AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

A Song of Electroparticales and Fire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Message posté : Mer 22 Oct 2014 - 13:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Lundi

— Roberts ?

La tête du blond émergea entre deux piles de dossiers.

— J’aurais besoin d’un rapport sur les jurisprudences en cas de litiges à propos des indications posologiques des médicaments.

Jace hocha la tête. Cinq minutes plus tard, la tête en question — toujours blonde — apparut de nouveau entre les piles de dossier et l’assistant juridique fraichement engagé déclara :

— Voilà.
— Voilà quoi ?
— Le rapport. Dans le dossier « Jepson vs. A.P. Pharmaceutics », sur le bureau de votre ordinateur.

L’avocat le fixa avec des yeux ronds.

***

Mardi

Une boule d’énergie électrique traversa une vitre avant de s’écraser au milieu de la salle de montage, dans l’usine désaffectée. La tempête d’éclairs se concentra, prit une forme humaine et Thunder redressa la tête.

— Thunder, Légion des Étoiles. On ne bouge plus.

Son irruption intempestive fut accueillie par une rafale de mitraillette. Tout en déployant un vaste bouclier électrique, le jeune homme murmura :

— … pourquoi ça marche jamais…

Pendant ce temps, un colosse de l’espace défonçait un mur.

***

Mercredi

— Non.

Les doigts d’Olga arrêtèrent un instant de courir sur la peau du jeune homme, alors qu’elle se redressait sur un coude, dans le lit.

— Pourquoi ? Toi, tu voudrais ?

Dans un russe irréprochable, sauf l’accent, Jace s’empressa de répondre :

— C’était une question comme ça ?
— « Est-ce que tu veux une relation plus sérieuse ? », c’est une question comme ça ?
— Ben. Oui. Non ? J’sais pas.

La jeune femme haussa un sourcil sombre.

— C’est pas sérieux, selon toi ?
— J’me suis mal exprimé.

Silence. Jace tenta :

— Traditionnelle ?
— Tu veux dire exclusive ?
— Y a ça, je suppose. Mais tu sais, aussi… traditionnelle.

Olga secoua la tête.

— Je suis bien comme ça.
— Alors moi aussi.

Le soulagement de l’adolescent était visible. Un sourire se dessina sur les lèvres d’Olga — et la main de la jeune fille continua sa descente sur le ventre de Jace, pour se plonger sous les draps.

***

Jeudi

Un nuage de poussière remplit la salle de réunion des Alphas. Ou presque. Christopher fixait le tas de documents d’un air désespéré — par avance. Avec un grand sourire, Jace précisa :

— J’ai apporté du travail.
— Sans blague.
— On va dépouiller des archives journalistiques et policières pour tenter d’établir un schéma d’opérations. Je suspecte qu’une entité mystique est à l’œuvre depuis quelques générations dans certains quartiers du District Ouest.
— Avant j’avais une vie…
— On reporta les cas suspects sur une carte de la ville et on croisera les informations.
— … j’ai même l’impression que fut une époque, j’avais le droit de dormir la nuit…

Une petite étincelle électrique explosa au bout du nez de Christopher.

— Nia nia nia.
— Oui, chef.

***

Vendredi

— Jace, tu pourrais poser ton téléphone.
— J’arrive.
— Déjà que tu ne viens pas souvent dîner.
— Une fois par semaine !
— Qu’est-ce que tu fabriques ?
— J’envoie un message à un pote.
— Des messages ou dix messages ?
— C’est l’dernier !
— Jace !
— Pour dire au revoir.

L’adolescent posa finalement son téléphone, pour relever les yeux vers le regard inquisiteur de sa mère.

— C’est qui ?
— Un ami.
— Qaletaqa ?
— Un autre.
— Il s’appelle comment ?
— Vincent.
— Il fait quoi dans la vie ?
— Étudiant en économie.
— Tu l’as rencontré où ?
— Au forum des sports.
— Et est-ce qu’il est…

Mrs. Roberts avait baissé les yeux vers la béchamel, en cherchant la manière de formuler la seule question dont la réponse l’intéressât vraiment.

— C’est bon, je suis rentré !

Et avec une affection filiale qui tenait un peu de l’échappatoire, Jace faussa compagnie à sa mère pour aller accueillir son père.

***

Samedi 18 octobre 2014 — 22:05

— Et voilà, Madame !
— Merci, vous êtes un héros !
— Mais je vous en prie…

Ben voyons. Il servait à ça. Secourir les chats acariâtres coincés dans les arbres. Jace contempla un peu piteusement ses mains griffées. D’un autre côté, la soirée était calme. Dans sa combinaison d’Alpha, le jeune homme n’avait pas eu fort à faire. Certains de ses coéquipiers ne comprenaient toujours pas son obsession de la patrouille. Après tout, il y avait des surveillances, il y avait des alertes et, pour les petits crimes, la police patrouillait déjà. Mais Thunder estimait qu’il était important de bien connaître la ville. Et de secourir les chats dans les arbres. Paradoxalement, une façon de garder les pieds sur terre.

D’ailleurs, le jeune super s’envola. La semaine était longue, mais il n’était pas fatigué. Les générateurs électriques de la Tour de la Paix, un peu plus tôt dans la soirée, avaient comblé ce qu’une endurance humaine n’aurait pas suffi à alimenter. Thunder se sentait en pleine forme. Il atterrit sur le toit d’un immeuble. Il commençait à s’y faire, à cette vie. Son studio. Son métier. Ses amis. Ses amours. Olga avait raison. Le traditionnel était une préoccupation superflue. Jace avait besoin d’être rattaché au monde réel par mille fils divers, mille impressions vives et fortes, d’une réalité qui résisterait à l’intellectualisation trop rapide que ses pouvoirs lui offraient systématiquement.

L’adolescent bondit vers un nouveau toit. Il longeait la Kane Street. S’il aimait l’action, il aimait ces soirs calmes aussi, où Star City paraissait ne pas frôler la crise permanente. Des moments rares. C’était un peu comme surveiller le sommeil d’un enfant sans cauchemar. Nouveau saut, nouveau toit. Jace inspira profondément. Un peu de vent. Le climat se rafraichissait enfin. Bientôt, il troquerait sa combinaison estivale pour celle de l’hiver, plus protectrice, mais qui ne rendait pas les nuits de vigilance sur les toits de la ville moins glaciales.

Le regard de Jace fut soudain happé par quelque chose. Mais rien à voir. Une ruelle comme les autres. Où avait pris source son intuition ? Rompu à l’exercice désormais, au bord du toit, le jeune héros ferma les yeux et laissa les derniers souvenirs inconscients, les dernières informations collectées par son esprit affluer dans ses pensées les plus méthodiques. Trier les images. Caméras de sécurité, téléphones portables, webcams, consoles de jeux, ils étaient innombrables, désormais, les objectifs à filmer Star City et ses habitants, à traverser le monde et l’esprit de Thunder de leurs données, et à capturer, parfois, par hasard, un fragment d’image qui attirait son attention. Kane Street, un peu plus loin, le reflet ocre d’un feu qui brûlait, dans un appartement voisin.

Aussitôt Jace se mit à courir. Sauter de toit en toit. L’adresse se précisait à mesure qu’il avançait. C’était chez Vincent. Il n’était jamais venu. Les messages s’étaient multipliés. Pour prendre des nouvelles d’abord. Donner quelques conseils ponctuels. Et puis discuter. Mais il n’avait pas osé appeler. Et puis l’emploi du temps d’un jeune super leader d’équipe avec un nouvel emploi, ce n’était pas de tout repos. Jace s’élança du dernier toit, vola en piquée à travers la fenêtre ouverte, atterrit avec souplesse sur le plancher et se redressa aussitôt — pour constater que l’incendie n’incendiait rien. C’était chez Vincent et Vincent s’entrainait.

Un soupir de soulagement s’échappa des lèvres du jeune super.

— Tu vas faire stresser tes voisins.

Pendant une seconde supplémentaire, Jace observa le spectacle de ce corps enflammé. Même après avoir vécu toute sa vie parmi les Légionnaires, les pouvoirs continuaient à le fasciner. Il se détourna tout de même, pour fermer la fenêtre et tirer les rideaux, quitte à faire monter la température de la pièce. Mieux valait que les pompiers ne vinssent pas défoncer la porte.

Et enfin il était là, un peu curieusement, pour une intervention héroïque qui se muait en visite sociale. Jace croisa les bras dans son dos. Décroisa les bras. Les croisa sur son torse. Pour une fois, il se sentait un peu mal à l’aise, dans sa combinaison noire, avec cette unique éclair sur le torse, dans cette matière qui dessinait beaucoup plus précisément le détail de sa musculature conquise au rythme des entraînements rigoureux que les vêtements plus larges qu’il portait à l’ordinaire. À le voir dans une telle tenue, il n’était pas difficile de comprendre l’enthousiasme féminin que suscitaient certaines de ses apparitions publiques chez les adolescentes en mal de célébrité, qui lui imaginaient le soir, en rentrant chez elles, sur des sites de fanfictions, des rencontres fictives et torrides avec Justin Bieber. Il y avait des aspects de la gloire moins glorieux que les autres.

— ‘Fin, voilà, désolé de débarquer comme ça, j’pensais qu’il y avait un problème, mais tu as l’air de t’en sortir pas mal…

Ou alors Vincent ne parvenait pas à retrouver une apparence normale et tout cela était fort problématique.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 22 Oct 2014 - 18:54 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    Samedi 18 octobre 2014

    13h27


    Le bip sonore du portable de Vincent résonne dans sa chambre. Le jeune homme répond en grognant et en plongeant sous sa couette, indifférent à la lumière du jour qui envahissait la pièce. Il ne regardera son téléphone que dans une demi-heure, le temps de finir d’émerger.

    Holly : on est partis chez mes parents pour le weekend. Bon courage pour la gueule de bois.

    Holly et sa capacité inhumaine à ne plus avoir de gueule de bois après ne serait-ce qu’une sieste de dix minutes. Jason et son talent pour boire avec modération juste pour ne pas être malade. Vincent et son manque d’entraînement en termes de beuverie. Un beau samedi en perspective.

    14h19


    Pourquoi cette tasse de café le regardait-elle d’un air aussi suspect ?

    Assis sur un tabouret la tête entre les mains et les coudes sur la table, le jeune étudiant observait sa boisson encore fumante en se demandant si l’arôme du café lui faisait du bien ou s’il empirait sa nausée... Impossible à dire. Surtout qu’il lui était impossible de réfléchir convenablement car il y avait des travaux à l’étage inférieur. Voilà ce qui arrivait lorsqu’on habitait juste au dessus d’une laverie qui, depuis deux ans, ne disposait que deux machines en état de marche pour cause de problèmes d’alimentation électrique. Eux n’avaient pas vraiment ce problème là dans l’appart. Jason avait des relations qui savaient manier les câbles. En fait, tout était plus ou moins restauré à la va vite ici. L’appartement était sur deux étages. Le premier, par lequel on trouvait la porte d’entrée disposait des deux chambres, de la grande cuisine/salon et d’une minuscule salle de bain. La chambre de Vincent était en face de la salle de bain, à côté des escaliers et surtout, elle juxtaposée celle de Jason qui se trouvait de l’autre côté d’un mur qui n’avait de mur que le nom et qui était aussi efficace que la plus fine des cloisons, laissant ainsi le jeune homme entendre tout ce qui se passait chez son voisin, y comprit lorsque celui-ci faisait jouir sa petite amie ; la fille sur laquelle Vincent flashait depuis quelques mois. A part cette situation légèrement vicieuse, l’appartement offrait de nombreux avantages : il était pourvu de grandes fenêtres qui le rendaient lumineux et il n’était pas cher... et c’était tout. En dehors de cela, il ressemblait plus à un logement perpétuellement en travaux. Un style que Jason, le premier locataire, adorait. Le barman s’était même permit de prendre possession de l’étage du dessus qui était lié au leur. Cet étage était constitué d’une seule pièce immense qui servait aussi bien à faire des soirées qu’à satisfaire les différentes pulsions artistiques de Jason. Peinture, sculpture, soudures et autres formes d’art qui échappaient à la compréhension du pragmatique Vincent. En ce moment, la salle de la Muse – c’était comme ça que J. nommait la pièce – était totalement vide. Il avait demandé à Vince de s’occuper de sa décoration, un cadeau de bienvenue apparemment, mais le jeune Nash ne s’était pas encore mis à la tâche.

    Il devait déjà se remettre de la soirée de la veille à l’Eclipse et digérer ce qui s’y était passé. Sa rencontre avec Anna... Il tendit un bras et s’empara de sa tasse qu’il but doucement pour ne pas forcer son estomac. Vince n’était pas un habitué de la gueule de bois, c’était un état qu’il prenait généralement soin d’éviter, mais hier soir, il avait eut besoin de décompresser, de s’abandonner... ne serait-ce qu’un peu. Tout en sirotant son breuvage, il s’amusait à reconstituer la soirée, soudain son téléphone se mit à sonner, non sans lui marteler le crâne. Le malade reposa sa tasse et attrapa lentement son appareil pour voir qui était responsable de cette torture. Lorsqu’il lut le nom que l’écran affichait, son estomac se noua. Et cette fois l’alcool y était pour rien.

    – Papa ?
    – Gareth nous a donné ton numéro

    Ok, ni bonjour ni rien après plusieurs jours sans nouvelles.

    – Oui j’ai dû changer à...
    – Il nous a aussi donné ta nouvelle adresse. Est-ce que tu veux qu’on t’envoie tes affaires ?
    – Mes affaires ?
    – Oui celles qui sont chez nous. On ne peut pas les garder.
    – Pourquoi ça ?
    – Parce que tu es grand maintenant et que tu fais ta vie.

    Sachant qu’ils n’ont jamais fait le coup à Simon ou à Benjamin, Vincent ne goba pas cette excuse une seule seconde. Silence.

    – Alors ?
    – Oui. D’accord, vous pouvez les envoyer à ma nouvelle adresse, merci.
    – Bien.
    – Et sinon, papa, comment ça va ?

    Monsieur Nash ne répondit pas. Il avait raccroché.

    Vincent garda le téléphone à son oreille pendant une bonne minute avant de le reposer lentement et de se lever pour retourner se coucher, sans finir son café.


    17h51


    Dans la Kane Street

    Le deuxième réveil fut le bon. Vincent était toujours un peu pâteux, mais pour pallier à cela, il sortit s’acheter un bagel. Ca lui servirait de ptit dej. La vendeuse lui lança une drôle de tête ce qui était certainement normal vu celle qu’il devait avoir, entre son visage sa coiffure et la chemise toute froissée qu’il avait enfilée à la va vite afin de se dépêcher de combler sa faim. Tant pis. Il n’était pas d’humeur à draguer de toute façon. Cela ne l’empêcha pas de sourire sans modération lorsqu’il récupéra enfin son bon gros bagel. Il ne l’avait pas encore fini lorsqu’il rentra, mais en tout cas, son estomac allait mieux. Pas sûr qu’il soit partant pour quelques montagnes russes, mais ça allait mieux. Il alla dans le salon et s’installa sur le canapé en allumant la télé tout en terminant son repas. Mais il ne lui fallut que deux minutes pour se rendre compte qu’il ne pourrait pas rester comme ça devant la télé. Il fallait qu’il fasse quelque chose. Mais quoi ? Holly et Jason n’étaient pas là... Ca tombait mal. Même si leur compagnie était parfois difficile, elle valait mille fois mieux que la solitude, surtout aujourd’hui. Il n’était pas question d’appeler Gareth, il avait un match aujourd’hui. Eve ne lui répondrait tout simplement pas et il avait de la peine à chaque fois qu’il voyait Lisa. Les autres gars de la fratrie lui en voulaient encore pour l’incendie, même s’il n’était pas le responsable... c’était tout comme. D’ailleurs, il n’y avait pas pensé, mais eux aussi l’avaient certainement viré du groupe... Non décidément, il fallait qu’il se bouge et fasse quelque chose, sinon il allait péter un câble.


    22h06


    Après son bagel, il avait éteint la télé et été allé se brosser les dents... il y avait passé du temps d’ailleurs, mais il fallait faire ce qu’il fallait. Ensuite il avait fait un peu de ménage. On croirait pas comme ça, mais si le désordre ne le dérangeait pas, le ménage ne le dérangeait pas non plus. C’était une activité comme une autre pour se vider la tête, et au moins ça lui donnait l’illusion de faire quelque chose d’utile. Après ça, il avait enfilé un jogging, un T-shirt et des baskets et était parti faire du jogging pendant une bonne heure dans le quartier. Ensuite douche. Et après ça... il hésita un moment... il pensa à ce que Louis lui avait dit, les médecins, Holly, Jace... Anna... puis il se dit qu’il était temps de faire le truc que Jason lui avait demandé.

    La salle de la Muse était envahie d’une musique. Les Kaiser Chiefs. Les lumières étaient éteintes mais la pièce était largement éclairée. En son centre se dressait Vincent et son corps nappé de flammes, tout comme les quatre murs. Le pyromane observa celui d’en face... puis le plafond et se dit qu’il avait oublié le plafond. Il tendit le bras vers les flammes qui lui faisaient face et le leva. Le feu suivit le mouvement et rampa jusqu’au plafond. Vincent fit de même avec les autres murs et bientôt le plafond fut recouvert. En levant les deux bras, le super força les flammes à se réunir vers le centre, puis il les rappela à lui et les fit se poser au sol de manière à former un cercle autours de lui. Le jeune homme observa son œuvre. Le plafond et les murs étaient noircis par endroit de manière plus ou moins artistique, une grande partie était due au hasard. Mais il ne fallait pas trop en faire pour ne pas affaiblir les structures... Jason voulait seulement les noircir par endroit pour faire un effet incendie. Sa manière à lui de célébrer l’installation de Vincent à l’appart et aussi pour honorer ceux qui avaient souffert de l’incendie de septembre. Cette idée... Vincent ne l’avait pas du tout approuvé au début. Mais après réflexion, il se dit que c’était une occasion comme une autre d’utiliser son pouvoir utilement. Ca lui donnerait une bonne raison de s’entraîner. Et puis, il s’y connaissait pas du tout en art alors autant suivre les indications d’un connaisseur. Là, tout de suite, planté dans cette salle qui baignait dans la musique et dans la lueur des flammes, il trouvait son travail correct... ou en tout cas complet. Mais il se dit qu’il y avait un trop gros déséquilibre entre le sol et les murs. Il leva le bras et se pencha en avant pour envoyer une langue de feu caresser le sol. Le jet se propulsa jusqu’à l’autre bout de la pièce en laissant derrière lui une longue traînée noire. D’un geste de la main, il fit revenir les flammes vers lui pour ne pas les perdre de vue... il avait découvert qu’elles avaient tendance à faire ce qu’elle voulait lorsqu’elles étaient loin de lui. Lorsque son cercle fut reconstitué, il tourna sur lui même pour observer son travail. Un des murs était recouvert de marques noires et grises qui faisaient penser à un vrai incendie. Sur un autre, les traces noires prenaient des formes plus ou moins reconnaissables. On pouvait distinguer un gros oiseau, un arbre ou encore un soleil... les autres pouvaient toujours servir de test de rorschach... Quant aux deux murs qui portaient les grandes fenêtres, les marques se contentaient d’orner les bords de fenêtre. Il avait essayé avec plus ou moins de succès, de faire des effets précis et de donner l’impression que les flammes caressaient les fenêtres ou qu’elles essayaient de sortir. Finalement, il était plutôt fier de lui... sans doute parce que la tâche – double car il en avait profité pour s’entraîner – l’avait un peu épuisé. Il avait même ouvert une fenêtre pour laisser l’air frais lui redonner des forces, non pas que la chaleur le dérangeait. Mais comme il ne tarda pas à s’en rendre compte, il aurait peut-être du s’abstenir de le faire. Lorsque Jace atterrit dans la pièce, Vincent sursauta. Heureusement, il le reconnut assez rapidement ce qui l’empêcha d’avoir recourt à un réflexe malheureux.

    – Hey ! Salut Jace. Vous aimez pas les portes dans la Légion ?

    Comme le ton l’indiqua, il était plutôt content de le voir. Vince n’avait pas vraiment envie de passer un samedi soir tout seul, en particulier après l’appel de son père... Déjà en temps normal, ce n’était pas un garçon qui aimait rester seul, alors en période difficile...

    – Oh tu sais, le samedi soir ici, les voisins... tant qu’ils sont pas à court d’alcool, ils voient rien. et il était un peu tôt pour que les réserves de la soirée soient totalement épuisées.

    D’un air curieux et un peu amusé, Vincent détailla le costume du grand Thunder. En fait, il ne l’avait jamais vu en costume. Voilà ce que ça donnait de ne pas s’intéresser aux super héros : de drôles de surprises.

    – Et bizarrement, je pense qu’ils seraient plus excités en te voyant qu’en voyant un incendie. Enfin excités... surpris je veux dire... enfin tu comprends.

    Il y avait longtemps... Pour se redonner de la contenance, Vince se passa une main de les cheveux et réalisa que ses bras, comme une bonne partie de son corps ainsi que le sol, étaient encore couverts de flammes.

    – Oh pardon !

    Il tendit une main vers la ligne du cercle qui se trouvait devant lui et fit s’éteindre les flammes. Le cercle de feu qui l’entourait se dissipa, de même que le feu qui lui recouvrait les jambes, les bras et le torse, laissant derrière lui une peau nue et luisante de sueur car les exercices de ce soir l’avait un peu épuisé. Il était bon pour une deuxième douche. Cela dit, lui ne se retrouva pas nu comme un vers car il s’était mit en boxer pour s’entraîner et il avait prit soin d’éloigner ses flammes du tissus. L’honneur était sauf.

    – Ca va... j’m’en sors. Et j’te l’ai dit, tu sais bien si j’ai un problème, j’t’appelle.

    Il ne comptait plus les fois où il avait essayé de rassurer Jace à ce sujet par sms, mais le fait était qu’il n’avait pas eu de gros problèmes de contrôle depuis le forum des sports... enfin il y avait toujours sa transformation en cendres qui lui posait problème. Mais en même temps, ce pouvoir là n’était vraiment pas cool.

    – Donc t’es juste venu vérifier que je mette pas le feu à la rue... T’aurais pu le faire sans ton costume quand même.

    Sans doute à cause des restes de sa gueule de bois ou de sa fatigue, Vincent ne vit pas le sous entendu que son commentaire pouvait insinuer. Loin de lui l’idée d’inviter Jace à venir le voir sans vêtements...


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 22 Oct 2014 - 22:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— C’est surfait les portes, et puis c’est toujours fermé.

Jace regrettait amèrement que sa combinaison n’eût pas de poche. Les bras croisés sur le torse, ça faisait peut-être un peu trop héroïque. Ou fermé. Mais dans le dos, enfin sage. Est-ce qu’il devait laisser ses bras pendre sur le côté ? Que n’avait-il un Rubik’s Cube pour s’occuper les mains ! Jace était prêt à chercher un élastique pour faire des figures avec ses doigts quand un Vincent enflammé évoqua toute l’excitation hystérique sa présence risquait de provoquer dans l’immeuble. Le regard de l’adolescent revint sur son nouvel ami, avec un haussement de sourcil.

Jace pressa son oreillette.

— Alpha Leader, fin de mission.

Avant de la retirer.

Puis le corps de Vincent reprit son aspect ordinaire.


Alerte ! Alerte !
DEFCON 1.

Tout en remerciant le ciel que sa combinaison super-héroïque comportât une opportune coque de sécurité à l’endroit propice, qui lui permit ce soir-là de dissimuler l’émoi juvénile que suscitait en lui le spectacle offert, Jace élabora à toute vitesse un plan pour se sortir de cette situation aussi périlleuse que luisant et musculeuse :

Regarder ailleurs, par exemple ces murs magnifiquement décorés.
Conserver un air dégagé pour ne pas dire vaguement distrait.
Nourrir des pensées décourageantes (un flan, la calotte glacière, la moustache de la grand-tante Ada, la trigonométrie)
Trouver rapidement un sujet de conversation qui ne se prêterait pas aux équivoques, par exemple l’histoire des entreprises sidérurgiques sous l’ère soviétique.

— Hmm hmm…

Répondit Jace sans trop savoir à quoi. L’émotif Légionnaire jeta un petit coup d’œil pour la route, pour s’assurer que Vincent n’était pas blessé — et qu’il avait tout ce qu’il fallait là où il fallait. C’était sa manière à lui, purement désintéressée (on l’imagine), de se montrer secourable dans la redoutable (et quasi nudiste) adversité où son ami se trouvait.

— Non, pas du tout ! Enfin si ! Enfin non ! Enfin…

Un peu paniqué à l’idée que Vincent pût penser que son seul intérêt pour lui fût de nature professionnelle et dans le même temps — ce petit est très fort — paniqué à l’idée que Vincent pût penser que son intérêt pour lui ne fût pas strictement professionnel, Jace avait grillé les étapes 1, 2 et 3 de son génial protocole, tandis que Vincent piétinait pour sa part allègrement la quatrième. Après un bref et inévitable détour vers le pectoral gauche de son interlocuteur dont la tenue n’était définitivement pas aussi automnale que le calendrier, les yeux bleus de Jace rejoignirent un peu plus sagement ceux du jeune pyromancien.

— Je croyais qu’il y avait un incendie, et du coup je m’inquiétais pour toi, tu sais, alors je suis venu voir, mais je suis pas juste venu vérifier, j’veux dire, j’me suis dit que j’allais passer, à un autre moment, tu sais, te rendre visite, mais je voulais pas m’imposer, mais ça m’fait plaisir de te voir, très plaisir…

Il espérait juste que ça ne se voyait pas trop.

— … et puis j’ai pensé à toi.

Flûte de flûte. Les joues de Jace rosirent.

— Tu sais, par rapport à tout ça.

Jace fit un vague geste de la main qui englobait apparemment les murs, le plancher, l’état de la plomberie et la faim dans le monde. Conscient d’être en train de creuser la tombe de son innocente indifférence avec la pelle de sa rosissante confusion, le jeune homme entama un dérapage à cent-quatre-vingt degrés.

— C’est sympa comme appartement. C’est très…

L’adolescent regarda tout autour de lui.

— Euh… Vide.

Certes.

— D’un autre côté, j’suppose qu’y a d’autres pièces. Ça doit être grand. C’est pas si grand, chez moi. Tu viendras un jour ? ‘Fin, si tu veux. Si tu passes dans le coin. Tu sais. Comme ça. Faut juste m’dire, j’suis pas souvent chez moi. Le travail, les missions, tout ça. Tiens, genre, ce soir, j’ai héroïquement sauvé un chat dans un arbre.

Jace leva ses mains en guise de preuves.

— Et je me suis fait griffer. C’est genre, quasi des blessures de guerre.

Comme à l’ordinaire, la volubilité de Jace était proportionnelle à son embarras et comme ses yeux n’arrêtaient pas de faire des détours vers le corps de Vincent qui, pour n’être pas très grand, n’en manquait pas pour autant d’occuper son champ de vision avec une curieuse efficacité, l’embarras ni la prolixité du jeune homme ne décroissaient. Il s’en rendait bien compte lui-même et il finit par pousser un soupir avant d’avouer :

— Désolé, j’suis un peu survolté.

Et ce n’était pas un mensonge.

— La nuit a été calme et j’avais prévu plus d’énergie qu’il n’en fallait. Du coup, j’suis un peu excité.

Ah, ça…

— Du coup, t’es fatigué et tout, tu préférerais p’têt que j’te laisse…
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 2:28 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    Il sourit à la réponse de Jace... Sa première conversation de la journée. Ca faisait du bien. Enfin la première depuis son réveil... son deuxième réveil. La vendeuse de Bagel ne comptait pas. Loi de s’offusquer de l’entrée du super, Vincent ne put s’empêcher de sourire. Il ne connaissait pas Jace depuis très longtemps, mais le courant passait plutôt bien, sans faire de mauvais jeux de mots. Bon après, y avait quelques moments où Vince ne savait pas trop comment réagir, mais c’était parce que le jeune Roberts était différent des gens qu’il avait l’habitude de côtoyer. Et ce, à bien des niveaux. Au début, il l’avait traité avec un minimum de politesse, voire même un peu de distance... mais ça avait été impossible de rester comme ça, surtout que Vincent avait eut besoin d’aide à ce moment. Il en avait toujours un peu besoin en fait. L’étudiant observa son invité communiquer avec son équipe ou allait savoir qui. La réplique était digne d’un film.

    – Wow. Quel professionnel... désolé, j’ai pas l’habitude. se moqua-t-il gentiment.

    Mais lorsqu’il se dévêtit de ses flammes, Vincent se rappela que Jace était parfois bizarre dans sa façon d’agir. Marrant, à n’en pas douter, mais un peu bizarre quand même. Il avait l’air ailleurs. Le pyromane essaya de ne pas y faire trop attention et se dirigea vers la sono, unique « meuble » qui ornait la salle, pour baisser un peu le son. Il avait mit la musique juste pour ne pas avoir l’impression d’être totalement seul, mais là elle était devenue inutile, enfin si Jace voulait monter le son, il accepterait bien sûr. Ca ne le dérangerait pas. Mais disons qu’après hier soir, il aimerait bien pouvoir parler sans avoir à se battre avec le volume de la musique. Une fois le son réduit à un arrière fond, Vincent se retourna vers Jace pour l’écouter expliquer les raisons de sa présence ici. L’étudiant en économie ne tarda pas à retrouver le sourire.

    – J’croyais que c’était moi l’émotif. fit-il remarquer par rapport à un commentaire que Jace lui avait fait lors de leur première rencontre. Et c’était du second degrés, Jace. Je cherchais pas à t’interroger. Tu peux passer quand tu veux.

    C’était le principe non ? Lorsque les liens se créaient, les partis gagnaient le droit de rendre visite à l’autre et vice versa. On était samedi, jour mondialement connu pour ses interactions sociales, il était normal qu’on ait envie de retrouver les gens qu’on appréciait. Et Vincent appréciait Jace... même dans cet accoutrement... pas mal d’ailleurs. Non, penser à autre chose. L’appartement. Parfait.

    – Ouais... c’est l’étage de la Muse. Mon coloc s’en sert comme studio artistique ou pour faire ses soirées. Il m’a demandé de le « retaper » à ma façon... Nous on habite juste en dessous.

    Autre chose. Jace avait tendance à parler rapidement de choses assez différentes. Vince avait un peu l’habitude avec Holly qui avait tendance à partir dans tous les sens. Jason aussi était parfois dur à suivre... mais lui c’était plus le fond de ses idées que leurs formes... C’était une âme d’artiste, rappelons-le. Du coup, maintenant, il avait chopé une technique pour leur parler normalement. Il répondait à chacune des idées dans l’ordre.

    – Ouais s’tu veux. J’passerais. On pourrait manger un morceau entre deux cours... ou deux missions. J’t’appellerais bien sûr, j’voudrais pas te déranger en plein boulot ou même avec ta copine... ou ton copain.

    Ca, c’était un détail qu’il avait imprimé. Au moins dans son inconscient.

    – Fais voir.

    Il s’approcha un peu plus pour examiner les blessures de guerre du grand Thunder. Il prit ses poignets dans les mains et les approcha de son visage. Bien sûr, il avait fait attention à ne pas être brûlant. Après avoir déchaîné son pouvoir, ça arrivait souvent. Mais là, le pyromane était juste « fiévreux » au contact. Il observa les lacérations d’un air sérieux. Sa mère et Simon ne plaisantaient jamais avec les blessures et même les plus infimes des petits bobos. Lorsque l’aîné fut parti, Vincent se chargea de le remplacer en tant qu’assistant médical attitré de la résidence Nash. D’où le « professionnalisme ».

    – Tu survivras. blagua-t-il. Mais s’tu veux j’peux te passer du désinf...

    Soudain, il vit quelque chose dans le regard de Jace qui l’interpella. D’aussi près, il put reconnaître une sorte de gêne. Le genre de tête que ses potes faisaient lorsqu’ils voyaient passer une jolie fille. Aussitôt le rouge monta aux joues de Vince.

    – Oh merde... désolé, j’avais oublié.

    Car il avait complètement oublié qu’il était à moitié à poil. Ses pouvoirs lui avaient un peu détraqué ses perceptions thermiques si bien qu’il ne souffrait pas vraiment du froid et encore moins de la chaleur. Jason espérait bien que cette condition allait leur faire économiser le chauffage pendant l’hiver. Mais dans l’immédiat, Vince était plutôt embarrassé. Pas par son corps, il en était plutôt fier, mais par respect pour Jace. Il n’avait pas envie que le jeune légionnaire croit qu’il faisait exprès de se dévêtir pour jouer avec ses attirances. Il connaissait des filles (Eve et Lisa) qui n’hésitaient pas à en venir à de telles extrémités pour obtenir ce qu’elles voulaient des hommes. Vincent n’était pas comme ça, pas avec des potes... surtout des mecs... L’exhibitionniste retourna près de la sono et se baissa pour ramasser les fringues qu’il avait jetés par terre. Il s’empressa de les enfiler. Le voilà vêtu d’un jogging noir et d’un T-shirt blanc sans manches qui comportait plein de trous plus ou moins larges. Celui-là avait déjà souffert de son pouvoir d’ignition.

    – Ahem... comment repartir là dessus. Tu... non tu m’déranges pas... J’avais fini. il leva les bras pour montrer son « œuvre ». Après... je voudrais pas priver Star City de son héros. Si t’as du boulot, fonce. mais ça, il ne le voulait pas. Mais si tu veux rester, pas de problème. Je... j’dois avoir de quoi boire...

    Boire, manger, ne rien faire, discuter, ne rien dire, regarder la télé, regarder les nuages, il s’en fichait, mais il n’avait pas envie de rester seul. Bien sûr, son honneur d’homme l’empêchait de formuler cela à voix haute.


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 11:54 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Vincent était officiellement, aux yeux de Jace, le champion toutes catégories des messages contradictoires. Jace avait tout à la fois l’impression que son nouvel ami partait à la pêche aux informations et, pour un peu, le draguait et celle qu’il risquait de le voir s’enfuir en courant s’il tentait la moindre avancée. Il tendit sagement ses mains, en essayant de se convaincre que cette sollicitude dans laquelle il n’était pas sans voir un peu de tendresse, n’avait d’autre sens que… que… Eh bien, il ne savait pas trop.

Il fallait dire que Jace était particulièrement sensible aux intentions protectrices, fussent-elles de pure plaisanterie. Ses expériences médicales étaient plutôt pénibles — les tests chez Sydney, le dosage des médicaments, le traitement contre l’épilepsie, les blessures inévitables du super-héros, tout cela l’avait habitué à fréquenter les infirmeries, les laboratoires et les hôpitaux en adoptant l’air courageux du parfait petit soldat que les vicissitudes physiques n’atteignaient pas et, comme il était très doué pour jouer au brave, personne ne songeait plus, lui semblait-il, qu’à dix-sept ou dix-huit ans, parfois, il espérait moins des diagnostics concluants que des paroles réconfortantes.

Se faire examiner des griffures anodines avait le charme du rêve un peu idiot du super-héros qui rentrait au foyer. Il en avait oublié les charmes les plus concrets de Vincent pour le regarder dans les yeux et un sourire aussi ému qu’amusé passa sur ses lèvres quand son médecin improvisé le rassura sur son état de santé.

Avant la douche froide.

Les mains de Jace retombèrent tandis que Vincent s’éloignait pour se rhabiller. L’adolescent se sentit brusquement envahi par un puissant sentiment de honte. Son nouvel ami devait avoir lu, sans doute, dans ses yeux, dans son attitude, peut-être pire encore, l’intérêt mêlé qu’il lui portait et par sa faute, l’embarras s’installait entre eux. Jace avait l’impression d’être ravalé au rang de l’adolescent mâle incontrôlable, dont les pensées étaient plutôt péniennes que cérébrales.

À vrai dire, la capacité de Jace à se sentir coupable pour ses désirs relevaient presque du super-pouvoir. Les émois sexuels de l’adolescent s’étaient longtemps résumé à un désintérêt total que d’aucuns eussent jugé quelque peu pathologique et si, depuis quelques mois, il s’était un peu débloqué, il avait toujours beaucoup de mal à admettre que ses désirs pussent n’être avilissants ni pour lui, ni pour ceux et celles qu’ils entouraient, alors même qu’ils n’étaient jamais purement physiques et s’accompagnaient toujours d’une affection tendre dont son âme, découvrait-il peu à peu, était une source inépuisable.

La réaction de Vincent eut en tout cas tout l’effet que n’avaient réussi à avoir ni la moustache d’Ada, ni la calotte glacière, ni même la trigonométrie et désormais, le regard de Jace ne s’attachait plus à l’autre jeune homme.

— C’est joli.

Murmura-t-il sans trop de conviction alors que Vincent désignait son œuvre.

— Enfin, d’un autre côté, l’art et moi, ça fait deux…

Et voilà, c’était pire. Non seulement il passait pour un obsédé, mais il se doublait désormais d’un Béotien. Quelques étincelles crépitèrent, éphémères, sur sa combinaison : l’une courut de sa nuque jusqu’au creux de son dos, l’autre s’égara quelque part sur ses abdominaux et la troisième fut absorbée par sa main gauche. Trop d’énergie inemployée le rendait nerveux et — Vincent avait raison — émotif.

— Boire, oui. J’veux bien.

Il avait été tenté de partir, mais puisque Vincent avait décidé de sauver les apparences et prit le parti des civilités ordinaires, le moins qu’il pût faire était de le seconder dans cette tâche et de faire comme s’il n’avait pas compris que Vincent avait compris. En se dirigeant vers l’escalier de la gigantesque pièce, il précisa tout de même :

— Enfin, du soda, si tu as. Ou de l’eau. J’veux dire, l’alcool, c’est pas vraiment mon truc.

Au moins, ne pas passer pour un alcoolique. Jace adressa un sourire poli à la sono, faute de pouvoir regarder Vincent, et descendit les escaliers. Il n’eut pas de difficulté à trouver le salon et cuisine et son premier commentaire fut tout thunderien :

— Vous avez trafiqué l’électricité.

C’était la première chose qu’il avait vue — sentie, tout du moins — avant même de considérer la décoration ou l’ameublement.

— Avec raison, le reste de l’immeuble est une ruine, on dirait.

Le jeune homme avança dans le salon, sans parvenir à se sentir très à son aise, avec sa combinaison de super-héros, qui lui collait à la peau. Sur le terrain, c’était une fabrication remarquable, parfaitement adaptée à son style de combat et à ses pouvoirs, à l’altitude comme à la terre ferme et, quand il intervenait, il n’y songeait pas une seule seconde. Dans la vraie vie, dans l’autre vie, il avait l’impression d’être recouvert du rappel ironique de son inaptitude sociale.

— Moi, j’fabrique des automates.

La phrase était sortie un peu brusquement — depuis plusieurs secondes, Jace cherchait à rattraper son aveu d’incompétence artistique. Il s’imaginait que si Vincent vivait avec un artiste qui se réservait un étage entier et le laissait le décorait, c’était qu’il devait avoir une certaine estime pour les talents créatifs. Jace se fût senti beaucoup plus à l’aise à lui parler géographie, sciences ou droits, mais à défaut…

— En bois, avec des mécanismes, tu sais, enfin, c’est plus des jouets, en fait, c’est pas vraiment de l’art, d’ailleurs, je voulais ouvrir un magasin de jouets, après le lycée, mais ça s’est pas fait. Mais ils sont quand même… Enfin, sympas, enfin, les gens aiment bien. Les enfants des Légionnaires, en tout cas.

Mais ce n’était pas du Picasso. Un peu piteusement, Jace fut bien obligé de reconnaître :

— … bien sûr, c’est pas pareil que…

Et il montra de l’index le plafond, pour désigner l’étage de la Muse.

La soirée lui avait l’air soudain bien longue.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 13:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    C’était génial, vraiment génial... rester presqu’à poil et inspecter les bobos ridicules de Jace. Merveilleuse idée. Maintenant il y avait comme une sorte de malaise. Il ne savait pas trop comment interpréter l’attitude de Jace, s’il avait l’air déçu ou juste embarrassé. Bravo Vince... et merci les super pouvoirs qui l’ont rendu quasi nudiste. En plus, avec une fille, il aurait tout de suite pensé à se rhabiller. Les choses n’étaient plus aussi simples qu’elles l’étaient. Il essayait de s’y faire, mais parfois, surtout les lendemains de soirée comme aujourd’hui, il avait des bugs.

    Boire, ouf.

    – Pas de problème !

    Ok, alors évite les montées d’enthousiasme inutiles, ça fait pas naturel.

    Les deux garçons descendirent donc et allèrent dans la cuisine où Vincent ouvrit le frigo pour en ressortir une petite bouteille de coca et une brique de jus de fruit. Tout en sortant les verres, il répondit au commentaire de l’expert en électricité.

    – Ouais c’était ça ou les coupures de courant à répétition. Jason a des contacts... Comme le proprio voulait pas se bouger, J. a décidé de faire quelque chose, c’était moins long que de lancer une plainte... il s’interrompit alors qu’il se rappela qu’il s’adressait à un représentant de la loi. Vince le regarda d’un air un peu inquiet. Ca... ça te pose pas de problème ?

    Il espérait ne pas avoir mis Jason dans la m...

    Tout en essayant de mettre de côté ses appréhension, il posa les boissons et verres sur la table en faisant signe à son invité de se servir comme il voulait. Il pouvait toujours boire de l’eau au robinet. Mais il n’eut pas le temps de l’avertir de faire attention avec la poignée qui se cassait facilement (et vous offrait au passage une douche gratuite) car le légionnaire se mit à parler de jouets. Vince le regarda en essayant de ne pas avoir l’air trop surpris. Pourquoi il lui parlait de ça ? Ah oui... l’art. Mince... si Jace voulait se mettre à comparer Picasso et Dali, le pyromane allait ramer comme un fou.

    – Ca a l’air sympa... Perso j’suis pas trop doué pour ce genre de truc... A part réparer deux trois bricoles... qui tiennent pas trop longtemps en général. En fait, l’art c’est pas mon truc mais Jason trouvait que c’était une bonne idée alors l’ai mit le feu à l’étage... C’qui n’a pas l’air si génial que ça dit comme ça... Mais bon... j’suis pas un artiste alors j’peux pas juger.

    Ou comment effacer une conversation potentielle sans finesse. Un silence s’installa. Vincent essaya de s’occuper les mains en buvant son verre de jus d’orange. Bio, évidemment. Holly et Jason étaient à fond dans le bio, lui n’était pas contre. Le bio, ce serait pas un peu chiant comme sujet de conversation ? Soudain, il aperçu quelques éclats de lumière qui n’avaient rien à faire ici et constata qu’il s’agissait de Jace et de son électricité. Vincent se rappela alors ce que le blond avait dit au sujet de sa charge d’énergie. Ah tiens, ça c’était du solide.

    – Hey, je voulais te demander... cette idée datait d’une seconde comment tu fais dans ces cas là ? J’veux dire quand tu es plein d’énergie comme ça, comment tu gères ?

    Il n’avait pas prévu de poser la question à Jace, mais maintenant qu’il était là, ça tombait sous le sens. Lorsque Vincent était en forme, il avait parfois l’impression que son pouvoir allait exploser hors de son corps, comme si le feu avait envie de sortir de lui-même. Et en voyant l’électricité se balader sur le costume de Thunder, il se dit que lui avait certainement une solution. Après tout, Jace avait ses pouvoirs depuis bien longtemps déjà. Est-ce que c’était son costume qui l’aidait à garder le contrôle ? Si tel était le cas, Vince espérait qu’il y en avait des plus discrets parce qu’il était hors de question qu’il enfile ce genre de tenue... sauf pour Halloween. La seule journée où il était prêt à voir des monstres en tout genre... D’ailleurs en pensant à ça, une cascade de questions se déversa dans l’esprit du pyromane et il se dit que peut-être, le super héros qui se trouvait dans sa cuisine avait des informations sur la chose qui avait donné ses pouvoirs à Vincent. Mais il ne voulait pas l’assommer tout de suite, de peur de faire fuir son invité, déjà qu’il n’avait pas l’air super à l’aise... Pour essayer de détendre l’atmosphère, Vincent adopta une position plus décontractée... en s’installant en tailleur sur le bar. Il espérait que Jace se mette à l’aise lui aussi, même si ça devait pas forcément être chose facile dans cet accoutrement. Enfin, le jeune Nash pour sa part faisait de son mieux pour ne pas faire attention à cette tenue inhabituelle, surtout qu’elle révélait chez son porteur des détails physiques qu’il n’avait pas remarqué la dernière fois.


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 14:04 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Si ça lui posait un problème ? Jace crut d’abord que Vincent pensait à ses pouvoirs, à sa sensibilité aux circuits électriques, et s’inquiétait de savoir si des montages un peu trop artisanaux ne le mettait pas sur les nerfs puis, en songeant que cette éventualité ne devait pas encore venir spontanément à son camarade, il comprit qu’il faisait référence à son statut de justicier. Avec un sourire un peu amusé, il le rassura.

— Ça va, je suis pas psychorigide. Ni inspecteur des bâtiments.

Pour Jace, le rôle d’un Légionnaire n’était pas de faire respecter scrupuleusement la loi, mais de préserver des principes — et en découvrant la souplesse de la loi elle-même, à force de travailler dans un cabinet d’avocat, il se sentait de plus en plus conforté dans sa conception. Jamais il n’avait cru que la Légion redoublait la surveillance policière ; aussi ne traquait-il pas tous les petits délits.

Le jeune homme se servit un verre de coca et son sourire s’installa avec un peu plus d’assurance quand Vincent balaya ses spéculations artistiques. L’étudiant n’avait pas l’air beaucoup plus familier que lui avec ces questions et Jace en était soulagé. Il n’avait jamais considéré ses automates comme une forme d’art — des jouets, c’était vraiment cela qu’il voulait fabriquer, avec cette utilité qui n’avait rien de pragmatique, puisqu’elle visait le divertissement, mais qui ne tenait pas non plus aux spéculations esthétiques.

Un peu plus détendu, Jace avala une gorgée de soda — et se mit à déambuler dans le salon, incapable de tenir en place. Tripoter un bibelot, feuilleter des cours qui trainaient, jeter un coup d’œil par la fenêtre, remettre une chaise droite. Tout cela constituait déjà une réponse anticipée à la question de Vincent : quand il avait trop d’énergie, le Jace sauvage tournait en rond.

— Hmm. Je m’dépense. Ou j’externalise. Un peu comme avec mes souvenirs.

Il jeta enfin un regard à Vincent, le premier depuis qu’ils étaient descendus.

— Désolé, c’pas super clair. Attends…

Jace reposa son verra pour se rapprocher du bar. Il n’était jamais facile pour un métahumain d’expliquer clairement ses pouvoirs à un autre et, même si Jace estimait avoir, dans l’ensemble, des aptitudes assez compréhensibles, plus en tout cas que certaines spécificités vraiment étranges d’autres Légionnaires, un exposé en forme demandait un bon de réflexion.

— En fait, nos pouvoirs à tous les deux se ressemblent par plein de côtés, mais ils sont très différents parce que l’électricité, c’est une part centrale de la vie moderne. Y en a partout. Et j’suis beaucoup plus, tu vois… Connecté ? Ouais. Par exemple, y a plein de choses que je peux pas retenir et que je stocke chez moi dans des disques durs externes. Et comme j’ai pas besoin d’ordinateur pour lire ce qu’il y a dedans, c’est comme si j’avais des mémoires de réserve, tu vois ? Et c’est comme ça avec pas mal de trucs. Du coup, quand j’ai trop d’énergie, j’pourrais m’contenter, en théorie, de la reverser progressivement dans le système électrique de la ville. Comme ça…

Jace tendit l’index vers la prise la plus proche et un arc électrique rejoignit le doigt de l’adolescent de l’entrée électrique. Une seconde plus tard, l’arc se résorba.

— Mais c’est un peu… J’sais pas, frustrant, de faire ça. Les stocks d’électricité, ça m’rend plus… Endurant, c’est sûr, mais aussi plus sensible. Émotif, comme t’as vu. Intelligent, aussi, j’crois, même si ça, c’est pas forcément un cadeau. Et, y a quelque chose d’irritant, parce que le monde devient plus présent, plus… Il fait plus d’impressions, tu vois. À la fois littéralement et métaphoriquement, comme… comme…

Jace chercha une comparaison appropriée, parce qu’il se rendait compte qu’il se perdait dans des considérations trop générales.

— Tu sais, le matin en hiver, quand il fait un peu froid, et que tu vas prendre une douche, tu sais que l’eau sera chaude, tu l’attends, et quand l’eau chaude vient enfin sur ta peau, il y a cette espèce de satisfaction des sens, parce que le froid t’a rendu plus sensible au bien-être de la chaleur. Ou… Quand tu vas manger un truc dont tu as envie, tu connais le goût et tout, t’es impatient, et quand tu l’manges enfin, c’est encore meilleur quand ton souvenir. Ou quand t’es avec quelqu’un, et que ton cœur bat vite, et qu’on va te toucher, et t’as l’impression que ta peau est dix fois plus sensible. Eh ben c’est un peu comme ça tout le temps, et c’est vraiment… magique.

Bien sûr, une pareille sensibilité tenait en grande partie à la configuration de son pouvoir et les autres élémentalistes étaient loin de partager cette sensibilité accrue — sans parler du degré de maîtrise qu’elle supposait.

— Enfin bref. Si jamais ça devient vraiment problématique, j’vais, je sais pas, courir. J’vais à la salle de sport de la Tour. Mais j’ai pas de problèmes à contenir, si ça t’inquiète. J’vais pas t’électrocuter. On s’rait dans une piscine, j’te promettrai rien, mais j’m’approche pas d’ce genre de trucs avec d’autres personnes. En dehors de ça, je gère.

Jace finit par s’asseoir à son tour sur le bar, à côté de Vincent.

— Dis… ?

Les yeux bleu électrique se posèrent sur le profil du pyromancien.

— Tu crois qu’tu pourrais m’prêter des fringues ? J’me sens un peu, euh… Déguisé.

Très mis en valeur, certes, mais cela, il ne s’en rendait pas vraiment compte. Plus que déguisé, il se sentait beaucoup trop Thunder.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 16:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil

    – ‘scuse-moi, comença-t-il d’un air léger t’es le premier et le seul super héros que je connaisse personnellement, j’préfère demander du coup.

    C’était mieux. En tout cas, si Vincent connaissait à peu près les limites de la loi et le rôle des membres des forces de l’ordre, il ignorait où se limitait le rôle de la Légion des Etoiles. Pour lui, c’était un peu un groupe de flics en collants, mais il confondait certainement avec l’UNISON. Les subtilités de cet univers lui échappaient complètement. Mais cela ne voulait pas dire qu’il n’essayait pas. A sa façon. L’étudiant avait bien compris qu’il n’avait pas d’autre choix que de s’adapter Depuis qu’il s’est découvert ces pouvoirs, il a déjà fait plusieurs rencontres... inédites, pour garder un terme neutre. Bien plus que ce dont il avait l’habitude avant septembre. Et à vrai dire, de ces rencontres, Jace était le plus propice à répondre à ses interrogations les plus diverses. Le garçon électrique savait de quoi il parlait et surtout il projetait une aura de sécurité, d’assurance. L’aura de Louis était plus mystérieuse et menaçante. Quant à celle d’Anna... il était impossible de la décrire... mystérieuse aussi... et fantasque. Le choix était vite fait. Cela dit, Vince avait le don pour recevoir des propos qu’il ne pouvait pas comprendre tout de suite, ça lui rappelait ses premiers cours de trigonométrie. Jace s’expliquait avec des comparaisons assez imagées et diverses, ce qui posait un peu problème pour Vincent qui avait tendance à classer chaque expérience dans telle ou telle catégorie. D’un autre côté, vu que Thunder était en train de lui expliquer quelque chose de vraiment unique, même pour le pyromane, c’était sans doute la meilleure façon pour lui de s’exprimer. N’empêche que Vince eut un peu de mal à comprendre. Cela dit, il essayait aussi de garder à l’esprit sa propre situation afin d’essayer de les comparer et de tirer des propos de Jace quelque chose qui lui serait utile. Avec un tel point de vue, c’était pas forcément évident d’arriver à comprendre. Ce qui ne l’empêchait pas d’essayer.

    – Donc en gros... quand t’es chargé, t’es hypersensible ?

    Voilà la conclusion qu’il tira des explications de Jace. Il retint également l’intérêt de l’activité physique et se félicita intérieurement de s’être inscrit à l’association sportive de la fac. Il n’était pas certain que ça remplace aussi bien le football, mais au moins il pourra essayer pleins de trucs... tout en vidant un peu ses réserves de flammes. Ca ne lui fera pas de mal.

    – Ouais ça m’fait pas pareil... Moi j’ai juste l’impression que je vais exploser... Ca doit être la différence entre l’électricité et le feu...

    Cette sensation d’explosion n’était d’ailleurs pas seulement métaphorique, comme il avait pu le constater. Lorsqu’il perdait le contrôle, son corps se réduisait littéralement en cendres. A ce sujet, Vincent allait poser une nouvelle question, pas nécessairement en lien avec celles qui étaient venues à lui plus tôt. Mais il fut interrompu par Jace qui était venu s’installer sur le bar lui aussi et lui demandait maintenant un service. Vincent lui répondit avec un sourire un tout petit peu moqueur.

    – Bah voilà c’qui arrive quand on s’habille comme ça. Cela dit, il te va plutôt bien, t’as pas à avoir honte... Enfin, c’est pas moi qui vais te forcer à rester comme ça. Suis-moi.

    Après avoir sauté du bar, Vincent conduisit son héroïque invité dans sa chambre. Son premier réflexe ne fut pas de penser à tous ces fans qui seraient prêt(e)s à tuer pour être à sa place, mais de penser à ce que Jace pourrait croire en voyant l’état de sa chambre, car il n’avait fait le ménage que dans le salon/cuisine, le couloir et la salle de bain.

    – Désolé pour le bazar.

    Ca aurait pu être pire, mais en tout cas, c’était certainement une chambre de garçon. Le bureau était noyé sous les papiers, les livres et son ordinateur. Un fixe. Son portable avait tragiquement rendu l’âme dans des circonstances caniculaires. Son lit était tellement défait qu’on aurait dit qu’il avait accueilli toute une famille de gorilles la nuit dernière. Une multitude d’habits divers jonchaient le sol et sa bibliothèque. On pouvait également voir son costume de prêtre de la veille qui occupait sa chaise de bureau. Vincent se dirigea directement vers son armoire, en face de son lit et l’ouvrit.

    – Voilà... tu devrais trouver de quoi faire. T’inquiète pas, ces fringues là sont propres. Heu... Il commença à se baisser pour réunir les vestiges de ses habits qui ornaient le sol. Un peu de rangement improvisé. Vas-y sers toi, j’vais mettre ça au sale... déclara-t-il d’un air désolé avant de quitter la chambre les bras chargés de linge.

    C’était toujours comme ça lorsque vous recevez quelqu’un. Il fallait toujours que cette personne vienne là où ce n’était pas impeccable. Mais alors qu’il enfonçait ses jeans, chaussettes et T-shirts dans la panière de la salle de bain, Vincent réalisa qu’il n’avait honte de ce genre de chose qu’avec les filles qui venaient chez lui. Habituellement... D’un mouvement déterminé, il secoua la tête pour chasser cette constatation et retourna dans la chambre pour finir de ranger et pour voir si Jace trouvait ce qu’il lui fallait.

    – Tout va bien ? Tu trouves... demanda-t-il avant de se figer comme s’il venait d’être frappé par la foudre.

    La foudre en l’occurrence était le torse nu de Jace Roberts. Un torse qui causa un petit bug chez Vincent qui ne put s’empêcher de fixer les pectoraux du blond pendant de longues secondes. Voilà ce qui arrivait lorsqu’on ne fréquentait plus les vestiaires, on perdait tout l’entraînement inconscient qu’on s’était imposé pour ne pas dévorer la physionomie de ses homologues masculins des yeux. C’était vraiment bête pourtant, il aurait dû s’y attendre, alors pourquoi son estomac le travaillait comme ça ? La réponse était pourtant évidente. D’abord, cela commençait à faire un bail que... voilà. Ensuite, disons que tomber sur une fille qu’il ne pouvait pas toucher avait nourri ses frustrations. Et celles-ci étaient apparemment en train de se venger.


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 17:04 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— Ouais, en gros, c’est ça.

« Hypersensible » était peut-être un adjectif un peu prosaïque — mais pour le terre-à-terre Jace — quand il s’agissait de décrire la curieuse réceptivité au monde que son électricité lui offrait de plus en plus, mais l’idée était là. D’ailleurs, il ne l’avait jamais formulée aussi clairement, parce que personne ne lui avait jamais posé la question — finalement, il en apprenait un peu plus sur ses pouvoirs aussi, en fréquentant Vincent.

— T’sais, au début, genre y a des années, j’avais juste l’impression, pas que j’allais exploser, mais… Si, ouais, un peu. J’avais des crises, genre, super violentes. Mais ça passe, je crois.

Heureusement pour son entourage et sa vie sociale.

Un peu troublé par le nouveau compliment de Vincent sur sa tenue, qui venait s’ajouter au « mignon » de quelques jours plus tôt, Jace descendit du bar et suivit son hôte, tout en se demandant s’il ne ferait pas mieux, du coup, de garder ce si seyant costume de super-héros. Ces réflexions tout autant que sa propre habitude du désordre le prémunirent contre une réaction désobligeante devant le capharnaüm qu’était la chambre de Vincent.

Un sourire amusé passa sur ses lèvres.

— T’inquiètes, j’ai pareil à la maison. Avec plus de câbles et de circuits imprimés, ouais, mais en gros, pareil.

Son regard se posa inévitablement sur la soutane et il se supposa que Vincent choisissait ses costumes d’Halloween très en avance. Ou alors il avait une seconde vocation bien cachée, un plan B à ses études d’économie, et Jace pouvait définitivement tirer un trait sur ses vagues espoirs de rapprochement.

— Ton ordinateur aurait besoin d’une bonne défragmentation.

Murmura Jace, avant de se retourner vers Vincent.

— Euh, ouais, désolé, un réflexe.

Il vint se poster devant l’armoire. Ils n’avaient pas vraiment la même carrure, mais à peu de choses près, Jace avait bon espoir de trouver quelque chose d’à peu près convenable. Il n’avait de toute façon pas d’exigences stylistiques romanesques.

— Merci.

L’étape complexe commençait ici, alors que Vincent s’éclipser. Une combinaison thermoprotectrice et isolante, c’était assurément très pratique et très utile sur le terrain, mais ça ne se retirait pas comme un tee-shirt. Jace passa le doigt sur l’avant de la combinaison pour faire apparaître unen fermeture éclair, qu’il descendit jusqu’en bas, avant d’en opérer deux autres sur les hanches, à l’intérieur de la combinaison, et de pouvoir retirer son haut. Malgré l’habitude, ça prenait un peu de temps, et Vincent était déjà de retour.

Ni particulièrement exhibitionniste, ni particulièrement pudique, Jace supportait sans difficulté le regard d’un étranger sur son corps — et le regard de Vincent était d’autant plus supportable que, cette fois-ci, sans ambiguïté possible, le jeune homme y reconnaissait le même intérêt qui avait allumé le sien, quelques minutes plus tôt. Un cruel dilemme se présentait à lui : profiter de l’émotion de Vincent pour transformer peut-être l’essai ou faire comme si de rien n’était et préserver les scrupules que son ami nourrissait de toute évidence.

Et pendant une fraction de seconde qui, dans son super-esprit, valait bien une longue réflexion, l’adolescent pesa prudemment l’alternative. Il avait l’impression de voir en Vincent le Jace de l’année précédente, perdu et tentant de retenir ce qui restait de normalité dans son existence. Fallait-il le préserver ? Ou ne pouvait-il pas au contraire lui montrer, avec l’expérience de quelques mois en plus, et d’une maturité nouvelle, que certains changements n’étaient pas aussi brutaux et douloureux que l’apparition de ses pouvoirs ?

Jace avait pleinement conscience que la chance qui se présentait à lui était à la fois une responsabilité : celle de son rôle dans la vie de Vincent. Il ne le connaissait pas depuis longtemps, mais le barman du Kansas vivait trop à fleur de peau pour que Jace n’eût pas l’impression de l’avoir côtoyé longtemps. Rassuré d’avoir pu considéré la situation autrement qu’à l’aune de ses désirs les plus impulsifs, Jace esquissa un sourire beaucoup plus protecteur que prédateur et il s’approcha de Vincent, avec une bonne excuse qui ne devait pas faire illusion, mais offrir une conversation pour combler un silence trop embarrassant :

— C’est les cicatrices que tu regardes ?

Il n’en manquait pas. Sur les pectoraux. Une impressionnante à l’épaule, souvenir encore trop frais de son combat avec le mystérieux saboteur de l’usine de drones. Sur les abdominaux. Il y avait quelque chose d’un peu étrange, à bien y songer, dans ce corps rigoureusement musclé, entraîné, façonné et éprouvé, avec ses blessures de guerre, certaines déjà anciennes, ces yeux perçants, qu’une intelligence électrique creusait d’une expérience qui n’était pas encore tout à fait la leur, et ce visage toujours juvénile, presque féminin à certains égards. Charlie Lane trouvait que Jace était plongé trop jeune et trop vite dans un monde d’adultes et son corps était le reflet de ce devoir précoce.

Il murmura :

— Parfois, c’est un peu plus féroce que les chats. Là…

Jace prit la main de Vincent, en espérant de tout cœur qu’il ne commettait pas une erreur, et il la posa sur son épaule blessée.

— C’était à la fin de l’été. Contre un terroriste, dans une usine. Enfin un saboteur. J’m’en suis pas très bien sorti, cette fois-là. Là…

Jace prit l’autre main et la posa sur son ventre, vers la gauche.

— C’était presque au début, j’étais pas assez vigilant, une histoire de couteau.

Les mains de Jace libérèrent celles de Vincent.

— D’un autre côté, y en a une, c’est parce que j’ai glissé à la patinoire quand j’étais gamin. Comme quoi…

Avec le cœur battant de l’adolescent qui se jetait à l’eau, Jace tendit une main pour la poser sur la joue de Vincent et la caresser du pouce. Protecteur. On ne se refait pas.

— … ça va… ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 18:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    C’était vraiment idiot... Ce n’était qu’un torse. Vincent en avait déjà vu d’autres sans sourciller... du moins pas physiquement. Pourquoi est-ce que celui-ci lui faisait un tel effet ? Au point de le faire oublier la recommandation de défragmentation de Jace, ça aurait pu faire un bon sujet sauvetage et l’empêcher de continuer à... Mater ? Les cicatrices, ou c’était forcément ça. Il avait raison, le blond. Vince était perturbé par le nombre de cicatrice... Pourtant, il ne les avait pas remarquées avant que leur propriétaire ne les mentionne. Et maintenant il ne pouvait plus rien regarder d’autre. Elles l’hypnotisaient. Il ne sentit même pas le légionnaire lui prendre la main pour les toucher. Par contre, le contact des cicatrices, il en fut pleinement conscient. Sans y faire attention, il les parcourut délicatement du bout des doigts... de peur de le blesser. Car il ne fallait pas oublier que c’étaient des blessures. Que quelqu’un avait essayé de blesser ce corps... voire de le tuer. Soudain, le nœud qui habitait l’estomac du barman prit une texture différente... de la tristesse. Vincent leva les yeux pour les plonger dans ceux de Jace. Il oublia son corps, la caresse du Super sur sa joue, il oublia même l’effet que le la vision du torse de celui-ci avait eu sur lui. Il était jeune... un peu plus que lui, sûrement. Et des gens avaient déjà essayé de lui faire du mal. Vincent n’ignorait pas ce qui se passait dans le monde. La violence, les accidents, les morts... le mal. Mais il n’en n’avait jamais été le témoin. Sauf pour son terrible incendie bien sûr. Lisa... Bobby... des gens biens, des amis même. Et ils avaient souffert à cause... eh bien il ne savait toujours pas à cause de quoi exactement. Jace était un mec bien, ça sautait aux yeux. Qu’il ait subi tout ce qu’il avait apparemment subi... Cette pensée raviva le sentiment d’injustice qu’il avait ressenti alors qu’il s’était retrouvé piégé par les flammes. Mais en même temps, ses pensées étaient envahies d’idées, images, sensations et émotions diverses, fortes et contradictoires. Colère, peur, tristesse, compassion, frustration, empathie, désir, chaleur... besoin de chaleur, besoin de... d’exploser. Il dut fermer les yeux.

    – Lâche-moi. déclara-t-il avec une voix tendue. S’il te plaît. ajouta-t-il pour ne pas blesser Jace.

    Lorsqu’il sentit son visage libéré, l’étudiant rouvrit les yeux et ceux-ci étaient flamboyants, semblables à deux brasiers. Lentement, des flammes s’élevèrent de ses vêtements et ceux-ci ne tardèrent pas à se consumer entièrement. La torche humaine baissa la tête en refermant les yeux, son visage était déformé par l’effort de concentration. Un effort aussi bien physique que mental. Mais c’était peine perdu. Il ne pouvait plus s’arrêter. L’effort se changea en douleur et il ne put s’empêcher de gémir. Les flammes qui lui léchaient le corps finirent par s’estomper pour ne laisser derrière elles qu’une peau grise... faite de cendres. La sculpture grisâtre resta debout immobile pendant une bonne seconde avant de commencer à s’effriter et à laisser derrière elle un nuage de fumée cendrée : le corps de Vincent, flottant dans sa chambre.

    Il n’aimait pas cette transformation. Elle était contre nature. Autant ses autres pouvoirs, il pouvait plus ou moins s’y faire. Mais celui-là... il lui donnait ordinairement l’impression de ne plus être humain. C’était pour cette raison qu’il n’avait pas cherché à s’entraîner. Ne plus pouvoir respirer, lever le bras... toucher ou même parler... être une simple conscience désincarnée flottant dans les airs ou restant en tas sur le sol... Ce n’était pas un truc qu’il appréciait. Pourtant, cette fois-ci, Vince se sentait léger. Et pour cause il flottait. Le monde était complètement différent, il pouvait facilement voir sa chambre, son sol, le plafond, Jace sans avoir à bouger la tête... normal, vu qu’il n’avait plus de tête. Et ses sensations, ses sentiments... ils étaient toujours là mais différents, distordus, c’était... étrange mais pas forcément désagréable... au contraire. D’un point de vue externe, pour Jace, Vincent devait ressembler à un nuage gris qui restait sur place. Pas bien captivant, mais bon, il allait devoir attendre un petit peu parce que le pyromane ne savait pas encore très bien comment inverser ce pouvoir... Vince pour sa part explorait pour la première fois les avantages de cette forme, notamment en termes de façon de voir... et de ressentir. C’est dingue le recul qu’on arrive à avoir lorsqu’on n’était plus que des cendres...

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 19:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Jace n’avait peut-être pas une expérience monumentale de la drague — un exercice tout de même assez nouveau pour lui — mais il était sûr à quatre-vingt-dix pour cent que les gens n’étaient pas censés avoir l’air aussi triste quand tout se passait bien. Les doigts de Vincent couraient sur sa peau, et si c’était exactement ce qu’il avait souhaité, l’expression pensive et mélancolique du jeune homme n’annonçait rien de bon. Jace sentit son estomac se nouer et quand Vincent reprit la parole, il baissa aussitôt la main, recula d’un pays et examina ses pieds avec l’air coupable. Il avait du mal comprendre le regard de Vincent, c’était sans doute, il avait confondu l’intérêt charnel avec, euh… quelque chose d’autre… et puis voilà.

Puis son ami se transforma en cendres.
Soit.

Voilà qui était difficile à interpréter. Jace avait relevé les yeux, son regard était passé du tas de cendre à la fumée et il se demandait à présent si c’était un compliment sur son sex appeal ou une forme particulièrement radical de râteau.

— Euh…

Le blond se gratta la nuque. Les cendres, ça ne parlait pas. Les fantômes de fumée, un peu plus, peut-être, mais lui, quand il se transformait en tornade d’éclairs, il n’était pas d’attaque pour une conversation. Il ne savait même pas si Vincent l’entendait.

— J’suis désolé ?

Est-ce qu’il était censé mimer ça ? Comment est-ce qu’on mimait ça ? Le Légionnaire marmonna, plus pour lui-même que pour son hôte cendreux et fantomatique.

— J’sais même si t’entends c’que j’dis.

Les formes élémentaires avaient rarement les mêmes propriétés. Il avait vu des hydrokinésistes arriver à se sculpter des visages quasi humains alors qu’ils étaient entièrement transformés en eau, tandis que lui-même ne pouvait maintenir sa forme élémentaire que quelques secondes — des secondes amplement suffisantes pour se transporter à l’autre bout de la ville grâce au système électrique ou pour abattre un adversaire coriace, mais des secondes de profonde inhumanité.

— Moi, j’fais ça.

Jace se recula d’un pas, puis de deux, regarda tout autour de lui, s’assura qu’il n’allait pas ruiner au passage un lecteur MP3, un téléphone ou une lampe de chevet. Puis il se métamorphosa. Le processus avait quelque similarité avec celui de Vincent : le corps du blond se recouvrait brusquement d’étincelles, qui tourbillonnaient tout autour de lui, si vite qu’il devenait impossible à distinguer, jusqu’à ce que l’on comprît qu’il n’y avait rien à distinguer et qu’il était devenu lui-même une complexe et violente structure électrique.

Trois secondes plus tard, Jace avait repris sa forme humaine.

— T’es pas tout seul, tu vois.

Il lâcha soupir. Peut-être qu’il voyait, peut-être pas. Peut-être qu’il entendait, peut-être pas. Décidé à mettre toutes les chances de son côté, l’adolescent désigna l’écran de l’ordinateur de l’index — et l’écran de l’ordinateur s’alluma, suivit du son caractéristique des ventilateurs qui se mettaient en route. Le démarrage n’alla pas plus loin que le DOS cependant et celui-ci céda la place à un écran entièrement noir, avec son petit curseur blanc.

Les mots se formèrent d’eux-mêmes sur l’écran, semblait-il.

Citation :
_Je disais : t’es pas tout seul.
_Je suis désolé. Je ne voulais pas t’embarrasser.
_ Ou te rendre triste.
_ J’ai préjugé de ton intérêt. L’autre jour, l’une des mes coéquipières…

Le dernier mot s’effaça.

Citation :
_ anciennes coéquipières m’a dit que j’étais vaniteux. Enfin, de façon plus… fleurie que ça. Imbu de moi-même. Peut-être qu’elle n’avait pas tort.
_Pas complètement en tout cas.
_Je pensais qu’il y avait quelque chose, mais j’ai dû projeter mes désirs.
_Je fais ça parfois.
_J’espère que tu ne m’en veux pas trop.

Quelques mots s’affichèrent à toute vitesse, furent aussitôt effacés, d’autres écrits encore, mais tout allait trop vite pour qu’on eût le temps de les lire. La honte avait de nouveau envahi Jace et son esprit connecté à l’ordinateur essayait de dire trop de choses à la fois. Le bruit des ventilateurs se faisait un peu plus fort, alors que le mutant mettait la machine à rude épreuve, puis Jace prit une profonde inspiration et l’écran s’éteignit.

Il ne savait pas ce qu’il était censé faire. Partir comme un voleur était une solution des plus tentantes et des plus lâches — la lâcheté ne faisait pas partie de ses défauts, comme n’en témoignaient que trop ses nombreux cicatrices. Alors avec un nouveau soupir, il partit s’asseoir sur le lit, sans se rhabiller plus, oubliant qu’il n’avait plus que le bas de sa combinaison et que toute cette histoire aurait dû se résumer à enfiler une chemise. Se calant contre un coussin, la tête posée contre le mur, Jace fixait en silence la forme brumeuse dans la chambre, en méditant sa propre maladresse.

Décidément, il n’était bon que pour récolter les cicatrices et jouer les héros. Une larme roula sur sa joue. Jace cligna rapidement des paupières, pour contenir les autres. Un super-héros, ça ne pleure pas de sa propre futilité, pas vrai ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 20:10 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    De sa forme hautement expressive et utile, Vincent observa le comportement de Jace. Celui-ci essayait manifestement d’établir une communication, croyant que le garçon en cendres n’était pas capable de comprendre ce qu’il lui disait. Or Vincent voyait très bien, lisait très bien. Or il entendait très bien également, même s’il avait l’impression que les sons étaient un peu étouffés, comme lorsqu’on entend quelque chose alors qu’on a la tête sous l’eau. Mais bon, la comparaison n’était peut-être pas la plus adaptée en l’occurrence. Le spectacle que le jeune légionnaire lui offrit le bombarda de nouvelles rafales d’émotions. L’émerveillement d’abord, lorsque Vincent le vit se changer en électricité pure. La beauté des mouvements de cette énergie, ses couleurs... Toute la beauté d’un orage concentrée dans un corps. C’était magnifique. Mais l’admiration laissa place à une nouvelle vague de tristesse lorsqu’il lut les messages que le mutant lui laissait.

    Jace s’en voulait. De quoi ? Allez savoir mais il s’en voulait. Vincent ne comprenait pas. Le blond n’avait rien fait. Ok il lui avait touché la joue mais ça n’était pas un crime, c’était même... adorable. Surtout que Vince était incroyablement en manque de contact chaleureux en ce moment alors comment aurait-il pu s’offenser d’une telle marque d’affection. Parce qu’elle pouvait impliquer d’autres choses auxquelles il n’était pas prêt ? Et d’un : c’est subjectif. Et de deux : on s’en fout non ? De là où il était, sur son petit nuage de cendre, Vincent ne voyait plus les choses de la même façon. Il relativisait. Prenait du recul. Ca le rendait malade que Jace s’excuse pour rien alors que c’était lui qui avait déconné... avec ses pouvoirs, ses émotions. Jace jouait franc jeu lui. Il savait ce qu’il était et ne le cachait pas. Et là il se mettait dans cet état juste à cause d’un péquenaud qui n’avait rien compris à la vie... Et qui n’y comprenait sans doute toujours pas. Une chose était sûr, il ne voulait pas que le blond se prenne la tête... ou même souffre. Car il avait l’air de souffrir là. Vincent voulait crier. Prendre Jace dans les bras et le secouer. Faire quelque chose. Mais il ne pouvait pas. Ce n’était qu’un corps de cendres suspendu dans les airs. Mais plus pour longtemps. Vincent se concentra, il réunit toutes les forces qui lui restaient afin de bouger, reprendre forme. Lentement, le nuage qu’il était s’approcha de son lit. Les cendres s’agitèrent, tel un essaim d’abeilles. L’étudiant se concentra encore. Sur son corps. Sur ses émotions. Il essaya de s’en servir pour se redonner forme humaine. Un-deux-trois. Un-deux-trois. Se rappeler de son cœur, des pulsations. Du sang qui coulait dans ses veines. De son corps épuisé qu’il avait laissé s’assoupir dans le taxi que Louis lui avait appelé. De ces verres qu’il avait prit en compagnie d’Anna. Du contacte de celle-ci. Des cicatrices de Jace. Soudain, le nuage de cendres expulsa un Vincent qui tomba lourdement sur son lit.

    Vautré sur le ventre. Nu. La tête face contre matelas, juste à côté de Jace. La respiration lourde. On pouvait le voir et l’entendre essayer de retrouver son souffle comme s’il venait de courir le marathon de Star City. C’était en tout cas l’impression qu’il avait. Son corps était encore engourdi et il n’arrivait toujours pas à rependre une respiration normal, il aurait pu tout aussi bien avoir gardé la tête sous l’eau pendant dix minutes, ça aurait été pareil. Bon ok pire... n’exagérons rien. Malgré tout, Vincent fit de son mieux pour lever la tête et planter son regard dans celui de Jace. Toujours en ce battant avec ses poumons, il parvint à s’exprimer :

    – Pas... ta faute... Arrête.

    L’air revenait mais son corps ne semblait pas l’avoir encore compris. Avec des gestes un peu brouillon, il se redressa et essaya de s’avancer, non sans s’emparer d’un drap au passage. Il ne voulait pas que sa nudité embarrasse Jace plus que de raison. Finalement, il arriva à se redresser et à se tenir à côté de son ami contre le mur, le drap recouvrant son intimité. Il prit encore quelques secondes pour laisser à son cœur le temps de se remettre. Puis se tourna vers Jace. Aïe. C’était pire que ce qu’il pensait. Les yeux de Jace faillirent le rendre encore plus triste qu’il ne l’avait été juste avant de se transformer en poussière de Nash. D’un air contrarié, il leva la main et la posa sur la joue du blond. Il resta ainsi un instant, son torse continuait à se soulever péniblement sur le rythme de sa respiration, puis il déclara d’une voix sérieuse.

    – J’t’ai pas prévenu... mais il est interdit de faire cette tête là ici... Surtout quand c’est moi qui pète un plomb... ajouta-t-il avec un sourire juste avant de poser son front contre celui du mutant. Une étape intermédiaire qui fut suivi d’un nouveau mouvement, celui du visage de Vincent qui se rapprochait encore de celui de Jace jusqu’à l’embrasser aussi tendrement qu’il lui était possible de le faire.

    Parce qu’il en avait envie.


Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 20:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Un nuage de cendres se dirigea vers lui. Quelque part au fond de lui, une sorte d’instinct primitif, celui sans doute de ses ancêtres babouins qui avaient un jour vécu sur le flanc d’un volcan, lui souffla de prendre ses jambes à son cou, mais Jace domina ses utiles intuitions de l’évolution pour tenter de comprendre si, par hasard, le nuage de cendres n’essayait pas de communiquer, un peu comme des signaux de fumée. L’opération ne fut pas très probante, mais fort heureusement pour lui, ce fut un Vincent très concret qui échoua sur le lit.

Jace ne put retenir un sursaut : il ne s’attendait déjà plus à ce que Vincent lui tombât dans les draps, alors c’était inespéré. L’adolescent avait déjà ouvert la bouche pour demander si ça allait, avant de se souvenir que la personne la mieux placée pour répondre à cette question, c’était encore lui. Parfois, dans la panique, il en oubliait le plus récent de ses pouvoirs. Les yeux du somapathe parcoururent le corps de Vincent et, pendant ces premières secondes, la nudité de son ami fut un détail parfaitement négligeable — ce n’était pas ça qu’il regardait, mais ses fonctions vitales.

Une fois un peu rassuré, malgré la respiration laborieuse de l’étudiant, Jace put brièvement admirer la courbe de ses fesses, descendre le long de ses jambes et lui trouver de charmants talons, jusqu’à ce que la voix familière désormais mais un peu rauque fît remonter son regard. Courtoisement, quand Vincent se retourna, Jace observa le plafond, non sans se tortiller pour permettre au drap de passer sous lui et de remplir son triste office. Une fois la pudeur à peu près préservée, il tourna de nouveau les yeux vers Vincent, prêt à formuler de nouvelles excuses.

On lui coupa l’herbe sous les pieds et là, sur le nid de la famille de gorilles, ses lèvres vinrent chercher un baiser. Passer la première seconde, l’une de ses mains se glissa sur la nuque de Vincent, mais il n’osa pas approfondir le baiser — il le soupçonnait d’être le premier que son ami offrait à un autre homme et il était bien placé pour mesurer l’ampleur du courage que ce geste exigeait. Ce fut donc sans se départir d’une sage tendresse que leurs lèvres se séparèrent, laissant celles de Jace adopter un sourire que l’adolescent espérait n’être pas trop idiot.

— Ça veut dire que tu m’en veux pas trop d’avoir failli faire fondre tes processeurs, alors… C’est cool.

Un rire un peu nerveux, un peu joyeux et très léger accompagna cette déclaration. Jace se sentait empli de cette insouciance que les baisers lui offraient toujours, parce qu’ils le tiraient de son monde de stratégies et de données, de réflexions et de devoirs, pour le ramener aux douceurs chaudes et familières des affections humaines.

— Allonge-toi, faut que tu te reposes un peu.

Posant d’autorité une main sur l’épaule de Vincent, Jace, qui avait définitivement retrouvé ses instincts protecteurs et tendrement dominateurs, l’incita à s’allonger dans le lit, avant de se glisser glisser aussi sous le drap.

— À toi, du yoga, ça ferait peut-être pas de mal, en fait.

Lui qui avait tant peiné à mener la conversation avec un naturel dégagé retrouvait l’aisance enthousiaste qui lui était ordinaire, quand il n’était pas embarrassé de sentiments trop ambigus. Allongé sur le côté, redressé sur un coude, il posa sa main libre sur le ventre de Vincent.

— Inspire. À fonds. Retiens ton souffle une seconde. Expire. Avec le ventre. T’sais, faut que tes abdos se contractent quand tu expires.

C’était assez basique, mais la respiration paraissait être le principal problème de Vincent au sortir de sa métamorphose. Jace ne songea même pas d’abord à se lancer dans un débriefing du baiser, tant les rapprochements physiques avaient la vertu de transformer pour lui une relation compliquée en proximité naturelle, sans qu’il éprouvât le besoin de l’analyser, de l’étiqueter et de la décrire. Ce qui avait suscité la tristesse de Vincent lorsqu’il l’avait touché d’abord continuait à l’intriguer, mais il n’avait aucune envie de remettre le sujet sur la table et de risquer une nouvelle transformation.

Sa main remonta du ventre au torse en une caresse lente, parce qu’il avait le temps de découvrir ce qu’il n’avait pu jusque là observer qu’à la dérobée. Ses yeux d’ailleurs accompagnaient, cette fois-ci ostensiblement, le cheminement de sa paume, jusqu’à rejoindre ceux de Vincent. Avec un sourire amusé, Jace glissa :

— À la base, j’étais censé mettre des vêtements et tout, mais là, ce serait pas du jeu.

Un peu plus sérieusement, il reprit :

— Cela dit, on peut. S’habiller, j’veux dire. J’espère qu’tu sais que… Je sais pas. Y a pas de pression. Ou de cahier de charges. Ou… Tu vois. Genre, on peut s’habiller, aller discuter dans lel salon, ou regarder la télé, ou n’importe. Ou, si t’es crevé, on peut aussi dormir.

Jace se souvint que Vincent avait des colocataires. Peut-être que celui-ci ne serait pas ravi de les voir découvrir qu’un autre homme avait passé la nuit avec lui. Avec une pointe d’appréhension, il précisa ainsi :

— Ça dépend à quelle heure tu veux qu’je parte, aussi…
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 22:43 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
    Pas de questionnements, pas de prise de tête, pas de remise en question, pas de doutes de dernière minute, Vincent se contentait d’embrasser Jace... et de laisser le plaisir qui en découlait envahir son être, comme il laissait la main rassurante du garçon qu’il embrassait lui caresser la nuque. Un garçon... il embrassait un garçon... étrangement cette idée n’avait plus les arrières goûts acide qu’elle avait pu avoir par le passé. Cette idée aujourd’hui se contentait de lui donner l’impression d’embrasser pour la première fois. Ce n’était pas le cas évidemment, mais la nouveauté dont il était conscient lui donnait une perception particulière. Electrique.

    L’échange prit fin et Vincent rouvrit les yeux qui lui offrirent la vision d’un Thunder particulièrement rayonnant. Il était impossible de ne pas répondre avec une expression identique, et même un rire. Non il n’en voulait pas du tout à Jace. Les sens auxquels il avait eut accès sous sa forme de cendres lui avaient apparemment épargné les protestations de l’antiquité technologique qui trônait sur son bureau. Quand bien même, cela n’avait pas la moindre espèce d’importance. Obéir aux recommandations de l’expert en matière de transformations élémentaires semblait plus urgent.

    – Oui, Alpha Leader.

    Il ne pouvait pas refuser de tels conseils, surtout que le baiser n’avait pas vraiment aidé sa respiration à retrouver son rythme. Docilement, il s’essaya aux exercices demandé. Inspirant profondément et insistant sur ses contractions abdominales. Par contre, il n’était pas sûr que la main de Jace l’aide vraiment. Déjà il était un peu chatouilleux, et en plus... en plus sa main éveiller des pulsions que Vincent ne pouvait plus ignorer. Cependant, il résista... sans doute parce que son corps le lui exigeait. Petit à petit, sa respiration revint à la normale, même si elle restait un peu perturbée par le fait de se savoir nu à côté d’un garçon qu’il avait envie d’embrasser de nouveau. Mais qui apparemment ne penser qu’à se rhabiller... et qui pensait déjà à repartir. Le pyromane leva un bras et le plia afin de glisser la main sous sa tête. Il observait le plafond de sa chambre. Plein de défauts, mais propre et à même d’accomplir sa fonction de plafond. Un plafond quoi. Il ferma les yeux et prit une nouvelle inspiration, qui n’avait rien à voir avec ses difficultés respiratoires cette fois. Il ne voulait pas que Jace parte. Maintenant plus que jamais, il ne souhaitait pas rester seul dans cet appartement... aussi artistique était-il. Mais il savait qu’il ne pouvait rien exiger de tel.

    – Eh bien... ça... ça dépend de quand tu voudras... il hésita un peu, conscient que cette phrase pouvait sous entendre une multitude de choses. ou quand tu devras partir... ‘paraît que t’es plutôt important.

    Carrément même. Mais il préférait ne pas trop y penser pour l’instant. Déjà qu’il lui suffisait de baisser les yeux sur les cicatrices de Jace pour voir certaines des conséquences de ses fonctions héroïques. Il n’avait pas envie de repenser à ça...

    – A ce sujet... vu que tu as une vie dix fois plus remplie que la mienne, j’pense que c’est plus juste de te laisser décider. Je m’en voudrais de gâcher ton temps libre. Après... j’t’avoue que je suis pas forcément au top là...

    Et il n’y avait pas besoin d’être un génie pour le comprendre. Cependant, le jeune homme n’était pas non plus KO au point de sombrer dans le sommeil à la première occasion. Si son corps était relativement épuisé, son esprit lui était un ne peut plus réveillé. Et il s’amusait d’ailleurs à le tourmenter d’images et d’idées toutes liées au corps masculin qui se trouvait à ses côtés, son lit et toutes les possibilités que cette équation pouvait offrir, avec les interrogations, les craintes et peut-être aussi l’excitation qui allaient avec. Mais il ne savait pas s’il avait vraiment envie de concrétiser toutes ses pensées, s’il était prêt. Et encore moins ce que Jace en pensait. En tout cas il ne voulait pas le brusquer, surtout avec quelque chose qui lui donnait autant le tournis et qu’il préférait éviter de cogiter. Seulement une telle méthode, il en était question, pouvait comporter des risques. Or la dernière chose qu’il souhaitait était de blesser Jace. Le mutant avait apparemment eut son lot.

    – Alors, Alpha Leader ? Des envies particulières ?

    Une bonne façon de tâter le terrain.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 23:31 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Définitivement, Jace était convaincu que Vincent se sous-estimait. Plusieurs fois depuis leur première rencontre, quelques jours plus tôt, le pyromancien s’était décrit comme un campagnard peu capable de se fondre dans la grande métropole moderne qu’était Star City et ce soir-là, Jace l’avait maîtriser ses pouvoirs pour décorer des murs et surmonter des préjugés qui devaient être bien plus ancrés que ceux qu’il avait eus lui-même pour embrasser un autre garçon. Et désormais, Vincent parlait avec un naturel certain, peut-être avec une pointe de timidité, sans doute même, et cependant…

— Tu es…

Jace rosit légèrement et détourna le regard, en concluant avec un demi-sourire.

— Hmbref.

Cette belle déclaration à laquelle il ne manquait guère que quelques fleurs de rhétorique plus tard, Jace répéta :

— … des envies particulières… ?

Lui savait très bien ce que l’on pouvait faire avec un garçon dans un lit, désormais. Et toutes les possibilités fleurissaient dans son esprit. Pourtant, il n’avait aucune envie ni d’épuiser Vincent, ni de lui faire brûler des étapes. Comme souvent, son intérêt physique était inextricablement mêlé à une tendresse beaucoup plus sentimental et la perspective d’une douceur partagée était tout aussi séduisante, en son espèce particulière, que celle d’une jouissance plus concrète.

— D’une, me débarrasser du reste de la combinaison, sans quoi, ton lit s’ra plein de poils de chat, et déjà que ta chambre est un vrai foutoir…

Il lui adressa un clin d’œil avant de s’extirper des draps pour se relever. Un an plus tôt, six mois plus tôt, il aurait été embarrassé par la situation. Complexe typiquement masculin obligeait — avec lequel il avait fait la paix désormais. La maturité d’esprit précoce avait au moins quelques avantages. L’adolescent dénuda ses pieds et croisa le regard de Vincent. Rapidement, ses doigts défirent les fermetures du reste de la combinaison et le pantalon glissa au sol. Dans un boxer qui ne cachait pas grand-chose de l’enthousiasme sincère qu’éveillait en lui la situation, Jace revint se réfugier sous les draps.

— Voilà voilà.



Donc, de toute évidence, je te trouve très beau.


Jace laissa à nouveau son rire résonner. Ça s’était vu.

— Viens.

Il venait de glisser un bras sous la nuque de Vincent et il le renferma pour l’inciter à rouler contre lui, avant de renfermer son étreinte, en le laissant poser la tête sur son torse.

— Maintenant, écoute moi bien. 1. J’ai envie de rester avec toi. 2. J’attendrai sans problème que tu te sentes au top pour… Faire ce que tu auras envie de faire. 3. Demain, c’est dimanche, je travaille pas.

Un temps.

— Enfin, en théorie. Et je suis pas le seul Légionnaire de la ville. Alors franchement, je vois pas pourquoi je resterai pas avec toi cette nuit, s’il y a de la place. Et puis surtout, je vois pas comment tu pourrais gâcher mon temps libre.

À moins que Vincent ne considérât que le seul emploi judicieux de son temps libre qu’il pût faire avec un footballeur du Kansas était une partie de jambes en l’air. Cette hypothèse traversa l’esprit de Jace et l’adolescent sentit la nécessité d’une petite clarification.

— Puis, tu sais, c’était p’têt pas évident et tout, mais c’est pas juste que je te trouve, euh, comment dire…

Contremurable lui paraissait un excellent adjectif, mais un peu de diplomatie était de rigueur.

— Très séduisant. J’aurais déjà passer une super soirée à bavarder avec toi. Là, c’t’encore mieux, j’veux dire, mais t’es vachement sympa, et… gentil. T’sais, gentil bien, pas genre, gentil ennuyeux. Et puis aussi, je sais pas, une sorte de… Force de caractère. Je saurais pas décrire. Bref, stresse pas par rapport au côté… disons physique et tout des opérations. Là, tu t’reposes, j’vais pas m’envoler.

Cela dit, il n’était pas entièrement interdit d’en profiter (pas vrai ?), alors la main de Jace quitta l’épaule de Vincent pour s’aventurer dans le dos du jeune homme, un peu plus bas.

— Alors, hm…

Bavarder, donc.

— Il te plait, du coup, cet appart, ou c’est genre la solution temporaire en attendant de trouver un truc bien à toi ? Parce que les collocs’, je sais pas, ça a pas l’air facile. Je suis pas du genre asociable, mais partager comme ça des espaces en permanence, j’crois qu’à la longue, ça me saoulerait un peu. Et ça saoulerait les autres, surtout.

Parce que les horaires de Jace n’étaient pas un exemple de régularité.

— Mais j’imagine que c’est sympa d’avoir toujours des gens. ‘Fin, si jamais, j’ai toujours ma liste d’apparts. Doit y en avoir pas mal de pris déjà, mais il en reste sans doute d’autres de libres. ‘Videmment, tout l’monde va pas t’laisser redécorer les murs, mais bon…

La main de Jace s’était arrêtée sur la hanche de Vincent.

— Et tu les connais comment, les gens, là ? Holly et Jason, c’est ça ? Vous faites les mêmes études, ou bien… ?

La main était remontée jusqu’à la taille, et finalement Jace se dégagea un peu de Vincent, pour se tourner vers lui sur le côté, et pouvoir poser sa seconde main sur son torse — l’adolescent était tout aussi curieux de découvrir les détails de la vie de son ami que ceux de son corps, et alors qu’il se rapprochait un peu plus de lui, il était tout à fait clair que la conversation n’ôtait rien à la part la plus physique de son attention.
Revenir en haut Aller en bas



A Song of Electroparticales and Fire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant


Sujets similaires

-
» Naufrages..... Est-ce le destin ? ( Pv Illumina)
» Shaé Mary Antonelli ▬ A song of Ice and Fire
» Song of Ice and Fire [TOP]
» Marlene • A song of ice and fire
» Top Partenaire : A Song of Ice and Fire RPG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-