AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

L'homme au pesto d'or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Jeu 28 Aoû 2014 - 11:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
28 août 2014
— Ah, bonsoir — viens, entre. J’espère que tu survivras à ça.

Ne vous inquiétez pas : Leyland n’était pas si mauvais cuisinier que ça. D’ailleurs, il prenait des cours. Pas très régulièrement, bien entendu. Souvent, il était trop absorbé par le travail — à l’autre bout du pays ou juste à côté, au Brett Building, pour se souvenir de l’horaire du cours ou vouloir même y aller. Les soirs où il était libre, il préférait les passer avec Soh-Ren qu’à la cuisine, pour rattraper le temps perdu pendant les mois d’absence. Il n’empêche. De temps en temps, il suivait des cours de cuisine.

— Je peux te servir quelque chose à boire ? Je n’ai pas d’alcool, mais pour le reste…

L’appartement tranchait assurément avec les activités et la personnalité apparente de Leyland. Dans les étages supérieurs de l’un des grattes-ciels résidentiels privés du centre-ville, non loin du Brett Building à vrai dire, il offrait une immense pièce unique dont les espaces pouvaient être séparés avec des panneaux coulissants dont le style rappelait immanquablement l’architecture intérieure japonaise. Tout l’ameublement, au design épuré, dans les tons chauds, trahissait un goût certain en matière de décoration intérieure. Une vaste bibliothèque, où les albums de musique le disputaient aux livres dans de nombreuses langues, occupaient l’un des murs, dans une courbe jusqu’à la baie vitrée. Plus loin, par politesse, derrière les panneaux coulissants, Leyland avait dissimulé son lit.

Sur la plaque de la cuisine entièrement équipée, des casseroles mijotaient doucement.

— Je suis content de…

Leyland haussa les épaules. Il avait l’air fatigué. Ce n’était pas souvent. Même en le connaissant depuis un an, on aurait pu parier que ça n’arrivait jamais. À n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, l’Asiatique paraissait conserver son énergie calme et égale.

— Merci d’avoir accepté l’invitation.

Avec Sydney Stevens, Adrian Pennington était l’un des rares véritables amis qu’il avait à Star City. Il le connaissait moins bien que Sydney sans doute — ils s’étaient rencontrés dans les couloirs de l’UNISON. Leyland prêtait à la patience du mage la naissance de leur amitié : il ne se croyait ordinairement pas très doué lui-même pour ces choses-là. Ils n’avaient presque jamais travaillé ensemble. Jamais vraiment. Leyland ne se représentait pas très bien ce qu’Adrian faisait — malgré le climat ambiant de Star City, la magie demeurait un domaine un peu mystérieux pour lui — et lui-même ne s’était pas étendu sur ces activités, au-delà du moment de sincérité, rare déjà, pendant lequel il avait sobrement déclaré qu’il travaillait pour la Division d’Espionnage.

Ce soir-là, l’invitation avait été faite un peu à l’improviste. Il n’était pas rare que Leyland rentrât chez lui, plein d’amertume et de découragement. Il faisait son travail sans illusion et parfois, les illusions lui manquaient. Parfois, un pragmatisme trop réaliste devenait difficile à porter. Le découragement était plus supportable maintenant qu’il pouvait troquer ses soirées de lecture solitaire avec celles passées en compagnie de Soh-Ren — mais Soh-Ren n’était pas toujours là et Leyland avait de toute façon des scrupules à lui imposer sa tristesse.

L’idée de passer la soirée à converser avec Adrian était une consolation de prix. Leyland n’était pas très doué pour les menues familiarités du quotidien, pour les relations sociales de pur réseau, que l’on nouait sans songer à rien de précis, et qui n’avaient d’ailleurs pas beaucoup d’importance. Mais une fois la première rudesse de son caractère dépassé, l’Asiatique se révélait beaucoup plus accessible.

— Nous serons seuls. Je ne sais pas si tu as déjà rencontré Søren, d’ailleurs.

Dans les couloirs de l’UNISON, peut-être ?

— Je vous présenterai.

Leyland ne parlait pas beaucoup de son compagnon. De temps en temps. Toujours avec le même ton naturel. Comme si personne ne pouvait s’étonner qu’une incarnation jamesbondienne comme lui pût : 1. nourrir de tendres sentiments pour qui que ce fût et 2. particulièrement pour un homme. Il avait passé l’âge des démonstrations.

— Enfin bref…

Leyland récupéra une plume égarée sur le comptoir — c’était encore mieux que d’avoir un chat — et la rangea dans la poche de son jean. Il avait toujours du scrupule à les jeter, mais il commençait à se demander s’il n’allait pas finir par donner l’impression d’être un peu fétichiste.

— J’ai entendu dire qu’une équipe d’investigation avait récupéré un nouvel artefact ? Enfin, j’ai surtout entendu dire que l’un des agents avait perdu la vision et s’était mis à flotter dans les airs. Et après, les gens vont dire qu’ils me trouvent étrange. Un sirop ?

Lee fit coulisser une porte de placard pour révéler une impressionnante collection de sirops, qui compensait assurément le déficit d’alcool de la maison. Après qu’Adrian eut fait son choix, il servit deux verres et posa celui d’Adrian sur le comptoir-bar qui, avec ses quatre tabourets hauts, formait une séparation entre la cuisine et la salle à manger elle-même.

— Parfois, je me demande si à la place d’accords de non prolifération des armes nucléaires, on aurait pas dû signer des accords de non prolifération des objets magiques. Parfois, quand j’entends les bruits de couloir du Brett Building, j’ai l’impression de me retrouver dans une de leurs histoires.

Leurs, ça voulait dire ses parents — les deux fantômes qui planaient sur bien des remarques incidentes de Leyland, ce dont il ne parlait jamais que pour signaler, au détour d’une phrase, qu’ils existaient bien, quelque part, et le signaler d’une telle façon qu’on n’avait pas de mal à comprendre la froideur de leurs relations.

— Bref…

Leyland se pencha un instant vers ses casseroles, pour vérifier les cuissons, avant de reporter le regard sur Adrian.

— Comment te portes-tu ?
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Jeu 28 Aoû 2014 - 13:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Survivre à ça ? Adrian resta silencieux : il avait de l'expérience en matière d'expériences culinaires après avoir passé près de trente ans à devoir ingurgiter des plats confectionnés par un Égyptien passionné de cuisine – mais pas vraiment doué dans ce domaine, hélas. Adrian avait été plutôt surpris, agréablement, de l'invitation de Leyland. Ce dernier était l'une des rares personnes qu'il considérait comme un ami et le fait qu'ils ne parlaient pas sans arrêt de leurs emplois respectifs aidait beaucoup. Souvent, le mage était lassé que toutes ses relations soient liées à son statut d'Archimage, un peu de changement était donc le bienvenu. De plus, soyons honnêtes, Leyland était encore plus mauvais élève que lui dans la construction de nouvelles amitiés. Avant de le rencontrer, Eldoth avait entendu parler de l'Asiatique et les échos qui lui étaient arrivés ne peignaient pas le tableau une personne très sociable. Enfin, pas au sens habituel du terme dirons-nous. Au final, après quelques discussions avec le premier concerné, Adrian l'avait trouvé un peu original, mais de la bonne manière et il était donc ravi que l'entente soit réciproque.

Après avoir emboîté le pas à Leyland, Adrian put constater que le jeune homme était beaucoup plus doué que lui pour la décoration d'intérieur – ce qui n'était pas compliqué, avouons-le. Son attention se reporta sur l'Asiatique et il fut frappé par l'air fatigué qu'il arborait. Aussi loin que remontaient ses souvenirs, Adrian l'avait toujours vu débordant de vigueur. Comme quoi, contrairement à certains médisances qu'il avait pu entendre, Leyland n'était pas un robot, mais bel et bien un humain avec des hauts et des bas ! Lorsqu'il fut question de Soren, Eldoth secoua la tête pour expliquer qu'en effet, ils ne s'étaient jamais croisés. Il y avait tant de personnes à rencontrer, Adrian doutait d'y arriver un jour. Après quelques phrases plus ou moins originales ainsi qu'un sirop servi – il n'était pas friand d'alcool de toute manière – Leyland s'inquiéta de la santé de son invité. L'habituel sourire d'Adrian fit son apparition alors qu'il répondait d'un ton sincère.

« Très bien, merci. Quelques histoires un peu prenantes, mais tout va bien. »

Il avait juste découvert que Chase n'était pas mort et qu'il complotait contre la famille Cooper. Oh, puis évidemment il avait aussi constaté qu'il éprouvait plus que de l'amitié à l'égard d'une jeune femme issue de cette même famille et qu'elle était fiancée à un anti-Supers – sinon c'était trop facile, évidemment. Ajoutez en plus à cela qu'un père taulard avait refait son apparition de la vie de son apprentie qui menaçait de revenir dans ses mauvaises habitudes et que lui ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Oui, tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Il s'était installé sur l'un des tabourets avant de poser les yeux sur Leyland.

« Encore merci pour l'invitation. Et c'était sincère.
Et tu sais, il y a toujours des bruits de couloir étranges au Brett Building. C'est un peu la spécificité de l'endroit je crois. Il eut un haussement d'épaules pour appuyer ses dires.
Puis, très honnêtement, je te trouve particulièrement normal comparé aux personnes que j'ai pu côtoyer jusqu'à aujourd'hui. C'est peut-être ton côté « toujours au top de la forme » qui perturbent les gens, va savoir.... Ce qui l'amenait à un autre sujet.
Enfin, toujours en forme la plupart du temps. Tu as l'air fatigué, je crois bien que c'est la première fois que je te vois comme ça. »

Le ton n'était pas critique, il ne cherchait pas davantage à juger Leyland. En fait, Adrian se demandait ce qui pouvait bien mettre le jeune homme dans un tel état. Il avait souvent comparé ce côté « au top » à son habitude de toujours sourire pour dissimuler lorsque quelque chose n'allait pas. Peut-être que l'Asiatique se montrait aussi performant pour éviter les jugements de valeur, voire autre chose ? Même s'ils se connaissaient depuis un petit moment à présent, Adrian ignorait énormément de choses à propos de la vie personnelle – du moins avant son arrivée à Star City – de son interlocuteur. La remarque qu'il venait de dire l'amena donc à poser une question plus franche.

« Quelque chose ne va pas ? Tu as eu des ennuis ou une mauvaise nouvelle ? Il repensa à la dernière phrase de Leyland.
À propos d'eux ? Tu n'en parles pas souvent. »

Le « eux » désignant les parents de Leyland. Adrian avait fini par comprendre lorsqu'il faisait référence à eux, mais ce n'était pas pour autant qu'il était capable de cerner l'importance de leur lien. Tout ce qu'il avait cru deviner, c'était que les membres la famille Harper ne nourrissaient pas énormément de sentiments positifs entre eux.
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Jeu 28 Aoû 2014 - 18:35 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Ah, les bruits de couloir. Et encore, Leyland n’était pas entièrement conscient des différents paris ouverts par les subordonnés de son équipe sur sa vie personnelle. L’un des paris consistait effectivement en pour et contre de l’hypothèse qu’il fût un androïde dernière génération, le programme émotionnel en moins, créé par un laboratoire de haute technologie pour le compte de l’UNISON. Les spéculations les plus réalistes tournaient autour de son statut marital, de sa véritable origine nationale — une bonne partie de ses collaborateurs étant convaincue que l’accent britannique était factice —, de sa vie sentimentale ou de ses activités extra-professionnelles. La dernière recrue était par exemple persuadée que les soirées inoccupées de Leyland se passaient assis sur une chaise à entendre le matin. Une excellente réputation, en somme.

— Oh, ça va, j’ai dormi…

Le regard de Leyland se perdit un instant dans le vide, alors qu’il tentait de calculer.

— Il y a trois jours. À peu près. Les enquêtes sont très calmes en ce moment, c’est amplement suffisant.

L’Asiatique ne faisait pas mystère de sa nature de mutant — dans une ville comme Star City, c’eût été parfaitement inutile. Sur le terrain, il tâchait de ne pas trop étaler ses pouvoirs, qui de toute façon n’étaient pas de prime abord particulièrement visuels. Question d’effet de surprise. Le reste du temps, il le précisait au détour d’une conversation, quand on s’étonnait de le voir circuler à tout heure du jour et de la nuit, quand il traversait la période grippale de l’hiver sans avoir ne fût-ce que le nez pris ou quand il avalait vingt-trois donuts sur le pouce, pour combler ses gargantuesques besoins caloriques.

— Hélas, l’esprit n’est pas toujours aussi conciliant que le corps.

Même si ses résistances psychologiques étaient exceptionnelles, elles demeuraient, pour leur part, humaines — entrainées par une longue carrière d’agent de terrain, il est vrai. Leyland haussa les épaules évasivement, fit tourner sa grenadine dans son verre un moment et finit par reconnaître :

— Ils viennent cet automne. Ils m’ont écrit

Lee désigna une enveloppe posée sur l’étagère. Qui écrivait encore au vingt-et-unième siècle des lettres transatlantiques ? (À part les mages centenaires, bien entendu.)

— … pour me dire qu’ils venaient. Il y a une sorte d’exposition, ou de vernissage, à New York, et ils traversent la baie pour venir jusque ici. C’est…

Désespérant.

— Ils vont venir ici. Ils vont regarder l’appartement et ils vont le trouver trop froid. Si je leur présente Soh-Ren, ils le trouveront ennuyeux, même s’il est tout sauf ennuyeux. Ils essaieront encore de me refourguer le fils de je ne sais trop qui, qui ferait, je ne sais pas, des installations en pâte à modeler pour critiquer la société de consommation, ils me poseront des questions sur le travail, je dirais que je ne peux pas en parler et ils auront ce petit pincement de lèvres qu’ils ont toujours, parce que pour eux, je ne serais jamais qu’un homme qui a vendu son âme aux forces démoniaques de l’armée.

Sur le sujet de ses parents, une fois lancé, Leyland était absolument intarissable. Une partie considérable de sa vie avait été construite, plus ou moins consciemment, à l’inverse de celle de ses parents : l’armée plutôt que l’art, le design épuré plutôt que le baroque, un guerrier ailé plutôt que la sophistication raffinée d’un créateur mondain, les États-Unis plutôt que la Grande-Bretagne — la liste était longue.

— Je te jure, ça me désespère. Je suis content de ma vie ici. Très content. Heureux, même. J’ai un compagnon, un vrai. J’aime bien mon travail. J’aime bien mon appartement. J’aime bien la ville. J’ai rencontré des gens très sympathiques. Je me lie peut-être pas très facilement, mais toi, tu es bien là ce soir. L’autre jour, à un dîner, j’ai vu Charlie Lane et c’était… Intéressant. Je veux dire, je fais des progrès sur tout et l’idée que ces gens-là puissent venir me juger, ça…

Leyland prit une profonde inspiration et finit par adresser à Adrian un sourire d’excuse.

— Navré. Même à trente ans, ils ont une espèce de don surhumain pour me rendre fou.

C’était le dîner des gens qui ne faisaient pas leur âge — même si Adrian le battait à plates coutures, comparé à nombre de ses collaborateurs, Leyland, plus ou moins bloqué dans la mi-vingtaine, avait oublié de vieillir — particulièrement aux yeux des Occidentaux.

— Au moins, j’ai progressé depuis que je suis petit : j’ai arrêté de tenter de faire exploser leur maison.

Sa vocation pour les forces spéciales remontait à très loin, oui. Difficile tout de même, devant l’homme absolument posé de trente ans, d’imaginer le turbulent petit Harper, toujours en passe de réinventer le cocktail Molotov, complotant ses méfaits dans un recoin de la maison familiale.

— Bref, j’ai quelques mois pour me préparer. Ou alors j’abuse de mes prérogatives et je fais retenir leur avion au sol, à Londres, je n’ai pas encore décidé.

Leyland esquissa un sourire — il n’était pas sérieux. Même si c’était tentant. L’Asiatique se détourna un instant du bar pour fouiller dans ses placards et il revint rapidement posé de petits bols chargés de biscuits apéritifs, le temps de patienter en attendant le repas pour dix (c’est-à-dire lui plus une autre personne) qu’il avait préparé.

— Ceci étant dit, si je puis me permettre, tu ne parles pas non plus souvent de ta famille.

Rapidement, il précisa :

— Non que tu sois forcé, évidemment. Je ne voudrais pas être indiscret.

Ce qui ne l’empêchait pas d’être curieux.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Jeu 28 Aoû 2014 - 23:38 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
C'était toujours assez perturbant d'entendre quelqu'un vous dire qu'il s'était reposé « seulement » trois jours plus tôt. Pour quelqu'un d'humain, comme Adrian, c'était juste impensable de faire une nuit blanche et d'être performant le lendemain. La seule réponse du mage fut pourtant de rester silencieux. Bien souvent, cela poussait l'autre à lâcher tout ce qu'il avait sur le cœur et cela ne manqua pas de fonctionner avec Leyland qui dressa un tableau peu réjouissant de la situation avec ses parents. C'était dommage. Lui-même avait toujours eu de bonnes relations avec les siens, enfin, avant qu'il ne devienne Archimage. Après... c'était différent, mais c'était sa faute. Ses pensées se centrèrent sur les paroles de son ami tandis qu'il persistait dans son silence, du moins jusqu'à ce que son interlocuteur retourne la situation en lui parlant de son manque de communication au niveau de sa famille. Logique... à moins de devoir mentir – ce qu'il détestait – il ne pouvait pas en parler sans aborder le sujet de son vieillissement ralenti. Il secoua la tête pour rassurer Leyland avant de répondre.

« Ce n'est pas indiscret ne t'en fais pas. C'est normal de s'interroger sur ce genre de choses. Adrian haussa légèrement les épaules.
En fait, si je n'en parle pas, c'est parce qu'il n'y a rien à dire. J'ai juste une cousine très éloignée dont je ne connais rien et avec qui je ne m'entends pas particulièrement bien. Tous les autres membres de ma famille sont décédés ou trop éloignés pour que je sache qui c'est, alors disons qu'il n'y a pas grand-chose à dire dessus. Et il allait éviter de parler de son fils adoptif qui avait passé la cinquantaine.
Tu es bien conservé pour un trentenaire. Ça doit souvent te jouer des tours j'imagine, non ? Les gens se fient plus à l'apparence physique qu'aux capacités des gens en général.... Et il parlait en connaissance de cause.
Et tu sais.... c'est un peu le rôle des parents, de te rappeler ce que c'est que de se sentir petit et sans défense et cela même si tu avais quatre-vingts ans. Je crois que ça ne changera jamais. Enfin, je ne parle que de mon expérience personnelle. »

Doublement, pour les parents et pour l'âge apparent qui pouvait freiner les autres gens. Enfin, Adrian avait souvent du mal à persuader ses interlocuteurs qu'il était capable de les aider alors que d'autres mages plus vieux que lui en apparence avaient du mal à faire ce qui était nécessaire. Mais ce n'était pas avec ces quelques réponses qu'il allait développer ce que Leyland lui avait confié. Apparemment, la relation qu'il avait avec ses géniteurs était bien pire que celle qu'Eldoth avait imaginée ! En venir à songer de faire sauter leur maison, c'était... comment dire... extrême ? Voire pire. L'Américain réfléchit quelques secondes à ce qu'il avait entendu avant de répondre suivant son instinct.

« Tes parents sont contre l'armée ? Ou c'est simplement le fait de ne pas pouvoir savoir tout ce que tu fais de ta vie ? C'est normal que les enfants finissent par avoir leurs secrets – et je ne parle pas seulement du travail. C'est étonnant. Enfin, ça n'entrait pas dans sa conception de la paternité.
Tu penses qu'ils veulent te voir uniquement pour te juger ? Ce n'est pas simplement parce qu'ils ont envie de te voir ? Tu sais... je ne les connais pas, mais j'ai rencontré pas mal de gens au cours de mes voyages et j'ai constaté que certaines personnes avaient une manière bien à eux d'exprimer leurs sentiments. S'ils sont aussi durs avec toi, c'est peut-être parce qu'ils savent que tu es capable de grandes choses ? Ils se montreraient donc plus durs pour le pousser ? Cela dit, Adrian n'approuvait pas ce mode d'éducation.
Je ne les défends pas, je m'interroge simplement. Je trouve toujours ça triste lorsque des parents et des enfants ne s'entendent plus. »

Peut-être parce qu'il faisait un transfert et que ses parents étaient morts alors qu'il était en froid avec eux, allez savoir. Chacun avait ses événements passés qui finissaient par dicter son comportement futur. Quoi qu'il en soit, Leyland n'avait aucune raison de douter de lui ou de désespérer et Adrian tenait à lui dire.

« Et tu sais, ce n'est pas le fait de se lier avec tout le monde qui compte, c'est surtout d'être capable de tenir sur la durée. Je ne suis pas très liant non plus, mais j'ai tout de suite senti que tu n'étais pas du genre à considérer les gens comme des numéros. C'était un peu étrange de le dire de la sorte, mais c'était du Adrian.
Tu as tous les atouts pour avoir une vie idéale. Enfin... ce n'est pas le terme. Une vie heureuse ? C'est plus approprié. Ce que j'essaye de te dire, c'est que ce serait dommage de te laisser démolir, moralement parlant, par cette visite. Tu n'as pas à douter de toi, tu fais de grandes choses et depuis que nous nous connaissons, tu as bien plus progressé que mes autres connaissances. »

Ou que lui-même, mais ce n'était pas très compliqué.
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 13:02 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Leyland hocha silencieusement la tête lorsque Adrian évoqua sa famille décimée. Trente ans, c’était jeune pour avoir perdu ses parents, mais cela n’avait rien d’improbable et, devant une douleur qu’il supposait, Leyland se contentait d’une écoute attentive. Les formules de consolation n’étaient pas son fort : il les trouvait souvent creuses et trop convenues. Se régler sur les apparences sociales quand il était sous couverture, jouer son rôle, il acceptait de le faire — mais dans sa vie personnelle, il préférait en contrepartie chercher des moyens plus sincères, quoique plus discrets et peut-être moins polis, de manifester sa compassion.

— Et puis je serai bien conservé dans soixante-dix ans…

Il avait laissé échapper cette constatation amère en un murmure. Ces dernières années, il avait essayé de mettre sa jeunesse immuable sur le compte de ses gènes asiatiques, mais en touchant la trentaine, il avait dû se rendre à l’évidence. Si le diagnostic des médecins de l’UNISON n’était sans doute pas infaillible, ils lui prévoyaient tout de même une vie longue, très longue. Beaucoup trop longue au goût de Leyland. Il n’avait certes aucune envie de mourir, mais l’idée de survivre à ceux qui lui étaient chers, de rester jeunes alors qu’il flétrirait, lui paraissait d’une tristesse infinie.

Mais il eût été indélicat de rappeler à Adrian sa propre mortalité — enfin, celle que lui supposait Leyland — et l’Asiatique se concentra plutôt sur un usage moins problématique.

— Ils sont… Oui, contre l’armée. Quelques décennies dans le passé, tu vois, ils auraient été des hippies. Maintenant, ils sont des artistes contestataires. Je veux dire, je comprends leur point de vue. Si je fais ce que je fais, c’est aussi parce que je crois qu’il y a des moyens plus discrets, moins meurtriers et moins dangereux pour les civils de régler les conflits internationaux que par la guerre.

Pour Leyland, le renseignement était un progrès au regard de l’armée. Entre envahir un pays, raser des villes, bombarder des aéroports et procéder à des frappes qui n’avaient de chirurgicales que le nom, d’un côté, et de l’autre organiser des coups d’État, même des assassinats politiques très ciblés, il n’y avait à ses yeux pas de discussions possibles. Le combat militaire n’était pas noble, ni glorieux, ni héroïque et, quitte à se compromettre, il avait préféré le faire en évitant les dommages collatéraux.

— Ils ont ce point de vue sur le monde qu’on a quand on vie dans les quartiers bourgeois bohème de Londres et que l’on peut manifester contre l’occupation du Tibet à l’ombre protectrice de Buckingham Palace. Je sais que l’antimilitarisme est une opinion très populaire. Enfin, pas ici, évidemment.

Aux États-Unis, on avait même plutôt intérêt à ne pas critiquer ouvertement les troupes — c’eût été quasi de la trahison.

— Je suis pas… fier de ce que je fais. Je crois pas que ce soit un bien. Je crois pas que les enfants devraient rêver, quand ils sont petits, d’être militaire ou agent de renseignement. Quand je vois…

Il glissa machinalement une main dans ses poches pour effleurer du bout des doigts la plume de Soh-Ren. La présence d’un être si semblable à un ange dans son existence lui paraissait parfois cruellement ironique, tant il estimait peu mériter le salut de la rédemption. Quand il voyait Soh-Ren, il avait parfois du mal à ne pas se sentir envahi par une honte irrationnelle à l’idée de ses actes professionnels.

— Disons que je suis un moindre mal nécessaire. Mais mes parents ne calculent pas stratégiquement. Pas pragmatiquement. Ils ont des idéaux d’autant plus faciles à nourrir qu’on ne leur demande jamais de les mettre en pratique.

Lee secoua la tête.

— Mais tu as raison. J’ai aucune raison de les laisser entacher ce que j’ai construit ici. Je sais bien qu’au fond ils viennent parce que, je ne sais pas, ils ont envie de me voir. Et je les déteste pas non plus.

C’était quand même très bien imité.

— Juste que je préfère ne pas les rencontrer. Bouge pas, c’est prêt.

Leyland abandonna un instant Adrian — sans vraiment sortir de son champ de vision il est vrai — pour s’activer une dernière fois aux fourneaux. Quelques minutes plus tard, le repas était servi et la table dressé. Deux couverts et assez de nourriture pour une troupe de scouts affamés. De la sale à la poêlée de légumes, en passant par la volaille et les nems, le riz et les pommes de terre, la compotée d’oignons aux raisins pour accompagner un peu de semoule aux épices. Leyland croisa le regard d’Adrian.

— Oui, euh…

Il afficha un demi-sourire.

— Je mange beaucoup. Ça doit avoir un rapport avec le lifting permanent, je suppose.

Et les jours sans sommeil, la capacité à courir un kilomètre en sprint ou celle de résorber ni vu ni connu les petites coupures provoqués par des accidents d’épluche-légume. Le budget nourriture de Leyland était colossal.

— Merci de ta… patience, je suppose.

L’Asiatique se mit à fixer avec grand intérêt un bol de riz cantonnais pour pouvoir glisser d’une voix qui ne fût pas trop embarrassée :

— Ton amitié est toujours d’un grand secours.

Il releva les yeux et tenta de détourner l’attention de cette confession trop sincère à coups de gigot.

— Tu prendras bien un peu plus de pommes de terre ? Un grand garçon comme toi.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 17:05 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Bizarre de parler d'immortalité – ou de vieillissement ralenti – avec quelqu'un d'autre. Pour le coup, Adrian se sentait un peu coupable de dissimuler le fait que lui aussi était concerné par ce problème. Car oui, le mage voyait sa jeunesse quasi éternelle comme une difficulté. Il avait vu ses proches vieillir et mourir et ce schéma se répétait encore aujourd'hui avec Sallah, donc en effet, rester alors que les autres disparaissaient était devenu un problème pour le mage. Quoi qu'il en soit, lorsque Leyland parle davantage de ses parents, Eldoth cerna un peu mieux le problème. Des artistes contestataires, en effet, ils devaient avoir rêvé d'autre chose pour leur enfant – unique ? Dans un sens, l'amour des parents était souvent entaché d'égoïsme : tous les pères rêvaient de voir leurs enfants prendre leur suite, voire obtenir un meilleur avenir que le leur. Mais bien souvent ses jugements existaient avant la naissance de la progéniture et l'obligeait donc à suivre un chemin tout tracé et cela même s'ils n'en avaient pas envie.

Les pensées de l'Archimage restèrent pour lui le temps que Leyland termine la préparation d'un repas étonnamment gargantuesque. Mais les pouvoirs avaient parfois des effets bien étranges sur leurs propriétaires et la perpétuelle forme parfaite de l'Asiatique devait trouver ses sources dans les calories qu'il ingurgitait. Il n'empêche que c'était plus que surprenant lorsque vous ne l'aviez jamais vu de vos propres yeux. Cela dit, c'était toujours agréable de découvrir de nouvelles choses et même à son âge, Adrian avait encore beaucoup de choses à apprendre semblait-il ! Cette constatation lui remonta un peu le moral et la mini confession de Leyland ne fit que l'aider un peu davantage. C'était assez surprenant d'entendre les gens parler avec autant d'honnêteté et au fond, ça avait quelque chose de rafraîchissant. Oui, l'agent de l'UNISON était peut-être original d'après les critères des autres, mais cette étrangeté avait beaucoup de bons côtés. L'habituel sourire en coin d'Eldoth refit son apparition alors qu'il évitait de revenir sur ce qui semblait embarrasser Leyland.

« Pourquoi pas, oui. Heureusement, lui n'avait pas besoin d'ingurgiter autant de nourriture que son comparse.
Tu sais, tu n'as pas à me remercier pour ça. Je veux dire, c'est parfaitement normal, c'est ce que les gens font entre amis. Même s'il n'en avait pas beaucoup.
Et puisqu'on est au moment des révélations, je te remercie aussi de m'avoir laissé l'occasion de te connaître au-delà de l'habituelle relation professionnelle. »

Comme ça Leyland se sentirait peut-être un peu moins embarrassé si Adrian lui disait aussi ce qu'il pensait de la situation ? En vérité, c'était bien plus parlant que cela n'en avait l'air : c'était le signe qu'Eldoth n'avait effectivement jamais tissé de liens amicaux ou autres avec des agents de l'UNISON – ou de la Légion. En bref, Leyland était une exception et c'était agréable de constater qu'il était encore possible de se faire des amis après avoir passé près de quarante ans enfermé dans un manoir à potasser des livres de magie.

Quoi qu'il en soit, les paroles précédentes de son comparse avaient éveillé de nouvelles questions dans son esprit. Apparemment, le fait de vieillir seul – ou d'être le seul à ne pas vieillir plutôt – l'inquiétait. Était-ce anormal ? Assurément non ! Pourtant, cela prouvait que Leyland était bien plus mature qu'Adrian au même âge. Lorsqu'il était devenu Archimage, le trentenaire avait été emballé par l'idée de traverser les siècles en conservant un visage toujours aussi jeune, mais il avait finalement compris que c'était un cadeau empoisonné. Après avoir observé Leyland pendant quelques secondes, le mage reprit donc la parole, une intonation neutre comme si tout cela était une simple discussion.

« Ça a l'air de t'effrayer de vieillir en restant le même, physiquement parlant. Pourtant, c'est ce que pas mal de personnes rêveraient d'avoir. Il ne parlait pas en son nom cela dit.
En plus avec ta capacité à dormir largement moins que la moyenne, on peut presque dire que tu auras encore plus de temps à consacrer à tes enquêtes... Sauf que se noyer dans le travail n'était pas une bonne idée.
Et ça te permettra d’emmagasiner par mal de connaissances. C'était bien le seul point positif de ce « don ».
Pour ce qui est des idéaux de tes parents, disons qu'il est toujours plus simple de juger sans connaître toute l'étendue de la chose. Par exemple les gens qui sont contre l'espionnage ou contre le fait de payer une rançon pour récupérer des otages, ils ne pensent pas que sans ces procédés, c'est la force qui aurait été employée. Oh, bien sûr, on peut toujours faire mieux selon les critères de certains, mais de toute manière il y aura toujours des contestataires. Et il parlait en connaissance de cause.
Chaque point de vue est utile, même celui de tes parents. Il te fait réfléchir et réviser le tien. C'est le meilleur moyen pour être sûr de soi je pense, même si j'en conviens, ça n'est pas top pour le moral. »

Il n'empêche qu'en acceptant leur visite, Leyland acceptait de s'exposer à leurs critiques alors qu'il pouvait tout simplement décider de les ignorer et de leur demander de sortir de sa vie tant qu'ils n'accepteraient pas de le laisser vivre comme bon lui semblait. C'était ce qu'Adrian avait fait jadis, puis maintenant il le regrettait. Au fond, il se retrouvait étrangement chez ce jeune homme.

« Je me demandais, pourquoi tu continues à être en contact avec eux si tu n'as pas envie d'entendre leur jugement ? Ça ne serait pas plus simple de couper les ponts ? »
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 18:30 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Leyland n’était certes pas particulièrement surpris des difficultés qu’Adrian pouvait rencontrer à se lier d’amitié avec les agents de l’UNISON. Après tout, le mage était toujours en quelque manière un étranger. Un consultant régulier, certes, mais l’Asiatique connaissait bien l’esprit de corps qui animait de semblables organisations et si le cosmopolitisme de l’UNISON tempérait ce qu’il avait pu connaître à l’armée ou au MI6, il fallait bien reconnaître que les agents étaient toujours un peu distants avec ceux qui venaient de l’extérieur.

La dernière question d’Adrian fut accueillie avec un haussement d’épaules un peu impuissant, tandis que Leyland avait profité de la réponse de son ami pour engloutir trois nems et une quantité déjà fort respectable de riz. Après avoir avalé ses bouchées, il reconnut :

— Je ne suis pas toujours très logique, je crois.

Même les paris les plus fous de ses subordonnés ne misaient pourtant pas sur son irrationalité. Au travail, Leyland avait parfois l’air d’une machine à prendre les décisions stratégiques optimales, indépendamment de ses propres sentiments ou de ceux des gens qui l’entouraient. Sacrifier pour avancer était l’un des principes fondamentaux de son travail — et de toute évidence, il était loin de l’appliquer à sa vie personnelle.

— Ça va peut-être sembler horriblement idiot et tautologique comme réponse, mais ce sont quand même mes parents. Et puis, quitte à être parfaitement honnête…

L’agent poussa un soupir et marmonna :

— Je leur dois beaucoup.

Même si ça lui fendait le cœur de le reconnaître. Il désigna d’un geste de baguette (les habitudes ont la vie dure) la longue bibliothèque qui couvrait tout un mur.

— La musique, la littérature, la philosophie, c’est à eux que je le dois. J’ai beau être en désaccord avec eux sur bien des questions, et même ne pas apprécier particulièrement leur propre travail, ils m’ont donné une éducation exceptionnelle. Si, quand je rentre chez moi, je peux me sentir encore humain, et pas seulement une brute les mains pleines de sang, c’est grâce à leur culture.

Brute aux mains pleines de sang, l’expression était venue toute seule et Leyland se rendit compte un peu trop tard de ce qu’elle avait de violent. Un sourire triste passa sur ses lèvres et il glissa :

— Désolé. C’est une façon de parler.

Assurément, pour ceux qui l’avaient rencontré au hasard des cours de cuisine, des représentations de l’opéra, des musées de peinture ou des libraires de livres anciens de Star City, il était difficile de l’imaginer en train de tuer un homme, une arme à la main — et plus difficile encore de se représenter ce qui avait été trop souvent une réalité beaucoup plus rude : tuer un homme, sans arme à la main.

— Je suppose que j’ai une forme de reconnaissance pour eux. Peut-être l’espoir de l’approbation. Je ne sais pas. L’idée que les civils les plus civils que je connaisse puissent un jour reconnaître la nécessité de mon implication a quelque chose de… Disons que ce serait une sorte de rédemption.

Il l’avait bien dit : son travail était un mal nécessaire et si sa morale, lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions sur le terrain, avait toute la souplesse que les circonstances pouvaient exiger, il n’en avait pas pour autant l’esprit plus tranquille, quand il rentrait chez lui.

— Quant à la vieillesse…

C’était une question compliquée.

— Je sais que je suis chanceux. Ne pas connaître la maladie. Rarement la fatigue. Ça, ce sont des privilèges exceptionnels que je ne regrette jamais. Mais vivre plus longtemps… Et vivre en pleine forme… Quand j’étais un peu plus jeune, je me disais que je prendrai ma retraite militaire vers les quarante-cinq ans, en tout cas la retraite du terrain, et puis une vraie retraite après, parce que mon corps serait fatigué et que j’aurais raison. Je veux dire, ne plus être capable, c’est un excellent prétexte pour faire autre chose. Un peu comme la fin d’un service militaire. Là, le service risque bien d’être perpétuellement prolongé. Et les autres…

Difficile de couper à la sincérité, à présent.

— Au risque d’être indélicat, j’ai du mal à ne pas t’imaginer mort dans… soixante dix ans. Et Soh-Ren. Je ne connais pas beaucoup de personnes, pas aussi personnellement, et votre mort serait… Elle ôterait sa valeur à ma propre existence.

Leyland tenta de prendre un ton aussi dégagé que possible en soulignant :

— Fort heureusement, je ne suis pas immortel.

En tout cas, pour l’instant, et il espérait bien que sa mutation ne le porterait jamais à ce point. Le message était clair : il avait déjà envisagé de mettre un terme à ses propres jours, en bout de course, quand sa vie serait trop longue. À ses yeux, rien de suicidaire là-dedans : simple coup de pouce à un corps un peu trop surnaturel pour retrouver le chemin du bon sens. Il avait même réfléchi à la méthode — la décapitation était la meilleure candidate, mais difficile à pratiquer seul. Pour l’heure, la noyade restait son option numéro 1.

Leyland se racla la gorge.

— Si tu connais de bonnes blagues, je crois que c’est le moment.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 20:06 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
C'était bizarre de constater qu'il n'y avait apparemment que lui qui avait été incapable de comprendre que les parents étaient sacrés et qu'il était stupide de leur tourner le dos juste parce qu'ils désapprouvaient quelque chose. Le regard d'Adrian s'attarda sur le visage de son interlocuteur tandis que ce dernier expliquait devoir énormément de choses à ses géniteurs. Machinalement, les yeux du centenaire dévièrent sur la vaste bibliothèque tout en écoutant les paroles qui lui étaient adressées. Tout cela était logique et en un sens, Adrian se sentait horriblement égoïste de ne pas avoir pu comprendre cela au même âge. Décidément, toutes les discussions qu'il avait ces derniers temps avaient tendance à le ramener à ses vieux démons, à croire qu'après avoir passé la centaine d'années vous ne pouviez plus que ressasser le passé.

Toutefois, le terme de « brute sanguinaire » exprimait bien la piètre opinion que Leyland semblait avoir de lui-même. C'était dommage : il avait de grandes capacités et faisait de bonnes choses, c'était un gâchis que de se voir de la sorte. Mais Adrian n'eut guère le temps de s'épancher à ce sujet puisque son comparse du moment aborda un autre sujet qui lui fit regretter d'avoir posé la question à propos de son espérance de vie. Voilà qu'il culpabilisait de ne pas l'avoir mis au courant de leur point commun, mais il se refusait à l'idée de le faire : cette discussion était celle de Leyland et Adrian voulait être capable de l'aider comme un ami et non comme un Archimage quasiment immortel. Finalement, un énième sourire se dessina sur les lèvres d'Eldoth.

« Désolé, j'ai toujours été nul pour l'humour. C'était peu de le dire, ses blagues tombaient toujours à plat avec son apprentie.
Je crois que c'est normal de penser à la mort des personnes... normales, si je puis dire, que tu côtoies. Mais dans un sens, c'est dommage de visualiser ça dès l'instant où tu rencontres quelqu'un. Je veux dire : des gens meurent tous les jours, pas forcément dans cinquante ou soixante ans, mais si tu n'étais pas dans ton cas, est-ce que tu y penserais sans arrêt ? Ironique de conseiller Leyland sur quelque chose que lui-même fuyait.
En restant concentré sur le fait que tu risques de perdre les gens qui te sont chers, tu risques d'oublier de vivre le moment présent avec eux. Tu peux te dire que ça te donne l'avantage d'apprécier chaque instant à fond. Je ne dis pas qu'il faut vivre chaque moment comme si c'était le dernier, mais à craindre de perdre tes proches, tu vas t'éloigner de tout le monde pour finir par vivre reclus sur toi-même. Et il parlait en connaissance de cause.
Si tu as hérité de ce don, c'est certainement pour une bonne raison. Qui sait, peut-être que dans cent ans l'UNISON aura besoin d'un nouveau Commandant avec ton expérience et tes connaissances ? Il soupira légèrement.
Au risque d'être un peu morbide, craindre de perdre quelqu'un ne l'empêchera pas de mourir. Te concentrer sur ce point te fera passer à côté de beaucoup de choses par contre. »

Bon voilà, il s'était érigé en défenseur de l'immortalité et du vieillissement ralenti ! Difficile de déblatérer tout ça alors que lui-même n'y croyait pas – plus. Cependant, Leyland était beaucoup plus mature que lui-même à son âge et Adrian espérait donc que ces conseils allaient pouvoir lui permettre de voir les choses sous un meilleur angle. Bien sûr, il pourrait toujours lui répliquer que c'était facile de dire ça lorsqu'on savait pertinemment qu'on ne vivrait pas aussi longtemps et là.... le discours deviendrait plus compliqué. Mais bon, c'était un risque à prendre.
Décidé à faire repartir les choses sur une note plus positive et moins morbide, Adrian reprit après avoir imité Leyland en mangeant – en moins grosse quantité cela dit.

« Tu t'intéresses à l'art, alors ? Son regard se détourna de Leyland pour observer les environs.
Si ça peut te remonter le moral, lorsque je suis rentré dans ton appartement, je me suis tout de suite dit que j'admirais tes talents de décorateur d'intérieur. Au pire, si un jour l'UNISON commence à t'ennuyer, tu pourras toujours t'aiguiller là-dedans. Son attention se reporta sur l'Asiatique.
C'est une bonne chose d'avoir des loisirs à côté, ça te permettra peut-être de te découvrir de nouveaux talents, parce que je te trouve drôlement dur avec toi-même. Je n'ai pas eu envie de devenir ton ami parce que tu étais le meilleur agent ou que tu avais des capacités impressionnantes tu sais. »

Et il ne regrettait vraiment pas d'avoir décidé de pousser ça plus loin.
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Dim 31 Aoû 2014 - 12:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Leyland hocha la tête en écoutant les propos d’Adrian — et en se servant à nouveau des pommes de terre. Au moins, la perspective d’une existence wolverinienne ne lui coupait pas l’appétit. Au fond, il savait qu’Adrian avait raison et s’il menait une existence, dans l’ensemble, réservé et solitaire, c’était moins par peur de perdre ceux auxquels il s’attacherait que par l’effet de l’habitude et de son tempérament. La perspective d’une vie beaucoup trop longue ne s’était ouverte à lui qu’au début de l’année, quand les médecins de l’UNISON s’étaient sérieusement penchés sur son cas, tandis que ses difficultés à nouer des relations, elles, étaient bien plus anciennes que ça.

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres quand Adrian, après l’avoir peint en Marshall de l’UNISON — une perspective à vrai dire très loin de déplaire à Lee, qui manquait toutefois encore beaucoup de sens diplomatique et politique pour assumer de pareilles fonctions —, lui proposa une carrière de décor d’intérieur.

— Hmoui, ce serait très, hm… Comment dire…

Après avoir englouti une boulette de riz, Leyland imagina sa présentation :

— Je m’appelle Leyland Harper, je vis dans un quasi loft design, avec mon petit ami qui ressemble à un ange et je suis décorateur d’intérieur. Très… Typique.

Très gay, voulait-il dire. De manière sans doute un peu superficielle, Leyland appréciait son aura de masculinité, très loin des codes d’une communauté à laquelle il ne s’était jamais vraiment senti appartenir.

— Non, plus sérieusement, je crois que je n’aurais pas la patience de supporter les clients. Les gens assez riches pour s’offrir des décorateurs d’intérieur.

Il ne songeait pas que des institutions pouvaient avoir besoin de semblables services.

— L’autre jour, donc, j’ai croisé Charlie à un dîner mondain, par exemple. À vrai dire, ça ressemblait beaucoup plus à un traquenard, parce que les hôtes ont essayé de nous caser ensemble. Je crois que le côté bourreaux de travail était censé constituer un critère de compatibilité suffisant. Enfin bref, Charlie était très sympathique, ça ne fait pas de doute.

Il s’abstenait de préciser qu’il la connaissait déjà depuis quelque temps, depuis qu’il s’était introduit par effraction chez elle pour la menacer, avant de l’enrôler comme une sorte d’agent double. Leyland n’était pas ravi de laisser de larges pans d’ombre dans son existence et ses relations, dont certains confinaient aux mensonges purs et simples, mais il préservait tout autant son amitié avec Adrian en lui dissimulant ses activités secrètes qu’il les protégeait elles-mêmes. Et au fond, il était persuadé que son ami comprenait les nécessités des petits accommodements avec la sincérité que sa profession lui imposait.

— Mais le dîner en lui-même, sérieusement… Au-delà même de sa frugalité…

D’un autre côté, quand on voyait sa table à lui, difficile de tenir la comparaison.

— Les gens, les conversations… Quand je passe mon temps à mentir toute la journée, j’aime bien, une fois sorti du travail, avoir des interactions plus franches et directes. L’hypocrisie… Enfin non, pas de l’hypocrisie, de la politesse, je suppose, une sorte de code social, bref, la politesse mondaine, la politesse de la grande bourgeoisie, c’est épuisant. Je crois que je préfère encore la haute société de Londres. Tu vois, la politesse britannique a quelque chose de plus… contenu. Les gens ne sont pas aussi cordiaux aussi rapidement avec toi, et du coup, on sait un peu plus à quoi s’en tenir.

Il ne fallait pas douter de lui — en tout cas de son appétit : les plats étaient en train de se vider.

— Je crois que je préférerais de loin devenir, je ne sais pas, ébéniste. Ou luthier. Luthier, sans doute, ça me plairait beaucoup. Quelque chose de manuel, en tout cas. Et puis l’idée de construire, d’assembler, de réparer des objets, est extrêmement séduisante.

Que son éducation fût à contre-emploi ne le préoccupait guère : il était un ancien militaire et un agent de terrain né dans la bourgeoisie bohème, le déclassement était devenu une seconde nature.

— Toi, qu’est-ce que tu aurais aimé faire ? Si tu avais emprunté une autre route.

Bon, Leyland ne savait pas précisément ce qu’Adrian faisait. Quand il essayait de s’imaginer ce qu’un mage pouvait bien fabriquer de ses journées, il se représentait spontanément un vieux barbu en robe en train de fixer avec des yeux exorbités le contenu aussi suspect que bouillonnement de bizarres alambics. Il soupçonnait la réalité d’être un peu différente. Le versant archéologique des activités de son ami lui parlait un peu plus, même s’il craignait que sa vision des choses reposât beaucoup plus sur ses souvenirs d’Indiana Jones que sur les nécessités d’un chantier de fouille.

— Je te verrais bien journaliste. Déterrer une histoire, c’est peut-être un peu comme exhumer un objet enfoui depuis longtemps. Ça doit demander du flair, de la patience et un certain tact. Je trouve que tu ne manques pas de tact. D’intuition psychologique. Pas forcément, tu sais, conventionnel, mais il n’empêche.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Dim 31 Aoû 2014 - 17:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
La remarque que Leyland fit à propos de sa présentation « typique » laissa Adrian un peu pensif. En quoi le fait de vivre dans un pareil endroit avec un compagnon atypique et un métier intéressant pouvait poser problème ? Il avait beau avoir essayé d'évoluer un peu avec son temps depuis qu'il côtoyait de nouvelles connaissances, il n'était pas encore très au fait des « codes sociaux » et des réputations que l'on pouvait avoir juste à cause de quelques données. Une chance dans un sens, sans quoi il paniquerait certainement en sachant ce que ses voisins pensaient d'un type trentenaire – et célibataire – qui vivait dans un manoir où défilaient souvent des jeunes femmes. Finalement, c'était peut-être mieux qu'il ignorât les détails de ce genre et quelque chose lui murmura de ne pas demander davantage de détails à son interlocuteur.
Sage décision.

Quoi qu'il en soit, Leyland parla à nouveau de Charlie Lane et Adrian fut assez amusé de constater qu'elle occupait souvent les discussions qu'il avait avec autrui – à croire que quelqu'un le poursuivait avec ça ! Mais l'échange devait plus « tendu » lorsque le jeune homme parla de mensonge, d'hypocrisie et compagnie. Dur de garder son sourire devant quelque chose qu'il faisait à l'instant présent. Parce qu'un mensonge par omission restait un mensonge. Il soupira légèrement, pour lui-même, avant de lever les yeux vers Leyland au moment où ce dernier le dépeignit comme un journaliste idéal. Est-ce que c'était un compliment ? Adrian avait toujours perçu ces individus comme des personnes indiscrètes et qui ne se souciaient que de faire un bon papier, mais apparemment Leyland avait une autre vision de ce métier. Un sourire en coin fit à nouveau son apparition.

« Journaliste ? Je ne pense pas. Je n'ai pas suffisamment de... caractère si je puis dire. Je n'aime pas m'immiscer dans la vie des gens et pour obtenir des scoops, c'est ce qu'il faut faire en général. Puis tout dépend du journal qui nous emploie, rédiger un article sur les préférences alimentaires d'une star à la mode, ça ne m'enthousiasme pas des masses. Et il avait vu comment Chase et Charlie avaient souffert de ce comportement.
Mais je fais ce que je veux. Mes parents m'ont laissé choisir mon métier et j'ai toujours voulu devenir archéologue, puis ça me convient bien. Ce qui était unique à l'époque.
Et pourquoi tu ne laisses pas tomber l'UNISON pour devenir artisan si tu en as envie ? Tu sais, tu ne dois rien à personne, tu n'as pas d'attaches particulières avec le gouvernement, si ce n'est ton engagement, non ? Pas comme lui avec son rôle d'Archimage par exemple.
Rien ne t'empêche de changer de vie. »

Dit comme ça, les choses avaient l'air simples, mais pourtant il se doutait que Leyland n'agirait pas ainsi. Quelque chose devait coincer, peut-être l'idée de perdre la sécurité de l'emploi ou de devoir modifier ses habitudes ? À moins qu'il ne songeait à ses capacités et ne voulait pas les « gâcher » en les utilisant en tant que luthier et non agent gouvernemental ? Il y avait énormément de possibilités, mais Adrian ne connaissait pas Leyland suffisamment personnellement et bien pour deviner quels étaient ses tracas principaux.
Il décida donc de revenir aux précédentes paroles de l'Asiatique.

« Tu connais Charlie Lane alors ? C'est une personne aimable et agréable en effet. Ce n'est pas étonnant qu'on ait essayé de vous caser ensemble, vous avez pas mal de points communs. En plus d'être des bourreaux de travail.
Tu sais Leyland, ce n'est pas pour t'ennuyer que les gens font ça en général, mais plus pour t'aider. Pour certaines personnes, vivre seul – ou en apparence seul – c'est une mauvaise chose et ils essayent de te rendre plus heureux en t'aidant à rencontrer une bonne personne ? Ils t'ont présent Charlie Lane, c'est qu'ils doivent avoir une très bonne opinion de toi. Sans quoi ils lui auraient organisé quelque chose avec la grosse Bertha.
Mais je peux comprendre ce que tu veux dire en parlant d'hypocrisie. C'est assez compliqué à gérer et c'est pourquoi je préfère généralement côtoyer des personnes avec qui je me sens à l'aise. Mais des fois il faut aller un peu plus loin pour en rencontrer de nouvelles. Il esquissa un sourire.
Je ne suis pas anglais et on s'est bien entendus. Mais il avait aussi la vieille éducation.
Et tu as parlé avec mademoiselle Lane alors ? »

Il n'avait pas vocation à devenir entremetteur, mais il pouvait bien se renseigner un peu, non ?
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Dim 31 Aoû 2014 - 19:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— Le principe qu’on essaie de me faire rencontrer quelqu’un, ça ne me choque pas plus que ça. Enfin, je crois. C’est très, hm… Américain, je crois ?

Leyland n’était pas un spécialiste des habitudes sociales de son propre pays en matière de relations sentimentales — sans blague — mais il lui semblait qu’aux États-Unis, les choses étaient beaucoup, beaucoup plus codifiées. Il s’était fait la réflexion dès les premiers jours, d’abord, en regardant la manière dont les hommes et les femmes se comportaient les uns envers les autres, dans la rue, sur le lieu de travail. Ailleurs qu’à l’UNISON, bien entendu — à l’UNISON, les cultures étaient trop variées pour se faire une idée. Et quand il avait entendu ses collègues américains évoquer parfois, au détour des conversations, la manière dont les rituels amoureux se conduisaient aux États-Unis, il avait été surpris de trouver à toutes ces habitudes quelque chose de curieusement réglementé.

— Et assurément, si on m’estime à la mesure de Charlie Lane, je ne peux qu’être flatté. Je préfère de très loin mon ange mais…

Oups. C’était sorti tout seul et Leyland se lança dans une splendide imitation de la poudre de paprika qui accompagnait certains de ses plats. Même avec Adrian, il conservait une pudeur de sentiments très britannique, mais au fil de la conversation, il n’était apparemment pas toujours possible de se surveiller.

— Je veux dire, Soh-Ren, et hm… Oui, bref, Maître Lane est quelqu’un de très agréable et heureusement qu’elle était là, sans quoi la soirée eût été très ennuyeuse. On a parlé de tout et de rien, vraiment. De Texas. Un peu de travail, aussi, forcément.

« Un peu de travail », ça voulait dire qu’il avait proposé plus ou moins clairement à Charlie de l’employer à l’UNISON comme avocate-conseil — plus que conseil, même — au sein de la Division d’Espionnage, afin de concrétiser leur collaboration autour de l’affaire Graham. Techniquement, il ne mentait pas, même si l’expression employée suggérait plutôt le menu bavardage de deux professionnels liés à la justice et à la criminalité que la planification d’une collaboration de longue durée.

Et à propos de travail…

— Tu sais, je ne suis pas malheureux, à l’UNISON. Je ne suis pas heureux de faire mon métier, d’accord. Je préférerai qu’il soit superflu. Qu’il n’existe pas. Mais puisque les choses sont telles qu’elles sont, j’aime autant être celui qui le fait. Je suis sûr de ma moralité, même si ce n’est pas le cas de tout le monde, je suis moins sûr de celle de mes homologues. À vrai dire, j’ai quitté le MI6, parce que…

Leyland fit une pause et considéra sérieusement ce qu’il s’apprêtait à dire. C’était à peine si des clauses de confidentialité ne lui sortaient pas par les oreilles. D’une voix un peu plus lente et prudente, il commença :

— … disons que certains… événements… quelque part, hm… pas vraiment en Europe…

Ça, c’était du précis.

— … m’ont conduit à m’interroger sur…

La probité de ses supérieurs ?

— … la pertinence de certains intérêts… dans un contexte mondialisé.

Laborieux. Il esquissa un sourire d’excuse.

— Désolé d’être un peu vague. Bref, l’UNISON est à mes yeux l’organisation la plus adaptée pour gérer les crises de notre planète et même si le fonctionnement des Nations Unies n’est pas toujours remarquable, je préfère servir une organisation transnationale que des intérêts étatiques trop étroitement définis. Je vais peut-être te paraître immodeste, mais des luthiers, il y en a beaucoup, des gens avec, comment dire ? Mon spectre de compétences.

Vague, encore. Certaines n’étaient pas compliquées à se représenter. Le combat. Les armes. Il y en avait d’autres qui ne venaient pas toujours spontanément à l’esprit des civils : les langues étrangères, l’ingénierie d’urgence, la chimie appliquée ou la comptabilité avancée étaient autant d’instruments essentiels à un agent comme Leyland.

— Et mon expérience.

Qui impliquait un réseau de contacts importants.

— C’est beaucoup plus rare. Et je considère que ça me donne des responsabilités. Un devoir. Peut-être que j’ai été formaté par l’armée, mais j’ai bien l’impression de devoir quelque chose à tout le monde. Avant, c’était à mon pays. Maintenant, c’est à la planète. Paradoxalement, j’aurais l’impression d’avoir beaucoup plus de sang sur les mains en abandonnant mes missions et en devenant luthier, que maintenant.

Leyland était lucide sur sa propre biographie : à l’origine, sans doute, il n’avait pas eu le choix. Dès son adolescence, le lycée militaire lui avait tracé la route vers les forces spéciales, les forces spéciales vers le MI6 et le MI6 vers l’UNISON. Il y avait tout à parier que si, demain, on lui proposait de devenir Chevalier Stellaire, il accepterait sans hésiter.

— Ça ne parait pas fou, si ? Je veux dire, on s’est croisé dans les couloirs du Brett Building, toi et moi, et je suppose que tu n’étais pas là pour profiter de l’architecture.

Leyland leva la main en prévision d’éventuelles réticences.

— Je ne cherche pas à me renseigner sur ce que tu fais. Enfin, si tu veux en parler, ça m’intéresse, évidemment. Je veux dire, simplement, tu dois bien sentir un sens des responsabilités, toi aussi, pour être là. Ce que j’observe avec mes nouvelles recrues, c’est que les gens qui viennent pour le goût de l’aventure restent un temps, mais que ce goût-là est rapidement remplacé par des impératifs plus… moraux.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Lun 1 Sep 2014 - 16:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Adrian ne savait pas vraiment si le fait d'essayer de caser ses connaissances avec d'autres connaissances célibataires, était américain. Lui-même ne le ferait jamais et pourtant, il était né à Washington. Bref, il semblait que Leyland n'avait pas besoin de ça pour être heureux vu le fard qu'il piquait en parlant de « son ange ». Tant mieux. Eldoth était heureux de savoir que le jeune homme avait quelqu'un pour le rendre heureux, qui plus est le compagnon en question n'était pas un simple humain et son existence de vie était peut-être plus adaptée à celle de Leyland ? Des questions qu'il ne comptait pas poser bien évidemment. Toujours est-il qu'Adrian ne verrait donc pas son ami au bras de la jolie avocate blonde, puis la discussion glissa sur les raisons qui poussaient le jeune homme à rester membre de l'UNISON au lieu de s'envoler pour un autre pays et commencer une vie qui correspondrait mieux à ses envies.

La raison était simple : il n'était pas malheureux, mais pas ravi non plus. Il vivait sans passion pour son boulot en somme. Quant à la raison qui l'avait poussé à quitter le MI6... elle était plutôt obscure. Adrian le regarda d'un air un peu perdu, comprenant simplement que Leyland n'avait apparemment pas été en accord avec la manière dont son gouvernement agissait. Au final, si l'Asiatique décidait de rester dans cette carrière, c'était pour les mêmes raison que l'Archimage. Ils avaient énormément de points communs en y regardant de plus près. Et comme pour faire écho à ses pensées, l'agent de l'UNISON lui retourna en quelques sortes la question. Bon, le mieux était de dévoiler une partie de son rôle dans l'organisme. Ils n'en avaient jamais réellement parlé jusqu'à présent, un peu comme s'ils s'entendaient mieux sur le plan personnel que professionnel.

« Ne t'inquiètes pas, je sais que tu ne cherches pas à me tirer les vers du nez. En fait, si je travaille là-bas, c'est pour les mêmes raisons que toi. Il prit quelques instants pour organiser ses pensées.
Je ne suis pas né avec mes pouvoirs. La magie, ça peut venir naturellement, mais dans mon cas c'est venu plus tard. J'ai été investi d'une sorte de rôle si je puis dire et j'ai à ma disposition des connaissances qui ne sont pas à la portée de n'importe qui. Il le désigna.
Un peu comme toi avec tes pouvoirs, sauf que moi c'est mes connaissances en matière de magie, de possessions ou de sortilèges. Adrian baissa les yeux vers le plat avant de reprendre.
Donc on peut dire que j'aide à l'UNISON, parce que si je ne le faisais pas, je passerais mon temps à me dire qu'avec mon aide ils auraient peut-être réglé une mission plus rapidement et évité le décès de civils ou d'agents. Il haussa les épaules.
Pour me donner bonne conscience peut-être. »

Parce qu'il avait toujours du mal à croire à son revirement. À l'époque où il était encore « humain », Adrian était la personne la plus égocentrique qui soit et ce n'était pas en devenant centenaire que vous développiez le besoin d'aider votre prochain. Ou peut-être que c'était le bâton de l'Archimage qui transformait ses porteurs en guimauve obligée d'aider la veuve et l'orphelin, allez savoir.
Peu désireux de s'éterniser sur un sujet le concernant, Adrian reprit.

« Tu as le temps d'un côté. Tu peux continuer à aider l'UNISON et à améliorer la vie quotidienne, puis dans quelques années lorsque les choses se seront arrangées, tu pourras toujours partir pour devenir luthier. Avec son ange, bien sûr.
J'ai du mal à croire que les choses resteront éternellement comme elles le sont aujourd'hui. Si l'on compare la situation actuelle à celle du siècle dernier, tout a évolué en bien. Et il n'y avait pas autant de supers et de personnes qualifiées dans ton genre. Ce n'est certainement que l'affaire de quelques décennies et au final, ce n'est pas grand-chose pour quelqu'un comme toi. Une pause se fit.
Je me demandais, pourquoi est-ce que tu as décidé de venir à Star City ? Il y a des bases de l'UNISON partout dans le monde il me semble ? »

Après tout, Leyland n'était pas né sur le sol américain.
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Mar 2 Sep 2014 - 15:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Se donner bonne conscience ? Leyland ne put s’empêcher de hausser un sourcil interrogateur qui retomba bien vite quand Adrian fit dévier la conversation : le message était clair et le mage n’avait apparemment aucune envie de s’étendre sur la question. L’Asiatique avait pourtant bien du mal à imaginer pour quelles raisons Adrian aurait pu vouloir se racheter une conduite. Il n’imaginait pas les trente premières années — supposait-il — de la vie de son ami bien différente de ce qu’il en connaissait aujourd’hui, en matière de caractère tout du moins. Il était bien placé pour savoir que les gens changeaient, parfois, puisqu’il s’était lui-même fort assagi, mais dans le fond, les principes et les valeurs lui paraissaient des données stables d’une personnalité.

L’idée qu’Adrian pût cacher un passé douloureux avait de quoi laisser songeur. Évidemment les mots de sortilèges et de possessions peuplaient, pour un néophyte comme Leyland, l’imagination de tableaux un peu sordides. L’agent avait déjà vu la magie en action, un peu en Asie orientale, un peu dans une dimension où il avait été entraîné contre son gré par une forêt enchantée, l’hiver précédent, mais ces brèves expériences le rendaient bien peu capables de mesurer ce que pouvait être une existence de mage. Est-ce qu’Adrian s’était laissé un jour séduire par des forces maléfiques et entreprenait depuis de faire amende honorable ? Est-ce que la séduction par les forces maléfiques existait seulement pour de vrai, ou bien n’était-ce qu’un ressort narratif des films ésotériques ?

Lee tenta de ne plus imaginer un Adrian de dix-neuf ans en train de sacrifier des chèvres sur les tombes d’un cimetière venteux pour s’attirer la bonne fortune et les femmes plantureuses et revint sur les considérations un peu plus sérieuses qui concernaient l’avenir du monde. Dans quelques décennies, prendrait-il sa retraite ? Il en doutait un peu. Il ne partageait pas vraiment l’optimisme de son ami. Enfin, les progrès, certes, étaient indubitables. Mais de là à se passer de ses services ?

Le jeune homme allait partager sa vision un peu plus sombre de la situation quand émergea une question délicate.

— Oh.

Il repoussa son assiette, sans doute parce que la plupart des plats étaient vides désormais que par manque d’appétit (faut pas rigoler non plus).

— C’est, hm, globalement confidentiel.

L’Asiatique afficha un sourire d’excuses.

— Désolé.

Au moins, Adrian avait droit à une franche fin de non-recevoir, plutôt qu’aux mensonges qu’il élaborait fréquemment, y compris pour tous les autres collègues de l’UNISON, en dehors de la Division d’Espionnage. Beaucoup plus qu’un militaire désormais, Leyland était un espion, et comme ceux qui tentaient de consulter son dossier professionnel à l’UNISON s’en rendaient compte en récupérant trois pages erratiques qui se battaient en duel, « confidentiel » était chez lui une marque de fabrique.

— Disons simplement que c’était la destination logique après… Là où j’étais avant.

Et là où il était avant, c’était « quelque part ». Pour compenser cette imprécision totale, Leyland développa la question sur un versant plus personnel.

— J’aime bien cette ville, cela dit. J’aime bien sa diversité, en quelque sorte, j’aime bien que le regard des gens sur les autres soit… Disons que ce n’est pas parfait, mais moins systématiquement méfiant, plus… habitué, aux mutations, à tout ça. Bon, évidemment, ce n’est pas comme si je portais ça marqué sur mon front.

Pour deviner sa mutation, il fallait soit être très perspicace, soit l’avoir fréquenté pendant plusieurs jours. Soit avoir tenté de faire un jogging avec lui.

— Et ça ne m’a jamais pesé, dans ma vie. Mais confusément, je sens une sorte de sympathie pour les autres. Mutants, je veux dire. Et l’idée que ça puisse mieux se passer pour eux dans cette ville, ça a quelque chose de réconfortant. Et les rues sont plus intéressantes, comme ça.

Plus dangereuses, aussi, il était bien placé pour le savoir, mais était-ce véritablement pire qu’à New York ou dans certains quartiers de Londres ?

— Je suppose que fatalement, il y a aussi des réactions plus violentes, un courant contraire plus fort. J’avoue que je ne suis pas cette actualité très scrupuleusement. Je sais qu’il y a le Daily Herald, cet organisme qui s’appelle le CODE, j’ai aperçu en passant un débat entre ce Cooper et Roberts, le fils du Commander…

Un débat qui l’avait laissé un peu perplexe, comme toutes les initiatives de la Légion au demeurant. À ses yeux, l’organisation, dont il reconnaissait certes la participation active à la protection des citoyens du monde entier, était un foyer de chaos potentiel dont les compétences auraient dû revenir, pour plus de stabilité, à l’UNISON. Même s’il était très loin de partager les positions développées par Jonas Cooper au cours du débat. Et puis, Jace lui paraissait trop jeune pour assumer de semblables responsabilités.

— Tu es impliqué dans ce genre de… je ne sais pas, questions sociales, toi ? Je veux dire, j’ai l’impression que la magie est une affaire beaucoup plus confidentielle, mais c’est peut-être simplement que j’y suis trop étranger. J’ai l’impression que les mages sont moins exposés au regard du public et aux inévitables difficultés politiques que ça entraîne.

Certes, il s’imaginait mal Adrian prendre la tribune pour défendre le droit aux sortilèges. Son ami lui paraissait un peu trop discret pour cela.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur
Message posté : Mer 3 Sep 2014 - 14:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Légion des Etoiles
Légion des Etoiles

avatar
Légion des Etoiles

Afficher le profil
Eldoth
L'ARCHIMAGE

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Le fait que Leyland n'allait certainement pas pour lui répondre avait effleuré l'esprit d'Adrian. Ce dernier avait compris depuis un moment déjà que son ami n'était pas souvent en mesure de parler des pans de sa vie qui étaient étroitement liés à son travail. C'était le problème lorsque vous aviez un métier d'espion. Histoire de rassurer son interlocuteur, Eldoth haussa légèrement les épaules pour lui faire savoir que ce n'était pas grave et écouta avec attention ce que Leyland voulait – ou pouvait – bien lui dire. Adrian pouvait comprendre que Star City puisse plaire aux étrangers. Lui-même n'était pas originaire d'ici, même s'il y avait séjourné quelques mois avant de partir pour l'Europe pendant la guerre mondiale – la deuxième. Et pourtant, lui aussi avait décidé de venir s'installer ici plutôt que de retourner à Washington, signe que Star City avait de l'attrait pour différentes personnes. Après tout, la ville était considérée comme « la capitale des supers » et vu le nombre de métahumains que l'on y rencontrait, c'était un euphémisme. Si le Commander, « responsable » de la Légion avait ses pénates ici, ce n'était pas sans raison. Au final, pour ce qui était des mutants, Adrian ne pouvait qu'écouter et croire le trentenaire sur parole : il n'était qu'un humain et sans sa magie, ne serait pas différent du citoyen lambda – en fait il ne serait plus de ce monde.

La discussion s'orienta vers quelque chose de plus politique lorsque Leyland s'intéressa à ce que le mage pouvait penser de ce sujet. C'était une question épineuse : Adrian avait bien ses avis sur la question, toutefois lorsqu'il en parlait, ça partait souvent en cacahuète. Il suffisait de voir la manière dont il avait réussi à se mettre Chase à dos alors qu'il s'inquiétait seulement pour lui. Au final, le centenaire inspira comme pour se donner du courage avant de répondre avec franchise – en espérant que tout cela ne lui retomberait pas dessus cette fois-ci.

« Impliqué... oui et non. J'ai mon avis sur la question, mais je le garde pour moi et en général, je n'en fais pas état sauf lorsqu'on me pose la question, évidemment. Comme dans le cas présent.
La magie n'est pas vraiment confidentielle, c'est juste que dans un monde où la mutation génétique est acceptée, la magie et tout ce qui y est lié, ça apparaît souvent comme de l'arnaque. Tu serais étonné par le nombre de personnes qui m'ont regardé bizarrement en m'entendant dire que je pratiquais la magie. Charlie Lane par exemple, ça a été le cas. Même si elle avait finalement changé d'avis après l'avoir expérimentée.
Je crois donc je ne peux pas comprendre ce que vous pouvez éprouver en tant que métahumains. Vous n'avez pas les mêmes... problèmes que moi si je puis dire. Personne ne m'arrêtera dans la rue pour m'insulter parce que je pratique la magie. Les gens ont plus tendance à imaginer ça comme le magicien qui sort un lapin de son chapeau. »

Puis sa magie n'était pas aussi visible que certains pouvoirs mutants, même si dans le cas de Leyland, ces derniers n'étaient pas si visibles. Il fallait le connaître pour le savoir.
Quoi qu'il en soit, le sujet de la politique n'avait pas été abordé et Adrian était conscient que sa réponse ne serait pas très utile s'il n'appuyait pas ses dires par des explications plus développées. Après quelques instants de réflexion, Eldoth reprit finalement la parole.

« Je n'approuve pas les articles qui paraissent dans le Herald et je ne suis pas vraiment d'accord avec les demandes du CODE, cependant je peux les comprendre. Dans le cas du dernier, c'est souvent des parents qui s'inquiètent de la sécurité de leurs enfants. Je me dis que si j'étais à leur place, ça me poserait aussi des problèmes que certains supers abusent de leurs pouvoirs sans penser aux conséquences. Mais il n'avait pas d'enfants, alors il ne pouvait qu'imaginer.
Mais après, je trouve ça injuste de généraliser. Ce n'est pas parce que certains supers ne pensent pas aux dégâts collatéraux que c'est le cas de tout le monde. Les membres de la Légion ne cherchent pas à prendre la place des policiers de la ville et l'UNISON ne se considère pas comme au-dessus des lois. En tous les cas, ce n'est pas ce que j'ai remarqué de mon côté. Et il en avait côtoyé beaucoup, des supers !
Je crois qu'il n'y a pas de solution qui conviendrait à la situation, du moins pas qui ait déjà été proposée. Le problème avec les groupes comme le CODE, c'est souvent qu'ils ne plaident que leur cause. Peut-être que s'ils prenaient la peine d'analyser la situation sous l'angle d'un super, les choses changeraient. Mais c'est la même chose pour les supers, ils pensent rarement comme les citoyens lambdas et ne comprennent pas que l'inconnu fait souvent peur. Et un citoyen ne vivait pas avec un pouvoir, il les craignait donc.
J'imagine que tu dois bien avoir un avis sur la question ? »

Et il l'intéressait.
Revenir en haut Aller en bas






I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Mer 3 Sep 2014 - 18:50 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Sortir un lapin de son chapeau ? Leyland ne put réprimer un sourire. De son côté, il n’avait jamais imaginé Adrian en prestidigitateur et, à vrai dire, il n’avait même jamais pensé que ce genre d’images pût venir aux gens qui entendaient parler d’un praticien de la magie. Son imaginaire à lui était beaucoup plus fantastique, sans doute à cause des bandes-dessinées de ses parents. Avant d’être stationné en Asie, il avait eu de la magie une idée un peu archaïque, quelque chose qui oscillait entre le cultisme et l’alchimie renaissante. Les quelques rencontres faites en Corée et en Chine avaient contribué à changer sa perspective et Adrian était venu.

— Je t’imagine très bien en train d’animer des goûters d’anniversaire.

Et voilà. Il parlait encore d’enfants. Ces dernières semaines, c’était devenu une sorte d’obsession. Bon, peut-être pas encore une obsession, mais quelque chose comme une idée récurrente. De plus en plus, dans ses conversations quotidiennes, il parlait des enfants, eux qui l’avaient longtemps mis mal à l’aise. Évidemment, au vu de son caractère, personne jusqu’à lors n’avait soupçonné en lui un quelconque désir de paternité : on le voyait bien plus entretenir son revolver qu’éduquer sa progéniture.

Et pourtant, l’idée d’un petit Soh-Ren aux yeux bridés — c’était sûrement possible, scientifiquement, non ? — courant dans l’appartement avait quelque chose de très séduisante. Il la gardait pour lui, bien entendu — pas envie de faire fuir l’Avariel avec ses envies un peu précipitées. Pour une fois qu’il avait quelqu’un dans sa vie, mieux valait faire preuve de prudence.

Le tableau d’Adrian en smoking en train de tenir un lapin par les oreilles s’effaça au profit de considérations un peu pus sérieuses. Leyland passa une main sur sa nuque, considéra la question d’un air songeur et répondit finalement :

— Je crois que d’une certaine façon, je suis content que le CODE existe. Je veux dire, je ne crois pas en grand-chose, je suppose, en termes de principes et d’idées abstraites, j’entends, mais je crois au fonctionnement démocratique.

Et c’était pour assurer la fiabilité de ce fonctionnement qu’il avait consacré ces dernières années de son existence à une lutte active contre la corruption.

— La démocratie a besoin d’un débat public et un débat public a besoin, eh bien, de personnes pour débattre. Si les groupes extrémistes dédaignent le débat public et se servent, de groupes de pression, ou même d’actions armées, comme, je ne sais pas, d’un spectre à l’autre du champ politique, les éco-terroristes ou le Klan, alors personne n’est capable de se former une idée. Pas vraiment. Et la démocratie ne peut pas fonctionner. Après, j’ai bien conscience que cette démocratie-là est un idéal beaucoup plus qu’une réalité. Disons que je préfère la voir comme un processus, quelque chose en train d’advenir. Imparfait, pour l’instant, mais comme tu le disais tout à l’heure, les choses n’ont cessé de progresser.

C’était sans doute un peu contre-intuitif, de la part d’un agent secret, de plaider pour la transparence publique, mais aux yeux de Leyland, le secret d’État était une composante aussi essentielle au fonctionnement démocratique que la transparence des affrontements idéologiques.

— Après, sur le détail, je dois bien avouer que si je partage certaines opinions du CODE, l’ensemble de leur positionnement me parait franchement dangereux. Je crois qu’eux et moi avons la même méfiance à l’égard de la Légion des Étoiles et des héros qui la composent. Je suis peut-être un peu trop militaire, un peu trop étatique, je ne sais pas, mais cette organisation-là, la Légion, ressemble beaucoup à une milice, à mes yeux, une milice dont le recrutement est parfois… surprenant.

Il avait beau nourrir une solide amitié avec le Corbeau, ses réticences à l’endroit de la Légion n’avaient pas diminué depuis qu’il était arrivé à Star City — bien au contraire. Une organisation qui faisait combattre des adolescents, qui assuraient l’anonymat complet à ses membres, qui prônait le masque et le costume, tout cela lui paraissait être le terreau pour des dérives très dangereuses. Sans compter que l’exaltation des vertus héroïques qui enrobait les activités de la Légion heurtait son sens du pragmatisme.

— Je crois vraiment que l’UNISON est la meilleure solution pour régler nos conflits. Et oui, il y a un problème entre l’UNISON et les lois souveraines, parce que les lois internationales sont encore faibles et fantomatiques. Les Nations Unies devraient à mon sens participer plus activement au développement du droit international, mais ça, c’est un tout autre débat.

Leyland n’était pas souverainiste, c’était le moins que l’on pût dire — hélas, ses opinions en matière d’internationalisme avaient peu de chance de rencontrer un écho favorable sur le sol étasunien et, en général, pour éviter un affrontement idéologique trop violent avec ses collègues de travail, il évitait d’en faire état. En Adrian, il avait toute confiance cependant : si le mage ne partagerait peut-être pas ses vues en la matière, au moins, Leyland le croyait, il les accueillerait avec sa patience ordinaire.

L’Asiatique se leva.

— Ceci étant dit, j’ai acheté des gâteaux.

Alors que Leyland commençait à empiler les assiettes vides pour faire de la place, il interrogea :

— Je me trompe peut-être, mais le sujet a l’air de te rendre un peu nerveux. De mauvaises expériences en termes de débats difficiles ?
Revenir en haut Aller en bas



L'homme au pesto d'or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» Sénateur Carlos Fritz Lebon: un homme malhonnete et dangereux
» L'ex homme fort d'Haiti est un égoiste...
» Le futur d''Haiti selon l''homme d''affaire Mike Spinelli
» Monture sang-froid et homme lézard
» Voilà un homme que Sarko ne comprendra pas.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-