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La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent ▬ Charlie

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Message posté : Mer 20 Aoû 2014 - 17:18 Message
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16 août 2014

Charlie et lui ne s'étaient plus vus depuis quelques temps déjà. C'était bizarre de se dire que le temps filait aussi rapidement : ça faisait déjà un an qu'ils avaient repris contact et pourtant, Jay avait le sentiment que les choses n'évoluaient pas. Certes, c'était un peu stupide de « se plaindre » de ça alors même qu'il avait dépassé la trentaine sans rien avoir fait de sa vie, mais concernant Charlie c'était différent. C'était toujours différent.

S'il avait su que la situation pouvait se compliquer en deux temps trois mouvements, le texan se serait certainement maudit pour avoir eu de telles pensées. Lorsque la rumeur de la mort de Pearl – une chieuse du Circus – lui était arrivée aux oreilles, il avait été un peu étonné, mais pas franchement inquiet. Même si la combattante était du genre à savoir se défendre, elle restait très rentre-dedans et il n'était donc pas étonnant qu'elle puisse avoir décidé de s'en prendre à une personne plus balèze qu'elle. Pourtant, quelque chose le chagrinait un peu dans cette situation – enfin, manière de parler vu qu'il s'en foutait pas mal de son sort. Ce qui l'ennuyait, c'était que Pearl lui avait causé de gros soucis pendant une période et qu'elle était même allée jusqu'à menacer sa frangine. Tout cela pour dire qu'il se demandait sincèrement si la blondasse rencontrée au musée – et qui était venue l'emmerder sur les docks il y a peu – n'avait rien à voir là-dedans. Après tout, elle lui avait bien dit qu'elle ne laisserait personne lui voler son moyen de pression, non ? Si la combattante du Circus avait essayé de se confronter à elle, il y avait fort à parier qu'elle aurait perdu en un rien de temps. En bref, ces questions n'étaient pas pour le rassurer et lorsqu'il avait malheureusement recroisé la route de l'emmerdeuse blonde, Jay avait eu confirmation de ses hypothèses : cette nana était prête à aller très loin pour avoir ce qu'elle voulait.

Le fait qu'il avait eu une démonstration des agissements de cette femme n'avait fait que confirmer ce qu'il craignait : si Jay s'obstinait à ne pas lui obéir, il risquait bel et bien de voir l'un de ses frangins se faire tuer. Voire pire, Charlie être menacée ou tuée. Sachant que le texan avait décidé de ne plus entrer en contact avec elle pour lui éviter des ennuis pareils, il était tout bonnement impensable pour lui qu'elle puisse se faire menacer par une tarée qui lui en voulait à lui et non à elle. C'était le bordel et pour le coup, il regrettait presque la période de sa vie où les seuls moments d'agitation étaient les combats du Circus et les colères, fréquentes, de Seth.

Malgré cette menace, ou plutôt à cause d'elle, Jay avait éprouvé le besoin de reprendre contact avec sa sœur histoire de pouvoir savoir ce qu'elle courait réellement comme danger. Est-ce que cette femme était déjà venue la menacer ? Et si oui, que s'était-il passé ? Pearl avait prétendu à plusieurs reprises qu'elle serait allée voir Charlie à son boulot, mais le texan n'avait jamais eu le courage de demander confirmation à sa frangine. En somme, cette rencontre permettrait d’éclairer pas mal de choses et de savoir à quoi il fallait s'attendre. Bien entendu, Jay ne comptait pas expliquer ce qui se passait à la jolie blonde, il avait bien trop peur qu'elle ne finisse par en avoir ras-le-bol des esclandres qui se produisaient dans sa vie et qu'elle finisse par lui tourner le dos. C'était pour ça qu'il se montrait toujours aussi distant avec elle : faire croire qu'il se fichait de ce qu'elle faisait pour éviter qu'elle ne le repousse d'elle-même. C'était minable, mais lorsque vous aviez une handicapée sentimentale comme génitrice, vous ne partiez pas avec de bons acquis dans ce domaine.

La rencontre devait avoir lieu dans un endroit neutre. Il était hors de question d'inviter Charlie à venir chez eux alors même qu'elle en avait été bannie en quittant le nid familial quant à aller la voir chez elle, bah... ça l'emmerdait parce que ça le ramenait au fait qu'elle avait fait sa vie de son côté. En bref, il fallait un coin où ils pourraient discuter sans risquer de croiser Seth ou de se mettre en danger vu qu'ils le faisaient assez bien à côté. Et pour une fois, le texan arriva en avance, signe qu'il avait quelque chose de sérieux sur la conscience ! En attendant que sa frangine ne débarque, Jay observa les environs pour s'assurer que l'endroit était bien « sécurisé » et qu'ils n'allaient pas avoir droit à une intervention de la police comme bien souvent. Puis dès que l'avocate pointa le bout de son nez, son frangin ne perdit pas son temps et la salua à sa manière.

« Hey. » Un salut comme un autre. « J'sais que c'est pas l'endroit le plus sympa qui soit, mais si on pouvait éviter de nouvelles emmerdes, ça serait original comme sortie. » Parce qu'ils s'étaient bien débrouillés les fois précédentes. « T'as pas eu d'emmerdes pour arriver ici ? Les gens deviennent tarés. »

Parce que c'était évident qu'il s'inquiétait uniquement pour cette raison. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que si Jay s'inquiétait pour quelqu'un, c'était pour une bonne raison. Même avec tous les prédateurs du zoo en train de se balader autour de l'immeuble de Charlie, il ne se montrerait pas plus inquiet qu'à l'accoutumée – ce qui ne signifierait pas que ce serait le cas. Bien décidé à ne pas la laisser mener la discussion, le trentenaire lui lança une première question, en apparence innocente.

« T'es pas trop chargée au boulot en ce moment ? »

Comme avec une blonde mal embouchée ou une nana qui passait son temps libre en cognant des mecs dans des combats illégaux.
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Message posté : Ven 22 Aoû 2014 - 15:49 Message
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« Tu te fous de moi ? »

Ce n’était pas supposer se passer comme ça. Elle n’avait pas prévu une entrée en matière comme celle-là mais, c’était venu à cause d’une succession de petites choses. En premier lieu, il y avait eu cette femme, très étrange, pas très agréable, complètement menaçante, quelques semaines plus tôt. Charlie, sur le moment n’avait pas très bien compris mais, trop de références à son nom de famille, des sous-entendus sur le fait qu’elle connaissait son frère – sans vraiment préciser lequel. Bref, le sentiment de n’être qu’une sorte d’objet dans une sorte de guerre à laquelle Charlie ne comprenait rien, pour ne pas changer.

En parler à Jay, sur le moment, lui avait traversé l’esprit mais elle était revenue sur cette décision : pas assez d’éléments et elle ne voulait pas inquiéter Jay et, encore moins, lui causer des ennuis. Ça l’avait quand même pas mal travaillé parce que cette femme s’était pointée dans son bureau et que, potentiellement, ça devenait un danger pour le reste des employés de Charlie. Chose qui n’était pas concevable. Puis, il y avait eu la semaine dernière, une histoire de meurtre quelque part en ville. On avait averti Charlie parce que le corps ressemblait étrangement à quelqu’un qui était venu dans son bureau. Et pour cause, c’était la femme qui s’était montrée menaçante.

A partir de là, ça avait commencé à être le bordel dans la tête de Charlie qui, toujours, décida de rester muette avec Jay. Elle voulait avoir des réponses avant de se confronter à lui, savoir s’il avait une part de responsabilité là-dedans et, si oui, à quel point. Manque de chance – ou pas – c’était son petit frère qui l’avait contacté avant qu’elle ne le fasse. Alors oui, elle s’était pointée au rendez-vous avec une certaine forme d’inquiétude, voulant savoir s’il allait bien, s’il n’avait pas de problème. C’est là que ça avait un peu foiré pour des conneries.

L’inquiétude de Jay y était pour beaucoup. Est-ce qu’elle avait eu des emmerdes ? Franchement, venant de lui, ça sonnait presque comme « je fais genre ma question est innocente mais, en fait, pas du tout » et, honnêtement, ça l’avait énervée. C’était con mais, pour Charlie, c’était comme une sorte de confirmation qu’il savait que quelque chose s’était passé et, du coup, qu’il était mêlé de près ou de loin à cette affaire. D’accord, pure spéculation mais, d’un autre côté, elle ruminait cette histoire depuis un petit moment. Il y avait vraiment quelque chose de pas clair dans cette histoire.

« 1, les gens ont toujours été tarés. 2, ça ne t’as jamais vraiment inquiété jusqu’à présent. 3, ouaiiis (complètement ironique comme intonation) , venons ici pour être tranquille puisque, même mon propre bureau ne l’est plus. »

Le plus con dans tout ça, c’est que si on l’avait menacé chez elle, Charlie l’aurait beaucoup mieux pris et ne réagirait pas de cette manière en ce moment. Mais ses employés c’était sa responsabilité. Qu’elle puisse avoir des ennuis, à cause d’elle, à cause de sa famille, ce n’était pas grave. Chez les Lane on devait avoir une proportion à attirer les situations merdiques. Mais les gens qui bossaient au cabinet, eux, ils n’avaient rien demandé.

« Je crois, tu vois, que ces derniers temps j’ai eu assez de situations me prouvant que j’étais plutôt naïve. » Un Chase pas si angélique que ça. Un mage pas si jeune que ça. Heureusement qu’un certain laveur de vitres était sincère. « Mais, y a un moment où il y a quand même une certaine limite. »

Patiente, elle l’était mais, il y a des moments où elle n’avait simplement plus envie de tourner autour du pot pendant 20 ans. Elle avait l’air énervée, c’était indéniable mais c’était surtout par crainte de ce qui pouvait se passer dans la vie de Jay et les ennuis que pouvaient avoir ses employés.

« Tu m’en voudras pas de trouver assez suspect que tu restes sans donner de nouvelles pendant des lustres et, soudainement tu refais ton apparition juste au moment où… Comment t’expliquer… » Là aussi c’était ironique. « Oh, une espèce de folle furieuse vient me trouver pour, en gros, je ne sais pas, je n’ai pas trop compris… » Toujours ironique. « Quand on te dit que tu risques de ne plus être de ce monde, c’est une menace ou pas ? »

Après tout, si elle était naïve, peut-être qu’elle avait mal compris ce qu’essayait de faire celle qui, maintenant, était morte.

« En même temps, ça n’a plus vraiment d’importance, je suppose. On me menace, la personne meurt. Mais je suppose que les deux évènements n’ont aucun rapport entre eux. » On reste sur le registre ironique parce que, pour le coup, elle ne croyait pas ce qu’elle disait. « Et, dans tout ça, tu débarques en te demandant si je n’ai pas eu de problèmes en venant ici. Je dois continuer à faire ma blonde en pensant que tout ça n’a aucun rapport ? »
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Message posté : Ven 22 Aoû 2014 - 21:28 Message
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Super. Elle débarquait d'une manière qui montrait clairement que la discussion allait finir en l'eau de boudin et qu'ils risquaient de s'engueuler. Pour une fois qu'il faisait l'effort de s'inquiéter de sa santé, voilà que madame l'enguirlandait ! Immédiatement, le texan buté de nature s'enfonça encore plus dans cette direction pour lui décrocher un regard chargé de reproches. Les accusations à peine voilées que Charlie balança à Jay ne firent qu'ajouter de l'huile sur le feu et le trentenaire interpréta les choses à sa manière. Elle était en train de l'accuser de foutre la merde dans sa vie et de la mettre en danger, puis en plus Blondie osait prétendre qu'il la prenait pour une conne. Franchement, s'il y avait bien une chose que Jay n'avait jamais pu faire, c'était de traiter sa frangine comme une crétine. Elle avait plus d'intelligence dans son petit doigt que tous les Lane réunis – Terry y comprit, même s'il en avait aussi dans le ciboulot ! Le regard du texan se détourna brièvement de l'avocate avant de finalement de reposer sur elle pour qu'il se mette à râler à son tour.

« Et ça va ? Tu t'défoules sur moi alors que j't'ai rien fait, j'espère que tu t'sens mieux quand même ? Ou c'est juste pour le plaisir de jouer ta chieuse ? » C'était plus fort que lui, dès qu'elle s'énervait, il devait faire de même. « Pendant que t'y es, tu veux pas m'accuser de mettre ta vie en danger, nan ? Aux dernières nouvelles, j'te signale que t'avais pas besoin de moi pour te foutre dans la merde ! » Parce que c'était une accusation qui l'irritait comme jamais. « Et puis merde, rappelle-moi qui a eu b'soin de venir se mêler de ma vie alors que j'avais coupé les ponts depuis des années ? Si t'es pas contente miss perfection, t'avais qu'à pas venir m'emmerder à mon boulot en jouant les sauveuses, t'aurais pas été mêlée à nos affaires et t'en serais pas là ! »

Sa colère grandissante venait surtout du fait qu'il avait essayé de toutes ses forces d'éviter que cette situation se produise. Dès que Charlie avait dit qu'elle voulait quitter la maison, Jay s'était dit que le mieux était de couper les ponts pour qu'elle ne soit pas parasitée par leur vie dissolue et surtout, bercée d'illégalités. Jusqu'à ce qu'elle ne débarque à nouveau dans leur vie il y a environ un an, les choses se passaient plutôt bien pour elle – si l'on occultait le Chase de mes deux – mais maintenant... tout dérapait et il culpabilisait. Mais pour un réfractaire aux sentiments comme Jay, c'était tout bonnement impensable d'avouer à sa sœur qu'il avait peur de ce qui pouvait lui arriver et que la tarée qui en avait après lui était réellement très dangereuse. Au lieu de lui lâcher tout ça, le texan préféra persister sur la voie de l'engueulade et cette dernière monta même d'un cran.

« Alors t'es sympa de changer d'un ton. T'es en train de dire quoi là ? Que j't'ai mise dans la merde ? Mais vas-y, dis-le clairement au lieu d'le sous-entendre, t'as pas les couilles de le faire ou c'est juste pour le plaisir de jouer sur les mots comme tous ces crétins d'avocats ? » Parce que ses relations avec les avocats n'avaient jamais été très bonnes. « Et puis quoi ? Tu crois franchement que j'aurais laissé cette pétasse te faire quoi que ce soit ? Bonjour la confiance ! Laisse-moi te le dire, si tu penses ça, j'aurais raison de te prendre pour une conne, parce que ça serait le cas ! » Tant d'amour fraternel, c'était émouvant. « Si cette sale garce avait levé la main sur toi, je lui aurais réglé son compte. »

Mouais, enfin ce n'était pas forcément le meilleur truc à dire vu ce qui était arrivé à Pearl justement ! Elle allait encore s'imaginer qu'il était responsable de ce qui lui était arrivé ! Sauf que Jay ne pensait pas que sa sœur puisse imaginer qu'il avait tué quelqu'un, même si lorsque ça la concernait, c'était différent, il ne précisa donc rien à ce propos. Non, pour le moment tout ce qui l'inquiétait c'était qu'apparemment, Charlie était très énervée contre lui et il se demandait quelle était la raison de sa venu ici. L'engueuler et lui dire qu'elle en avait marre de lui ? Possible. Toujours buté, le trentenaire détourna son regard de Blondie, lâchant à nouveau quelques mots d'un ton irrité.

« Donc en gros, t'es venue ici juste pour me reprocher tout ça, puis quoi ? Tu vas te barrer pour retourner à ta vie sans danger ? Ah oui, merde, j'avais zappé que l'autre crétin t'avait foutue dans la merde avant moi. » Il parlait de son pote mentaliste bien sûr. « Maintenant que tu peux plus l'accuser, faut qu'tu trouves quelqu'un d'autre, c'est ça ? » D'un geste de la main, Jay chassa la question. « Laisse tomber, c'était une connerie de te dire de v'nir ici, j'aurais dû m'en douter. »

Et elle le connaissait assez pour savoir que c'était l'équivalent d'un « au revoir » dans son langage. Chaque fois qu'il venait pour lui causer, le texan se retrouvait avec plus de contrariétés qu'avant de l'avoir revue. Et pourtant, sa vie n'était pas la plus paisible qui soit.
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Message posté : Jeu 4 Sep 2014 - 19:53 Message
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Le monde à l’envers. C’était elle qui avait des raisons de hurler un peu – beaucoup, passionnément, à la folie – et c’était lui qui montait le son encore plus haut. Pour une fois, dans sa vie, est-ce que Jay ne pouvait pas admettre qu’elle avait raison d’être énervée et la mettre en sourdine plutôt que de s’énerver à son tour ? C’était trop facile de reprocher à Charlie le fait d’être revenue et que, du coup, c’était de sa faute à elle si elle avait des ennuis maintenant. Facile et parfaitement injuste aussi. Parce que, bien sûr, maintenant, elle culpabilisait. En fait, ce qui était injuste dans ce monde, c’est qu’elle ne puisse pas concevoir de couper les ponts avec un type aussi irritable que pouvait l’être Jay. Irritable et manquant cruellement de tact aussi, la manière dont il parla de Chase laissa un moment de battement chez Charlie qui, sur le coup, se demanda si elle devait juste tourner les talons ou s’énerver encore plus. C’est la dernière phrase de Jay qui la décida à reprendre la parole.

« L’autre crétin, comme tu le dis, avait un prénom, je te rappelle. » Qu’il n’avait réellement plus puisque Chase s’était construit une nouvelle identité. « Mais puisque tu veux aller sur ce registre : lui, au moins, quand je me retrouvais dans des ennuis, il était là pour m’en sortir. Parce que c’est bien beau de dire que tu n’aurais pas laissé une folle furieuse lever la main sur moi mais, tu peux me rappeler où tu étais quand elle est venue me voir ? » Parce que, après tout, elle aurait pu mettre ses menaces à exécution ce jour-là et Jay, étant absent, n’aurait pas pu faire grand-chose pour Charlie. « On peut continuer dans le même registre encore… Tu étais où quand l’hôpital t’a prévenu que j’étais chez eux après une agression ? »

En temps normal, elle n’aurait jamais sorti des choses de cette manière. Avec le recul, une fois la colère retombée, elle comprendrait que c’est le genre de reproche fait pour faire culpabiliser les gens mais, là, Jay l’avait clairement énervé en parlant de Chase de cette manière.

« Il y a quand même une différence énorme entre ne pas vouloir qu’il m’arrive quelque chose et être capable d’être là au bon moment. » Parce que, même énervée, elle ne doutait pas du fait que Jay préférait la savoir tranquillement à l’abri plutôt qu’exposer à des représailles. « Le problème Jay, ce n’est pas d’avoir des ennuis ou d’être une cible pour qu’on puisse t’atteindre toi. Franchement, ça je m’en fiche pas mal. Ce qui m’énerve, en revanche, c’est que je n’ai aucun moyen de savoir ce qui risque de me tomber dessus, si tu ne te décides pas à me dire ce que tu fais vraiment de ta vie. »

Elle avait eu tellement de versions différentes – des combats sans danger, hein ! – que, franchement, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle devait croire ou non. Le fait qu’elle puisse avoir des problèmes à cause de Jay ne lui posait pas le moindre souci. Ce qui l’énervait c’est que ça puisse toucher son personnel et, surtout, ça l’inquiétait que son frère puisse avoir des problèmes assez importants pour qu’elle entre dans l’équation sans le vouloir.

« Parce que là, tu vois, je commence sérieusement à m’interroger sur les personnes avec qui tu peux travailler, ou avec qui tu peux traiter, pour que ça remonte jusque dans mon bureau de cette manière. Les gens ne vont pas menacer des proches juste parce qu’on a volé une agrafeuse. »

Bon, elle se doutait que Jay avait volé bien plus que cela mais c’était à titre d’exemple. Il avait l’air de trainer dans un milieu qui dépassait de loin le cercle familial vu les répercussions que cela pouvait avoir. Et, forcément, ça inquiétait l’avocate parce qu’elle n’avait pas envie qu’il arrive quelque chose à Jay.

« Comment tu veux que je me protège ou, au moins, que je sois attentive à ce qui se passe autour de moi si je ne sais même pas ce qui peut me tomber sur le coin de la figure ? » Elle se disait qu’en se citant en exemple, il finirait par parler, au moins pour vouloir la mettre en garde. « Parce que là, j’ai surtout l’impression que tu t’es mis dans des ennuis qui ne sont plus vraiment contrôlables. Je ne sais pas Jay, en quelle langue je dois te le dire pour que tu comprennes que je m’inquiète pour toi. Je n’ai pas envie qu’on m’appelle, un jour, pour aller identifier ton corps à la morgue du coin. »

Une phrase qui lui fit baisser le ton d’un coup, parce que c’était parfaitement ça le problème : elle n’avait pas envie qu’il arrive quelque chose à son petit frère têtu et borné ! Un vrai Lane celui-là. Elle soupira en secouant légèrement la tête.

« Des fois je me dis que, finalement, tu es comme les trois autres. Tu n’as jamais estimé que je puisse servir à quelque chose et que je puisse vous aider. Je ne sais pas ce qui a foiré à la conception pour que je sois la seule fille sur tous les gamins qu’elle a pu avoir. » Foutue génitrice de ne pas être capable de faire cinq mecs. « Mais, franchement, c’est à croire que c’est ma plus grosse tare, plus que celle d’être partie de la maison. »
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Message posté : Ven 5 Sep 2014 - 14:17 Message
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Jay se fichait pas mal du prénom de l'emmerdeur responsable des ennuis de sa frangine. Enfin, d'une partie de ses emmerdes plutôt. Il avait appris qu'il était mort, mais très franchement, l'idée de présenter ses condoléances à Charlie ne lui avait pas effleuré l'esprit. Il n'aimait pas ce type et sa mort ferait plus de bien que de mal à la texane, son frangin en était persuadé. Et c'était justement pour ces raisons que Jay ne s'imaginait pas avoir l'air désolé pour quelque chose qui le réjouissait ! Quoi qu'il en soit, la suite du discours de Charlie ne manqua pas de contrarier le texan. Elle avait raison : il était incapable de la protéger et, au final, elle était bien plus en sécurité sans lui. C'était une constatation amère parce qu'il avait toujours espéré pouvoir être un tant soit peu utile dans sa vie, mais c'était bien loin d'être le cas. Il lui apportait juste des emmerdes en vérité.
Le silence suivit les paroles dures de l'avocate et cette dernière en rajouta une couche en soulignant que son imprudence la mettait gravement en danger et qu'elle ne pouvait rien prévoir. Lui non plus. Jusqu'à très récemment, Jay était certain de pouvoir assurer ses arrières et de savoir comment s'y prendre pour éviter ce genre de situation, mais là... Pearl avait abusé, puis l'autre blondasse avait débarqué et au final, ça devenait le pire cas de figure possible ! Le seul avantage qu'il y avait à tout cela, c'était que s'il obéissait au doigt et à l’œil de l'autre tarée, sa famille ne risquerait rien. Au contraire, elle serait même protégée vu ce qui était arrivé à Pearl qui avait osé menacer Charlie.
Est-ce qu'il fallait s'en réjouir ? Il n'avait pas vraiment le choix, malheureusement.

Il la laissa lâcher tout ce qu'elle avait sur le cœur avant de secouer la tête d'un air dépité lorsqu'elle parla de sa « tare ». Franchement, même si Jay était misogyne il n'avait jamais été contrarié par le fait que Charlie soit une gonzesse. Au contraire peut-être. Il s'était toujours senti plus proche d'elle que des autres – si tant est que l'on puisse le qualifier de « personne proche » – et pour lui c'était suffisamment parlant. En bref, qu'elle regrette de ne pas être un mec n'était pas d'actualité.

« C'est débile, j'm'en fous que tu sois une gonzesse, ça change rien à tout ça. » Autrement dit, ce serait pareil si c'était un mec. Mais c'était faux. « Si t'avais été un mec, mais que tu te serais barrée, ce serait pareil. J'vois pas pourquoi on devrait te mêler à ces histoires, j'te rappelle que si tu t'es barrée, c'est parce que t'en avais marre de tout ça ! » Enfin, c'était ainsi qu'il l'avait compris. « Alors viens pas râler si t'es mise à l'écart, on fait que respecter tes choix. »

Il n'essayait pas de se faire passer pour un bon samaritain, mais dans son esprit c'était le cas. Charlie en avait eu marre de leur vie dissolue et elle avait décidé de prendre la sienne en main, ce qui montrait bien qu'elle ne voulait plus avoir à faire avec leurs histoires. La jeune femme pouvait dire tout ce qu'elle voulait, Jay avait raisonné ainsi et n'en démordrait donc pas, il suivait sa propre logique. Puis, de toute manière il n'avait pas envie d'accepter l'aide d'une personne « extérieur » à la famille. Tout expliquer à Charlie reviendrait à la plonger dans des affaires dangereuses et il refusait de le faire. Dans ce cas présent, Jay songeai presque à lui parler du Cartel, toutefois il s'y refusait parce qu'il savait que l'avocate voudrait y mettre son nez. Si elle commençait à le faire, elle remonterait rapidement la filière et là ce serait encore pire parce qu'elle deviendrait une cible principale. Pour le moment, Jay pouvait la protéger de ses affaires en obéissant à la blondasse et c'est ce qu'il allait faire.
Il fallait donc résumer ça à Charlie en ôtant tous les éléments compromettants de son explication. Facile.

« J'ai pas besoin d'être là pour te protéger des trucs qui t'arrivent à cause de moi. » Il avait bien appuyé sur cette expression. « J'sais ce que j'ai fait comme connerie pour que ça arrive et j'vais me démerder pour que ça s'arrête. Alors, t'as pas à t'inquiéter, y' rien qui va te tomber dessus sans qu'tu saches à quoi t'attendre. » Et il avait l'air sûr de lui. « T'attends quoi au juste Charlie ? Tu veux qu'je m'amuse à te dire tout ce que je fais de mes journées ? » Il n'y avait que quelques bribes « intéressantes » cela dit. « Cette nana c'était une tarée, c'est tout. Si tu veux tout savoir, j'm'étais battu contre elle et elle a pas apprécié ce que je lui ai dit ensuite. C'était juste une tarée à l’ego mal placé, rien d'autre. » Et c'était l'entière vérité. « Tu crois quoi au juste ? Que je me suis collé des gens plus dangereux à dos ? Tu me prends vraiment pour un con incapable de savoir où est sa place ? » Question rhétorique, il haussa les épaules. « T'as pas l'air de piger que mes compétences me permettent pas franchement d'me hisser à la hauteur de ton pote. »

Il parlait de Chase Neutron-Grey, bien sûr. Pour lui, ce type faisait figure de type parfait aux yeux de Charlie et Jay avait le désagréable sentiment d'apparaître comme un crétin incapable à côté de lui. Oh, elle ne l'avait jamais dit, mais comment vouliez-vous être à la hauteur lorsque vous n'étiez qu'un type lambda et que votre frangine côtoyait les grands de ce monde ? Un ressentiment qu'il décida de garder de côté et préféra lâcher une dernière phrase censée être rassurante.

« De toute manière, si y'avait quelque chose à identifier, ce serait pas toi qu'ils appelleraient. »

Parce qu'elle ne faisait plus partie de la famille, elle l'avait suffisamment entendu dire de la bouche de Seth pour qu'il n'ait pas besoin de lui répéter l'argument.
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Message posté : Dim 5 Oct 2014 - 23:07 Message
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Pas d’accord. Et comme elle n’était pas d’accord, de manière très logique, Charlie secoua la tête en soupirant. Qu’elle soit de sexe féminin changeait tout. Non parce que, si elle avait été un mec, elle n’aurait pas passé autant de temps à étudier, elle serait partie avec eux pour leurs petites affaires pas très légales. A bien y réfléchir, même avant de partir de la maison familiale, Charlie avait été à l’écart du reste de la fratrie. Elle n’occupait pas la plupart de son temps comme eux et ça, elle pensait réellement que c’était parce qu’elle n’était pas un mec. Terry en était la preuve, loin d’être complètement stupide – ce qui ne veut pas dire qu’elle pensait Jay stupide, on précise au cas où – il avait été dans les coups montés par Seth et non pas sur les bancs de l’école. Charlie soupira même un peu plus fort quand l’excuse de Jay consista à dire qu’il ne faisait que respecter les choix de l’avocate. Mais bien sûr, c’est clair, elle était partie de la maison en se disant : youpi, je n’aurais plus à les voir ! Sérieusement, c’était l’excuse la plus nulle qu’elle pouvait entendre, Jay voyait vraiment les choses comme ça l’arrangeait.

Charlie préféra ne rien dire, le laisser finir plutôt que de s’énerver encore plus. Elle savait qu’elle n’avait pas été cool, ni très juste, avec ses précédentes paroles. Autant ne pas en rajouter en répondant trop vivement aux moindres mots de Jay. Un jour, peut-être – mais elle commençait sérieusement à en douter –, ils arriveraient à avoir une conversation calme et normale, du début jusqu’à la fin. Le reste des arguments des Jay n’étaient pas recevables non plus. 1, pas besoin d’être super intelligent pour se mettre à dos des gens capables d’user de moyens de pression. 2, s’il savait ce qui avait cloché, après coup, rien n’empêchait qu’autre chose arrive sans qu’il ne puisse le prévoir. 3, peut-être qu’il n’avait pas les compétences pour se hisser dans les hautes sphères mais, il menait une vie qui pouvait impliquer beaucoup de risques. 4, il commençait sérieusement à la gonfler à parler de Chase comme si c’était un parasite, sans aucune considération pour lui.

Charlie ne comprenait pas pourquoi il revenait sur Chase, pourquoi il le faisait de cette manière. Un comme si Jay essayait de se comparer ou se positionner par rapport à Neutron-Grey. C’était ridicule, il n’y avait pas de concours, pas de meilleure à avoir, ce n’était même pas comparable. Jay était son frère. C’était tout ce qu’il y avait à comprendre. Quoi qu’il arrive, quoiqu’elle puisse penser de Chase, Jay passait en priorité. Il était la famille et la famille c’est ce qui est important, un truc qu’elle avait retenu de son éducation chez les Lane. Une fois de plus, au risque de devenir une habitude, elle soupira en secouant la tête aux dernières paroles de Jay.

« Apparemment, tu n’as pas l’air de t’en souvenir mais, légalement et sur les papiers, je suis encore de la famille ! »

C’est que ça l’énervait cette proportion à lui rappeler qu’elle était partie, qu’elle ne faisait plus partie de la famille et ainsi de suite. Charlie pensait pourtant qu’ils avaient avancé sur ce point, et qu’il ne pensait plus qu’elle était partie parce qu’elle n’avait plus envie d’avoir affaire aux autres Lane. Apparemment, il pensait toujours qu’elle était partie pour faire une croix sur eux.

« Et arrête de me faire dire ce que je n’ai pas dit. Je n’ai jamais voulu dire que tu étais incapable de savoir où était ta place. Tout ce que je dis c’est que tu suis Seth aveuglément et que lui, oui, il est capable de vous foutre dans des emmerdes pas possibles. » Elle avait quand même passé pas mal de temps chez les Lane pour savoir comment la fratrie fonctionnait. « Là, tu sais ce qui s’est passé. Ok, très bien. Est-ce que tu es certain de pouvoir éviter que cette situation se représente ? Est-ce que tu es certain, qu’un jour, Seth ne va pas t’envoyer sur un coup qui va mal tourner avec des gens qui auront la rancune assez tenace pour s’en prendre à quelqu’un d’autre que vous ? »

Finalement, elle ne pensait même pas que le problème venait de Jay, il avait toujours fait ce qu’on lui demandait. Puis, en fait, elle s’en foutait pas mal de tout ça. Dans le fond, le véritable problème, c’était que Jay puisse côtoyer des gens qui allaient chercher des moyens de pression dans sa famille. Généralement, ce n’était pas les scouts du quartier qui réagissaient de cette manière alors, forcément, elle était inquiète pour lui.

« Ça me dépasse complètement que tu n’arrives pas à comprendre que je suis juste inquiète. Pas pour moi mais pour toi. Je ne sais pas dans quoi tu traines et qu’on puisse venir me voir, par rapport à toi, tout de suite j’imagine que tu es dans des choses vraiment graves. » Ne pas savoir, après tout, c’était la liberté de pouvoir imaginer tout ce que l’on voulait. « Je ne suis pas en train de te juger ou même de te critiquer, je suis seulement inquiète. C’est si compliqué que ça à comprendre ? » Elle leva les bras avant de les laisser retomber. « Franchement si je n’en avais rien à faire de cette famille, j’aurais déjà changé de nom ou… Tiens, j’aurais même sauté sur l’occasion quand ce type est venu, au cabinet, pour me balancer qu’il était mon père biologique. »

Évènement assez récent auquel elle n’avait apporté aucun crédit, d’ailleurs elle avait déjà presque oublié ce fait. Ça lui était revenu parce que ça lui semblait être un bon exemple pour dire que, si elle avait voulu, elle aurait pu se détacher complètement de cette famille.
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Message posté : Lun 6 Oct 2014 - 15:03 Message
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Légalement, comme si Seth ou les autres en avaient quelque chose à foutre.... Jay avait toujours considéré que Charlie était encore sa frangine et cela même si elle avait décidé de prendre son indépendance et de ne plus se soucier de ce que les autres Lane pouvaient penser d'elle. Elle était courageuse la frangine au final, plus que lui. Largement même. Il avait beau avoir une force et une résistance qui lui permettraient de résister sans problème aux colères de Seth, la simple idée d'utiliser ses pouvoirs contre lui le pétrifiait toujours autant.

Il soupira en détournant les yeux tandis que Charlie critiquait une fois de plus leur frère aîné. Jay avait horreur de ça, il le prenait aussi mal qu'elle lorsqu'il parlait de son pote à l'exception près que Seth avait le même sang qu'eux et pas ce mentaliste gay. Parce que oui, ses préjugés et son racisme – homophobie et j'en passe les meilleures – avaient la dent dure. Même sans la regarder, le texan l’écoutait toujours avec attention, mais c'était une manière comme une autre de faire croire qu'il n'en avait rien à carrer de ce qu'elle racontait. Tous les reproches qu'elle était en train de lui faire, Jay les interprétait comme des critiques destinées à lui faire comprendre qu'elle n'aimait pas être la cible de ses relations de travail. Et juste après, voilà qu'elle s'amusait à lui dire que c'était pour lui qu'elle se faisait du mouron. Bien sûr. Totalement logique ! Non, le trentenaire croyait surtout que Charlie était en train de se trouver des excuses, mais qu'en vérité elle lui reprochait tout simplement de la mettre en danger – ainsi que ses précieux amis.
En bref, il était indésirable et proche du parasite.

Mais tout cela fut éclipsé par la dernière déclaration de Charlie. Lorsqu'elle parla d'un père biologique, il ne put s'empêcher de lui décrocher un regard interrogateur. Leur père biologique ? Le type qui avait engrossé leur mégère de mère avant de disparaître sans laisser de traces ? Jay ne savait même plus ce qui s'était exactement passé, s'il en avait juste eu ras-le-bol ou s'il avait fini au trou. En vérité, tout cela ne l'intéressait pas pour la bonne et simple raison qu'il avait ses frangins et Charlie et que le reste lui importait peu. Sauf que là, c'était différent : un gars était venu voir Charlie et voulait certainement profiter de son nom qui gagnait en notoriété.

« Un type ? Ton père ? Genre, il veut faire croire qu'il en a tout à coup quelque chose à foutre de toi ? » Il secoua la tête, pas convaincu pour un sou. « C'est des conneries, pourquoi juste maintenant, hein ? C'est juste parce que t'es devenue super célèbre et qu'il espère que tu vas lui filer de la tune ou l'aider pour faire je-sais-pas trop quoi. C'est des profiteurs ces types. » Il en avait l'air certain. « C'est même pas lui, j'suis sûr. Sinon pourquoi on aurait entendu parler de rien ? C'est juste ton fric qui l'intéresse. »

Il lâcha un soupir agacé. Ce genre de situation avait le don de l'énerver comme jamais. Depuis qu'ils étaient gamins, tout le monde n'avait de cesse de répéter qu'ils n'avaient rien de commun, que Charlie était plus proche de l'ange et ses frangins des diablotins. Inutile de dire que Jay encaissait toujours très mal le fait d'être « rejeté » et différencier de sa sœur. C'était bien la seule chose dont les Lane pouvaient être fiers : même Terry qui avait quelque chose dans la tête ne s'en servait que pour faire des conneries. Blondie était différente et Jay avait du mal à accepter que les gens ne puissent pas envisager qu'ils partageaient des gênes en commun. Pourtant, même s'ils étaient très différents sur le plan physique et mental, cela ne les empêchait pas d'avoir des comportements « fraternels ». À la manière des Lane du moins.

Mais cette question l'entraîna forcément à repenser au sujet des gens qui venaient la menacer. Elle lui reprochait – même si elle s'en défendait – de lui attirer des emmerdes alors qu'à côté elle ne filtrait pas ses appels et n'allait pas crécher dans un immeuble sur-protégé pour éviter les tarés de ce genre ? ! Elle se foutait vraiment de sa gueule.

« Et puis merde quoi, tu râles que y'a des gens qui pourront s'en prendre à toi et tes employés et tu laisses des tarés comme ça se pointer chez toi ? T'es pas assez riche pour engager des types pour surveiller ça ? » Il s'énervait facilement lorsqu'elle se mettait volontairement en danger. « Puis franchement Charlie, j'crois qu'on ferait mieux d'arrêter de parler des inquiétudes et des conneries comme ça, parce que ton discours est pas vraiment très crédible alors que j'préfère éviter de me faire prendre pour une buse. » Au moins ça avait le mérite d'être clair. « J'ai du mal à piger le lien entre ton reproche sur les ennuis que j'attire aux autres et sur ce que tu peux t'inquiéter. » Parce que dans son esprit, c'était ce qu'elle avait clairement dit. « Et ce type, il t'a au moins dit comment il s'appelait ? Puis pourquoi il s'était pas pointé avant ? »

Parce qu'en fin de compte, il avait beaucoup de mal à ne pas se poser la question. Merde, ça concernait sa frangine, alors lui aussi, non ?
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Message posté : Lun 13 Oct 2014 - 21:48 Message
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Ce qu’il pouvait être énervant le frangin, avec sa manière de détourner le regard genre « cause toujours, je ne t’écoute pas, ça me saoule ». Charlie était patiente, encore plus quand il s’agissait de Jay et, heureusement, parce que des fois elle avait envie de le secouer. Elle était là, à lui dire qu’elle s’inquiétait pour lui, des trucs dans lesquels il pouvait trainer et lui, de son côté, il avait juste l’air d’en avoir rien à foutre. Heureusement que c’était son frère sinon elle aurait baissé les bras depuis longtemps. Quoique, en fait, c’était Charlie : elle devait avoir un côté maso pour s’attacher et se compliquer la vie avec les gens.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’était que Jay accroche sur ce qu’elle avait dit à propos d’un type qui s’était pointé en disant être son père. Elle avait balancé ça, comme ça, juste pour dire qu’elle ne comptait pas quitter la famille, même si elle était partie de la maison. Ce qu’elle avait encore moins prévu, c’était de se vexer face aux paroles de Jay. Ce type, elle s’en foutait, elle n’y croyait même pas. Mais entendre son frère lui dire que son père biologique – si c’était le cas – se foutait royalement d’elle, c’était comme lui dire que, de toute façon, elle était tellement inutile et insignifiante que même son géniteur ne pouvait s’intéresser à elle que parce qu’elle était connue. Oh, bien sûr, elle se doutait bien que c’était le cas mais, entre se le dire et l’entendre dire, il y avait une différence.

Vexé, que son frère pense qu’elle ne pouvait pas être intéressante pour autre chose que le fait d’être connue, Charlie se referma un peu sur elle-même, prenant encore plus mal le reste des paroles de Jay. C’est lui qui la trouvait inutile et, à l’écouter, c’est elle qui le prenait pour une nouille. Super. Compréhension : zéro ! Dans un soupir, elle releva les yeux sur le plus jeune des Lane.

« Tu sais quoi ? Tu me saoules. » Il y a des jours comme ça. « Tu ne comprends que ce que tu veux comprendre. Tu es pire que buté, même pour un Lane. » Trait de caractère donné avec le nom de famille. « Dès que tu as décidé de croire quelque chose, ce n’est même pas la peine d’essayer de t’expliquer autre chose tellement tu campes sur tes positions. » Elle releva les épaules dans un soupir, avant de les laisser retomber. « Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué dans le fait que c’est inquiétant de savoir que tu peux côtoyer des gens capables d’aller menacer ta famille. Je ne sais pas ce que tu ne piges pas Jay mais, sérieusement, si les ennuis que tu peux apporter étaient vraiment insupportables, ça ferait longtemps que j’aurais trouvé des raisons pour qu’on arrête de se voir. »

En tout cas, ça lui semblait logique à elle. Si la vie que menait Jay avait vraiment été un problème, elle aurait cessé de le voir. Seth ne s’en serait pas plaint. Le fait même qu’ils puissent se voir était problématique, elle ne se prendrait pas la tête à le faire si elle n’en avait rien à faire de lui, c’était d’une logique tellement imparable qu’elle ne comprenait pas qu’il ne s’en rende pas compte.

« Mais, de toute façon, il y a des logiques chez toi qui m’échappent complètement. Tu vois, je ne comprends pas que tu continues à me voir puisque, de toute façon, à t’écouter, la seule chose qui peut être intéressante chez moi, c’est le fait d’être connue. » Puisque si un type se pointe en disant être son père, c’était forcément pour cette raison et non pas par envie de la connaitre. « De toute façon, je n’’en sais rien de qui est ce type, il s’est juste pointer en disant s’appeler John Lane et être mon père, qu’il n’avait pas pu venir avant et tout le blabla qu’on peut sortir dans ce genre de circonstance. »

Sur le moment elle ne l’avait pas vraiment écouté, étant d’accord avec le raisonnement de Jay. Elle n’avait pas cru à ce qu’il avait dit mais là, par pur esprit de contradiction, elle avait juste envie de le recontacter pour en savoir plus et, éventuellement, pouvoir balancer à Jay qu’il avait tort. C’était débile comme façon de penser mais, elle était aussi une Lane et partageait certains traits de caractère avec ses frères.


« Peut-être qu’il ne pouvait vraiment pas se repointer avant. » Avoir un père sortant de prison, ce n’était pas très étonnant vu la famille qu’elle se payait. « Je lui demanderais la prochaine fois que je le croiserais, comme ça, je serais fixée. Mais bon, tu n’as pas à t’en faire puisque, de toute façon, tout ce qui peut l’intéresser chez moi c’est mon nom. » Il y avait une certaine ironie dans cette phrase, puisqu’elle prenait à assez mal le fait de n’être, apparemment, intéressante que pour cette raison.
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Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 13:22 Message
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Charlie avait, elle aussi, décidé de ne pas faire dans la dentelle ce jour-là. Jay doutait légèrement qu'ils parviennent à un jour à s'attendre, sans que l'un d'entre eux soit sous morphine du moins. C'était bien la seule discussion « calme » et un minimum constructive qu'ils avaient dû avoir des années et visiblement, ce n'était pas près de changer. Pourtant, il était vraiment venu ici et étant plein de bonne volonté ! Sauf que sa frangine avait attaqué sur un point sensible et que par conséquent, Jay s'était senti obligé de répondre sur le même ton. Avec lui ce n'était pas bien compliqué : il suffisait de hausser le ton pour qu'il s'emporte et se laisse dépasser par les événements. Si Charlie avait été plus conciliante dès le début, les choses ne se seraient pas envenimées à ce point.
Ouais, c'était sa faute à elle, pas la sienne.

Tout à coup braqué – encore plus qu'avant plutôt – le trentenaire détourna une fois de plus le regard d'un air agacé alors que l''avocate lui reprochait d'être buté. N'importe quoi ! Il savait juste ce qu'il voulait, c'était très différent. En vérité, même pour admettre qu'il était de mauvaise foi, le texan était buté. Elle avait raison : il avait un véritable caractère de merde, mais c'était plus fort que lui. Charlie le connaissait bien, elle savait qu'il n'y aurait strictement rien qui pourrait le faire changer d'avis une fois qu'il avait décidé de quelque chose et dans le cas présent, il était convaincu qu'elle lui reprochait de l'avoir mise en danger. Voire d'exister vu qu'il ne faisait que des conneries selon ses critères si parfaits. Une fois de plus, Jay songea que Blondie avait disparue pour laisser place à une avocate qui fréquentait le gratin de Star City, les Neutron-Grey et j'en passe les meilleurs ! Mais il rumina tout cela plutôt que de le dire ouvertement. Il pouvait être délicat. À sa manière.

Et bien évidemment, Charlie interpréta ce qu'il avait dit, totalement de travers. Il n'y avait qu'une gonzesse pour piger qu'il la dénigrait en disant que ce pseudo-père venait chez elle pour tirer après son fric. C'était évident ! Si le gars qui avait engrossé leur mère – parce qu'il ne méritait pas le titre de père – en avait eu quelque chose à foutre d'eux, il ne les aurait pas laissés tomber comme ça, sans raison. Quant au prénom qui fut balancé... en vérité Jay ne savait même plus celui de leur géniteur. Est-ce que c'était John ? Aucune idée. Il fut bon pour soupirer histoire de masquer son ignorance derrière un paravent de mépris. Elle l'énervait à ne rien comprendre. Charlie était comme les bières, mais juste avec les effets négatifs : elle le saoulait, lui faisait perdre le peu de réflexion qu'il avait et il en ressortait avec un putain de mal de crâne ! Comme elle terminait sur une note ironique, Jay fut obligé d'en rajouter une couche.

« Nan, ton nom il s'en fout, sinon il serait aussi venu nous voir tu vois. Au cas où tu l'as oublié, on est aussi des Lane nous. C'est ton fric qui l'intéresse, nuance ! » Il était tellement agacé par ses réponses qu'il avait presque envie de la vexer. « Franchement, tu fais exprès de rien piger lorsque je te dis des trucs ? J'ai jamais prétendu que t'étais pas assez intéressante pour qu'on vienne te causer pour autre chose que ton fric, c'est toi qu'hallucine totalement ! Bordel, t'as raison, si t'étais née mec, ça serait moins galère parce que tu réfléchirais pas comme une blondasse ! » L'insulte habituelle. « Le truc qui me fait penser ça Charlie, tu vois, c'est tout simplement qu'si franchement, il avait voulu retrouver sa famille, il serait d'abord venu chez les Lane les plus nombreux. Puis genre les plus vieux comme j'pense que Seth a plus de souvenirs de lui que nous. » Après tout, il était plus âgé qu'eux lorsque le type s'était tiré. « Alors, si y'avait pas ton fric qui l'intéressait, il serait pas forcément venu chez toi en premier. Sauf que c'est plus cool de dire que sa gamine est une avocate super célèbre et super riche plutôt que d'avouer que ses rejetons sont des ratés qui vivent dans un taudis. »

Et qu'elle ne vienne pas lui dire le contraire, ou il commencerait sérieusement à douter de ses capacités d'avocate. Il apparaissait clair que ce gars n'en avait qu'après sa célébrité et sa richesse. Bien sûr, il aurait éventuellement pu vouloir les revoir après ça et peut-être même être honnête, en partie du moins. Mais alors pour quelle raison n'avait-il pas contacté le reste de ses moutards ? Parce que leur compte en banque était à sec, voilà tout.

« Parce que tu comptes le revoir ? C'est débile, il va essayer de t'embobiner, tu ferais mieux de l'envoyer chier. Tu l'as bien fait avec les autres, nan ? » C'était de notoriété publique qu'elle n'avait pas de père connu, du coup il ne serait pas étonné qu'il y ait des précédents. « Puis pour le reste... » Il lâcha un soupir. « Si je pige pas ce que tu veux dire, c'est parce que t'es pas claire ! Bordel, j'espère que tu plaides mieux que ça, parce que sinon je plains tes clients. » Mauvaise foi oblige, il devenait vexant. « Un coup tu me reproches de mettre tes employés en danger comme si c'était ma faute, puis après tu dis que tu t'inquiètes pour moi. Y'a un truc qui coince, tu peux pas t'en faire pour tout le monde. » Pas dans son monde à lui. « Mais laisse tomber. J'ai plus envie de parler de ça. De toute manière ça changera pas, mais t'en fais pas, la prochaine fois que quelqu'un me dit qu'il va s'en prendre à toi si je fais pas un truc, je dirai que t'en a rien à foutre de nous et ça réglera le problème. » Parce que ça lui arrivait tous les jours, forcément. « À la base on était venus là pour causer calmement, pourquoi tu dois toujours tout compliquer ? »

Logique des Lane : c'était toujours la faute des autres, au moins ça évitait de se poser des questions et de culpabiliser. Charlie le faisait assez bien toute seule.
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La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent ▬ Charlie

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