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Randonnée forestière

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Message posté : Dim 26 Oct 2014 - 16:57 Message
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    Mardi 28 octobre

    – C’est très grave tu sais ? Imagine qu’il lui soit arrivé quelque chose !
    – Je suis sûr qu’elle est juste en train de sécher, ce serait pas la première fois.
    – Mais au moins quelqu’un l’aurait vue. Là depuis sa sortie...
    – Au pire, c’est pas une grande forêt et c’est pas comme s’il y avait des serpents, des ours ou...
    – Eh bien détrompe-toi ! Y a des rumeurs qui disent que...
    – Des rumeurs, Holly, c’est pas comme si les gardes forestiers étaient armés de bazookas pour protéger les bois.
    – Mais je...
    – Ecoute, j’ai encore pas mal de boulot là. Tu vois toutes ces caisses ?! Faut que je les range avant 11 heures et qu’ensuite je nettoie la salle alors si tu pouvais chercher des arguments dignes de ce nom, je pourrais arrêter de perdre du temps.

    Il était 10h14 du matin. Vincent venait d’arriver au New Star, le bar dans lequel il bossait et venait de recevoir ses consignes. Sa patronne s’absentait et il était seul jusqu’à midi. Il n’avait pas le temps de s’occuper de Holly qui l’avait suivi en sachant qu’il serait là après son cours de 9h. Vince n’était pas très tendre avec elle ces derniers temps. Il se montrait distant depuis la soirée à l’Eclipse, et depuis la soirée du jour d’après. Son comportement avait également changé avec Jason avec qui il parlait plus maintenant. Mais du coup il s’éloignait de Holly. Cependant, c’était sans compter sur la détermination de la jeune femme qui se contenta d’attribuer ce comportement à son manque d’activité sexuelle. Elle avait respecté la distance instaurée au début, sachant qu’elle était un peu responsable de son échec auprès de Jezebel – elle ignorait que, de toute façon, Anna était intouchable – elle se fit toute petite. Mais ça ne dura pas. Et comme Vincent ne s’éloignait pas d’elle à cause d’Anna, le problème demeurait. Surtout que ce matin, Holly arrivait vers lui avec une histoire et une demande abracadabrantes. Pile le genre de chose qui le mettait dans de mauvaises dispositions. L’étudiante en informatique rendit les armes, pour le moment, et alla s’installer à une table en laissant son ami s’occuper de ses caisses.

    Vingt minutes plus tard, alors qu’il était en train de ranger la dernière, Holly revint à la charge.

    – Regarde-ça !
    – Ouais, je sais on garde de belles bouteilles en réserve. Mais si tu continues comme ça, je vais commencer à boire dès le matin.
    – Nan écoute... Le 2 septembre, un couple de touristes canadiens disparait alors qu’ils campaient dans la zone de la forêt de Watson. On ne les a toujours pas retrouvés. Le 14, un randonneur part dans la forêt et ne revient pas. Le lendemain, sa femme prévient la police. Rien. Elle part à sa recherche et disparaît. Introuvable. Le 23, dans un camping situé aux abords de la forêt Watson, une famille d’Allemands déserte leur camping car, les parents et leurs trois enfants. Disparus. Octobre, une bande d’adolescents partie en soirée. Un autre couple. Deux frères. Tous disparus et la police ne trouve jamais rien.
    – Si la police ne trouve rien...
    – Faut dire qu’elle y met pas trop de moyens...
    – Alors la Légion... L’UNISON...
    – Tu rigoles ! Si la police ne bouge pas, eux vont pas se remuer non plus ! Ils trouvent rien. Et comme y a aucun signe de crime, ils pensent juste que ces gens sont partis, pour changer de vie ou bien qu’ils ont prolongé leur séjour.
    – C’est louche...
    – J’te l’fais pas dire ! Regarde ce site.
    – « Love the Truth » ?
    – Juge pas avant de lire.

    Il lu en diagonal. Apparemment, ce blogeur, ou plutôt cette blogeuse dénonçait le manque d’intérêt des forces de l’ordre et des groupes de super héros pour les affaires « ordinaires » qui ne gênaient personne d’autre que les citoyens d’une petite zone. C’est vrai que la forêt de Watson, elle est pas peuplée. C’était d’ailleurs sur cet endroit qualifié de triangle des Bermudes que l’article se penchait, en faisant la liste des disparues, aussi bien humains qu’animaux. Les forces de l’ordre avaient décidé de fermé les yeux parce qu’il n’y avait aucun indice, aucun motif, rien. Et parce que les profils des disparus étaient beaucoup trop variés. Impossible d’établir un schéma commun. Une enquête compliquée pour des victimes qui n’étaient pas toujours du coin. Pas la peine de s’y intéresser.

    – Dis-le...

    Vincent poussa un soupir, il n’avait pas le choix que de le reconnaître : il était inquiet.

    – Ok, c’est louche.
    – Un peu mon n’veux !
    – Mais t’es sure que Kristen...
    – Oui, elle est partie avec son colloc et un groupe faire une randonnée hier en fin d’aprèm. Elle est pas revenue. Et tu sais le plus bizarre ? Il ne répondit pas. Il allait bientôt savoir. Elle a envoyé un sms pour dire que tout allait bien et qu’elle était partie rendre visite à une tante éloignée qui vit dans une cabane à la Davy Crockett

    – Alors tout va bien...
    – Elle est orpheline.

    ...

    Vincent avait préféré ne pas demander conseil à Jace. Leur relation était déjà bien assez compliquée comme ça sans ajouter la paranoïa de Holy à l’équation. Néanmoins, le jeune homme aurait besoin d’un coup de main puisqu’il n’avait jamais rien fait de tel auparavant. Après le weekend qu’il venait d’avoir, il préféra ne pas demander à Louis. De toute façon, il n’était pas sûr d’avoir le droit de lui demander de telles faveurs. Aussi, ses possibilités se trouvèrent rapidement limitées. L’étudiant a donc fini par demander à Holly de l’aider à contacter Jezebel. Pourquoi avait-elle demandé ? Parce que c’est Jezebel, avait mystérieusement répondu le jeune homme.

    Anna était sans doute la mieux placée. Un peu paumée comme lui, elle avait cependant l’air d’en savoir plus sur ce genre de choses. Et surtout, elle avait envie de bien faire, ça lui avait sauté aux yeux. Donc Vincent lui demanda de venir au bar. Avec Holly, car l’étudiante était convaincante et impliquée, ils lui firent un topo. Kristen était une étudiante en informatique, dans la même promo que Holly. Vincent l’a rencontré l’an dernier. Une fille adorable qui nourrissait l’ambition de devenir graphiste informatique. Elle adorait les animaux et en dessiner. D’après Holly, elle pouvait remplir ses pages de cours de dessins de chats ou de chevaux. Pourquoi ses cahiers de cours ? Parce que tous les cours ne sont pas super passionnants. Discrète, elle était plutôt timide mais elle riait toujours de bon cœur aux blagues qu’on lui faisait, même les plus nulles. Elle croyait au grand amour et n’avait pas eu de copain depuis sa romance du lycée. Elle voulait vivre un conte de fée, disait Holly. Une fille géniale. Son amour pour la nature la poussait à faire des randonnées, une ou deux par mois. C’était une habituée. Elle faisait partie d’un groupe à l’université, et elle n’y allait jamais seule. Or elle avait disparu hier soir, personne ne l’avait vue depuis... et il y avait eu ce mystérieux sms qu’elle avait envoyé à son colloc. Et puis ces disparitions. Personne n’avait trouvé d’indices sur ces disparitions, à croire que quelqu’un les dissimulait. Holly et Vincent demandèrent donc son avis à Anna.

    Anna répondit qu’ils pouvaient partir dès maintenant.
    Vincent n’ayant plus cours de la journée, son service étant terminé, il pouvait partir maintenant.
    Il fut décidé qu’Holly ne vienne pas. Sans nouvelle d’eux d’ici demain, elle enverrait la police. Anna allait prendre un gps que l’étudiante allait suivre à distance.
    Anna et Vincent partirent donc en randonnée. En ce bel après midi d’automne.

    Le jeune homme n’avait pas envie de partir à l’aventure, jouer les enquêteurs. Mais c’était Kristen. Une fille qu’il adorait, sans pour autant avoir des sentiments pour elle. Une fille bien qui avait souffert. Il avait appris, quelques semaines après son réveil du coma, qu’elle avait eut de gros problèmes respiratoires suite à l’incendie. Car bien évidemment, elle s’était trouvée là le soir de l’incendie. C’était une survivante. Et comme personne d’autre ne semblait motivé, ll fallait s’assurer qu’elle le reste.

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Message posté : Dim 26 Oct 2014 - 22:47 Message
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" Je suis là dans dix minutes. "

Dit comme ça, dans le téléphone, cela sonnait presque menaçant. Une phrase que l'on aurait presque pu croire énoncée par l'un de ces "nettoyeurs" sur lesquels on fabulait, dans le domaine des mafias.

Neuf minutes et trente-sept secondes plus tard, on entendit rugir le moteur du Lynx à l'angle de la rue, et le véhicule bondit comme le félin dont il campait l'attitude jusqu'à l'entrée du bar, et la place où l'attendait Holly et Vincent.

Professionnelle et froide, et descendit du véhicule un pied après l'autre : elle portait des bottes à hauts-talons dans lesquels s'engouffraient des bas à rayures noires et blanches, verticales, remontant vers une courte jupe elle aussi anthracite, à la doublure pourpre. Un pourpre que l'on retrouvait à cette espèce de bande qui lui servait de ceinture, tout en semblant plus proche de l'écharpe, et qui séparait la jupe d'une chemise grise sans manches, boutonnée jusqu'au col, elle-même couverte d'un veston noir, au-dessus duquel avait été jeté une autre veste ample de la même couleur, pour laisser au final les épaules dénudées.
Si elle portait néanmoins des gants en cuir ocres, même l'aspect chic qu'offrait un ruban couleur sang noué en lieu et place d'une cravate n'aurait pu empêcher de faire croire qu'elle avait changé. C'était le cas, un peu, et ces parcelles de peau libres était un signe précis que si c'était Jezebel que l'on apercevait là, ce n'était certainement la triste fleur de l'Eclipse. C'était Anna, en sommes, sortie de son rôle, une cigarette aux lèvres pour se donner semblait-il une contenance. Elle jeta un regard à droite, puis à gauche. Elle avait le regard couvert par une paire de verres fumés de créateur, et porta à ses yeux, en relevant sa manche gauche, une chronographe étincelante : rien de moins qu'une Royal Oak Tourbillon Concept. Une Audemars Piguet. Pour les connaisseurs, c'était un bijou, et pour Anna, une montre. Une jolie montre, certes, c'était même pour ça qu'elle l'avait choisie, mais une montre qui, à elle seule, aurait sûrement suffi à racheter le bar.

Proprement insortable dans son flegmatisme serait sans contexte la séquence de mots que nombre d'individus auraient cherché pour la qualifier. La vérité était qu'elle n'en avait strictement rien à faire d'être indécente. Elle s'était retenue trop longtemps, avait trop cherché à plaire ... Elle avait des pouvoirs ? Qu'à cela ne tienne, elle se couvrait les mains pour pouvoir les serrer, mais laissait à la discrétion des sots les dégâts que leur causerait une bise forcée ou une tape "amicale" sur l'épaule. Elle en avait marre, proprement. Dix-huit années sur la terre des opportunités, et c'était seulement depuis qu'elle avait été expulsé de la Légion et qu'elle avait rencontré Vincent qu'elle pouvait enfin réellement appréhender cette expression : on ne roule pour personne d'autre que pour nous-mêmes, pour ceux qu'on aime, pour un clan que l'on se crée soi-même.

Accepter d'aider Vincent ? C'est le premier pas vers ce clan qu'elle aimerait pouvoir se constituer. Une famille, une vraie. D'autres gens comme elle, des gens dont elle se sentirait proche, et pas des gens envers lesquels elle se sentirait obligée d'agir. Ce n'était pas la Légion qu'elle visait, plus vraiment. C'était son cœur à elle. Elle se montrait sous son vrai jour, et adviendrait que pourra, car elle en avait marre de l'hypocrisie.

On entra dans le bar, on but un coup, et Anna fit ce qu'elle pouvait faire de mieux : la professionnelle. Elle était méthodique, mais sans être froide. Elle n'était pas une cheffe, elle avait plus la vocation de consultante, une consultante spécialisée. Ce genre de consultante amatrice, non rémunérée, qui basait son savoir sur d'innombrables heures de recherches sur internet et dans les livres. Des heures passées à s'entraîner au sein de la Légion, aussi, car cela, elle devait l'admettre, lui servirait indéniablement. Elle les détestait, mais ne pouvait leur enlever leur efficacité ou leurs moyens : seuls leur résultats et leur cohésion étaient biaisés. De doux rêves rapidement écrasés par une réalité peu prête à les accepter.

En fin de compte, la marche de l'opération était simple, on allait suivre la piste, et retrouver les individus. Une traque, une chasse à l'homme. Pour Anna, cela n'avait rien d'une randonnée. C'était une mission de sauvetage, et plus encore si il était question de retrouver une fille à laquelle Vincent tenait. Kristen, une fille pour laquelle elle laissa échapper un "Ah oui, je vois qui c'est." qui ne manqua pas de surprendre Holly.
Elle se ravisa donc, prétextant qu'elle se trompait de Kristen. Le surmenage. Ses propres cours, tout cela. C'était faux. Elle était portée malade pour la semaine. Une vilaine grippe. Son père avait accepté de mauvais gré, jusqu'à ce qu'elle jure finalement qu'elle avait enfin compris : elle embrassait son héritage.

Elle voulait toujours faire la peau de ce lutin malfaisant, mais quitte à le faire, elle s'était rendu compte qu'il serait judicieux de ne pas mourir sans ressources.
Et puis, elle était persuadé que si elle devenait justicière, à terme, le soutien d'un géant mondial de la Haute-Technologie serait un bénéfice non négligeable, surtout si elle volait de ses propres ailes, loin de ces Légionnaires autocrates.

Pardonner pour bien plaire, oublier aujourd'hui pour mieux mordre demain. Un joyeux programme.

Finalement, elle réussit à faire sauter Vincent dans la voiture et à laisser Holly sur place, au prix de devoir emporter un GPS qui indiquerait sa position.
Elle avait une sainte horreur de l'électronique, surtout si elle devait se lancer en opération. Ces appareils étaient des failles dans son dispositif, par lesquelles Jace pourrait s'immiscer dans leurs plans et tout faire capoter.

Pourquoi ferait-il ça ? Bonne question, et la réponse d'Anna était surtout "Pourquoi ne le ferait-il pas ?". Une réponse qu'elle ne fournit pas, d'ailleurs, se contentant d'accepter la balise quand on lui demanda la raison de son refus.

Et voilà qu'ils étaient maintenant en bordure de forêt, pour une randonnée qui s'annonçait au minimum intéressante.
On embarquait pour une aventure !

Comment s'en rendre compte ? Il suffisait de voir ce que fourra Anna dans un sac messager, avec calme et un air aussi sûr que déterminé : des barres et des boissons énergétiques, de l'eau, un appareil photo argentique "comme à l'ancienne", un cache-nez, un masque que l'on croyait faire pour skier, à verre fumés et une bombe de gaz lacrymogène.
C'était sa première sortie, il fallait dire, et elle n'avait pas encore jugé bon d'emporter son costume. En fait, c'était le chef de la sécurité de son père, un vétéran sud-africain, qui lui avait fait remarquer que "Non, on ne touche pas à l'armurerie des gardes du Manoir.". Un constat qui lui avait fait relativiser l'importance de sa première sortie. Une sortie en civil, une vraie. Après tout, sans savoir, il ne valait mieux pas risquer le pire, sans compter que, en fin de compte, la Légion ne comptait sûrement que sur son impulsivité, et la voir courir en forêt avec un fusil d'assaut aurait été du pain béni ...

Elle s'était donc limité à seulement une partie de son ancien matériel, bien qu'elle ait échangé ses bottes à talons pour des bottes militaires noires, plus adaptés à la situation, ainsi que sa fidèle matraque télescopique, toujours là, accrochée à la sangle de son sac, fixée comme on aurait fixé un couteau de combat. Une chose qu'elle n'avait pas, d'ailleurs.

Elle aurait aimé, mais elle n'avait pas pensé à s'arrêter dans une armurerie, sur le bord de la route, et puis elle se demandait tout de même si son déploiement de matériel, en l'état, n'effraierait peut-être déjà pas un peu Vincent, lui qui devait sûrement s'imaginer une tranquille promenade en forêt.

Un doux enfant de l'Eté, encore ... Pauvre de lui, il fallait qu'il se rende compte que, même pour les supers, l'Hiver vient ...

Un hiver aussi bien métaphorique que climatique et, dans une certaine mesure, technique : Vincent put constater que, dans tout l'attirail qu'emportait Anna, et malgré tout les moyens qu'elle exhibait à la vue de tous, elle avait fourré dans une poche de son gilet un walkman parfaitement archaïque, dans lequel elle avait engagée une cassette, avant de se passer le casque autour du cou.

" Bon. " fit-elle, une fois ses préparatifs terminés et sa voiture verrouillée sur le parking, " Maintenant qu'on est prêts, équipés, parés et chargés, on part par où ? Une direction, une dernière position connue ? Il faut qu'on se mette en piste ! "

Oui, c'était l'enthousiasme de l'aventurière, de la justicière de retour, qui se mettait à raisonner ... Anna, la vraie, de retour ... Au naturel, quelque peu imprévisible ...
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Message posté : Lun 27 Oct 2014 - 1:39 Message
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    On pouvait dire ce qu’on voulait d’Anna. Qu’elle était mystérieuse, bizarre, secrète, imprévisible, mais on ne pouvait pas dire qu’elle n’avait pas de parole. Sensible à la cause des deux étudiants, la super ne mit pas longtemps à se laisser convaincre et à déclarer son arrivée dans les dix minutes qui allaient suivre. Pragmatique, efficace et terrifiante. Pendant ce temps, Vincent lui se demandait encore si tout cela était une bonne idée et s’ils ne feraient pas mieux d’essayer de convaincre la police ou même les Légionnaires de faire leur boulot. Holly se chargea rapidement de le décourager de la police, si bien qu’il n’était pas sûr de pouvoir croiser un policier sans pouvoir nourrir certains préjugés à leur égard dès cet instant. Quant à la Légion... eh bien il préféra même pas y penser... comme elle impliquait Jace... et qu’il préférait ne pas trop mêler Jace à sa vie pour essayer d’y voir clair dans leur histoire... Et accessoirement, personne, à part Anna, savait qu’il connaissait le fameux Thunder... qu’il le connaissait même bibliquement. Pour l’instant, cette ignorance générale lui convenait totalement. Pour l’instant à vrai dire, il pensait surtout à Kristen. En attendant, Anna arriva en ces lieux, telle un cowboy de renom pénétrant pour la première fois dans un saloon à mâter, telle la reine du lycée faisant son entrée dans la cours. Vincent soupçonna Holly de désirer secrètement être dans les chaussures de Jezebel. Le jeune homme faillit échapper un sourire amusé. Faillit seulement, car la situation était grave et tous trois entamèrent le briefing. Vince avait l’impression d’être retourné en enfance et de jouer à la guerre... en beaucoup plus flippant.

    ...


    Lundi 27 octobre, 18h34

    Kristen et Alec, son colloc’ étaient les derniers du groupe de randonnée. Alec s’était tordu la cheville à cause de son mauvais choix de chaussure et avait dû s’arrêter le temps d’improviser un bâton de marche. En bonne camarade, la jeune étudiante ne le laissa pas derrière. Sportive, mince, plutôt jolie en dépit de son nez plus petit que la moyenne, Kristen inspirait la sympathie au premier coup d’œil. Surtout qu’elle était plutôt contente ce soir ; depuis une semaine, elle pouvait faire ce genre d’exercice sans faire une crise d’asthme. Une grande victoire après sa suffocation lors de l’incendie de septembre. Mais elle n’était pas du genre à s’apitoyer, sinon, avec son passé, elle ne pourrait plus jamais quitter son lit. Alors elle allait de l’avant. Chaque jour depuis l’incident, elle avait essayé de se dépenser pour habituer ses poumons et augmenter leur endurance. Ca n’avait pas été facile, ce fut douloureux même, mais elle y parvint. Surtout qu’Alec l’encourageait. Le pauvre avait un emploi du temps de malade entre son boulot de coursier et ses cours... et malgré ça, il trouvait le temps de l’aider et de faire du sport avec elle en lui parlant, la faisant rire, lui remontant le moral... Sans lui, elle aurait certainement mis des mois avant de pouvoir faire une telle marche. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, elle ne réfléchit pas à deux fois lorsqu’elle le vit se faire mal. Elle l’aida. Et finalement, avec un bâton, ça allait beaucoup mieux. Il avait toujours mal, certes, mais il arrivait à marcher à un bon rythme sans trop en souffrir et le duo put continuer sa progression.

    Ils furent arrivés à un kilomètre de la fin, au milieu de la forêt, juste avant une série de montées et de descentes, lorsque Kristen fut prise par un besoin pressant. Heureusement, elle ne faisait pas partie de ces filles qui chipotaient à l’idée de se soulager dans la nature. Seulement, ça l’embêtait de faire attendre son ami.

    – Vas y prend de l’avance. Je fais ce que j’ai à faire puis je te rattrape. Un petit jogging me fera pas de mal pour finir ce parcours.
    – T’es sure ? il va bientôt faire nuit... et je me débrouille bien avec ma canne, je risque d’aller trop vie pour toi.
    – Compte dessus papi, allez fonce, je te dis.

    Et le jeune homme fonça.

    Elle, pour sa part, s’enfonça dans les bois pour faire sa petite affaire. Ils étaient ptet les derniers, mais c’était mieux de s’éloigner du sentier pour éviter qu’on la voie. Elle n’aimait pas trop croiser des gens, hommes ou femmes en train d’uriner. Ca gâchait le plaisir champêtre. Du coup, elle trouva un petit bosquet où elle put s’accroupir. Tandis qu’elle se soulageait, la jeune étudiante eut l’impression qu’on l’observait, quelque part. Derrière elle ? Elle essaya de tourner la tête sans perdre son équilibre, rien. Derrière un arbre ? Non il n’y avait aucun bruit, c’était sans doute son imagination. Pourtant, elle avait l’impression que quelqu’un était là, elle sentait une présence. Il y avait des sons qui n’avaient pas lieu d’être car il n’y avait pas de vent. Des branches qui s’agitent, les feuilles par terre qui bougent. Lorsqu’elle croyait avoir repéré la provenance d’un bruit, elle ne vit rien et n’entendit plus rien dans la dite direction, et cela lui arriva deux fois. Aussi rapidement que possible, elle termina sa besogne et remit son pantalon. Et c’est là qu’elle entendit une branche craquer derrière l’arbre contre lequel elle s’était abritée...


    ...


    Non contente d’avoir une tenue vestimentaire impressionnante, Anna avait également une attitude qui imposait le respect. Déjà lorsqu’ils s’étaient rencontrés, il avait perçu cette aura qui émanait d’elle, mais alors il avait été mis en confiance par l’alcool et par son rôle de faux prêtre. Là il n’était que Vincent Nash, étudiant barman accessoirement pyrokinésiste et complètement paumé dans sa vie sentimentale. Lui avait enfilé des baskets, un vieux jean dépourvu de trou (une rareté ces temps ci), un T-shirt à manches longues et une veste marron imitation cuir. Il ne pouvait pas faire plus débutant à côté de Jezebel, dans sa magnifique voiture qui lui avait laissé la bouche ouverte d’admiration pendant une bonne minute à partir du moment où il avait posé ses fesses. Sur le trajet, il avait essayé de briser la glace en lui demandant de ses nouvelles, ce qu’elle faisait en ce moment, comment elle allait, quelle musique elle écoutait, si elle avait déjà fait ce genre de chose, si elle avait un avis sur ce qui ce passait dans cette forêt, sur ce qui avait pu arriver à Kristen, sur ce qu’elle pensait de ce blog « Love the Truth », lui pour sa part le trouvait un peu bizarre. Bref il essaya de meubler, un peu aussi pour écarter son malaise et son appréhension. Il adorait Kristen et, dans ce contexte, il trouvait ça normal d’aller lui porter secours, surtout que c’était vraiment louche comme truc. Pourquoi avait-elle envoyé ce texto ? Ou, question plus appropriée : qui l’avait envoyé ? Tout cela n’avait rien de rassurant et il dut plusieurs fois répéter le truc que Jace lui avait appris pour contrôler son rythme cardiaque afin d’éviter de faire exploser leur moyen de transport. Une vie entière de boulot ne suffirait peut-être pas à remplacer cette voiture ainsi que son contenu.

    Lorsqu’ils arrivèrent et qu’ils furent prêts, Anna fit un dernier bilan. Lui s’était contenté de glisser une bouteille dans sa veste ainsi que deux barres de céréales. Il espérait tout de même qu’ils n’allaient pas y passer la nuit et qu’ils trouveraient la jeune étudiante le plus rapidement possible. Avec un peu de chance, elle avait pris rendez-vous avec son ex et s’était isolée pour vivre son conte de fée bucolique. On pouvait toujours espérer...

    – D’après Holly, la dernière fois qu’Alec a vu Kristen, c’était à peu près à un kilomètre de l’arrivée. Comme le parcours tourne en rond et que c’est ici le point de départ et l’arrivée, on devrait le faire en sens inverse. Holly doit être en train de lui poser des questions, elle va bientôt nous envoyer un message pour nous dire à peu près où c’était sur la carte.

    La carte du parcours que l’étudiante en informatique avait imprimée et donnée à Vincent qui l’avait mise dans la poche de son jean. Bon ben voilà, ils étaient prêts pour ce charmant après midi de recherches.

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Message posté : Lun 27 Oct 2014 - 19:56 Message
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Le trajet avait été animé, ou plutôt, animé de manière morose. Anna, dans son rôle, se voulait être calme et professionnelle. Elle se voulait attraper une contenance. Elle se voulait concentrée.

Dans les faits ? Ce n'était pas vraiment le cas. Le fait que Vincent l'ait appelé, elle, cette volonté d'aider, le retour au service actif, la transgression qu'impliquait une sortie sauvage... Tout, à ce moment, se voulait la mener hors de son personnage. Hors d'Anna, hors de Jezebel, hors de celle qui avait été Vadóc. Elle se serait peut-être même mise à danser ou à crier sa joie dans l'habitacle, et en lieu et place de cela, elle gigotait, comme une bête tournant en cage. Elle avait le regard vif, quasiment fou, qui se laissait aller à observer tout les chemins, tout les bâtiments, tout ce qui traînait au bord de la route. De l'extérieur, on aurait presque cru voir une fille en manque d'une quelconque dose de drogue, un fait d'autant plus curieux qu'elle n'était pas sans disposer d'une cigarette entre les lèvres, tout le long du trajet, toussant même de temps à autres.
Ne restait plus qu'à imaginer que c'était là une crise paranoïaque, ou peut-être le professionnalisme silencieux d'une personne entraînée...

Entrainée, elle l'était peut-être, mais elle ne l'était toutefois pas à garder le silence ou à mesurer ses gestes pour rester taciturne et parfaitement fermée, puisqu'elle se résolut à répondre laconiquement mais non sans une certaine forme de gentillesse et d'amabilité aux questions de Vincent : Comment allait-elle ? Bien. Que faisait-elle ? Des tas de trucs, les cours, le hautbois, préparer des concours ... Qu'écoutait-elle ? Elle appuya sur un bouton qui fit raisonner "Sharp Dressed Man" des ZZ Top dans l'habitacle du véhicule
Etait-ce la première fois qu'elle faisait quelque chose comme cela ? Une question tout de suite plus épineuse, à laquelle elle répondit simplement par un "Non" sec, au bout de quelques secondes de réflexion.

Trop de mauvais souvenirs. A éviter.

Ce fut probablement cette question qui jeta un froid, puisqu'Anna se concentra sur sa conduite, sans même émettre autre chose que des grognements et des approbation monosyllabiques aux théories et questions qui suivirent, pour finalement ne rouvrir la bouche qu'à la sortie du véhicule, une fois qu'elle eût changé de chaussures et qu'elle eût mis sur son dos son sac d'équipement.

Et c'était en observant Vincent lui réponse qu'elle se mit à étirer ses bras et ses jambes, comme si elle se serait préparé à une quelconque compétition, ou à un effort supérieur à la normale ... Dans les faits, c'était le cas. On ne pouvait jurer de rien, et le monde avait connu suffisamment de choses invraisemblables pour que virtuellement n'importe quoi puisse avoir causé cette disparition, du simple évanouissement à une éventuelle faille dans le continuum espace-temps.
Evidemment, pour une personne normale, cela aurait pu causer certaines interrogations, dans le genre de celles concernant la préparation ou l'équipement nécessaire à traiter avec la menace. Des interrogations qui restaient au fond de l'esprit d'Anna. Le fait était que la curiosité, le désir de bien faire et la simple volonté d'agir était trop forte ... Elle avait passé sa vie à se préparer, et sa préparation lui avait finalement valu un échec ... Il était donc peut-être temps de se laisser aller à l'improvisation !

" Bien ! " fit la lycéenne, pliée en deux, occupée à essayer de toucher la pointe de ses pieds avec ses bras. " On va donc remonter en sens inverse. Faudra faire attention à tout les détails. "

Elle se releva finalement, penchant la tête de droite à gauche, sûrement dans l'espoir de faire craquer ses articulations ... sans grand succès.

" Si tu vois un truc louche, tu m'appelles, " expliqua-t-elle, en le regardant dans les yeux, à travers ses verres fumés, d'un air plus expérimenté que réellement autoritaire, " On avisera. "

Elle se retourna, se mit à faire quelques pas d'un air décidé, mais s'arrêta finalement plutôt vite, pour se retourner de biais vers lui, le bras se levant avec un index déployé dans une attitude qui se voulait plus énonciatrice que réellement dénonciatrice. Elle ne pointait pas quelque chose, elle cherchait juste à ajouter quelque.

" Ah, au fait, " commença à expliquer l'Acadienne, " si on tombe sur quelque chose de gros, de menaçant, ou au moindre doute, j'aurais sûrement à te toucher. Rien de prolongé, cher ... Ce sera sûrement moins terrible que la dernière fois ... Il sera juste question de doubler la puissance de feu ... On est jamais trop sûrs. "

Elle se laissa même aller à arborer un sourire rassurant, avant d'ajouter autre chose,

" Et puis de toutes façons, ce n'était pas pas comme si on avait encore des secrets l'un pour l'autre, hein ? "

Et elle se retourna pour reprendre la marche, non sans rigoler à sa remarque. Un rire franc, sans trop de gêne. Elle était guillerette.

" Si tu as des questions, cela dit, fais-toi plaisir. " précisa-t-elle, avec un air un peu moins enjoué. Celui-ci était quasiment coupable : " J'essayerai d'y répondre au mieux. Ce n'est pas très juste que je sache tout de toi, et toi, rien de moi ... "
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Message posté : Lun 27 Oct 2014 - 21:43 Message
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    Mieux valait ne pas insister devant le manque d’entrain qu’Anna délivrait à leur conversation. Lui-même parlait surtout pour s’occuper l’esprit et chasser ses craintes. Il regretta cependant qu’elle ne se prête pas au jeu et vienne à lui raconter une anecdote quelconque ou tout récit pouvant l’aider à s’échapper mentalement le temps du trajet. Non ? Tant pis.

    La préparation fut plutôt rapide. Et selon les apparences, tout indiquait que ces deux jeunes gens étaient simplement sur le point de partir en pique nique. L’idée était loufoque en cette période de l’année mais pourquoi pas ? On avait vu plus fou. Le jeune homme écouta consciencieusement les consignes même si elles étaient simples elle aussi. Dit comme ça, et vu comme ça, leur tâche avait l’air facile. Il n’y avait plus qu’à. Cela dit, le « on avisera » avait de quoi le faire douter. Il se garda cependant de faire la moindre remarque. Si Kristen était effectivement en danger, il valait mieux éviter de perdre du temps.

    – Ca marche.

    Par contre, il hésita lorsqu’elle l’avertit quant à la stratégie établie en cas d’urgence. Il comprenait l’aspect technique de la chose et d’un point de vue strictement militaire, c’était sûrement une bonne initiative. Il ignorait les compétences de la jeune femme au combat, mais la savoir avec un pouvoir offensif était rassurant. Cela dit, il n’était pas très sûr pour la deuxième partie. Il fallait dire qu’il s’était quand même passé des choses depuis leur rencontre. Avec Jace notamment. Et le barman n’avait pas forcément envie de partager ces souvenirs avec qui que ce soit... aussi bien pour préserver son intimité que pour celle de Jace. Mais ce genre de considération était totalement superflu comparé au danger qu’ils pouvaient rencontrer. Et puis, pour sauver Kristen...

    – Ce n’est pas contre toi, mais si on peut éviter, je préfèrerais.

    Autrement dit : si vraiment y a pas le choix, okay !

    Sur ces consignes, l’étrange duo prit la route en commençant par la fin du parcours. Vincent garder la main sur son portable pour se dépêcher de s’en emparer lorsqu’il recevra le message de Holly. Il espérait qu’elle se dépêche d’ailleurs car si elle attendait trop, ils risquaient de se retrouver dans une zone en dehors du réseau. Le parcours en lui-même avait l’air plutôt calme. C’était même vraiment paisible et reposant d’être ici, si on arrivait à faire abstraction des rumeurs qui circulaient sur cette forêt. A vrai dire, depuis son réveil « mouvementé » à l’hôpital, Vincent ne s’était pas retrouvé en pleine nature comme ça et il en profita. Respirant à plein poumons, il fit de son mieux pour purger son corps de l’air un peu lourd de la ville. Le jeune homme s’y était habitué, mais il préférait assurément retrouver un air plus sain comme celui-ci. Il fit de son mieux pour rester concentrer sur son objectif et observa les lieux avec attention. Mais il avait beau chercher la petite bête, pour l’instant, ils étaient au cœur de la nature, et celle-ci ne leur montrait pas son côté le plus indigne. Les différents couleurs d’automnes formaient une symphonie poétique dans les arbres et le vent poussait les feuilles à chanter entre elles pour faire de la concurrence aux oiseaux. En dehors de cela, rien. Le silence. Pas de voix humaine. Pas de bruit d’automobile. Le calme. Vince décida quand même de faire causette. Tentative deux !

    – Ca fait longtemps que je suis pas venu dans une forêt. J’imagine que tu le sais, mais mon père et mon oncle avaient l’habitude de nous amener camper dans les bois. Ils nous ont apprit à nous repérer pour sortir des bois si jamais on se perdait... Ces gens qui ont disparus... ils devaient savoir tout ça... non ?

    Plus il y pensait, moins cette histoire n’avait de sens. Pourquoi la police ne s’était-elle pas intéressée à ces disparitions ? Holly et lui... et la blogeuse, trouvaient tout ça super bizarre et pas eux ?! C’était peut-être juste de la paranoïa... pourtant Anna avait été d’accord. Peut-être qu’elle avait sa propre idée sur ce qui se passait ici, mais qu’elle voulait épargner Vincent. Ce dernier allait expliciter sa question lorsqu’il sentit son portable vibrer. Il le sortir pour lire le message.

    – « Un kilomètre, juste avant une série de montées et de descentes, après le carrefour. » Il sortit la carte et chercha la zone que ces indications recouvraient. Ici.. Nous on est par là...

    Bon, au moins ils savaient ou ils allaient. plus ou moins...


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Message posté : Mar 28 Oct 2014 - 1:30 Message
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Le plus troublant dans l'affaire, pour Anna, c'était que si elle avait touché Vincent, si elle avait expérimenté ses souvenirs, sa personnalité et toute sa personne, dans sa quasi-entièreté, pour l'espace de quelques heures, elle ne pouvait s'empêcher de s'esbaudir à l'évocation de souvenirs autre que les siens. Oui, elle savait tout cela, évidemment. Elle en avait conscience, mais c'était comme si elle prenait connaissance de ces faits pour la première fois. En un sens, elle redécouvrait ces excursions dans la forêt pour la première fois. Ce n'était pas parce qu'elle ne le savait pas, ou qu'elle venait de l'apprendre, mais parce qu'elle n'y avait pas songé avant. Cela avait été normal, pour elle, une partie du paysage, comme ce voisin que vous croisez tout les matins, et dont vous ne découvrez réellement les habitudes que quand l'un de vos amis se présente chez vous et vous fait remarquer toutes les petites choses qui l'étonne chez ce curieux personnage qui habite la demeure d'à-côté. Auparavant, il était simplement question d'un voisin, quelqu'un qui était là, mais qui aurait très bien pu ne pas l'être. Quelque chose qui était si présent dans votre environnement mais à un niveau si infime que vous ne vous en rendiez même pas compte.
Les souvenirs extérieurs d'Anna représentent un peu cela, et à moins qu'ils ne furent extrêmement importants pour elle, ces souvenirs étaient souvent occultés, noyés dans une masse que la jeune fille ne prenait pas grand plaisir à explorer, et moins encore quand ils s'invitaient d'eux-mêmes dans son esprit. A ce moment, il devenait difficile pour Anna de savoir qui devenait qui, et quel souvenir était à mettre dans quelle case, car elle semblait parfaitement capable de s'imaginer être une guerrière des Highlands originaire du Kansas, à l'accent parfaitement écossais. Une fille née à Lafayette, élevée durement selon des principes antédiluviens, et qui se rappelait pourtant uriner debout face à un arbre en rigolant, par un maléfice qu'elle ne pouvait expliquer ...

" Ahem, Vincent, cher ? " fit-elle s'arrêtant, pour lui faire face, un air neutre et flegmatique traversant son visage, alors que ses lunettes de soleil camouflaient encore la prunelle de ses yeux de jade, " Je ... Pourrais-tu éviter de mentionner un "nous" quand ... il est question de tes souvenirs ? J'ai dû mal à me concentrer sur mon esprit seul, et avoir l'impression que tu m'inclus dedans ne m'aide guère. "

Présomptueuse, un peu, mais c'était surtout de l'égoïsme. Quelque chose qui ne lui éclata à la figure que quelque secondes plus tard, quand elle s'en rendit compte.
Alors, seulement, son visage se figea dans une expression désolée, et elle ôta ses lunettes d'un geste rapide autant qu'attentionné. Il était question de ses frères et sœurs, et non d'elle, évidemment, mais c'était plus fort que ce qu'Anna pouvait endurer. La notion d'un "nous" réveillait en elle une autre personnalité, et menaçait de confronter Vincent avec son soi d'une semaine en arrière. Un lui en jupe et avec une paire de seins. Un spectacle qui, si cocasse qu'il eût pu être, aurait souverainement déplu à une Anna qui luttait très fort pour rester maître de sa personne.

" Je suis désolée, vraiment, " s'épandit, en laissant un regard pitoyable se planter sur le visage de son compagnon de route, " Ce ... Ce n'était pas contre toi. J'apprécie tout cela, évidemment ... C'est juste que ... Dans ma tête ? C'est confus ... Quand tu racontes comme cela, j'ai l'impression d'être toi. J'ai l'impression d'être à ta place ... d'être ... une autre personne que moi-même. "

Evidemment, ce n'était pas une explication des plus limpides, et il semblait que détailler ses pouvoirs le serait toujours. C'était l'apanage des métahumains ... Tous unis par la disposition de pouvoirs, et si différents par ceux-ci mêmes.
Elle sentait la réplique venir, mais celle-ci fut interrompue dans l'oeuf par Holly. Une véritable reine, dans le domaine, qui pouvait tout autant faire capoter les plans de séduction les mieux élaborés que sauver une fille d'une séance d'explication sur un joyeux hors-sujet.

Car oui, elle n'avait finalement pas répondu à la question. Pourquoi n'étaient-ils pas sortis de la forêt ?

" Bon, eh bien, allons-y alors. On verra là-bas ... "

La réponse était qu'elle n'en savait rien. Réellement, et son imagination était bien trop féconde pour la laisser libre et sans contraintes sur un tel sujet. Elle n'aurait pas manqué de faire peur à Vincent en imaginant mille sévices qu'une tribu cannibale tirée du fond des âges avait pu occasionner aux infortunés visiteurs...
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Message posté : Mar 28 Oct 2014 - 14:41 Message
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    La réponse d’Anna rendit Vincent perplexe. Il n’avait pas vu les choses sous cet angle, pourtant il parlait bien de ses frères, sa sœur et lui quand il utilisait le pronom « nous ». Il commença à prendre conscience de la complexité que les pouvoirs de la demoiselle apportaient et encore une fois, il ne pouvait que s’estimer heureux d’avoir été épargné par un pareil fardeau. Non pas que le sien soit léger. Vincent eut l’air confus et ne trouva rien à répondre pendant un instant. Il n’était pas sûr de comprendre l’étendue des problèmes que pouvait vivre Anna et préférait éviter de proférer des âneries. Il préférait éviter de passer pour un idiot inutilement, surtout avec une jolie fille, mais surtout, il voulait éviter de la blesser davantage. Un art auquel il commençait tristement à s’exercer.

    – Excuse-moi... j’avais pas vu ça sous cet angle.

    Faut dire qu’il n’avait pas une vision très développée sur ce spectre visuel. Sa conception des pouvoirs et de leurs conséquences se limitait aux siens, et encore, il n’arrêtait pas d’en apprendre tous les jours. Vince avait plus ou moins étendu ses connaissances aux pouvoirs élémentaires grâce aux enseignements de Jace, mais il savait qu’il y avait un monde qui séparait ce domaine de celui dans lequel se trouvaient les pouvoirs d’Anna. Mais il préféra éviter de trop y réfléchir, ce n’était pas le moment d’avoir mal au crâne. Il y avait plus urgent : Kristen.

    Forts des informations transmises par Holly, le duo de Supers continua sa progression jusqu’à parvenir à cette fameuse série de hauts et de bas. Quand ils eurent finit de monter et descendre, Vincent inspecta les lieux. Un côté du sentier était bloqué par une pente assez raide, l’autre menait dans les bois. Il n’y avait pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour décider de la zone à explorer. Il restait tout de même un point technique sur lequel ils pouvaient s’étendre.

    – Est-ce qu’on devrait se séparer pour chercher ?

    Une réponse positive ne lui plairait pas vraiment. Non pas qu’il soit effrayé pour lui-même. C’était sans doute de l’arrogance, mais il se sentait capable de se défendre. Il n’aimait pas se battre, mais il n’hésiterait pas à le faire pour se protéger. Par contre, il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour Anna, même si elle avait certainement une meilleure expérience que Vince dans ce domaine. En tout cas son assurance le sous entendait. Néanmoins, il devait reconnaître qu’en se séparant, ils pourraient couvrir une plus large zone de recherche.

    Pendant que les deux Supers discutaient, quelqu’un, ou quelque chose les épiait depuis les bois. Tapis derrière un arbre, l’observateur lorgnait sur ces deux promeneurs inconscients. Fait remarquable, il se tenait à une distance beaucoup trop grande pour permettre à deux yeux normaux d’apercevoir quoique ce soit...

    Au même moment, quelque part, dans une pièce miteuse et mal éclairée dont une ouverture laissait filtrer quelques rayons de lumière au plafond. Prostrée au fond de la pièce, les mains liées à un pilier à l’aide d’une corde, bâillonnée, Kristen pleurait, exténuée. Elle avait passé la nuit ici et ignorait qui l’y avait mise. D’abord, elle s’était débattue de toutes ses forces, tirant sur la corde, essayant de crier en dépit de son bâillon. Elle s’était même écorché les mains. Maintenant, elle avait abandonné et attendait dans l’angoisse. Elle en profitait pour renouer avec Dieu, lui priant de lui envoyer de l’aide, de la faire sortir de là... L’étudiante n’avait pas non plus abandonné l’espoir que tout cela n’était qu’un cauchemar. Mais elle ne se réveillait pas. Pas même lorsqu’elle entendit quelqu’un s’approcher de l’ouverture. Elle ne pouvait pas voir de qui il s’agissait, mais elle pouvait entendre une respiration lourde. Il l’observait. Kristen fut parcourue d’un frisson et les larmes recommencèrent à couler.

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Message posté : Mar 28 Oct 2014 - 17:57 Message
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" Se séparer ? "

Anna accueillit la suggestion avec une décontraction sarcastique, en levant un sourcil pour signifier son amusement. Pourquoi se seraient-ils séparés ? Seuls, dans une forêt, avec un GPS pour deux personnes, un téléphone pour deux personnes, aucun moyen de s'entre-contacter - pour cause de paranoïa chez l'un des deux aventuriers en goguettes ... -, se séparer sonnait comme une idée merveilleusement farfelue. Un bon moyen de sombrer dans un traquenard, de se perdre et, dans le cas le plus dramatique, de se faire tuer de manière stupide.

Oui, tuer. Une possibilité qu'envisageait réellement l'ancienne Alpha. Une sorte de spectre qui rôdait, tapi au fond de son esprit. Rien de plus qu'une possibilité, plus qu'une absolue. Oui, les personnes disparues avaient très bien pu mourir, touchées par quelqu'un ou quelque chose ... A vrai dire, cette idée était porteuse d'un certain attrait morbide, comme si il rendait l'affaire soudainement plus dramatique, importante et ... digne d'intérêt. Envisager la situation avec un tel détachement pouvait sembler véritablement malsain, et Anna elle-même ne pouvait s'empêcher de le penser, et c'était pour cela qu'elle refusait également de partir seule, de son côté, se cachant derrière une assurance de façade.
Oui, la mort, avant même d'avoir connu l'amour, avant même d'avoir connu quoique ce soit d'autre que l'opprobre d'être jetée de son ancienne équipe comme une malpropre, c'était une issue par trop ... définitive.

Oui, pour un être humain normal avec deux sous de bon sens, on appellerait cela de la "peur", mais Anna, pour tout bon sens, n'a qu'un égo très sûr de lui.

" Nous n'avons aucun moyen de se contacter ou de se retrouver, et nous ne savons pas ce qui a causé ces disparitions ... Vincent, je n'ai pas envie de finir comme une potiche de film d'horreur au rabais, et c'est toujours ce qui arrive quand les héros se séparent. "

C'était oublier que, contrairement aux protagonistes génériques de films d'horreur, les deux intéressés disposaient de capacités. L'un d'entre eux, tout du moins, car si la plus jeune avait tenu ses propos, c'est qu'elle ne s'envisageait à vrai dire à aucun moment comme une réelle détentrice de pouvoir. Pour elle, ses capacités étaient handicapantes plus qu'utiles, et elle ne pensait pas pouvoir servir à quelque chose, fut-elle seule, et fut-elle armée d'une matraque.
Une matraque, d'ailleurs. Dans une forêt. Les gens censés emportaient des lames, des machettes, pour se dégager un passage ... pas une matraque ... A quoi pensait-elle seulement ?

" Je ... Viens, " fit-elle, en remuant le bras comme une cheftaine scout dirigeant ses ouailles, " On va d'abord explorer les bois ... C'est le coin que je sens le moins. "

Oui, rester calme. Garder sa façade. La réalité était que sa motivation semblait commencer à fléchir... Pourquoi s'était-elle engagée là-dedans ? Pourquoi avait-elle accepté ? Ce n'était pas un environnement qu'elle connaissait, elle n'était pas avec des personnes pleinement entraînées, et elle-même n'était rien de plus qu'une aspirante-enquêtrice vaguement croisée avec une héroïne dont l'entrain était plus dicté par les papillons qui flottaient dans sa poitrine que par sa réelle capacité et volonté à sauver des vies humaines dans le cadre d'une activité super-héroïque...
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Message posté : Mar 28 Oct 2014 - 22:53 Message
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    Le jeune homme ne put voir l’hésitation qui se manifestait dans l’esprit de sa partenaire de recherche, il put cependant voir le reflet de sa bêtise lorsqu’elle lui fit remarquer qu’une séparation serait une très mauvaise idée. Elle cita même ses sources en faisant référence aux films d’horreur. L’étudiant ne pouvait pas aller contre une telle logique, même si elle n’était peut-être pas des plus professionnelles. Il fallait dire qu’il n’était pas peu rassuré de la réponse d’Anna. Lui non plus n’aurait pas été rassuré en cas de séparation. En tout cas, il était d’accord avec elle concernant la forêt. Ils n’avaient pas d’autre choix que de s’enfoncer dans les bois. Si Kristen se trouvait près du sentier, on l’aurait certainement retrouvée.

    Les deux Supers prirent donc la direction des fourrées sans s’éloigner l’un de l’autre. Vincent restait aux aguets en quête d’indice quelconque. Une branche brisée de façon suspecte. Une trace de pas. Du sang. Pitié seigneur, faites qu’il ne trouve pas de sang, surtout celui de Kristen. Le barman ne vivait pas dans un monde de bisounours, il avait parfaitement conscience de toutes les horreurs que le monde pouvait recéler, que les gens pouvaient perpétrer sans avoir de vraies raisons. Mais il en avait plus ou moins échappé... jusqu’au 20 septembre dernier... Tout lui indiquait qu’il était parti pour vivre encore plus d’horreurs maintenant, y compris ses proches, ses connaissances... Kristen aussi donc. Non il ne voulait pas y penser, ils allaient la retrouver ! Vincent faisait également de son mieux pour retenir ses pouvoirs en dépit de toutes les frayeurs qu’il pouvait se faire. Un pyromancien dans une forêt, c’était pas forcement une bonne recette pour la nature. Anna et lui s’enfoncèrent donc sous les branches, entre les arbres. Les oiseaux continuaient à gazouiller, le vent poursuivait sa valse, les feuilles lui répondaient, rien d’extraordinaire ne leur sauta aux yeux. Les deux jeunes gens explorèrent les bois pendant une bonne demi-heure avant de faire une pause. Vincent buvait une gorgée d’eau tandis qu’Anna vérifiait la carte pour délimiter la zone qu’ils venaient d’explorer. Rien. Une recherche plus rigoureuse, serait peut-être nécessaire, en quadrillant le périmètre. Le jeune étudiant n’y connaissait rien mais écoutait les propositions de stratégie d’Anna avec un enthousiasme mesuré, mais bien présent, n’en doutez pas. Pendant que son experte continuait de lui exposer son plan, Vincent regarda le ciel. Le soleil avait baissé, s’ils ne trouvaient rien rapidement, ils allaient être plongés dans les ténèbres... et alors que feraient-ils ? La prudence les pousserait à retourner à la voiture et à faire une pause dans leur recherche. Mais alors, qu’en serait-il de Kristen ? La jeune étudiante venait déjà de passer presque un jour (dont une nuit) seule et perdue. S’ils attendaient encore une nuit, ses chances diminueraient encore.

    Le jeune homme fut tiré de ses réflexions par un éclat de lumière qui le fit cligner des yeux. Il se protégea la vue à l’aide d’une main. En cherchant l’origine de cette lumière, il vit quelque chose briller par terre, entre des feuilles mortes. Sans dire un mot, il s’approcha pour voir de quoi il s’agissait et se pencha pour ramasser l’objet. Une espèce de fléchette en métal. Il se tourna vers Anna pour la lui montrer.

    – Anna ? A ton avis ?

    Mais il n'eut pas le temps d'entendre la réaction de la jeune femme. Avant que son esprit n’ait pu développer ses nouvelles spéculations, Vincent sentit une horrible pression s’abattre sur son cou et lui arraché un aïe. Aussitôt il porta la main pour voir de quoi il s’agissait, ses doigts se refermèrent sur une mini fléchette, semblable à celle qu’il tenait entre les doigts. Sa vision commença à devenir floue et ses membres perdirent leur vigueur. Le jeune homme perdit conscience avant même de toucher le sol.

    Pendant ce temps, loin de leur champ de vision, leur observateur avait déjà Anna dans son viseur, il ne lui restait plus qu’à tirer pou cueillir son deuxième colis. Le troisième en deux jours.


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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 1:22 Message
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Anna avait toujours été relativement bonne en course d'orientation. Lire une carte, se diriger avec une boussole, s'orienter dans la forêt ... Tout cela revêtait pour elle une allure de jeu, quelque chose qui dépassait la simple notion de randonnée ou d'excursion, quelque chose qui rendait plus intéressant et fascinant cette discipline que la simple action de marcher le long d'un chemin pré-établi.
Le simple fait de regarder une carte en tenant sa montre, ne serait-ce que pour donner l'impression qu'elle savait ce qu'elle faisait, l'emplissait d'un certain réconfort. Certes, elle savait lire une carte, bien plus à l'instinct que par une réelle connaissance topographique des lieues - Ce qu'elle tenait n'était certainement pas une carte d'état-major. -, mais c'était plus ce que l'on cherchait que ce que l'on identifiait qui était en cause à ce moment précis. Une forêt était une forêt, et la forêt de Watson, en dépit de tout ce qu'elle avait pu connaître et de toutes les rumeurs qu'elle pouvait nourrir dans les esprits les plus imaginatifs, atteints ou même, sous certains points de vues, clairvoyants, n'en demeurait pas moins qu'une énorme surface couverte de troncs touffus. Contrairement aux villes, où l'on pouvait se retrouver à l'aspect général d'un immeuble ou même à son nom, l'être humain avait depuis longtemps perdu l'habilité de différencier un arbre d'un autre. Cela faisait des siècles, sinon des millénaires, qu'il avait évolué, qu'il était sorti de sa forêt de bois pour se bâtir de lui-même une forêt de pierre, de brique, puis de béton, au point de ne plus reconnaître ce qui avait pourtant été son habitat naturel pendant des centaines de milliers d'années.

La survie du plus apte, devenue survie du plus ingénieux. Un sujet proprement fascinant.

Un sujet sur lequel Anna aurait adoré se pencher, si elle n'avait pas été aspirée par autre chose, car en effet, alors que Vincent s'était déclaré en faveur d'une pause qu'il dédiait à se désaltérer, la pisteuse se reportait à étudier une fois de plus la disposition des lieux. Cela faisait une demi-heure qu'ils tournaient, et bien que cela en put donner l'impression, ils n'étaient pas "perdus". Anna LeBlanc ne se perdait pas.
Non, le fait était qu'ils erraient sans savoir ce qu'ils cherchaient. Une quête aveugle, candide. Une quête qui, faute de terme, bien que désignable en des termes bien plus prosaïques, plus poétiques, plus lyriques et moins évocateurs, passait aux yeux de la lycéenne comme une "belle connerie". La fatigue aidait, évidemment.

Ce fut le moment que choisir Vincent pour l'appeler.

Elle se retourna, baissa son casque de walkman, leva ses lunettes, plissa les yeux, identifia une fléchette.

Dans son esprit, la conclusion se présenta d'elle-même à une vitesse terrifiante : ils étaient tombés précisément sur quelque chose de non-naturel. Les personnes avaient été touchées par quelqu'un ou quelque chose d'une nature aussi peu bucolique que les deux présents randonneurs. Un chasseur, un loup-garou, un extra-terrestre invisible avec un canon laser sur l'épaule et une bouche s'ouvrant en quatre partie ... Quelle importance ? La seule conclusion de la femme du groupe sur la présence précise d'une fléchette à cette endroit, posée à même le sol et récupérée par Vincent, était qu'ils avaient été repérés depuis longtemps. On les avaient suivis, et on leur avait même préparé une embuscade. Une embuscade ridicule.

Leur laisser une fléchette, comme, c'était un moyen à peine subtil, du point de vue d'Anna, pour se foutre de leur gueule. Oui, car son esprit cajun n'était plus apte à formuler des pensées chastes et polies. Ce n'était plus que des impulsions primaires, plus que des réflexes.

Ce n'était pas des réflexes de combat, cependant. Elle n'avait jamais encore connu le feu, n'était pas une guérillera endurcie. Tout ce qu'elle savait, elle le tirait des livres, de ces mémoires de vétérans d'Irak, d'Afghanistan ou de Yougoslavie. Des livres qu'elle avait lu en se disant qu'ils l'aideraient à réagir, le moment venu, en se basant sur ce que de vrais soldats faisaient, ce qu'ils ressentaient, et comment combattre le stress de l'imprévu.
Et là, elle était projetée précisément là-dedans. Toute sa préparation psychologique, elle ne servait à rien. Ce n'était que des fantaisies de rat de bibliothèque. Elle était projetée devant cette vision comme dans une ruelle de Bagdad ou de Sarajevo, voyant le reflet du soleil dans la lunette du tireur avant même que son projectile ne parte.

En réalité, elle était même pire que ces combattants, car elle ne prit même pas la peine de prévenir Vincent. Non, la situation paraissait trop absurde, trop surréaliste. En situation de combat normale, un soldat aurait sûrement hurlé quelque chose comme "A terre !" ou "Contact !", avant de se jeter au sol et de canarder au petit bonheur la chance.
Anna était une civile, elle, et une civile qui n'était même pas effrayée, elle n'était pas même stressée. Elle savait qu'il allait se passer quelque chose ... Mais cela ? Non, elle ne s'attendait pas à tomber sur ce genre d'embuscade.

Et la fatigue aidant, avant même que Vincent ne reçoive le tir, elle se mit à pouffer de rire. Une crise de rire nerveuse et parfaitement incontrôlée, qui dura tout le temps de la réaction de Vincent.

Elle savait précisément ce qui allait se passer pour elle, maintenant. Elle allait être touchée, elle aussi. Elle n'avait pas d'arme, et de toutes façons, elle était seule et sans aucun moyen de communication au milieu d'une immense. Le temps de se jeter sur le corps de Vincent pour récupérer son téléphone, elle serait touchée d'autant plus sûrement.

Trop lasse et trop peu sûre d'être prête à jouer à cache-cache, elle fit ce qu'il lui parut être la solution la plus rationnelle.

Elle leva la tête et tira vers le bas le col de chemise et son ruban pour offrir son cou au tireur. Quitte à se faire toucher, autant ne pas ruiner sa tenue avec un impact de projectile.

De toutes façons, c'était probablement des tranquillisantes, alors on pourrait toujours aviser plus tard ...

Non, sérieusement, ce devait être des tranquillisantes, non ?

Soudainement, alors que le projectile la frappait, Anna n'était plus vraiment sûre. Il y avait tellement de fous sur cette planète, qu'ils pouvaient très bien avoir été attaqué par un illuminé trempant des fléchettes dans une neurotoxines extrêmement violente ... mais elle n'eût même pas le temps de se rendre compte de la stupidité de son optimisme ...
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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 13:33 Message
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    C’était ce qu’on pouvait appeler un sommeil sans songe. Vincent pourrait presque s’en féliciter. Pas de paysage enflammé apocalyptique dans ses cauchemars, pas de Jace, pas de parents larmoyants, pas de match de foot incendié par une folle aux cheveux de braises. Rien... juste le repos. Enfin pas tout à fait...

    Le jeune homme se réveilla dans une sorte de cave où il faisait sombre. Il fut immédiatement accueilli par un mal de tête et un reste de vertige. Il aurait pu avoir envie de vomir s’il n’avait pas quelque chose qui bloquait sa bouche : on l’avait bâillonné. Il réalisa alors qu’il était attaché à une corde qui pendait d’en haut et lui liait les mains, laissant ses jambes traîner par terre. Vincent se redressa et regarda rapidement autours de lui d’un air paniqué en quête d’explication. Mais il faisait trop sombre et ne voyait toujours rien. Il régnait dans cette sale une odeur exécrable, mélange de moisissure et d’urine, voire pire... Ses oreilles par contre lui offrirent quelques détails, des cris étouffés, comme si quelqu’un qu’on avait bâillonné essayait de parler, voire même de crier. Mais il ne pouvait rien voir. Ses yeux ne s’adaptaient toujours pas au manque de lumière. Et il ne pouvait pas bouger, des cordes lui liaient les poignets au dessus de la tête. Il réalisa alors qu’il était bête et qu’il avait à sa disposition un bon moyen de se libérer et de faire de la lumière. Le pyromancien se concentra sur les mains et sur les cordes. Pour une fois qu’il avait vraiment envie de brûler quelque chose. Les liens ne tardèrent pas à prendre feu et à produire leur lumière.

    Vincent observa donc sa prison. Il était effectivement dans une cave avec un escalier qui menait à la sortie : une porte à double battant qui se trouvait au plafond. Le jeune homme réalisa également qu’il n’était pas seul. Kristen se tenait sur sa gauche, assise par terre attachée et bâillonnée. Elle avait était dans état pitoyable, la fatigue et la peur ravageaient son visage. Elle regardait Vincent avec des yeux plein d’espoir, sans même faire attention aux flammes qui lui déliaient les poignets. L’étudiante avait le sens des priorités. Lorsque les liens furent assez rongés par les flammes, Vince tira sur ses bras pour se libérer et enlever le bâillon qui l’empêchait de parler.

    – Kristen ! il s’approcha rapidement de la demoiselle, ses flammes restaient attachées à ses poignet, et lui rendit l’usage de la parole. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qui t’a fait ça ? Tu vas bien ? demanda-t-il, cédant un peu à la panique tout en essayant de l’aider à se délivrer.

    – V... Vincent... vite... il faut partir. Ils... ils... ils vont revenir...
    – Qui ça, ils ? Raconte moi !
    – D-deux hommes... peut-être plus... ils... ils... y en a un avec des yeux... ils m’ont amenée ici puis mon laissée... et là ils t’ont emmené...

    Soudain Vincent se rappela d’Anna. Il se retourna et leva le bras pour essayer d’éclairer la pièce en quête de sa partenaire... Elle n’était pas là.

    – Kristen, dis-moi où est Anna ? Je suis venu te chercher avec elle ! Qu’est-ce qu’ils ont fait d’elle ?
    – Ils l’ont... ils l’ont mise dans une boite... je crois. Un problème avec sa peau... je crois... il avait l’air tellement excité...

    Vincent se mit à pâlir. Dans quoi avait-il embarqué Anna, où était-elle ? Et si leurs kidnappeurs n’avaient pas du tout apprécié le contact de la jeune Super ? Qu’allaient-ils lui faire ? Mais il ne pu poser la question car il parvint enfin à libérer son amie. La jeune femme s’agrippa alors à son bras de toutes ses forces, elle ne prit même pas la peine de faire attention aux flammes qui entouraient encore les poignets du jeune homme. Elle fixait quelque chose vers les escaliers, à la fois fascinée et terrifier par ce qu’elle voyait.

    – Ils... ils... il faut partir... ils ils... ils vont venir nous manger...

    Le barman n’avait rien entendu d’aussi stupide depuis longtemps, pourtant il vivait presque avec Holly. Il commençait à croire que Kristen était devenue folle et remettait son jugement en question. Cependant il daigna tout de même jeter un regard dans la même direction qu’elle, en attendant de réfléchir à un moyen de sortir. Il vit des formes multiples et immobiles joncher le sol. Un frisson glacé lui parcourut l’échine, ses flammes vacillèrent, mais il les força tout de même à rester et les brandit pour voir de quoi il s’agissait. Il vit alors plusieurs vêtements de toutes tailles et tâchés de sang entassés dans le coin en face d’eux. Peut-être que Kristen n’était pas si folle que ça en fin de compte. Mais peut-être que lui n’allait pas tarder à le devenir.

    Pendant ce temps, à l’intérieur d’une boîte en bois ouverte, Anna reprit conscience tandis qu’une silhouette fascinée observait le réveille de mademoiselle Leblanc.

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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 14:30 Message
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Le problème, avec une fille imaginative du calibre d'Anna LeBlanc, était que la droguer revenait à s'exposer à de très graves problèmes. Son organisme, tout comme un autre, réagissait évidemment aux sédatifs et aux tranquillisants, mais il était de notoriété quasiment publique que les effets secondaires hallucinatoires des psychotropes, tout comme l'alcool, avaient tendance à la rendre particulièrement insupportables, comme si ... elle perdait le contact avec la réalité. Comme si elle était une autre personne.
Le fait était qu'elle n'était pas réellement une "autre personne", dans ces états seconds. Elle était tout simplement, "personne". Tout ce qu'elle avait absorbé de souvenirs et de personnalités gambadaient de manière parfaitement libre dans un esprit qui n'était plus capable de se protéger, et le subconscient de la lycéenne de Lafayette, en lieu et place d'une étendue calme et parfaitement entretenue, était une savane, ou une jungle. Une contrée sauvage où rôdait une chimère terrifiante. Un monstre capable d'effrayer le télépathe trop imprudent qui se serait laissé aller à explorer son esprit. Une curieuse bête qui aurait sauvagement défendu son territoire, et une bête qui avait maintenant le plein contrôle d'une enveloppe charnelle.

Et quand Anna ouvrit les yeux, ce furent en premier ses mèches blanches qui l'accueillirent. Des mèches qui n'étaient plus orphelines, puisque c'était l'intégralité de son capillarité de son occiput qui avait viré à l'ivoire le plus pur, dans une cascade de boucles sauvages bien loin de la chevelure lisse qu'elle avait soigneusement confectionnée avant de partir de chez elle.
Face à la paire d'yeux qui la zieutait avidement, elle secoua la tête pour se dégager le visage, et rendit un farouche regard de tueuse de sang-froid, avant de gigoter en regardant en tout sens, identifiant ce dans quoi elle reposait comme une boite de bois particulièrement inconfortable. Peut-être un cercueil.
Et à cela, elle sourit à son ravisseur. Un sourire carnassier, prédateur. Un sourire dérangeant qui n'avait pas peur.

" Si tu veux faire quelque chose, bawbag " commença-t-elle à expliquer, avec un accent tout aussi impossible à identifier que l'origine de cette curieuse insulte écossaise, sortie d'une bouche toujours aussi souriante, " je te conseille de le faire vite. Très vite : je t'explique, je te laisse cinq secondes, pendant lesquels je vais ... "

Joignant le geste à la parole, elle baissa le regard, pour constater que l'on avait maltraité sa tenue, son ruban de cou dénoué et sa chemise sauvagement ouverte, avec plusieurs boutons manquants. Plus encore, en relevant la tête, elle remarqua que son ravisseur portait ses propres lunettes de soleil, et qu'il arborait son baladeur cassette.
Grossière erreur de sa part.

" Bien, " soupira la jeune fille, passablement courroucée, " trop tard. J'ai ... Nous ... avons passé un nombre d'heures très important pour concevoir cette tenue. Je préfères te signifier que je suis plutôt ... désappointée. Si tu me détaches maintenant, je peux te promettre que je vais essayer d'écouter la petite fille apeurée et conciliante au fond de moi et que je ne ... "

Elle ferma les yeux et secoua la tête, comme prise d'un malaise passager. Un malaise qui ne dura qu'une seconde, à vrai dire, le temps qu'elle lâche un petit cri soulagé, avant de reprendre avec la même assurance :

" Certes ... Je lui ai promis ... Je te promets que je ne ruinerais pas plus avant cette tenue en creusant ton estomac pour en extraire les viscères. "

La curieuse furie s'interrompit, pour éclater d'un rire sadique et parfaitement possédé, qui ne s'interrompit que pour continuer à parler, non sans être prise de petites crises de fous-rires tout aussi dérangeantes que son comportement :

" J'espère que tu vas refuser ... Et j'espère que tu as maltraité le jeune homme avec qui je ... elle ... nous sommes venues ... J'espère que nous avons une raison pour être absolument ... délicieuses ... Il nous est précieux ... Nous ... l'aimons, tu sais ? "

Une cacophonie indicible, passant d'un mot à l'autre d'un accent écossais à un accent afro-américain, à un accent cajun, à un accent du midwest, qui ne se souciait guère des liens qui lui entravait les mains, car ils n'étaient finalement que de légères contraintes, quand elle pouvait encore attaquer avec ses jambes, ses dents, et plus encore, l'intégralité de sa peau, si on se révélait suffisamment fou pour la toucher.
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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 17:39 Message
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    Vincent resta immobile, figé par l’horreur qui lui imposait se spectacle. Combien de vêtements se trouvaient ici ? A combien de personnes étaient-il sensé appartenir ? L’étudiant voyait des vêtements pour femmes, pour hommes, pour enfants... A chaque fois que ses yeux se posaient sur un nouveau bout de tissus, son esprit lui renvoyait les références des personnes disparues. Des randonneurs... tiens, des chaussures de marche. Une famille... oh une robe de petite fille... oh des chaussures pour enfants... Paralysé, le jeune homme mit un certain temps avant de se remettre du choc. Ce fut Kristen qui se chargea de le ramener sur Terre en le secouant par le T-shirt.

    – S’il te plaît... fais nous sortir d’ici...

    Sa voix était suppliante et la panique suintait à travers chaque syllabe, mais elle ne criait pas, elle ne haussait pas le ton. Comme si elle avait peur de se faire remarquer. Le barman se ressaisit et commença à réfléchir. Ok... priorités... Où on est ? Comment on sort ? Heu... ok d’abord un peu de lumière. Le jeune homme réunit les poignets et demanda aux flammes de se réunir dans une main afin de l’envelopper entièrement de feu. De l’autre main, il serra l’épaule de Kristen et la força à le regarder dans les yeux et à lui expliquer le plus calmement possible ce qu’elle savait. L’étudiante lui dit qu’elle pensait qu’ils se trouvaient dans la forêt, ou plutôt dans une cabane creusée à laquelle on avait accès par cette porte au sol qu’ils pouvaient voir. Elle se perdit également dans des détails incompréhensibles, toujours à parler des yeux de celui qui l’avait attrapée... et d’une odeur qui la perturbait encore... Vincent la laissa là pour monter ces escaliers et voir ce qu’il pouvait faire avec la porte. Elle était épaisse et possédait un gros verrou métallique, il aurait beaucoup de mal à l’ouvrir, même avec ces pouvoirs. Le jeune homme réfléchit à une alternative et se demanda s’il pouvait passer à travers en se changeant en cendres. Mais il n’eut pas le temps de se répondre à lui-même car soudain les propos de son amie séquestrée recommençaient à prendre du sens.

    – Comme chez un médecin... l’odeur... pareil...
    – Quoi ? il tourna la tête vers son amie, puis, voyant qu’elle ne répondait pas, redescendit pour s’approcher d’elle. qu’est-ce que tu dis ? demanda-t-il d’une voix douce en dépit de sa propre peur.
    – L’odeur... l’homme qui a mit ton amie dans une boîte... il sentait comme un docteur... comme chez le médecin.


    ...


    Pendant ce temps, du côté d’Anna, son ravisseur qui était effectivement un médecin l’observait avec une curiosité toute scientifique. Il la regardait se débattre et surtout il l’écouter elle et ses multiples parlers, accents, regards... Il avait affaire à un cas de schizophrénie particulièrement avancé, c’était... fascinant, surtout chez une patiente aussi jeune. Il avait l’impression que si elle avait la liberté de ses gestes, elle manifesterait une multitude de façons de marcher. Mais il n’allait pas la libérer, bien évidemment. Il n’était pas fou. Surtout pas avec cette peau qu’elle avait... Kent avait été sous le choc lorsqu’il l’avait touchée en la ramenant... Il avait cru qu’elle n’était pas endormie, cela lui a bien fichu la frousse. D’ailleurs il n’est pas resté pour l’observer... le chasseur avait eu envie de la tuer pour se venger et mieux valait pour elle, et surtout pour la science, son sort à elle était de toute façon déjà scellé, qu’il s’éloigne pour le moment. Allez savoir ce que ce brave garçon était parti faire. En tout cas, il avait dû avoir vraiment mal pour réagir ainsi... la peau délicieuse de cette charmante jeune fille était-elle si dangereuse que ça ? Le serait-elle toujours une fois morte ? Ce serait embêtant, une si belle chair. Mais voilà, pour l’instant, cette demoiselle était une énigme scientifique, médicale, qu’il aimerait bien résoudre... Peut être en faisant une expérience... Que ce passerait-il s’il demandait à Kent de faire venir l’autre fille pour la faire toucher celle-ci ? Pas le garçon bien sûr, trop musclé, il pourrait poser des difficultés, mais la fille serait parfaite, elle devait déjà être exténuée et ne serait absolument pas difficile à manipuler. Sans répondre à son trésor en boîte... Anna s’appelait-elle d’après ses papiers, le médecin sortit un talkie walkie de sa poche et l’actionna avant de parler d’une voix horriblement mielleuse :

    – Kent ? Va me chercher l’autre fille... J’ai envie de mener une petite...

    Il fut interrompu par un bruit assourdissant qui provenait de dehors. Ce son rappela celui du bois que l’on brisait, mais il y avait également un son métallique qu’il ne parvint pas à identifier. L’éclat sonore fut accompagné par un autre, beaucoup plus sourd. Docteur Cannibal n’allait pas tarder à comprendre que quelqu’un venait d’arracher la porte de la cage qui contenait ses prisonniers.


    ...


    Dans la dite cage, Vincent était en train d’essayer de tirer plus d’informations à Kristen, mais celle-ci venait d’entrer dans une crise de larmes qu’il ne parvint pas à calmer. Un médecin mangeur de chair humaine... l’idée était horrible et Vincent commençait sérieusement à craindre pour sa vie... et aussi pour celle d’Anna qui, se matin, n’avait rien demandé. Seigneur ! Que se passerait-il si elle venait à toucher un tel individu ? Ses souvenirs ? Vite il fallait faire quelque chose. Mais d’abord ressaisir son amie, il allait avoir besoin d’elle, ou au moins qu’elle reprenne ses esprits pour ne pas se faire tuer. Mais il fut interrompu par un bruit assourdissant qui provenait de très près... et d’en haut. Les deux otages se tournèrent au même moment et, à la lueur des flammes de Vincent, purent constater que la porte n’était plus là... on l’avait arrachée de ses gonds.

    Prudemment, ils montèrent les escaliers et le jeune homme passa la tête au dehors pour observer le terrain. Ils se trouvaient dans un parc ou plutôt une prairie située au milieu de la forêt. A une centaine de mètres d’eux se trouvait une maison en bois toute simple de deux étages. De la lumière provenait d’une des fenêtres. Un peu plus loin, de l’autre côté, à la lumière des flammes, car la nuit était tombée maintenant, la porte qui les avait enfermé à l’instant gisait dans l’herbe. Quelque chose l’avait arrachée.

    – Qu’est ce que...

    Mais il fut interrompu. Kristen tira de toutes ses forces sur le bras du jeune homme et celui-ci dut se baisser. Un bruit d’impact résonna ensuite tout près de Vincent, juste là où il se trouvait à l’instant. Le jeune homme put également voir le rayon d’un laser viseur. Quelqu’un lui tirait dessus...

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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 21:16 Message
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Des tirs, une explosion, un crissement affreux. Ce que cela pouvait bien être ? Anna n'en avait pas la moindre traître idée, et si même cela eût été le cas, qu'aurait-elle fait ? Elle était toujours enchaînée dans une boîte, sur un table, à deux doigts de se faire disséquer par un malade puant le formol, dont l'état mental était probablement trop avancé dans la folie furieuse pour qu'il ne s'inquiète sérieusement de la folie qui atteignait sa "patiente".
N'importe quel personne, en effet, à ce moment, aurait eu un doute, mais pas lui. Non. Pas le "Docteur Cannibal", non ... Et il n'avait pas tarder à découvrir le second effet du pouvoir d'Anna, alors que la simple mention du nom "Kent" au-delà d'un talkie-walkie suffit à rappeler à son souvenir tout ce qui avait bien pu être copié de la psyché du pauvre fou qui s'était risqué à la toucher alors qu'elle était inconsciente.

" Sérieusement, pétasse ? " lança-t-elle, avec une courtoisie toute typique des halls d'immeuble de gangs afro-américains, en se mettant à forcer sur ses liens, " T'peux m'putain d'parler, t'sais. C'pas comme si on était pas potes, hein, pétasse ? C'est quoi comme nom, ça, "Docteur Cannibal" ? T'l'as trouvé en regardant le câble ? "

Evidemment, cela n'aidait guère, mais Anna était dans un état particulièrement avancé de décomposition psychique, et le fait d'être persuadée d'être en passe de mourir n'aidait certainement pas son esprit à regagner le plein contrôle de sa personne. Les tirs et les explosions pouvaient dès lors pleuvoir, plus rien ne semblait en mesure de calmer les trop nombreuses personnes qui se taisaient en permanence au fond d'un corps qui n'était pas le leur.

" J'espère qu't'as bien lu l'nom, Doc. Regardes bien, "LeBlanc", négro ! " continua-t-elle avec un accent que l'on aurait trouvé plus facilement à Compton que dans une bourgeoise famille louisianaise, " Tu sais, le nain multimilliardaire à la télé ? C'est mon père, gros !.. Et ton pote là, "Kent" ? Ouf, pétasse, si mon p'pa a ramené la cavalerie, ils vont lui faire frire le cul façon médiéval ... "

Et tout cela, en continuant de remuer comme une folle pour se détacher de tout ce qui pouvait bien la retenir, balançant les pieds à droite et à gauche, avec tout le poids de son corps. L'idéal aurait été qu'elle chute de la table, qu'elle brise la caisse et ses entraves. Dès lors, elle pourrait aisément se jeter sur cette misérable excuse de docteur pour lui montrer toute la beauté de son spécimen ... Mais si elle n'y arrivait pas, et bien, elle aimerait au moins que cet empotée la touche, ne serait-ce que pour la faire taire.
L'énerver, peut-être était-ce la clé ?

" Hey, au fait, Kent, je sais pas si il te l'a dit, mais il a jamais été dans l'armée, en fait ! " reprit-elle, toujours plus insupportable, l'accent redevenant indiscernable, " Il a fait trois jours au camp d'entraînement, et ils l'ont choppé bourré à la bière derrière les baraquements ... Et pouf, une semaine au mitard et renvoyé chez Papa Maman ! Tu sais t'entourer, Docteur ! "

Oui, l'énerver, et gigoter ...

    Lancer de dé n°1 :

  • Réussite : A force de se débattre, Anna parvient à faire tomber la boite.
  • Echec : Elle se débat comme une sagouine, sans effets notables ...

    Lancer de dé n°2 (Si réussite au N°1)

  • Réussite : La boîte se brise, et Anna est libre !
  • Echec : Anna se retrouve dans sa boîte ... par terre.

    Lancer de dé n°3

  • Réussite : C'est la personnalité composite de Scathách-Anna qui, en liberté, prend le contrôle du corps d'Anna.
  • Echec : Anna reprend le contrôle de ses gestes, "réveillée" par la chute.


Rien, évidemment.

Le corps était trop frêle, et cela ne plaisait guère à l'écossaise qui rôdait au fond de l'esprit d'Anna. Scathách, trop longtemps témoin passive de l'absurdité de son hôte, trop longtemps obligée à partager cette enveloppe avec d'autres personnalités ignares, poussa pour resurgir, pour prendre le contrôle du corps de la lycéenne. Sous les yeux du Docteur, les cheveux de la jeune fille virèrent au roux flamboyant, tandis que son accent, lui, récupérait de curieuses intonations des Highlands :

" Bon, écoutes, petite loque. Je me soucie comme du prépuce de ce Christ de bonnes femmes romaines de ce qui te motive, mais si c'est te sustenter de ce corps de pucelle qui t'intéresse, profites-en tant que je suis attachée, car dans deux minutes, tout au plus, je suis libre, et je vais te montrer ce que les véritables femmes avaient coutumes de faire aux impuissants de ta trempe, de mon temps ! "
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Message posté : Mer 29 Oct 2014 - 21:16 Message
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