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On reconnaît un oiseau en écoutant son chant

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Message posté : Dim 7 Sep 2014 - 5:13 Message
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« On reconnaît un oiseau en écoutant son chant.

On reconnaît un homme en écoutant ce qu’il dit.  »


Samedi 30 août 2014

L’air était encore chaud par cette avant dernière journée du mois d’août qui cèderait bientôt place aux promesses de Septembre et de son été indien. Une légère bise marine vint caresser mon visage dont le regard azur se perdait sur l’horizon. Assis sur la terrasse, d’une luxueuse villa surplombant la Grande Baie, face à l’étendue reposante de la mer, je laissai courir mes doigts sur les cordes d’une vieille lyre datant de l’antiquité. J’arrivais à tirer de cette relique tant de fois rafistolée par mes soins, quelques notes divines d’un hymne ancien, joué autrefois sur l’Olympe, qui avait jadis séduit mon père et ensorcelé mon frère. Il ne s’agissait nullement de la lyre originelle que j’avais inventée, non. Celle-là, ne disposait pas du pouvoir envoutant que j’avais insufflé à l’instrument qui devint l’un des principaux attributs du grand Apollon, mais le son tiré de ses cordes était tout aussi exquis à mes oreilles.

Après avoir terminé cet hymne Olympien, une autre mélodie plus contemporaine se rappela à mon bon souvenir. Je décidai de rentrer par la baie vitrée ouverte sur l’immense salon que je traversais paisiblement jusqu’à mon sanctuaire dédié aux instruments de musiques que j’avais chiné des siècles durant, au cours de mes différents voyages. J’avais en ma possession une modeste collection composée de quelques centaines d’instruments divers et variés, dont quelques pièces rarissimes, entreposés dans deux pièces semblables à des salles d’exposition du musée historique dont le sol n’avait été foulé par aucun visiteur. Il s’agissait de mon jardin secret, ma collection privée, dédiée à ma passion pour la musique.

J’entrai dans la pièce où je déposai délicatement mon instrument millénaire sur son socle avant de m’asseoir devant une harpe chromatique à double rangée de cordes croisées que j’avais récupérée au début des années 1900. Je me mis à faire vibrer les cordes, m’adonnant aux Danses sacrées et profanes composées par un certain Claude Debussy, tandis que raisonnaient dans ma tête la farandole des violons, violoncelles, altos et autre contrebasses.
Je savais jouer de nombreux instruments mais je n’estimais pas pour autant être un virtuose. J’avais eu un millénaire pour apprendre à me perfectionner, ce qui me conférait un avantage pertinent sur les mortels dont l'espérance de vie était limitée. Je possédais une certaine maîtrise de quelques uns d'entre eux relevant de la famille des cordes, notamment, que j’affectionnais plus particulièrement. Et cette harpe était l’un des derniers instruments que j’avais acquis et sans doute celui que je maîtrisais le moins. Je terminais le morceau en laissant courir mes doigts sur les dernières cordes avec un sentiment d’insatisfaction. Cet instrument récalcitrant ne se laissait pas facilement dompter. A cet instant, mes pensées divaguèrent bien malgré moi. Las de jouer, mais toujours aussi désireux d’assouvir ce besoin mélomane, je décidai de me rendre à l’Opéra de Beaudrie afin de me renseigner sur les dates du prochain spectacle orchestré par le chef d’orchestre, ce cher monsieur d’Ax, que je n’avais pas encore eu l’occasion de revoir depuis les évènements de juin.

L’autre ayant été déclarée volée, ce fut au volant de ma nouvelle voiture, une Bugatti Veyron noire, que je me rendis dans le quartier des théâtres, après avoir passé une tenue plus convenable pour me rendre en pareil lieu. Bien que ce bolide n’égalerait jamais ma vitesse de pointe en vol, elle se défendait bien mieux que l’ancienne avec une vitesse maximale de 400 kilomètres heures, qu’il était toutefois impossible d’atteindre en ville à cause de la circulation, mais j’étais tout de même satisfait de l’accélération dont elle disposait pour un véhicule terrestre.
A l’accueil de l’opéra, j’appris avec déception qu’il n’y avait aucun spectacle musical ce jour compte tenu de la représentation théâtrale programmée ce soir. Malgré quelques primes réticences désamorcées par un jeu de charme dont j’avais le secret, l’hôtesse ne mit pas longtemps à me donner les informations que je désirais. Ce fut avec un grand sourire que je la saluais avant de faire route vers le quartier du Front de Mer.

Je garai mon véhicule dans un parking privé puis me rendis à la Star School of the Arts et je ne tardais pas à trouver l’endroit où le chef d’orchestre dispensait ses cours particuliers. Depuis le couloir, j’aperçus quelques danseurs revenant sans doute de leur pause, entrer dans une salle ou se déroulait visiblement la répétition d’une chorégraphie élaborée. Je demandai à l’un d’eux l’emplacement de la salle que je convoitais. Je suivis la direction indiquée jusqu’à ce qu’un chant clair et juste, parvienne jusqu’à mes oreilles. La voix s’arrêta et je profitai de l’instant pour frapper trois coups à la porte que j’ouvris sans même attendre que l’on m’en donne l’autorisation. « Bien le bonjour Monsieur d’Ax. C’est bien ici qu’ont lieu les cours particuliers ? » demandai-je avec l’indétrônable sourire qui me caractérisait. « Pardonnez-moi de vous interrompre. » ajoutai-je par simple mesure de politesse, sans toutefois en penser un traitre mot.

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Message posté : Dim 7 Sep 2014 - 10:48 Message
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ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 7867
ϟ Nombre de Messages RP : 817
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Crédits : Cookie
ϟ Doublons : /
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


    PrésentationRPLiens
    JournalDestinExploits
Il n'était pas rare que des visiteurs se présentent à la Star School for the Arts, mais plus rares étaient les imprudents qui osaient déranger le professeur d'Ax pendant qu'il donnait un cours particulier. La règle avait-elle changé depuis qu'il s'était installé en ville ? Louis n'avait pas eu connaissance d'un tel chambardement et pourtant, quand il entendit les trois coups frappés à la porte de la salle de classe, ce fut tout un monde d'ordre et d'harmonie qui se brisa en lui. Une tête tomberait. Il y veillerait. Une heure n'avait pas fini sa course depuis qu'il était entré dans cette pièce avec le jeune Ethan Glover, un étudiant parmi les moins sérieux de l'école mais aussi parmi les mieux prédisposés à faire carrière dans la musique. Dissipé, vantard, fanfaron, peu appliqué dans son travail, déraisonnablement épicurien, parfois même insolent et vulgaire, Louis se faisait un sournois plaisir, tous les samedis, d'inculquer à cet étudiant difficile les bases de l'art du chant, et n'hésitait pas à se faire plus sévère et plus exigeant qu'il n'était d'ordinaire avec ses classes de musique. Ethan Glover voulait devenir une « star du rock », donner « plein de concerts » et surtout « être à la fin plus célèbre que Michael Jackson au faîte de sa gloire. Louis, devant la démesure d'un tel projet, aurait sans doute dû s'abstenir, éconduire le jeune homme ou le diriger même vers un collègue moins scrupuleux que lui. Vu la belle gueule du garçon, n'importe quelle enseignante de l'école aurait sans doute accepté la mission qui, pourtant, semblait impossible. Cependant, au fil des semaines, Louis s'était armé de patience et même de bonne volonté, car une fois creusée la surface et écaillé et le verni, Ethan révélait un potentiel considérable. Au prix de maints efforts et d'une soumission totale à la tyrannie de la discipline, il finirait peut-être par acquérir le talent nécessaire à la carrière qu'il se promettait. Le chant n'y suffirait pas, Louis le savait bien, mais il n'était pas là pour offrir à ce jeune homme un réseau de connaissances et d'opportunités sur un plateau d'argent. Il se contenterait de sa part du marché : doter le jeune homme d'une maîtrise parfaite de son bel organe.

Qui donc alors venait interrompre la leçon ? La porte s'ouvrit avant même que Louis pût vers elle tourner la tête, car il se trouvait assis au piano et seul Ethan Glover pouvait voir ce qui passerait par la porte dans les prochaines minutes. Le professeur, sans quitter le clavier du piano des yeux où il assistait les vocalises de son étudiant, déclara ou vociféra ces quelques mots à l'adresse du visiteur importun :  « J'espère que c'est important ! » Il avait dit cela avant même que l'intrus eût pu dire un seul mot ou plutôt, cette apostrophe pétrie d'agacement se confondit avec le salut de l'inconnu que Louis crut reconnaître. Mais il était trop concentré pour lever son regard de la bouche puis de la gorge d'Ethan Glover. « Ouvrez grand votre bouche, imbécile ! Aucun son ne sortira jamais de votre poitrine si vous n'ouvrez pas suffisamment votre bouche ! » Sans quitter son siège, Louis tourna la tête vers la porte de la salle et s'étonna de trouver dans son champ de vision la figure amène et souriante d'un homme qu'il n'attendait guère ici.  « Oh, c'est vous. » De subtiles modulations colorèrent ces quelques mots. Les premiers s'étaient drapés de la toge royale du mépris. Les suivants se vêtirent des guêtres flamboyantes de la surprise. Le dernier s'affranchit de tout vêtement pour ne rien porter que la nudité d'une gaieté soudaine et inattendue. Louis salua de la tête ce nouveau-venu et se tourna vers son piano et son élève qui, de toute évidence, scrutait d'un œil piqué de curiosité le conservateur du musée historique de Star City. Il s'était tu et ne disait mot.  « Qui donc t'a dit d'arrêter de chanter ? On se l'alanguit pas, surtout devant un public ! Reprends donc au dix-sept ! » Ce serait bien la première fois qu'Ethan Glover recevrait une leçon de chant devant une autre personne que son professeur, et sans doute craignait-il pour sa réputation au sein de l'école. Louis s'en souciait comme de colin-tampon. S'il n'était pas capable de survivre à cette ordalie, il ne méritait pas de faire carrière dans la musique !

Le piano égraina ses arpèges et Louis, d'une voix plus douce, parla non point pour son élève mais pour le visiteur.  « Soyez sans crainte monsieur le Conservateur, nous saurons bien comment vous faire pardonner. Prenez donc un siège, si vous le désirez. » Louis jeta un coup d’œil au malheureux Ethan qui se débattait sans succès avec un enchaînement pourtant des plus simples. Il décida donc de se faire pédagogue et d'emprunter musicalement d'autres chemins pour parvenir aux mêmes fins. L'élève, s'il avait eu le droit, lui aurait sans doute témoigné sa reconnaissance.  « Alors, que puis-je pour vous ? »

La question s'adressait bien sûr au conservateur, et non à l'étudiant. Louis d'ailleurs ne regardait plus ni son élève ni le piano mais bien le regard de Raphaël, dans lequel il se plongeait comme par mégarde. Tant de souvenirs s'y trouvaient inscrits.
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Message posté : Dim 7 Sep 2014 - 20:09 Message
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Dans les légendes anciennes, on me reconnaissait l’invention des poids et des mesures qui étaient encore en vigueur sur la terre prime aujourd’hui, que les humains avaient su faire évoluer selon leurs besoins, naturellement. Et j’étais également à l’origine de l’échelle musicale, que j’avais mise au point afin de permettre à mon frère de garder une trace de ses compositions, ce qui faisait de moi un dieu quelque peu organisateur et civilisateur. Surprenant, lorsque l’on savait à quel point l’une de mes activités favorites était de semer la désorganisation sur mon passage. Cependant, tout ce que j’entreprenais était savament mesuré et calculé, même si je donnais parfois l’impression d’agir de manière puérile ainsi que dans la plus extrême légereté.

J’avais donc une connaissance très explicite de ce qu’étaient la précision et la rigueur qui devaient rythmer le quotidien du chef d’orchestre de l’opéra de Beaudrie, dans son milieu professionnel tout du moins. D’autant plus que j’en avait été l’intime témoin. Je pouvais également affirmer que la fermeté et l’intransigeance dont il faisait preuve ne s’appliquait pas uniquement à l’opéra, ce qui m’avait d’ailleurs beaucoup amusé lors de notre dernière entrevue. Sa sévérité n’avait d’égal que sa sociabilité, que j’avais eue l’occasion d’expérimenter de prime abord. Bien que nous fûmes ivres ce soir là, j’avais souvenir d’avoir décelé en lui un terrain propice au jeu auquel nous nous étions délicieusement livrés, faisant fi de toutes les règles de bonne conduite. Les affres de la raison humaine n’ayant pas cours sur moi, je n’en éprouvais toujours aucun chagrin ni aucun regret et j’en gardais aujourd’hui encore, un plaisant souvenir.

Louis était quelqu’un de passionné et de passionnant, dont la compagnie m’était agréable pour diverses raisons. C’était sans doute l’une d’elles qui m’avait poussé à venir le déranger ici aujourd’hui même.

C’était donc en toute connaissance de cause que j’osais venir délibérément jouer les troubles fête sur son propre terrain cette fois-ci. Armé de cet outrageux excès de confiance en moi, qui avait la particularité d’en décontenancer plus d’un, j’avais ouvert la porte avant même d’y avoir été invité. Comme à mon habitude, mon visage reflétait cette expression de légèreté déconcertante qui donnait l’impression qu’il n’y ai rien que je ne puisse vraiment prendre au sérieux, pas même le sort de ce malheureux qui subissait la sévérité d’un impérieux cours de chant.

Je ne fus nullement surpris ni offensé du ton avec lequel le chef d’orchestre m’accueillit, bien au contraire. C’était de bonne guerre. J’éprouvais même un plaisir certain de jauger sa réaction et de noter son changement d’attitude, aussi infime et subtile soit-il, lorsqu’il se rendit compte de ma présence. Après avoir fermé la porte sans bruit derrière moi, je me contentais d’un sourire appuyé en guise de réponse tandis qu’il s’en retournait à son ouvrage, rabrouant sans ménagement son élève au regard hébété, que ma présence avait semble-t-il bien plus troublé que le chef d’orchestre lui-même.

Dans le dos de Louis, j’adressai un sourire complice au jeune homme, accompagné d’un signe de la main afin de l’inciter à poursuivre comme si de rien n’était, ce qui le déstabilisa quelque peu. Il s’était raidit aux réprimandes d’un Louis particulièrement intransigeant avant de finalement se reconcentrer sur ses vocalises, accompagné par le piano du musicien.

Je m’étais avancé d’un pas nonchalant en direction de l’instrument, jusqu’au premier rang, puis m’appuyais contre le coin d’une table située à deux mètres derrière Louis, lorsque celui-ci me proposa de m’asseoir. Je souris, amusé à l’idée de devoir me faire pardonner, curieux de voir le sort qu’il me réservait. « Vous n’allez pas me croire, je me suis retrouvé là par le plus grand des hasards. Je suis moi-même le premier surpris de vous trouver ici. » mentis-je sans vergogne.
Je lançai un regard en coin à l’élève qui semblait s’être légèrement détendu suite au nouvel arrangement d’arpège que Louis jouait à présent. Puis je reportai mon attention sur le chef d’orchestre qui ne regardait plus ni son piano, ni son élève. Le visage rieur, j’accrochai son regard, puis afin de lui faciliter la tâche, je m’avançai plus près, jusqu’à m’appuyer contre le piano, les mains dans les poches de mon pantalon. « Mais je m’en voudrais de perturber d’avantage votre leçon, je pourrais patienter et repasser un peu plus tard. » répondis-je avec le sourire, d’un air courtois, contrastant parfaitement avec mes agissements ainsi que le fond de mes pensées. Je n’aurais pas fait meilleur joueur de pipeau !
Mes prunelles étaient toujours teintées de cette lueur de malice caractéristique qui m’habitait généralement lorsque je prenais plaisir à me prendre au jeu, quel qu’il soit. Ici, j’étais à l’aise dans mon interprétation parfaite du conservateur du musée historique venant rendre visite à un bon ami et je me fichais éperdument du regard du jeune homme ici présent et de ce qu’il pourrait bien penser de moi, quand bien même ma présence le dérangerait. J’étais habitué aux regards réprobateurs sur mes manières peu orthodoxes en société, ma légère désinvolture ne seyait pas à tout le monde.
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Message posté : Lun 8 Sep 2014 - 23:39 Message
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Sans se garantir de l'opinion que Louis se faisait du jeune étudiant soumis aux foudres de son professeur, Raphael luiavait adressé une signe de la tête et de la main. En tant que professeur, Louis aurait bien sûr préféré être seul avec son élève, mais une part de lui-même se réjouissait de la présence imprévue du conservateur du musée historique de la ville. Sa venue étonnait Louis qui s'était pourtant préparé à le revoir, mais en d'autres circonstances. À l'opéra par exemple , ou au musée, ou même à l'occasion d'une promenade à la faveur de l'automne s'en venant dans la forêt. Il aurait aimé l'y rencontrer par hasard et poursuivre avec lui sa balade. Claquez, bannières de la surprise ! Raphael avait de toute évidence le don d'apparaître partout où nul ne l'attendait.

À la manière d'un farfadet, il se montrait sans s'annoncer etne manquait qu'un tonnerre de couleurs et de crépitéments pour que l'analogie fût complète. Louis, sans oublier de jouer au piano, interrompit d'un regard assassin les balbutiements vocaux d'Ethan qui ne sut dès lors que se taire. Le professeur le laissa croupir dans son triste isolement quelques minutes, sans se soucier de lui. C'était comme s'il n'existait plus. Oublié, le malheureux suricate anémique ! Il pouvait bien demeurer seul dans son coin, ce petit canard boiteux, Louis n'en avait cure. Il l'ignorait même délibérément et de cette indifférence sournoise, une leçon serait apprise. Legato piu piano, Louis laissa la mélodie s'affaisser jusqu'à ne devenir qu'un bourdonnement ineffable.《Le plus grand des hasards, dîtes-vous... pour d'obscures raisons, j'ai du mal à vous croire.》Ces raisons n'étaient pas si ténébreuses : Louis ne pouvait concevoir que Raphael n'eût aucune idée derrière la tête.《Et dire que j'espérais vous entendre parler de ma compagnie agréable, de mon bel esprit, de mon doux tempérament... Il semble hélas que je ne sache plus comme autrefois marquer les mémoires de ceux qui croisent mon chemin. J'ai clairement perdu de ma superbe !》

Curieusement, il se révélait difficile de déterminer la part des intentions vraies de Louis car celui-ci s'amusait un peu des mille et une suppositions qui lui venaient à l'esprit tandis qu'il essayait de trouver les raisons de la présence, ici, de Raphael.

Celui-ci s'était approché et appuyé au piano. Quel décadent ! Louis n'en avait cure. Il se tourna à nouveau vers son élève et, d'une voix perçante comme la foudre, se rappela à son bon souvenir en lui déclarant tout net qu'il devait rester concentrer et ne pas se laisser distraire. 《Reprenons la chanson que nous travaillons, veux-tu ?》 Louis n'attendit pas qu'Ethan répondît à sa question qui n'était qu'une babiole de formulation. 《Reprenons la chanson que nous travaillons, veux-tu ? Au début, je veux t'entendre d'abord a cappella.》 Les exercices attendraient, pour le moment Louis désirait constater par lui-même les relatifs progrès réalisés par son élève. De plus, voilà qui offrirait à Raphael tout le loisir d'examiner ce jeune « artiste » afin de le mieux jauger et examiner. Ce dernier serait sans doute trop poli et trop bienveillant pour apprécier à sa juste valeur la médiocrité du potentiel d'Ethan Glover, mais Louis se savait là, déjà, très outrancier dans son propos comme dans sa pensée.

Au piano, quelques basses s'élevèrent, et bientôt la musique vint honorer le début d'une chanson des plus connues en France mais probablement ignorée du public anglo-saxon. En effet, les paroles, françaises, ne se prêtaient guère au jeu de toutes les oreilles. Ethan manqua le début. Louis, nullement furieux, reprit au début les quelques accords au piano qui marquaient le rythme – et la cadence. 《Souviens-toi, si tu es capable de chanter distinctement cette chanson et toutes celles que je te ferai travailler dans le cadre de nos exercices de diction, alors tu pourras chanter en toutes les langues et ne mâcheras jamais tes mots. Sois fort, et montre moi que cette langue ne sert pas qu'à lécher les joues de tes copines !》 Hélas, en dépit des encouragements, le chanteur ne parvint qu'à écorcher les premiers vers, si bien que Louis l'obligea à recommencer encore.

Il s'y reprit ainsi plusieurs fois et, de dépit, Louis se crut obligé de lui faire une suggestion farfelue : 《Abandonne ce legato d'anglais, tu chantes en français, alors sache articuler, bon sang ! C'est de la bouillie autrement ! Et vous, dites-lui que c'est de la bouille ce qu'il me fait de la femme d'Hector...》 C'était sans grand espoir que Louis se tournait vers Raphael, cependant...
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Message posté : Mar 9 Sep 2014 - 13:21 Message
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Soucieux de ne pas déranger d’avantage le cours du musicien, je m’étais rapproché de Louis afin de lui faire part de l’étrange coïncidence qui m’avait mené ici, prenant soin de saupoudrer les contours de la réalité d’une poudre mystérieuse dont j’avais le secret. J’avais tout de même pris soin de ne pas hausser la voix afin de ne pas trop perturber le chanteur dont je ne pouvais décemment ignorer la présence même s’il était pour moi, le cadet de mes soucis. Malgré cela, ce dernier s’était tu lorsque nous avions entamé notre petite discussion laissant la mélodie terminer seule, son cours, sur le clavier du piano caressé par les doigts experts du chef d’orchestre. Non pas que le fait d’être épié me dérangeait particulièrement, et c’était sans me défaire de mon visage amène que je jetai tout même un regard en coin à l’étudiant, teinté d’un soupçon d’accusation avant de reporter toute mon attention sur Louis que mes fabulations n’avaient point dupé. « Oh vraiment ! » m’exclamai-je d’un air faussement étonné. Un sourire charmeur vint agrémenter mon expression rieuse alors que Louis me faisait l’affront de mettre en doute ma parole. Je laissai échapper un petit rire avant de rétorquer sur un ton amusé : « Voilà qui me ferait passer pour un rustre ! Vous me voyez contrit de m’être montré aussi inconvenant et d’avoir privé votre brillant esprit de la réjouissance de ces modestes flatteries. »

Aussi, lorsque ce dernier daigna s’adresser de nouveau à son élève, j’en profitai pour baisser d’un ton et lui glisser à mi-voix accompagnant, mes propos d’un regard espiègle : « Dans ce cas, pour ces mêmes raisons qui vous sont si obscures, m’auriez vous vraiment cru si d’aventure j’avais émis l’idée d’être simplement venu ici quérir votre compagnie ? »
Le discours que nous tenions devant le jeune homme pouvait être sujet à nombre d’interprétations plus ou moins douteuses, mais je n'en avais cure.

Si Louis n’avait pas jugé bon de me congédier de son cours, j’en pouvais aisément déduire que ma présence en ces lieux n’était pas indésirable. Je gardai le silence tandis que le chef d’orchestre reprenait le fil de son enseignement, jetant un regard sur l’élève qui entreprit de chanter A Capella. Je me redressai, surpris, lorsqu’il me sembla reconnaître les paroles d’une chanson française dont la prononciation m’écorcha les oreilles. Il n’y avait rien d’étonnant de la part d’un professeur de chant dont la langue natale n'était autre que la langue de Molière, d’apprendre pareille chanson à son élève. Le ton de ce dernier était juste, mais visiblement, ce jeune homme n’avait pas saisi toute la musicalité et le romantisme de la langue française.

Mon sourire s’était figé lorsque je reposai un regard amusé sur Louis, arquant un sourcil d’un air de dire « Sérieusement ? ». Loin de moi l’idée de critiquer ses méthodes d’enseignement, bien au contraire. Je m’amusais simplement de l’audace qu’il avait eue d’imposer pareille difficulté à un élève débutant, du moins, je supposais qu’il l’était. Quand bien même, comme le professeur le soulignait si justement, cela lui serait assurément bénéfique pour la suite s’il parvenait à réussir cet intéressant exercice de diction. Même si je n’étais pas expert en chant, plus que d’une chanson, il s’agissait là d’un poème chanté dont le rythme était quelque peu soutenu pour un novice de la langue française. Le jeune homme du reprendre l’exercice à maintes reprises, dont les tentatives toutes aussi insatisfaisantes les unes que les autres, ne firent que heurter d’avantage l’intransigeant chef d’orchestre qui finit par me prendre à parti. En réponse à son regard désespéré, j’étais resté coi quelques instant. Je m’étais abstenu jusque là de tout commentaire, ne voulant pas interférer dans ses affaires, mais s’il sollicitait une intervention de ma part, je n’allais pas m'en priver.

Un nouveau sourire narquois vint étirer mes lèvres en guise de réponse. Je lui adressai un regard entendu. De la bouillie ? Le mot était faible. Je quittai le rebord du piano contre lequel ma hanche était toujours appuyée, les mains toujours dans les poches, je me mis à contourner l’instrument d’un pas nonchalant jusqu’à me retrouver entre Louis et son élève. « Vous disposez d’un bel organe jeune homme, mais vous vous méprenez. Il ne suffit pas de trouver le ton juste pour chanter en français.
Le français est une langue vivante, qui repose sur le sens du rythme et le claquement du son. La langue est un instrument de musique à part entière qu’il va vous falloir apprendre à dompter si vous voulez chanter. Il s’agit bien plus que d’une simple chanson ici… »
Je me tournai vers Louis à qui je lançai un regard complice. « Reprenez-moi si je dis une sottise monsieur d’Ax, je ne suis qu’un amateur en matière de chant, mais… » Puis, me retournant vers l’élève :« … à mon sens il ne s’agit pas uniquement d’un travail vocal, mais également d’un travail d’interprétation. Vivez votre texte monsieur… » je laissais ma voix en suspend, incitant par là même, le jeune homme à compléter ma phrase. « …Votre nom ! » ajoutais-je en claquant impatiemment des doigts sous son nez d’empoté, notant que l’information tardait à lui monter au cerveau. « …Glover ! …Ethan Glover. » « Bien monsieur Glover ! Chantez comme si vous étiez vraiment… » je posai une main sur son épaule : « … Français ! Et le français, ça s’articule ! C’est un jeu d’acteur. Interprétez !»

Je me tournai une nouvelle fois vers Louis afin de voir s’il avait quelque chose à redire à cela ou s’il souhaitait infirmer ce que je venais de dire, puis je lui adressai un sourire en coin tout en me penchant par-dessus l’épaule de son élève. « Permettez ! » Je m’emparai du texte reposant sur le chevalet à partition, parcouru rapidement les notes composant la première mesure, puis, je jetai un regard assuré au chef d’orchestre, attendant de lui qu’il me donne les premières notes afin d'entonner les premiers vers avec justesse, d’une voix proche d’un ténor qui aurait sans doute mérité d’être un peu chauffée au préalable, mais dans un français parfait, de surcroît. Je pris toutefois la liberté d’une interprétation à mi-chemin entre la version de Barbara et de Brassens avant de rendre son texte à monsieur Glover et de lui susurrer à l’oreille : « Demandez-donc à votre professeur de vous parler la langue de Molière. Apprenez à l’écouter, et entraînez-vous ! »

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Message posté : Jeu 11 Sep 2014 - 0:50 Message
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Quel beau langage ! Mais Raphaël eût mieux fait de le garder pour les midinettes qu'on trouvait parfois au musée. Rieur à son tour, Louis se laissa gagner par le sarcasme facile et débonnaire, mais il se laissa assagir par la douce pensée d'une trêve dominicale.

Ah ! Qu'il eût été savoureux de couvrir l'intrus d'un babil insensé, d'un flots de paroles décousues et molles, d'insuffisantes palabres ! Louis était professeur de musique, ce qui le rendait libre donc d'être aussi farfelu qu'il le désirait. Toutefois, la présence apaisante – paradoxalement – de son élève le dissuadait d'agir en ce sens : il ne tenait pas à perdre le crédit dont il jouissait auprès des étudiants de cette école. Il ne tenait pas à perdre l'image qu'il s'était construite depuis le premier jour de travail dans cet établissement. Fruit d'une longue expérience, ce masque qu'il portait chaque fois qu'un étudiant gravitait dans son périmètre, ne le quittait jamais. Il lui collait presque à la peau jusqu'à s'y substituer. D'aucuns auraient pu craindre pour la santé mentale du brave Louis, mais il savait mieux que les autres que jamais ce rôle ne dévorerait ce qu'il était à l'extérieur. Insensible donc aux propos de Raphael, Louis laissa son visage se lézarder d'un sourire mutin.

Il ne répondit pas plus à la question qu'il lui glissa à mi-voix. À quoi bon ? S'il ne savait déjà la réponse, Raphael ne méritait ni son poste au musée historique de Star City, ni la réputation d'esprit finassier qu'il se traînait. Il n'était pas nécessaire d'avoir été béni par les fées penchées sur le berceau pour comprendre la situation qui, entre eux, n'était guère bien compliquée. D'ailleurs, quand Raphael prit l'initiative de répondre favorablement à l'apostrophe de Louis qui avait requis son intervention, ce dernier s'étonna quelque peu de la teneur de cette prise de parole. Toutefois, Louis ne se priva pas d'exprimer ce qui aurait pu paraître un désaccord, mais qui n'était en fait qu'une invitation à la moquerie la plus sournoise.

Toutefois, il ne put prendre la parole, car déjà Raphael s'improvisait maître de musique, et prenait en main la leçon. Une initiative des plus hardies que Louis ne manquerait pas de venger plus tard. Quand il se tourna enfin vers le seul professeur assermenté présent dans la pièce pour s'enquérir de son avis, de son opinion, de son approbation, Louis hasarda cette remarque incisive. « En vérité, je pensais me satisfaire de quelques progrès en matière d'articulation. Je ne crois pas Ethan capable encore de distinguer l'émotion de l'interprétation. » Et, plus laconique, il ajouta : « Mais si vous pensez pouvoir l'aider, je vous en prie... »

Il n'ajouta rien de plus et reprit au piano la musique qui, sous ses doigts, s'animaient de vibrations lascives.

Mais quand Raphael ajouta encore au délire de la situation en chantant les paroles de la chanson qui devait apprendre à Ethan Glover les subtilités de la prononciations chantées, Louis, qui ne cessait de jouer, sut qu'ils avaient atteint les cimes des plus improbables forêts. Sans commenter ni la voix, ni la tessiture, ni le timbre, ni la rondeur du chant de Raphael, Louis l'accompagna jusqu'à ce qu'il cessât de psalmodier. Étrangement, Louis n'arrêta point de jouer même quand ce dernier chuchota quelques mots à l'oreille de l'étudiant, qu'il n'entendit pas. Heureusement pour eux, les derniers événements de l'été avaient hissé bien haut le seuil de tolérance et de patience de Louis à l'égard d'un Raphael plus audacieux que jamais. Mais il se jura de trouver plus tard des moyens d'obtenir de ce sans-gêne réparation. Sur son honneur, il y veillerait ! Puis, quand Ethan fut remit de l'intervention du conservateur, Louis l'invita à se redresser comme il le devait pour continuer. Il le fit alors chanter les premiers couplets de la terrible chanson et Louis, cette fois bienveillant, nota quelques progrès.

 « Souvenez-vous, tout est dans l'élocution ! De la clarté, jeune homme, l'éclair avant la foudre, toujours ! » Ethan se taisait et hochait la tête. Louis terminait au piano par une variation sur les dernières notes de la chanson de Brassens, en modulant la mélodie qui se mua bientôt en un méchant prélude ressemblant à s'y méprendre à la treizième invention à deux voix de Jean-Sébastien Bach. Louis ne jouait de tels airs qu'en de temps de naissante irritation.  « Bien, allez donc dans la salle d'à côté vous reposer et travailler le relief de votre voix. Revenez d'ici vingt minutes, Ethan, et vous chanterez cette... chanson de Carly Rae Jepsen que vous aimez tant. »
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Message posté : Jeu 11 Sep 2014 - 4:02 Message
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Je ne m’étais pas privé de me moquer ouvertement du chef d’orchestre qui se garda bien de réagir à mes taquineries devant son élève bien que son sourire le trahissait quelque peu. Je me doutais bien que je ne perdais rien pour attendre, et en vérité, je n’attendais que cela. J’avais pris un malin plaisir à le piquer, flirtant avec les limites de la convenance en pareil lieu, mais le chef d’orchestre était bien plus raisonnable que je ne l’étais. Je n’attendais pas spécialement de réponse de sa part dans l’immédiat. Ma question d’ailleurs, n’en était point une. Il s’agissait simplement d’une manière de plus de provoquer le partenaire de jeu que j’avais découvert en lui quelques mois plus tôt. Il était de ces rares personnes à ne pas me laisser en reste et dont j’appréciais la compagnie.

Il n’était pas dans mon intention première de venir perturber son cours au point de m’emparer du premier rôle. D’ailleurs, le point que j’avais abordé, même si je l’avais comparé à un instrument de musique, était purement linguistique. Encouragé par Louis, je n’avais pu m’empêcher de discourir sur l’articulation de langue française qui était, parmi le nombre que je parlais, l’une de celles que j’affectionnais plus particulièrement. La remarque incisive du musicien coupa court à mon discours grandiloquent. Je jetai un bref regard à monsieur Glover puis haussai les épaules lorsque son professeur m’incita à « aider » son élève. S’il s’agissait là d’un sarcasme, je ne m’en offusquai guère et décidai de le prendre au mot. Et quoi de mieux pour cela qu’une petite démonstration ?

Après m’être emparé du texte du jeune homme, je m’improvisai chanteur, accompagné au piano par la musique de Louis, qui ne s’interrompit pas après mon petit numéro. J’avais remis en place les paroles sur le chevalet de l’élève avant de reprendre une distance convenable afin que celui-ci puisse reprendre où il en était resté. Je fis quelques pas dans la largeur de la salle tandis que le chanteur entonnait à nouveau les premiers couplets de la chanson, et je pu constater moi aussi les quelques légers progrès effectués, salués par son professeur. Tout en continuant de frapper vigoureusement les touches du piano, ce dernier lui donna quelques conseils supplémentaires avant de le congédier dans la salle d’à côté afin qu'il puisse poursuivre ses exercices. Je déambulais toujours dans la salle d’un pas lent, les mains dans les poches, concentré sur la musique. Dans mon dos, les doigts du musicien s’emballèrent quelque peu sur le clavier et la mélodie prit une tonalité un peu inattendue.
Surpris, je fis volte-face, adressai un sourire à l’élève lorsque je le croisai. Il quitta rapidement la salle avec ses affaires, sans demander son reste. J’attendis qu’il claque la porte pour me diriger à nouveau vers le chef d’orchestre dont les doigts ralentissaient leur course effrénée sur les touches piano.

« Vingt minutes ? Est-ce un temps maximum pour un cours particulier destiné à un novice en matière de chant ? » demandai-je avec un sourire amusé.

Je me plantai à côté de Louis, laissant vagabonder mes doigts sur les contours de l’instrument. Puis, l’air de rien, je repris sur le ton de la conversation. « Je comptais me rendre à l’Opéra de Beaudrie, auriez vous un opéra en particulier à me recommander ? » demandai-je d’un air faussement innocent. Je lui laissai le temps de me répondre avant d’ajouter : « J’ai appris qu’il n’y avait aucune représentation aujourd’hui. » J’attendis de croiser son regard, lui adressai un sourire mielleux avant d’ajouter : « Puis-je en déduire que vous êtes libre ce soir ? »

Je laissai mes doigts dériver jusque sur le clavier du piano, démangé par l’envie d’y apposer quelques notes, à moins que ce ne soit de sentir la proximité grisante du chef d’orchestre... Quoi qu'il en soit, je ne fils que l'effleurer seulement.
Mon piètre numéro de chant, pour un expert tel que Louis, devait lui avoir paru quelque peu grotesque. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas exercé et le chant n’avait jamais vraiment été mon domaine de prédilection dans la musique.

J’avais déjà eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises avec le chef d’orchestre, au sujet de notre passion commune. La dernière fois, cela nous avait d'ailleurs conduits devant cette relique du passé, au musée historique, avant quelques petits dérapages. Il avait donc connaissance de mon goût prononcé en la matière, étant donné que je lui avais également confié jouer de quelques instruments lors de mon temps libre. Aussi, il ne serait pas surpris de m'entendre dire : « N’étais-ce pas du Bach ce que vous jouiez à l’instant ? Dans ma prime jeunesse, j’ai appris un morceau dont je ne suis pas certain de me rappeler le nom… Peut-être pourriez-vous me rafraichir la mémoire ? » J’attrapai une chaise derrière moi afin de l’approcher du piano.
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Message posté : Dim 14 Sep 2014 - 23:45 Message
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 « D'ordinaire, je n'exile pas mes élèves dans une autre pièce pour qu'ils fassent leurs exercices vocaux. Les assister et les écouter fait partie de mes missions en tant que professeur de musique et de chant. Mais la situation est exceptionnelle, puisque vous êtes ici. » On ne pouvait être plus sec. Encore que... « Vous auriez pu m'appeler, si vous désiriez me voir. Ou me faire parvenir un billet. Je n'aurais pas décapiter le messager, comme on le faisait autrefois... »

S'il avait eu connaissance de la nature particulière de Raphael, Louis aurait sans doute mieux mesuré toute l'ironie de son propos. Le panthéon grec n'admettait qu'un facteur divin, et il se trouvait face à lui. L'ignorance du musicien le préservait donc de la facilité d'une plaisanterie qui, au ton de sa voix, sonnait faux ou trop sérieuse. Il ne riait pas. Le conservateur du musée historique de Star City avait enchaîné les questions, ce qui agaçait Louis, quelque peu. Devait-il répondre à toutes une par une, au risque de monologuer un temps trop long et de voir revenir le jeune Glover au milieu d'une phrase étourdie ou inappropriée ?

Ce péril l'inquiétait peu. Il faisait confiance à l'étudiant pour ne rien comprendre à la conversation qu'il pourrait surprendre entre les deux hommes, entre le musicien et l'historien.  « S'il n'y a pas de représentation ce soir, c'est parce que même les musiciens ont droit à prendre du repos, de temps à autre. Tout le monde n'a pas la chance de disposer de votre emploi du temps si léger, monsieur le conservateur... » Céder à la tentation d'une mesquinerie n'était pas difficile, mais Louis y réussissait comme personne ces derniers temps. Mais il n'avait rien d'un rat des quais ou d'un bénédictin. Raphael se conduisait ici comme chez lui et peut-être Louis enviait-il son aisance ? Absurde.

Il n'y avait pas plus avenant que lui et où qu'il fût, Louis se sentait chez lui. De fait, la proximité renouvelée du conservateur qui s'était assis à ses côtés ne lui déplaisait guère. Au contraire, elle éveillait en lui des souvenirs et à mesure qu'il formait devant lui une farandole d'images et de sons, Louis se sentait bien, comme un papillon dans le confort de sa chrysalide. Mais Raphael ne le transformerait pas, Louis demeurerait insensible à toutes les métamorphoses.

 « Je suis libre, oui, pourquoi ? Comptez-vous m'inviter quelque part ? J'espère au moins que c'est au septième ciel, au nirvana, au sommet de l'Olympe ou sur l'herbe de l’Éden... »

Et de toute évidence, Raphael avait une idée derrière la tête. Louis ne le connaissait point depuis toujours, mais il avait compris que cet homme jamais n'agissait innocemment. Il était de ces personnes jamais en reste et toujours alertes, qui ont un coup d'avance ou de côté. D'ailleurs, Louis fut surpris de le voir prendre une chaise afin de la porter près du piano, dans l'idée manifeste d'y jouer un morceau. Donc ce n'était plus un cours de chant pour étudiant, mais un cours de piano pour adulte !

Louis se souvenait de leurs échanges, et se rappelait des confidences de Raphael qui lui avait dit aimer la musique et la pratiquer en amateur. C'était donc l'occasion de le constater de ses propres oreilles, aussi Louis recula-t-il afin de laisser toute latitude à son compagnon pour agir.  « C'était bien du Bach, en effet. Jouez donc, et je vous dirai de quoi il s'agit. » Et joignant le geste à la parole, Louis fit signe à son nouvel « élève » qu'il pouvait commencer. Celui-ci se mit donc à jouer du piano et, avec talent, esquissa les premières notes d'un morceau que Louis reconnu aussitôt – et pour le prouver, il accompagna Raphael au piano en jouant, quelques octaves au-dessus, une transcription sans variation de la même bagatelle.

Car il s'agissait bien d'une bagatelle, oui. D'un rondeau à la turque, pour être exact.  « Si je vous dit que c'est de Mozart, le nom vous revient-il ? » Hors de question pour Louis de lui donner la réponse ! Il tiendrait mordicus sa position et ne vendrait pas la mèche. Raphael ne pouvait donc compter que sur cet indice et sur sa mémoire. Dans la mesure, toutefois, où ledit morceau était du répertoire pour piano de Mozart sans doute le plus connu, il n'y avait aucun risque, ou très peu, que Raphael, se trompât. C'était d'ailleurs très agaçant, mais Louis n'aurait su expliquer pourquoi.

Peut-être cherchait-il à tout venant des raisons de taquiner cet homme qu'il avait envie de plaquer au sol pour le dévorer de baisers ? De chastes baisers, évidemment.
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Message posté : Mar 16 Sep 2014 - 16:49 Message
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Mon sourire ne m’avait pas quitté, malgré les brimades du chef d’orchestre qui se voulait visiblement sévère à mon égard. Son apparente intransigeance contrastait à cet instant avec ses actes et je n’étais pas peu fier d’en être la cause. Je constatais avec amusement qu’il était donc à même de faire une exception lorsque je débarquais dans son cours à l’improviste. J'étais curieux de savoir si d'autres bénéficiaient de ce même privilège. Je préférais voir là quelque flatterie bien qu’il me reprocha de ne pas l’avoir prévenu plus avant de ma visite. Contrairement à ce qu’il semblait croire, je n’avais pas du tout prémédité l’objet de mon intervention divine et m'étais contenté de suivre le chemin ondoyant de mes pensées qui m’avait mené jusqu’à lui. « Que voulez-vous ? J’aime surprendre ! ». Et être surpris.

Son allusion au sort réservé aux messagers me fit rire, même si le musicien ne pouvait pas mesurer tout le sens que prenaient de tels propos devant moi, et qu’il ne semblait pas vraiment prompt à la plaisanterie. Louis était un être au charme intriguant, délicieusement paradoxal, qu’il m’amusait beaucoup de venir taquiner: tantôt avenant et clément puis tantôt cassant et cinglant.
« Je suis plutôt du genre à préférer porter moi-même mes missives, soucieux du sort des messagers. Toutefois… » avais-je ajouté avec légèreté visant à désamorcer la massacrante humeur dont il semblait pourvu, avant de terminer ma phrase sur un ton plus mielleux « …si ma présence vous importune, quelques mots de vous auraient suffit. » Ce n’était pas faute d’avoir évoqué quelques instants plus tôt, l’éventualité pour moi de revenir plus tard, et il ne s'agissait pas là de paroles en l'air.

Même si mon attitude désinvolte laissait penser le contraire, j’avais conscience de la rigidité des cadres que s’imposaient la plupart des humains afin de s’intégrer à la perfection dans leur société. C’était un challenge que je m'étais moi-même fixé en me glissant parmi eux, toutefois, ma moralité avait un peu tendance à diverger de la leur, ce qui faisait de moi un personnage parfois dérangeant et peu conformiste. Chassez le naturel, et il revient au galop ! Je ne pouvais m’empêcher de m’improviser désorganisateur et de les bousculer en dehors de leurs sentiers battus, mais ce n’était pas toujours conscient du reste. Qu’y avait-il de mal après tout, à venir rendre visite à un ami sur son lieu de travail ?

Le genre de propos mesquins que tenait le chef d'orchestre m’amusaient plus qu’ils ne m’atteignaient. Ils m’encourageaient même à donner le change. Au contraire, j’étais plutôt satisfait d’être tombé par chance sur un créneau horaire susceptible de nous convenir tout deux compte tenu de la charge manifeste de nos emplois du temps respectifs. « Je n’en doute pas ! » répondis-je, avec le sourire. « Hormis peut être les musiciens… » ajoutai-je sans une once de sérieux. Je notais au passage, qu'il n'avait pas pris la peine de répondre à ma question.

Puis je reposai un regard bienveillant sur les traits pâles du chef d’orchestre. « Il se pourrait bien. » acquiesçai-je sur un ton énigmatique, savourant avec ravissement chacune de ses audacieuses élucubrations qui suscitaient chez moi l’irrésistible et séduisante envie de le prendre au mot.

Un sourire mutin naquit sur mes lèvres tandis je m’étais emparé d’une chaise que j’avais soigneusement placée à côté de l’assise du chef d’orchestre, face au piano. Puis tout en m’installant à ses côtés, je lui adressai d’une voix engageante : « Tout dépend de vous mon bel ami. » Je choisi de rester évasif quand à ce que j’en pensais vraiment, préférant laisser, pour le moment encore, libre court à son imagination débordante.

Mon regard s’illumina d’une lueur malicieuse alors que je changeais volontairement de sujet, attirant de nouveau l'attention du professeur sur le piano, par le biais d’un prétexte dont l’innocence pouvait paraître relative. Après qu’il m’eut invité, j’apposai mes doigts sur l’instrument, me laissant aller à jouer cette célèbre Sonate de Mozart, pour m’échauffer. Je n’espérais pas le duper longtemps au sujet ma fausse ignorance. Quel amateur de musique ne connaissait pas ce fabuleux rondeau rebaptisé « la marche turque » ?
A ma grande surprise, Louis se joignit à moi ainsi que pour mon plus grand plaisir. Je ne m'en cachais pas. Le son de la mélodie s’intensifia sous les doigts experts du chef d’orchestre. Un immense sourire étira mes lèvres à mesure que je me laissai envahir par le sentiment d’allégresse que me procurait ce morceau et que je partageai avec lui. « Mozart ? vous m’en direz tant ! » répondis-je en riant, assez fier de l’avoir fait marcher. Le doigté souple et délicat de Louis rappela au bon souvenir de mes sens quelques mélodies indiscrètes partagées l’autre nuit au délicieux goût de reviens-y. « Je l’ai sur le bout de la langue, c’est un comble ! » ajoutai-je, continuant de jouer la comédie, tournant la tête vers lui afin de croiser son regard. « C’est une bagatelle n’est-ce pas ? » répondis-je avec malice, abattant ma carte d’un air faussement innocent, accompagné d’un sourire enjôleur.

Je ne lui laissai pas le temps de répliquer, ou encore de se venger. Espiègle, je me dérobais déjà, détournant la tête, l’air de rien, jouant à l’étudiant consciencieux, doté toutefois de facilités déconcertantes pour un débutant, alors que paradoxalement je ne me prenais pas du tout au sérieux. Je gardai toutefois le musicien à l’œil, sachant qu’il ne me laisserait probablement pas en reste. Puis je me laissais dériver à l’interprétation d'un autre morceau, du même compositeur.
« En l’occurrence, je ne sais pas si vous connaissez celui-ci… » dis-je, recouvrant une once de sérieux. J’entamais les premières mesures du premier mouvement d’une autre sonate en ré majeur, visiblement conçue pour être jouée à quatre mains, sur laquelle j’espérais entraîner le musicien dans l’art de ma fugue.
Je me laissai bercer par les doux sentiments qu’éveillait en moi la musique et je sentais déjà s’égrainer l’envie de m’emparer de ses lèvres. L’idée germa, nourrie par la mélodie enjouée ainsi que l’effleurement de nos mains partageant le même clavier. Un sourire badin aux lèvres, amusé par ce que d’autres considèreraient sans doute comme un égarement, je n’hésitai pas longtemps. Je profitai d’un rapprochement sur le clavier du piano et inexorablement mon visage se rapprocha de la joue du chef d’orchestre à qui je murmurai : « Je ne répèterais pas la même erreur deux fois. Avant d’aller faire un tour au Mont Olympe, je voudrais m’assurer que l’ogre qui te sers d’estomac ai eu de quoi se sustenter. » lui-chuchotais-je à l’oreille, mes lèvres l’effleurant presque.

J’eus tout juste le temps de reprendre une distance décente avant que la porte ne s’ouvre à nouveau sur monsieur Glover. Je me redressai, remis la chaise à sa place puis : « Merci beaucoup pour cette marche turque ainsi que cette Sonate. » dis-je en réajustant ma veste. « Oh, j’allais oublier ! » je sorti un billet de la poche de ma veste, plié en quatre que je lui tendis avec un sourire mutin. « Je fais un bien piètre messager ! Navré pour le dérangement.» Puis je quittai la salle, laissant à l’élève l’exclusivité de terminer son cours en tête à tête avec son professeur. Je comptais profiter du beau temps afin d'aller m’aérer dans le parc du Front de Mer.

J’avais profité des quelques secondes d’inattention de Louis lorsque j’avais remis la chaise en place, pour faire usage de ma super vitesse afin de glisser en lettres rondes sur ce billet doux, l’endroit du rendez-vous, à savoir au pied de la statue de la Sentinelle, dans le parc du Front de Mer, tout près d’ici, ainsi que mon numéro de téléphone personnel afin de lui laisser le loisir de me joindre quand il le désirerait. J’avais pris soin de préciser que l’heure était à sa convenance.

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Message posté : Sam 20 Sep 2014 - 15:22 Message
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ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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Surprendre ? Déranger serait plus juste. Mais Louis tut ces sarcasmes qui réclamaient la liberté de ton et de parole. Il préféra ne rien répondre à cette nouvelle démonstration d'insolence dont le conservateur se faisait volontiers le meilleur chantre. Il ne répliqua pas davantage à l'effronterie dont Raphaël fit à nouveau preuve en jouant sur les quelques mots qu'ils échangèrent plus tôt et par ailleurs. À quoi bon insister ?

Aux ironies sévères de Louis répondraient toujours les pirouettes habiles de Raphaël, il ne fallait pas être bien docte et bien savant pour le comprendre. Louis ne pouvait prétendre connaître sur le bout des doigts le conservateur, mais il s'était déjà fait une idée assez précise du personnage. Ils n'était tous deux pas si différents à maints égards et pourtant si peu semblables. L'un semblait de tout détaché et l'autre au contraire s'attachait à toutes choses. Ses taquineries manquaient parfois de subtilités mais elles n'en demeuraient pas moins d'agréables friandises, quand elles n'étaient pas de grossières bouffonneries. Le cruauté de l'instant arracha néanmoins à Louis la possibilité de répondre à toutes les salves d'artillerie de Raphaël qui n'était jamais à cours de munitions.

Non point de guerre lasse mais par goût du cessez-le-feu, il refusa la riposte et préféra la retraite, dans le silence et la dignité. Ils jouèrent tous deux au piano cette sonate à quatre mains que Louis redécouvrit en si charmante compagnie. Il ne se pouvait toutefois résoudre au complet plaisir de la proximitié de son accolyte. Le moment était pour trop de raisons mal choisi. L'heure n'était pour Louis pas au marivaudage, mais au sérieux et à la réserve professorale. Alors même que le jeune Glover pouvait réapparaître àtout instant pour même la plus farfelue des raisons, le conservateur ne semblait guère ni pressé ni gêné. Il agissait tel un adolescent rebelle à toutes choses. Cela ajoutaità la fraîcheur du moment mais excitait l'irritation progressive de Louis qui se sentait comme la bête au coeur de l'arène face au mouchoir rouge qu'on agite devant elle.

Fort heureusement pour Raphaël, Louis n'avait du taureau ni les cornes ni le caractère, mais d'autres attributs peut-être moins évidents au premier coup d'oeil. Même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait, Louis resterait tranquille. Céder à la colère aurait été mal payer Raphaël de ses dernières douceurs. Il jouait très bien du piano, sans doute cela facilitait-il l'indulgence d'un Louis que toujours adoucit le talent.

Leur duo s'acheva et à part lui, le musicien éprouva du soulagement. Son élève rentra dans la pièce et Louis le fit s'installer à la place qui lui était dévolue. Il salua en quelques mots le conservateur quand celui-ci fit mine de s'en aller. Il ne consulta pas le billet, s'étant contenté de hocher la tête et de le glisser entredeux partitions dans la sacoche de cuir brun qu'il traînait toujours dans l'école. À la vérité, il se languissait d'en lire le contenu, mais ne pouvait négliger plus longtemps son élève, pas plus qu'il ne pouvait laisser entendre qu'il cédait toutes les priorités pour Raphaël. Ce dernier gagnait trop d'importance et prenait trop ces aises que Louis ne réservait qu'à un lot très réduit de personnes. Voir ainsi les choses pouvait paraître exagéré, mais l'oeil de Louis en la matière n'avait rien d'un cristal limpide et tout d'un prisme déformant.

Ce n'était pas tant l'assurance de Raphaël qui le gênait mais plutôt les faibles résistances que lui-même opposait à ces charmes insolents, pétris du feu de la jouvence. Était-il plus jeune que lui ? Il était difficile de le dire avec certitude. Il faudrait le lui demander à l'occasion. Le grand chanceux de l'affaire ne fut autre que le timide Glover, car après le départ du conservateur, Louis se laissa aller à de fulgurantes introspections tant et si bien qu'il fit preuve à l'égard de l'étudiant de beaucoup d'indulgence - certains auraient même dit de laxisme. Inutile donc de dire que le jeune homme se prit à souhaiter que l'intrus revînt plus souvent.

Plus tard ce jour-là, Louis avait donc lu le contenu du billet laissé par Raphaël et consenti à se rendre au lieu du rendez-vous que ce dernier avait fixé sous la statue de la Sentinelle, dans le parc du Front de mer. Il n'y alla point sans réticence, craignant sans doute qu'une facétie de Raphaël ne le laissât tout seul avec pour unique compagnie le haut personnage monolithique. Ce n'est pas tant que Louis crut le conservateur capable d'une telle perfide, mais il redoutait la chose autant qu'il avait envie de revoir Raphaël, fût-ce pour lui adresser mille sermons. Après quelques minutes de vaine hésitation, Louis saisit son téléphone portable et entra le numéro qui figurait sur le billet.

Il donna donc rendez-vous à Raphaël à cet endroit, en précisant qu'il ne pourrait le manquer : comme ses chaussures, le blanc de son trench était immaculé. Louis finit par raccrocher et alla s'asseoir sur un banc qui jouxtait la statue. Il tira un livre de son sac et se mit à lire, avec la nonchalance de ceux qui se régalent toujours de l'ennui des autres.
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Message posté : Lun 22 Sep 2014 - 16:28 Message
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J’avais finalement daigné quitter la Star School of the Art pour aller m’aérer et me délecter de l’air marin dans le quartier du Front de Mer. C’était un endroit assez pittoresque dont les charmes désuets et atypiques n’avaient rien à envier à ceux du centre ville. L’endroit était normalement peuplé pour un samedi après midi. La sonate de Mozart toujours en tête, et le pas léger, je descendais tranquillement la rue ombragée de ses grands platanes, traversais la ligne de monorail et je me laissais volontiers dériver jusqu’aux arches de la Meadow Street dans laquelle j’aimais venir déambuler à mes heures et où les boutiques se succédaient et exhibaient fièrement leurs enseignes colorées ainsi que leurs vitrines aux passants.

Malgré la tension palpable qui s’était installée dans la salle de cours due à ma présence impromptue, cette petite entrevue avec le chef d’orchestre m’avait mis du baume au cœur. Il me plaisait de le taquiner et je n’avais pu m’empêcher de me montrer provocateur à son égard. J’avais vaguement conscience que ma désinvolture en pareille circonstances pu lui paraître complètement déplacée, insolente même ! Ce ne serait pas la première fois que je provoquai ce genre d’effet, mais je m’en moquais. Ma légèreté n’avait d’égal que mon sérieux dans certains autres domaines et ce n’était pas parce que je bousculais les conventions que je n’en étais pas moins respectueux. Je chérissais bien trop ces lieux pour me permettre de prendre un risque susceptible de m’en faire expulser. Il était dans ma nature de flirter avec la limite des règles de bonne conduite mortelles, et pas uniquement lorsque j’étais sous l’emprise de quelques breuvages enivrants, bien que ceux-ci aient tendance à me priver des quelques retenues dont je disposais en temps normal. Cependant, jamais je ne me serais permis un écart de conduite inconsidéré qui aurait pu porter préjudice au chef d’orchestre ou à moi-même, même si j’en avais été grandement tenté. Le couvert de voiles spiritueux ne pouvait pas me servir d’alibi cette fois-ci pour maquiller quelques uns de mes dons divins, entre autre.

Cet échange sur le clavier m’en avait presque fait oublier les raisons premières qui avaient motivées ma venue jusqu’au chef d’orchestre, ravivées par un magasin proposant divers instruments de musiques. Louis était un peu comme cette harpe aux cordes croisées, un instrument de caractère doté d’une délicieuse alternance de sons stricts et altérés dont je ne maîtrisais pas encore toutes les subtilités et qui requérait pratique et entraînement afin d’en pouvoir tirer de divines mélodies, à n’en point douter. Je souris, amusé par les dérives conduites par le fleuve de mon esprit vagabond, m’entraînant vers d’étranges considérations alors que mon regard s’était perdu un instant sur cette harpe plus « classique » dirons-nous. Je me décidai à franchir le seuil du magasin afin de consulter les partitions qu’ils avaient en stock. Je fis l’acquisition de quelques unes d’entre elles puis je poursuivis ma route direction l’Histoire sans Fin, une ancienne librairie comportant quelques trésors qui sauraient me ravir, lorsque mon téléphone sonna. Bien que je ne connaisse pas le numéro qui s’afficha sur l’écran de mon mobile, je me réjouissais d’avance de cet appel. Et à juste titre ! Je m’excusai auprès de monsieur Koreander d’avoir troublé la quiétude des lieux afin d’échanger quelques mots succins avec le chef d’orchestre, puis je me hâtai de quitter la librairie afin de rejoindre le Parc du Front de mer et sa statue de Prétorien à quelques kilomètres de là.

Je stoppai ma course dans une ruelle déserte à proximité du parc, réajustai ma veste et coiffai négligement mes cheveux d’un geste de la main vers l’arrière. Mes chaussures de ville noire, n’avaient semble-t-il pas trop appréciées ce petit sprint improvisé et mes semelles encore fumantes s’étaient considérablement usées, devenues complètement lisses, comme si elles venaient de prendre trois ans d’âge d’un seul coup. J’allais malencontreusement encore devoir changer de chaussures ! Peu importait. Elles étaient encore en état, et personne n’irait regarder sous mes pieds.

L’air de rien, je réajustai également mon sac en bandoulière puis pénétrai sereinement dans le parc. Quelques minutes plus tard, je retrouvais Louis, conforme à la description qu’il m’avait fournie, bien que je n’eusse pas besoin de la précision sur la couleur de son trench pour le reconnaître, assis là, un livre à la main, sur un banc au pied de la statue. J’allais à sa rencontre, le visage souriant et amène, comme à mon accoutumée puis je me plantai devant lui.

« Monsieur le chef d’orchestre ! » l’interpelai-je avec un sourire angélique.
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Message posté : Lun 22 Sep 2014 - 21:31 Message
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Louis s'était égaré loin du parc du front de mer, sur une lande stérile où chevauchait les cavaliers du seigneur de guerre le plus impitoyable de l'époque, le roi de l'effroi et prince des cauchemars, nul autre que l'indicible Tigane. Là, il croisait le fer avec les chevaliers mercenaires de la pointe de Gavonie, palabrait avec les marchands de Kérandar, et dissertait sous l'oeil bienveillant du recteur de la cathédrale de Monvin.

Et quand la guerre s'arrêtait, quand les armes se taisaient, il goûtait aux délices poivrés qu'on servait à la table des rois de la Montagne, il buvait le vin de miel qui coulait des tonneaux des meilleures caves de la baie des Salamandres. Comme il aimait ces escapades doucereuses, ces aventures glorieuses, ces ruées formidables ! Quelle bouffée d'air frais loin du marasme de la ville ! Hitchcock disait que le drame n'est rien de plus que la vie sans la réalité, mais Louis irait volontiers jusqu'à dire que le drame aidait à rendre la vie supportable, justement car il offrait un passeport, un sauf-conduit pour échapper à la réalité. Et le roman qu'il lisait touchait au paroxysme des meilleurs récits dramatiques qu'il connaissait. Alors de quoi allait-il se plaindre ?

Certainement pas du chapitre qui s'achevait sous ses yeux et sous ses doigts quand une voix désormais trop familière vint ponctuer les derniers mots d'une chanson des plus grivoises. Louis releva les yeux pour découvrir un Raphaël mieux coiffé qu'à l'ordinaire. Fêtait-il un événement particulier pour avoir accordé à ses cheveux plus que les cinq minutes réglementaires ?  « Monsieur le conservateur. » Louis le salua d'un sourire tranquille, apaisé. Il n'était plus à la Star School for the Arts, il n'avait donc rien à reprocher à cet empêcheur de tourner en rond. Il ne gardait pour lui aucune rancœur au sujet l'interruption primesautière dont il se rendit plus tôt coupable. Louis ne gagnait rien à faire l'enfant, après tout.

Il ferma son livre après avoir pris soin de noter la page, et le glissa dans son sac afin de ne point l'oublier sur le banc, ce qui aurait été fort ennuyeux. Mais plutôt que de se relever, il demeura assis, et inclina la tête légèrement de côté comme pour mieux observer Raphaël. Celui-ci portait le sourire des farceurs et Louis se demandait : que pouvait-il bien avoir en tête, si tôt ? Il n'était pas si tôt, toutefois, mais ils se retrouvaient à peine.

 « Vous avez fait vite, étiez-vous pressé de me revoir ? J'espère que vous n'avez pas dû interrompre ce que vous faisiez pour moi. » Louis risqua un haussement de sourcils, mais ne se hasarda pas à sourire. Il attendit une réponse de Raphaël et, avec la nonchalance des vieux chats, lui fit alors un grand sourire avant de regarder ailleurs. Puis il soupira, se leva et serra contre lui sa besace. Il était prêt à suivre le conservateur où bon celui-ci daignerait les conduire.

Il n'allait pas toutefois lui céder comme l'aurait fait un laquais servile, s'il désirait quelque chose, il aurait à s'en montrer digne, voire même à batailler, comme disent les Gascons. Louis n'était pas dupe, ni naïf, il se doutait bien que Raphaël appréciait sa compagnie mais qu'en définitive, il attendait de Louis ces mêmes faveurs qu'il démontra plus tôt en été quand, l'alcool aidant, il s'ouvrit à lui jusqu'à lui faire cadeau de ses plus charnels et intimes secrets. En acceptant de le revoir, Louis savait qu'il prenait un risque, car c'était bien la première fois qu'il se trouvait en pareille situation de devoir converser avec le partenaire d'une aventure d'un soir. Espérait-il davantage ? Le temps le dirait. Louis était bien décidé à braver l'ignorance et la nouveauté pour en apprendre plus tant sur lui-même que sur ce personnage si particulier qu'était Raphaël Mercury.  « Alors, qu'allons-nous faire ? Vous aviez certainement une idée en tête. » Louis ne pouvait croire que Raphaël l'avait convoqué ici-même sans avoir prévu quelque itinéraire au préalable. Il avait mentionné l'idée de museler l'estomac de Louis, plus tôt dans la journée, et pour ce faire il n'y avait qu'un moyen...

Curieux, il se tut et tourna sur Raphaël un regard plein d'une candeur calculée. Iraient-ils au restaurant tout de suite ? Plus tard ? Se promèneraient-ils, d'abord ? Dans le fond, toutes ces questions n'en cachaient qu'une seule, celle qui, sourde et terrible, effaçait toutes les autres : qu'attendait-il de lui ? Qu'espérait-il vraiment ?
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Message posté : Mar 23 Sep 2014 - 14:42 Message
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Ce fut sans appréhension aucune que j’étais venu à la rencontre de Louis, planifiée et convenue cette fois-ci, et ce dernier m’offrit un accueil plus détendu que tout à l’heure et me gratifia d’un sourire ! Je n’en espérais pas moins.

Faisant de ma lèvre enfantine une moue dubitative, je jetai un œil à ma montre lorsqu’il me fit remarquer le temps relativement court que j’avais mis pour me rendre ici. Effectivement, en un éclair, j’avais balayé une des avenues principale du Front de Mer, de quoi faire pâlir de jalousie l’un des héros de Comics reconnu pour sa vitesse légendaire. J’aurais certes pu prendre d’avantage mon temps, mais il m’aurait sans doute fallu plus d’une heure pour me rendre en ces lieux si d’aventure j’étais venu à pied, à vitesse normale, et peut être même bien plus. Qu’importait !
De plus, je doutais qu’il eusse patienté si longtemps de me voir débarquer, bien qu’il sembla avoir trouvé de quoi s’occuper. Peut-être regrettait-il ne n’avoir pas eu d’avantage le loisir de se consacrer à sa lecture ?

« A votre avis ? » demandais-je avec un sourire malicieux. Avait-il vraiment besoin de mes lumières pour trouver réponse à cette question ?
Bien que d’autres mots, plus explicites, se heurtèrent violemment à la barrière de mes lèvres, je me gardais toutefois de les laisser s’en affranchir et résistai à la tentation de livrer au chef d’orchestre une énième provocation. J’avais décidé de me montrer plus sage, cette fois-ci. « On peut voir les choses ainsi. » répondis-je en toute franchise, sans me démonter, recouvrant mon éternel air mutin, sans prendre la peine de mesurer et de nuancer d’avantage la teneur de mes propos, que je ponctuais d’un sourire qu’il pourrait interpréter comme bon lui semblerait.

Puis, je pris soin d’ajouter, haussant les épaules avec nonchalance :« J’étais dans les parages. » Ce qui était vrai, du reste. Je me trouvais effectivement dans le quartier du Front de Mer. J’avais laissé ma voiture au parking près de l’école des arts de Star City pour m’en aller me promener à pied et n’avais pas aperçu de taxi en sortant de la librairie - qui aurait sans doute été d’une lenteur insoutenable d’ailleurs.

« J’ai profité du beau temps pour aller flâner sur Meadow Street. Il y a quelques boutiques intéressantes.» Je ne doutais pas que le chef d’orchestre connaisse le quartier jouxtant l’école des arts. Cette rue était réputée pour être à la pointe de l’avant-garde et l’on trouvait ici des échoppes que l’on ne trouvait nulle part ailleurs. Celles qui m’intéressaient étaient dédiées aux divers arts naturellement, ainsi que quelques bouquinistes recelant de vieux trésors insoupçonnés de littérature. Je n’avais rien déniché d’extraordinaire aujourd’hui, n’ayant pas vraiment pris le temps de m’attarder plus longuement dans la vieille librairie, mais j’avais tout de même acquis quelques partitions dans ce magasin de musique.

Après avoir détourné la tête, Louis avait amorcé le mouvement, laissant derrière lui le banc sous la statue de Prétorien. J’en profitai pour initier la marche, l’invitant à se joindre à moi, toujours avec le sourire, alors que je croisai son regard azuré empreint d’une innocence que j’avais du mal à lui accorder. Je laissai échapper un rire : « Il est un peu tôt pour aller dîner ! Que diriez-vous de profiter des derniers rayons de soleil de la journée et de la vue qu’offre le parc ? A moins que vous ne soyez déjà affamé ? » demandai-je avec légèreté, non sans un soupçon d’espièglerie. Je ne tenais pas à m’attirer tout de suite, ni plus tard d'ailleurs, les foudres et les contestations de son estomac.

« D’ailleurs… en parlant de faire les boutiques, j’ai trouvé cela tout à l’heure. » Je fouillai dans mon sac afin d’en sortir les fameuses partitions que je tendis à Louis. La première concernait un concerto pour harpe de George Frederick Handel, la suivante constituait la deuxième Arabesque de Claude Debussy, et la troisième, du même compositeur : une sonate pour flûte, alto et harpe. « Pourriez-vous me dire ce que vous en pensez ? » Ma question n’était pas complètement anodine, car je n’étais pas sans connaître les talents de harpiste du musicien, bien que je ne l’ai encore jamais vu à l’œuvre. Nous avions déjà eu l’occasion d’aborder le sujet. Je lui avais déjà fait part de ma passion pour ce type d’instrument, mais j’avais omis de lui dire que j’en avais une en ma possession et que je m’y étais essayé, du reste. Or, elle avait cette particularité qui me donnait du fil à retordre, et je souhaitai échanger avec lui à ce propos, espérant partager son expérience avisée sur la question. De plus, ces partitions n’étaient pas éditées pour le type de harpe chromatique que je possédais. Je me doutais qu’il me faudrait faire quelques ajustements pour l’interprétation de ces morceaux.
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Message posté : Mar 23 Sep 2014 - 19:11 Message
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Raphaël choisit d'opposer aux questions de Louis les mystères de réponses allusives et nébuleuses. Eh bien, cela pimenterait certainement le début de leur discussion. Il s'était donc trouvé dans les parages ? Voilà qui était fort commode ! Raphaël précisa sa réponse et déclara que le beau temps lui avait inspiré une promenade sur Meadow Street. Louis hocha la tête, la rue était effectivement très agréable à cette époque, et dissimulait quelques échoppes parmi les plus intéressantes de la ville.

Ils marchèrent tout deux et s'éloignèrent du banc et de la statue. Raphaël l'invita pour une promenade et risqua même une insinuation des plus grossières, que Louis n'aurait pas toléré s'il n'avait déjà connu intimement son compagnon de route. « Vous devez bien comprendre une chose : j'ai toujours faim. » C'était à peine exagéré, car Louis avait toujours le cœur bourré d'enthousiasme quand il s'agissait d'aller à table, ou d'aller manger, ou d'aller boire et déguster une collation petite ou grande. Peu lui importait l'heure, le jour, le mois ou la saison, il s'ouvrait volontiers le ventre tant que sa langue pouvait goûter aux délices que les mains énamourées d'un cuisinier avait préparé pour lui. Amuse-gueule, snacks, biscuits, petits fours, canapés, tartines, l'une ou l'autre de ces friandises lui aurait volontiers convenu à cet instant précis, car s'il n'était pas homme à grignoter de ci de là comme un vulgaire écolier trop pressé pour être honnête, Louis n'en demeurait pas moins un gourmand et un jouisseur qui ne se refusait aucun plaisir.  « Mais je conviens qu'il est tôt pour passer à table. Marchons donc. »

La messe était dite, Louis céderait aux convenances cette fois, et n’embarrasserait pas Raphaël en l'invitant chez lui pour un repas si prématuré. Ce dernier lui révéla alors quelque chose, des partitions – Louis le remarqua très vite, et son intérêt s'éveilla quand il eut sous les doigts les feuillets réunis en album où se découvraient les grilles mélodiques et les notes des morceaux qu'ils affichaient. Sans même se fier au titre, il reconnut sans peine le premier concerto. Quant aux deux autres partitions, elles ne lui opposèrent aucune résistance, un seul coup d'oeil suffit à en déterminer la teneur et le compositeur. La patte du cher Claude n'était semblable à aucune autre. Louis s'en saisit donc et n'attendit guère pour répondre à Raphaël – il aurait été vain de se laisser aller à la fausse modestie des pourceaux.

 « Ce sont deux pièces de Debussy et un concerto du pompeux Haendel. Ce dernier est un grand classique, souvent donné en concert car il est d'un raffinement qui séduit les publics même les plus retors. Vous auriez du succès avec cette œuvre même en Espagne, c'est dire. Quant aux deux pièces de Debussy, ce sont également des classiques, encore que l'Arabesque usurpe sa renommée tandis que la sonate soit quelque peu tombée dans le profond sommeil de l'oubli. Je ne parlerai pas du concerto, mais les deux autres partitions sont inaccessibles aux harpistes débutants. Au prix d'un effort, toutefois, l'élève laborieux et sûr de son niveau pourra espérer en tirer quelque chose. » Louis ne voyait pas quoi ajouter sans entrer dans une série de maints détails qui auraient pu ennuyer tout auditeur non mélomane.

Mais il perçut de l'intérêt dans les yeux de Raphaël et il ne lui en fallut pas davantage pour se croire en droit de poursuivre. Alors il parla, longuement, évoqua la genèse de chacun des trois morceaux, mentionna les coliques de Haendel et évoqua les amours déçues de Debussy. Il parla des subtilités rythmiques de l'Arabesque et de la régularité chromatique de la sonate pour mieux revenir aux sobres dorures du concerto. Il digressa un peu pour raconter le style galant en musique et revint sur ses pas pour mieux inscrire les deux opus de Debussy dans l’œuvre complète du génial compositeur. Quand il estima qu'en dire davantage serait susceptible d'agacer Raphaël, Louis se tut et lui rendit les partitions dont il s'était servi comme support pour étayer ses discours.

 « … mais il est inutile que je vous ennuie davantage avec ces vains détails. Pourquoi me montrez-vous ces partitions ? Pratiquez-vous la harpe ? » La question de Louis n'avait rien d'une ironie mesquine. Au contraire, elle était mue par la sincérité la plus heureuse, car il n'avait pas souvent l'occasion de croiser des confrères harpistes. Il eût été fort étonnant de découvrir un Raphaël qui aurait eu ce petit secret-là, lui le conservateur du musée historique de Star City, mais après tout...
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Message posté : Mer 24 Sep 2014 - 12:46 Message
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J’avais déjà connaissance du goût prononcé de Louis pour la bonne chère et les bonnes tables, tout comme j’avais déjà été fortuitement confronté à son appétit d’ogre. J’apprenais maintenant qu’il était homme difficile à rassasier. J’acquiesçais avec le sourire et en pris bonne note. Je partageais son inclination pour la nourriture terrestre, riche de ses saveurs complexes et savamment orchestrées par les mains savantes des meilleurs cuisiniers, que je me faisais toujours une joie de découvrir et redécouvrir. J’étais également capable de manger à toute heure de la journée, bien que contrairement au chef d’orchestre, je n’éprouvais pas ce besoin biologique car ces aliments là étaient incapables de me sustenter. Cela ne m’empêchait pas de m’adonner à ce plaisir, de temps à autres, par pure gourmandise, dans le seul et unique but de réjouir mes papilles et d’affiner mes sens qu’il était agréable d’agrémenter d’une charmante compagnie. Louis étant un fin gourmet, je ne doutais pas qu’il soit en mesure de m’ouvrir des portes sur de nouveaux horizons en la matière.

Mais l’heure n’était pas encore au repas. Je l’invitais donc à se joindre à moi pour une petite promenade dans le parc du Front de Mer. J’avais fais quelques achats qui ne manquèrent pas de susciter son intérêt, j’en avais été d’avance convaincu, et ce fut avec le plus grand plaisir que je l’écoutais disserter avec passion sur ces quelques partitions. A l’image de l’élève laborieux qu’il mentionnait, j’esquissai un sourire espiègle avant de reporter sur lui toute l’attention que méritait mon bel orateur. Je l’écoutais parler, transporté par le son de sa voix, m’amusais de ses anecdotes au sujet de ces compositeurs qu’il connaissait presque personnellement, comme s’il les avait lui-même côtoyé. Je montrais un intérêt encore plus prononcé pour les subtilités techniques des morceaux, posant quelques questions pertinentes afin d’être d’avantage éclairé sur la manière dont lui-même serait susceptible de les interpréter. C’était pour moi un réel bonheur de partager avec lui ses savoureuses digressions sur le style galant en musique ainsi que cet amour pour ce compositeur original qu’était Debussy, dont l’œuvre complète marqua un tournant décisif dans l’histoire de la musique, à l’aune de laquelle naîtraient plus tard le jazz et la musique contemporaine.

Puis il s’interrompit pour me rendre mes partitions. « Oh, vous ne m’ennuyez pas du tout, bien au contraire ! » m’empressais-je de répondre, en toute sincérité. « C’est pour moi un réel plaisir de pouvoir converser avec vous dans un domaine que je ne maîtrise pas. » J’étais un historien, passionné de musique, certes, mais je ne m’estimais pas érudit en la matière. J’avais des connaissances approfondies dans le domaine, liées à mes lectures et aux époques que j’avais traversées. Mais rien de tout cela ne valait le côté rafraichissant de ces échanges captivants que j’entretenais en ce moment avec le chef d’orchestre.

Un nouveau sourire étira mes lèvres tandis que je rangeais religieusement les documents dans ma besace. « Pratiquer ? Oui. Si l’on veut. » répondis-je, avec l’un air d’un élève à l’autodérision sévère, peu confiant de ses propre capacités - qui contrastait quelque peu avec l’assurance naturelle que j’arborais habituellement. En réalité, je me moquais plutôt de ma fausse modestie visant à me faire passer pour un novice, ce qui n’était pas vraiment le cas, de toute évidence. Je n’étais de toutes façons, pas du genre à étaler ma science à tout va, préférant limiter le risque de m’attirer les soupçons de mon entourage. Il m’arrivait assez fréquemment de me dévaloriser volontairement ou de jouer les innocents afin de faire perdurer le leurre quant à mes véritables origines, d’autant plus que cela avait tendance à me distraire.
« Disons que c’est un instrument qui me fascine depuis toujours et dont le son divinement raffiné a le don de ravir mes sensibles oreilles, je dois avouer. » Je ne cachais pas pour autant mon côté mélomane et mes propos n’étaient nullement exagérés d’une quelconque manœuvre visant à me jouer de Louis. « Je crois savoir que vous êtes harpiste ? De quel type de harpe jouez-vous ? » demandais-je avec un vif intérêt.

« Je sais qu’il en existe plusieurs sortes. La plus répandue étant la harpe occidentale ou diatonique que l’on retrouve dans les orchestres symphoniques, celle pour laquelle sont écrites ces partitions je présume ? J’ai également entendu parler d’une harpe chromatique, qui aurait été mise au point pour concurrencer la diatonique à pédales dont il existe peu d’exemplaires aujourd’hui et qui est peu à peu tombée dans l’oubli… Je sais qu’il existe également un type de harpe celtique à l’arc cintré possédant moins de cordes si je ne m’abuse, des harpes plus exotiques comme celle provenant des Andes, les harpes angulaires d’Asie entre autre, et je crois savoir qu’il en existe tout un tas d’autres variétés dont je n’ai plus précisément le souvenir, sans oublier celle que l’on appelle également la harpe japonaise… » énonçais-je avec un enthousiasme passionné. Cette dernière, plus communément appelée Koto, devant laquelle nous avions déjà eu l’occasion d’échanger un peu plus que notre passion respective pour l’instrument en lui-même.

Je m’interrompis à mon tour, interrogeant Louis du regard.
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