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Tel un phénix de givre

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Message posté : Sam 23 Aoû 2014 - 0:50 Message
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Le frêle corps qui me sert dorénavant de réceptacle a repris des forces ces dernière semaines, plus lentement que je ne l'aurais souhaité, mais clairement plus rapidement que ce qu'on aurait attendu de la part de quelqu'un tout juste sorti de quatre ans de coma. Au bout d'une semaine je remarchais, mais impossible pour moi d'envisager de me mettre au travail, mon enveloppe charnelle n'aurait pas supporté le rythme habituel que je m'impose. Il faudra que je le signifie à mon épouse, éviter à l'avenir les cachectiques serait intéressant afin de ne pas perdre de temps. Non pas que cet homme ait été un fainéant au cours de sa vie passée, loin de là. Des bribes de mémoire que j'en ai conservé, j'ai pu me rendre compte à quel point il s'agissait d'un homme actif, pleinement investi au sein de l'entreprise, et vraisemblablement dans les petits papiers des dirigeants. Toute cette gestion des chiffres me semble d'une complexité non négligeable, cependant Lucius se débrouillait parfaitement avec aussi ai-je été en mesure de saisir aisément la teneur de différents dossiers -évidemment depuis longtemps dépassés, le monde de la finance est en changement perpétuel, même moi je suis en mesure de le comprendre- évoqués oralement sur la messagerie de son téléphone professionnel. Téléphone que j'ai eu grand mal à manipuler seul, les avancées technologiques ayant remplacé les touches auxquelles j'avais déjà eu du mal à m'habituer par une vitre de verre...

Oui, j'ai beau avoir cette connaissance, je dois cependant convenir d'une chose: tout ceci est d'un ennui incommensurable. Je m'interroge parfois sur la propension des hommes à créer des disciplines harassante dans le seul but d'indisposer ceux qui se retrouvent à la pratiquer. A tel point qu'il m'arrive de me demander si le sort peu enviable de certains humains qui restent toute une vie derrière leur bureau à traiter d'obscurs dossiers à la chaîne ne serait pas comparable au châtiment peu enviable de mon divin beau-père, Loki Laufeyson. Quelle horreur que d'être noyé dans le papier en permanence sans presque jamais avoir une minute de repos!

Enfin tout ce temps passé à faire regagner des forces à mon réceptacle a eu ses avantages, j'ai pu en profiter pour allumer la télévision à longueur de journée sur une chaîne d'informations, me mettant au fait des derniers événements mondiaux et actualisant ainsi en partie mon vocabulaire. Il est évident que pour ce qui est de l'image, cependant, l'intérêt est plus que limité. Dans le même temps, grâce à l'aide de Connor -un neveu de Lucius, apparemment, dont j'ai effectivement quelques vagues souvenirs- un mode aveugle a été activé sur la machine informatique de mon hôte -un ordinateur, ce me semble-, ce qui me permet de l'utiliser sans devoir demander à un tiers. Et j'ai pu mettre tout ceci à profit. Car de ce que j'ai pu retenir de mes dernières réincarnations, c'est l'importance de l'identité secrète des différents super-héros. Et ce souci de protection de l'anonymat me permettrait paradoxalement d'agir un peu plus efficacement et d'employer un peu plus aisément mes pouvoirs sans trop dénoter, tant que je me plierai aux codes régissant ce monde des "super".

Mais pour en revenir à l'informatique, ceci m'a permis de commander et me faire livrer en toute discrétion les différents éléments nécessaires à la confection d'un costume. A défaut de pouvoir entrer dans le feu de l'action dans l'immédiat, autant tout préparer au mieux. Et étonnamment tout ceci a pris un temps considérable, à tel point que les obligations professionnelles de Lucius n'ont pas tardé à ressurgir. Il était temps de rendre des comptes à l'entreprise dans laquelle il travaillait avant son accident. C'est une fois de plus Connor qui m'a lu le mail me fixant l'horaire de mon entretien de reprise. Avec un cadre quelconque des ressources humaines dont Lucius n'avait manifestement jamais entendu parler, ou trop insignifiant à l'époque pour qu'il s'en souvienne, vraisemblablement un individu plutôt jeune donc.

Effectivement à la date donnée, le ton condescendant et huppé du collet monté s'est imposé à moi de lui-même, et cette impression déjà marquée a été complétée par son aspect dans le plan ombreux, qui m'en a dépeint un visage obséquieux, et n'a fait que renforcer la mauvaise impression que j'ai eue de lui. L'entretien a clairement tourné court, tant son comportement et son caractère même m'irritaient, mais je suis tout de même resté suffisamment civil pour m'assurer son aval pour une reprise de fonctions à un poste bien évidemment subalterne à celui qu'a pu occuper Lucius à l'époque, et assorti d'une période d'essai comme toute nouvelle embauche. Ce travail de bureau me semble être une tâche ingrate et assommante, mais il est important que je reprenne la vie de Lucius au plus proche de ce qu'elle devrait être pour ne pas éveiller les soupçons, quitte à démissionner dans quelques temps en prétextant une trop grande fatigue pour continuer à exercer. Il est cependant évident que des fonds me seront nécessaires pour pouvoir remplir mes objectifs, le monde actuel tournant malheureusement uniquement autour de l'argent et non plus autour de valeurs nobles telles que le courage, l'altruisme ou l'abnégation.

Et ceci explique pourquoi je me retrouve aujourd'hui assis à mon bureau au sein du siège de la Veidt, qui a été spécialement équipé pour mon retour: logiciel de reconnaissance vocal pour la commande des différents équipements de la pièce, clavier en braille -ceci m'a laissé assez perplexe d'ailleurs, d'une part à cause de l'équipement de pointe annexe qui le rend caduque, d'autre part parce que la cécité de Lucius est très récente, aussi paraît-il peu probable qu'il ait déjà eu le temps d'apprendre le braille. A moins que ce ne soit une forme de défi d'être déjà opérationnel, ce qui est une autre possibilité non nulle- et fauteuil ergonomique dernier cri. Ne manquerait plus qu'un dossier à traiter sur le bureau pour me signifier que tout temps de réadaptation est superflu, mais manifestement nous n'en sommes tout de même pas là. Histoire de donner le change, au bout d'une vingtaine de minutes installé dans mon bureau personnel, je fais appeler un des comptables -un des rares agents auxquels je peux encore donner des directives- et lui demande de me préparer un récapitulatif des dernières transactions en suspens, par ordre décroissant d'importance, et de venir me le présenter dans la demi-heure suivante. Le silence pesant qui suit ma demande me donne une idée de l'ampleur de la tâche, mais je congédie mon subalterne sans modifier ma demande. Je n'ai nul temps à perdre, et libre à lui de synthétiser suffisamment.

Je retourne à la découverte de mes nouveaux équipements, tentant tant bien que mal de m'adapter à toute cette technologie inconnue, lorsque quelques temps plus tard des pas se font entendre et je peux sentir une présence se déplacer dans l'étage du service comptabilité, que je n'arrive pas à identifier immédiatement. Ce n'est que lorsqu'il arrive à la porte de mon bureau que je le reconnais dans certaines bribes de souvenirs enfouis de Lucius à sa manière de frapper.

"Adriel. Entre, je t'en prie."

Le propriétaire de l'entreprise vient de faire son entrée en scène.
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Message posté : Jeu 4 Sep 2014 - 20:49 Message
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Légion des Etoiles
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Black Arm

ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 30/03/1988
ϟ Arrivée à Star City : 12/09/2013
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ϟ Pouvoirs : • Super-force (20.000T)
• Super-résistance (20.000T)
• Super-vitesse (1.650.000km/h)
• Super-réflexes
• Super-vision
• Sūpā-Modū
• Eveil au Qi (champs protecteur)

Tel un Phénix de Givre.


L’été était chaud dans les rues de Star City et le Golden Boy ne pouvait qu’apprécier la bise d’air frais inondant son vaste bureau. La décoration mêlant l’ancien comme le contemporain avait le mérite d’offrir une mosaïque des expériences que le jeune homme avait pu traverser au cours de son existence. Surplombant le tout, un portrait le représentant en compagnie de ses deux frères trépassés. Il avait beau savoir, désormais, qu’ils n’étaient que des doubles de lui-même, il ne cessait pas pour autant de les considérer comme étant sa famille, son sang… Tout juste savait-il, désormais, qu’il ne les retrouverait guère dans la mort. Encore eut il fallut qu’il ait quelques divines croyances pour s’en formaliser. Malheureusement, la divinité et lui n’étaient pas vraiment des concepts qui s’emboitaient parfaitement. Un été particulièrement chaud donc qu’il ne passait guère à voyager vers les plages de Floride pour pratiquer le surf. Beaucoup de choses à faire, beaucoup trop de dossiers à traiter. Tant et tant de choses qui nécessitaient sa multiplicité ! A l’heure actuelle, bon nombre de ses doubles étaient enfermés dans les méandres de l’atelier se trouvant sous sa luxueuse villa, terminant de plancher sur un modèle Mark III de son armure. Le concept utilisé au San Theodoros avait été utile mais avait démontré ses limites. Ayant fait main basse sur quelques intéressant éléments, Adriel s’acharnait désormais à perfectionner sa création. Il devait se tenir prêt pour toute situation. Un été particulièrement chaud dont il n’avait pas pu profiter face à la gente féminine. Une résurgence de son passé avait eu le mérite de lui offrir tout ce dont il désirait et c’est à peine s’il jetait un coup d’œil envieux aux mini-jupes que portait fréquemment Ashley. La chose avait le mérité d’affuter ses sens mais ses envies demeuraient désormais ailleurs.

Un jour comme un autre au bureau donc. Adriel était avachi dans son imposant fauteuil, cravate un brin dénuée, laissant ses yeux courir sur un dossier négligemment posé face à lui alors qu’il s’amusait à lancer comme réceptionner une balle de tennis bondissant contre un mur proche. De temps à autres, il s’autorisait un coup d’œil en contrebas, sur la ville qu’il dominait depuis les sommets de la Tour Veidt. Faire toutes ces choses à la fois ne semblait lui demander aucun effort de concentration particulier. Etonnement –et ce depuis quelques temps déjà- il parvenait à accomplir plusieurs tâches simultanément sans souffrir de la moindre perte de rentabilité. La chose avait le mérite de lui rappeler ses facultés de dédoublement, mais il ne s’en était pas encore formalisé, n’avait pas cherché à maximiser cet aspect ni même à le développer. La chose viendrait en temps voulu et elle avait, pour l’instant, le mérite de rendre son travail un peu moins ennuyeux.

" Monsieur, je tiens à vous signaler que votre rendez-vous commercial se déroulera dans une heure et qu’il est hiérarchisé prioritaire dans votre calendrier. "


Adriel eut un sourire, songeant que V.I.S.I.O.N entretenait cet art tout particulier pour les annonces faisant office de cheveux sur la soupe. Néanmoins, l’intelligence artificielle l’assistant chaque jour avait parfaitement raison sur un point : la transaction dans laquelle il était sur le point d’entrer avait le mérite d’être particulièrement important. Pour lui comme pour le reste du monde, même si ce dernier était encore trop aveugle pour se rendre compte à quel point le Veidt pouvait bien investir en lui. Il lança une dernière fois la balle pour son contentement avant de la laisser choir dans le plus haut tiroir de son bureau. Délaissant le dossier, il enfourna son téléphone portable dans sa poche en sifflotant un air à la mode. S’était définitivement une belle journée pour faire des affaires.

" La délégation que vous m’avez laissé le soin de composer regroupe Charles, Peterson, Lynch, Bryant... "


" Annule la participation de Lynch et remplace le par Crane… " Lâcha t’il en coupant la parole de son assistance informatique. Cette dernière ne broncha pas mais Adriel commençait à trop bien connaitre le programme pour savoir qu’elle n’approuvait pas. Pareille opération nécessitait d’arriver en force, de montrer les muscles. S’encombrer d’un aveugle n’était pas forcément le meilleur moyen de se montrer sous son meilleur jour. Surtout quand cet aveugle revenait à peine aux affaires. Mais il y avait entre cet homme et Adriel un lien qui n’existait pas avec les autres participants. La voix robotique avança de nouveaux noms alors que le Golden Boy passait à son bras une montre chromée. " Annule les deux derniers. Nous y allons en conquérants, pas en sauvages massacreurs… " En soin il pensait sa seule présence capable d’assurer la réussite de l’opération. Mais comme le Golden Boy aimait à compliquer les choses comme à user des évènements pour tester son entourage, cette rencontre serait un moyen idéal pour voir ce que le « vieux » avait toujours dans le ventre.

Et voilà donc le propriétaire du conglomérat déambuler dans les couloirs de la tour, direction un ascenseur qui le mènerait vers le pôle comptabilité. Il ne s’aventurait pas beaucoup là-bas, sauf dans le temps lorsque quelques stagiaire valaient autant le coup d’œil que le coup de rein. On cultive son image de détestable playboy comme l’on peut. Son périple ne fut guère long et il se trouva vite devant le bureau de l’homme qui l’avait rompu au milieu des affaires avec la bénédiction de son grand père. Il repensait au temps jadis, aux opérations à la limite de la légalité qu’ils avaient ensemble orchestrée. Puis, il songea au San Theodoros, se demandant si son mentor aurait pu franchir la ligne jaune qu’il avait été obligé de corriger lui-même. Depuis cet évènement, il aspirait à remettre un peu de moralité comme de rigueur dans l’entreprise pour en assurer les transactions. Il se demanda si Lucius l’approuverait.

" Eh bien… Tu as l’air d’y voir plutôt bien pour un aveugle ! " Lâcha t’il en pénétrant dans le bureau, un brin surpris que son semblant de mentor ait pu l’identifier avec autant de facilité. Il s’éventa dans un geste un brin théâtral dont il avait l’habitude. " Ne me dis pas que j’ai un peu trop forcé sur l’eau de Cologne… " Il souriait, badin. La situation aurait pu en déranger plus d’un mais Adriel restait Adriel : il n’en avait rien à foutre. Et il ne tarda guère à s’installer sur le plus confortable fauteuil à disposition. " Je vois que tu as bien repris tes marques… " Enonça t’il en jetant un coup d’œil alentour. Même si la vue depuis le bureau lui servait un peu à rien en fin de compte… " Et que tu as toujours cette sale habitude de tutoyer ton patron… " Un sourire conclut cette phrase. Pas grand monde ne jouissait du privilège de le faire alors qu’Adriel aurait bien aimé le contraire. A croire qu’il exsudait véritablement une aura menaçante…

" Tu nous as couté cher tu sais… " Annonça t’il sans véritablement prendre de gants. Ou l’art de mettre les pieds dans le plat. " Tes soins n’étaient pas donnés mais l’on ne pouvait décemment pas laisser filer un de nos meilleurs éléments… Ces aménagements aussi ont été couteux. J’ai donc pris la liberté de majorer ton salaire dès le mois prochain. D’aucun pense que tu l’as bien mérité… " Et que ça ne manquerait pas de l’accabler d’une dette de plus envers cette société. Il était rare que les Veidt fassent les choses par pure charité, plus encore qu’ils ne fassent des choses sans espérer obtenir quelque chose en retour. Il noua ses doigts au-devant de son menton avant de poursuivre : " Mais comme tu l’as vu… " Il se stoppa, formulation maladroite, puis recommença. " Mais comme tu l’as touché, nous sommes dans une excellente situation financière… " Il était bien tombé sur quelques rapports comptables depuis son retour non ? Du genre de ceux qui indiquent que la société n’a jamais aussi bien tourné. Dieu bénisse l’Amérique et sa volonté d’avoir toujours de très gros canons ! " Prêt à de nouveau entrer dans l’arène ? Je vais avoir besoin de ton expertise lors d’une… Négociation. " Quelque chose comme dans une heure, approximativement. " J’ai également besoin de savoir si je peux espérer obtenir un retour sur mes investissements… " Il lui avait jadis appris qu’un investissement devait obligatoirement pouvoir vous rapporter. Sans quoi, il ne faudrait pas tarder à s’en séparer pour limiter les pertes. Nul doute que Lucius comprendrait vite qu’Adriel chercherait à profiter de ce marché pour évaluer s’il n’était pas devenu… Inapte. Et le Golden Boy de conclure, souriant : " Content de te revoir parmi nous. "
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Ven 19 Sep 2014 - 1:35 Message
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Le jeune homme dans les souvenirs de Lucius a pris quelques années, évidemment. Un grain de poussière lorsque l'on vit une éternité, mais néanmoins je peux sentir à son ton, à son port de tête altier, à ses gestes mesurés, que ces dernières années l'ont vu gagner plus d'assurance et de charisme que jamais. Le jeune homme déjà fier et assuré semble maintenant avoir une présence et une prestance imposantes, ne laissant plus la place au moindre doute à la moindre inflexion dans son discours pouvant marquer une hésitation. Non pas qu'il ait réellement été d'un caractère hésitant auparavant, loin de là, mais les quelques mois qu'a passé Lucius à ses côtés lui avaient à l'époque permis de se faire une image assez précise de son caractère, et je ne peux donc que constater une évolution.

Les remarques enjouées que me lance le jeune homme me font remarquer plusieurs choses. D'une part, j'ai peut-être réagi un peu vite lors de son arrivée, en laissant sans doute un peu trop s'exprimer mes sens aiguisés là où un homme nouvellement aveugle et encore en convalescence aurait dû être à la peine. D'autre part, sa remarque sur le tutoiement me fait effectivement prendre conscience du décalage entre le ton que j'ai pris et celui qu'on attendrait de la part d'un subalterne. En fait, on pourrait presque dire que c'est le vrai Lucius qui s'est exprimé par la force de l'habitude, s'affranchissant de la hiérarchie, pour une raison qui me semble assez obscure, de nombreux temps passés en sa compagnie, une transmission de savoir, mais les bribes de souvenirs de mon hôte ne me permettent pas tirer tout ceci au clair. Car je suis Höd, divinité asgardienne, mais je suis également Lucius Crane, désormais. Ou tout du moins j'incarne ce qu'il en reste. J'habite maintenant son enveloppe charnelle, qui a parfaitement recouvré ses forces, et cependant de l'esprit de Lucius, de sa personnalité, ne demeurent que des bribes, des fragments qui m'influencent encore, au bout de plusieurs semaines. Je n'y ai pourtant pas accès consciemment. Pas dans son entièreté, tout du moins. Enfin, maintenant que la conversation est partie ainsi, autant assumer la proximité que j'ai donc moi-même posée, et continuer sur cette lignée.

"Sale habitude que je perdrai le jour où tu arriveras à m'impressionner. Patron."

D'après l'organigramme de l'entreprise, Adriel Veidt est tout en haut, de même qu'un certain Hans Veidt qui, d'après mes souvenirs est bien plus vieux, plutôt son grand-père donc. D'aucuns auraient pu être impressionnés par cette position malgré son jeune âge, mais certainement pas Lucius. Quant à moi... Soyons honnête, le concept de propriété est loin de me sembler essentiel à faire la grandeur d'un homme, même si j'ai eu le temps de comprendre que le genre humain y était particulièrement attaché. De tout temps, d'ailleurs. Et dans toutes les castes, classes sociales, ou autres concepts d'organisation qu'ils n'ont de cesse de créer et s'appliquer à eux-mêmes.

Adriel reprend alors, évoquant le coût investi par l'entreprise en la personne de Lucius Crane. Exhorbitant, à n'en pas douter, au vu de la durée d'hospitalisation en réanimation. L'aménagement du bureau, à côté, doit clairement paraître dérisoire. Lucius aurait sans doute marqué le coup en apprenant la nouvelle, encore que je ne peux en être certain. Ce que je sais en revanche, c'est l'attrait que tout homme a pour l'argent, quelle qu'en soit la source, et clairement le métier de Lucius le désigne comme aimant particulièrement les billets verts. Son métier, ainsi que ses comptes en banque, et son coffre-fort dans l'une d'entre elles, je suppose. J'émets donc un long sifflement entre mes dents avant de répondre avec un sourire en coin, histoire de montrer un semblant d'intérêt face aux sommes engagées.

"Ça a été retenu sur mes salaires durant 4 ans, j'espère. Sinon je vais finir plus riche que la boîte, à ce rythme, d'ici quelques... siècles."

Effectivement, comme il le souligne quelques instants après, j'ai pu me rendre compte de la bonne santé de la multinationale, leader incontestée dans son domaine. Je souris alors qu'il se reprend sur un choix de mot qu'on aurait pu juger hasardeux au vu de mon handicap, mais qui ne me fait en réalité ni chaud ni froid. Peut-être aurais-je dû froncer les sourcils pour donner le changer et mimer la contrariété, mais je n'ai guère envie de me lancer là-dedans. Lucius passera pour un cynique au besoin, voilà tout.

Et voilà que finalement arrive le sujet de la visite du grand patron, le véritable objectif de son déplacement ici. J'écoute attentivement sans un mot. L'accompagner dans un déplacement professionnel. Si le mot négociation veut bien dire ce qu'il veut dire et est suffisamment clair en lui-même, un flash mémoriel de Lucius me replace momentanément une scène du genre. Si ce genre d'opération ne me dit rien, Lucius, lui, en connaissait toutes les ficelles, et je pourrai donc m'appuyer sur son expérience pour me guider et préserver les apparences. Je hoche la tête lors qu'il me souhaite un bon retour, avant de répondre d'un bloc à ses précédentes paroles.

"Je me disais bien qu'une visite de courtoisie n'avait pas lieu d'être. A fortiori seulement maintenant. Voilà qui est intéressant, tester le vieux loup pour voir s'il est encore capable de hurler et montrer les crocs ou s'il s'agit désormais d'un mouton souffreteux condamné au prochain passage de ses anciens congénères... Ça me va."

Puis je me lève, un grand sourire aux lèvres, faisant mine de m'appuyer sur le bureau pour en suivre le contour. Sans aide. Connor a bien tenté de me faire prendre une canne blanche, mais je n'en ai pas vu l'intérêt, mis à part me stigmatiser et donner des raisons de se retourner sur moi dans la rue. Pourquoi me démarquer lorsque je ne le désire pas? Le raisonnement derrière m'échappe, car je doute que la canne ait une grande valeur en tant qu'arme défensive, au besoin. Je sors mes lunettes de soleil et les enfile en sortant du bureau, même à l'intérieur du bâtiment. Arrivant à hauteur de la porte, je reste sur son seuil, laissant Veidt passer devant, pour faire mine de marcher dans ses pas. Je vois en réalité parfaitement où je vais, grâce à mon sens ombrageux, mais je doute que les employés ici -qui sont forcément tous au courant de ma cécité- trouvent parfaitement normal que je me déplace comme si de rien n'était, même en arguant une parfaite connaissance de l'agencement des lieux. Tout en marchant je m'informe donc sur la teneur de cette exercice de négoce.

"Alors, de quoi s'agit-il? Une diversion sous forme de pseudo-partenariat avant une OPA agressive?"

Tout ces mots ne veulent pas dire grand chose pour moi, sonnent un peu vide. Cependant je sais qu'ils sont adaptés. Je le sais, car Lucius le sait, c'est aussi simple que ça.
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Message posté : Lun 29 Sep 2014 - 21:24 Message
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Adriel étira un sourire. De ces sourires qu’il savait distiller quand il avait le plaisir de croiser à nouveau le fer avec un esprit particulièrement brillant et pour qui il avait de l’estime. Autant dire que ce n’est pas vraiment le genre de sourire qu’on le voyait étirer tous les jours… Mais l’espèce de relique que représentait aujourd’hui Lucius savait lui intimer un semblant de tendresse nostalgique, de celle que l’on pouvait éprouver pour quelqu’un qui vous avait initié à tous les pièges d’une existence dans une mare peuplée de prédateurs. De ces personnes qui avaient su lui façonner son détestable rôle pour le rendre aussi dangereux –si ce n’est plus- que l’ensemble des autres poissons nageant dans la mare… Il appréciait ce semblant d’insolence car il lui prouvait que son interlocuteur n’avait pas totalement perdu la force qui était sienne autrefois, avant l’accident. Il appréciait tout cela car il aurait besoin d’appui dans ce qu’il entreprenait ce jour, dans ce qu’il souhaitait amener comme changement dans son entreprise sans pour autant renier ses racines comme tout ce qui faisait sa force sur l’échiquier économique mondial. Et comme pour tout mouvement d’envergure, il était de bon ton de savoir évaluer les forces en présence ainsi que ses alliés potentiels comme leurs ressources. Intimement, Adriel espérait bien que son vieillard de mentor en disposait encore malgrès sa nouvelle cécité !

Son sourire s’étira plus encore lorsque Lucius se fendit d’un semblant de trait d’humour à propos de sa fortune amassée. Dans quelques siècles… Si seulement il était possible de vivre aussi longtemps. Enfin, autant vivre une vie pleine et entière immédiatement que souffrir d’oisiveté pendant une éternité et Dieu sait qu’Adriel avait bien profité du temps mis à sa disposition. Il n’était pas vraiment là pour se remémorer toutes les bimbos qu’il avait pu imbiber d’un magnum de champagne pour les mettre dans son lit, mais force fut de constater que la saillie de son mentor lui remit la chose en tête. Avec un brin de nostalgie ? Pas le moins du monde… La fête nationale de cette année avait eu le mérite de faire de nouveau entrer dans sa vie une personne des plus importante à son cœur et il prenait plaisir à redécouvrir les bonheurs simples d’un couple sans histoire au travers de son idylle avec Andrea. Bon, il n’en avait pas vraiment parlé à grand monde et espérait bien que son détestable vieillard de Grand-Père l’apprendrait le plus tard possible –il imaginait déjà les reproches qu’il lui formulerait- mais chaque instant passé avec la jeune femme au service de l’UNISON portait définitivement le sceau du bonheur. Le rapport avec la situation ? Aucun. Si ce n’est qu’Adriel avait commencé à sortir son portable pour écrire un de ses sempiternels petits texto qui pouvaient avoir le don d’étirer la mine de la belle d’une moue aussi dépitée qu’attendrie. Que voulez-vous, on ne se refait pas !

Ses doigts terminant de pianoter son doux billet, la conversation suit son cours comme elle le fait à chaque fois qu’Adriel tente de faire plusieurs choses en même temps : il donne l’impression de posséder une insondable aptitude au mépris comme un profond détachement à tout ce qui lui est alentours. Néanmoins, il reste attentif à la moindre parole prononcée par la relique atteinte de cécité. Depuis quelques temps, il se découvre la faculté de réaliser plusieurs tâches en même temps avec un degré de concentration stupéfiant sur chacune d’elles, comme s’il parvenait à dupliquer son esprit… Note pour plus tard, chercher à comprendre comme à apprivoiser cette nouvelle capacité. Pour l’heure : se fendre d’un petit rire, étirer un sourire et passer une main d’un air négligé dans sa tignasse blonde de parfait petit Golden Boy.

" A force… " Il se redressa pour singer le vénérable aveugle faisant office d’interlocuteur. " …tu devrais savoir que je ne fais rien sans que cela ne me soit profitable ou n’aille dans le sens de mes intérets… " Lâcha t’il en se fendant d’un nouveau sourire, un peu plus carnassier toutefois. Il se rendit alors compte de combien la situation lui était désagréable en l’instant. En effet, des années de pratique de son art oratoire dans la cour des requins de la finance avaient réussi à lui faire développer un langage corporel exsudant la menace voilée comme la puissance enfouie. Sauf que là… Bah l’autre ne pouvait pas voir ! Du coup, il se trouvait parfaitement ridicule, poussant même un soupir décontenancé. Bon, bah il faudrait quand même faire avec ! " Tout de suite l’art des grandes formules… " Il haussa les épaules, ne parvenant pas encore à se débarrasser du côté burlesque collant à sa peau. " Tu n’as qu’à voir… " Un grognement, il butait toujours sur cette formulation. Puis le Veidt de reprendre tout naturellement : " …considérer que je te fais passer une sorte de visite de reprise. Tu sais à quel point j’aime à évaluer moi-même les diverses aptitudes de mes plus proches recrues… " Et il n’entendait absolument pas par là sa manie passée de coucher avec la moitié des assistantes de direction particulièrement bien roulées comme des secrétaires qui pouvaient bien batifoler dans les étages de la Tour.

Et voilà donc le comptable se vendre de ce qui devait être un rituel parfaitement huilé pour ses sorties. Lunettes noires sur les yeux mais sans canne blanche dans les mains, il prit la direction de la porte sous le regard étrange d’Adriel. Ce dernier avait l’impression de faire face au vestige d’un personnage important, d’une figure qu’il avait estimée… Mais en affaires, il n’y avait pas vraiment de place pour les sentiments et si l’aveugle s’avérait particulièrement inapte, il s’en débarrasserait sans état d’âme. Il resta un temps interdit face au temps d’arrêt marqué par Lucius à la porte. Tournant sur lui-même, Adriel sembla chercher quelque chose dans la pièce. Puis, il questionna avec toute l’innocence du monde : " On attends pas ton labrador ? " Apparemment non… Les deux hommes déambulent un temps à l’étage, ne manquant pas de rapidement emprunter l’ascenseur qui les mènera au parking où une voiture les attend. En chemin, le comptable se fend de questions qui ont le mérite de faire sourire son patron. Adriel prend cela comme la marque d’un homme aimant à disposer de tous les éléments pour mener à bien une nouvelle conquête. Une qualité qu’il met en avant au travers sa réponse :

" Serais tu déjà en train de fourbir tes armes ? " Si c’était le cas, la chose était plutôt positive, montrant que son employé n’avait rien perdu de son agressivité d’antan. Un excellent point au demeurant. Les portes de l’ascenseur se refermèrent sur le duo alors qu’Adriel n’avait toujours pas daigné formuler une réponse valable. La cage de métal s’animait enfin que le Propriétaire de Veidt Enterprises déclamait enfin : " Approche classique et frontale, sans prendre de gants ni faire de feintes : nous y allons pour proposer une offre directe de rachat… J’ai une fourchette de prix en tête, à eux de voir si cela convient. " Le ton était direct, presque martial. Pour la subtilité, l’on repasserait. " Bien évidemment, je m’attends à un refus… Ton rôle dans cette histoire ? Transformer ce non en oui probable. Je ne souhaite pas particulièrement les voir accepter aujourd’hui, je veux simplement que l’idée fasse son chemin… " Le temps suffirait ensuite à indiquer qu’ils ne trouveraient pas d’autre proposition d’achat plus intéressante dans les années à venir… Et comme bon nombre de ses semblables patrons étaient particulièrement intéressés par les profits immédiats, il ferait main basse sur un nouveau capital florissant pour son entreprise. En somme quelque chose de mutuellement profitable pour quiconque ne bénéficiant pas d’une vision à long terme. " Le petit élément perturbateur… ? " Parce qu’il y en avait toujours un. " Nous ne pratiquons pas réellement nos acticités dans la même branche… " Euphémisme. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent un duo de gardes du corps encadrèrent l’ancien receveur vedette des Aggies de Texas A&M. Le protocole… Une procession de véhicule se disposa à la suite de la limousine dans laquelle il invita Lucius à le suivre. Confortablement installé, le Golden Boy s’offrit même le luxe de questionner : " Un rafraichissement ? " Il y avait de quoi désaltérer une bande de Biker dans le minibar et lui-même ne cracherait pas sur un bon verre de scotch, quand bien même il était encore tôt. Mais il n’était jamais trop tôt pour profiter des bonnes choses. Le véhicule démarra enfin, laissant Adriel, verre d’alcool ambré en main questionner avec une innocence non feinte : " Alors, cette reprise… Pas trop complexe ? " Pour quelqu’un qui avait perdu la vue, s’entend.
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Message posté : Sam 11 Oct 2014 - 20:00 Message
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Je ne manque pas de noter une légère pause, un léger changement de comportement, alors qu'Adriel finit sa phrase au sujet de servir ses propres intérêts. Sans doute lié à une posture particulière qu'il a adoptée puis abandonnée, du fait de ma cécité. Pour tout dire ,ne m'étant pas concentré sur son faciès, il est difficile pour moi d'en déterminer la cause. C'est sans doute l'un des inconvénients de mon sens ombrageux, excellent pour garder une "vue" d'ensemble, mais nécessitant une attention renouvelée pour capter les détails. Mais ce malaise ne dure qu'un bref instant, et bientôt le jeune milliardaire repart de plus belle sur un ton badin. L'évocation d'évaluation des recrues m'arrache un sourire mi-goguenard, sans que je ne sache bien cerner pourquoi. Sans doute une réaction épidermique de Lucius, mais les bribes de mémoire sont trop imprécises en cette instant pour que j'en capte la raison.

Pour le coup, alors que nous sortons du bureau, la question d'Adriel me laisse perplexe. Un labrador? Qu'est-ce au juste qu'un labrador? S'agit-il d'un autre terme pour désigner un subalterne? Je hausse finalement les épaules, décidant de ne pas relever. Alors que nous cheminons, et en réponse à mes interrogations sur l'affaire à venir, mon patron se contente de me retourner une nouvelle question, sur le fait de fourbir mes armes. Au figuré bien évidemment, je suppose, même si j'ai toujours eu plutôt tendance à le faire au sens propre. Voilà qui me rappelle bien des souvenirs, pour certains fort lointains.

"Tu sais ce qu'on dit, mieux vaut lame affûtée que couteau rouillé."

Finalement, alors que l'ascenseur dans lequel nous prenons place entame sa descente, Adriel me livre enfin les clés de la rencontre à venir. Et il s'agit manifestement de ne pas y aller par quatre chemin, mais plutôt d'impressionner l'autre sur son propre terrain, faire une démonstration de force pour faire plier les négociations avant même qu'elles n'aient commencé. Le reste ne sera ensuite que formalités, l'entreprise approchée jouant la vierge effarouchée pleine de principes, à grands coups de phrases mielleuses comme une qui flashe brusquement dans ma mémoire, réminiscence inopinée "Non mais vous comprenez, nous dépendons de nos actionnaires, et je ne suis pas habilité à ce genre de décisions. Il faudra attendre de proposer la motion au conseil d'administration la semaine prochaine. Au mieux."

"Donne moi ton plafond et on verra ce qu'on peut faire. Je suppose qu'on ne part pas en tête à tête, n'est-ce pas? Qui est du voyage?"

Juste à l'instant où l'ascenseur s'immobilise et que nous arrivons au garage, Veidt me lâche innocemment une petite phrase qui ne peut qu'éveiller mon attention. Pas dans la même branche. Certes, en soit cela va compliquer les négociations avec l'autre partie, qui va forcément se demander l'intérêt d'un rachat dans ce cas. Mis à part le simple intérêt financier, qui pourrait amener ses dirigeants à se cramponner à leurs biens s'ils flairaient la pépite en pleine expansion. L'idée pourrait alors être de les convaincre de la toute proche retombée du soufflet économique, de l'éclatement de la bulle spéculative, et des premiers signes déjà présents de ce phénomène. Enfin, toutes ces manœuvres sonnent comme une langue étrangère à mon sens, si j'en saisis l'intérêt ce n'est que grâce aux compétences de Lucius. Ce qui m'amène tout de même à me poser de nouvelles questions, tout particulièrement une dont je m'ouvre au jeune homme, pensant cependant avoir saisi une part de sa manière d'agir:

"Et je suppose que pour ce qui est de leur domaine de prédilection, tu me réserves la surprise à l'arrivée?"

Montant dans la voiture sans difficulté -il faut dire que la relative pénombre régnant dans le parking est tout à mon avantage, et paradoxalement j'y "vois" donc mieux-, je m'installe donc sur la banquette arrière, au fond, dans l'attente d'autres passagers potentiels, lorsque l'héritier Veidt me propose une boisson. Le minibar est rempli à craquer, aussi ne vois-je aucune raison de ne pas m'accorder un verre à siroter le temps du trajet. Histoire de mettre le cœur à l'ouvrage par la suite.

"Dans ce cas je prendrais bien un petit akvavit, si d'aventure tu as ceci dans le lot. A défaut, une vodka conviendra également."

A ma grande déception, cependant, pas de cette eau de vie nordique que j'ai pu goûter dans le bar, je me rabats donc sur l'universelle alcool slave. Et alors que j'en lampe une gorgée en compagnie du patron, un flash me remet Lucius en compagnie d'un Adriel plus jeune, un verre d'or jaune à la main. Amusant. Je n'en manque pas pour autant la question dudit jeune homme, qui s'enquiert de mes difficultés de réadaptation. Je réfléchis quelques instants, profitant d'une nouvelle lampée pour formuler une réponse convenable de la part d'un homme sortant tout juste de quatre années de coma et ayant perdu la vue par la même occasion.

"Et bien... je suppose qu'une période d'adaptation a été nécessaire, évidemment. Afin de me familiariser à nouveau avec la vie. Reprendre le contact à mon rythme. Qui comme tu t'en doutes n'est heureusement pas comparable à celui d'un escargot famélique. De nouvelles marques à prendre, cela ne me fait pas peur, il reste encore quelques petits ajustements à effectuer pour finir le rodage. Parce qu'il faut bien avouer que pour consulter des dossiers, ça reste un peu compliqué, et la lecture informatisée, aussi évoluée soit-elle, possède un ton monocorde qui a le don de rendre les choses compliquées. Bref, une habitude à prendre assurément."

La longue et luxueuse voiture toujours en mouvement, je tente de glaner quelques informations supplémentaires quant à l'opération à venir. Rien de plus préoccupant que les données inconnues, capables de venir chambouler un plan de bataille minutieusement dressé. Enfin, je ne m'attends en cet instant à recevoir quelque éclaircissement que dans le cas où il ne s'agit pas de tester mon esprit d'adaptation et d'improvisation sur le terrain, auquel cas il est évident qu'Adriel ne sera sans doute pas enclin à répondre. C'est donc avec un grand sourire conquérant que je me lance:

"Sinon, à défaut d'un secteur d'exploitation, aurais-je le droit au nom de la société? Je dois avouer manifester une certaine curiosité quant au terrain miné dans lequel tu as décidé de nous jeter."
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Message posté : Mer 15 Oct 2014 - 20:05 Message
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Au moins n’avait-il pas trop perdu de son mordant avec sa cécité, Adriel était plus ou moins heureux de voir que son mentor savait toujours montrer les crocs dans quelques réparties que d’aucun trouveraient cinglantes. Pour lui qui avait été introduit au monde des affaires par ce tortueux personnage, la chose avait des allures de jeu plaisant. Et puis, il éprouvait un certain soulagement à constater qu’il n’avait pas face à lui une relique du passé bonne pour la casse comme l’oubli. Alors qu’ils se dirigeaient vers leur moyen de transport, il fut assez satisfait de voir que Lucius se renseignait à sa manière sur l’opération à venir. Après tout, il lui avait bien appris que l’information était l’arme la plus importante dans le domaine des affaires… Quoi de plus normal dès lors qu’il souhaite avoir toutes les cartes en main pour préparer sa stratégie au mieux. A croire que ces années de coma ne l’avaient pas tant que cela esquinté finalement !

A croire que le semblant de vieillard prenait véritablement cette affaire à cœur depuis qu’Adriel l’avait invité à la fête tant il pouvait bien accabler le Golden Boy de questions à son sujet. Ce n’était pas pour le déranger, il aimait bien les collaborateurs incisifs ! Il laissa néanmoins de côté la question sur le tête à tête, pensant qu’elle questionnait le fait que d’autres entreprises avaient bien pu se positionner comme eux sur l’achat. Il y reviendrait plus tard. En revanche, il se fit fort de fournir une réponse sur la fourchette de sommes qu’il était prêt à engager. Et comme de coutume, il exagéra foncièrement ses traits pour donner un aspect aussi burlesque que grandiloquent à ses facéties. Quand bien même son interlocuteur ne pouvait-il pas le voir… " Pour parler chiffres, j’estime l’investissement rentable à hauteur 750M… " Il avait balancé la somme comme l’on parle du pourboire que l’on voulait laisser au serveur dans un restaurant. Parler gros sous ne l’avait jamais franchement dérangé et il n’avait pas franchement des oursins dans les poches. A dire vrai, il semblait presque souffrir du même syndrome de Midas que son Grand-Père, investissant dans des affaires qui lui rapporteraient toujours un certain retour sur investissement… Ah oui, il avait évoqué une fourchette précédemment, du coup il reprit : " L’enveloppe à disposition oscille de 500M à 1B de dollars… A toi de chercher à m’en faire dépenser le moins possible. " Lâcha t’il en faisant tourner un verre d’alcool dans sa main. Les déplacements en limousine ne lui étaient pas plus confortable que cela, surtout depuis qu’il avait pu jouir de son armure et qu’il avait déclaré que c’était le meilleur moyen de propulsion du monde. Mais bon, ses Jaegers étaient encore secrets pour le reste du monde et il ne tenait pas spécialement à se pointer tous les jours avec une armure sous le bras au bureau. Peut-être que cela finirait par venir un jour ! Une lampée plus tard, il se rendit compte qu’il avait occulté une question et se fit fort d’y répondre : " Oh… Nous accompagnent Charles, Peterson et Bryant. Il me semble qu’ils étaient là à ton époque... " Il chercha à se creuser la mémoire en grattant sa barbe de cette mimique qu’il adoptait lorsqu’il entrait dans une profonde réflexion. Peut-être n’étaient-ils pas tous là à l’époque finalement. Après tout, cela n’avait que peu d’importance…

Il eut un sourire à la remarque de l’aveugle sur la volonté d’Adriel de lui révéler la véritable nature de l’entreprise qu’il ciblait aujourd’hui. Non en effet, il trouvait la chose bien plus amusante et ce n’était pas peu dire que le Golden Boy se comportait en affaires comme un homme à une table de jeu. Mais un homme qui aurait cerné toutes les composantes du jeu, qui aurait eu toutes les données en main et qui cherchait à tirer des profits de ses investissements progressifs. Tout semblait pour lui semblable à de la galéjade mais s’eut été se méprendre sur la véritable nature du jeune homme à la tête de Veidt Enterprises. De ses errances passées, il avait compris que feinter d’une main pour frapper de l’autre est l’un des meilleurs moyens de rafler la mise. Et il comptait bien rafler la mise en ce jour, même si elle pourrait bien sembler étrange à qui ne comprendrait pas son plan à long terme… Bref, l’on devisa quelques instants alcool, le comptable lui demandant une liqueur qu’il n’avait visiblement pas en stock. Cela surprit un bien le jeune homme qui ne se souvenait pas d’un pareil penchant chez son mentor. Enfin, passer aussi près de la fin pouvait bien vous faire changer vos habitudes. Il ne lui en tiendrait pas rigueur. Après tout, quelques petites choses avaient commencé à changer chez lui depuis le San Theodoros… Il devenait responsable, par exemple.

" Crois bien que je t’aurais déjà licencié si tu travaillais au rythme d’un escargot famélique… " Adriel eut un sourire en avançant ces mots. La vérité la plus crue qui soit mais il était encore loin de chercher à se priver du comptable. Savoir que ce dernier, qui comptait probablement parmi les personnes les plus compétentes dans son domaine, remontait doucement en selle lui était allègre. Néanmoins, il était parfaitement conscient des limitations que pouvait bien lui imposer sa nouvelle condition. Face à des bilans comptables, ne pas disposer d’une paire d’yeux pouvait vite rendre la tâche des plus fastidieuses. " Une habitude à prendre ou quelques aides à te proposer… " Lâcha t’il en faisant tourner de sempiternelle façon son verre au creux de sa main. Aussi bon puisse être Lucius, il appartenait à une génération passée et il faudrait tôt ou tard songer à ce qu’il puisse léguer un semblant d’héritage. Et cet héritage, quoi de mieux que de le voir façonner par le maitre orfèvre pendant quelques années. Sérieux, Adriel se mit à déclamer : " Si jamais tu en ressens le besoin, je pourrais bien débloquer un budget pour te fournir quelque assistant… " Une lampée d’alcool et un regard portant sur le paysage défilant sous ses yeux. Il en vint à se demander si ne pas contempler la ville manquait à Lucius, avant de reprendre : " Le monde est vaste et recèle des trésors de talents qu’il ne tient qu’à nous d’embaucher… Si tu ressens réellement le besoin d’une aide, ce que je peux comprendre au vu du traumatisme que tu as vécu, il ne serait peut-être pas idiot de t’adjoindre un diamant brut de compétence que tu parviendras à façonner. " Il eut un sourire, nostalgique. " C’est que je te sais excellent professeur… " Du moins un de ceux qui avait eu le mérite de le préparer au mieux à ce monde si particulier qu’il bravait triomphalement chaque jour. Et comme souvent, le Golden Boy de terminer son propos par un semblant de galéjade : " Et puis… Tu sais combien j’aime à amener un peu de sang frais dans nos effectifs ! "

Référence pas le moins du monde voilée au fait que le Veidt avait eu pour habitude de se taper toutes les assistants de direction comme la plupart des stagiaires particulièrement bien roulées qu’il embauchait. Du coup, il y avait de forte chance que l’hypothétique assistante soit dotée d’une belle poitrine. L’aveugle n’en profitera certainement pas, mais l’étage oui ! Adriel non plus… Le retour dans sa vie d’Andrea signifiait pour lui la fin des relations charnelles ça et là pour une relation durable et sincère dans laquelle il trouvait chaque jour plus de satisfaction. Mais bon, il fallait bien continuer à donner un peu le change… L’ultime question du comptable arriva enfin et Adriel laissa planer un long silence avant de chercher à y répondre. C’est qu’il ménageait ses effets et que la réponse pourrait être assez surprenante. Ainsi, il souffla avec un amusement certain : " Okle-Cola… " Oui, l’Okle-Cola fabriquant des Soda commercialisés partout dans le monde. L’Okle-Cola qui avait racheté la fabrique brésilienne de Guaradá Lanranja suite au scandale sanitaire de décembre auquel Adriel était plus ou moins lié et qui l’avait laissé avec une grosse cicatrice sur l’épaule faite par un homme crocodile. Autant dire que ça n’avait pas vraiment grand-chose à voir avec de l’armement. " Oh, j’ai oublié de le préciser… " A dessein. " …Mais ils n’ont aucune idée que je débarque avec l’intention de les racheter… " Ca l’amusait beaucoup et le faisait grandement sourire. Il laissa planer un silence avant de finalement questionner sur un air presque badin son camarade et ami : " Ta curiosité est-elle satisfaite… ? " A moins qu’elle ne s’en trouve renforcée…
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Message posté : Lun 27 Oct 2014 - 16:54 Message
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Le jeune propriétaire de Veidt Enterprises lâche enfin une somme. Un montant qui en aurait fait pâlir plus d'un, bégayer beaucoup d'autres, mais qui n'aurait pas fait hausser un sourcil à Lucius. Et qui, de façon assez amusante, ne me fait donc pas non plus tant réagir, puisque j'ai toujours été au dessus de toute considération pécuniaire, l'argent ne représentant rien à mes yeux comparativement aux valeurs que auxquelles je crois. Finalement une fourchette est énoncée, qui donne donc plus de marge de manœuvre, accompagnée évidemment d'une directive de marge la plus élevée possible. Et la fourchette haute atteint le milliard ce qui montre le sérieux de l'investissement. Même pour une multinationale comme la Veidt, n'ayant plus rien à prouver, et en ayant largement les moyens, la somme montre le sérieux de l'offre. L'objectif n'est donc pas de proposer une somme vexatoire pour faire réagir les dirigeants actuels de la société, mais bien de leur faire une offre qu'ils ne seront pas en mesure de refuser, sans même avoir besoin de consulter leurs actionnaires auparavant.

Adriel lâche finalement quelques noms concernant nos accompagnateurs au cours de ces négociations, annonce qui ne fait guère surgir plus que des visages, mis à part un, pour lequel un ressenti fort de Lucius vient perturber mes pensées, ressenti que je laisse donc s'exprimer pleinement sans chercher à en tempérer la teneur, pour le garder entier.

"A moins qu'il ne se soit assagi depuis le temps, je veux la muselière monétaire des grandes occasions pour Peterson, pas question qu'il fasse tout foirer en l'ouvrant trop vite comme il l'a déjà fait plusieurs fois par le passé."

Je sirote l'alcool slave qui, s'il n'est rien comparé à l'Hydromel des tables du Valhalla, me rappelle d'anciens souvenirs de Norvège, tout en écoutant le jeune homme aborder un sujet que tout homme en pleine possession de ses moyens rechignerait à écouter: la mise en place d'aides supplémentaires pour travailler. Il commence même à parler d'embaucher un assistant, puis de le former. A ce point de la conversation, Lucius serait sans doute hors de lui, sans doute habitué à tout faire par lui-même. C'est ce que j'imagine, tout du moins. Cependant, j'essaie de tenir compte du traumatisme que je suis sensé avoir subi, du dur retour à la vie quotidienne, et des capacités "diminuées" dont je dispose désormais. Je décide donc de rebondir sur la toute dernière phrase de cette conversation, dans laquelle Adriel parle de sang neuf. Une expression imagée dont Lucius connait parfaitement le sens, et qui me permet de prendre le tout avec humour.

"Il est vrai qu'un assistant portant du 95C augmenterait mon panel d'arguments d'un certain nombre que je ne pourrais jamais me targuer posséder, c'est une option à prendre en compte. Je suppose néanmoins que le cas échéant tu souhaiteras superviser le recrutement, n'est-ce pas?"

Pourquoi refuser au séducteur invétéré d'abreuver ses yeux de silhouettes aux courbes parfaites, alors que je serais sensé ne pas en discerner quoi que ce soit? Non pas que j'y trouve en réalité un intérêt quelconque, en plus. Tout ce que je vois à ce potentiel recrutement, ce serait une possibilité de déléguer un certain nombre de tâches rébarbatives qui me dégageraient potentiellement plus de temps pour pouvoir m'atteler à ma quête, une fois la nouvelle recrue en partie formée. Il est évident que je devrai cependant tenter de conserver au maximum l'apport financier du travail de Lucius, pour des considérations pratiques, mais s'éviter les longues soirées à rester travailler au bureau pour préparer un dossier vital à la réunion du lendemain, et confier le tout à une assistante -car ne nous leurrons pas, il est pratiquement assuré que les candidats masculins n'auraient pas été retenus pour les entretiens individuels par "manque de compétence ou d'expérience"-, voilà qui pourrait se révéler utile.

Okle-Cola. Je reste un instant interdit alors que le jeune humain prononce ces deux mots. De quoi peut-il donc bien s'agir? Ces mots sonnent creux dans mes oreilles, et les bribes de mémoire de Lucius ne semblent guère disposées à combler cette lacune. Voilà qui est embarrassant. Et je n'ai pas le temps de m'en ouvrir que mon patron me précise avec un ton empreint de malice qu'il n'a pas prévenu le conseil d'administration de la société de son désir de rachat. Voilà un élément qui a son importance, tant il peut jouer en notre faveur de part l'effet de surprise, mais nous oblige à marcher sur une corde raide. Tout en répondant, je tente de soutirer avec délicatesse une ou deux informations complémentaires.

"Et bien, je suppose qu'il va falloir jouer serré, en ce cas. Mais c'est ce qui fait tout le piment de ce métier, n'est-ce pas? Je dois cependant avouer rester sceptique sur l'intérêt que tu portes à cette société, pour te faire monter une jolie enveloppe comme celle-ci. Est-ce leur dernier produit que tu convoites, ou as-tu eu vent de prototypes dignes d'intérêt?"

Et juste lorsque je termine de parler, voilà que notre véhicule s'immobilise. Nous sommes arrivés à destination. Le chauffeur s'empresse de descendre et ouvrir la portière, et je repousse sa main tendue avant de m'extraire tout seul de la voiture. Les choses sérieuses ne vont plus tarder à commencer.
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Message posté : Lun 10 Nov 2014 - 15:13 Message
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Pas de réaction pas d’apparente surprise face à la somme que le Golden Boy milliardaire est prêt à mettre en jeu pour faire main basse sur une société dont l’aveugle n’a toujours pas la moindre connaissance. Dans un sens, Adriel est rassuré… Rassuré en imaginant que le prédateur financier a chaussé son masque de le plus froid et qu’il accomplira sa tâche avec le même zèle qu’autrefois. Quelques doutes subsistent toute fois en lui. Comment Lucius réagira-t-il ? Dans son souvenir, il avait toujours été fidèle à son Grand-Père et l’opération que le plus jeune Veidt encore en vie s’apprêtait à conclure n’allait pas proprement dans les plus militaires intérêts de sa société. Cela découlait d’un amer constat du jeune homme après un bain de sang dans un pays d’Amérique Centrale, un constat comme quoi il pouvait avoir bien mieux à offrir au monde que des objets de mort… Bon nombre ne le comprendraient pas immédiatement, mais à mesure que passerait le temps, il se ferait fort de changer bien des choses… Un changement qui s’initierai par un début d’approbation de la part de celui qui fut, jadis, son mentor dans les arts de la finance… Intimement, Adriel souhaitait voir ce dernier l’approuver et non pas le désavouer face à tous.

Verre à la main, il étira un sourire à la remarque de son comparse sur les attitudes comme les habitudes du dénommé Peterson. La mémoire ne lui faisait pas véritablement défaut, s’était un bon point… Comme dans bien des opérations qu’il entreprenait, Adriel n’avait pas laissé grand-chose au hasard et ce panache de personnalités différentes s’apparentait à autant de tests pour le requin de la finance de retour chez les vivants. Un sourire plus appuyé –quand bien même son interlocuteur ne pouvait pas le voir- et le Golden Boy de poursuivre après une lampée de ce breuvage ambré : " A ta convenance, je ne compte pas intervenir après avoir clairement énoncé mes intentions à leur délégation… " Ou l’art de lâcher une véritable bombe avec une nonchalance abusive. Le puissant alcool roulant sur son palet délicat, Adriel adressa un regard intrigué à son mentor mais néanmoins ami. Il aurait, décidemment, su mal à se figurer que ce dernier ne savourerait plus ses mimiques abusives mais se fit fort d’exprimer plus clairement sa position : " Tu ne pensais tout de même pas que je souhaitais te ménager lors de cette opération... J’attends de toi que tu prennes la tête de cette délégation et que tu me démontres tes aptitudes d’antan… De façon à ce que je puisse constater que ta cécité ne t’a point rendu… " Il trébucha sur le dernier mot, ayant des difficultés à le prononcer. D’aucun aurait bien pu penser que cet écart de langage pouvait venir d’une forte absorption d’alcool. En réalité, il était quelque peu inconfortable pour le jeune homme d’imaginer que celui qui l’avait façonner à ce milieu concurrentiel pouvait ne plus en supporter les affres. Et le Golden Boy de finalement dévoiler sa finale pensée : " Inapte ! "

Voilà qui était entendu désormais. La discussion finit par dériver sur la nécessité d’une assistante et Adriel de sourire en imaginant défiler sous ses yeux bons nombre de jeunes femmes pulpeuses avides d’user de leurs charmes pour obtenir le poste. Hasard ou nécessité imposé par ses instincts coupable, le jeune homme trouva l’instant opportun à la rédaction d’un mot doux à destination de la Texane partageant sa vie, au moyen de son smartphone de très haute technologie. Jadis, il aurait très clairement supervisé l’embauche pour tenter de trousser l’heureuse élue. Alors, Lucius pourrait bien être étonné de l’entendre rétorquer : " Pas vraiment… J’ai toute confiance en tes capacités pour dénicher la perle rare. " Les concupiscentes relations sans lendemain comme les aventures éphémères ne l’intéressaient plus désormais. Il trouvait ce qui s’approchait le plus du bonheur dans une relation franche et passionnée avec Andrea et ne souhaitait pas tout briser en renouvelant les erreurs du passé. Et le Golden Boy de chercher à se justifier de ce changement brutal au moyen d’une pirouette professionnelle : " Après tout, tu es celui qui sera le plus à même de côtoyer cette recrue… Autant qu’il puisse y avoir entre vous un semblant… D’alchimie. " Un peu comme celle que tous deux avaient su développer lorsque l’un apprenait de l’autre. Quiconque bénéficierai des enseignements de Lucius aurait énormément de chance. Mais Adriel restant Adriel, il trouva bon de nuancer son jeu au moyen d’une de ses sempiternelles remarques : " Et si par bonheur cela peut ravir les yeux… " Non pas qu’il soit concerné… Tous deux. La mention de l’entreprise qui pourrait bien être victime de cet agressif rachat semble plonger l’interlocuteur financier dans un mutisme profond. Adriel met cela sur le compte de l’émotion comme de la déception. Il ne s’attend guère à ce que son comparse comprenne immédiatement ses intentions ni même qu’il les approuve. Alors il est fortement étonné de sa réaction verbale. Pas de reproche pur et dur, une simple forme de scepticisme. Cela aurait pu être bien pire…

" Rien de tout cela… " Répondit-il face aux interrogations de l’aveugle. Son seul lien avec Okle-Cola relevait d’un reptile humanoïde au Brésil, d’un suivi de la manufacture de Soda ayant contaminé des populations et de l’information selon laquelle la firme avait racheté l’usine brésilienne. Quelques recherches et de rapides projections plus tard, Adriel avait montré un intérêt pour la firme mais dans une dimension bien différente de ses prérogatives premières. Il se serait bien montré plus précis si leur véhicule n’avait pas commencé à ralentir, montrant ainsi leur arrivée sur le théâtre des négociations. Aussi se contenta t’il de lâcher : " J’ai bien peur que tu ne sois contraint d’attendre, comme tout le monde, pour découvrir mes intentions… " Lâcha t’il avec un sourire badin. Cela l’amusait d’être seul maitre à bord, même si l’opération dépendrait de l’aval de son aïeul. Ouvrant la porte, il finit par s’extraire du luxueux véhicule, aidant l’aveugle à en sortir. Et alors que le reste de la troupe Veidt commençait à les rejoindre, Adriel finit par murmurer : " Et puis… Ce semblant d’ignorance me permettra d’évaluer toute ta réactivité… "

Le ton semblait donné. L’on accueillit la délégation Veidt en grande pompe dans le bâtiment neuf faisant office de Quartier Général pour la société de Cola. Un tour du propriétaire et de vagues explications qui n’intéressèrent guère le Propriétaire de Veidt Enterprises précédèrent leur introduction au Conseil d’Administration. L’on s’échangea quelques formules creuses avant de se faire face d’un bout à l’autre d’une table immense. Puis Adriel de clairement exposer le pourquoi de sa venue et de plonger la salle dans un mutisme total. Dans son propre camp, les experts comptables se regardaient interloqués. Clairement, ce n’était pas réellement la démarche que l’on attendait du propriétaire du Leader Mondial de l’armement. Pourtant, ce dernier paraissait aussi facétieux que de bonne humeur, tortillant et pivotant sur son siège et étirant un sourire sur les lèvres, comme s’il était le seul à connaitre une plaisanterie particulièrement drôle. Enfin, le représentant d’Okle-Cola de prendre la parole pour avancer : " Monsieur Veidt, votre offre pour une participation majoritaire dans notre société est très généreuse, mais elle laisse perplexe notre direction. Vous êtes un technologue, que feriez-vous d’une société de sodas ? " D’un coup d’œil, le Golden Boy balaya tout le conseil d’administration lui faisant face. Ils étaient tentés par l’argent, tentés par cet avenir radieux qu’il leur proposait. Ce n’était pas la moralité qui les faisait hésiter, s’était autre chose. Il leur sourit en déclamant sur le ton de la plaisanterie : " Pas en boire, je suis plutôt café ! " Ils ne rirent pas à son propos. Ca n’entama guère sa bonne humeur ni n’ôta de ses traits son air satisfait. " La vente de boissons ne m’intéresse pas spécialement. Mais vos distributeurs automatiques si. " Il pianota sur son smartphone et le laissa glisser sur la table. Bien vite, des diodes irradièrent pour projeter une représentation 3D d’un planisphère. Holoveidt de chez Veidtech. Ça ferait un carton dès que ça serait sur le marché. En moins haut de gamme, bien entendu. De l’index, il désigna un continent pour appuyer son discours : " En Afrique, il y a des endroits où ils ont une machine pour 35 personnes. Sans parler des entrepôts et des voies de ravitaillement que vous avez établi. Du beau boulot : aucun gouvernement ni O.N.G n’est aussi présent dans le tiers monde que vous. " C’est précisément pour ça qu’ils l’intéressaient. Les membres du conseil se dévisagèrent un instant avant que l’un d’entre eux ne finisse par avancer : " Vous nous achèteriez pour vendre une boisson que vous n’aimez même pas ? " Le Golden Boy eut un sourire, fourguant son portable dans sa poche. " Non. Je vous achète pour fournir des rétrovirus et, quand on l’aura, le vaccin contre le Sida dans le tiers-monde. " Il se redressa, rajustant sa cravate avant d’appuyer sa conclusion d’un nouveau sourire : " Vos distributeurs peuvent sauver plus de vies que le pont aérien de Berlin... " Tout en lui faisant gagner beaucoup d’argent… Son coude heurta les côtes de son mentor aveugle. Une façon pour le Golden Boy de lui faire comprendre que s’était maintenant à lui de jouer et qu’il n’interviendrait plus. Lucius avait désormais toutes les cartes en main et une vision complète du jeu de son patron. De là à le voir penser qu’il n’était pas troublé…
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Le Poing de la Justice

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Message posté : Jeu 4 Déc 2014 - 0:57 Message
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Et l'entrée de se faire comme en terrain conquis. De toute façon, entre ce que j'ai pu saisir d'Adriel Veidt et les impressions laissées par Lucius, il ne pouvait en être autrement. Notre délégation est donc rapidement introduite dans la salle où se déroule le conseil d'administration, après une brève visite de locaux, au cours de laquelle certains points énoncés -sans doute des banalités pour toutes les autres personnes ici présentes- me permettent de cerner un peu mieux le produit vendu par cette société. Une sorte de boisson, donc. Effectivement, on s'éloigne très largement du domaine d'action habituel de la Veidt Enterprises. J'ai beaucoup de mal à comprendre l'intérêt qui peut avoir germé dans l'esprit du jeune et dynamique dirigeant de la Veidt, mais ce n'est après tout pas mon rôle dans cette affaire. Mon rôle justement, vient après une longue explication entre Adriel et les dirigeants d'Okle-Cola, qui semblent tout autant étonnés que moi de cette histoire. Lucius, lui, aurait sans doute bien mieux saisi les implications et insinuations glissées dans les propos du jeune homme, mais mes connaissances de Midgard restent malheureusement assez limitées, aussi suis-je dubitatif quant à ma capacité à mener à bien la tâche à venir, mais reste pour l'instant impassible. Nul doute que dans un monde aussi dur que celui des affaires, monde que Lucius fréquentait auparavant avec assiduité, la moindre faille est aussitôt exploitée.

Je n'en reste pas moins interloqué par l'évocation de l'Afrique -lointaine contrée dont je connais finalement à peine le nom-, ainsi que d'abscons termes tels qu'O.N.G., rétrovirus, vaccin ou encore SIDA. Et si Berlin m'évoque bien une ville -la civilisation germanique prenant racine en partie en Scandinavie, j'ai donc eu l'occasion de m'y rendre à l'occasion-, le pont aérien me semble difficile à appréhender, m'évoquant seulement une structure en pierre, voire en béton et acier. Quant à des distributeurs automates sauvant des vies, je suis évidemment complètement perdu. Reste qu'un geste discret du coude de la part de mon patron me signale la fin de sa tirade, et sans aucun doute le début de l'épreuve qui m'attend. Pas d'intuition miracle, pas de bribe de souvenir de Lucius transposable à la situation actuelle. L'art oratoire est loin d'être l'un de mes points forts originels, j'en ai cependant acquis au fur et à mesure une certaine expérience, en particulier à force d'avoir dû en subir les méandres durant des millénaires. Je tente donc de rassembler mes souvenirs des multiples traquenards tendus par Loki et ses agents, des tournures de phrases provenant de Lucius, et des quelques informations que j'ai pu récolter. Sans enlever mes lunettes de soleil -que j'ai toujours conservées jusque là-, je me racle donc la gorge et me lève de mon siège avant de commencer.

"Mesdames et messieurs, comme vous l'aurez compris, Veidt Enterprises cherche à s'ouvrir à de nouveaux horizons. Il me semble que notre dirigeant vous a exposé suffisamment clairement nos intentions, aussi ne reviendrai-je pas dessus. Je tiens cependant à souligner la transparence de la démarche que nous entreprenons aujourd'hui envers vous, même si je ne doute pas que vous en saisissez la teneur. Nous aurions pu lancer une OPA massive et inexorable, rachetant à coup sûr la compagnie, avec à la clé de nouveaux postérieurs pour lustrer les sièges où vous vous tenez en cet instant. Nous aurions pu également trouver un moyen de rallier suffisamment de vos actionnaires pour placer un de nos sympathisants au sein de votre conseil d'administration, puis un second, puis un autre... jusqu'à une appropriation à terme. Je ne vous ferais pas l'affront de vous rappeler l'étendue des moyens à notre disposition."

Je laisse planer un silence pendant quelques instants, le temps de leur laisser méditer sur la justesse de mes paroles, que j'estime à titre personnel satisfaisantes, avant de reprendre.

"Or donc nous voici ici en cet instant, à deviser ouvertement sur un potentiel rachat. Notre intérêt n'est en aucun cas d'absorber Okle-Cola et la transformer du tout au tout du jour au lendemain. Non, ce que nous souhaitons, finalement, c'est établir un partenariat à long terme, tout en vous laissant toute latitude pour continuer à développer votre gamme de produits. C'est pourquoi nous sommes venus aujourd'hui avec une offre de rachat honnête, et sans chausses-trappes. Un prix? Oui, vous allez me demander à quel prix, évidemment. Et je ne pourrais que vous donner raison de vouloir vous en informer."

Une nouvelle pause, afin de ménager un effet de suspens, sciemment construit.

"550M. Au vu de votre forme financière actuelle, vous savez tout aussi bien que moi que l'offre est raisonnable, et je ne doute pas que vous saurez mesurer l'énorme champ des possibilités qui s'ouvriront à l'ensemble d'Okle-Cola une fois rattachée à la multinationale qu'est la Veidt Enterprise. Notre notoriété dans le monde entier et nos fonds vous permettront de connaître une croissance sans précédent, tout en nous permettant de mettre sur pied le projet précédemment cité. Qui sera un élément fort pour votre image de marque dans les années à venir."

Un des membres du conseil murmure un "ridicule" qui ne m'échappe pas, tombant juste après la fin de mon discours. Je ne peux en aucun cas laisser passer et se transmettre ce mouvement d'opposition, aussi j'enlève finalement mes lunettes de soleil pour fixer a dessein le président d'Okle-Cola, avant de renvoyer indirectement son employés dans les rangs.

"Je doute que votre labrador soit en mesure de saisir le sérieux de la situation, Monsieur le président. Sans doute manque-t-il encore un peu d'expérience, est-il un peu vert dans le domaine. Je souhaiterais néanmoins souligner une fois de plus qu'une OPA aurait été bien plus expéditive, que c'est en toute bonne foi que nous nous sommes donc présentés à vous avec ce projet, et que notre offre de rachat pour un montant de 545M est plus qu'honnête. Si je comprends votre réticence à vous prononcer dans l'immédiat, comprenez également que ne pas être pris au sérieux pourrait être perçu comme insultant, et je doute que votre subalterne l'ait bien saisi."

Et voilà, mouché, le labrador. Si Adriel se demande encore pourquoi je n'avais pas vu l'utilité d'en emmener un avec moi, il me semble que la réponse parle d'elle-même. Une personne de plus autour de la table des négociations, c'est un risque supplémentaire d'une remarque mal placée. Et la baisse de ma proposition, aussi minime soit-elle, est là pour le rappeler, même s'il me faut reconnaître n'avoir aucun mérite à ce sujet. Lucius, lui, sait comment gérer tout ça, et j'ai donc quelques éléments pour m'orienter. Cela reste cependant sans doute insuffisant, aussi en suis-je réduit à attendre la réponse de mon interlocuteur, pour voir si mes propos ont finalement fait mouche. Là où Lucius aurait été comme un poisson dans l'eau, je me contente de patauger, en ayant appris les mouvements de base de la brasse... Mais il est important d'essayer de donner le change.
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