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L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère ▬ Andrea

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Message posté : Sam 6 Sep - 19:58 Message
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6 septembre 2014

Les sorties avec Heather devenaient de plus en plus rares, au grand dam de Jonas d'ailleurs. Il essayait de ne plus y penser, autant par désir de se changer un peu les idées, que de ne pas accaparer la jeune femme. Même s'il savait parfaitement que son lien avec elle était forcément très – trop ? – présent, il éprouvait aussi le besoin de lui laisser un peu de liberté. En lâchant du lest, Jonas espérait que sa jumelle allait reprendre du poil de la bête et pouvoir se changer un peu les idées. Il n'était pas idiot : l'ambiance familiale chez les Cooper n'était pas la plus joyeuse ou réjouissante qui soit et, par conséquent, l'humeur de ses membres en pâtissait forcément. Le but était donc de permettre à Heather de profiter de ses moments de libre pour voir d'autres choses ou côtoyer d'autres personnes – et cela même s'il ne les approuvait pas.

C'est donc dans l'optique de se changer les idées de son côté aussi, que Jonas avait pris la décision d'aller se mêler à un regroupement qui avait lieu dans les rues de Star City. L'UNISON préparait apparemment la relève en se servant de journées pour la jeunesse afin de présenter son travail. Enfin, c'était ce qui était arrivé aux oreilles de Jonas. Depuis qu'il gagnait en notoriété, organiser seul ses sorties ou ses rendez-vous était devenu plus compliqué, par conséquent son père lui avait soufflé l'idée d'engager un ou une assistante. Encore une fois, le trentenaire avait considéré que l'idée de son paternel était excellente et s'était lancé là-dedans pour réussir à se dégager du temps et cela avait été inspiré. Moins d'une semaine après avoir engagé cette personne, Jonas avait appris l'existence du regroupement sus-cité. Le nouvel employé était clairement efficace et le trentenaire espérait que cela se poursuivrait.

Après avoir enfilé des habits passe-partout – ne reflétant en rien la richesse des Cooper – Jonas avait gagné le quartier où se déroulerait la journée pour les jeunes. Il ne souhaitait pas provoquer de débat public ou faire quoi que ce soit de ce type, mais Bruce n'aurait pas apprécié que la parole soit laissée aux membres de l'UNISON sans que quelqu'un ne soit là pour leur mettre des bâtons dans les roues. Comme il le disait : il n'allait pas laisser son adversaire principal recruter sous son nez et sans rien dire ! La voiture fut garée plus loin et le trentenaire décida de rejoindre la foule à pied. Même si son visage commençait à devenir un peu plus connu, surtout depuis le débat télévisé, il n'était toutefois pas stoppé tous les dix mètres par des fans ou des détracteurs en folie. En bref, le Cooper se fondait bien dans la masse et personne ne devait se dire qu'il s'amuserait à se balader ainsi et sans sécurité, comme quoi les gens ne le connaissaient vraiment pas au final.

Ses pas finirent par le mener non loin du stand de l'UNISON, ou plutôt de la zone où les agents conversaient avec les jeunes. C'était censé être une journée pour permettre aux adolescents du quartier de trouver des métiers qui pourraient les intéresser et rares étaient les entreprises, publiques, privées ou gouvernementales, à ne pas en avoir profité. Il y avait même des journalistes du Herald si Jonas ne se fourvoyait. Arrivé sur place, son regard clair sonda tout d'abord la zone pour essayer de jauger la situation, puis il s'arrêta sur une silhouette qui lui semblait familière. Une femme de dos et ce qu'il voyait ne lui rappelait rien de bien particulier – il put simplement constater qu'elle n'avait pas besoin de ces push-up pour mettre son fessier en valeur. Passant outre ce détail, son attention se concentra sur le visage de la femme qui lui apprendrait certainement bien plus que le haut de ses cuisses et c'est lorsqu'il détailla ses traits que le souvenir du Texas lui revint en mémoire. Une amie de Charlie Lane. Une fille avec qui le courant n'était jamais trop bien passé d’ailleurs. Andrea Parker, croyait-il se souvenir. Jonas avait toujours eu la mémoire des prénoms et bénissait ce « don » compte tenu de son métier où les gens aimaient être reconnus au premier coup d’œil. Il se souvenait de pas mal de choses à son propos et avait eu vent d'autres rumeurs plus actuelles. Une chose était sûre : c'était un signe du destin et il devait s'en servir pour animer un peu la zone !

Arborant une expression neutre agrémentée d'un léger sourire poli – et totalement faux – il s'approcha finalement de la jeune femme qui se tourna vers lui, s'imaginant certainement avoir affaire à un jeune en recherche d'explications. Mais ce n'était pas le cas et, avant qu'elle ne se débine, le trentenaire décida de la harponner.

« Andrea Parker ! C'est drôle de te revoir ici, je ne savais pas que tu avais quitté le Texas. » En fait si, il était parfaitement au courant. « Tu travailles pour l'UNISON ? » Son regard dévia en direction des environs avant d'en revenir à elle. « C'est bizarre, je pensais que tu étais quelqu'un de sensé à l'époque où on s'était rencontrés. »

Oui, il était clairement en train de sous-entendre qu'elle devait être idiote ou incompétente pour bosser pour cet organisme, mais comme il ne le disait pas clairement, la jeune femme ne pouvait rien lui reprocher. Sauf si elle aimait aussi jouer sur les sous-entendus bien sûr, en quel cas il serait ravi de débattre plus longuement avec elle.
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Message posté : Sam 6 Sep - 21:30 Message
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Ça faisait quelques années maintenant qu’Andrea faisait partie de la grande organisation internationale, et il allait s’en dire qu’elle appréciait évoluer en son sein. Elle avait dans les premiers temps œuvré en tant qu’enquêtrice, puis avait rapidement été chargée de la supervision d’une division d’agents d’élite qu’elle avait conduite du mieux qu’elle l’avait pu. Elle avait combattu à leurs côtés et aux côté des forces armées lors des événements de la zone 21, avant de devenir elle-même l’un des bras de l’UNISON. Il pouvait être dur, parfois, démoralisant, il pouvait y avoir des pertes et des chagrins. Mais elle aimait son métier, elle aimait se sentir utile. Elle aimait à penser que le poids de ses efforts pouvait contribuer à rendre le monde meilleur, même si, au fond d’elle, une petite voix lui intimait que la route à faire était encore longue. C’est pour ça que, lorsqu’on avait fait tourner au sein de son équipe un manifeste qui expliquait qu’allait se tenir une journée des enfants, la jeune femme s’était spontanément présentée pour y représenter l’UNISON et son quotidien. Et qui sait, peut-être en inspirerait-elle certain ?

À cette pensée, un sourire avait ourlé ses lèvres tandis qu’elle ajustait savamment les mèches bouclées de ses cheveux encore humides, et éclaircissait ses prunelles d’un prune soutenu sur le revers de sa paupière. Elle avait laissé son uniforme au placard pour la journée, se contentant du plus sobre des tailleurs, mais avait tout de même pensé à ramener son uniforme au QG, en vue de l’exposer aux jeunes qui se présenteraient à leurs stands. Un long soupir poussé, la jeune femme avait miré une dernière fois son reflet sur la vitre embuée et, réajustant le badge qui pendait à sa taille, était sortie de son appartement. Elle avait mis un temps certain à rallier la place où se tenait le rassemblement, et plus de mal encore à trouver une place ; Le monde qu’avait attiré la célébration rendait compliqué le stationnement, y compris pour les exposants. Au bout d’une vingtaine de minutes, l’agent avait déniché une place et avait rallié son stand déjà assailli d’enfants et d’adolescents. Saluant ses collègues déjà présents chaleureusement, Andrea s’était enfin installée à l’accueil de leur emplacement et attendit que les premiers timides daignent s’approcher. Il était neuf heures passé.

Une bonne partie de la journée s’était écoulée quand elle avait jeté un coup d’œil à l’écran de son téléphone, lequel lui indiquait qu’il était quatorze heures, ce qui signifiait qu’il lui restait encore quelques heures avant d’être relevée par un autre agent de l’Escouade. Sans qu’elle ne le remarque vraiment, la matinée avait filé en un clin d’œil, rythmée par les questions des enfants et les échanges qu’elle faisait ponctuellement avec ses pairs de l’organisation. Rapidement, la satiété du café qu’elle avait avalé en se levant avait laissé place à une faim croissante et la jeune femme voyait arriver d’un bon œil l’instant où il lui serait possible de s’éclipser pour profiter d’une pause repas dûment méritée ! Fort heureusement, on lui avait concédé que ça ne tarderait pas. En effet, le flot des visiteurs avait déjà commencé à se clairsemer, alors que la plupart d’entre eux s’étaient dirigé vers les stands-buvette qui proposaient des menus à des sommes très modiques. La deuxième vague de visiteurs n’arrivant probablement que sur les coups des quinze heures, ils disposaient d’une heure de battement avant que leur présence ne soit de nouveau nécessaire. Par ailleurs, deux de ses collègues s’étaient déjà absentés le temps d’aller chercher à manger, laissant le stand entre les mains d’Andrea et d’un agent qu’elle n’avait jusque-là jamais croisé.

Elle s’était tournée pour arranger les flyer que la section communication de l’organisation leur avait fournis quand elle avait senti une présence dans son dos. Pensant qu’il s’agissait d’un nouveau visiteur, Andrea s’était retournée sourire aux lèvres avant de porter ses yeux sur le visage de l’individu. Et son sourire se figea aussitôt, et son sang ne fit qu’un tour, quand elle reconnut de qui il s’agissait ; À son sourire aussi faux que carnassier, à la blondeur de ses cheveux et à l’expression de son regard, il ne lui avait fallu qu’une fraction de seconde pour le reconnaître, et intérieurement, la jeune femme maudit tout ce qui l’avait poussée à vouloir participer à cette journée pour la jeunesse. Combien de chances qu’elle tombe sur LUI, la personne qu’elle devait le moins apprécier de toute cette ville ? Sans doute pas des masses, surtout qu’elle ne voyait pas quelle raison pouvait l’avoir poussé à se joindre à un tel rassemblement, à son stand, si ce n’était pour des raisons non louables. Il n’était pas un enfant, du moins aux dernières nouvelles. Son simple salut lui confirma bien ce qu’elle pensait. Ainsi, il voulait jouer ? Pourquoi pas. La journée manquait de piment, de toute façon.

Faussement, elle sembla mettre quelques instants le reconnaître. « Jonas Cooper, c’est bien ça ? Sourit-elle avec hypocrisie. Désolée, j’ai tendance à ne me souvenir que des gens intéressants, laissa-t-elle éclater dans un éclat de rire, franc, celui-là. Et oui je travaille pour l’UNISON, comme quoi ! Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Elle prit une pause entendue, laissant un sourire en coin naître au creux de ses lèvres. Qu’est-ce qui t’emmène ici sinon ? » Franchement, t’as rien d’autre à foutre de tes journées que de venir nous emmerder ? Se retint-elle de lâcher, amusée d’une certaine façon. Ah, les vieilles rancunes avaient la vie dure… Car, en toute objectivité, la jeune femme doutait que Jonas ne soit venu pour une autre raison que le simple fait d’avoir le plaisir de jeter de l’huile sur le feu. Ce qu’elle espérait cependant, au fond d’elle, c’est que ni l’un, ni l’autre, n’aille trop loin.
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Message posté : Dim 7 Sep - 11:32 Message
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Jonas ne s'était pas attendu à avoir droit à un sourire ravi de la part d'Andrea, il avait toujours parfaitement compris que la jeune femme ne pouvait pas l'encadrer. Tant mieux, parce que c'était réciproque. Finalement, mis à part Charlie, l'on pouvait dire que le trentenaire n'avait jamais été capable de blairer les texans. Ils étaient un peu trop... rentre-dedans ? C'était le terme en effet, toutefois le Cooper ne tenait pas à passer pour plus raciste qu'il ne l'était déjà et s'abstint de souligner ce point. S'il avait envie de la remettre à sa place – et non parce qu'elle lui répondait sur le même ton, mais simplement parce qu'elle l'irritait en tant que personne – il le ferait vis-à-vis de l'UNISON et rien d'autre. Quoique... quelque chose lui était récemment arrivé jusqu'aux oreilles concernant la jeune femme et une autre personne de sa connaissance et il comptait bien l'exploiter.

Le trentenaire laissa donc la brune le provoquer ouvertement avant de l'interroger sur la raison de sa présence ici. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il venait voir ce que les jeunes faisaient, tout simplement. Le Daily Herald avait aussi un petit emplacement pour essayer de sensibiliser les jeunes au métier de journaliste économique – entre-autre – et il était donc naturel qu'il puisse s'intéresser au reste des stands, non ? Bien sûr, qu'il soit devant celui d'un organisme qu'il méprisait ouvertement et publiquement n'était qu'un pur hasard.
Son sourire ne le quitta pas tandis qu'il répondait à Andrea, la regardant droit dans les yeux comme pour lui faire comprendre qu'elle ne l'inquiétait pas.

« Le Herald a aussi un stand ici, je suis venu voir comment ils s'en sortaient et j'en ai profité pour faire le tour. » Il détourna brièvement son regard pour observer les environs avant d'en revenir à elle. « Tu sais, c'est ce que les gens font normalement lorsqu'ils s'intéressent à ce qui les entoure. Mais c'est vrai que ce n'est pas trop votre spécialité à l'UNISON, ça n'a certainement pas été inclus dans ta formation. » Son sourire s'accentua légèrement comme si l'idée l'amusait réellement. « Et on peut dire que tu as toujours été assez hostile aux nouveautés si je me base sur l'époque où l'on s’est rencontrés. »

Par là, il voulait dire qu'à l'époque où ils avaient fait connaissance, c'était par le biais de Charlie Lane et qu'elle avait été distante dès le premier instant. Peut-être parce qu'il était étranger, certainement à cause de son caractère. Au fond, Jonas s'en moquait, il n'avait jamais cherché à être accepté par les amis de l'avocate, mais s'il pouvait s'en servir pour la faire passer pour une raciste doublée d'une personne hostile aux nouveautés, c'était toujours ça de gagné. Bien évidemment, comme lors de tous les débats qu'il faisait, le Cooper prenait soin de garder une intonation très avenante. Les gens ne pouvaient pas lui reprocher de manquer de chaleur ou de sympathie dans sa voix, même si les mots prononcés ne reflétaient évidemment pas cette prétendue gentillesse. C'était là toute la subtilité de son métier – parce qu'en effet, s'en était un d'après lui.
Après un bref silence, il enchaîna.

« Mais maintenant que tu me parles des gens intéressants, c'est vrai que tu as une notion bien particulière de ce mot. Enfin, si je me base sur les relations qu'il te reste de l'époque. » Il eut un sourire compatissant. « J'ai revu Charlie et elle m'a dit qu'apparemment vous ne vous parliez plus. » C'était faux, il l'avait appris autrement. « Par contre, j'ai entendu quelques rumeurs à propos de tes fréquentations avec les Veidt. Mais c'est vrai qu'un type qui collectionne les conquêtes et s'affiche en première page des magazines pour les jeunes, c'est plus intéressant qu'une avocate qui fuit les médias. » Il ne parlait pas de lui, évidemment. « C'est pour ça qu'ils t'ont choisie ? Parce que les jeunes ont une chance de te voir bientôt en première page des magazines ? » Lorsqu'Adriel se sera lassé d'elle en somme. « À ce compte-là, je suis plutôt content que tu ne te souviennes pas de moi. »

Il eut un léger rire comme si c'était vraiment ainsi qu'il la percevait : une fille superficielle qui ne s'intéressait aux gens que parce qu'ils étaient riches et aimaient la publicité. Charlie Lane avait beau être célèbre, elle fuyait les médias et ne vivait pas dans un beau château. Lui-même était peut-être riche, mais les Cooper maîtrisait les médias et refusaient de se donner en spectacle comme d'autres personnes. En somme, il la dénigrait et remettait en doute sa valeur d'agent.

« J'ai entendu dire que depuis que Thunder a critique l'UNISON à la télévision, vos recrutements ne sont pas au beau fixe. »

Il faisait référence au débat télévision qui avait eu lieu et au cours duquel le fils du Commander avait clairement souligné plusieurs gros défauts inhérents à l'UNISON – le tout afin de défendre la Légion. Bien sûr, les chiffres des recrutements n'avaient pas réellement soufferts, mais c'était une manière comme une autre de provoquer Andrea pour la pousser à s'emporter.
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Message posté : Mar 9 Sep - 1:20 Message
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La journée aurait pu se passer bien si ça n’avait été que pour l’événement qui avait rassemblé les citoyens de la ville des supers et leurs progénitures. Tout s’était bien déroulé, jusque-là, et Andrea avait bien entendu qu’elle continue ainsi jusqu’à ce qu’elle puisse être relevée par l’un de ses équipiers de l’Escouade et retourner chez elle. Si ce n’était que pour les enfants. Mais non, il fallait qu’un incident – car c’était bien ce qu’il était à ses yeux – vienne tout chambouler. Le courant n’était jamais bien passé entre eux, ça allait s’en dire. C’était peut-être parce qu’elle avait clairement vu dans le jeu qu’il avait joué avec Charlie quand ils étaient encore au Texas. C’était peut-être sa gueule, tout simplement, qui ne lui revenait pas. Ses manières de bourge hypocrite qui lui tapait sur le système. Au fond, elle n’en avait cure. Sa simple présence avait le don de la contrarier, comme si chacune de ses expirations pouvaient vicier l’air autour d’eux, et c’était tout ce qu’elle avait besoin de savoir.

En temps normal, elle l’aurait simplement ignoré et aurait passé son chemin. Contrairement à lui, Andrea avait depuis longtemps dépassé le stade des enfantillages et n’avait pas envie – plus que de raison – de s’importuner de sa présence. Ça aurait été comme souffrir du bourdonnement d’une mouche ou le caquètement d’une poule, ça n’avait pas d’intérêt. Aujourd’hui était différent. Il venait devant le stand de l’UNISON – une organisation que son canard de buvette méprisait ouvertement – la provoquer elle, sans doute dans le but de faire sortir de ses gonds et par-là de nuire à sa réputation et à celle de son employeur. Mais elle ne lui donnerait pas se plaisir.

« Et ça marche comment ? » Elle doutait sincèrement du succès qu’ait pu rencontrer le stand Daily dans une manifestation telle que celle-ci. Certes, ils y étaient représentés en leur qualité (encore que ce fut un grand mot pour des baveux de leur genre) de journaliste et ne devaient somme toute pas mêler leurs opinions politiques à ça. Mais le journal avait acquis une réputation de frondeur traditionnaliste dont il peinait à se départir, et qui devait en rebuter plus d’un. Mais après tout, peut-être se trompait-elle. Sa remarque sur elle et sur l’UNISON lui glissa littéralement dessus. « Oui, ce qu’ils font aussi juste avant de devenir intrusif et de s’ingérer de tout. » Lui répondit-elle en se fendant d’un rayonnant sourire, tout à fait équivoque sur ce qu’elle pensait des gens comme lui. « J’aurais bien voulu y faire un tour moi aussi, mais j’en ai pas vraiment eu le temps. » Ce qui n’était pas loin d’être vrai. Leur stand avait été assailli une bonne partie de la matinée, et elle n’avait pas eu une minute à elle. Son sourire s’élargit un peu plus lorsqu’il argua qu’elle avait toujours été hostile aux nouveautés. Vraiment, lui, lui disait ça ? L’homme dont la gazette était connu pour être l'un des journaux les plus conservateurs de Star City ? Elle aurait tout entendu. « Venant de toi ça doit être un compliment, non ? » Éclata-t-elle de rire. Avec la réputation de réactionnaire qu’il se tapait, lui, sa famille et son journal, il aurait pu difficilement lui faire croire le contraire.

Aussi étrange que cela puisse sembler, Andrea ne s’offusquait nullement de sa présence ou de ce qu’il pouvait bien lui dire. Elle n’en avait pas vraiment grand-chose à faire qu’il s’en prenne à elle, la jeune femme n’étant pas du genre à s’emporter face aux critiques qui la concernaient. Elle préférait de loin ignorer, si elle en avait l’occasion. Cependant, lorsqu’il commença à parler de son entourage, la métisse ultime ne vit plus les choses d’un si bon œil ; S’il était des choses qui l’insupportaient, c’était qu’on s’en prenne à ses proches d’une façon ou d’une autre, ce qu’il commençait sensiblement à faire.

« Je me suis proposée, pour être là. Elle ne ressentit pas le besoin d’en ajouter plus, considérant qu’il était inutile de lui fournir du grain à moudre. L’espace d’un instant, elle chercha comment arranger le fil de ses pensées puis se dit que la meilleure façon de faire restait la spontanéité. Tu sais, il peut arriver que les gens changent et que les choses ne soient pas toujours ce qu’elles semblent être. Pas lui, visiblement, et c’était ce qu’elle sous-entendait. Le changement était un concept qui semblait le dépasser et de très loin. Ce qui se passe avec Charlie ne te regarde nullement, d’ailleurs, si je puis me permettre. Les choses étant dites, elle sourit. Quant à ce que tu as pu entendre sur les Veidt, tu connais le proverbe sans doute… Entre rumeur et tumeur,… une seule lettre diffère. La rumeur est un cancer de la parole. Et elle le pensait le plus sincèrement du monde. Il utilisait les coupons des magazines choc pour la provoquer, mais Andrea savait très bien que lui-même n’y accordait que peu de crédit. Je ne m’intéresse pas aux on-dit, pas plus qu’aux personnes les colporte, qui s’en tiennent à leurs acquis ou qui s’arrêtent sur les apparences pour fonder leur jugement. »

Voilà qui était dit. Il pouvait bien en faire ce qu’il voulait, elle s’en fichait bien. Au moins Andrea avait-elle eu l’audace d’être la plus sincère du monde depuis cette joute verbale vaine, mais intéressante. Il pouvait bien la targuer de superficielle, fort était de constater qu’il l’était au moins autant qu’elle ne pouvait l’être. Et c’était tout ce qui l’intéressait pour le moment, de n’être sur rien d’autre qu’un pied d’égalité avec lui, car il était bien entendu hors de question qu’elle le laisse lui marcher dessus. Quand bien même n’avait-elle que faire des rumeurs, elle n’allait pas tolérer ça pour autant. « Je n’ai rien eu vent de tel. Nous démarchons nos potentielles recrues et non l’inverse, et d’aucuns savent reconnaître ce que l’organisation a apporté au monde et veulent se mettre à son service. » Ce n’était bien entendu pas le cas de tout le monde et, en l’occurrence, pas le sien. « Mais c’est d’un barbant, parlons d’autre chose ! Comment se profile le mariage de ta sœur ? » Elle prit un air faussement innocent. Comment l’avait-elle appris ? Aucun moyen de s’en souvenir. Probablement un quelque chose qu’elle avait lu, ou qu’on lui avait glissé à l’oreille. Au fond, elle n’en avait cure.
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Message posté : Mar 9 Sep - 14:21 Message
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Jonas avait été habitué depuis sa prime jeunesse à se retrouver dans des discussions avec des personnes qui lui étaient hostiles. C'était un peu navrant à dire, mais il comptait certainement plus de détracteurs que d'admirateurs en ce bas monde et Andrea Parker ne serait donc qu'une personne de plus au milieu du lot. Tout cela pour dire que les critiques sous-entendus qu'elle lui glissa ne le perturbèrent guère et n'atténuèrent pas le sourire de façade qu'il arborait en permanence. Que son interlocutrice devine que c'était du flanc ou non, il s'en contrefoutait : l'avis de personnes comme la texane ne l'intéressait pas franchement. Elle n'avait jamais rien eu qui puisse l'intéresser et si elle n'avait pas été l'amie de Charlie Lane à l'époque où Jonas la fréquentait, il ne lui aurait certainement jamais adressé la parole. Du coup, considérant le fait que seul les avis des gens qui avaient de l'importance pour lui valaient la peine d'être considérés, le trentenaire ne se souciait pas franchement des paroles de la femme face à lui. Il resta tout de même poli en répondant à sa question sur le succès du Herald.

« Oh, très bien figure-toi. Il y a déjà plusieurs futures journalistes qui ont signé à ce qu'il paraît. »

Parce que, mine de rien, même si le Herald n'avait pas une excellente réputation au sein des habitants de la ville issus des quartiers pauvres – voir moyens – il restait LE journal économique le plus lu à Star City. Les hommes d'affaires se basaient souvent sur les données et statistiques qui y apparaissaient parce que le quotidien pouvait se targuer de fournir des données exactes et non de publier ce qui les arrangeait. Et depuis qu'Heather et Jonas essayait d'approcher les jeunes et les citoyens des classes moyennes, les tirages du journal avaient légèrement augmenté. Hasard ou effet positif ? Il ne le savait pas, mais dans tous les cas, Jonas ne voyait pas le quotidien géré par son père comme « dans le besoin » et la question, loin d'être innocente, de son interlocutrice le laissait donc amusé.

Laissant ce sujet de côté, le trentenaire écouta avec une attention non feinte ce que la texane lui disait. Elle le provoquait ouvertement et il s'en moquait bien. Il n'avait jamais été touché par les avis des autres. Pourquoi seriez-vous anéanti en apprenant qu'une personne que vous perceviez comme un simple mouton, vous voyait comme une enflure ? Si Andrea lui avait lancé qu'elle le haïssait, il n'en aurait pas été plus perturbé. Elle ne représentait rien pour lui, si ce n'était un divertissement passager et une manière de tester les limites des agents de l'UNISON. C'était une texane et sans s'arrêter aux idées reçues, elle devait certainement être plus prompte à s'emporter que les autres agents présents sur le stand. Enfin, il l'espérait.
Finalement, le seul moment où Jonas perdit un peu patience – sans que cela ne se voit, toutefois – fut lorsque cette garce s'autorisa à parler de Heather. Pour qui elle se prenait ? Le mariage n'était pas annoncé publiquement, mais il y avait eu plusieurs rumeurs à ce sujet et si elle écartait les cuisses pour les Veidt, il n'était pas étonnant qu'elle puisse être au courant de ce détail. Le sourire du trentenaire s'élargit légèrement alors qu'il la corrigeait.

« Jumelle. Pas sœur. Mais tu ne peux pas comprendre, tu es fille unique je crois ? » Autrement dit, elle ne savait pas ce que c'était que d'avoir une véritable famille. « J'en conclus que les rumeurs sur toi et Adriel doivent être véridiques étant donné que cette information n'a pas été communiquée aux médias. Il n'y a que les familles concernées et leurs partenaires en affaires qui sont au courant. » Il pencha légèrement la tête sur le côté, comme sur le coup de la réflexion. « Sauf si l'UNISON s'amuse à surveiller ma famille ? » C'était une question rhétorique, aussi enchaîna-t-il rapidement. « Mais ne t'en fais pas, je ne me fie pas aux rumeurs. Tu le saurais si tu lisais le Herald : chez nous, on met un point d'honneur à ce que les informations soient vérifiées avant d'être communiquées. »

Autrement dit, s'il abordait ce sujet, c'est qu'il devait avoir entendu quelque chose à ce sujet... à moins qu'il ne se contente de la provoquer ? Bonne question. Jonas avait bien l'intention de la titiller sur les sujets « épineux » et le fait qu'elle était rapidement passée sur son lien avec Charlie ne faisait que confirmer qu'elle n'avait pas envie d'en parler. Autant faire le contraire.

« Apparemment j'ai touché un point sensible en parlant de Charlie. Ça ne me regarde pas directement, mais c'est elle qui m'avait parlé de toi la fois dernière, c'est pour ça que je me posais la question. » Il haussa les épaules. « Tu m'as toujours fait l'impression d'être une femme avec un minimum de plomb dans la cervelle, ça avait été confirmé lorsque j'avais entendu parler des distances que tu prenais avec Adriel. Même Charlie m'a dit que ce n'était pas quelqu'un de fréquentable. » Ses paroles restaient très polies. « Ma sœur et Heather pensent de même, puis vu qu'il fréquente les mannequins du genre... sans grande capacité de réflexion, ça m'a toujours étonné que puisses l'apprécier. » Autrement dit, elle en avait un peu plus dans la cervelle. « Mais tu as raison, les gens changent. Après tout, tu bosses pour l'UNISON. »

Donc son Q.I. devait être proche de celui d'une moule ou d'un bulot. Il avait, bien évidemment, soigneusement évité de répondre à la question qui concernait le mariage de sa jumelle et ne comptait pas entrer dans ce jeu-là. Elle pourrait insister autant qu'elle voudrait. Jonas aiguilla d'ailleurs le sujet sur un autre point.

« Tu n'avais pas regardé le débat que Thunder a fait ? » Lui aussi y était, mais il axa sur le jeune homme. « Il n'a pas franchement eu des paroles tendres pour votre organisme. J'en viens à me demander comment vous espérer vous en sortir éternellement si même les autres organismes qui emploient des Supers n'approuvent pas ce que vous faites. » Il sourit légèrement. « Mais bien sûr, c'est toujours moins drôle de leur taper dessus que de critiquer le Herald. »

Autrement dit, elle léchait les bottes de la Légion des Étoiles et crachait sur le Herald alors qu'ils disaient approximativement la même chose. Oui, il remettait son honnêteté en doute. Elle avait trop de ressentiments à l'égard du journal de sa famille pour parler en toute neutralité. Le coup typique des avocats – même s'il ne l'était pas – il y avait des restes de ses études de droit.
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Message posté : Jeu 11 Sep - 1:00 Message
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Un sourire vrai – aussi incroyable que ça puisse paraître – ourla les lèvres de la jeune femme lorsque son interlocuteur lui apprit que de leur côté, le recrutement se passait bien. En toute honnêteté, Andrea ne l’aurait pas pensé un seul instant ; Non pas à cause de ses à priori sur le journal, mais bel et bien parce qu’elle doutait du fait que leur alignement politique ne joue pas en leur défaveur, et surtout parce que l’aspect économique pur et dur avait certainement de quoi rebuter. Quel jeune adolescent pouvait bien désirer faire du journalisme pour parler thésaurisation ? Mais après tout, s’il y en avait, tant mieux pour eux ! La jeune femme mit un point d’honneur à cette discussion en lâchant un « Bonne nouvelle pour vous » des plus sincères. Parce que oui, elle le pensait.

Leur petite conversation se poursuivait à bon train et ils se plaisaient à enchaîner les pics acerbes et les remarques en l’air dans une gymnastique ardue et toute en tension. Le moindre faux pas et l’autre assaillait, inlassablement. Andrea n’était pas une habituée du genre, préférant de manière générale écourter les conversations qui la désintéressaient ou l’ennuyaient. C’était bien parce qu’il était venue la provoquer ouvertement devant son stand qu’elle prenait sur elle de lui répondre avec équité, et si elle avait eu les moyens de partir, elle l’aurait probablement fait. Mais non, aussi profitait-elle de sa présence absolument fortuite pour se divertir quelque peu. Car à vrai dire, leur petite joute verbale l’amusait autant qu’elle l’agaçait ; Elle n’aimait pas qu’il prétende la connaître à travers ses relations, et encore moins qu’il se permette de la juger au travers d’elles, de son côté, quoiqu’elle n’en montre rien. Après tout, lui montrer aurait été prouver qu’elle avait quelque chose à faire de ce qu’il pensait et lui donner, ce qui n’était pas le cas, elle s’en fichait. Ce qui ne serait pas le cas, car elle refusait de lui donner raison d’une quelconque manière que ce soit. D’un autre côté, elle aimait avoir à lui répartir, c’était un exercice intéressant et, il fallait l’avouer, proprement imprévisible.

Par exemple, l’agent savait pertinemment avoir tapé dans le vif avec sa question sur le mariage d’Heather Cooper, bien qu’il n’en montre rien. Ce n’était pas étonnant, quand on savait dans quelles conditions ça s’était fait et surtout la relation – fusionnelle – qui existait entre les jumeaux. « Jumelle, se corrigea-t-elle avec un sourire. Et oui je suis fille unique, en effet. Un problème avec ça ? » Rit-elle. Peut-être se pensait-il supérieur parce qu’il avait partagé un utérus avec un autre individu. Quelle vanité de ne se définir qu’au travers d’une autre personne. « Peut-être, peut-être pas. J’en ai entendu parler, c’est vrai, mais je ne pensais pas que ce fut réellement le cas. Jusqu’à maintenant en tout cas... D’ailleurs, je suis étonnée de ne pas la voir, vous apparaissez toujours ensembles ! » Elle ne croyait guère aux rumeurs, surtout dans ce milieu-là, surtout quand il était question de mariage arrangé, et surtout lorsqu’il était question des jumeaux Cooper. Elle pouvait bien ne pas encadrer Jonas, le considérer comme un fils à papa hypocrite et perfide, s’il était une chose qu’elle lui reconnaissait bien volontiers, c’était l’amour qu’il portait à sa sœur. Jumelle. Triste amour, au fond, puisqu’il faudrait bien un jour que leurs chemins se séparent. « Comme tout journal qui se respecte, oui. Sourit-elle d’une œillade appuyée. Il serait dramatique que le fils de l’éditeur n’en fasse pas autant. »

Comme pour la provoquer, sûrement parce qu’il avait mal compris la raison pour laquelle elle lui avait dit que ça ne la regardait pas. Son sourire s’élargit, tandis qu’il s’enfonçait un peu plus profondément dans le sujet Charlie, s’étonnant presque à l’aveu du demi… Non, disons, sixième de compliment qu’il lui faisait. Ah, alors il ne l’avait pas toujours considérée comme une pimbêche sans cervelle ? Bon à savoir. La jeune femme approuva vigoureusement lorsqu’il confirma que les gens pouvaient changer, même si elle désavoua absolument son avis sur l’UNISON.

« Tu te trompes, comme pour appuyer ses dires, elle secoua la tête simultanément, Charlie n’est pas un sujet sensible. Même si elle devait concéder que ça en avait tout l’air. Je lui passerai ton bonjour la prochaine fois que je la vois, si tu veux. » Ajouta-t-elle dans un grand sourire, avant de changer de sujet. Un sujet beaucoup plus délicat. Andrea savait que, à bien des égards, sa relation avec Adriel serait son point faible, mais elle ignorait qu’elle devrait en subir les répercussions si rapidement. « Comme je te l’ai dit Jonas, les gens changent. Et parfois, il faut savoir accorder une deuxième chance. Réflexion qui s’appliquait également à eux, quoiqu’elle refuse de l’admettre. Et si ça devait se retourner contre moi, j’en assumerais les conséquences comme il se doit. » Elle éclata de rire à sa dernière répartie, amusée de voir à quel point il prenait plaisir à taper sur l’UNISON. Une galéjade encore et toujours répétée qui ne cessait jamais de la faire rire. « Mais qu’as-tu donc contre l’UNISON ? » S’exclama-t-elle. Question rhétorique, ça allait de soi.

Tandis qu’il dirigeait leur conversation sur un autre sujet, Andrea se demanda vaguement ce qui avait bien pu se passer pour qu’ils en viennent à se détester à ce point. Fondamentalement, il ne lui avait jamais rien fait personnellement – si ce n’était considérer son amie comme un bouche-trou – et elle ne lui avait jamais rien fait non plus. Se pouvait-il qu’on déteste à ce point quelqu’un juste par incompatibilité ?

« J’ai entendu parler du débat, mais je n’ai pas pu y assister non. Elle fit une pause, laissant un léger silence s’installer. La légion est, a toujours été, et sera probablement toujours le plus puissant allié de l’UNISON. Thunder est peut-être le leader de la Team Alpha, mais il reste un électron libre, et je doute que son jugement soit également celui de son père et des autres héros de la Légion. » Elle fit une nouvelle pause. « Il n’est pas plus la Légion que je ne suis l’UNISON. » Sourit-elle enfin. Jonas pouvait bien en faire ce qu’il voulait, c’était un fait. Andrea n’avait pas toujours accepté les méthodes de l’organisation, ce qui ne l’avait jamais empêchée de s’y dévouer. Ce qu’elle faisait, elle le faisait parce qu’elle aimait à se sentir utile, ce qui expliquait aussi qu’elle se trouve ici aujourd’hui. Encore qu’elle commence à le regretter quelque peu.
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Message posté : Jeu 11 Sep - 13:52 Message
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Jonas n'avait pas de problèmes avec les gens qui étaient enfants uniques, mais disons qu'il voyait cela d'un œil un point moins enthousiaste. Élevé dans une famille avec plusieurs enfants, il avait pris cet exemple pour vérité. De plus, les familles conservatrices avaient pour habitude d'être toujours assez peuplées et par conséquent, les enfants Cooper avaient été élevés en considérant qu'ils allaient être à la tête de familles nombreuses. Bien sûr, depuis que le mariage d'Heather était en marche et qu'ils avaient appris qu'elle possédait un gène mutant, Jonas n'avait plus très envie d'avoir de progéniture. Autant être honnête : sa jumelle partageait des gènes en commun avec lui et si elle était métahumaine, il n'était pas impossible que ses propres enfants le soient aussi. Publiquement, les Cooper n'avaient jamais rien eu contre les mutants, mais Jonas avait toujours gardé une profonde hostilité à leur égard, même sans en connaître les véritables raisons – si ce n'est la jalousie.

Il s'agissait là d'un sujet qu'il n'avait pas envie d'aborder et cette fouine lui rappela qu'il était là tout seul alors qu'Heather l'accompagnait toujours à l'accoutumée. Son absence était déjà suffisamment pesante pour qu'il n'ait pas besoin de se la faire rappeler par une nana qui tombait sous le « charme » d'un gars qui avait déjà couché avec la quasi-totalité de la population féminine de Star City. Sa réponse fut donc brève.

« Elle est très occupée. Et puis tu le dis si bien : les gens changent. »

Étant jeune, Jonas avait considéré qu'à la trentaine, Heather et lui-même devraient se séparer « un peu » pour fonder leurs propres familles, mais maintenant qu'il y était, il ne pouvait pas l'envisager. Malheureusement, sa jumelle changeait tout de même. Elle n'allait pas épouser un riche héritier sans cervelle – il y mettait un point d'honneur – mais pire que cela, elle semblait s'attacher à quelqu'un d'autre. Jonas n'avait jamais été jaloux ou possessif, mais il s'était fait à l'idée qu'elle n'aimerait pas son mari et là... c'était différent.

Quoi qu'il en soit, le trentenaire préféra oublier cet épisode pour se concentrer sur la suite alors qu'Andrea souriait pour lui annoncer qu'elle était encore en très bons termes avec Charlie. Tant mieux ou non ? Il ne le savait pas vraiment. Jonas avait bien compris qu'il ne serait jamais très lié avec la texane, du coup l'idée que son ancienne meilleure amie revienne dans sa vie ne lui faisait ni chaud ni froid. Quoique... et si elle se mettait en tête de la recruter ? L'idée était inenvisageable ! Jonas ne reprit la parole qu'au terme des répliques de son interlocutrice.

« La Légion et l'UNISON ne fonctionnent pas sur le même système, je ne te l'apprends certainement pas. » Ce fut à son tour de sourire légèrement. « Le Commander n'est pas le chef, mais le représentant de la Légion. Thunder s'était présenté au débat comme « parole de la Légion », donc techniquement, ce qu'il dit est considéré comme l'avis du groupe qu'il représente. » Il n'inventait rien, c'était les bases du droit. « Tu vois, c'est un peu comme lorsque certaines personnes disent que le fils de l'éditeur du Herald doit avoir un comportement exemplaire et cela même si je n'ai aucun lien avec le journal. » Elle l'avait dit quelques instants plus tôt et cette réplique lui était destinée. « Alors, je crois que les paroles de notre jeune ami représentaient bien l'avis de la Légion et non le sien. Puis, il représente le futur après tout. La team Alpha n'est qu'un tremplin pour intégrer la Légion. »

On ne pouvait pas dire que Jonas ne connaissait pas son sujet. Il avait étudié avec soin le passé de la Légion ainsi que de l'UNISON, Andrea le comprendrait seule. Cependant, il avait bien noté que la jeune femme avait parlé de seconde chance, un peu comme si elle comptait le laisser tenter de la faire changer d'avis à son sujet. Le Cooper n'en avait que faire de ce que la jeune femme ressentait pour lui, toutefois s'il pouvait supprimer quelques-uns de ses détracteurs – en les amadouant et non avec un calibre 44 – il ne cracherait pas dessus.

« Tu sais, je n'ai rien contre l'UNISON. Pour être franc, je considère même que vous êtes plus à même d'aider les citoyens que ne l'est la Légion. Si tu avais vu le débat, tu saurais que j'ai... pris votre défense en quelques sortes. » Il avait plutôt plaidé la cause de l'organisme gouvernemental pour pousser Thunder à le dénigrer. « C'est juste que ton discours me pousse à répondre comme ça. Je n'ai pas préparé de discours pour t'écraser tu sais. En vérité, j'ignorais que tu serais ici. » Il haussa les épaules. « Mais je me demande pourquoi tu parles de seconde chance. Tu essayes de me faire comprendre que je dois en accorder une nouvelle à Adriel, ou tu veux dire que nous devrions reprendre les choses à zéros ? » Son sourire s'accentua un peu. « À moins que ce ne soit pour justifier que tu t'es laissée amadouer par lui. »

Par Adriel, donc.
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Message posté : Jeu 11 Sep - 18:57 Message
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Andrea n’avait jamais cru souffrir du fait d’être fille unique. Bien entendu, comme tous les enfants – et particulièrement au Texas où la culture évangélique incitait à former des familles nombreuses – elle avait un jour demandé à ses parents de lui faire un petit-frère ou une petite-sœur, mais ces derniers lui avaient rapidement expliqué qu’ils étaient dans l’impossibilité de procréer. Elle n’avait pas compris immédiatement, mais n’avait toutefois plus jamais abordé le sujet. Grandir seul ne fut pas difficile en, même si elle s’était avouée par le passé que porter le poids des affaires familiales à deux n’aurait pas été de trop. Et maintenant qu’elle était réellement seule, son père étant décédé et ne parlant pratiquement plus à sa mère, la jeune femme ressentait une profonde solitude qu’aucun ami, qu’aucun amant ne savait combler.

« Oui… C’est dommage. » Murmura-t-elle pour elle comme pour lui, fermant ainsi la parenthèse Heather de leur discussion.

S’il était une chose que Jonas et elle aurait eu en commun, c’était l’amour et le respect de leur famille. En dépit de quoi ils ne partageaient pas grand choses sinon un mépris cordial de l’un pour l’autre et une passion pour les french fries. Bon, d’accord, elle n’était pas certaine pour ce dernier point. Elle apprécia cependant que Jonas ne rebondisse guère sur le sujet Charlie, ce qui lui évitait de se lancer des explications sur le pourquoi du comment qui, en plus de ne pas le regarder d’une quelconque façon, ne ferait guère avancer leur discussion et l’ennuierait plus qu’autre chose. Le sujet qui suivait était, il fallait le dire, bien plus intéressant.

Elle inclina la tête, confirmant silencieusement ses dires. Bien entendu, la Légion et l’UNISON étaient deux entités radicalement différentes. Elles œuvraient certes toutes les deux pour le bien commun, mais là où la Légion était une coalition qui semblait échapper au poids des lois, l’UNISON était une organisation internationale aux capacités considérablement plus limitées. « À mon sens, lorsque l’on se porte garants des intérêts d’un groupe ou que l’on tente de redorer son image, l’on se doit d’être exemplaire. » Et c’était valable pour Thunder, comme pour lui, puisqu’il s’était lancé depuis quelques temps dans une politique de dédiabolisation du Herald. « Et je trouve triste d’être obligé, pour cela, de mettre en exergue les défauts de ses plus proches collaborateurs. » Pour Thunder uniquement, cette fois-ci. « Bien entendu, nous ne fonctionnons pas pareil… Nous avons le même but, mais pas les mêmes moyens. La Légion n’a jamais eu à se soumettre aux mécanismes de la loi. » Et par là se faisait un plaisir de s’en dédouaner. C’était tellement plus facile. « Mais si tu as raison, je trouve ça profondément affligeant. »

Affligeant c’était le mot. Andrea n’en ajouta pas plus au sujet de l’UNISON et de la Légion estimant qu’elle avait établi tout ce qu’elle avait sur le cœur concernant le sujet. Et si Jonas avait bel et bien raison quant au fait que les relations entre la Légion dans son entièreté et l’UNISON n’étaient plus au beau fixe, ça créerait sans doute des tensions ultérieurement. Mais la jeune femme s’efforça de ne pas y penser pour le moment. À dire vrai, cette idée avait tendance à lui plomber le moral.

Le laïus de Jonas la surprit quelque peu, ce qu’il lui répondit sur l’UNISON comme le reste. Qu’il n’ait pas su qu’elle soit là, elle s’en doutait. À moins qu’il n’ait décidé de la faire suivre, rien ne pouvais prévoir qu’elle serait ici en ce lieu, en ce jour. Qu’il n’ait pas préparé de discours pour la descendre en flèche, c’était aussi une évidence qu’elle ne prit même pas la peine de relever. En revanche, le dernier moins qu’il aborda la fit quelque peu tiquer et elle s’empressa de lui répondre, car il avait mis en relief un point qu’elle-même avait remarqué. « Je parlais d’Adriel oui,… Quoique je ne ressente le besoin de ne me justifier de rien. Elle laissa un silence s’installer. Après tout, le moment venu, la seule personne à qui j’aurais à rendre des comptes, ce sera à moi. Elle sourit, un sourire qui n’avait rien de cynique ou de moqueur. Un sourire qui ne faisait même pas façade. Un sourire conscient, et un sourire profondément grave. Parce qu’elle savait, qu’au fond, il pouvait avoir raison. Quant à nous… Elle avait volontairement exclu l’idée qu’il puisse accorder quoi que ce soit à Adriel. Au vu de cette conversation, je pense que les choses sont inaliénables entre nous. Dommage, en un sens, parce qu’aussi loin que je m’en souvienne, je ne vois rien qui ait pu justifier une telle antipathie. » À part le délit de faciès, elle entendait. Quand bien même avait-il un jour considéré sa meilleure amie comme un bouche-trou au manque de sa sœur, il n’avait jamais été mauvais à son égard et ne lui avait jamais fait de mal à proprement parler.

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Message posté : Ven 12 Sep - 14:06 Message
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Ils étaient d'accord sur la manière dont une personne chargée de l'image publique d'un groupe, devait agir. Jonas avait grandi avec l'idée qu'il devait conserver une image médiatique absolument parfaite et que rien de sa vie privée ne devait venir parasiter le reste. Bruce Cooper, son père, était obsédée par cette perfection publique et ce n'était pas sans raison que Jonas avait menacé de la mettre à mal si jamais il s'obstinait à vouloir marier Heather à un crétin qui n'était même pas digne de lui baiser les pieds. Au final, la famille Cooper chérissait bien plus sa « célébrité » que les membres qui la composaient. Enfin, Heather et Jonas mis à part étant donné que la jeune femme était ce qui comptait le plus dans la vie de son jumeau. S'éloignant rapidement de ces pensées parasites, Jonas écouta avec attention ce que l'agent de l'UNISON lui racontait : elle reprochait à Thunder son comportement vis-à-vis de son collaborateur. Dans un sens, c'était logique qu'il ait agi ainsi : à choisir entre sauver la peau de la Légion ou de l'UNISON, le choix était rapidement fait. Le Cooper avait été sincèrement étonné que ce soit un adolescent qui ait été envoyé pour un pareil débat : la logique aurait voulu que ce soit le Commander en personne. Mais peut-être que les membres de la Légion des Étoiles prenaient Jonas pour un rigolo incapable de mener la vie dur à un Légionnaire ? Au fond, il s'en moquait. Le but était de créer des scissions entre les différents groupes de Supers et il semblait que c'était tout doucement en branle. Après tout, les deux organismes n'avaient jamais été très proches non plus, il suffisait de quelques impulsions pour les pousser dans la « bonne » direction.

Il fit le choix de rester silence pour la laisser terminer son discours sur une note... surprenante. C'était le terme. Jonas avait davantage l'habitude des attaques et des répliques détournées, aussi qu'Andrea puisse lui parler aussi franchement était plutôt étonnant. Cependant, il ne se laissait pas perturber pour si peu : la jeune femme avait souligné un fait bel et bien véridique et il comptait lui répondre avec franchise.

« Oh, mais je n'ai rien contre toi. Personnellement je veux dire. » Après tout, elle ne lui avait jamais rien fait de mal. « Mais parfois, il n'y a pas besoin de raisons pour que les choses se déroulent comme ça. Nos caractères ne sont pas compatibles, tout simplement. » Des faits, encore et toujours. Pas de place pour les hypothèses. « Mais tu as raison, je crains que les choses ne puissent pas franchement s'arranger, surtout... compte tenu de l'évolution de ta vie. » Il esquissa un léger sourire. « Si je pourrais tolérer que tu sois liée à l'UNISON, je crains que ta vie privée ne soit plus problématique. »

Il faisait référence au fait qu'elle copinait visiblement avec une enflure notoire. Si Jonas avait été ami avec Adriel lorsqu'ils étaient plus jeunes, cette relation n'existait plus à ce jour. Le comportement du golden boy à l'égard de la jumelle du Cooper avait été... inacceptable. Il savait parfaitement le lien qui les unissait et pourtant ne s'était pas privé de parler d'Heather comme d'un vulgaire morceau de viande. Jonas n'était pas un grand sportif, juste ce qu’il faut pour rester en forme, il n'avait pas la carrure de son comparse, mais pourtant il ne se serait pas gêné pour lui en coller une bonne s'ils n'avaient pas été en public. Et encore, il avait été à deux doigts de le faire. Sans l'arrivée de la première concernée, les choses auraient pu déraper.
Ces pensées l'amenèrent à lâcher quelques mots à ce propos, à l'attention de la jeune femme face à lui.

« Tu vas certainement dire que ça ne me regarde pas, mais j'en connais un rayon, alors.... » Il plongea son regard dans celui de la jeune femme. « Je connaissais Adriel avant toi et j'ai vu comment il a évolué. Ce n'est qu'un individu égoïste qui agit selon ses envies. Il est incapable de penser aux autres et se fiche pas mal de blesser ceux qu'il prétend aimer. » Jonas haussa les épaules. « Mais tu es une grande fille et j'imagine que l'avis d'une personne liée au Herald ne doit pas t'intéresser des masses. »

Et cela même si le quotidien était réputé pour ne s'appuyer que sur des faits. Jonas ne parlait pas sous le coup de la colère, il avait expérimenté ce qu'il venait de dire. Lors de leur dernière discussion, tous les torts lui avaient été imputés alors que de son côté, Adriel n'avait jamais rien fait pour améliorer les choses. Peut-être qu'il était différent avec les personnes qui couchaient avec lui – ce que Jonas ne tenait pas à vérifier – mais il en doutait.
Cependant, parler de ce personnage ô combien égocentrique n'intéressait pas le trentenaire qui embraya sur le reste.

« L'UNISON ne communique pas beaucoup avec les médias et en un sens, c'est un tort. » Il soupira légèrement. « Tu as vu le ramdam qui a été provoqué par le magazine à potins qui a parlé de la prétendu grossesse de Charlie ? » Il avait été difficile de le rater. « Ce n'était que des mensonges, alors imagine-toi seulement ce qui se passe lorsque c'est la vérité. » Le ton de sa voix était devenu plus calme et conciliant. « Vous ne gagnez rien à laisser les journaux parler pour vous, surtout lorsque vos... adversaires passent aussi par ce biais. » Comme le Herald, par exemple. « Parfois, laisser les choses couler ne suffit plus. »
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Message posté : Ven 12 Sep - 20:00 Message
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« Ça doit être quelque chose cet acabit, en effet », rit-elle doucement.

Oui, ils venaient de se dire en face qu’ils ne pouvaient juste pas s’encadrer, que c’était physique, et ce le plus naturellement du monde. La jeune femme ne s’en formalisa guère, par ailleurs, mais comme elle le lui avait dit un peu plus tôt, c’était bien dommage. Ça ne changeait certainement rien à sa vie, mais c’était dommage. Que serait-elle cette vie, par ailleurs, sans cette personne qui vous détestait autant que vous la détestiez ? Étrangement, paradoxalement, Andrea savait que Jonas devait être l’une des personnes les plus franches à son égard, et elle parvenait même à apprécier l’abhorrer. Sous ses airs hypocrites, il n’était pas aussi détestable qu’il semblait l’être et aussi fou que ça puisse paraître, la discussion qu’ils avaient eue lui avait fait du bien, en quelques sortes. Il n’y avait pas meilleur exutoire que de se foutre sur la gueule avec quelqu’un, et Andrea passait pour être particulièrement tendue dernièrement.

« Je le comprends tout à fait. Je ne sais pas ce qui est arrivé entre vous – et honnêtement, je ne veux pas le savoir, ça ne me regarde pas – mais je sais ce qu’il peut être... » Un vrai salopard. Il l’avait été avant et après elle, alors elle savait assez de quoi il pouvait être capable. Et elle ne doutait pas que les griefs qu’avait Jonas envers lui devaient être fondés, de la même façon qu’Adriel devait avoir eu une raison d’agir ainsi vis-à-vis de lui. Mais encore une fois, elle ne creusa pas plus loin : Ce n’était pas ses affaires.

Par ailleurs, elle avait bien dit ‘être’ et non ‘passer pour’ parce qu’elle pensait sincèrement que le milliardaire n’hésitait pas à se servir de son masque comme prétexte pour agir comme un con. Il ne l’était pas fondamentalement, du moins l’espérait-elle, et en tout cas pas avec elle. Pour l’heure, c’était tout ce qui comptait. Ce que lui dit Jonas par la suite, la surprit par ailleurs par sa substance. Si ça avait été quelqu’un d’autre, face à elle, si c’était venu d’une autre personne, elle aurait sans aucun doute dit qu’il essayait de la mettre en garde contre Adriel, pour l’empêcher de commettre une erreur éventuelle. Le fait que ce soit Jonas – qui sûrement se fichait pas mal de savoir ce qu’il adviendrait d’elle entre les mains du Milliardaire – la poussait à ne pas vouloir y croire, quand bien même les faits étaient bien là.

« De la même manière que tu n’as rien contre l’UNISON, je n’ai rien contre le Herald. Elle fit une pause. Je n’approuve pas toujours leur alignement politico-social, normal étant donné sa propre qualité de méta-humaine, mais je reconnais volontiers sa qualité. Au moins ne départissait-il jamais de sa ligne de conduite. Elle lui sourit. Et puis, tous les avis sont bons à prendre… » Même le sien, oui. Jonas n’avait proprement aucun intérêt à lui dire tout, et d’ailleurs s’il pensait réellement à ce qu’il disait, il aurait pu tout aussi bien la laisser s’en rendre compte par elle-même et lire le tout dans la presse à scandales. La jeune femme ne lui fit pas l’affront de le remercier, se contentant d’un « J’en prends bonne note » toutefois bien entendu, qui valait tous les remerciements du monde.

Le sujet sur lequel dévia ensuite Jonas ne la touchait peut-être pas aussi directement, mais avait un impact tout aussi important sa vie professionnelle. Andrea était amère, amère de ce qu’il lui avait appris sur la Légion, écœurée à l’idée que ce fut le réel état d’esprit de la coalition supers. Cependant force était de constater qu’il avait également mis le doigt sur quelque chose d’assez intéressant pour être à même de lui enlever cette idée de la tête l’espace d’un instant

Le jeune homme avait touché juste quant à la relation houleuse que l’UNISON entretenait avec la presse, et l’écouta attentivement jusqu’à ce qu’il en ait terminé. « Oui j’en ai entendu parler. Quelle connerie franchement. Une pause. Tu as parfaitement raison, avoua-t-elle en secouant la tête. La presse est un outil puissant, qu’il nous fait de plus en plus tort de ne pas utiliser. Surtout quand, comme tu le dis, d’autres en usent vraisemblablement à nos dépens. J’y ai pensé dernièrement, lors de la prise d’otage de l’Eastern Seaborad Bank… Elle n’en ajouta pas plus, consciente qu’il devait parfaitement savoir ce dont il était question, le journal de son père ayant lui-même couvert l’événement. Peut-être que le temps est venu pour nous de rendre également des comptes au public, au final. Sa mine s’assombrit. Encore faudrait-il que les autorités compétentes – ses supérieurs, entendait-elle – en prennent conscience. »
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Message posté : Ven 12 Sep - 23:39 Message
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Jonas n'avait pas l'intention de développer son passé avec Adriel, il savait parfaitement que la jeune femme ne l'appréciait pas particulièrement et doutait donc du fait qu'elle pourrait le croire sur parole. Pourtant, il n'était pas menteur, pas dans ce genre de discussions du moins. Le trentenaire avait appris que c'était très dangereux d'user de mensonges lorsque vous étiez censé représenter l'image publique d'un journal : mieux valait être très franc et honnête. Andrea avait raison sur un point : les personnes qui représentaient un groupe se devaient d'être irréprochables. Qui plus est, Jonas se voyait mal confier des pans de sa vie personnelle à une personne de l'UNISON. Il était bien trop secret – ses contrats en témoignaient pour lui – et préférait encore que la texane apprenne des choses fausses à son sujet en interrogeant Adriel. C'était de toute manière dépassé et oublié, Jonas n'avait plus envie de voir les Veidt s'incruster dans sa vie personnelle.

Comme la discussion reprenait, Andrea l'informa qu'elle n'était hostile au Herald qu'en ce qui concernait leur alignement politique. Vraiment ? Jonas la dévisagea en silence : il ignorait qu'elle était du genre à fangirler devant les supers-héros en collants moulants. Une remarque qu'il conserva dans un coin de son esprit pour la ressortir ensuite, lui laissant tout d'abord l'occasion de s'exprimer sur les relations de son employeur avec les médias. Au moins était-elle d'accord avec lui. Dans un sens, le trentenaire comprenait la position des personnes, ou organismes, qui refusaient de communiques avec les journaux. Cependant, lorsqu'il s'agissait de journaux « sérieux » comme le Herald, voire le Star, c'était totalement différent. Tourner le dos aux médias était très dangereux, c'était eux qui dirigeaient le monde et personne ne le contredirait. Avec un journal à sa botte, n'importe quel humain lambda pouvait devenir un homme de pouvoir. Cela dit, ce n'était pas le but de Jonas et il se contenta donc d'esquisser un sourire professionnel à la jeune femme.

« Je ne vais pas te mentir, les agissements de tes collègues ne font que nous faciliter la vie au Herald. Le silence est souvent interprété comme un aveu de culpabilité et il n'y a malheureusement que les supers stars de cinéma qui peuvent se permettre de rester silencieuses face à des ragots à leur propos. » Même les Cooper se défendaient publiquement lors d'accusations. « Mais je doute sincèrement que les choses puissent réellement changer. Les gens restent dans leurs habitudes et c'est beaucoup trop compliqué de modifier son mode de fonctionnement. »

Et il parlait en connaissance de cause : son père restait campé sur les mêmes positions depuis qu'il était devenu l'éditeur du Herald, même s'il affinait petit-à-petit ses habitudes pour les adapter à l'époque actuelle. Jonas doutait que l'UNISON décide tout à coup d'employer des experts en communication pour pouvoir tenir tête aux médias. Les organismes gouvernementaux n'avaient jamais été doués pour ça de toute manière, contrairement à la Légion qui avait toujours mieux géré le problème des quotidiens qui publiaient sur eux. Le regard de Jonas dévia brièvement d'Andrea pour observer les environs. Quelques personnes – certainement des agents – regardaient de temps en temps dans leur direction, un peu comme s'ils s'inquiétaient que Jonas puisse nuire à leur adorable collègue. Pourtant, il n'était là que pour parler... Ses yeux clairs se portèrent à nouveau sur la jeune femme.

« C'est souvent le problème des organismes dirigés par le gouvernement. C'est dommage, parce que je suis certain que vous auriez beaucoup gagné à envoyer l'un de vos hommes au débat auquel Thunder a participé. » Et Jonas aurait beaucoup apprécié ça. « Tu as déjà lu le Herald à ce que j'ai cru comprendre ? » Elle avait bien dit ne pas apprécier leur alignement, non ? « J'ignorais que tu étais du genre à défendre les Super-héros qui agissent sans penser aux conséquences. Je te voyais plutôt à l'opposé. En fait, les agents avec qui j'ai pu parler jusqu'à ce jour étaient plutôt d'accord avec ça. » Il la dévisagea en silence pendant quelques secondes. « Et qu'est-ce qui te fait penser de la sorte ? Une amitié avec des individus en collants moulants ? »

Jonas ignorait qu'Andrea était métahumaine, mais même s'il l'avait su, il n'aurait rien dit à ce propos. Ouvertement, il était de l'avis du Herald, à savoir que seuls les Supers qui agissaient à visage couvert et en mettant les citoyens en danger, étaient dangereux. Il y avait plusieurs métahumains employés au journal des Cooper et publiquement, ces derniers n'avaient jamais dénigré les personnes dotés de gènes mutants. C'était leur utilisation qui était pointée du doigt. Bien sûr, si Andrea s'était contentée d'écouter les rumeurs, c'était différent.

« Ou tu as écouté des rumeurs pour te forger un avis ? » Son sourire s'accentua. « Tu sais, quelqu'un m'a dit un jour que les rumeurs c'était les tumeurs de la parole. »

Qui était-ce d'ailleurs ? Ah oui, elle.
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Message posté : Sam 13 Sep - 18:20 Message
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La discussion qu’elle avait avec Jonas avait sensiblement changé de ton, prouvant par là qu’il leur était possible de mener une conversation – intéressante, de surcroît – sans se mettre nécessairement sur la gueule. Mais à la réflexion, Andrea n’était pas sûre d’avoir jamais essayé d’avoir une conversation normale avec lui. Dans un sens, c’était une première pour eux deux. En dépit du ressentiment qu’elle avait à son égard, la jeune femme devait admettre qu’il était éclairé, et émettait une critique très appuyée sur le rapport de l’UNISON à la communication. Beaucoup de ce qu’il avait mentionné était vrai, et elle pouvait difficilement le nier. Elle-même qui y travaillait depuis quelques années n’avait jamais remarqué à quel point l’organisation pouvait être en berne à ce niveau-là. Après qu’il ait avoué que leur manque de communication facilitait grandement la tâche de leur journal – et d’autres journaux, elle n’en doutait pas – une moue ourla ses lèvres. « Je crains que tu n’aies raison à ce sujet, c’est beaucoup trop difficile de changer une institution. Et ce n’est de toute façon pas de mon ressort alors j’imagine qu’il va falloir faire avec… »

Il était déjà difficile de faire changer les gens, mais alors espérer faire changer le fonctionnement d’une organisation de poids comme l’UNISON ? Impossible. Changer, ça aurait voulu dire qu’il y avait des failles dans leurs mécanismes bien huilés, chose qu’ils ne pouvaient concevoir. En un sens, elle comprenait ça, et ils s’efforçaient de le compenser en se voulant le plus irréprochable possible. Malheureusement, comme l’avait relevé Jonas, ça ne suffisait pas toujours. La Légion s’en était rendue compte en permettant une interview de Thunder, de quoi redorer leur image auprès du public de plombant au passage l’UNISON. C’était malin, elle devait en convenir. Malin mais pas fair play.

« C’est très probable oui, qu’ils auraient dû envoyer l’un des leurs, encore aurait-il fallu qu’on les y convie, les absents ont toujours tort… Et de ce qu’elle avait compris, ce jour-là, l’UNISON avait eu tours les torts. Oui, ça m’est déjà arrivé d’y jeter un œil. Ce n’est pas parce que je n’approuve pas que ce n’est pas intéressant de savoir ce qui s’y dit. Je ne suis pas aussi hermétique que j’en ai l’air. Elle rit doucement, consciente que lui devait peut-être le penser, en revanche. Après tout n’avait-il pas dit qu’elle n’acceptait pas le changement ? La question sur les supers demanda un semblant de réflexion. Je ne les défends pas, loin de là. Je ne les dénigre pas non plus, puisque la plupart agissent pour le bien commun, mais je désapprouve totalement leurs méthodes. Elle chercha comment tourner sa phrase. Elles sont à double tranchant, et je ne considère pas que le fait d’avoir des pouvoirs doive te décharger de la responsabilité civile inhérente à leurs actions. » Andrea avait elle-même des capacités, capacités qui s’affirmaient de jour en jour, et avait choisi de les mettre au service de la loi. Il lui demanda alors si son avis était motivé par sa connivence avec des supers, ce qui lui arracha un sourire. Andrea ne fréquentait pas de héros. Des criminels, oui, mais pas de héros. Paradoxe. « Pas vraiment non, je suis même plutôt d’accord avec le Herald sur certains points », sourit-elle.

La métisse Ultime ne dénigrait pas le journal pour leur avis à propos des supers. Ils pouvaient certes être très violents, dans leurs propos, semblaient extrémistes aux abords de la question métahumaine et encourageait politiquement des personnes qu’Andrea n’appréciait pas particulièrement. Mais ils n’avaient pas tort sur tous les points. En particulier ce qui concernait le rapport des supers à la loi. Avec un sourire, elle vit Jonas reprendre l’expression qu’elle lui avait lancée un peu plus tôt dans leur discussion, tandis qu’il s’en venait à lui demander si l’avis qu’elle avait vis-à-vis du journal n’était pas motivé par les rumeurs qu’elle avait pu entendre à son encontre. Elle en avait entendu, des rumeurs, mais ce qu’elle lui reprochait, elle le lui reprochait par expérience personnelle.

« Et je le maintiens ! Un large sourire ourla ses lèvres. Votre ligne éditoriale peut être très dure, y compris à l’encontre de notre organisation – c’était le genre d’article qui l’avait poussée à feuilleter le journal de temps à autres – et il s’avère que parfois, ça peut nous retomber dessus. Et ça avait été son cas lors de son intervention à l’Eastern Seaboard Bank. L’organisation avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver les otages, mais il y avait eu des pertes. Pertes qui lui étaient aussi retombées dessus, à elle aussi. Lors de la prise d’otage que j’ai mentionné, j’ai fait partie de l’Escouade d’intervention. Il y a eu des pertes, j’ai perdu un collègue notamment et je suis moi-même pas passée loin d’y passer. C’était,… Elle s’arrêta un instant, …très dur à vivre en soi. Je peux t’assurer que la presse n’y a rien arrangé. » Andrea se doutait que le jeune homme se fichait un peu de savoir ce qui lui était arrivée à elle, mais l’agent trouvait normal d’expliquer ce qu’elle avançait qui n’était rien de plus que son ressenti, de la façon la plus honnête possible.
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Message posté : Sam 13 Sep - 19:41 Message
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Au fond, si Jonas avait abordé le sujet du manque de communication de l'UNISON avec Andrea, c'était parce qu'il était parfaitement conscient du fait qu'elle ne pourrait rien y faire. Il n'était ni altruiste, ni désireux de s'offrir des adversaires dignes de ce nom : il n'aspirait à aucune gloire en se présentant comme un rival loyal. En vérité, il s'en contrefichait. Ce groupe n'éveillait qu'une profonde irritation dans son esprit et il se satisfaisait pleinement de l'absence de discussion qu'il y avait entre eux et le Herald. Si le gouvernement se mettait à bavarder avec les médias, où irait le monde ? Les dénigrer deviendrait bien plus compliqué alors qu'à l'heure actuelle, les journalistes du quotidien pouvaient souligner que l'absence de défense revenait à avouer ses torts.
C'est pourquoi il ne releva pas les dernières paroles d'Andrea.

En tous les cas, elle semblait confirmer le fait que leur absence au débat avait été une erreur. Oh, bien sûr, Jonas savait qu'ils n'avaient pas été conviés à ce petit débat, mais c'était pour la bonne et simple raison que les agents de l'UNISON n'étaient pas de très bons discoureurs. En tous les cas, jusqu'à aujourd'hui il n'y avait eu qu'Andrea qui savait lui répondre sur le même ton et sans s'emporter. Même le Neutron-Grey à présent disparu n'avait jamais pris la peine de se défendre publiquement alors que le Herald – et d'autres journaux à potins – l'accusaient de tout un tas de choses. Au final, c'était certainement mieux pour lui qu'il ne soit plus de ce monde.
La jeune femme lui expliqua alors qu'elle avait déjà lu le quotidien de Bruce Cooper, mais qu'elle n'approuvait pas ce qu'elle y lisait. Le sourire de façade de Jonas refit son apparition tandis qu'elle lui avouait trouver tout de même quelques points dignes d'intérêt dans leur discours. Ainsi donc Andrea Parker ne tombait pas en pâmoison devant les Supers-héros rutilants ? C'était une bonne chose. Même si elle n'avait pas un goût plus valorisant vu qu'elle sympathisait avec les golden boy qui ignoraient le sens du mot « fidélité ».

Il la laissa revenir sur certains articles qui avaient été douloureux pour elle. Dans un sens, Jonas pouvait le comprendre. Combien de fois l'avait-on « attaqué » au sujet de sa jumelle pour tenter de l'affaiblir. Combien de fois avait-on essayé de le mettre dans le cas de figure où Heather serait blessée puis sauvée par un héros ? Il comprenait, mais se moquait pas mal de sentiments des autres. Personne ne cherchait à ménager les siens, pourquoi le ferait-il de son côté ? Une réaction enfantine, il le savait, mais le monde de la presse l'était souvent.

« Je comprends. Je n'avais pas lu cet article avant qu'il ne paraisse, mais je peux comprendre qu'il soit pesant pour toi. » Le ton de sa voix n'était ni conciliant, ni hostile. Juste posé. « Malheureusement, les gens pensent rarement aux sentiments des autres lorsqu'ils parlent. » Son regard accrocha celui d'Andrea. « C'est dans la nature des humains et même des métahumains vois-tu. Les Supers aiment souvent me parler de la mort de Heather pour me demander si je n'approuverais pas son sauvetage, quitte à essuyer des dommages collatéraux. » Et Andrea devait comprendre qu'imaginer une chose pareille le mettait dans un sale état. « Alors, même si je comprends parfaitement que tu sois touchée par cette perte, laisse-moi te dire que si ça n'avait pas été le Herald, ça aurait été un autre. » Il eut un léger haussement d'épaules. « Mais ça passe toujours moins bien lorsque c'est nous. »

Parce qu'ils étaient connus comme « les emmerdeurs désireux de tirer dans les pattes des gentils ». Jonas avait compris très tôt qu'il était dans le camp le moins valorisé. Le Herald n'avait pas le beau rôle, ses employés n'étaient pas acclamés ou populaires comme au Daily Star – par exemple – mais il s'en moquait. Tant qu'à faire quelque chose, autant le faire correctement jusqu'à bout et le trentenaire s'y tenait.

« J'en conviens que parfois les articles du journal sont très durs, mais c'est nécessaire. Je suis sûr que tu as déjà été confronté à des personnes qui tournaient autour du pot et n'osaient pas dire les choses comme elles sont réellement. » Il inspira profondément. « Le Herald n'a pas vocation à devenir la coqueluche du public. Nous soulignons les problèmes de cette ville et nous pointons du doigt les gens que les autres n'osent pas vexer. » Son regard ne la quittait pas. « Tu ne penses pas que parfois, je préférerais ne pas avoir le rôle de l'emmerdeur qui tire dans les pattes des Supers ? Mais ce serait trop facile. Je n'aime pas me reposer sur les autres et si je dois prendre les choses en main pour que tout évolue, je le ferai. Quitte à écoper d'une sale réputation. »

Ça, c'était le genre de discours qu'il tenait aux petits jeunes qui le trouvaient « has been » et préféraient les figures publiques qui jouaient les pseudos rebelles. Il avait grandi un peu trop vite à côté d'un père qui voulait des enfants parfaits et à présent, il était bien décidé à ce que les choses fonctionnent comme il l'entendait.

« Je sais aussi que le Herald aurait l'air « plus cool » pour les jeunes si nous nous amusions à publier les derniers déboires de la célébrité à la mode, mais ce serait se désintéresser des choses réellement importantes. » Et là, elle ne pourrait pas le contredire. « Ce n'est pas les derniers potins sur une star qui vont t'aider à devenir quelqu'un, mais les informations économiques qui te permettront de faire fortune, si. » Il sourit, presque sincèrement. « Au final, je crois que les choses réellement importantes ont toujours l'air nazes et ennuyeuses, alors si c'est le cas du journal, j'en suis heureux. »
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Message posté : Dim 14 Sep - 20:30 Message
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Andrea n’était pas le genre de personne à rester campée sur ses positions. Elles étaient en constante évolution. Contrairement à ce qu’en pensait Jonas, elle n’était pas hostile aux nouveautés et les accueillait même parfois avec un réel enthousiasme, ce qui impliquait intrinsèquement que la métisse soit capable de faire constamment évoluer son avis, et ce sur bien des domaines. Bien entendu, elle n’était pas non plus le genre de greluche à dire amen à tout et à ne pas pouvoir rester fidèle à ses positions, mais lorsqu’un point de vue, quoique contraire au sien, lui semblait défendable, elle n’était pas sans lui accorder un minimum de crédibilité. C’était ainsi le cas du Herald et, dans une moindre mesure, de Jonas. Le jeune homme l’avait sensiblement surprise par le discours qu’il tenait, remarquablement différent de celui qu’il avait tenu jusque-là. Il avait troqué l’agressivité passive du début de leurs échanges contre une sincérité troublante, et quoiqu’Andrea n’ait guère envie de croire en sa bonne foi, il fallait avouer qu’il avait su lui faire revoir son jugement sur certains points. Le fait qu’ils aient pu tenir une conversation intelligible et sans sous-entendus y était, bien entendu, pour beaucoup.

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent doucement, à ce qu’il lui avoua. Se voir confrontées ses opinions politico-sociales avec un tel cas de figure devait être difficile et, quoiqu’Andrea ne doute pas qu’il ait choisi sa jumelle en toute circonstance, Jonas n’avait pas le droit – publiquement tout du moins – de trahir ses propres positions. Mais la presse était ainsi. Pas toutes les presses, bien sûr, mais les plus prolétaires, oui. La jeune femme se contenta d’un hochement de tête compréhensif pour toute réponse. Il lui objecta ensuite, à propos de l’article qui était paru sur l’UNISON que si le Herald ne s’était pas impliqué, un autre s’en serait bien chargé à leur place. « Je me doute bien. D’ailleurs, l’article a été relayé dans plusieurs autres quotidiens dont le Daily Star Online. Enfin bon… » Ce qui était fait n’était plus à faire comme qui disait. De plus, l’affaire commençait à se tasser tout doucement et Andrea n’avait nullement envie de raviver le feu. « Vous êtes les ‘méchants’, oui. » Elle sourit, amusée, mais n’en pensait pas un mot. À ses yeux, le Herald était un journal comme un autre, qui avait ses propres opinions – pas nécessairement partagées par la majorité, ni par elle – et les défendait comme il se devait. Démarche respectable en soi. « Même pour les autres journaux, d’ailleurs. J’en ai vu pas mal qui essayait de rallier les pro-supers à leur cause – sur des trucs qui n’avaient rien à voir avec les supers d’ailleurs – en utilisant votre notoriété. » Un peu à la façon de la Légion, maintenant qu’elle y pensait. En général, il s’agissait des journaux les plus prolétaires, qui essayaient justement de s’offrir l’avis favorable du public.

Les gens qui tournaient autour du pot, comme tout le monde, bien sûr qu’elle y avait déjà été confrontée. Elle y était confrontée tous les jours, et dans tous les milieux. Quelque chose à la lisière entre le politiquement correct et l’hypocrisie aimable. Quelque chose qui avait tendance à l’irriter. Pour l’approuver sans couper le jeune homme, elle hocha la tête. Il lui expliqua que, contrairement aux autres journaux, le Herald tendait à viser là où ça faisait mal, ce qu’elle avait bien remarqué. « L’art de l’ambivalence » Sourit-elle. Emmerder mais dire la vérité. Il ajouta que s’il devait pour cela, et pour défendre ses positions, se forger une réputation d’emmerdeur, alors il le ferait. À ces mots, un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme. « Je comprends la démarche. C’est honorable. Pas toujours facile à vivre je pense, mais honorable. » Elle-même faisait partie des personnes qui aimait à rester fidèle à sa façon de penser, et ça lui avait parfois apporté des emmerdes, donc elle ne pouvait que le comprendre.

De manière générale, Andrea n’était pas une férue lectrice de journaux, et ça valait pour le Herald comme pour les autres. Elle se contentait des informations essentielles en allumant la télé de temps à autre, ou en jetant un œil aux unes qui apparaissaient sur son smartphone. Ou se penchait sur les nouvelles qui la touchaient particulièrement. Mais ça n’allait souvent guère plus loin. Cependant elle dénotait une corrélation claire entre la nature de l’information, et l’assiduité avec laquelle elle était relayée. Souvent en dépit du bon sens.

Elle haussa brièvement les sourcils d’un air de dire « ah ça… » lorsqu’il mentionna les articles qu’il était possible de trouver dans les tabloïds les plus populaires. Car s’il était une chose qu’elle haïssait au-delà de tout, c’était la presse à scandales, et les conneries qu’il pouvait s’y accumuler. Le cas Charlie en était un très bon exemple. Dans un sens, il avait raison, c’était ce qui touchait les jeunes d’aujourd’hui. D’un autre côté, la jeune femme doutait sincèrement que publier ce genre de choses soit la seule façon de sensibiliser la jeunesse actuelle. Andrea hocha la tête d’approbation au terme de sa tirade, avant de sourire et de s’exclamer en riant à moitié : « Oh oui, c’est d’un barbant ! Elle plongea son regard dans le sien. Mais bon, c’est aussi ce qui fait votre réputation, alors... Les trucs sérieux, pas le barbant. La jeune femme se tut l’espace d’un instant. Vous avez des projets de sensibilisation j’imagine ? Des interventions dans les lycées, ce genre de choses ? Ça doit quand même contribuer à populariser pas mal le Herald non ? » Populariser dans le bon sens du terme, elle entendait.
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Message posté : Lun 15 Sep - 13:22 Message
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Jonas était parfaitement au courant du fait que les autres journaux profitaient honteusement de l'impopularité du Herald pour rallier les pro-supers à leur cause. Combien de fois avait-il vu des publicités mettre en avant le côté politique des quotidiens alors que le sujet traité n'avait rien à voir avec ça ? Au final, certains citoyens en étaient arrivés à imaginer que lire le Daily Herald revenait à être un anti-supers alors que cela n'avait strictement aucun lien. Quoi qu'en disent les habitants de cette ville – et ailleurs – le journal de Bruce Cooper était le meilleur qui soit en matière d'économie et tous les hommes d'affaires le consultaient, certains qui agissaient peut-être en tant que supers la nuit, allez savoir ! Il fallait savoir faire la part des choses et même Jonas admettait volontiers que les agissements de certains « héros » étaient bénéfiques pour la société. Le tout était de savoir de quoi l'on parlait et malheureusement, bien souvent, c'était le manque de connaissance qui était mis en avant. Combien de citoyens détestaient le Herald juste à cause des rumeurs qui circulaient à son propos ?

Il n'y avait rien à répondre à cela et, de toute manière, Jonas n'allait pas prêcher auprès d'Andrea qui semblait partager son point de vue. Son regard restait dirigé vers celui de la jeune femme qui trouvait « honorable » le fait de tenir ses positions. Peut-être que ça l'était, cependant les raisons du trentenaire l'étaient beaucoup moins. Il détestait ces personnes, tout simplement. Pour lui elles étaient des erreurs de la nature et se sentaient au-dessus des lois qui n'étaient là que pour le commun des mortels – les humains comme lui. Son besoin d'offrir une vie parfaite à sa jumelle le poussait forcément à jalouser les libertés prises par ces individus alors que sa moitié si parfaite devait se plier à un mariage arrangé. L'injustice le rendait malade et le poussait à vouloir remettre ces rebelles à leur place. C'était là tout le but de son investissement dans la cause anti-supers. Cela dit, il n'allait pas s'amuser à en parler en public et se contentait donc d'acquiescer suite aux paroles de la jeune femme.
Qu'elle pense ce qu'elle voulait. Ça n'avait pas d'importance.

Andrea semblait être d'accord avec le fait que le Herald soit loin d'être « trop cool », mais ce n'était pas une grande nouvelle. Jonas avait toujours trouvé très risibles les gens qui se la jouaient en empruntant l'attitude du « mec cool » juste pour se faire accepter par la jeunesse. Combien de fois avait-il rencontré des individus qui faisaient croire qu'ils adoraient fumer des choses illégales et dépenser tout leur argent dans des clubs de strip-tease et cela uniquement dans le but d'avoir l'air intéressants ? Beaucoup trop. Il préférait encore apparaître comme un type insipide et sans aspérités, mais ne pas se prêter au jeu de la pseudo popularité.
Et comme pour faire écho à ses pensées, la jeune femme le questionna à propos des démarches du Herald pour se populariser.

« Oui, un bon nombre. Ça porte ses fruits je dois dire, depuis qu'Heather et moi avons commencé à aller à la rencontre des gens, les tirages du Herald ont pas mal augmentés. Mais va savoir si c'est un hasard ou le résultat de ces démarches. » Il ne supputait pas, il se basait sur des faits. Aucune conclusion n'était donc tirée. « Mais en général ces sorties ne tournent pas franchement comme prévu. Tu serais étonnée de constater que les jeunes sont plus intéressés par la marque de rouge à lèvres d'Heather que par les projets du journal. » Ou par son tour de poitrine. « Cela dit, rien que le fait de montrer que les Cooper ne sont pas des enflures qui se la jouent dans les soirées de gala, ça aide pas mal. » Son regard sonda celui d'Andrea. « C'est fou le nombre de personnes qui m'ont en grippe sans même m'avoir jamais adressé la parole. » Un peu comme elle en fait. « Heureusement que je ne suis pas facile à vexer. »

Ou pas. En fait, il était extrêmement facile de le faire partir au quart de tour, il suffisait d'aborder le sujet de sa jumelle et de tenir des propos insultants à son encontre. Ou juste de la regarder de haut. Bref, Jonas était très humain sous bien des angles, même s'il essayait de le dissimuler.

« Après, je ne vis pas dans un monde utopiste. Je connais un paquet de personnes coincées dans leur vision des choses et qui refuseront de voir la vérité même si elle est sous leur nez. » Andrea fricotait avec l'un d'entre eux. « Mais je me moque pas mal de ces personnes. Les gens qui refusent de réviser leur jugement ne m'intéressent pas : il n'y a que des discussions et des débats stériles avec eux. » Après tout, si l'autre restait campé sur ses positions, à quoi bon argumenter ? « Mais il ne semble pas que ce soit ton cas. »

Ce qui était l'équivalent d'un compliment. D'ailleurs, la présence d’Andrea sur ce stand devait signifier qu'elle avait un certain feeling avec les jeunes. À moins que ce ne soit ses arguments « arrières » qui puissent attirer les petits jeunes ? Un peu comme la carotte des ânes, mais en moins orange et plus sexy.
Après une brève réflexion, il reprit.

« Et j'imagine que ta présence ici doit signifier que tu es plutôt douée pour transmettre ta passion aux jeunes ? Tu as un discours stéréotypé, ou tu t'adaptes à la personnalité de ton interlocuteur ? »

Le ton était légèrement plus « provocateur », comme s'il la mettait au défi de faire l'apologie de l'UNISON devant lui.
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L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère ▬ Andrea

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