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Dépoussiérer ses ruines [Georgia & Isaiah] Categorie_1Dépoussiérer ses ruines [Georgia & Isaiah] Categorie_2_bisDépoussiérer ses ruines [Georgia & Isaiah] Categorie_3
 

Dépoussiérer ses ruines [Georgia & Isaiah]

 
Message posté : Ven 24 Oct 2014 - 19:04 Message
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Le plafond était très bas. C'était comme ça, les sous-sols d'église. Pour le coup, Isaiah avait besoin de meubler ses weekends et ses soirées avec quelque chose qui avait du sens. Déjà quelques temps qu'il fréquentait cette paroisse et il s'était tout naturellement porté volontaire quand le prêtre avait demandé des mains solides pour refaire le sous-sol pour y accueillir des documents. Ce que cela voulait dire c'était qu'il faudrait retirer les pierres bancales et peu solides, couvrir les murs et les plafonds pour les rendre imperméables et aussi aménager les pièces. C'était gargantuesque et difficile, surtout avec aussi peu d'espaces. Les hommes qui avaient construit cette église ne devaient pas être bien grands à l'époque. Isaiah était toujours un peu courbé, la tête rentrée entre ses épaules quand il se déplaçait. Mais n'était-ce pas ça, un des enseignements, souffrir pour sa foi ? Isaiah reprenait tout juste du poil de la bête du côté spirituel. Malgré l'aide catholique pendant ses années entant que SDF, les considérations religieuses lui paraissaient très loin quand il devait dormir sur le trottoir. Il s'était rendu compte, pendant sa rédemption à l'UNISSON, qu'il aurait en fait pu trouver du réconfort dans la religion pendant ces années là. Mais après tout, il ne cherchait pas à faire dans le facile. Il se cherchait une punition. Sa pénitence semblait s'être à présent mué en une action productive, protéger les citoyens des horreurs que pourraient leur réserver les méta-humains ou les menaces extraterrestres. Il avait quelques fois été au confessionnal depuis son retour entre les murs froids des églises mais il n'avait jamais vraiment oser parler de ce qu'il avait vécu à la guerre. Officiellement parlant même, il avait déjà été pardonné par l'église catholique. Les prêtres, là bas, pardonnaient à tour de bras sans même très bien écouter ce que vous disiez. Un homme assuré d'aller au paradis hésite moins sur la gâchette certainement. Pour Isaiah, ça ne comptait pas. Il gardait encore ses chaînes et il ne savait pas très bien si il voulait s'en débarrasser. Elles étaient confortables car elles avaient été là un bon moment. Comme cet ami qui nous agace mais auquel on est tellement habitué qu'on ne s'imagine pas vivre sans lui.

Entre ses doigts, le bois à moitié pourri d'une vieille caisse manqua de se dérober. Il la rattrapa dans un grognement sourd. De l'autre côté de la pièce, un autre volontaire releva la tête « Ca va Isaiah ? Besoin d'aide ? » L'ancien soldat sentit, au niveau de son pouce, une douleur aiguë. Il reposa la caisse et dit « Non non c'est bon. ». Il leva son pouce vers son visage et l'ausculta. Une écharde très fine s'était glissé sous sa peau et formait à présent un petit point rouge. Il tenta de le retirer avec ses ongles mais il n'y arriva pas. Tant pis ! Isaiah reprit le travail avec son pouce droit toujours douloureux. Il avait connu pire, ça, c'était juste une petite gêne. La matinée dans les sous-sols fut relativement monotone : déplacer des caisses et des caisses, des morceaux d'églises qui avaient été mit là sans qu'on sache vraiment quoi en faire, des coffres pleins de costumes pour les spectacles de fin d'année... Le nombre de choses interposées pour cette simple petite paroisse était assez incroyable. Les donations et le matériel accumulé au fils des années avait apparemment été entassé dans toute cette surface. Pestant un instant contre un bloc de pierre cassé de la façade extérieur qui avait été mit là car aucune déchetterie ne voulait de ça, Isaiah finit par s'asseoir dessus pour reprendre un peu son souffle. Il allait bientôt être dix heures du matin ce samedi et il aurait bien eu besoin d'un petit coup de fouet... Est-ce qu'il pourrait trouver du café dans cette église au fait ?
 
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Message posté : Dim 26 Oct 2014 - 18:06 Message
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La vie était une course, une course contre la montre – contre ce cadran qui ne comptait que deux douzaines d’heure, contre ces jours qui s’écoulaient sans même qu’on ait le temps de les voir passer. Depuis son retour de Floride (datait-il vraiment d’une semaine à peine ?) Georgia n’avait pas chômé, à la fois pour rattraper le retard accumulé durant cette absence impromptue et pour assumer la nouvelle responsabilité qui lui incombait. À vrai dire sur ce point précis elle n’avait guère encore eu le temps de s’investir pleinement (elle avait d’abord trois séances plénières à préparer pour la semaine qui suivait, dont deux cas qui risquaient de lourdes peines), mais elle avait au moins pu entrer en contact avec Mgr Farwell, l’Archevêque de Star City, pour mettre au point les détails techniques de leur collaboration. Les archives d’Angelika, en particulier, représentaient un sacré défi… en professionnelle consciencieuse Maître Caids avait dans un premier temps souhaité les stocker dans son cabinet, mais elle s’était ravisée quand elle avait de ses propres yeux la quantité astronomique de documents. Pour se gagner du temps elle avait engagé un archiviste local pour classer et compacter la masse documentaire, mais elle ne s’était pas moins sentie soulagée quand l’Église de Star City lui avait proposé un local aux dimensions acceptables, dans les sous-sols d’une église à Little Italy.

C’était à un jet de pierre de là que l’avocate venait de garer sa petite voiture hybride, dont elle déchargeait un panier plein de victuailles. Il y avait là deux briques de jus de fruit (pomme ou cerise), quelques sodas, une pile de gobelets recyclables et diverses viennoiseries soigneusement emballées. Elle avait fait un saut au Millenium Mall pour les acheter avant de partir, cela la retardait légèrement dans son programme mais au fond cela ne représentait qu’un très faible sacrifice. Elle s’en doutait déjà et en eut la conviction profonde quand, arrivant en vue de l’église, elle découvrit la porte latérale, qui menait aux archives, ouverte sur un grand gaillard qui empilait des caisses sur une camionnette de l’archidiocèse. Il s’agissait probablement d’un des bénévoles promis par l’Archevêque pour dégager les lieux, et à en juger par le poids qui lestait déjà le véhicule lui et ses camarades avaient bien travaillé.

« Maître Caids, se présenta-t-elle au premier homme, le saluant d’un signe de tête pour ne pas imposer une poignée de main à son corps suant. C’est moi qui gère l’héritage Sœur Agnieszka et le dépôt qui portera son nom, au nom de ma regrettée cliente je tiens à vous remercier de votre contribution. »

Elle désigna alors le panier, et à la reconnaissance qui s’alluma dans les yeux du bénévole elle comprit qu’elle avait bien fait. Même si le but de sa visite n’était que de prendre connaissance des lieux, Georgia estimait primordial de rétribuer au moins symboliquement ces courageux paroissiens, qui, au fur et à mesure que la rumeur se propagea, décrétèrent unanimement une pause pour essuyer la sueur de leur front et se restaurer. L’avocate descendit ainsi prudemment les marches et disposa ce qu’elle avait apporté sur une table. Ils commençaient à ripailler avec enthousiasme, quand l’un d’eux s’étonna de l’absence d’Isaiah (le nom la fit sursauter malgré elle, elle avait connu un Isaiah par le passé… mais ce devait être un autre). Un deuxième signala que la dernière fois qu’il l’avait vu il était dans la pièce du fond, plus isolée que les autres, peut-être n’avait-il pas entendu l’appel. C’était ça ou il se cachait, mais on se demandait bien de quoi ! avec le sourire, Georgia se proposa pour voir ce qu’il en était, elle était après tout celle qui avait le moins besoin de repos. Il y eut bien quelques protestations sur les dangers à ne pas faire courir aux femmes, mais dans l’ensemble on la laissa faire et elle entreprit l’exploration du souterrain.
 
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Message posté : Sam 1 Nov 2014 - 13:26 Message
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Un vague murmure s'éleva au loin, dans les autres recoins des sous-sols. Ces murs avaient le don de produire un écho formidable et lorsque la nuit commençait à pointer et qu'on se retrouvait presque seul entre ses murs et les craquements habituels des vieux endroits, il était aisé de comprendre pourquoi autant de films et de livres décrivant des églises hantées existaient. Les nuits noires et les endroits effrayants, Isaiah en avait eu sa dose et il n'y avait pas grand chose qui pouvait lui faire peur en Amérique à part peut être une invasion extraterrestre et les maléfices de créatures magiques puissantes. Les anciennes superstitions avaient le don de ressembler à des histoires pour enfant à côté de tout ce qu'il avait vu passé jusque là que ce soit dans son boulot de soldat sa vie de SDF ou sa prise de fonction à l'UNISON. Il y avait toujours de quoi s'inquiéter mais bizarrement, il s'étonnait de moins en moins. Peut être était-ce aussi et surtout car il avait l'esprit légèrement plus tranquille qu'avant. Il n'oubliait pas tout ce qu'il avait fait dans le passé et ce qui le hantait encore, mais ses lendemains avaient l'air beaucoup moins morbides que ce qu'il avait imaginé en revenant de la guerre.

Il entendit des pas, ce qui n'était pas étonnant, mais ces pas là étaient relativement légers et rapides. Rien à voir avec les démarches lourdes et pesantes de gars ayant travaillé toute la matinée à bouger des meubles et des morceaux de pierre. Levant la tête et jetant un coup d’œil dans le couloir, l'ombre d'une personne relativement fine et féminine se dessina sur le couloir avant que l'image frappante de Georgia ne se dessine alors que la personne approchait dans la pénombre. Le corps entier d'Isaiah se paralysa. Était-il fatigué au point d'halluciner ? Ou était-ce bien réel ? S'extirpant de cette situation inconfortable il se glissa à l'intérieur de la pièce où il était et resta un moment interdit. Il retint son souffle pour écouter. Si ce n'était pas réel, les pas s'arrêteraient, non ? Mais les pas continuaient de se rapprocher. Comme dans un mauvais film d'horreur, les bruits des talons résonnaient comme un compte à rebours, une menace certaine qui perturbait grandement l'ancien soldat. Son esprit n'essayait même pas de justifier la présence de Georgia entre ces murs. Ni même d'expliquer la raison de son hallucination (qui pouvait ne pas en être une). Un instinct primaire se réveilla soudainement mais ses chances de succès étaient bien minces...

En effet, il avait passé toute la matinée à ranger et à déplacer des choses à l'extérieur. Il avait passé des heures et des heures à vider littéralement ces pièces. Ne restaient que des choses mineures. La salle était presque entièrement vide. L'homme se sentait comme un lapin prit dans le phares d'une voiture. Aucune possibilité d'esquivé. Il ne pouvait seulement que regarder sa destiné s'écraser sur le pare-brise et espérer que ça se finisse vite. Son corps tressailli. Les pas étaient près de la porte, la personne s’apprêtait à ouvrir... En quelques secondes, Isaiah se cala dans un endroit sombre où le soleil ne perçait pas. Les traits de lumière qui arrivaient à passer à travers la pierre éclairaient la pièce d'une manière très diffuse. Positionné derrière une lourde pierre, il ne put que poser ses mains dessus pour mimer (horriblement mal) le fait qu'il était entrain de travailler. Mais ses efforts de comédiens étaient bien peu convaincants étant donné que son corps entier était en alerte, son cœur battait à toute allure et il ne priait que pour une chose : qu'il ai mal vu dans le couloir et qu'une femme quelconque ne rentre pour lui demander quelque chose et ensuite repartir pour le laisser seul avec ses démons.
 
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Message posté : Lun 3 Nov 2014 - 12:03 Message
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Les installations électriques devaient encore être refaites et, à certaines intersections, la lumière blafarde des quelques lampes ne pénétrait qu’à peine l’obscurité. Prudente, l’avocate n’osait qu’un bref regard en avant, pour s’orienter, avant de concentrer toute son attention sur son environnement immédiat. Le sol irrégulier, par exemple, parsemé de petits gravillons qui faisaient par moment crisser la semelle de ses bottillons – elle ne marchait que sur le milieu des dalles, de crainte de se coincer le talon dans un interstice au joint usé et de se tordre une cheville. Régulièrement elle devait aussi surveiller le haut, à la faveur d’une poutre trop basse qui lui raclait le cuir chevelu, et quand le chemin se rétrécissait sa main par réflexe se portait sur le mur le plus proche, comme pour se rassurer. À intervalle régulier elle jetait un œil en arrière, mais l’entrée où buvaient et grignotaient dans un joyeux brouhaha les bénévoles était toujours bien visible. Contrairement à cet « Isaiah », dont elle commençait à douter qu’il se trouvait encore dans les sous-sols. Peut-être avait-il pris sa pause à l’extérieur, sans que les autres l’aient vu sortir ?

Bientôt elle poussa une porte entrebâillée qui menait à la dernière pièce sans trouver âme qui vive et songeait de plus en plus à faire demi-tour, quand un trait de lumière diffus, lugubre, fit momentanément briller une petite boucle métallique. Plissant les yeux Georgia devina bien vite l’avant d’une chaussure, puis au fur et à mesure qu’elle contournait l’obstacle qui lui en masquait l’arrière une jambe, un corps, une tête mangée par une abondante pilosité. La bonne nouvelle, c’était qu’elle avait probablement trouvé son homme. La mauvaise, c’était que son étrange posture lui fit froncer ses sourcils d’inquiétude.

« Monsieur ? tenta-t-elle d’une voix étouffée, douce, soucieuse de ne pas déclencher de sursaut de panique. Elle avait le même grain de voix grave que dans sa jeunesse, cette même élocution qui pour être soignée, limpide, se teintait d’accent du sud. Monsieur, est-ce que tout va bien ? »

Elle ne s’était pas approchée, dans un premier temps, attendant qu’il réagisse de lui-même, mais l’homme avait tout bien l’air d’avoir eu un malaise et elle se tenait prête à intervenir s’il demeurait dans cette troublante catatonie. Elle avait passé son brevet de premiers secours, ça remontait à ses études mais elle avait une bonne mémoire, elle devait se souvenir encore au moins de quelques gestes salvateurs… et il y avait des bras forts, un peu plus loin, qui pouvaient l’aider à sortir le pauvre gars, lui faire prendre une bouffée d’air.

Le temps de deux respirations qui s’étendirent sur l’éternité l’avocate attendit une réaction. N’importe laquelle, mais peut-être pas celle qui vint.
 
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Message posté : Mar 4 Nov 2014 - 16:54 Message
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La femme était entrée et l’étudiait à présent. Cette voix… Isaiah se rendit compte qu’après les années passées loin d’elle, sa voix c’était déformée. Il en avait un souvenir diffus qu’il se repassait dans la tête quelques fois. Surtout quand les choses étaient dures. Un peu comme si il avait délaissé sa foi pour s’adonner à la vénération de Georgia. Les lointaines prières et enseignements de Jésus ne pesaient pas grand-chose quand on avait froid et qu’on avait faim. Les mots, les idées n’étaient plus rien quand on se demandait si on allait passer la nuit. Face à la violence pure et aux affrontements fourbes et sales, le soldat avait bien vite abandonné l’idée que ces croyances pouvaient le protéger totalement de tout ce qu’il s’était infligé. La pénitence était dure à accepter. Ainsi, trop distant qu’il avait été de la religion pendant ses années d’errance, il s’était tourné vers une autre figure de divinité. A force de se rappeler de son odeur, de ses yeux, de sa peau et de ses sourires, elle avait fini par devenir elle-même une Déesse distante et idéalisée. Les conversations dont il se souvenait, les lettres qu’il avait gardées, les souvenirs qu’il avait avec elle. Tout devait avoir été profondément altéré. Plus le désespoir l’avait emprisonné et plus il lui fallait une douceur à laquelle se raccrocher pour compenser la douleur. Il avait commencé à l fantasmer en se disant que ça l’apaiserait mais au bout d’un moment, sa silhouette le bouffait de l’intérieur. Malgré le fait qu’il se retournait rarement pour regretter le passé, cherchant toujours comment vivre au présent, son cerveau l’ignorait. Isaiah avait fini par essayer de la sortir de sa tête. Ça lui avait pris du temps. Chaque fois qu’il balayait son image, son esprit l’envahissait de « Et si ». Comme son rêve, d’avoir des enfants, une maison, un job tranquille... Son subconscient le noyait sous des images idylliques d’autant plus douloureuses qu’elles n’existeraient jamais. Après être parti de la rue, il avait enterré ces démons dans un coin, y revenant les soirs de solitudes et les enfouillant sous le travail et les préoccupations immédiates de la vie de tous les jours. Se distancer de tout ça avait eu le don de le distancer de son ancienne existence. Comme si Georgia et la vie « normale » qu’il avait eu avant n’était qu’un ancien rêve.

Et comme tous les rêves reculés qu’on se surprenait à halluciner dans son lit, on préférait qu’ils ne restent que dans notre tête. Ce retour dans la réalité était bien trop violent pour Isaiah à ce moment précis. C’était bien Georgia, en chair et en os, devant lui, apparue aux détours d’un sous-sol d’église. Ça en était presque ironique. Conscient que son absence immédiate de réponse pouvait paraitre suspecte, il dit rapidement « Heu oui… Hum… » Il fallait gagner du temps pour arriver à savoir ce qu’il devait faire pour s’éclipser. Il avait parlé très doucement pour éviter que la jeune femme ne reconnaisse sa voix. Il avait peut-être drastiquement changé en apparence, mais il y avait des choses qui restaient les mêmes. Mais si il ne parlait pas, Georgia allait se douter que quelque chose ne tournait pas rond. En tant que soldat, il savait réagir vite. Mais la plupart du temps, il choisissait de sauter dans la bataille et d’envoyer un coup de poing. Là, la situation semblait insoluble… Et plus il attendait, plus ses choix se resserraient. La pression montait et son cerveau ne lui proposait aucune solution. Mieux valait, donc, finir par entrer dans la bataille et finir ce qui allait arriver au plus vite. Arracher le pansement rapidement, sans prendre le temps de respirer ou de se rendre compte de ce qui se passait. « Après des années à éviter toutes les personnes que je connaissais, tu me trouves dans les sous-sols d’une église. Si je n’étais pas déjà croyant, il ne m’en aurait pas fallu plus pour me convertir… ». Plus que sourire, il avait aussi et surtout envie de pleurer comme un bébé. Bousculer Georgia et s’enfuir comme un lâche… Peut-être que, il y a quelques années, tout ceci lui aurait suffi pour retourner dans la rue et fuir encore un peu toute ces responsabilités. Ses mains s’étaient crispées comme en prévision de la tempête à venir, l’écharde de toute à l’heure lui élança toute la main et d’un côté, ça le calma un peu alors que sa poitrine commençait à le picoter. Il n’osait même plus lever les yeux vers Georgia à cet instant. Comme un gosse prit en flagrant délit qui acceptait sa punition proche et inéluctable.
 
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Message posté : Sam 10 Jan 2015 - 20:29 Message
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Toujours prostré derrière le pilier, l'homme laissa bientôt échapper un signe de vie, sous la forme d'un grommellement ensommeillé. Cela la soulagea un instant et la retint momentanément de se jeter sur lui pour lui prendre le pouls. Il n'était pas hors de danger pour autant et elle adopta une posture prudente, attentive, pliant souplement les genoux pour se mettre à sa hauteur et mieux l'examiner à la pâle lueur ambiante. Elle allait lever une main pour prendre la température (la sueur engluait quelques mèches collantes sur un front tout luisant d'humidité !), mais elle suspendit son geste quand il brisa à nouveau le silence. Sa voix sonnait claire, intelligible, en totale contradiction avec le premier diagnostic. Le sens des mots, en revanche, flotta un moment dans l'air, dans une dimension inaccessible à son entendement. Dans un premier réflexe elle les prit pour le délire d'un homme souffrant et songea à les écarter sans plus de cérémonie, mais une seconde de trop elle fit l'erreur de s'y attarder, de tenter de les démêler. L'opération la plongea bientôt dans une certaine perplexité, mot à mot la phrase résonna dans son esprit… sans faire sens. Une ride plissait son front, mais non : elle ne connaissait pas cet homme, elle n'était jamais venue dans cette paroisse. De sa vie elle n'avait rencontré qu'un seul Isaiah, et… peu à peu, insidieusement, le doute s'instilla. Car cet Isaiah-là, elle l'avait rencontré dans une église. Un mouvement de recul, inspiré par la surprise, la fit se redresser vivement.

« Isaiah ? lâcha-t-elle d'un seul souffle, d'une voix atone et un peu chevrotante. A dire vrai cela lui semblait insensé, mais après tout c'était bien le nom par lequel les autres bénévoles l'avait désigné. Quelque chose en elle, sa part de rationalité soulevait toutefois des doutes, qui la poussèrent à lever l'ambiguïté : Isaiah Jasper ? »

Autant la première interpellation laissait apparaître une certaine émotivité à fleur de peau, autant sur la seconde, à la lisière même entre prénom et nom, cette émotion se brisa contre les récifs d'une colère sourde. Jasper. Un temps elle avait rêvé le jour où elle adopterait ce nom. C'était avant qu'il ne s'emmure dans ce silence têtu, cette indifférence d'un amour mourant. C'était avant qu'il ne l'abandonne. Était-ce vraiment lui, était-ce vraiment Jasper ? Cette histoire commençait à dater, mais elle découvrit la blessure encore brûlante après toutes ces années. Surtout, elle se sentit irritée qu'il se moque d'elle et de la foi qu'ils partageaient d'une même voix à une certaine époque. Son visage prit une expression plus sévère.

« Si c'est bien toi je te prierais de ce trou à rat et de t'expliquer, attaqua-t-elle de front, elle n'avait pas élevé la voix (elle se rapportait de fait plus au murmure qu'au cri) mais son ton seul vibrait avec véhémence. Je peux savoir ce que tu fous ici ? »

Les sous-sols d'une église, les futures archives de sa cliente – voilà bien le dernier endroit où elle aurait pensé croiser un ex-fiancé.
 
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Message posté : Sam 10 Jan 2015 - 21:03 Message
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L'estomac de l'homme se tordait. Il avait connu la peur dans sa vie, mais il y en avait plusieurs. Il y avait la peur de l'expectative, la peur de l'inconnu qui arrive à grand pas pour bousculer les lendemains. Cette peur là, il l'avait adopté comme une deuxième conscience pendant très longtemps lorsqu'il traînait dans les rues et n'avait rien d'autre à faire que de survivre avec le peu qu'il avait : allait-il avoir assez de nourriture demain, après-demain, la semaine prochaine ? Par chance, il vivait dans un pays qui possédait de nombreuses structures de dernières chances pour nourrir les affamés. Cette peur là, il s'en était débarrassé quand il avait commencé à travailler à l'UNISON. Un bon compromis entre son envie de se flageller le reste de sa vie et l'envie d'aider les autres... Se sentir utile sans forcément servir une force armée en laquelle il ne croyait plus. Les collaborations entre l'armée américaine et l'UNISON le laissait souvent amer et de mauvaise humeur mais il essayait de se concentrer sur ses missions à lui : protéger, servir, au sens propre du terme, sans passer par des chemins étriqués qui l'auraient forcé à abattre des personnes sans défense sans procès équitable.

Il y avait la peur physique. Celle qui arrive quand on est face à quelqu'un qui a le pouvoir et l'envie de vous tuer. Cette peur là, contrairement à la précédente qui vous engluait tout entier avec l'impression de ne jamais en voir le bout, vous donnez des élans d'adrénaline et vous rendait soudainement plus fort et plus rapide. Cette peur avait le pouvoir de tirer de vous l'animal enfouis qui peut, très souvent, vous tirer d'une mauvaise passe. Cette peur-là, il l'avait souvent eu en déplacement dans d'autres pays. Savoir que quelqu'un, dans les lignes adverses, a pour mission de vous tuer, ça apporte de nouvelles perspectives dans la vie. Et pas les meilleures... Et enfin, il y avait la peur d'être blessé, psychologiquement. On aurait pu croire que c'était comme un pansement qu'on enlève. On tire un coup dessus et ça va mieux après... Non... Ce genre de douleurs restait très longtemps et ne partait pas vraiment. Ces blessures étaient les seules qui ne cicatrisaient pas totalement et laissaient un point faible énorme sur la carapace de quiconque. Avec le temps, Georgia était devenu un point faible, un espace privé de son histoire qu'il refusait d'évoquer et qu'il portait comme un deuil. Il l'avait espéré heureuse, occupée, mariée, comblée... Mais elle était devenue peu à peu un vague songe, une pensée qu'il transformait et accommodait à son humeur pour se rassurer, un petit peu. Là, la voir en chair et en os brisait tout ces rêves et le ramenait à la réalité douloureuse qu'il avait créé, et personne d'autre : il l'avait abandonné et il avait tout laissé tomber.

La jeune femme sembla hésiter, répéta son prénom, comme si elle ne comprenait pas. Elle était toute proche, il aurait presque pu tendre la main et la toucher, encore une fois... Quand était-ce la dernière fois qu'il avait senti son odeur ou caressé sa peau ? Trop loin pour qu'il s'en souvienne et il ne pouvait pas faire confiance à sa mémoire qui avait probablement idéalisé ces moments comme des fantasmes qui ne s'étaient jamais réalisé. Puis, Georgia sembla comprendre et répéta son prénom, avec son nom. Elle avait comprit et elle s'éloigna. Son recul soudain fit sursauter légèrement l'homme. Il s'attendait à quoi ? Sérieusement... Il n'avait jamais vraiment imaginé la retrouver. Ils auraient du ne jamais se revoir... Il l'aurait souhaité. Pour se protéger lui, et la protéger elle... Ou alors parce qu'il ne savait pas trop quoi dire et quoi expliquer. La surprise passée, la jeune femme reprit du poil de la bête et lui ordonna de sortir de là et de lui expliquer ce qu'il foutait ici, dans cette église.

Légèrement penaud, comme un gosse qu'on aurait prit entrain de faire des bêtises, Isaiah hésita un instant. Il était conscient que son apparence avait changé. Il n'avait jamais été particulièrement intéressé par ce à quoi il ressemblait. La chance d'être un homme et de n'avoir personne qui lui imposait de plaire l'avait laissé avec une allure négligée... Ses cheveux longs, retenus constamment par une queue de chevale dans le cou, une moustache qui prenait une bonne partie du bas de son visage ; il cherchait presque à se cacher avec ce qu'il pouvait. Et si l'homme avait croisé son reflet de nombreuses fois depuis des années, il n'avait jamais été conscient de ce à quoi il ressemblait... Et il avait honte. La respiration légèrement bloquée et, dans l'attente de voir un visage horrifié par son apparence, il concéda à avancer dans la lumière pâle qui se dégageait des fenêtres. « Je ne voulais pas te faire peur... Je t'ai entendu et j'ai paniqué... » Il aurait bien voulu avoir quelque chose de préparé, là, tout de suite. Quelque chose à dire qui pouvait résumer ses dernières années de vie, s'excuser de l'avoir laissé et demander pardon pour tout le soucis qu'il avait peut être causé. Mais rien ne venait et pendant quelques secondes, il resta silencieux, cherchant ses mots.

« Je suis dans cette paroisse. Le prêtre nous a demandé de débarrasser les sous-sols... Donc voilà. » C'était un bon commencement. Là tout de suite, ce qu'il faisait dans cette cave d'église, c'était déjà bien... Ensuite ce qu'il faisait à Star City, c'était plus compliqué et potentiellement plus dérangeant. Mais mieux valait s'en tenir aux faits simples pour le moment. « Je bosse à l'UNISON... Et toi, qu'est ce que tu fais là, dans cette église ? Tu cherches quelque chose ? Tu es perdue ? » Il ne pouvait pas croire qu'aucun des gars en haut avait refusé de l'aider, mais il trouvait ça plutôt plausible. Il ne savait pas bien ce à quoi jouait le grand barbu en haut, mais on pouvait dire qu'il avait un sens du spectacle plutôt bien ficelé... Se reprenant il s'avança vers Georgia « On devrait remonter, on voit rien ici et l'air est saturé de poussière, tu vas te rendre malade... » et il lui montra la porte de la pièce. Lui à la limite, la poussière, le sable... Il devait déjà avoir les poumons pas mal englués, ce n'était pas problématique, mais la jeune femme ne devait pas avoir l'habitude de traîner dans des endroits aussi peu ragoûtants, ou du moins c'est ce qu'il pensait.
 
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Message posté : Dim 1 Fév 2015 - 12:18 Message
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L’espace d’un instant, Georgia se sentit extrêmement stupide. Que n’avait-elle pu faire fonctionner son cerveau une seconde plus tôt ? bien sûr qu’elle savait ce qu’Isaiah faisait là ! Elle savait que le prêtre avait recruté des paroissiens pour aménager les lieux. Elle savait que l’un d’eux s’appelait Isaiah. Elle s’était même éloigné des lumières de l’entrée pour retrouver cet Isaiah – quand bien même n’avait-elle pas osé imaginer qu’il s’agissait de celui qu’elle avait connu, il avait des raisons autrement plus évidentes qu’elle de se trouver là où elle l’avait trouvé. Elle se sentait tellement honteuse de sa question stupide qu’elle craignit que ses joues en aient rosi d’embarras, mais fort heureusement pour elle l’obscurité ambiante lui épargnait de devoir s’en expliquer. Elle décida donc de se rappeler qu’elle était furieuse et se composa rapidement une moue peu amène, croisant les bras pour se donner de la contenance.

« L’évêché a offert les lieux pour accueillir les archives d’une cliente, une femme dont je défends les intérêts, expliqua-t-elle sommairement, tâchant de faire valoir une certaine légitimité à sa présence malgré les doutes qui l’assaillaient soudain. C’est mon devoir de vérifier l’avancée des travaux… et de remercier les bénévoles. (Un trouble passa brièvement dans son regard alors qu’elle suspendait son discours, avant de reprendre avec un soupçon de reproche dans la voix,) C’est toi que je cherchais figure-toi. Ils commençaient à s’inquiéter. Tu aurais pu t’être blessé… »

Son phrasé se faisait haché, elle exposait un à un les faits dans une neutralité trompeuse, comme pour masquer sa propre implication émotionnelle. Elle poussa un petit soupir et l’invita d’un geste à rejoindre la pièce principale – ce qui n’était pas bon pour elle ne valait après tout guère mieux pour lui. S’inquiéter pour un inconnu ne lui coûtait rien, mais Isaiah n’était pas un inconnu et il lui avait fait beaucoup de mal par le passé. Elle n’osait pas s’exposer, lui donner le pouvoir de la toucher à nouveau, mais une certaine partie d’elle ne pouvait s’empêcher de noter certains changements. Si son habillement ne l’alarmait pas plus que cela (cela relevait du bon sens de choisir des affaires usées pour accomplir des tâches salissantes), le fait qu’il se soit laissé pousser les cheveux aussi négligemment détonnait avec son profil militaire. Il avait dû bien évoluer, depuis qu’ils s’étaient séparés, et pas trop mal à en juger par ses déclarations. C’était toujours un bon chrétien et un soldat pas trop mauvais – de ce qu’elle avait entendu, l’UNISON représentait une conversion plus qu’honorable pour les vétérans de l’armée qui aspiraient à autre chose. Malgré tout le ressentiment qu’elle avait pu accumuler à son égard, elle se réjouissait pour lui.

« J’ai apporté des rafraîchissements, lança-t-elle sur le ton de la conversation, des civilités, alors qu’ils approchaient du groupe. Une petite collation aussi. Il faut encore espérer qu’ils t’en ont laissé, mais je pense que oui : ils m’ont donné l’air d’être de bons gars. »

Comme toi, manqua-t-elle d’ajouter. Il s’était peut-être montré infâme avec elle mais elle n’arrivait pas à l’imaginer comme un mauvais garçon.
 
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Message posté : Dim 1 Mar 2015 - 11:43 Message
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La jeune femme expliqua qu'une de ses clientes allait entreposer ses archives dans ces sous-sols. Cette déclaration soulevait bien des questions. Déjà, quel genre de personnes avait des liens aussi forts avec un évêché pour arriver à se réserver les sous-sols d'une église pour y entreposer des papiers, pourquoi cette personne aurait besoin d'un avocat et surtout, qu'étaient-ce ces documents ? Sur le moment, il aurait été terriblement mal venu de s'intéresser à tout ça. Ca ne regardait pas l'agent de l'Unison et ça regardait encore moins l'homme qui avait abandonné cette avocate apparemment confirmée. Georgia rajouta qu'elle devait vérifier l'avancement des travaux et remercier les bénévoles, dont lui, dont la disparition avait fait s'inquiéter les autres. En effet, dans ces vieilles caves, il n'était pas étonnant que des pierres se détachent ou que des structures se fissurent sous le poids du temps. Le prêtre leur avait déjà demandé plusieurs fois de déplacer des choses ou de barrer la route d'un couloir par peur qu'un fidèle ne se fasse assommer. Ce serait un comble. Isaiah ne pouvait s'empêcher de penser que leur présence dans ce sous-sol était une espèce de signe cocasse d'un Dieu qui adorait l'ironie aujourd'hui. Après tout, ils s'étaient quitté en pleine fiançaille sans un mot, et ce jour-là ils se retrouvaient à l'église, dans un lieu sombre et silencieux. Ca aurait pu être autrement, dans la rue, à l'Unision même, chez des amis communs... Mais non, ça devait se faire à l'église. Que ce serait-il passé si il n'avait jamais retrouvé la foi ? Si il était resté totalement insensible, à la rue... ? L'aurait-elle croisé à une soupe populaire ou même, dans un caniveau alors qu'elle versait une petite poignée de pièces dans un chapeau ? Ca aurait été autrement plus embarrassant que simplement le voir entant que bénévole d'une église. Au moins, il avait un métier, une activité en dehors de son boulot et peut être même quelques personnes qu'il pouvait considérer comme des connaissances sympathiques. C'était beaucoup quand on considérait comment il avait démarré sa vie à Star City. C'était même énorme. Il hocha la tête, finalement. « Ha d'accord... Je pense qu'on aura finit dans une semaine... Y a pas mal de gars qui ont des boulots prenants, on vient surtout le weekend et certaines soirées dans la semaine. Mais y a déjà deux pièces libres et à peu près nettoyées si tu veux déjà entreposer des choses. » Fit-il en désignant un couloir sur la droite. En effet, ils avaient commencé à vider des pièces assez facile d'accès et à peu près propres histoire de laisser le temps aux bénévoles de débarrasser le reste et de rendre présentable le tout. Après tout, si c'était bien des archives qui allaient atterrir dans le coin, il valait mieux que l'humidité et le froid n'endommage rien.

Georgia avait toujours eu une manière assez froide et détachée de réagir aux événements difficiles ou agaçants. Isaiah ne savait pas trop dans quelle catégorie se poser, peut être les deux, en fait. Lui, fuyait lâchement, elle affrontait avec une froideur digne d'une reine. Comme pour calmer le jeu, elle soupira et lui signifia de la suivre jusqu'en haut. Isaiah lui emboîta le pas sans trop se rapprocher de trop près. Il ne savait pas vraiment comment se comporter avec elle. Y avait-il un guide, quelque part, sur quelle distance était appropriée par rapport à une ex-fiancée qu'on avait abandonné sans dire un mot ? Peut être pas... Alors qu'ils marchaient dans les couloirs de pierre, elle lui annonça qu'elle avait ramené des boissons et de la nourriture. Elle plaisanta presque. Isaiah eu un sourire discret. « Faut voir... Y a quelques gloutons dans le tas, même si ouai, c'est des bons gars. » Ils étaient presque tous mariés, des gosses par paquet, des bons boulots... Une vie bien rangée à laquelle s'ajouter une droiture chrétienne impeccable. Ils pouvaient bien être gourmands après tout. Isaiah n'avait rien à leur dire ni à les juger. Personne, finalement. Il avait commit le pire des pêchés, il avait fait du mal à ses proches, les avait négligé. Il avait perdu la foi et avait passé des journées entières imprégné d'alcool. Si il y en avait bien un dans le coin qui n'avait rien à conseiller à personne, c'était bien lui, finalement. Aurait-il assez d'une vie et d'un après la mort pour se rattraper ? Aucune idée. Si la religion était aussi simple que des problèmes de mathématiques, alors tout le monde serait comptable et on se laisserait aller aux pires vices avec l'assurance tranquille qu'on pourrait rattraper le méfait plus tard.

Il s'arrêta alors, soudainement, juste avant de devoir passer la porte du hall, où les voix des autres gars résonnait entre les murs de pierre. « Tu... Tu voudrais pas qu'on se revoit ? Café... Je sais pas, dîner ? Non... » Une véritable bataille intérieure venait d'exploser : comment l'inviter à parler dans un endroit moins gênant sans avoir l'air de vouloir éventuellement la draguer ? La café ? Trop amical... Le dîner ? Bien trop suggestif ! Les convenances, encore et toujours... Pourquoi n'avait-il pas prit des cours de maintien en société ou une connerie du genre ? Sur internet il aurait bien trouvé des guides là dessus, il avait fallu qu'il attende de se retrouver dans la merde pour y réfléchir. « Je... Écoute, désolé de pas t'avoir appelé ou quoi... Je sais pas quoi te dire, là. Mais ça me fait chier qu'on se retrouve comme ça, et pas... Normalement. » Enfin, qu'est-ce qui était normal, après tout ? Peut être pas le fait de jurer dans une église, mais ça... « Ça m'a pas fait plaisir de partir comme ça, si tu veux qu'on discute, un jour, quand tu veux, ça me va. Si non, c'est pas grave, je comprends. » Des fois il se surprenait par sa maturité alors qu'il s'imaginait encore comme un bébé apprenant tout juste à marcher pour la première fois. Son cœur battait très fort et il était sûr qu'il était un peu pâle. Il n'avait pas envie que les gars voient son inconfort alors il resta dans l'encadrement de la porte encore quelques instants le temps que sa circulation reprenne et le rende aussi normal que d'habitude.
 
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