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Ça sent l'sapin

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Message posté : Sam 1 Nov 2014 - 23:53 Message
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3 novembre 2014

— Genre…

C’est vrai, quoi : genre.

— Non mais sérieux, t’sais qu’s’tu backflip comme ça, moi j’te reverse le slide quand tu veux.
— Euh…

Josh se gratta l’arrière du crâne.

— Pardon ?
— Quoi, pardon ?

Ce gars-là skatait bien, mais ce n’était pas une flèche.

— J’ai pas, tellement, exactement compris c’que tu viens de dire.
— T’sais pas c’qu’c’est qu’un backflip ?

Josh échangea un regard embarrassé avec un autre des habitués du skatepark. Abban en venait à se demander si toute la troupe n’était pas demeurée.

— Tu pourrais parler plus lentement ? C’est à cause de l’accent, tu comprends…
— Quel accent ?

Répliqua l’Irlandais avec une parfaite mauvaise foi. Brandon — il avait bien une tête à s’appeler Brandon, ce parfait crétin — intervint :

— On comprend rien à c’que tu dis et t’as un accent à couper au couteau. Si tu viens dans un pays, faut faire des efforts d’intégration.
— …

Abban récupéra son skate, tourna les talons et s’éloigna du park.

— Non, attends, mec !

Une insulte bien sentie en irlandais répondit à cette tentative de le retenir, puis Abban sauta par dessus la barrière et disparut derrière un arbre. Josh se tourna vers Brandon et lui lança un regard noir.

— Ben quoi, c’est vrai !
— T’es vraiment trop con ! Pour une fois qu’y a un nouveau sympa.
— Sympa, hein ?

Brandon ricana, avant de faire des gestes obscènes avec ses mains et son bassin. Ce fut à ce moment qu’il se prit un skateboard dans le coin de la figure. Pendant ce temps-là, à trois kilomètres du skatepark, sans savoir qu’on se battait pour ses beaux yeux, assis à une table de la section historique de l’une des bibliothèques municipales, Abban passait en revue son répertoire téléphonique, les larmes aux yeux.

Lorenzo ? Bof. Probablement occupé à draguer une alien bizarre. Virgilio ? Ils n’étaient pas si proches que ça. Alex ? Il n’avait pas envie d’être consolé à coups de métaphores inspirées des lois de la thermodynamique. Siobhan ? Il n’avait pas envie d’avouer à sa compatriote ses puérils déboires de jeune adulte. Abban reposa son téléphone et poussa un soupir. Des amis, il n’en avait pas tant que ça et, de toute évidence, il ne savait pas s’en faire. Il n’avait jamais su. Avant, il y avait eu Aishlinn, toujours Aishlinn, rien qu’Aishlinn, mais maintenant, Aishlinn avait son propre monde et lui il avait… Un accent à couper au couteau. Encore un peu, et l a seule personne à laquelle il parlerait vraiment, ce serait Macha.

Abban renifla bruyamment et s’essuya le coin des yeux du revers de sa manche. Oui ! La manche ! Péripétie ! Nœud de notre intrigue ! Ce jour-là, Abban ne portait pas de tee-shirt. Il avait froid, alors il avait mis un sweat — un sweat de marque, qui lui allait parfaitement bien, et qu’il avait volé dans une boutique très réputé, mais un sweat dont les manches couvraient son avant-bras gauche, celui où la Pierre Orphique avait commencé à luire de son ordinaire luminescence smaragdine, invisible sous la fabrique du tissu.

L’Irlandais regarda tout autour de lui. Il aimait bien cette bibliothèque. C’était là qu’il empruntait — sans passer par le guichet — des livres sur l’histoire antique. Là et à la bibliothèque universitaire, mais à la bibliothèque universitaire, il avait tendance à se laisser distraire par les jeunes étudiants trop musclés. À la bibliothèque municipale, les retraités ne lui faisaient pas le même effet. (Ça sent le vécu, je sais.) Par exemple, ce jour-là, il n’y avait personne. Supposait-il. Il ne voyait personne, en tout cas, et il n’avait pas le courage de laisser se déployer ses pouvoirs pour vérifier que les travées étaient vides.

Il n’y avait que lui, les livres silencieux, les meubles et cette petite forêt de bambous vierges. Abban poussa un soupir.

— Euh…

Son regard était passé sur les végétaux sans s’en soucier, pour rejoindre la fenêtre et observer les pigeons. Il y revint brusquement. Si c’était une nouvelle décoration d’ambiance, elle était très… inattendue. L’Irlandais sursauta quand quelque chose se posa sur ses cheveux. Un geste frénétique — pas du tout nourri par la crainte d’être capillairement envahi par les insectes, mais quand même, les robots d’Alex allaient finir par lui donner des cauchemars — fit tomber une feuille morte sur la table.

— … euh…

Abban leva les yeux vers la frondaison qui cachait le faux-plafond, suivit la branche, descendit le trône et se retrouva à examiner un petit chêne, entre le rayon sur Alexandre le Grand et celui sur les royaumes hellénistiques. Abban se releva soudainement et sa chaise tomba à la renverse dans un fourré. Il se téléporta un mètre plus loin, sur de la mousse fraîche, quand une liane essaya d’enserrer sa cheville. En reculant d’un pas, il trébucha sur une racine et tomba à la renverse. Une branche d’églantier qui poussait entre les rayonnages lui fit tomber une Introduction à l’épigraphie latine sur l’estomac.

Ses manches s’étaient relevées pendant sa chute.

— Merde.

À la lumière que son avant-bras diffusait, le doute n’était plus permis : tout ça, c’était sa faute.

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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 1:14 Message
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Eldoth
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ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4285
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
En dehors des cours à Star High, Adrian avait pas mal de travail à côté de son rôle d'Archimage. Il avait récemment décidé d'intégrer officiellement la Légion des Étoiles de manière à faciliter les communications et les missions. Le centenaire intervenait si fréquemment à leurs côtés – et à ceux de l'UNISON – que c'était devenu parfaitement naturel à ses yeux. Tout cela pour dire que ses occupations se faisaient de plus en plus nombreuses et qu'il avait passé pas mal de temps à l'extérieur du manoir – au grand dam de Sallah.

Ce jour-là, il se retrouvait donc à marcher dans la rue, non loin de la bibliothèque, des bouquins sous le bras et la tête pleine de pensées. Il se demandait comment se portait Aishlinn par exemple. Depuis son départ du manoir il y a plusieurs semaines de cela, Eldoth n'avait aucune nouvelle d'elle. C'était dur à accepter, parce qu'il s'était sincère attachée à elle et qu'il la considérait presque comme la fille qu'il n'avait jamais eue. Non, en fait c'était exactement comme ça qu'il la voyait. Mais les choses évoluaient et pas toujours en bien. L'Irlandaise avait fait un choix : elle avait préféré retourner vers son père biologique et légitime. Il le comprenait, même s'il avait du mal à l'accepter. Jamais le centenaire n'aurait osé lui demander ou lui imposer de revenir au manoir ou même de chercher à le revoir.
Et pourtant... pourtant l'envie était présente.

Et il y avait tout un tas d'autres sujets qui venaient l'assaillirent de temps en temps, à croire que depuis qu'il avait décidé de sortir le nez de son manoir, la poisse évitées les années passées décidait de le rattraper. Super. Qu'est-ce l'avenir pourrait encore lui réserver ? Il l'apprit bien rapidement puisqu'une soudaine sensation familière et étrange s'invita dans son esprit : ce qu'il détectait dès qu'une grosse quantité de magie était utilisée, comme lorsqu'une divinité s'amusait sur Terre ou qu'un artefact puissant tombait entre de mauvaises mains.... En général c'était mauvais signe pour résumer ! C'est pour cette raison que le centenaire s'immobilisa aussitôt avant de repérer que le flot semblait venir de la bibliothèque, de manière continue et insistante, il peut comme si le sort – rituel ou ce que c'était – persistait à être lancé. Il allait devoir intervenir et rapidement !

L'Archimage se précipita au pas de course vers l'entrée du bâtiment, attirant quelques regards intrigués sur lui, qui le délaissèrent rapidement pour retourner à leurs occupations. Alors qu'il pénétrait dans la bibliothèque, Adrian parcourut les environs du regard sans apercevoir quoi que ce soit d'étrange. Bizarre ! Pourtant, la sensation provenait bien de cette zone et Eldoth songea à explorer l'endroit, jusqu'à ce que quelqu'un ne fasse disparaître ses doutes.

« Des plantes !
Madame, ça va aller ?
Des plantes dans la grande salle ! Elles sont immenses !
Restez ici ! »

Se dirigeant vers la porte empruntée par la femme, Adrian remonta la piste jusqu'à déboucher dans une salle... envahie par des plantes. En effet, c'était impressionnant ! L'Archimage lâcha ses livres sur une table située juste à côté de l'entrée avant de s'approcher de la masse végétale. La sensation étrange émanait de cette zone, mais il avait un peu de mal à localiser l'endroit exact. Décidé à éviter de se prendre un coup de liane en plein visage, le centenaire déploya son bouclier protecteur pour se glisser entre les rayonnages et essayer de progresser tout en évitant la végétation grandissante et envahissante. Rien n'était visible, mais les lieux ne pouvaient pas être totalement déserts, non ?

« Il y a quelqu'un ? »

Il n'entendit aucune réponse en retour, mais un gros bruit se fit entendre à ce moment : la plante sur sa droite venait de renverser une grosse bibliothèque qui s'écroulait sur le sol en déversant son contenu sur le parquet en bois ancien. Mauvaise pioche ! Balayant les environs du regard, Adrian risqua de se faire voir en train d'employer ses pouvoirs et utilisa son don de télékinésie pour décoller du sol et « léviter » au-dessus des meubles afin d'essayer de localiser d'éventuels prisonniers. Un mouvement fut finalement visible non loin de là et Eldoth se dirigea donc vers cette zone pour apercevoir une silhouette se dessiner au milieu de la masse verdâtre.

« Vous allez bien ? ! »

Les plantes semblèrent réagir à la présence d'un nouvel individu et se relâchèrent suffisamment pour que le mage puisse distinguer le visage du jeune homme qui se tenait non loin d'ici – emprisonné ou non ? Bonne question !

« Abban ? ! Qu'est-ce que vous faites ici ? »

L'autre question qui naquit dans son esprit fut de savoir si Aishlinn se trouvait dans les environs ou pas, mais il changea finalement d'avis, attendant de voir ce qui allait se passer.
Avec un Mac Aoidh, il craignait le pire.
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 11:35 Message
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— OK. Euh. OK. Euh.



OK.


Pour la septième fois, Abban venait de se téléporter de deux ou trois mètres pour éviter la vigoureuse et soudaine croissance d’un mûrier sauvage. Il avait songé un instant à s’enfuir purement et simplement — et sans doute la bibliothèque s’en fût mieux portée — mais il se voyait mal abandonner un endroit qu’il aimait à tant à la fureur d’une forêt incongrue. Cela dit, pour l’heure, il n’était pas très utile.

— Calme toi !

Ordonna le jeune homme d’un ton beaucoup plus paniqué qu’autoritaire à son avant-bras gauche. Mais allez essayer de raisonner un avant-bras ou un caillou magique ! Pour toute réponse, il reçut une pluie de glands sur la tête.

— Ayeeuh !

Téléportation. Abban se faufila sous une table, pour se protéger le front. Dehors, c’était la jungle — une jungle qui défiait les lois de la botanique et de la géographie, une jungle où les espèces orientales côtoyaient les cactus mexicains. Pour Abban, le phénomène était tout à fait inédit. Il n’avait pas remarqué ces dernières semaines, à Nalebo Hall, la tendance des parterres à fleurir tardivement lorsqu’il rentrait satisfait d’une mission profitable et Thabo ne lui avait pas parlé des ronces qui envahissaient de manière persistante le mur, sous la fenêtre des jumeaux.

Alors Abban avait beau réfléchir, il ne savait pas trop ce qu’il devait faire. Les pouvoirs de la Pierre Orphique étaient pour l’essentiel obscurs et incompréhensibles pour lui. Certes, au lieu de les étudier et de les maîtriser, il avait cherché à les éviter et à les supprimer grâce aux mystérieuses décoctions de l’Apothicaire — ce qui n’avait d’ailleurs jamais été qu’un demi-succès. C’était sa faute, il s’en rendait bien compte, si tout déraillait désormais : le train n’avait cessé d’accélérer et lui, il avait détourné les yeux du compteur de vitesse.

Une branche se glissa sournoisement sous sa table et continua à pousser, pour soulever le meuble, exposant de nouveau Abban à la vitalité insistante de ses propres créations. Le jeune homme se releva promptement et regarda tout autour de lui, de plus en plus paniqué. Son omnilinguisme se déclenchait la plupart du temps quand il était en proie à de vives émotions. Il devait donc se calmer. Parfait. Excellent. C’était la chose qu’il savait moins bien faire. Et une invasion de plantes parasites n’était sans doute pas le meilleur moment pour résoudre des problèmes psychiatriques vieux de vingt ans.

Non, ce dont il avait présentement besoin, c’était d’un bon gros chalumeau. D’une déforestation massive. Ou de quelqu’un pour lui calmer l’esprit à sa place. Abban ferma les yeux et il commença à se concentrer pour penser à Alex, parce que c’était, selon le mentaliste, un moyen de le contacter beaucoup plus fiable que le téléphone, mais une voix se fit entendre. L’Irlandais rouvrit aussitôt les yeux. Il ne manquerait plus qu’une liane étranglât un lecteur malchanceux par sa faute.

Abban localisa la présence de l’individu et se mit à courir dans sa direction — un réflexe malheureux qui lui prit le pied dans une racine et l’envoya le nez le premier dans une botte de persil. Un bolet apparut brusquement à ses côtés.

— … génial, ça f’ra des économies au restau…

L’Orphée moderne se releva mais une liane s’enroula autour de son bras gauche et remonta, comme pour le suspendre au plafond, tandis qu’une autre s’emparait de son pied droit. Ce fut en cet instant, alors que la végétation entre lui et Adrian ployaient mystérieusement, que le mage lui demanda ce qu’il était en train de faire.

— Un remake d’un mauvais porno japonais, qu’est-ce vous croyez !

Abban gigotait tant bien que mal, enchevêtré dans ses lianes, mais ça ne changeait pas grand-chose. En plus, elles étaient sans doute en train d’abîmer ses vêtements. Déjà que les glands l’avaient décoiffé : il vivait un enfer.

— Non mais sérieusement, v’z’avez apporté une machette, au moins ?

Passés ces premiers mouvements de mauvaise humeur typipquement mac aoidhien, Abban consentit à fournir des explications un peu plus éclairantes.

— Les gens au skatepark étaient méchants avec moi.

Voilà qui expliquait tout.

— Mais c’pas ma faute, hein, j’ai pas fait exprès ! C’est c’truc.

Et Abban se tordit le cou pour désigner d’un geste de tête son avant-bras gauche. Comme c’était celui dont la liane s’était emparé et par lequel elle le suspendait au plafond, la manche du sweat avait à nouveau glissé pour révéler la lueur de la Pierre Orphique, qui des mois plutôt s’était fondue dans le corps du jeune homme. Il avait été choisi, lui avait expliqué l’Apothicaire — ça lui faisait une belle jambe.

— C’t’une, euh…

Abban hésita. Il n’avait pas exactement acquis la Pierre Orphique de manière très légale. À vrai dire, l’objet avait été initialement commandé par un client. Et si Adrian savait qu’elle avait été volé ? L’Irlandais considéra un instant les buissons de ronces qui l’entouraient et comme l’envie d’un câlin épineux ne le dévorait pas, il jugea que les scrupules étaient pour l’heure superflus.

— C’est la Pierre Orphique. Longue histoire. Vous m’libérez ou bien ?
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 14:26 Message
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Eldoth
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ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
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ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
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- Champ de force
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- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
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- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Visiblement la situation était inquiétante et qu'Abban y soit mêlé était une raison supplémentaire pour se demander s'ils ne frôleraient pas la catastrophe dans quelques minutes ! Les jumeaux étaient très doués pour se retrouver dans des situations improbables. Mais là n'était pas la question : il fallait intervenir et se débrouiller pour que le jeune homme soit libéré de la prise des lianes affectueuses. Visiblement ces derniers avaient décidé de le prendre comme nouveau jouet, bien qu'Adrian avait encore du mal à comprendre comment l'adolescent s'y était pris pour se retrouver dans une telle position ! L'explication du skatepark laissa l'Archimage dans le flou : il ne voyait pas franchement le lien entre un endroit pareil et des plantes qui envahissaient la bibliothèque – surtout avec une aura magique. En parlant d'aura, elle semblait émaner d'Abban ! Le regard du centenaire resta centré sur ce dernier au moment où il dénonçait le coupable de tout ce micmac. Son... bras ? Eldoth fronça les sourcils avant de comprendre où l'Irlandais voulait en venir : une lueur était clairement visible et semblait indiquer la présence d'un artefact étrange. Ou d'un sort ? Il ne le savait pas trop.... Ses questionnements cessèrent lorsque le jeune homme parle d'une pierre plutôt célèbre dans le milieu de la magie, mais qu'Eldoth connaissait principalement pour avoir entendu dire qu'elle avait été volée. Devait-il s'étonner qu'un Mac Aoidh soit mêlé à l'affaire ? Assurément non !

Mais les interrogations arriveraient plus tard ! Là il devait surtout se débrouiller pour tirer Abban des bras des lianes qui semblaient beaucoup l'apprécier. Peut-être le côté irlandais et proche de la nature ? Les doutes étaient permis : Abban avait davantage l'air proche de son tube de gel que des fleurs qui poussaient dans son jardin.

« Je m'en charge. »

Même si la pierre était apparemment assez puissante, il devait pouvoir contenir son pouvoir. C'était de la phytokinésie et en matière de magie, il n'était pas très difficile de la neutraliser. Conservant le bouclier qui éviterait que les lianes ne le fasse profiter de leur débordement d'affection, le centenaire leva la main pour lancer un sort vers ce qui semblait être le nœud du problème. Au sens propre du terme. C'était l'endroit où se réunissaient tous les plans : en touchant cette zone il devrait pouvoir neutraliser la végétation.

Le sort en question était comparable à une boule de feu, à l'exception près qu'elle ne toucherait pas le bois du sol et les ouvrages présents autour d'eux. En vérité, il servirait uniquement à affaiblir la plante en lui donnant l'impression qu'elle souffrait des ravages d'un incendie alors que les flammes en question resteraient factices. Dès que la boule d'énergie toucha la plante identifiée comme « la base », un sifflement aigu se fit entendre, un peu comme le cri d'un animal, à l'exception près qu'il était plus léger. C'était le signe évident que cette végétation n'était pas naturelle, mais bien magique ! Le centenaire maintint la pression tendit que la plante commençait à se tortiller et à agiter les lianes qui se trouvaient à proximité – offrant au passage un tour de manège au pauvre Abban. Ce n'est que lorsque la « douleur » devint trop insupportable pour la plante que la liane relâcha sa prise, laissant l'Irlandais retrouver le plancher de vaches. Cela dit, la distance entre le sol et l'endroit où Abban se trouvait était assez élevée, aussi le centenaire lança-t-il un autre sort destiné à servir de « matelas » au jeune homme qui put s'écraser dessus sans avoir à se payer un tour chez le dentiste.

S'approchant rapidement de l'Irlandais, le centenaire vérifia qu'il allait bien avant de tendre la main vers son bras pour l’attraper. Il n'était pas du genre à imposer sa présence aux autres, toutefois c'était très différent cette fois-ci : son corps semblait abriter un artefact et Adrian devait donc intervenir !

« Désolé, ça va être un peu douloureux ! »

Il posa son autre main à l'endroit où la lueur de la pierre était visible, puis il utilisa le même sort que lorsqu'il neutralisait celui lancé par un autre mage. Cela allait certainement faire un peu mal à Abban, mais la pierre devrait normalement être provisoirement neutralisée. Du moins son sortilège de phytokinésie et la bibliothèque pourrait retrouver sa quiétude habituelle ! Après quelques instants, les effets du blocage d'Adrian semblaient se manifester : les plantes s'apaisèrent et les plus petites commençaient à disparaître, toutefois il ignorait la véritable nature des pouvoirs de cet artefact et rien ne disait qu'ils n'allaient pas se retrouver avec d'autres ennuis sur les bras. La main tenant toujours le bras du jeune homme, Eldoth lui lança quelques mots.

« Je crois que nous allons devoir parler tous les deux. »

Très sérieusement.
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 15:46 Message
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— Ça f’ra mal ?

Non, il n’avait pas peur : il était juste prudent. Avec tous ces mages qui passaient leur vie à transformer les gens en grenouille — si si, il en était sûr — Abban n’avait aucune envie qu’une maladresse d’Adrian l’expédiait dans les mares aux amphibies. Il n’était peut-être pas très populaire dans les skateparks, mais il avait toujours un succès certain dans les boîtes de nuit et un look amphibie ne lui paraissait pas si désirable. La dernière fois qu’il avait vu Adrian utiliser de la magie, ils avaient été chassé par une sorte de hérisson géant dans des souterrains irlandais : Abban était circonspect.

– AAAAAAH !

Grâce au mage — merci beaucoup —, les lianes s’étaient mises à convulser violemment. Heureusement, l’une d’entre elles avait lâché le pied d’Abban, de sorte que l’Irlandais pouvait lui-même se contorsionner et ses super-réflexes, combinés avec un solide entraînement de cambrioleur, lui permirent de se tordre dans tous les sens pour éviter les troncs, les étagères et les poteaux qui ponctuèrent son petit tour de centrifugeuse chlorophyllienne. Et puis pom.

(Oui.
Pom.)

Abban venait de tomber sur un matelas invisible. Il avait hésité à se téléporter pendant sa chute, mais très franchement, si c’était pour apparaître au milieu de ronces qui dansaient la tectonique, il préférait encore saigner du nez. Il n’en fut rien et l’Irlandais put en toute naïveté tendre la main à Adrian qui lui proposait de l’aide pour se relever.

— Merc… Quoi ?

Comment ça, douloureux ? Il n’y avait plus de végétation. Abban tira un peu sur son bras qu’Adrian tenait fermement. Les souvenirs de l’année précédente, lorsqu’un autre homme avait ainsi tenté de l’immobiliser, affluèrent bien malgré lui à sa conscience et ce fut un regard vraiment terrorisé — irrationnellement terrorisé — que l’Irlandais posa un instant sur Adrian, avant de comprendre, au moins à peu près, que le mage ne tentait pas de le violenter, mais de contenir ses pouvoirs.

Comparée à sa propre mort, la sensation de bouillonnement dans les veines de son avant-bras lui parut dérisoire. Il serra les dents, détourna les yeux et attendit. Il se sentait impuissant. Cela faisait quelques semaines pourtant que Star City ne lui avait pas fait cet effet-là. L’impression d’être dépassé par la violence d’un monde incompréhensible, si éloigné de ce qu’il avait connu à Dublin. Au fil des mois, il avait fini par s’habituer. Se résigner, plutôt ? S’adapter, en fait. Se hisser à la hauteur des défis improbables de la ville.

Mais ce jour-là, dans la bibliothèque, alors qu’Adrian, par un moyen qu’il ne comprenait pas, apprivoisait un incident qu’il ne comprenait pas, Abban se sentait à nouveau comme le petit voleur débarqué dans un monde bien trop hostile. La douleur se dissipa et, cette fois-ci, Abban dégagea brutalement son bras. Il s’empressa de baisser la manche de son sweat et renifla bruyamment, les yeux un peu rougis. Tout ce dont il avait envie désormais, c’était de se réfugier dans les bras d’Aishlinn.

Mais non.

Adrian avait raison.

C’était bien un truc d’adulte, ça. Avoir raison.

Abban secoua donc la tête.
Puis haussa les épaules.
Puis hocha la tête, avec un soupir.

— Ouais, OK, comme vous voulez, j’m’en fous.

C’était le plus haut degré de coopération dont il fût capable. Histoire de ne pas paraître trop aimable — une réputation à entretenir —, le jeune homme précisa :

— V’m’avez fait vachement mal, sérieux.

Pas tant que ça, mais le Mac Aoidh ne fait pas dans la demi-mesure.

— Sérieux, pour un mec crevette, v’z’avez une sacrée poigne.

Abban considéra Adrian d’un œil soupçonneux, tout en se recoiffant.

— V’faites des pompes en loucedé dans vot’ manoir pour choper les meufs qui trainent dans les bibliothèques ?
— Mais qu’est-ce que c’est que ce chan…

Adrian et Abban disparurent.

— … tier ?

La bibliothécaire venait de déboucher dans une travée dévastée — et déserte. Au pied de la bibliothèque, Adrian et Abban étaient apparus de nulle part. L’Abban Express était un moyen de transport tellement efficace qu’il ne prenait même pas la peine de demander leur avis à ses passagers.

— ‘Tain, vas-y, comment mon pantalon il est ruiné…

Abban examinait ses jambes. Adrian voulait peut-être parler, mais l’Irlandais, lui, n’avait pas l’air pressé. Il y avait après tout des problèmes plus graves dans le monde que les phytokinésies incontrôlables : ces satanées ronces avaient déchiré par endroit ses vêtements.

— Si ça continue, j’vais plus rien avoir à m’mettre.

Mais bien sûr.

Abban fut distrait par une jolie voiture qui passait, puis par une éraflure sur sa main gauche, puis par la publicité pour un nouveau film sur un bus. Qu’est-ce qu’il faisait là, déjà, au juste ? Ah, oui, Adrian.

— Bon, bref. C’était sympa merci et tout, j’recmomenc’rai plus c’est promis. J’peux y aller maintenant ?
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 18:53 Message
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Bon, Abban n'avait pas trop apprécié l'intervention d'Adrian vu la manière dont il se dégagea, mais le résultat était là et c'était tout ce qui importait pour le moment ! Et pour plus tard... ils allaient devoir parler de cette pierre, trouver comment il se l'était procurée et bien évidemment, chercher une solution pour la rendre moins dangereuse ! Eldoth posa les yeux sur le jeune homme qui protestait déjà contre la douleur subie lors de l'intervention de l'Archimage et ce dernier lui lança donc une brève excuse :

« Vraiment navré. »

Mais c'était plus pour la forme parce que, soyons honnêtes, Adrian doutait que la chose ait été si douloureuse que cela. Il ne l'avait jamais subie lui-même, mais Aishlinn avait tout de même eu droit à un exorcisme en bonne et due forme dans son grenier et elle n'avait pas protesté alors que c'était bien moins agréable. Mais mieux valait éviter d'aborder ce sujet ou Abban risquait de s'emporter en sachant que le centenaire avait pu faire souffrir sa jumelle. Adrian culpabilisait assez tout seul à ce propos, pas la peine d'en rajouter une couche.

Cela dit, les paroles du jeune homme étaient toujours prises avec prudence par Adrian. Il avait veillé à ne pas serrer trop fort et pourtant cela semblait avoir été plus désagréable qu'il ne le pensait – et non, il ne cherchait pas « choper des meufs » dans les bibliothèques pour ceux qui se poseraient la question. Mais la conversation – ou plutôt les idées bizarres d'Abban – fut interrompue par l'arrivée de la bibliothécaire qui devait se demander ce qui se passait ici. Logique me direz-vous, cependant Eldoth n'eut guère le temps de s'excuser auprès de la responsable comme ils se retrouvèrent au pied du bâtiment une fraction de seconde plus tard. Oui ? Il fallut quelques brèves secondes à Adrian pour comprendre que le jeune homme les avait téléportés à l'extérieur. Ce n'était pas franchement responsable, mais il préféra garder ses paroles pour lui plutôt que de jouer au vieux « relou » qui faisait la morale toutes les deux minutes. De toute manière, ses paroles seraient certainement passées milles lieues au-dessus de la tête de l'adolescent qui semblait bien plus préoccupé par son pantalon et ses cheveux décoiffés que par une discussion sérieuse. Pas très étonnant cela dit. Les Mac Aoidh semblaient réellement avoir un problème avec les conversations importantes.

Adrian ne s'autorisa à prendre la parole que lorsque son interlocuteur acheva sa liste de plaintes et de doléances pour essayer de se tirer aussi facilement. La réponse ne se fit pas attendre.

« Non. Il faut que l'on parle sérieusement. Il baissa les yeux vers le pantalon du jeune homme.
Et pas de vos habits j'entends. »

Ce n'était pas une critique, il avait compris que les jumeaux étaient très préoccupés par leur physique, mais disons qu'il voulait faire comprendre à Abban que la situation était plus grave qu'il ne semblait le croire. Mais peut-être qu'il en avait conscience ? De nombreuses questions naissaient dans l'esprit de l'Archimage qui décida de reprendre la parole avant que son interlocuteur ne se téléporte ailleurs pour lui fausser compagnie.

« C'est cette pierre le responsable de ce qui est arrivé. Vous ne devriez pas être en possession d'un pareil objet. En fait, elle devrait même être dans un musée si je ne m'abuse. J'avais entendu parler de son vol, mais je ne m'attendais pas à la retrouver sur vous. Ou plutôt « dans vous » devrais-je dire. Son regard glissa vers le bras du jeune homme.
J'aimerais savoir comment vous avez fait pour l'avoir. C'est vous qui l'avez volée ? Le ton de sa voix n'était pas hostile ou sévère, juste curieux.
Vous savez au moins à quoi vous avez affaire ? Ce n'est pas une simple pierre, elle pourrait devenir vraiment... dangereuse. Il lâcha le terme du bout des lèvres.
J'imagine qu'Aishlinn est au courant de tout ça ? Évidemment. Il fut déçu qu'elle ne lui en ait pas parlé.
Elle vous a aidé à vous la procurer ? »

Bon, ça commençait à faire beaucoup de questions d'un coup ! Adrian décida donc de rester silencieux. Sa voix avait été uniforme tout le long de ses interrogations, pourtant il avait été sincèrement déçu de voir qu'Aishlinn ne lui avait jamais parlé des problèmes magiques de son jumeau. Elle était forcément au courant, ils partageaient tout. Peut-être que c'était pour cette raison qu'elle avait quitté le manoir : elle ne pouvait pas lui faire confiance. Chassant ces pensées, Adrian se rendit soudain d'un compte d'un léger détail.

« J'ai oublié mes livres à la bibliothèque. »

Il fallait dire qu'il ne s'attendait pas à se faire téléporter n'importe où en les posant sur une table avant de voler au secours d'un Irlandais imprudent ! La vie de héros était vraiment dure.
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 20:39 Message
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Nia nia nia. Les habits, c’était très sérieux. Évidemment, songea Abban en détaillant Adrian de pied en cape, ce ne serait pas celui-là qui comprendrait quoi que ce fût à la question. La vérité, de toute façon, c’était que l’Irlandais préférait mille fois parler de son pantalon ou de ses chaussures que de ses problèmes ésotériques. Il n’avait pas eu si mal que cela, mais tous les moyens étaient bons pour faire culpabiliser l’adversaire et la culpabilité était l’une des armes favorites des jumeaux, qui l’employaient le plus souvent l’un contre l’autre.

Hélas, ses déboires vestimentaires n’émurent pas Adrian et Abban fut contraint d’examiner ses propres pieds, moins pour s’assurer que ses baskets de collection n’avaient pas été ruinées par les assassines racines de sa sylve sournoise que pour éviter de croiser le regard de son interlocuteur. Les mains enfoncées dans les poches, il était difficile de savoir si Abban se sentait coupable, s’il boudait ou s’il s’était juste pris de passion pour le vieux chewing-gum collé sur le bitume.

Heureusement, la dernière remarque d’Adrian lui fournit une excellente diversion. Une pile de livre apparut dans les mains de l’Irlandais qui la tendit au mage.

— Ces bouquins-là ?

Abban lut les titres après coup, leva les yeux vers Adrian et, avec une sagacité exemplaire digne de l’enquêteur criminel qu’il était, il se risqua à une audacieuse supposition.


— P’têt pas.

Les livres disparurent comme ils étaient apparus. Puis l’Irlandais se volatilisa, récupéra les bons livres sur le coin d’une table et apparut une nouvelle fois à côté d’Adrian, pour les lui fourrer dans les bras. Même secoué par ses tribulations magiques, le jeune homme ne tenait pas en place.

— Bon, puis sérieux, vous pensez qu’j’pourrais voler une pierre magique ? Vous m’prenez vraiment pour un voyou, c’est fou, ça !

Alors qu’il était un ange d’innocence : ça se voyait sur son visage. Abban adressa à Adrian un regard de vertu outrée et mentit sans vergogne :

— Ce caillou, c’était un cadeau.

Bon, OK, il était en train d’improvisé et il n’avait pas eu de meilleure idée. Mais c’était plausible, pas vrai ? Il y avait des gens à qui on offrait des stylos plumes et des bons d’achat à la FNAC et d’autres qui déballaient des pierres antiques aux puissants pouvoirs horticoles. Abban entreprit de filer son histoire abracadabrantesque.

— C’mon ex qui m’l’a offerte. L’était étudiant en archéo.

Ah, parfait ! C’était crédible, ça, à tous les coups Adrian allait tomber dans le panneau.

— Moi j’ai rien d’mandé à personne. Vous croyez franchement qu’ça m’amuse, d’avoir l’avant-bras luisant ? Vous imaginez pas la plaie sur la plage l’été. C’bien la peine d’parfaire son bronzage si tout l’monde fait une fixette sur vos veines colorées, hein.

Ce n’était évidemment pas sa principale préoccupation en la matière, mais la pudeur Mac Aoidh était telle, en matière de sentiments, qu’elle poussait à parler de plus futile pour dissimuler le plus important.

— Mais merci, j’avais compris qu’c’était pas une simple pierre. J’crois qu’m’on premier indice, c’est quand elle a fusionné avec mon avant-bras. D’habitude, les bijoux, ça fait pas trop ça. Genre, j’m’suis pas dit qu’c’tait la version hard d’un piercing, hein. On dirait qu’vous m’prenez vraiment pour un demeuré.

Il s’était tout de même retenu d’ajouter « Captain Obvious », ce qui constituait déjà pour lui une forme particulièrement raffinée de politesse.

— Et Aishlinn a rien à voir dans tout ça.
Ça, au moins, c’était vrai. Presque. Plus ou moins.

— J’ai aut’ chose à foutre qu’d’lui d’mander d’me refourguer du matos magique chelou. Puis sérieux, j’ai vu l’Seigneur des Anneaux et j’sais qu’faut pas toucher aux cailloux maléfiques. J’suis pas un Hobbit.

En gros, il n’avait rien fait, Aishlinn n’avait rien fait et tout était de la faute d’un indélicat étudiant en archéologie qui avait tenté de se faire mousser auprès d’un séduisant Abban artistement bronzé. Inutile de dire que, de la manière dont Abban voyait son petit conte, l’étudiant en question était beau et romantique, mais que l’Irlandais l’avait repoussé avec grandeur et noblesse d’âme en découvrant son terrible forfait. Évidemment.

— En tout cas, moi, j’ai rien à voir avec aucun vol.

Ça, c’était un discours bien rôdé chez les Mac Aoidh.

— J’ai d’jà assez à faire avec not’ restau. Ça s’fait pas tout seul, un menu, vous croyez quoi ? J’ai pas l’temps d’aller chourrer des boules enchantées à droite à gauche pour m’les injecter dans l’poignet.

Saint Abban, patron des innocents, c’était comme ça qu’on allait devoir l’appeler, à présent.

— En plus, d’habitude, le machin, il fait rien de dangereux, quoi ! À part m’faire réciter d’la poésie dans des langues exotiques, ça a jamais cassé trois pattes à un canard. J’comprends pas c’qui s’est passé…

Et cette fois-ci, il était parfaitement honnête. Tout arrive.
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Message posté : Dim 2 Nov 2014 - 23:49 Message
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Eldoth
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ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
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Adrian ne comprit pas comment Abban parvint à faire apparaître les livres – dont le thème était inattendu – dans ses mains. Il n'eut même pas le temps de répondre que déjà l'Irlandais se rendait compte que ce n'était pas franchement le genre de bouquins qu'un homme – célibataire et sans enfants – de son âge pouvait lire. Moins d'une dizaine de secondes plus tard, le jeune homme était de retour pour lui fourrer les siens dans les bras. Question d'habitude, le centenaire vérifia l'état de ses ouvrages avant de lever les yeux vers le téléporteur qui s'énervait à l'idée qu'il puisse le prendre pour un voyou. Pas un voyou non, un voleur. C'était subtile, mais différent ! Il soutint donc le regard outré de l'adolescent sans ciller, signe qu'il croyait vraiment en cette hypothèse. Aishlinn lui avait avoué avoir volé pas mal de choses et même si elle n'avait jamais fait état de son jumeau, Adrian n'était pas idiot et se doutait qu'ils devaient avoir travaillé ensemble.
Mais il voulait bien lui accorder le bénéfice du doute.

Commença alors l'explication détaillée et alambiquée de l'Irlandais. Eldoth ne savait pas vraiment s'il devait y croire ou non. Il était naïf et facile à berner – surtout par les rejetons Mac Aoidh – mais n'était pas né de la dernière pluie pour autant ! Un cadeau d'étudiant archéologue ? Adrian pouvait toujours lui demander le prénom du concerné, mais il se demandait comme une personne avec des connaissances d'archéologue pourrait s'amuser à offrir une pierre pareille ! Même sans parler de la magie, sa valeur historique restait importante. Quant au reste... des arguments obscurs se succédaient : défilé sur la plage, Seigneur des Anneaux – qui revenait définitivement très souvent dans ses discussions – puis restaurant. Il avait effectivement entendu parler de cette histoire juste avant qu'Aishlinn ne quitte le manoir la dernière fois, mais bizarrement les dates ne collaient pas trop. Il fronça légèrement les sourcils et ne répondit que lorsque le jeune homme termina en arguant que la pierre n'était pas si dangereuse. Mouais. Argument discutable !

« La magie est très capricieuse. Elle peut parfaitement bien fonctionner pendant des années et tout à coup décider de réserver une surprise. Comme la pierre. Aujourd'hui elle a créé ces plantes, mais rien ne nous dit que demain elle ne décidera pas de vous transformer en femme ou en animal. Voire d'altérer votre physique. »

Il n'était pas totalement sans moyens devant les Mac Aoidh ! Adrian avait compris que les jumeaux avaient tendance à porter beaucoup – pour ne pas dire énormément – d'importance à leur physique, donc peut-être que ces possibilités allaient effrayer Abban ? Bon, il ne voulait pas provoquer de mouvement de panique, mais simplement pousser l'adolescent à lui expliquer tout ce qu'il pouvait avoir fait pour en arriver là. Parce qu'en effet, le centenaire ne croyait que moyennement à l'histoire du petit ami qui offrait des artefacts magiques au frère d'une voleuse connue – et très douée semble-t-il.

« Comment s'appelle cet étudiant ? Je suis archéologue alors je connais pratiquement tous les étudiants de ce domaine. Bon, là il mentait plus ou moins : il connaissait juste les étudiants des années 30 ou 40.
Et je ne vous prends pas pour un demeuré Abban. Je préfère mettre les choses au clair, même si je me doute que vous avez compris tout seul la quasi-totalité de ce que je pourrais vous expliquer. C'était plus pour le flatter que parce qu'il le pensait réellement.
Je suis navré que cela vous complique la vie sur la plage. J'ignorais qu'il y en avait en Irlande. Simple remarque pour calmer le jeu.
Mais c'est bizarre, j'étais certain que votre restaurant était récent. Le vol date de l'année dernière. Un peu avant qu'Aishlinn ne vienne au manoir pour la première fois d'ailleurs. Enfin, ma mémoire est un peu défaillante.... Il le scruta quelques secondes.
Vous devriez éviter d'accepter les cadeaux de ce genre, l'artefact pourrait parfaitement être maudit et vous attirer de gros ennuis. Vous avez appris quelque chose à ce sujet d’ailleurs ? Vu que vous n'avez pas l'air très inquiet.... »

En fait, plus il parlait et plus Adrian considérait que ses excuses n'étaient pas trop valables. Bon, le fait qu'Aishlinn lui avait avoué avoir dérobé plusieurs objets magiques n'arrangeait en rien la situation, mais il n'en parlerait pas par crainte de causer des ennuis entre les jumeaux. Soupirant légèrement, le centenaire reprit finalement, se doutant que son interlocuteur risquait de ne pas forcément apprécier ce qu'il allait entendre.

« Vous savez, je ne mets pas en doute votre... charme, mais j'ai un peu de mal à croire que quelqu'un offrirait une pareille chose à un flirt. Je veux dire, c'est un artefact unique et certainement très puissant, logiquement celui qui tombe dessus le garde pour lui. »

Restait à espérer qu'il n'allait pas déclencher l'apocalypse en remettant en doute ses capacités à se faire offrir des cadeaux aussi étranges.
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Message posté : Lun 3 Nov 2014 - 22:48 Message
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Abban ouvrit des yeux ronds.

Oh la.

Altérer.
Son.
Apparence
?

L’Irlandais s’imaginait déjà transformé en vieille femme avec des verrues plantaires. Bizarrement, aucune hypothèse optimiste ne lui vint à l’esprit et il ne pensa pas une seule seconde que la Pierre pourrait le faire grandir de quelques centimètres, le rendre plus viril ou le vieillir un tout petit peu. Il se voyait bien plutôt un crapaud, une sorcière décatie ou en gargouille. Parfaitement désarçonné, quand Adrian lui demanda le prénom de ce petit ami fantasmé, Abban répondit d’un air distrait :

— Alex.

Avant de se précipiter pour corriger ce compromettant réflexe en rajoutant :

— Virgilio.

Ce n’était pas beaucoup mieux. Le prénom de son meilleur ami ou celui du frère de Lorenzo Mancini ? Voilà qui en disait long sur sa capacité à s’imaginer un monde bien différent de celui dans lequel il vivait.

— Alex Virgilio.

Insensible à l’ironie qu’il y aurait eu à se faire offrir une Pierre Orphique par un Virgile, Abban précisa :

— Il était italo-américain.

Mais il ne mettait plus beaucoup de conviction dans un mensonge qui, de toute évidence, n’avait pas pris. De toute façon, plus Adrian parlait, plus Abban voyait se peindre sous ses yeux le tableau sombre et angoissant de son futur de ménagère ménopausée et fistuleuse, qui mourrait étranglée dans son sommeil par une cissus hypoglauca. Ce fut d’ailleurs d’une voix morne et déprimée qu’il murmura en passant :

— ‘videmment qu’y a des plages, c’t’une île…

Il lui aurait bien suggéré de jeter un coup d’œil à un globe terrestre, mais le cœur n’y aurait pas été. Un silence maussade suivit le bilan catastrophiste du mage et ce fut après plusieurs secondes de rumination silencieuse qu’Abban reprit, du fond de ses préoccupations adolescentes et, pour une fois, exceptionnellement banales, le point qui l’attristait le plus :

— On m’l’a pas offerte à un flirt. Personne flirte avec moi.

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais un bon Mac Aoidh savait exagérer son malheureux et se convaincre lui-même. L’Irlandais parut tout de même se souvenir qu’il avait des problèmes plus urgents et tragiques que sa solitude sentimentale et que ses désirs contrariés pour des mafieux italiens et des mentalistes dérangés et déjà casés.

— La Pierre, je l’ai trouvée. Disons.

Il n’allait tout de même pas lui avouer son crime, mais il estimait que cet aveu-là était suffisant pour qu’ils se comprissent.

— J’avais aucune intention d’l’utiliser. J’comptais la… donner… et quand j’l’ai touché avec ma main, elle s’est mise à luire et puis elle est rentrée dans mon bras, enfin je crois, ou elle s’est fondue, je saurais pas décrire. Et là, j’me suis mis à parler en vers, et dans des langues que j’avais jamais apprises. J’ai demandé conseil à des gens…

Il n’allait pas non plus dénoncer l’Apothicaire, question de conscience professionnelle. Quelque chose lui disait qu’Adrian ne serait pas ravi de savoir qu’une herboriste ésotérique vendait ses services aux criminels de Star City.

— … et ils m’ont dit que c’était la Pierre Orphique. Ils m’ont donné une sorte d’onguent pour atténuer les effets, et ça marchait plutôt bien, enfin, pas, genre, complètement tout le temps, mais globalement, plutôt bien. Et ça fait des mois qui s’était rien passé de plus traumatisant qu’un poème de temps à autre, v’voyez ?

Cette fois-ci, il était à peu près honnête — en dehors des circonstances particulières qu’il laissait volontairement dans le flou pour couvrir ses collaborateurs criminels. Il n’avait jamais désiré la Pierre pour elle-même. D’abord, il en avait ignoré — et il en ignorait toujours — l’essentiel des capacités et ensuite, quand il les aurait connues, il n’aurait jamais formé le désir de les acquérir. Ses récents dons de polyglotte ne lui avaient guère servi que deux ou trois fois, au cours des derniers mois.

Avec un ton d’espoir pas très convaincu, Abban rajouta :

— Quand les gens ils en parlaient, de la Pierre, ça avait pas l’air si dangereux que vous dites. Moi, j’pensais que c’tait juste… un peu bizarre, ouais. Pas que ça f’rait ça…

L’Irlandais désigna de la main la bibliothèque.

— Puis si c’est orphique, Orphée, il est sympa, non ? J’veux dire, c’est pas genre un démon, ou un type qui jette des maléfices, alors voilà…

Bon, il se rendait bien compte que rien n’empêchait un type qui jetait des maléfices d’appeler sa pierre la Pierre Orphique ou l’Amour des Bisounours, pour tromper la clientèle — et il savait tout aussi bien qu’Orphée était descendu aux Enfers. Tout cela n’était pas très joyeux, mais Abban avait préféré se mentir à lui-même plutôt que de se saisir du problème. Les tactiques frontales, dans sa vie personnelle, ce n’était pas sa grande spécialité.

D’un air tout penaud et avec des yeux de Chat Potté, il demanda à Adrian :

— Ça veut dire je suis maudit, alors ?
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Message posté : Mar 4 Nov 2014 - 21:18 Message
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Bon. Vu la manière dont Abban répondit à la question sur le prénom de ce prétendu ex, Adrian le soupçonna de mentir effrontément. Ce n'était pas tant le prénom du « nouveau Chase » qui lui sauta aux yeux – il devait exister des tonnes d'Alex en ville – mais c'était simplement que la manière dont l'Irlandais parlait lui rappela étrangement celle d'Aishlinn lorsqu'elle essayait de l'embobiner. De plus, les origines de l'élève archéologue n'allaient pas vraiment l'aider à en savoir plus, aussi Eldoth préféra-t-il attendre la suite des explications – mais vu le ton du jeune homme, l'hypothèse du mensonge devenait de plus en plus évidente.

Il laissa passer le sujet des plages d'Irlande – ayant un peu de mal à visualiser Pamela Anderson jouer les sirènes là-bas – ne souhaitant pas provoquer un incident diplomatique en soulevant qu'elles n'étaient pas comparables à celles de Tahiti. Par exemple. En fait, Adrian ne voyait pas quoi répondre à la grande majorité des paroles de son interlocuteur : les flirts, la pierre trouvée.... Abban parlait toujours d'un autre petit ami chaque fois qu'ils discutaient, le fait qu'il ne soit pas souvent abordé contredisait légèrement cette donnée – et puis il avait vu que ce ça avait donné avec le steward dans l'avion pour l'Irlande !

Puis, enfin, les précisions sur la pierre arrivèrent. Ce n'était donc pas volontaire, mais cela n'enlevait rien au fait qu'il était maintenant en plein dedans ! Quant au fait qu'il avait demandé de l'aide à quelqu'un... ma foi, Adrian s'en inquiétât un peu. Un onguent pour bloquer les propriétés magiques d'un artefact aussi étrange ? C'était comme d'essayer de soigner un cancer des poumons en prenant des pastilles de menthe pour l'haleine. Peut-être que cela avait effectivement pu être utile au début, lorsque la pierre ne s'était pas encore trop développée, mais vu l'incident de la bibliothèque, ce stade était clairement dépassé ! Cependant, l'expression inquiète du jeune homme poussa le centenaire à essayer de le rassurer. Décidément, les jumeaux savaient comment s'y prendre avec lui !

« Non, pas vraiment. Être maudit c'est qu'un esprit maléfique s'est en partie, ou totalement, emparé de celui d'un humain. Dans votre cas, je ne ressens rien de tel et j'ai croisé assez de personnes dans ce cas pour les reconnaître. Au pire, vous êtes possédé. Mais ce n'est pas du tout pareil et largement moins grave. Enfin, en quelques sortes.
Cela dit, ce n'est pas parce qu'elle a un nom... gentil, qu'elle est inoffensive. Les artefacts magiques les plus dangereux ont souvent des noms attirants. C'est comme ça pour tout, les femmes aussi. Oui, enfin l'exemple ne serait peut-être pas parlant pour Abban.
Les gens dont vous me parlez, c'est de quel genre ? Je ne vous demande pas de me donner leurs noms vu que j'imagine que vous refuserez, mais est-ce qu'ils sont vraiment doués dans leur domaine ? Et est-ce qu'ils officient plutôt dans la magie blanche ou la noire ? Bon, il allait certainement l'envoyer sur les roses juste avec ces questions.
Si je demande ça, c'est parce qu'ils pourront décider de vous laisser dans les ennuis s'ils sont axés vers la magie noire. Les gens dans ces cas-là ont rarement l'habitude d'aider les personnes en difficulté. Elles cherchent davantage à profiter d'elle. »

Bon, Adrian ne voulait pas inquiéter Abban, mais disons qu'il préférait être franc avec lui : les choses risquaient de mal tourner s'il rendait visite aux mauvaises personnes. Le problème, c'était qu'Eldoth ne connaissait pas l'univers des jumeaux. Il savait juste qu'Aishlinn avait travaillé pour des personnes pas forcément honnêtes et cela le poussait donc à envisager qu'Abban puisse avoir été dans le même cas. Rien ne lui disait donc qu'il n'avait pas rendu visite à un mage noir ou à quelqu'un qui vendait ses services plutôt que de les offrir gratuitement.

« Vous avez encore de cet onguent ? Est-ce que ça vous gênerait de me le montrer ? Pas pour critiquer sa fabrication je vous rassure, mais il me semble clair que ce n'est pas vraiment efficace.... Il leva les yeux sur Abban.
Je pourrais vous aider si vous voulez. Je m'y connais un peu en matière d'artefacts magiques, je devrais pouvoir trouver des informations sur le vôtre et éventuellement vous apprendre à un peu mieux le contrôler. Il haussa les épaules.
Enfin, si vous voulez. »

Il ne forçait personne, sans quoi Aishlinn reviendrait encore au manoir pour ses cours.
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Message posté : Mar 4 Nov 2014 - 22:09 Message
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Être possédé, c’était « largement moins grave » ? Abban fixait Adrian d’un air aussi sceptique que si le mage avait été en train de tenter de lui fourguer des laxatifs en guise de bonbons. Hé, on ne la lui faisait pas comme ça, à lui ! Il avait vu L’Exorciste — du coin de l’œil, certes, et en broyant le bras du garçon qui avait eu la riche idée de le lui montrer, à l’époque — et il savait très bien comment ça se passait. Dans deux semaines, il serait en train de léviter au-dessus de son lit, de blasphémer et de vomir. Vomir. Quelle horreur.

Pendant qu’Adrian lui avouait à demi-mots avoir eu des problèmes avec des femmes pulpeuses aux jolis prénoms — en tout cas, c’était ce qu’Abban avait compris —, l’Irlandais songeait à retourner se confesser, pour préparer les derniers sacrements. Il allait devoir réserver le confessionnal pendant cinq ou six heures, s’il voulait avoir le temps de vider sa conscience et d’obtenir le pardon, avant de mourir habité par le Malin.

À moins qu’Adrian ne l’aidât. Le Mac Aoidh jaugea le mage. Dans son univers, personne ne proposait son aide gratuitement, il y avait toujours un prix. Mais Adrian était… Sympathique. Enfin, pas sympathique : vieux (déjà), mal habillé (surtout) et (un peu) moralisateur, mais plus Abban le fréquentait, plus il lui trouvait quelque chose de presque… paternel. En un sens, Adrian n’était pas sans lui rappeler Thabo, le criminel sud-africain qui les avait recueillis à Nalebo Hall, Aishlinn et lui. En moins criminel. Et en moins sud-africain.

— J’l’ai pas sur moi. L’onguent. J’vais l’chercher et j’vous retrouve chez vous.

Abban disparut.

— Déjà de retour ?
— Quoi ?
— Je dis : déjà de retour ?
— De quoi un vautour ?

Thabo soupira. Il faudrait qu’un jour on lui expliquât comment ils se faisaient que des jumeaux capables de se déplacer mieux que personne s’obstinaient à tenter de communiquer entre les étages et à travers les murs. Le Sud-Africain replia son journal et se dirigea vers la chambre de ses protégés. Il y trouva Abban qui furetait dans tous ses tiroirs, à la recherche de son précieux onguent.

— Je croyais que tu restais au skatepark toute la journée.
— C’tait naze.
— Pourquoi ? Pas assez de…

Qu’est-ce qu’on était censé trouver dans un skatepark, au fait ? Thabo haussa les épaules et tenta :

— Rambardes ?
— Les mecs étaient désagréables.
— Hmm…

Avec toute l’affection qu’il avait pour les jumeaux, Thabo avait toutefois tendance à supposer qu’en toute situation, les plus difficiles à vivre, c’était eux. Abban releva les yeux et, comme si le regard de Thabo le forçait à justifier, il assura avec sincérité :

— C’est vrai ! J’ai rien fait.
— Eh bien, ça arrive, je suppose…
— Ça m’arrive tout le temps.
— Tu sais, je crois que dans la vie d’un…

Abban disparut.

— … jeune homme…

Thabo poussa un soupir et marmonna :

— Je me fais trop vieux pour ça.

Son onguent à la main, Abban apparut devant le manoir. Il allait frapper à la porte quand il se ravisa, préférant situer Adrian dans la ville. Il le sentait non loin de là — le mage n’était donc pas encore rentré chez lui et l’Irlandais était prêt à mettre sa main à couper que jamais Sallah ne le laisserait rentrer si Adrian n’était pas là. Alors il s’assit sur les marches du perron et se mit à regarder les passants.

Les voisins d’Adrian devaient avoir l’habitude de voir des jeunes filles et de jeunes hommes défiler à sa porte — on imagine sa réputation dans le quartier — alors un de plus ou un de moins n’allait pas bouleverser leurs habitudes. Une vieille dame passa quand même en murmurant d’un air réprobateur :

— Encore un… Eh bien, dans quel monde on vit…

Inconscient d’être en train d’alimenter la légende de riche excentrique bisexuel amateur de beautés à peine majeures qu’était peut-être celle d’Adrian dans son quartier, Abban faisait tourner le pot d’onguent entre ses doigts. Est-ce qu’Adrian avait raison ? Est-ce que les intentions de l’Apothicaire étaient nuisibles ? Il avait toujours été persuadé du contraire. Ou, plutôt, il avait toujours été persuadé que la réputation irréprochable, en un sens, de la femme dans le Milieu était un gage suffisant de son efficacité. Après tout, lui-même n’était-il pas devenu en quelque sorte l’un des proches de Cesar — et des Mancini — et de Noctis — et des Gitans ? Celui ou celle qui doublerait le Passeur s’exposerait à des répliques pour le moins brutales.

D’un autre côté, l’Apothicaire ne lui avait rien promis d’autre que d’atténuer pour un temps les effets de la Pierre et c’était précisément ce qu’il avait obtenu. Depuis, il n’était plus retourné la voir et peut-être l’onguent avait cessé d’être efficace. Tout simplement. Lui qui n’aimait pas trop les médicaments — la situation ne manquait pas d’ironie.

Adrian arriva enfin. Abban se releva, lui montra le pot d’onguent et lui emboîta le pas à l’intérieur du manoir, décidé à répondre, au moins à grands traits, aux questions qu’il lui avait posées.

— La personne qui a fait ça est une… Herboriste. Et alchimiste. Si j’ai bien compris. Disons qu’elle a une sacrée réputation auprès de certaines personnes. J’sais pas si c’est d’la magie noire ou d’la magie blanche, ou quoi. En fait, je crois pas l’avoir jamais vue vraiment lancer de sorts, vous savez. Juste préparer des trucs. Bon, bref, c’t’une commerçante, quoi. Un peu, disons, underground…

Un bel euphémisme.

— … mais une commerçante.

L’Apothicaire était en quelque sorte une scientifique qui ne s’embarrassait pas trop d’éthique. Elle poursuivait les recherches de son père, qui avait poursuivi les recherches du sien et ainsi de suite pendant des générations. Établir le catalogue exhaustif des herbes magiques ou des champignons mystiques avait probablement plus d’importance à ses yeux que tout jeu de balancier entre le bien et le mal. Toutes ses activités annexes n’était guère que des moyens de financer sa curiosité.

Abban tendit l’onguent à Adrian. La préparation témoignait indubitablement d’un niveau de maîtrise alchimique exceptionnel et il n’y avait pas lieu de douter qu’elle eût été efficace pendant les premiers mois de la fusion entre la Pierre Orphique et son hôte — ce qui était, déjà, en soi, une prouesse de premier ordre. Mais comme le mage l’avait prédit, il était tout aussi évident que l’onguent était désormais à peu près inutile. Abban s’était accroché à une solution provisoire sans penser au futur.
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Message posté : Jeu 6 Nov 2014 - 20:33 Message
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Eldoth
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ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
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- Choc mental
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- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
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- Force du Lion II
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ϟ Liens Rapides :
Rendez-vous chez lui, donc. Adrian eut à peine le temps de hocher la tête avant qu'Abban ne disparaisse et il s'éloigna ensuite en direction du manoir. L'endroit n'était pas très éloigné, cependant le centenaire ne se déplaçait pratiquement qu'à pied et ne comptait pas changer ses habitudes ! Il lui fallut donc une dizaine de minutes, environ, pour voir la silhouette de sa demeure se dessiner non loin de là et il repéra rapidement Abban installé sur les marches. Tiens, il n'était pas entré ? Sallah l'avait déjà vu débarquer – couvert de sang après s'être battu contre une femme – et lui aurait certainement accordé le droit d'entrer dans le hall. Même s'il l'aurait aussi collé jusqu'à ce qu'Adrian ne revienne pour s'assurer que le Mac Aoidh ne mettait pas son nez partout – il en avait fait l'expérience avec Aishlinn !

Ils entrèrent donc dans le manoir et le jeune homme reprit rapidement la parole pour lui expliquer plus amplement l'histoire de cet onguent. Un alchimiste relativement doué – si l'on se basait sur sa réputation – et certainement juste qualifié dans ce domaine. Ce n'était pas inhabituel, Eldoth avait souvent côtoyé des alchimistes qui excellaient dans ce domaine, mais étaient tout simplement incapables de lancer un sort de base. Il resta donc silencieux en l'écoutant, avant de tendre la main pour attraper le pot et y jeter un coup d’œil. Il ne faisait pas beaucoup d'onguents ou de potions – très rarement même – mais cela ne l'empêchait pas de savoir à quoi il avait affaire. Dans ce cas-là, il s'agissait indubitablement d'une préparation exécutée par un très bon alchimiste qui n'avait pas volé sa réputation ! Cela dit, si elle n'avait plus d'effet sur la pierre, c'était certainement le signe qu'Abban allait devoir agir autrement... comme en apprenant à la contrôler. Sur ce plan, Adrian pouvait l'aider, plus qu'avec des décoctions et autres choses de ce type du moins.

« Vous avez raison, c'est quelque chose de réellement efficace. J'imagine que la personne qui vous a fait ça doit compter parmi les meilleurs dans son domaine. Il lui tendit à nouveau l'onguent.
Cela dit, l'alchimie ne servira pas éternellement dans votre situation. Il m'apparaît assez évident que le baume a été utile au début, mais plus maintenant. C'est aussi efficace qu'un placebo – et encore. Il haussa légèrement les épaules.
Il faut régler le problème à la source et non plus chercher à trouver des moyens détournés pour neutraliser les pouvoirs de cet artefact. »

Après tout, s'il l'avait encore dans le corps, c'est que ça devait être de son propre chef, non ? Adrian avait fait face à diverses situations, mais il avait toujours réussi à parvenir à ses fins. Que ce soit en bannissant une divinité ou en exorcisant une femme possédée par l'esprit d'une Valkyrie, Eldoth avait su comment s'y prendre. Du coup, la perspective d'une pierre cachée quelque part dans le corps d'un adolescent Irlandais c'était... comment dire ? Très facile en comparaison. Bien sûr, avant de faire quoi que ce soit, il devrait d'abord analyser la situation et voir comment les choses se présentaient, cependant ses qualifications d'Archimage laissaient penser qu'il devrait pouvoir s'en tirer sans trop de mal. Mais là n'était pas la question, pas pour le moment.

« Ce que je veux dire par là, c'est que vous allez devoir apprendre à la contrôler. Elle fait partie intégrante de votre corps si j'ai bien compris, plutôt que de lutter contre elle, ce serait certainement préférable de l'apprivoiser et de la comprendre. Bon, il avait l'impression de parler d'un chien.
Ou il y a certainement d'autres solutions. Plus radicales. L'alchimiste dont vous me parlez n'en avait certainement pas les capacités, mais il doit y avoir un moyen pour la retirer de votre corps. Je peux parfaitement faire les recherches qu'il faut et m'en charger. Même si Abban ne semblait pas trop lui faire confiance.
C'est à vous de voir. Je trouve ça assez imprudent de se promener avec un artefact magique dans le corps sachant qu'ils peuvent être capricieux et avoir des effets secondaires, mais vous êtes assez grand pour décider seul. Ne pas jouer le papa-poule était plus dur que prévu finalement.
Et si ça ne vous intéresse pas... j'aimerais tout de même pouvoir l'analyser un peu. Histoire de prévoir une issue de secours si jamais la situation vous échappe un jour. »

Parce que, si Abban n'était pas spécialiste dans les projets sur le long terme, Adrian avait pour habitude d'aménager toujours une dizaine d'issue de secours.
Une vingtaine serait certainement suffisante pour un Mac Aoidh. Quoique...
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Message posté : Ven 7 Nov 2014 - 18:45 Message
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Chouette, l’onguent était réellement efficace ! Chouette, l’Alchimiste ne l’avait pas mené en bateau ! Eh bien, merci, au revoir et à un autre jour. Il suffisait sans doute d’augmenter la dose, hein ? Pas vrai ? Les petits espoirs d’Abban furent réduits à néant par les rudes vicissitudes des existences terrestres et les rudes vicissitudes des existences terrestres, ce jour-là, avaient pris la voix et le visage d’Adrian. L’Irlandais récupéra tout contrarié son pot d’onguent. Dire qu’il avait continué à appliquer sur sa belle et douce peau une décoction aussi suspecte que désormais inutile. Maintenant, il était maudit/possédé/empoisonné/ensorcelé, ou quelque chose comme ça. En tout cas, ce qu’il avait compris, c’était qu’il allait mourir dans d’atroces souffrances, étouffé par un noisetier sorti de nulle part ou assommé par un sapin tombé du plafond. Sa nécrologie serait l’objet de la risée publique.

Abban plissa des yeux d’un air franchement suspicieux quand Adrian parla de régler le problème à la source. Vu ce que le mage lui avait fait dans la bibliothèque, l’Irlandais s’attendait désormais au pire. Adrian allait-il chercher à l’amputer du bras ? Non, parce qu’il en avait besoin, de son bras. D’abord, au fil du temps, il s’y était attaché. Ensuite, il était ambidextre, alors ça lui servait un peu tous les jours. Et enfin, il trouvait que son bras gauche offrait une agréable symétrie à son corps, avec son bras droit. Prêt à défendre bec et ongles (de la main gauche), la survie de ce précieux appendice, l’Irlandais prêta une attention mal disposée à la suite des explications.

— La retirer ?

Il baissa les yeux vers son avant-bras. Cette perspective l’emplissait soudain d’un malaise inexplicable. C’était pourtant précisément ce qu’il aurait voulu — ce qu’il avait cru vouloir, en tout cas. Se débarrasser de la Pierre Orphique. Retrouver une vie normale de téléporteur criminel restaurateur avec un trouble borderline de la personnalité et une super-voiture parlante. Retirer la Pierre, la donner à Adrian, le laisser s’en occuper et oublier ces quelques mois trop étranges pour lui. Plus il y pensait, plus il avait envie de pleurer.

Non, pas de pleurer. De se lamenter !

Dans un français d’outre-temps, Abban murmura :

— Je te prometz que ta bonne fortune
Dedans mon cueur ne met envie aucune :
Mais m’esbahy comme en toutes saisons
Malheur nous suyt en noz champs et maisons.

Spoiler:
 

Comme Adrian n’avait pas l’air très sensible à cette séculaire, que dis-je, millénaire lamentation, le Poète posa sur lui un regard un peu étonné — avant de comprendre que la Pierre une nouvelle fois s’était activée, quoique de la plus innocente des façons. Abban poussa un soupir, ferma les yeux, se concentra et reprit dans l’habituel anglais d’Irlande que les Mac Aodih parlaient :

— Désolé. Ouais, euh, la retirer, j’sais pas trop. Ça m’semble…

Quoi qu’il en dît, il devait bien avoir un petit contrôle sur la Pierre, pour pouvoir récupérer ainsi l’usage de sa propre parole.

— … j’saurais pas dire. Ça m’angoisse. J’voudrais bien, mais j’aimerais pas. Ou elle aimerait pas. C’possible, ça ? Qu’elle ait sa volonté ? Parce y a un mage que j’ai vu, il m’a dit, la Pierre elle choisit son hôte. Mais une Pierre, c’est genre, une Pierre. Ou alors c’est comme l’Anneau… Ou les baguettes magiques…

Dans Harry Potter. Tout cela n’était pas franchement rassurant. Il avait déjà une voiture caractérielle, si en plus il fréquentait une Pierre capricieuse, sa vie deviendrait rudement difficile.

— On peut vraiment apprendre à la maîtriser ? Ça peut être bien, ça. Maîtriser. Genre, c’est un peu comme apprendre à…

Son expérience personnelle d’entraînements rigoureux lui fournit toute une série d’exemples qu’il jugea préférable de retenir : apprendre à forcer une serrure, à conduire à contresens sur les autoroutes, à tirer au revolver, à désactiver les alarmes, à marcher silencieusement pour ne pas alerter les détecteurs.

— … faire du skate. Ouais, on peut trop faire ça. J’apprends à contenir ses pouvoirs. C’est cool.

Manifestement, le jeune homme n’avait pas tout à fait compris ce qu’Adrian lui avait dit, quand celui-ci lui avait suggéré que chercher à neutraliser les pouvoirs de la Pierre n’était peut-être pas la meilleure manière de voir les choses.

— Puis vous l’analysez.

Une seconde…

— ‘Fin, quand vous dites analyser, ça veut pas dire, genre, avec des prises de sang et tout, hein…

Il se voyait déjà ligoté à une chaise de dentiste dans le laboratoire de savant fou d’Adrian, entre les alambics et les cornues.

— C’pas qu’j’aie peur des aiguilles !

Non, bien sûr, quelle drôle d’idée — un grand garçon comme lui ! D’accord, en dehors du tatouage à son poignet, qui lui avait déjà demandé un effort de courage surhumain, il ne s’était jamais prêté à la moindre prise de sang, mais c’était simplement par manque de, euh, temps.

— M’enfin, si on peut analyser de loin, par exemple…

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Message posté : Ven 7 Nov 2014 - 23:13 Message
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Adrian avait beau parler d'autres langues – ou plutôt des dialectes d'Afrique – il n'y connaissait rien au vieux français, aussi le poème de l'Irlandais provoqua plus de surprise que d'admiration chez lui. Était-ce l'effet dont Abban lui avait parlé devant la bibliothèque ? Très certainement. En tous les cas, l'Irlandais ne sembla comprendre qu'après coup ce qui venait de se passer et reprit dans une langue plus compréhensible – bien que semée de « transformations Mac Aoidh », à savoir des raccourcis qui rendaient parfois leur discours difficile à comprendre. Heureusement qu'il avait croisé pas mal de monde au travers de sa longue vie et qu'il pouvait à peu près décrypter les paroles des jumeaux.

Toujours est-il que la discussion se fit plus sérieuse alors que le jeune homme déclinait la proposition émise par Adrian de lui retirer la pierre. Angoissé ? Ce n'était pas étonnant : il devait être en partie – voire totalement – possédé par l'artefact et ce dernier le persuadait de ne pas se séparer de lui. Le mieux aurait été de lui proposer un exorcisme, mais c'était douloureux et vu la propension qu'Abban avait à se plaindre, Eldoth préférait d'en passer par là – pour l'un comme pour l'autre. Mais lorsque les comparaisons « modernes » arrivèrent, Adrian fut un peu plus largué. Faire du skate ? Il n'avait jamais mis les pieds sur un pareil engin, alors le comparer à une maîtrise de pouvoirs... Le mage était légèrement sceptique. Il attendit tout de même que le jeune homme termine avant d'intervenir et décida de commencer par le rassurer à propos de l'analyse. Enfin, rassurer, c'était un bien grand mot. Il n'avait pas l'air très réceptif à la magie et Adrian craignait qu'Abban ne refuse de le laisser utiliser ses pouvoirs sur lui – et bien sûr, il ne comptait aucunement lui forcer la main.

Après une légère pause, il répondit donc d'un ton calme et patient – il commençait à savoir s'y prendre avec les Mac Aoidh.

« Je ne suis pas médecin, je suis mage. Je ne fais ni piqûre, ni examen de ce type. La seule chose que vous aurez à supporter, c'est un peu d'attente. Oui, enfin pas sûr que ce soit supportable pour une pile électrique comme Abban.
Je me sers de mes pouvoirs pour analyser les artefacts, ou de descriptions, vous n'aurez normalement pas à sentir quoi que ce soit. Le « normalement » étant là pour compenser au cas où Adrian devrait un jour intervenir plus brutalement.
Je n'ai pas vocation à faire souffrir les adolescents si c'est ce qui vous fait peur. Enfin qui vous inquiète. Je suis certain que vous n'avez pas peur de grand-chose. »

En fait, c'était plutôt le contraire, mais Adrian ne voulait pas vexer le jeune homme – même s'il ne pouvait pas disparaître en se téléportant cela dit. Et si jamais Eldoth avait dans l'idée de faire souffrir Abban, la perspective de voir son – ancienne – apprentie débarquer ici pour lui rentrer dans le lard, atténuait toute pensée de ce genre. Mais avec Adrian, c'était la méthode douce, l'amour et pas la guerre – mais ils allaient aussi se passer de l'amour dans ce cas de figure. Une fois ce détail réglé, le centenaire revint donc sur le reste de la discussion.

« Enfin, c'est noté : nous ne la retirerons pas. Mais vous avez raison Abban, il n'est pas impossible que cette pierre influence vos pensées et vous persuade de ne pas vous séparer d'elle justement parce que ça l'affaiblirait... Il fit une légère pause.
Donc oui. C'est possible qu'elle ait sa propre volonté. Je ne sais pas vraiment comment elle se présente, mais disons que souvent les artefacts magiques sont... occupés par esprits ou des créatures magiques et que c'est elles qui influencent le porteur. Mais ce n'est pas impossible que votre pierre soit dotée d'une volonté propre. C'est pour cette raison que je dois en savoir plus à son sujet. Il essayait de ne pas l'inquiéter.
Vous pourriez me dire ce que vous savez à son sujet ? Comment était-elle avant que vous ne la... trouviez ? Adrian avait décidé de « croire » à cette excuse pour le moment.
Et pour la maîtrise.... je ne connais pas le skate alors je ne peux pas dire, mais c'est comme à l'école en fait. Oui, enfin... non. Mauvais exemple.
En fait non. Disons simplement que vous devez comprendre comment elle fonctionne pour savoir comment la contrôler. C'est comme vos pouvoirs : si vous travaillez sur votre téléportation, vous pourrez aller de plus en plus loin. Et bien c'est pareil. »

Mais il n'était pas certain que ce soit très clair.

« Vous voyez ce que je veux dire ? Vous n'avez qu'à le lister les effets qu'elles ont déjà produits. »
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Message posté : Dim 9 Nov 2014 - 15:52 Message
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Un peu d’attente ?

— Ouais, alors ça va, j’suis vachement patient.

Il avait dit cela très sérieusement. Après tout, c’était la pureté vérité, non ? Lui, il était patient ; c’était simplement le reste du monde qui était horriblement ennuyeux. D’ailleurs, pour prouver combien il était patient, Abban s’était mis à déambuler dans le bureau d’Adrian pour observer les livres — ou les murs, ou le plafond, ou le parquet. En tout cas, il était soulagé d’apprendre que les analyses ésotériques n’impliqueraient ni ponction lombaire, ni examen prostatique.

— J’suis pas un ado, hé ! J’suis adulte.

Techniquement.

— On a vingt ans, j’vous signale.

Depuis un peu moins d’un mois, certes, mais quand même. Bon, il fallait avouer que l’entrée dans la vingtaine avait perturbé les jumeaux beaucoup plus qu’elle ne les avait enthousiasmés et qu’Abban, de son côté, s’était mis à étudier très sérieusement les crèmes anti-rides, même si Alex, en bon scientifique rabat-joie qu’il était, prétendait que ces produits-là ne fonctionnaient pas.

Étrangement, Adrian ne parut pas très sensible à cet argument sur leur maturité et, de toute façon, Abban fut détourné de la préoccupation d’incarner l’âge adulte par l’idée qu’un korrigan maléfique vivait peut-être à l’intérieur de la Pierre et, donc, par définition, à l’intérieur de lui. À mi-voix, il glissa :

— Un peu comme un ver intestinal…

Mais avec plus de volonté. Un frisson fit dresser les poils (oui, il en a — je vous vois venir avec vos insinuations désobligeantes) sur ses avants-bras. En fait, il préférait de loin supposer que la Pierre était inhabitée et qu’elle avait sa propre volonté, même si c’était plus bizarre. Maintenant, évidemment, il se demandait à quel point cette volonté étrangère avait pouvoir sur la sienne. Peut-être y avait-il des décisions de son quotidien qui avaient été influencées par la Pierre sans qu’il s’en fût rendu compte ?

Tout à cet examen de conscience, Abban n’écouta que d’une oreille distraite le reste des propos d’Adrian et ce fut lorsque le silence revint qu’il se rendit compte qu’il était probablement censé répondre à deux ou trois questions. Quittant des yeux l’un des volumes de la bibliothèque, il fixa Adrian. Cette fois-ci, les scrupules professionnels avaient presque disparu. Entre protéger sa réputation d’agneau innocent en risquant de succomber aux menées secrètes et démoniaques de son ver intestinal magique et fournir à Adrian toutes les informations qu’il demanderait pour reprendre sa vie (presque) normale, le choix était vite fait.

— Alors, euh… Quand j’l’ai trouvée, elle était noire, sombre, grosse comme ça…

Il mima une petite sphère d’une quinzaine de centimètres de diamètre avec ses mains.

— Vert émeraude, ou parfois plus sombre, et puis des dessins dessus. Enfin, pas tant des dessins que des, euh… V’savez, les lignes, là, en zigzag.

Abban claqua trois fois des doigts en cherchant le mot approprié.

— Arabesques ! Ouais, voilà. Des arabesques. Ensuite, quand j’l’ai touchée, elle s’est mise à briller, même couleur, vert, et puis j’crois que c’était un peu chaud, pas, genre, brûlant, mais chaud agréable. J’me souviens pas trop. Ensuite, la lumière m’a enveloppé, j’voyais pas très bien, et puis après, y avait plus d’pierre. C’t’un peu comme si elle s’était, genre, réveillée.

En un sens, le phénomène ne lui paraissait pas entièrement atypique, parce qu’il ressemblait à bien des choses qu’il avait pu voir dans des films ou des séries télévisées, en matière d’objets magiques.

— Ensuite, les effets, c’est surtout pour parler, hein. Genre, soit j’récite des poèmes dans des langues que j’comprends pas. C’est…

Macha qui s’en était rendue compte, parce que dans l’entourage immédiat du jeune Mac Aoidh, la super-voiture était la seule à avoir des connaissances littéraires. Ou, plutôt, un accès permanent et immédiat à WIkisource.

— … une amie qu’a remarqué. Parce qu’en fait, des fois, j’parle juste en vers. En anglais. Ou pas forcément en vers, mais avec des rimes. Des fois, ça suit les règles et tout, des fois, c’est juste… Ça ressemble à d’la poésie. D’la mauvaise poésie, j’crois, m’enfin, j’sais pas trop, c’est pas ma spécialité. Parfois, c’est compréhensible et tout, en gros, d’autres fois, y a tellement de, euh…

Abban essayait de se souvenir de ses cours d’anglais, à Dublin, ceux qu’il avait passé à jouer avec sa jumelle plutôt qu’à écouter.

— … métaphores, et des trucs dans l’genre. ‘Fin bref. Quand j’récite des trucs, ça a souvent un rapport avec c’que j’voudrais dire, ou c’que j’pense mais que j’ai pas envie de dire, mais c’est jamais super clair. Tout ça, c’était au début. Ensuite, j’ai commencé à comprendre quand les gens parlaient des langues zarb. Genre, quand j’allais à Chinatown, v’voyez. C’est même pas qu’ça s’traduisait dans ma tête, c’est juste qu’j’avais l’impression d’avoir toujours parlé la langue.

La sensation lui était presque impossible à décrire.

— Au bout d’un moment, en m’concentrant, j’suis arrivé à déclencher ça à peu près sur commande, mais après, j’suis obligé d’parler en vers. J’peux pas, genre, juste comprendre. Voilà. Et euh…

Il cherchait quels autres éléments pouvaient être pertinents, mais il n’était pas sûr de parvenir à faire la différence entre l’anecdotique et l’essentiel, dans ce domaine-là.

— Ouais, quand ça s’déclenche, systématiquement, mon avant-bras, là, il s’met à briller, comme v’z’avez vu, mais j’m’en rends pas forcément compte. Et donc, ça s’déclenche un peu tout seul, quand j’suis, j’sais pas… en fait, généralement, c’est quand j’suis en colère contre quelqu’un. Ou triste. Triste surtout.

Et comme si c’était une évidence, le jeune homme survolté souligna en passant :

— Autant dire que c’est un peu tout l’temps…
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