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Are you ready for the show ?

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Message posté : Mar 5 Aoû - 13:28 Message
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Tonight is the night, this is the moment… Les enceintes vibraient sous la puissance de la musique, les lumières rayonnaient, les paillettes scintillaient, les gens riaient, applaudissaient, certains dansaient même ! Un vrai succès qui me grisait et m’enivrait. Oui, j’étais ivre. Ivre de triomphe, d’orgueil, de bien-être. Et je dansais. Je m’accordais dans chaque représentation au moins une danse, un show. Pour moi, parce que j’aimais ça et que j’adorais avoir tous les regards braqués sur moi. Je dansais, totalement emportée, transcendée par les acclamations. Il m’arrivait même de quitter la scène pour parader dans le public, afin de leur permettre d’admirer mes courbes de plus près. J’étais généreuse, à leur faire frôler le paradis ! Les vieux, les moches, les éphèbes et même des femmes voulant s’encanailler, j’allais tous les voir et je me réjouissais de l’impact que j’avais sur eux tous. Et nous avions vu les choses en grand cette fois, car nous distribuions des bouteilles de champagne aux fêtards avec quelques consignes.

Alors que la musique touchait à sa fin et que les danseurs se plaçaient pour conclure en beauté, je grimpais sur la scène pour le final. Mon grand final ! A l’aide de deux danseurs triés sur le volet, je me hissai dans un grand verre de cocktail créé spécialement par un maitre verrier de Star City pour moi. Et quand la musique sonna sa dernière note, le signal fut lancé et les bouchons des bouteilles volèrent… et le champagne me coula dessus. Nous offrions le champagne qui resterait au fond des bouteilles, bien évidemment, mais les clients étaient invités à approcher leur Reine de ce soir pour remplir le verre. Ils adoraient cela. C’était si prévisible… Et je souriais ravie de ce triomphe, distribuant quelques caresses à qui m’en réclamait. Un show grandiose, encore. Il n’y avait pas à dire, je ferai vraiment du Louxor LE lieu à la mode et tout le monde se damnerait pour une danse de Sahana James. J’étais heureuse, nous avions bien travaillé. Alors je souriais, glissant quelques mots doux à mes ouailles. Et je me délectais de ces bulles qui coulaient sur mon corps. Oh je ne le buvais même pas, le simple fait de savoir qu’il s’agissait de champagne me suffisait. Cela enorgueillit l’ancienne petite égyptienne en moi, la gamine des rues, condamnée à voler en évitant de se faire couper la main, la gosse rejetée et fuie était aujourd’hui adorée. Ah que j’étais attiser ma haine de mon passé à la lumière de mon présent brillant. J’étais enfin complète… prêtresse, danseuse reconnue, tous les pans de ma vie me satisfaisaient pleinement.

Oui, j’étais au comble du bonheur… si seulement de vils insectes n’avaient pas osé souiller cet instant d’extase ! J’entendis le bruit significatif des verres que l’on casse et je n’aimais pas cela du tout… Alors que j’étais allongée dans mon verre géant, dans une position lascive tandis qu’on me versait du champagne dessus, je me redressais, l’œil noir, sévère et prête à bondir. Des pauvres cons qui se battaient ! Dans MON cabaret ? Pendant MON show ? Des abrutis perturbateurs ! Et je n’aimais pas du tout les abrutis perturbateurs ! Ils mériteraient que je les torture à petit feu, que je déshydrate l’un jusqu’à ce qu’il me supplie et que je l’oblige à lécher le champagne sur mes orteils, et que je remplisse l’autre de sable par tous ses orifices ! Oser foutre le bordel dans MON club, ils n’allaient pas s’en tirer comme cela ! Sans ménagement pour mon personnel, je descendis de mon trône doré, éclaboussant tout le monde et ma robe toute de voiles tissée épousant sensuellement ma peau sous l’effet du liquide. Mes danseurs s’écartèrent comme les vagues devant Moïse, tant ils me connaissaient bien et savait qu’il n’était pas question de m’approcher quand j’étais dans cet état. Je fendis la foule, les yeux lançant des éclairs. Je n’étais pas très grande, mais quand on touchait à mon cabaret, j’étais une vraie arme ambulante.

« Hey ! Je ne tolère pas ce genre de comportement ici ! Si vous voulez vous battre, c’est dehors ! Ou j’vous jure que vous me rembourserez les dégâts ! »

Ouais, j’étais sacrément sympa, je tentais encore de négocier. Parce que soi-disant il ne fallait pas cogner tout de suite ou torturer… Alors je faisais ma gentille patronne privilégiant le dialogue… Enfin, j’étais la seule à avoir la parole, eux n’avaient qu’à obéir. Sauf que même ça ça semblait trop compliqué pour ces crétins. L’un d’eux s’énerva encore plus, baragouina quelque chose dans son langage d’ivrogne et il souleva l’une des tables dont il renversa tout le contenu, avant de s’emparer d’une chaise qu’il fit mine de lancer dans ma direction…
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Message posté : Mar 5 Aoû - 15:35 Message
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Allez, ça va te changer les idées. En plus, c’est à côté.
Y a le Circus Maximus, sinon. C’est bien, le Circus Maximus.
Tu connais trop, et il se passe toujours la même chose. Il faut savoir varier les plaisirs. Tu pourrais faire des rencontres, croiser des gens que tu ne connais pas.
Je croise des gens que je connais pas, aussi, au Cir…
Jake. Le Louxor offre un nouveau spectacle, avec de belles danseuses, et toi, tu préférerais aller boire une bière en regardant des mecs se battre ? Encore ?
Belles comment ?
Comment ça, belles comment ?
Ben, juste belles, ou vraiment belles ?
En quoi est-ce que c’est important ?

Étendu en boxer sur son lit, Jake fixait le plafond de sa chambre. Vladimir, dans l’encadrement de la porte, tâchait depuis dix minutes de le convaincre de sortir et de passer la soirée hors de l’As de Pique. Ce qui n’était pas chose aisée, puisque le maître des lieux avait décidé qu’il ne bougerait pas, quitte à rater quelque chose.

Si tu ne te remues pas, je te jette par la fenêtre.
Genre.
On parie ?
M’en fous.

Une poignée de secondes plus tard, un blond en sous-vêtement se réceptionnait à un mètre de la route, en lévitation. À cette heure-ci, les rares passants étaient un peu plus bas dans la rue, en négociation avec les filles qui proposaient leurs services.

Non mais t’es malade ? lança Jake en volant jusqu’à la fenêtre par laquelle il était passé.
Je t’avais prévenu. Maintenant, si tu ne veux pas que je recommence, tu t’habilles, et tu sors.

Et sur ces mots, le Russe tourna les talons pour quitter la pièce. Clochette vint se poser sur l’épaule de Jake, qui fixa un moment la porte avant de tourner la tête vers elle.

Merci, ma princesse. Sans toi, je me serais écrasé sur la route…
Gling, gling, gling.

La fée, qui avait réagi à temps lorsque Jake avait commencé son vol plané, retourna se poser sur la table de chevet, depuis laquelle elle avait assisté à l’échange. Un peu de poussière jetée sur la tête de son ami avait permis à ce dernier d’éviter de se faire mal. Mais au moins avait-il pu voir que Shrek ne plaisantait pas. Devant le miroir, il se demanda si c’était Wildcard, qui devait sortir, ou un banal anonyme. Il pouvait ressortir Tom, un de ses alter egos un peu rêveur… Dix minutes plus tard, il était habillé et prêt à partir. Pantalon et chaussures noires, chemise rouge, veste blanche, il n’allait peut-être pas passer inaperçu, mais il s’en moquait.

Le show a l’air d’avoir déjà commencé, commenta Jake pour lui-même en arrivant devant l’établissement, duquel s’échappait de la musique.

Et en effet, quand il entra, il vit les danseurs et danseuses en plein show. Un en particulier attira son regard. Une beauté orientale toute en sensualité, qui sortait naturellement du lot. Il trouva une place juste derrière deux hommes qui discutaient. L’un d’eux semblait ne pas être vraiment d’accord avec l’autre, qui pourtant restait calme. Se détournant du duo, Jake ne manqua rien de la suite : la danseuse exotique venait d’entrer dans un immense verre, et tous ceux à qui on avait remis une bouteille de Champagne venaient l’arroser. C’était un spectacle vraiment… original. Le leader du Gang des Fables se demanda si le cabaret avait les moyens de gâcher autant de boisson, quand soudain, les deux hommes devant lui passèrent aux choses sérieuses. Le premier avait saisi son verre pour frapper l’autre, qui lui avait retenu la main à temps. Le bruit du verre se brisant au sol fit se taire l’ensemble des gens présents et, malgré la musique qui continuait, on entendit plus que la dispute des importuns.

Ils avaient trop bu, sans doute avant même d’arriver ici, et à présent, ils se battaient, sûrement pour un désaccord qui ne méritait pas que l’on en vienne aux mains. La danseuse s’extirpa de son verre pour marcher sur eux. Son regard semblait lancer des éclairs. Elle était la reine du show, mais Jake déduisit qu’elle était sûrement plus que ça. Une responsable, sans doute. Et puis, aux paroles qu’elle adressa aux bagarreurs, il comprit qu’elle devait être la patronne. Une femme de caractère gérant un cabaret et s’offrant le luxe de quelques danses. Elle aurait eu tort de se priver, en même temps, quand on voyait que les regards ne la quittaient pas. Sauf que là, on avait provoqué la tigresse, et elle était prête à mordre.

Les deux hommes restèrent, durant une poignée de secondes, totalement hagards, visiblement surpris de se faire ainsi remonter les bretelles par une femme. Puis l’un d’eux sembla l’insulter, le ton en disant plus long que les mots incompréhensibles, avant de renverser une table et se saisir d’une chaise. Jake, qui se trouvait juste derrière, se leva et saisit l’un des pieds à sa portée. Dans sa précipitation, l’assaillant lâcha le siège et s’affala au sol. Le conteur en profita pour reposer la chaise au sol. Le complice de bagarre se tourna alors vers lui, décontenancé.

Ce n’est pas bien de détruire le mobilier. Surtout en le lançant sur les gens, dit Jake, un doigt levé, alors que l’autre se relevait.
Qu’est-c’t’veux toi hein ? T’m’cherches ? T’veux bagarre hein ? Viens-y là que… que… aaaah !

Visiblement frustré de ne pas arriver à finir sa phrase, il se précipita sur Jake. Sans faire attention à la chaise. Il buta dedans et s’écroula de nouveau. Le spectacle était assez pathétique.

Dis, toi, si tu emmenais ton copain dehors, vu que tu as l’air de tenir encore debout ? demanda Wildcard à l’autre, qui n’avait pas bougé.

L’individu émit un son assez indescriptible, entre la plainte et le grognement, avant de se diriger en courant vers la sortie. Jake enjamba celui qui était toujours par terre et s’adressa directement à la patronne.

Maintenant que l’incident est clos, si vous repreniez ? Ce serait dommage de priver votre public de la fin du show, non ?

Il avait parlé sur un ton assez stoïque, visage impassible. Qu’il égaya d’un petit sourire. Histoire de ne pas paraître trop bizarre.
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Message posté : Mar 5 Aoû - 18:31 Message
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Gâcher mon final! Ces deux abrutis m’avaient fait l’affront ultime, et s’il n’y avait pas autant de témoins, je leur aurais fait regretter d’être né et d’avoir un jour eu l’idée saugrenue de venir se battre dans MON cabaret. Qu’on touche à la danse c’était presque aussi hérétique à mes yeux que… que… manquer de respect à mon dieu tiens ! J’te les brûlerai ces sarrasins ! J’accueillais tout le monde dans mon club, et je savais qu’il n’y avait pas que des hommes et des femmes « recommandables » mais quand ils entraient ici, ils devaient laisser leur guéguerre à l’extérieur ! Leur conflit de territoire, dehors ! Ils étaient chez moi ! Leur orgueil de mal dominant ? Ils pouvaient se le foutre où je pensais ! Ici, c’était moi qui établissais les règles et j’entendais bien me faire respecter.
Mais non, apparemment, même ça c’était trop compliqué à comprendre pour des branleurs décérébrés ! Et l’un d’eux menaça de me foutre une chaise dans la tronche ! Si jamais il égratignait mon visage alors là… Il en a eu de la chance que quelqu’un d’autre réagisse avant moi parce que… parce que… Oui, bon, parce que rien, probablement, j’aurais surement réagi après coup, mais tout de même ! Le type tomba à la renverse, dévoilant un autre homme, plus jeune, blond, et au costume particulièrement… coloré. Les hommes… s’il n’y avait pas une femme pour les habiller, voilà ce que cela donnait. Mais enfin bref passons sur ces considérations, d’autant que ce n’était qu’un point de détail dans tout ce foutoir. Intriguée par le calme dont il faisait preuve, je l’observais en croisant les bras, ne cachant pas ma surprise. L’immixtion d’un tiers dans une rixe risquait toujours d’envenimer la situation, mais lui ne se laissait visiblement pas déborder. Par contre, pitié pour la leçon de morale. Je ne tentais même pas de m’en mêler, il semblait avoir la situation bien en mains. Par tous les fennecs du désert, pourquoi les gens ivres tentaient-ils toujours de parler ? C’était d’un ridicule affligeant. Grands Dieux ! Si seulement il pouvait avoir un peu de classe ! Mais non, il se vautrait tout seul comme un grand ! Je pivotai doucement sur moi-même pour regarder filer le pauvre abruti, un air amusé sur le visage. Même pas de dignité. Et l’autre là, qui ressemblait à une carpette.

Je pris alors le temps d’observer ce mystérieux jeune homme. Il avait quoi… mon âge, à peu près, un blondinet, on lui aurait donné le bon dieu sans confession même s’il avait une voix très monotone ! Tant de calme chez un jeune homme n’était pas chose fréquente et cela ne le rendait que plus intrigant et intéressant à mes yeux. Tout comme cette étrangeté qu’il dégageait, ce petit sourire si peu habituel. Oh, il voulait que je reprenne mon show ? Un amateur de danse qui plus est, il devenait réellement la définition du client idéal celui-là ! Sauf qu’il ne manifestait pas assez d’enthousiasme à mon goût. Je vendais du rêve, de la fête ! J’avais besoin d’entrain, de voir qu’il avait envie de ce show, lui et pas seulement mes clients. Bien sûr que mon public en voulait encore, c’était plus qu’évident, mais ça me chiffonnait qu’on ne manifeste pas à mon égard plus d’enthousiasme ou de désire à me voir danser !

« Vous êtes magicien ? Vous avait réussi à faire disparaitre un abruti et à en transformer un autre en carpette. Vous êtes brillant. »

Et j’aimais bien les magiciens. Tiens d’ailleurs, en vrai, ça pourrait être très intéressant esthétiquement parlant de faire intervenir un prestidigitateur au sein du show. Très intéressant même, le public adorerait ! Ce serait une idée à creuser ! Je lui adressai mon sourire le plus charmeur, avant de grimper sans ménagement sur le dos de l’autre débile au sol pour m’en servir d’estrade. Je fis un signe à l’un des serveurs pour qu’il m’apporte une coupe de champagne. Bien, je les avais bien dressés. J’écartais alors grand les bras et l’un de mes éclairagistes eu l’intelligence de braquer les projecteurs sur moi.

« Qu’est-ce qu’une fête sans incident, messieurs dames ? Vous en voulez encore ? Nos meilleurs danseurs sont là, ils sont prêts à vous faire rêver, mais juste avant, puisque nous avons un héros ce soir, nous allons danser en son honneur ! »

Une musique partit. Normalement, j’avais fini mon show et à cette heure, mes précieuses drag-queens devaient prendre le relais. Mais puisque celui qui avait sauvé mon mobilier avait réclamé du show, il allait en avoir ! Plein feux sur moi, laissant deviner la pureté de mes formes à travers la transparence, j’épousais lentement, sensuellement, presque de façon érotique la musique orientale qui venait de s’élever. Cette danse-là était de loin la plus séduisante à mes yeux. Elle permettait une sensualité dévorante, une parade presque pornographique due aux mouvements de hanches, tantôt d’une lenteur qui vous torturait, tantôt par brusques à coups comme lors des nuits les plus violentes.

Je me tournai vers le mystérieux inconnu, en faisant ma star de la soirée. Je le fixais dans les yeux tandis que je m’approchais de lui en faisant onduler mon corps d’une manière plus vénéneuse qu’un serpent. Je lui tendis une coupe de champagne avant de m’approcher au plus près de lui, lui caressant la joue et lui susurrant à l’oreille :

« As-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? Il s’agit d’une expérience des plus stimulantes… »

Je levai les bras – signe que mon éclairagiste comprit immédiatement. La salle se plongea dans une semi pénombre et un des luminaires se mit à scintiller au-dessus de nous, tandis que lentement je faisais onduler mes hanches contre les siennes. Je voulais que l’esprit de mon cabaret le pénètre, je voulais, comme tous les autres, qu’il soit hypnotisé au point de revenir.
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Message posté : Mer 6 Aoû - 16:54 Message
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Apparemment, la petite démonstration de sang-froid de Jake avait plutôt impressionné la danseuse. Qui la compara à un tour de magie. Elle avait quelque part vu plutôt juste, même si la situation aurait pu être toute autre, si jamais l’ivrogne encore debout avait choisi de se montrer violent plutôt que de filer la queue entre les jambes.

Prestidigitateur, je préfère, fit remarquer Jake, alors que la femme, non sans un sourire charmeur, grimpait sur le dos de l’homme étendu.

Une fois munie d’une coupe de Champagne, elle décida de reprendre la situation en main, tout en incluant l’incident, hélant le public pour que la suite du spectacle se fasse… en l’honneur du « héros ». C’était bien la première fois qu’on appelait Wildcard un héros. Il n’avait pas particulièrement mauvais fond, le crime était surtout un moyen de s’amuser, mais de là à lui coller l’étiquette du « camp » d’en face, c’était peut-être un peu trop. La musique reprit, et la lumière se fit un plaisir de caresser les mouvements du corps que chacun pouvait admirer, à peine voilé par une robe humide. La danse était sensuelle, presque érotique, évoquant certains plaisirs de la chair…

Jake s’autorisa à quitter du regard les courbes qui se mouvaient pour observer les autres spectateurs. Tous, hommes, femmes, jeunes, vieux, ne perdaient pas une miette de ce qu’ils avaient là sous les yeux. La reine de la soirée faisait le show, et il était donc hors de question de rater ça, même quelques secondes. Sans doute la plupart étaient-ils habitués, même si l’établissement était plutôt jeune. Au moins la clientèle semblait-elle facile à fidéliser. Avec de telles performances, il aurait fallu être fou pour ne pas avoir envie de revenir… Puis Jake vit du coin de l’œil que la sublime créature s’approchait. Elle lui tendit une coupe, qu’il prit, avant de se rendre compte qu’il ne pourrait pas en goûter le contenu si elle restait si près de lui…

Le diable, jamais. J’ai dansé avec la mort, en revanche, par une nuit sans lune… Mais j’aime les nouvelles expériences, glissa-t-il, avant de tendre sa coupe au serveur le plus proche.

Puisqu’elle le cherchait, elle allait le trouver. Là, sous le feu d’un projecteur, il se mit à exécuter les mêmes mouvements qu’elle. La danse n’était pas particulièrement son fort, mais il se sentait en verve, ce soir. L’ambiance y jouait certainement beaucoup. Ses mains ne faisaient qu’effleurer ce corps contre le sien, tandis qu’il contrôlait parfaitement ses émotions et réactions. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas éprouvé de désir pour une femme, et il préférait n’en montrer aucun signe, au risque qu’elle le prenne pour un homme un peu trop facile à séduire…

Fait-il toujours aussi chaud, ici, ou bien n’est-ce que moi qui suis déjà trop… « stimulé » ? demanda-t-il en ôtant sa veste, qu’il lança à un autre serveur.

Dans l’assistance, il y eut quelques sifflements et encouragements. Apparemment, certains étaient prêts à voir le couple improvisé passer à l’étape suivante. Que se passait-il, d’ordinaire, lors de ces soirées ? C’était un détail que Shrek n’avait pas mentionné. Peut-être le Russe avait-il préféré garder la surprise, à moins que l’intervention d’un « héros » ne soit pas une habitude et que ce qui en découlait était totalement à la discrétion de la patronne. Jake fit un pas en arrière pour s’écarter de la danseuse. Il avait chaud. Il tendit la main vers la coupe, qui lui fut donnée, et il en but la moitié du contenu. Ce qui ne le rafraîchit qu’à peine.

Je ne voudrais pas vous accaparer, et puis, je ne fais pas partie du spectacle, au départ, fit-il, avant de récupérer sa veste et d’aller s’asseoir un peu plus loin, à l’écart.

C’était presque une fuite, mais l’envie d’en découvrir un peu plus était réellement née en lui, aussi attendait-il de voir ce que la suite pouvait bien lui réserver. Le show allait-il continuer ? Le rejoindrait-elle ou choisirait-elle quelqu’un d’autre ? Se vexerait-elle de l’avoir vu ainsi s’éloigner ? Elle devait de toute façon avoir bien remarqué qu’elle ne le laissait pas indifférent. Elle ne laissait personne indifférent. Jake défit deux boutons de sa chemise, en partant du col et, tout en faisant tourner son fond de Champagne, reposa les yeux sur elle.

Pendant quelques instants, il s’imagina Maléfique, exécutant le même numéro. Elle était plus grande, mais avait la même finesse, la même sensualité dans les courbes… sauf qu’elle ne dansait pas. Chassant cette pensée saugrenue, il détailla, d’où il était, celle qu’il avait « sauvée ». Cette beauté exotique avait quelque chose d’animal, de sauvage, et chaque mouvement de son corps criait aux hommes de tomber pour elle. Jake termina son Champagne et s’installa directement sur la table, les pieds dans le vide. Un serveur vint lui apporter un nouveau verre, plein. Comme c’était aimable à lui !

J’aime quand le Champagne coule à flots, dit Wildcard, avant de lever sa coupe vers la patronne.

Finalement, Shrek avait eu raison.
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Message posté : Mer 6 Aoû - 21:08 Message
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Prestidigitateur ? Vraiment ? Cela m’intéressait au plus haut point. Sans le savoir, il alimentait ma nouvelle idée pour le cabaret… Certes, il vaudrait mieux une tête d’affiche pour rameuter le chaland, mais après tout, il pourrait être intéressant. Très intéressant même. J’arriverai toujours à vendre ce jeune à mes clients. Toujours.

« Si jamais vous cherchez un club où vous produire, je pense que vous savez où me trouver, je vous dois bien cela. »

Certes, cela arrangerait mes affaires, mais je n’aimais pas demander un service. Non, je valais mieux que cela. Mais pour le moment, monsieur avait exigé la reprise du show, et j’allais me faire une joie d’accéder à sa requête. Les gens aimaient les grands et nobles sentiments et ce que j’avais pu constater dans cette ville, c’était qu’ils avaient désespérément besoin d’un héros. Les héros attirent. Ils se sacrifient, se mettent en danger pour sauver les demoiselles en détresse. Il y a de quoi créer des spectacles fabuleux autour d’eux. J’en tenais un, je n’allais pas le lâcher. Héros parce qu’il avait arrêté un gars ivre, mais tout de même. En plus, cela me donnait une occasion de danser et d’attirer une nouvelle fois tous les regards sur moi. Cela me satisfaisait. Je dansais alors, de ma danse la plus sensuelle. Le sang du spectacle coulait dans mes veines. Le Louxor devait être grandiose. C’était ainsi que j’avais œuvré avec Maia, et dans ce sens que je travaillais depuis que Brennen Mathesson m’en avait offert la gestion. Et ce nouveau visage, j’allais le faire revenir, comme tous les autres.

Je m’approchai de lui, lui offrant quelques pas plus sensuels encore que ceux qui pouvaient se danser dans les salons privés. Provocatrice moi ? Peut-être un peu. Mais je voulais un peu plus de sa part qu’un simple sourire. Je voulais du désir, de l’envie, du jeu. Je ne désirais pas de clients tout « plat », « gentillet », surtout si je voulais l’utiliser. Non, je ne me satisfaisais pas de la médiocrité. Mais je dus bien admettre qu’il me plut davantage quand il eut le cran de répondre à ma question. Danser avec la mort par une nuit sans lune, bon sang, cela me provoquait des frissons. L’attrait du danger mêlé à un don pour manier la langue certainement…

« Cela tombe bien… moi aussi. »

Les expériences, cela forgeait le caractère, et j’en avais un sacré. Lui aussi promettait d’en avoir un plus intrigant qu’il ne le laissait supposer. Je repris ma danse quand… un sourire naquit sur mon visage. La reine de la soirée fut satisfaite en sentant ses hanches accompagner les miennes. Il n’était pas un danseur émérite, mais en revanche, il devait être un amant grandement appréciable. Cela se sentait à ses mouvements. J’hésitai un bref instant : timidité ou effleurement savamment étudié ? Les hommes les plus doués n’étaient pas les bourrins, loin de là, mais ceux qui savaient manier l’art de la caresse, le fait de faire naitre des désirs tout en frustrant sa partenaire… cela faisait monter le désir. Dans le fond peu importait. J’aimais danser, seule ou avec des partenaires, c’est comme l’amour, mais cela était un autre débat. Il jouait. J’ignorais qui j’avais en face de moi, mais c’était un joueur. Et j’aimais cela.

« Si vous avez déjà chaud… vous allez fondre… »

Je voulais voir jusqu’où il allait aller. Et cela commençait par une veste qui s’ôtait. Il faisait le show lui aussi. Et laisser deux joueurs au sens du spectacle ensemble… Le public en tout cas, était plus que ravi. Il me le fallait comme magicien – pardon, prestidigitateur – pour un de mes shows ! Il recula…

Oh le… le… Le pauvre type ! Il osait ? Il se retirait du spectacle à ce moment-là ? Oubliez tout ce que j’ai dit sur l’art des caresses et de la frustration, je bouillonnais intérieurement. Il m’avait eue à mon propre jeu le bougre. Il… allait s’asseoir ? Mais c’était un réel camouflet. Il fallait que je trouve une solution et très vite pour ne pas perdre la face devant mon public. Mon regard bien planté dans le sien qui semblait me lancer un défi, les idées fusèrent dans mon esprit. Il aimait quand le champagne coulait à flot hein ? Alors messire allait être servi. Cette soirée allait me ruiner mais il fallait voir cela comme un investissement. Si ce soir était grandiose, le bouche à oreille nous ramènerait des dizaines de clients supplémentaires, qui viendraient et reviendraient en espérant un jour vivre un tel spectacle.

Quoique me ruiner… En réalité, nous avions un stock de champagne de basse qualité exprès pour nos « surprises ». Celui que buvaient nos chers clients était excellent, mais celui que nous utilisions dans les shows, comme un accessoire, étaient d’une qualité moindre. Je glissais quelques mots rapides à l’un des serveurs qui se mit à courir dans les coulisses. Pendant ce temps-là, je m’approchai du blondinet assis sur une table et d’un geste doux, mais ferme, je l’obligeai à écarter les jambes pour m’y glisser et faire danser mon index le long de sa chemise.

« Alors le champagne coulera si tel est votre désir. Mais aurez-vous l’audace de me rejoindre… c’est une expérience inédite après tout… »

Aussi rapide qu’habile, je défie deux autres boutons à sa chemise. Après tout, c’était lui qui avait commencé. La musique s’accéléra et je quittai le héros de la soirée tout en dansant aussi légère qu’une plume. Alors que je montais sur la scène qu’on avait discrètement dégagée, les danseurs du show suivant venait de se joindre à moi. Quand la musique s’arrêta, du champagne se mit à couler… A deux endroits dans le public et juste sur moi. Certains de mes clients passaient sous les cascades, bouches grandes ouvertes pour boire, d’autres me regardaient. Mes danseurs commencèrent leur chorégraphie derrière moi, tandis que je défiai du regard mon invité spécial… Allait-il avoir le cran de me rejoindre sous cette douche dorée ?
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Message posté : Sam 9 Aoû - 1:29 Message
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Un joueur invétéré cherchait toujours l’adversaire idéal, celui qui lui offrirait une certaine résistance, un petit challenge, mais finirait bien par céder. Jake n’était pas cet adversaire idéal. Ni même un joueur invétéré. Il avait dépassé la simple notion de « jeu », il en avait fait un mode de vie, une sorte d’art appliqué à chaque jour de l’existence. Et s’il avait bien senti qu’il avait devant lui une femme fatale, une créature enchanteresse sûre des effets de ses sortilèges sur le commun des mortels, il avait refusé de se plier aux règles qu’elle fixait : s’il y avait des règles, il s’autorisait à les tordre, les arranger, pour se les faire siennes. Peut-être le moment d’approcher un peu du statut « vaincu » viendrait-il, mais uniquement s’il le décidait. Car si la chance souriait aux audacieux, Jake était l’audace incarnée sur Terre.

Avant de fondre, comme la danseuse l’avait suggéré, il s’était donc retiré du spectacle, pour s’éloigner, pour la laisser seule, bouillonnante. Et même si elle avait repris son show, elle ne le quittait pas du regard. Wildcard la vit s’approcher lentement, sensuellement, après avoir donné une consigne à un de ses boys. Qu’avait-elle l’intention de faire, à présent ? Il se laissa faire, alors qu’elle le forçait, sans violence aucune, à écarter les jambes. Elle se glissa ensuite entre elles, afin de faire jouer ses doigts sur la boutonnière : deux boutons supplémentaires sautèrent. La chemise rouge de Jake était désormais à moitié ouverte. Et puis elle le quitta. Sur le coup, il ne sut s’il aurait voulu qu’elle poursuive, ou s’il préférait qu’elle se soit arrêtée là, pour peut-être mieux reprendre plus tard, ou bien le laisser prendre l’initiative pour la suite.

Vous êtes joueuse aussi… J’aime quand on joue avec moi… fit-il, pour lui-même, se moquant d’être entendu par ceux qui l’entouraient.

De toute manière, la musique s’était accélérée et couvrait les paroles. De nouveaux danseurs firent leur apparition, rejoignant la reine de la soirée sur la scène, à présent dégagée du précédent numéro. Puis l’expression « le Champagne coule à flots » se trouva littéralement réalisée, alors que deux douches chutaient du plafond. La première dans le public, offrant à certains l’occasion de boire encore plus, la raison n’ayant plus aucun droit sur quiconque, et la seconde, juste au-dessus de la patronne. La robe n’offrait désormais plus aucune ambigüité quant au corps qu’elle était censée couvrir. Et alors que la musique avait repris, Jake croisa le regard de la tigresse, qui le défiait, qui l’appelait à se joindre à elle.

Heureusement que j’habite à côté… fit-il, avant de sauter de la table.

Mais avant de se diriger vers la scène, il prit tout de même une précaution : celle d’ôter chaussures et chaussettes. S’il devait ruiner sa tenue, il préférait au moins ne pas avoir à rentrer à pied. Puis il passa entre deux hommes qui ne détachaient pas le regard de la danseuse, les écartant, avant de sauter juste devant elle, à environ un mètre. Il leva la tête. Le Champagne continuait de couler. Elle devait avoir dépensé une fortune, même si c’était certainement du bas de gamme. Peut-être n’était-ce même pas réellement du Champagne, mais un équivalent étranger.

Expérience inédite, vous croyez ? demanda-t-il, en baissant les yeux sur elle.

Histoire de mettre un peu de doute… Qui sait, peut-être avait-il déjà dansé sous une douche de Champagne ? Dans la salle, on l’encouragea. Mais il n’avait pas besoin d’encouragement. Bien qu’il ait déjà vécu beaucoup d’expériences assez particulières, celle qu’il s’apprêtait à vivre était, en effet, inédite. Et c’était l’unique raison qui le poussa, tout en commençait à se déhancher, à se glisser sous le jet. Il eut la confirmation que le breuvage n’était pas de la grande qualité, mais c’était bien mieux : il n’aimait pas qu’on gaspille ce qui était bon.

C’est donc ça, danser avec le diable au clair de lune ? dit-il, alors que le Champagne commençait à lui coller les cheveux au visage.

Et si la chemise rouge adhérait à son torse, c’était surtout le pantalon blanc qui souffrait le plus. Déjà il révélait un boxer aussi rouge que la chemise, tout en ne faisant peu à peu plus qu’un avec la peau en-dessous. Des douches habillé, ce n’était pas nouveau. Mais là, ce n’était pas de l’eau. C’était collant, sucré, alcoolisé. Du bout du doigt, tout en continuant à danser, il désigna le coin des lèvres de la femme.

Vous avez un peu de Champagne, là, annonça-t-il, sur le ton de la conversation, avant que sa main ne descende pour désigner le ventre. Et puis là, aussi.

Il prit une expression fataliste, haussa les épaules, et pivota, pour tourner sur lui-même au rythme de ses déhanchés. Quand il revint face à elle, il l’attrapa par les hanches, pour la coller contre lui. Pour voir comment elle réagirait s’il prenait l’initiative. Qui n’alla pas plus loin. Il laissa ses mains où elles étaient, adoptant les mêmes mouvements qu’elle. N’importe qui dans la salle y aurait vu une danse ayant déjà dépassé le stade « suggestif »…
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Message posté : Jeu 14 Aoû - 18:05 Message
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La danse, la sensualité étaient des arts délicats. Je les avais appris dès ma plus tendre enfance. La danse était une part intégrante des rituels et du culte d’Horus et j’aurais dû être une de ses enfants… Une lignée de prêtresses, de mère en fille… quelle foutaise ! Quel mensonge éhonté ! Heureusement qu’on m’avait enlevée à ce pays, à ces menteurs, à ces hérétiques qui avaient peur de moi ! S’ils voyaient aujourd’hui à quel point ils avaient eu raison de me craindre. Si leurs regards dégoûtés, haineux m’avaient jadis fait mal, aujourd’hui, je m’en régalerais. Oh oui… Maia m’avait ramenée, elle m’avait formée… C’était grâce à elle que j’avais appris davantage de danse, que j’avais accepté ma féminité comme un don. Elle m’avait enseigné l’art d’en jouer, de séduire… en plus de quelques rituels, ce que je ne devais apprendre que bien plus tard. Alors oui, si autrefois, la petite fille égyptienne que j’avais été, qui avait honte à en devenir folle, ne supportait pas qu’on la regarde, les choses avaient bien changé. J’aimais qu’on me regarde. J’aimais qu’on me cède. Et ce type-là, ce mystérieux inconnu, il rentrait dans mon jeu sans y rentrer totalement. Et cela… avait le don de m’énerver au plus au point et de vouloir pousser le jeu jusqu’au bout, pour voir jusqu’à quel point il pouvait aller.

Je souris en entendant ses fanfaronnades. Un joueur. J’aimais les joueurs. Alors que je m’écartais de lui pour terminer dignement le show, je ne pus m’empêcher de penser que cette danse à mille temps me plaisait. Et il n’y en avait beaucoup, des bons joueurs, qui vous laissent gagner du terrain avant de vous avoir… ou inversement. Je devais bien admettre que j’étais curieuse de savoir comment cela se terminerait. J’étais incapable de prévoir l’issue de notre danse. Je savais juste que je sauverais le show, avec ou sans son aide. Je pensais très vite en termes de spectacle, un vrai sens inné, mais je savais que j’avais aussi envie d’un chorégraphe pour m’aider à créer des shows encore plus grandioses et spectaculaires. Mais cela viendrait en temps voulu, là, cet homme m’avait mise au défi de terminer un show qu’il avait menacé en allant se rassoir. Il aurait ce qu’il voudrait. Ce que tout le monde voulait. Et le champagne coula à flot. J’espérais réellement que cela en foutrait plein la vue à mes chers clients et que demain, partout, on entendrait parler de cette inoubliable soirée au Louxor, dans la démesure, la fête, l’incroyable ! J’étais fière de ce numéro improvisé. Vraiment fière du point de vue professionnelle. Maintenant, j’attendais de savoir – sur un plan plus personnel – si ce jeune homme était un looser ou un réel homme prometteur. Je le vis marmonner quelque chose, mais entre la musique et les cris du public, je fus incapable de comprendre un traitre mot. Mais il sauta de la table et je ne pus absolument pas empêcher un sourire de fendre mon visage.

Ce sourire se mua en petit rire quand je le vis retirer chaussures et chaussettes ! Extraordinaire ! Cet homme était fascinant ! Je me mordis la lèvre inférieure tout en gardant mes yeux dans ceux de cet homme qui avait accepté de jouer avec moi. J’avais mis la barre haute… il essayait de la rabaisser ? S’il pensait que j’étais au bout de mes ressources, il se trompait lourdement. Si j’avais pris le temps d’y penser cinq minutes, je me serais bien rangé à la conclusion que tout ce manège était profondément inutile. Après tout, j’ignorais qui il était, je ne le reverrais certainement plus après ce soir, et je ne lui devais rien… Mais ce n’était pas mon genre d’être raisonnable et timorée. Loin de là.

« J’ose l’espérer… Sinon, ce sera à vous de m’en mettre plein la vue. Le public vous adore…»

Oui, s’il était du genre à vivre autant d’aventures inédites, je demandais à être éblouie... Et ce n’était pas chose aisée, que de m’impressionner. Par contre, les clients lambda eux, en redemandaient, comme des chienchiens attendant leur pâté. Il finit par se jeter à l’eau… ou au champagne plutôt.

« L’Enfer est toujours plus tentant, n’est-ce pas ? »

Le mal, le diable, l’enfer… des concepts si galvaudés et ridicule. Pour la culture dans laquelle j’avais grandi, Horus était le seul dieu bon, ce qu’il représentait était le bien absolu… moi, ce que j’incarnais, c’était le dieu ennemi, le monstre de Seth… Mais c’était pourtant les prêtresses et les fidèles d’Horus qui m’avaient enfermée, qui m’avaient menée aux confins de la folie… Et Seth m’avait ramenée à moi, m’offrant enfin la possibilité de vivre, d’être qui j’étais. Il m’avait libérée… Alors le diable…. Oui, si je l’étais, j’assumais parfaitement. C’était même une image qui me plaisait. Et visiblement, j’avais un pécheur en face de moi…

J’étais recouverte de champagne ? Vraiment ? Je le laissais faire son petit jeu, réellement amusée par sa nonchalance. Et quand il se tourna, ma tête se pencha légèrement… C’est qu’il avait des fesses ô combien intéressantes. Certes, le pressing risquait de coûter une fortune mais ça valait le coup vu le spectacle que ce pantalon jauni par le champagne et trempé offrait. Rien que pour mon petit plaisir personnel, je ne regrettais pas cette débauche de moyens. A ma grande surprise, il se retourna et posa ses mains sur moi. Du coin de l’œil, je repérai un spectateur mettant un coup de coude à son voisin pour lui dire de regarder le spectacle. Se rincer l’œil, c’était leur passe-temps favori. Qu’importait, j’avais l’habitude d’être au centre de l’attention et qu’on imagine tout un tas de choses à mon sujet. Mais avoir un joueur à mon égal, ça c’était plus inédit. Ceci étant, je n’allais pas me laisser démonter. Surtout pas quand il était question de danse. J’accompagnais donc ses mouvements en rapprochant mes hanches des siennes, et en passant mes mains sur son torse et dans son cou.

« Vous dansez bien, monsieur le prestidigitateur. Défenseur des demoiselles, magicien, showman, vous avez tous les dons. Je ne sais même pas comment je dois vous appeler. Moi c’est Sahana, mais je peux prendre le nom que vous souhaitez. »

C’était vrai, on me donnait le nom qu’on voulait, je n’étais pas du genre à me formaliser. Quand je faisais mes danses « spéciales » pour mes clients « spéciaux », il leur arrivait de me nommer comme leur maitresse ou l’objet de leur fantasme… Un nom n’est qu’un nom après tout. J’approchai alors... vraiment tout près… Et déposai mes lèvres à la commissure des siennes sous les applaudissements vicieux et avides de quelques clients.

« Vous aviez du champagne vous aussi. Souhaitez-vous un peignoir ou une serviette ? Ou une vraie douche peut-être. Nous pourrions terminer cette danse et je vous offrirai un verre, comme il se doit, cette fois. »

Mes danseurs pouvaient prendre le relais désormais. Moi je désirais en savoir plus sur cet homme qui m’avait forcée à me surpasser ce soir.
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Message posté : Jeu 21 Aoû - 1:29 Message
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Jake ne prêtait pas vraiment attention au public. Ou plutôt, il sentait très bien, lui qui avait le sens du spectacle, les regards des gens présents, il avait conscience de l’attention qui lui était portée, et il en profitait sans même accorder un regard à qui que ce soit, si ça n’était à la danseuse. Certains avaient peut-être envie de l’imiter, de monter sur la scène, de passer sous la cascade de Champagne, de danser tout contre la reine du déhanché, mais personne n’osait. Parce qu’il y avait une sorte d’osmose qu’il ne fallait pas briser. Wildcard, qui n’avait pas vraiment su à quoi s’attendre en mettant les pieds au Louxor, devait s’avouer… captivé. Et désirait, malgré lui, en découvrir un peu plus sur elle… tout comme il était sûr de la réciprocité, qu’il en allait de même pour elle. C’était un jeu, et ce jeu-là se faisait en public.

L’Enfer est toujours plus tentant que le Paradis… Mieux vaut le risque que l’ennui…

Jake n’était pas croyant. Les religions, quelles qu’elles soient, lui passaient largement au-dessus de la tête. Et s’il respectait les convictions de chacun, il s’était fait les siennes concernant tout ce qui pouvait bien en sortir. Le Paradis, c’était la paix, le repos, et donc : l’ennui. L’Enfer, en revanche, c’était une punition, on ne pouvait donc savoir ce qui nous y serait réservé… Bien plus intéressant. Le prestidigitateur prenant une initiative, cela ne manqua pas d’augmenter un peu plus l’attention dans la salle. Et le contact des mains sur ses hanches ne rebuta pas la danseuse. Bien au contraire, elle usa de ses propres mains, qui parcoururent sans gêne le torse et le cou de l’homme qui se balançait avec elle au rythme de la musique. Après avoir énuméré les talents de Jake et l’avoir complimenté, elle se présenta. Sahana. Un prénom qu’il n’oublierait pas…

Sahana… Ça ira très bien… Pourquoi vous en donner un autre ? demanda-t-il. Votre showman aux multiples talents se nomme… Jake.

La véritable identité de Wildcard n’étant connu que d’une poignée d’individus, le risque était minime en donnant son prénom. Il aurait pu dire « Tom », ou trouver autre chose, mais il avait eu envie d’être honnête, même si l’honnêteté aurait tout de même ses limites ce soir. Surtout si ça touchait à ce qui était personnel. Sur sa lancée, Sahana réduisit encore la distance entre eux, jusqu’à ce que ses lèvres ne se posent au coin de celles de Jake. Bien entendu, cela fit réagir, mais les hommes qui applaudissaient furent tout bonnement ignorés. Le jeu ne cessait d’évoluer, et se faisait chaque minute un peu plus torride… La proposition suivante ajouta une nouveauté à leur duo : l’intimité. Elle l’invitait à se sécher… même à se doucher, et à partager un verre.

Vous abandonneriez vos fidèles clients pour ne rester qu’avec moi ? C’est trop d’honneur que vous me faîtes… commença-t-il, laissant quelques secondes avant de poursuivre. Mais il est vrai que, contrairement à eux, j’ai bien mérité quelques privilèges…

Sa main droite remonta de la hanche pour se glisser jusque derrière la nuque de sa belle danseuse. Il n’envisageait pas la suite, il restait fidèle à lui-même : avancer sans se poser de question, sans anticiper. Parfois tenter quelque chose, prendre une initiative… Tout était bon pour obtenir un résultat final inattendu. Leurs visages se rapprochèrent, jusqu’à ce qu’il puisse lui saisir la lèvre inférieure entre les siennes…

Si vous m’offrez un Champagne digne de ce nom, alors j’ai hâte de me retrouver en tête-à-tête avec vous…

Il était sincère, et en même temps, s’amusait à garder l’essentiel pour la fin, à délivrer au compte-gouttes le plus intéressant. Céder trop vite, parler trop vite, cela ruinait le plaisir du jeu. Rien n’était aussi passionnant à vivre qu’une relation que l’on pouvait pimenter sans peur des conséquences. Être en couple pendant plusieurs mois avait fait oublier à Jake ce qu’était la conquête, ce qu’était la séduction. Il avait remisé ses vieilles habitudes, que ça soit avec les hommes ou avec les femmes, parce qu’il était fidèle et amoureux. Mais c’était désormais du passé. Désormais, plus rien ne comptait que les courbes et les envies de la femme avec qui il dansait.

Même si je ne doute pas qu’un peignoir ou une serviette me serait utile, je ne peux refuser l’offre d’une douche… L’originalité du numéro montre ses limites dès que ça devient plutôt poisseux…

Leurs visages étaient toujours très proches, les corps collés l’un à l’autre, quand les dernières notes du morceau en cours retentirent. Était-ce là le moment de laisser les danseurs prendre le relai et de quitter la scène pour poursuivre, en quelque lieu privé, l’agréable soirée qui ne faisait, du moins fallait-il l’espérer, que commencer ? Jake était prêt à se laisser entraîner.
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Message posté : Jeu 21 Aoû - 21:04 Message
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Les bons joueurs manquaient, et ce, cruellement. Or ce soir, j’en avais un sous la main. La soirée me réservait bien des surprises. Elle avait mal commencé avec des crétins qui avaient voulu foutre le bordel dans mon cabaret, une bagarre évitée et voilà que j’avais dû produire en catastrophe l’un des plus beaux et grandioses shows improvisés de l’histoire du Louxor. C’était étrange comme un parfait inconnu peut vous pousser à vous surpasser. Après tout, pourquoi est-ce que je me donnais autant de mal pour lui ? Parce que j’aimais les défis, bien évidemment. Et que je n’aimais pas perdre la face, fusse devant un parfait inconnu. Qui plus était, il valait toujours mieux être allié des bons joueurs que leurs ennemis. Il me fallait le percer à jour, découvrir qui se cachait réellement derrière ce masque d’indifférence feinte et de provocation. J’aimais sa philosophie en tout cas. Je fis mine d’y réfléchir en souriant, mais j’étais parfaitement d’accord. Le risque, les sensations, c’était ma vie depuis plusieurs années.

« Ravie de vous rencontrer, Jake. »

Je lui adressais l’un de mes sourires les plus carnassiers alors que je continuais ma danse lascive tout contre lui. Il m’amusait, et ce n’était pas chose aisée. Oui, il m’amusait, à parler de lui à la troisième personne, à pertinemment savoir l’influence et le charisme qu’il dégageait sur le public tout en y semblant si indifférent, son masque de timidité qui en réalité cachait un magnifique sens de la mise en scène et de la provocation. Je voulais voir jusqu’où il était capable d’aller, je m’amusais et je n’avais pas envie que cela se termine trop vite. Très vite, je mis de côté le public, les sifflements, les applaudissements. Oh, je ne les oubliais pas, loin de là. Je ne les oubliais jamais. Mais il m’avait intriguée et su captiver mon attention. J’avais conscience que je ne pourrais pas réellement connaitre la personne qui se cachait derrière toute cette mise en scène et quand bien même, cela briserait le mystère et lui ferait perdre tout intérêt à mes yeux… mais je voulais en savoir un peu plus. Quand on trouve un partenaire à sa hauteur, on ne le laisse pas filer. Alors est-ce que je pouvais abandonner mon public pour en apprendre plus à son sujet. Oui. Sans aucun doute.

« Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes, Jake. Et vos actes, aujourd’hui, font de vous à mes yeux l’être le plus intéressant et méritant le plus mon attention de toute cette assemblée. Donc oui, je juge que vous méritez quelques privilèges… Qui plus est… je vous dois un pantalon. Très joli caleçon, au demeurant. »

Nous allions signer pour l’Enfer ce soir. Sa main me caressant ne laissait planer aucun doute sur ce point. Le risque, plutôt que l’ennui. J’aimais tellement cette devise. Je le laissai approcher, répondre à mon pas en avant par une nouvelle provocation qui nous rapprocher de plus en plus. Je ne fis aucun geste de recul ou de refus lorsque ses lèvres virent jouer avec la mienne. Je ne fermais pas les yeux ; préférant garder tout contrôle sur la situation. S’il plaçait ses pions, je refusais pour autant qu’il me mette échec et mat trop rapidement. Il n’avait pas révéler toutes ses cartes, toutes ses capacités. Je sentais derrière les apparences un potentiel démesuré, mais je serai à la hauteur, je ne me soumettais pas aisément.

« Vous êtes difficile à rassasier… »

Du Champagne, il allait me ruiner. Mais j’étais allée beaucoup trop loin dans le jeu pour renoncer. Je refusais même d’envisager de renoncer. J’avais envoyé la balle, elle était dans son camp et bien évidemment, il venait de la renvoyer. Prenant certainement l’option la plus glissante et la plus risquée. Mais nous aimions le risque, n’est-ce pas ?

« Un petit détail technique sur lequel je dois encore travailler », acquiesçai-je tandis que la musique s’achever. C’était le meilleur moment pour nous éclipser. La fête battait son plein, mes danseurs étaient prêts et savaient quoi faire. Oui, c’était le moment opportun. J’adressai un signe de tête à Jake pour l’inviter à me suivre. Bien sûr, pour assurer mes arrières, j’agrippai l’un des pans de sa chemise. Sait-on jamais. Je fendis la foule avec mon invité et j’ordonnais à l’un de mes serveurs de faire apporter l’une de nos meilleures bouteilles dans mon bureau, avec deux coupes et l’interdiction express de venir nous déranger. J’ignorais s’il était venu accompagné et à dire vrai, cela n’avait aucun intérêt pour moi. A partir de maintenant, il est MON invité. Je le conduisis à travers les entrailles du cabaret, interdites au public et peuplées uniquement par le personnel. Je le menai jusqu’à mon bureau, une vaste pièce, un salon réaménagé, avec banquette, armoires où se trouvaient tous mes dossiers liés à la gérance du Louxor, bureau et aussi, un cabinet de toilettes. J’avais souvent besoin de me rafraichir après mes shows. Aujourd’hui, quelqu’un d’autre en profiterait. On frappa à ma porte, juste le Champagne. Je nous servis deux coupes et en tendis une à Jake.

« A l’ennui que nous avons apparemment tous deux bannis de nos vies, Jake. J’adorerai avec quelqu’un de votre trempe parmi mes artistes. Et j’aimerai assister à l’une de vos représentations, si vous vous produisez réellement en tant que… prestidigitateur. J’ai tellement besoin de showman de votre acabit. Mais pour l’heure, la douche est à côté. Vous êtes du genre à préserver la nature en économisant l’eau ? »

Le tout demandé sur un ton bien anodin, mais j’entortillai une mèche de cheveux collants de champagne autour de mon index. J’étais tout aussi trempée que lui, et j’avais moi aussi besoin d’une douche. Rester à savoir jusqu’où nous poussions le risque… ou si je l'attendais sagement en préparant déjà mes questions et mon argumentaire pour tenter de le prendre dans mes filets.
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Message posté : Ven 22 Aoû - 2:24 Message
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Malgré la conscience de tous ces regards avides posés sur eux, Jake n’avait d’yeux que pour la créature qui se déhanchait contre lui. Elle lui servit un discours sur ses « actes », actes qui méritaient ce soir qu’elle lui offre autre chose, qu’ils puissent quitter la salle bondée et bruyante, laissant derrière eux le public et les danseurs et danseuses qui termineraient de les divertir. Elle ne se priva pas de faire une remarque sur le boxer rouge qui transparaissait largement à travers le tissu imbibé du pantalon, ce qui fit naître un fin sourire sur les lèvres de Jake. Il ne doutait pas que beaucoup n’avaient pas raté ce détail, mais qu’elle l’exprime à haute voix avait quelque chose de… flatteur, et ça faisait évidemment partie du jeu.

Difficile à rassasier… Disons que la qualité prime sur la quantité… indiqua-t-il, avant qu’elle ne décide, la musique s’étant arrêtée, de s’éclipser avec lui.

S’il avait eu l’intention de la suivre au moment où elle commença à fendre la foule, il lui aurait donné quelques pas d’avance. Mais Sahana préféra ne pas courir le risque de le voir l’abandonner en se saisissant de sa chemise pour le traîner derrière elle alors qu’ils se faufilaient parmi les fêtards. Il resta docilement dans son sillage, sans prêter attention à quiconque lui adressant la parole. Il ne se projetait pas dans la suite : mieux valait attendre et improviser. Rien n’était plus satisfaisait que de laisser éclater l’inspiration, l’envie du moment. Il enregistra le trajet jusqu’au bureau, à travers les couloirs et coulisses du cabaret. Un réflexe, certainement, qui ne lui servirait peut-être pas à autre chose qu’à retrouver son chemin au retour.

La pièce qu’ils atteignirent était spacieuse, savant mélange entre un bureau de travail et un salon confortable. Jake pivota sur lui-même pour détailler chaque recoin du lieu, non sans remarquer la présence d’une salle d’eau, dont usait certainement Sahana après ses shows. Elle devait, d’ailleurs, avoir grand besoin de se rafraîchir. De se laver, même. Après tout, elle non plus n’avait pas échappé au Champagne. Et en parlant de Champagne, on leur en apporta, pour cette fois-ci être bu. Un cru de bien meilleure qualité, donc. Saisissait la coupe tendue, Wildcard la leva pour le toast et en goûta une gorgée, alors qu’elle donnait beaucoup d’informations en peu de temps. Et comme il aimait à le faire, il décomposa l’ensemble pour mieux répondre…

Moi, parmi vos artistes ? Je ne me suis jamais produit sur les planches… Le monde, pour moi, est une scène. Une scène immense qui me permet d’exprimer mon talent quand je le désire, quand je le désire… J’ai le regret de vous dire que vous ne pourrez donc avoir l’occasion de me voir dans une salle de spectacle…

Il but une nouvelle gorgée du nectar. Sans doute l’un des meilleurs qu’il ait bu… Et pourtant, il avait largement les moyens de s’offrir les meilleures bouteilles. Avant de poser son verre sur une table proche, lui faisait ainsi tourner le dos à Sahana.

Mais donnez-moi un jeu de cartes, des dés, des fleurs, qu’importe, je peux faire des démonstrations…

Il pivota pour faire face à la patronne du Louxor. D’une main, il défit les derniers boutons de sa chemise. Qu’il ouvrit largement sans la retirer.

Cependant… vous avez raison. Mieux vaut faire en sorte au plus vite d’être… plus présentables, vous et moi.

Lentement, il se dirigea vers le cabinet de toilettes, s’arrêtant juste à l’entrée pour jeter un œil par-dessus son épaule.

C’est étrange d’imaginer que je puisse penser à l’écologie quand je suis un citadin qui vient de se noyer sous le Champagne… commença-t-il, sur un ton presque badin. Mais la nature mérite bien de temps en temps que l’on prenne soin d’elle, même par des actes aussi simples qu’économiser l’eau.

Sa chemise tomba au sol, avant qu’il n’entre dans la petite pièce. Il tendit la main dans la cabine de douche pour faire couler l’eau, le temps qu’elle chauffe, ignorant totalement le paradoxe avec ses derniers mots. L’écologie pouvait bien aller se faire voir le temps d’une soirée. Laissant la porte ouverte, il fit glisser son pantalon blanc, qu’il abandonna en boule dans un coin, avant de constater que le Champagne n’avait absolument pas épargné son dernier vêtement. Qu’il retira en toute nonchalance, avant de s’immiscer sous l’eau chaude, qui lui donna immédiatement une impression de propreté… Il resta ainsi, debout, immobile, visage levé vers le haut, présentant sa nudité dos à l’entrée.

Qu’allait-elle faire ? S’ils avaient beaucoup joué avec les sous-entendus, la subtilité n’était pas réellement un terme pour les qualifier. Tout ou presque avait été écrit pour mener à cet instant. Si elle se débinait, ce qui était fort improbable, au moins Jake aurait-il l’avantage d’être propre. Si au contraire elle prenait la décision de se doucher également, sans même attendre qu’il ait laissé la place, eh bien… Malgré lui, il souriait. L’impassible Wildcard souriait. Tout en bénissant intérieurement Shrek d’avoir eu l’idée de le pousser à sortir.
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Message posté : Ven 22 Aoû - 20:50 Message
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Curieuse, je l’étais assurément. Cet homme m’intriguait. Il était différent de tous les péquenauds qui pouvaient aller et venir, de tous ceux qui désiraient se donner en spectacle. Intérêt charnel ? Sans doute en présentait-il un, d’après la forme que je pouvais deviner à travers son caleçon mouillé. Mais en réalité, il y avait beaucoup plus. Quelqu’un qui répondait à mes provocations, qui avait un sens du spectacle, qui ne se débinait pas quand je le défiais et qui prétendait être magicien, cela intéressait la patronne de cabaret ET la femme en moi. Je fus quelque peu déçue de ne pouvoir admirer ses talents sur scène. J’avais envie de le voir maitre du jeu, bernant son public. Je voulais voir des yeux le dévorant, cherchant à comprendre pour mieux se laisser avoir.

« J’en prends bonne note… »

Oh oui, son défi n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Tout comme le reste de son speech. Tout comme la subtilité de son discours. Nous n’en avions rien à foutre de l’écologie, c’était vrai. C’était même le cadet de mes soucis. Il me renvoyait la balle. Je l’avais mis au défi de prendre une douche avec moi, il m’encourageait maintenant à concrétiser. Et pas seulement en paroles… Je l’observais sans mot dire quand il ôta sa chemise. Mes yeux le parcoururent, découvrant un jeune homme plutôt très bien fait de sa personne. Il alla même plus loin, se dénudant complètement dans ma salle d’eau, porte grande ouverte. Je me mordis la lèvre inférieure. De plus en plus intéressant. Il venait de relever le niveau de la provocation. Si je ne répondais pas, alors que j’avais instauré le jeu, je perdrais la face, et il aurait un ascendant sur moi. Sans compter que le rythme de notre entretien serait grandement ralenti et je n’avais pas réellement envie que cela se produise. Et hors de question de le laisser seul dans mon bureau.

Alors je défis ma tenue et la laissa glisser le long de mon corps, jusqu’au sol. J’abandonnai là ma robe pour avancer, nue, jusqu’à ma salle d’eau privée. Bien évidemment, j’entrai dans la douche, frôlant au passage avec une lenteur délibérée le corps de mon invité, pour me coller à son dos sous le jet d’eau. Les gouttes firent peu à peu disparaitre la moiteur et le parfum du champagne. Je fermai brièvement les yeux. Je me souvenais d’une douche froide, ma mère me versant un seau d’eau sur la tête sans ménagement alors que j’étais une enfant. A l’époque, on ne se lavait pas nue, et certainement pas en présence d’un homme. L’Egypte et ses codes… Ne pas dévoiler sa peau. Ne pas danser de façon explicite pour un homme, même pour mon frère. Ils seraient fous s’ils me voyaient aujourd’hui. Maia m’avaient libérée de leurs jougs et de leurs règles stupides en m’emmenant aux Etats-Unis. Au cabaret, j’avais découvert que les femmes n’avaient pas à être soumises… qu’elles avaient le droit de montrer leur corps, d’en jouer, de connaitre le plaisir de la chair. Celle que j’étais aujourd’hui était si différente de l’enfant qu’on avait voulu enchainer, brider, offrir à un dieu qui n’était même pas le sien.

« Gâcher l’eau aurait effectivement été irresponsable… »

Quelle ironie du sort quand on savait que j’avais la capacité de déshydrater quelqu’un si je le désirais. Mais cela, il n’avait pas à le savoir. Ma main frôla lentement son bras, pour se tendre et attraper un morceau de savon et commencer à le faire courir sur la peau du jeune homme.

« Je suis du genre à refuser qu’on mette des oiseaux en cage, Jake. Même si cela me désole de pouvoir vous attraper et admirer votre ramage et votre plumage quand vous êtes en représentation. J’aurais aimé vous faire changer d’avis, vous avoir sur ma scène aurait été plus que plaisant, si ce n’est pour le public, cela l’aurait été pour moi… mais… »

Je cessai ma caresse savonneuse pour brandi le morceau de savon devant les yeux de Jake, alors que j’étais toujours collée contre lui.

« Vous m’avez promis une démonstration. Et au moins, ici et maintenant, je serai certaine que vous ne dissimulez rien dans vos manches et que vous ne trichez pas… »

J’attendis. Je voulais voir s’il était aussi brillant prestidigitateur qu’il le prétendait, s’il n’était qu’un illusionniste, ou si la magie faisait réellement partie de lui et ne l’en rendrait que plus passionnant. Alors certes, ce n’était pas une fleur, ni un dé, mais cela ne rendait le défi que plus intéressant non ? Qu’allait-il faire de ce morceau de savon ?
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Message posté : Sam 23 Aoû - 16:24 Message
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Jake sentit bientôt, dans un timing non loin de la perfection, la douce peau d’une femme se coller contre son dos… L’irresponsabilité avait bon dos dans cette histoire. Le jeune homme resta parfaitement immobile, encore tout en contrôle des réactions de son corps, jusqu’à ce que Sahana ne se saisisse d’un savon pour le faire lentement glisser sur lui… Elle aborda le sujet d’une éventuelle représentation qu’elle n’aurait pas, Jake ne se produisant jamais sur scène, en laissant entendre qu’il aurait pu faire un petit effort… pour elle… Que voulait-elle de plus, en cet instant ? Il était nu dans sa douche, elle était nue avec lui… Le savon jaillit soudain devant ses yeux : elle le mettait au défi de lui faire une démonstration avec cet objet hautement improbable et certainement insaisissable… Il l’attrapa d’une main, dans une prise qui l’empêcherait de lui échapper, puis il s’avança légèrement pour pivoter vers elle.

« Tricher » ? Jamais je ne me permettrais de tricher… La prestidigitation est simplement une manière… particulière de présenter la réalité.

Les quelques centimètres les séparant lui permirent de s’autoriser un regard descendant. L’eau qui tombait entre eux s’écoulait sur la peau mate de la danseuse, sur sa poitrine, son ventre, le long de ses jambes… Une vision à laquelle ne pouvait résister sa virilité, qui ne tarda pas à manifester son intérêt. Mais il avait reçu une requête, qu’il allait s’appliquer à réaliser. Il appliqua lentement le savon sur la joue de Sahana, puis sur son cou, son épaule, avant de le laisser s’échapper, vers le haut. La suite fut rapide, lui permettant d’un grand geste de la main gauche de détourner l’attention, alors que le savon rejoignait la petite étagère où il était habituellement rangé. Il présenta ses deux mains.

Tadam, fit-il, sur un ton neutre, mais avec une lueur malicieuse dans le regard.

Qu’elle ait été convaincue ou non par ce tout petit numéro de passe-passe, il s’en moquait. Les conditions étaient loin d’être idéales pour que s’exprime son talent pour la prestidigitation et, en soi, ça n’était pas vraiment sa priorité à l’instant présent.

Ce que j’ai pu voir laissait assez peu de place à l’imagination, mais je dois bien avouer qu’elle n’était pas à la hauteur… glissa-t-il, alors que ses doigts effectuaient le même trajet que le savon quelques secondes plus tôt.

Joue, cou, épaule… puis bras, de nouveau épaule, puis dos, jusqu’au creux des reins.

Cherchez-vous chaque soir un éphèbe qui soit digne de vous accompagner sous la douche, ou dois-je me considéré comme particulièrement privilégié, moi qui le suis déjà beaucoup ?

Son autre main se posa délicatement sur une hanche de Sahana, avant de lentement remonter jusqu’à ce que son pouce effleure un sein… Comme un peu plus tôt, lorsqu’ils dansaient, le jeu continuait. Des suggestions, des mouvements lents et interrompus, de simples aperçus d’une suite qui se profilait sans encore annoncer l’heure de son arrivée… Jake se rendait compte, après des mois de relation avec Abban, que ce genre de situation lui avait manqué. Sortir, sans prévoir le déroulement de la soirée, et se retrouver, de façon improbable ou non, en bonne compagnie jusqu’à… qui sait ? Être avec une femme également, lui avait manqué. Lui qui n’avait jamais vraiment choisi entre les deux sexes s’était enfermé dans sa relation fidèle, et il avait presque oublié à quel point les courbes d’une femme nue pouvaient être agréables à la vue et au toucher…

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Message posté : Sam 23 Aoû - 21:28 Message
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Alors, était-il aussi doué qu’il le laissait soupçonner ? Allait-il transformer ce morceau de savon en joli petit lapin ? Ou n’était-t-il qu’un beau parleur doublé d’un joueur ? J’avais hâte de découvrir ses facettes. Hâte de voir s’il allait réussir cela. Tentait-il de gagner du temps avec ses belles déclarations et sa respectueuse conception de la magie ? Oh pardon – de la prestidigitation… Je ne me défilais aucunement à son regard, je lui présentais « ma » réalité après tout et je n’avais aucune honte de mon corps. Encore une fois, je n’étais plus en Egypte avec ses règles et sa morale étriquées. J’avais grandi dans un cabaret où l’on mettait les corps et la semi-nudité – voire la nudité – en lumière, on les érigeait au rang d’art. Alors qu’il savoure ce tableau, je lui en faisais présent. Qu’il semblait apprécier au demeurant. Réaction flatteuse…

J’acceptais bien volontiers d’être sa « victime » pour ce tour, comme les magiciens choisissent toujours une pauvre âme crédule dans le public. Je voulais bien être crédule. Plus encore, j’aimais cela. J’étais blasée de beaucoup de choses, et mes dons m’avaient insensibilisée à une certaine beauté de la magie. Mais j’aimais les tours de passe-passe des magiciens, car ils possèdent ce don de vous berner alors que vous vous attendez précisément à l’être. Mon regard tenta de suivre le cheminement du savon sur mon corps mais…

J’ouvris la bouche… puis souris. C’était un tour vieux comme le monde, le détournement d’attention. Mais il m’avait eue. Effectivement, le savon n’était plus dans ses mains mais à sa place.

« Même pas abracadabra ? Vous auriez pu le transformer en rose… », ajoutai-je d’une moue boudeuse. Certes, j’en demandais beaucoup, il n’était peut-être qu’un simple magicien, cumulant juste les tours de passe-passe, fussent-ils spectaculaires. Je ne m’écartai nullement de lui néanmoins quand se doigts se posèrent sur moi. Je n’avais pas réellement prévu que les choses aillent aussi loin… aussi… en profondeur. Je voulais juste voir jusqu’où ce petit jeu allait mener. Il n’y avait rien de mal à cela n’est-ce pas ? Est-ce que je faisais cela tous les soirs ? Pour qui me prenait-il ? Certes, j’avais des amants et ne m’embarrassais guère de sentiments et je n’étais pas ce que l’on peut qualifier de pudique, mais tout de même… non, en réalité, je ne m’adonnais aux plaisirs de la chair que si cela servait mon intérêt ou me stimulait réellement.

« Je devrais vous virer de mon cabaret la queue bien dressée entre vos jambes pour avoir dit cela. »

Je lui lançai un regard noir. Je n’aimais pas que l’on me traite de trainée, ce que j’étais très certainement aux yeux des bien-pensants vieux jeux et réactionnaires, ou même qu’on le sous-entende. Si nous en étions là, tous deux nus comme des vers sous une douche, c’était parce qu’il était intellectuellement stimulant – physiquement aussi, c’était un fait indéniable – et qu’il m’avait poussé à aller toujours plus loin. C’était une partie d’échecs grandeur nature que nous jouions. S’il avait lâché l’affaire, nous n’en serions pas là, alors c’était entièrement de sa faute. Pourtant, je ne fis rien, rien pour m’ôter à son emprise, à sa caresse le long de ma peau. Il avait au moins la chance d’avoir piqué ma curiosité et d’avoir poursuivi le jeu. Et d’avoir un argument… de taille. La suite ne me déçut pas… S’il disait vrai… une véritable démonstration de prestidigitation ? Et non plus un tour de passe-passe ? Voilà un entretien qui prenait une tournure bien étrange et peu traditionnelle. Allais-je accepter son…

Je soupirai en fermant les yeux. Ses mains et ses baisers, là, au creux de mon cou me faisaient perdre le fil de mes pensées. J’étais particulièrement sensible au cou et je n’étais plus censée parler de magie, alors la gestionnaire en moi était frustrée… Alors que la femme en revanche… Mon corps savourait ces petits instants, ces caresses plus ou moins appuyées, alors que mon esprit adorait ce petit duel à qui cèderait en premier.

« J’attends une démonstration époustouflante en ce cas, le tarif pour me faire taire… »


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Message posté : Dim 24 Aoû - 12:32 Message
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Transformer un savon en rose… La seule méthode que Jake aurait pu employer nécessitait un petit couteau, qui lui aurait permis d’obtenir un savon en forme de rose. N’ayant pas une once de magie en lui, il avait fait simple, et ça avait marché, même si elle était peut-être un peu déçue. Elle le menaça ensuite de le mettre à la porte, après qu’il eut laissé sous-entendre qu’elle était une femme facile… Il ne le pensait évidemment pas, mais une petite provocation de ce genre était le meilleur moyen de voir jusqu’où elle était prête à porter le jeu. Ensuite, elle se laissa aller à ses caresses, douces, délicates, stimulantes sans dépasser certaines limites… mais suffisantes pour qu’elle accepte finalement de franchir le pas.



Vous êtes dure en affaires, Sahana. Mais je vois tellement de raisons qui me feraient revenir que… je reviendrai forcément. La beauté des lieux… L’ambiance… La musique… Les danseurs…

À chaque étape de son énumération, il avait fait un pas dans la direction de la patronne de l’établissement. Il s’arrêta et la détailla de la tête aux pieds. À présent qu’il avait pu admirer son corps sans aucun apparat, il brûlait presque de voir le fin linge s’envoler…

Mais au jeu de la séduction, j’ai l’impression d’avoir rencontré… un pendant du beau sexe. Qui choisit et s’amuse…

Elle avait démenti la comparaison avec des femmes peu sélectives qui travaillaient pour l’argent, sans qu’il ait pensé à la classer dans cette catégorie. Mais par respect pour elle, alors qu’il venait déjà de lui dire qu’ils étaient semblables, il ajouta :

Pardonnez mes mots s’ils ont laissé entendre que vous cherchiez chaque soir un compagnon… J’entendais évidemment que seule votre volonté propre, vos envies, vous guidaient, et il est évident que vous ne devez pas être si facile à contenter… Un homme est un tout, pas seulement un corps… et j’en suis flatté.

Il effectua une révérence avant d’aller saisir sa coupe de Champagne, qu’il n’avait pas encore vidée, puis il s’installa sur une banquette, bras sur l’accoudoir, jambes écartées. Rien de provocant, il était simplement à l’aise dans le plus simple appareil. Après avoir bu une gorgée de son verre, il reprit :

Dois-je signer de mon sang le pacte qui assurera mon retour ? Ou ma parole vous suffit-elle à savoir que vous aurez votre démonstration ? Je ne rate jamais une occasion de faire étalage de mes talents pour la prestidigitation, alors vous pensez bien que je ne peux que saisir celle que vous m’offrez… et à vrai dire, vous me tentez presque en me proposant de me produire ici même. Quelques dates, quelques soirées…

Il laissa son regard se perdre quelque part sur un des murs de la pièce.

Les numéros sont-ils pour la plupart des numéros de cabaret classique ? Ou bien aimez-vous y apporter une touche particulière ? Une touche de sensualité comme j’ai pu la voir pendant votre show… ?

Il n’était pas arrivé au début de la soirée, sans doute avait-il raté quelques numéros, aussi spéculait-il simplement sur ce qui pouvait se dérouler sur la scène du Louxor. Il s’accorda une gorgée avant d’ajouter, l’air de rien :

Si c’est le cas, je me conformerai bien évidemment à vos règles.

Il s’imaginait vêtu de la traditionnelle tenue des magiciens, grande cape noire à doublure rouge, chapeau haut de forme, gants blancs, canne, nœud-papillon… mais avec en dessous un simple boxer. Ou peut-être un string ? Ce genre de considération n’étant pas son domaine, il pourrait en fait laisser Sahana décider. Après tout, elle était la patronne, elle avait son mot à dire. Il reposa le regard sur elle. Les caresses de la douche n’étaient pas oubliées, mais elles semblaient déjà s’estomper… Et quelque part, ses dernières paroles étaient vigueur également pour la situation qui les concernait à l’instant présent… Il était prêt à agir selon les règles de la jeune femme.
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Message posté : Dim 24 Aoû - 17:21 Message
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Il avait flatté mon orgueil. Il m’avait intriguée. Il m’avait défiée. Il avait relevé mes défis. Même si je ne l’admettrais jamais à haute et intelligible voix et bien que cela me fasse mal de le reconnaitre même intérieurement, il m’avait séduite. Pas conquise, non, je doutais qu’aucun homme n’en soit jamais capable, mais séduite. Suffisamment pour que je veuille en savoir plus, pour que je m’offre à ses caresses et à ses baisers alors qu’il m’avait également froissée. Une part de moi – la femme, probablement – n’attendait que cela, d’aller plus loin que ces caresses, je ne pouvais pas nier le trouble et l’envie qu’il avait su éveiller en moi. Mais nous ne pouvions pas. Pas dans cette douche, pas sans protection, et pas si je perdais la main dans notre petit jeu. Voilà donc pourquoi j’interrompis notre parade amoureuse, nous frustrant certainement grandement tous deux, pour regagner mon bureau. Les quelques minutes qu’il mit pour terminer sa douche et me rejoindre me permirent de reprendre mes esprits et de calmer mon corps qui avait grandement désiré le sien. Je bus une gorgée de champagne avant que Jake n’arrive, nu et toujours aussi désirable qu’il n’était pudique.

Mes yeux se perdirent sur son anatomie. S’il désirait me déconcentrer, c’était réussi. Je devais lui reconnaitre ce talent. Ma langue passa sur mes lèvres tandis que je tentais de garder la tête haute pour le regarder dans les yeux alors qu’il avançait vers moi en m’affirmant qu’il reviendrait. Sa façon de me regarder, de me dévorer sans la moindre lueur de gêne avait réellement quelque chose… d’excitant mais je refusais de perdre le contrôle. Ce qui me troublait, c’était surtout qu’il ait à ce point réussi à me cerner, en si peu de temps. Il était un beau parleur, maniant les mots avec art, mais il était également perspicace. Et nul ne m’avait à ce point épaté depuis mon dieu en personne.

« Je crois que nous nous ressemblons en ce point, n’est-ce pas ? Etes-vous en train de poser vos pions, Jake ? »

Pour mieux renverser la reine ? Certainement. A dire vrai, je n’en espérais pas moins. J’aimais jouer, et la facilité ne me tentait guère. J’avais besoin de stimuli, et il m’en offrait à chaque minute. Je ne savais pas s’il était sérieux ou se jouait totalement de moi, surtout avec sa révérence. C’était si troublant d’avoir un partenaire à sa hauteur. Voire peut-être même plus doué. Encore une chose que je ne reconnaitrais pas.

« Je viens d’Egypte, lâchai-je soudain alors qu’il se déplaçait en toute liberté dans mon bureau. Un pays où lorsqu’on nait femme, on ne joue pas, et où l’on doit respecter un homme juste en raison de son sexe et où l’on doit se contenter de les servir et de se soumettre à eux. Je suis ravie que vous compreniez autant de choses, je n’aurais jamais entendu un tel discours là-bas. J’ose espérer que vous pensez la même chose à mon égard… »

Que je n’étais pas qu’un corps parfait et sublime. Bon sang, deviendrai-je sentimental ? Cela me ressemblait si peu. J’étais une jolie poupée que l’on agitait devant un public depuis plus de dix ans. Une jolie chose que l’on prenait plaisir à posséder, le temps d’une nuit ou deux. J’avais accepté cela depuis bien longtemps, car cela faisait ma force, comme Maia me l’avait dit. Mais j’avais d’autres talents, et j’aimais qu’on les reconnaisse. Je pivotai sur moi-même pour le suivre du regard alors qu’il s’installait comme chez lui. Autant de désinvolture m’aurait profondément agacée chez un autre. Mais là, cela me fascinait. Tout comme sa manière de négocier. Etait-il en train de… d’accepter mon offre de se produire dans mon cabaret. J’écoutais ses questions, sourire aux lèvres. Cela me provoqua un frisson. Un homme séduisant, intellectuellement stimulant, nu et discutant affaire et spectacle… Mon esprit s’égara et je devais bien admettre que mon corps brûlait en cet instant. Au moins, ma robe de chambre me permettait de cacher les traces physiques de cette envie qu’il faisait naitre.

« Je sais reconnaitre un showman. Et je reconnais que je ne demande qu’à croire en votre… sincérité. En revanche, j’espère faire changer votre « presque ». J’ai un sens du spectacle, il est vrai. Et j’avoue que si cela ne concernait que mon plaisir personnel, je vous demanderai de vous représenter dans cette… tenue. Néanmoins… Je vous l’ai dit, je n’aime pas mettre les oiseaux en cage. Et mon cabaret est… flexible. Le traditionnel est souvent de mise en début de soirée. A mesure que la nuit s’impose… la liberté reprend ses droits. Si vous venez sur ma scène, vous serez libre. Totalement libre. De vos tous, de vos assistants si vous en avez. Du rythme que vous désirez imposer… »

Même si sous la douche, c’était moi qui lui avait imposé un rythme particulier. J’aimais cela, cette sensation de pouvoir qui n’était qu’illusion. Il me donnait l’impression de tout diriger, de se plier à mes règles, mais je savais que c’était un jeu et qu’il en tirait un intérêt. Peu importait, j’aimais cela. Et comme je l’avais dit, j’étais troublée qu’il me donne exactement ce que je désirais chez un partenaire… que ce soit un partenaire en affaire ou un partenaire de jeu. Toujours bien plantée devant lui, je lui lançai :

« Signer au sang est un peu surfait à mon goût. Et je ne compte pas vous aire signer de contrat, je n’aime pas les attaches. Vous avez dit que vous ne trichiez pas, j’ai envie de le croire, et je sais que même si tout cela n’est qu’une illusion, vous m’aurez bluffée avec talent. Alors… »

Je défis ma tunique pour la laisser glisser au sol, m’offrant ainsi à ses yeux.

« Sois mon égal, Jake. Pour ce soir et les soirs où tu décideras de revenir. »

C’était la première fois depuis… ma première fois en réalité, que j’étais à ce point fascinée par un homme et que j’acceptais volontiers de perdre si cela devait arriver…
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