AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Les Fioles d'Or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Message posté : Lun 15 Sep - 15:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Temple des Cinq Dragons, Province de Shanxi, an 912

Le vieil homme regardait la grue, qui regardait le vieil homme.

— Toute vie doit prendre fin.

La grue inclina la tête sur le côté.

— C’est dans l’ordre des choses.

L’oiseau répondit :

— La sagesse est un bien précieux pour ceux qui vivent encore.
— Je ne suis pas si sage.
— Vous avez peur ?

Le vieil homme baissa les yeux.

— C’est normal. La vie est plus effrayante que la mort.

Silence.

— Prenez l’amulette, Lu Fei.

Ambre étendit ses ailes et s’envola.

***

Mont Wudang, 11 septembre 2014

Les lourdes paupières se soulevèrent. Peu nombreux, ceux sur le Mont Wudang, à avoir un jour entendu la voix du sage.

— Ainsi tu as répondu à mon appel, ma vieille amie.
— Le temps a passé, Lu Fei, et les temples sont montés jusqu’au sommet des monts Wudang.
— Je craignais que tu ne m’eusses oubliés.

La grue inclina la tête.

— Les grues n’oublient jamais.

Un rire léger s’échappa de la gorge de Lu Fei.

— Mais tu n’es pas vraiment une grue, n’est-ce pas ?
— Rien n’est ce qu’il semble être, n’est-ce pas l’un de tes enseignements ?
— Je n’ai pas senti ta présence dans ce monde depuis un long moment.

Ambre ne répondit rien.

— Il se passe quelque chose à Beijing.
— J’ai survolé la montagne. Le mont Wudang est très peuplé.
— Le mont Wudang, comme moi, ne sait pas que le temps a passé.
— Qu’est-ce qui trouble ta méditation, Lu Fei ?
— Quelque chose s’est éveillé à Beijing. Quelque chose de maléfique.
— Le mal n’est-il pas l’ami du bien, dans les enseignements de Lu Fei ?
— La mort, la maladie et la souffrance sont le sens de la vie, de la santé et de la quiétude, mais le mal n’engendre pas le bien. Il est hors de l’équilibre, ma vieille amie.
— Sagement parlé, Lu Fei.
— J’ai eu le temps de réfléchir, grâce à toi, mon amie.
— Et pourquoi aurais-tu besoin d’une grue pour aller à Beijing ? Le mont Wugand n’est-il pas plein de disciple ?
— Le mont Wudang est plein de passé.
— Et crois-tu que les grues soient modernes ?

Lu Fei sourit.

— Les grues, non.

***

Centre ville de Beijing, 15 septembre 2014

La nuit tombée, l’agitation ne diminuaient pas, Ambre avait appris cela, mais elle était différente en nature. Depuis son arrivée à Star City, quelques semaines plus tôt, le Trickster avait pris la mesure des nouvelles existences humaines, et s’il savait bien que chaque ville, par le monde si petit et pourtant si divers qu’était la Terre Prime, avait ses subtiles variations, sous la surface miroitante des apparences, la vie, elle, était la même.

Quatre jours qu’il avait quitté Lu Fei, sur le mont Wudang, pour venir jusqu’à Beijing et découvrir la capitale chinoise, celle qu’il n’avait plus visité depuis le XVIe siècle, lorsque la dernière pierre avait été posée à la Cité Interdite. Depuis, Beijing avait bien changé en vérité. Les gens parlaient différemment, bien entendu. Même avec son talent et son expérience, il lui avait fallu plusieurs jours de patiente écoute, faufilé dans toutes les échappes et tous les salons, pour rattraper quelques siècles de retard. Comprendre les rumeurs. Et leur donner du sens.

Maintenant, les Fioles d’Or se dressaient devant lui. Une merveille, en quelque sorte. Un établissement culturel de premier rang. Si l’on voulait. Les Fioles d’Or avaient leur salle de représentation. Pas tout à fait un opéra. Pas tout à fait un théâtre. Mais l’on y donnait des spectacles des grandes qualités. Le restaurant et le bar vivaient en apparence des spectateurs. Et puis, derrière, à qui savait bien parler au placeur, à qui pouvait glisser le bon mot à la serveuse, au barman, à qui avait les connaissances, les portes dérobées s’ouvraient sur un luxueux casino clandestin.

Clandestin ? Difficile de croire que les salles de jeux des Fioles d’Or échappaient véritablement au contrôle de la police de Beijing grâce à l’ignorance de celle-ci. Ambre y avait croisé des notables. Il supposait plutôt la complicité. Là, des sommes considérables s’échangeaient. Les cartes et la roulette faisaient tomber des jetons. Les plus intellectuels s’affrontaient au xiangqi. La Triade avait probablement sa part de toutes ces activités, mais cette réalité-là échappait entièrement au Trickster, comme la plupart des jeux humains.

De toute façon, ce qui l’intéressait, ce n’était pas les Fioles d’Or elles-mêmes, c’était Hannelore von Beust. Conseillère à l’ambassadeur d’Allemagne à Beijing, Hannelore von Beust était une habituée des tables des Fioles d’Or. C’était en la suivant qu’Ambre avait découvert l’établissement. Toutes les rumeurs menaient à von Beust. Tous les bruits d’apothicaire, les secrets de cénacles, les murmures de synodes clandestins. Ambre le Rat, Ambre le Moustique, Ambre le Chat des rues avait écumé les arrières-boutiques du Beijing magique à la recherche de l’objet du moment, de temples en herboristeries.

Et combien d’antiquaires ésotériques comptaient parmi leurs clients régulières Hannelore von Beust ? Ambre ne les comptait plus. Il s’était penché sur le cas von Beust. Brillante carrière. Rapide. Fulgurante. Troublante, même, de rapidité. Ambre, l’administration, il ne la comprenait pas, pas beaucoup, mais dans toutes les planètes de l’Univers ou presque, elle avait cela en commun : les gens laissaient des traces. Tout prenait du temps. Les plus rapides et les plus discrets étaient les plus suspects aussi. Von Beust avait été rapide et discrète. Sortie de l’université, rentrée à l’ambassade, sans famille influente pour lui ouvrir la voie. Drôle de succès.

Ambre rajusta son nœud papillon. Sous les traits d’un jeune homme occidental de vingt ans, blond et fin, il n’était pas si remarquable qu’on l’eût cru, dans l’assemblée de la salle de spectacle. Nombre d’Occidentaux fréquentaient les Fioles d’Or. Les nébuleuses de la diplomatie et des grandes affaires dans lesquelles était perpétuellement enveloppée Beijing fournissaient abondamment à la clientèle. Ce soir-là d’ailleurs, on jouait le Songe d’une nuit d’été, dans l’anglais de Shakespeare surtitré en mandarin.

Hannelore von Beust observait négligemment le parterre depuis le balcon d’en-face. Dans deux heures, quand la représentation serait finie, fidèle à elle-même, elle irait jouer, sans se douter qu’elle avait ce soir-là sur ses traces deux prétendants hors du commun.

Pendant ce temps-là sur le mont Wudang, Lu Fei continuait à méditer.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Lun 15 Sep - 17:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Les voyages d'Adrian étaient devenus de plus en plus espacés avec le temps. La charge d'Archimage était très prenante et d'autres obligations s'étaient ajoutées au fil du temps. À plus de cent quatorze ans, le mage se retrouvait donc avec beaucoup trop de travail pour se permettre d'écumer la planète à la recherche d'artefacts intéressants comme il avait pu le faire jadis. Mais cela ne l'empêchait pas de s'absenter de temps en temps pour des affaires... pressantes.

Eldoth avait eu de nombreux contacts au fil des années et des déplacements qu'il faisait. L'un d'eux se nommait Lee Ping, jeune Chinois qui se lançait dans l'herboristerie et la confection de potions aux effets pour le moins surprenants ! Enfin, jeune il l'était à l'époque où sa route avait croisée celle d'Adrian qui occupait la place d'Archimage depuis déjà bien des années, mais à ce jour-là, il était davantage qualifiable de vieillard extrêmement qualifié. Malgré la distance qui les séparaient, Lee et son vieil ami restaient souvent en contact. Les recherches du vieux Chinois étaient intéressantes pour l'Archimage et il n'était pas rare qu'ils échangent sur le plan professionnel. C'était aussi lui qui avait pris la décision de contacter Adrian pour l'informer du fait qu'une femme de l'ambassade allemand de sa ville natale semblait posséder une capacité... inhabituelle. Pour avoir passé un long moment aux côtés de l'Archimage, l'herboriste avait développé un don certain pour repérer les créatures magiques ou autres mystiques qui se présentaient à lui et, cette femme, lui apparaissait comme spéciale.

C'est pour cette raison qu'Eldoth se trouvait à Beijing. La téléportation avait cela de bien qu'elle permettait de se déplacer en passant inaperçu : nulle trace d'un archéologue arrivé sur le sol chinois puisqu'il était apparu dans la boutique de son ami Lee – fermée pour l'occasion, évidemment. Il n'avait pas fallu bien longtemps à l'herboriste pour réunir des informations sur l'Allemande et Adrian avait donc pu se renseigner au maximum avant de se lancer dans une expédition plus ardue : approcher la femme pour tenter de repérer une manifestation mystique qui lui permettrait de prendre les choses en main. Il avait totalement confiance en les capacités de son ami, mais son don – inhérent à son statut d'Archimage – était bien mieux que toutes les croyances réunies.

C'était pour cette raison qu'Adrian se trouvait au Fioles d'Or ce soir-là. Il ne connaissait pas la ville et n'avait jamais mis les pieds dans ce bâtiment, toutefois sa « cible » s'y rendait fréquemment et c'était le meilleur moment pour l'aborder sans avoir l'air suspect. Ou du moins, c'était ce qu'il espérait. Bien évidemment, Lee avait aussi les oreilles qui traînaient et il était au courant des « activités secondaires » de ce charmant endroit. Cependant, Eldoth espérait ne pas avoir à y mettre les pieds : il ne serait pas dans son élément et craignait de se faire démasquer ou traiter comme indésirable. Bien sûr, la magie pouvait arranger cela en un claquement de doigts, mais le mage refusait de l'utiliser sans y être réellement contraint.

La salle de spectacle était bondée et le centenaire gardait un œil sur la personne qui l'intéressait, ne portait qu'une attention retenue à ce qui se passait sur scène. L'atmosphère de cet endroit était étrange. Adrian en aurait mis sa main à couper : des personnes « spéciales » se trouvaient dans cette salle, mais le nombre élevé d'individus rendait leur identification très ardue, voire impossible. Se pouvait-il qu'il sente l'aura de l'Allemande ? Il repensa à sa conclusion : au vu des capacités et de l'ascension impressionnante de cette femme, elle pouvait avoir mis la main sur un artefact qui lui conférait des capacités uniques. Toutefois, cela remontait à de longues années et par conséquent, Adrian se devait d'être très prudent.

La musique cessa finalement. Les minutes avaient rapidement défilé et tout le monde commença à bouger pour quitter sa place et vaquer à ses occupations. C'était le moment précis où sa charmante cible allait s'éclipser pour combler son vice des jeux. Le but d'Eldoth était de l'interpeller avant qu'elle ne puisse s'isoler, voire de la suivre là-bas si elle refusait de lui accorder deux minutes de son temps. Adrian coupa par un couloir qui déboucha sur une sorte de hall qui séparait la salle de spectacle du reste du bâtiment. Le regard de la femme se posa machinalement sur lui comme ils arrivaient au même instant et il en profita pour l'aborder.

« Mademoiselle Von Beust ? Elle ne sembla pas vraiment surprise d'entendre son nom et l'interrogea d'un haussement de sourcils.
Nous nous sommes rencontrés il y a quelques mois de cela, je viens de l'ambassade américaine. Ce qui expliquait qu'il parlait en anglais et non en mandarin.
Je peux vous aider ? Il s'était rapproché d'elle pour que la discussion reste discrète.
J’espérais pouvoir m'entretenir avec vous à propos de certains problèmes de communication qu'il y aurait eu entre nos deux institutions. Mentir ne lui plaisait guère, mais il n'avait pas trop le choix.
Je ne suis au courant de rien. Elle n'accusait pas, l'informant juste de sa position.
Vraiment ? Pourtant j'avais demandé à ce que vous soyez prévenue. »

Mais le regard de la femme s'était détaché d'Adrian pour se concentrer sur une autre personne qui – semble-t-il – venait d'entrer dans la pièce. Problèmes en perspective ?
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Mar 16 Sep - 11:09 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— So good night unto you all.
Give me your hands, if we be friends,
And Robin shall restore amends.


À la dernière réplique du Songe, alors que la lumière changeait et que le rideau s’abaissait, les applaudissements retentir dans la salle, tandis qu’Ambre haussait un sourcil perplexe, modérément conquis par l’histoire sans queue ni tête de la pièce. Il se joignit tout de même poliment aux applaudissements, non sans détourner le regard de la scène pour observer Von Beust, qui après quelques secondes, se leva et s’éclipsa, suivant le mouvement d’une bonne partie de l’assemblée.

Déjà les conversations avaient reprises, en mandarin, en anglais, en cantonais et en français, en allemand et en coréen, selon les petites groupes qui se formaient, à la hauteur de la réputation nouvelle des Fioles d’Or. À son tour Ambre quitta son siège, pour se faufiler entre des spectateurs un peu trop bien portants. Il gagna la première porte qui lui passa sous la main, atterrit de l’autre côté de la salle de représentation et descendit les escaliers pour gagner le hall, en même temps que cinq ou six autres personnes.

Le regard de Von Beust ne tarda pas cependant à se poser sur lui, alors qu’il se détachait du petit groupe, et lorsqu’il le croisa, il lui parut superflu de jouer à l’innocence. Plutôt, il s’approcha de la jeune femme et de l’homme avec qui elle conversait. Von Beust recula d’un pas et murmura en allemand :

— C’est vous.
— Ah.

De l’allemand. De l’allemand, de l’allemand, de l’allemand. Ambre n’avait plus parlé allemand depuis l’invention de l’imprimerie ou à peu près. À tout hasard, il tenta :

— Les prédications de Luther sont…
— Que voulez-vous ?

Qu’est-ce qu’elle venait de dire, au juste ? Ah, les Terriens et leur polyglossie… Ambre jeta un coup d’œil à Adrian, pour voir s’il avait l’air germanique, et décida tout de même de repasser à l’anglais. S’il avait bien compris les étranges séries de science-fiction qui passaient à la télévision chez Andrew, les Terriens estimaient que l’Univers entier devait parler anglais.

— Désolé mes souvenirs sont un peu rouillés et…

Ambre se pencha un peu vers Adrian.

— Vous avez une oreille très, très, très intéressante.

De l’index, Ambre dessina dans les airs la forme de l’oreille.

— Vous devriez exposer.
— Vous êtes l’homme du manuscrit.
— Certes.

Le Trickster se redressa.

— Je suis l’homme de tous les manuscrits, c’est fou. Écoutez, hier encore, j’étais dans un marché lululien sur…

Une planète lointaine. Ambre fit un geste vague de la main.

— Par là. Et on a demandé à me photographier. Si on veut. À peu près. C’était un poulet splendide. Le Lululien. Pas la photographie. Évidemment. Vous aimez le poulet ?
— Qui vous a appelé ?
— Vous posez beaucoup de questions, dites donc.

Ambre se retourna vers Adrian.

— Elle est comme ça avec vous, aussi ?

Toutes les lumières des Fioles d’Or s’éteignirent brusquement et, dans le noir, Ambre précisa à tout hasard :

— J’ai rien fait.

Sait-on jamais, les gens avaient toujours cette fâcheuse tendance à le soupçonner en premier. Étrangement. D’ailleurs, les lumières se rallumèrent et Hannelore Von Beust avait disparu.

— Ah, vous voyez.

Comme souvent, la situation paraissait échapper complètement au Trickster, dans ses enjeux autant que dans son déroulement, mais Ambre n’avait pas vécu des millénaires pour jouer avec les mêmes règles que tout le monde. D’une certaine façon, l’affaire, d’ailleurs, progressait : Von Beust avait joué franc jeu en disparaissant.

Qu’elle l’eût reconnu, en revanche, ne constituait pas une information très solide. Des représentations plus ou moins fidèles de sa personne trainaient un peu partout sur la Terre Prime, des fresques pariétales aux tableaux du seizième siècle, et si on l’y voyait beaucoup plus souvent sous les traits d’un animal ou d’un autre, il n’était pas impossible qu’un quelconque manuscrit représentant une sorte d’enfant blond eût croisé le chemin d’une mystique touche-à-tout. Tels étaient les aléas de la longévité.

Pour l’heure, Ambre reporta son attention sur Adrian.

— Donc, vous travaillez avec Mademoiselle Von Beust ? Vous aussi, vous vous téléportez dans les salles de spectacle ou bien c’est une spécialité allemande ?

La vie d’Ambre eût sans doute été beaucoup plus facile s’il avait été sensible à la magie. Il n’y était certes pas tout à fait indifférent, mais sa perception du monde, comme son apparence, était toujours fluctuante. Et surtout, il avait besoin de temps. De temps pour prendre la température du monde qu’il visitait. Quelques semaines passées sur Terre ne lui suffisaient pas à reconnaître de prime abord un archimage. Ses disputes avec Merlin remontait tout de même à quelque siècles.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Mar 16 Sep - 14:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
L'arrivée du nouvel intervenant sembla déplaire à la cible d'Adrian puisqu'elle recula d'un pas en lâchant quelques mots dans sa langue natale. Eldoth avait côtoyé des personnes de cette origine durant sa jeunesse, mais c'était au cours de la seconde guerre mondiale et il avait oublié ce qu'il avait appris depuis belle lurette. Autant dire que s'ils avaient parlé en mandarin ou en japonais, le centenaire aurait été aussi perdu. Comme s'il avait compris la détresse du troisième participant, le jeune homme aux cheveux blonds lui jeta un coup d’œil avait de parler en anglais pour dire quelque chose de... bizarre. C'était le moins que l'on puisse dire. Une expression d'incompréhension se peignit sur le visage du mage qui se demandait s'il y avait un sens caché à cette phrase ou si c'était juste lui qui était à côté de la plaque. Peut-être les deux. Mais la jeune ambassadrice coupa court à ces pensées en reprenant la parole pour pousser le nouvel arrivant à débiter un nouveau flot de paroles obscures. Adrian ne comprenait strictement rien à ce qui se disait et se contenta d'entrouvrir les lèvres lorsque l'homme lui posa une question, certainement rhétorique. Mais, une fois de plus, le centenaire fut interrompu par une soudaine coupure de courant qui ne dura que le temps pour la jeune femme de disparaître. L'attention de l'homme blond se porta alors sur la seule personne restante de leur discussion : Adrian. Ce dernier le dévisagea d'un air hésitant. Cet homme dégageait quelque chose de spécial et par là, j'entends de magique. Ou assimilé. Il ne savait pas vraiment. Eldoth ressentait la même impression que lorsqu'il se trouvait à côté d'une créature magique, mais le tout était agrémenté d'une sensation sur laquelle il n'arrivait pas à mettre de mot.
Finalement, le mieux était de parler.

« Mais qui êtes-vous ? ! Oui, lui aussi se lançait dans les questions.
Non, je ne travaille pas avec elle. Je ne la connais même pas. Pas directement du moins.
Par contre, j'avais sérieusement besoin de lui parler, mais il semblerait que votre venue l'ait ait fuir. Je ne sais pas ce que vous avez bien pu lui faire pour qu'elle réagisse comme ça, mais laissez-moi vous dire que vous venez de me compliquer la tâche. »

Le ton n'était pas hostile, mais il n'était pas aussi amical qu'à l'accoutumée. Adrian était assez contrarié de voir que cet homme – ou créature – venait de faire capoter sa tentative d’approche. Il avait compté sur le fait que l'ambassadrice lui accorderait un instant pour qu'il puisse la sonder un peu et ressentir ou non la présence d'un artefact magique. Mais maintenant qu'elle avait disparue, il allait devoir la retrouver et entre-temps elle aurait largement eu le temps de vérifier ce qu'il avait dit et de constater qu'il n'appartenait pas à l'ambassade Américaine – ni qu'il y avait un problème avec elle. C'était pour ça qu'il détestait mentir : ça se retournait toujours contre lui et au final, la situation était plus compliquée à l'arrivée qu'au départ !
Son regard dévia brièvement de l'homme pour vérifier les environs, mais bien sûr, la femme n'était plus visible. Il regarda à nouveau cet individu étrange.

« Et qu'est-ce que c'est, cette histoire de manuscrit ? Vous avez quelque chose à voir avec tout ça ? Mais cette généralité n'était pas très claire, aussi approfondit-il.
Avec son ascension aussi rapide et avec cette facilité qu'elle a à réussir tout ce qu'elle entreprend. Son attention était totalement dirigée vers l'homme qu'il sondait avec insistance.
Vous n'êtes pas d'ici. Vous n'êtes pas humain je veux dire. Belle entrée en matière, mais au moins c'était franc.
Et je suis certain que vous avez quelque chose à voir là-dedans, sinon elle n'aurait pas fui en vous voyant. Ce qui réglait le problème de savoir si les soupçons de Lee étaient ou non justifiés.
Je vous conseille de me dire ce que vous savez avant que les choses ne s'aggravent. Il parlait avec calme, mais autorité – ou essayait de le faire du moins.
Et au passage, vous serez bien aimable de répondre à cette question : qu'êtes-vous ? »

Parce que c'était tous les jours que vous aviez la possibilité de poser ce genre de question, évidemment ! Dans le monde d'Adrian ça l'était du moins. Il était plus fréquent pour lui de croiser des djinn ou des créatures magiques non identifiées qu'une personne parfaite normale. Mais bon, qu'était la normalité après tout ?
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Jeu 18 Sep - 18:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Je m’appelle Ambre.

Répondit obligeamment Ambre.

Dire qu’il y avait des gens pour le trouver peu coopératif.

— Ambre Taxi.

On n’y voyait que du feu.

En revanche, il n’avait pas l’air bouleversé d’avoir fait capoter la tentative de drague d’Adrian. Il n’y avait pas pensé de prime abord. Les humains, avait-il redécouvert en revenant sur Terre, à la différence des canards ou des gorilles, avaient développé des protocoles de séduction parfois assez discrets. S’il avait bien vu certains mâles, sur la plage, se promener en gonflant les muscles tandis que leurs femelles rejetaient les épaules en arrière pour faire valoir leurs mamelles, d’autres se contentaient de discuter — une approche dont l’efficacité reproductive lui paraissait franchement douteuse.

Fier d’avoir tout de même compris de quoi il retournait, Ambre se fendit d’une observation qu’il avait entendu à la télévision, en zappant sur MTV et Next :

— Une de perdue, dix de retrouvées !

Un vrai caméléon.

Cette remarque optimiste et pleine de bonne volonté ne parut pas redonner le moral à son grincheux vis-à-vis. Les gens étaient parfois difficiles à suivre et Ambre haussa un sourcil perplexe quand Adrian passa de ses projets de procréation — avait-il supposé — à des intérêts plus bibliophiliques. Le Trickster secoua la tête quand son interlocuteur suggéra une quelconque implication de sa part avec l’ambition balzacienne de leur fuyante amie commune, puis les questions se firent un peu plus précises.

— Hmmm…

En voilà un qui allait droit au but.

— Pour quelqu’un d’aussi jeune, vous êtes drôlement perspicace.

Cela dit, Ambre avait parfaitement conscience de ne pas être la discrétion incarnée — sans blague — et, entre son comportement, ses yeux qui décidaient parfois de changer brusquement de couleur et l’aura qu’il dégageait et que certaines espèces ou des individus plus doués que les autres parvenaient à percevoir, il avait fait depuis très longtemps le deuil de l’anonymat. Se fondre dans la foule n’était pas pour lui.

Ce qui ne l’empêchait pas de se montrer parfois un peu évasif.

— Je suis un détective ! En quelque sorte.

Avec ça, Adrian était bien avancé.

— Et vous aussi, n’est-ce pas ? Au début, je croyais que vous vouliez vous accoupler avec Mademoiselle Von Beust et franchement, on peut le comprendre, elle a des super chevilles, mais avec toutes vos questions, je suis sûr que vous êtes une sorte de…

Ambre haussa les épaules. De mage. En gros. Il savait que pour les humains, il y avait bien des différences entre les mystiques — certains religieux, d’autres noms. Pour lui, tout cela était un peu flou. Avec un peu de patience, il parvenait à assimiler certaines des catégories adoptées par les populations locales pour décrire leur réel, mais sa présence sur Terre était encore un peu trop récente. Il eût été ainsi incapable de distinguer radicalement les pouvoirs méditatifs de religieux comme Lu Fei de ceux d’un sorcier plus laïque.

— Un ami de longue date m’a parlé de ça. L’ascension rapide, la facilité d’entreprendre, ce genre de choses. Un ami très clairvoyant qui s’inquiète de ce qui se passe à Beijing. Il m’a appelé à l’aide.

Pourquoi diable quelqu’un pouvait vouloir de son aide, ce n’était pas évident.

— Mon ami ne m’a pas parlé de vous. Et à en juger par votre accent, parce que je suis très doué pour reconnaître les accents humains, vous savez ?

Ou alors pas du tout, mais pour une fois qu’il était à peu près sûr de l’origine de quelqu’un, il n’allait pas se priver.

— Bref. Vous n’êtes pas d’ici. Alors… Quelqu’un vous a averti aussi. Ça fait beaucoup d’attention pour une seule femme. Et si nous sommes ici, peut-être qu’il y en a d’autres comme nous. Peut-être même dans cette salle.

Ambre se mit à observer les spectateurs qui bavardaient encore dans le hall d’un air conspirateur. Avec tout cela, il ne retombait pas vraiment — comme c’est curieux ! — aux questions d’Adrian. Il finit cependant par préciser :

— Je suis dans beaucoup de manuscrits. Je ne crois pas que ce soit très pertinent.

Les yeux d’Ambre quittèrent les spectateurs pour se poser dans ceux d’Adrian et, entre temps, ils avaient perdu leur vert assez ordinaire pour adopter une teinte dorée très métallique.

— J’ai marché parmi les humains pendant très longtemps et peu sont aussi prompts à reconnaître les étrangers que vous. La plupart ne voit pas au-delà des apparences. Je vous dirai ce que je suis, si vous me dites ce que vous êtes. C’est promis.

Et le Trickster tenait… Rarement ses promesses. Cela dit, pour une fois, il n’y voyait pas d’objection particulière. Son silence avait essentiellement pour objectif de marchander en retour l’identité d’Adrian. Ceci étant dit, il n’essayait pas de se faire passer pour un simple quidam.

— Et s’il se trouve que nos intérêts convergent, nous pourrions chercher Mademoiselle Von Beust ensemble. Vous savez, les gens ne fuient jamais si loin que je ne puisse les retrouver.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Jeu 18 Sep - 20:25 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Adrian n'était pas certain que l'homme face à lui était en train de se moquer ouvertement de sa personne, ou s'il agissait « naturellement ». Les répliques lancées le laissèrent perplexe et il préféra conserver le silence tandis que l'autre lui répondait. Enfin répondait, qu'il prononçait des mots, mais qui n'indiquaient rien de plus au mage. Ce dernier fut assez surpris par la référence à son âge. Certes, il avait l'air d'avoir entre trente et quarante ans, mais ce n'était pas non plus ce que l'on taxait « d'aussi jeune ». Enfin pas dans son univers – ou les Irlandaises victimes de la mode le traitaient comme un dinosaure.

Il ne put toutefois dissimuler sa surprise lorsque l'autre lui balança tout de go qu'il avait imaginé qu'il essayait de draguer la jeune femme. Franchement... est-ce qu'il avait la tête du type qui essayait de lever des minettes dans un opéra ? C'était plutôt le contraire et cette remarque le poussa vers l'hypothèse plaidant en faveur d'une origine étrangère. Un humain ne se comportait pas ainsi, ou alors il n'atteignait pas les trente ans, Adrian restait donc convaincu d'avoir affaire à une quelconque créature magique. Mais encore fallait-il savoir laquelle.

Quoi qu'il en soit, les explications fournies par cet individu, quel qu'il soit, laissaient penser qu'ils n'étaient effectivement pas seuls à s'intéresser à la jeune femme. Le problème, c'était qu'Adrian ignorait quelles étaient les intentions de son interlocuteur : voler l'éventuel artefact pour l'utiliser à sa guise ? Le remettre entre des mains plus sages ? Le faire disparaître ? Le revendre ? Les possibilités étaient très nombreuses et de part son statut d'Archimage, Eldoth ne pouvait pas se permettre de ne pas être certain d'avoir affaire à quelqu'un de fiable.
Lorsque le regard de l'homme se reposa sur lui, l'Américain constata que ses iris venaient de changer de couleur. Un métamorphe ? Les possibilités défilaient dans son esprit avant qu'il ne réponde.

« Je n'avais pas l'intention d'abandonner ici. Avec ou sans son aide.
Je suis simplement un humain. Un mage comme vous l'avez très certainement deviné. Il était inutile de pousser plus loin.
De nombreux mages sont capables de sentir l'essence des créatures magiques, ce n'est pas une nouveauté. Et vous ne m'avez pas répondu jusqu'à présent, j'ai du mal à comprendre pourquoi je vous confierais des choses sur moi. »

Ce n'était pas faux après tout ! Adrian ne rechignait jamais à faire des efforts, mais il se méfiait de son interlocuteur. Rien ne lui disait qu'il n'avait pas affaire à une entité sous les ordres d'un mage qui cherchait à se procurer l'artefact en possession de la femme. C'était son devoir que de s'assurer qu'une telle chose n'arriverait pas et, si par malheur, l'individu aux cheveux blonds décidait de lui mettre des bâtons dans les roues, Adrian allait devoir le neutraliser. Il avait la capacité de contrôler la plupart des créatures magiques, mais encore faudrait-il que ce soit bien là l'origine de cet étrange personnage au nom plutôt étrange. Certainement une invention.
Ce qui amena une autre question.

« Et qu'est-ce que vous entendez exactement par « je suis dans des manuscrits » ? Vous êtes une créature de la mythologie chinoise ? C'était l'explication la plus logique en un sens.
Je n'ai pas entendu parler de vous non plus, donc je dois peut-être en déduire que votre présence ici n'est pas forcément légitime. Il secoua la tête.
Je suis désolé, je ne vous connais pas et vous ne semblez pas désireux de me parler de vous, alors j'ai du mal à comprendre comment je suis censé vouloir collaborer avec vous. Pouvoir vous faire confiance est primordial. Ou du moins savoir qu'il n'avait pas affaire à une créature maléfique.
Si vous faites preuve de bonne volonté en m'expliquant ce que vous comptez faire de ce que notre amie possède, puis si vous m'éclairez un peu sur cette histoire de manuscrits, je serais déjà plus apte à collaborer avec vous. »

Il ne lui demandait même pas sa véritable identité, preuve que son objectif était bien de mettre la main sur l'artefact pour s'assurer qu'il ne tombe pas entre de mauvaises mains. Enfin, si tant est qu'il ne se soit pas trompé et qu'il existait bien quelque chose que cette femme possédait aujourd'hui. Restait une question – et pas des moindre.

« Et vous savez où la trouver ? »

Parce que, dès qu'ils auraient fini de tailler une bavette, Adrian comptait bien retrouver la piste de cette jeune femme aux chevilles apparemment fort séduisantes. Une particularité qui leur permettrait de la localiser très rapidement, c'était évident !
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Lun 22 Sep - 21:29 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Créature magique ? Est-ce qu’il était une créature magique ? Les humains et leurs classifications ! Pour être tout à fait juste, l’ensemble des êtres de l’univers accordait, en général, beaucoup plus d’importance aux catégories ésotériques et biologiques que ne le faisait le métamorphe millénaire. Pour Ambre, toutes ces affaires d’essence et de nature avaient parfois tendance à devenir un peu nébuleuses — sans parler des différences linguistiques. Entre les civilisations qui appelaient leur magie technologie, celles qui voyaient dans leurs technologies de la magie, et les autres pour lesquelles tout était toujours une affaire de dieux, il y avait de quoi se perdre dans le vaste monde.

Un détail dans les raisonnements de son interlocuteur froissa cependant quelque peu son âme de voyageur intempestif.

— Légitime ?

Qu’est-ce que c’était que ce service de l’immigration surnaturelle ?

— Aucun monde n’appartient à personne et la présence de tout le monde partout est toujours légitime, non ?

Au fond, Ambre savait bien que ce genre d’arguments ne portait que rarement ses fruits. Même les civilisations les plus cosmopolites de l’univers, de sa propre expérience, avaient des frontières qui, pour être plus implicites et presque invisibles, n’en étaient pas moins bien gardées.

— Bref, peu importe. Vous voulez des réponses, on devrait peut-être discuter à l’écart, le hall commence à se remplir.

Ambre entreprit de se diriger à pas tranquilles vers l’un des couloirs latéraux qui contournaient la salle de spectacle, pour desservir les loges et les toilettes, et qui s’étaient vidés à mesure que le hall lui-même s’était rempli.

— Vos questions n’ont pas vraiment de réponses, jeune homme. Pour vous, je suis une créature magique, peut-être. Pour d’autres, ailleurs…

Ambre désigna le plafond d’un geste de tête — à vrai dire, les étoiles au-delà.

— … un dieu, parait-il, mais entre nous, c’est très exagéré. J’ai rencontré des dieux, des vrais, et ils sont vraiment beaucoup plus désagréables que moi. Enfin, pas désagréables, mais disons, plutôt…

Ambre haussa les épaules.

— Monomaniaque.

Le Dieu des Moissons sur Zuluba, par exemple, ne parlait que de gerbes de blé. Tout le temps. Tous les jours. Déprimant.

— Ici, on m’appelle la Grue aux Mille Mots.

Tiens donc.

— Mais je ne pense pas que Mademoiselle Von Beust faisait référence aux manuscrits chinois. Sur ceux-là, je ne ressemble pas vraiment à ça…

Ambre désigna son corps d’un geste de la main.

— Je ne suis pas d’ici. J’ai beaucoup voyagé. Sur cette planète. Sur d’autres. Quoi qu’il en soit…

Ambre s’arrêta, pour admirer une applique lumineuse sur le mur, à côté de la porte des toilettes.

— Je viens récupérer l’artefact, si artefact il y a, et le remettre à Lu Fei du Mont Wudang. Vous avez entendu parler de Lu Fei ?

Ce n’était pas certain. Le vieil homme, au fil des siècles, retiré dans des méditations sans cesse plus profondes, avait fini par s’effacer de la mémoire collective. Certains religieux taoistes, des folkloristes ou des érudits chinois connaissaient encore l’histoire, à leur sens fabuleuse, du Vieillard des Cinq Dragons, auquel la Grue aux Mille Mots avait remis, disait-on, une amulette d’immortalité.

— C’est un homme sage et j’ai confiance en son jugement. Et pour le reste… Je n’ai pas vraiment d’intérêt dans les artefacts humains. Pour dire la vérité, la plupart du temps, je n’arrive pas à les faire fonctionner. Magie, technologie, ça ne change pas grand-chose. Mais vous êtes Américain, c’est ça ?

Il suffisait peut-être de donner à Adrian des références qui lui parleraient plus ? Hélas, les chronologies humaines étaient parfois un peu plus tassées, du point de vue d’Ambre, qu’elles ne l’étaient pour les humains, et les époques qu’il croyait assez proches étaient, pour ses interlocuteurs, assez séparés. Ce fut donc les mythologies amérindiennes qu’il invoqua, sans avoir conscience qu’entre les États-Unis et les premières nations de l’Amérique, il y avait tout un monde.

— Vous connaissez Coyote, sans doute. Je crois que je suis responsable d’une partie des histoires. Mais enfin, l’essentiel, c’est de sa faute à lui. Coyote, je veux dire. Le vrai.

Les humains étaient prompts à l’assimiler à des dieux parfois un peu trop absents de leurs existences. Combien de fois l’avait-on soupçonné d’être Loki sur le simple prétexte de sa polymorphie ? S’il était fréquent que les légendes naquissent de son existence propre et de ses actions particulières, il n’était pas rare non plus que sa présence vînt donner consistance à des histoires plus anciennes.

— Ou Corbeau. Ou Renart. Ou… Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, si nous cherchons Mademoiselle Von Beust, nous pourrions peut-être commencer…

Ambre se désintéressa enfin de son étude de l’applique lumineuse pour poser la main sur la poignée des toilettes et pousser la porte. De l’autre côté, point de toilettes, mais le salon meublé dans la sobriété d’un design luxueux, quelque part dans les tours modernes de Beijing, à quelques kilomètres de là.

— … par son appartement.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Mar 23 Sep - 14:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Ce n'était pas courant qu'Adrian ne sache pas sur quel pied danser en matière de magie. Habituellement, il lui suffisait de croiser une personne pour savoir si elle était humaine, dotée d'une sensibilité à la magie ou s'il s'agissait d'une créature magique. Mais là.... le regard du mage scrutait toujours son interlocuteur avec un intérêt teinté de perplexité. Cet individu n'était pas « normal », du moins pas d'après les critères du commun de mortels – Eldoth non plus, cependant. Silencieux, il emboîta le pas à l'homme-la créature magique, attendant de voir si celui-ci allait finalement lui lâcher quelques informations. Et ce fut le cas. En plus du fait le fait que personne ne l'avait taxé de « jeune homme » depuis près de soixante-quinze ans, cet homme tenait un discours pour le moins inhabituel. Le mage savait que ce n'était pas un dieu sans quoi son essence aurait été différente et Adrian aurait su le classer dès leurs premières paroles, mais le fait qu'il ait montré le plafond, ou plutôt le ciel, poussait à envisager qu'il s'agissait d'un être d'une autre planète. Peut-être d'une autre dimension, allez savoir. C'était plutôt gênant compte tenu du fait que les pouvoirs du centenaire n'avaient d'effet que sur les créatures de cette dimension – et de quelques autres assez proches.

Il garda toutefois ses réflexions pour lui, se contentant d'un « Non. » Lorsqu'il fut question d'un certain Lu Fei. Adrian n'en avait jamais entendu parler.
Quoi qu'il en soit, cette discussion était difficile à suivre et Eldoth avait de moins en moins de mal à imaginer son interlocuteur comme originaire d'une autre planète. Il avait tout à fait le profil pour.... Ce ne fut finalement que lorsque l'appartement de la jeune femme de l'ambassade se révéla à eux qu'Adrian reprit le cours de la conversation.

« Comment... ? Son regard se posa sur l'homme.
Vous pouvez créer des portails reliant plusieurs endroits ? Comme les téléportations, mais en plus rapide. Plus que la sienne du moins, pas besoin de s'embarrasser de rituels et autres.
Vous êtes difficile à suivre vous savez.... »

En ce qui concernait sa conversation, du moins ! Adrian délaissa finalement sa contemplation pour s'intéresser au fameux appartement. Mieux valait s'empresser d'y entrer avant que quelqu'un ne débarque soudainement pour combler une envie pressante et remarque que les lieux avaient légèrement changés. Lorsqu'ils se retrouvèrent dans le bel appartement, Adrian ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil derrière eux pour vérifier qu'ils étaient bel et bien là où il le pensait. Oui, pas de caméra cachée ou que sais-je.

« Intéressant. »

Après quoi, Eldoth s'intéressa davantage à l'endroit. Il sentait la présence des artefacts, mais ne percevait rien de très fort en déambulant dans la pièce. Cependant, il flairait une sensation familière, celle qui indiquait que quelque chose de magique – des sorts, des rituels ou des artefacts – avaient souvent été employés ici. Elle devait donc l'avoir déménagé ailleurs. Peut-être que la venue du prénommé Ambre l'avait poussée à changer ses habitudes ? L'esprit plein de questions, le centenaire reprit finalement la parole sans quitter les environs du regard.

« Il n'y a pas d'artefact ici. Elle vous a peut-être repéré avant aujourd'hui et elle aura changé tout ça de place... ? Son regard glissa vers Ambre.
Depuis combien de temps est-ce que vous lui tournez autour ? Je n'ai pas entendu dire que qui que ce soit d'autre s'intéressait à cette femme. Enfin, pas pour ses capacités surprenantes. Pour le reste, il n'en savait rien.
C'est surprenant que je ne connaisse pas ce... Lu Fei. Un sage des environs ? Un humain ? Ou un extraterrestre lui aussi ?
Je n'y connais pas grand-chose en coutumes asiatiques, mais je ne vous connais pas non plus. Ça doit remonter à quelques années j'imagine.... Ou siècles plutôt.
En tous les cas, vous n'êtes pas un dieu, c'est un fait. »

Il ne faisait que confirmer ce que le jeune homme – ou ce que ça pouvait bien être – lui avait dit. Adrian ne tenait pas vraiment à dévoiler son rôle, cependant s'il souhaitait savoir quelles étaient les intentions de l'homme cité par Ambre, il allait certainement devoir en arriver là, malheureusement. Adrian entrouvrit les lèvres pour poser la question à son interlocuteur, mais un bruit sourd se fit entendre non loin de là, certainement dans la pièce d'à côté. L'Archimage s'immobilisa, posant ses yeux sur l'autre protagoniste.

« Elle ne vit pas seule ? »

Ou peut-être qu'elle savait aussi faire des portails ? Plus rien ne le surprendrait à ce point-là....
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Ven 26 Sep - 10:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Ambre considéra un instant l’appartement qui remplaçait désormais et pour quelques secondes les toilettes, prit un air songeur à l’explication d’Adrian et finit par hausser les épaules.

— Des portails, oui. On peut voir les choses comme ça. Ce n’est pas forcément l’explication la plus…

Et un nouveau haussement d’épaules laissa la phrase en suspend, parce que ça n’avait pas beaucoup d’importance. Le fonctionnement de ses pouvoirs, il en adaptait le détail aux civilisations et aux interlocuteurs. Les plus scientifiques avaient le droit à des théories sur les courbures de l’espace-temps et les plus magiques, eux, avaient toujours des hypothèses crédibles. La vérité, de ce point de vue, n’avait pas beaucoup d’importance et, avec un sourire, Ambre passa avec Adrian dans l’appartement. Le Trickster referma derrière eux la porte qui menait à nouveau aux toilettes des Fioles d’Or.

Lui qui n’était pas capable de sentir la magie des artefacts se contentait de fouiller au petit bonheur la chance, promenant son regard — et ses doigts, au diable les empreintes digitales — sur les meubles et les objets, à la recherche semblait-il d’une quelconque révélation. Naturellement, comme les intérieurs terriens gardaient pour l’heure, à ses yeux, leur aspect d’étrangeté nouvelle, la perquisition n’était pas un summum d’efficacité. Heureusement qu’il avait rencontré un mage sur son chemin.

— Ça m’étonnerait qu’elle m’ait remarqué, à moins qu’elle prête vraiment beaucoup d’attention aux souris.

Ambre adressa un sourire entendu à Adrian, comme si le mage était censé comprendre spontanément ce à quoi il faisait allusion. L’hypothèse cela dit n’était pas entièrement improbable : Adrian avait bien perçu sa nature sans difficulté. Mais entre l’Archimage et une mage normale, il y avait sans doute un fossé.

— Lu Fei est le sage du Temple des Cinq Dragons. Je l’ai rencontré à la fondation du Temple, dans la région du Mont Wudang, et il vit désormais dans les…

Ambre claqua des doigts à la recherche du bon mot, avant de compléter :

— … monastères, voilà, dans les monastères, dans les hauteurs de la montagne. Notre première rencontre remonte à, je ne sais pas…

La chronologie, ce n’était pas son fort. Si encore toutes les planètes avaient eu le bon goût de tourner sur les mêmes orbites, puis d’adopter les mêmes calendriers.

— … quelques centaines d’années.

Il avait tout de même fini par comprendre que, pour un être humain, c’était un temps considérable, alors il essaya de tempérer cette déclaration avec un subtil :

— Plus ou moins.

À vrai dire, un peu plus d’un millénaire — même pour lui, ça faisait beaucoup. La remarque sur sa divinité hypothétique le détourna de ses méditations calendaires en le laissant un peu perplexes. Comment est-ce que ce mage pouvait être certain de son essence, au-delà de ses propres affirmations ? Était-il une sorte de prêtre ? Tout cela lui mettait la puce à l’oreille, et Adrian n’était sans doute pas le premier archimage qu’il rencontrait au cours de ses périples terrestres, mais la mémoire d’Ambre était parfois bien encombré et le bruit de la pièce d’à côté ne lui laissa pas le loisir de réfléchir plus avant.

— Elle a peut-être un chat ?

Les humains avaient des chats. D’ailleurs, il était lui-même le chat de Charlie Lane, qui l’avait intelligemment appelé : Le Chat. Cette avocate était décidément pleine de ressources.

N’écoutant en tout cas que son courage — ou son inconscience — Ambre traversa le salon pour ouvrir la porte de la chambre.

— Hmm…

Le Trickster inclina la tête sur le côté.

— La bonne nouvelle, c’est que j’ai à moitié raison, la mauvaise nouvelle, c’est que j’ai à moitié tort.

L’extraterrestre referma la porte, se transforma soudain en corbeau, vola à travers la pièce et se retransforma en humain, tandis que de l’autre côté, une patte griffue défonçait le haut de la porte.

— C’est bien un chat, mais il est beaucoup plus gros que prévu.

Le tigre retira sa patte et reprit son entreprise de démolition. La porte ne tiendrait pas très longtemps. Ambre coula un regard vers Adrian.

— Vous avez des croquettes ?

Ou une soucoupe de lait. Une très grosse soucoupe de lait.

— Oui, parce qu’il faut peut-être que je vous prévienne, le combat, ce n’est pas exactement ma spécialité. En revanche, on peut s’enfuir par la fenêtre…

Ambre désigna la baie vitrée qui donnait sur bien plus d’une dizaine de mètres de vide, dans le centre des gratte-ciels de Beijing. Naturellement, la fuite risquait de faire tourner court l’enquête. La décision pressait cependant, parce que le tigre sortait. À en juger par la luminescence qui dessinait ses rayures sur un pelage beaucoup trop symétrique pour être naturel, l’animal tenait plus de dispositif de sécurité magique que du compagnon des soirées Häagen-Dazs.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Ven 26 Sep - 17:26 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Il semblait que l'extraterrestre était doté de nombreuses capacités qui dépassaient largement Adrian. Enfin, ce dernier en avait déjà entendu parler et il avait croisé plusieurs individus capables de former des portails ou de se métamorphoser, mais ce n'était jamais à la portée d'une seule et même personne. Il se contenta donc de rester silencieux en prenant bonne note des informations qui lui étaient dispensées au compte goutte, puis essaya de se remémorer quelque chose concernant ce « Lu Fei », en vain. Peut-être dans le sanctuaire de l'Archimage ? Il faudrait qu'il y jette un coup d’œil à son retour à Star City étant donné que ce n'était pas une information non négligeable. Cependant, l'espérance de vie dont semblait bénéficier Ambre était une bonne raison pour comprendre qu'il puisse appeler un centenaire « jeune homme », il l'était à côté après tout.

Mais cette discussion toucha rapidement à sa fin et Adrian laissa son binôme du moment prendre les devants pour aller vérifier s'il s'agissait bien d'un chat qui s'amusait à semer le bordel dans la cuisine de sa maîtresse. Étrangement, le mage doutait que ce soit quelque chose d'aussi simple et inoffensif et la suite lui donna raison. Lorsque la patte griffue apparue, l'Archimage ne put retenir un profond soupir : ne pouvait-il jamais avoir une mission sans bêtes féroces ? Après le dragon avec Lucrèce, c’était le tigre – certainement magique – avec un alien.
Toutefois, le temps n'était pas aux plaintes et comme Ambre lui avouait ne pas être très qualifié en matière de combat, Adrian comprit que ça allait être à son tour de jouer les sauveurs.

« Je m'en occupe. Reculez. »

Après tout, ils ne pouvaient pas se permettre de laisser l'appartement derrière eux sans pousser leurs recherches plus loin ! Sinon, comment allaient se débrouiller pour mettre la main sur la demoiselle aux chevilles apparemment si séduisantes ?

La porte céda finalement sous les assauts de la créature qui déboula au milieu du salon, culbutant au passage la table en bois précieux qui se retrouva projetée plus loin. Il s'agissait d'une espèce de tigre dont la coloration pour le moins inhabituelle, laissait penser qu'il n'était pas si normal que cela. Adrian ressentit aussitôt l'habituelle sensation qui se manifestait lorsqu'il était en présence de créatures magiques. Il s'agissait d'un sortilège de défense relativement élevé, lui-même en avait posé des comparables sur son manoir – les bêtes poilues en moins, Sallah n'aimait pas les animaux – et savait donc comment la neutraliser. Une question se posait toutefois : s'en débarrasser complètement au risque d'éveiller les soupçons de sa propriétaire si elle était liée à sa bête, ou juste la neutraliser le temps qu'ils puissent fouiller tout l'appartement ?
Le soliloque serait pour plus tard était donné que la bête entreprit de charger la première chose qui se présenta à elle : Adrian. Peut-être que c'était parce qu'il dégageait lui aussi une aura magique, toujours est-il qu'il ne perdit pas son temps avant de réagir. Levant la main et formulant mentalement son sort, l'Archimage expédia une espèce de boule lumineuse vers la bête qui recula brutalement dès lors que le projectile la toucha. Il s'agissait d'un sortilège d'immobilisation, mais qui ne sembla pas réagir comme d'habitude. Eldoth fut contraint de s'y prendre à deux fois avant que la bête ne retombe finalement au sol comme si elle avait été anesthésiée, leur laissant l'occasion de l'admirer de plus près.

« Elle est drôlement résistante. Habituellement un seul sort suffit largement. Adrian se hissa à la hauteur de la créature.
Elle est liée à l'appartement par un sortilège de protection. C'est de la magie relativement poussée et je n'avais pas senti un tel pouvoir chez notre amie. Est-ce que vous aviez vu si elle était accompagnée par d'autres personnes, parfois ? Des individus récurrents.
Il n'est pas exclu qu'elle se soit abritée chez eux. On devrait terminer de fouiller ici avant de disparaître pour la retrouver. Son regard glissa vers la bête.
J'ignore si je dois la neutraliser provisoirement ou définitivement. Si jamais le lanceur du sort a créé un lien avec elle, on est bons pour révéler notre présence. Mais si je la laisse, rien n’exclut qu'elle ne pourra pas décider de se lancer à notre poursuite si le sortilège le demande. »

Une fois le sortilège d'immobilisation neutralisé bien évidemment. Normalement il tenait un bon moment, mais vu la nature de la créature, il n'était pas impossible que les délais soient drastiquement réduits.
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Dim 28 Sep - 16:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Courageux mais pas téméraire, Ambre avait observé le combat, bref mais impressionnant, depuis une rose. La guêpe extraterrestre bourdonnait alors qu’une seconde boule d’énergie frappait le tigre magique — il y a des gens qui ont des soirées sacrément animées — et la créature s’effondra sur le sol. L’insecte reprit son envol et se fut bientôt, une nouvelle fois, un jeune homme, qui se penchait avec curiosité autour du corps surnaturel de leur agresseur d’un instant, en compagnie d’Adrian.

— Vous êtes sacrément doué.

Il n’était peut-être pas un expert en magie — loin de là —, mais au moins celle-ci évoluait un peu moins vite que la technologie et, paradoxalement sans doute, dans le domaine ésotérique, en revenant sur Terre, il retrouvait plus facilement ses marques, malgré une absence de plusieurs siècles. Ainsi donc était-il capable de comprendre en gros les implications d’un sortilège de protection, combien celui-ci était solide et combien Adrian devait être talentueux, pour réagir avec sang-froid et efficacité à une pareille manifestation.

— Elle fréquente certaines boutiques régulièrement. Spécialisées, les boutiques, je veux dire.

Il n’allait pas entraîner Adrian au rayon frais du super-marché habituelle de leur suspecte du jour, dans l’hypothèse qu’elle complotât avec l’artisan boucher.

— Laissez dormir le chat. S’il revient sur nos traces, je l’emmènerai ailleurs.

« Ailleurs », pour Ambre, c’était n’importe où entre ici et l’autre bout du Multivers. En attendant, les deux hommes mirent le temps qu’ils avaient devant à eux à profit en fouillant les lieux. Ambre ne tarda pas à gagner la chambre et commença à fureter dans les tiroirs. Après avoir examiné de près une collection de soutien-gorges, dont il mit tout de même plusieurs secondes à comprendre la fonction — et à déterminer qu’il ne s’agissait donc probablement pas d’un dangereux artefact —, le Trickster s’intéressa à la bibliothèque.

Ses doigts parcoururent les tranches des livres. Les titres en anglais et en mandarin lui parlaient plus que les autres. Il y avait de l’allemand, mais ses souvenirs étaient trop anciens. Un peu de japonais, qu’il pouvait décrypter en gros, quand les idéogrammes étaient semblables. Des livres d’histoire et de légendes, principalement, quelques traités spirituels ou philosophiques. Son index s’arrêta sur la couverture d’un dictionnaire mandarin-allemand particulièrement volumineux, dont la tranche lui semblait étrangement rigide. Il appuya un peu, tira le volume et constata qu’il tenait plus de la boite que du livre.

Avec sa trouvaille, Ambre se détourna de la bibliothèque de la chambre pour débarquer soudainement à côté d’Adrian.

— Regardez ça.

Ambre posa la boite devant eux, l’ouvrit précautionneusement et en révéla le contenu : un livre en rouleaux. Il le déroula prudemment et les colonnes d’idéogrammes s’alignèrent, accompagnées parfois de dessins à l’encre, qui représentaient pour l’essentiel des combattants. Ambre parcourut les colonnes du regard pendant quelques secondes et finit par en donner la substance à haute voix, au fur et à mesure qu’il les lisait.

— C’est une sorte de conte. Assez vieux, parce que ça ressemble plus au mandarin que je parle qu’à celui que j’ai entendu depuis que je suis revenu ici. Ça parle d’un soldat dans les armées de l’Empereur. L’armée part en campagne dans l’ouest, traverse le désert et arrive dans une sorte de forêt qui n’est pas sur les cartes.

Ambre désigna le dessin de la forêt de l’index.

— L’armée campe aux lisières de la forêt, le soldat part chercher du bois, il s’enfonce dans la forêt et il perd rapidement son chemin, parce que… littéralement, je crois, « les armes se referment sur la lumière du jour ». Il arrive à une sorte de fontaine. Enfin, de source. Dans la pierre. De l’eau qui coule d’une pierre, il boit l’eau, et je ne sais pas pourquoi, je ne comprends pas très bien, mais il fait un souhait. Non, attendez. L’eau lit les souhaits dans son cœur. Ses désirs secrets, quelque chose comme ça.

On ne passait pas six millénaires à explorer le Multivers sans développer une certaine aptitude à donner du sens aux contes les plus farfelus.

— Après, ça parle de la campagne militaire, ce n’est pas très intéressant. Il est sorti de la forêt, il s’illustre dans les combats, la guerre est assez brève, je ne sais pas contre qui, mais il devient général, et puis conseiller de l’Empereur. Il se marie à la fille d’un riche marchand, tout lui réussit. Un jour, quand il dort, il rêve qu’il va devenir empereur à la place de l’empereur. Et le matin, sa femme le retrouve noyé dans son lit. L’histoire continue. Sa femme se remarie rapidement, on oublie son nom et… voilà.

Ambre releva les yeux du rouleau pour croiser le regard d’Adrian.

— Notre amie n’a pas l’air d’être la seule à avoir connu une soudaine prospérité, mais si elle croit l’histoire, elle doit être en train de s’inquiéter des conséquences de ses désirs.

Ambre roula le livre sur lui-même avant d’examiner le sceau.

— Elle fréquente un antiquaire qui vend des livres comme celui-ci. Moins anciens, sans doute, mais tout de même. Je ne sais pas si elle irait le retrouver au milieu de la nuit, mais c’était peut-être un bon endroit où commencer. Vous avez trouvé quelque chose, de votre côté ?
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Dim 28 Sep - 21:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Le « compliment » adressé par Ambre laissa Adrian de marbre : il savait qu'il ne devait pas son don à un entraînement accru, mais simplement à sa position d'Archimage. Mieux valait se concentrer sur la situation actuelle ! Ils se mirent donc à fouiller les environs à la recherche d'un artefact ou de quoi que ce soit qui pourrait les renseigner sur l'endroit où la jeune femme pouvait s'être envolée. Du côté du centenaire, la chasse ne fut pas très fructueuse et il s'apprêtait à désespérer lorsque son binôme du moment revint vers lui pour lui présenter une boîte contenant des rouleaux marqués de dessins à l'encre qui n'éveillaient rien chez Eldoth. Fort heureusement, Ambre semblait plus doué dans le décryptage d'éléments originaux et dépeignit une histoire qui avait de quoi laisser un goût amer en bouche. Apparemment quiconque mettait la main sur cette eau pouvait devenir quelqu'un de très important et réussir dans la vie, mais en ayant une mort assez rapide et qui débouchait sur l'anonymat du décédé. Pas très engageant ! Cela lui rappelait vaguement l'artefact qu'il avait trouvé en Irlande en compagnie des deux jumeaux – maléfiques ? – et qui portait chance au point de faire mourir son possesseur à la seconde où il l'abandonnait. Bref, ce n'était pas une excellente nouvelle pour leur cible.

Les réflexions de l'Archimage retombèrent au second plan lorsque l'extraterrestre désigna le sceau qui leur permettrait peut-être de mettre la main sur leur nouvelle amie. Il secoua la tête en signe de dénégation suite à la dernière question d'Ambre.

« Non, sauf si ça vous intéresse de connaître son régime alimentaire. Vu qu'il avait trouvé plusieurs listes de courses périmées de plusieurs semaines.
Mieux vaut partir directement pour rendre visite à cet antiquaire. Elle est peut-être là-bas, il n'est pas exclus qu'il vende d'autres choses. Comme des potions ou quelque chose d'approchant.
Personne n'a l'air de dormir dans cette ville de toute manière. À croire que tout le monde menait une double vie.
J'ai tout de même du mal à croire qu'elle puisse avoir accepté de boire à cette source tout en sachant ce que l'avenir lui réservait. À quoi bon vivre avec opulence si c'est pour mourir tôt et dans l'anonymat ? »

C'était une question rhétorique, Adrian doutait franchement que son comparse pourrait lui donner une réponse convenable – ils n'avaient apparemment pas la même vision de la vie. Parfois, certains individus étaient prêts à tout pour mener une vie pleine de richesse et cela même s'ils devaient beaucoup sacrifier pour y arriver. Dommage pour eux, l'anonymat avait du bon !

Quoi qu'il en soit, ils n'avaient plus grand-chose à faire ici. Après avoir jeté un coup d’œil au « chat » qui dormait toujours sur le sol, Adrian invita son binôme à prendre les rouleaux avec eux de manière à pouvoir les montrer à l'antiquaire au cas où sa mémoire lui ferait défaut. Puis ils purent quitter l'appartement pour se rendre chez l'antiquaire qui devait certainement être fermé à une heure pareille, mais qu'importe ! Ils avaient une dérogation spéciale pour importuner les aimables commerçants.
Localiser la boutique ne fut pas très difficile : elle se situait dans une rue passante et commerciale, ils aperçurent donc la devanture de loin. Adrian la désigna à son binôme avant de se diriger vers la porte close qui indiquait les horaires et jours d'ouverture : ils devraient revenir le lendemain entre neuf heures et midi. Mais il s'agissait d'une affaire urgente et, toujours poli, l'Archimage décida d'employer la méthode civilisée pour commencer. Pas de portail dimensionnel pour débarquer dans la salle d'eau du pauvre vieillard. Enfin, si c'était un vieil homme, les antiquaires n'étaient pas toujours des vieux Chinois à la barbe interminable et aux yeux bridés.
Frappant à la porte une première fois, Eldoth insista à nouveau lorsqu'il n'obtint aucune réponse. Finalement, après un bref instant le cliquetis familier d'une serrure que l'on déverrouille se fit entendre. L'huis s'ouvrit sur un homme, la trentaine et sans barbe blanche – mais aux yeux bridés – qui les dévisagea d'un air agacé.

« Revenez demain ! En Mandarin, malheureusement Adrian ne le parlait pas.
Désolé de vous déranger, mais nous avons besoin de vous parler. En anglais.
― Revenez demain ! »

Après quoi la porte leur claqua au nez, signe que la politesse ne portait que rarement ses fruits. Lâchant un profond soupir, l'Archimage se détourna de la porte pour longer le bâtiment et apercevoir plusieurs ombres qui se mouvaient à l'intérieur du bâtiment. Aucun doute possible : l'homme était accompagné de quelqu'un ! Certainement leur nouvelle amie. Adrian se tourna vers Ambre.

« Je propose que vous entriez, vu que vous savez le faire comme personne, moi je me débrouille pour les empêcher de quitter les lieux. »

Avec quelques sorts, bien évidemment.
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Mar 30 Sep - 10:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Ambre, qui mettait plus de prix à sa longévité qu’à des richesses quelconques, partageait certes la même perplexité qu’Adrian — mais, avec une supériorité mal placée d’extraterrestre millénaire peut-être, il avait depuis longtemps tenu pour acquis l’inconstance des humains et leur propension à poursuivre des projets étranges qui ne pouvaient mener qu’à leur perte. Avec un haussement d’épaules, il suggéra :

— Peut-être qu’elle a trouvé un moyen de contenir les effets néfastes ?

Dans le monde d’Ambre, il y avait toujours des moyens pour contourner les règles. Les règles, comme les distances, lui étaient des choses plus faciles à franchir que pour les autres — ce dont il ne se rendait pas toujours compte. Du reste, son manque de familiarité criant avec le fonctionnement interne de bien des objets magiques, qu’il était condamné, la plupart du temps, à observer de l’extérieur, ne l’aidait guère à évaluer la probabilité d’une pareille manipulation.

Pour l’heure cependant, ils devaient se remettre en route — ainsi ne tardèrent-ils pas à susciter le mécontentement d’un antiquaire moins noctambule que ses compatriotes. Ambre hocha la tête à la suggestion d’Adrian et s’éloigna pour tourner à l’angle du bâtiment et débarquer dans l’arrière-boutique, sous le regard médusé d’un antiquaire courroucé. Le regard préoccupa moins l’extraterrestre qu’un marmonnement suivi d’une boule de feu.

La sphère enflammée se propulsa vers Ambre.

Lentement.
Très.
Lentement.

Von Beust, puisqu’elle était leur incendiaire, serra les dents en observant le train d’escargot de son projectile.

— Vous ralentissez les sorts…
— Je dilate l’espace.

Ambre haussa les épaules.

— Mais vous savez, le temps n’est qu’une expression de la densité de l’espace.

(On n’est jamais à l’abri d’un cours de physique relativiste.)

— Vous avez déjà fait ce rêve où vous courez dans un couloir qui ne finit jamais ?
— Qu’est-ce que vous me voulez ?
— Discuter.

L’antiquaire, qui jugeait que toute cette conversation le concernait d’autant moins que les interlocuteurs lançaient des boules de feu et dilatait l’espace, entreprit de fausser compagnie au duo dans l’indifférence générale. L’homme avait sans doute bien des réponses à apporter sur les rouleaux qu’il avait vendus à Von Beust, et sur les relations qu’il entretenait manifestement avec elle, mais Ambre avait toute confiance en Adrian pour l’intercepter. Quand on arrêtait des tigres à mains nues — ou presque — on pouvait sans doute maîtriser des Chinois.

— Vous êtes Farfalou le Farfadet.
— Farfalou ?

Il allait devoir penser sérieusement à laisser une signature élégante sur les lieux de son passage.

— Des gens m’appellent vraiment Farfalou le Farfadet ?
— Vous vous introduisez dans la cour des souverains et vous leur volez leur pouvoir à force de mensonges et de ruse.
— Si vous faites référence à cette histoire avec Guy de Spolète…

Ambre s’interrompit alors que l’ampoule se mettait à crépiter au plafond. La disparition de Von Beust à l’opéra était encore fraîche dans sa mémoire.

— On aime l’obscurité, Mademoiselle Von Beust ?

Le Trickster fit un peu en arrière, pour rejoindre la porte qui reliait l’arrière-boutique à la rue. Il l’ouvrit et une violente lumière de jour remplit la pièce.

— Les Deux Yeux Brûlants de Calderan.

Une appellation poétique pour une étoile binaire bien connue — d’Ambre, en tout cas. L’ampoule au plafond grilla, ce qui ne changea pas beaucoup la lumière plus qu’estivale de l’arrière-boutique, dans la nuit chinoise.

— Avez-vous rencontré William Blake ?
— Je n’ai pas eu ce plaisir.
— Alors vous ne connaissez peut-être pas l’un de mes poèmes préférés. Vous savez…

Abandonnant le mandarin pour l’anglais, Von Beust murmura avec une évidente concentration :

— Tyger Tyger, burning bright
In the forests of the night;
What immortal hand or eye.
Could frame thy fearful symmetry?


Un rugissement se fit entendre à la droite d’Ambre, qui fit un bon de côté. Sa concentration vacillante laissa résorber l’espace entre la boule de feu et le reste de l’arrière-boutique. Le projectile enflammé s’écrasa contre le mur et une étagère prit feu, tandis que le tigre, revenu de son sommeil dans l’appartement de sa propriétaire, bondissait vers le Trickster. Profitant de sa distraction, Von Beust tournait les talons et emboitait le pas à son antiquaire.

Ambre, lui, s’était transformé en souris et la souris se faufila jusqu’à Calderan, suivie par un tigre magique. La porte se referma derrière le tigre, la souris se métamorphosa en corbeau et le corbeau s’envola au-dessus des dunes infinies de la planète sableuse, poursuivi par le seul rugissement de frustration du félin surnaturel. Quelques centaines de mètres plus loin, le corbeau descendit en piquée vers le sable, se transforma en serpent des dunes, s’enfonça dans le sable et ce fut un Trickster très humain qui émergea, en smoking, du panier à linge sale d’un antiquaire chinois, à des années-lumières de là.

Ambre rajusta son nœud papillon.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur http://kolmen-kirosi.forumactif.com/
Message posté : Mar 30 Sep - 14:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles
Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4287
ϟ Nombre de Messages RP : 1408
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Crédits : Moi
ϟ Doublons : Renan Le Guerec
ϟ Âge du Personnage : 117 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours coiffés, yeux marrons, a souvent un sourire en coin, assez renfermé
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise de la Magie
- Espérance de vie accrue
- Forme astrale
- Illusions sensorielles
- Télépathie
- Télékinésie
- Champ de force
- Choc mental
- Serviteur (Aziza)
- Omnilinguisme
- Clairsentance
- Maîtrise de l'alchimie I
- Invocation de l'ancêtre II
- Force du Lion II
- Endurance du guépard I
- Peau du Rhinocéros I
ϟ Liens Rapides :
Ambre s'étant envolé, Adrian commença à sécuriser l'endroit. Il était fort probable que les personnes présentes à l'intérieur allaient tenter de s'enfuir, le mieux était donc de poser un sort d'emprisonnement qui les empêcherait de s'enfuir. Et grand bien lui prit : à peine avait-il terminé d'esquisser le sortilège qu'un bruit se fit entendre avant que l'antiquaire n'émerge soudain du bâtiment. Il fut stoppé par la protection et ne sembla pas comprendre ce qui se passait jusqu'à ce qu'Adrian se glisse à ses côtés pour être certain qu'il ne briserait pas son emprisonnement. Le sort n'avait pas été mené à son terme en raison de la fuite rapide de l'une de leur cible, mais il était suffisant pour maîtriser quiconque ne possédait pas de pouvoirs magiques.

« Ne nous quittez pas déjà, nous avons quelques questions à vous poser. Le regard de l'antiquaire se posa sur lui.
Je ne dirai rien. »

C'était typiquement le genre de réponse que les gens lui faisaient dès qu'il essayait de parler plutôt que de se montrer trop brutal. Enfin, la brutalité ne faisait pas partie du vocabulaire de l'Archimage qui lâcha un profond soupir de lassitude avant de décider de jouer la carte du bluff. Il semblait clair que cet individu n'allait pas accepter de lui parler s'il ne l'y obligeait pas... ou faisait croire qu'il comptait le faire.

« Si vous ne parlez pas, je vais être obligé de chercher les réponses dans votre esprit. Ça ne me dérange pas, mais il y a peut-être des choses que vous voudriez garder pour vous et en fouillant au hasard, je risque de tomber dessus.... Tout le monde avait des secrets.
Vous ne pouvez pas !
Vous le pariez ? L'autre hésita un instant.
C'est bon ! Cette femme, je ne la connais pas. Pas vraiment, elle est juste venue m'acheter des livres et des choses de ce genre.
Quelles choses précisément ?
Des rouleaux. Adrian leva les fameux rouleaux trouvés dans l'appartement.
Eux ?
Absolument.
À quoi servent-ils ? Est-ce qu'ils peuvent donner une solution à cette malédiction. L'autre rigola doucement.
Vous n'allez quand même pas me dire que vous croyez ça ? C'est des contes ! C'est bon pour les touristes ! J'ai expliqué à cette femme que j'avais des objets liés à cette légendes, mais je ne les ai pas ici. Ils sont dans mon entrepôts, je ne les vends pas comme ça. Il fallait un délai, les autorisations et tout ça. Elle est revenue ce soir pour m'obliger à les chercher, mais ils ne sont pas ici. »

Adrian avait le sentiment que cet homme disait la vérité, mais encore fallait-il qu'ils puissent mettre la main sur les fameux objets et donc, que personne ne s'y soit rendu entre-temps. Cependant, avant qu'il ne puisse s'amuser à le question plus en avant, un bruit sourd se fit entendre à l'intérieur de la boutique et une lueur familière, celle de flammes, fut bientôt visible.

« Ma boutique ! »

Adrian pouvait garder le contrôle de son sort et aller aider Ambre, c'était d'ailleurs ce qu'il s'apprêtait à faire lorsqu'une nouvelle silhouette émergea de la boutique pour se retrouver coincée dans la toile du sortilège. Les yeux clairs de la femme s'entrouvrir de surprise, sentiment qui s'accentua lorsqu'elle leva les yeux sur Adrian pour constater qu'elle n'avait finalement pas affaire à un employé de l'ambassade américaine de Beijing.

« Je vais devoir vous garder un peu avec nous mademoiselle. »

Après quoi, il se tourna vers la porte empruntée par l'antiquaire et la poussa pour pénétrer dans le bâtiment. Une étagère flambait allègrement et Adrian utilisa un simple sortilège pour étouffer les flammes avant qu'elles ne ravagent la boutique, puis il chercha son binôme du regard. Des bruits peu rassurants avaient été audibles et il craignait légèrement qu'Ambre ne se soit fait attaquer. Toutefois, après une petite recherche, l'Archimage finit par tomber sur l'extraterrestre qui avait l'air de ne pas avoir bougé de l'endroit.

« Vous allez bien ? J'ai entendu... des bruits dehors. Mais Ambre avait l'air d'être au mieux de sa forme.
L'antiquaire m'a parlé d'un entrepôt, mais je n'ai pas eu le temps de l'interroger davantage. Oh, j'ai aussi gardé notre amie avec moi, je me suis dit que vous voudriez peut-être lui parler un peu, même si vous avez l'air d'avoir eu une discussion animée.... »

Il faisait référence à l'étagère enflammée.
Quoi qu'il en soit, leurs deux amis attendaient dehors, à condition que l'ambassadrice ne possédât pas de dons pour briser les sortilèges d'emprisonnement.
Revenir en haut Aller en bas



Shosholoza, Kule... Zonzaba, Stimela siphume South Africa, You are meandering on those mountains, The train is from South Africa, Wen´uyabaleka, Wen´uyabalekaShoSholoza


Message posté : Mer 1 Oct - 8:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Ambre affichait un sourire tranquille.

— Très bien.

Il venait de transporter un tigre magique dans une planète lointaine : la routine habituelle. Les narines du Trickster s’agitèrent pour percevoir la légère odeur de brûlé. Il posa un regard interrogateur sur Adrian, mais comme celui-ci n’avait pas l’air de préparer une évacuation immédiate des lieux, il supposa que la situation « Boule de Feu » était maîtrisée. Les deux compères retrouvèrent donc leurs étages.

— Vous…
— Je suis navré, j’ai dû m’éclipser.
— Qu’avez-vous fait de Calypso ?

Ambre haussa un sourcil perplexe, avant que la jeune femme ne précisât :

— Mon tigre.
— Ah !

L’extraterrestre fit un vague signe de la main vers la boutique.

— Parti. En vacances. Au soleil.
— … mais dans quoi est-ce que je me suis encore fourré…

Marmonna l’antiquaire, désormais coincé entre un mage télépathe, un jeune premier en smoking qui divaguait et une Allemande peu rassurante. Il songeait de plus en plus à se reconvertir dans le commerce de primeurs. Ambre adressa un sourire à l’homme, avant de reporter son attention sur Von Beust.

— Nous avons quelques questions.
— Je n’écouterai pas tes paroles empoisonnées, Farfalou !
— Vous vous appelez vraiment Farfalou ?

Ambre poussa un soupir résigné.

— Il semblerait.
— Comment ça, il semblerait ? C’est votre nom ou pas ?
— Apparemment.
— … tous cinglés…

En tout cas, Farfalou ne jouissait pas d’une très belle réputation, de toute évidence. L’intéressé reprit tout de même la parole.

— Vous savez, un ami m’a dit que le Mal s’étendait sur Beijing et quand je vous vois, Mademoiselle Von Beust, j’ai du mal à croire que vous incarnez le Mal.

L’Allemande restait de marbre.

— Vous vous défendez, certes, et peut-être sans beaucoup de délicatesse, mais j’ai croisé bien des êtres maléfiques au cours de mes voyages et vous ne dégagez pas ce je-ne-sais-quoi qui noue l’estomac.

Ambre chercha le regard d’Adrian et hasarda :

— Mais peut-être que je me trompe.

Ce mage local — à l’échelle d’Ambre — devait être bien plus à même que lui de percevoir des choses de ce genre. Du moins le supposait-il.

— Et pourquoi supposez-vous que je suis maléfique ?
— Vous semblez avoir déployé récemment une intense activité magique. Une activité étonnement productive.
— De la part de deux personnes qui s’introduisent chez les gens et les retiennent otages, j’ai du mal à ne pas trouver votre situation d’accusateur un peu ironique.

Un point pour la défense.

— Pourquoi êtes-vous ici, Hannelore Von Beust ?
— Si je devais croire les mensonges de Farfalou…
— Ça y est, ça recommence…
— … pour les mêmes raisons que vous.
— C’est-à-dire ?
— Le Mal qui progresse à Beijing.

Von Beust parut hésiter un moment, mais elle finit par rajouter :

— Je suis membre de la Légion des Étoiles allemande.
— La quoi ?

Interrogea innocemment Ambre — et les yeux ronds de Von Beust et de l’antiquaire se posèrent sur lui.

— Ah, les gens avec les capes et les drôles de surnom ?
— Vous vous appelez Farfalou !
— Oui, mais je n’ai pas de cape.

En tout cas, de ce qu’il avait compris — schématiquement — depuis son retour sur Terre, la Légion des Étoiles faisait partie du camp des « gentils ». Il n’avait pas tout à fait cerné le fonctionnement de cet étrange organisme, faute de s’y être vraiment intéressé, et il avait cru jusqu’à présent qu’il s’agissait d’une spécificité de Star City. Devait-il en croire Von Beust pour autant ? Elle pouvait très bien mentir.

— Vous pouvez appeler le Quartier Général à Berlin. Ils confirmeront ma mission ici.
— Et pourquoi la Légion allemande s’intéresse-t-elle aux affaires chinoises ?

D’un ton pas tout à fait sûr de lui, Ambre argua :

— Les deux pays sont très éloignés.

Enfin, lui, il ne se rendait pas très bien compte, évidemment.

— Vous posez beaucoup de questions et, en attendant, vous ne me donnez pas beaucoup d’éléments. Je pourrais très bien vous faire arrêter.
— C’est-à-dire ?

Nouveaux yeux ronds.

— Parce que là, par exemple, on ne bouge pas tellement.
— Arrêter par la police.
— Ah !

Ambre afficha un sourire radieux et précisa fièrement :

— Pour aller en prison !

Il n’était pas mécontent de suivre avec autant d’aisance les méandres des institutions judiciaires terriennes.

— Merveilleux !

L’antiquaire fixa Adrian pour faire remarquer :

— Dites, votre ami, là, il est quand même sacrément dérangé.

Avant d’ajouter à voix basse :

— … en même temps, quand on s’appelle Farfalou, je suppose qu’il y a des raisons…
Revenir en haut Aller en bas



Les Fioles d'Or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant


Sujets similaires

-
» Probème de fioles
» Fioles et autres ustentiles...
» Skins d'interfaces du blob parleur
» L'antre du chaman gobelin
» Fioles de Sang [PV : Kayne Kaiser]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-