AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Zone interdite #Jace

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Jeu 14 Aoû - 4:10 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
« ‘Tain mais qu’est-c’tu fous là ? »

Un toit, c’est un toit. Interdit, généralement, aux personnes. Supposé être désert pour que des gens puissent être tranquilles ou, accessoirement, échapper à des personnes. Bref, des gens comme Aishlinn, exemple donné totalement au hasard, ça va de soi ! Les autorités de cette ville faisaient quoi de leur temps si tout le monde pouvait squatter un toit sans les moindres représailles ? Franchement, l’autorité se perdait !

« Jamais t’vois les panneaux qui disent qu’faut pas monter sur les toits ? »

Qu’Aishlinn se trouve, justement, sur ce même toit n’était ABSOLUMENT pas la même chose. Elle, elle avait le droit parce que… Euh… Parce que c’était elle et qu’elle était Irlandaise. Ouais, voilà, les Irlandais ont tous les droits et puis voilà !

« Tu m’suis, c’est ça ? »

Non parce que le petit – pas si petit que ça – Jace avait quand même une fâcheuse tendance à se trouver sur son chemin. Pas sûr que ça la dérange… Enfin si. Si, ça la dérangeait : ne pas fricotter avec un type capable de connaitre votre date de naissance parce qu’un de vos cils a une inclinaison spécifique. Cela dit, l’essoufflement dans sa voix, visible aussi par une certaine rougeur au niveau des joues, n’avait rien à voir avec la surprise de le trouver sur ce toit.

« Non ? parc’que, j’ai quand même l’impression qu’t’es tout l’temps sur mon ch’min, hein ? »

L’espace d’un instant elle en oublia ce qui venait de se passer, croisant les bras en regardant Jace comme s’il lui devait une explication pour se retrouver sur SON toit.


***

Deux toits plus loin.

« Elle est partie par où ? »
« Euh… Par là… Je crois. »
« Comment ça tu crois ? »
« J’aurais peut-être mieux vu si je ne n’avais été obligé de te rattraper parce que tu ne sais pas sauter d’un toit à un autre ! »

Steeve – ou peu importe son prénom – ouvrit la bouche pour répliquer avant de porte son regard sur sa petite bedaine. Oui, il s’était un peu laissé aller ces derniers temps, pourtant on lui avait bien dit de faire attention à ce qu’il mangeait – Ah, ces gens qui ne font pas gaffe à leur alimentation – et reprendre quelques séances à la salle de sport. Mais, pour sa défense, il n’avait pas prévu de courir après une Irlandaise qui jouait les singes dans la ville de Star City.


***

Au pied du toit d’Aishlinn.

Carl soupira en ne voyant pas les deux autres suivre le mouvement et, parce qu’il les connaissait bien, il appuya sur l’oreillette qui se trouvait dans son oreille – une logique imparable !

« Mais qu’est-ce que vous foutez, elle est deux immeubles devant vous. »

Heureusement qu’il était là à suivre les mouvements de la voleuse depuis le sol. La gamine s’était mise dans le pétrin, on ne dit pas non au patron quand il demande de faire un boulot, il fallait bien leur apprendre la vie à ces petits jeunes qui pensaient pouvoir être libre de faire ce qu’ils veulent. Le patron partait sûrement du principe qu’accepter un non, c’était dangereux. Linn avait déjà bossé pour eux, si elle refusait de le faire maintenant, qu’est-ce qui assurait que, demain, elle n’irait pas les dénoncer à quelqu’un. Carl avait été envoyé, à la tête d’une équipe pour la ramener, peu importe son état à l’arrivée. Lui, il optait pour la ramener en petit morceau, juste parce que ça l’emmerdait qu’elle le fasse courir à travers toute la ville.

« Ok, c’est bon, je la vois. »
« Et tu attends quoi ? »

Une balle fusa.


***

Sur l’immeuble d’Aishlinn – je tiens à l’idée de propriété.

Une balle fusa, passant à côté d’Aishlinn, puis de Jace pour aller se loger sur le mur de l’immeuble d’en face. L’Irlandaise qui, pourtant, attendait sa réponse se retrouva avec la bouille d’une gamine prise en faute.

« Ok, j’ai p’t-être un ou deux p’tits ennuis. »

Son pouce et son index formèrent un espace très restreint pour appuyer ses paroles. Mais avoir des ennuis n’empêchait pas Jace de lui expliquer pourquoi elle le suivait. La deuxième balle, en revanche, fut une bonne raison de quitter l’endroit et de remettre leur conversation à plus tard.

« C’est l’moment où on s’met à couvert, non ? »

C’était con, hein, mais elle ne voulait pas être la première à bouger. A croire qu’elle voyait ça comme une forme de faiblesse ou une connerie dans le genre. Ouais, voilà, c’était elle la plus courageuse donc, pas elle qui allait se planquer en première. Puis d’abord, elle pouvait se dématérialiser et pas lui !
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 14 Aoû - 18:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Je suis pas monté sur ce toit, d’abord, j’te f’rai dire, j’ai atterri dessus. Pas du tout pareil.

La présence d’Aishlinn sur son toit irritait profondément Jace. Elle le traquait, c’était obligé. Elle le traquait pour se moquer de lui — ou essayer de le manipuler. Quelque chose comme ça. Depuis l’affaire du doigt — coupé, ne nous excitons pas — depuis l’affaire du doigt, Jace était convaincu que les intentions d’Aishlinn à son endroit étaient toutes malveillantes, que l’Irlandaise le prenait de haut et qu’elle cherchait à le ravaler à ses hormones. Elle le prenait alternativement par les sentiments et la testostérone, et ces ruses aussi féminines que sournoises faisaient naître chez Jace un profond sentiment d’humiliation.

Depuis le doigt, il n’avait pas cherché à revoir l’Irlandaise. D’un autre côté, il n’avait pas cherché à enquêter sur elle, alors que tout lui soufflait qu’elle menait une vie dont la légalité n’était pas la première et plus vibrante des qualités, mais c’était parce que… parce que… Parce qu’il avait été très occupé à faire tout autre chose, voilà tout, et en aucune façon parce qu’il cherchait à la préserver. Voyons, quelle drôle d’idée. Puisqu’on vous dit qu’elle l’irritait.

***

Un quart d’heure plus tôt.

— Votre femme vous trompe et vous gardez un prisonnier ?
— Quoi ?

La nervosité de l’homme ne cessait de croître. D’abord, il n’avait absolument pas prévu d’avoir un prisonnier. Ensuite, il trouvait que le fils du Commander, comme prisonnier, c’était quand même très encombrant. Enfin, il était persuadé que sa femme le trompait, mais il était un peu surpris de découvrir que la chose fût affaire publique.

— N’importe quoi. Ta gueule.
— Avec Ettore Marcucci.
— J’ai dit…

L’homme s’approcha de Jace et le pointa lel revolver entre les deux yeux.

— Ta gueule.
— C’est pas le fis de votre patron, pourtant ?
— Tu vas la fermer, oui ?
— J’dis ça, j’dis rien.

Un temps.

— Mais quand même.

Pour appuyer sa menace, l’homme posa le bout du canon contre le front de Jace.

— Ah oui, à propos du métal…
– Quoi encore ?
— Ça conduit l’électricité.

Brusquement, le corps de Jace disparut — plus précisément, il se transforma en un immense réseau d’éclairs, qui coururent le long du canon, traversèrent le malfrat et bondirent au milieu de la pièce, pour y reconstituer un être un peu plus humain, tandis que le type au revolver s’écroulait derrière lui. Jace se massa les poignets qu’avaient un peu meurtri les menottes, puis leva le talon gauche et en tira une oreillette entièrement renfermée dans du plastique.

— C’est bon, je suis entré. Je vais aller vous ouvrir.

***

Sur le toit, prétendument d’Aishlinn.

Dire qu’il était venu là pour être tranquille après la descente dans le bunker des Marcucci. Profiter du paysage. Sentir le vent dans ses cheveux. Surfer au plus près d’une antenne 4G. Il n’avait même pas encore troqué sa combinaison de super-héros pour sa tenue civile : toujours dans sa combinaison noir traversée d’un éclair sur le devant, unique signe véritablement distinctif, dans une matière proche du kevlar, il s’était assis en tailleur au bord du vide pour observer la ville. Jusqu’à voir débarquer Aishlinn.

— Genre j’te suis. D’une, c’est toi qui viens de débarquer. De deux, merci, j’ai retenu la leçon et j’ai décidé d’arrêter les frais. En plus…

Une balle s’écrasa dans le mur à côté d’eux. Génial. Super, le moment de détente. Vraiment. Jace tendit le cou, avant de secouer la tête.

— Non, j’vais les arrêter. Toi, cache toi, je gère.

On est un super-héros ou on ne l’est pas. Une troisième balle fut grillée en plein vol à quelques mètres d’eux contre un réseau d’éclair et Jace contourna Aishlinn pour faire face aux deux bandits qui s’arrêtèrent brusquement et considèrent la situation avec une circonspection toute nouvelle.

— Jetez vos armes.
— Écoute, gamin…

Le poing gauche du gamin fut rapidement entouré d’éclairs. Et le poing droit aussi.

—Euh.…

Steeve n’était pas sûr d’être payé assez cher pour ça.

— Une seconde, t’es de la Légion, toi.
— Raison de plus pour jeter vos armes.
— T’es de la Légion et tu protèges une p’tite frappe comme elle ? BWaaAAAAaaaAAa !

Fut la conclusion apportée à cette observation quand Robert — ai-je décidé — fut électrocuté par son oreillette. L’homme arracha prestement l’appareil avant de maugréer, en se massant l’oreille :

— J’vais t’buter.
— Décidément, c’est la journée.

Ceci étant dit, Robert marquait un point : il y avait quelque chose de modérément héroïque à prendre Aishlinn sous son aile. Mais après tout, n’était-il pas censé protéger même les criminels ? C’était ainsi que fonctionnait la loi.

N’est-ce pas ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 15 Aoû - 15:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Moralité : un mec, c’est susceptible.

Et, quand c’était susceptible, ça se sentait obligé de jouer les « mecs ». Non mais, genre, elle allait se cacher pendant que Monsieur jouait les-gros-bras-j’ai-la-situation-en-main ? Pff ! Ça y est, le gars il savait sortir deux pauvres éclairs de ses poings, dans sa combinaison de Super, et il se croyait plus fort que tout le monde : n’importe quoi. Puis quoi encore ? Dans deux minutes, Aishlinn allait devenir la pauvre petite fille en détresse qu’il faut sauver ?

« Même pas en rêve. »

Phrase à peine prononcée avant de se foutre à côté de lui mais, pas trop proche non plus, parce que deux pauvres éclairs mal placés, ça faisait sûrement mal quand même. Puis les deux types, en face d’eux, venaient de la vexer. Ils ne faisaient pas leur malin devant Jace, juste, sous prétexte qu’il appartenait à la Légion des Étoiles. Monde injuste !

« Vas-y c’qui qu’tu traites de p’tites frappes ? »

Boudeuse parce que bon, se faire traiter de petite frappe, ce n’était pas super agréable non plus, Aishlinn manqua de lui rappeler que la petite frappe qu’elle était leur avait bien servie quand elle était encore en service. Ça l’énervait les gens qui crachaient dans la soupe comme ça, non mais sans déconner, pfff. N’empêche il était cool Jace à réussir à cramer juste une oreillette. Euh, non, pas cool. C’était juste un gars de la légion qui faisait joujou avec des éclairs, rien d’exceptionnel à ça. Rien du tout.

« Parc’qu’on t’a d’jà menacé aujourd’hui ? »

Et sans y réfléchir, sans se contrôler, cette abrutie d’Aishlinn tourna la tête vers Jace pour regarder s’il n’avait pas la moindre trace de blessure. L’état de santé de Jace n’était pas supposé l’inquiéter, ce n’était pas comme si elle avait été capable d’acheter – A-CHE-TER – une figurine en apprenant qu’il avait été à l’hôpital entre la vie et la mort. La Légion ce n’était peut-être pas si tranquille que ça.

« Dites-le si on vous dérange. »
« Ben, puisqu’t’en parle… »

Pas le temps de finir sa phrase que le type leva son arme au même moment qu’Aishlinn leva le bras. A la vitesse où se passa l’ensemble de l’action, elle fut incapable de dire si, la balle qui avait été tirée, avait été stoppée par le bouclier qu’elle venait de créer ou par les réflexes de Jace avec ses pouvoirs. Si elle avait tendance à l’oublier, l’irlandaise se rappela très vite que Thunder était loin d’être sans ressources.

« J’t’laisse celui qu’t’as commencé. »

Après avoir abaissé son bouclier, Aishlinn courut dans la direction de Steeve de manière intangible, si bien qu’une balle ou deux lui traversa le corps sans la moindre conséquence. Et il faut croire qu’elle accordait une plus grande confiance qu’elle ne voulait bien l’admettre à Jace parce que, à aucun moment, elle ne s’inquiéta de ce que pouvait faire l’autre type.

Devant le type, elle retrouva sa constitution, peu de temps, juste de quoi reprendre son souffle et lever la main sur l’arme qu’elle dématérialisa en même temps qu’elle. L’homme, sans arme, chercha à l’attraper mais passa au travers d’une irlandaise qui se trouva assez ennuyée. Ok, elle avait l’arme mais après ? Dans un combat, elle ne faisait pas le poids, pas plus qu’elle ne le faisait pour le renverser et l’enfermer dans une partie du toit. Ce type devait se goinfrer de trop de cookies pour que le poids plume d’Aishlinn puisse faire quoi que ce soit. Elle fit la seule chose qui lui paraissait logique sur le moment : lever l’arme récupérée en direction du gars.

« J’crois c’est l’moment où tu lâches l’affaire. »

Ce qui, en réalité, fit rire le mec en question. Déception.

« Ce que j’aurais sûrement fait si tu n’avais pas déjà travaillé pour nous. » Elle ? Nooon, jamais elle ne bosserait pour des types comme ça. « Et qu’on ne savait pas comment tu fonctionnais. »

Forcément quand on ne laisse pas de cadavre derrière soi, on ne devient beaucoup moins crédible en menaçant quelqu’un avec une arme. Un point pour Monsieur-Donuts.

« Les gens changent. »
« Je prends le risque. »

Et là, elle s’imaginait déjà voir le type lui foncer dessus mais, au lieu de ça, il tourna les talons et prit la fuite. Deux secondes avant de comprendre pourquoi il faisait cela mais, réellement, Steeve ne pensait pas être assez bien payé pour affronter un membre de la Légion des Étoiles. C’était carrément vexant de voir qu’elle n’y était pour rien dans cette fuite mais que c’était uniquement du fait de la présence de Jace. Jace, d’ailleurs, il en était où avec son type ?

En contre-bas, Carl commença à se dire que ça se présentait mal mais, il ne se voyait pas rentrer sans avoir exécuté les ordres du patron. Le mieux était encore de demander à des renforts, prévus au cas où, de venir filer un coup de main. Deux ou trois hommes de plus ne seraient pas de trop. Il espérait juste que ça suffirait n’ayant pas prévu plus.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 15 Aoû - 19:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Thunder jeta un regard un peu contrarié alors que l’Irlandaise se postait à côté de lui, mais il se souvenait très bien de l’épisode du restaurant, quand elle l’avait aidé à contrecarrer les plans de petits malfrats venus se faire un peu d’argent facile, tout comme il se souvenait de leur aventure de conte de fées et, dans le fond, il ne s’inquiétait pas trop des compétences d’Aishlinn dans une situation pareille. Il regretta même de lui avoir suggéré de se mettre en couvert : le leader de la Team Alpha n’avait pas vraiment pour habitude d’écarter les autres du danger lorsque ceux-ci étaient parfaitement capables d’en venir à bout.

Le temps des remords serait pour plus tard, cependant : pour l’heure, il s’agissait de se défaire de leurs indésirables visiteurs. Puisque Aishlinn lui laissait l’homme à l’oreillette sans oreillette, Jace bondit dans les airs, exécuta un salto retourné et atterrit dans le dos de son adversaire, une prouesse acrobatique qui ne lui était rendue possible que par l’utilisation de son pouvoir de vol — c’était un peu de la triche, mais exploiter à fond ses capacités dans le combat au corps-à-corps avait longtemps été, après tout, sa spécialité numéro 1.

Alors que l’homme commençait à se retourner, Thunder lui attrapa le poignet de la main avec laquelle il tenait l’arme, le tordit pour le forcer à la lâcher et n’envoya qu’ensuite une décharge électrique parcourir son corps, pour éviter tout réflexe malheureux. Tandis que l’homme s’écrasait sur le toit, Thunder se retournait déjà dans la direction d’Aishlinn, pour voir si elle s’en sortait. Et elle s’en sortait très bien, puisqu’elle tenait en joue un Steeve goguenard.

La rapide conversation entre l’Irlandaise et celui qui se disait l’un de ses anciens employeurs confirma définitivement les soupçons que Jace avait eus depuis longtemps quant aux activités de sa turbulente connaissance. Au moins semblait-il qu’Aishlinn ne fût pas une criminelle violente : c’était une forme de consolation. Pour l’heure, toutes ces questions le cédaient cependant devant Steeve, qui prenait la fuite — un geste un peu vain, étant donné les capacités respectives des trois belligérants.

Le corps de Jace se changea en électricité pour foudroyer la rambarde métallique qui entourait le toit de l’immeuble, traversa en un instant les quelques mètres qui le séparait de Steeve et jaillir une nouvelle fois, pour rematérialiser le jeune super-héros en face du criminel.

— Pas si vite.

Les yeux de Steeve s’arrondir comme des soucoupes, en tout cas le temps de se prendre un coup de pied retourné dans la tempe, qui l’envoya au pays des rêves, en compagnie de son petit camarade. Le calme revint sur le toit, tandis que Thunder inspirait profondément, pour retrouver sa respiration. Journée chargée.

— Bien. On dirait qu’on va avoir besoin de…

La police. Jace s’interrompit et considéra tour à tour leurs prisonniers et Aishlinn. Difficile cette fois-ci d’appeler la police sans imposer à Aishlinn de témoigner et, étant donné les relations entre celle-ci et les coupables du jour, tout témoignage impliquerait en même temps la condamnation de la victime et celle des poursuivants. La situation était délicate — Jace avait bien une petite marge de manœuvre, en tout cas de son point de vue, mais elle était un peu étroite.

— Je crois que tout ça mérite quelques explications. Hors de question que je laisse ces deux-là partir comme ça et si je comprends, hors de question que j’appelle la police là maintenant…

L’adolescent laissa échapper un soupir.

— Si tu portais plainte, ils en prendraient sans doute pour un moment, mais si on appelle les flics maintenant et qu’on se barre, au mieux, ils vont être inculpés pour possession illégale d’arme à feu. Ça va leur faire une amende et puis c’est tout. Je pourrais toujours témoigner qu’ils poursuivaient quelqu’un et que tu t’es enfuies, mais dans ce cas-là, je crois pas qu’ils hésitent à te balancer.

En d’autres termes, la situation était assez simple : soit il les laissait partir, après quelques formalités judiciaires, soit il envoyait tout le monde en prison. Même s’il se décidait pour la seconde solution, ses chances d’attraper une Aishlinn intangible étaient à peu près inexistantes. D’autant plus inexistantes qu’il n’en avait aucune envie. Il n’avait finalement d’autre choix que de suivre le mouvement ou de laisser le mouvement lui échapper.

— J’suppose qu’ils te poursuivaient pas pour la beauté du geste. Les arrêter eux, ça va sans doute pas changer grand-chose, faudrait voir à remonter à la source.

C’est ça : se lancer dans une enquête, c’était un excellent moyen de repousser le moment inévitable où il devrait prendre lal décision de fermer encore une fois les yeux pour sauver la mise à Aishlinn.

Pendant que Jace temporisait, Carl en contrebas rassemblait les trois hommes supplémentaires. Cette fois-ci, courir et foncer dans le tas ne paraissait plus un plan très viable et il allait falloir faire preuve de subtilité et jouer sur l’effet de surprise.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 15 Aoû - 22:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
« Euh… »

Magnifique réponse aux interrogations de Jace face à la situation. Elle n’avait jamais réfléchi aussi loin, pour elle, les choses étaient très simples : il laissait partir tout le monde et elle se débrouillait pour régler son problème. A aucun moment l’irlandaise ne s’était interrogée sur la manière dont Jace pouvait voir les choses, avec son statut de légionnaire. Dans son monde, à elle, il n’avait jamais été question de la police ou d’une procédure à suivre. Sauf une fois mais, là aussi, une personne l’avait couverte pendant que la justice faisait son boulot.

Elle ouvrit la bouche. Sa première idée avait été de s’excuser pour le mettre dans une situation délicate mais, en fait, aucun mot ne s’échappa. Son regard se porta sur le sol en se demandant ce qu’elle devait faire. L’envoyer chier et s’enfuir ? Une très bonne idée qu’elle aurait déjà mise en place si ça n’avait pas été lui. Mais, de toute évidence, c’était bien lui et ça lui posait un problème.

« Et, euh… Faire comme s’tu n’avais rien vu pendant qu’j’pars régler c’tte affaire, c’pas envisageable ? »

Ça valait le coup de demander mais, ça voulait aussi dire qu’il avait raison : arrêter juste ces deux types ne changerait pas grand-chose pour elle.

« Ou alors, t’fais tes trucs de machin des Étoiles et, genre, moi j’m’enfuis ? »

Si chacun y mettait de la bonne volonté, ils devraient réussir à rendre la fuite crédible, non ? Démarche qui n’était pas totalement égoïste. D’accord, elle s’en sortait sans rien mais, en même temps, lui il pouvait remplir son rôle sans que l’on ne puisse rien lui reprocher. Ça laissait toujours le problème de se voir balancer par les deux types. Situation merdique en fait. Et comme à chaque fois qu’un truc ne tournait pas à son avantage, ou qu’elle ne savait pas quoi faire, Aishlinn s’emporta un peu.

« Et puis pourquoi tu voudrais r’monter à la source, hein ? Ça t’fais une prise plus grande par la suite, c’est ça ? En fait, c’pour ça qu’tu m’suis. T’as des doutes sur moi donc, en m’suivant, tu dis qu’tu vas bien finir par tomber sur quelque chose, y mettre un terme et t’faire mousser par des potes de la légion ? »

Têtue, elle ne démordait pas du fait que c’était lui qui la suivait. Même si elle était arrivée après lui sur le toit, ça ne constituait pas une preuve nécessaire. Donc, sa toute nouvelle théorie se tenait parfaitement. Enfin, elle se tiendrait si la réputation de Jace était encore à faire et qu’il ne mettait pas déjà à mal, à lui tout seul, un squatte d’une famille mafieuse.

« Ouais, en fait, c’pour ça qu’tu m’laisses passer plein d’choses, hein ? T’attends juste l’bon moment, la bonne affaire. »

Elle se sentait bien conne, avec sa figurine de Link, à se demander s’il allait sortir d’un hôpital alors que lui ne pensait qu’à sa carrière et à impressionner papa-légion-des-étoiles. Et après, on se demandait encore pourquoi elle n’avait pas envie de faire confiance aux personnes. Ce qu’elle ne comprenait pas, en revanche, c’est pourquoi elle restait là à vouloir écouter l’explication de Jace… A croire qu’elle n’était pas si sûre que cela de sa théorie.

« J’pas b’soin d’toi, j’peux régler mes problèmes toute seule, sans avoir un type sur l’dos qui veut faire bonne figure. »

Elle n’avait déjà pas réussi à les semer, ne s’en était sortie avec son type que parce qu’il avait pris la fuite mais, à part ça, c’était une grande fille qui pouvait remonter à la source toute seule. Elle irait devant le grand patron, ferait ses yeux de chat potté en espérant qu’il veuille bien la laisser tranquille. Tu parles d’un plan !

« T’sais quoi ? »

Euh… Parce que, elle de son côté, elle ne savait pas ce qu’elle voulait dire avec son doigt accusateur en direction de Jace. Un truc à dire, vite, vite, vite.

« J’aurais jamais dû m’inquiéter pour toi quand t’étais à l’hosto parc’qu’en fait, t’es juste intéressé comme gars ! »

Pitoyable comme accusation mais elle n’avait que ça en stock. Alors que, pendant ce temps, un sniper s’installait tranquillement quelques immeubles plus loin sous les ordres de Carl. Si les deux restaient sur le toit à discuter, ça ne devrait pas être trop compliqué de les viser et de tirer pendant qu’ils s’expliquent.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 17 Aoû - 14:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Il y avait des coups de démonte-pneu qui se perdaient. Jace n’en arrivait pas à croire ses oreilles : non seulement Aishlinn tentait en permanence de le manipuler, mais en plus, elle se permettait de monter sur ses grands chevaux ! Cette fille-là était l’une des plaies de l’Égypte, ce n’était pas possible autrement ! D’accord, il éprouvait une furieuse envie de l’embrasser, là maintenant, mais c’était pour la faire taire, évidemment, parce qu’une décharge électrique eût été beaucoup trop brutale. Pure question pratique.

La mâchoire serrée, Jace secoua la tête.

— T’sais quoi, tu t’intéresses tellement pas aux autres qu’je comprends même pas comment j’peux t’trouver…

… j’peux te trouver…


Les paupières du super-héros se plissèrent. Quelque chose frémissait aux limites de sa conscience. Depuis que son sixième sens était apparu, produit croisé de sa super-intelligence, sa cyberpathie et de sa technopathie, il avait appris à se montrer plus attentif aux intuitions fugaces. Sa première méthode avait été de tenter de les interpréter systématiquement, de comprendre pourquoi et comment elles avaient émergé, bref, de leur donner immédiatement leur sens complet, en fouillant dans sa trop vaste mémoire et l’éventail trop large de ses perceptions. Ça marchait, parfois. Mais en vérité, ça prenait surtout beaucoup trop de temps.

La méthode alternative était beaucoup moins rassurante et consistait à se fier en son instinct. Bien sûr, ce n’était pas pour lui totalement nouveau. Une bonne partie de la maîtrise en arts martiaux revenait à concrétiser des années de pratique en réflexes et des heures d’analyse théorique des mouvements et des confrontations en choix tactiques spontanés. Après tout, cela revenait au même : il savait qu’il avait raison, sans savoir immédiatement pourquoi il avait raison, et il suffisait de se jeter à l’eau. Facile. Encore fallait-il décider de quel côté plonger.

Jace leva une main, ferma les yeux et essaya de se concentrer — ou de se déconcentrer, tout dépendait du point de vue. Laisser la myriade des impressions qui l’entouraient le traverser, les données, les grésillements des machines, les ordinateurs, ce qu’il avait vu, entendu, senti, deviné, et permettre à son esprit de faire le tri de lui-même. Si les SMS des adolescentes de douze ans étaient rapidement évincés au profit des informations plus importantes, la masse à traiter restait tout de même considérable.

Ce fut donc une seconde avant que le doigt ne pressât la gâchette que Jace rouvrit les yeux, franchit le peu de distance qui le séparait d’Aishlinn, passa un bras autour de ses épaules et s’accroupit avec elle, tandis qu’un bouclier électrique se formait autour, comme une carapace de tortue. Deux balles ricochèrent sur les éclairs. Thunder suggéra :

— Ce serait l’bon moment d’passer à l’étage d’en-dessous.

En traversant le toit, par exemple. Là-dessous, il devait y avoir des greniers ou une cage d’escalier. La chute n’était pas très agréable, mais Aishlinn savait sans aucun doute se réceptionner et lui n’avait pas trop de problème avec la hauteur. Un étage plus bas, les deux adolescents renversaient les dossiers d’archive d’un cabinet d’avocats qui exerçaient au seizième. On ne leur en voudrait sans doute pas trop.

Les lumières s’allumèrent d’elles-mêmes.

— Il y a eu deux tirs croisés à des angles… différents… Sans doute deux tireurs.

La carte urbaine de Star City se recomposait dans son esprit et les éclats du bouclier électrique, sur le toit, lui avaient suggéré les angles de tir, dont il se servait pour calculer les positions respectives des deux tireurs. Il leur faudrait sans aucun doute beaucoup de temps pour redescendre de leurs immeubles et venir les chercher là où ils étaient, mais ils attendraient peut-être sagement de les voir émerger dans la rue, pour les descendre au milieu des passants.

— Il faut qu’on sorte d’ici par des souterrains. Au moins.

Au moins, parce que si Aishlinn avait des moyens de transport plus efficaces, il n’était pas contre une suggestion.

— On arrivera sans doute pas à leur mettre la main dessus, il faut vraiment remonter à la source et de toute évidence, tu gères pas tes problèmes toute seule. Alors OK, vu comme tu passes ton temps à m’prendre de haut, j’aurais toutes les raisons d’être pas super motivé, mais qu’est-ce que tu veux, c’est encore mon boulot…

Parfaitement. Pure question de conscience professionnelle. Rien d’autre.

— Hors de question que j’te laisse régler ça toute seule, et comme t’as manifestement pas l’intention de demander de l’aide à qui qu’ce soit, j’t’impose la mienne, qu’ça te plaise ou non.

(Dire qu’Aishlinn avait un jumeau haut placé et un Sud-Africain plein de relations…)

— Alors, j’doute pas qu’t’as mis en rogne plein d’gens depuis qu’t’es ici…

Elle avait l’air très doué pour ça.

— … mais ceux-là, tu les connaissais, tu dois bien avoir une idée d’où s’trouve la personne qui les a envoyés.

Ensuite, ils iraient la trouver et, euh… Jace réfléchirait au plan plus tard.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 17 Aoû - 23:07 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Hey ! Aishlinn n’était pas du tout égoïste mais alors, pas du tout. Et elle pouvait citer plein d’exemples pour prouver qu’elle s’intéressait aux autres, contrairement à ce qu’il pouvait dire. Cela dit, il lui fallait un peu de temps pour trouver des exemples alors, pour éviter de perdre du temps, mieux valait ne pas se justifier. Le mieux était encore de pousser un peu et de lui demander de finir sa phrase. Il la trouvait quoi ? Avec n’importe qui d’autre, Aishlinn aurait posé la question mais le blocage de Jace l’en dissuada. Il analysait tout, voyait des trucs dans un simple doigt posé dans un colis. C’était son côté flippant mais sacrément efficace alors, si là, il avait besoin de se concentrer – ou elle ne savait quoi – c’était une raison suffisante pour se taire et le laisser faire. Thunder avait trouvé le moyen de faire taire une Irlandaise : méthode à breveter et à revendre sur le marché, ça devait pouvoir intéresser plusieurs personnes.

A bien y réfléchir, elle lui laissait faire plein de choses qu’elle n’acceptait pas forcément des autres. Cette façon de s’approcher, de caler son bras, même si c’était pour la protéger, n’était pas tolérable habituellement. L’irlandaise détestait être touchée sans qu’elle ne soit d’accord ou que cela vienne d’elle. Là, il n’y avait même pas la moindre petite contrariété, elle se retrouva même à hocher la tête sans discuter alors que Jace lui disait quoi faire.

Résumons : Aishlinn se taisait quand il le fallait vraiment, sans chercher à avoir des réponses à des questions débiles. Elle le laissait faire son protecteur tortue-électrique. Et en plus, elle obéissait quand il suggérait quelque chose. Définitivement, il avait des passe-droits que les autres n’avaient pas – hors cercle de proches. Ou alors, elle commençait vraiment à se ramollir, la faute à Adrian. Forcément.

« Les souterrains ? Tu t’moques de moi, là ? »

D’accord, peut-être qu’elle ne disait pas oui à tout mais, sérieusement, elle avait une nouvelle paire de chaussures aux pieds. Les souterrains c’étaient vraiment trop crades pour qu’elle foute ses pieds d’Irlandaise dedans. Encore, de la boue, dans une grotte du pays – quand c’est prévu – pourquoi pas mais, là, non. Hors de question.

« T’as cru qu’j’allais trainer mes bottes dans des souterrains ? »

Elle secoua la tête : non mais vraiment, les mecs ça ne comprenait rien. Heureusement qu’Abban existait pour relever la moyenne de tous ces types !

« T’sais c’qu’on trouve là d’dans ? Y a même des gens qu’balancent leurs crocodiles et ils finissent par vivre là-d’dans ! » Un ou deux snipers, c’était tellement plus simple et moins dangereux à gérer. « Hors de question qu’on passe par là ! J’ai pas envie d’me faire bouffer par un crocodile. »

De ses bras, elle mima la mâchoire imposante du reptile. Une mort pas très engageante. Ok, elle était intangible. Ok, il balançait des éclairs. Mais, en fait, pas sûr que le crocodile carbonisé soit à la mode en ce moment, puis bonjour l’odeur. Notons, toutefois, qu’elle ne l’envoyait pas chier quand il imposait son aide. C’est qu’elle n’y était pas si réfractaire que ça.

« Et pour ta gouverne, j’mets jamais personne en rogne. » Un ange cette fille. Qui en douterait ? « C’pas d’ma faute si des gens comprennent pas un simple non. »

Où va le monde si on ne peut même plus dire non à un boulot proposé par une organisation criminelle ? Le principe de la démocratie, ce n’était pas de pouvoir donner son avis et avoir le choix, ou une connerie dans le genre ?

« Contrair’ment à c’que tu peux croire, j’ai une certaine morale ! »

Le tout était de savoir sur qui elle basait cette pseudo moralité parce que, pour certain, elle était encore loin d’être le parfait petit ange.

« Mais s’tu tiens tell’ment à aider, j’ai p-t’être une autre solution. On peut passer par la voie normale. Genre, j’prends l’rôle d’un type de l’organisation, j’fais genre j’t’ai capturé pour aller voir le boss en disant qu’t’as des infos à filer à mon sujet. On entre dans la place et, après… On avise. »

Une solution qui lui semblait faisable mais, en y réfléchissant bien, Jace ne devait pas trop comprendre comment elle pouvait prendre la place de quelqu’un d’autre. Deux traits de maquillage ne seraient pas suffisants pour tromper les gars qui étaient dehors. Haussant les épaules, elle se décida à quelques précisions.

« J’peux prendre l’apparence des gens qu’j’ai d’jà vu. Et comme, ouais, ‘fin, disons qu’j’ai d’jà bosser avec eux, ça n’devrait pas être trop compliqué de prendre les traits d’l’un deux. Ça d’vrait nous permettre d’aller jusqu’à la-bas, sans trop d’problèmes. »

Du moment qu’on ne lui posait pas de questions personnelles – enfin sur la personne dont elle prenait l’apparence – et que cette personne n’avait pas un réel tic verbal qui se verrait si elle ne le reproduisait pas. Une apparence volée ne voulait pas dire qu’elle choppait les accents et expressions.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 18 Aoû - 17:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Non mais l’histoire des crocodiles, c’t’une…

… légende urbaine.

— Ouais, peu importe.

Il n’allait quand même pas lui briser ses rêves d’enfant. Peut-être même qu’elle croyait encore au Père Noël, aux kidnappeurs des cabines d’essayage et aux piqueurs des boîtes de nuit. Jace dévisagea Aishlinn, dévisagea ses bottes et se demanda un instant si l’Irlandaise était vraiment sérieuse. Entre crader ses chaussures et se faire exploser la cervelle, le choix lui paraissait assez simple. Manifestement, il avait tort.

— Euh… Mais tu sais…

Impossible d’en placer une : le mutisme docile d’Aishlinn n’avait eu qu’un temps et Jace était désormais enseveli, sans défense, pauvre petite chose qu’il était, sous le flot de paroles de son Irlandaise favorite, qui cherchait à la convaincre tout à la fois de la vie reptilienne des sous-sols de Star City, de la qualité cordonnière de ses chaussures et de ses capacités de métamorphe. Le dernier point intéressa singulièrement le super-héros, qui plissa les paupières pour sonder du regard Aishlinn.

On ne pouvait pas dire que la révélation fût bouleversante : si Aishlinn fréquentait l’Histoire sans fin, où il l’avait trouvée une fois, ce n’était probablement pas pour compléter sa collection de romans Twilight. Restait que passe-muraille et sorcière métamorphe, ça commençait à faire beaucoup. Parce que la métamorphose était nécessairement une capacité magique — Jace fréquentait trop de mutants pour ne pas percevoir la cohérence ou l’incohérence de tel ou tel ensemble de pouvoirs et il ne voyait aucune rapport entre l’intangibilité et la transformation — les deux capacités avaient ainsi des sources différentes.

— T’es pleine de talents, décidément.

Rien d’ironique là-dedans. À dix-neuf ans, Aishlinn dépassait de loin nombre des élèves de la Star High, qui bataillait toujours avec leurs propres pouvoirs, ceux qui étaient là non dans l’espoir d’intégrer la Team Alpha, bien loin de là, mais dans celui de mener une vie à peu près normale, bien intégrées dans la société, sans perdre le contrôle de leurs dons.

— On va faire ça, du coup. J’pense que j’peux brouiller leurs communications, histoire qu’ils ne trouvent pas bizarre que tu ne les aies pas contacté. Mais après, va falloir se trouver une planque assez rapidement. De toute évidence, la Tour de la Paix, c’est exclu pour toi, et je pense pas qu’ce soit particulièrement indiqué pour moi d’aller dans les endroits que tu fréquentes…

Il n’avait aucune envie suicidaire et mettre les pieds dans un tripot à criminels ne l’attirait pas particulièrement.

— J’ai un contact qui vit pas très loin, sur Hoover Street, au 24, c’est exactement c’qu’ils nous faut, niveau discrétion. Le temps d’se retourner, puis il m’filera des habits plus discrets et à partir de là, j’pense qu’on pourra voir où aller.

Il ne restait plus qu’à mettre leur beau plan en application. La première étape impliquait un peu de reconnaissance et, pendant qu’Aishlinn préparait sa métamorphose, Jace, lui, entreprenait de visiter un peu plus les greniers. Il ne tarda pas à déboucher sur une porte fermée, qui devait mener à la cage d’escalier et, ne sachant pas si son alliée du jour pourrait conserver ses capacités de passe-muraille une fois métamorphosée, il jugea préférable de mettre ce temps à profit pour forcer la serrure. Il n’avait pas l’art du crochetage d’Aishlinn, mais il se défendait tout de même, dans un domaine que les autres Légionnaires jugeaient peu orthodoxes, mais dont il se félicitait toujours d’avoir appris au moins les rudiments.

La serrure céda enfin, révélant la cage d’escalier qu’il avait prévue. Il ne restait plus qu’à descendre d’un étage, trouver un ascenseur et se fondre aussi rapidement que possible dans la foule des passants, jusqu’à retrouver le 24, Hoover Street. Même si leur plan était éventé, ils pourraient au moins profiter de la confusion pour s’enfuir : une fois à l’air libre, l’intangibilité d’Aishlinn et ses propres capacités aériennes suffiraient sans doute à les tirer d’affaire.

Jace se retourna vers les greniers et ses yeux se posèrent sur ce qu’était devenu Aishlinn. Il détailla l’homme de la tête aux pieds et murmura :

— Impressionnant.

Il se demandait s’il s’agissait d’une illusion ou si Aishlinn avait vraiment changé de forme — auquel cas, les sensations que cela devait provoquer lui paraissaient bien mystérieuses. L’idée qu’Aishlinn pût se servir de sa propre apparence pour commettre des méfaits ne l’effleura même pas : même les derniers événements ne suffisaient pas à le convaincre qu’Aishlinn était tout à fait une criminelle machiavélique.

— J’pense que c’est par là.

Jace détacha finalement les yeux de son acolyte pour s’engager dans la cage d’escalier. Un étage plus bas, après avoir prudemment jeté un œil dans un nouveau couloir, ils s’acheminèrent jusqu’à l’ascenseur. Alors que les portes se refermaient sur eux, Jace expliqua :

— J’te laisserai m’guider, ça va pas être facile de r’trouver leurs oreillettes dans tous les appareils, j’vais avoir besoin d’concentration. J’te fais confiance pour m’orienter dans la rue.

Et sur ces mots, Jace se mit à chercher la trace de leurs poursuivants.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 21 Aoû - 16:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Un peu plus et elle l’aurait trainé, elle-même, dans les profondeurs de Star City, juste pour lui prouver que les crocodiles existaient sous leurs pieds. Mais, ça risquait de contredire le fait qu’elle ne voulait pas y mettre ses chaussures et, deux, elle devrait peut-être déposer un reptile elle-même pour être certaine d’avoir raison. Bref, ça demandait un minimum de préparation alors, par principe, elle lâcha un soupir en secouant la tête comme pour dire à Jace qu’il avait encore beaucoup de choses à apprendre.

« Les endroits qu’j’fréquente ? »

Il allait vraiment falloir qu’ils discutent tous les deux. Il imaginait quoi ? Qu’elle trainait dans des endroits où ça puait la mafia à plein nez ? Sur le coup, elle évita de lui répondre que l’un des endroits qu’elle fréquentait était le lieu de vie de l’un des professeurs de la Star High.

« B’jour les préjugés ! »

Par contre que, elle, elle accepte d’aller chez l’un des contacts d’un type de la légion des étoiles semblait tout à fait logique et acceptable. Pas sûre que les deux soient sur un pied d’égalité. Heureusement qu’elle était plus mature et raisonnée que lui à ne pas tout refuser en bloc, en jouant la paranoïaque sur un éventuel piège de sa part, sinon ils n’auraient nulle part où aller.

Elle profita du temps qui lui était accordé pour finir en tailleur, sur le sol, son stylo-feutre à la main à murmurer une formule en se concentrant sur la personne dont elle prendrait les traits. Quelques minutes plus tard, elle avait doublé son poids, avait pris des centimètres en plus pour une carrure beaucoup plus carrée. Comment ce type faisait pour passer une porte ? La copie accordait une copie conforme à la dernière image qu’elle avait eu du type, vêtements compris, ce qui était bien pratique. Jamais cette silhouette ne serait entrée dans son jean.

Impressionnant ? Elle baissa les yeux.

« J’comprends pas comment vous pouvez marcher avec c’truc entre les jambes. ‘TAIN ! » Son regard venait de passer sur la serrure. « Faut vraiment qu’j’te file des cours. C’te massacre quoi. »

Qu’un type de la Légion sache massacrer une serrure ne l’interpella pas plus que cela, tout le monde savait le faire, non ? Enfin, chez elle, c’était un truc tellement normal qu’elle partait du principe que c’était tout ce que les pères apprenaient à leur enfant quand ils étaient en âge de tenir une fourchette.

« Une serrure, c’pas juste une serrure. » Parce que, sinon, autant se contenter d’ouvrir des boites aux lettres avec une petite lime à ongles ! « M’fin, c’est cool quand même. »

Elle n’aurait probablement pas fait mieux avec ces doigts énormes qu’elle se tapait. Comme le fait qu’elle ne s’amuserait pas à sauter de toit en toit dans cette forme, elle avait déjà l’impression de peser près de 200 tonnes à chaque pas qu’elle faisait. Finalement, la seule chose qui ne changeait pas, chez elle, c’était son accent et sa façon de parler même si la voix était différente.

La porte de l’ascenseur à nouveau ouverte, ce fut une bouffée d’air qu’elle prit, passant sur l’impression d’enferment ressenti à l’intérieur. Hochement de tête pour se persuader que tout allait bien et assurer sur le point demandé par Jace. Le guider, ça ne devrait pas être trop compliqué. Elle sortit de l’ascenseur, et se mangea l’encadrement. Trop large. Pas habituée.

L’avantage, une fois dehors, c’est qu’il était plus facile de libérer le passage devant un flot de passant. L’inconvénient, c’est qu’elle était un peu trop imposante sous ses traits là et que, avec deux snipers cherchant des fugitifs, ça allait être compliqué de passer inaperçu. Pas de sa faute, c’était Jace aussi, avec son costume de Super et ses fangirls à tous les coins de rue.

« Jenny, je te dis que c’est lui. Regarde. » Sans plus attendre, une blonde décolorée se ramena devant Jace. « Hey, Thunder, j’adore ce que tu fais. »
« Désolé mais, il ne peut pas vous parler maintenant. »
« Vous êtes son garde du corps ? »
« Vas-y, est-ce qu’j’ai une tête à être son garde du corps ? »
« Ben… »

Ah ouais, merde. Euh. Dans le doute, Aishlinn fronça des sourcils trop épais, avec un peu de chance elle ferait passer l’envie de cette fille de s’approcher plus près de Jace.

« Oh, j’y suis. Vous êtes en mission, c’est ça ? Oui, c’est forcément ça. »
« Oui, v’là, c’est ça. »

Aishlinn repoussa un peu la blonde pour passer mais cette dernière, bien décidé à attirer l’attention de Jace, se remit bien vite devant le jeune héros.

« Je peux t’aider, tu sais ? Je suis très douée en… »
« Faut qu’on bouge. »

La phrase s’adressait à Jace, qu’Aishlinn secoua un peu. Carl avait remarqué un semblant d’attroupement dans une rue et, après s’être approché, n’avait pas eu de mal à comprendre que celui qui attirait les regards était le rejeton Roberts. Sauf que là, il approchait bien trop près de leur position.

« Hey ? »

La blonde vit son héros partir entrainer par son « garde du corps » alors qu’elle n’avait même pas eu le temps de finir sa phrase. Sans attendre, elle emboita le pas aux deux, prête à faire valoir ses talents, vers la galerie marchande qu’Aishlinn et Jace avaient empruntée.

Jenny, abandonnée sur un trottoir, devait bien se rendre à l’évidence : c’était bien Jace Roberts. Un peu perdu, elle vit un homme, remarqua son arme et cru qu’ils étaient tous ensemble. Sans hésiter, elle désigna la galerie marchande.

« Ils sont partis par là. »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 21 Aoû - 18:43 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Jace murmurait des édictions monosyllabiques pour guider Aishlinn jusqu’à leur contact, bien trop occupé à se concentrer sur les signaux si faibles des oreillettes dans tout le brouhaha électronique qui les entourait. Sa super-intelligence n’était pas de trop pour faire le tri entre les milliers et les milliers d’informations qui traversaient son esprit, obligé qu’il était à rendre celui-ci disponible aux impressions les plus ténues. Au moins la stratégie était efficace : les oreillettes avaient cessé de fonctionner. Les snipers, qui avaient quitté les toits depuis qu’Aishlinn et Jace avaient eux-mêmes traversés le leur, étaient perdus dans l’immeuble où ils venaient de pénétrer et Carl fouillait tant bien que mal la masse des passants du regard.

Sans Jenny, ils s’en seraient sans doute sortis sans encombre. Devant son admiratrice, Thunder d’ordinaire si sociable conserva un parfait mutisme, en se contentant de froncer les sourcils. La discussion qui se déroulait si près de lui perturbait un peu sa concentration et il fut reconnaissant à Aishlinn d’y mettre un terme. Quelques secondes plus tard, Jenny mettait leur poursuivant sur la bonne piste, alors qu’ils se frayaient un chemin dans une galerie marchande.

Jace murmura :

— Snipers semés.

Et pour de bon : ils étaient sortis de son champ de perception. Probablement étaient-ils en train d’emprunter le chemin exactement inverse au leur et de monter jusqu’au toit de l’immeuble qu’ils avaient abandonné.

— L’autre approche.

S’il avait les yeux sur eux, alors leur petit manège devenait inutile. Pourquoi les aurait-il poursuivis s’il n’avait soupçonné anguille sous roche ?

— Laisse tomber la métamorphose si tu peux, ça sert plus rien. Et c’est pas franchement discret. J’vais l’isoler.

Thunder tourna brusquement les talons et sauta dans les airs — dans un bond phénoménal de plusieurs mètres, qui devait exploser d’un coup d’un seul le double record mondial de saut en longueur et de saut en hauteur — pour atterrir juste en face de Carl. Évidemment, l’opération n’avait pas été le summum de la discrétion, mais puisqu’ils étaient repérés, autant jouer franc-jeu. Nombre des clients de la galerie commerciale s’étaient exclamés, l’avaient pointé du doigt et suivi du regard. Heureusement, en plein mouvement, Carl n’avait pas été capable de le viser.

Les yeux plantés dans ceux de leur poursuivant, Thunder murmura :

— Beaucoup trop de témoins pour utiliser une arme.
— Ah ouais, tu crois ça ?

Pour toute réponse, Jace balança son genou dans l’entrejambe de son interlocuteur, attrapa le poignet de la main qui tenait l’arme, le tordit brusquement, posa son autre main sur le cou de Carl et balança une décharge électrique — qui grilla en passant l’oreillette, alors qu’elle plongeait le malfrat dans l’inconscience.

— Non, pas vraiment.

Ce que ça pouvait être naïf, un criminel. Jace récupéra l’arme, pour la glisser dans l’une des poches intérieures de sa combinaison, histoire que quelqu’un n’eût pas la riche idée de se servir au passage, et désigna l’une des personnes qui avaient fixé à ce combat éphémère.

— Vous, appelez la police.
— Euh… Oui, d’accord.

Être interpelé par un super-héros ne laissait en général pas vraiment le choix d’obtempérer ou non. Jace ne se faisait pas d’illusion sur le temps que Carl passerait en prison, particulièrement s’il n’était pas là pour témoigner contre lui, mais au moins serait-il ralenti pour de bon. De son côté, il lui restait à retrouver Aishlinn — heureusement la galerie marchande était pleine de caméras de surveillance et l’esprit du cyberpathe ne manquait ainsi pas d’yeux pour fouiller la foule.

Ce n’était donc pas vraiment les passants que Jace regardait d’un air absent en se frayant un chemin d’une manière plus traditionnelle entre les différents clients, mais les images en noir et blanc où il pouvait suivre la silhouette, nouvelle ou retrouvée, de son acolyte du jour. Les mésaventures de Carl, en devenant publiques, entraineraient sans aucun doute l’envoi d’une nouvelle équipe aux trousses de l’Irlandaise, si ce n’était tout de suite, du moins dans un avenir assez proche : s’être débarrassés des cinq premiers assaillants ne réglaient donc rien au fond du problème et les deux adolescents avaient toujours fort à faire.

Après quelques recherches, Jace parvint à remettre la main sur Aishlinn.

— Par là.

***

— C’est votre couleur naturelle ?

Harry n’avait de toute évidence pas l’habitude de croiser des représentantes du sexe féminin. Jace s’était éclipsé pour se changer, laissant le jeune informaticien en tête à tête avec Aishlinn. La réaction de Harry, lorsqu’il avait ouvert la porte sur Jace, en disait long sur les circonstances dans lesquelles il avait fait connaissance, puisque l’informaticien s’était exclamé, dans un cri du cœur :

— Je suis innocent.

À quoi Jace avait répondu qu’ils ne venaient pas l’arrêter. Trop heureux de rendre un service à un Légionnaire, Harry s’était empressé de servir sa tournée de coca et d’offrir, avec une générosité un peu intéressée par sa propre survie, des vêtements civils à Thunder. Lequel Thunder refit son apparition, dans un beau tee-shirt Battlestar Galactica et un jean délavé. L’adolescent posa un regard un peu nerveux sur Aishlinn et marmonna :

— Une fois sur deux, quand on s’croise, j’me r’trouve avec des fringues pourries, j’vais finir par croire qu’c’est une malédiction…
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 21 Aoû - 20:48 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
« Je suis innocent. »
« C’est c’que j’me tue à lui dire. »

Et ce qu’il se tuait à ne pas entendre vu les soupçons qu’il nourrissait à son encontre. Et comme ils avaient un point commun, Harry et Aishlinn, elle jeta des regards un peu partout, son verre de Coca à la main.

« J’suis sûre qu’tu dois kiffer Eugène. »

Elle attrapa la boîte d’un jeu vidéo, rangé dans une armoire, autour de plein d’autres jeux.

« Ses pouvoirs sont cool, ouais. »
« C’la dit, quitte à avoir son pouvoir, j’aurais pris ceux d’un autre jeu vidéo. T’as choisi quel alignement pour Delsin ? »

Et voilà les deux en pleine conversation hyper importante sur la manière de faire évoluer son personnage dans un jeu vidéo. Forcément ça avait dévié sur Fetch – un autre personnage du jeu, qui verrait bientôt à DLC apparaitre sur son histoire – et de sa couleur de cheveux particulière. Apparemment, il était logique que cela dévie sur la propre couleur d’Aishlinn. L’arrivée de Jace empêcha la réponse, à croire qu’elle trouvait plus intéressant de lui parler que de répondre par l’affirmatif.

« Battlestar, c’pas si mal, t’sais. »

Elle garda pour elle le fait que le t-shirt manquait un peu de mise en forme. Pour une fois, autant essayer d’être cool. Parce que, non, elle n’était pas égoïste et ne passait pas son temps à le prendre de haut. Juste, une fois sur deux, comme ses tenues.

« Ce t-shirt, il est limite collecteur. Si vous saviez le prix qu’il m’a coûté. »

Aishlinn laissa passer un sourire : non mais, sérieusement, quelle idée de payer ses vêtements. Pff, ces gens. Trop bizarres. Bref, elle et son verre de coca, après un mouvement de tête pour désigner une table, s’installèrent sur une chaise.

« Bon, les gens qu’on cherche sont situés à la limite de Chinatown. Ils sont dans un immeuble où ils contrôlent tout d’dans. Y a des gens d’dans, ‘fin, genre, des familles et tout. Eux, ils ont l’dernier étage mais, z’ont des yeux partout dans tout l’immeuble. ‘Fin, en même temps, chaque famille à, au moins, un membre recruté par ses types à des postes pas forc’ment très importants. »

Pourquoi se prendre le chou à aller bosser 35h par semaine, quand un type vous payait à regarder par la fenêtre avec, pour seule consigne, de prévenir quand des flics ou trucs suspects débarquaient dans le quartier.

« En apparence, et pour une bonne partie des gens qui bossent pour eux, ‘sont juste des dealers mais, la partie haute d’l’organisation touche un peu à autre chose. » Et évidemment, elle avait trouvé toutes ses informations en faisant une recherche sur Internet. « Essentiell’ment dans la r’vente d’objets d’arts. En gros, l’idée, c’est d’se faire passer pour d’simples dealers et quand y en a qui sont pris, ils sacrifient, en gros, le p’tit personnel qui n’sait rien des autres activités. »

Puis il y avait tellement de dealers en ville qu’il n’y avait pas de raison de se pencher plus sur leur cas qu’un autre groupe. Si les autres activités étaient plus visibles et plus revendiquer, ils risquaient d’attirer un peu plus l’attention sur eux.

« J’crois pas qu’ce soit dans vos attributions, à la Légion mais, t’en a p’t-être entendu parler : y a 6 mois, un gérant d’hôtel sur la croisette, s’est fait voler un diamant dans son coffre-fort. »
« J’ai vu ça dans les archives de la police… Enfin, je veux dire dans un article sur Internet. Vraiment classe comme vol, ils ne savent toujours pas comment ça a été possible. Parait que ça ne manquait pas de systèmes de protection. »

Aishlinn regarda, un instant, Harry et… c’est qu’il devenait sympathique celui-là. Détournant le regard, elle ne put s’empêcher d’avoir un léger sourire. Peut-être qu’elle aussi elle devrait songer à une carte de visite ou quelque chose dans ce genre. Avoir une signature ce n’était pas une si mauvaise idée que ça.

« Ben, ça v’nait d’eux. L’problème, aujourd’hui, c’est qu’j’sais qu’il n’font pas qu’dans la drogue et qu’ça leur pose un léger souci à cause de… Euh… »

D’un léger changement d’orientation venant de sa part qui avait impliqué de quitter le Cartel. Elle attrapa une feuille et un stylo, Harry lui pardonnerait probablement.

« C’pas très important, en fait. Donc, le bâtiment est constitué de c’tte manière. » Et elle dessinait au fur et à mesure de ses explications. « L’point faible, c’ton point fort : le toit. Y a général’ment deux ou trois hommes postés dessus mais l’essentiel d’la surveillance s’fait par caméra. Là, à c’niveau du toit, y a une aération qui fonctionne jamais, ils planquent un tas d’trucs d’dans mais c’est accessible et ça donne un accès direct à l’étage voulu. Par contre, à c’niveau, y a du monde. C’est fait de six appartements qui leur appartiennent mais les couloirs sont surveillés en permanence par des équipes. »

Oui, bien sûr, elle avait toujours eu accès à toutes ses informations avec une simple recherche sur internet. En fait, quand elle disait qu’ils aviseraient en chemin, elle avait peut-être un peu menti.

« Par contre, s’tu brouilles les caméras, ils vont envoyer plus de personnes là-haut c’qui va dégager un peu l’étage mais, aussi, les rendre plus vigilants. » Après avoir dessiné l’étage sur le papier et les six appartements, elle continua. « Ces deux appart’, il sert un peu comme, genre, une pièce d’repos. Là, c’est l’endroit où ils stockent la drogue. Lui, c’t’une sorte d’appart pour les réunions et tout. Et les deux restants sont rassemblés, la pièce la moins accessibles c’est là où ils gardent le coffre et les objets en attente d’revente. L’truc c’est qu’on la voit pas c’tte pièce, elle est planquée, t’sais un peu comme les fausses bibliothèques. Et c’est aussi dans ces appart’ qu’on trouve big boss qui gère ses affaires. »

Et, le plus innocemment du monde, elle releva les yeux vers Jace.

« Ça t’suffit comme info sur l’endroit ou t’veux savoir autre chose ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 22 Aoû - 11:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Jace haussa un sourcil, baissa les yeux vers le tee-shirt et haussa l’autre sourcil. Ça, ça coûtait cher ? Il voulait bien n’être pas un fondu de mode, mais il avait tout de même des notions élémentaires et il n’aurait certainement pas payé plus de trois dollars pour un truc pareil. Ses préoccupations vestimentaires furent cependant rapidement chassées par l’exposé d’Aishlinn. Le regard de l’adolescent passait alternativement de la feuille où s’élaboraient les plans successifs à l’Irlandaise et lorsque celle-ci eût fini, un long silence retomba sur le petit trio.

D’un air un peu pensif, Jace murmura :

— Tu es plus professionnelle que je ne le pensais…

Les yeux du jeune homme se relevèrent en direction d’Aishlinn et commencèrent un décryptage en règle, s’arrêtant sur chaque détaille de la jeune femme, les cheveux, les yeux, les vêtements, pour une collecte d’informations optimale. Il s’était représenté jusqu’à présent, peut-être pour se rassurer et se donner bonne conscience, Aishlinn comme une adolescente un peu perdue qui avait quelques antécédents criminels, mais la précision du plan, la description tactique irréprochable et le vol du diamant signalaient tout au contraire une criminelle confirmait qui opérait sans doute depuis un long moment. Voleuse, apparemment, mais pour avoir un jour croisé la Pie et ses méthodes parfois expéditives, Jace était loin de se faire une idée romantique des voleurs à la Arsène Lupin.

— Harry, va faire un tour.
— Mais c’est chez moi ?

Les yeux bleus se posèrent sur l’informaticien, qui marmonna aussitôt :

— D’accord, d’accord.

Après avoir attrapé son iPad (jailbreaké, bien entendu), Harry partit surfer dans le couloir (sur Internet, pas sur des vagues).

— Ta confiance me rend suspicieux.

Jace désigna le plan d’un geste de la tête.

– Avec ça, si les informations sont exactes, je pourrais faire un coup de filet avec la Légion, ou refiler les infos à l’UNISON. C’est même ce que je suis censé faire. Une pareille descente et tu te retrouves avec le même problème : après les événements d’aujourd’hui, ils vont te balancer. Alors tu me donnes tout ça au risque de te retrouver en taule, parce que tu as confiance en moi et dans le fait que je vais t’aider ? Tu m’as pourtant pas l’air de quelqu’un qui fait facilement confiance aux gens. Mais j’te connais pas très bien, après tout. Et p’t’être que tu t’connais pas très bien. Parce qu’après tout, moi, c’que j’vois, c’t’une voleuse talentueuse, de toute évidence avec d’l’expérience et bien formée. À ton âge, ça veut forcément dire qu’tu baignes là d’dans d’puis un moment, et pourtant, t’as brusquement décidé d’retourner ta veste, si j’ai bien compris la conversation sur le toit. Soit d’faire cavalière seule, soit d’choisir tes clients. Ça ressemble vachement à une crise d’identité et…

Jace s’interrompit, secoua la tête et se massa la tempe gauche.

— Désolé. C’est pas mes affaires, j’voulais pas être, euh… Indiscret. J’veux p’têtre juste t’croire plus innocente que t’es, parce que du coup j’me sentirais moins coupable de… euh… d’avoir des, de…

Jace attrapa le stylo et se mit à l’examiner attentivement, avant de lâcher :

— … bien t’aimer. Genre.

Le jeune homme prit une profonde inspiration et tenta de noya l’affaire sous un flot stratégique :

— Bon, bref, peu importe, du coup, j’suis pas obligé de passer par le toit, en fait, suffit qu’j’trouve un moyen d’me connecter au système électrique et à raison d’une prise ou d’une ampoule, j’peux atterrir à peu près où j’veux, normalement, en théorie, même si j’ai jamais vraiment essayé sur l’terrain, mais pourquoi pas. C’la dit, pour approcher d’l’immeuble, l’plus pratique, c’est sans doute par les airs. Si tu connais des gens là-bas, tu vas pouvoir t’métamorphoser et passer par la porte. Moi, j’fous en l’air la caméra, je m’débarrasse des types sur le toit, j’trouve un transformateur et par là, j’tombe dans l’appart du boss. J’lui propose d’le laisser tranquille en échange qu’il t’laisse tranquille, mais du coup… du coup, tu vas passer pour une informatrice de la Légion, ou un truc comme ça, c’est pas forcément cool. L’plus simple, c’t’encore d’récupérer des données pour qu’tu l’fasses chanter, parce que comme ça, tu règles tes affaires toute seule, moi j’peux toujours les coincer après si on arrive à construire une affaire autour d’eux à la Légion et eux, ‘sont bloqués. J’peux récupérer sans problème les données informatiques, mais y a probablement des documents papiers, ou sinon des photos à prendre, c’genre de trucs, et ça, c’est quand même plus ton domaine. On pourrait s’partager les supports.

Même les plus grands discours donnaient soif et Jace fut bien contraint de s’interrompre pour se perdre dans son verre de coca.

— Ensuite, on s’retrouve, on duplique les infos et chacun les a pour soi et pour en faire c’qu’il jugera bon, comme ça, tout l’monde est couvert.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 22 Aoû - 22:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
« T’croyais quoi, qu’j’revendais des casques Star Wars pour des pseudos fan qui pensent qu’plus c’est symétrique, plus c’est fidèle à l’original ?! »

C’était presque – pour ne pas dire : complètement – vexant cette première remarque. C’est qu’il était dur à suivre le jeune héros de la Légion des Étoiles et ses principes un peu flous. Il était suspect quand elle ne disait rien. Il était suspect quand elle disait quelque chose. Il était suspect quand elle mentait. Et après, c’est elle qui était compliquée à suivre. Pff.

C’était impressionnant quand il analysait les autres mais, quand c’était elle sui se voyait retracer une partie de ses activités, c’était beaucoup moins amusant. Cela dit, c’était la première fois qu’elle le voyait s’excuser pour être trop indiscret. Peut-être que, finalement, elle n’était pas réellement vu comme une mission. Aishlinn avait bien essayé d’effacer ce sourire qu’elle avait eu quand il s’enfonça dans une explication mais, sans succès. Elle passa sur le plan élaboré par Jace, estimant qu’il y avait plus important à gérer pour le moment.

« Avec tout c’que t’sais faire, si t’avais voulu savoir c’que j’faisais, tu l’saurais d’puis un bon moment. Sérieux, t’as pas vraiment cherché à savoir alors qu’t’es d’la Légion. Alors ouais, tu peux t’servir d’ce que j’ai dit pour attraper ces types, me mettre en cause aussi mais… » Elle haussa les épaules. « J’pense pas qu’tu l’feras. Sauf, p’t-être, pour ces types. Tu m’as laissé partir la première fois que j’voulais pas parler aux flics. T’m’as pas cité dans c’t’histoire de doigt coupé. Pourquoi ça s’rait différent aujourd’hui ? »

Si c’était juste parce qu’il avait une preuve plus concrète de ses activités illégales… Non, elle ne pouvait pas croire à cette raison étant donné qu’il devait s’en douter depuis le début. C’était lui, après tout, qui retraçait la vie d’un type à travers un bout de doigt.

« Là, la seule chose qu’j’essaye d’faire c’est d’accepter ton aide sans trop rechigner et d’faire en sorte qu’tu sâche dans quoi tu t’embarques. C’pas des types qui organisent des vols dans un bar du coin. T’as quand même des obligations avec ton truc, là. Et… Et… » Pff. « Et, rien… C’est juste qu’y a un moment où si j’te d’mande de m’couvrir, j’veux qu’tu saches où tu mets les pieds. »

Ce n’était quand même pas si compliqué à comprendre. Elle lui avait quand même acheté une fichue figurine ! Bon et comme dire quelque chose supposé être sympa devait trouver un équilibre, elle reprit assez vite.

« Ça m’saoules, pour une fois qu’j’essaye d’être réglo, faut toujours qu’tu doutes de tout. Mais, appar’ment t’fais ça avec tout l’monde. »

Un regard vers la porte pour lui rappeler que Harry avait crié son innocence en premier lieu.

« Bref, ton plan-là. J’suis pas sûre qu’ce soit super. ‘Fin, t’vois, j’ai d’jà un moyen d’pression sur eux avec c’que j’sais. D’ailleurs, c’t’un peu la raison pour laquelle ils m’lâchent pas. Ça et l’fait qu’l’autre il a du mal à comprendre c’que veut dire non. On est d’accord sur les problématiques : faut qu’ils me lâchent, et faut pas qu’on m’associe à la Légion. »

Même si elle choisissait ses contrats, même si elle s’était rachetée une morale, elle restait une voleuse. Qu’on l’associe à la Légion, ce n’était pas bon pour les affaires. Pour les siennes et sûrement pas pour celle d’Abban. Personne n’avait besoin de savoir qu’une Mac Aoidh collaborait avec la Légion, jusqu’à preuve du contraire, Abban avait le même nom qu’elle.

« L’truc, c’est qu’même s’ils décident de m’balancer, faut qu’ils n’aient aucune preuve. Sans preuve, vous faites rien, d’t’façon, non ? Pour l’fait d’ne pas nous associer, suffit juste que j’garde la forme qu’j’ai. On récupère les infos comme t’as dit mais, j’récupère ce qu’il peut éventuell’ment y avoir sur moi. Atta. »

Elle regarda autour d’elle, se rappela de la prétendue innocence de Harry et de cet appartement complètement geek.

« Pourquoi t’aurais b’soin d’y aller ? harry, là, il peut pas, j’sais pas, pirater leur système et récupérer les dossiers ? Il a l’air tout à fait disposé à t’aider. »

Un peu trop même. Raison de plus pour récupérer tout ce qui peut la concerner sans qu’il ait un accès dessus. Après tout, peut-être qu’il gardait des dossiers cachés dans un tiroir et qu’il maniait les moyens de pression pour que tout le monde accepte de l’ « aider ».

« Pourquoi il est aussi serviable d’ailleurs ? »

Suspicion quand tu nous tiens.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 24 Aoû - 15:26 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Jace ne jouerait jamais au poker.

(Je sais ! Je manie avec art les débuts inattendus et pleins de suspens.

Pourquoi ?
Comment ?
Que vient faire le poker là-dedans ?

Mystère.)

Jace ne jouerait jamais au poker : ses yeux mentaient mal. Ils dissimulaient mal. Peut-être qu’ils ne mentaient mal qu’à Aishlinn, mais c’était peu probable — quand Jace était contrarié, quand Jace réfléchissait, quand Jace était enthousiaste, son regard le reflétait sans aucune ambiguïté. Lorsque Aishlinn souligna sa propension au doute, les yeux de Jace se voilèrent aussitôt de tristesse et l’adolescent détourna le regard.

Aucun pouvoir ne compliquait plus son existence que l’intelligence à ses yeux improbable dont il avait héritée. Il n’y avait plus de simplicité dans le monde — chaque objet recélait les informations que ses détails laissaient à déduire et derrière chaque action, chaque parole, l’esprit de Jace était poussé à soupçonner des motivations complexes ou des intentions secrètes. Le bon sens lui permettait d’ordinaire de séparer le bon grain de l’ivraie, mais pas toujours, et certainement pas quand les affaires devenaient aussi incertaines et aussi ambiguës.

— Les, euh…

Les yeux de Jace se portèrent vers le mur sans passer par le visage d’Aishlinn. D’une voix un peu lointaine et distraite, il glissa :

— Sa mère a essayé de le tuer. C’est… Une longue histoire, et probablement pas à moi de la raconter. Mais il est serviable parce qu’il est reconnaissant, c’est tout. Je sais pas c’que tu t’imagines que je…

L’image qu’Aishlinn avait de lui ne lui paraissait guère reluisante. Calculateur, manipulateur, soupçonneux et borné ? Était-ce comme cela que le voyait les autres, désormais ? Ses parents ? Ses amis ? Ses coéquipiers ? Jace passa une main dans ses cheveux, avant de hocher la tête.

— C’est bien alors, on fait comme ça. Ils ont peut-être des informations en ligne, mais s’ils sont pas trop cons, les trucs sont sur des serveurs hors réseau, pour éviter le partage. Hacker hors site les bases de données d’un tel ou d’un tel, ça marche surtout dans les films.

Sauf des archives largement partagées de très grandes organisations, comme le FBI ou la police — et encore. Des dealers et des trafiquants d’art comme ceux que décrivait Aishlinn avaient, eux, toutes les raisons de se montrer beaucoup plus prudent.

— De toute façon, j’vais sans doute pas mêler quelqu’un d’autre à cette histoire. Harry a d’jà bien assez de problèmes. On y va.

Jace se releva pour se diriger vers la porte. Dans le couloir, Harry quitta sa tablette des yeux.

— Vous partez ?

Le super-héros hocha la tête et le regard d’Harry détailla tour à tour Jace et Aishlinn.

— Encore besoin d’aide ?
— Non, c’est bon. Les affaires, c’était déjà parfait. J’passerai te les rendre.
— Euh… Ouais. OK.

Jace prit la direction de la cage d’escalier : il était l’heure de se rendre à Chinatown.

***

Sur un toit, encore. Jace avait examiné une dernière fois les plans d’Aishlinn et il savait désormais en toute certitude sur quel toit il devait se poser et la disposition des différents éléments, une fois sur place. Tout était alors une question de timing, entre son intervention et celle de l’Irlandaise, par le rez-de-chaussée. Jace aurait préféré conserver sa tenue de super-héros, plus adaptée à un pareil exercice, mais pour atteindre leur destination, il avait bien fallu se fondre dans la foule.

L’adolescent jeta un dernier coup d’œil à sa montre — puis s’élança pour accomplir un bond prodigieux, qui l’emporta quelques toits plus loin, et un second, qui le posa au milieu de deux gardes, tandis qu’une caméra grillait juste derrière lui. Un coup de pied retourné eut raison du premier — le second tira son arme, Thunder attrapa son poignet, l’entraina vers lui, déboita son coude d’un geste sec et balaya ses jambes. Une intervention éclair comme il en avait le secret ; maintenant, l’électronique.

Le jeune homme s’approcha de la caméra pour en dénuder les films. Dans les étages inférieurs, la machine s’était mise en route : l’homme qui observait d’ordinaire d’un œil morne les caméras de sécurité s’était emparé de son talkie-walkie pour appeler les gardes du toit et leur enjoindre de réparer celle de leur secteur. Après un ou deux essais, devant l’absence de réponse, il avait craint le pire — Thunder achevait de dénuder les films quand l’ordre se répandait dans tout l’immeuble de converger vers les étages supérieurs.

Dans le bureau du boss, les portes se refermaient à double tour et trois hommes entouraient l’homme qui refaisait ses comptes. Protégé comme un président. Thunder posa le doigt sur les fils dénudés et son corps traversa le circuit électrique, descendit le long des câbles et jaillit en étincelles d’un transformateur, un peu plus bas. À peine arrivé, Thunder reposa la main sur le panneau de contrôle et disparut de la même manière, propulsé à la vitesse de l’électricité dans les murs de l’immeuble.

L’une des prises du bureau du boss se mit à fumer et bientôt un adolescent se matérialisa, comme un génie sorti d’une lampe. Des coups de feu retentirent, les balles rebondirent sur un bouclier électrique et le silence revint.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 26 Aoû - 5:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
SBOING

C’est, plus ou moins – plus moins que plus –, le son que fit le bruit d’un des trois hommes quand il tomba au sol, dans le silence revenu, inconscient.

« Putain Eric, qu’est-ce qui te prend ? »

Le Eric en question, son arme dans la main, ne pouvait pas se dire innocent, il avait clairement assommé un de ses potes avec la crosse de son arme.

« Ce n’est pas moi. »

La mauvaise foi Irlandaise, même sous un autre corps, même en essayant de prononcer tous les morts correctement, ça ne s’oubliait pas aussi facilement.


***
Quelques minutes plus tôt.

Eric, le vrai, avait reçu un appel et, une voix féminine qui lui demandait de le rejoindre dans les toilettes de l’étage, ça ne pouvait pas se refuser. Il avait quitté le bureau, tout fier, tout sourire. Et avant d’arriver au lieu de rendez-vous, pas très glamour, il croisa un type qui le dévisagea.

« ‘Tain mais t’es une vraie pisseuse toi. »

Eric haussa les épaules, sans trop comprendre, sans savoir que deux minutes avant le même que lui était déjà passé pour se rendre au même endroit. Aishlinn, sous ses traits, était rentrée sans difficulté. Le but du jeu, maintenant, c’était de rendre le vrai Eric hors service pour pouvoir prendre sa place quand les choses commenceraient à dégénérer.

« C’est quoi ce bordel ? »

Aishlinn/Eric soupira. Il ne pouvait pas parler comme tout le monde – donc, comme elle ou Abban – ? Parce que ça lui aurait drôlement facilité la vie.

«Franchement, si j’avais ta tête, c’est la question que je me poserais à chaque fois que je croise un miroir. »

Sur quoi, elle profita du moment d’égarement du vrai Eric pour l’encastrer à moitié dans un mur et le bâillonner. En sortant des toilettes, elle dématérialisa la poignée histoire de personne ne puisse rentrer tout de suite. Elle n’avait pas besoin de beaucoup de temps. L’alerte fut lancer très vite et, suivant le mouvement, elle se précipita vers la salle du boss pour s’enfermer avec lui et deux autres. Jouer les parfaits gardes du corps, sans tirer la moindre balle – dans la confusion, allez savoir qui a tiré sur qui.


***
Dans le bureau

Le boss et l’autre homme ne surent pas trop ce qu’ils devaient faire. Viser Thunder ou se méfier d’Eric, toujours loyal, qui venait de mettre hors-jeux quelqu’un supposé être de son côté.

« Pourquoi t’as fait ça ? Putain, c’est lui qu’il faut tuer. »
« Je ne suis pas payé assez cher. »
« Tu te fous de moi ? »
« Sérieux, c’est Thunder quand même. J’ai pas signé pour ça. »
« Marcel, on fait quoi ? »

L’autre gars, le pauvre, il pointait son arme sur Jace et Aish/Eric, tour à tour, sans trop savoir quoi faire. Aishlinn, de con côté, éclata de rire.

« C’est quoi le problème ? »
« Marcel ? Sérieusement ? Tu parles d’un prénom de caïd ! »

Elle attira les regards suspicieux des deux hommes, Eric connaissait ce prénom et ils ne comprenaient pas pourquoi ça l’étonnait que maintenant. Non, que ça le faisait rire.

« Non mais je trouve ça cool. Tu pourras toujours te reconvertir comme chauffeur poids lourd, Marcel. »
« Cool ?! »
« Ouais, euh… »

Prendre la place des gens ce n’était vraiment pas ce qu’on faisait de plus évident. Déjà cacher son accent ce n’était pas gagné, elle faisait vraiment de gros efforts pour parler convenablement et ne pas être reconnaissable en moins de trois secondes.

« Sérieusement, il faut que tu ouvres la salle. »

Aishlinn désigna une étagère, au fond de la pièce qui, bien qu’ayant un aspect normal, cachait l’entrée vers la salle où se trouvaient les documents nécessaires.

« Pourquoi tu ne le fais pas toi-même, tu sais comment on l’ouvre. »

Gros moment de doute pour Aishlinn. Le boss était quand même loin d’être con et, il devait bien savoir que quelque chose ne tournait pas rond. Alors est-ce qu’Eric savait vraiment comment ouvrir le passage ou est-ce que le boss mentait pour avoir la preuve qu’il n’était pas face au vrai Eric ?

Si ça ne tenait qu’à elle, elle serait passée au travers de cette fichue armoire mais, le faire devant le boss, c’était se tirer une balle dans le pied. Elle ne voulait pas qu’on songe à elle de près ou de loin. Elle mit trop de temps à répondre.

« C’est pas Eric. »

Le boss et l’autre braquèrent leurs armes sur Aish/Eric qui leva très vite les mains, son arme tournée de manière à ne pas représenter un danger.

« Hey, les gars, c’est pas moi le problème. Je vous rappelle que vous avec un type de la légion dans le bureau. »
Revenir en haut Aller en bas



Zone interdite #Jace

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» Forêt interne de Konoha - Zone interdite
» Zone interdite [Livre I - Terminé]
» [Théorie] La zone interdite & Amuse-bouche d'Empiflor
» Agriculture en zone urbaine face au deficit d'infrastructure
» La zone métropolitaine contribue à 90% à la recette fiscale

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-