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Entretien avec une vampire

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Message posté : Ven 17 Oct 2014 - 17:45 Message
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" Non, mon pote. Essayes même pas. "

Nous sommes le 17 Octobre. La nuit est tombée. Nous sommes à l'heure à laquelle commence, en général, la beuverie étudiante, et au comptoir, deux garçons discutent. Cette nuit, c'est clair, ils vont réussir à serrer. C'est un objectif, une sorte de promesse. Un pacte qu'ils ont passé, entre eux, entre leur amour-propre et leur esprit.
De vrais bons étudiants, un peu aventureux, des idées plein la tête. C'est un peu pour cela qu'ils ont choisi l'Eclipse. Un établissement pour gothiques, pour individus en quête d'atmosphère délicieusement industrielle, punk et délicieusement décadente. Un endroit que les aventuriers du dimanche affectionnent, car il semble vivre à la hauteur de sa réputation : la lumière est diaphane, oscillant dans des spectres pourpres, mauves et s'aventurant même parfois dans les spectres verts. Aux murs, des affiches et des posters frôlant décidément le cliché, puisqu'on aperçoit des icônes volontairement dénudées, ou dans des positions extrêmement suggestives et lascives, ou bien encore des caricatures à vocation dérangeante, comme cette grande fresque représentant l'ancien Président, sous les traits d'un vampire, plongeant ses crocs dans le coup d'une Statue de la Liberté affolée.
Ici, tout les habitués ont un profil qui attire immédiatement l'attention, car il est facilement reconnaissable : ils viennent pour assouvir ce curieux fantasme qui est celui de se sentir quelqu'un d'autre, de se sentir différent, important, mystérieux ... effrayant. Ici, pour les habitués, le cuir n'est pas une denrée rare, de même que les tenues parfaitement surannées sorties des fantasmes steampunk et victoriens les plus humides. Les curiosités comme les masques à gaz ou les accoutrements que l'on ne trouveraient que dans des vitrines de magasins pour fétichistes sadomasochistes deviennent ici un accessoire distingué, et la folie du maquillage atteint ici ses derniers retranchements, alors que l'on peut même remarquer sans explorer bien loin des amateurs de la mouvance cybergoth trouvant dans chaque soirée une nouvelle occasion d'exhiber des combinaisons de vêtements que l'on aurait partout ailleurs observer avec un oeil choqué tant elles auraient paru vulgaires et improbables : couleurs criardes, chutes de cuir et de latex coloré dans les cheveux, lumières chimiques perdues dans les mèches ...

Sur la piste de danse, c'est une véritable ménagerie qui s'anime, où les cheveux colorés, sinon fluorescents, se mêlent à des rescapés d'un apocalypse millénariste à venir. Cultistes satanistes couverts de tatouages, démons amérindiens à dreadlocks, amateurs de vaudous et vampires clinquants aux longs manteaux se déhanchent au son brutal et sauvage de la musique industrielle. Les moins pudiques trouvent même des barres de pole-danceIci, la norme est à trouver du côté de Rob Zombie, Marylin Manson, Korn, Static-X, Soulfly ou encore les Rois en Jaune - qui ne manquent pas de se produire dans cette antre où leurs fans sont indénombrables -, pour les plus connaisseurs, qui n'auraient pas les tympans déjà brisés par des basses faisant volontairement trembler les murs. A l'occasion, on peut même se mettre à entendre des mélopées plus récentes, plus électroniques, mais jamais réellement moins agressives, car le public ici sait ce qu'il veut.

Du côté des comptoirs, évidemment, on ne peut vraiment non plus se tromper sur le style qui règne dans cette institution, car le personnel est trié sur le volet : les barmans ont pour la plupart un physique n'inspirant pas la moindre confiance, et souvent un comportement particulièrement dérangeant auprès des clients aventuriers et occasionnels. Les barmaids et les serveuses ont un physique particulièrement racoleur et des tenues gothiques particulièrement révélatrices. C'est une étiquette très précise, car ces clients d'un soir savent eux aussi pourquoi ils sont venus : les rumeurs de sectes satanistes, de vampires ou de démons utilisant le bar comme centre de réunion, couplé à sa façade d'apparente église dont l'intérieur a vu son plafond devenir une véritable œuvre d'art subversive à la gloire d'une curieuse parodie de Chapelle Sixtine telle que Satan aurait pu l'imaginer, assuraient une fréquentation de curieux aidant à dégager de très confortables profits ...

La réalité ? Personne n'y croyait vraiment, en général, mais tout ces clients d'un soir se laissaient aller à leurs fantasmes les plus fous, car après tout, où aurait pu-t-on trouver ailleurs des créatures de la nuit que dans cette institution résolument branchée ? Il était de notoriété publique que ces choses adoraient être le centre de l'attention. Elles adoraient que leurs victimes viennent à elle !
Après tout, c'était comme ça dans les films et les séries, non ?

" Oh, allez, va pas me dire que tu as peur ! " répondit le deuxième étudiant, avec le sourire entendu que seul pouvait vous conférer le courage tiré de plusieurs verres de liqueur, " C'est une gamine en robe avec un verre de jus de tomates ! "

" C'est une putain de vampire, je te dis ! " paniquait le premier, à voix basse, " On dirait qu'elle a même pas la vingtaine ! Comment elle serait entrée, la gamine, sinon ? "

Avec sa veste de costume bon marché recouvrant un T-Shirt portant le logo du groupe Albion, le deuxième se mit à ricaner,

" Attends, Andy, tu crois vraiment ces histoires ? " railla-t-il, avant de taper sur l'épaule du barman le plus proche, un espèce de biker au faciès fatigué parcouru de longues lézardes, reliquats probables de combats au couteau, " Hey, mec, la gamine là-bas, on est d'accord, c'est bien une gamine qui a grugé un Bloody Mary, hein ? "

Le barman, interrompu dans ses oeuvres avec un habitué - un autre biker d'allure aussi affable, avec un masque de cuir aux multiples fermetures-éclair sur les yeux et la bouche - ne se ménagea pas pour montrer à quel point cette interpellation lui avait déplu. Sa voix était rauque, et conduisait fortement la sensation qu'il serait prêt à égorger l'importun sur le comptoir si il continuait à se prendre pour ce qu'il n'était pas ...

" On a pas tendance à apprécier ceux qui se mettent à fouiller ici, mon pote, " rétorqua le barman, " Mais comme j'aime pas ta tronche, je vais te répondre ... "

Il plaça un regard particulièrement froid et terrifiant dans les yeux de chacun des deux étudiants. On put voir la glotte d'Andy parcourir un aller-retour particulièrement lent, tandis que ses mains tremblaient avec un certain inconfort. Le deuxième, lui, sourit de toutes ses dents, un peu niais, comme pour tenir la dragée haute à l'employé du lieu

" Cette "gamine", là-bas, porte bien des noms, dont une bonne partie que ta langue de mortel aurait du mal à prononcer sans écorcher. Elle n'a pas "grugé" de Bloody Mary ... "

" Tu vois Andy ? Une gamine ! Elle ne boit même pas d'alcool ! " l'interrompit le dandy mal fagoté, se tournant vers son ami en lui administrant un petit coup d'épaule entendu.

Le barman se mit à afficher un sourire carnassier, laissant apparaître deux canines légèrement trop pointues pour être d'origine naturelle. Une chose qu'Andy repéra immédiatement, et qu'il tenta de signaler à son ami en bégayant.

" C'est un verre d'AB négatif, un cru particulièrement raffiné, heureusement bien plus subtil que la piquette boutonneuse qui coule dans vos veines ... " reprit l'employé avec un ton amusé, alors que le plus effrayé des deux étudiants commençait à tourner de l'oeil.

" Ouais, pas mal, Dracula, et tu vas me dire qu'elle est vieille de deux siècles, et que c'est toi qui l'a transformé pendant la Guerre de Sécession ? " rétorqua l'étudiant sans peur, " On me l'a fait pas, à moi ! "

Le Barman plaça son torchon sur l'épaule de sa veste en jean, avant de lever un sourcil un rien surpris, tout autant qu'il était blasé. Sa voix transpirait maintenant la lassitude :

" Rien à voir, c'est la fille d'un voïvode de Transylvanie, elle a plus de neuf siècles, et elle pourrait te tuer rien qu'en te touchant. "

Il lui fit signe de la main, tout en hochant la tête en direction de la fille en noir, assise seule sur sa banquette. Elle retira sa cigarette d'entre ses lèvres pour aller la tapoter sur le cendrier, en esquissant ce qui semblait être un soupir. Andy, qui avait suivi la scène, hésitait réellement à s'enfuir en courant. Le deuxième, de moins en moins rassuré lui-même, tourna la tête, pour voir celle qui paraissait pourtant n'être rien d'autre qu'une adolescente intégralement couverte d'une robe issue des plus flamboyantes collections victoriennes, lui faire signe, négligemment, de sa main gantée de velours noir.

" Et maintenant, c'est ta chance, petit malin. " souffla le biker aux cheveux gras, " Tu peux toujours t'enfuir, ceci étant. Elle a des choses bien plus importantes à faire que de te courir après. Tu as la chance d'avoir un sang particulièrement peu ... désirable. "

" Ah ouais ... Ah ouais ?.. " bégaya le dandy, " A... Attends mon gars ... J'y ... J'y vais !.. Marre de ces conneries ! "

Et il emporta sa choppe en empoignant son ami jusqu'à la table de cette supposée vampire antédiluvienne, laissant le barman se passer une main dépitée sur le visage, avant de se retourner vers l'ami qu'il avait abandonné.

" C'est qu'il y va, ce con, en plus. " soupira-t-il en désignant les deux bonshommes négligemment du pouce, par-dessus son épaule, " Il a l'air particulièrement gratiné celui-là. "

" Je te parie cinquante balles qu'elle va pas pouvoir s'en débarrasser de celui-là. " se risqua l'ami à la cagoule de cuir,

" Moi je te dis qu'il va détaler dès qu'elle va se mettre à lui parler en roumain ... "

A la table, Anna sirotait son verre d'un air distrait, observant arriver vers elle deux nouveaux prétendants. Elle était une attraction curieuse, dans le bar, qui abritait également quelque mutants aux capacités dérangeantes que l'on pouvait confondre avec ceux, fantasmés, de réelles créatures de contes. C'était le cas de Bill, ce barman qu'elle connaissait plutôt bien, et qui ne pouvait se nourrir que de nourriture sanguinolente et crue, sinon de sang directement, depuis son adolescence. Un pouvoir qui tenait plus de la malédiction, puisqu'il limitait grandement son régime alimentaire. Il avait été condamné avec sursis pour cannibalisme, voilà plusieurs années, et avait trouvé dans ce repaire éclectique une nouvelle maison, où il pouvait réellement "se lâcher", et être lui-même, en allant jusqu'à se limer les dents, tout en pouvant se nourrir directement en cuisine à l'abri des regards indiscrets, et avec l'aimable complaisance du cuistot. C'était par lui qu'Anna pouvait entrer et se servir sans avoir l'âge minimum : entre mutants aux capacités "peu enviables", on se serrait les coudes, et on rigolait. C'était de là qu'était venu ce numéro de vampire médiévale, une occupation comme une autre, et une initiative qui aidait à maintenir la réputation nébuleuse de l'endroit...

" Attends, Andy. On me l'a fait pas, j'te dit ! " tenta l'intrépide étudiant, tentant de reprendre une contenance ...

" Ești român ? " fit-il, à Anna, qui adopta une allure curieuse.

" Tatăl meu a fost maghiar. " répondit-elle, en reposant son verre, " Acum, dacă ai putea sta aici și arată-mi gâtul. Să facem acest lucru repede, nu am toată noaptea. "

Elle tapota une place à côté d'elle, sur la banquette, tout en nettoyant ses dents avec une petite serviette de soie noire, avec une infinie délicatesse.

" Jason ... Qu... Qu'est-ce qu'elle dit ? " demanda Andy, au pantalon duquel commençait à se former une tâche sombre.

" Je ... Je sais pas ... Y'a une histoire avec ... avec son père ... je crois ... " déglutit le second, peu assuré, d'un coup, " ... et avec ma ... ma gorge ... Mais j'ai lu qu'un guide pour touriste quand ... quand j'étais en transit à Bucarest pour... pour aller à Istanbul. "

Anna soupira, avant de reprendre une bouffée de fumée, et de reprendre dans un anglais frappé d'un terrible cliché d'accent d'Europe de l'Est.

" Navrantes brebis que voilà ... Venez-vous vous présenter en offrande, ou dois-je me fatiguer à vous briser le cou pour recevoir mon dû ? "

Andy, soudainement le plus courageux, dans la fuite, tira sur la manche de son compagnon en murmurant avec une panique certaine dans la voix :

" Ex... Excusez-nous ... Mademoi ... Pardon, madame. Excusez-nous de vous avoir dérangé, madame ! On va ... "

Anna l'interrompit, en levant son bras dans un magistral revers dirigé vers l'entrée de l'établissement.

" Hors de ma vue, mortels. Vous ne méritez même pas que je vous tue. "

Les deux aventuriers se confondirent en excuses, avant de s'enfuir vers l'entrée sans demander leur dû, laissant leurs choppes sur la table d'Anna. Au comptoir, l'homme à la cagoule honorait son pari en tendant cinq billets de dix dollars à Bill le Barman, qui était hilare.
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Message posté : Ven 17 Oct 2014 - 23:35 Message
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    – T’es sure que c’est une bonne idée ce costume ? lui ne l’était pas du tout.
    – Mais ouiiiii ! Ne t’inquiète pas, tu vas faire un malheur ! Bouge pas... t’es sûr que tu veux pas de maquillage.
    – T’as du fire proof ?
    – Ok, on oublie le maquillage oh ça va être génial ! Pas vrai Jason ?
    – Grave ! Vince, ils vont t’adorer !
    – Youhou...

    Jason était en train de se doucher dans la minuscule salle de bain qu’ils occupaient tous les trois, donc Jason, le locataire de ce magnifique appartement/studio/chantier, Holly, sa petite amie ou la fille sur laquelle Vincent flashait depuis plusieurs mois, et Vincent, lui-même, nouveau colocataire de ce charmant Jason. Le jeune Nash savait qu’il ne devait pas haïr Jason, il ne devait pas. Ce mec était un collègue adorable au bar, toujours drôle, toujours prêt à vous donner une astuce pour gérer les clients lourds. Jason était bien foutu... non ça, ça ne devait pas faire partie de la liste, oust, on oublie ! Et on évite de trop le regarder se doucher dans le miroir ! Jason l’avait pris en colocataire sur le pied levé. Une impulsion (idée de génie) de Holly qui faisait tout pour aider Vincent depuis que celui-ci s’était découvert des pouvoirs lors d’un incendie qui avait ravagé son précédent logement. Elle était là, fidèle au poste alors que bien des gens lui avaient tourné le dos. Elle était là presque tous les soirs, fidèle au poste dans le lit grinçant de Jason. Fidèle au poste lorsque Vincent a déclaré vouloir aller en boîte pour se vider l’esprit. Toujours fidèle au poste lorsqu’elle lui a demandé où il voulait aller et qu’il lui répondit : n’importe, un endroit nouveau. Quelle bonne idée.

    Il avait fait quelques recherches sur l’Eclipse. Il n’était pas allé plus loin que les premières photos. Le jeune étudiant était désormais persuadé d’avoir fait le mauvais choix. Tout ça n’aurait rien de reposant et risquerait de balayer les précieuses aides offertes par Louis et Jace... non en fait c’était un peu à cause d’eux qu’il voulait se vider la tête, donc autant ne pas penser à eux. Et puis, Holly avait l’air beaucoup trop heureuse. Elle avait beau rester enthousiaste en permanence depuis son réveil, il voyait bien qu’elle ne s’était pas amusée ainsi depuis le soir de son funeste anniversaire. Il la laissa donc le coiffer. Pour sa part, la jeune femme s’en tenait à sa nuisette blanche en dentelle apposé sur du maquillage corporel qui ne manquerait pas de luire avec l’éclairage adéquat. Jason lui se cantonnerait au rôle de vampire des temps modernes, d’après Holly, il avait le teint, les cheveux et le look qui allaient avec. Pas question donc de briser cette image. Vincent se sentait un peu original entre ces deux là. Il n’avait pas l’habitude d’être l’original. Il avait encore moins l’habitude d’être en pareille compagnie. Il ne voyait jamais Holly sans Eve et Gareth, quant à Jason, à part au boulot... Le boulot tiens... n’en parlons pas justement, il s’agissait toujours d’une étape en cours de négociations...

    ...

    Devant l’entrée de l’Eclipse

    – Holly chérie... je t’adore mais... tu te fiches de moi ? de la part de celui qui semblait être le grand frère à problèmes du monstre de Frankenstein, une telle question demandait tout le sérieux possible.
    – Pas du tout !

    La gaieté de Holly contrastait beaucoup trop avec le ton du videur. Ce dernier ne lâchait pas Vincent des yeux, l’examinant avec un regard qui frisait le rayon X.

    – Allez, Kenny, regarde-le, c’est une œuvre d’art à l’état pur, une satyre vivante.

    Vincent n’était pas certain d’apprécier cette description, il n’était pas non plus certain d’avoir vraiment envie d’entrer dans cette boîte, encore moins lorsqu’il vit deux mecs en sortir et que l’un d’eux donnait vraiment l’impression de s’être pissé dessus. D’un autre côté, quitte à s’être fait habillé de la sorte, autant jouer le jeu jusqu’au bout et entrer. Chaussures impeccables, pantalon aux ourlets géométrique, chemise noire simple... si on oublie le col de prêtre blanc que l’on apercevait distinctement ainsi que le chapelet qu’il portait autours du coup. Ajoutez à cela la coiffure impeccable de Vincent, avec la raie soigneusement orientée sur le côté et vous obtiendrez le Père Vincent, jeune homme prêt à pénétrer dans les ténèbres de l’Eclipse afin de flirter avec les créatures du diable. Merci Holly.

    – J’suis pas convaincu... déclara le videur tout en installant une cigarette entre ses lèvres.

    Bon, cette fois, il fallait passer aux choses sérieuses, Vincent n’avait pas envie de prolonger le débat. Il s’avança.

    – Permettez mon fils... lança-t-il avant que le dénommé Kenny n’allume sa clope. Le pyromane tendit l’index et le posa doucement sur le bout de la cigarette qui ne tarda pas à s’allumer sous les yeux surpris de son fumeur. L’action fit rire son collègue.

    – C’est bon, Ken. Laisse-le rentrer, ils vont adorer ça au bar...

    L’homme aux cents piercings avait parlé.

    ...

    L’intérieur du club était peut-être pire que l’extérieur... Ou mieux... cela devait dépendre des points de vue. Ici, les vampires étaient la norme. Jason pouvait y trouver plusieurs dizaines de frères et sœurs et les couleurs flashy qu’arborait maintenant la peau de Holly trouva également plusieurs échos lumineux ici et là, dans les cheveux, sur les fesses, sur les dents, dans les yeux... Bien évidemment, l’endroit exigea de passer au volume supérieur afin de se faire entendre : il fallait crier. Le boomboom des enceintes le frappait jusqu’au cœur, non sans rappeler la précieuse leçon de méditation que Thunder en personne lui avait donnée. Holly faillit d’ailleurs avoir besoin des services électro cardiaque du héros lorsqu’elle apprit que Vincent l’avait rencontré. Ou plutôt que lui l’avait rencontré. Bref, cela n’émoussa en rien l’enthousiasme de Holly qui y trouva plutôt une confirmation dans ce qui semblait être une résolution : elle devait être la meilleure amie de ce super Vincent. Le concerné avait évidemment remarqué le changement de comportement de l’étudiante. Et si le fond lui plaisait beaucoup, car il lui permettait de passer plus de temps avec elle, la forme le dérangeait beaucoup. Ou plutôt les formes, si on comptait Jason. Car ce changement avait une raison, la même que celle qui justifiait le changement de comportement de Eve, Gareth et ses parents à son égard : ses pouvoirs... Mais encore une fois, il n’était pas là pour penser à ça, au contraire.

    – On s’en tient au plan ? hurla Holly.
    – Ouais !!!

    Le plan : ils vont tous les trois au bar et commande à boire. Jason et Holly vont retrouver leurs potes gothiques/geeks/punks avec leurs boissons. Vincent reste au bar, consomme, boit, boit... boit. Puis, lorsqu’il aura assez bu pour être habitué à l’ambiance de l’Eclipse, il se joindra aux hordes de vampires et autres meutes infernales afin de partir à la chasse... Ou bien au pire, s’il s’en sort pas tout seul, il rejoint ses potes. Mais pour l’instant, l’étape une se déroulait plutôt bien. Holly et Jason venaient de partir avec leur Bloody Mary, servis par leurs potes du bar. Le jeune pyrokinésiste ne s’étonna même pas de les voir connaître tout le personnel. C’était du Holly tout craché... et Jason... Jason connaissait tout le monde... Ha, une pointe d’énergie négative. Ca méritait un deuxième whisky... sec.

    – Un autre, mon fils, je vous prie. autant continuer à jouer le jeu, d’autant plus que cela amusait pas mal de monde ici. Il avait déjà remporté une caresse équivoque de la part de ce qui était apparemment un succube.

    Trois... quatre... l’alcool commençait à faire son effet. Le stade du verre déterminant. Vincent était arrivé à l’étape la plus délicate lorsqu’on voulait s’enivrer : la façon dont il allait boire après cela allait déterminer l’état dans lequel il finira la soirée. Le but était d’être bien. Donc pas malade. Il allait modérer maintenant. Pour se faire, et pour éviter de boire, il se retourna, verre en main et balaya la salle du regard. Rapidement, quelque chose ou plutôt quelqu’un attira son attention : une fille. Seule. Enfin seule... avec un verre et une cigarette, pouvait-on dire qu’on était seul ? Elle était plutôt jolie... en tout cas elle était joliment habillé... un peu trop peut-être pour ce genre d’endroit, mais en tout cas, sa tenue était classe, impressionnante même... Lui pour sa part commençait à être ivre. Il parvint cependant à conserver des gestes parfaitement maîtrisé lorsqu’il leva galamment son verre en direction de la demoiselle Victorienne. Attendant de voir comment elle allait réagir. Mais même alors, il préférait être sûr de son coup... Après tout cela faisait un petit moment qu’il n’avait pas... Vincent se retourna vers les barmen et fit signe à l’un d’eux de s’approcher.

    – Excuse-moi, mon enfant, je ne suis pas un habitué mais est-ce que c’est normal que cette charmante créature soit toute seule comme ça ? s’enquit-il en désignant la jeune femme d’un signe de tête.


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Message posté : Sam 18 Oct 2014 - 3:30 Message
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Bill, dans une bien meilleure disposition d'esprit qu'avec les deux plaisantins qui l'avaient interrompu tantôt, adopta un ton bien plus aimable avec le nouveau venu. Cela, aussi, parce qu'il aimait ceux qui, même non habitués, se prêtaient au jeu. Comme l'avait dit Shakespeare, le monde était une scène, et chacun des êtres qui l'habitait remplissait un rôle : l'Eclipse n'avait absolument rien de différent, et ceux qui ne le comprenaient finissaient toujours par sombrer dans une certaine peur quasiment injustifiée. Quasiment, évidemment, puisque les métahumains étaient réels, dans la bâtisse. Il y en étaient qui possédaient des pouvoirs, évidemment, mais de là à les traiter de créatures du malin, il y avait un pas que peu de personnes auraient été prêtes à franchir : les hommes de foi - les vrais, les "respectables", les puritains ... - ne se risquaient guère à plus de cinquante mètres de l'Eclipse, pour la plupart. Ils se contentaient de condamner le lieu sans jamais y avoir mis les pieds, tout comme on pouvait se gausser de la Corée du Nord sans jamais y avoir mis les pieds - un tel parallèle, d'ailleurs, amusait grandement Anna, tant elle ne pouvait s'empêcher de le glisser dès lors que la question était évoquée. Qu'il soit question de l'Eclipse, des courants alternatifs ou d'une quelconque dictature, d'ailleurs. -

Toujours était-il que le ton le plus charmant que la face burinée du barman au manteau de jean arborant de multiples patchs d'un club de biker local adopta à destination du Père Vincent était ce qu'il était : un ton qui n'en restait pas moins patibulaire, mais qu'un regard complice et une lueur amusé dans l'œil ne pouvait vous empêcher de vous faire remarquer qu'il vous avait à la bonne. C'était bien ce qui vous différenciait le client standard de l'habitué, et de celui que le barman appréciait. Le nouveau-venu aurait déjà pu se vanter auprès de ses amis qu'il avait fait un pas de plus sur les sentiers pavés de joyaux et de bonnes intentions de ces sentiers infernaux du club on-ne-pouvait-plus-séculaire.

" Jezebel ? " articula-t-il, un rictus amusé dépassant d'un sourire taillé au cutter, " Oh, Padre ... c'est une longue histoire, mais on peut dire que c'est normal, ouais. "

Cette dernière, sous un nom d'emprunt - Comme beaucoup de clients réguliers, d'ailleurs ... - n'avait pas manqué de réagir de manière amusée à ce verre tendu dans sa direction. Elle avait vu entrer le jeune homme, fagoté comme une parfaite recrue de séminaire, encadré de deux autres personnes dont les noms lui échappaient, mais avec lesquels elle se rappelait avoir partagé des verres et des soirées plutôt amusantes. Elle lui accordait plus de crédit qu'aux baroudeurs itinérants perdus dans l'Eclipse comme on se serait perdu dans n'importe quel relais routier du Midwest avec le regard lubrique de la bête en maraude, appâté par la dégoûtante idée de gueuse à trousser. C'était probablement par ses relations, et son costume innocent, peut-être. Une blague amusante, sûrement concocté par les habitués, pour une descente aux enfers initiatique. Un gentil et candide bizutage ... Elle-même, elle avait tendu son verre en souriant, levant une main gauche serrant un cocktail, et entre l'index et le majeur de laquelle était emprisonnée une cigarette bien entamée.

" Si vous vous sentez chanceux, vous pouvez toujours tenter d'aller lui instruire la Sainte Parole. Vu comment elle vous regarde depuis tout à l'heure. Vous partez avec de bien meilleures chances que les deux précédentes guignols ! " ricana-t-il en dévoilant ses canines acérées, rapidement suivi par un rire de la part d'un autre barman cornu passant derrière, imitant la scène en baragouinant solennellement dans un méli-mélo de mot s'improvisant langue balkanique, avant de mimer de petits cris effrayés demandant grâce.

" Enfin, ceci étant, Padre : vous pouvez parler à Jezebel, vous pouvez regarder Jezebel, vous pouvez même rêver d'elle, mais vous ne touchez pas Jezebel. " l'avertit-il, avec un sérieux qui confinait soudainement presque au sinistre. L'air amusé s'était fait air d'instruction, tandis que cette lueur complice n'avait pas quitté son œil : on pouvait très bien discerner que ce n'était pas une blague ou une volonté d'approfondir plus avant le jeu de rôle. C'était réellement et véritablement un conseil.

Dans un geste analogue à celui qu'elle avait fait pour les deux prédécesseurs du prêtre, elle joignit deux doigts qu'elle ramena vers elle pour indiquer son consentement - si il n'était pas déjà suffisamment évident. -. Cette fois-ci, pourtant, elle ne semblait pas vouloir être la vampire terrifiante, puisqu'elle avait levé le bras et qu'elle avait même mimé un "Envoies-le !" muet avec ses lèvres.

" Ah ... Padre, j'ai pas envie de m'avancer, mais j'ai l'impression qu'elle veut vraiment vous voir ... " fit-il en tendant un pouce vers le haut dans la direction d'Anna, avant de replonger son regard dans les yeux du nouveau, " Alors rappelez-vous, pas touche. Ne vous brûlez pas les ailes... "
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Message posté : Sam 18 Oct 2014 - 12:16 Message
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    Un barman avec des crocs... ça n’avait pas grand chose de choquant en fin de compte... à vrai dire, il n’y avait rien ici qui était véritablement effrayant... Pas après ce que Vincent avait vu... et rêvé... il y avait encore le mystère de ses rêves à résoudre... ou pas. Après tout ce n’étaient que des rêves, loin de la réalité, aussi glauque et morbide qu’elle pouvait l’être en ce moment. Quoique, là tout de suite, avec une jolie fille dans le champ de vision, on ne pouvait pas vraiment dire que la réalité était moche. Vincent écouta soigneusement la réponse du barman Bill en se demandant s’il devait l’interpréter au premier degré ou pas. Rappelons encore une fois que c’était sa grande première dans un tel endroit. « normal »... ce terme avait-il la même signification ici qu’à l’extérieur ? Et même, en généra, normal ça englobe quoi ? Non, trop philosophique. Hop, une petite gorgée et on passe à la suite ! De meilleures chances ? C’était bon signe, ça. Le jeune homme répondit par un sourire, qui ne tarda pas à fondre comme neige au soleil lorsque le barman enchaîna avec un conseil aux allures lugubres qui figèrent le jeune prêtre. Fallait-il prendre ces propos au sérieux ? C’était peut-être une blague, de l’humour noir... pardon, de l’humour gothique. Non ? Et puis que voulait-il dire exactement ? Etait-ce pour protéger la jeune fille ? Une galanterie générale simplement due à une bonne entente entre le barman et la demoiselle concernée ? Ou bien un avertissement qui visait spécifiquement Vincent à cause de ses... spécificités justement ? Les videurs auraient pu avertir le reste du personnel des capacités pyrotechniques de ce pseudo curé... A moins que sa « réputation » l’ait précédé... Après tout, une bonne partie de l’université était au courant de son histoire... Mais peut-être était-il juste parano, pensa-t-il alors que le barman continua sur une note un peu plus encourageante qui ramena illico le sourire de l’étudiant. Ok, l’alcool avait au moins atteint sa spontanéité faciale. Mais le commentaire sur les ailes brûlées le perturba de nouveau. Une nouvelle gorgée chassa son pessimisme. Vincent remercia le barman Bill d’un signe de tête avant de se lever, verre en main, et de se diriger vers la table de la demoiselle. Armé d’un sourire poli, il fit un signe en direction de la banquette, juste à côté de cette Jezebel (Holly lui avait dit pour cette mode des pseudonymes, mais il n’en n’avait toujours pas trouvé un... ce n’était pas son truc... Peut-être que l’alcool allait l’inspirer, pour ça comme pour d’autres choses...). Lorsqu’il eut confirmation, le jeune homme prit place en installant une distance minimum décente. « Pas touche » avait dit le barman. Cela dit il ne se mit pas trop loin non plus, autrement la communication serait avalée par la musique surpuissante qui régnait ici bas.

    – Après un long débat avec ma conscience... et le barman. Je me suis rappelé que le meilleur moyen de lutter contre la tentation était d’y céder. La parole d’évangile est toujours de bons conseils... Je suis le Père Cendrelin, au fait. Enchanté.

    Ô miracle de l’improvisation béni par l’alcool, merci d’avoir gracié ce jeune homme en lui accordant l’art divin de la rhétorique et d’une autodérision dont il n’aurait probablement pas été capable en temps normal. Père Cendrelin... ou comment mélanger deux notions auxquelles le jeune homme n’avait pas du tout envie de penser. Le respect de la religion inculqué par sa famille et les valeurs sures des traditions ainsi qu’un titre peu flatteur offert par son sensei de dragon. Quel beau moyen de dissoudre ses ennuis. Et ce n’était pas fini, car ce soir, il était déterminé à remporter un ou plusieurs souvenirs positifs... ou au moins plaisants.

    – Votre ami m’a avoué qu’il était normal de vous voir seule à cette table, mais il ne m’a pas fourni de plus amples explications pour autant. Je ne comprends donc toujours pas pourquoi une âme aussi charmante que vous reste isolée ainsi.

    Autre avantage de l’alcool, il lui permettait de trouver facilement des sujets de conversations. Pas toujours intéressants mais au moins ils étaient naturels. En tout cas, Vincent se posait réellement la question. Au final, l’alcool se contentait juste de le rendre naturel et sincère dans ses propos... il ne restait qu’à espérer que cette sincérité ne se manifeste pas à travers sa nature littéralement enflammée.


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Message posté : Sam 18 Oct 2014 - 14:55 Message
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Le moins que l'on pouvait dire, c'était que le père Cendrelin - probablement ordonné par son propre office, d'ailleurs - n'avait pas froid aux yeux, loin s'en fallait. Ce n'était pas peu dire qu'il avait pris son courage à deux mains pour aller dialoguer avec l'une des rares femmes encore seule de l'établissement. Une fleur, toutefois, avait été jeté par le barman quasiment attitré de l'obscure vampire supposée, puisqu'il n'avait pas réellement cherché à l'éconduire, à lui faire peur ou à le faire fuir. A vrai dire, ses relations lui ouvraient des portes qu'il aurait eu bien du mal à forcer de sa propre initiative. Cela, son costume, et probablement son faciès charmant, qui, réchauffé semblait-il par l'alcool, ne manqua pas d'obtenir un charmant sourire amusé de la part d'Anna - ou de Jezebel, puisque c'était ainsi qu'elle aimait à se faire appeler ici ... Par son quatrième prénom, celui qu'elle avait elle-même inscrit sur ses papiers à l'insu de ses parents, mais surtout de son géniteur ... -

Tous, ici bas, jouaient un rôle, et il n'y avait pas à douter que la façade de prêtre de Cendrelin était aussi artificiel que la façade de vampire de Jezebel, et pourtant, l'alcool aidant, on creusait plus loin encore cette creuse devanture. Un jeu que l'on aurait pu croire puéril, et qui devait sans doute l'être, mais un jeu qui amusait grandement Anna. Un jeu de rôle, pour tout les habitués d'un lieu qui avaient tout à trouver ici : de la musique, des boissons, de la nourriture, des occupations, un lieu où assouvir leur passion ...

" Votre sollicitude me touche, mon Père, " commença-t-elle avec son accent du bayou, une lueur illuminant un regard lui-même souligné par le bout incandescent d'une cigarette qui touchait pourtant sa fin, " mais l'âme de Jezebel, ne vous en déplaise, n'a de charmante que son enveloppe. Une âme qui, telle la rose, semble attirer l'œil, pour n'appâter que mieux sa négligente victime. Toutes les créations du Très Haut ont un but, et il semble que dans l'attente de trouver le mien, je ne puis que me contenter de rester seule à cette table, témoin muet de notre fabuleuse époque ... "

Le Verbe, le domaine d'Anna, là où, contrairement au combat, elle excellait. C'était sur son terrain que se jouait tout ces échanges rhétoriques qu'elle se plaisait à mener. C'était aussi une grande force de l'Eclipse : un lieu où les parleurs et les poètes se trouvaient dans les plus improbables caricatures. Seule, elle l'était, à n'en pas douter, mais elle n'était certainement pas là pour noyer le chagrin de sa solitude, car elle trouvait de nombreux compagnons, dans les ténèbres du lieu.

" Mais dites-moi, mon Père, " reprit-elle, un sourire en coin, après avoir écrasé le cadavre d'une cigarette au filtre marqué par le rouge à lèvres dans un cendrier carré dont l'apparence imitait le marbre, " n'est-ce pas une bien curieuse agora, pour un homme de foi ? Il ne me semble pas avoir eu l'occasion de vous voir, auparavant, et pourtant, vous semblez déjà disposer d'accointances distinguées. Qu'est-ce qu'un ministre des Ecritures peut bien chercher dans les recoins de cet établissement que même Sa lumière semble avoir oublié ? "
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Message posté : Dim 19 Oct 2014 - 14:36 Message
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    Plus ou moins conscient des facteurs qui jouaient en sa faveur ce soir, Vincent conserva son optimisme habituel lorsqu’il prit place en compagnie de cette ravissante créature. Habituel, ici, ne faisait pas forcément référence à l’état d’esprit dans lequel il se trouvait en cette période, mais à celui qui le caractérisait de manière générale... en dehors des périodes de crises. Mais on ne pouvait pas dire que sa vie avait connu de nombreuses crises de ce genre... Enfin, encore une fois, il n’était pas là pour penser à cela. Le jeune homme était venu ici afin de s’offrir un moment de détente pour pouvoir se libérer de ses problèmes au moins le temps d’une nuit éphémère. Dans cette optique, Vincent parvint finalement assez rapidement – l’alcool aidant – à se débarrasser de ses appréhensions notamment vis à vis de son costume qu’il prenait désormais à la rigolade. Il avait eut peur de provoquer un scandale en froissant les croyants les plus fervents qui croiseraient son chemin, mais hormis quelques regards sincèrement surpris dans le métro et la réaction de « Kenny », personne n’avait semblé véritablement choqué par son accoutrement. Ici moins qu’ailleurs. Il semblerait que ses deux comparses avaient raison : les clients de l’Eclipse adhéraient volontiers à la blague. La mystérieuse Jezebel faisait également partie de ce public apparemment amusé. Un exploit qui donna des ailes au jeune homme qui ne pouvait qu’admirer l’aura charismatique qui émanait de cette fille. Elle ne rentrait certainement pas dans la catégorie des personnes qu’il avait l’habitude de côtoyer, mais ce soir, cela ne le dérangea pas le moins du monde.

    – Oh je suis sûr que votre âme n’est pas aussi sombre que ce que vous insinuez là. le lyrisme de ses propos ne faisaient qu’offrir un écho à celui de son interlocutrice, le tout soutenu et inspiré par le doux breuvage qui diffusait dans son corps et dans son esprit une énergie galvanisante. Ainsi vous êtes une âme perdue, dans ce cas, c’est la Providence qui m’a conduit à votre table. Je ne peux vous abandonner dans votre quête.

    On comprenait peut-être pourquoi les prêtres n’étaient pas supposés avoir une vie sentimentale... Mais ce n’était pas le problème de Vincent. Là, tout de suite, à cette table, avec son verre et sa charmante compagne de tablée, le jeune homme ne pensait plus qu’à enfiler la peau d’un autre et se concentrer sur le présent, même s’il s’agissait d’une simple bulle parenthèse, même si la « peau » d’un autre en question était celle d’un pseudo home d’église. Vincent n’était pas du genre à se prendre aux jeux de rôle, surtout dans l’art de la séduction, mais en cet instant, c’était une question de survie... dans le sens figuré cette fois. Et puis, il fallait dire que le lieu lui-même ne pouvait que le pousser à se placer dans les chaussures d’un autre. Après tout, que viendrait faire Vincent Nash dans un tel endroit ? S’accrochant à la conversation comme s’il s’agissait d’un bol d’air frais venu lui accorder quelques instants d’oxygène dans un océan de fumée âcre, le Père Cendrelin fut à même de comprendre les propos de Jezebel au delà de ce que leur forme et leur sens littéral signifiaient... ce qui, en bon Français voulait dire qu’en dépit de l’enrobage de la question de la jeune femme, Vincent arrivait à la traduire dans une langue simple. Elle lui dit simplement qu’elle ne l’avait jamais vu ici, laissant entendre qu’elle était une habituée, et qu’elle s’interrogeait sur les raisons de sa présence ici. Au final, cette conversation était aussi normale qu’une autre.

    – Oh je pense que la foi a sa place en tout lieu... Mais ma venue ici m’a été inspirée par deux de mes fidèles qui ont décidé de m’initier en cette période trouble. Vous savez, il est parfois nécessaire de voyager dans les ténèbres afin de mieux trouver et comprendre sa propre lumière.

    Un psychologue pourrait certainement tirer de nombreuses informations d’une telle déclaration. Vincent se livrait un peu plus que ce qu’il avait prévu de faire, mais il n’en fut pas conscient... quand bien même, cela ne le dérangerait pas plus que ça. Trois ans à l’université lui avaient apprit que discuter de choses sérieuses avec un parfait inconnu n’était pas toujours inutile. Et puis, dans le jeu de la séduction, laisser entrapercevoir un peu de soi-même pouvait toujours être utile. Cependant, il n’était pas en condition, ni d’humeur, à analyser tous les niveaux de son comportement.

    – Mais je suis sûr que vous comprendrez cela, vous qui siégez en ces lieux dans l’attente d’une révélation mystique.

    Stratégie adoptée : établir des points communs afin de créer une alliance pouvant mener vers de douces possibilités.

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Message posté : Dim 19 Oct 2014 - 17:26 Message
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" Amen, mon Père. "

La réponse était sans équivoque, et elle ne manqua pas lâcher un petit soupir, attrapant son verre dans l'optique de noyer un peu plus le malaise d'esprit inhérent à sa condition. Voilà qui était bien vrai. Elle l'attendait, sa révélation, son Apocalypse. Mystique ? Peut-être, la cicatrice qu'elle arborait au flanc était une bonne raison de chercher à côtoyer le mysticisme. Une raison simple : la mort d'une presque inconnue qu'elle ne côtoyait en souvenir que par les réminiscence d'une personne qui n'était pas elle. Une personne qui tambourinait aux remparts de son esprit. Une présence diffuse, diaphane, mais une présence, tout de même.
Un flash subtil, une guerrière rousse arborant une lance. Anna reposa son verre, avala avec une certaine lenteur qu'elle voulait cacher une difficulté passagère. Elle baissa le regard, pas encore prête à montrer la lueur qui animait ses yeux, cette lueur féline et brutale qui illuminait la jade de ses pupilles d'une brillance sauvage et exotique. Une lueur qui n'était pas sienne, de toute façons.

Dans les instants qui suivirent, elle se concentra sur la musique assourdissante et vida son esprit. Elle devait se concentrer, ne pas laisser des échos lui dicter sa conduite. Ne pas laisser cette guerrière des Highlands prendre le contrôle de son esprit. Réaliser cela était facile, à mesure que le temps passait. Une mesure de sécurité qui devenait une routine, comme avec chacune des personnalités et des vagues de souvenirs qu'elle avait aspiré, mais une routine nécessaire et nécessitant une concentration de quelques secondes à chaque fois.
C'était nécessaire, particulièrement en ce moment. Elle la sentait, tambourinant avec violence, exacerbant ses sentiments et ses sentiments. En se livrant à elle, elle aurait sûrement embrassé cet inconnu, elle aurait brisé toute son éducation, l'aurait transformé en créature sauvage, en émanation du fond des âges guidée par ses appétits lubriques et sa soif de sang...

" J'ai malheureusement rencontré ma propre lumière, mon Père, " avoua-t-elle en relevant la tête, passant une main sur ses yeux, comme pour extraire quelque chose de ses paupières, avant de planter ses yeux émeraudes dans ceux de son interlocuteur, " C'est elle qui assombrit mon âme. C'est elle qui vous fait vous asseoir si loin de moi. "

Elle se rendit compte un peu tard du ton sec et plein de reproches qui avait été le sien. En luttant intérieurement, c'était l'extérieur de sa personne qui en avait pâti, et brisé son calme et son attitude. Ce fut avec un maniérisme légèrement navré et blasé qu'elle attrapa son verre et vida le reste d'une contenue d'une traite, essuyant avec sa petite serviette les traces de cocktails qui restaient sur la commissure de ses lèvres.

" Ah, pardonnez mon français. " soupira-t-elle, au comble de l'ironie pour son accent, tout en tapotant la place immédiatement à côté d'elle, " Approchez-vous. Je ne vais pas vous mordre : j'ai horreur de la chair humaine. Évitez simplement de me toucher : la dernière chose que cette soirée nécessite est le départ en ambulance d'un homme d'Eglise. "
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Message posté : Dim 19 Oct 2014 - 21:07 Message
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    Amen. Vincent leva son verre et but afin d’accompagner Jezebel dans sa descente. Boire était important pour créer un sentiment de camaraderie... ah non, ça c’est avec les gras de la fraternité... enfin c’était... c’est toujours ? Il n’était pas sûr de vouloir vérifier... Vincent allait très certainement commander un autre verre. En l’absence de Gareth, le pauvre risquerait d’avoir du mal à limiter sa consommation ? Non pas qu’il soit un grand buveur en temps normal, mais disons que lorsqu’il avait une bonne raison de boire, il y allait à fond... c’était en fait le cas pour tout ce qui le motivait suffisamment. Le jeune prêtre eut ensuite l’impression de profondément ennuyer la demoiselle, elle lui sembla soudainement distante, absente, perdue dans ses pensées... des pensées pas très agréable dirait-on. Inquiet, à la fois pour elle et pour sa propre réussite, il fut sur le point de s’enquérir de son état lorsqu’elle reprit la parole, déversant ainsi un triste lot de nouvelles. Triste et mystérieux – fidèle à l’aura qu’elle portait. A cela s’ajouta quelques éléments qui étonnèrent grandement le jeune homme. Il en profita pour tenter de rebondir et d’alléger l’atmosphère, car il lui semblait que cette demoiselle broyait du noir.

    – Ah vous me rassurez, mon enfant ! On m’avait dit de me tenir éloigné de vous et j’ai eu peur que ce soit à cause de moi. Voyez ? notre discussion vient déjà d’ôter un lourd fardeau de mes épaules.

    Tout sourire, comme si Colgate et ses dents blanches pouvaient balayer les problèmes de cette fille – l’important était d’y croire – Vincent se décala pour se rapprocher de son interlocutrice. Il prit bien soin de poser ses mains bien en vue sur la table afin de respecter les consignes qui lui étaient données. C’était cool qu’une fille explique comment il fallait s’y prendre avec elle. Ca simplifiait un peu les choses. Quoique... l’absence de contact pourrait rendre l’évolution des choses un peu délicate...

    – Pourrais-je cependant connaître la raison d’une telle interdiction ? même avec le whisky sous le casque, Vincent commençait à ce dire qu’il faisait un peu trop de rimes... Il fallait tout de même éviter le ridicule... surtout lorsqu’on rimait sans faire attention. Je veux dire... arrête d’hésiter mec, lance toi ! T’étais pas trop mal parti Loi de moi l’envie de vous forcer à me laisser vous toucher mauvais mauvais mauvais... Mais je peux vous assurer que vous n’avez pas besoin de me menacer, je ne vous ferai pas le moindre...

    Le jeune homme s’interrompit là... Les barrières protectrices de l’alcool manifestèrent une faille ponctuelle et laissèrent filtrer un souvenir particulièrement marquant qui envahi l’esprit du jeune homme. Une scène... Vincent venait tout juste de quitter l’hôpital après une batterie de tests... Eve, Gareth et Holly l’attendaient dans le hall d’entrée. Eve avec son air maussade, Gareth avec un sourire benêt et Holly trépignant d’excitation. Son pote s’était avancé pour le serrer dans ses bras, une embrassade virile comme celles qu’ils avaient l’habitude de s’échanger après un match. Mais à peine le sportif l’avait-il touché qu’il recula aussitôt. « Woah, mais tu pètes le feu, mec ! ». Et cela avait été juste dû au plaisir qu’il avait éprouvé en revoyant ses amis... qu’arriverait-il lors d’un contact intime avec une fille qui lui plaisait ? Le sourire de Vincent s’évanouit, de même que son enthousiasme et son humeur légère. Il avait presque décuvé d’un coup. Sans prévenir, il s’écarta de Jezebel pour reprendre une distance de sécurité, propice à sa tenue.

    – Vous savez quoi... oubliez ma question. Il ne faut pas menacer votre sécurité. Celle de la jeune femme, pas la sienne. Et sans transition : Je suis à sec, voudriez-vous que j’aille vous acquérir une boisson... ? demanda-t-il tout en se levant.

    Mais une fois debout, il vit un mouvement et une lumière attirer son regard sur la banquette : là où il avait été assis. Et pour cause, il avait laissé des flammes derrière lui. Sans réfléchir, par instinct de préservation peut-être, il reprit immédiatement place afin de couvrir les flammes avec son corps en espérant que sa voisine n’ait rien remarqué, mais c’était peu probable. D’une main, et d’une façon pas du tout naturelle qui lui donnait l’impression d’être pris d’une crise d’urticaire, il caressa la banquette sous ses cuisses et derrière son dos afin de récupérer et d’éteindre les flammes tout en essayant de reprendre une conversation naturelle afin de ne pas attirer l’attention. Peine perdue...

    – Finalement, je crois que j’ai assez bu... pour l’instant. Mon patron risque de me brûler vif si je... enfin... vous savez... le péché et tout...

    Badaboum

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Message posté : Lun 20 Oct 2014 - 2:42 Message
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Ce qui était sûr, c'était que le supposé Saint Homme résistait fort mal à l'emprise de l'alcool sur ses actes et ses pensées. Il semblait carburer avec un curieux acharnement au whisky. Il ne fallait pas être une véritable lumière pour le voir, c'était l'alcool qui lui offrait sa contenance, l'alcool qui lui procurait le courage de venir lui parler. Quel dommage, Anna ne se pensait pas si inaccessible que l'on devait sécuriser l'aide d'une quelconque fée désinhibitrice pour venir lui tenir une conversation quelque peu censée. Elle était courtisée, cela était vrai, et elle n'y prêtait plus guère attention, car soit elle s'attirait les beaux-parleurs avec lesquelles elle échangeaient de longues et sympathiques passes de curieuses envolées, soit venaient à elle les autres, déshérités, assoiffés et autres affamés, bien piètre pitance que son curieux appétit fantasmé faisait fuir, en faisant une subtile démonstration de ses capacités, au besoin.

Celui qui lui faisait face, maintenant, était d'une tout autre fibre. Elle le sentait tel un Rastignac montant dans les sombres sphères d'une décadente société moderne, et s'improvisait elle-même romanesque initiatrice de cet individu aux arcanes d'une vie nocturne qu'il ne maîtrisait pas encore. Quel importance, qu'il revienne ou non ? Tout ici était éphémère et résurgent, immanent et transcendant. Elle emporterait ce souvenir avec amusement, dans la matinée.

Cela, jusqu'à ce qu'elle remarque, avec une certaine surprise, les flammes qui émanaient, silencieuses et mortelles, de la place qu'il venait de quitter. Anna était une mutante, une membre de la Team Alpha. Elle avait vu des choses fascinantes, des choses morbides et des choses invraisemblables. Pour elle, un début de combustion spontanée n'était pas vraiment matière à se sentir menacée. Après tout, ce n'était pas elle qui brûlait.
Ce que le Père put percevoir de la situation, alors qu'il était levé et proposait d'officier comme ravitailleur - et ce qui put éventuellement lui mettre la puce à l'oreille quant à cet étrange occurrence incendiaire - était le regard proprement neutre et flegmatique qui régnait dans les yeux d'une Jezebel en proie à un début d'incendie.
Sa seule réaction fut de lever les yeux vers lui, toujours égale, avant de revenir vers les flammes, calmement, puis à nouveau vers lui, alors qu'il se rasseyait, en quête, lui, d'une contenance. Derrière eux, c'était Dragula de Rob Zombie, qui résonnait, et sur un refrain éminemment répétitif, la première expression qui serait venue en tête du témoin observant Anna et sa réserve aurait été badass. Pas un mot plus haut que l'autre, pas le moindre signe de panique, pas même le moindre début de réaction laissant présager d'une quelconque anormalité.

Intérieurement, pourtant, c'était la jubilation, l'extase. Cette gaffe, cette mystérieuse timidité, ce costume absurde, ce visage de sobre gentleman ... Elle fondait, réellement, en regardant ce qu'elle aurait pu tout autant considérer comme un miroir de sa propre personne. C'était un oiseau tombé du nid qui avait atterri à sa table. Une créature fébrile, perdue et esseulée. Une créature comme elle. Peut-être, si Dieu avait réellement gardé un oeil sur elle, lui avait-il envoyé ce curieux individu.
Evidemment, ce pouvait tout aussi bien être une simple élucubration romanesque et bovaryste de son esprit, projetant sur la toile de son esprit, sur l'enveloppe de cet inconnu, la caricature du prince charmant, avec une subtilité potache...

" Bienvenue au Club. " lâcha-t-elle, monocorde, en tapotant avec une complicité pourtant presque fraternelle la main la plus du prêtre, " Je te conseille de poser ta démission. "

Elle jeta un regard à la cantonade. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, alors que personne n'avait remarqué une quelconque activité anormale venant de la tablée qui était la sienne. Pour les habitués, on ne prêtait plus guère attention aux frasques qui l'animait. Pour les nouveaux, il était simplement question de deux tourtereaux dialoguant, ou de deux amis partageant un verre.

" Maintenant qu'on peut se réclamer de la même engeance, je peux te révéler mon secret : " continua-t-elle, le regard dans le vague, qu'elle fit bien vite revenir dans les yeux du flamboyant inconnu, " si je touche quelqu'un d'autre, je l'assomme ; dans le cas des gens comme nous, je récupère aussi les pouvoirs. "

Elle lui offrit un sourire franc et transi. Son visage, devenu poupin avec l'expression d'une joie que peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir vu, lui donnait l'air d'une gamine qui découvrait son tout premier animal de compagnie. L'émeraude des yeux d'Anna pétillait d'allégresse, et elle semblait véritablement à la limiter de sautiller de joie sur place. Ce n'était probablement pas l'alcool qui produisait cet effet, ou du moins, ce n'aurait été qu'un catalyseur, d'une réaction qui avait patientée des années avant de se produire : Elle rencontrait le premier véritable homme qui, comme elle, semblait se chercher. Elle était proprement extatique, et enserra de ses mains gantées celles du prêtre :

" Je sais que c'est puéril, et je m'en excuse, " exulta-t-elle d'une voix flutée que son accent cajun rendait d'autant plus exotique, " mais si je le pouvais, je t'embrasserais avec fugue. Je suis Anna, LeBlanc. "

Oui, une introduction sauvage. Une introduction terrifiante. Il fallait dire que si Anna était une habituée des déclarations de flammes, elle n'avait jamais proprement eu de coup de foudre, elle-même. Sa précédente - et unique - relation s'était construite sur le tas, en longueur. C'eût été une amourette d'adolescent que les deux partenaires avaient poussés loin d'un commun accord ...
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Message posté : Lun 20 Oct 2014 - 17:32 Message
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    Il était tout bonnement impossible qu’elle n’ait pas remarqué le départ de feu que Vincent avait laissé derrière lui... Dans un tel lieu, avec cet éclairage, elle ne pouvait que les avoir remarquées. Bon... et bien ce fut bref. Quoique... La mystérieuse Jezebel ne sembla pas plus surprise que cela, du moins, si elle l’était, elle n’en montra rien du tout. Comme si c’était normal pour un garçon – qui plus est, habillé en prêtre – de mettre le feu sur son passage. Avec un certain temps de réflexion, on n’essaiera plus d’expliquer un tel retard, Vincent se rappela où il était et à dire vrai... ce manque de réaction n’avait pas grand chose d’étonnant. Dans un monde où les « vampires » et autres créatures de la nuit semblaient être la norme, un feu follet comme lui devait frôler l’ordinaire. Lui en tout cas n’en revenait pas d’accueillir une réaction aussi... calme. Lorsqu’il constata que Jezebel avait bien vu les flammes qu’il avait provoquée et qu’elle n’en fut pas particulièrement choquée, le jeune homme lui fit des yeux ronds. Genre c’était lui qui était surpris. Inversement totale des rôles.

    – Je... vous demande pardon ?

    Moment d’intense confusion. Poser sa démission par rapport à quoi ? Sa « position » de curé ? Son statut de séducteur du dimanche ? Celui de simple amateur de whisky pyromane ? Il est vrai que cette dernière combinaison faisait un peu peur... Mais fort heureusement, le jeune homme penaud qu’il était reçut rapidement des explications. Mais comme c’était la grande mode en ce moment, cela ne l’enchanta pas vraiment... La même « engeance » ? Déjà le terme était peu flatteur... et en plus cela le mettait dans un compartiment consacré aux bêtes de foire... ce qu’il était, assurément. Comme elle, apparemment.

    – Je me demande comment j’ai fait pour tenir trois ans sans rencontrer de supers... déclara-t-il ironiquement plus pour lui-même que pour sa voisine.

    Pas un seul évènement extraordinaire ou même paranormal ne lui était arrivé pendant ses trois premières années à Star City. Bon ok, il lui était déjà arrivé de lever la tête et de voir Lady Patriot passer au dessus ou encore de voir les éclairs du Commander déchirer le ciel de la ville, mais il y avait toujours eut une certaine distance entre lui et ces phénomènes. Mais maintenant... depuis l’incendie, il n’était plus capable d’aller quelque part sans croiser un spécimen de ce monde incroyable. Un homme dragon, Thunder et maintenant cette demoiselle... Est-ce qu’il était devenu une sorte d’aimant ?

    – Je comprends mieux votre isolation... et il ne parlait pas forcément du fait qu’elle pouvait blesser quelqu’un avec sa peau. J’ai déjà du mal avec mon pouvoir alors si en plus il fallait prendre en compte celui des autres.

    Non décidément, il préférait ne pas imaginer ce que pouvait endurer les personnes dotées de facultés de ce genre. Déjà, avec Jace il avait eu du mal à comprendre l’aspect immatériel de ses pouvoirs... mais alors là, les possibilités devaient être infinies, surtout dans une telle ville ! Pourtant, cette fille ne semblait pas se plaindre dans l’immédiat, malgré sa mise à l’écart volontaire. En fait, elle semblait même assez heureuse, plus que ce qu’il avait remarqué jusque là... En fait, c’était la première fois qu’il la voyait aussi expressive. Elle avait vraiment un joli sourire... Un peu triste, peut-être, mais joli. Et elle était drôle en plus de ça car sa réaction le fit rire. Une telle réaction était rare, surtout qu’elle n’avait pas l’air si ivre que ça... juste spontanée... Un peu comme Holly... C’était peut-être ça qu’il appréciait... la spontanéité. Ainsi donc il rit. Quelque chose qu’il n’avait pas beaucoup fait au cours de ces dernières semaines, il s’en étonna lui-même. Un rire sincère et véritablement amusé. Cela lui faisait peut-être encore plus de bien que de se contenter d’un simple flirt.

    – Ah dans ce cas là, je n’ai vraiment pas de chance. Il n’y a pas beaucoup de filles qui entretiennent de telles pulsions à mon égard en ce moment... Dommage qu’un baiser me renverrait aux urgences... ou vous chez les grands brûlés... je ne sais pas quelle option serait la pire...

    Sourire.

    Il ne voulait pas savoir en fait. Là tout de suite, il était juste heureux d’avoir trouvé quelqu’un qui pouvait comprendre sa situation. Car c’était bien de cela dont il s’agissait ici. Jezebel ne semblait pas fière de ses pouvoirs comme l’étaient Louis ou Jace. A la façon dont elle en parlait, Vincent avait l’impression qu’elle les voyait plus comme une malédiction. Et cela le rassura énormément. Il n’était donc pas fou... Avoir des pouvoirs ne rendait pas toujours une vie toute rose et pleine de bonheur et de capes. Le jeune homme serra la main d’Anna avec chaleur... sans mauvais jeu de mots.

    – Enchanté. il l’était, assurément. Mis à l’aise par cette tombée des masques, il emprunta le chemin que venait de lui montrer son interlocutrice. Vincent Nash... dis-moi... j’ai une question... en fait j’en ai plein, désolé. Ca fait combien de temps que tu as ces... pouvoirs ? Comment tu fais pour vivre avec ? Je veux dire, à chaque fois que je touche quelque chose, j’ai peur d’y mettre le feu, c’est horrible. Enfin... tu as pu voir ce que ça donne lorsque je fais pas attention.

    Les masques n’étaient pas les seuls à tomber. Vincent plongea intégralement dans cette discussion, profitant d’une rencontre qui, enfin, pourrait l’aider à comprendre sa condition d’un point de vue qu’il aurait plus de chance de comprendre. Il ne critiquait pas les conseils que lui avaient prodigués Louis et Jace... quoique, le premier aurait peut-être pu se passer des menaces de mort. Ces conseils l’avaient probablement empêché de se transformer en grenade incendiaire. Mais il avait besoin d’autre chose... d’une autre vision afin de trouver une pseudo forme de sérénité...

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Message posté : Mer 22 Oct 2014 - 1:53 Message
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Comment faisait-elle pour vivre avec ses pouvoirs ? Vaste question. Elle ne vivait pas avec ses pouvoirs, elle survivait avec eux, et grâce à eux, la plupart du temps. Un ménage bien malheureux qui ne lui valait pas que matinées joyeuses et lendemains chantants. Tout l'inverse, à vrai dire.

C'est bien pour cela que la question la fit rire.

" Il n'y a pas à être désolé, voyons ! C'est dans la nature humaine, de s'interroger, et nous autant que tout les autres ... Plus que tout les autres, même. "

Dans l'intervalle de temps qui avait séparé tout cela, dans les déclarations que lui avait fait Vincent, Anna en avait profité pour recommander des verres. Silencieusement, calmement : un "V" du doigt, puis un léger tapotis sur la table. Un pouce levé de Bill dans sa direction. C'était un langage des signes finement rôdé, qui ne s'embarrassait pas de courtoisie creuse. Pas de "s'il-te-plait", pas de "merci", pas de "de rien". Rien que le nécessaire. Rien que le vrai, le pur, le brut.
Anna n'avait besoin de rien d'autre, ces temps-ci, et rien ne lui faisait plus plaisir que les bars où elle avait des connaissances, et l'Eclipse était bien le repaire le plus approprié à cela : elle y traînait depuis qu'elle était arrivée en ville. Depuis qu'en bonne gothique, elle avait cru que cet endroit correspondrait à ses attentes.

Dans un premier temps, elle l'avait trouvé grossier et vulgaire, et puis son point de vue s'était apaisé. Il n'était pas si terrible, ce bar, après tout. Les gens la comprenait, ici. Tout le monde jouait le jeu, dans une certaine mesure, et elle trouvait à s'amuser.

Bill vint leur apporter les boissons, un Whisky et un Bloody Mary, encore, en ne pouvant s'empêcher de lâcher un petit gloussement entendu en repartant, après un hochement de tête entendu de l'Acadienne.

" Non. Franchement, " reprit-elle, " il n'y a aucun moyen de ne pas se poser de questions, de nos jours. As-tu vu dans quel monde nos aïeuls nous obligent à vivre ? "

Elle ne put s'empêcher de glousser, en revenant à son charmant sourire.

" Ah ... Quatre ans, bientôt ... A moins que cela ne soit déjà passé ? J'ai tendance à perdre le compte. " avoua-t-elle, " Vivre, quand on fait ce que je fais, est particulièrement compliqué. Des fois, je dois juste fuir. Venir ici ... Oublier le Monde, oublier tout ce qui m'entoure, oublier que j'ai des tas de personnes qui tambourine dans mon cerveau. "

Elle leva le doigt, l'agitant en l'air, tout en reprenant une solide gorgée de son bras libre, comme si la perspective de trouver un compagnon la désinhibait.

" La musique, elle est particulièrement utile pour ça. " s'interrompit-elle, entre deux gorgées, avant de vider ce qu'il restait du verre d'une traite. Elle serra les dents, ferma les yeux, et laissa finalement échapper un souffle.

L'alcool était fort. Oui. Elle le tenait mal, également, mais elle en avait besoin.

" Moi, quand je touche quelqu'un, je n'ai même pas à me poser la question. Je n'ai pas le loisir de m'interroger. " expliqua la vampire déguisée, " C'est bien pour cela que je suis obligée de porter des gants. La dernière personne que j'ai touchée m'a coûté mon ... "emploi". Si l'on puis le dire ainsi. "

Anna bascula doucement sa tête en arrière, se posant sur la banquette, tout en venant se coller à l'épaule de Vincent, croisant ses bras tendrement autour du sien propre. Une méthode comme une autre pour s'assurer qu'il ne bougerait pas. Elle ne lui ferait aucun mal, cela était sûr, mais elle avait encore peur de l'appréhension que son pouvoir pouvait causer, et plus encore quand sa sobriété n'était plus assurée.

" Petit fripon de Jace, ah ... " souffla-t-elle amusée. Sa langue, assurément, était bien pendue, ce soir.

" Tu veux que je te dise ? " le questionna-t-elle en tournant son visage vers celui-ci de Vincent, son accent raisonnant comme une mélopée exotique, " Ne plus avoir de travail, c'est ça, la vraie vie : on te dit sans cesse qu'il faut te sacrifier, mettre tes capacités au service du bien, te plier aux règles ... Regardes où cela nous mène ... Les gens comme nous ? Ah ! Malgré tout leurs beaux discours, toutes leurs fantaisies, ils veulent faire de nous des esclaves. "

Sa tête rebascula vers le grand vide, cette grande toile que lui offrait le plafond éclairée par les curieuses décorations lumineuses bariolées, l'une de ses mains venant l'aider, moulinant comme pour donner plus de sens à ses propos.
En état d'ébriété ? Sûrement, dépourvue de sens logique ? Bien au contraire. L'alcool ne faisait que délier sa langue. Il aidait son cerveau à former sa pensée, à lui donner vie. Une phénomène que les écrivains des siècles passés attribuait à la fée verte, seule.

" On est comme tout les autres. Comme des moutons. On nous dit d'aller à gauche, à droite. On nous dit "Va vers le bien, va vers le mal !" ... Pour quoi faire ? Hein ? On nous dit sans cesse quoi faire, mais on ne nous dit pas de donner un sens à notre vie, et à quoi ça sert d'être en vie, si on n'a pas de raison de l'être ? Hein ? On se le demande ! "

Elle soupira, bruyamment. Ce monde lui refilait le blues. La Team Alpha, la Légion, le Cartel Rouge, l'UNISON ... Tous des pantins, et elle, dégainant une cigarette, refaisant le monde à sa sauce ...

" La vérité, Vincent, " commença la jeune femme, lui plantant ses émeraudes droits dans les yeux, cherchant à pénétrer son âme, comme elle ouvrait alors la sienne, " La vérité, c'est que les gens comme nous, ils ne pourront jamais revenir aux choses qu'ils aimaient ... Tu ne pourras certainement plus jamais revoir ta famille sans avoir peur, comme je ne pourrais plus jamais serrer ma mère ou mes sœurs ... On nous appelle les Supers, alors qu'on est juste ... super mal barrés. "

Elle s'écarta, une seconde, cherchant quelque chose dans son esprit.
Quelque chose qui avait des problèmes à sortir. Quelque chose qui semblait improbable ... et pourtant, cela sortit, tout de même.

" Tu sais, si tu veux ... enfin, tu vois ... Y'a peu de chances que je me mette à brûler ... Je te copie ... Je veux dire ... Ça pourrait être excitant de ... en feu ... tout les deux ... brasier primordial ... symbolique ... tout ça ... "

Sa cigarette toujours pas allumée dans la bouche, elle se passa une main sur le visage. Dépitée. Navrée.

" Je ... désolée. " flancha-t-elle, " L'alcool, les idées et la politique. Ca m'excite. Désolée. "
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Message posté : Mer 22 Oct 2014 - 15:43 Message
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    Ouf, elle ne s’offusqua pas de ces questions. Avec les filles, Vincent ne savait jamais sur quel pied danser, s’il devait se montrer curieux, distant, visiblement intéressé, mystérieux ou autre... chacune était différente... Après, comme Gareth le disait, il y avait des « types » avec des indices à repérer, mais cette gymnastique là n’était pas vraiment évidente pour notre pur produit du Kansas. A bien y réfléchir, des supers qu’il avait rencontré, Vincent avait déduis qu’ils étaient plutôt ouverts sur le sujet. C’était un peu étrange pour lui qui avait tendance à se fermer comme une huître lorsque quelqu’un, même un docteur, lui parlait e sa condition. Etrange mais pas forcément désagréable...Un peu rassurant même...

    Ah ben non, retour rapide sur l’incompréhension. Vincent ne voyait pas ce qu’Anna voulait dire en critiquant le monde que leurs aïeuls leur avaient laissé. Peut-être à cause de leur différente histoire. Peut-être aussi parce que le monde que sa famille avait « crée » était bien différent de celui dans lequel il évoluait en ce moment. Bien sûr, il ignorait tout du pédigrée de la demoiselle, ce qui expliquait davantage son incompréhension. Lui était plutôt satisfait de ce monde... même s’il lui avait fait quelques mauvaises surprises dernièrement. Vince n’était pas du genre à en vouloir à la Terre entière, c’était plus le genre à s’installer dans un moule confortable afin de s’adapter au monde. Il lui répondit donc avec des yeux ronds de surprise mais elle rit. Alors il rit aussi. Merci Mr Scotch. Merci barman Bill. Il s’arrêta lorsque sa nouvelle connaissance répondit à une de ces multiples questions. Quatre ans... et... wow. Vincent ne pouvait pas réaliser tout ce que renfermaient les allusions de la jeune super, mais ce qu’il entendit le laissa penser que sa situation n’était pas à envier. Ca avait l’air bien plus compliqué que ce que lui vivait. Impressionné et empathique, le jeune étudiant fit un commentaire inspiré par le contenu de son verre.

    – C’est un truc de malade...

    Et la suite des propos de la demoiselle confortèrent son avis. Elle n’avait apparemment aucun contrôle sur ses pouvoirs. Lui avait peur d’enflammer tout ce qu’il touchait, mais force était de reconnaître que son pouvoir n’était pas actif en permanence, et heureusement. Il devait « juste » faire attention à ses émotions et se concentrer un minimum. Elle n’avait apparemment pas ce loisir. La compassion du jeune homme ainsi que l’horreur de la situation d’Anna le poussa à boire davantage. C’était ce qu’il fallait faire non ? Aussi bien pour digérer ces informations que pour être solidaire avec elle. Quand quelqu’un vous annonçait une mauvaise nouvelle, il fallait boire avec lui ou elle. En tout cas dans un bar. Inspiré par cette nouvelle gorgée, Vincent se remémora une scène de son adolescence où il avait vu son père discuter avec un voisin dans la cuisine autours d’une bouteille de gin. Le voisin venait de perdre sa mère... Pourquoi est-ce qu’il pensait à ça, maintenant ? Allez savoir, nous en sommes sûrement à un stade où il vaut mieux ne plus se poser de question par rapport au mode de pensée du jeune Nash. Ainsi, entre ses pensées et la musique qui, par vibrations, résonnait dans son dos, il n’entendit pas Anna mentionner le prénom de Jace, par contre, il fit l’effort de se concentrer lorsqu’elle parla de sacrifice. C’était exactement ça, le sacrifice ! C’était ça que ses pouvoirs le forçaient à faire. Sacrifier son ancienne vie, sa place dans l’équipe de foot, ses amis, sa famille... Par contre il y avait un truc qu’il ne comprenait pas.

    – Qui ça, « ils » ?

    Mais il n’était pas sûr qu’elle l’ait entendu. Vincent commençait à reconnaître ce genre de comportement. Holly et Lisa en étaient les expertes lorsqu’elles buvaient. Le besoin d’ouvrir les vannes et de dire ce qu’elles avaient à dire, n’importe quoi, à n’importe qui. Il fallait juste que ça sorte. Il venait tout juste de rencontrer Anna, mais il eut l’impression que c’était de ça qu’il s’agissait. Elle confirma son hypothèse lorsqu’elle parla de raison de vivre... mais alors elle venait, sans le savoir, d’envoyer Vincent se perdre dans les limbes de sa pensée. Pour quoi vivait-il, maintenant ? Pour qui ? Avec qui ? Comment ? Faire quoi ? Le genre de question qu’il se posait souvent ces dernières semaines, mais surtout lors de moments de solitude, pendant le petit déjeuner, sous la douche ou encore dans son lit juste avant de dormir... Là, l’alcool donnait à ses interrogations une portée quasi cosmique, si bien qu’il faillit avoir le vertige. Heureusement, Anna lui fit retrouver son équilibre en l’appelant par son prénom qu’il parvint à entendre au milieu de ses questionnements et de la musique battante. La vérité... La vérité faisait mal, mais elle était vraie... par définition. Anna venait de toucher un point sensible. Un point que Louis s’était contenté d’écarter à coups de griffes, que les médecins avaient essayé de minimisé, qu’Holly avait voulu relativiser et auquel Jace avait failli donner un brin d’espoir... La froide vérité sortait de la bouche de Jezebel.

    – La vérité craint ! clama-t-il.

    Pile le genre de déclaration qui prenait tout son sens dans un bar. Il leva son verre et but une nouvelle fois afin de confirmer sa parole d’évangile. Puis il se mit à écouter Anna avec toute l’attention dont il était capable. Elle avait des yeux très très verts... il arrivait à en percevoir la couleur en dépit de l’éclairage. Un truc de dingue... Lorsque la demoiselle eut finit de cafouillé, les rouages du cerveau du pyromane se mirent en route. Len-te-ment...

    – Tu veux dire... copier mon pouvoir ? il la regarda dans les yeux. t’es sure que c’est pas... dangereux ?

    Oui même après tous ces verres il s’inquiétait du mal que pouvait accomplir son pouvoir. Il s’y était préparé avant de venir. Boire ok, mais pas de pouvoir : c’était la limite et il s’était toujours montré raisonnable jusque là, il n’avait jamais franchi les limites qu’il s’était fixé même après avoir beaucoup bu. En posant cette question, il ne pensait pas à lui ou aux risques qu’il y avait pour lui à toucher Anna, il pensait plutôt à elle et aux autres personnes présentes dans le bar. Il était hors de question qu’un d’entre eux se brûle, surtout qu’il y avait...

    – VINCEEEENT !!!!

    Tel un boulet de canon, Holly s’installa sur la banquette en percutant littéralement le jeune homme. Sans qu’il puisse avoir le temps de réagir, elle lui attrapa le visage et l’embrassa énergiquement sur la joue.

    – Je t’adooooore ! J’suis trop contente que tu sois venu.

    Il la regarda d’un air incrédule tandis qu’elle posa ses jambes sur les siennes et qu’elle entoura son cou avec les bras. C’était un peu tôt, mais elle était de toute évidence en monde « alcool heureux ». Vincent vit alors qu’elle avait été suivie par un Jason beaucoup moins imbibé qu’eux, et surtout assez gêné. C’était pas souvent qu’on le voyait gêné lui.

    – Désolé Vince, il regardait Anna en disant cela elle a finit son deuxième Bloody en cul sec.
    – Aïe... Mauvais signe. Holly et cul sec occupaient souvent les toilettes en fin de soirée.

    – Hey « Jez » ! Vincent ne se demanda même pas comment Holly pouvait connaître l’alias d’Anna. Comment vas-tu ? Alors t’as rencontré Vincent ? C’est un mec extra !
    – Merci, Holly... tu permets... commença-t-il en essayant délicatement de lui faire desserrer son étreinte affectueuse. Il savait que son amie était collante avec toutes les personnes qu’elle apprécie lorsqu’elle était ivre, mais dans son état... et vu qu’il s’agissait de Holly, lui ne voulait prendre aucun risque. Jason, tu m’aides s’teup’ ?

    Le vampire comprit aussitôt et entreprit d’aider son colocataire à se libérer, mais Holly n’avait pas dit son dernier mot, elle se glissa entre Vincent et Anna.

    – J’adore ta robe ! Et tes yeux... c’est des lentilles n’est-ce pas ? Vincent ! Fais-nous un tour de magie !
    – Oh pas question ! J’ai beaucoup trop bu !
    – Alleeeeeez !!! J’en ai parlé au DJ, il veut voir lui aussi ! Alleeeez !!!

    En cet instant, le jeune pyromane regrettait beaucoup de ne pas avoir plus d’expérience de babysitteur. Il regrettait aussi l’arrivée de ses amis qui commença à le faire dessaouler. Et ça, c’était contre productif.


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Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 1:06 Message
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" Oui ... Je viens d'y penser, " admit Jezebel, détachant les yeux. " ... C'est l'alcool ... J'ai pas tourné l'idée dans ma tête. Folie de l'instant présent, tout un tas de choses comme cela. "

Et comme une mauvaise nouvelle n'arrivait jamais seule, les amis de Vincent, ceux qui l'avait introduit dans la place, se présentèrent. En d'autres circonstances, elle aurait été heureuse de partager son dialogue, sa table, sa boisson et sa pitance - bien que pitance, ce soir, il n'y avait pas. Elle ne s'était pas commandé de plateau de victuailles à grignoter -. Elle aurait même régalé l'assemblée d'une tournée à son compte, car à vrai dire, toutes ses dépenses, si parfaitement absurdes fussent-elles, étaient couvertes par son père. Tout passait par la société, et à vrai dire, le paternel était génial, pour faire passer n'importe quel rond de serviette en frais professionnel, et c'était tout juste si il se souciait des pitreries nocturnes de sa fille : qu'elle use et abuse de son argent, au moins, elle ne venait pas se plaindre dans son bureau qu'elle en manquait. De sa version, cela était une bien bonne raison pour que la paix lui fut accordée, et il ne semblait pas qu'il y eût de plus souveraine méthode pour scier les liens générationnels ...
Toujours était-il qu'en ce moment précis, Vincent était son homme. Son interlocuteur. Toute adorable que pouvait être Holly en temps normal, cette soudaine intrusion dans son terrain de chasse privé n'était pas véritablement perçue d'un bon œil. Pas un mot, évidemment, et pas un regard de travers, bien au contraire... Anna était une femme raffinée, de celles qui, depuis l'aube des temps, cultivait avec une divine attention le mystère de leurs opinions réelles, et si il n'avait pas à douter sur la sincérité dont elle avait fait preuve à l'égard de Vincent, et des sentiments qui étaient les siens ; l'alcool aidant, elle était toute hypocrite à l'égard d'Holly, qui ne lui laissait même pas placer un de ses traits, sinon en la bombardant de questions. C'était un regard charmant qu'elle rendit à Jason, entendu qu'il était qu'elle-même avait finit cul-sec son deuxième Bloody Mary.

Une similarité dont elle aurait préféré éviter l'occurence.

" Je te remercie, et ce ne sont toujours pas des lentilles. Guère plus que la dernière fois, ou celle d'avant... "

Peine perdue, évidemment, et cette voix charmante qu'elle s'était voulu adopter, ce style sociable qu'elle s'était persuadé adopter : rien n'y faisait, car on ne l'écoutait pas. On ne l'écoutait plus. Elle redevenait l'inconnue. La paria.
La paria sans boisson, délestée de sa seule rencontre, de la seule muse qui aurait pu inspirer sa soirée. Elle qui avait tant cherché une âme désireuse de partager ses doutes et ses souffrances, elle qui espérait rencontrer quelqu'un, ou quelque chose, à la mesure de ses aspirations... Finalement, quand elle y parvenait enfin, on le lui arrachait.

La vie semblait injuste. Désespérément injuste. Tout ce qu'elle ne pouvait acheter, tout cela lui était automatiquement et irrémédiablement refusé : son avenir comme ses relations. Tout semblait ne demander qu'à s'effondrer plus vite et plus violemment encore que ça ne s'était construit...

" Je ne peux que me ranger à l'opinion de Vincent, " tenta-t-elle, " une telle démonstration n'est peut-être pas des plus indiquées, pas dans un tel état. "

Avant de laisser échapper un timide,

" Sinon, mon véhicule est à deux pas d'ici ... "
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Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 11:52 Message
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    Au moins Vincent n’était pas le seul à se laisser bercer par la douce caresse de l’alcool. C’était rassurant. Il n’y avait rien de plus triste, pour quelqu’un qui levait son verre, de le faire seul. Ainsi accompagné, il ne pouvait plus se sentir coupable d’en venir à une extrémité aussi pathétique. Quoique... l’alcool en lui-même suffisait à le faire déculpabiliser. La beuverie, c’était une question d’alignement cosmique. La boisson, l’ambiance, la compagnie. Et lorsque la balance universelle penchait trop d’un côté... l’équilibre était rompu, et là les conséquences pouvaient être imprévisibles. Ce soir, la maladresse cosmique fut commise par, douce ironie, une Holly légèrement imbibée. Vince ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Déjà, parce que c’était Holly, on lui pardonnait beaucoup de choses. Et aussi parce qu’il savait que, mine de rien, ces dernières semaines avaient été dures pour elle. Il avait également appris qu’elle était la seule à lui avoir rendu des visites régulières lorsqu’il était dans le coma. Et pour ça, il lui serait éternellement redevable. N’empêche que ce soir, son amie était une belle épine dans son pied.

    – Tu vois ! Ecoute la voix de la raison... Et c’est un prêtre qui te le dit.

    Holly pouffa de rire. Au moins pendant ce temps, elle ne les bombardait plus de questions.

    – Véhicule ? s’il fut légèrement étonné par l’utilisation d’un tel terme, Vincent exprima surtout son inquiétude. Il ne savait pas à quel point Anna avait bu, mais à moins d’avoir un chauffeur attitré, elle prendrait un gros risque en prenant le volant dans son état. Tu es sure que tu peux conduire ?

    A ce moment, il sentit quelqu’un le frapper au tibia, sous la table. Rapidement, il comprit qu’il s’agissait de Jason qui l’avait cogné tout en prenant la main de Holly pour essayer de la tirer de là. Le regard que son coloc lui lançait était plutôt équivoque.

    – Oh... murmura-t-il, soudainement éclairé par une illumination divine. Tu veux que je te raccompagne ?

    Des fois, pour ne pas dire souvent, Vince était un peu lent pour se genre de choses. Autant sur un terrain de football il se montrait particulièrement vif, autant sur ce genre de terrain, il pouvait être à la ramasse. Jason, qui ne le connaissait pas depuis si longtemps que ça, se demandait parfois comment l’étudiant avait fait pour ne plus être puceau... Il avait dû bénéficier de l’aide d’un ange gardien, c’était pas possible autrement... Heureusement, là, il devait avoir à peu près compris. Même s’il ne pouvait, apparemment, pas établir de contact physique avec la demoiselle, il pouvait toujours se montrer un minimum gentleman. Vincent se leva donc et tendit la main pour prendre celle d’Anna et l’aider à se relever. Il n’était pas expert en décodage, mais la remarque de la demoiselle était plutôt claire, elle voulait s’éloigner un peu. Etrangement, lui avait conservé son équilibre ce qui relevait du miracle vu le nombre de verres qu’il avait ingurgité. Cependant, sa tête était dans du coton et il avait l’impression d’avancer dans un monde où la densité avait changé... plus forte, moins forte, impossible à dire. Mais qui était l’imbécile qui appuyait sur ce bouton ? Fort heureusement pour sa prestance, cette perception altérée n’entravait pas ses mouvements. Le corps humain était parfois un véritable mystère... mystère que l’alcool ne faisait qu’épaissir. Après avoir réussi à se glisser entre les clients plus ou moins conventionnels de l’Eclipse, les deux supers arrivèrent à sortir. Kenny le videur gratifia Vincent d’un salut de la main. Tiens, c’était la première fois qu’un videur se montrait aussi cordial avec lui. Cet endroit était vraiment différent de ceux qu’il avait l’habitude de fréquenter... sans parler de celle qu’il accompagnait.

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Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 15:35 Message
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Il s'en était fallu de peu pour que ses illusions ne volent en fumée. La candeur, la fraîcheur, tout ce qui avait pu intéresser la Jezebel dans ce curieux prêtre qui s'était présenté à sa table ; tout cela fascinait encore Anna, mais il était clair que celui qui lui faisait face ne semblait pas réellement comprendre ce qui se jouait ici. Il ne semblait pas comprendre l'intérêt historique d'un tel geste, car c'était bien la première fois que la fille des bayous s'exprimait ainsi, avec qui que ce soit. Elle avait fait échoué les ardeurs de plus vif, plus intelligent, plus débrouillard et même plus beau que Vincent, et à des degrés d'ébriété probablement bien plus avancés, mais ce moment, ici, cette rencontre, elle avait quelque chose d'unique. Quelque chose qu'elle n'avait jamais encore expérimenté. Elle sentait toute son incompréhension, toute sa farouche ardeur à dénoncer un monde dont les nuances lui étaient pourtant relativement dures à cerner, toute sa peur, même, elle sentait tout cela s'effondrer et disparaître. Elle sentait la caresse de la lumière au bout du tunnel. Elle sentait la mort d'une personne qu'elle avait été, pour mieux renaître. Elle était décemment prête à abandonner tout cela. Elle était prête à laisser tomber le manteau et à recommencer sur de nouvelles bases.

Cela, pourtant, Vincent ne semblait pas le comprendre, et de ce point de vue, si son taux d'alcoolémie était peut-être équivalent, il semblait qu'il n'avait pas réellement le même effet que l'on pouvait retrouver à agir sur l'esprit d'Anna, et l'esprit de Marie, celui d'Elizabeth, et même celui de Jezebel. C'était tout son corps et tout son esprit qui avait été mobilisé par cette réflexion intime. Une réflexion silencieuse que seul exprimait un sourire franc et ravi. Un sourire sociable sans réel façade. Un sourire qu'elle dirigea vers Jason, le remerciant d'un hochement de tête subtil.

Oui, évidemment qu'elle voulait se mettre à l'écart. Evidemment qu'elle ne le voulait que pour lui. Un réflexe typique de ces filles gâtées d'un gratin bourgeois qu'elle n'avait jamais pensé pouvoir imaginer comme le sien, et pourtant ...

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, les deux compagnons s'étaient extirpés de la foule, et de l'établissement, sous l'oeil ravi d'un personnel qui s'était passé le mot : les parieurs les plus prudents étaient déçus, tandis que ceux qui connaissaient Anna depuis le plus longtemps - Kenny le videur qu'elle avait longuement du convaincre de la laisser entrer, malgré son âge, et Bill le barman - étaient, pour un moment, des hommes économiquement comblés. En individus avisés, à peine le mot passé et la constatation de l'état d'Anna faite, ils savaient que faire, et les paris amusants qui traînaient parmi une partie du personnel, initié depuis déjà plusieurs années qu'Anna avait réussi à pénétrer dans le bar, avaient atteint leur masse critique. Une cote qui ne pouvait que faire rire Anna.
Faisant fi de cela, ayant elle-même ajusté le bras de Vincent par-dessus son épaule en profitant de sa longue manche pour qu'il n'entre pas en contact avec sa peau, et enserrant sa main avec la sienne propre de manière à ce qu'elle ne risque pas de mouvement brusque vers une partie découverte - n'importe laquelle, à vrai dire, et moins par égard pour son intimité, dont elle se fichait à ce moment comme d'une guigne, que pour l'intégrité de son nouvel ami -

Et ils marchèrent sur le parking, Anna semblant plus adroite à marcher que Vincent, probablement en raison de ses deux uniques verres - qu'elle avait par ailleurs réglé par avance, avec un cossu pourboire qui justifiait qu'ils aient pu sortir si facilement, également, puisque de facto, c'était l'éponge, ou plutôt son père, qui s'était d'absorber les verres du flamboyant étudiant. -, le guida bon gré mal gré, respirant avec une acuité renouvellement l'air obscur pourtant si pollué de la métropole, en femme nouvelle, vers son véhicule.

Pas la Buick à hayons, pas la vieille Chevrolet décapotable un peu cabossée, ni même la ridicule AMC Gremlin, qui semblait criait avec entrain son nom de modèle à tout le pâté de maison, avec son noir métallisé sur lequel s'activaient des décorations vinyles de gobelins verts fluos -plutôt que de véritables gremlins -, autour d'un énorme logo "Gremlin" stylisé en écriture gothique d'une couleur au moins aussi criarde que ses colocataires à peau verte.
Et ce n'était même pas parler de l'outrageant aileron arrière, que l'on aurait quasiment vu comme celui d'un dragster.

Non, quand elle sortit ses clés et que les clignotants illuminèrent le parking, c'était les avertisseurs lumineux d'une voiture autrement plus contemporaine, autrement plus élégante et autrement plus subtile - si tant est que l'on ait pu parler de subtilité pour une Mustang. -. Une muscle car d'un gris très clair, parcourue du coffre au capot de bandes noires mates, arborant gaiement de multiple petits écussons métalliques de cobra prêt à bondir, là où normalement auraient dû se présenter le cheval au galop typique de ces mythiques voitures on ne pouvait plus américaines.

" Vincent, je te présente le Lynx de Fumée, " déclara-t-elle avec sérieux, faisant aller son bras du presque prêtre à la presque voiture de super-héros, avant de le faire revenir " Lynx, Vincent. "

Elle fit une pause, adoptant une moue absente.

" Elle est enchantée de faire ta connaissance. "

Elle tourna la tête vers le visage de l'étudiant, et se mit à ricaner bêtement.

" Je rigole. Je viens de trouver le nom ! Qu'est-ce que tu en dit ? "

Elle tourna à nouveau le visage vers son véhicule, reprenant un air à mi-chemin entre sa contenance précédente, et son présent fantasque :

" Si jamais je devais être une Super, un jour, je me disait qu'il me faudrait une vraie voiture de Super. " expliqua-t-elle, l'accent camouflant tout de même assez bien les élucubrations finalement assez peu alcoolisées d'une jeune fille assez imaginative, " Pour l'instant, c'est juste une Shelby GT-500 de cette année. Modèle Super Snake : un V8 Ford SVT de cinq litres huit, avec une soufflerie de trois litres six. Un échappement Borla, des freins et des suspensions de course ... Elle pousse à huit cents cinquante chevaux. Je ne te sort même pas le prix, il est indécent. "

Et c'était précisément là que l'on pouvait remarquer qu'elle était éméchée. Elle ne se serait épandue sur les détails, en temps normal, car elle avait surtout lu le manuel et inspecté par curiosité les pièces, sans réellement se sentir de les toucher, trop fébrile à l'idée de laisser la moindre trace de doigt dessus. Elle était une gamine gâtée trop proche de ses jouets, avant d'être une mécanicienne.

" Un jour ... Elle sera plus ... Une vraie œuvre d'art ... " se laissa-t-elle divaguer.

Divagation semblait être le terme, car c'était surtout un rêve. Un rêve alimenté par son renvoi de la Team Alpha et son secret espoir de récupérer un jour ses galons. Elle se voulait devenir un jour une héroïne réputée. Elle se voulait pouvoir regarder les Légionnaires dans les yeux, et elle voulait pouvoir être à leur hauteur, si ce n'était au-dessus. Ils n'avaient pas voulu d'elle ? Tant mieux, cela faisait d'autant moins de considération à avoir pour eux. Libérée du carcan d'une institution qui n'avait pas été en mesure de l'accepter comme elle était, elle ne se sentait que mieux. Un véritable oiseau libre de quitter le nid. Evidemment, les à-côtés n'en étaient pas moins terribles, et que ce fut soi-disant pour "assurer sa sécurité" que par un manque de considération pour l'initiative personnelle - ou, se plaisait parfois à penser, une jalousie ... -, elle se savait épiée, surveillée.

Cela faisait parti du jeu, après tout, et cela ne rendrait la récompense et l'ascension que plus palpitante et plus gratifiante.

Et en ce moment, elle se laissait à penser, en regardant Vincent, qu'il pourrait peut-être faire un véritable Super, lui aussi.
Ils feraient deux bons bras-cassés, avec leurs pouvoirs, mais deux bras-cassés capables de penser par eux-mêmes, avec une véritable motivation.

Ah, l'amour dans l'esprit des jeunes filles...
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