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Il faut toujours du doute pour construire une certitude [Anna & Isaiah]

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Message posté : Ven 26 Sep 2014 - 16:32 Message
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Finalement, il avait voulu tout changer à ses habitudes mais il fallait bien constater que la routine d'Isaiah n'avait pas énormément changé depuis son départ de l'armée américaine. Si, quand il était avec Georgia, il passait des mois et des mois en déplacement avant de revenir, épuisé et fatigué ; aujourd'hui, rien n'était vraisemblablement différent si ce n'est que Georgia n'était plus là. Mais les anciennes habitudes avaient la vie due car à part pour aller à l'UNISON ou aller au bar, il ne sortait pas particulièrement. Être entré dans l'escouade d'intervention l'avait un peu plus recentré sur ses capacités et ce qu'il pensait être son seul et unique rôle sur terre. Avoir le rôle du méchant pour que les gentils puissent s'épanouir sans se salir les mains. Finalement, il était toujours question de savoir qui ferait le boulot que personne ne voulait faire et pour le coup, il était en première position à botter le cul des merdeux qui osaient déranger la tranquilité des environs. Bien entendu il y avait des supers, de la Légion ou d'autres endroits, qui étaient tous là aussi pour faciliter la vie, mais finalement, lui, ne cherchait pas la reconnaissance ou son nom sur de grandes affiches. Et d'ailleurs, si c'était le cas, il les enlèverait et les déchirerait car personne ne pouvait mériter d'avoir comme modèle un type comme lui.

Il n'était pas de garde, aujourd'hui. Il était resté au Brett Building toute la journée d'hier et celle d'avant sans que rien de particulier ne se passe. Ca arrivait. Même quand il était dans une équipe d'enquête, il lui arrivait de rester au bâtiment de l'UNISON, de garde, sans que rien n'arrive. Aujourd'hui, quoi qu'il arrive, il pourrait tranquillement se détendre à moins qu'une urgence de la taille d'une invasion extraterrestre ne vienne le détacher de sa bière. C'était le début de soirée et les vents frais de l'automne commençaient déjà à envahir les rues. La chaleur de l'été à peine terminé irradiait les rues en journées, mais la nuit, de plus en plus, les gens ne se risquaient plus à sortir les bras découverts. Dans le vieux bar du district Est où Isaiah avait prit ses habitudes dès son arrivée en ville entant qu'SDF, il y avait les habitués. De toute manière, dans ces bars mal famés, il n'y avait presque QUE des habitués. Des gens tous réunis dans le coin pour ne s'envoyer que du tord-boyau et oublier un peu plus ce qu'il avait fait ou pas la veille. Isaiah avait été pendant longtemps un de ceux qui roupillent à l'arrière, saouls et fatigués autant de la journée que de la vie. Ces derniers temps, ces dernières années, pourtant, il avait réussi à récupérer quelques morceaux de sa personne de-ci, de-là. Petit bout par petit bout, il avait diminué sa consommation d'alcool, il avait trouvé un travail et une raison de se lever chaque matin. Pas après pas, il avait aussi lentement retrouvé le chemin vers Dieu et avait pardonné, il Lui avait pardonné et il s'était pardonné même si il restait encore quelques ruines de ses crimes personnels qui revenaient le hanter certains soirs. Installé au bar, une grande pinte de blonde entre les mains, il n'était pas particulièrement occupé. Il savourait sa petite solitude tranquille et détendu, une cigarette à la main. Le bar n'était pas sur les listes du cadastre et n'était donc pas légal, ni contrôlé par les autorités sanitaires. Cigarettes et drogués étaient donc largement acceptés tant qu'on ne consommait pas dans l'enceinte même de cette cours des merveilles.
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Message posté : Ven 26 Sep 2014 - 22:45 Message
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La vie avance vite. Si on ne s'arrête de temps en temps pour observer ce qui nous entoure, on peut la manquer.

La Folle Journée de Ferris Bueller. Anna n'était pas née en 1986. Cela remontait à une dizaine d'années avant sa naissance. Pourtant, cela ne l'empêchait de se lancer dans de curieuses expériences cinématographiques, de temps en temps. Elle en retirait beaucoup de choses, comme de la lecture, de l'écoute de musique ou même de ses exceptionnelles séances de jeux vidéos : le plaisir ne venait pas même de l'action, elle venait de l'enseignement qui en découlait. De ces sommes de connaissances engrangées et de ces expériences critiques. Les spécialistes et les amoureux de linguistiques -Dont Anna faisait partie- appelait ça l'épistémophilie, la soif d'apprendre.

Aussi curieux que cela eût pu paraître, c'était précisément en quête d'une nourriture spirituelle quelconque que celle qui s'était baptisé Vadóc pour la Team Alpha s'était embarqué dans le premier bus partant de l'école, sans bien connaître sa destination. Il était tout juste treize heures, et le cours d'éducation physique allait commencer. Le cours qu'Anna détestait probablement le plus : deux heures à suer comme un boeuf sous les lourds t-shirts à manches longues, les pantalons et les gants qu'elle était obligée de porter, tout en essuyant les remarques aux sous-entendus à peine lubriques des plusieurs classes réunies sur le terrain. Cela avait commencé avec un ou deux jeunes, quand elle était arrivée, et elle avait décliné les propositions comme elles étaient venues. Quatre ans plus tard, le sport le plus pratiqué au sein du Lycée était la tentative de sortie avec Vadóc... Un sport populaire à cause de l'argent qu'il promettait à ses vainqueurs, les paris l'ayant précédé plutôt que suivi. Cela faisait d'Anna une fille bien trop populaire à son propre goût : les garçons lui couraient après, et les filles la jalousaient. Des filles autrement plus jolies qu'elle, et terriblement inventives sur les crasses à infliger à cette Reine des Glaces.

Tout cela faisait trop, et de temps en temps, il fallait décompresser. Fuir cet environnement délétère. Cela pouvait être dans les entraînements avec les autres membres de la Team Alpha -Les seules personnes qui la connaissaient vraiment, et qu'elle pouvait appeler "amis", dans un certain sens.-, mais elle préférait aussi être seul, des fois. Elle préférait pouvoir se refermer sur elle-même, ne plus être simplement physiquement seul ; l'être complètement.

Dans ce bus, seule, sa capuche sur la tête, c'était bien ce qu'elle était, à contempler son propre reflet sur la vitre, flottant, éthéré, sur le paysage changeant des collines de Bayview : Au loin, c'était le Détroit, et à sa gauche, magistrale et tentaculaire, Star City. A sa droite, c'était la vue plus triste d'une zone de quarantaine bouclée par l'UNISON. On l'identifiait aisément, avec les hélicoptères et les véhicules mats en colonnes serrés qui détonaient bien, par rapport aux rangs désorganisés et bariolés que l'on pouvait apercevoir sur les quais de la métropole. Songeuse, elle se demandait si elle serait un jour dans l'un de ces hélicoptères, ou à voler par ses propres moyens, à devoir veiller sur toutes ces vies inconscientes du danger... En temps voulu, cela serait sûrement le cas, mais elle se demandait vraiment si son désir de justice coïnciderait avec suffisamment d'abnégation, le moment venu...

Cette réflexion, elle l'entretenue à l'intérieur d'elle-même deux heures durant, jusqu'au terminus. Chinatown. Deux heures à serpenter dans les rues animées de l'Est de la ville : elle étaient passées comme un souffle, et déjà, elle aurait dû rentrer, mais à quoi bon ? Ici, elle était incognito, ici, elle se sentait comme l'un de ces innombrables passants. Elle se sentait redevenir une face anonyme. Une simple excentrique en long manteau à capuche vert forêt. Une personne comme les autres : pas un héros, pas un vilain, une simple citoyenne. Une personne sans responsabilités, sans devoirs. Une personne en mesure de profiter pleinement de la vie, ou presque : la jeune femme avait tout de même emmené avec elle son communicateur, au cas où on la chercherait d'urgence. La Team Alpha n'avait juste qu'à ne pas être pressée, ou ils devraient venir la chercher.

C'eût amusant, d'ailleurs, de voir Jace atterir dans ces quartiers insalubres pour venir la chercher, telle une demoiselle en détresse. La lutte féministe en aurait pris un sacré coup, de voir revenir le dernier élément féminin des aspirants légionnaires s'envoler dans les bras de leur chef.

Heureusement, elle n'eût pas à subir un tel traitement, puisque l'après-midi semblait calme : elle s'arrêta même pour se délecter dans des échoppes typiques, baragouinant quelques mots de cantonais avec une tenancière estomaquée par la simple vue d'une jeune blanche se risquant dans les langues asiatiques. Elle qui ne connaissait pas plus que les formules de politesse ressortit avec des phrases et des idiomes plein le petit carnet qu'elle trimbalait partout avec elle, dans l'une de ses amples poches. Un carnet qu'elle noircissait au fur et à mesure de ses rencontres linguistiques, car c'était là l'une des autres chances qu'offrait Star City : pour une adepte des langues comme elle, cette Babel moderne était une opportunité, qui lui offrait la chance de ne pas avoir à voyager dans d'autres pays pour pratiquer, et c'était toute souriante qu'elle remit sa capuche sur le visage, et s'enfonça dans la relecture de ses notes, tentant d'assimiler tout ces nouvelles connaissances, et tentant de démonter cette langue de l'extérieur, pour mieux la comprendre.

Elle marcha tout droit, prise dans ses pensées, ne se souciant même plus de l'extérieur, de tout ces gens qui passaient ... Et voilà qu'elle relevait maintenant la tête, un temps indéfini plus tard : se dressait face à elle un bar. Un curieux rade qui n'avait plus l'air bien asiatique. C'était ce genre de débit de boisson que l'on ne vous présentait que dans les films de gangsters, là où on se réunissait tout les coupes-jarrets et les fripouilles de la pire espèce ... Et pourtant, elle rentra.

Pourquoi ? Par curiosité, tout d'abord. Elle n'aimait pas avoir à se limiter à une première impression. Elle aimait constater d'elle-même, "tenter le diable", en sommes. Elle souhaitait savoir ce que renfermait vraiment cet endroit, et puis, en son for intérieur un peu romantique, elle aimait à se penser comme eux, dans son accoutrement mystérieux...

Elle, la jeune femme encapuchonnée de mystère, l'air absent en rangeant son petit carnet, elle pouvait être n'importe qui. Une grande criminelle, une voleuse, une tueuse chevronnée, ou même une policière sous couverture !

Et elle se risqua donc, marchant d'un pas résolu vers le comptoir avant de se mettre à trembler : Elle allait se mêler à eux, elle commanderait de l'alcool ! Pourquoi ? Pour le risque, pour la curiosité ... Parce que c'était peut-être dernière nuit ?
Non, tout bien considéré, c'était surtout la peur. Elle était déjà rentrée, et ressortir en courant eût été mal avisé, comme de rester à faire le pied de grue comme une idiote... La curiosité avait été trop forte, et l'orgueil des explorateurs qu'elle avait expérimenté cet après-midi l'avait mené trop loin pour qu'elle ne se ruine à ce moment. Il faudrait qu'elle tienne, qu'elle ne perde pas la face. Il ne fallait pas trembler. Il ne fallait pas montrer que l'on était effrayé, ou que l'on venait en étranger. C'était comme cela que l'on se retrouvait à repartir dans un cercueil, dans les films. Oui, elle avait vu ce genre de films où le gentil arrivait par erreur dans un repaire crapuleux. Elle avait vu Training Day, et elle ne se sentait pas vraiment en veine, surtout qu'elle n'avait sauvé personne, aujourd'hui.

Elle allait faire l'habitué, ou au moins, celle qui venait prendre un simple coup. Dans le pire des cas, elle pourrait toujours dire qu'elle n'avait que ça à faire, avec sa journée dans les pattes : son copain l'avait largué, son boulot la gonflait, les impôts la saignait à blanc et son garagiste l'avait encore enflé de plusieurs milliers de dollars ... Il fallait penser comme une personne, comme tout ceux qui la regardait avec leur regard suspicieux. Comme ce gros bonhomme moustachu qui, fumant devant l'entrée, l'avait suivi à l'intérieur.

Attendez, un homme patientant devant l'entrée l'avait suivi à l'intérieur ?
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Message posté : Ven 26 Sep 2014 - 23:16 Message
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Une gorgée de bière vint pétiller jusque dans le fond de sa gorge. Ca faisait du bien. Moins que quand il était à la rue et que ce genre de réconfort arrivait une fois par mois ou une fois tous les deux mois, quand on avait assez d'argent ou qu'on connaissait des gens assez sympas... Mais c'était ainsi avec tous les plaisirs de la vie. Après tout, si quitter Georgia avait été un acte qui l'avait soulagé un temps, il s'était finalement rendu compte que sa présence chaleureuse et réconfortante lui avait manqué. Il avait à présent enterré toute perspective de la revoir un jour et finalement, c'était mieux comme ça. Il gardait son ancienne fiancée comme un passage sympathique dont il fallait garder un bon souvenir. Isaiah n'était généralement pas du genre à s'embarrasser avec des « Et si » à longueur de temps. Il lui était arrivé d'imaginer une autre vie, si il n'avait pas pressé la gâchette ce soir là, si il avait été renvoyé des forces spéciales avec sa foi intacte et son intégrité toujours en bon état. Il l'aurait marié, possiblement fait un enfant, voire deux... Mais chaque fois qu'il y pensait, des haut-le-cœur le prenait et cette sensation d'asfixie lui tordait la gorge. Mieux valait assumer ses choix, ça faisait moins mal aux sentiments. Quelqu'un poussa la porte du bar, réveillant Isaiah de ses pensées. Il se tourna, par réflexe, pour saluer un éventuel gars qu'il connaissait. Mais il ne vit pas exactement ce à quoi il s'attendait. En effet, une gamine avec une drôle de capuche venait d'entrer. Il salua d'un mouvement de main rapide le gars qui venait aussi d'entrer, un type qui bossait pour le tenancier et qui, bien qu'il avait un aspect bourru et terriblement agressif, n'en était pas moins un simplet dont l'allure jouait énormément à sa défaveur. Une tête de bulldog, des mains de fer et une carrure de joueur de rugby alors qu'un rien le faisait pleurer, comme se tromper de marque de bière. Ancien analphabète, il allait chaque semaine à l'association catholique qui passait dans le coin pour apprendre à lire et à écrire. Deux choses assez indispensables pour servir les gens dans un commerce...

Mais l'attention d'Isaiah était toujours attiré par cette nana qui s'approchait à présent du bar, là où il était. Il ne se cacha d'ailleurs pas de la regarder directement avec des yeux légèrement méfiants. Perdue ? Prête à commettre un acte répréhensible ? Son expérience personnelle lui avait enseigné de ne pas juger les gens à leurs apparences mais là, la gamine ne l'aidait pas avec son air de petit chaperon rouge décoloré. L'ancien soldat voulait bien faire des efforts, mais son instinct lui disait clairement que quelque chose n'était pas à sa place dans ce décors. En l'occurrence, cette cape, ou qu'importe ce que c'était, n'avait rien à faire sur un parquet recouvert de vomis trois fois par semaine. « T'es perdu ? Tu cherches quelqu'un ? Tu veux un téléphone portable pour appeler quelqu'un ? » après tout ça n'aurait pas été la première fois que des femmes ou des enfants viennent chercher le « chef de famille » dans ce genre de trou à ras. Généralement, les adolescents qu'il voyait dans le coin étaient plutôt du genre décharnés et carrément misérables. Elle, dégageait une allure sobre mais précieuse. Et dans ce genre d'endroit, la demi-teinte et la subtilité n'était généralement pas au rendez-vous. D'ailleurs, la présence de la jeune femme avait aussi attiré quelques autres paires d'yeux dans le bar. Un peu plus loin, à une table, des gars vêtus de plusieurs couches de manteaux s'étaient tourné et observaient à présent l'échange.
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Message posté : Sam 27 Sep 2014 - 2:49 Message
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Fausse alerte, ou du moins, c'était que la fille du Bayou essayait d'espérer. Le gros nounours qui était rentré à sa suite n'avait même pas fait attention à elle, il s'était contenté de passer en la contournant. Elle, comme une sotte, avait réagi comme si on s'était approché d'elle pour l'agresser : l'espace d'une seconde, elle s'était tendue, prête à toute éventualité, et prête au combat. Contre quoi ? Rien en fait, c'était juste la terreur qui parlait pour elle. La peur de l'inconnu. Cette peur que ressentent les explorateurs au sein des contrées inexplorées.
Résolue, tendant de se calmer, elle prit donc sur elle pour se déplacer vers le comptoir, avec la neutralité d'humeur la plus affirmée que son visage eût pu déployer. Il était vrai, cependant, qu'elle n'était pas à sa place. C'était un constat qu'elle-même n'avait aucun mal à faire, maintenant que la réalité avait rattrapé la fiction, et qu'elle se révélait en fait être une pleutre. C'était bien le terme. Elle était lâche, elle avait eu peur du premier bonhomme venu, et d'un bonhomme qui ne voulait même pas l'attaquer ! Comment pouvait-elle seulement penser qu'elle avait le quart du tiers de l'étoffe nécessaire à faire un légionnaire ? A faire un héros ? Comment on avait pu la recruter au sein de la Team Alpha ? A tout les coups, elle avait dû cela au fait d'avoir touché une personne plus méritante ... Elle avait sûrement dû usurper sa place, sans même la savoir ... Elle ne se souvenait même plus, d'ailleurs, du fait qu'elle aurait pu toucher quelqu'un.

Non, en ce moment, elle se sentait juste stupide. Elle se sentait comme ce qu'elle était, une jeune fille complètement perdue, au mauvais endroit et au mauvais moment. A cette heure-ci, les bus ne passeraient plus jusqu'à l'école, si jamais la fantaisie lui prenait d'en reprendre un, et elle ne savait même pas lequel prendre, d'ailleurs.
C'était, semble-t-il, le moment que choisit un autre client du bar pour lui adresser la parole. Anna était assise au bar maintenant, après tout, et elle devait s'attendre à se faire solliciter de pareille manière.
C'était pourtant un regard inquiet et furtif qu'elle lança à son voisin. Il était effrayant, avec sa bière et sa cigarette qui côtoyait un visage fatigué constellé de rides et envahi par une pilosité salement entretenue. Cela ne se limitait pas à cela, d'ailleurs. Il était maigre, du genre de maigreur qui apparaissait aux yeux de l'aspirante héroïne comme dérangeante : elle côtoyait de véritables tas de muscles passant leurs journées à s'entraîner. Elle-même se devait de le faire, bien que cela fut à contrecœur, estimant que la salle de sport ne lui seyait aucunement, bien qu'elle se surprit pourtant à pouvoir réussir un parcours du combattant en un temps parfaitement honorable au bout de six longs mois de préparation. Cet inconnu, lui, semblait d'un tout autre acabit. Il était bâti, cela ne faisait aucun doute, mais il ne jouait pas dans la même cour que tout ceux qu'elle avait l'habitude de voir. Quelque chose ne lui inspirait pas confiance chez lui, malgré toute l'apparente bienveillance -ou au moins, neutralité- de ses propos. On aurait dit qu'il avait un secret, ou qu'il cachait sa véritable nature.

La jeune fille ne savait que faire : c'était la première fois qu'elle rencontrait ainsi le danger, en face, et de manière complètement absurde. Qui serait assez fou, sinon elle, pour rentrer dans un bouge pareil et soutenir le regard d'un psychopathe qui travaillait sûrement pour un gang local ?

" Non, n-non. " avisa Anna en bégayant légèrement, et en se tournant vers le barman, " Je vais juste commander une bi-... "

Elle laissa sa phrase se perdre dans l'air tandis qu'elle s'interrompit pour regarder, le visage crispé, tout les regards qui s'étaient maintenant posés sur elle. Dire qu'une sensation de malaise la prenait eût été un doux euphémisme, tant le petit lapin avait maintenant envie de s'enfuir à toutes jambes...

" Un verre d'eau. " se ravisa-t-elle en revenant vers l'homme du comptoir, " Un verre d'eau, je vous prie. "

A son niveau, réussir à garder sa voix intacte, les deux mains gantées croisées nerveusement sur ses genoux, était en soi un exploit. Elle se savait épiée, et ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Est-ce qu'on savait qui elle était ? En voulait-on à l'héroïne qui n'avait même pas encore eu le temps de faire ses preuves ? Est-ce qu'on en voulait à la fille du richissime LeBlanc ? Est-ce qu'au moins sa rançon allait ressembler à quelque chose d'intéressant ?

Tant de questions, et toujours la peur, rôdant au ventre.

Pour seul complément de réponse, elle se contenta de déglutir en baissant les yeux sur ses mains, se concentrant pour ne pas qu'elle tremble. Elle tentait ça et là des coups d’œils discrets aux confins de ce que ses yeux lui autorisait d'angle de vision sans bouger la tête, mais elle ne se faisait pas d'illusion : c'était eux qui jouaient avec elle, et pas elle qui était arrivée en se jouant d'eux...
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Message posté : Sam 27 Sep 2014 - 12:25 Message
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La jeune fille s'installa au bar, à une chaise de lui. Isaiah savait que son apparence n'était pas des plus rassurantes. Pendant longtemps, tout ça était une stratégie de défense pour éviter que des gars ne viennent vous chercher des embrouilles. Faire le plus peur possible et avoir l'air le plus psychopathe, dans la rue, c'était une garantie de ne pas se faire tuer tout de suite dans l'indifférence générale. Même si il avait troqué énormément de choses à son retour à la vie normal, il n'avait pas délaissé ses longs cheveux retenus en queue de cheval à l'arrière de la tête et sa moustache. Il était prêt à changer mais pas tout en même temps, c'était devenu une part de lui comme une autre après tant d'années. La jeune fille, toujours avec sa capuche, ses drôles de manières raffinées, croisa ses mains sur le comptoir et commanda de l'eau d'une voix hésitante et très peu rassurée. L'ancien soldat n'était pas un fin psychologue ni sociologue et donc n'arrivait pas à imaginer pourquoi une gamine apparemment effrayée par le public de ce bar serait rentré pour boire un verre d'eau. Il n'y avait pas de pubs un peu plus sympathiques pour la jeunesse comme elle ? Après tout, il se faisait vieux et ne savait plus très bien ce que les jeunes cherchaient aujourd'hui. A son époque, il était dans le genre particulier aussi à vouloir s'engager à l'armée... Mais même avec tout ça il ne se pensait pas SI handicapé que ça au niveau sociale. La gamine semblait légèrement accommodée par l'attention que certaines personnes lui portaient. Petit à petit les conversations reprirent comme si de rien n'était. Isaiah, par contre, n'aimait pas particulièrement avoir des énigmes comme ça sous le nez.

« T'as quel âge ? T'as l'air jeune pour venir dans un bar... » Isaiah se demanda une seconde si il n'y avait pas de choses louches qui se préparaient mais ce serait vraiment tordu d'envoyer une personne aussi hors du cadre dans un lieu pareil. Et puis pour faire quoi ? Tabasser des SDF ou des camés ? Ici ? C'était bien trop exposé et ils auraient vite fait d'appeler les flics... Isaiah échangea un regard avec le barman qui servit le verre d'eau à la gamine, un peu aussi perturbé par ce genre de demande qui n'arrivaient pas très souvent. Le barman s'éloigna ensuite pour débarrasser quelques tables et aller dehors ramasser quelques verres laissés sur les terrasses. « Tu te caches de quelqu'un ? » Après tout, ceci était la dernière possibilité qu'il voyait. Elle essayait de fuir quelqu'un ou de se cacher d'une menace à l'extérieur et elle était rentrée dans le premier bâtiment qui s'était présenté... Il tira sur sa sèche avant d'expulser la fumée par les narines.
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Message posté : Sam 27 Sep 2014 - 15:08 Message
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Se cacher, voilà bien ce qu'elle semblait en train de faire. La question était plutôt : de quoi se cachait-elle ? Il semblait, pour être franc, qu'elle se cachait de tout, à commencer par elle-même. Elle n'était pas à sa place ici, et le répéter cent fois ne suffirait pas à qualifier le malaise qui était le sien, au milieu de tout ces gens. Elle avait choisi cela, être au milieu de tout ces êtres. C'était la curiosité qui l'avait poussé, mais maintenant qu'elle était là, c'était plus fort qu'elle : elle se dégonflait. Elle était comme le marmot qui, cassant un objet précieux pour tester la réaction de l'autorité, marmonnerait candidement : " Je n'ai pas fait exprès. "
La réalité ne pouvait pas être plus différente. Elle avait fait exprès. Elle avait choisi d'être ici, elle avait choisi de ne pas fuir, d'essayer de se donner une contenance, et elle n'y arrivait. Elle n'y arriverait probablement pas. Pourquoi s'acharner, alors ? La réalité voudrait qu'elle décide plutôt de laisser tomber le masque, mais elle ne pouvait s'y résoudre : elle était allé trop loin maintenant. Elle vivait son mensonge, aussi stupide que cela pouvait paraître. Elle remercia avec sa politesse excessive pour le milieu, et commença à siroter son verre d'eau en silence, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien répondre.

" 21 ans... J'ai 21 ans, " déclara-t-elle, en regardant dans son verre, " et je vous remercie de votre sollicitude, mais je n'ai aucune espèce de pro... "

Elle s'était risqué à tourner timidement la tête pour regarder son voisin de comptoir. Un simple regard qui suffit à briser tout ses efforts. Sa voix lourdement marquée par le bayou s'effondra dans les limbes du silence. Elle ne pouvait pas mentir. Elle ne pouvait pas jouer la comédie. Pas comme ça. Elle n'était pas faite pour cela.

La lenteur quasiment cérémoniale avec laquelle elle avait tourné le visage se transforma en rapidité affolée, quand elle retourna à contempler l'incolore liquide qui remplissait son verre : l'eau était affreuse, comme tout ce qui semblait caractériser ce lieu, à commencer par cet homme et tout ces autres occupants en guenilles semblant tremper leur chagrin dans l'alcool. L'odeur était nauséabonde, l'atmosphère malsaine, la lumière vacillante, et l'eau semblait être le seul élément vaguement connu auquel elle pouvait se rattacher.

" J'ai 18 ans ... " marmonna-t-elle, basse et terrifiée " Je ... Je suis confuse. Je voulais juste savoir ce qu'il y avait derrière cette porte ... "

La riche fille du clan LeBlanc s'accrochait à ce verre presque comme à une bouée, sirotant mollement. Elle avait peur de ce qu'il pouvait arriver, et elle hésitait à porter sa main à son oreillette pour appeler à l'aide, mais qu'aurait-on penser d'elle alors ? Quelle genre d'inconsciente séchait des cours pour aller se perdre dans les coins les plus mal famés de la ville ? Elle était censé faire régner l'ordre, pas observer la déchéance qu'elle voulait supprimer avec candeur ! On la renverrait de la Team Alpha, et peut-être même de l'école, si on la voyait ici, entrée de son plein gré !

" Je désirais ... juste voir. "

Quelle sotte elle pouvait faire. Une idiote de première fraîcheur, n'étant même pas en âge de noyer son chagrin dans l'alcool. Une simple jeune fille encapuchonnée confrontée à un reflet portant deux mèches ridicules, occupée à frotter l'extérieur d'un verre d'eau avec ses gants de cuir.
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Message posté : Sam 27 Sep 2014 - 17:16 Message
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Le malaise était évident et Isaiah n'en tirait aucun plaisir. Il y avait des personnes, au boulot, dans sa vie de tous les jours qui pensait que, aux vues de son apparence, il était du genre à s'en foutre des sentiments des autres et même, de se réjouir du malheur de certaines personnes. Il était possible que son comportement laisse des fois transparaître sa flemme habituelle en rapport avec les relations sociales, mais de là à prendre plaisir à la souffrance humaine, on en était loin. Là, il constatait bien le malaise de la gamine et ça ne le rendait pas particulièrement content. En fait, ça l’embarrassait. Il était venu pour siroter tranquillement sa bière, pas pour assister à un tel spectacle. La gamine répondit qu'elle avait vingt-et-un ans avant de se raviser et d'avouer avoir dix-huit ans. Isaiah ne pu retenir un soupir d’exaspération. Mais qu'est ce qu'ils avaient les jeunes aujourd'hui à vouloir jouer aux grands ? Elle aurait obtenu quoi en venant boire une bière dans un fourbi pareil ? C'était un défis ? Des amis à elle l'attendaient dehors en glougloutant comme des dindes ? Tout cela l'ennuyait en plus de l'agacer un petit peu, surtout lorsqu'elle lui avoua avoir voulu « voir » ce qu'il y avait dans ce bar. Alors quoi, ils étaient des animaux de foire que les manants venaient regarder avec des yeux curieux et qui leur lançaient de la nourriture sur le sol.

« Bon. T'as rien à faire ici si je comprends bien. Tu portes des gants car tu trouves que c'est dégueulasse en plus ? » Il en avait vu des jeunes en berne de sensations s'approcher des camps de SDF histoire de voir et sentir la misère humaine. Peut être par fierté, la fierté de ne pas être tombé aussi bas, ou juste pas curiosité malsaine et mal placée. Ça, ça l'énervait encore plus que tout le reste. « Tu ferais peut être bien d'appeler quelqu'un pour qu'il vienne te chercher gamine... » Elle avait la moitié de son âge alors elle avait l'air d'une enfance à ses yeux. Bon, ce n'était pas très grave ce qu'elle avait fait, ça ferait une leçon de plus à la liste de ce qu'elle devrait encore apprendre jusqu'à devenir mure et gagner sa vie honnêtement. Mais jusque là, elle allait potentiellement entendre beaucoup d'adultes lui donner des leçons... En plus, la présence de cette gamine ici pouvait éventuellement amener des ennuis aux types dans le coin. Si elle venait à appeler la police jusqu'à cet endroit et qu'ils faisaient ne serait-ce qu'un peu de zèle, l'endroit fermerait certainement dans le mois en cours.
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Message posté : Sam 27 Sep 2014 - 19:13 Message
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La jeune femme n'était pas du tout la tournure que prenait la conversation. Elle ne s'insurgeait pas contre les suppositions qui pouvaient fleurir dans la tête de son vis-à-vis quoiqu'elle aurait, au fond d'elle-même, aimé être capable de le faire. Ce n'était pas possible, cependant. En ce moment, elle était une loque. Une loque apeurée et en danger. Que faire, pourtant ? Elle était seule, isolée au beau milieu de ce qui était à n'en pas douter l'une des banlieue les plus mal-famé de la ville, et elle semblait avoir courroucé un local dont l'air signifiait à n'en pas douter qu'il puissant dans ses ressources les plus insoupçonnées pour garder son calme vis-à-vis d'elle. On ne la lui faisait pas, à Anna. Elle connaissait cette voix, elle connaissait ce regard, et elle avait subi pendant de longues années les sarcasmes de son père, de son frère et de son grand-père, et elle savait quand une personne perdait patience.

Que faire, pourtant ? Etre irrévérencieuse, comme à son habitude, auprès des siens, ne lui servirait à rien. Elle faisait cela pour rigoler, et il semblait qu'il prendrait très mal les sarcasmes qu'elle pourrait lui adresser en retour. C'était pour cela aussi, qu'elle était terrifiée : comment réagir ? A l'école, au sein de la Team Alpha, on lui avait appris à se débrouiller un tant soit peu dans une situation de combat, mais on ne lui avait jamais appris comment réagir à la situation précise où le combat n'était pas sûr. De toutes façons, elle était trop jeune, trop inexpérimenté : ce pilier de bar ferait des bûchettes de la jeune aristocrate.

" Mes gants ? J-Je ... "

Voilà qu'elle recommençait à bégayer. Qu'est-ce qu'avait ses gants ? Ils étaient très bien ! Ils étaient nécessaires !

Oh, sotte qu'elle était ! Evidemment, personne en dehors de l'école ne savait à quoi ces gants servaient, et Anna sentait bien que leur seule présence l'avait courroucé. Que pouvait-elle faire, pourtant ? Elle ne pouvait pas décemment les enlever ! C'était bien trop dangereux !

" Certes, ce n'est pas un endroit bien commode, mais ... " elle tâtonnait, cherchait ses mots, hésitait et trébuchait, " Oui ... Non, je veux dire non ! Cela n'a rien à voir ! ... Ah, marde ... C'est ... "

Et voilà qu'elle s'enfonçait plus encore, et qu'elle se mettait à jurer dans son patois natal, qui lui aurait valu une soufflante, dans sa demeure de Louisiane...

" Je ne peux pas les enlever. Voilà. Je ne peux appeler personne, non plus. "

Que faire, que dire ? Elle en avait marre de tout cela. Elle savait qu'elle ne pourrait pas tenir, et pourtant, elle s'acharnait, il fallait pourtant que ça sorte.

" Personne ne sait que je suis ici ... " lâcha-t-elle après un soupir qui troubla la surface de son verre, " Je n'ai pas envie que l'on sache que je suis ici. On me tuerait si on l'apprenait, d'une manière assez littérale. "

Pitoyable, voilà bien ce qu'elle était. Au loin, envolés, étaient les rêves de la Vadóc dure et intraitable infiltrée dans les milieux de la pègre Starine ...
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Message posté : Dim 28 Sep 2014 - 14:43 Message
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L'adolescente semblait s'enfoncer toujours plus dans sa propre mélasse. Isaiah lui, ressentait assez peu de gêne sociale dans l'ensemble. Passer pour une ordure de l'humanité aidait pas mal à se désensibiliser de la honte qu'on pouvait ressentir lors d'une tentative de communication loupée. Bien entendu, l'ancien militaire ressentait la honte, mais là, dans son élément, face à une personne qui n'était pas, elle, dans un lieu qu'elle maîtrisait, il était largement plus facile de se sentir à l'aise. Surtout que, en fin de compte, la jeune fille ne l'aidait pas vraiment à comprendre ce qu'elle foutait là. Savait-elle exactement pourquoi elle était là d'ailleurs ? Isaiah n'en était pas sûr... L'adolescente sembla décontenancée par la question sur ses gants, elle lui dit ensuite qu'elle ne pouvait pas les enlever et qu'elle ne pouvait appeler personne. Le cran d'agacement de l'ancien soldat venait d'escalader encore un petit peu. Mais c'était quoi cette journée ? Alors voilà, il a un congé, il vient boire un coup et maintenant il se retrouvait à devoir faire la babysitter ? Ensuite, la gamine rajouta que si quelqu'un apprenait qu'elle était ici, on la tuerait... Littéralement. Cette mauvaise utilisation du mot « littérale » termina d'emmerder définitivement Isaiah. « D'une manière littérale ? Vraiment ? Se faire priver de sortie avec ses copines c'est se faire tuer de manière littérale ? Mais t'es déjà sorti de ta chambre avant ou c'est ta première sortie dans le monde réel ? » Littéralement tué... Et même si c'était vrai, qu'est-ce qu'elle foutait là au lieu d'aller à la police pour dire que quelqu'un voulait la tuer ? Tapotant sur la table, agacé, Isaiah termina sa bière d'une traite avant de sortir ses clés de voitures.

« Y a pas de bus à cette heure-ci. » Il sortit sa carte d'identification de l'UNISON et la posa sur la table. « Je suis de l' UNISON. Je te ramène avant que tu ne finisses par encore dire des âneries plus grosses que toi. » Il avait failli lui intimer d'enlever ses putains de gants mais il n'avait pas envie d'être aussi méchant. Il récupéra sa carte et se dirigea vers la porte pour la tenir ouverte. Espérons au moins que ça lui servira de leçon. « C'est quoi l'adresse à laquelle tu veux que je te dépose. T'es majeure alors je vais pas appeler tes parents mais je te laisse pas dans un endroit pareil. » Manquerait plus qu'il soit accusé d'avoir laissé une gamine dans la rue se faire salement égorger par des drogués. Il n'arriverait plus à en dormir de la nuit malgré l'agacement que lui provoquait la jeune fille à ce moment précis.
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Message posté : Dim 28 Sep 2014 - 16:45 Message
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Un agent de l'UNISON, ici ?

Cela semblait sûr, maintenant. Elle n'était pas simplement tombé sur le caïd des fiers-à-bras du clan voisin. Non, elle était tombé sur un tueur à gages, ou un faussaire particulièrement doué. Une personne véritablement, authentiquement, sérieusement dangereuse, et l'intérêt qu'il lui portait achevait de mettre mal à l'aise Anna. Evidemment qu'il pouvait se moquer d'elle et la railler ! Ce n'était qu'un prélude à un viol en bon et dû forme, et avant qu'elle n'ait son mot à dire, il s'était déjà levé, et elle aussi, pour le suivre vers la porte.

Non, elle devait réagir.

" Ecoutez, je ... "

Elle hésitait, toujours. Que dire, que faire ? L'attaquer ? Et pourquoi donc ? Elle aurait toute la population du bar sur le dos ! Il était sûrement plus fort qu'elle et plus entraîné, à le voir dans sa démarche. On sentait qu'il avait probablement derrière lui une carrière dans les armes, mais il ne pouvait pas décemment être de l'UNISON : les agents de l'UNISON avait un salaire, ils avaient des familles, des principes. Les agents de l'UNISON avaient autre chose à faire que de venir se noyer dans l'alcool des tavernes les plus miteuses de Star City ! Vadóc se souvenait des informations sur l'UNISON qu'on lui avait inculqué, avec la Team Alpha. Elle avait pu avoir la chance de visiter leurs locaux, pour les sensibiliser à leur action, et elle s'était également souvenu que les porteurs de badges allaient plutôt se réfugier dans les coffee shops et les petits bar cossus qui traînaient dans l'immédiate proximité de leur QG. Non, définitivement, l'UNISON n'avait rien à faire ici. Elle n'avait rien à faire avec un visage sale et des manières de paysans tout justes dégrossis : c'était l'Elite, que diable !

" Je regrette ... C'est très aimable à vous, mais je ... Je préfère rester ici. Je vais finir mon verre et je vais ... "

A nouveau, une hésitation qui fit chuter la voix de la lycéenne dans l'à-peine audible. Une pratique qui, couplée à son accent à couper au couteau, pouvait aisément être considérée comme parfaitement irritante. Cela, pourtant, elle n'en tenait pas trop rigueur. Elle préférait se concentrer sur l'évolution de ses propos, ou plutôt sur le fait de garder sa barque à flots. Surtout, elle ne devait pas l'énerver, ne pas le confronter. Elle devait rester calme, polie et courtoise. Peut-être alors laisserait-il tomber ...

" Je vais attendre. " lâcha Anna, résolue, en quelque sorte, " Je vais attendre, et puis je rentrerais à pied ... ou je prendrais un taxi ... Ou bien, je descendrais dans un hôtel pour passer la nuit. "

Elle avait soutenu son regard, l'espace de quelques instants, essayant de contrecarrer la peur de se faire agresser avec son éternel courtoisie froide, mais cela ne marchait pas. Elle était terrifiée, vraiment, et pourtant, elle trouva les réserves suffisantes pour se retourner en direction du bar et entamer son retour vers ce purgatoire de la misère humaine. Elle voulait se sentir normale ? Voilà, elle était servie. La normalité des bas-fonds : viol et agression. Elle avait déjà son lot, et elle espérait que ça serait la seule personne de la soirée. Elle espérait vraiment qu'on la laisserait. Elle espérait que le temps passerait, et qu'elle puisse prendre le premier bus du matin pour fuir cet enfer.
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Message posté : Lun 20 Oct 2014 - 13:39 Message
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La gamine refusa net malgré le fait que la carte de l'UNISON d'Isaiah soit une vraie. Il y avait même le numéro de l'immeuble pour appeler et éventuellement vérifier les ressources humaines. Mais comme la gamine ne voulait appeler personne, elle ne voudrait certainement pas vérifier ça. Puis, elle lui tourna le dos et dit que de toute façon elle se débrouillait seule et pourrait rentrer comme elle voulait malgré le fait qu'elle se pissait dessus de peur. Incompréhensible. Rentrer dans un endroit où on avait pas envie d'aller, rester alors qu'on flippait comme un enfant et refuser de l'aide d'un agent gouvernementaux. Isaiah avait été relativement sympa depuis le début et la gamine avait rejeté toutes les tentatives de l'agent pour l'aider. Qu'à cela ne tienne, l'ancien militaire ne courrait pas après les gens qui ne voulaient pas de son aide. Il se retira donc, avec son verre, sur une autre table, laissant la gamine seule comme elle l'avait voulu. Après tout, l'ancien SDF n'était plus du genre à mendier, encore moins pour des personnes manifestant de manière aussi ostensible qu'ils ne voulaient pas communiquer avec lui ou être à côté de lui. Si il arrivait quelque chose à la gamine, il ne pourra pas dire qu'il n'avait pas essayé et en faire plus serait du harcèlement. Tant pis pour elle.

Le barman du bar alla prendre quelques commandes, resservit une pinte à Isaiah qui l'entama alors qu'il commençait à papoter avec des gars installés à côté de lui. Deux vieux roublards, d'anciens de l'armée de terre qui étaient rentré tous les deux à cause de blessures. Et comme ils n'étaient plus utiles à l'armée, leurs handicaps ne connaissant aucune guérison, ils avaient été renvoyés avec une maigre pension. Ils n'avaient pas de haut fait d'armes et n'avaient pas particulièrement d'autres talents. Ils avaient, comme beaucoup d'autres, atterris à la rue et s'y plaisaient relativement bien. Quand on était en groupe, tout se passait mieux. Le barman prit les commandes des anciens militaires et Isaiah les invita de sa poche. Il restait encore des personnes rendant hommage aux anciens combattants dans le coin... Le barman revint donc à son comptoir et demanda « Tu veux autre chose ? » à la gamine. Il était visiblement embêté qu'une personne vienne ici pour boire une boisson gratuite alors qu'il avait tant de mal à garder ses portes ouvertes. Déjà qu'il n'était pas aux normes d'hygiène et qu'il pouvait se faire fermer à n'importe quel instant, il manquait plus que tout le monde lui commande l'eau du robinet...
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Message posté : Dim 26 Oct 2014 - 0:47 Message
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" Je ... "

Bonne question. Qu'est-ce qu'elle voulait ? Pourquoi était-elle rentré ? N'était-ce réellement qu'une histoire de curiosité, une curiosité morbide et mal placée comme elle en avait le secret ? Une des fantasques créations de son esprit, l'une de ses absurdes fantaisies qui l'a poussé à bien des actes inconsidérés ?
Elle regarda son verre, longuement, dans une espèce de curieuse introspection, le caressant comme pour en mémoriser chacune des aspérités, chacune des propriétés, la moindre trace et la moindre position de gouttelette. Elle ne semblait prêter aucune attention à son environnement, à commencer par le barman, alors que rien n'était plus faux. Evidemment, le son n'était pas le plus prodigieux des guides, et son esprit, surtout, se voulait analyser une scène sans y porter les yeux, mais pourtant, son interrogation était réelle. Que voulait-elle ? Pourquoi avait-elle éludé cette proposition que lui avait faite d'une manière finalement relativement cordiale un homme qui, si ce n'était par son apparence, ne semblait pas plus dangereux qu'un autre ?

Un regard, un autre, et elle le vit assis à ce qui semblait être une table de personnes plus ou moins invalides. Des vétérans, assurément, si l'on se tenait à la moyenne d'âge de la tablée, qui ne semblait pas si vieille que cela. Bien trop jeunes pour que tous aient été victimes d'une quelconque maladie, et quand bien même, il eût été curieux qu'ils se soient réunis spécifiquement ici, comme ces cercles de rencontres et de soutien ... Même à deux, la coïncidence eût été trop grande !

Pourquoi son esprit pensait-il seulement à cette éventualité, d'ailleurs ? Pourquoi ? Voilà qui était proprement affreux, abject ! Se gausser ainsi de la mauvaise fortune des autres, alors que ces personnes devaient sûrement vivre un enfer, vétérans de guerre que l'Etat semblait vouloir déjà enterré, autant que sa population. Des reliquats misérables que l'on poussait sous le tapis, voilà ce qu'elle devait surtout apercevoir, et plutôt que de caresser même l'éventualité d'en rire - seulement d'en sourire -, elle aurait dû avoir honte. Ces hommes, contrairement à elle, avaient fait quelque chose. Ils avaient peut-être fait des erreurs, ils n'avaient pas été maître des circonstances qui les avaient ainsi rendus inaptes à mener une vie normale, mais eux avaient sûrement bien autre chose à faire que se morfondre, se plaindre et se rouler en boule dans son propre déni.

Non, elle ne pouvait décemment pas rester comme elle était. Elle se sentait trop ... stupide. Un espèce d'absurde pot de fleur effrayé, si tant est que de la terre cuite eût put être effrayée ...
Alors, dans ce qui requerra de sa part un geste assez incroyable de courage, la main tremblotante devant l'idiotie intrinsèque de ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle dégaina de sa poche un gros billet qu'elle tendit au barman.

" Je paye pour eux, gardez la monnaie ... " tenta-t-elle, avec une pointe fébrile de courage perçant dans la voix, " Je ... rendez-moi son argent, et je vais leur apporter tout ça ... "

Evidemment, quand une jeune fille buvant de l'eau se met à dégainer une coupure à l'effigie d'Ulysses Grant - rien de moins que cinquante dollars ! - pour deux ou trois boissons, il était évident que l'on en était plus trop à l'étape des questions. Si il obtempéra, c'était certainement plus pour ne pas se mêler d'affaires qui ne le regardaient pas que par réelle crainte de quoique ce soit de la part de cette jeune fille sortie de nulle part, et puis, cinquante balles pour si peu ? On ne tombait pas sur d'aussi généreux pourboires dans le quartier, là où l'on était sûrement bien plus habitué à demander des délais et des ristournes.

Anna attrapa donc les réceptacles et alla directement les porter à la table des vétérans, en tentant d'adopter l'expression des excuses les plus sincères, et joignant à celui qui lui avait proposé de la raccompagner son argent :

" Je suis ... vraiment navrée de vous avoir fait ce numéro, " expliqua-t-elle, en n'osant pas même les regarder dans les yeux, de peur d'y voir du reproche, " Je pense que la moindre des choses que je pouvais faire pour m'excuser était de vous inviter, tous. Je ... m'appelle Anna ... Encore désolée de ne pas vous avoir crue ... C'est juste que ... Je ... Désolée. "

Abonnée aux excuses, voilà ce qui pourrait être un bon résumé de la vie d'Anna. Une longue suite de quiproquos et d'incidents impliquant toujours, à chaque fois, des excuses. Ce n'était pas faute, pourtant, d'essayer de changer, d'évoluer ... de tenter de nouvelles choses. Même si cet homme avait été affreusement désagréable, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'en vertu de son comportement, il avait agi avec une très bonne raison.
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Message posté : Dim 9 Nov 2014 - 13:30 Message
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Ces types là prenaient la vie du bon côté malgré leur position plus que désavantageuse. Leurs familles avaient possiblement essayé de les tirer de là, d'anciens amis ou des collègues, mais il était très difficile de se remettre à vivre « normalement » quand on revenait d'aussi loin et quand on avait pas d'objectif en tête. Isaiah avait eu la chance de rencontrer Dana qui lui avait ouvert les portes d'un organisme qui lui plaisait tant par sa politique que par ses actions. Il n'y comprenait pas toujours tout ce qui se passait et énormément de dossiers étaient une véritable énigme pour lui mais au moins, il avait le sentiment de participer à quelque chose. Ca devait être ça qui devait manquer à tant de personnes encore dans la rue. Ou encore, ils avaient trouvé quelque chose, dehors, qu'ils avaient envie de garder. Il y en avait bien qui auraient pu se trouver un appart, un boulot et se remettre dans la vie active, mais ils ne le voulaient pas. Après tout, c'était leurs vies et pas celle du soldat, il ne pouvait pas juger. Comme ses compagnons de beuverie après tout. Avec sa position, avec leur passé, avec ses liens dans la paroisse de Little Italy il pourrait certainement tous leur trouver un petit boulot pour reprendre en douceur, s'arranger avec des associations d'aide aux anciens combattants pour leur trouver une place en foyer ou dans des appartements sociaux... Tout ça, ils le savaient très bien. Mais ils ne le voulaient pas. La fierté d'un homme, des fois, coûtait très cher et encore valait-il mieux souffrir du froid que souffrir de honte. L'expérience d'Isaiah dans la rue n'avait pas été totalement noire ou déprimante. Il y avait eu des bonnes soirées, des bonnes surprises, on retrouvait les plaisirs simples d'avoir un repas chaud et de pouvoir dormir sans être réveillé par des crampes.

Les gars étaient entrain de parler d'une des femmes qui servait à la soupe populaire et qui avait toujours un petit mot gentil pour tout le monde. Souvent, dans ces associations les gens tournaient, venaient et repartaient, c'était éprouvant, mais il y avait toujours les « habituels », ceux qui étaient là qu'importe le jour, l'heure ou le temps. Cette dame faisait partie de ceux là et elle retenait les noms de tout le monde, l'histoire de tout le monde et n'hésitait pas à dépenser de sa poche pour acheter ce gâteau si particulier qui rappelait ses belles années à cette personne-là, ou encore qui se procurait des médicaments en les troquant ou en les achetant au noir pour ceux qui n'avaient pas envie d'aller chez le médecin. Il y avait des règles strictes dans ces associations, on ne devait normalement pas donner autre que son service, mais il fallait bien des gens comme elle, prêt à enfreindre les règles, pour retrouver un peu d'humanité dans ce fourbis. Du coin de l'oeil, malgré le fait que son attention était tournée vers ses compagnons, Isaiah surveillait la gamine qui semblait toujours aussi hésitante, perdue et gênée. Il en aurait presque été gêné pour elle si elle ne l'avait pas purement et simplement rejeté comme si il était un criminel malodorant. Dans la rue, il fallait aussi apprendre à ne pas trop s'attacher car ce genre de rejet était incroyablement courant.

Alors qu'un des gars se perdait dans une toux persistante, cachant sa bouche avec une écharpe trouée, la gamine arriva à la table avec des pintes. Elle les posa à la table sous l'oeil légèrement suspicieux d'Isaiah. Il y avait toujours un réflexe de méfiance chez les SDF quand il y avait un étalage de trop de générosité. Certains, d'ailleurs, en arrivaient à détester les grenouilles de bénitier qui venaient acheter leur morale auprès des SDF avec quelques dollars avant de ne jamais revenir. Ils évoquaient certainement l'anecdote dans leurs galas ou leurs rallyes avec un petit trémolos dans la voix. Leurs comparses lâchaient probablement des « ho » admiratifs avant de vanter la générosité sans limite de leur hôte et de détourner la conversation sur des sujets certainement bien au delà de la compréhension philosophique sont Isaiah pouvait faire preuve... L'autre SDF étudiait la gamine de ses yeux légèrement vitreux. Les deux gars n'étaient pas vraiment sales mais leur odeur ainsi que l'état de leurs vêtements ne laissaient aucune équivoque quant à leur statut. En posant les fameux verres, elle s'excusa en expliquant que son nom était Anna et qu'elle voulait les inviter. Elle lui tendit ensuite un billet de cinquante dollars. Celui qui toussait fit soudain une pause dans les sursauts qui le faisaient vibrer sur sa chaise pour jeter un coup d'oeil au billet. Isaiah lui passa le billet directement avant de jauger la jeune fille. « Tu viens de t'acheter trois mois de bonne conscience, félicitations. » Les deux autres semblèrent légèrement mécontent de la froideur d'Isaiah. Le premier, le plus près d'Anna choppa une pinte et but une gorgée rapidement avant de reposer le tout sur la table.  « Merci mademoiselle ! C'est qu'on voit pas des gens comme vous dans le coin... Revenez quand vous voulez ! » Cette phrase fut accueillit par un haussement de sourcil d'Isaiah. Le troisième SDF glissa le billet dans une de ses manches avant de, lui aussi, boire un coup à son verre, manquant de recracher la moitié dans une autre quinte de toux. Finalement, Isaiah bu à sa pinte de départ avant de rajouter « La soupe populaire c'est à 20h près de l'église de Little Italy dans le local social... Ce sera plus utile que balancer des billets dans un bar. » Dire que l'explication « je voulais voir » de la gamine n'était pas passé pour l'ancien soldat, c'était peu dire. Il n'allait plus dans les zoos depuis un bon moment à cause de ça. Ce genre de curiosité malsaine qui vise à se rassurer sur son propre statut. Il n'avait rien contre les gens peu assurés de leurs personnes, mais ça commençait à lui titiller sa fierté quand ils se mettaient à prendre ce genre d'endroit pour des espaces de jeux.
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Message posté : Sam 6 Déc 2014 - 21:40 Message
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Une conscience ? Au diable la conscience ! Anna ne cherchait réellement et véritablement qu'à racheter son comportement inacceptable et inexcusable qui l'avait précédé de quelques minutes. Evidemment, dispenser son argent de telle manière n'était probablement pas la manière la plus intelligente de le faire, mais Anna n'était pas connue pour être, dans des situations aussi dérangeantes, d'une lucidité aiguisée et effrayante. Elle se contentait de suivre le fil de ses pensées, de son instinct, qui était bien plus efficace pour assouvir sa curiosité que pour réparer les bêtises que celle-ci occasionnait dans ses excursions.

Il était clair, donc, qu'elle avait commis une bourde, une sacrée bourde, et il semblait évident également que ce n'était pas un quelconque aspect pécuniaire qui allait pouvoir résoudre la question, pas même si sa volonté était avant tout d'offrir les verres avant même d'offrir un support financier. Qu'on l'invite à revenir n'était pas vraiment son objectif, elle cherchait juste à arrondir les angles, à repartir sur de bonnes bases.
Elle savait d'ailleurs pertinemment, à ce moment, que ce n'était pas autant pour sa grandeur d'âme que pour la grandeur de son porte-monnaie que les deux compagnons de l'agent de l'UNISON lui en étaient tout particulièrement reconnaissant. En fait, c'était ce que son instinct lui soufflait, car pour toute jeune fille fortunée qu'elle était, elle n'en était pas moins dotée de plus de deux sous de bon sens. Des amis, elle en avait peu pour cette raison précise.

" Ecoutez, " tenta-t-elle, un peu désemparée, se voulant honnête, " Ce n'était vraiment pas pensé dans le but de vous offusquer ... Je ... Je voulais juste vous présenter des excuses. "

Est-ce que cela fonctionnerait ? Anna elle-même, alors que la situation semblait se dégrader pour elle d'instant en instant et qu'elle sombrait vers la décrépitude de seconde en seconde, préféra plutôt esquiver la suite. En fait, elle ne savait pas vraiment si elle pourrait réparer ce qu'elle avait fait ici, mais elle en doutait très sérieusement. A vrai dire, elle ne tenait plus tant que ça à rester, et elle ne tenait pas vraiment non plus à être encore confrontée à une telle situation à nouveau. Elle ne se sentait pas spécifiquement en sûreté. Il n'y avait rien à faire, malgré tout ce qu'elle avait vu ... Elle s'était trompé, sur toute la ligne. Ce n'était pas le genre d'endroits où l'on s'aventurait "pour voir". Les petites filles sages et bien éduquées ne se risquaient pas dans de telles endroits, il y avait juste un mur infranchissable. Un mur métaphorique, une sorte de limite de classes.
Elle, candide, s'était dit qu'elle pourrait le traverser, comme cela. Grossière erreur. Elle n'était pas du cru, et ne le serait jamais véritablement.

" Bon ... Je ... Je vois que je dérange ... Je vais vous laisser. "

Et tel en fut. Elle préférait fuir. Fuir, plutôt que d'être confrontée à ses erreurs. Préférer se terrer au fond de sa capuche, avoir l'air dur et sévère, plutôt que maintenir cet air pataud et stupide qui était le sien, dès qu'elle ouvrait la bouche, en essayant d'être gentille ...

Et elle rentra. Ce fut dur, il lui en coûta cher, car trouver un taxi dans une telle zone de la ville n'était pas de tout repos, mais elle rentra, même si, il fallait le dire, elle eût la peur au ventre, tout le long du trajet.
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Il faut toujours du doute pour construire une certitude [Anna & Isaiah]

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