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Une amitié fondée sur le travail est préférable à un travail fondé sur l'amitié.

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Message posté : Ven 12 Sep - 23:47 Message
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Après quelques difficultés dues à mon emploi du temps pour le moins chargé avec un certain démon de ma connaissance, j’avais fini par réussir à reprendre contact avec Lorenzo Mancini. Enfin, en l’occurrence, c’était lui qui était venu frapper à ma porte, un peu troublé par l’absence de retour de ma part après ce dont nous avions convenu. Et alors que j’étais très occupée à essayer de me convaincre que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, que j’étais en vie et pas encore totalement perdue. Malgré la souillure persistante que je sentais résonner jusque dans mes os, imprégner jusqu’à mon âme.

J’étais encore bien amochée. Après tout, j’avais passée une semaine aux mains d’un être qui adorait s’abreuver à mes veines. Mon cou, notamment, était ornée de plusieurs coupures encore bien visibles, et je n’avais pas encore ôté les points que Raphaël m’avait posé quand il avait manqué de me tuer. J’avais menti sans vergogne à Lorenzo. C’était la seule fois où l’on m’y prendrait mais j’avais affirmé sur un ton factuel que tout était déjà réglé quand il m’avait interrogé sur la source de toutes ses blessures. J’avais peur, j’étais seule, j’avais désespérément besoin d’aide…
Mais la terreur me prenait au ventre en imaginant la réaction du démon si j’appelais à l’aide. Je ne voulais pas lui donner une raison de revenir, pas si tôt. Je savais que je n’en avais pas fini avec lui, déjà, à l’époque.

Aujourd’hui, la peur s’effaçait peu à peu pour faire place à un sentiment de compréhension aussi illogique que malsain. J’étais harcelée par le pouvoir de Raphaël, soir après soir, mais je lui trouvais des justifications ineptes. Je commençais à me dire que j’avais mérité mon sort… Des fois, je le pensais dur comme fer. Je m’étais refusée à lui, et je devais payer pour ça. J’avais moins envie que jamais de mêler Lorenzo à ce problème là. Une infime partie de moi ne voulait pas imaginer attirer l’attention du jeune Mancini sur mon démon. Je me serais sentie obligée par la suite de protéger mon bourreau.
J’avais donc fait en sorte que le jeune homme relègue ce problème au rang de souvenir. J’avais fermé ma grande gueule, et filé droit.

Après un premier contrat réussi, j’attendais d’avoir des nouvelles de mon nouvel employeur. Et j’avais fini par en avoir, un coup de téléphone de Lorenzo pour me proposer un nouveau contrat. En ce premier septembre, je me hâtais donc vers une petite place de Little Italy, où il m’avait donné rendez-vous. Arrivée un peu en avance, je m’installais calmement sur un banc. Mes traits étaient encore creusés par la fatigue, mais rien qui ne paraisse anormal. Aucun moyen, donc, de suspecter que je dormais de moins en moins au fur et à mesure que mon cauchemar éveillé prenait de l’ampleur.

Enfin, Lorenzo fit son apparition, juste à l’heure. Je lui fis un petit signe de la main, et attendis qu’il approche sans bouger de là.

« Bonjour, M. Mancini. Comment allez-vous aujourd’hui ? »

Polie, souriante et tout à fait charmante, comme toujours. Je jouais mon petit jeu, comme à mon habitude. Mais si à notre première rencontre, je l'avais fait de bon coeur et sans trop de problèmes et de dissimulations... Aujourd'hui, il me fallait cacher que j'étais une femme meurtrie, blessée, et aux abois. Cela.. Cela ne regardait que moi.
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Message posté : Jeu 18 Sep - 14:54 Message
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Lorenzo avait été relativement intrigué par sa rencontre avec la jeune Siobhan. Cette Irlandaise disposait de pouvoirs qu'il ne comprenait pas vraiment et sa réputation grandissait petit à petit, alors il y avait de quoi vouloir en apprendre plus ! Il fallait aussi ajouter qu'elle avait fait preuve d'une politesse appréciable et que la discussion avec elle avait été des plus agréables. C'est pour cette qu'ils avaient convenu de reprendre contact, mais malheureusement, quand le temps de procéder ainsi était arrivé, elle ne répondit plus. Lorenzo trouva cela plutôt surprenant, d'autant qu'elle avait semblé très intéressée par leur marché et même si cela n'était pas dans ses habitudes, il avait tenté d'en apprendre plus à son sujet. De toute façon, elle vivait à Little Italy et il était hors de question que quelqu'un s'en prenne aux habitants du quartier sans qu'il ne le sache !

Après des recherches infructueuses, le jeune homme avait fini par frapper à la porte de l'appartement de la jeune femme et elle lui avait enfin ouvert ! Il ne fallait pas être devin pour comprendre que les choses n'allaient pas pour le mieux, mais quelles que soient les raisons à ses problèmes, Siobhan ne révéla rien et Lorenzo n'insista pas davantage. Il n'appréciait pas la situation, mais il ne connaissait pas encore assez bien la jeune femme pour oser se mêler de ses affaires. Cela étant dit, il ne pouvait tolérer que quelqu'un s'en prenne à elle – comme à n'importe quelle autre femme – et il allait donc rester en alerte.

Lorenzo et Siobhan avaient alors convenu d'un premier contrat et ce dernier fut réussi avec brio, le jeune homme se montrant très impressionné par les talents de la jeune magicienne. C'est pour cela qu'il avait convenu d'un nouveau rendez-vous avec elle. Cette fois-ci, il avait réussi à la joindre directement, par téléphone, et ils avaient décidé de se retrouver près d'une petite place du quartier. C'est donc vêtu d'un costume noir que Lorenzo se rendait sur les lieux, portant un parapluie en raison du temps changeant de ce début de septembre. La météo avait annoncé de possibles orages et au vu du ciel gris, il y avait des chances que cela se produise effectivement.

En arrivant à la petite place, Lorenzo repéra directement la chevelure rousse de Siobhan et en approchant, il constata qu'elle semblait être très fatiguée. Elle n'avait plus l'air d'avoir été maltraitée, mais on ne pouvait pas dire qu'elle pétait la forme pour autant.

« Je vous en prie, appelez-moi Lorenzo. Il est inutile d'être aussi formelle. » Souriant, le jeune homme s'installa alors sur le banc, aux côtés de l'Irlandaise. « Je vais très bien, merci de vous en soucier. Il est vrai qu'un peu de soleil ne serait pas de refus, mais je crains de ne rien pouvoir faire pour changer cela ! » Haussant les épaules, il se permit un petit rire avant de reprendre. « Et qu'en est-il pour vous ? »

Comme elle n'ignorait pas qu'il ait été témoin de son état physique précédent, elle pouvait se douter que la question n'était pas qu'une simple formule de politesse. Lorenzo cherchait en effet à savoir si les choses s'étaient arrangées, même s'il doutait qu'elle lui réponde davantage que la fois précédente. Cela étant dit, la situation était un peu différente et dans ce lieu publique, elle serait peut-être plus détendue. De là à savoir ce qu'elle allait pouvoir lui dire...

« Vous ne travaillez pas, aujourd'hui ? Non que je sois déçu de vous retrouver ici, bien au contraire ! Je dois vous avouer que vous m'avez fait très forte impression, lors de notre dernière rencontre et j'apprécie donc beaucoup de bénéficier une fois encore de vos talents, si vous le souhaitez bien. »
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Message posté : Jeu 18 Sep - 21:38 Message
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Lorenzo avait l’air en forme, lui. Toujours aussi souriant et agréable à vivre, en tous cas. Je me fendais d’un sourire, même si le cœur n’y était qu’à moitié. Pourtant, je paraissais tout à faite enthousiaste et enjouée quand je murmurais gentiment :

« Et bien allons-y pour Siobhan, dans ce cas. »

J’étais, il est vrai, plus à l’aise avec moins de formalités. Généralement, je parlais normalement à mon entourage, mais je m’étais dit que faire un petit effort dans son cas était approprié. Qui plus est, nous ne nous connaissions pas encore très bien.
Enfin.
Quand il me questionna sur mon état, je me doutais de suite qu’il se posait encore quelques questions sur notre rencontre à mon appartement… et l’aspect général de mon corps à ce moment. Je songeais un instant à m’en tirer par une pirouette, mais préparais une réponse plus honnête finalement.

« Je vais bien. Un peu fatiguée, peut-être, je travaille souvent de nuit ces temps-ci. »

C’était à la fois la vérité et un mensonge. La vérité, car, oui, effectivement j’avais de nombreux contrats à remplir. Certains qui traînaient depuis mon absence involontaire de deux semaines, d’autres qui étaient arrivés. On commençait à parler de Morrigan dans le milieu. En temps normal, ça n’aurait pas été pour me déplaire. Dans l’immédiat, cependant, ç’avait plutôt tendance à m’indifférer profondément. J’avais d’autres chats à fouetter.

Je fis une petite grimace que je ravalais bien vite quand il arriva à la question de mon travail. Que dire ? La vérité toute nue ? Je ne tenais pas à parler plus que ça de mes ennuis passés, et pour justifier mon manque d’assiduité au travail, il aurait fallu que j’explique que j’avais été prisonnière une semaine entière. S’en suivraient probablement quelques interrogations. Pas trop insistantes, je le savais, Lorenzo observait une certaine discrétion. Suffisantes, pourtant, pour me mettre mal à l’aise. J’optais une fois de plus pour une semie-vérité :

« Pour être honnête, j’ai été renvoyée. Etant donné mes ennuis, j’ai été obligé de rester en convalescence quelques jours » Comprenez que j’étais restée terrée chez moi un certain temps « et je n’ai pas trouvé de justification correcte pour mon patron. Je ne tiens pas à attirer l’attention sur moi, donc j’ai décidé de trouver un autre emploi plus tard. »

Je n’étais même pas sûre de chercher un autre travail, en fait. Avec l’ombre de Raphaël qui planait sur ma tête, je ne pouvais pas savoir quand, comment et pourquoi je serais « indisponible » de nouveau. Si c’était pour perdre le job une fois de plus, je ne voyais pas l’intérêt.

« J’hésite à chercher autre chose, en fait. J’avais de plus en plus de mal à justifier… ça. »

Je relevais les bras légèrement, faisant coulisser le tissu qui les recouvrait par ce mouvement, et dévoilant ainsi les cicatrices régulières ou irrégulières qui ornaient mes avant-bras. Lorenzo m’avait déjà vu travaillé, il savait donc que, non, je n’avais pas fait x tentatives de suicide, et que non, non plus, vraiment, je ne me scarifiais pas dans un but récréatif.
A vrai dire, la plupart du temps, je ne coupais si largement que dans l’urgence.

Je marquais une pause, j’avais accompagné mon petit discours d’un haussement d’épaules qui signalait clairement à quel point je me moquais de mon renvoi. De toute façon, je ne vivais pas tant de mon maigre revenu en tant que serveuse que de mes fonds plus… illégaux. Perdre mon travail ne m’avait donc pas handicapée plus que cela.
Mais je m’égarais une fois de plus du sujet qui m’occupait, à savoir, mes menus talents de sorcière et leur utilité pour les Mancini. La sorcellerie, c’était un bon moyen d’occuper mon attention pour la détourner de mes problèmes les plus urgents. Un démon par ci, une petite horde de créatures de l’Enfer par là. Rien de grave, vraiment.

« Je suis impatiente de voir ce que vous me réservez pour aujourd’hui. Et je ferais tout mon possible pour me montrer à la hauteur de vos espérances… même si malheureusement, je ne serais pas plus compétente que vous pour ramener le soleil. »

J’assortissais mes mots d’un joli sourire, et pourtant je repris de façon plus sérieuse :

« Alors, qu’attendez-vous de moi aujourd’hui, Lorenzo ? »
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Message posté : Ven 19 Sep - 17:50 Message
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« Prenez quand même garde à bien vous reposer la journée. »

Si Siobhan travaillait de nuit, il était logique qu'elle soit plus fatiguée que de normal, mais comme elle affirmait aussi ne plus avoir de travail de jour, elle pourrait au moins en profiter pour se reposer un minimum. Bien entendu, elle allait sans doute bien, mais elle n'en avait pas tout à fait l'air et dans ce genre de métier, si l'on ne présentait pas bien, les clients pouvaient se montrer réticent. On pourrait imaginer qu'elle n'était pas suffisamment en forme pour protéger correctement les objets qu'on lui confierait ou quoi que ce soit d'autre dans le même style. Si c'était le cas, il y avait donc de grandes chances que l'on fasse appel à quelqu'un d'autre, parce que la certitude du travail bien fait était plus importante que tout le reste. Nombreux avaient été ceux qui avaient tout perdu en raison d'une seule erreur due à un manque de repos. Il aurait été dommage qu'elle subisse la même chose.

« Pour être tout à fait sincère avec vous, j'avais dans l'idée de vous confier un travail très simple. Mais... Vous souvenez-vous de notre discussion, dans le restaurant de ma famille ? Je vous avais parlé du destin. »

Et en effet, Lorenzo avait évoqué le fait que leur rencontre pouvait être un signe du destin. Il ne croyait pas réellement qu'une force extérieure puisse guider leurs vies, mais il devait avouer que ces derniers temps, les rencontres qu'il faisait tombaient toujours à point nommé. Il suffisait d'ailleurs d'écouter ce que venait de lui expliquer Siobhan pour se rendre compte que cela rejoignait étrangement certaines idées qu'il avait déjà pu avoir. Alors, est-ce que c'était tout simplement le hasard ou est-ce qu'il y avait autre chose ? On était en droit de se le demander.

« Voyez-vous, depuis notre première rencontre, vous m'intriguez et vous m'intéressez. Professionnellement parlant, je veux dire, ne voyez là aucune allusion douteuse. » Lorenzo ponctua sa phrase d'un sourire. « Vos capacités m'intéressent. J'y ai longuement réfléchi et je songeais possiblement à vous proposer de travailler pour nous. Pour moi. De manière exclusive. »

Autrement dit, ce qu'il lui proposait, c'était d'oublier ses clients et ses contrats pour ne remplir que ceux de la famille Mancini. C'était très égoïste de la part de Lorenzo, mais s'il pouvait s'adjuger un pouvoir que sa seule famille maîtriserait, il n'avait pas la moindre raison d'hésiter ! Les choses avaient toujours fonctionné de cette manière et il n'y avait aucune raison que cela change.

« Vous me dites que vous n'avez plus de travail. Je peux comprendre que certaines de vos pratiques puissent vous poser des problèmes et je le regrette, croyez-le bien. Je pourrais peut-être vous aider à retrouver une place quelque part, mais je pourrais aussi vous proposer autre chose... » Bien entendu, il pouvait simplement lui proposer une place de serveuse dans l'un de leurs établissements, mais cela ne serait pas très régulier. « Lors de notre première rencontre, vous m'avez expliqué que parfois, vous regrettiez d'avoir deux vies. Ce que je vous propose, c'est de n'en avoir plus qu'une. Une vie au service de ma famille. Comme vous le savez, les femmes ne peuvent espérer rejoindre nos rangs, mais ce n'est pas cela que je vous propose. »

En effet, il aurait été dommage de faire d'une mage comme elle une simple associée. Cela convenait bien aux gens sans ambition ou à ceux qui n'avaient rien de particulier à offrir, mais dans le cas de Siobhan, les choses étaient très différentes.

« Je vous offre une place à mon service. J'ai moi-même des activités prenantes et je suis à la recherche d'une personne qui pourrait m'y aider. Une sorte d'assistante, si vous voulez, bien que je ne trouve pas le terme très adapté. J'attends d'elle qu'elle puisse m'aider dans la gestion de ces affaires et qu'elle soit capable de prendre des décisions. Si je vous en parle, c'est aussi parce que vos capacités m'intéressent. Je souhaiterais que vous les mettiez à mon service. »

Allait-elle accepter quelque chose de ce genre ? Difficile à dire, mais elle avait déjà laissé entendre qu'elle pourrait le faire, si la ligne de conduite de son client lui correspondait aussi. Serait-ce le cas ?

« Bien entendu, le salaire gagné serait proportionnel au travail à faire, sans compter certains avantages. De plus, vous pourriez bénéficier de l'aide et de la protection de notre famille. » Ce qui ne serait pas rien, sachant qu'elle semblait avoir certains problèmes... « Qu'en dites-vous ? »

Ce qu'il lui offrait, c'était une nouvelle vie, même s'il n'avait pas songé à le faire aussi rapidement. Néanmoins, au vu de la tournure que prenait leur discussion, cela semblait être une suite logique. Mais alors qu'il attendait sa réponse, Lorenzo sentit tomber quelques gouttes. La pluie arrivait finalement. Se relevant, il ouvrit bien vite son parapluie.

« Que diriez-vous de me répondre en marchant un peu ? Il serait fou de rester là... »

Même si ce n'était qu'une simple averse, autant chercher un abri !
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Message posté : Sam 20 Sep - 16:48 Message
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« Prenez quand même garde à bien vous reposer la journée. »

J’acquiesçais tranquillement. Il serait temps que je me repose en journée, en effet. Mais quand le démon n’était pas là en personne, les cauchemars prenaient le relais… quand ce n’était pas d’autres rêves plus troublants qui reflétaient le fait que quelque part, mon bourreau me… manquait ?
Allez dormir avec ça.

Alors qu’il mentionnait notre première discussion qui remontait à un certain temps maintenant, je hochais de nouveau la tête. Oui, je me souvenais bien que nous avions brièvement mentionné le destin. Je souris légèrement à ce souvenir un peu incongru au milieu d’un repas qui était en quelque sorte un repas d’affaires. La tête légèrement penchée sur le côté, la mine interrogatrice, j’attendais cependant surtout de voir où il voulait en venir. Pas de travail « très simple » pour moi, finalement ?

Je restais muette de saisissement au fur et à mesure qu’il avançait dans sa démonstration. D’une part, parce que, fugacement, je me disais que si j’avais rencontré Lorenzo un peu plus tôt, je n’aurais peut-être pas eu à subir tout ce que j’avais pu subir. Tu parles d’une joie. D’autre part, parce que, même si j’avais subodoré qu’un jour ou l’autre le jeune Mancini me proposerait quelque chose de plus, si tant est que je remplisse correctement les contrats qu’il me confiait, jamais je n’aurais songé que ce « plus » viendrait si vite.

Ce qu’il me proposait me paraissait… beaucoup, au vu de la connaissance que nous avions l’un de l’autre. Beaucoup, et particulièrement intéressant. Néanmoins, je ne m’imaginais pas intégrer la famille Mancini en y apportant mes problèmes, et j’aurais quelques détails à régler pour éviter ça. D’autant plus que j’avais encore quelques contrats en cours. Et que quoi qu’il me propose, je n’allais pas accepter sans avoir défini clairement les termes de notre accord hypothétique. Cela dit, j’imaginais bien que Lorenzo comptait m’en dire plus.

Je me relevais à la suite de mon interlocuteur quand la pluie se mit à tomber, relevant pour ma part la capuche de mon manteau. Je n’étais pas une grande adepte des parapluies, préférant avoir mes deux mains libres pour faire autre chose. Avec une petite pointe d’inquiétude, je me demandais si nous aurions affaire à une simple averse ou à un orage. Honte sur moi, la grande méchante sorcière, mais j’en avais une trouille bleue.
Mais passons. C’est donc ainsi vêtue que je suivis le jeune homme, laissant le silence régner quelques secondes plus, le temps que je pèse les avantages et inconvénients de l’esquisse de proposition qu’il m’avait faite. Finalement, pensive, je commençais par préciser de suite :

« Je ne vais pas faire de mystères pendant des heures, votre proposition m’intéresse. »

Nous avions donc un début.

« Cependant, je dois vous prévenir immédiatement que j’ai certains contrats en cours que je devrais terminer avant d’envisager l’exclusivité. »

Je n’aimais pas laisser du travail inachevé derrière moi. Manque crucial de sérieux.

« Mis à part ça, je ne vois que quelques détails à régler. A savoir de quels avantages vous parlez, quelles règles s’appliqueront à moi – puisque quand il y a des avantages, généralement, il y aussi des choses à respecter pour les mériter, ce qui me paraît tout ce qu’il y a de plus normal. »

Je marquais une nouvelle pause, notant que l’averse semblait se maintenir et même augmenter en intensité. Bonheur, joie, extase. Je ne sortais pas si souvent que ça, et quand je mettais le nez dehors, je risquais de me prendre un éclair sur le coin de la tête. Non, je n’étais pas paranoïaque. Juste phobique. Je n’y pouvais rien. Masquant ma nervosité avec la force de l’habitude, j’ajoutais après une dernière hésitation :

« Je dois aussi vous prévenir qu’il est possible que je sois dans l’incapacité de travailler pendant quelques jours, occasionnellement. Je peux jurer sur mon sang et tout ce en quoi je crois que ça ne nuira pas à votre famille si cela peut vous tranquilliser. Néanmoins, je suis obligée de vous mentionner ça. Ne pas le faire me paraîtrait malhonnête. »

Je ne voulais pas lui mentir, c’est pourquoi je n’avais pas expliqué pourquoi c’était une possibilité. Pour ça aussi que j’avais pris soin de garder un ton égal, comme si je parlais de la pluie et du beau temps.
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Message posté : Jeu 25 Sep - 18:24 Message
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Lorenzo en était conscient, sa proposition pouvait être un peu rapide. On ne pouvait pas dire qu'ils se connaissaient bien, vu le peu de fois qu'ils s'étaient rencontrés, mais Siobhan avait des talents non négligeables. De ce fait, pourquoi ne pas lui laisser sa chance ? Une assistante, il en avait besoin et si ce n'était pas elle, ce serait une autre personne. Le problème, c'était que cette autre personne ne viendrait peut-être pas de leur monde et qu'il ne la connaîtrait pas davantage. Alors, dans ces conditions, quel mal y avait-il à le proposer à l'Irlandaise ?

Alors que la pluie commençait à tomber, ils s'éloignèrent de la place, Lorenzo constatant que Siobhan ne cherchait pas l'abri du parapluie. C'était son droit ! Finalement, elle répondit à la proposition qu'il avait formulée. Celle-ci semblait l'intéresser, mais elle avait visiblement quelques conditions et quelques questions à poser.

« Il va de soi que vos contrats actuels ont la priorité et je n'en attendais pas moins de votre part. »

Au contraire, si Siobhan avait accepté sa proposition sans même honorer les contrats pour lesquels elle s'était engagée, cela aurait montré qu'elle agissait à l'inverse de sa parole, ce qui n'aurait pas été bon pour elle. De par le fait qu'elle préférait d'abord finir ce qui était en cours, elle montait un peu plus encore dans l'estime du jeune mafieux. Quant au fait qu'elle pourrait parfois être incapable de remplir son devoir, Lorenzo ne savait pas trop quoi en dire. Faisait-elle référence à ce qui lui était arrivé, la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés ? Probable, mais que devait-il faire, dans ce cas ?

« Votre honnêteté est louable. Je ne sais pas ce qui vous oblige à une telle incapacité, mais si cela est nécessaire, je l'accepte. » Lorenzo espérait toutefois qu'elle n'ait pas d'ennui et pour s'en assurer, il allait donc répondre à ses autres interrogations. « Les règles seront simples et je pense qu'elles ne vous changeront pas vraiment de vos autres contrats. Tant que vous travaillerez pour moi, vous devrez garder le silence sur toutes nos activités et à dire vrai, cela devra encore s'appliquer même si vous veniez à nous quitter. Le secret est notre meilleure arme. J'imagine que vous comprenez bien pourquoi. »

Lorenzo se permit un sourire alors que le tonnerre gronda et que la pluie tombait de plus belle. Ce n'était décidément pas un jour pour mettre le nez dehors ! Pressant le pas, le jeune homme poursuivit alors.

« J'attendrais de vous une fidélité sans faille et je comprendrais que notre façon de faire ne vous convienne pas. C'est pour cela que nous devons parler de tout cela, parce que si vous acceptez, je crains qu'il ne soit plus possible de faire marche arrière. » Tout dépendrait évidemment à quel point elle serait mêlée à leurs activités. « Sachez toutefois que nos méthodes sont aussi respectueuses des autres que possible. » Lorenzo ponctua cette phrase d'un sourire. « Notre famille a un grand respect pour les femmes et vous n'aurez pas à craindre d'être ennuyée. »

Cela n'était pas toujours valable, dans le monde du crime, mais chez les Mancini, elle trouverait sans doute une mentalité qui lui conviendrait. Au détour d'une ruelle, un coup de vent plus violent les frappa et, dans la foulée, déchira la toile cirée du parapluie. Il ne manquait plus que cela ! Repérant un abri, Lorenzo ne lâcha qu'un « Venez » avant de s'y élancer. Il s'agissait d'une porte cochère qui pouvait les protéger, au moins temporairement, de la pluie.

« On dirait que la météo ne va pas en notre faveur. Bien. Que diriez-vous de discuter quelque part au sec ? Nous pourrons probablement trouver un café, un peu plus loin, mais... Je souhaiterais vous proposer autre chose. Si vous acceptez de travailler pour moi, en plus de votre salaire, nous pourrons vous fournir un logement. Il y a un appartement, à quelques pas d'ici, qui pourrait vous convenir. Peut-être aimeriez-vous le visiter ? Ne voyez là aucune tentative de vous corrompre, mais je me dis que cela pourrait vous inspirer. »

Offrant un nouveau sourire à la jeune femme, Lorenzo lui laissait donc le choix. Accepterait-elle de se laisser tenter ou préférerait-elle un rendez-vous plus professionnel ?
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Message posté : Ven 26 Sep - 22:33 Message
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Je me contentais de mentionner, à peine crispée ce faisant : « C’est nécessaire. » Je maintenais les apparences mieux qu’avec d’autres, notamment avec Ginger. La dernière fois que je l’avais vu, elle s’était doutée de quelque chose. Depuis, j’avais repris contenance. Pour la suite… ma foi rien, que de très classique. Le secret, je le pratiquais au quotidien, avec un certain talent généralement, et ça ne me choquait pas qu’on me demande d’être fidèle à ceux qui seraient non seulement mes employeurs mais aussi des protecteurs.

Le tonnerre gronda à ce moment là, et je sursautais violemment. Oh, non, bon sang, qu’est ce que j’avais fait pour mériter ça ? Je pris sur moi de ne pas partir en courant. En me concentrant, très, très, très fort. Quand il désigna la porte et l’abri qu’elle offrait, je hochais la tête avec un sérieux qui était loin d’être justifié par la situation et courrait m’y abriter. Je ressemblais à un chaton détrempé, mais passons.
Jusque là rien de ce qu’il m’avait dit ne me dérangeait ou ne me paraissait incompatible avec ma façon de fonctionner, mes principes et mes attentes. Quand il me proposa d’aller visiter un possible… ma foi, logement de fonction, j’imagine, je m’apprêtais à accepter. Quitte à faire, autant savoir tout ce que j’obtiendrais en signant ce contrat là.

« Je serais ravie de… »

Sur ce, le tonnerre gronda, ma phrase s’interrompit sur un petit cri de désarroi, et je me cachais derrière Lorenzo. Oui, derrière lui. Bonjour le professionnalisme. Je m’agrippais à ses vêtements, donnant au passage une image pitoyable de moi, mais bon sang, je n’y pouvais rien. Rien du tout. J’étais phobique et on ne contrôlait pas ses phobies. Je fermais les yeux pour ne pas voir d’éventuels éclairs – ça m’aurait achevé. Qui avait décidé un jour que, tiens, on allait prendre de l’électricité, du son et qu’on allait faire un orage. Ce type était un crétin. Un crétin fini. Et le monde me haïssait.

« Le karma, ça craint, notez ça. »

Un marmonnement alors que j’étais toujours cachée. Finalement, profitant d’une accalmie, je parvins à finir :

« Je serais ravie de voir cet appartement. Le plus vite sera le mieux. Par exemple avant qu’on ne meurt foudroyés. A tout hasard. »

Nouveau coup de tonnerre, et cette fois, je finis recroquevillée sur le sol, tentant de me convaincre que tout allait bien se passer. Ça ne marchait pas très bien. C’était du dernier ridicule. Le pire, c’était que j’en avais conscience, mais que ma petite cervelle était passée en mode survivor, et ne me laissait plus le temps de contrôler ce qu’il s’y passait. Avec un pâle sourire, je signifiais à Lorenzo :

« Et voilà, mon petit secret honteux. J’ai une trouille bleue des orages. »

La suite, une succession de « oh dieux tous puissants sauvez moi je vais mourir » et autres cris d’effroi manquant cruellement de dignité, se perdit sous le son du tonnerre. Encore. J’allais crever ici. A cause d’un nuage. Après avoir survécu à un démon. Ambiance.
Je me demandais vaguement comment j’allais me traîner jusque là bas. Ça allait être… long, je crois.
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Message posté : Dim 5 Oct - 21:02 Message
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La météo était pour le moins capricieuse, en ce mois de septembre, et alors qu'ils avaient trouvé refuge à l'abri d'une porte cochère, la pluie continuait à tomber, sans donner l'impression que cela allait cesser. Le ciel était d'un gris bien sombre qui n'augurait rien de bon et au vu temps qui séparait les éclairs des coups de tonnerre, ils étaient en plein dans la tourmente. Pour combien de temps encore ? Difficile à dire, mais cela pouvait durer un moment... De plus, même si l'orage en lui-même passait, la pluie pouvait continuer à tomber et ils pourraient rester coincés ici un moment. Oh, bien entendu, Lorenzo aurait très bien pu appeler chez lui afin de demander à ce qu'on vienne les chercher, mais cela n'était malheureusement pas possible. Son frère travaillait et il ne pouvait pas quitter le garage comme ça et malheureusement, son père était parti pour le week-end et avec lui, son chauffeur.

Lorenzo n'eut toutefois pas le temps de réfléchir davantage aux possibilités qu'ils avaient, parce que Siobhan le surprit en sursautant soudainement et en venant s'abriter derrière lui, s'accrochant à ses vêtements. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'elle avait peur des orages. Voilà qui était pour le moins étonnant... Mais après tout, on ne contrôlait pas ses peurs, non ? Offrant un sourire rassurant à la jeune femme, Lorenzo s'agenouilla à ses côtés.

« Nous voilà donc à égalité, je pense. Vous avec les orages et moi et ma collection d'ours en peluche. » Cela aurait peut-être le mérite de la faire sourire, ce qui ne semblait vraiment pas gagné. « L'appartement est tout au plus à 300 mètres d'ici. C'est vraiment tout près. Si nous ne lambinons pas, il ne faudra pas plus de deux minutes pour s'y rendre. Une fois là-bas, nous serons en sécurité, vous verrez. » Se redressant, Lorenzo lui tendit la main. « Allez, venez. »

Heureusement, la jeune femme accepta de le suivre et Lorenzo en fut ravi. Il n'aurait plus que manqué qu'ils restent coincés là... Abandonnant son parapluie détruit, le jeune homme jeta un œil dans la rue avant de revenir auprès de Siobhan. Là, passant son bras dans son dos, il l'entraîna avec lui. En silence, penchés comme pour éviter la pluie, ils remontèrent la rue aussi vite que possible, traversant un passage piéton avant de s'enfoncer dans une autre ruelle. La pluie était forte et ils étaient littéralement trempés jusqu'aux os, mais le pire restait sans doute les orages. A chaque éclair, Lorenzo resserrait son étreinte, comme pour tenter de donner du courage à la jeune femme et finalement, après à peine une minute et quarante-huit secondes, ils entrèrent dans le hall très propre d'un petit immeuble d'habitation. L'entrée d'un blanc immaculé était soigneusement décorée et on pouvait voir des aménagements en marbre et en bois blanc, ici ou là. Nul doute que ce bâtiment avait un certain standing.

« L'appartement se trouve au cinquième étage, le dernier. Mais... Je vous propose de prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. »

Souriant, Lorenzo lui désigna l'escalier qui grimpait vers les étages et la laissant passer la première, il lui emboîta le pas. Il n'avait pas peur de prendre l'ascenseur, bien évidemment, mais il se disait qu'au vu de la météo, cela ne rassurerait pas la jeune femme. C'est donc une fois encore en silence qu'ils avancèrent, leur progression marquée par des coups de tonnerre quelque peu assourdis. Ils débouchèrent finalement au cinquième étage et alors qu'il glissait une main dans sa poche, Lorenzo prit la direction d'une porte bien précise. La clé tirée de son pantalon pénétra la serrure et le passage s'ouvrit devant eux.

« Après vous. » Souriant d'un air ravi – même s'il avait davantage l'air d'un chien mouillé dégoulinant d'eau – Lorenzo referma la porte derrière eux, déposant les clés sur une petite table. Et la première chose dont ils purent se rendre compte, c'était le silence. « Comme vous pouvez le constater, l'endroit est plutôt bien insonorisé. Les portes coupent très bien les bruits venant du couloir et les fenêtres sont isolées pour vous offrir tout le calme dont vous pourriez avoir envie. » Et dans le cas présent, cela devait lui faire bien plaisir. Retirant son manteau archi-trempée, Lorenzo l'accrocha dans l'entrée avant de se déchausser. « Venez. »

Bien entendu, il était lui-même tellement mouillé que retirer tout cela ou le garder n'aurait pas changé grand-chose, mais c'était essentiellement pour le principe. Il remonta alors le couloir et déboucha dans une pièce toute en longueur – et qui longeait donc le couloir – qui indiquait que l'endroit était en réalité un duplex. Au rez-de-chaussée, les pièces de vie, comme le salon où ils se trouvaient, la cuisine-salle à manger, la salle d'eau et un bureau, tandis qu'à l'étage se trouvait l'unique chambre et une salle de bain. L'ensemble était meublé de façon plutôt moderne, même si l'on pouvait regretter l'absence de décoration, surtout devant les murs blancs. Cela faisait un peu... vide ?

« Voilà. Il s'agit de l'appartement que vous pourrez occuper si vous acceptez ma proposition. Bien entendu, vous pourrez le décorer à votre guise et nous pourrons adapter l'ameublement selon vos besoins ! Ce n'est pas très grand, mais ça reste relativement confortable. » Souriant une fois de plus – s'il continuait, il allait finir par avoir des crampes ! - Lorenzo attrapa une télécommande sur une commode. « Avec ça, on peut tout contrôler ! » D'une pression sur un bouton, il alluma en effet les lumières de la pièce. Puis, appuyant sur un second bouton, il ferma les rideaux des fenêtres donnant sur la rue. De cette manière, on ne voyait plus la pluie et comme ils n'entendaient plus l'orage, tout était parfait. Non ? « Maintenant, si vous me permettez, je vais tenter de remédier à... ce problème. »

Se désignant tout entier, il laissa échapper un rire avant de prendre la direction de la salle d'eau. Malheureusement, il n'avait pas beaucoup d'options devant lui... L'appartement ne lui étant pas dédié, il n'avait pas de vêtements de rechange mais dans le même temps, il ne pouvait pas rester trempé comme ça. Non seulement il allait mettre de l'eau partout, mais s'il s'installait sur le canapé... Non, ce n'était définitivement pas possible, aussi Lorenzo retira-t-il tout ce qu'il portait, hésitant un moment sur le sort qu'il devait réserver à son boxer. Finalement, il l'enleva lui aussi et suspendit le tout, même s'il doutait que ça ait le temps de sécher. Notant qu'il n'y avait qu'un seul peignoir disponible, il décida de se contenter d'une serviette de bain qu'il noua autour de sa taille. Ce n'était vraiment pas professionnel. Mais alors, vraiment pas... Seulement, avait-il le choix ? Se frictionnant brièvement les cheveux avec une serviette, Lorenzo finit par rouvrir la porte, prenant la parole avant de se montrer.

« Je suis désolé de vous imposer cela, mais je crains de ne pas avoir d'autre choix. J'aurais préféré que les choses se passent autrement... »

C'est ainsi vêtu d'une simple serviette, les cheveux partiellement secs et complètement ébouriffés, qu'il apparut dans la pièce. Si le tissu dissimulait les parties les plus intimes de son anatomie, Siobhan pouvait toutefois constater qu'il était relativement svelte, presque maigre, ce qui ne plaisait pas toujours à la gente féminine. Son corps était totalement imberbe et elle ne pouvait pas manquer le piercing qui ornait l'un de ses tétons. Quant aux tatouages de son dos, elle ne pouvait pas encore les voir, pour le moment, mais cela ne tarderait sans doute pas. Comme pour justifier de sa décision, Lorenzo reprit la parole.

« Rester dans des vêtements mouillés, ce n'est bon ni pour l'appartement, ni pour nous. Il n'y a rien de mieux pour attraper quelque chose de mauvais. Si vous voulez vous sécher, il y a d'autres serviettes et un peignoir disponible. C'est à vous de voir. Je crains par contre de n'avoir rien à vous offrir à boire, en dehors d'un verre d'eau... »
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Message posté : Lun 6 Oct - 17:38 Message
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Lorenzo se montra somme toute assez compréhensif vis à vis de mes terreurs un peu enfantines. Je lui offrais un pâle sourire, et pris sur moi de le suivre quand il m’encouragea à le suivre jusque dans le fameux appartement. Ce n’était pas si énorme, trois cent mètres, si ?
Il prit soin de me rassurer à chaque coup de tonnerre. Sa présence à mes côtés était, il est vrai, grandement réconfortante, mais il n’empêche que chaque mètre gagné me paraissait en représenter trois cents. Une sensation plutôt désagréable alors que ma seule envie du moment était de m’enfouir sous une montagne de couvertures et d’attendre que ça passe. J’étais, encore une fois, du dernier ridicule. Je passais trop de temps à me mettre dans d’invraisemblables situations, décidément.

Nous finîmes par arriver devant puis dans un bâtiment qui me paraissait tellement… Immaculé. La décoration était soignée mais relativement simple malgré tout, le hall bien éclairé et propre, tout ça me semblait un peu trop par rapport à ma condition. Quel contraste entre les lieux et mon petit immeuble situé dans un Little Italy définitivement moins aisé. Et je ne parlais pas de la différence avec ma maison de famille… Je la possédais toujours, par ailleurs. Malgré tous mes travers, je n’avais jamais pu me résoudre à la vendre. Je n’étais pas très portée sur les liens familiaux, soyons honnête. Mais ça n’empêchait clairement pas le fait que j’y avais passé mon enfance, et que c’était là bas que j’avais acquis mes pouvoirs, au prix du sang. Comme c’était ironique.
Une fois dans les escaliers, sursautant encore quand le bruit du tonnerre parvenait jusqu’à nous, mais tout de même plus rassurée, c’est pensive et silencieuse que je grimpais les marches auprès de mon employeur potentiel. Tout ça me plaisait. Les lieux me plaisaient, Lorenzo me plaisait, le boulot qu’on me proposait m’attirait indubitablement. Mais ça me paraissait trop beau pour être vrai. Vraiment trop beau. Je n’étais plus très chanceuse, ces derniers temps.

J’entrais dans l’appartement avant Lorenzo, enlevant mes chaussures. Et appréciant clairement le silence qui me coupait de l’orage plus efficacement que ma regrettée couverture, il était vrai. Je lui fis un sourire des plus sincères. Ça allait beaucoup mieux. Vraiment. Le duplex était très joli, meublé avec goût même s’il était clairement visible qu’il restait inhabité. Tout ça pouvait être à moi… J’observais les démonstrations de Lorenzo, riais doucement alors que je remarquais – enfin – sa mise dégoulinante – et la mienne par la même occasion. N’osant toucher à rien, je l’attendis, bizarrement timide. Je ne fus pas gênée pour un sou quand il revint à moitié nu, me payant même l’audace de le détailler lentement… Pas de doute, le jeune homme était très bien fait de sa personne.

« Il n’y a aucun problème. Ni vous ni moi ne contrôlons la météo… Ce sont les aléas de la vie. » Je lui adressais un sourire malicieux puis ajoutais : « Et puis, je ne suis pas si farouche. »

Puis je passais à la salle de bains quand il me le proposa avec un « merci » lancé gaiement.

Pourtant, ma gaieté s’évanouit dés que je fus seule. Tout ça, c’était bien beau, mais malgré le côté accomodant de Lorenzo… Je me demandais si tout ça était une bonne idée. Un instant, tout en me séchant le visage, les cheveux, les vêtements tant bien que mal, j’envisageais cet avenir après lequel j’avais espéré des années durant. La stabilité d’une situation connue, associée aux joies de l’action. Travailler aux côtés de Lorenzo, un homme que j’appréciais clairement et auquel je m’étais accoutumée. Je savais qu’il me suffisait de passer ce peignoir, d’accepter l’offre de Lorenzo… Et j’avais une envie très prenante de fêter notre accord d’une façon très… charnelle.
Et pourtant. Pourtant, j’entrevoyais un avenir très différent. M’associer à quelqu’un, c’était attirer potentiellement l’attention de Raphaël sur lui. Les coudes appuyées sur les bords du lavabo (magnifique au demeurant), je contemplais mon visage hanté en silence avant de murmurer :

« Mais qu’est ce que je suis en train de faire ? »

Moi, qui me targuais de mon honnêteté, j’étais en train de sciemment mettre en danger Lorenzo. Et sa famille, peut-être. J’étais en train de rompre mes principes. Je lui avais presque menti en lui disant que mes actions n’auraient pas de néfastes conséquences sur la Famille. La honte me saisit, un instant. Ma vie ne m’appartenait plus. J’étais damnée. Allais-je vraiment entraîner un autre avec moi ?
Je secouais la tête. J’étais en train de faire une connerie que je ne me pardonnerais jamais. J’allais juste réussir à nous faire tuer tous les deux, vu la jalousie de Raphaël. Enfin, j’avais rompu avec Theo alors que nous fonctionnions très bien tous les deux à cause de Raphaël. Mes raisons étaient toujours valables un mois après.
Temps de remettre les pieds sur terre pour moi. Le plus tôt serait le mieux. Il était loin le temps où je pouvais me bercer d’illusions. Je n’étais plus une enfant. C’est d’un pas décidé, l’expression insondable, que je ressortis de la salle de bains. Je retournais dans le salon et pris une profonde inspiration. Mes mains se triturant l’une l’autre, je laissais pour une fois ma nervosité me gouverner… Je ne contrôlais plus rien. Et je me sentais terriblement mal de faire volte face de la sorte.

« Lorenzo, je… J’ai vraiment très envie d’accepter votre proposition. Le boulot, l’appartement… le patron. Ce que vous me proposez, c’est ce dont j’ai envie depuis des mois. »

Je regardais autour de moi d’un air de regret.

« Mais je ne peux pas le faire. Je ne peux pas. Et je ne peux même pas vous expliquer pourquoi. »

Un petit cri de frustration tout ce qu’il y a de plus sincère franchit mes lèvres. Non définitivement pas, je ne pouvais pas dire à Lorenzo que si nous avions le malheur d’aller trop loin, un démon le tuerait, me tuerait, et boufferait nos âmes. C’était mes ennuis. Jusqu’au bout.

« Je suis désolée. J’ai voulu croire que je pouvais retrouver un semblant de sécurité, trouver un groupe qui me plaise, mais la vérité c’est que c’est impossible. C’est incompatible avec… »

Avec ma vie. Ce que je suis devenue.

« Enfin, c’est impossible. J’ai été ravie de vous rencontrer. »

Avant qu’il n’ait eu le temps de réagir – j’avais parlé de façon quelque peu précipitée – j’avais déjà fui les lieux sur un « au revoir » murmuré. En ressortant dans la rue, je remarquais que l’orage s’était éloigné, même si la pluie tombait toujours aussi fort. Mais au point où j’en étais, après tout… Je partis d’un bon pas, vers chez moi. J’étais sensée retrouver Faith pour aller boire un verre, ce soir. Je lui envoyais un message pour annuler.
J’en aurais presque pleuré de frustration, si je n’avais pas pris l’habitude de maîtriser mes pleurs depuis que j’avais découvert à quel point mon tortionnaire aimait me voir au désespoir. Même si je n’étais pas au proprement parler au désespoir. Non, je remettais simplement les pieds sur terre. Il était temps que je cesse de rêver à des choses qui n’étaient plus à ma portée. Je crois que c’est à cet instant que la corruption dont le démon m’avait affublée à mon insu prit sa pleine extension. A cet instant que je pris la résolution de servir le démon au mieux. Ce salaud avait ruiné ma vie, mais il était aujourd’hui un des rares éléments constants de mon existence. Je n’arrivais pas à imaginer continuer sans lui. C’était écoeurant. Je me dégoûtais profondément, et pourtant ma décision me soulageait. Je n’en pouvais plus de me débattre pour des chimères. Il était temps de passer à autre chose.

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