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« L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir » ft. Patron chéri ♥

 
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Message posté : Lun 13 Oct 2014 - 15:51 Message
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Officier de la Pénombre
Officier de la Pénombre

Renan Le Guerec
Officier de la Pénombre

Personnage
« L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir » ft. Patron chéri ♥ - Page 2 RangPseudo

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2013
ϟ Nombre de Messages : 5038
ϟ Nombre de Messages RP : 1703
ϟ Célébrité : Corin Nemec
ϟ Crédits : Moi (kit) ; Noélie (rang)
ϟ Doublons : Adrian Pennington, Mikhaïl Lesovsky, Ezio Valentino
ϟ Âge du Personnage : 34 ans
ϟ Statut : Divorcé, un enfant
ϟ Métier : Laveur de vitres
ϟ Réputation : Niveau 1
ϟ Signes particuliers : 1m85/90, silhouette athlétique, cheveux bruns coupés courts à la mode militaire. Quelques tatouages qu'il ne montre pas.
ϟ Pouvoirs : Contrôle du magnétisme. Liste détaillée des pouvoirs disponible ici
ϟ Liens Rapides :
Joueur
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ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2013
ϟ Nombre de Messages : 5038
ϟ Nombre de Messages RP : 1703
ϟ Célébrité : Corin Nemec
ϟ Crédits : Moi (kit) ; Noélie (rang)
ϟ Doublons : Adrian Pennington, Mikhaïl Lesovsky, Ezio Valentino
ϟ Âge du Personnage : 34 ans
ϟ Statut : Divorcé, un enfant
ϟ Métier : Laveur de vitres
ϟ Réputation : Niveau 1
ϟ Signes particuliers : 1m85/90, silhouette athlétique, cheveux bruns coupés courts à la mode militaire. Quelques tatouages qu'il ne montre pas.
ϟ Pouvoirs : Contrôle du magnétisme. Liste détaillée des pouvoirs disponible ici
ϟ Liens Rapides :
La perspective de laisser Louis tranquille n'avait pas l'air d'enchanter Raphaël, mais c'était un point que Renan soupçonnait au moment de poser cette clause. Soyons honnêtes : il doutait que l'archidémon survive, mais étant d'une nature prudente, l'Officier de la Pénombre se voyait mal laisser passer une pareille occasion sans la saisir au vol. C'était le moment idéal pour obtenir une promesse aussi contrariante pour Raphaël étant donné que ce dernier ne se serait pas gêné pour le faire mariner en temps normal. Bref, tout cela pour dire que l'accord lâché du bout des lèvres fut suffisant pour le Breton. Mais peut-être qu'il aurait dû réfléchir davantage en posant ses conditions ? Louis l'avait prévu que les démons jouaient sur les mots et trouvaient toujours une solution pour contourner les termes d'un accord histoire de tout de même réussir à atteindre leurs objectifs. Sauf que le corps de Cornelia rendait l'âme – enfin, manière de parler – et que Tesla n'était pas certain qu'elle aurait supporté encore des heures de bavardage.
L'accord fut donc scellé oralement et Renan décida de chasser le sorcier et ses avertissements de ses pensées étant donné que le situation ne s'y prêtait plus vraiment.

 
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Ich will dass ihr mir vertraut, ich will dass ihr mir glaubt, ich will eure Blicke spüren, jeden Herzschlag kontrollieren. Ich will eure Stimmen horen, Ich will die Ruhe storen. ♦️ ©️ Rammstein



Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 10:50 Message
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Raphaël sourit, un vilain sourire de démon, qui se mua en gloussement. Reposant son amante sur l’oreiller, Tesla remarqua alors le filet de sang s’échappant d’entre ses lèvres. Il se pencha sur le côté et vomit le surplus d’hémoglobine au moment où la porte s’ouvrit.
Ils étaient encore nus, dans une position qui ne laissait aucuns doutes quant à ce qui venait d’arriver mais même sans cela, Hati aurait été capable de le sentir grâce à son odorat animal. Raphaël et elle échangèrent un regard, puis la déesse leva les yeux au ciel. Elle jeta sur le sol un fardeau, que Raphaël identifia comme un corps masculin. Il ne voyait pas son visage pour le moment, l’homme était face contre terre, inconscient.
Dans son dos, Siobhan apparut. Elle n’avait pas l’air dans son assiette mais elle prit néanmoins une bonne minute pour juger de la situation, avant de finalement secouer la tête et de se diriger vers Raphaël.

- C’est quoi, ce truc, là, par terre ?
- Ton nouveau corps.
- Tourne pour voir, exigea le démon.

Hati n’aurait pas obéit en temps normal, le regard qu’elle lui lança était d’ailleurs très clair quant à ce qu’il pouvait faire de ses ordres et où il pouvait se les mettre. Pourtant, elle prit un malin plaisir à donner un coup de pied dans l’enveloppe pour la mettre sur le dos.

- Tu te fous de moi ou… ?
- Quoi, il ne te plait pas ? raya-t-elle. Un si beau garçon, tellement excentrique, ta sorcière avait l’air de croire qu’il serait parfait.

Et pour être excentrique, il l’était…Il suffisait de voir ses fringues. On pouvait reprocher beaucoup de choses aux japonais mais certainement pas leurs goûts vestimentaires ! Il se demandait qui était ce type, d’où il sortait et surtout, comment Siobhan avait mis la main dessus aussi vite. Trois heures maximum s’étaient écoulées depuis son coup de téléphone, certainement un peu moins…Mais toutes ces questions devraient attendre la réussite de l’opération suicide qu’ils comptaient entreprendre ou plutôt, de l’opération « dernière chance ». Raphaël ne voulait pas le montrer mais il était nerveux et effrayé. La félicité provoquée par l’échange avec Tesla et le fait d’avoir planté une graine démoniaque –ou plutôt renforcé la minuscule qui vivait en lui grâce aux quelques gouttes de sang qu’il avait ingéré- dans son corps ne suffisait plus à lui occuper l’esprit. Un mouvement sur le lit lui apprit que Tesla était descendu pour remonter son pantalon. Hati le regardait d’un drôle d’air, comme si elle hésitait entre piquer une crise et se moquer de lui. Mais ce n’était pas vraiment le moment.

- Bon…Viens ici et prend ma main. Je vais te guider dans ce que tu dois faire, montrer à ton pouvoir où il doit aller, mais ce sera ta magie, compris ? Ça me pompera ce qu’il reste d’énergie et de stabilité au corps de Cornelia, alors si tu échoues, considère que c’est un adieu…

Il échangea un regard avec Hati. Un regard que seule la chienne pouvait comprendre.
Si j’y passe, tue la.
Pas par vengeance, non.
Mais Raphaël ne partageait pas ses jouets.
 
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Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 14:50 Message
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Il y a des sentiments difficilement contrôlables.
J’étais passée maîtresse dans l’art de contrôler la moindre de mes manifestations physiques, manipulant mon propre corps avec l’efficacité et la délicatesse d’une artiste consommée. J’avais appris à me maîtriser, pour ne montrer de moi que ce que je voulais montrer. Bien sûr, il existait des êtres sur Terre qui savait tout de moi. Qui n’avaient jamais eu le droit qu’à la vraie Siobhan, la personne sincère, loyale, et à la morale pourtant extensible.
Mais globalement, je n’aimais pas être lue comme un livre ouvert. Mes sentiments, mon intimité.

Comprenez mon étonnement quand, au détour de mes occupations diurnes, je me figeais, le souffle court, une sensation d’angoisse incontrôlable au creux de l’estomac. Je me sentais… folle d’angoisse. Saisie par une inquiétude qui n’était pas la mienne à l’origine. Mes mains se crispèrent sur ce qu’elles tenaient, en l’occurrence, une poignée de couverts que je rangeais dans ma cuisine (oui, même les sorcières jouaient les ménagères par moment). Je me fis la réflexion que j’avais de la chance d’être seule.

« Aïe ! »

Je lâchais tout ce que j’avais en main, surprise. A force de serrer le poing, je m’étais carrément coupée. Et je ne savais toujours pas ce qui…
Raphaël. La sensation de familiarité qui m’avait étreinte s’éclairait tout à coup. Le démon venait de me… contacter ? De m’appeler au secours, avais-je l’impression ? Pourquoi ? Je ne pouvais tout simplement pas l’imaginer vulnérable, c’était trop perturbant. Alors l’imaginer en danger au point qu’il prenne le risque de se dévoiler de la sorte. Enfin, c’était de l’angoisse qui m’était parvenue ! J’avais connu Raphaël joueur, psychopathe, charmeur, furieux, je l’avais connu simplement agacé et même préoccupé, mais jamais, ô grand jamais je n’avais ressenti la moindre once d’inquiétude réelle en lui. Parce qu’il avait bien caché son jeu, ou parce que je n’y avais jamais fait attention, persuadée que j’étais qu’il n’avait aucun risque de mourir, de se perdre ?

Un instant, figée dans ma cuisine, une partie de moi dressa la tête, au fin fond de ce qui me restait d’âme… Une part de moi qui mourrait d’envie de se libérer, une minuscule part qui savait que je n’étais rien de plus qu’un jouet entre les mains d’un être aussi cruel qu’un enfant peut l’être par moment, qui savait que je n’aurais jamais renoncé à me battre de la sorte en temps normal, s’il n’y avait eu, ni syndrome de Stockholm, ni graine démoniaque, ni échanges répétés de sang et autres coucheries. Une part de moi que je réprimais sévèrement, quand il fut un temps où je l’aurais portée aux nues et avivée.
Je ne voulais rien de tel que la liberté. Bizarrement, je m’étais attachée à Raphaël, depuis que je le connaissais. Même ses ennemis ne m’inquiétaient plus, je m’étais tellement persuadée qu’il ne pouvait pas disparaître. Je voulais être proche de lui, je voulais lui plaire, et à l’instant, je voulais juste le sauver.
Une rude tâche, à priori. De ce que j’entrapercevais à travers notre lien métaphysique, pour la première fois largement ouvert dans les deux sens… Quelque chose allait très mal.
Identifier le problème, trouver une solution, et trouver le démon. C’était jouable. J’allais y arriver.

Bon, il fallait prendre les choses dans l’ordre. Et pour identifier la menace, rien de tel que de remonter à la source. J’espérais que quel que soit le problème qui avait poussé Raphaël à m’appeler à la rescousse, il serait en mesure de répondre. Lui, ou quelqu’un à même de m’apporter une réponse cohérente. Je composais le numéro après avoir chercher le nom convoité dans le répertoire, et patientais en déambulant nerveusement dans la pièce.

« Quoi ?! »

D’accord… J’avais le droit à un aboiement en guise de réponse ? Et c’était qui, d’abord, cette garce ?

« J’ai besoin de parler à Raphaël, il m’a… appelé.
- Il n’est pas disponible pour le moment, la rouquine. Alors va voir ailleurs si j’y s…
- Mais je t’emmerde ! Qu’est ce qu’il se passe ? Qu’est ce qui ne va pas ? Est ce que ça va s’arranger ?
- Il est mortellement blessé. » La pétasse à l’autre bout du fil baissa de quelques tons, jusqu’à murmurer seulement. « Non, ça ne va pas s’arranger tout seul. Il ne peut pas bouger de là, je te rappelle ! Il serait déjà mort s’il n’était pas en train de sucer mon sang comme un vampire.
- De sucer ton… Oh, peu importe, on s’en fout. Il y a bien quelque chose à faire, non ? »

A ce stade, la panique commençait à percer dans ma voix. Il y avait forcément une solution. Il y avait toujours une solution.

« Je vois pas ce que tu pourrais faire, sauf si tu es capable de briser le sceau qui garde son transfert et de lui trouver un nouveau corps en moins de six heures ? Parce que d’ici là, j’aurais plus de sang et ce que Tesla lui a fait sera définitif.
- »

Je gardais le silence un moment. Pensive, en pleine réflexion, et surtout tendue comme un arc.

« Je vais me débrouiller. T’auras ce qu’il te faut en temps et en heure. Je… J’ai une idée. »

Un marmonnement affirmatif plus tard, la tonalité m’indiqua que la femme qui m’avait répondue, qui qu’elle soit par ailleurs, avait raccroché. Je restais plantée là, dans mon salon, cette fois, un moment, les yeux perdus dans le vide. Raphaël avait été… blessé ? Il risquait de mourir ? Pour de bon ? N’était-il pas censé retourner dans sa dimension d’origine dans ce cas ? Mais non, il ne pouvait pas… Bélial, il avait des ennuis avec Bélial. Un des princes infernaux, un de ses ennemis. Si celui-ci l’attendait à l’arrivée. Je frissonnais. Je préférais ne pas imaginer le résultat.
Attendez… elle avait bien dit Tesla. Oh, l’abruti. Le sombre idiot. Il avait vraiment blessé le démon à mort … J’étais partagée entre une certaine admiration devant son indécrottable inconscience, et une colère déraisonnable qui ne me ressemblait pas. J’allais le tuer. Remarquez. J’étais prête à parier que, quoi qu’il ait fait, il commençait enfin à comprendre qu’il était indubitablement le dindon de la farce, dans l’affaire. Ça ne pouvait pas lui faire de mal… Mais j’avais presque de la peine pour lui.

Mes réflexions s’interrompirent là, et je jetais mon portable dans mon sac, passais dans le bureau récupérer mon nécessaire à magie. Le corps de Raphaël se mourrait. Il y avait une solution indéniablement simple à cela : il suffisait de transférer son essence dans une autre enveloppe. Je ne savais pas le faire, pas seule, mais mon archidémon pourrait me guider, je n’en doutais pas. Il suffisait qu’il tienne jusque là. Et putain, il avait intérêt à tenir. Je n’avais pas subi tout ça pour des prunes. Je sortis de l’appartement telle une tornade, furieuse, remontée à bloc, et décider à faire ce qu’il fallait pour régler le problème de Raphaël. La première étape s’imposait… il me fallait trouver un nouveau corps. Comme souci de logistique, pas de doute, ça se posait là.
J’étais certaine que le démon serait capable de râler après moi si le corps que je choisissais ne lui convenait pas… La moquerie intérieure me tira un pâle sourire, et je passais en revue mes connaissances. Ces personnes que je côtoyais au quotidien, ou au moins régulièrement, mais de qui je n’étais pas réellement proche. Des personnes sacrifiables sans que je n’en ressente aucun état d’âme.
Pas assez beau et/ou charismatique, pas un homme (quoi, je pouvais faire jouer mes propres préférences, non ? Et puis Raphaël se considérait comme un mâle dominant, donc…), complètement con, ou trop faiblard. J’écartais un certain nombre de personnes, parfois aussi parce qu’elles étaient trop protégées, au sein du Cartel. Et puis, je repensais à ce type… Je ne me souvenais plus de son nom, mais j’avais un bon souvenir de lui.

Un asiatique expatrié par ici. Plutôt séduisant, cheveux bruns-roux quand je l’avais rencontré, et portés assez long. Assez fin mais musclé malgré tout. Un peu excentrique, mais toujours charmeur, et ma foi, doué de sa petite personne. J’avais couché avec lui. Plusieurs fois. Au delà de mes préférences, j’étais quasiment sûre de ne pas trouver mieux. Je ressortis mon téléphone avec empressement – six heures, c’était abominablement court quand la vie de quelqu’un qui comptait était en jeu, et cherchais son numéro dans le répertoire – pour recontacter la femme qui m’avait répondu et lui demander de me retrouver en bas de chez moi.

Dix minutes passèrent, puis vingt. Au bout d’une demi-heure, je commençais à envisager de fourrer Raphaël dans la mamie de quatre-vingt ans qui habitait en face de chez moi. Oui, vraiment. C’est à peu près à cet instant qu’une femme assez menue, petite, blonde (étonnant) mais affreusement… belle arriva. Et terriblement connue. Je rêvais ou Ida Mikkelsen venait de débarquer ? Pfff. Pas étonnant qu’elle ait attiré l’œil de Raphaël. Enfin, elle respirait la suffisance même si son visage était légèrement déformé par une inquiétude qu’elle devait sans doute avoir dissimulé jusque là. Je ne savais pas quoi, mais quelque chose me disait qu’elle n’était absolument pas du genre à montrer sa façon d’être aux autres. Vu sa puissance, ce n’était pas un jouet comme un autre. Ceci dit, je me secouais de ma contemplation pour me remettre en route. Ce monde ne tournait pas rond, c’était définitivement établi.

« On s’arrache ou on prend racine ? »

La blonde me jeta un regard assassin, et je retins un frisson. J’aurais juré qu’à un autre moment, en une autre occasion, j’aurais déjà été morte à ses pieds. Note : se méfier de la blonde. Danger.
Notre troupe mal assortie grimpa dans une voiture anonyme, qui était conduite par un type tout aussi banal. Nous allions dans une boîte que j’avais beaucoup fréquentée en mon temps. Un véritable repère de créatures magiques en tout genre, dans lequel je n’avais pas besoin de faire attention à ne pas laisser mon pouvoir fuir. Un endroit dans lequel le propriétaire, c’est à dire ma future victime, m’avait un jour remarquée et invitée sans subtilité à passer quelques nuits ensembles.

J’avais passé de bons moments avec lui, mais je ne m’étais jamais réellement attachée. Je venais de trouver une nouvelle utilité à mon ancien plan cul, pour dire les choses élégamment. Vive moi. Pendant tout le trajet, le silence s’installa. Une nouvelle occasion de me ronger les sangs. D’autant plus que j’avais en permanence l’impression de ressentir le profond malaise de Raphaël, qu’il devenait le mien à chaque minute qui passait.
Enfin arrivée devant la boîte, je jaillis presque de la voiture, tant le sentiment d’urgence s’était fait prenant. Il n’y avait rien de plus désagréable. Mon accompagnatrice me suivit. Quelques cajoleries plus tard, et après avoir demandé à ce qu’on annonce ma présence au gérant, je me retrouvais dans son bureau – sur son bureau, même, tandis qu’Ida, cachée sous une de mes illusions, s’approchait de lui.
En tout et pour tout, il nous fallut approximativement une demie heure pour entrer, assommer monsieur, et repartir. Sans que personne ne se rende compte de rien. Le monde n’était-il pas merveilleux ?

A ce stade, la blonde me mit un bandeau sur les yeux, l’hôte futur sur son épaule (heureusement que mon illusion était encore active). Après m’avoir contemplée avec l’air de se dire qu’un bon coup sur la tête aurait eu le même effet, elle m’avait privé de la vue. Mon intuition me disait que j’allais visiter les locaux de la fameuse organisation dont Tesla m’avait rabattu les oreilles lors de notre seconde rencontre.

Quelques temps plus tard, je me trouvais devant une porte anonyme au milieu d’un couloir désert, si ce n’était notre petit trio, le cœur battant à mille à l’heure alors que je sentais la proximité de Raphaël, et toujours cette angoisse, toujours cette inquiétude, cette crainte dévorante qui me mettait si mal à l’aise. La blonde poussa la porte, et je pénétrais la pièce à sa suite. J’étais presque décomposée, à ce stade – comme si une partie de moi infime était aussi mal en point que le démon que je cherchais du regard, attirée comme par un aimant par sa présence. Je ne fis même pas attention à Renan de prime abord.
A côté de moi, Ida redressa la tête brusquement, les yeux étrécis, et sembla hésiter entre une franche colère et une moquerie poussée. Je ne compris pas, jusqu’à trouver le principal intéressé. Nu. Avec Renan dessus.

Je sursautais. Le comique de la situation m’arracha un léger rire. Sérieusement ? Renan, le même mec qui m’avait assené à répétitions que ses liens avec Raphaël n’étaient que professionnels et divertissants, et qu’ils resteraient en l’état… Ce Renan là avait couché avec l’archidémon. Dieux tous puissants. Il aurait sûrement été plus correct qu’il s’était fait baisé par Raphaël, je crois. Et avec brio avec ça. Je pouvais parier jusqu’à mon âme que quelqu’un avait été très manipulateur ici et avait réussi à tromper Tesla. Je ravalais pourtant mon hilarité en constatant l’état de mon tortionnaire favori.
Ce n’était pas beau à voir. Je n’avais jamais connu Raphaël si… vulnérable. Du sang coulait de ses lèvres, et Cornelia avait l’air au bout du rouleau. Je comprenais mieux l’urgence éventuelle, tout à coup. Je secouais la tête, lâchais un soupir, ravalais mes commentaires éventuels. Ce n’était pas le moment. C’est pourquoi je me dirigeais vers lui en silence.

Mon cœur se serrait de le voir en si mauvaise posture. Et j’espérais réussir à arranger les choses. Avec son aide, avec celle de la garce blonde (qui fixait Renan d’un air ouvertement moqueur, par ailleurs), nous allions bien arriver à quelque chose. Et puis, je devais admettre que la sorcière passionnée en moi se réjouissait d’avoir l’occasion de tester un nouveau sort, surtout de cette complexité. Bref.
Je me retournais vers… comment avais-je dit qu’il s’appelait déjà ? Passons, de toute façon, dans quelques temps, si tout se passait bien, il aurait disparu. Je me retournais donc le futur hôte de Raphaël qui avait été jeté par terre sans ménagement. Décidément, Mikkelsen était d’une épatante délicatesse.

Calme, presque effacée à côté des trois êtres qui dégageaient chacun un pouvoir différent et pourtant tellement caressant pour mes sens magiques, je me sentais vraiment toute petite… Même si, ne lui en déplaise, Renan n’atteignait pas le même potentiel, je suppose. Et puis, je n’étais pas vraiment aidée, parce que côté arrogance et suffisance, les trois personnes dans la pièce se posaient là. Oui, j’incluais Ida d’office dans le tas, même sans la connaître. J’avais le jugement rapide quand on me prenait pour une idiote finie. C’était pour ça que ma première rencontre avec Renan c’était plutôt mal passée d’ailleurs, même si nous avions bien rattrapés le coup la seconde fois. Sans m’adresser à personne dans la pièce (j’en avais ras le bol d’être la dernière au courant de tout, la petite chose bien pratique qu’on sortait de la manche juste quand il fallait, la sorcière qu’on essayait de manipuler à sa guise. Ras le bol), je commençais à repousser les quelques meubles qui me dérangeait contre les murs (et si quelqu’un s’en offusquait, il pouvait s’enfoncer ses protestations bien profond. Ils n’avaient qu’à pas se foutre sur la gueule comme des gamins de quatre ans, ces deux abrutis). Je préférais savoir que j’aurais de la place pour travailler.
Je me plaçais à côté de Raphaël, fis signe à l’autre blonde de venir près de moi tandis que je plaçais ma main dans celle de Cornelia en écoutant attentivement. Après une moue agacée, elle obtempéra, échangeant un regard avec le démon. Je passais de l’un à l’autre, interrogatrice.

« Tu n’as pas intérêt à rater ton coup, la rouquine, c’est clair ? »

Je lui jetais un regard immensément ennuyé (même si j’étais quand même vaguement inquiète, la puissance de cette femme fuyait par tous ses pores et était… écrasante).

« Tu ne veux pas arrêter d’être si chienne et me laisser travailler, plutôt ? Chaque minute qui passe est une minute qui nous rapproche de l’échéance. Tu as oublié, ou tu es juste complètement idiote ? Alors ferme ta gueule, lâche moi, pour ne pas déranger, compris ? »

Bizarrement, l’actrice parut soufflée par ma réponse. Quoi ? Elle s’attendait à ce que j’éclate en sanglots en la suppliant de me lâcher, ou… ? Ou alors, c’était mon inconscience latente qui la choquait. Oui, ça devait être ça. Devais-je lui signaler que je n’envisageais pas d’échouer, de toute façon, et que ses menaces étaient donc nulles et non avenues ?
En tous cas, sur un dernier regard mauvais, elle se tut. Je pris quand à moi ma dague et m’ouvrais largement le poignet puis fis de même avec ma voisine directe, après lui avoir demandé son accord. Ida me servirait pour la puissance pure, je fournirais le pouvoir et la capacité à le modeler, et Raphaël passerait par moi pour me guider. Je me retrouvais donc avec mon sang qui coulait, la main gauche sur la plaie de la blonde et la droite dans celle de Cornelia.

« Tu devrais t’écarter de là, Tesla, je crois. Je vais avoir besoin de place, et même si tes propres dons ne sont pas magiques, ça risquerait de créer des interférences. »

Puis je mobilisais ma volonté. Contrairement à certains, comme Raphaël, j’avais besoin de véhiculer ma magie par des symboles. Symboles que je savais tracer. Le démon prendrait le relais pour guider mon pouvoir dans la bonne voie quand on en arriverait à activer le cercle.
Mon sang se dirigea vers le sol et traça un motif complexe autour de l’hôte, Cornelia, Ida et moi. Ce premier cercle servirait d’ancrage à l’essence de Raphaël et surtout faciliterait la tâche au démon pour m’utiliser comme focus. Le second fut fait à partir de l’hémoglobine d’Ida, cette fois, englobant le premier, et ayant pour rôle de s’attaquer à la partie du sceau qui enchaînait la capacité de transfert de l’archidémon. C’était le plus important. Le dernier, bien que large et apparemment très compliqué, était un sort assez mineur qui avait simplement pour but de nous couper de toute interférence magique. Le rituel était suffisamment complexe pour que nous n’ayons pas à nous soucier de ce qui pouvait nous agresser.

Le tracé des différents motifs avaient quelque chose de très élégant, le sang semblant être animé d’une volonté propre tandis qu’il formait l’espèce de pentacle dont nous aurions besoin. Si la situation n’avait pas été si grave, j’aurais savouré un instant de satisfaction. Dans l’état actuel des choses, je me contentais de me tourner vers Raphaël, le regard déjà à moitié perdu, presque illuminé par le pouvoir.

« On peut y aller. »

Jamais de ma vie je n’avais adressé de si ferventes prières à Morrigan. Je ne savais pas trop comment elle prendrait mes suppliques pour que le sort épargne un démon, cela dit. Maintenant que j’y pensais, je n’étais même pas sûre que cette divinité là connaisse la clémence.
 
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Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 16:53 Message
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Sans mauvais jeu de mot, on pouvait affirmer que Tesla et Raphaël avaient baisé à mort. Leur petite partie de jambe en l’air avait presque achevé le démon. Les assauts de son amant avaient privé son corps d’une stabilité nécessaire à une survie de maximum six heures et pourtant, Raphaël ne le regrettait pas tant que ça…Même s’il aurait aimé que le cœur de Cornelia cesse de battre pendant, ç’aurait été un moins grand poids sur ses épaules. Lâche ? Peut-être un peu, mais à dire vrai, il craignait d’échouer, même avec l’aide de Hati et de Siobhan. Il craignait de voir la mort arriver de face et d’être forcé de prendre sa main. Pourtant, c’était lui qui avait appelé sa sorcière à l’aide…

Raphaël s’obligea à se concentrer sur le cas du sceau. Il observa Siobhan tracer différentes runes sur le sol, qui seraient utiles lorsque le transfert aurait commencé. Hida rapprocha le corps de l’asiatique pour qu’il soit à portée de transfert puis, après une dernière vérification, le rituel commença.

- Ecoutes ma voix dans ton esprit, concentre toi sur elle. Je vais ouvrir en grand le lien entre nous et toucher ta graine, pour que tu puisses visualiser ce que je veux te montrer. Le sceau est une construction à sept étages, chacun pourvu de sept sceaux mineurs, ce qui fait 49 en tout. Celui qui garde mon transfert est dans le deuxième cercle, en sachant que le septième est le moins résistant…C’est le 6e sceau mineur du deuxième cercle, il ressemble à deux lignes parallèles avec une tige sous la seconde barre, qui se crolle au-dessus de la première.

Mentalement, le démon visualisa la forme précise du sceau qui bloquait cette capacité et la montra à Siobhan.

- Il est probable qu’au moment où ta magie approchera le Sceau, elle soit repoussée. Tu devras forcer le passage et empêcher qu’il remonte jusqu’à toi parce que si l’énergie noire de Bélial te touche, considère que tu es morte. Tu vas devoir déverser suffisamment de pouvoir dessus pour le noyer et qu’il se fissure. Une fois que ce sera fait, je n’aurais plus qu’à enfoncer la fêlure.

Il parlait par métaphore, comme si le sceau était une entité solide, comme si Siobhan pouvait réellement le toucher, comme si Raphaël était capable de l’enfoncer. La métaphysique était un concept complexe à appréhender et mieux valait procéder par association d’image. Un bouclier mental était comme une forteresse imprenable construite autour d’un esprit, par exemple. Le sceau était comme une prison aux barreaux très étroits…
Une fois qu’il fut assuré qu’elle avait bien tout compris, il posa la seconde main de Siobhan directement sur son ventre et des symboles, semblables à ceux qui couraient en temps normal sur le corps de Cornelia, commencèrent à apparaître. Il posa sept des doigts de la sorcière sur un point bien précis et tapota son index gauche.

- C’est par là que le pouvoir va passer. Tu visualises l’ensemble ? Maintenant, envoie le pouvoir.

Et plusieurs choses se passèrent en même temps.
Le corps de Cornelia se mit à briller d’une lumière aveuglante et un hurlement inhumain sortit de sa bouche. Un son qui était familier à tout habitant de Dis, comme l’était le chant des oiseaux sur la Terre Prime. Raphaël ressentit une pression infernale sur son essence même tandis que Siobhan concentrait le pouvoir divin d’Hati et la magie de Morrigan en un même point. Il espérait que la déesse ne rechignerait pas trop à accorder ses faveurs pour sauver l’agaçant démon mais visiblement, il s’inquiétait pour rien. Au bout de ce qui sembla durer une éternité, Raphaël sentit quelque chose céder, comme un élastique beaucoup trop tendu. Au même moment, le cœur de Cornelia cessa de battre. Heureusement, dans un sursaut désespéré, il avait attrapé la main de son nouvel hôte et l’essence glissa du corps de Cornelia jusqu’à celui du dénommé Nagato Ryúkage.
Et oui, il avait saisi l’ironie.

Une ombre noire, un amas de ténèbres purs sortirent d’un corps pour se précipiter dans un autre. Un œil exercé aurait remarqué une chaine argentée sertie d’un millier de symboles illisibles pour le commun des mortels, mais Raphaël était trop pressé pour remarquer ce qui serait, dans quelques instants, une évidence.

Cornelia rendit son dernier soupir tandis que Raphaël se battait avec l’âme d’Hao pour le contrôle du corps. Heureusement, cette fois, il ne serait pas question de partager. L’archidémon était plus puissant que l’humain, si bien qu’à terme, il dévora l’âme de sa proie. Personne n’avait assisté au bref combat métaphysique, le corps ne bougeait pas, ni celui de Cornelia, ni celui de Nagato, ce qui laissait croire à l’échec de la manœuvre…

Et enfin, au bout de plusieurs minutes pendant lesquelles le démon ne sut pas ce qui se passait, Raphaël ouvrit les yeux.
Deux billes rouges fixèrent le plafond. Il prit une profonde inspiration et se redressa, sans parvenir à croire que Siobhan avait réussi à briser un sceau mineur créé par Bélial. Il observa sa funeste prison de chair, Cornelia le fixait, morte, les yeux grands ouverts, du sang coulant le long de sa joue. Avec jubilation, Raphaël était persuadé avoir retrouvé tous ses pouvoirs, être capable de créer des AilesOmbres, de pratiquer la magie de Dis comme autrefois…
Mais il déchanta rapidement lorsque ses tentatives échouèrent lamentablement.

Et il commença à rire. Un rire de dément.

Un sceau transférable. Bélial avait créé un sceau qui était ancré directement sur l’essence de Raphaël et non pas sur le corps de Cornelia, comme le démon l’avait toujours cru. Pendant une demi-seconde, il était persuadé de s’être libéré définitivement de cette abomination, mais il avait sous-estimé l’esprit tordu de son père.
Assis, les genoux ramenés contre lui, la tête entre ses mains, Raphaël aspirait l’âme de Nagato, ainsi que ses souvenirs. Apprenant tout sur sa vie, sur ses derniers instants et sur…
Il releva soudain la tête, ses yeux rouges fixant Siobhan d’un air mauvais.

- Petite trainée…, murmura-t-il d’une voix étrange.

Sur quinze ans, il s’était habitué au timbre de Cornelia.
Puis il tourna le regard vers Tesla.

- On dirait bien que la mort, c’est pas pour tout de suite…Oups

Il ponctua sa phrase d’un gloussement, incapable de reprendre le contrôle de lui-même. Il était soulagé, incroyablement…Soulagé. Comme jamais il ne l’avait été auparavant, ce qui le perturbait. En même temps, il n’avait jamais frôlé la mort auparavant…Mais ça avait eu du bon. Grâce à Siobhan, dont l’énergie avait tellement été drainée qu’elle se retenait au bord du lit pour ne pas s’écrouler, il avait récupéré l’un de ses pouvoirs les plus fondamentaux et il se sentait…Incroyablement vivant.
 
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Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 19:46 Message
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Officier de la Pénombre
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Renan Le Guerec
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Personnage
« L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir » ft. Patron chéri ♥ - Page 2 RangPseudo

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2013
ϟ Nombre de Messages : 5038
ϟ Nombre de Messages RP : 1703
ϟ Célébrité : Corin Nemec
ϟ Crédits : Moi (kit) ; Noélie (rang)
ϟ Doublons : Adrian Pennington, Mikhaïl Lesovsky, Ezio Valentino
ϟ Âge du Personnage : 34 ans
ϟ Statut : Divorcé, un enfant
ϟ Métier : Laveur de vitres
ϟ Réputation : Niveau 1
ϟ Signes particuliers : 1m85/90, silhouette athlétique, cheveux bruns coupés courts à la mode militaire. Quelques tatouages qu'il ne montre pas.
ϟ Pouvoirs : Contrôle du magnétisme. Liste détaillée des pouvoirs disponible ici
ϟ Liens Rapides :
Joueur
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ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2013
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ϟ Âge du Personnage : 34 ans
ϟ Statut : Divorcé, un enfant
ϟ Métier : Laveur de vitres
ϟ Réputation : Niveau 1
ϟ Signes particuliers : 1m85/90, silhouette athlétique, cheveux bruns coupés courts à la mode militaire. Quelques tatouages qu'il ne montre pas.
ϟ Pouvoirs : Contrôle du magnétisme. Liste détaillée des pouvoirs disponible ici
ϟ Liens Rapides :
Le gloussement que Raphaël avait eu n'était pas franchement engageant et la possibilité qu'il se soit montré trop faible effleura l'esprit de Renan. Mais il ne dit rien. Lorsque la porte s'ouvrit, il se contenta de jeter un coup d’œil aux troubles-fête pour constater avec un déplaisir certain qu'il s'agissait de la garce d'Ida – quant à Siobhan, il s'y attendait vu le discours tenu quelques heures plus tôt. Un nouveau corps était apparemment arrivé, il s'agissait visiblement d'un asiatique – un homme – ce qui ne représenta qu'un intérêt bien moindre pour le Français. Il se fichait pas mal de l'enveloppe extérieure du démon : tout ce qui l'intéressait à cet instant, c'était de savoir si ce dernier allait s'en sortir ou non. Se redressant, Tesla quitta le lit pour se rhabille correctement, ignorant avec insistance le regard que l'autre garce lui lançait. Qu'elle la ferme. À la moindre remarque, ils auraient besoin de trouver un hôte pour elle aussi – une vieille édentée de préférence. Ce faisant, Renan laissa la sorcière s'occuper de tout ce qu'il y avait à faire, ne voyant pas grand-chose à faire compte tenu de son manque de connaissance en la matière.

Il laissa Siobhan faire son petit manège, achevant de remettre tous ses vêtements en place au moment où elle interpella Ida pour commencer à se crêper le chignon avec elle. Renan ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel devant l'espèce de scène de jalousie – du moins c'était ainsi qu'il l'interprétait – qui se déroulait sous ses yeux. Quoi qu'il en soit, site à l'avertissement de l'Irlandaise, le Français s'écarta du trio pour se placer à l'autre extrémité de la pièce histoire de leur laisser faire leur petit ménage. Bien sûr, il observa le tout de loin, sa curiosité étant plus forte que le mépris qu'il vouait à certaines personnes présentes dans cette pièce, mais son manque de connaissances l'empêchait de comprendre ce qui se passait réellement. Le rituel avait beau être impressionnant, aux yeux du Français il apparut surtout comme parfaitement incompréhensible. Tout ce qui l'intéressait fut le résultat : sa curiosité passait après la perspective de perdre, soit son plus précieux atout, soit une partie de sa liberté. Parce qu'il n'avait pas oublié ce que le démon avait dit si jamais il remportait le combat. Au final, il en venait presque à espérer que le transfert soit un échec histoire de pouvoir garder cette défaite pour lui. Puis la seconde d'après, il pensait le contraire, dur dilemme !

Lorsque les deux corps restèrent immobiles, Renan se demanda si c'était le signe d'un échec. Toujours appuyé contre son mur, les bras croisés comme s'il était en train de contempler un spectacle parfaitement normal. Puis les yeux de l'asiatique s’ouvrirent et il sembla que le transfert avait été un succès compte tenu de l'état du corps de Cornelia. Renan eut presque un élan de pitié pour elle, au final elle n'avait servi que de pantin et était récompensée d'une bien drôle de manière. Dommage. Mais c'était un dommage collatéral. Le regard du trentenaire se reporta finalement sur Raphaël lorsque celui-ci se mit soudain à rire comme un dément. Plaisir de changer de corps, ou autre chose ? Allez savoir. Tout cela apparaissait comme flou aux yeux de Renan. Il avait l'impression de regarder un film chinois dans aucun sous-titre : il ne comprenait rien à ce qui se déroulait sous ses yeux. Fronçant légèrement les sourcils sous l'insulte qui fut envoyée à Siobhan – sans raison d'après lui – Tesla était presque heureux d'être oublié dans cette histoire. Mais à peine songea-t-il à ce point que le regard du nouvel hôte se tourna vers lui pour lui lancer une phrase qui eut le don de l'agacer. Sur le coup, Renan fut quasiment persuadé que Raphaël savait qu'il allait survivre et qu'il lui avait fait croire le contraire. Les regrets et la quasi-pitié qu'il avait ressentie pour lui s'enflammèrent et il ne put s'empêcher de lui décrocher un regard irrité. Même si l'autre devait s'en contrefoutre.

« Tant mieux. Tu me dois encore des années de service et je n'avais pas envie d'avoir trimé pour du vent. » Même le ton de sa voix était agacé. « Et ne te fais pas trop d'idées, on avait un accord si c'était Cornelia qui gagnait. » Mensonge éhonté, mais il s'en fichait. « Puis vu son état, on ne peut pas dire que ce soit elle la gagnante au final. Tu as été obligé de changer d'hôte et tu es passé à deux doigts de rentrer chez toi, moi je n'ai rien eu. Je crois que le gagnant ce n'est pas celui qu'on imaginait finalement. »

Il était toujours appuyé contre son mur, à bonne distance du trio. Subitement, il en eut ras-le-bol de toute cette histoire. Plein le dos de ce démon et de ses manigances, ras-le-bol de sa chienne et de ses regards hautains qui lui donnait des envies de meurtres. Puis avouons-le : il avait énormément de mal à supporter la défaite et cet arrière-goût amer qui lui venait en bouche tandis qu'il était en train de se demander s'il ne venait pas de se faire baiser en beauté. Louis lui avait pourtant dit de ne pas accorder sa confiance à un démon... L'irritation était autant dirigée contre Raphaël que contre lui et il estima préférable de fuir. Détournant son regard des trois magouilleurs, Renan se décolla de son mur pour esquisser un pas vers la porte, signe qu'il comptait bien se tirer d'ici.

« N'oubliez pas de ranger le bordel que vous avez mis. » Il tourna la tête vers Raphaël. « Tout le bordel. »

Le cadavre y compris !
 
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Ich will dass ihr mir vertraut, ich will dass ihr mir glaubt, ich will eure Blicke spüren, jeden Herzschlag kontrollieren. Ich will eure Stimmen horen, Ich will die Ruhe storen. ♦️ ©️ Rammstein



 
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