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Down in the River to Pray II — Anna LeBlanc

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Message posté : Sam 1 Nov - 21:04 Message
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Le Hasard

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— J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !
— Ta gueule.

Le sourire de Jennifer s’agrandit alors qu’elle se tournait vers le prochain passant.

— Désirez-vous en savoir plus sur Jésus-Christ votre Sauveur ?
— J’ai piscine.

Tandis que la vieille dame s’enfuyait à pas aussi rapides que son hanche en plastique l’en rendait capable, Jennifer cria après elle :

— Dieu vous aime aussi !

Cela faisait bientôt trois semaines désormais que Jennifer avait rejoint l’Église de la Perpétuelle Consolation et, comme tous les nouveaux adeptes, elle avait à cœur de répandre avec ferveur la bonne parole dans les rues de Star City. Après tout, ce n’était que justice. Pauvre étudiante, elle ne pouvait pas contribuer autrement à l’Église de la Perpétuelle Consolation qu’en donnant de son temps. Et c’était ainsi que tous les mardis, et tous les jeudis, et les vendredis soirs aussi, et puis parfois le week-end, Jennifer, flanqué d’un ancien de l’Église, avait commencé à arpenter les rues de la ville pour distribuer des tracts, des magazines et des sourires illuminés.

Jennifer ne se posait pas beaucoup de questions. Par exemple, elle ne se demandait pas comment l’Église de la Perpétuelle Consolation, fondée il y a une dizaine de mois tout au plus dans un coin reculé du Missouri, pouvait déjà avoir des anciens, ni qui finançait les magazines, les prospectus et le temple. Quand on avait la foi, on n’avait pas besoin de savoir, n’est-ce pas ? Ce fut donc avec la foi que Jennifer aborda un homme qui avait le malheur de marcher plus lentement que les autres, parce qu’il regardait son téléphone portable.

— Bonjour ! Voudriez-vous donner un sens à l’existence ?
— Je vous demande pardon ?

L’homme leva le nez de son appareil.

— J’aimerais vous parler de Jésus Christ, votre Sauveur.
— Hmm.

L’homme fronça le nez.

— Vous avez vu ça ?

Il tourna le téléphone vers Jennifer. Sur le site d’un grand quotidien d’informations, un gros titre donnait : « Pêche macabre à Star City ».

— C’est la cinquième fois en quatre mois qu’on retrouve des corps mutilés dans la baie. Et vous me parlez de bonne nouvelle ?
— Dieu nous met à l’épreuve.
— Vous avez de bien bonnes. Vous feriez mieux de rentrer chez vous étudier.
— Voudriez-vous étudier la parole du Seigneur ?

Le passant poussa un soupir navré et reprit son chemin. Jennifer s’était déjà tournée vers une autre victime.

Pendant ce temps-là, à quelques kilomètres de là, dans le District Sud, dans les sous-sols de l’Église de la Perpétuelle Consolation.

— Cinquante-deux, cinquante trois, cinquante quatre. C’est ça. Cinquante quatre précisément. Excellent, excellent.

Le Révérend Père Durand contempla avec satisfaction l’alignement de globes oculaires, dans les bocaux, sur son bureau. Pour se féliciter de cette excellente nouvelle, il se frotta vigoureusement les mains. Il redressa ensuite l’écran de son MacLivre Éther, à la ligne élégante et raffinée et aux performances inégalables, disponibles chez tous les revendeurs Poire Premium*, se connecta à Skype et s’exclama :

— Vous serez très satisfait. Cinquante quatre ! Précisément.

Une voix électronique lui répondit :

— Félicitations, Révérend Père. Votre Pitié vous fait honneur. Vous gagnez…



Cinquante points.

D’expérience.




Bienvenue dans ce Sujet du Hasard ! Un joueur s'y est déjà essayé sans jamais le terminer ; peut-être aurez-vous plus de chance avec votre enquête !

Une étrange organisation religieuse a commencé à se distinguer par la ferveur de son prosélytisme dans les rues de Star City. Parallèlement, une série de meurtres suspects s’étend sur plusieurs mois, autour des quartiers de la baie. Vous l’ignorez encore, mais ces deux affaires sont connectées. Votre suspicion a-t-elle été éveillée par ces prédicateurs intempestifs ? Ou bien avez-vous commencé à mener l’enquête sur les cadavres ? Peut-être êtes-vous tout simplement en passe de devenir la prochaine victime du Révérend Père Durand ? Quoi qu’il en soit, héros qui protégez les citoyens de la ville, vilains qui n’aimez pas que l’on empiète sur vos plates-bandes ou victime imprévue d’une machination techno-religieuse, il est temps d’agir !

→ Le sujet sera réservé à la première personne qui y répondra. Il serait apprécié que les joueurs qui ont déjà eu l'occasion de participer à un sujet du Hasard par le passé laissent la place aux autres, que chacun en ait l'occasion. Merci !
→ Le joueur qui choisit de participer à ce sujet est prié de répondre au plus tard tous les 5 jours pour ne pas bloquer le Hasard.
→ Les actions du personnage seront déterminantes sur l'évolution du sujet et la récompense sera à la hauteur de ces dernières. Faites-vous donc plaisir !
→ Le sujet n'est pas voué à s'éterniser, aussi, n'hésitez pas à développer vos réponses. Malgré cela, ne PNJisez pas les personnages du Hasard ! Nous vous encourageons toutefois à écrire des messages courts et « utiles », d'un minimum de 400 mots à un maximum de 800/1000 mots.



* Ce sujet du hasard vous est offert grâce à notre sponsor Poire. Poire, croquez la vie.
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Message posté : Dim 2 Nov - 1:28 Message
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Réfléchissez bien. Qu'est-ce qui fait de vous ce que vous êtes ? Qu'est-ce qui détermine votre héroïsme, ou votre potentiel à être mauvais ? La société ? Oui, un peu. Beaucoup, même, pour certains ... Si vous étiez nés dans le mauvais milieu, dans une famille un peu trop pauvre, alors oui, certes, cela pouvait vous conditionner, un peu, mais dans l'esprit d'Anna LeBlanc, ce qui finissait, en fin de compte, par définir une personne, c'était elle-même. On se fait par soi-même, car le monde ne vous attendra pas au tournant. C'était une leçon qu'elle avait chèrement apprise, en "quittant" la Team Alpha de Star High.

Et c'était pour cela qu'Anna se lançait seule dans le combat contre le crime. C'était une quête personnelle, une quête initiatrice, une intense volonté de développement personnel : son entrainement, son passé, ses erreurs ... Tout cela n'avait plus la moindre importance, maintenant, car maintenant, c'était à elle de se faire. Elle avait pu constater où l'avait emmené quatre années d'efforts et d'abnégation, ruinées en quelques secondes, et ce qu'elle en avait retiré, c'était bien qu'elle se devait de tenir son propre rôle, de tirer ses propres ficelles. L'âge de l'innocence et de la passivité étaient passés, et elle ne pouvait plus se permettre d'attendre des autres quoi que ce soit. les plus grand héros, à tout les âges, se sont forgés par eux-mêmes, sans attendre qu'une école ne les forme à quoique ce soit. Il en est ainsi pour tout, à vrai dire, car c'est bien la motivation et le travail personnel qui, en fin de compte, ont la seule vraie importance.

Et le travail personnel, c'est bien ce qu'effectuait Anna LeBlanc, en ce moment. Un travail d'investigation, un travail minutieux. Un travail qui la menait à tout les points de la baie, à tracer des cercles, relever des noms, consulter des plans, découper les coupures de journaux ... Toutes les informations, minutieusement recensées dans les petits carnets qu'elle transportaient dans les poches de ses longs manteaux, dans le but de retrouver le coupable de tout ces meurtres, dans la baie.
La vérité était qu'Anna cherchait un coup d'éclat. Quelque chose de fort, quelque chose qui pourrait lui permettre de montrer qu'elle avait une véritable valeur et un véritable avenir en tant qu'héroïne. Sa première idée avait été de se lancer dans la chasse aux petits dealers de drogue, à la "criminalité de bas-étage" ... Et puis elle avait pris une balle dans le genou, littéralement. Enfin, une balle dans la jambe. Rien de bien grave, ni de bien définitif, et à part un bandage et ce qui allait devenir une cicatrice assez disgracieuse, elle s'en sortait plutôt bien et pouvait même gambader à peu près sans problèmes - tant qu'elle ne tirait pas trop sur sa jambe. -.
Cette simple expérience avait suffi à la dissuader, pour un moment, de se lancer aveuglément dans un vigilantisme offensif et sans concession ... Pas tant qu'elle n'aurait trouvé un moyen de se protéger contre les balles.

Non, à la place, elle ferait quelque chose de plus fort, d'un point de vue médiatique. Quelque chose qui n'aiderait finalement pas autant de monde que la fin de la distribution de stupéfiants à la sortie des écoles, mais quelque chose qui aurait bien meilleure presse : elle arrêterait un meurtrier en série !

Bien sûr, la théorie ne rejoignait que bien difficilement les faits, et les faits présents étaient simples : Rien. Nada. Niet. Que dalle. Pas une seule trace. Rien, dans ses maigres ressources, n'avaient encore permis d'isoler une piste. En un mot comme en cent, elle piétinait.

Métaphoriquement, évidemment, car, sur la promenade longeant les quais, à kilomètres à peine de là où sa disgrâce avait commencé, au port, Anna marchait, plutôt. Elle avait à une main un énorme gobelet cartonné emplit d'un liquide caféine sorti de l'antenne locale de la seule enseigne de coffee shop au monde qui avait le courage de vous escroquer d'une dizaine de dollars pour une pâtisserie et une boisson, en écorchant votre nom au passage, et dans son autre main son carnet, dans lequel tout était consigné, et qu'elle relisait à la recherche d'une quelconque information qu'elle avait manqué : elle repartait tout juste de l'un des derniers endroits où l'on avait repêché un cadavre, et il ne fallait pas être devin pour remarquer que son air profondément grave et renfermé signifiait que sa journée n'avait pas été des plus sympathiques.

Et quand elle percuta de plein fouet une prédicatrice de rue qu'elle avait vaguement entendu alpaguer un autre passant, accompagné d'un sidekick taciturne, son sang ne fit qu'un tour. Comme à son habitude, elle était couverte, évidemment, de pied en cap(uche), si bien qu'un drame n'avait que fort peu de chances d'arriver ... Peu de chances, seulement, car il était arrivé.

Elle avait renversé son café à la fois par terre, et sur la manche de son manteau.

Une catastrophe. Véritablement, surtout lorsque cela semblait avoir été fait, au moins dans une certaine mesure, à dessein ... Rien de cela ne serait arrivé si on avait pas cherché à la placer dans les bras du Christ, un sauveur qu'elle côtoyait depuis son enfance et qui avait tendance à la laisser tomber, ces temps-ci.

Bref, quelque chose qui l'emplissait très moyennement de joie, et qui ne manqua pas de faire voler sa verve au-delà de sa pensée, sous l'effet de la colère d'avoir ruiné son manteau et la frustration d'une enquête au point mort :

" C'était une pièce quasiment unique que j'ai dû faire venir de Paris. " souffla-t-elle entre ses dents, le visage enfoui sous la capuche, baissé vers sa manche et d'où ne ressortait que quelques mèches brunes et blanches, " Alors j'aimerais savoir, de quel congrégation revendez-vous la bouillasse ? Faites-moi rire : je suis mutante, catholique, fille de démocrate et ... à moitié européenne par ma mère. Alors, est-ce ça fait à votre Jésus suffisamment de raisons de m'envoyer en Enfer ? "
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Message posté : Lun 3 Nov - 22:21 Message
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— Ah, une papiste…

Souffla avec circonspection Jennifer à son impassible acolyte, dont la principale fonction semblait être de porter derrière elle des tas de petits livrets, en anglais, en polonais et bien sûr en espagnol, décoré d’un Jésus qui ressemblait furieusement au Laurence Olivier du Choc des Titans.


(Comme ça. À peu près.)

Devant la verve colérique de sa nouvelle interlocutrice, Jennifer ne se départit pas de son sourire de lapine sous amphétamines. Dans les situations difficiles, elle avait exactement la phrase qu’il fallait :

— Dieu vous met à l’épreuve.

Vous avez été licencié ? Dieu vous met à l’épreuve. Il pleut dans votre salon ? Dieu vous met à l’épreuve ? La faim dans le monde ? Dieu vous met à l’épreuve. Un nouvel album des One Direction ? Dieu vous met à l’épreuve.

— Il vous apprend à vous détacher de vos possessions matérielles.

L’Ancien de l’Église, qui s’était tenu jusque là parfaitement silencieux, depuis le début de la journée, derrière Jennifer, se pencha par-dessus de son épaule et précisa d’une voix fluette :

— Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis se jetant par terre, il se prosterna et dit : je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni !
— Exactement !

S’exclama Jennifer avec enthousiasme.

— Comme Job, vous perdez votre manteau.

En somme, il ne lui manquait plus qu’un tas de fumier pour méditer ses malheurs.

— Et ce n’est pas Jésus qui envoie en Enfer, ce sont les erreurs des hommes qui les éloignent du Paradis. La Grâce du Seigneur attend tous ceux qui s’en montrent dignes.

Pendant que Saint Augustin et Jansénius se retournaient dans leurs tombes (en attendant la résurrection des corps), l’Ancien murmura quelque chose à l’oreille de Jennifer, et l’ardent zélatrice, après avoir hoché la tête d’un air soudainement pensif, reprit d’une voix beaucoup plus calme et plus insinuante :

— Pourquoi ne viendriez-vous pas parler de ce qui vous tourmente à notre temple, Anna ? Car vous vous appelez Anna, n’est-ce pas ? Le Seigneur nous a guidé jusqu’à vous. Ne cherchez-vous pas la rédemption et l’apaisement de l’âme ?

Une nouvelle fois, l’homme d’une cinquantaine d’années se pencha à l’oreille de Jennifer, une nouvelle fois Jennifer écouta et une nouvelle fois elle reprit la parole, en faisant preuve d’une singulière perspicacité, comme si elle récitait ce que son clairvoyant souffleur lui avait glissé.

— Vos jambes blessées souffrent de porter votre corps, mais votre volonté blessée souffre de porter votre âme. Venez placer votre volonté dans celle du Seigneur et votre âme et votre corps seront libérés de leurs souffrances.

Une promesse pour le moins ambiguë. Jennifer tendit une feuille de papier à Anna, qui portait l’adresse du temple de l’Église de la Perpétuelle Consolation, l’horaire des services et celui des groupes de discussion. Et pendant ce temps, les yeux de l’Ancien, qui ne clignaient jamais des paupières, restaient fixés sur la jeune fille.

Bienvenue, chère aventurière ! J’espère que vous vous repentez déjà de votre goût pour le café qui vous conduit à faire de si mauvaises rencontres. Il n’aura pas échappé à votre perspicacité que ces prédicateurs de rue sortent un peu du lot. Si leur discours est convenu, ils semblent pourtant en savoir beaucoup sur vous, pour de simples étrangers. Mais après tout, vous êtes à Star City, comment s’en étonner ? Tout de même. Qu’allez-vous faire ? Vous pourriez vous rendre aux groupes de discussion. Qui sait, ça vous ferait peut-être du bien. Ou surveiller le temple à des horaires moins convenus. À moins que vous ne décidiez de vous éloigner pour prendre ces deux-là en filature. Qui sait si leur zèle sectaire ne parviendrait pas à subjuguer des esprits plus fragiles que le vôtre ?

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Message posté : Mar 4 Nov - 2:54 Message
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De sacrés illuminés, et des illuminés particulièrement terrifiants, à en juger par ce que le plus vieux savait d'Anna. Les bondieuseries et les boniments n'avaient sommes toutes qu'une prise toute relative sur la jeune fille, qui en avait vu bien d'autres.

" Certes, mais si je suis Job, cela veut dire que ... "

Et c'était trop tard. Le moulin à paroles était enclenché. Un moulin à paroles réglé avec ce qui aurait tout aussi bien pu être une précision de montre calviniste, et un effort quasi-militaire que l'on aurait sans mal pu voir comme une tentative moderne d'égaler les huguenotes défenses de Montauban. Véritablement, n'eût été par égard pour le respect des normes et conventions sociales, ainsi que pour toutes les caméras de surveillances et les agents de police surveillant les rues, Anna lui aurait prestement écrasé son poing dans la figure, comme cela. L'argument que l'on aurait pu attribuer aux faibles, mais qui se révélait être aussi le riant exemple des démonstrations nietzschéennes les plus primitives : Dieu est mort, parce que l'on peut taper impunément sur les prédicateurs itinérants.

Une conclusion simpliste, évidemment, mais une conclusion que la jeune lycéenne au manteau promptement souillé brûlait de démontrer avec perte et fracas, car si il était quelque chose qu'Anna détestait, c'était la bigoterie. Dieu était amour, Dieu était compréhension, certes, mais si il y a quelque chose que Dieu n'était pas, c'était ce Tonton Maurice, tenancier de débit de boisson, qui avait la solution à tout les problèmes et vers qui l'on se tournait pour une salvatrice rasade de liqueur christique qui enivrait l'esprit et le libérait de thématiques pourtant désespérément séculaires.

Et puis, soyons honnêtes, comment pouvait-on s'en remettre à un Dieu supposément bienveillant dont le fils était représenté comme ayant l'allure d'un pater familias tout auréolé d'un héritage païen ?

Cela était, évidemment, avant que celui qu'Anna aurait qualifié ni plus ni moins que comme l'entraîneur de la prosélyte rhétoricienne - au talent douteux - se mette à lui souffler ce qui devait être les réponses à la Vie, à l'Univers et à toutes ces choses-là, puisqu'elle sembla tout heureuse de faire montre d'un savoir qu'elle n'aurait pu détenir auprès d'une Anna qui, pour le coup, aurait véritablement pu la frapper, juste comme ça, sur le moment. De la légitime défense face à l'inconnu.
Le principe de précaution, une politique que les ardents défenseurs de l'interventionnisme américain aimait à faire valoir, et une méthode qu'Anna pouvait comprendre, maintenant.

Très sérieusement, il y avait des moments où tirer d'abord et poser des questions ensuite semblait être la solution la plus indiquée, car Dieu seul - c'était le cas de le dire - savait ce que l'on pouvait savoir sur elle. Etait-ce des pouvoirs ? L'avait-on espionné ? Est-ce que tout ceci était prémédité, jusqu'au gobelet renversé ?

Trop de variables, il fallait couper la corde !

" Ouais ... C'est ça. Je peux le faire, aussi. " lâcha-t-elle, méprisante dans son rictus comme dans ses mots, en récupérant le papier, non sans regarder un instant le plus vieux des deux compères.

Si la jeune n'était pas une lumière, celui-ci, véritablement, cachait quelque chose sous ses atours de distributeurs de tracts et de paraboles. Quelque chose qui ne rassurait guère la LeBlanc, et la fit même frissonner.

En s'éloignant prestement de ces deux zouaves, enfonçant dans ses poches le tract, elle savait quel était son nouvel objectif ... Pas même connu, on semblait déjà la traquer, ou s'intéresser à elle, pour une raison qui lui échappait ...

Alors, le soir même, elle se présenta au groupe de conversation, les mains dans les poches - remplis d'un stylo et d'un carnet, comme à son habitude - d'un manteau - propre -, sans trop savoir à quoi s'attendre, mais cherchant à savoir de quoi il pouvait être question avec cette "Consolation", et comment on pouvait savoir autant de chose sur elle.
Cette Eglise, assurément, n'avait rien de commun...
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Message posté : Mer 5 Nov - 12:21 Message
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— Révérend Père ?

Durand se détourna de l’observation fasciné de ses bocaux pour regarder le chaperon de Jennifer.

— Nous en avons trouvé trois autres.

Le religieux hocha la tête et le chaperon sortit du sous-sols. Trois autres, ça ferait dix personnes pour le groupe du soir. Plus qu’il n’en fallait pour trouver un bon candidat. Dans quelques heures, l’examen pourrait commencer.

Quelques heures plus tard, le groupe de discussion en effet se réunissait dans l’une des salles du temple qui abritait l’Église de la Perpétuelle Consolation. À vrai dire, le bâtiment en question eût tout aussi bien pu être un dojo, une imprimerie ou un magasin de contre-plaqués : bétonné, plâtré, peint en blanc, son architecture minimaliste et cubique ne le distinguait guère des autres édifices modernes et fonctionnelles de cette banlieue commerciale. Même le panneau qui annonçait « Église de la Perpétuelle Consolation » échouait à attirer l’œil dans une Amérique où les congrégations poussaient depuis toujours comme des champignons.

En tout cas, le panneau était neuf, les chaises étaient neuves, les affiches sur les panneaux de liège n’étaient ni jaunies, ni cornées : tout portait à croire, pour le visiteur un peu observateur, que l’Église de la Perpétuelle Consolation n’était pas installée à Star City depuis beaucoup plus longtemps que quelques mois. Le bâtiment lui-même comportait deux salles de discussion, une salle de culte, à l’étage quelques bureaux administratifs et des sous-sols, dont la porte était constamment fermée.

À première vue, rien ne distinguait ce temple-là des centaines d’autres du même genre qui devaient peupler Star City et sa région. Les mêmes affiches pour les mêmes organisations caritatives, la même rhétorique convenue sur les livrets de catéchisme, le même calme mi-condescendant, mi-trépané, de la part des fidèles qui accueillaient le groupe. Il y avait là le chaperon de Jennifer et une dame d’une cinquantaine d’années, habillée comme si elle en avait soixante-dix, et dont la principale fonction paraissait être de guider les discutants vers le petit buffet aux gobelets en plastique et aux viennoiseries un peu sèches qui occupaient le fond de la salle, comme aux réunions des Alcooliques Anonymes.

Le groupe à proprement parler comptait exactement dix personnes, dont aucune n’avait l’air beaucoup plus familière des lieux que ne l’était Anna. Chez chacun, le même regard un peu perplexe, la même attente de réponse. Chacun avait eu le droit au même numéro, ce jour-là ou le jour précédent, la semaine d’avant même : une rencontre dans la rue, un couple de prédicateurs à sa porte, des discours sans grand intérêt et puis, soudain, des intuitions extraordinaires de la part des prosélytes, des détails intimes révélés. Certains étaient venus par méfiance, d’autres y avaient vraiment cru. Il y avait là des âmes perdues, proies faciles pour une entreprise sectaire, mais d’autres en revanche, franchement sceptiques, n’attendaient, à l’instar d’Anna, aucune révélation, aucun miracle, mais des réponses concrètes et pragmatiques à cette étrange familiarité.

D’ailleurs, l’un d’entre eux, qui devait avoir senti qu’Anna n’espérait pas ce soir-là une bouleversante épiphanie, s’approcha de la mutante et murmura :

— Vous aussi, vous avez rencontré un dieu un peu trop perspicace, aujourd’hui ?

Au ton sarcastique de cet homme d’une quarantaine d’années, il était aisé de voir que ce petit jeu ne le convainquait guère.

— Ma femme m’a dit de laisser courir, mais ces types-là ne m’inspirent pas confiance.

Il n’avait pas non plus tellement confiance en lui. Lui n’était pas un héros et il se demandait, maintenant qu’il était là, s’il n’avait pas fait une erreur en venant seul. C’était pour cela qu’il cherchait un peu de compagnie. Pour se serrer les coudes.

— Ma nièce est tombée dans ce genre de trucs une fois, elle a eu beaucoup de mal à en sortir.

C’était d’ailleurs la raison principale de sa présence.

— Si ça sent vraiment mauvais, moi, j’appelle une association de lutte contre les sectes.

Et pendant qu’il parlait à voix basse à Anna, la dame de la table à café les regardait de loin. Ou plutôt, elle les surveillait, comme un garde de prison surveillerait les prisonniers en train de comploter.

Détective LeBlanc, vous n’avez écouté que votre courage et vous vous êtes courageusement exposée à des heures de nouvelles prédications ! La discussion ne commencera pas avant une bonne dizaine de minutes, ce qui vous laisse un peu de temps pour en apprendre plus. Vous pourriez essayer d’échanger avec vos camarades d’infortune pour savoir si vous avez les uns avec les autres des points communs. Ou bien peut-être partager vos maigres informations avec cet homme qui parait nourrir les mêmes soupçons que vous ? Ou même, qui sait, tenter d’engager la conversation avec votre garde-chiourme ? À moins qu’en prétextant une envie pressante, vous tentiez de vous éclipser pour visiter le reste du bâtiment…

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Message posté : Mer 5 Nov - 17:00 Message
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Que faire de cette situation ? Anna s'était attendu à beaucoup de choses, mais le fait de voir un bâtiment aussi spartiate - sinon stalinien - dans un état aussi irréprochable ne pouvait qu'alerter Anna sur la nature extraordinaire du culte qui occupait les lieux. D'ordinaire, il était évident que ces cultes, richement supportés par quelque fantasque révérend ayant à cœur d'injecter les coquets revenus dégagés par les cotisations de bigots peu regardants à la dépense en vue de leur salvation, étaient souvent prompt à investir de véritables cathédrales d'un gothique post-moderne flamboyant, plein de lumière, de matériaux modernes et d'essences de bois raffinés, tous réunis comme dans une illustration étonnante du syncrétisme capitalo-religieux qu'Anna se voulait voir en eux.

Ici ? Rien. Du béton, du plâtre, du sobre, du concret. Ce bâtiment tenait plus du local loué à quelque entreprise bourgeonnante qu'au temple religieux, car même dans le registre du culte, il n'affectait pas de quelconque affinité au-delà du strict nécessaire, de ces tracts et de ces panneaux d'affichage que l'on retrouvait finalement dans toutes les congrégations et dans toutes les retraites de prélats : ceux-ci étaient juste aromatisés au parfum du cru, à la "Perpétuelle Consolation".

Dès lors, des dix personnes qui s'étaient présentés à cette réunion, la lycéenne ne savait guère que penser. Des égarés ? De véritables dévots en quête de réponses spirituelles ? Des personnes méfiantes, comme elle ? Une réponse partielle lui vint d'un quarantenaire loquace et visiblement persuadé qu'elle était de quelque cabale parée à démonter le groupe de l'intérieur. C'aurait été une réaction de vigilante envisageable, si c'était sa tenue d'héroïne, qu'elle avait arboré, mais là n'était pas le cas, puisqu'elle se tenait en tenue de ville, avec l'un de ses nombreux manteaux hors-de-prix et, la plupart du temps, uniques - ce qui tenait plus à ses compétences de couturières qu'à une volonté d'apparaître comme une fille d'émir suppliant son père de commander des reliques aux plus grands artisans européens, en dépit de ce qu'elle aurait pu faire croire plus tôt dans la journée. -. Celui-ci se mêlait à un pantalon de cuir beige et à une distinguée chemise crème sans manches couverte d'un veston noir, qui s'accordaient avec des gants remontant jusqu'à ses coudes. Elle faisait certainement fille de famille aisée, dans cette tenue, et elle se demandait si c'était cela qui avait amené ce curieux à elle ; peut-être avait-il cru voir en elle une fille égarée, à la manière de sa nièce ?
Toujours était-il qu'elle ne manqua pas de remarquer que le fort bien renseigné baby-sitter de déverseuse de café était présent, et qu'une autre femme à l'air aussi avenant s'occupait de promener un œil trop vigilant pour ne pas être suspect sur l'assemblée, et précisément sur le couple qu'Anna formait maintenant avec le mari curieux.

Et donc dans le doute, elle éclata d'un petit rire charmant, avant de lui glisser subrepticement, en s'appuyant contre son épaule, feignant d'essuyer une larme de rire, de manière à se cacher l'espace d'une seconde au regard de cette dame derrière le torse de l'individu :

" Courez plutôt à la Police, dans le doute. "

Et elle s'écarta distinctivement de lui, allant se procurer une boisson sur la table, inspectant le buffet étalé pour les convives sur une magnifique nappe de papier du plus bel effet. Véritablement, on se serait cru à une réunion pour personnes atteintes de cancer de la prostate, ce genre de réunion dans lesquelles une fille comme elle ne se pointait que pour soulager son chagrin, dans une robe de mariée trouvée pour une poignée de dollars dans une friperie.

Hélas, le temps avait passé, et en vertu des législations du troisième millénaire, il n'était plus possible d'allumer une cigarette lors d'un rassemblement public en lieu confiné. Quel dommage pour notre aspirante madame Singer, , qui brûlait de dégainer son zippo et un tube de nicotine, autant qu'elle aurait aspiré à rencontrer un mystérieux schizophrène au sein de cette assemblée, ne serait-ce que pour sourire aux parallèles que son imagination dressait.
Non, en lieu et place de cela, elle récupéra un verre de jus d'orange, et s'intégra à un autre groupe, avec ce même sourire ravi de façade, bien décidé à chercher ce qui pouvait avoir fait venir toutes ces personnes ici, et ce qu'elle pouvaient avoir de commun avec elle.

" C'est incroyable, non ? Je veux dire, c'est la première fois que l'on me regarde et que l'on semble me comprendre ! " claironna-t-elle à voix basse, pour ne pas déranger les conversations alentours, " D'habitude, quand je croise ce genre de personnes, il suffit que je leur dise que je suis une mutante pour qu'ils me lancent des pierres, et là, non. Je me demande bien ce que l'Eglise peut trouver en moi ... C'est vrai, on est tous des personnes sans histoires, ici, non ? "
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Message posté : Ven 7 Nov - 18:08 Message
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Le rationaliste préoccupée haussa un sourcil devant l’hilarité de façade d’Anna et le conseil de la jeune fille. Appeler la police ? C’était peut-être un peu excessif, non ? Et puis, qu’est-ce qu’il lui aurait dit, à la police ? Il regarda la jeune fille s’éloigner en se disant qu’il y avait même des gens plus inquiets que lui. Pendant que l’homme cherchait dans la petite assemblée quelqu’un d’un peu plus pragmatique, Anna s’approchait d’autres invités.

Là, deux femmes, l’une d’une trentaine d’années, l’autre un peu plus jeune, et un homme qui ne devait pas avoir beaucoup moins de soixante ans, échangeaient calmement de leurs situations respectives. L’irruption d’Anna fut accueillie d’un hochement de tête par le sexagénaire.

— Je crois que l’Église accueille tout le monde. C’est une conception égalitaire.
— Oui, enfin, ça dépend des Églises…

Remarqua la trentenaire d’une voix assez amère, qui lui attira des regards interrogateurs. Elle hésita avant d’expliquer :

— Je suis lesbienne et je peux vous assurer que je ne suis pas accueillie comme ça partout.

Elle fit un signe de tête à Anna.

— Je suppose que c’est un peu comme pour vous.
— Hmm…

La plus jeune des deux femmes regardait tour à tour Anna et celle qui venait de parler.

— Qu’est-ce qu’il y a, jeune fille ?
— Elle est lesb’, l’autre est mutante, moi j’sors de taule, ça fait beaucoup pour des gens sans histoire, vous trouvez pas ?
— En effet, en effet…

Il y eut un instant de silence, puis la reprise de justice souligna :

— Et toi, pour un vioc, t’as l’air plutôt tolérant…

Elle avait dit cela avec un tel ton de suspicion que ç’aurait pu passer pour un reproche. Mais l’homme hocha la tête avec un sourire bonhomme, apparemment peu sensible à l’insolence de la demoiselle.

La conversation ne put pas aller beaucoup plus loin : un homme venait d’arriver, qui portait une robe de prêtre. À côté d’Anna, le vieil homme remarqua d’une voix songeuse, dans un murmure :

— Tiens, c’est curieux, un prêtre. Je pensais que c’était une Église évangélique.

Et Jennifer elle-même, quelques heures plus tôt, n’avait-elle pas souligné qu’Anna était une papiste ? Quoi qu’il en fût, le prêtre était de toute évidence le maître des lieux. C’était un petit homme d’une cinquantaine d’années, replet, dont le crâne chauve luisait sous la lumière des néons de la salle. Il arborait un air tranquille. Avec un sourire et dans un anglais nettement teinté d’accent français, il s’exclama :

— Vous êtes tous là ? Excellent, excellent ! Je suis le Révérend Père Durand. Je vous en prie, prenez place. Asseyez-vous, asseyez-vous.

Il désigna d’un geste de la main la dizaine de chaises disposées en cercle. Les discutants s’assirent donc et le prêtre les imita.

— J’aurais bien commencé par une petite prière, mais quelque chose me dit que tout le monde ici n’est pas aussi fervent que moi, hmm ? Hmm ?

Et il laissa échapper un petit rire jovial, comme si tout cela n’était qu’un détail.

— Mais vous avez accepté de venir, c’est l’essentiel ! Hmm, l’essentiel ? Il faut dire que mes amis ont l’œil, si je peux dire, et le bon, le bon œil, ça c’est sûr…

Nouveau rire bref.

— … pour repérer les gens prêts à venir nous parler. Alors faisons un tour de cercle, d’abord, hmm ? Un petit tour de cercle. Pour savoir qui est qui. Monsieur, commencez, monsieur. Hm !

Le sexagénaire hocha la tête.

— Eh bien, je m’appelle Bruce, je suis chauffeur de bus. Euh… Je vis seul. Et, je ne sais pas, c’est tout.
— Dites-nous pourquoi vous êtes là, Bruce, hmm ?
— On m’a invité.
— La vraie raison.

Bruce parut hésiter.

— Eh bien, je suis… Très malade.
— Nos prières vous accompagnent. Et vous ?

Le Révérend Père était passé déjà, sans autre forme de procès, à la voisine de Bruce. Cindy était banquière et elle était lesbienne. Jaila était sans emploi et elle sortait de prison. À l’énoncé de chaque particularité, le Révérend Père avait un petit sourire réjoui et passait la parole à un autre invité. Ce fut ainsi au tour d’Anna de se présenter, alors que le malaise dans l’assemblée grandissait.

Il ne semblerait pas que les différents invites aient grand-chose en commun, si ce n’est d’avoir chacun un petit quelque chose hors du commun. Mais entre la mutation, l’homosexualité, la prison et la maladie, y a-t-il vraiment un rapport ? Si vous laissez le tour de présentation se poursuivre, vous vous rendrez rapidement compte qu’aucune de ces particularités n’est vraiment unique. D’ailleurs, il y a une autre mutante et un autre malade. En revanche, le Révérend Père français qui prêche dans un temple évangélique, lui, est sans doute beaucoup trop jovial pour être honnête. Au moins est-il beaucoup plus communicatif que ses silencieux sbires.

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Message posté : Ven 7 Nov - 22:52 Message
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D'une simple curiosité, la visite de l'Eglise de la Perpétuelle Consolation se tournait peu à peu en expérience dérangeante, si ce n'était même particulièrement suspecte. La paranoïa qui affectait peu à peu le quotidien d'une Anna LeBlanc lui dictaient tout à la fois de rester pour constater la suite, en quête de quelque malversation - et elle s'attendait au pire. -, et de fuir, vite, à toutes jambes. On ne pouvait honnêtement être sûr de ce qui pouvait ressortir d'une réunion tenu par un prêtre à l'accent et au nom des plus français, dans une congrégation qui avait tout l'air d'être évangélique ... Grands dieux, elle se rappelait cette marionnette butée et trop fière de déstabiliser une interlocutrice utiliser contre cette dernière ses propres convictions religieuses : papiste contre huguenote. Rien de moins que cela !

Cela n'était pas mal parti, pourtant, si l'on y regardait bien. Anna avait pu cerner plusieurs choses qui sortaient de l'ordinaire. Homosexuelle, reprise de justice... En effet, on était bien loin des profils de ménagères de moins de cinquante ans propre sur elle. L'espace d'un instant, notre enquêtrice dressa un constat curieux dans sa tête, à partir de ce qu'elle avait pu glaner jusque là. Un constat macabre : qui s'inquiéterait de la disparition d'un lesbienne, d'une femme tout juste sortie de prison ou d'une lycéenne qui, toute fille de bonne famille qu'elle fut, n'était certainement pas la plus aimée des enfants de la famille, et moins encore une grande communicatrice, que ce soit dans la vie ou sur les réseaux sociaux ? Ce ne semblait pas être véritablement crédible, cela dit, en dépit de tout ce que pouvait laisser présager l'allure quasi-militaire du bâtiment ou la morgue d'hôtes plus proches du garde de prison que du conseiller psychologique...

Vint l'entrée du prêtre, cela dit, et la préservation par là-même de soupçons indistincts qui taraudaient un intellect que le traumatisme du café, l'intrusion subite toute mystique s'il en était et le scepticisme avait rendu par trop soupçonneux. Encore une fois, qu'est-ce qu'un prêtre d'allure tout ce qu'il pouvait y avoir de catholique pouvait avoir à trouver à participer à une telle congrégation, voir peut-être même à la fonder, puisqu'à la manière d'un Skippy, voilà qu'elle rencontrait peut-être en chair et en os un vrai grand gourou. Un grand gourou qui, par ailleurs, tenait plus du spectre gaulois que du forçat australien, et qui semblait avoir une curieuse fascination pour l'œil. Un terme qu'il eût répété deux fois, et un terme qui fit germer, pour une raison aussi sotte que subtile, une théorie plus abracadabrante dans la psyché d'une sudiste vraisemblablement dérangée par les événements. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir avec cette volonté de répéter "œil" ? Pourquoi ? Etait-ce la raison de l'invitation d'Anna ? Celle-ci n'avait pas véritablement pensé à inspecter les attributs ophtalmiques de ses condisciples, et prit le temps de le faire, maintenant qu'ils étaient tous assis en cercle, mais elle savait pertinemment que les siens étaient spéciaux, en cela qu'ils faisait une bonne partie du charme qu'elle réussissait pour le peu qu'elle y arrivait à exercer sur la gent masculine. Deux émeraudes qu'elle se plaisait à imaginer mystérieuses et fascinantes. Deux petites pierres précieuses ... mais voilà que le tour de table arrivait à elle, et, prise de court, elle dut bien répondre.

" Ahem ... Anna, lycéenne, " formula-t-elle, en souriant béatement, " célibataire aussi ... pas pour longtemps, peut-être, Inch'Allah ... et ... euh ... mutante ... J'ai vu de la lumière, alors je suis entrée ... "

Elle ricana bêtement, ayant remarqué que la situation se prêtait tout particulièrement à l'expression...

" La lumière de Dieu, sûrement ... "

Elle attendait, surtout, de voir ce qui pourrait ressortir d'une telle réunion. Comme tout les autres, un tel rassemblement lui aspirait moyennement confiance, et elle le montra à plus d'une reprise, allant jusqu'à retirer ses gants pour gratter ses avant-bras nerveusement.
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Message posté : Dim 9 Nov - 12:16 Message
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« T’as d’beaux yeux, tu sais ? » était sans aucun doute l’une des phrases séductrices que le petit groupe assemblé ce jour-là — et les jours précédents, et les jours avant cela encore — au temple de l’Église de la Perpétuelle Consolation avaient le plus souvent entendu. Anna put rapidement constater, d’un coup d’œil circulaire, que les regards de ses camarades, avec toutes leurs petites différences, toutes leurs anecdotes biographiques et leurs spécificités existentielles, étaient peut-être ce qu’il y avait de plus remarquable chez eux. Oh, ce n’était pas toujours des couleurs incroyables, des bleus d’azur ou des ondes virides, mais même les yeux bruns de cette dame au bout du cercle avaient un charme expressif et profond que l’on ne trouvait pas souvent.

Le tour des présentations était fini. D’autres avaient parlé après Anna et, enfin, les plus disposés, les moins méfiants principalement, avaient commencé à se livrer. Ils étaient deux ou trois dans le groupe à ne pas partager la perplexité de celles et ceux qui s’étaient entretenus avec la jeune mutante avant le début de la discussion. Le Révérend Père intervenait peu, si ce n’était, de temps à autre, pour glisser une petite question qui relançait la machine à parole, à peu près comme le psychanalyste lacanien s’animait ponctuellement d’un jeu de mots à-propos.

Durand avait en tout cas une manière toute personnelle d’animer un groupe de paroles. De toute évidence, il ne se souciait pas que certains membres du groupe, comme l’homme qui avait parlé à Anna, comme la jeune fille qui venait de sortir de prison, n’ouvrissent pas la bouche. À ses yeux, le criant déséquilibre de la parole au sein de la petite assemblée, qui rendait toute l’opération parfaitement inutile pour ceux qui, depuis le début, se taisait, était apparemment un phénomène tout à fait négligeable — si bien que l’on venait à douter qu’il écoutât même ceux qui parlaient.

Il y avait une chose en revanche que l’on ne pouvait pas reprocher à Durand, c’était qu’il vous fixait dans les yeux. Droit dans les yeux. Ce n’était pas vous qu’il regardait cependant, c’était vos yeux qu’il examinait, comme il aurait examiné un vitrail rosacé ou n’importe quelle autre œuvre d’art un peu abstraite, belle sans aucun doute, mais morte aussi, inanimée depuis toujours et pour toujours inanimée. Ce n’était même pas une concupiscence, c’était une évaluation un peu froide des qualités plastiques d’un regard.

— … et c’est comme ça que j’ai perdu ma mère.
— Et voilà qui conclut notre séance !

Décréta brutalement Durand, comme s’il avait été insensible, au bout du compte, au récit désolant qu’un jeune homme qui ne devait pas avoir beaucoup plus de dix-sept ans, venait de faire les larmes aux yeux — qu’il avait fort jolis d’ailleurs. Le Révérend Père se releva et tendit les mains dans un geste de communion que son attitude rendait désormais peu naturel.

— Merci à vous tous d’être venu, merci de vous être laissés toucher par la lumière de Dieu.

En disant cela, il avait adressé un petit sourire complice à Anna, mais comme une sorte de formalité. Il ne prit même pas la peine d’évoquer une prochaine réunion ou de s’assurer le retour de ces fidèles selon lui si prometteurs.

— N’hésitez pas à vous restaurer, Lyse prendra soin de vous.

Il désigna d’un geste de la main la femme qui avait observé toute la séance puis, alors que les discutants se relevaient, il s’approcha de l’adolescent qui avait parlé en dernier, passa un bras autour de ses épaules et entama avec lui une conversation à voix très basse, une conversation consolatrice et insinuante. Bientôt, il l’entraîna hors de la salle de la discussion. En voilà un qui lui avait tapé dans l’œil.

Détective LeBlanc, votre perspicacité vous fait honneur ! Tenez, d'ailleurs, en y repensant, ne vous semble-t-il pas que l'obsession de Durand pour les yeux résonne avec une autre affaire qui vous préoccupe ? Souvenez-vous des détails macabres sur ces corps repêchés dans la baie. Certains n'avaient plus de doigts, à d'autres il manquait un pancréas, mais ce qui leur faisait tous défaut, c'était leurs yeux. En tout cas, je parie que vous ne voudriez pas être à la place de ce jeune homme en deuil que Durand a choisi pour sa proie.
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Message posté : Dim 9 Nov - 17:38 Message
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On avait beau lui dire de grandir, de s'émanciper de toute cette folle imagination de jeune fille qui caractérisait l'entendement d'une lycéenne par trop souvent déconnectée de la réalité des valeurs et de celle de ses actes, jamais Anna ne réussirait probablement à se départir d'une mentalité qui tendait par trop souvent à fourrer son nez dans des théories farfelues qui reliaient les faits aux actes d'une manière follement singulière, et probablement pas sans quelque hypothèses qui n'auraient pu sembler infondées ; que penser, pourtant, d'une telle congrégation ?

Dans le tourbillon des sentiments qui vinrent troubler l'éponge LeBlanc, il y eût de l'appréhension, de la curiosité, et de la peur, un peu, aussi. Il semblait que cette fascination que les yeux avaient pour le Révérend Père Durand trouvait écho dans les orbites de tout les participants. Tous, de près ou de loin, avaient ce que l'on pouvait indéniablement qualifier de "beaux yeux", et cela, allié aux laconiques relances d'un linguiste des idées au regard acéré et pénétrant qui ne se départait aucunement de son troublant stoïcisme, achevait de faire plonger la réunion dans la quatrième dimension. Une dimension où la sobriété de la situation, comme celle de la disposition des lieux, résonnait par trop d'un aspect parfaitement dérangeant. Cette histoire d'yeux, l'abrupte fin de la réunion et le départ en catimini du maître des lieux abritant sous son aile un oisillon orphelin tombé du nid rendaient une Anna LeBlanc déjà sceptique terriblement soupçonneuse, au point de l'en faire dégainer son petit carnet d'enquête dans lequel elle rassemblait ses indices. Avec une attention toute pieuse, elle se lança à la recherche d'une évidente trace confirmant dans son recueil à malices qu'elle ne rêvait pas éveillée.

Et elle la trouva. En effet, le dénominateur commun de toutes ces affaires était bien que tout ces corps retrouvés avaient été prestement dépossédés de leurs globes oculaires, entre autres fantaisies variées. Qu'est-ce qui pouvait motiver un tel geste ? Est-ce que l'Eglise de la Perpétuelle Consolation faisait dans le trafic d'organes, ou étaient-ils une façade pour un quelconque culte millénariste qui se persuadait que Dieu et Jésus avaient une attirance toute particulière pour les yeux ?
La lycéenne s'en fichait bien. Elle avait un mauvais pressentiment. Un très, très mauvais pressentiment, et de là à imaginer qu'entrainer un jeune homme dont les yeux larmoyants avaient réussi à remuer l'âme d'Anna - qui, certes, avait tendance à être émotive, mais tout de même. - à l'écart pour les lui subtiliser et jeter ensuite son corps sans vie dans les canalisations, il n'y avait qu'un pas que la candeur de sa jeunesse lui permettait de sauter allégrement : après tout, on avait eu le droit à une curieuse réunion n'ayant rien de catholique dans laquelle un prêtre d'apparence pourtant toute "papiste" s'était laissé allé à observer avec insistance des paires d'yeux, en portant une claire insistance sur le mot. Se mêlait à cela d'étranges perceptions extra-sensorielles proprement inexplicables, et on ne pouvait faire autre chose que de peindre une gigantesque pancarte "Suspect" sur le perron de l'Eglise.

Si l'on voulait empêcher un potentiel drame, il y avait donc à agir, et à agir vite. Anna s'approcha donc bien vite du taciturne oncle inquiet qui n'avait pas ouvert la bouche pour lui faire part d'un plan, en lui susurrant, dos à la garde-chiourme :

" Ecoutez, quand je disais que j'étais mutante : je vois ce qui va arriver. Il faut que vous appeliez la police, donnez-leur l'adresse, et dites-leur qu'il va y avoir un acte grave ... un meurtre ... et que c'est lié aux cadavres qu'on retrouve dans la baie. "

Evidemment, cela était un mensonge. Elle n'avait fait que des déductions, mais on était arrivé à un moment où il fallait mieux prévenir que guérir. A vrai dire, Anna, dans tout son fol optimisme, doutait même qu'aucun d'entre eux ne puisse sortir du bâtiment sans subir quelque chose de plus ou moins grave, cette disposition n'était donc peut-être pas la meilleure qu'elle aurait pu prendre, mais sortir et utiliser son propre téléphone aurait été tout aussi malaisé : elle n'avait pas pris le sien.

Espérant donc que cet individu saurait ce qui est du meilleur intérêt pour lui - ou plutôt, pour elle -, elle le quitta et feignit de rechercher des locaux pour vidanger sa vessie, en se lançant à la suite du Révérend et de sa supposée victime. Dans le meilleur des cas, elle serait sûrement prise en chasse par la gardienne de la salle, une situation qu'elle avait sommes toutes déjà prévue en ôtant ses gants et en laissant ses épaules aux manches retroussées dépasser d'un manteau qu'elle avait bouclé autour de son cou comme on l'aurait fait d'une cape.

Elle ne se faisait pas non plus de grands doutes sur la connaissance que l'on avait au sein de la congrégation de ses pouvoirs, car si l'on avait pu récupérer son nom d'un regard, on aurait tout aussi bien pu connaître la nature de son pouvoir, mais dans l'absolu, elle continuerait son propre numéro d'oisillon ignorant ...
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Message posté : Mar 11 Nov - 14:56 Message
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— Votre bureau est dans la cave… ?

Interrogea l’oisillon en question d’un air pas très rassuré.

— Mais oui, mon enfant, mais oui.
— J’ai envie d’aller aux toilettes.
— Il y en a en bas.

Pendant ce temps, dans la salle de réunion, l’oncle taciturne hochait gravement la tête aux prédictions d’Anna. Sans aucun doute, l’étrangeté de la réunion à laquelle il venait d’assister et les soupçons qu’il avait apportés lui-même venant le disposait à croire à cette prophétie supposée. En tout cas, elle lui donnait une excellente excuse pour appeler la police. Tandis qu’Anna s’éloignait, il regarda autour de lui. Prétendre qu’il se rendait aux toilettes comme elle serait sans doute suspect. Alors, comme Anna venait de lui déléguer la tâche délicate de contacter la police, il composa un message pour la déléguer à son tour à sa femme, en jugeant qu’un SMS serait toujours moins suspect qu’un coup de fil.

Le chaperon de la réunion le surveillait et elle n’avait pas l’air de s’intéresser à Anna, qui pouvait librement progresser dans le bâtiment. Celui-ci du reste n’était pas très grand et n’avait rien d’un labyrinthe : les quelques portes du rez-de-chaussée, toutes ouvertes, donnaient sur les autres salles de réunion et la salle du culte. Restaient deux escaliers, l’un qui montait à l’étage unique, l’autre qui descendait à la cave. Le bruit d’une porte métallique que l’on refermait monta de la cave, mais de l’étage supérieur, des bruits de pas allant et venant trahissaient une autre présence. Il allait bien falloir choisir.

À l’étage supérieur, l’homme qui avait accompagné Jennifer, quelques heures plus tôt, et qui avait paru si bien informé sur les détails de l’existence d’Anna, était en train de trier des papiers. Il s’agissait de dossiers assez brefs : chacun portait la photographie de l’un ou l’une des disparus de la baie, avec quelques informations administratives et un paragraphe de commentaires rédigés en français, qui consistaient pour l’essentiel en des citations bibliques et des remarques générales sur l’état d’esprit de la victime. Tous ces dossiers étaient autant de preuves de l’implication de l’Église de la Perpétuelle Consolation dans les sinistres disparitions.

L’homme vérifiait les dossiers, les refermait soigneusement et les classait dans un meuble à cet effet. Le reste du bureau qui occupait le premier étage contenait d’autres fichiers du même genre, pour les biens assez modestes de la congrégation, pour le recensement des fidèles, celui des bénévoles et celui de quelques associations partenaires. Or, passés les premières pages, l’essentiel de ces documents étaient vides : pas des feuilles blanches, non, mais des pages et des pages de formulaires administratifs, de bons de commande ou d’ordre de missions sans grande cohérence, dont la fonction principale était de donner l’illusion d’un fonctionnement normal, pour couvrir l’inactivité générale de la congrégation.

À la cave, un couloir sans peinture avec des canalisations apparentes desservait deux portes. La première était fermée à clé et donnait dans le bureau du Révérend Père. Là, un ordinateur portable protégé par un mot de passe était en veille, mais ce qui attirait le regard, c’était les rangées de bocaux où flottaient des yeux dans du formol. La porte suivante, métallique et plus lourde, dont la facture cadrait mal avec le reste du bâtiment, était fermée également. On n’entendait des bruits étouffés qui venaient de l’autre côté.

De l’autre côté, le Père Durand avait ligoté sa victime à une chaise. Enfin, lui, il n’avait pas fait grand-chose. La chaise, qui ressemblait beaucoup aux fauteuils des dentistes, avait lancé des tentacules métalliques à l’assaut du jeune homme, l’avait tiré jusqu’à elle et s’était refermé sur lui. Il avait été bâillonné de la même manière. Le rôle du Père Durand dans ce processus sinistre était à vrai dire assez limité : avec des pinces, il maintenait les paupières de sa victime ouverte. Désormais, il s’occupait de sortir des instruments chirurgicaux d’une petite armoire métallique, en fredonnant un kyrie.

Au commissariat de secteur, le détective Al Roybes venait de recevoir un coup de fil assez inquiétant, que l’on avait redirigé depuis le standard. Cela faisait quelques semaines qu’il enquêtait sur l’Église de la Perpétuelle Consolation. Enfin, qu’il était censé enquêter sur l’Église. Un rapide coup d’œil les premiers jours lui avait suffi à décréter qu’il ne s’y passait rien d’anormal et il s’était concentré sur des affaires à ses yeux — qu’il n’avait pas jolis — plus pressantes. Il avait attribué les plaintes initiales sur de prétendues tentatives d’endoctrinement à la sensibilité trop libérale de quelque voisin effarouché.

Il ne savait pas trop si le coup de fil était sérieux, si ces histoires de meurtre n’étaient pas une pure affabulation, mais désormais, il n’avait plus le choix : sa hiérarchie ne lui pardonnerait pas d’ignorer une pareille piste. Avec un soupir, il se releva, finit son mug de café et partit chercher son manteau. Il lui faudrait une petite dizaine de minutes avant d’arriver jusqu’à l’Église de la Perpétuelle Consolation.

Vous avez décidé d'agir. Deux solutions s'offrent principalement à vous : enquêter sur les bruits que vous entendez à l'étage supérieur et découvrir l'étrange système de documentation de l'Église ou vous fier à ce que disent tous les films d'horreur du monde et chercher du côté de la cave. En tout cas, vous n'aurez pas de renforts avant dix bonnes minutes — mais vos adversaires ne semblent pas très considérables. Faites le bon choix — et attention aux chaises maléfiques !
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Message posté : Mar 11 Nov - 23:11 Message
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Une porte qui claque, des bruits de pas ... Que faire, alors que le danger semblait finalement imprégner tout les recoins d'un bâtiment bien moins chimérique qu'il n'était apparu à la sangsue acadienne à l'aune de son tout premier coup d'œil ? Le doute la prenait, mais elle voyait toutefois une grande aubaine : la gardienne de la réunion, à peu près aussi aimable que les portes de son officine, n'avait pas jugé nécessaire de la suivre dans son excursion, si tant est qu'elle se fut même rendue compte de son départ. Cela lui donnait un laps de temps certain pour agir sans avoir à se soucier d'une quelconque équipe de poursuite lancée à ses trousses, car elle redoutait encore une telle équipée. Il fallait dire qu'en prévoyant toujours le pire, on était certes jamais déçu, et cela valait autant pour les tueurs psychopathes que pour les congrégations religieuses ... celles-ci, d'ailleurs, n'avaient parfois pas grand chose à leur envier : il suffisait de voir l'agencement tout militaire du bâtiment, qui aurait tout autant convenu à une secte millénariste se préparant à un cataclysme dont ils seraient évidemment les seuls survivants, et qui justifiait dès lors l'accumulation de moult armes et munitions.
A bien y penser, peut-être qu'elle n'était pas loin de relancer un siège de Waco, avec cet appel lancé à la police. Il aurait suffi peut-être d'une étincelle de folie dans l'un ou l'autre des camps. Qui pouvait prédire ce qu'il adviendrait, en effet ? Peut-être que la police trouverait sage de déployer le SWAT, peut-être même la STAR Squad, pour appréhender une bande de déséquilibrés ? Peut-être que les croyants du cru interpréteraient mal une simple voiture de patrouille et sortiraient, l'arme au clair, parés à relancer une croisade ? Oui, à n'en pas douter, la situation était tendue, et rendait le choix d'autant plus compliqué dans l'esprit d'Anna, qui ne pouvait véritablement se décider.

Evidemment, toute la logique aurait voulu que le matériel de "chirurgie" hypothétique qui accablait pourtant le Révérend Père se situe au sous-sol, mais il se pouvait tout autant que tout cela ne fut qu'une mise en scène, qu'il n'y ait guère autre chose qu'un débarras ou un compteur électrique, et elle se serait dès lors perdue pour pas grand chose, avec un individu agonisant à l'étage.

" Fuck it. " lâcha-t-il avec une retenue qu'on ne lui aurait pas connu. Aucun son ne sortit de sa bouche, pour autant, et c'était plus un mime de juron qu'un juron réel, bien que cela ait été le résultat d'une propension consommée à la discrétion que d'une réelle volonté de garder un langage châtié.

Elle sortit donc son zippo, et, profitant de ses deux faces à l'effigie d'une corneille et d'un serpent, elle s'en servit comme on se servait d'une pièce.

    Pile ou Face !

  • Corneille : Anna monte à l'étage.
  • Serpent : Anna descends au sous-sol.


Ce fut la corneille qui apparut, finalement, ce qui ne laissait à Anna qu'un choix : monter à l'étage. Elle monta donc, à tâtons, pour se fixer près d'une porte. En penchant la tête, elle aperçut l'homme particulièrement bien informé de la matinée en train de trier des dossiers.

Mauvaise pioche, en un sens ... Peut-être qu'il saurait ce qui se passe, et surtout, où est-ce que cela se passe ...

Elle se glissa donc dans le dos de l'homme, en deux foulées qui se voulaient plus efficaces que discrètes : deux impulsions sur les talons qui n'étaient pas plus bruyantes que cela, mais qui n'étaient pas sans émettre leurs sons propres. A peine sur lui, elle se jeta prestement avec une main sur son visage, la seconde agrippant la main portant les dossiers. Le but, avec cette attaque au visage, était bien évidemment la bouche, pour éviter tout cri d'alerte.
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Message posté : Mar 11 Nov - 23:11 Message
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Message posté : Jeu 13 Nov - 11:09 Message
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Le combat (presque) (vaguement) (pas du tout) titanesque qui se joua à l’étage ne serait sans doute pas l’un des plus glorieux d’Anna. Le zélé prédicateur en savait beaucoup, certes, sur les futures victimes de son Révérend Père, mais il n’était pas exactement rompu à l’art du combat. Il fallait dire qu’il ne s’attendait pas à être ainsi agressé. Il agita bien les bras un moment, dans un réflexe tout aussi utile que s’il avait décidé d’improviser une gigue, mais il se résigna bientôt. La foi, c’était une chose ; risquer de se faire briser par la nuque par Dieu (éventuellement) savait qui, ça, c’était du concret et il préférait ne pas tenter sa chance.

Pendant qu’Anna maîtrisait promptement son adversaire pas tout à fait terrible, le Révérend Père achevait de nettoyer ses ustensiles chirurgicaux, un soin qui tenait plus de la manie que de la nécessité médicale, dans la mesure où il ne comptait pas laisser sa victime du jour survivre. Mais soudain, un son familier interrompit la minutieuse préparation du religieux.


— Ah, veuillez m’excuser, jeune homme.
— Mmrrmrmfff… !
— Ne vous inquiétez pas, je reviens bientôt.

Le Révérend posa ses ustensiles, quitta la salle d’opérations et rejoignit son bureau.

En parcourant rapidement les dossiers à l’étage, Anna pouvait trouver la confirmation de ses pires soupçons. Si la police n’avait pas révélé tous les détails des sinistres découvertes de la baie à la presse, les noms et les visages des victimes, eux, avaient au moins circulé et il était facile de les identifier dans ces fiches de renseignement succinctes. Hélas, les dossiers, s’ils étaient le signe immanquable de l’implication de cette Église dans ces macabres événements, n’en apprenaient pas beaucoup sur les raisons de ces meurtres. Des spéculations sur des rites sataniques avaient, comme toujours, circulé dans les organes de presse les moins sérieux. Peut-être les élucubrations éventuelles avaient-elles cette fois-ci un fondement de vérité ?

Au rez-de-chaussée, la Cerbère pas si vigilante que cela qui avait été chargée de surveiller les discutants commençait à trouver à la vessie d’Anna une contenance bien suspecte. Elle avait hésité un temps à abandonner le gros de ses agneaux, mais devant l’absence prolongée de la jeune fille, il lui paraissait qu’elle n’avait d’autre choix que de se mettre à sa recherche. Quittant les discutants qui, conformément à leur fonction, discutaient, la femme gagna le couloir du rez-de-chaussée, puis les toilettes. Après avoir constaté qu’Anna n’était nulle part, elle se précipita à la cave pour avertir Durand.

L’homme qui avait appelé la police commençait lui aussi à nourrir de sérieuses inquiétudes — et il avait du mal à demeurer inactif. En voyant Cerbère quitter son poste, il se décida à la suivre, aussi discrètement que possible, même si, franchement, ce n’était pas vraiment sa vocation. Il la vit disparaître à la cave et lui emboîta le pas. Pendant ce temps, dans son bureau, le Révérend Père avait reçu de bien tristes nouvelles.

— Révérend Père. Vous avez été. Découvert. Votre mission a. Échoué. Pour vous, c’est un…

Et une image s’afficha sur l’écran.


— Non ! Non ! Laissez-moi encore une chance. Encore une vie. Je peux gagner !

Le Révérend Père s’excitait devant son écran dans l’indifférence générale : la communication était rompue et aucune voix ne lui répondait plus. Sauf celle de Cerbère, qui venait de débouler paniquée :

— Révérend Père, Révérend Père ! Il y en a une qui s’est échappée.

Vous avez désormais toutes les raisons de croire que l'Église de la Perpétuelle Consolation est impliquée de première main dans les meurtres de la baie, mais il est également évident que la victime du jour ne se trouve pas à l'étage. Votre premier adversaire ne vous a pas opposé une résistance formidable. À vrai dire, aucun des fidèles, pas plus que le Révérend Père lui-même, n'est un combattant très coriace. Mais le bureau du Révérend Père cache quelques armes de poing et même si celui-ci n'est qu'un tireur maladroit, un incident malheureux est vite arrivé. Le Révérend Père n'a plus rien à perdre et il va tenter de prendre la fuite. À vous de décider qui, des criminels ou de la victime peut-être blessée, constituera votre priorité.
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Message posté : Jeu 13 Nov - 17:06 Message
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C'était avec une certaine surprise qu'Anna découvrit que son opposant n'opposait - justement - qu'une résistance très partielle. Certes, il se débattit, au début, mais au bout de quelques secondes, il se résigna et préféra se laisser tomber entre les bras de celle qui aurait tout aussi bien pu être le rejeton de l'union secrète entre Mnémosyne et Morphée. La peur qu'il avait, et qui ne manqua pas d'entrer au sein de son agresseur, se mêlait étrangement à une rationalité insoupçonnée, surtout en la personne de ce qu'elle n'avait finalement vu que comme un vulgaire dévot par trop zélé. Il n'était rien de plus que résigné.
Une résignation pathétique. Plutôt se rendre directement que de combattre. On avait affaire à une mentalité de contractant plutôt qu'à une mentalité de fanatique, à n'en pas douter. L'Eglise de la Perpétuelle Consolation était certainement une structure morbide, mais certainement pas un cas d'école en ce qui concernait l'abnégation ou la compétence de ses membres. Cela suffisait à faire regretter à la lycéenne sa crédulité du matin même, et sa fuite. Si seulement elle les avaient prestement cogné et drainé en plein milieu de cette rue, comme son instinct blessé de jeune fille aspergée de café le lui avait suggéré, elle aurait su le fin mot de l'histoire dès le début et aurait couru jusqu'à l'antenne locale de l'Eglise de la Perpétuelle Consolation pour les calmer.

Mais avec des si, on fait de la musique, on coupe des arbres et on peut même mettre Paris en bouteille, mais on ne faisait certainement pas avancer une situation qui semblait à même d'empirer de seconde en seconde. La neutralisation rapide et aisée de ce prosélyte d'opérette et l'examen des dossiers qu'il consultait pour s'assurer de la véracité de faits qu'elle ne pouvait, en dépit de ce qu'elle venait d'aspirer et de la personnalité associée, considérer comme sérieusement possible, ne l'avança guère dans sa quête du Révérend Père Durand et de son infortunée victime. Certes, elle savait maintenant que l'on était bel et bien capable d'ouvrir un culte et de lui façonner une façade administrative et légale parfaitement en règle à seule fin de tuer des gens - Bienvenue au siècle de la Science, de la Connaissance et de la Raison ! -, mais elle n'était pas véritablement fixée sur l'identité réelle du ou des fondateurs, ni sur leurs ressources ou même sur l'objectif réel de leurs opérations.

Plutôt que de s'interroger, néanmoins, elle préféra se replonger dans l'action, et, sans plus vraiment se soucier d'une véritable discrétion maintenant qu'elle semblait assurer de la nature de meurtriers et de la réelle compétence guerrière de ses opposants, la jeune héroïne dévala quatre à quatre les escaliers pour émerger dans la salle de réunion, auprès des - plus ou moins - sceptiques, et de leur déclarer de la voix la plus forte et autoritaire, alors que ses mains et ses jambes tremblotaient encore sous le point de l'émotion et du choc de la réalité :

" Ecoutez ! L'Eglise est une supercherie ! Ils ne sont là que pour attirer des gens, les tuer, ramasser leurs abats et leurs yeux, et balancer les cadavres dans la baie ! Si vous voulez jouer au héros, c'est le moment ! Neutraliser cette ... "

Elle tourna les yeux vers l'emplacement de leur sentinelle, avant de se rendre compte qu'elle avait disparue, avec le mari inquiet pour sa nièce ...

" Ah ben ... " lâcha-t-elle avec une surprise certaine, avant de se reprendre, " Bon, ça ne fait rien, il faut bloquer l'entrée du bâtiment, prévenir la police si ce n'est pas déjà fait, et appréhender Durand et sa copine quand elles sortiront !.. Bon, je sais que c'est dur à avaler, mais honnêtement, je pense qu'on avait tous des doutes, alors si vous pouviez ... "

Anna soupira, ne sachant comment terminer sa phrase, et lâcha finalement :

" Ouais, bon, faites ce que vous voulez. "

Et elle s'en alla en courant vers les sous-sols, laissant l'assemblée dans son état, ayant à sauver deux personnes, maintenant. Dans l'encadrement de l'escalier, toutefois, elle se mit à hurler à nouveau :

" Durand ! C'est fini ! Rendez-vous ! On sait tout de vos agissements !.. "


Bon, le fait était qu'elle ne savait pas trop si il était dans la cave, ni même si il était armé avec quoique ce soit, mais le fait était qu'Anna, elle, ne l'était pas, et n'avait que ses bras pour elle, et elle n'était pas prête à se risquer sans même avoir un écho de voix en retour ...
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Down in the River to Pray II — Anna LeBlanc

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