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« Magie, vous avez dis magie? » ft. Abban

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Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 10:01 Message
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7 Juillet 2014 – Histoire Sans Fin aux environs de 16h30


Zachary était perdu comme il l’avait rarement été auparavant.
Après être parvenu à sortir de la dimension « Zeck » qu’il avait nommé ainsi dans un grand moment d’inspiration, il s’était à nouveau retrouvé face à son oncle timbré qui lui avait donné un grimoire en lui expliquant qu’il appartenait au Premier Maître des Portails. Il avait exigé de son neveu qu’il l’étudie et lui avait donné rendez-vous dans un mois pour sa prochaine leçon.
Depuis, deux semaines avaient passé. Son miroir était totalement rentré dans sa poitrine et trônait sur son sternum, sa surface brillante encore bien visible. Des runes commençaient à apparaître tout autour à mesure qu’il prenait connaissance du contenu du livre. Il avait l’impression d’évoluer dans une espèce de rêve ou de nouvelle dimension. Quelques mois plus tôt, il était encore un gamin rêveur sans le moindre pouvoir et aujourd’hui, le voilà héritier d’un des plus puissants magiciens de cette dimension. Si pas d’autres.

Le problème était qu’il ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il lisait, en partie parce qu’il avait l’impression de lire le journal intime d’un malade mental schizophrène. Les phrases s’enchaînaient sans avoir de lien entre elle, si bien que le geek commençait à croire que son oncle était vraiment fou.
Commençait, seulement ?
Il avait besoin de l’aide d’un spécialiste. Il avait besoin qu’un professionnel éclaire sa lanterne. Mais où trouver ce genre de personnes ? Chloé n’était pas plus avancée que lui et il n’avait pas de magicien dans ses contacts. C’est ainsi qu’un peu en désespoir de causes, après avoir écumé les forums et récolté pas mal de réponses sans intérêts, que le geek décida de se rendre à l’Histoire Sans Fin.

La boutique avait rouverte, depuis son dernier passage. Il n’y avait plus de sorcière maléfique ni de démons dans les placards, selon ce que Jace lui avait dit. Le propriétaire était revenu après avoir subi un « petit accident magique » sur lequel le héros ne s’était pas étendu. Peut-être qu’il n’avait pas très bien compris lui-même ? Toujours est-il qu’en poussant la porte de la boutique, Zachary trouva trois chats noirs et un vieux monsieur. Peut-être le fameux Karl Koreander ?

- Bonjour monsieur, salua le geek et s’avançant entre les rayonnages.

Il ne savait pas ce qu’il devait chercher exactement ni de quelle manière s’y prendre. Les titres s’entassaient dans la boutique et Zachary ne s’y connaissait en magie que si on parlait de MMORPG. Voyant son hésitation, le vieil homme demanda :

- Je peux faire quelque chose pour toi, gamin ?
- Euh…Oui probablement. En fait…

Zachary se dirigea vers le comptoir et sortit de sa besace le grimoire donné par son oncle. Le propriétaire écarquilla les yeux.

- T’as eu ça où exactement ?
- Héritage familial.

Ce qui n’était pas véritablement un mensonge, même si son oncle n’était pas mort. Enfin pas encore, mais s’il continuait à chercher Chloé comme ça, il risquait de finir en barbecue.

- Familial hein… dit-il d’un air soupçonneux. J’ai vendu ce bouquin y’a des années à un gamin…Il te ressemblait un peu d’ailleurs.

Zachary jugea bon de ne pas demander au propriétaire quel âge il pouvait bien avoir exactement.

- Comment s’appelait-il ?
- Tu crois que ça m’intéressait ? Il est parti avec et je l’ai plus jamais revu, ni lui ni le bouquin. Je pensais qu’il avait le potentiel…
- Le potentiel pour quoi ?
- Pour le lire, le comprendre et débloquer les pouvoirs qu’il renferme. Ca se sent ces choses-là gamin, quand on a mon âge. J’me suis toujours demandé s’il avait réussi…
- Ecoutez, vous avez probablement vendu ce grimoire à mon oncle et oui, il a réussi à le déchiffrer. Le problème c’est qu’il veut que je fasse la même chose et que je ne comprends pas un mot de ce qui est écrit là-dedans ! C’est du charabia.

Cette tirade lui valut une tape sur le front. Cela choqua suffisamment le geek pour qu’il arrête de parler et écarquille les yeux.

- C’est de la grande magie, ce qu’il y a là-dedans gamin. Si tu sais pas la lire, c’est que ton esprit n’est pas assez ouvert. Mais je peux t’aider pour ça moyennant…

Le vieux n’eut pas le temps de terminer sa phrase car la petite clochette de la porte retentit, annonçant l’arrivée d’un visiteur. Comme Zachary ne le connaissait pas, il attira son grimoire contre lui et le rangea précipitamment dans son sac.
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Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 12:35 Message
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— Non.
— Si.
— Non.
— Si.
— Non.
— Si.
— Non.
— Si.
— Non.
— Si.

Cinq minutes plus tard.

— Un point c’est tout.
— Mais…

La joute rhétorique était animée et chacun des deux orateurs (exceptionnels, comme on aura pu le remarquer) campait sur ses positions. Abban refusait absolument d’aller se perdre à l’amicale des sorciers tarés et Thabo ne voulait pas démordre de l’impérieuse nécessité où se trouvait son protégé d’en apprendre plus sur son avant-bras luminescent. La vérité, c’était qu’Abban essayait de penser le moins possible à la Pierre Orphique, qui chatouillait désagréablement son sens de l’hypocondrie. En dehors de ses visites chez l’Apothicaire, qui lui concoctait toujours la potion censée réduire les effets de la Pierre, l’Irlandais accordait à l’objet une attention minimale frisant le néant.

La réciproque n’était pas vraie. Depuis quelques semaines, la Pierre se faisait ou rétive, ou capricieuse ; en tout cas, elle manifestait ses pouvoirs de plus en plus fréquemment et Abban s’était encore, la veille, retrouvé à déclamer un bout d’épopée en polonais à son commis de cuisine, ce qui avait nui considérablement à l’efficacité du service au Malachi Road, ce soir-là. Thabo était désormais certain que les expédients de l’Apothicaire ne fonctionneraient pas éternellement, soit que celle-ci refilât à l’Irlandais des potions frelatées, ce qui n’avait rien d’impossible, soit que la Pierre ou même le corps de ce dernier eussent développé une sorte d’immunité aux herbes bouillies.

Il était de toute évidence absolument impératif qu’Abban en apprît plus sur l’objet qui s’était dissout dans son sang et qui faisait luire son avant-bras gauche, aptitude du reste aussi inutile que la connaissance encyclopédique mais largement inconsciente qu’il en avait acquise de la poésie mondiale. Si Abban avait été de meilleure foi, il eût reconnu que la Pierre lui avait aussi permis d’accomplir des progrès linguistiques fulgurants et qu’il était désormais parfaitement capable de tenir une conversation en français — en alexandrins et décasyllabes, certes, mais en français quand même.

Abban avait courageusement résisté aux argumentaires de Thabo pendant quelques temps, mais la dernière trouvaille du Sud-Africain, qui menaçait de se lancer dans un régime si Abban n’allait pas voir un spécialiste, était trop désarmante pour que le jeune homme songeât encore à protester. Il avait protesté quand même, pour la forme, parce que c’était un style de vie et pour préserver sa réputation, mais la seconde suivante, il apparaissait dans une ruelle du Front de Mer, à l’abri des regards, pour se mettre en quête de la librairie dont Aishlinn lui avait un jour parlé, celle qui était tenu par un vieux cinglé qui abritait chez lui des bouquins démoniaques — assurément le meilleur endroit pour débuter une quête quasi homérique dans les tréfonds du Star City sorcier.

Cette quête homérique commençait justement — vous tombez bien — au tintement d’une clochette.

— Vintage, commenta Abban en parcourant du regard l’entassement des livres, sur les tables, sur les étagères, sur le sol, et l’assemblée des chats de mauvais augure qui le regardaient fixement.

Vintage en effet, la boutique de Koreander. Elle ressemblait d’ailleurs tellement peu à Wikipedia que, du haut de ses dix-neuf ans, Abban ne savait pas exactement par où commencer. Probablement par le vieux libraire et son interlocuteur qui ne transpirait pas l’assurance, les deux qui le regardaient fixement.

— ‘Tain la vache, les mecs, niveau air suspect, vot’ attitude, ça s’pose là, hein.

Les sourcils de Koreander se froncèrent tandis que le marchand tentait de décrypter le combo accent irlandais—débit de mitraillette—ellisions—expressions de derrière les fagots. La perplexité du maître des lieux ne sembla pas perturber Abban, qui s’approcha d’eux en poursuivant de la même manière :

— C’est vous Ollivander ?

Koreander.

— Vas-y, vous vendez des baguettes, aussi ? Dix contre un qu’j’aurais eu un crin d’licorne, avec la chance que j’me paye.

Après avoir considéré un temps la physionomie parcheminée de son libraire décontenancé, plus habitué aux sorciers voilés de mystère qu’à la turbulence de la jeunesse moderne, Abban, toujours impeccablement coiffé et à la pointe de la mode, détailla Zachary de la tête aux pieds, avec un haussement de sourcil un brin désapprobateur.

— Moi, j’s’rais toi, j’chang’rai d’chaussures avant d’changer d’bouquin.

Ça fait toujours plaisir.

Abban se pencha d’ailleurs pour tenter de déchiffrer le titre du grimoire que Zachary dorlotait, avant de renoncer à la seconde suivante, avec son inconstance ordinaire, pour se tourner de nouveau vers Koreander.

— Ouais, donc, en vrai, j’cherche un truc sur les poésies magiques.

Certes.

— Je ne vends qu’aux gens polis et c’était au tour du gamin, là.
— Sérieux ? J’aimerais pas voir votre chiffre d’affaire.
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Message posté : Lun 4 Aoû 2014 - 11:17 Message
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Le nouveau venu dans la boutique était pour le moins suspect et s’exprimait avec un langage bien à lui. Zachary comprenait un mot sur deux mais l’accent y était pour beaucoup. Il n’avait jamais mis un pied en Irlande –lui qui avait pourtant beaucoup voyagé- aussi, même s’il était capable de passer outre pas mal d’accent, celui-là n’en faisait pas partie. Les yeux un peu ronds, il échangea un regard avec le boutiquier.
La remarque sur ses chaussures n’arrangea rien. Il n’avait pas tout saisi mais il était presque certain que c’était négatif. Le geek n’avait pas encore mené à bien cette fameuse séance de shopping avec Jace où il était censé s’acheter d’autres types de fringue afin d’impressionner Chloé. Entre temps, il s’était cosplay en Bijuu Naruto, était allé avec elle dans une autre dimension qui composait son jardin secret, avait vaincu un méchant interplanaire et avait gagné le droit de lire le fameux grimoire des Maîtres des Portails. Auquel il ne comprenait pas grand-chose.
Mais bon il avait le droit de l’ouvrir. Youpi.

- Et pourquoi t’as besoin de poésie magique, gamin ? T’as pas la tête d’un barz même si t’as un putain d’accent.
- Un quoi ? demanda le geek en relevant la tête.
- Un barz. Tu nous débarques d’où ? Ce sont ces types-là, des magiciens qui chantent leurs invocations, ils ont souvent un instrument à corde avec eux, genre lyre ou violon enfin tu vois le genre quoi.
- D’accord mais théoriquement, la magie est souvent présentée sous forme de vers non ? Les psalmodies, les invocations, les sortilèges complexes, c’est toujours sous forme de poésie à déclamer. Alors il aurait plutôt besoin d’un grimoire, en fait. C’est vaste, la poésie magique vous savez.

Non, le geek n’était pas un spécialiste de la magie mais il avait suffisamment joué à des jeux-vidéos pour savoir ce genre de choses. Puis il devenait un peu le spécialiste des invocations, quoi qu’il n’ait pas besoin de formules. Il lui suffisait de croire et cela, son âme de geek s’en chargeait parfaitement.

- Et qu’est-ce que tu nous veux, comme poésie magique gamin ? T’as une idée ou t’as juste envie de faire joujou avec des forces que tu ne comprends pas et de mourir comme une andouille ?

Zachary décida de les laisser régler leurs histoires. Son problème à lui prendrait certainement plus de temps et il n’avait pas spécialement envie de le régler devant un parfait inconnu. Il voulait devenir un super-héros mais ne souhaitait pas que son identité soit connue à tout va, pour ne pas causer de problèmes à ses parents –un peu lâche sur les bords il avait surtout peur de la réaction de son père. Avoir utilisé son pouvoir devant des adolescents pour les sauver de mister super abeille avait déjà été une erreur. Heureusement, personne n’avait rien remarqué.
Enfin, c’est ce qu’il croyait. Il n’imaginait pas une seule seconde que son père le faisait suivre et que son détective privé l’avait photographié en train d’invoquer et de commander Lux.

Il s’éloigna donc de quelques pas et ouvrit son livre en tournant le dos aux deux hommes. Il commença à lire une page au hasard, les sourcils froncés par la concentration.
Puis il y eut de la lumière. Et du vert. Et du bleu. Et du jaune. Et du rouge. Et la lumière partit, puis elle revint, puis elle partit, puis devint un chat, un chat qui parle, un chat qui fume, un pison qui saute sur des champignons rose à pois et qui me dit : Viens, suis-moi, je vais te montrer. Mais me montrer quoi ? Des ailes poussent dans son dos et il s’envole jusqu’à la première lune, il me demande de sauter mais je ne peux pas, je n’ai pas de pieds.

Zachary soupçonnait l’auteur d’avoir mangé ces fameux champignons roses à pois.

Ce passage n’avait pas plus de sens que les premières fois.
Oh évidemment il avait bien compris que ce fichu grimoire recensait les dimensions visitées par les différents Maîtres des Portails mais il soupçonnait certains d’avoir perdu la tête à force de se perdre dans des mondes qui n’avaient pas le moindre sens aux yeux d’un habitant de la Terre Prime. Il ne voyait pas ce qu'il pouvait y apprendre sur l'art qu'il était supposé maîtriser pour devenir le prochain Maître des Portails. Un cahier de voyage est toujours utile mais s'il ignorait comment ouvrir des portails pour une autre dimension que celle des Rêves, il n'irait pas très loin. Ce monde-là était d'ailleurs lui-même divisé en une infinité de dimension, d'où sortait Lux mais aussi ses propres personnages qui composaient sa petite équipe, Zeck comprit.
Pourtant, il savait qu'il existait d'autres possibilités. Vardjnar venait d'une certaine dimension, il y avait probablement des démons dans d'autres, des dieux pourquoi pas? et tout un tas d'autres créatures qui existeraient véritablement quoi que Zack considérait les créatures du monde des rêves comme des personnes à part entière.

Bref, il n'était pas plus avancé.
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Message posté : Mar 5 Aoû 2014 - 11:19 Message
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— Vas-y, c’est moi qu’tu traites de barj’, papy ?

Interrogea Abban agressivement — mais pas trop agressivement, parce qu’au fond, pierre dans l’avant-bras ou pas pierre dans l’avant-bras, les mages ne lui inspiraient jamais vraiment confiance. S’il était capable de comprendre, enfin de concevoir, en gros, la plupart des pouvoirs mutants, à la rigueur les espèces bizarres que l’on croisait dans les bars du Cartel, voire — tant qu’à faire — Alex-Chase-Noctis et sa batterie de pouvoirs tous plus hautement inquiétants les uns que les autres, la magie demeurait pour lui un monde mal défini où le danger pouvait surgir de tous les coins de comptoir. Ce n’était pas faute, pourtant, de vivre à plein temps avec une apprentie-sorcière apparemment talentueuse et d’avoir chassé le leprechaun dans des grottes irlandaises pour retrouver un artefact dont il n’avait toujours pas précisément compris le fonctionnement.

— Barz.
— Ouais, bon…
— Avec un z comme dans zygomatique.

Abban, qui ne savait pas ce que c’était qu’un, une, des, zygomatiques, haussa les épaules d’un air indifférent et se décida à préciser sa requête.

— J’cherche pas à contrôler des pouvoirs de je sais pas quoi, j’veux juste d’la documentation. J’ai cherché sur Google, mais franchement, nébuleux, c’t’histoire.

Koreander leva un sourcil dubitatif, avant de pousser un soupir qui en disait long sur ses talents de commercial. Il devait bien se résoudre, cependant : si sa passion restait de refiler des grimoires douteux à des sorciers courant tout droit à une mort certaine, douloureuse et géométriquement improbable, il devait bien faire rouler son commerce en vendant quelques livres généralistes à des mères de famille wicca, des chercheurs en anthropologies ou de simples curieux. Ses rayons étaient pleins de publications sur le pouvoir des anges, des pierres, des cristaux ou des chats réincarnés qu’il jugeait pour sa part parfaitement ineptes, mais qui se vendaient bien et permettaient à tout le moins, en attendant ses vrais clients, d’acheter la pâtée pour chat dont il avait de toute évidence un besoin constant.

Pendant que le vieil homme allait chercher l’un de ces inutiles manuels pour satisfaire temporairement les besoins de son client un peu trop turbulent, ce dernier fixait le comptoir — et regardait ailleurs. La vision à distance d’Abban se concentrait sur le gros bouquin que Zachary avait paru si peu décidé à exhiber et qu’il feuilletait à présent. En même temps que le type aux chaussures moches, Abban se mit donc à parcourir les lignes hallucinées qui auraient pu facilement être rédigées par l’un des colocataires de sa mère, à l’asile de Dublin.

La seconde suivante, Abban apparaissait silencieusement derrière Zack et commentait :

— C’t’un trip LSD, tu crois ?

Comme l’ensemble de sa vie, les propos d’Abban manquaient souvent un peu de contexte et de continuité. L’Irlandais contourna son interlocuteur-malgré-lui pour désigner le livre et compléter :

— Sérieux, j’ai vu des mecs complètement cramés, ils badtripaient carrément comme ça.

Abban n’avait décidément pas besoin de pierre magique pour être incompréhensible. Sans se pencher, sans bouger, l’Irlandais observa la couverture du livre en fixant le visage de Zachary.

— C’est quand même vachement vieux pour du flower power.

Passé l’Antiquité qui faisait sa grande passion, l’Irlandais n’était pas très doué en histoire, mais il parvenait quand même à distinguer les grimoires des hippies.

— Pourtant, j’te jure, on dirait trop une description d’gay pride.

Du vert, du jaune, un arc-en-ciel, une lumière stroboscopique, des champignons hallucinogènes et des gens qui vous montrent leur lune : c’était plus vrai que nature.

— ‘Fin bref, t’as l’air d’t’y connaître, toi. Parce que l’aut’, là, Ollivander, il est en train d’me chercher un bouquin pourri ultra-moderne pour ménagère d’moins d’cinquante ans.

Comment pouvait-il le savoir, alors que le libraire avait disparu dans l’arrière-boutique ?

— Tu fais d’la magie, toi ? T’as pas une tête de mage. T’as l’air moderne pour un mage. J’te verrai plus tôt, j’sais pas, genre, informaticien.

Aishlinn aussi faisait moderne, mais Aishlinn, ce n’était pas pareil : c’était sa jumelle. La référence standard du mage, pour Abban, c’était Adrian : un type qui vivait chez lui enfermé avec un Égyptien mutique et un téléphone hors d’âge. Ah, oui : il y avait aussi les cultistes satanistes qu’Aishlinn et lui avaient croisés — et démontés — dans un cimetière, pour récupérer un peu de sang de démon mineur, afin de le rapporter à l’alchimiste machiavélique qui lui avait préparé sa potion. À cause de la pierre dans son avant-bras. Tout va bien.

— C’est zarb quand même qu’ton premier réflexe pour lire un bouquin comme ça, c’soit d’venir dans une librairie ouverte au public. J’sais plus, plus les trucs sont chelous, plus tu t’informes underground, nan ? J’s’rai toi, j’irai dans une espèce de taverne douteuse. Un truc où les types boivent d’la bière en capuche, genre Seigneur des Anneaux.

Ou bar de hooligans, certes.
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Message posté : Mer 6 Aoû 2014 - 14:08 Message
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Zachary sursauta en sentant la présence du nouveau venu dans son dos. Plongé qu’il était dans la lecture de son livre sans queue ni tête, il ne l’avait ni entendu ni même senti arrivé. Bonjour l’instinct.

- Euh… fut sa réponse tandis qu’il refermait le livre.

Comment avait-il pu lire d’aussi loin ? Etais-ce un mutant ou un sorcier lui aussi ? Vu l’impression globale qu’il dégageait, le geek aurait parié sur non mais après tout, son oncle et mentor ressemblait à un échappé d’asile alors au point où il en était, plus rien ne pouvait l’étonner.
Puis il devait bien avouer qu’il avait songé au trip de LSD.
Qui ne l’aurait pas envisagé ?

- Je suis loin d’être un professionnel, je pense que monsieur Koreander s’y connaît mieux que moi. Tout ce que je sais, je l’ai appris sur des jeux-vidéo et dans des bouquins genre roman, manga, bande-dessinée…Le truc de barz c’est particulier mais t’as jamais entendu parler des légendes sur ces ménestrels itinérants qui embrouillent les esprits en chantant ? Y’a eu une saga sur ça vraiment cool…

Mais il parlait probablement une autre langue, comme le garçon par moment. Zachary devait s’accrocher pour tout saisir mais heureusement, il comprenait l’idée générale de chacune de ses phrases.

- Puis tu sais euh, cette librairie est spécialisée. L’ouverture au public c’est plus une façade qu’autre chose, expliqua Zack, en évitant de répondre au sujet de la magie.

Il n’était pas certain qu’étaler ses dons partout était une bonne idée, surtout qu’il comptait entrer dans la Légion en dissimulant au moins son visage alors s’il montrait à tout un chacun de quoi il était capable, l’amalgame aurait été rapidement fait.

- Comme tu l’as si aimablement fait remarqué en entrant, j’ai pas vraiment le style pour me promener dans ce genre d’endroit. Cette librairie est le seul lieu que je connaisse pour trouver des informations sur la magie et je doute qu’il y ait une seule personne sur cette Terre outre mon mentor, capable de déchiffrer ce charabia. Comment je suis censé m’améliorer avec ça ?pesta le geek, avant de se rendre compte qu’il en avait un peu trop dit.

Cela étant, le garçon pouvait difficilement savoir qu’il avait un miroir magique planté dans sa poitrine et que grâce à lui, il pouvait invoquer non pas une mais désormais deux, créatures du monde des rêves, comme il l’avait appris lors de l’affaire de l’entrepôt du Trident Noir. Il ne pouvait également pas deviné qu’il avait détruit un café par accident quelques mois plus tôt, entre autres bêtises. Ni même qu’il se contrôlait très bien désormais. Il se serait parfaitement contenté d’être un Invocateur et de se battre comme cela, mais non, il avait fallu que son oncle vienne lui faire miroiter des titres de Maître et des pouvoirs encore plus grands…
Comment un geek pouvait résister ? Son rêve de gosse était de devenir un grand magicien. Bon son autre rêve était de construire des supers armures de combat et ce n’était pas hyper compatible a priori, mais quand on veut on peut.

- C’est quoi ton problème, en fait ? Pourquoi tu fais des recherches sur la poésie magique ?

L’air de rien, le geek était piqué dans sa curiosité mais son interlocuteur n’eut pas le temps d’éclairer sa lanterne car déjà, Koreander revenait avec un livre légèrement bidon sur l’art des incantations. Le livre ressemblait trop à l’idée dont on se faisait d’une grimoire ancien, tellement qu’il transpirait le faux.

- Euh…Vous allez vraiment lui vendre ce machin ? On peut l’acheter au centre commercial, je l’ai vu en rayon…
- Eh gamin, si tu veux de l’aide tu la boucles.
- Mais je…
- Bon, tu le prends ce bouquin ou pas ? demanda-t-il à Abban, décidé à ignorer temporairement Zachary.

Ce qui agaça prodigieusement le geek. Il en fallait beaucoup pour qu’il s’énerve ou même qu’il manifeste un zeste de rébellion mais il n’arrêtait pas d’en prendre plein la tête depuis plusieurs semaines, notamment à cause de son oncle. Il n’imaginait pas que ses malheurs étaient loin de se terminer et qu’il allait encore encaisser énormément de choses dans les semaines à venir.

- A ta place, je le prendrais pas. Viens, on se casse, j’en ai marre de ces vieux magiciens qui prennent les gens pour des chiens et se croient tout permis parce qu’ils en savent plus que nous ! Fu.

Et c’est ainsi que Zachary, dans un sursaut de caractère que personne ne lui connaissait, poussa la porte de la boutique dans l’autre sens en tenant son grimoire contre lui. Il redressa un peu ses lunettes sur son nez, le cœur battant à la chamade. Il n’en revenait pas d’avoir osé faire ça. Pourtant il se sentait un tout petit peu mieux, un tout petit peu moins oppressé.

- Merde, je suis pas prêt de savoir comment le lire, ce truc… soupira-t-il en secouant la tête après s’être appuyé contre le mur de la maison attenant à la boutique.
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Message posté : Jeu 7 Aoû 2014 - 11:56 Message
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— ‘Tain, commercial comme vous êtes, vous d’vez bouffer des patates tout l’mois, nan ?

Demanda Abban à Koreander, qui avait regardé Zachary partir d’un air mi-agacé, mi-ennuyé, le faux grimoire à la main. L’Irlandais n’était pas un abruti fini et il n’aurait probablement pas acheté un livre aussi évidemment neuf, qui ne contenait probablement rien qu’une recherche approfondie dans les recoins les plus douteux d’Internet ne lui eût par ailleurs appris, mais le sursaut d’humeur de Zachary lui suggéra en revanche que le jeune homme aux chaussures immondes — selon se standards — serait beaucoup plus susceptible de l’aider dans sa recherche que ne l’était le vieux commerçant désagréable.

— Ouais, ben, du coup, ça ira.

Abban jeta un regard vers le petit salon non loin de l’arrière-boutique où Aishlinn avait rencontré Jace, avant de reporter son attention sur le libraire. Les paupières de l’Irlandais se plissèrent légèrement et il murmura d’un air songeur :

— On se reverra, je suppose.

Avant de tourner les talons. Koreander ne lui inspirait nul confiance. Entre l’histoire que lui avait raconté Alex à propos des démons, l’aventure d’Aishlinn et du livre enchanté et la manière dont le libraire venait de lui parler et de s’adresser à Zachary, Abban ne pouvait regarder l’Histoire Sans Fin qu’avec suspicion. Un instant, il regretta de ne pas avoir de contacts plus réguliers avec Adrian : il aurait pu ainsi sonder à propos de la librairie le seul mage professionnel qu’il connût.

Pour l’heure, il n’avait d’autre choix que de planter là Koreander, de tourner les talons et de rejoindre Zachary dans l’espoir qu’à deux, ils trouveraient des solutions à leurs problèmes respectifs — ou alors ils pourraient se plaindre en commun, ce qui avait aussi son charme. Abban sortit de la boutique par la porte — vous voyez qu’il fait des efforts pour s’intégrer socialement — et tomba aussitôt sur Zachary, son grimoire et son air un peu perdu.

À en juger l’état dans lequel le geek s’était mis pour une réponse un peu abrupte, il ne devait pas être un expert en rébellion. Abban, lui, n’était pas un expert en autorité : à eux deux, ils allaient peut-être réussir à trouver un équilibre.

— Alors comme ça, t’as un mentor caractériel ? Sérieux, c’est la loose. Déjà qu’faut s’taper seize ans d’école…

Parce que les études, c’était hors de question.

— … si en plus on doit s’faire chier à écouter des mecs démodés partir dans leur délire, ça craint.

Le respect dû aux anciens et l’autorité de l’expérience, Abban n’y croyait pas trop — tout du moins feignait-il de ne pas y croire, ce qui ne l’empêchait pas de se montrer très studieux à tous les cours de Thabo. D’ailleurs, à en juger par les propos elliptiques de Zachary, il devait avoir eu beaucoup de chance de trouver un professeur aussi compréhensif.

— Allez, viens, on s’casse.

Radicalement, même. La seconde suivante, les deux jeunes gens étaient sur les docks. Ce parcours instantané sans aucune transition avait souvent, les premières des fois, des effets quelque peu désagréables sur les voyages d’Abban, même lorsqu’ils étaient plus volontaires que Zachary. Du simple vertige en passant par le vomissement, les simples passagers résistaient plus ou moins bien à la téléportation — il était probable qu’un futur Maître des Portails (quand il aurait appris à lire, bien sûr) fût mieux armé pour résister à ces menus désagréments.

— Ouais, donc, en fait…

Abban se retourna, jeta un œil à Zachary et remarqua distraitement :

— Ouais, désolé, on a bougé, mais c’plus discret.

S’il y avait des mutants qui ne faisaient qu’un usage modéré et ponctuel de leurs pouvoirs, ceux d’Abban étaient inextricablement liés à son existence la plus quotidienne. Des réflexes à la téléportation, de la perception à distance à la localisation, toute la vie du jeune homme était si profondément modifiée par ses aptitudes qu’il lui arrivait d’oublier que les autres prenaient parfois les transports en commun ou pouvaient égarer leurs clefs de voiture.

— ‘Fait, j’ai un objet magique, un truc chelou qui m’permet d’parler plein d’langues, genre vraiment plein d’langues, ‘fait, toutes les langues, j’crois, mortes ou vivantes, sauf que j’contrôle à peu près que dalle, ‘fin pas grand-chose, et qu’j’suis pas persuadé qu’ce soit un bon signe. En plus, quand ça fonctionne, j’parle juste en vers. Genre, j’récite des poésies. Y en a qu’j’invente, mais y en a d’autres, j’crois que c’est des vrais trucs qu’les gens ont écrit, mais genre super incompréhensible. Genre Shakespeare. Trop affreux tu vois.

La description de ses pouvoirs avait beau être fidèle, elle demeurait un peu hermétique — et surtout très évasive sur la nature de l’objet, la manière dont il s’activait et celle dont il se l’était procuré. Abban ne savait pas si les pouvoirs de la Pierre Orphique étaient répandus ou uniques et, dans ce cas-là, il préférait ne pas entrer séance tenante dans des détails qui pouvaient être compromettants.

— Mais moi, j’m’y connaisse plus en voiture et en cuisine qu’en objet magique. Sérieux, avant d’venir dans cette ville, j’pensais même pas qu’ça existait vraiment, maintenant, à tous les coins d’rue, j’ai l’impression qu’y a des gens jetés qui lancent des sorts, bonjour l’angoisse.
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Message posté : Sam 9 Aoû 2014 - 12:19 Message
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Une fois dehors, Zachary était partagé entre un sentiment de victoire pour avoir enfin osé rabattre le caquet d’une personne et l’impression d’être vraiment un petit con irrespectueux. Il acquiesça sans répondre aux paroles de son compagnon du jour et fit un pas en avant pour le suivre. Il voulait bien se casser, oui.
Il ne s’attendait pas à…Ca.
Une seconde auparavant, ils étaient dans la rue devant l’Histoire sans Fin. L’instant d’après, ils se retrouvaient sur ce qui ressemblait aux Docks. Zachary cligna des yeux plusieurs fois tandis que son cerveau essayait d’appréhender ce qu’il venait d’arriver. Heureusement pour les chaussures d’Abban, le geek avait quelques transports par portail à son actif et les effets étaient semblables. Il avait vomis la première fois mais parvenait à garder le contenu de son estomac, désormais.

- C’est ce que je constate, ouais…

Il était, du coup, plus éloigné de chez lui et espérait que son chauffeur aurait l’amabilité de le ramener dans le quartier du Front de Mer.
Le garçon ne s’embarrassa pas de plus de préambule et déclara cash à Zachary quel était son problème. Peut-être que Zack s’était trop embarrassé de cachoteries… Le geek haussa les sourcils d’un air étonné suite à son explication. Il n’avait jamais entendu parler d’un objet magique de ce genre mais il était loin de tous les connaître, très loin même. Et il maîtrisait mieux les loots d’instance que les vrais objets de la Terre Prime. Les conséquences de trop nombreuses heures passées à farmer des trashmob.

- Ah ouais quand même c’est…C’est original ton truc, fut sa première réaction.

Le cerveau du geek ne mit pas longtemps pour comprendre l’intérêt et la puissance de l’artefact évoqué par le garçon au fort accent.
Et évidemment, cela n’avait rien avoir avec le fait qu’il pourrait aisément se mettre au théâtre, sans fournir le moindre effort de mémorisation.
Son livre n’était pas toujours écrit en anglais, il était parsemé de symboles étranges et il se demandait s’il serait capable de le lire, avec son artefact. Mieux, puisqu’il pouvait parler plusieurs langues et même des langues qui a priori n’existaient pas dans cette dimension, il pourrait aisément devenir un grand praticien…Découvrir des sortilèges, résoudre des mystères magiques…
Une clé, voilà ce qu’il était. Une clé dorée.

- Et pourtant, elle existe. C’est ça, Star City. Des mutants, des magiciens, des créatures bizarres, sûrement quelques extra-terrestres aussi…Ici, faut jamais dire jamais.

Preuve en étant. Lui qui avait si longtemps attendu que des pouvoirs se déclenchent, il lui avait suffi de poser les pieds dans cette ville et quelques mois après, le voilà magicien, presque super-héros et capable d’invoquer des créatures du monde des rêves.

- Au fait, moi c’est Zachary, tu peux m’appeler Zack. Quant à ton problème de magie, bon honnêtement j’ai jamais entendu parler d’un truc pareil mais je doute pas que ça existe. Le truc c’est que t’imagines le potentiel de fou pété quand tu le contrôleras ? Si j’ai tout compris, t’es capable de parler plein de langues et certaines que tu ne comprends pas, donc ce peut-être de très anciens dialectes qui te donneront les clés d’un nouveau pouvoir, tu vois l’idée ? Ou si ça se trouve, tu fais des incantations sans le savoir. Y’a rien eu de bizarre autour de toi depuis que tu l’as ?

Après tout, le geek ne pouvait que formuler une infinité d’hypothèses puisqu’il ne connaissait ni Abban, ni son existence ni quoi que ce soit le concernant.

- Et quand tu lis une langue que tu connais pas à la base, tu la comprends ? Par exemple je sais pas, on va au musée et tu te mets devant une série d’hiéroglyphes, tu sais les déchiffrer ou t’as juste des accès lyriques spontanés dans diverses situations ? D’ailleurs, y’en a qui se ressemblait ? Je veux dire, ça arrive quand t’es stressé ? Quand t’es heureux ? Ou plutôt au hasard ?

Qui a dit que les jeux vidéos ne servaient à rien ? Zachary avait pu aiguiser son esprit d’analyse et pourrait peut-être proposer au pro de la cuisine et des voitures, un ou plusieurs pistes.
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Message posté : Dim 10 Aoû 2014 - 10:39 Message
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— Abban.

Glissa habilement l’Irlandais au milieu de la tirade enthousiaste de son interlocuteur. Non, il n’avait pas conscience de son potentiel de fou pété. À part commander en poésie thaï dans les restaurants thaï, il ne voyait guère d’application à ce pouvoir plus encombrant que véritablement secourable. L’anglais était une langue universelle après tout, que tout le monde parlait avec un accent à couper au couteau, certes, une fois que l’on sortait de Dublin, mais que tout le monde comprenait à peu près, y compris les extraterrestres — tout du moins dans Stargate — alors son omnilinguisme intermittent lui paraissait plus dangereux qu’autre chose.

— Ouais, ‘fin, j’ai surtout l’impression d’avoir du plutonium dans l’bras.

Oups. L’information lui avait échappé et il était bien contraint de préciser un peu sa remarque.

— Parce que le truc s’est fondu à mon bras. Non mais dans l’genre top délire, j’t’assure, ça s’pose là.

Comme il était en tee-shirt, on pouvait aisément constater que ses bras ne présentaient aucune marque étrange — mais la Pierre Orphique n’était pas toujours active. À l’ avalanche de questions, Abban avait l’impression d’entendre sa psychologue. Il essaya de les trier une nouvelle fois dans son cerveau et d’y répondre avec méthode. Plus ou moins.

— Ouais, ça s’déclenche quand j’suis stressé, mais j’suis genre, un peu tout le temps stressé.

C’était l’une des nombreuses conséquences de ses pouvoirs sur son existence : Abban ne tenait pas en place, il avait toujours l’esprit à trente-six milles endroits à la fois, parfois très littéralement. Ni son humeur, ni ses sens, ni son corps ne tenaient en place et il était parfois bien difficile de déterminer ce qui tenait à son activité débordante ordinaire et au stress d’une situation en particulier.

— Puis pour l’bonheur, j’sais pas trop. ‘Fin être heureux, c’t’un concept, quoi.

Abban était absolument persuadé que personne, jamais, n’était heureux — que c’était une espèce de produit commercial survendu par la télévision, qui n’existait pas dans la vraie vie, un peu comme les produits ménagers très efficaces ou les parfums d’intérieur qui sentaient vraiment bon.

— J’ai jamais essayé au musée, mais dans la rue, des fois, j’comprends, genre, les enseignes en chinois, à Cinatown. Mais c’est super pas systématique. Au début, c’était vraiment l’anarchie complet, maintenant, si j’me concentre, j’peux parler une langue précise. Pas comme ça d’mon chapeau, mais genre, si les gens autour de moi parlent, j’y arrive. Ou alors si j’ai une petite idée de ça à quoi ça ressemble. En fait, c’t’une sorte d’oreille musicale, je crois.

Il n’y avait jamais pensé en ces termes, mais maintenant qu’il le disait, ça lui paraissait faire beaucoup de sens. Il y avait quelque chose de mélodieux dans toute cette affaire et si le rythme avait toujours été une composante importante de son existence, de la cuisine à la conduite en passant par les réflexes surhumains et les armes à feu, Abban n’avait jamais songé à devenir un musicien talentueux. Naturellement, lorsqu’on lui avait appris que la Pierre Orphique ne se réveillait pas par hasard et choisissait son porteur, Abban avait cherché ce qui faisait de lui un digne successeur de l’Orphée de légende.

Et il n’avait rien trouvé.

— J’crois pas qu’y ait des trucs qui reviennent. Ou qu’ce soit des incantations. J’ai fait des recherches.

Enfin, Macha avait fait des recherches, plutôt, en l’enregistrant, en transcrivant ses paroles et en recherchant des correspondances sur Wikisource.

— Ça a plutôt l’air d’être… De la poésie. Juste de la poésie. Des fois des paroles de chansons. Des fois des trucs inventés. Sauf que c’est pas moi qui invente.

Insidieusement, Abban semblait mettre un point d’honneur à minorer toujours ses capacités intellectuelles, comme si tout ce qu’il pouvait faire de créatif venait entièrement de la Pierre et que la Pierre avait sa vie propre, strictement indépendante, qui ne dépendait absolument pas de sa propre personne.

— Quant aux trucs zarbs, j’sais pas, i’ s’en passe toujours des tonnes autour de moi, c’est genre, difficile de faire la différence, tu vois.

Évidemment, être membre du Cartel et traiter directement avec les grands criminels de la ville n’aidait pas à conserver une existence paisible loin des agitations étranges de Star City.

— C’la dit, on peut t’jours essayer, hein.

Abban disparut. Une seconde. Deux secondes. Avant de refaire son apparition avec un livre, dont la couverture en plastique et l’autocollant indiquaient très clairement la provenance : il venait de l’emprunter à la bibliothèque universitaire de sciences humaines. Le jeune homme entreprit de feuilleter son édition bilingue des Histoires d’Hérodote, à la recherche d’un passage intéressant. S’arrêtant sur une page, il lut laborieusement quelques mots de grec ancien mais, très rapidement, son débit se fit beaucoup plus fluide, beaucoup plus rythmé et beaucoup mieux accentué.

Une lumière émeraude commençait à entourer son avant-bras gauche, à mesure qu’il poursuivait le texte de l’historien grec. Après un moment, Abban le referma et déclara :

— Amis, il ne sied pas qu’un ou deux seulement
Sachent ce qu’a prédit Circé, noble déesse.
Je vais donc vous l’apprendre, afin que sciemment
On sombre ou l’on échappe aux Kéres inhumaines.
Elle veut que d’abord nous évitions les voix
Et la prairie en fleurs des deux belles Sirènes.
Seul, je puis écouter ; mais de liens étroits
Qu’on m’attache debout au pied de la mâture,
Pour que je reste là sans faire un mouvement.
Que si de les briser soudain je vous adjure,
Redoublez-en le nombre impitoyablement.

[spoiler]Homère, Odyssée, trad. Ulysse de Séguier, 1896.[spoiler]

En français, bien évidemment. Abban fixa Zachary comme s’il attendait une réponse et il lui fallut trois longues secondes pour comprendre qu’il s’était mal (ou trop bien) exprimé. Il prit une profonde inspiration, ferma les yeux, tapota nerveusement de l’index sur la couverture du livre, inspira profondément et articula enfin, en anglais, un peu laborieusement dans un premier temps :

— Désolé. Ouais, donc, je disais : ça marche, je comprends ce que ça dit, je comprends très bien, mais je suis pas sûr de pouvoir le traduire. Je pourrais donner en substance des indications sur le texte, sur ce qu’il contient, j’crois. Pourquoi, c’est pas en anglais, ton bouquin ?

Oui, parce que si Zachary l’aidait, c’était forcément par intérêt. L’altruisme, ça n’existait pas.
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Message posté : Mar 12 Aoû 2014 - 11:32 Message
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Zachary écoutait avec attention les informations données par Abban, oubliant pendant quelques instants ses propres tourments. Le geek avait toujours été friand de mystères et celui représenté par le garçon à l’étrange accent était peut-être l’un des plus intéressants qu’il avait rencontré dans sa courte vie. En tous cas, le problème rencontré par Abban n’était pas banal.

- Des fois, c’est pas toi qui invente ? releva le geek, intrigué.

C’était une chose de déclamer de la poésie lyrique, c’en était une autre d’en inventer. Cela se produisait-il quand il tentait de faire une phrase banale et qu’elle ne correspondait à rien de connu ? Décidemment, Zack allait de surprise en surprise et se demandait comment Abban avait hérité d’un pareil pouvoir. Il n’eut hélas pas vraiment le temps de lui poser la question car il disparut…Pour revenir quelques instants seulement plus tard. Pratique, cette manière de se déplacer. Et économique, Zachary n’osait même pas imaginer l’argent qu’il gagnait sur les tickets de bus, de métro et les notes de taxi…Voir d’essence, s’il avait le permis de conduire.

Abban ouvrit le livre et commença à lire.
Soyons honnête, le geek n’avait jamais ouvert les « Histoires » d’Herodote et n’en avait pas entendu parler puisqu’il avait négligé de suivre un cursus comprenant l’option « critique historique » (disponible dans toutes les facultés de philosophie et lettres d’Europe !) dispensé une heure semaine toute l’année. Il ne s’intéressait d’ailleurs pas spécialement à l’histoire antique, hormis lorsque le passé était lié à un objet magique. En réalité il avait surtout tendance à se passionner pour l’occulte et ce qu’on pouvait volontiers nommer la « para-histoire ».
De plus, il ne pétait pas un mot de grec ancien.
Si bien que la traduction française fut la bienvenue, car le geek était malgré ses lacunes historiques, polyglotte (merci papa) et il comprit le contenu du texte. Ce qui ne l’avança pas à grand-chose, parce que concrètement, ce n’était pas le sujet. Ce qui l’intéressait par contre, c’était cette lueur qui s’échappait du bras d’Abban quand il faisait usage de son pouvoir. Une lumière sur laquelle il n’avait pas trop envie de s’expliquer. Ce qui n’empêcha évidemment pas Zack de poser la question.

- C’est normal que ton bras luise quand tu parles une autre langue ? Non parce que la lumière te serait sortie du cerveau par les yeux, j’aurais compris mais là le bras…C’est un peu inattendu comme siège d’un tel pouvoir, releva-t-il judicieusement.

La conversation dévia malgré tout rapidement sur son propre livre, bien qu’il fallut quelques secondes à Zachary pour le comprendre. Il baissa les yeux sur le volume ancien relié et hésita quelques secondes, avant de finalement se lancer.

- En fait…C’est un genre de carnet de voyage dimensionnel. Déjà, il n’a pas été écrit par une seule personne et je pense qu’il vient d’Europe à la base. Heureusement je comprends quand même pas mal de langues mais je crois qu’à force de rester dans certaines dimensions, ceux qui ont écrit ça ont commencé à perdre la boule ou à ne plus trouver de mots corrects pour décrire ce qu’ils voyaient. Parce que bon au fond les mots de chez nous, c’est bien pour décrire ce qu’il y a ici mais vu qu’il y a une infinité de dimensions avec une infinité de possibilités autres que sur la Terre Prime bah parfois ça suffit plus, donc ils ont commencé à remplacer certains termes avec les patois locaux je suppose, puis finalement ils ont créé des nouvelles langues en négligeant le fait que d’autres personnes qu’eux seraient susceptibles de lire ce bouquin…

Le geek poussa un soupir et ouvrit le livre à une page au hasard. Celle-ci était accompagnée de dessins, pas mal de croquis qui semblaient sortis de la tête d’un malade mental ou du moins, ce qu’on aurait jugé comme tel sur la Terre Prime. Le Maître des Portails qui avait dessiné cela avait tenté d’apporter des éclaircissements visuels au charabia de la page en face, sans grand succès. Zachary ne voyait qu’un amas de ligne pour qui la gravité n’était qu’un concept théorique avec un être dont l’agencement corporel donnait des frémissements à son cerveau. Zachary ne trouvait même pas la tête, il avait l’impression que sept visages s’étaient alliés pour former un corps.

- Genre cette partie, bon je suis pas sur de vouloir comprendre ce que ça dit vu la gueule du dessin mais si tu lis bien, y’a quelques mots en anglais. Bon mal orthographié mais ça se rapproche de l’anglais. Le truc c’est qu’on dirait qu’il a essayé de traduire une langue dans notre alphabet, sauf qu’on avait probablement pas tous les sons pour la composer. Bref c’est un peu la merde, mais tu peux essayer sur ça pour voir si ton pouvoir possède une limite attachée peut-être à cette dimension ?

Ou à cette planète, mais ils verraient plus tard pour les textes extra-terrestres.
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Message posté : Mer 13 Aoû 2014 - 11:54 Message
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— Erk.

On ne vous l’fait pas dire. De la lumière qui lui sortait du cerveau, et puis encore ? Déjà qu’il voyait une psychothérapeute pour soigner ses problèmes mentaux, si en plus il se mettait à luire des neurones, il n’allait vraiment pas être sorti de l’auberge. D’un autre côté, c’eût été pratique pour lire la nuit.


— Waa, t’es un voyageur dimensionnel ? Comme…

Alex. Abban s’interrompit une fraction de seconde avant d’enchaîner prudemment :

— … dans les films.

Il ne savait pas trop s’il était censé faire la publicité des talents de son meilleur/seul ami. Il était toujours un peu difficile de se retrouver dans l’écheveau compliqué des mensonges sur lesquels reposaient les relations du mentaliste, ce qu’il disait, à qui il le disait, comment et pourquoi. Abban avait d’ailleurs renoncé à attendre de lui la vérité entière, ou même des fragments systématiques de vérité — même avec Alex, le sens de l’amitié de l’Irlandais était de toute façon beaucoup trop défaillant pour qu’il pût accorder durablement de l’importance à ce genre de choses.

Certes, sa manière de botter en touche ne devait pas faire entièrement illusion, puisqu’il ne semblait pas outre mesure bouleversé par la perspective des voyages dimensionnels. Avoir été capturé par un cyborg-sorcier dans une dimension du Far West jouait cela dit beaucoup de ce côté-là. Il essayait tout de même de laisser la question de côté, après sa remarque qui se voulait innocente, et écouta Zachary décrire le contenu de son livre.

— Ouais j’vois ça.

Glissa Abban alors que Zachary évoquait la complexité des textes, même si Abban ne regardait pas le livre. Histoire d’avoir l’air un petit peu moins suspect, si toutefois c’était possible, l’Irlandais se rapprocha quand même de Zachary.

— Erk.

Encore. Le dessin n’était pas beau à voir.

— On dirait un Abzorbaloff, un peu.

L’Irlandais jeta un coup d’œil à Zachary et précisa au cas où :

— Comme dans Doctor Who.

Savait-on jamais, les Américains étaient parfois un peu incultes. En tout cas, Abban n’était pas sûr de vouloir savoir ce que tout cela pouvait bien raconter et puis, il n’était pas sûr que parler une langue qui évoquait des réalités qu’il ne connaissait pas suffirait à lui faire comprendre ces réalités ou même, et c’était plus complexe encore, à le rendre capable de les expliquer. Il n’avait encore jamais fait l’expérience de tenter de réciter un poème sur la physique atomique — ça existait forcément — mais il doutait pouvoir apprendre à gérer une centrale nucléaire par ce moyen.

Comme essayer ne coûtait cependant qu’un peu de lectures, le jeune homme se lança à l’assaut du texte, déchiffrant difficilement les lignes. Natif du numérique et pas sorcier pour un sou, Abban n’avait pas vraiment l’habitude de décrypter des écritures manuscrites et, loin des caractères d’imprimerie, même les mots les plus compréhensibles présentaient des difficultés. Après quelques secondes, il marmonna :

— Sérieux, t’as des distractions vraiment chelous, mec, on pourrait être en train d’faire un Mario Kart.

Ou du vrai kart.

Ou conduire des super-voitures intelligentes au mépris du code de la route.
Comme d’habitude, quoi.

Abban tenta tout de même de reprendre sa lecture. Mais lorsque les mots véritablement nouveaux survinrent, tout devint encore plus laborieux et son pouvoir restait de toute évidence parfaitement indifférente. L’Irlandais s’escrima bien quelques instants de plus — une espèce d’exploit de constance de sa part, parce qu’il était tout aussi désireux de tester les limites de ses aptitudes que de venir en aide à Zachary — mais sans succès. Il finit par soupirer et relever les yeux vers son interlocuteur.

— Ça a pas l’air de marcher, désolé. J’avoue, en fait, j’ai jamais vraiment testé tout ça. J’ai pas tellement cherché à en faire quelque chose, de ce truc, à la base, c’était même pas pour moi.

Parce qu’il avait essayé de le voler — et trop bien réussi à son goût.

— Du coup, j’ai poussé sous l’tapis, genre, mais là, ça s’déclenche super souvent, ça d’vient un peu handicapant pour la vie sociale.

Et par « vie sociale », il voulait dire, bien sûr, les négociations criminelles au sein du Cartel.

— J’commence juste à m’renseigner et j’avais pas pensé à des trucs aussi tordus que des langues inventés à partir d’dimensions parallèles. P’têtre que si j’étais immergé là-bas, ça marcherait, mais j’sais pas.

Au cas où, Abban rajouta :

— C’pas une invitation, hein. J’aime bien ma planète. Elle est cool ma planète. Puis c’t’un peu là qu’j’ai ma maison. ‘Fin bref. Ça veut dire que tu voyages entre les mondes, toi ? Ça dépote. T’as d’jà vu des cyborgs-sorciers au Far West ?

L’art des questions innocentes qui ne se fondaient pas vraiment dans la masse.

— T’sais faire d’autre chose ? Envoyer des boules de feu ? Transformer les gens ?

La question était motivée autant par les expérimentations métamorphiques d’Aishlinn que par la potion de polymorphie du Gang des Fables, qu’Abban n’avait jamais eu l’occasion de voir à l’œuvre, à l’époque où il sortait avec Jace.

— Comment ça s’fait qu’t’aies récupéré un grimoire comme ça si tu connais pas tellement d’magiciens ?

Et puis à un moment, il allait quand même le laisser répondre à ses questions.
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Message posté : Ven 15 Aoû 2014 - 13:52 Message
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Zachary fut un peu déçu de l’échec rencontré par Abban lors de sa tentative de lecture mais affirmer qu’il ne s’y attendait pas aurait été un mensonge. Il allait devoir trouver un autre moyen pour comprendre ce charabia, même s’il ne savait pas encore exactement lequel et qu’il n’avait pas trop la tête à y réfléchir pour le moment. Le geek était un peu épuisé, mentalement et physiquement (puisqu’il n’avait à ce moment-là pas encore revu ce cher Alex et était donc toujours hanté par ses cauchemars).

- Bon déjà je suis pas exactement un voyageur dimensionnel, précisa le geek.

Il ne savait d’ailleurs pas lui-même ce qu’il était. En dehors d’un invocateur, il n’y avait rien de certain. Il hésita un peu avant d’en dire d’avantage à Abban puis il se dit que comme le garçon avait partagé ses problèmes avec lui, il pouvait bien le retourner la pareille. Sans compter qu’il connaîtrait peut-être des gens suceptibles de l’aider. Il avait parlé d’un milieu underground tout à l’heure…Le geek avait été vacciné des explorations en solitaire depuis son expérience au club Eclipse mais Abban avait bien le genre à pouvoir se faufiler dans des endroits comme ceux-là.

- Disons que j’apprends à le devenir, j’ai un truc en moi…Un peu comme ton machin qui brille dans ton bras, sauf que c’est dans ma poitrine.

Il montra l’endroit où le Miroir s’était enchâssé en lui. A travers son t-shirt, on ne voyait pas grand-chose. Le geek prenait soin d’acheter des vêtements dont le tissu ne transperçait pas facilement, histoire de dissimuler le léger éclat.

- Donc tracasses, j’allais pas te le proposer. Je voudrais pas nous perdre dans une dimension, je maîtrise vraiment pas encore tout ça. Je sais théoriquement comment ouvrir un portail mais choisir la destination, c’est différent. Et du coup euh…Désolé non j’ai pas encore vu les cow-boys cyborg.

Dommage d’ailleurs parce que ça avait l’air plus amusant que les dernières dimensiosn où son oncle l’avait envoyé. Après avoir violé son intimité en le propulsant dans sa propre partie du monde onirique, il lui avait fait visiter pas mal de dimensions infernales, cauchemardesques, et autres horreurs du même genre, afin qu’il ne prenne pas ses pouvoirs à la légère. Quand il s’était retrouvé dans ce qui était probablement l’un des cercles de l’Enfer chrétien, il avait compris mais son oncle avait l’impression qu’il lui en fallait toujours un peu plus…

- Eeeet…Non moi je fais pas du feu et je transforme pas les gens. Par contre, je peux invoquer des personnes qui le font. J’peux même faire mieux que ça, regarde.

C’était sans doute un peu irresponsable de sa part d’user de ses pouvoirs juste pour faire une démonstration de ses talents mais Zachary devait bien avouer que ça le grisait. Il adorait ouvrir des portails en direct du monde des Rêves. Juste pour l’effet, il tendit la main à côté de lui, l’ouvrit et un portail apparut, duquel sortit Lux. Le processus était extrêmement rapide en réalité, elle semblait apparaître dans un « POUF » lumineux.

- Salutations, Invocateur !
- Salut Lux. Je te présente Abban.
- Salutations, monsieur Abban. Êtes-vous aussi un invocateur ?

S’il était un adepte de jeux-vidéos, Abban reconnaîtrait forcément la démacienne. S’il ne l’était pas et bien, il pouvait toujours poser des questions. Zack jugea le jeu suffisamment connu sur un plan mondial pour qu’il puisse au moins le replacer.

- Je peux invoquer tous les personnages de la League mais aussi tous ceux qui ont un jour été inventé, par moi ou un autre. Ca couvre les perso de mangas, de séries, de films, de comics, de romans, de jeux-vidéos…Pour le moment j’arrive qu’avec les êtres humanoïdes mais c’est pas plus mal. C’est déjà suffisamment dangereux comme ça, si j’étais en plus capable d’invoquer un dragon…
- Vous voulez que je tue le dragon ? Toute seule je n’y arriverais pas je pense, dit-elle contrariée.
- Non non ne t’en fait pas, il n’y a pas de dragon ici.

Mais il y en avait un dans la faille de l’invocateur, alors il comprenait la méprise. Lux prenait la Terre Prime pour une nouvelle map de la League dans laquelle elle combattait généralement, ce qui la rendait plus docile et moins perturbée que d’autres. Quand Zack invoquait d’autres magiciens, il pouvait encore s’expliquer mais il n’oublierait jamais le fiasco Lich King ou Darth Vader…

- Enfin voilà, la dimension onirique pas de problèmes, mais l’infinité d’autres par contre…Tant que j’aurais pas déchiffré ce machin, Il montra le grimoire qu’il tenait dans sa main. je risque d’avoir du mal.
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Message posté : Ven 15 Aoû 2014 - 18:29 Message
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Abban esquissa une moue légèrement déçue. Il aurait bien aimé en apprendre plus le cyborg-magicien du Far West, mais Alex n’avait pas retrouvé sa dimension d’origine. L’Irlandais, pour sa part, ne comprenait pas très bien les implications du voyage dimensionnel et le Multivers demeurait quelque chose de très théorique, pour lui, quelque chose qui existait principalement dans les histoires qu’Alex racontait, de temps à autre. À bien des égards, Abban avait un esprit beaucoup trop terre-à-terre pour se laisser porter par de semblables spéculations et le fait qu’il préférât de loin lire des livres d’histoire antique que des romans de fiction suggérait à lui seul qu’il n’était pas fait pour explorer des dimensions exotiques.

Tout l’inverse de Zachary, semblerait-il, qui venait d’invoquer un produit de l’imagination collective. Abban avait prudemment reculé de quelques pas, le temps de dévisager Lux de la tête aux pieds, avec une surprise qui s’était rapidement — très, très, très rapidement, même… — muée en évaluation tactique. C’était plus fort que lui : l’Irlandais s’était d’abord demandé si l’irruption de la jeune femme constituait un danger quelconque, un danger que l’on pouvait soit fuir, soit cribler de balle, puis ses réflexes de criminel avaient laissé place à une réaction un peu plus équilibrée :

— Waa, vas-y, comment c’est trop la classe, mec !

Il n’avait jamais joué au jeu en question — qui demandait, on s’en doute, un peu trop d’investissement et de patience pour quelqu’un comme lui — mais par curiosité, il y avait jeté un œil une fois ou deux, assez en tout cas pour reconnaître le personnage, sans nécessairement être à même de le nommer.

— T’imagines, tu pourrais invoquer, euh… Terminator !

Abban fit une pause pour considérer cette éventualité et reconnut :

— Mais ce serait ptêt pas une super idée, c’est sûr…

Tout dépendait du film de la franchise qu’il choisissait. Un Terminator qui serait du bon côté constituerait indubitablement un allié particulièrement utile et destructeur. Peut-être même qu’il aurait toutes les répliques cultes. Il fallait absolument qu’Abban parlât de tout cela à Aishlinn : sa jumelle aurait sans doute des idées parfaites pour mettre à profit le pouvoir de Zachary et le transformer en source d’une inépuisable distraction.

— Ou genre Dumbledore !

Ah, les jumeaux Mac Aoidh : toujours une raison pour parler de Harry Potter — même si ça se passait en Écosse. Les plus grandes œuvres ont aussi leurs petits défauts.

— Ou pas.

Abban venait de se souvenir que Dumbledore était un Legilimens et que, techniquement, lui et le puissant directeur de Poudlard n’étaient pas vraiment du même côté de la loi, aussi frondeur le second fût-il. C’était le petit paradoxe de l’Irlandais, que d’admirer les mages et les super-héros comme le ferait un gamin tout en tirant son épingle du jeu criminel de Star City. Pour l’heure, il était tout de même plus sage de s’en tenir à Lux, qui ne risquait pas de lire dans son esprit. Supposait-il.

— Et genre, si t’invoques un personnage qu’à un glitch, il s’passe quoi ? Ça casse la réalité ? Ou si t’invoques le Docteur, tu crois qu’tu pourrais remonter dans l’temps ? Sauf s’il vient pas avec le TARDIS. Faudrait invoquer un Dalek qui a un protocole d’évasion d’urgence. Sauf qu’après, tu t’retrouves coincé avec un Dalek, et ça, ça craint. Ouais, en fait, c’est pas facile, ton pouvoir.

Lux au moins était un choix sûr qui ne présentait pas trop de danger.

— Et du coup, tu l’as trouvé où ton truc dans la poitrine, là ?

Il ne savait pas exactement ce que c’était : Zachary n’avait pas précisé. Somme toute, c’était la première fois qu’Abban croisait quelqu’un qui fût aussi attaché — bon gré mal gré — à un objet magique que lui-même. Adrian était différent : le vieux mage paraissait exercer sur ses objets un contrôle à peu près total. Si Abban avait compris les explications de Zachary, il pouvait aussi peu se libérer de son truc que lui de la Pierre Orphique.

— ‘Fin, tu vas m’dire, c’était ptêt volontaire, mais j’ai du mal à imaginer qu’des gens s’incrustent des trucs comme ça volontairement.

Il aurait bien rajouté qu’il y avait des cinglés partout, mais au cas où Zachary fût de ceux-là, par diplomatie, il jugea préférable de s’abstenir.

— Parce que, genre, si c’est vraiment à l’intérieur de ton torse, tu fais comment pour, euh, quand tu, t’sais, t’es avec un mec ? Ou une fille. Aussi.

Parce qu’il y avait des gens qui faisaient ce genre de choses avec les filles. Allez comprendre.

— ‘Fin, tu vas m’dire…

Abban leva son avant-bras plus du tout lumineux.

— Ça ou la capote phosphorescente, c’est du pareil au même.

Abban jeta un coup d’œil à Lux qui tentait de s’adapter à l’accent de l’Irlandais — mais peut-être qu’être un personnage d’un jeu international, ça aidait ? Puis il fixa Zachary. Et considéra un instant la possibilité que le geek pût invoquer certains personnages féminins pour des motifs plus charnels qu’avouables.

— Hmmm…
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Message posté : Dim 17 Aoû 2014 - 12:05 Message
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- Ouais, j’imagine assez bien, maugréa Zachary aux propositions d’Abban. Une fois j’ai invoqué Darth Vader sans le faire exprès et j’ai failli tuer ma colocataire ! Après j’ai dû invoquer Merlin l’Enchanteur, tu sais, du dessin animé ? Pour qu’il m’aide à nettoyer, parce qu’on avait démoli la moitié de la bibliothèque du coup. Depuis…Je fais super attention. Parce que tu vois le problème c’est que même si je les invoque, ils m’obéissent pas, ils gardent leur caractère d’origine. Je peux pas les soumettre quoi.

Lux était une exception parce qu’elle venait d’un univers dans lequel il était normal qu’un invocateur lui donne des ordres et la contrôle afin de gagner la bataille dans la League. Elle prenait Zachary pour son nouvel Invocateur, tout simplement, aussi était-elle plutôt docile et aimable.
Mais bon quand il avait invoqué Katarina par accident, il avait failli mourir.
Donc ça ne valait pas pour tous les personnages de la League.

- Euh je t’avoue, j’ai pas essayé. J’ai comme toi un peu peur d’invoquer un personnage genre d’une série, parce que je me dis…Peut-être que ça foirera avec l’acteur qui lui donne sa forme. Donc j’évite. J’invoque surtout des personnages de jeux vidéos ou dessinés, ou que j’ai moi-même inventé, comme ça, pas de problèmes.

Evidemment il y avait Zeck, mais Zeck n’était pas Zack et l’expérience aurait dû suffire au geek pour se rassurer sur le sujet. Sauf que non, il voyait une légère différence vu qu’il était clairement le créateur de Zeck. Il n’avait envie de tuer personne, déjà avec Darth Vader il avait flippé…Heureusement c’était un personnage particulier et il n’avait pas pensé à l’acteur qui jouait Anakin mais bien au type masqué.
Bref, que de digression.

- E-bay, révéla-t-il.

Ouais, c’était souvent étonnant. Bon, il ne l’avait dit qu’à peu de gens mais ça avait toujours surpris tout le monde quand il annonçait avoir trouvé son artefact sur Ebay. Evidemment il avait appris bien après que c’était un piège de son oncle pour l’attirer dans ses filets…

- Et non, ça l’était pas. Je voulais acheter un goodies concrètement, une reproduction du Miroir de Grimm dans une série que j’aime bien mais tu dois pas connaître, ça passe sur Sci Fi. Bref, je voulais juste acheter un accessoire de décoration quoi. Quand je l’ai reçu j’étais super content, je l’ai essayé pour voir et je l’ai gardé autour du cou pour le montrer à ma copine. Enfin c’était ma copine à ce moment-là, maintenant c’est compliqué. Bref je lui ai montré, on a discuté d’un truc sur un jeu, et bam ya le Roi Liche qui est apparu à côté de moi. Surprise surprise ! Donc non c’était pas volontaire. J’ai tout fait pour essayer de l’enlever mais impossible de casser la chaîne donc à part me couper la tête, j’vois pas. Au final, j’ai appris à vivre avec même si je te cache pas…J’ai eu des mois d’Enfer.

C’était peu dire. L’Enfer, à côté, c’était une promenade de santé ! Et il en savait quelque chose, il y avait été. Bon sur le moment, il ne faisait pas le malin mais bref, c’est une autre histoire. Toujours est-il que le geek rougit un peu quand Abban évoqua sa vie sexuelle. Il n’avait pas trop envie de dire qu’il avait été puceau jusqu’à Chloé puis qu’il avait perdu la seule fille avec qui il avait couché (et qu’il avait aimé) à cause de justement l’artefact dans sa poitrine.

- Bin j’le euh…J’le fais pas. Fin…J’pourrais. Enfin non, je pourrais pas, mais c’est pas la question, j’veux dire on est quand même à Star City, les gens ont l’habitude des trucs bizarres. Nous, on a jamais qu’un bout de corps qui brille. Y’a franchement pire comme handicap…

Genre avoir deux têtes. Ou trois doigts. Ou ne pas avoir de visage. Ou électrocuter tous ceux qui passent à proximité.
Et plein d’autres trucs.
Puis naïvement, il n’avait pas relevé ce à quoi Abban avait pensé tout simplement parce que ça ne lui serait jamais venu à l’esprit d’essayer de se taper une créature du monde onirique. Ca avait un côté…Malsain. S’il avait envie de se faire des fantasmes, il avait une main gauche et un cerveau. Puis il aurait l’impression de tromper Chloé…
Même s’ils n’étaient plus ensemble.

- Pardonnez-moi, Invocateur, puis-je faire quelque chose pour vous aider ?
- Hein ? Ah euh pardon, non en fait je voulais juste montrer à Abban.
- Il ne faut pas user de magie juste pour s’amuser, Invocateur, le réprimanda-t-elle gentiment.
- C’est vrai, désolé. Mais si tu veux rester, on allait explorer une nouvelle partie de la faille…

Lux haussa un sourcil, intéressée. Zachary se tourna vers Abban :

- Bah…Ouais tout à l’heure t’avait parlé d’un truc underground non ? Si tu connais des gens dans ce genre de milieu, j’crois que toi comme moi on a besoin de réponses alors autant chercher par là et avoir euh…Bin une protection quoi.

Au cas où.
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Message posté : Lun 18 Aoû 2014 - 13:41 Message
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— Ah ouais.

Fut la réaction pour le moins placide — ça lui arrive — d’Abban en apprenant l’origine de l’artefact. E-bay, pourquoi pas ? Il avait grandi en voleur et une bonne partie de ses butins d’adolescence avait été revendue par Internet. Depuis, il avait pris du galon et connaissait généralement ses acheteurs — ou alors les objets passaient entre les mains d’intermédiaire spécialisés dans la vente. Mais que quelqu’un eût dérobé un objet magique pour le revendre sur un site internet ne lui paraissait pas improbable. Si Zachary avait prétendu avoir acheté son Miroir au rayon accessoires féminins d’un supermarché, il eût été sans doute un peu plus sceptique.

Une fois que son interlocuteur eût parfait avec beaucoup d’art son image de geek frustré qui ne savait pas parlé aux filles, sous le regard un brin réprobateur d’Abban, qui se demandait si le besoin le plus urgent de Zachary n’était pas de recevoir quelques cours de drague, plutôt que de déchiffrer des grimoires peut-être démoniaques qui le conduiraient beaucoup plus probablement à l’éviscération maléfique qu’aux plaisirs charnelles, l’Irlandais fut ramené à des considérations plus spécifiquement ésotériques. Il hocha la tête.

— J’connais deux trois personnes, ouais.

Le problème, c’était qu’il fréquentait tous ces gens-là pour le travail et qu’il allait avoir du mal à jouer les innocents devant eux. L’Irlandais évalua Zachary du regard, de la tête aux pieds. Ce type-là n’avait pas l’air très dangereux et, quand bien même, que pourrait-lui faire ? Il n’avait que son prénom et Abban n’avait aucune existence réelle aux États-Unis, pas de numéro de sécurité sociale, pas d’état civil, pas d’adresse, rien. Au pire, Zachary apprendrait qu’il était un criminel et… voilà tout.

— OK. J’vous embarque.

Le jeune homme leva son poignet gauche et effleura l’écran de sa montre.

— T’viens m’chercher ?
— J’arrive.

L’Irlandais fourra les mains dans ses poches.

— J’te préviens, on va pas croiser des gens super recommandables et à côté, l’type de la librairie, c’est une fleur. Mais au moins, c’est des gens qu’j’connais, un peu, et avec qui on peut traiter. Globalement, si t’es pas trop sûr de toi, j’te conseille de pas l’ouvrir, m’enfin, ça reste des mecs qui sont habitués à avoir d’la clientèle.

Les criminels demeuraient des commerçants dans l’âme, tout du moins ceux qui servaient d’intermédiaires, et tous leurs clients n’étaient pas de la même trempe qu’eux. Chez les fournisseurs de Star City, des personnes fort respectables s’égaraient parfois, lorsqu’elles cherchaient des objets très particuliers, et cette frange-là servait d’interface entre le monde secret des criminels et le monde public des honnêtes citoyens.

— Aussi, vu qu’tu peux invoquer facilement ta copine, là, c’est p’têtre mieux si elle nous suit pas comme ça d’abord, parce que c’est pas vraiment, disons, discret.

Et puis Abban n’avait pas une confiance excessive dans la souplesse morale des personnages de jeux vidéos. Mieux valait à son sens éviter l’incident.

Tandis qu’il parlait, une voiture argentée vint se ranger près de lui. Ses lignes élégantes au prix incalculable étaient peut-être moins remarquable que le silence parfait qui avait été le sien — un silence qui dépassait de loin celui des voitures électriques traditionnelles, puisque le bruit des pneus sur le sol lui-même avait été absorbé.

— Macha. Ajoute un nouveau passager.
— Procédure d’ajout.
— Zachary. Rang de permission : passager.
— En attente de contrôle biométrique.

Abban se tourna vers son nouvel acolyte.

— Pose ta main sur la carrosserie.

Normal. La téléportation eût été un moyen tout aussi efficace de se déplacer, mais Abban préférait avoir Macha près de loin : c’était un super-ordinateur sur pattes — enfin, sur roue — et un couteau-suisse de la démolition. Elle lui avait rendu de fiers services en bien des circonstances et, dans une enquête qui pouvait devenir dangereuse, le jeune homme jugeait préférable de mettre tous les atouts de son côté.

Tandis que Macha relevait les signatures biométriques de Zachary pour éviter de l’électrocuter à chaque fois qu’il voudrait entrer ou sortir — sauf indication contraire d’Abban ou d’Aishlinn, évidemment — l’Irlandais surveillait le futur passager.

— Données acquises. Bienvenue à bord. Merci de vous essuyer les pieds.
— Elle est très coquette.
— Ce n’est pas la coquetterie, c’est une question d’hygiène.
— C’est ça.

Abban leva les yeux au ciel. Comme s’il ne l’avait pas vu se lustrer la carrosserie.

— On va faire un tour chez l’Apothicaire.
— Ah non.
— Ah si.
— La dernière fois, je me suis retrouvée pleine de sang de démon.
— Qu’est-ce qu’j’disais.
— C’est incroyablement difficile à faire partir.
— Vas-y, sérieux ? C’est moi qu’ai tout lavé !
— Oui, mais c’était sur mon pare-choc.
— Pfff… J’m’en fous, d’façon, c’moi qui décide. Puis on y va juste pour parler, ça va, détresse, quoi.

La voiture murmura quelque chose d’incompréhensible et les portes s’ouvrirent.
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Message posté : Sam 23 Aoû 2014 - 11:40 Message
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Zachary ne pouvait s’empêcher de visualiser les personnes « peu recommandables » et il voyait à chaque fois des gros baraqués avec une barbe hirsute, un œil en moins, des tatouages sur des bras aussi épais que ses deux cuisses, quelques dents en moins…Bref, un gros cliché de malfrat. D’où Abban pourrait-il connaître ce genre de personne, d’ailleurs ? A première vue, ils avaient plus ou moins le même âge et malgré sa tendance à parler vite (parfois en étant difficilement compréhensible) il avait l’air…Normal.

- Ah.

Quand Zachary imaginait « underground » il voyait des types habillés tout en noir avec une grosse ligne de khôl en dessous des yeux, des gens un peu tarés qui se prenaient pour des…
Okey, le gros baraqué, c’est bien.

- J’te fais confiance.

Peut-être n’étais-ce pas une bonne idée, après tout il ne le connaissait que depuis quoi, une demi-heure ? Toujours est-il qu’il renvoya finalement Lux dans sa dimension tandis qu’une voiture arriva près d’eux. Les yeux ronds comme des soucoupes, le geek observa le pur bolide qu’il avait sous les yeux. Il n’était pas un grand connaisseur de voiture, il jouait d’ailleurs peu aux jeux dans la veine NFS mais il savait quand même appréhender le prix de ce genre de matériel.

- Elle parle ! Oh merde c’est énorme !

Il avait envie de faire le tour de la voiture, de la toucher, de découvrir toutes ses fonctionnalités. Une voiture douée de parole cachait forcément d’autres gadgets encore plus cool. Le geek remarqua vite qu’elle n’avait pas que la parole, elle semblait avoir un semblant de personnalité.

- Avoues que t’es un espion ou un truc comme ça. Du matos pareil ! Le coup de la signature biométrique, j’adore, j’adore ! J’en avais jamais vu une pareille…Elle est géniale ! Magnifique ! J’veux la même.

Enfin pour ça, il faudrait d’abord qu’il ait un permis.
Suivant les indications de la voiture, il prit soin de claquer ses chaussures l’une contre l’autre avant d’entrer dans l’habitacle et de se poser sur les sièges. Sa tête fit un tour à 360° (carrément) et son enthousiasme ne fut nullement douché par cette histoire de démon t de sang. Il pouvait mourir heureux après être monté dans un engin pareil.

- Ah quoi ce mec te balance des démons à la gueule ? La dernière fois avec Alex, enfin un pote note tu le connais pas tu me diras tu t’en fous de son nom, on en a battu un dans la boutique là. C’est vrai que ça fait des tâches, j’ai dû balancer mon t-shirt. Ça craint parce que je l’aimais bien, c’était une édition limitée, enfin bon vaut mieux ça que mourir.

Plus il parlait et plus il se remémorait cette fameuse aventure. Finalement, il n’avait pas trop envie de se retrouver à nouveau face à un démon. Il avait eu sa dose au cours du mois écoulé, mais il n’avait pas non plus le choix. S’il voulait des réponses à ses questions, suivre Abban restait le meilleur moyen d’en obtenir. En espérant que son compagnon du jour savait vraiment ce qu’il faisait.

- Et donc euh, ce mec-là dont tu parles, l’Apothicaire c’est ça ? C’est un pote à toi ? Il a un nom de criminel quand même j’ai l’impression, ça fait un peu dealer de drogue… s’inquiéta Zachary.

Il n’était pas encore entré dans la Légion et il ne voulait pas risquer ses chances pour rien. Cela étant, il avait vraiment besoin de décoder ce grimoire pour progresser. Son oncle l’avait prévenu, ses pouvoirs allaient devenir de plus en plus instable à mesure qu’il utiliserait le Miroir et plus il aurait de facilité à contrôler les invocations oniriques, plus le temps presserait. Zachary était un peu pris à la gorge et n’avait pas le choix. Il espérait que Jace ne lui en voudrait pas, si tant est que ce type soit vraiment un criminel. Après tout, c’était peut-être un rappeur ou un revendeur d’antiquité…
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« Magie, vous avez dis magie? » ft. Abban

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