ce qu'il y avait de plus classique. Heureusement que ce n'était que lui et pas quelqu'un d'important !

Embrassant sa petite cousine sur la joue, Lorenzo se glissa à l'intérieur de l'appartement, la laissant refermer la porte derrière lui. Suivant ensuite Giulia dans le salon, le jeune homme se débarrassa de sa veste, laissant apparaître un sourire sur ses lèvres.

« Un café, ça sera très bien, oui. »

S'installant sur le canapé, parce qu'il n'allait pas rester debout, le jeune homme garda le regard fixé sur sa cousine, se demandant ce qu'il fallait lui dire et surtout, comment le lui dire. Bien entendu, il n'avait pas le moindre secret pour elle et il savait très bien qu'il finirait par tout lui révéler, mais cela ne rendait pas la chose moins étrange. Mine de rien, ces dernières semaines, il avait fait plusieurs découvertes surprenantes et déstabilisantes et de ce fait, il ne savait plus trop ce que tout cela pouvait signifier pour lui, pour sa famille et pour leur avenir.

« Ce que je raconte... Oh, tu sais, je dirais la routine. Depuis cette histoire avec Cornelia, il faut que je trouve quelqu'un pour la remplacer, sans quoi, les ventes vont s'en ressentir. J'ai pensé à reproposer ça à Ginger mais je crains que ça ne l'intéresse plus. » Et on pouvait bien se demander pourquoi ! « Sinon... J'ai rempli quelques missions pour mon père et je pense que ça va m'être vraiment utile pour la suite ! »

C'était un début, tout du moins. Lorenzo hésita ensuite à lui parler de Lena, de son anneau et de tout le reste, mais cela ferait peut-être un peu trop pour un simple début de discussion... Il ne doutait pas que Giulia ait pu entendre parler de la jeune femme, tant Virgilio semblait être bavard sur le sujet, mais ne sachant pas exactement ce qu'elle en savait, Lorenzo préférait éviter les discussions difficiles dès le début. C'était d'autant plus vrai qu'il y avait des choses plus importantes que cela dont il devrait parler, mais si ces choses dépendaient plus ou moins de Lena.

« Et donc, tu étais en voyage ? » A croire que les voyages dans les pays lointains étaient à l'ordre du jour pour tous les membres de la famille. « C'était ce déplacement dont tu m'avais parlé ? J'imagine que ça devait être lié à tes affaires d'art... Ça t'a donné envie de peindre ou tu testes une nouvelle mode ? »
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Message posté : Sam 15 Nov 2014 - 0:12 Message
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Recevoir son cousin était toujours un moment important ; Giulia était une femme distante et méfiante, qui n’appréciait guère qu’on s’immisce dans sa vie privée. À ce titre, elle n’était que peu entourée – en dehors de sa famille – et ses proches étaient choisis avec soin et se comptaient sur les doigts d’une main. Elle n’ouvrait sa porte qu’encore plus rarement et s’il ne s’agissait pas du peu de personne qu’elle considérait comme ses amis, ou ses amants d’un soir, il s’agissait de sa famille. Le seul qui avait le réel privilège – si l’on pouvait s’exprimer ainsi – de partager son quotidien, c’était Matembe. Mais pour l’heure Matembe était en convalescence à l’hôpital central de star City, et la maison de la Sicilienne s’en trouvait bien calme. Son voyage d’affaire avait par ailleurs en partie servit à lui faire oublier les événements des derniers jours, et avoir la chance de recevoir Lorenzo dès son retour lui épargnait un peu de supporter la solitude qui lui seyait si mal.

« C’est étrange tout de même. J’ai toujours été assez mal à l’aise en sa présence, mais je n’imaginais pas que… Enfin, voilà. » Elle haussa les sourcils d’un air circonspect. Lorenzo avait été assez vague sur le fondement de cette histoire, mais de ce qu’il lui en avait raconté, Cornelia baignait de morbidité et d’insanité et c’était une chose incompatible avec les affaires de la famille. Et puis, elle n’était jamais qu’actrice porno. Sa famille avait certes été au service des Mancini, et leur travail était correct. Mais ils n’étaient que des pions, donc facilement remplaçables. « Enfin, j’espère que ça se passera bien pour ton commerce. Elle avait l’air d’être appréciée, et savait vendre – et surtout se vendre – mais ce n’est pas un talent rare de nos jours. Il n’y a qu’à voir le nombre de jeunes femmes qui se prostituent ou tournent pour financer leurs études. » Ou tout simplement pour vivre. Giulia n’avait que peu de considérations pour ces femmes-là, mais elle savait aussi que tout le monde n’avait pas la chance de naître aisé. « Enfin, tu ne devrais pas avoir trop de mal à trouver. »

Dans un sourire, la Sicilienne se leva pour s’occuper des boissons. Une odeur de grains de café fraîchement moulu avait commencé à envahir le salon, et elle savait qu’il ne tarderait pas à finir d’être passé. Elle sortit un set de porcelaine noire et la boîte à sucre roux qu’elle posa tout deux sur la table. Si elle préférait son café noir et nu, Giulia connaissait Lorenzo pour apprécier les douceurs, aussi pensa-t-elle, en outre à lui déposer une assiette de biscuits à thé chocolatés. Après quoi elle servit les tasses – prenant soin de le prévenir de prendre garde à la température – et s’installa de nouveau face à lui. Pour répondre à sa question, elle saisit l’un des sacs en tissus qu’elle tenait à portée de main et le lui tendit. Lorsqu’il l’ouvrirait, il pourrait découvrir en son sein un masque traditionnel Makondé, cadeau qu’elle lui faisait de son retour de voyage. Si tout dans la forme évoquait l’art africain, les couleurs criardes et chaleureuses n’étaient pas sans rappeler la graphie de la culture ibérique. Elle en avait ramené pour tout le monde, comme à chacun de ses voyages à l’étranger.

« Tu sais à quel point j’aime voyager, sourit-elle. Et puis j’avais besoin de prendre un peu l’air, avec tout ce qui s’est passé tu sais... Bien qu’elle ne soit pas entrée dans les détails – car le sujet était et elle attendait le moment propice pour lui en parler – Lorenzo avait été mis au fait de l’hospitalisation de son garde du corps. Il fallait que je m’évade un peu de Star City. Heureusement que j’avais ce voyage d’affaire, si c’est bien celui dont je t’ai parlé. Il était prévu depuis quelques mois. Je vais organiser un partenariat avec Musée National d'Art du Mozambique pour revaloriser la culture africaine traditionnelle. Elle est très riche, c’est dommage qu’on ne s’y intéresse pas plus. » Avait-elle besoin d’ajouter qu’elle était en plein essor, intéressait de plus en plus de collectionneurs et qu’elle y voyait un investissement certain ? La jeune femme porta à ses lèvres la tasse brûlante, frissonna au contact du liquide effusif contre sa langue. « Ça m’a donné envie de peindre, la dernière fois remonte à une éternité. Je n’ose pas encore me lancer dans de nouvelles techniques. C’est très inspirant, mais je crains que mon trait trop académique n’en ressorte que plus. » Car Giulia avait été formée au SSA, à la vieille école, et cette stricte apprentissage s’en ressentait plus que largement dans ses œuvres. Ce qui n’enlevait rien à la beauté de ses réalisations – Lesquelles étaient même vendues, de temps à autre. « Et sinon, quel genre de missions as-tu mené à bien ? »
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Message posté : Dim 16 Nov 2014 - 20:28 Message
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Lorenzo n'était pas certain de la raison pour laquelle Giulia avait pu être mal à l'aise en présence Cornelia, mais dans un sens, ce n'était pas bien important. Que ce soit dû à sa nature démoniaque ou que ça ait été parce qu'elle était une fille qui l'intéressait, il était amusant de se dire que sa petite-cousine gardait un œil sur lui. Il hocha simplement la tête d'un signe affirmatif lorsque Giulia mentionna le fait qu'il pourrait trouver une autre fille afin de la remplacer, parce que ce n'était pas vraiment ce qui manquait. C'était un fait et des actrices, Lorenzo n'en manquait pas, mais il lui fallait une fille capable de faire rêver ceux qui regardaient ses films. Bah, il finirait bien par la dénicher !

Le jeune homme sucra son café lorsque Giulia vint lui déposer sa tasse mais avant de pouvoir y goûter, il dut le délaisser pour s'intéresser à tout autre chose. Sa cousine lui tendit effectivement un sac en tissu et lorsqu'il l'ouvrit, il découvrit une pièce d'art africain. C'était un masque de bois dont il ne connaissait pas vraiment la signification mais qui ferait sans aucun doute son effet posé sur son bureau. D'un sourire, Lorenzo remercia la jeune femme avant d'écouter ce qu'elle lui expliquait. Son voyage avait eu pour but de lui permettre de prendre l'air... Cela faisait sans aucun doute référence à des événements récents qu'elle avait pu vivre, même si elle n'avait malheureusement rien détaillé. Respectueux, Lorenzo n'avait toutefois pas insisté, jugeant que si elle souhaitait lui en parler, elle le ferait quand elle jugerait le moment opportun. Après tout, ils se disaient de toute façon tout, non ?

« Je ne m'y connais peut-être pas beaucoup en art, mais j'ai toujours trouvé que tes tableaux étaient très jolis. Je suis sûr que si tu trouvais le temps de peindre un peu plus, tu pourrais te faire un nom ! »

Mais ce nom, elle se l'était déjà fait, non ? Elle n'était peut-être qu'une femme de la famille, issue d'une branche mineure, mais elle avait réussi à se faire une place dans le monde. Elle était pour ainsi dire un exemple, à ses yeux, parce que même si ses propres activités fonctionnaient, elles n'avaient aux yeux des gens rien d'aussi respectable que ce que pouvait faire Giulia. Femme de goût et de talent, elle faisait la fierté de sa famille et Lorenzo était plus qu'heureux d'être aussi proche d'elle.

« Je ne savais pas que tu avais des contacts aussi loin que l'Afrique. Si j'avais su, je t'aurais contacté toi pour préparer mon voyage... »

Un voyage dont il lui avait brièvement parlé, quelques semaines plus tôt, sans vraiment lui en révéler le but et les raisons. En effet, il avait l'impression que sa vie formait actuellement une sorte de puzzle dont il n'assemblait les éléments que petit à petit, sans trop savoir à quoi pourrait bien ressembler l'image finale.

« Tu te souviens de cet anneau ? » Lorenzo tendit sa main droite en avant afin que Giulia puisse voir une nouvelle fois l'anneau qu'il y portait sans jamais le retirer. « J'ai appris certaines choses à son sujet. Des choses un peu compliquées, pour tout dire. J'ai eu un peu de mal à m'y faire mais aujourd'hui, je ne peux qu'accepter tout ça. » Affichant un léger sourire amusé, il poursuivit. « J'imagine que tu as du entendre parler de Lena ? »

Si lui-même n'avait encore jamais évoqué ce nom entre eux et si Giulia n'avait jamais laissé entendre qu'elle en avait entendu parler, Lorenzo se doutait que son frère Virgilio avait du trop en dire, avec ses tendances à l'exagération, surtout depuis que Lena s'était installée au domaine. Dieu seul pouvait savoir ce que Giulia pensait connaître d'elle et de la situation qui l'unissait à Lorenzo... Il était peut-être temps de clarifier les choses, d'autant que cela répondrait en même temps à la question posée.

« Lena est... Je sais que ça va probablement être difficile à croire, mais Lena vient d'ailleurs. D'ailleurs, ailleurs. » D'un geste de la main, il désigna le plafond. « C'est une extraterrestre. La dernière de son peuple. C'est une histoire compliquée mais je t'assure, elle ne ment pas, j'en ai la certitude. »

Pour avoir vu Lena sous sa véritable apparence et pour vivre en permanence ses contacts télépathiques, il ne pouvait plus douter de cet état de fait, même s'il était aujourd'hui encore étonné d'avoir rencontré une alien.

« Je ne sais pas si c'est le Destin ou s'il y a autre chose derrière tout ça, mais visiblement, l'anneau est lié au peuple de Lena. Il a été forgé ici, sur Terre, mais il l'a été grâce à des techniques de sa planète par quelqu'un qui en venait. Je n'ai pas les dates précises mais c'est ancien. Très ancien. »

Étant donné la passion de Giulia pour l'art et tout ce qui y était lié, cela pourrait peut-être l'intéresser.

« Lena s'est proposée de m'aider à comprendre cet anneau, parce qu'il renferme des pouvoirs, comme je l'ai toujours pensé. On n'est pas encore parvenu à le débloquer complètement, mais ça ne saurait tarder. Nous avons effectivement découvert l'endroit où le créateur de l'anneau était inhumé et nous sommes donc partis en Afrique pour enquêter. On a fait plusieurs découvertes très intéressantes, même si je ne sais pas encore vraiment quoi en faire. J'ai des idées, mais j'aimerais les évoquer avec toi. Ton avis est important pour moi. »

Souriant, Lorenzo but alors une gorgée de son café qui refroidissait doucement.

« Mais d'abord, j'aimerais que tu me parles de toi. Je sais que tu as toi aussi vécu certaines aventures mais tu ne m'en as encore rien dit... Est-ce que tu veux bien m'en parler ? Cela pourrait peser dans ce que j'ai à te dire. »

En effet, si Lorenzo ne savait pas vraiment ce qui avait pu se passer, il savait que le garde du corps de Giulia avait été hospitalisé et ça n'était pas anodin, quand on connaissait le personnage. A quoi Giulia avait du faire face ? Que se passait-il autour d'eux ?
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Message posté : Sam 22 Nov 2014 - 3:01 Message
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« Peut-être un jour glisserai-je quelques-unes de mes œuvres parmi celles de mes protégés pour voir comment elles sont perçues, gloussa Giulia. Mais ce nom, je me le suis déjà fait. Il m’arrive d’en vendre, tu sais ? À quelques proches clients. » Ses lèvres délicates enrobèrent le renflement de la tasse de porcelaine, aspirant le liquide brûlant et amer qui gicla sur son palais en baisers piquants. Quelques proches clients… Son carnet d’adresse avait beau être plein, de noms toujours plus reconnus, ils n’étaient qu’une poignée à savoir pour ses occupations et une pincée à réellement s’intéresser à son travail. Mais au fond, elle voulait que ça reste avant tout un plaisir et, malheureusement, se faire reconnaître n’était pas la meilleure chose pour cela. Croquant dans un biscuit chocolaté, la Sicilienne darda ses prunelles pers dans les yeux céruléens de son petit-cousin. « J’ai des contacts partout. L’art est universel, et le commerce l’est d’autant plus, sourit-elle doucement. L’Europe pèche un peu dernièrement – tu n’imagines pas à quel point c’est dur de faire valoir des œuvres américaines dans le berceau de l’Art –, mais j’ai de très bons contacts en Afrique centrale et en Asie de l’Est. Si jamais tu as besoin, tu sais à qui t’adresser. » Et d’agrémenter ses propos d’un clin d’œil entendu.

Lorsque Lorenzo lui demanda si elle se souvenait de son vieil anneau, la jeune femme esquissa un bref mouvement de la tête. Au ton de sa voix, au fronçant imperceptible de ses sourcils, à la gravité de son regard, elle sut instantanément qu’il comptait lui parler de quelque chose d’important. Il lui avoua avoir appris des choses concernant le bijou, des choses qui semblaient dépasser l’entendement. Un moment, Giulia se demanda si son petit-cousin n’était pas en train de lui faire une mauvaise blague. Mais quand il en vint à parler d’une femme, une certaine Lena dont Virgilio avait fait mention un jour qu’ils discutaient, la Sicilienne se ravisa aussitôt. Comment aurait-elle pu parler alors que sa gorge semblait soudain s’être crispée, à l’instar de chacun des muscles de son corps ? Elle n’approuva, ni ne réprouva, se contentant de garder le silence pour le laisser enchaîner. Portant la tasse à ses lèvres, la jeune femme déglutit quelques gorgées... et manqua de s’étouffer lorsqu’il lui laissa sous-entendre que ladite Lena était un alien venue d’ailleurs. D’ailleurs. « Ti burli di me ! » S’étrangla-t-elle.

Mais loin s’en fallait pour déstabiliser Lorenzo, qui enchaîna. Pendant les minutes – trop longues à son goût – qui suivirent, Giulia se demanda si son petit-cousin n’avait pas récemment abusé de substances illicites ; Le Destin, un peuple ancien et puissant dont une parfaite inconnue était la dernière descendante, une technologie qui dépassait l’entendement, des pouvoirs enfermés dans le creux d’un simple sceau de métal. Oh, elle était bien au fait qu’il existait dans le monde des êtres doués de capacités surprenantes, et elle-même en faisait partie. Aussi n’était-elle pas surprise d’apprendre qu’un anneau aussi ancien – comme elle s’en était toujours doutée – renferme quelques facultés particulières, non. C’était le tout de son récit qu’elle rejetait en bloc, et pas par manque de confiance envers Lorenzo, la personne la plus chère à son cœur, mais parce qu’elle refusait de croire qu’il ait pu partager tout ça avec une autre femme qu’elle, et surtout sans lui en avoir touché un seul mot. Peut-être qu’il le remarquerait, peut-être pas, mais il l’avait blessée.

Cependant désireuse de poursuivre leur discussion, faisant fi de ces quelques petits désagréments, elle décida de lui parler des derniers événements, ceux qui avaient conduits à l’hospitalisation de Matembe. « C’est une sombre histoire, engagea-t-elle. Je n’ai pas voulu t’en parler au téléphone, car c’est une situation assez grave qui exigeait que je te vois. Dans l’idéal, il aurait même fallu que j’en parle à Don Vittorio. Elle fit une pause. Tu dois connaître le Père Ezio ? Il fréquentait lui aussi l’Église, la question était purement rhétorique. En allant me confesser il y a quelques semaines de ça il m’a appris qu’un des jeunes dont il avait la protection avait disparu. Alors je l’ai aidé à le chercher à travers le quartier. Elle hésita, ne sachant pas réellement comment amorcer la suite de son récit. De fil en aiguille, on a appris qu’un gang de jeunes qui n’était pas originaire de Little Italy traînait dernièrement autour des commerces, alors on a voulu creuser par là. Mais personne n’a voulu nous aider. Personne parmi les forces de l’ordre, entendait-elle. Un homme a finalement accepté de nous escorter au repaire du gang, mais il s’est avéré que c’était un ripou et il nous a retenus en otage. C’est à ce moment que Matembe a été blessé. On a réussi à s’en sortir, et en le faisant parler on a appris qu’il faisait partie d’un réseau qui embrigadait des jeunes du quartier pour leur faire revendre de la drogue. Un malaise s’était soudain emparé d’elle. De la drogue, tu imagines ? Chez nous ! Des gangs qui se créent à notre insu, de la corruption, qui pourrissent notre quartier. Un éclat de panique était décelable dans sa voix. Il n’y avait bien qu’avec lui qu’elle pouvait se le permettre. Je crois qu’on essaie de nous déstabiliser, Lorenzo. » Conclut-elle froidement.
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Message posté : Lun 8 Déc 2014 - 22:26 Message
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Lorenzo hocha la tête lorsque Giulia évoqua le fait qu'elle vendait déjà certaines de ses œuvres, se notant pour lui-même que le jour où il aurait un vrai bureau ouvert au public, il devrait le faire décorer par sa cousine, peut-être même avec certaines de ses œuvres personnelles. Buvant une gorgée de son café chaud, Lorenzo attrapa aussi l'un des petits gâteaux. Après tout, si Giulia les avait sortis, c'était bien pour qu'ils les mangent !

« La prochaine fois, je prendrais grand soin à passer par toi avant toute chose, ne t'inquiète pas. »

Le jeune homme était effectivement conscient du rôle que sa cousine pouvait jouer pour leur famille. Il était vrai que les traditions interdisaient aux femmes de prendre part aux activités du clan, mais ces traditions dataient d'une autre époque. Jadis, les femmes ne remplissaient pas d'autre rôle que celui de tenir la maison et si cela avait été valable pour sa grand-mère et, dans une certaine mesure, pour sa mère, à l'époque actuelle, on ne pouvait plus attendre que cela d'une femme. Giulia en était la preuve. Elle était une femme active, comme beaucoup d'autres, mais surtout, elle était une femme du monde. Ses contacts étaient nombreux et importants et il n'y avait pas à douter du fait qu'elle pourrait en tirer parti autrement que simplement dans le domaine de l'art. De tels contacts internationaux pourraient devenir un atout pour une famille comme la leur et ces contacts dépendaient entièrement de Giulia. Une très bonne raison de revoir certaines traditions pour les remettre au goût du jour...

La discussion prit d'ailleurs un tour plus actuel lorsque Lorenzo évoqua son mystérieux anneau et tout ce qui l'entourait. Depuis quelques temps maintenant, le jeune homme avait effectivement découvert bien des choses sur cet objet, sans vraiment savoir à quoi il le devait. De plus, tout cela restait encore bien étrange et bien flou. Il s'en voulait d'ailleurs de ne pas en avoir parlé plus tôt avec Giulia, mais cela ne lui avait malheureusement pas été possible. Tout était allé tellement vite... Beaucoup trop vite. C'était pour cela qu'il devait maintenant prendre la peine de réfléchir à ce qui s'était produit au cours de ces dernières semaines et prendre le temps de mûrir les projets à venir.

Et justement, ces projets, Giulia pourrait très certainement y prendre part et surtout, aider à les lancer. Comme Lorenzo le lui avait demandé, elle commença donc à lui parler de ses propres problèmes, évoquant un religieux qu'il avait déjà pu croiser, à savoir le père Ezio. Avec cet homme, elle était partie à la recherche d'un jeune disparu de Little Italy et même si elle avait été accompagnée de Matembe, Lorenzo trouvait cela inconscient. Oui, ce quartier était le leur, en grande partie, mais cela ne voulait pas dire qu'ils y étaient en sécurité. Qu'est-ce qu'un prêtre aurait pu faire pour la protéger, si des problèmes étaient survenus ? Ce n'était probablement pas en lançant des hosties ou en les aspergeant d'eau bénite qu'il allait pouvoir renvoyer des criminels chez eux... A moins que ce ne soit des vampires, évidemment.

Quoi qu'il en soit, ils avaient fini par découvrir la présence d'un gang extérieur au quartier et d'un ripou qui leur expliqua le fin mot de l'histoire. Il était question de drogue. De drogue... Les Mancini ne trempaient pas dans ce secteur d'activité et surtout, ils prenaient grand soin à le tenir éloigné de leur quartier. Il n'y avait donc rien de surprenant à imaginer qu'on puisse vouloir en vendre à Little Italy, parce que c'était un endroit encore vierge à exploiter. Non, ce qui était plus surprenant et plus inadmissible, c'était qu'on puisse les penser assez faibles pour oser agir de cette manière. Quant au fait de savoir qu'il y avait des ripoux, c'était encore pire... Du moins, il pouvait y avoir des ripoux, la question n'était pas là, mais uniquement si ces ripoux travaillaient pour eux. Là, c'était des ripoux qui œuvraient pour d'autres et ça, ça devait se payer au juste prix. Surtout s'ils s'en prenaient à un Mancini.

« Ce que tu m'apprends là est effectivement très grave. Nous devrons en parler à mon père dès que possible et nous devrons prendre les mesures qui s'imposent. Connais-tu le nom de ce ripou ? Il faudra envoyer des hommes s'occuper de lui. Il n'est pas acceptable qu'il ait osé s'en prendre à toi. » Et c'était sans doute le plus grave de ses crimes, même si ce n'était pas le seul. « Nous devrons aussi enrayer le mal que ce gang répand dans nos rues. Je pense qu'avant de vouloir nous déstabiliser, ils cherchent surtout à nous tester. Beaucoup pensent que nous ne représentons plus rien dans le monde du crime, à cause de nos règles... C'est l'occasion de leur montrer que nous sommes toujours là. »

C'était le premier point, mais ce n'était pas le dernier. En effet, si un groupe quelconque commençait à s'en prendre à eux, ils allaient devoir mettre en place un moyen d'éviter que d'autres ne fassent de même. Bien entendu, prendre des mesures contre le gang pourrait déjà servir à intimider les autres, mais il fallait ensuite affirmer cette force nouvelle – qui n'était pas si nouvelle que ça, mais bon.

« Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'on puisse s'en prendre à nous dans notre propre quartier. Si on n'est même plus tranquille chez nous, c'est un gros problème. »

Et pourtant, Lorenzo se demandait si tout cela n'était pas lié à ce que lui-même avait pu vivre. Après tout, l'anneau était très fortement lié à son identité du Phantom Noir et ce dernier avait été créé autant pour éviter d'avoir à affronter d'autres supers que pour doter la famille d'un nouveau moyen de se défendre. Que Giulia découvre un sérieux problème pour leur famille à peu près au moment où il découvrait les capacités de son anneau, c'était un hasard surprenant...

« Est-ce que tu crois que le Destin puisse exister ? Il est vrai que notre famille est considérée comme criminelle, mais elle l'est selon les lois de ce pays... Il y a d'autres Lois que l'on respecte au mieux. » Et Lorenzo faisait évidemment référence aux lois divines. « Penses-tu que le respect de notre famille pour le Seigneur puisse nous amener de bonnes choses ? » Autrement dit, est-ce qu'elle pensait crédible l'idée que Dieu puisse leur apporter, par un moyen ou par un autre, un bonus ? « Quand le hasard se fait trop fort, je ne peux que penser qu'il y a un dessein derrière... Depuis quelques temps, l'anneau a d'étranges réactions et si je ne sais pas vraiment ce que cela signifie, je ne doute pas que les réponses ne tarderont plus à venir. Je suis même certain que cet anneau peut nous donner un avantage et je trouve donc étonnant que cet avantage arrive juste quand tu découvres une tentative de nous nuire. Qu'en penses-tu ? »

Lorenzo voulait réellement savoir ce que Giulia pouvait comprendre de tout cela, craignant de s'imaginer des choses qui n'avaient pas lieu d'être. Il s'emballait peut-être trop, mais Giulia pourrait le faire redescendre sur Terre, si elle le jugeait nécessaire.

« Je regrette d'ailleurs de ne rien t'avoir expliqué avant, mais je voulais en savoir plus. Tout ça est tellement... Étrange. » Mordant dans un nouveau biscuit, Lorenzo tendit sa main libre pour la poser sur la cuisse de sa cousine. « Quoi qu'il en soit, sache que je ne veux pas t'en tenir éloignée. Tu es un atout pour notre famille et si je dois découvrir quelque chose autour de cet anneau, je veux que tu en fasses partie. J'ai... des plans, pour l'avenir. Des plans qui n'ont de valeur qu'à la condition que tu acceptes de les réaliser avec moi. Mais d'abord, j'ai besoin de ton avis sur... tout ça. »
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Message posté : Jeu 29 Jan 2015 - 0:25 Message
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Elle n’avait aucun secret pour lui. Pas un qui ne lui ait un jour été dévoilé ; Car il était son plus proche ami, son confident, car elle savait qu’il ne la trahirait jamais, tout comme sa loyauté envers lui était infaillible. Il était de sa famille. Pas seulement de celle que les liens du sang établissaient, mais plus profondément, plus intrinsèquement. Aussi lorsqu’il lui signifia qu’il ferait dorénavant appel à elle lorsqu’il s’agirait d’escapades extraterritoriales, un sourire taquin avait ourlé les lèvres de la jeune femme, qu’elle avait presque aussitôt noyées de café chaud. Était-elle blessée qu’il n’ait pas pensé à elle en premier lieu ? Pas réellement. Leur relation avait depuis très longtemps dépassé ses considérations et elle pensait surtout, et avant tout, à lui. Giulia Mancini connaissait la valeur de ses contacts.

La discussion avait rapidement pris un autre tournant, dès l’instant où elle avait mentionné sa récente mésaventure en compagnie du prêtre de leur Église, et les conclusions amères qu’elle en avait tiré. De là à dire qu’elle était passablement inquiète de l’avenir de leur famille, il n’y avait qu’un pas. Un pas qu’elle franchissait bien volontiers s’il lui permettait de tirer la sonnette d’alarme, et d’informer le Don de ce qui se tramait à l’ombre de la Little Italy. Sans grand étonnement, la sicilienne observa son cousin abonder dans son sens, lorsqu’elle évoqua la gravité de la situation. Selon lui, en parler à son père n’était plus une option, et il fallait prendre de justes mesures contre cette menace latente.

« Je ne sais pas qui il est, avoua-t-elle. Ou qui ils sont, d’ailleurs. Il faudrait être fou pour s’en prendre à nous, seul. » Fou, peut-être pas tant que ça. Si leur image paraissait aussi éculée que Lorenzo le laissait entendre, n’importe quel imbécile un peu trop téméraire pouvait penser prendre l’ascendant sur eux en embrigadant des gamins paumés. « Le flic, lui, il sait. Il leur aurait été aisé de l’atteindre pour lui soutirer des informations, mais cela en valait-il vraiment la peine ? Elle fit une pause, et secoua la tête d’un air désavoué. Ça m’inquiète aussi tu sais… Je n’arrive pas à comprendre comment on en est arrivé là. Ni ce qu’on va pouvoir faire. Nous avons toujours eu des ennemis, mais ils avaient un nom, un visage, des principes. » Comme ne pas s’en prendre aux femmes, ou aux enfants. Une notion qui semblait dépassée depuis longtemps.

Lorenzo rebondit en étayant les propos qu’il avait tenus un peu plus tôt, et Giulia sembla enfin percevoir au travers des palabres le sens qu’il voulait donner à leur conversation. Alors, elle reposa poliment la tasse de porcelaine et croisa les bras sur sa poitrine.

« Les voies du Seigneur sont impénétrables, Lorenzo, et je ne pense pas qu’il faille deviser de Sa volonté. Elle marqua une pause. En revanche, je crois que les choses n’arrivent pas sans raison, et si tu penses que tout ça peut avoir un lien alors... Oh ne t’excuse de rien, mio tenera. Elle déposa délicatement ses lèvres sur la main qu’elle venait de porter, et de serrer entre ses doigts longs et fins. Cette même main qui venait de se poser délicatement sur sa cuisse. Qu’importe ce que tu penses, ce que tu envisages, ce que tu imagines. Tu sais que je suis derrière toi. Non, corrigea-t-elle, je suis à tes côtés. Je te soutiens et je marche avec toi. Mais avant dis-moi… Qu’as-tu découvert sur cet anneau qui puisse te laisser penser qu’il puisse nous offrir un avantage sur nos ennemis ? »

Maintenant qu’il en faisait mention, l’histoire l’intriguait. Après tout, il avait traversé la moitié du globe pour obtenir ces informations, et Giulia ne doutait pas – ou tout du moins pas trop – de la véracité de ses propos. Il n’était pas dupe, et s’il croyait si fermement en ses propos, il fallait qu’elle y accorde elle aussi crédit. Mais pas avant d’en savoir plus.
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Message posté : Jeu 29 Jan 2015 - 19:56 Message
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« Oui, tu as raison. »

Cette phrase confirma ce que Giulia venait d'indiquer quant au fait qu'il ne fallait pas chercher à expliquer les propos du Seigneur. Elle avait entièrement raison et il aurait du y penser de lui-même, mais les choses étaient telles qu'il était un peu perturbé et que ses pensées se bousculaient dans son esprit. Il était toutefois ravi et heureux d'entendre que sa cousine était de tout cœur avec lui et qu'elle était prête à se tenir à ses côtés dans les projets qu'il nourrissait pour l'avenir de leur famille.

« C'est... Je ne sais pas encore vraiment. Je crois que cet anneau est vraiment très ancien et qu'il renferme des pouvoirs, mais il va me falloir faire des recherches pour découvrir ce qu'ils sont et comment les utiliser. » En somme, il ne savait rien et il n'avait pas la moindre preuve que l'anneau puisse les aider. « Je sais, ce n'est rien et ça ne nous donnera sans doute pas un grand avantage sur qui que ce soit. Mais je crois aussi que cet anneau n'est qu'un exemple de ce que l'on pourrait faire. »

Lorenzo soupira et prenant la tasse de café de sa main libre, il en but une gorgée, cherchant à rassembler ses idées avant de poursuivre. Il devait se montrer aussi clair et précis que possible pour que Giulia saisisse directement ce qu'il pouvait avoir en tête.

« Regarde-toi. Tu as des capacités que je n'ai pas et je suis certain qu'en en ayant la volonté, tu pourrais en développer bien d'autres. Combien sont dans le même cas que toi ? »

A sa connaissance, personne d'autre dans la famille n'était porteur d'un gène mutant, les propres frères de Giulia ne partageant pas cette particularité avec elle. Mais si ce n'était pas le cas d'un Mancini, au vu de l'importante population super de Star City, combien y avait-il de chance pour qu'aucun membre de leur clan ne détienne des pouvoirs, de quelque nature que ce soit ? En cherchant un peu, il était inévitable qu'ils en trouvent au moins deux ou trois, non ?

« Jusqu'à aujourd'hui, notre famille est restée ancrée dans ses traditions. C'est une très bonne chose, parce que comme tu le soulignes, nos ennemis semblent depuis longtemps avoir abandonné le moindre principe. » Il y avait même certains de leurs alliés qui donnaient l'impression de ne plus suivre les règles de base. « Malheureusement, j'ai peur qu'en continuant comme ça, on ne se laisse dépasser par les événements. Aujourd'hui, dans notre monde, les femmes sont tout aussi capables que les hommes, madame César le montre bien. Pourquoi devrions-nous vous tenir à l'écart ? Et ce n'est pas la seule ressource dont on se prive... Cet anneau, un justicier le portait jadis. Un justicier qui nous a causé du tort mais qu'on a fini par vaincre. De simples citoyens avaient pu venir à bout de ses talents, mais aujourd'hui, les justiciers sont d'un tout autre genre et quand les extraterrestres marchent parmi nous, on ne peut plus se contenter de nos soldats. »

C'était un fait. Et puis, quand on y regardait de plus près, les héros eux-mêmes n'avaient-ils pas eu du mal à lutter contre les derniers envahisseurs aliens ? N'avait-il pas fallu l'intervention de l'UNISON pour qu'ils s'en sortent ? Alors, que pourraient faire les Mancini, sans capacité spéciale, pour survivre à ce qui se profilait ?

« Ce que je voudrais, c'est utiliser cet anneau comme un symbole, même si ses capacités nous sont inutiles. J'y songe depuis plusieurs mois, maintenant. En créant le personnage du Phantom Noir, je voulais voir ce que cela pouvait nous apporter et je pense aujourd'hui qu'il faut qu'on continue sur cette voie. Il faut qu'on trouve et qu'on rassemble des gens comme toi, qui ont des talents uniques, que ce soit des pouvoirs ou des capacités bien spécifiques. Il faut qu'on s'unisse autour d'un but commun, celui de servir la Famille. C'est ce à quoi j'aspire. Je veux créer un groupe et le doter des outils nécessaires pour que nous ne restions pas en retrait et que l'on puisse reprendre la place qui nous revient de droit. Avec une telle force, plus personne n'oserait s'en prendre à nous. Qu'en penses-tu ? »

Lorenzo était conscient d'avoir énormément parlé, mais il avait tenté d'être le plus clair possible. Se mordillant la lèvre inférieure, il attendait maintenant le verdict de sa cousine. Le prendrait-elle au sérieux ou verrait-elle dans son idée une lubie comme peuvent en avoir les enfants, en demandant à devenir des super-héros ? Il ne tarderait pas à le savoir.
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Message posté : Mer 11 Fév 2015 - 1:57 Message
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« Les traditions sont notre force, notre identité. Mais aussi notre plus grande faiblesse. » concéda-t-elle bien volontiers. Giulia ne s’était jamais considérée comme tenue à l’écart des obligations familiales, ni même n’avait été frustrée de sa condition de femme au sein de sa puissante famille, aux valeurs profondément machistes. Peut-être cela résultait de son éducation, et même si elle se savait dotée de plus de libertés que ses aïeules n’en avait jamais eues, elle considérait que certaines tâches étaient échues aux hommes, et d’autres aux femmes. Elle ne récusait pas qu’une femme puisse avoir des responsabilités, simplement qu’il n’en fallait pas pour autant renier son identité. Après tout, elle, femme et mafieuse, mutante et bienfaitrice, n’était-elle la preuve qu’il était possible de saisir sa place dans la société ? « Tu as raison, je pense, lorsque tu fais mention des opportunités à côté desquelles on passe. En particulier lorsque nos adversaires, eux, prennent le soin d’user de toutes les ressources qu’ils ont à disposition. » Et que les siens proscrivaient, comme les drogues muta-bolisantes.

Elle porta la tasse à ses lèvres pour déglutir quelques gorgées de café tièdes tandis qu’il enchaînait, acquiesçant silencieusement à ses propos qui, à mesure qu’il parlait, lui semblaient de plus en plus sensés. Bien sûr qu’il leur fallait se saisir de tous les moyens dont ils disposaient pour asseoir leur autorité sur leurs affaires. Asseoir leur autorité. La sicilienne avait un goût amer en bouche, à cette pensée ; Comment avaient-ils pu en arriver là ? En arriver à devoir reprendre ce qui leur revenait de droit, comment en étaient-ils arrivés au point qu’on puisse contester leur pouvoir ? Lorenzo avait mis le doigt sur un point important : l’ennemi était d’une toute autre nature, les règles du jeu avaient changé, il allait leur falloir s’adapter pour survivre.

« On doit réaffirmer notre place, c’est un fait, mais sur la façon de faire,… Je dois avouer que tu me prends un peu au dépourvu, mio amore. » Après tout, elle-même n’avait jamais envisagé l’éventualité de prendre part à un quelconque groupuscule masqué, malgré ses capacités. Elle ne s’était jamais réellement considérée comme une super. Socialement au-dessus du lot, oui, mais tout de même humaine. « Mais tu sembles y croire, et moi je crois en toi. » Un sourire à la sincère délicatesse ourla ses lèvres, tandis qu’elle se penchait pour nouer ses doigts au creux de ceux de son cousin. Elle réfléchit quelques instants : « Avant de faire quoi que ce soit, je pense qu’il faut se renseigner sur ce qui s’œuvre autour de ton anneau. S’il doit nous rassembler, s’il doit devenir un symbole, il est un mystère que nous nous devons d’éclaircir. » Ou tout du moins de comprendre. « Demain je passerai aux archives pour essayer de voir ce que je peux découvrir sur ton anneau. S’il est aussi ancien que tu le prétends, il doit y avoir des traces de son existence dans l’histoire. Mais en attendant… » Elle se leva, délaissant le creux de sa tasse vide dans la coupelle de porcelaine et se saisit des mains de Lorenzo. « Tu restes ici ce soir ? »

Nulle question dans le son taquin de sa voix, car déjà ses pas les amenaient dans le creux ombragé de sa chambre. Et sa porte de se refermer sur le secret de la nuit.
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Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ?

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