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Pas Touche !

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Message posté : Dim 5 Oct - 19:24 Message
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    Dimanche 5 octobre 2014 – 1h24 du matin

    La plupart des casinos n’ont pas terminé leur nuit. Les clients buvaient tellement dans ces salles qu’ils en oubliaient l’heure. Mais comme un client ivre avait le portefeuille plus généreux, la plupart des casinos restaient ouvert très longtemps... certains ne dormaient pas avant le lever du jour. Certains encore offraient leurs « services » un peu à l’écart de la légalité. C’était sans doute pour cela que le quartier de La Croisette n’était pas étranger aux criminels en tout genre. Voleurs, racketteurs, pickpockets... les brigands ne manquaient pas. Et à une heure pareille, on avait plus d’une chance sur trois d’en croiser un, surtout lorsque les gens marchaient la tête baissée.

    C’était le cas de cet homme qui traversa une des grandes rues dans laquelle se trouvait le célèbre Atlantis. Vêtu d’un blouson qui semblait gris – difficile de l’assurer avec la nuit et les néons flashy – et d’un bonnet qui le rendait aussi suspect que sa démarche, il avançait d’un pas précipité en baissant la tête. Tout chez lui donnait l’impression qu’il faisait tout pour ne pas se faire remarquer. Et cela aurait pu fonctionner si personne ne faisait attention. A cette heure ci, qui s’amuserait à observer chaque passant ? La réponse était à la fois simple et effrayante : quelqu’un qui désirait quelque chose. Quoi exactement ? il était impossible de le déterminer mais c’était un fait : l’homme au bonnet intéressait quelqu’un. A son insu, il fut suivi de loin, même lorsqu’il emprunta une ruelle sombre et déserte, le genre de passage qui ferait reculer n’importe quelle personne sensée à cette heure de la nuit. Ce n’était pas le cas de cette personne. Déterminée et peu soucieuse de paraître discrète, elle emboîta le pas de sa cible dans la sombre allée. Ici, il était difficile de voir quoique ce soit, et pourtant, aucun des deux individus ne sortit de lampe ou de téléphone portable afin d’avoir un peu de lumière. Ils connaissaient tous deux leur affaire. Le promeneur au bonnet continuait sa progression d’un pas vif, il ignorait qu’il était suivi. N’entendait-il pas les pas de son poursuivant ? Celui-ci faisait peut-être preuve d’une discrétion professionnelle, étouffant le bruit de ses pas au moment même où ses chaussures effleuraient le sol. A moins que l’homme pressé fut trop préoccuper pour faire attention à son environnement, le genre de comportement qui pourrait lui être fatal en de telles circonstances.

    Engel, tel était le nom de l’homme au bonnet. Un jeune Allemand revenu à Star City pour des raisons mystérieuses. Il savait qu’il devait se montrer prudent, mais n’ayant jamais été confronté à une menace qui le concernait personnellement, il se contenta ce soir de prendre les précautions les plus superficielles. Tellement superficielles qu’elles ne lui dictaient même pas de se retourner de temps en temps pour surveiller ses arrières. Après tout, s’il ne devait pas être vu, cela ne voulait pas nécessairement dire que quelqu’un allait le suivre. Qui pourrait avoir vent de ses projets dans cette ville ? Il ne s’était pas encore fait d’ennemis d’après ce qu’il savait. Malheureusement pour lui, son ignorance allait finir par lui attirer des ennuis. Toujours d’un air sûr de lui, il se dirigea vers une impasse et s’arrêta devant une porte qu’il entreprit d’ouvrir avec une clé sortie tout droit d’une de ses poches intérieures.

    Pendant ce temps, son ombre qui le suivait depuis l’Atlantis approcha du croisement qui menait au cul de sac qu’avait prit Engel. Elle avait largement le temps d’acculer sa proie avant que celle-ci ne parvienne à ouvrir la porte. Mais le chasseur n’eut pas le temps d’approcher le passage car une forme sombre tomba silencieusement devant lui. C’était un homme... non une femme, elle avait une sorte de jupe et un chapeau ridicule sur la tête... une rose ? Le fait le plus troublant était qu’elle tenait une sorte de bâton. En fait il s’agissait d’une lance. C’est sans doute pour cette raison que le chasseur ne fit pas de bruit. Peut-être aussi à cause de la surprise, ou tout simplement pour avoir le temps dévaluer cette menace, ou encore pour attendre de voir ce qu’elle voulait. La nouvelle arrivante qui semblait tomber sur ciel leva un doigt et le porta devant sa bouche pour intimer le silence. Pendant une seconde, le silence hanta la ruelle, puis on entendit une porte s’ouvrir... puis se fermer. L’homme au bonnet. C’est seulement une fois la porte refermée que Rosamund prit la parole, d’abord en enlevant son doigt de son masque et en le remuant de gauche à droite :

    – Pas touche...



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Message posté : Mar 7 Oct - 1:05 Message
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Le devoir vous appelle, quelque soit le jour ou l'heure, et vous êtes tenus d'y répondre. C'était actuellement le cas de Vadóc. La vérité tenait mieux, d'ailleurs, dans la teneur de son entraînement, car en cette heure avancée, dans la nuit froide, l'héroïne encapuchonnée et la face dissimulée par un cache-nez suivait un homme au comportement des plus suspects. Pourquoi ? Il n'y avait aucune raison à cela, si ce n'était justement de lui apprendre l'art subtil de la filature, une discipline complexe et exigeante que tout bon enquêteur se devait de maîtriser. On l'avait déposée la Croisette, et on l'avait orienté vers la première pauvre ouaille qui passait.
Qui était-il ? Que voulait-il ? Où allait-il ? C'était à elle de le découvrir, alors. De là, tout était possible : ce pouvait très bien être un criminel endurci comme un parfait innocent, ou bien même un homme que l'on avait mis là spécifiquement pour se faire suivre et qui, sachant pertinemment ce à quoi il était exposé, ferait absolument tout pour la semer.

Initialement apeurée par un tel exercice, ne souhaitant que retrouver le confort douillet de son lit, la jeune fille, se contentant de son propre souffle chaud renvoyé à la figure par son cache-nez et la présence rassurante de sa matraque télescopique dans les poches de son long trench-coat rasant le sol en battant aimablement l'air à chacun des pas ou des courants d'air, cachant ainsi de manière subtile dans l'obscurité sa tenue moulante couleur d'onyx aux multiples renforts aux épaules, aux genoux et aux articulations. Les yeux luisants dans le noir comme d'étranges feux-follets, à cause des modules de ses lentilles, elle ne se rendait pas bien compte que ce n'était pas tant la paranoïa supposée de l'individu qu'elle suivait que sa propre apparence qui motivait une étrange cavalcade ténue et pesante : elle ne savait pas vraiment si elle pouvait se considérer comme repérée, mais elle savait néanmoins qu'elle ne passait pas complètement aperçue. Elle se savait, pour tout dire, épiée, mais par qui, ou par quoi ?

Cela, elle ne le saurait pas avant de s'engouffrer à une intersection à laquelle elle avait vu disparaître son client d'un bonnet chapeauté. C'était un fait établi que, plus qu'en simple chasseresse, c'était véritablement en pion qu'elle était partie en filature depuis l'Atlantis, car elle-même était suivie.

Alors qu'elle s'engageait dans une impasse au fond de laquelle sa cible entreprenait d'ouvrir frénétiquement une porte, dans l'objectif probablement de lui échapper - ce qui signifiait en un sens, elle s'en rendait compte bien tard, que son approche cinématographique était bien pitoyable, sitôt transposée à la réalité, et que l'on ne pouvait suivre comme cela impunément, sinon en plein milieu d'une dense foule. -, une autre silhouette fondit sur elle. Une curieuse silhouette, car vêtue d'une robe qui n'était pas moins singulière que l'apparition, renvoyait à des motifs floraux qu'Anna identifiait à une curieuse rose, que venait corroborer l'étrange couvre-chef qui ceignait la tête de cette ombre silencieuse que la Vadóc supputait être une femme, arborant une arme d'hast - une lance -. Un équipement des plus inadaptés à la période qui était la leur, âge de la poudre et des balles, mais à être membre de la Team Alpha, la jeune Acadienne avait appris à ne pas sous-estimer ses adversaires, car n'y avait-il pas à la Légion des membres émérites arborant d'absurdes armes, eux aussi ? On ne mesurait pas réellement l'efficacité du personnage à son équipement, mais aussi et surtout à l'utilisation qu'il en faisait, et quelque chose semblait hurler à l'héritière LeBlanc qu'il y avait là anguille sous roche.

Etait-on encore dans l'entraînement, était-ce une agression ? L'avait-on fait suivre à dessein une ponte d'un quelconque réseau aux ramifications plus grandes que l'on ne pourrait d'apparence le supposer ?

Toujours était-il qu'elle était là, face à une forme à la théâtralité et à la majesté que l'on ne pouvait nier, droite comme un i, un index au visage et l'autre main verrouillée autour d'une hampe qu'elle ne semblait pas avoir de mal à maîtriser.
Etait-elle surprise ? Evidemment.

Avait-elle peur ? Un peu, mais ce n'était pas le moment d'avoir peur.

C'est pour ça que, plutôt que succomber à la terreur, ou de se montrer impressionnable, Vadóc se lançait elle aussi dans une démonstration qu'elle voulait habile de talent dramatique. Une discipline dans laquelle elle n'était pas mauvaise, elle qui savait bien cacher ses pensées tant qu'elle n'avait pas à les formuler en mots.

Et elle n'allait certainement pas le faire, elle, la chapardeuse de souvenirs, alors que ce "Pas touche" lui semblait personnellement dirigé, plus qu'à la fileuse, à l'individu derrière ce costume, comme si elle savait déjà à qui elle avait affaire.

En guise de réponse, elle ne laissa échapper qu'un soufflement de nez amusé, léger mais sonore, en relevant ses yeux, couverts de lentilles qui formaient dans ses iris deux cercles concentriques d'un bleu azur. Deux saphirs immaculés, encadrés par deux sauvages mèches blanches dépassant de la capuche pour filer, droites et lisses, jusqu'à son cou, passant par là sur son cache-nez qui révélait, à la fugace lumière de ses dispositifs oculaires et de la lumière diurne, un motif de mâchoire de squelette, à peine un ton plus clair que le reste de la pièce de tissu synthétique parfaitement noire, mais bel et bien visible, par moment, comme un mirage.

Anna aussi, à défaut d'être une combattante particulièrement chevronnée, était capable de tourner la disposition d'une scène à son avantage.

Sans mot dire, la posture elle aussi altière et vénérable, elle retira calmement ses gants, pour les glisser dans ses poches, rajoutant ses mains d'albâtre particulièrement graciles à l'équation, si bien qu'on aurait pu les confondre, dans la faible lumière de l'impasse perdue, avec les attributs préhensiles d'un quelconque revenant.

Et puis, sans mot dire, elle dégaina sa propre arme, une matraque télescopique d'une bonne cinquantaine de centimètres, ce qui n'était certes pas grand chose par rapport à la lance qu'elle avait en face d'elle, mais demeurait moins insensé que de se présenter les mains nues.

Le fait est que, sans connaître les réelles intentions de cette curieuse apparition fleurie, le démon encapuchonné au long manteau attendait de savoir à voir la réaction, prête à combattre, ou à n'importe quel autre cas de figure...
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Message posté : Mar 7 Oct - 14:56 Message
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    Revenons un peu en arrière afin de comprendre les raisons de la présence de Rosamund dans cette sombre ruelle.

    La veille, alors qu’elle se remettait encore de la mission de grande envergure que le SHADOW avait menée, en association avec le Cartel Rouge contre le Trident, la jeune femme apprit que sa cible principale : Engel était revenue en ville. Et surtout, car cette nouvelle n’avait rien de surprenant en elle-même, elle apprit qu’il se rendait régulièrement dans un quartier précis de la ville : La Croisette. Cette information étonna grandement la sorcière qui ne pensait pas que sa proie était du genre à fréquenter un tel lieu. Il n’en fallut pas plus pour que la jeune femme se mette en tête d’aller trouver des réponses.

    Le lendemain au soir, sous sa forme de corbeaux, Rose patrouillait dans La Croisette, guettant le passage de monsieur Feuerbach avec impatience. Les données qu’elle avait reçues indiquaient qu’il se rendait souvent dans un casino en début de soirée puis s’éclipsait une fois que la nuit avait bien commencé. Ce soir là, l’Allemand ne changea pas ses habitudes et Rosamund le découvrit alors qu’il quittait l’Atlantis. Elle-même n’était pas particulièrement joueuse et si elle s’était déjà rendue dans un casino, elle n’en n’avait jamais fait une habitude. Peut-être qu’elle ferait une exception et qu’elle essaierait celui-ci afin de savoir pourquoi son objectif s’y était rendu. Cet homme semblait d’ailleurs s’amuser à surprendre la sorcière en agissant de manière désordonnée sans jamais suivre un cheminement logique, du moins aux yeux de Rose. C’était infiniment frustrant et cela justifiait sans doute la prudence dont elle avait fait preuve depuis qu’elle avait découvert l’existence de cet individu, et surtout le fait qu’elle ne l’avait pas encore abordé. Elle voulait en apprendre le maximum afin de ne laisser aucune part de hasard. Et surtout, elle voulait évaluer correctement son potentiel, même si l’Ordre avait déjà affirmé que cet homme pourrait leur ouvrir de merveilleuses perspectives... restait à voir si son accord était nécessaire. Vous pouvez donc vous imaginer à quel point elle fut contrariée lorsqu’elle remarqua que quelqu’un d’autre avait prit Engel en chasse. Ignorant si l’Allemand avait repéré son poursuivant, Rose décida de céder à la curiosité tout en laissant Engel se mettre à l’abri. Si elle mourait d’envie de découvrir ses activités en ces lieux, elle jugea qu’il était encore plus important de veiller à ce que personne d’autre ne mette la main sur lui. Rosamund n’était absolument pas partageuse.

    Quelques coups d’ailes plus tard, Rose réunit ses oiseaux afin de reprendre son apparence et de tomber devant le mystérieux poursuivant pour le bloquer. Là elle pu constater que cet élément perturbateur ne semblait surpris ni par la tenue de Rose ni par son arme antique. Cela prouva qu’elle n’avait pas affaire à un simple truand des rues, ce qui alimenta le feu de sa curiosité. Un petit bruit de dédain plus tard, Rosa tira la conclusion qu’elle avait affaire à une femme. Un constat qui n’affecta en rien le jugement de la sorcière mais elle demeura prudente. Qu’une femme poursuive un homme en pleine nuit pouvait signifier qu’elle savait se défendre... voire attaquer. Intriguée, elle observa les mouvements de cette étrangère. Elle fut notamment perplexe lorsqu’elle la vit enlever ses gants. Pourquoi les avoir mis s’ils la dérangeaient en premier lieu ? Mais cette interrogation fit place à l’amusement quand elle vit l’arme qui lui fut opposée. D’après ce qu’elle pouvait constater avec son comportement et sa tenue, cette mystérieuse créature n’était pas prête à céder la moindre parcelle de terrain. Mais même si Rose eut la tentation de briser cette volonté à coup de lance, elle désirait avant tout avoir des éléments de réponse.

    – Vraiment ? Une matraque ? le ton qu’elle employait filtrait parfaitement son amusement ainsi qu’une pointe de mépris. Son masque avait beau moduler légèrement sa voix, il ne l’empêchait pas d’être très expressive. Pour accompagner ses propos, Rose fit tournoyer sa lance d’une main experte avant de se mettre en position de combat. Dans cette posture qui paraissait inébranlable, elle donna un petit avertissement à cette promeneuse nocturne. Je ne sais pas ce que vous voulez à cet homme, mais vos intentions ne m’ont pas l’air louables.

    Avec un sourire dissimulé par son masque, Rosamund se délectait de ses propos. Cela avait quelque chose de très excitant de se faire passer pour une protectrice des innocents. Il fallait dire que la situation la mettait sous un jour plus héroïque que cette inconnue...


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Message posté : Mar 7 Oct - 17:32 Message
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Intérieurement, évidemment, Anna doutait. Une chose que ne pouvait se permettre Vadóc. A l'extérieur, elle n'était que marbre et glace, et pas une remarque cinglante ne pourrait l'atteindre, elle était au-dessus de cela. Elle devait être au-dessus de cela. Comme l'avait si bien énoncé Sun Tzu dans son Art de la Guerre, "La vulnérabilité de l'ennemi dépend de lui, et la nôtre, de nous.". Ceci tant et si bien que si cette curieuse rose surgies des cieux se voulait aller à des poussées lyriques en situation de danger, sur la simple foi de pouvoir mouliner avec talent une arme obsolète, grand bien lui fasse. Ce caractère présomptueux la desservirait sans l'ombre d'un doute, un jour.
Peut-être pas face à cette Anna, cela dit. Il était vrai que présenter une matraque lors d'un combat à l'arme d'hast était une décision curieuse, sinon stupide, mais qu'aurait-elle du faire ? N'enlever que ses gants ? Cela aurait été bien plus étrange, et n'aurait pas simplement fait qu'attirer la curiosité de sa vis-à-vis.

Non, elle préférait l'actuelle situation. Peut-être, sûrement même, aurait-elle des problèmes, mais elle ne se sentait définitivement pas de fuir : et si cela était un test ? On ne se démenait pas face au danger, car si la simple opposition d'une lance suffisait à faire détaler Vadóc, qu'en serait-il face à de vrais adversaires ? Qu'en serait-il quand elle devrait affronter des criminels jeteurs de maléfices ou cracheurs de feu ? Que se passerait-il face aux bandes armées de fusils ?

Non, véritablement, et même si toutes les fibres de son corps l'avertissait et lui hurlait de courir droit dans la direction opposée au combat, une force plus irrésistible, plus insurmontable encore, lui intimait l'ordre de tenir. Tenir, tel un spartiate aux Thermopyles. Il ne fallait pas se leurrer, c'était probablement un combat perdu d'avance, mais dans son honneur, elle ne pouvait se défiler. On ne regrettait que ce que l'on ne faisait pas. Oh, elle ressortirait sûrement blessée, meurtrie, mais cela ferait d'autant plus de souvenirs !

Ou bien c'était bel et bien une assaillante qui n'avait rien à voir avec tout cela. Une tueuse de sang-froid à l'accoutrement aussi étrange que burlesque. Que ferait-elle alors ? Mourir dans cette impasse, la face contre le sol, les tripes répandues sur la froideur du bitume humide ?

Non, il ne fallait pas penser à ça. Il fallait se recentrer sur le moment présent, être tout à cette ennemie et à ce combat. Elle était Vadóc, elle n'était pas Anna, et Vadóc ne reculait. Elle ne faisait pas de concession, car elle ne pouvait en faire. Qu'elle vienne, et elle verrait.

" A vous de me le dire, chère. " déclara-t-elle, sous le couvert de son cache-nez, avec une assurance dont elle ne se serait pas sentie capable, son lourd accent cajun pointant derrière ses paroles, " Qu'est-ce que la Légion des Etoiles peut bien trouver à ce touriste en goguettes pour lui envoyer une sentinelle avec une telle hâte ? "

Malgré tout ce qui se passait devant elle, celle que l'on aurait aimé voir en agresseur n'avait pas cédé de terrain, et tout juste avait-elle pris appui sur ses pieds pour ne pas être surprise au combat.
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Message posté : Mar 7 Oct - 18:08 Message
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    Non cette créature était tenace et ne cédait rien. Tant pis pour elle. Malgré tout, Rose décida de ne pas agir tout de suite, cela risquerait de détruire la merveilleuse et ironique image d’héroïne protectrice que Rosa s’amusait à arborer ce soir. Alors non, elle ne transpercera pas cette empêcheuse d’espionner en rond de sa lance, pas même lorsque l’insolente darda sa langue fourchue pour provoquer Rose avec un horrible accent. La sorcière était bel et bien agacée, mais elle devait se contenir et attendre, observer. Heureusement, elle n’était pas comme Lothar, elle pouvait contrôler sa soif de sang, qui d’ailleurs n’était pas si grande que ça. Enfin... pas comparée à celle des Richter... ni même celle de certains membres de l’Ordre et agents de l’Ombre. Cette femme avait beaucoup de chance. Seules dans un endroit désert, pas de témoins... D’autres que Rose n’auraient pas hésité à porter un coup discret et fatal.

    Et la manieuse de matraque étira sa chance lorsqu’elle posa une question des plus amusantes.

    – La Légion ? Vous allez bien vite en conclusion. Qui vous dit que je fais partie de cette bande de prétentieux ?

    La question était sincère, même si elle avait été formulée avec un mépris non feint. Cette femme s’attendait-elle à tomber sur un Légionnaire ? Pourquoi ? Parce qu’elle avait une histoire avec cette organisation d’adeptes des collants ? Simplement parce que Rose portait un costume pour le moins... particulier ? Parce qu’Engel avait à voir avec la Légion ? Cette hypothèse là intéresserait grandement la jeune Allemande, mais elle l’écarta immédiatement car l’insolente avait souligné qu’il n’y avait aucun rapport entre ce « touriste » et le groupe de héros. Mais alors, pourquoi avait-elle utilisé le mot « touriste » ? Etait-ce parce qu’elle ignorait tout de cet homme ou au contraire parce qu’elle savait qu’Engel n’était pas Américain ?

    Toutes ces interrogations agacèrent Rosamund qui ne pouvait pas non plus écarter la théorie de la simple confusion. Un de ces caprices du hasard qui s’amuse à créer des situations improbables dans le simple but – semblait-il – de se gausser de ces pauvres êtres vivants. Rosa avait conscience des risques. Elle connaissait le jeu. Et cette femme qui refusait d’en dire plus. Mais là encore, c’était le jeu. Les notes qui défilaient sous les yeux de la sorcière ne laissaient que peu de doutes sur la suite de cette confrontation, mais Rose aimait jouer à contre courant. Elle n’était pas à l’opéra ici et elle n’avait pas besoin de suivre un mouvement. Pourquoi ne pas essayer de faire plier les règles universelles, comme celle qui semblait amener deux personnes costumées à se battre lors d’une rencontre aussi explosive.

    – Peut-être devriez-vous vous trouver une autre proie, quelques soient vos desseins. Je vous promets de ne plus vous déranger.

    Rosamund n’était pas dupe, cela n’allait pas fonctionner. Au mieux, elle pourrait en apprendre plus sur les intentions de cette adepte de la matraque. Au pire, elle la tuerait sans rien savoir d’elle. Mais cette alternative serait un peu trop frustrante pour elle...

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Message posté : Mar 7 Oct - 23:52 Message
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Une orgueilleuse, bien sûre d'elle, et bien présomptueuse. Une bande de prétentieux ... vraiment ? Et qu'était-elle, cette écumeuse de contre-allées, avec sa robe de styliste, son chapeau floral et sa lance ?
Anna, piquée au vif, l'aurait probablement attaqué là-dessus, et aurait engagé un combat rhétorique qui n'aurait sûrement pas été de longue haleine. On ne sortait pas son arme quand l'on était pas déterminé à l'utiliser, quand on n'était pas sûr. C'était le cas de Vadóc, qui voyait très bien dans le jeu de son adversaire. Elle ne la prenait pas au sérieux, et cela était peut-être sa chance. Son accent, sa matraque, son absence de gants. Il n'y avait pas à douter que, malgré des yeux brillant d'une lueur azur surnaturelle, elle n'inspirait pas une terreur folle. Tout juste devait-elle, elle aussi , passer pour une illuminée aux yeux de celle qui en était en tout cas une dans les yeux d'Anna. Une illuminée, comme tout les porteurs de costumes l'étaient dans une certaine mesure. Le costume était un mur, entre son soi intérieur, et l'image que l'on voulait projeter : dans le cas de Vadóc, c'était une fille d'une timidité et d'une peur d'elle-même aussi évidente qu'avérée qui, sous la capuche, devenait une héroïne dépourvue de ces terribles tares. Elle laissait éclater l'analyste silencieuse, qui devenait par la même une dame acide pour laquelle, chacun des gestes ou des mots était calculé. Elle n'était évidemment pas l'un de ces génies scientifiques ou mathématique à l'intellect aussi surdimensionné que leur opinion propre, mais elle se savait parfaitement apte, sous cette capuche et derrière ces lentilles, à voir et à déterminer ce qu'elle affrontait, la personne derrière le costume. Elle ne pouvait évidemment déterminer avec précision le passé ou même les motivations, pas avec un échange si succinct, mais elle était en mesure de voir qu'elle irritait, réellement. Elle était imprévue, et son personnage en lui-même, dans les yeux de cette curieuse harpie, dont le parler laissait transpirer un lettrisme certain, n'était pas pris au sérieux. Vadóc était tout au juste une nuisance, ce qui confirmait qu'elle avait une grande foi dans cette lance qu'elle transportait.
En jetant un œil vif aux alentours put voir tout un tas d'objets qui pourraient lui servir de lance de fortune : ustensiles laissés dans la rue ou barres de métal laissées au pied d'un échafaudage, notamment. Elle n'aurait qu'à la toucher, et ses connaissances feraient le reste. Quelque chose lui disait que son adversaire ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, et c'était là son principal argument, dans la bataille qui s'annonçait : l'élément de surprise.

" Une bien belle démonstration de magnanimité, pour une justicière qui se réclame sans affiliation, " déclara Vadóc, résolue, en avançant particulièrement prudemment, prête à esquiver, ne quittant pas des yeux l'inconnue, " vous m'excuserez de ne pas croire les allégations d'une canaille surgie des ombres. "

On disait souvent que c'était l'appréhension du combat qui vous incitait à la panique, et étonnamment, Anna, maintenant, ne pouvait être plus en accord avec cette théorie. Cette dernière phrase, elle l'avait forcé au plus fort de son accent, insistant sur l'idiome acadien. Faire baisser sa garde à son adversaire, le distraire par des bons mots, en quelque sorte, voilà son objectif. Ne pouvant se reposer sur de quelconques pouvoirs - du moins en ce moment précis - elle se devait d'utiliser tout ce qui était à sa disposition. Peu importait que cette fille soit de la Légion ou non. Elle était maintenant trop loin pour se retirer. La jeune fille de Lafayette, à vrai dire, ne le voulait même plus. Pour la première fois depuis un long moment, elle se sentit réellement une avec elle-même. Elle se sentait pleine et entière, et elle sentait qu'elle aurait pu mourir en ce moment, elle se serait sentie comblée. En cet instant précis, tout les souvenirs copiés, toutes ses personnalités qu'elle sentait, dormantes au fond de son esprit, étaient parties. L'adrénaline avait fait d'elle Vadóc, rien de plus que la Anna la plus pure, une Anna qui, sachant pertinemment qu'elle ne devait pas chercher le combat et encore moins le voir comme un plaisir, fut-il seulement psychologique, allait quand même droit vers le danger, pour se repaître, et retrouver des sensations de quiétude depuis trop longtemps oubliées.

Combien de temps cela allait-il durer, toutefois ? Que se passerait-il si la lycéenne touchait la rose ? Qu'adviendrait-il de cette personnalité, de sa quiétude ?..
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Message posté : Mer 8 Oct - 12:41 Message
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    Cette créature était décidément trop bornée pour être une simple furie nocturne atteinte d’un syndrome quelconque qui la pousserait à se mettre dans des situation dangereuses ou encore à jouer les super héroïnes, ou super vilain, l’affiliation de cette femme était encore un mystère. Cela dit, Rosamund eut la nette impression d’avoir touché un point sensible en insultant la Légion des Etoiles. Quelle douce sensation que d’agacer les autres. C’était une bonne manière d’expulser et de gérer sa frustration, et si Rosamund n’était pas spécialement névrosée, elle avait assez de problèmes pour accepter la moindre thérapie.

    Mais la persévérance de cette veilleuse nocturne avait quelque chose d’agaçant. Comme si elle n’était là que pour faire office de rempart et dissimuler – vainement – un vide. Or il n’y avait rien de plus énervant que la simple bêtise. Rose avait été plus que raisonnable en proposant à cette femme de partir. Mais c’était aller là contre les lois non écrites de l’univers, contre l’acharnement compulsif de cette étrange amoureuse de la matraque. Qui était-elle pour aller contre des forces aussi brutes et bornées ? Une simple sorcière... armée d’une lance acérée. Une telle forteresse n’attendait qu’une seule chose : être démolie brique par brique sans aucun ménagement. Une méthode qui conviendrait mieux à Lothar ou même à cette Hati, mais fort heureusement, Rose avait sur elle un instrument qui conviendrait parfaitement à cette tâche. L’Allemande était elle aussi capable de retirer ses gants, même si cela ne correspondait pas vraiment à son style. Indifférente au vocabulaire sophistiqué employé par cette furie et à cet accent ridicule qui la ferait volontiers rire si Rose n’était pas aussi agacée, la sorcière décida de passer à l’étape suivante : la négociation musclée. Tant pis pour la finesse, il y avait des individus qui ne comprenaient rien tant qu’ils n’avaient pas reçut une bonne claque. Après tout, il était presque impossible de discuter avec un sanglier, l’animal ne comprenait qu’une seule chose : le langage du plomb. En l’occurrence, il s’agirait plutôt d’une démonstration à la hast.

    – J’espère alors que vos compétences seront à la hauteur de votre bêtise... déclara la sorcière d’un ton las avant de passer à l’attaque.

    Il y avait une autre raison qui expliquait la reluctance de Rosamund. Elle n’aimait pas attaquer quelqu’un sans avoir une petite idée de ses compétences et habilités. Rose avait déjà eut droit à de mauvaises surprises avec cette représentante de l’UNISON qui avait interrompu son rituel, mais la sorcière n’avait alors eut d’autres choix que de se défendre. Ici, rien ne l’empêchait de partir, d’autant plus qu’Engel avait disparu Dieu seul savait où. Mais il était hors de question de laisser cette peste insolente quitter cette ruelle sans recevoir une bonne correction. Rosamund pouvait voir que cette femme possédait une matraque, cela pouvait avoir plusieurs significations, la première : la plus évidente, était qu’elle maîtrisait une forme de combat rapproché. Mais cela pouvait également dire qu’elle n’avait pas d’autres armes sur elle. Et puis il y avait ses gants qu’elle avait pris soin d’enlever. Rose avait déjà vu des gens – notamment parmi les forces de l’ordre – manier la matraque avec leurs gants. Cela n’était peut-être qu’un simple détail complètement dénué de signification, mais l’Allemande préférait ne rien laisser au hasard. Il fallait garder à l’esprit le fait qu’elle se trouvait à Star City et que rien ou presque n’y était impossible. Elle resterait alors sur ses gardes et n’hésiterait pas à mettre de la distance si jamais cette furie montrait l’envie d’établir un contact. La sorcière bénéficiait après tout d’une arme qui permettait un tel écart. Cependant, la prudence de Rosa ne la poussa pas à chercher à préserver son arme de tout contact avec la demoiselle. Qui en ce monde serait capable de blesser la lance de Scáthach ? Spécialement depuis que Rosamund avait uni cette arme mystique à son âme... Du moins, c’était ce qu’elle croyait...

    Sa stratégie commença par un déplacement rapide vers un mur de la ruelle. Elle s’en servit comme appui afin d’effectuer un grand saut pour mieux retomber sur sa cible. Rose visa la poitrine et porta son coup tout en atterrissant. Le but était surtout d’infliger une blessure gênante, mais si cela suffisait à mettre un terme définitif à cette rencontre... eh bien... tant pis.


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Message posté : Jeu 9 Oct - 2:05 Message
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Anna, malgré ses atoursAnna, malgré ses atours d'aristocrate, n'était pas aussi pataude ou inutile qu'elle pouvait y paraitre. En réalité, elle était même plutôt leste et agile, pour une fille de son âge et de sa corpulence, évidemment. Elle aurait pu être une sportive émérite, ne serait-ce que parce que son entraînement lui obligeait un tel régime.
Pourtant, tout cela ne l'empêcha pas d'être frappée. Une blessure superficielle, à vrai dire, si un médecin l'eût inspectée sur place, mais le fait était qu'elle l'était tout de même.
Elle avait esquivé le gros du coup, se déportant pour éviter de se voir transpercée de part en part comme une odieuse brochette humaine. En lieu et place de cela, elle avait reçu le métal de la pointe au flanc. Une éraflure d'allure particulièrement sale et grossière. Une blessure d'apparence particulièrement vicelarde, qui ne manqua pas d'arracher un rictus consécutif d'une particulièrement mauvaise surprise au visage de la Reine des Glaces. Sous le choc, d'ailleurs, elle en avait sa capuche, retombée dans sa nuque, ne lui laissant que son cache-nez, que l'on voyait pulser au rythme d'une respiration saccadée.

La douleur était sourde, il fallait l'avouer. Telle qu'elle avait lâchée sa matraque sur le coup, pour attraper la hampe de l'arme de son assaillante dans la mesure de ses capacités.

Sa tenue avait amorti une bonne partie du choc initial, ne la laissant finalement qu'avec une "simple" partie pourtant non négligeable de la lance fichée entre deux côtes, ayant par miracle évitée les organes et les parties vitales. Il ne restait que le sang, la douleur, et la chair à vif. Tout cela n'en était pas pour le moins extrêmement douloureux, et terrifiant. Elle ne sentait plus son flanc, et elle leva un regard suppliant vers la drôle de Rose. Le regard de celle qui, à ce moment, ne voulait pas mourir.
Elle était trop jeune. Trop jeune pour tout cela. La mort était une trop grande aventure pour elle. Un trop grand voyage, et elle ne l'avait certainement pas mérité...

Son esprit, pourtant, n'était absolument pas d'accord avec une telle affirmation. A vrai dire, il ne demandait qu'à se battre, qu'à rendre la monnaie de sa pièce à cette friponne de la pire espèce. Ce n'était pas même Vadóc qui lui hurlait cela, c'était Anna, au plus profond des fibres de son esprit et de son corps. C'était une conviction intime, chtonienne.
La vengeance. Soudainement, elle n'était plus que cela. Elle ne voulait plus que cela. Il n'était plus question de mourir, pas sans emporter au moins cette folle dans la tombe...

Et, à l'extérieur, on put voir la jeune lycéenne porter une main ensanglantée à son visage.

Le regard pitoyable s'était fait amusé, et elle baissa son cache-nez, révélant un visage qui, curieusement, s'était couvert d'innombrables tâches de rousseur. Sa transformation ne s'était pas arrêtée là, puisque ses cheveux, lisses et bruns, avaient acquis en un temps record une couleur de flamme et une ondulation proprement fascinante, d'un type celtique avéré. Elle ne conservait plus, de son apparence d'origine, que ses traits, ses deux mèches immaculées et ses yeux d'un vert de jade, sous ses lentilles azures.

Un phénomène fascinant, dérangeant, qui se vit complété par le regard enjoué qu'elle jeta sur cette main pleine de sang. Elle éclata de rire, comme une damnée, avant de lever un visage terrifiant au sourire carnassier en direction de son adversaire, alors même que son flanc était percé par son arme.

" Bêtise ? " hoqueta-t-elle entre deux éclats sonores, avec un accent qui, du cajun, était curieusement passé à un écossais guttural et extrêmement fort, à peine compréhensible, " Et pour qui te prends-tu, petite sotte, pour espérer être digne de porter la lance de Scáthach ? "

Elle s'interrompit subitement, son visage se figeant dans un profond rictus de haine.

" Gáe Bolga. Ma lance. Ma possession ... Et tu croyais vraiment que les maléfices que tu lui as fait subir resteraient impunis ? "

Ce fut un nouveau rire qui vint ponctuer sa déclaration, ne laissant même pas le temps à l'autre de réagir, sa lame toujours piégée dans le corps d'Anna, et solidement tenue en place par la main libre de cette dernière.

" Tu vas mourir. Je vais te tuer. Je vais te faire comprendre ce que c'est la véritable bêtise : C'est la tienne. " énonça-t-elle, comme une litanie, " Qui que l'on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d'après nos actes, Rosamund, et je compte bien te le rappeler. "

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Message posté : Jeu 9 Oct - 12:39 Message
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    La chance voulut que l’attaque de Rosamund fasse mouche et inflige à sa cible des blessures amplement méritées. Quelque part, l’Allemande fut déçue. Elle aurait apprécié un combat un peu plus développé, un peu moins facile. Il n’y avait aucun mérite à pourfendre les faibles, même si cela permettait au monde de se défausser de quelques uns de ses idiots. Sa lance plantée dans le corps de cette femme, Rosamund vit dans le regard de la blessée quelque chose de si pitoyable qu’elle faillit avoir la nausée. De la peur... de la surprise... de la jeunesse. Cette femme ne s’était pas dressée devant elle par folie, par pulsion agressive nourrie par l’expérience et le pouvoir. Elle s’était obstinée tel un feu alimenté par la jeunesse et l’inexpérience. Quel étendard pathétique. La sagesse lui aurait permit d’échapper à toute cette peine et elle aurait pu rentrer chez elle, boire son lait chaud, enfiler son pyjama Hello Kitty et se pelotonner dans son lit bercée par la voix d’une chanteuse pour adolescente. Du gâchis, voilà ce que c’était. Encore que, sans le moindre talent, elle n’aurait jamais été bien loin. Rose venait certainement de lui faire une fleur en lui infligeant une telle défaite.

    Néanmoins, la sorcière n’était pas au bout de ses surprises. Alors qu’elle essaya de récupérer sa lance, elle en fut empêchée par une poigne beaucoup plus déterminée que ce que l’état de cette femme le permettait. Pour ajouter à son étonnement, la sorcière observa une véritable transformation s’opérer chez son adversaire. D’abord par son regard qui prit une teinte sauvage, assurée, combattive. Un regard qui stimula l’esprit guerrier de Rosamund. Mais la simple curiosité de la musicienne se changea en une véritable claque lorsqu’elle entendit la suite des propos de cette femme et réalisa qu’elle venait de parler de choses que peu de gens étaient supposés connaître, certainement pas à Star City, encore moins en dehors de l’Ordre et de l’Ombre... Une mentaliste ? C’était peu probable, elle aurait déjà utilisé ses facultés auparavant, ne serait-ce que pour éviter ou parer le coup de lance. Non il s’agissait là de quelque chose de beaucoup plus profond... Qu’était cette femme exactement ? Comment connaissait-elle le nom de la créatrice de cette lance ? Et surtout, que pouvait-elle savoir d’autre ? Petit à petit, les pièces du puzzle se mirent en place à mesure que la jeune femme parlait et qu’elle se transformait. Son accent... ses propos... Figée de stupeur, Rose observa son adversaire d’un air interdit, refusant de croire à la réalité qui se formait sous ses yeux. C’était tout bonnement impossible. Et pourtant, elle y croyait. Avec un certain retard, la sorcière réalisa qu’elle sentait une sorte de tremblement à l’intérieur de sa lance. Comme si son arme subissait un assaut mystérieux et se débattait. Mais la question véritable était la suivante : se débattait-elle avec la femme qui la maniait ou celle qu’elle visait ? Rosamund fut interrompue dans ses réflexions par le rire de la pseudo réincarnation de la guerrière mythique. Alors une seule pensée occupa l’esprit de Rosa : protéger ce qui était à elle. Et tuer cette impudente par la même occasion.

    – J’ignore comment cela est possible et quel petit tour de passe passe cette idiote est en train d'utiliser. Mais si c’est vraiment toi, Scáthach, laisse-moi te rappeler une chose : tu es morte et si tu ne voulais pas que ta lance soit entre mes mains, tu m’aurais empêchée de la prendre en premier lieu...

    Sur ces mots, elle posa un pied en avant afin de prendre un meilleur appui, puis elle tira de toutes ses forces pour arracher son arme de la main de cette femme. Elle se fichait de lui infligeait de nouvelles blessures. Rose voulait d’abord prendre un peu de recul pour mieux voir de quoi elle était capable et quelles était les capacités qu’elle avait retiré de sa lance. Car oui, elle avait compris. Au moment même où la hast avait quitté la poigne de sa cible, les tremblements mystiques s’étaient calmés. Ils étaient toujours là, come si l’artefact avait été affecté par ce contact. Un pouvoir mutant ? Un sortilège de contact ? Dans tous les cas, il semblait ne provenir que d’une simple humaine, car elle saignait. Cela ne serait pas suffisant pour affecter cet objet légendaire. Mais cela était peut-être assez pour donner à cette femme un pouvoir certain. Quitte à lui laisser de la marge pour se remettre sur ses pieds, Rosamund conserva une distance minimum afin de réfléchir. Quoique cette femme ait pu faire à sa lance, ce n’était rien. Rosa arrivait à sentir le pouvoir de Gáe Bolga récupérer, ce fantôme pouvait dire ce qu’elle voulait, la lance et elle étaient unies désormais. Maintenant, s’il fallait éradiquer les restes de conscience qui venaient d’entrer dans le corps de cette femme masquée, Rosamund ne se ferait pas prier.

    – Je t’attends. A moins que tu ne préfères me juger avec de simples mots.

    En dépit de ce masque d’assurance, Rose avait le cœur qui battait la chamade. Quelque part, elle s’était toujours doutée qu’un tel jour viendrait. Après tout, son acquisition de la lance avait été beaucoup trop aisée. On ne pouvait pas mettre la main sur un tel pouvoir sans subir le moindre test. Les figures mythologiques aimaient trop mettre à l’épreuve ceux qui étaient en quête de pouvoir. Mais ce trac était un peu voilé par la raison : son juge utilisait un corps blessé et quelque soit le pouvoir invoqué par cette femme, il devait assurément avoir ses limites.

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Message posté : Jeu 9 Oct - 15:28 Message
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Quelle folie pouvait bien avoir pris le contrôle de son corps ? Anna, elle-même, ne le savait pas, quand elle revint à la maîtrise de son enveloppe. Quelque chose s'était passé, en touchant cette lance. Quelque chose qui n'aurait pas dû se produire.
Elle savait que son pouvoir agissait sur les êtres vivants, sur une très grande majorité d'entre eux, mais jamais encore elle n'avait expérimenté le fait d'être exposé à un ... objet.

Et pourtant, voilà ce qu'il s'était passé. Transpercée par le curieux alliage de la lance de cette furie, les mains agrippées à elle comme un naufragé s'agripperait à une bouée ou à une quelconque pièce flottant à la merci des vagues, elle avait senti passer en elle toute la mémoire, l'esprit et la force d'une personne, comme si cette arme avait contenue en elle d'une femme. Comme si elle était ... vivante. Pendant quelques instants, elle avait été Scáthach, car c'était bien elle qui avait parlé. L'exposition, trop grande, et l'esprit, trop puissant, avait eu raison de la jeune lycéenne, qui s'était abandonnée tout entière à la guerrière mythique.

Maintenant que l'objet étranger avait quitté son corps, elle se sentait revenir à elle. Anna sentait toujours la guerrière, dans son esprit, luttant pour reprendre le contrôle. Elle se sentait investie d'un savoir et de compétences qu'elle n'aurait pu acquérir seule. Plus encore, se rendit-elle compte, en observant sa blessure, elle ne sentit plus la gêne de la douleur. Elle sentait encore le sang couler, le vent nocturne s'engouffrant à la rencontre de son flanc à vif, mais cette sensation terrible, ce froid mordant, l'avait abandonné. La douleur, pour elle, ne semblait plus qu'une joie. Un curieux plaisir dont elle se délectait à présent.

Inconsciemment, même, elle engouffra une main dans la plaie béante, la ressortant intégralement couverte du liquide écarlate, qu'elle lécha avec un râle de plaisir, en toisant son assaillante avec une lueur malicieuse dans le regard, où se mêlait défi et excitation.

" Elle est enragée, sais-tu ? " ricana-t-elle en dégageant son visage de sa broussailleuse crinière rousse nouvellement acquise, et pourtant déjà si familière ... " Je la sens ... Elle est en moi, et je suis en elle. C'est ... fascinant. Jamais encore je n'avais connu pareille sensation ... J'ai du mal à la contenir ... Je ne sais même pas si je devrais, d'ailleurs ... "

Elle lâcha un nouveau rire, enfantin, alors que son accent était encore on ne pouvait plus écossais. Cette simple donnée suggérait qu'elle n'était pas véritablement elle-même, en cet instant.

" Regardes-toi, avec ta tenue stupide et tes manières de princesse ... Tu me traites d'idiote, alors même que tu viens de signer ton arrêt de mort ... "

Avec une prestance et une vitesse stupéfiante pour une fille dans un état que l'on aurait pu supposer critique, et alors même que ses lentilles l'alertaient sur son état qui nécessitait des soins immédiats, elle se rua pour rattraper, plutôt que sa matraque, cette barre de métal laissée négligemment au pied d'un échaffaudage.

Ce n'était pas une arme, mais cela suffirait amplement, et elle se mit en posture, non sans s'autoriser des tournoiements vifs que sa maîtrise nouvellement acquise lui permettait.
C'était une enfant, encore, grisée par ce qu'elle pouvait faire, à chaque fois.

" Avoues-le, princesse. " la provoqua-t-elle, en insistant bien sur le dernier terme avec toute la dissonance que son accent bâtard lui permettait, " Tu es terrifiée ... "

Et sans crier gare, elle se rua avec la même vitesse et la même maîtrise, utilisant son bâton, arrivant à mi-chemin, comme d'une perche pour propulser un coup de pied sauté droit au visage de cette Rose.
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Message posté : Jeu 9 Oct - 16:21 Message
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    Cette situation commençait à lui faire regretter de ne pas être en compagnie de cette agent de l’UNISON qui l’avait tant agacée le mois dernier. Rosamund aurait également presque préféré se retrouver seule avec Hati dans cet entrepôt plutôt que de subir cela. Toutes ces interrogations, tous ces imprévus et inconnues qu’il fallait ajouter sur un tableau qu’elle aimait tenir propre et organisé. Tout cela devenait infiniment trop brouillon à son goût et la frustration ne faisait qu’augmenter à chaque fois qu’elle se disait : « il n’y a rien que je puisse faire pour arranger ça ». Oh plutôt si, il y avait un moyen, mais cette méthode diffèrerait beaucoup trop de son style personnel.

    Cette mystérieuse créature – car Rose n’avait toujours pas déterminé à quoi elle avait affaire – semblait ne pas souffrir de ces blessures qui pourtant étaient censée affecter cette âme si jeune. Car elle se souvenait du regard paniqué et presque innocent qu’elle avait aperçut lorsqu’elle avait blessé cette femme. Rosamund avait pensé qu’en retirant sa lance, elle retrouverait sa personnalité de base. Mais de toute évidence, il ne s’agissait pas là d’une possession dans le sens classique du terme, ou en tout cas, pas dans celui auquel elle était habituée en tant que sorcière. Si cette affaire ne la concernait pas d’aussi près, elle pourrait être extrêmement curieuse vis à vis de ce phénomène inédit. En tout cas, d’après les propos tenues par cette curieuse métamorphe, Rosa comprit qu’elle était plus ou moins habituée à ce genre de chose. Comme si ce n’était pas la première fois qu’elle recevait l’esprit d’un autre en elle. Le problème, c’était qu’avec cette manière de parler et ces propos, Rose avait du mal à faire la distinction entre les deux personnalités qui lui faisaient face. Est-ce que c’était cette femme aux étranges pouvoirs qui lui parlait, ou bien était-ce la guerrière mythologique qui semblait avoir décidé de transmettre son orgueil dans ce corps d’emprunt ? L’amalgame était perturbant... un peu effrayant même. Il restait encore à déterminer tout ce que cette femme avait pu apprendre de Scáthach. Certes, l’Ordre avait lancé de multiples protections sur cette arme, protections qu’elle-même renouvelait aussi régulièrement que possible, mais jamais elle ne s’était trouvait dans une telle situation. Il s’agissait peut-être là de l’occasion de tester ces défenses... dommage que ce test se fasse dans d’aussi mauvaises conditions. Le dialogue semblait tellement irréel que la sorcière préféra limiter ses répliques pour ne pas être encore plus confuse qu’elle ne l’était. Et surtout, elle voulait éviter de lui/leur montrer à quel point elle était perturbée. Laissant glisser sur elle cette menace de mort qui n’avait rien de surprenant, elle observa son adversaire qui bougeait comme si elle n’était pas blessée et qui se mouvait d’une façon étrangement familière. Un tel spectacle lui provoqua un minuscule frisson électrique qui lui caressa l’échine. Rose ne prit pas le temps de se demander si ce frisson lui faisait plaisir ou si elle devait en être dégoûtée.

    – Je ne le nie pas... mais qui te dit que cela me posera le moindre problème ?

    La peur, elle y avait déjà été confrontée. On ne pouvait pas être intégrée dans l’Ordre de Thulé, ni même dans SHADOW sans avoir été entraîné un minimum. Quelles pauvres ombres feraient-ils s’ils n’étaient pas capables de surmonter leur peur ? Mieux encore... de s’en servir pour affûter leurs compétences... La peur comme la colère, l’amour, la haine, la joie, l’ambition était capable d’affecter vos performances. La véritable expérience résidait dans la capacité à y exercer un certain contrôle. Autant voir les choses avec philosophie, même si elle avait surtout parlé pour énerver son adversaire... Mais mieux valait mettre Aristote et Platon de côté pour le moment, car l’heure était venue de passer à l’attaque. « Scáthach » fut la première à attaquer en utilisant une arme improvisée. Rose parvint à parer le coup mais l’impact la fit tout de même reculer. Sans prendre le temps de se remettre, elle fit un tour sur elle-même afin d’esquiver le coup qui allait suivre tout en contre attaquant, mais elle se doutait que son attaque allait être parée. Sa lance lui offrait la maîtrise de sa créatrice et comme elle la dirigeait contre l’esprit de cette même créatrice, l’échange risquait d’être long. Malgré tout, Rose était plutôt optimiste. Ce combat devrait surtout dépendre de l’arme utilisée... et comme c’était elle qui maniait l’originale... Et puis il y avait ce mystérieux pouvoir qui donnait forme à l’esprit de la guerrière, il devait certainement avoir une limite ?

    Préférant se concentrer sur le combat, Rose laissa la réflexion de côté et s’abandonna dans la rixe.

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Message posté : Ven 10 Oct - 1:10 Message
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A première vue, le combat aurait pu paraître, pour le spectateur étranger, radicalement déséquilibré. D'un côté, une adolescente ensanglantée à la tignasse rebelle maniant une barre de fer, de l'autre, une femme semblant plus vieille, plus entraînée, plus posée et plus expérimentée, sans la moindre blessure et porteuse d'une lance ancestrale.
Non, véritablement, cela aurait pu sembler unilatéral.

Cela, évidemment, si l'on exceptait un facteur précis : l'une d'elle portait la Lance, tandis que l'autre était réellement habitée par Elle. Anna, pour une blessée grave, combattait avec une vigueur proprement époustouflante, composant la mauvaise qualité de son arme par une agressivité découplée, et un abandon complet. Scáthach était beaucoup trop puissante pour l'esprit choqué d'Anna. Elle était trop puissante pour son hôte, qui se sentait lentement déraper. La pacifiste et l'idéaliste, maintenant, frappait comme une sourde, dépourvue de la confiante prudence que son adversaire semblait vouloir observer, elle qui ne semblait pas désireuse de déployer tout ce que pouvait lui offrir son arme. Vadóc, maintenant, cherchait à tuer, frappait pour tuer. L'échange était rapide, et la barre que tenait avec orgueil l'Alpha ne manquait pas de se voir cabossée, aux endroits où la gardienne des sombres impasses avait opposé sa propre arme. Evidemment, l'original ne pouvait se voir détruite par une simple pièce métallique laissée là, mais ça n'empêchait pas le duplicata d'essayer, avec une fureur mêlée d'amusement, car elle hurlait, ricanait, hululait, provoquait... Elle ne se priva à aucun moment de la railler dans ce qui pouvait ressembler à un curieux ballet comique, critiquant sa tenue, son jeu de jambe, son maniement de l'arme ou même, lorsque qu'elle tenta elle-même de riposter en exploitant une faille dans l'offensive tous azimuts de l'apparente Celte, ses mœurs sexuelles.

Si Anna n'était pas devenue la véritable Scáthach, il n'y avait pas à douter qu'elle en avait pourtant la stature, les compétences et le verbiage. On n'apprenait certes pas à la maîtresse guerrière qu'elle était toute la barbarie que pouvait receler la puissance des mots, au moins à la hauteur de celle des gestes ... Et des gestes, elle en avait à revendre, car malgré quelques approximations, elle semblait parfaitement insensible à la fatigue ou à la douleur, riant à chaque coup qui se voulait contondant, pour éviter les contacts directs qui semblait déjà apparaître comme extrêmement hasardeux...

C'était une sorte de furie insurmontable, un véritable fléau, un mastodonte jusqu'à ce qu'un coup, au bas-ventre, perce sa défense et semble la faire vaciller.

Troublée, elle en perdit le souffle et en cracha une longue giclée d'hémoglobine. Pendant un instant, tout ces abus semblaient avoir repris leurs droits, et la conquérante s'arrêta net. Un processus que l'on sembla, de l'autre côté, voir comme un signe, ou peut-être interpréter comme un répit.

Une erreur, évidemment, car elle revint à la charge, avec une frappe formidable. Une feinte aux jambes suivie d'une violente frappe à l'épaule, pour désarmer son adversaire et l'empêcher de pouvoir continuer le combat en portant sa lance. Là était son objectif. Voilà pourquoi elle avait envoyé son ultime frappe, dans l'objectif de neutraliser au moins cette étrangère...

La vérité était qu'elle tenait maintenant à peine debout, obligée d'avoir le soutien de sa lance improvisée comme canne. Elle soufflait rageusement et tremblait de tout ses membres, le sang continuant à couler alors qu'elle perdit l'équilibre en tentant de renvoyer une attaque, pour se rattraper de justesse en s'appuyant sur son poteau...

" Aidez ... Moi ... " murmurait-elle, dans ce qui ressemblait à un accès de sanité mentale à l'accent indéchiffrable, " Elle est ... trop forte ... Elle ... va me tuer ... "

C'était une démarche curieuse, car elle n'avait pas peur de son adversaire. Elle ne redoutait pas les coups, elle n'avait pas mal, elle se sentait même toujours aussi forte et extatique mais ... Elle savait qu'elle allait mourir, qu'elle ne pouvait tenir cette cadence. En s'abandonnant comme elle le faisait, elle risquerait tout bonnement de se vider de son sang, qu'elle finisse par se venger de son opposante ou non.
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Message posté : Ven 10 Oct - 22:01 Message
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    Si Rosamund nourrissait encore des doutes à l’idée d’affronter l’esprit véritable de la guerrière légendaire, il lui suffit de quelques secondes de combat pour accepter la vérité. Sans lui être étranger, le style de combat déployé par cette femme était beaucoup trop précis, vif et violent pour appartenir à quelqu’un d’autre. Ces mouvements brutaux alliés à un enchaînement frénétique, le tout enrobé dans une sauvagerie qui n’excluait pas une certaine grâce. Rose s’était déjà vue manier la lance, mais si cela ressemblait un peu à ce qu’elle avait sous les yeux dans cette ruelle, il y avait aussi une infinité de différences. Mais ce n’était pas le moment de jouer les esthètes et d’apprécier le spectacle visuel telle une pucelle devant son premier « Casse Noisettes ». Il y avait beaucoup trop de choses en jeu... Ou juste la recette habituelle : ses membres, l’intégrité de son corps, sa vie, son honneur, le pouvoir... un lot pour lequel une Richter était plus que prête à tuer.

    Confrontée à se ballet de berzerker, Rosamund contre attaquait avec la même précision et instinctivité qui caractérisait ses combats à la hast. Mieux encore, jamais il lui avait semblé connaître aussi bien son adversaire. C’était comme si elle se battait contre une vielle connaissance. Avec un amusement lointain, la sorcière se dit que ce combat devait certainement se rapprocher de ceux qui finalisaient les entraînements des héros, dont l’ultime épreuve consistait en un duel avec leur maître, ou leur sensei. Ainsi, si elle n’était pas si profondément ancrée dans ce combat, Rosamund se surprendrait peut-être à ressentir une étrange nostalgie, voire peut-être même prendrait-elle du plaisir à échanger des coups. Car on pouvait bien ici parler d’un change équitable. Du moins en termes de techniques et d’attaques, car en termes d’impact, Rosamund avait un avantage certain : la lance elle-même. L’arme bénéficiant d’une résistance mystique, elle était peu affectée par les coups de son adversaire, d’ailleurs, la barre de fer de cette dernière se détériorait à vue d’œil. Il fallait dire que sa manieuse ne la ménageait pas. Par conséquence, même si Rose était plongée corps et âme dans le combat, elle parvenait tout de même à ressentir les désagréments des coups et blessures dont la morsure se faisait sentir à chaque mouvement.

    Mademoiselle Richter vivait là un beau combat... peut-être même un des meilleurs qu’elle ait mené depuis qu’elle avait mis la main sur cette merveilleuse lance. Aussi, elle préféra ne pas gâcher son plaisir en prêtant attention à ces attaques verbales qu’elle jugeait indigne d’elle. D’abord parce qu’elle-même préférait ne pas prendre le risque de se laisser affectée par une confrontation rhétorique – même si la rhétorique en question manquait totalement de subtilité – et donner un avantage maladroit à son adversaire. La sorcière préféra même ignorer ce phénomène qu’elle jugeait non seulement indigne d’elle, mais aussi du personnage de Scáthach qu’elle préférait garder en haute estime. Cela dit, elle n’aurait peut-être pas dû être surpris, après tout, quelques lectures suffisaient à rappeler que le personnage en question n’était pas non plus une duchesse pleine de grâce et de bienséance. Mais Rosamund ne voulait pas briser ses rêves de princesse. Et accessoirement, elle voulait surtout gagner. Donc elle combattit silencieusement, donnant tout son souffle à son corps et à sa lance qui, elle l’espérait, n’en viendrait pas à changer d’affiliation...

    Lentement mais sûrement, l’endurance de Rosamund commença à flétrir et sa respiration se fit de plus en plus difficile, allant même jusqu’à la brûler à chaque inspiration. Si le pouvoir de sa lance ne semblait pas disposer de limite, le corps de la sorcière, lui, en était empli. Et si son adversaire conservait cette ténacité incroyable, l’issue de ce combat pourrait être bien différente de celle à laquelle Rose avait d’abord pensé. Heureusement, elle n’était pas la seule à montrer des signes de faiblesse, mais ceux de son ennemie semblaient beaucoup plus graves... Encore une fois, il lui était impossible de visualiser la façon exacte dont les étranges pouvoirs à l’œuvre fonctionnaient. S’il s’agissait d’une possession ou d’une simple capacité à singer les esprits ou autre chose... mais Rose eut l’impression que l’esprit de l’hôte de ce corps luttait contre l’esprit de Scáthach, conscient que la guerrière risquait de la tuer à la tâche. Et en effet, si cette femme ne disposait pas de résistances physiques plus grandes que la moyenne, elle ne pourrait continuer à se tenir debout sans subir de graves blessures. Mais ce n’était pas le problème de la sorcière, n’est-ce pas ? La sorcière resta immobile quelques secondes, laissant son corps récupérer tandis que son esprit réfléchissait à la situation. Assurément, la mort de cette étrangère la rassurerait, après tout elle l’avait appelée par son prénom et les chances pour qu’elle l’oublie après cette expérience étaient trop instables... Néanmoins, on pouvait voir que l’esprit de Scáthach était encore là, éveillé et prêt à tailler dans le vif. Rosamund n’était pas en état de finir ce combat, combat dont l’issue serait alors trop incertaine. Non, il valait mieux opter pour la prudence, la sécurité... Froidement, elle déclara :

    – Je sais qu’elle est forte... Heureusement, vous ne l’êtes pas.

    Et sur cette critique, Rosamund transforma sa lance de manière à ce qu’elle tienne dans son poing. Avant même que Scáthach ne réagisse, elle se changea en corbeaux et prit son envol. Les oiseaux filèrent dans les airs et prirent de la hauteur, allant là où son ennemie ne serait pas capable de la suivre. Les volatiles se réunirent sur le toit où Rosa reprit sa forme humaine, lui donnant là le répit nécessaire pour se reposer. Pliée en deux, la jeune femme s’efforça de retrouver son souffle. Elle avait voulut paraître forte en bas, mais elle était tout bonnement exténuée. La pression qu’exerçait la lance sur son corps avait été particulièrement forte ce soir, comme si l’arme s’était elle aussi battue pour ne pas prêter son pouvoir contre sa maîtresse d’origine. Mais était-ce vraiment elle ? Rose ne pouvait croire que l’esprit de la véritable Scáthach se soit retrouvé dans ce corps... Il s’agissait sûrement d’autre chose, peut-être venant de cette mystérieuse femme. Lorsqu’elle parvint à supporter son point de côté, Rosamund alla se pencher par dessus le bord du toit afin d’observer la ruelle et voir si ce mystère à matraque était encore là... et dans quel état.

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Message posté : Dim 12 Oct - 22:32 Message
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Avant même d'avoir pu réagir, elle s'était faite jeter là, comme ... comme une merde. Il n'y avait pas d'autres termes qui soient à même de décrire la situation dans laquelle Anna se sentait. Cette pulsion de tuer qu'elle ressentait, cette envie de placer solidement ses mains autour du cou de cette lancière mystérieuse ... Elle n'était plus la propriété unique de celle qui s'était appelée Scáthach. Non, elle le ressentait, maintenant. Elle ressentait cette rage insurmontable, contagieuse. Ses jambes tremblaient, flageolaient, et elle transféra son appui sur une voiture garée là, dont l'alarme se mit à sonner quand elle transféra l'intégralité de son poids dessus.
Elle n'était plus optimiste, plus même empli de sympathie envers une quelconque forme de vie. Non, elle voulait tuer quelque chose, quoique ce soit. Blesser pour se venger. Elle en avait marre, elle s'était ridiculisée, encore. Elle était inutile, un simple pantin entre les mains d'une entité barbare sur laquelle elle n'avait aucune emprise, et encore moins de compréhension. La Team Alpha était une blague, ils avaient dû l'accepter comme running gag, à voir le caractère pitoyable que revêtait chacune de ses interventions. C'était affreux. Une véritable débandade, qui avait permis à son adversaire de s'enfuir par l'usage de quelque sorte de pouvoir ou de sorcellerie qui la transformait en une nuée de corbeaux. Une sorcière, sûrement, d'ailleurs, car c'était bien ce qu'hurlait la guerrière celte dans son esprit : "Sorcière ! Maudite !". Une personnalité terrible, trop forte, trop primitive. Une personne issue du fond des âges, pour qui le monde n'était qu'une succession de combats et de rapports sexuels. Une personnalité fascinante par le dégoût qu'elle pouvait inspirer à Anna. Une noble, à n'en point douter, et pourtant, une noble que tout opposait à l'éducation que la fille à capuche avait reçu, et même que tout opposait à ce qu'elle savait de l'histoire des noblesses européennes médiévales. Elle ne respectait que la force et la vigueur, ne faisant que lui hurler de lui laisser à nouveau le contrôle, qu'elle fasse pleuvoir les cieux sur cette "Rosamund". A quoi bon ? Dans ses yeux, l'azur avait cédé la place au rouge : son corps était à bout, elle ne pourrait plus rien faire, et aurait à fuir au bout du premier échange.

Le propriétaire de la voiture sortit, une batte de baseball en main.
Anna, elle, avait froid. Elle avait faim, elle ne se sentait pas bien, mais pourtant, elle n'avait pas la moindre peur.

Il hurlait quelque chose, peut-être s'enquérait-il de son état. Peut-être voulait-il la rosser. Sa vue se floutait, elle ne savait trop ce qui se passait, mais il se baissa. Il voulait sûrement tenter quelque chose.
Sous l'impulsion de Scáthach, Anna réalisa, elle, l'impossible. Elle réunit ce qui lui restait de force, porta ses mains au visage de l'inconnu et le tira vers elle avec sauvagerie pour l'embrasser avec une vigueur et une sorte de férocité dont elle-même ne se serait jamais senti capable. Elle put voir l'expression d'incrédulité qui écarquilla les orbites de cette victime infortunée, immédiatement suivie par la terrible injection de sang dans ses yeux. Pour elle, la sensation était agréable, salvatrice, tout à la fois excitante et apaisante. Avec cette nouvelle personnalité, elle se sentait revivre, aspirant ses forces vitales, alors qu'elle livrait un regard parfaitement terrifiant de dédain pour les veines qui viraient rapidement à un violacé maladif en se gonflant avec l'accélération du rythme sanguin de cette pauvre ouaille.

Elle était une sangsue. Une sangsue d'une redoutable efficacité, qui avait brisé ses principes sous l'impulsion d'une légendaire guerrière celte. Elle lui devait la vie, à vrai dire.

Elle mit fin au langoureux baiser en repoussant l'homme par les manches. Un postier de vingt-cinq printemps, batteur plutôt doué dans l'équipe de l'établissement, particulièrement fier de son automobile qu'il croyait en train d'être subtilisée et croyant semble-t-il, lui aussi aux contes de fées, lorsqu'il avait aperçut une jeune fille aussi étonnante atterrie comme par magie au pied de sa portière.
L'appuyant à ses côtés sur la voiture, inconscient, elle attrapa le téléphone de ce dernier, composa le code de déverrouillage et appela le 911 : cette vigueur qu'elle avait aspirée était tout aussi illusoire que ses blessures étaient réelles, et elle avait tout de même besoin de soins, comme ce postier qui allait sûrement passer plusieurs semaines dans le coma. Elle avait fait quelque chose de mal, mais quelque chose de nécessaire, et elle s'arrangerait pour que tout les frais de l'opération soient à la charge de la famille LeBlanc. Elle lui devait au moins cela.

Finalement, elle raccrocha, reposa le téléphone dans la poche de son propriétaire, et entreprit de se servir de son cache-nez comme de compresse improvisée, avant de lever les yeux vers le ciel.

Elle était là, elle la voyait.

Elle n'avait plus peur, à vrai dire, elle était résolue, et elle se contenta de rigoler en la voyant, si sûre d'elle-même. Elle la détestait, réellement.

" Cours, Rosamund ! " lui hurla-t-elle, ressortant son accent écossais auquel se mêlait curieusement un langage de charretier typiquement afro-américain, " Cours, putain ! Cours, parce que je te jure que toi, un jour, je te crame ta famille ! Je vais te retrouver, et je vais t'exploser la gueule à la barre à mines ! Je te jure que tu vas devoir aller demander la putain d'aide des putains de casque bleus, parce que ta vie, ça va devenir un putain de Bagdad, putain de traînée de fille de chienne ! "

Elle n'avait plus la force. Elle craquait. Elle laissait les autres s'exprimer. Elle n'était plus Anna, ou plutôt, elle l'était, mais au travers d'une Scáthach croisée avec un postier afro-américain issue des quartiers de gang du district local...
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Message posté : Dim 12 Oct - 23:20 Message
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    Du haut de sa tour d’ivoire improvisée, Rosamund put observer la réaction de cette fascinante et dangereuse demoiselle. Si cette imbécile avait absorbé quelques souvenirs de Scáthach, elle pourrait devenir une menace pour l’Ordre. Et il était hors de question de laisser passer cela. Même si elle n’était pas capable de l’achever ce soir, elle pourrait réfléchir à des solutions alternatives. Après tous, son potentiel de sorcière s’exprimait mieux avec une bonne préparation. Et accessoirement, Rosamund n’aimait pas forcément éliminer un pion sans avoir d’abord essayé d’en apprendre un petit peu plus. Il était toujours possible de tirer le meilleur des insectes. Telle une apicultrice, Rose refusait de se débarrasser d’une abeille avant d’en avoir exploité le maximum.

    Pour commencer, cette créature fit preuve d’une résistance incroyable. Ses instincts de survie l’aidèrent à se remettre. Rosamund ne savait pas s’il fallait imputer cela à l’esprit qui semblait cohabiter dans ce corps ou à la personnalité d’origine de cette femme, mais elle se montra ingénieuse... et également implacable. Sans vergogne, elle s’attaqua au propriétaire d’une voiture. Et alors la sorcière put avoir confirmation : les capacités de cette femme passaient par un contact direct, d’où la cérémonie des gants... Ce baiser avait apparemment des effets néfastes sur le corps de ce pauvre passant et Rose ne put que se félicité d’avoir prit ses distances. En jouant la carte de la vigilante nocturne, elle serait peut-être tombée dans les griffes de ce terrifiant et intriguant pouvoir. Quels effets avaient-ils exactement ? Il était difficile de le dire, mais d’après ce qu’elle pouvait observer, Rosa en conclut que cela était bénéfique pour son utilisatrice. Bénéfique mais limité car il semblerait qu’elle ait fait appel aux secours. D’en haut, Rosa ne parvenait pas à tout entendre, mais les quelques mots qu’elle pu saisir étaient clairs là dessus. Pauvre petite chose... Mais un tel spectacle devenait beaucoup trop lamentable pour les yeux de la sorcière. Celle-ci commençait à se dire qu’elle perdait son temps et qu’au final, elle était juste tombée sur une espèce de mutante ou autre fruit d’une expérience tordue. Elle allait partir lorsque son adversaire déversa sur elle un nouveau flot d’insultes. Mais sur ce terrain là, Rose était plus que disposée à la laisser gagner. Encore une fois, cette idiote usa de son prénom ce qui irrita fortement la concernée qui décida qu’elle allait prendre des mesures pour régler ce problème. Même si cette curiosité ne savait d’elle que son prénom, il fallait à tout prix éviter de prendre des risques. Et aussi, Rosamund n’avait pas aimé l’issue de leur confrontation. Son honneur en avait prit un petit coup. Et de la part d’une bête dépourvue de la moindre retenue, cette idée était véritablement insultante. Oui des ébauches de plan se formaient... empoisonnements... simple potion d’oubli... un ensorcellement qui l’empêcherait de parler de certaines choses... sa délicieuse malédiction de Pan... non pas tout de suite. L’irritation que Rose éprouvait pour cette empêcheuse de surveiller en rond atteignit son summum lorsqu’elle constata que son ocarina était cassé. Voilà ce que c’était de vivre un vrai combat... Et malheureusement, ses autres plans ne seraient vraiment efficaces que si elle parvenait à obtenir plus d’informations sur elle. Et en dépit des événements de cette nuit, elle n’avait pas appris grand chose en somme, surtout pas en termes d’identité.

    – Je ne cours pas, pauvre sotte... Je vole. murmura-t-elle plus pour elle-même que pour l’autre.

    Sur ces belles paroles dont la portée philosophique était plus que limitée, Rosamund se changea une nouvelle fois en corbeaux. Certains s’en allèrent au loin. Deux autres ne donnèrent que quelques coups d’ailes pour se poster là où était entré Engel. Il y avait peu de chance pour qu’il ressorte par là, mais on ne savait jamais. Et puis, les autres usagers de cette porte pourraient la mener vers une piste... D’autres corbeaux enfin se dispersèrent dans les environs... mais ceux-là non plus n’allèrent pas bien loin, et ils prirent soin de garder un œil sur cette agaçante « touche à tout ».


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