AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Les choses les plus attendues arrivent souvent par surprise. ¤¤ Cornelia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message posté : Lun 28 Juil 2014 - 23:10 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Bien qu'il ait passé de nombreuses années isolé au sein de la demeure familiale et des établissements dont sa famille était la propriétaire, Lorenzo connaissait relativement bien le quartier de Little Italy. Il s'y était en effet longuement promené durant son adolescence et cela n'avait fait que s'accentuer alors qu'il entrait à l'université. Aujourd'hui, alors qu'il était un jeune adulte, il se déplaçait avec aisance au travers des rues et ruelles, autant pour se faire connaître de la population que pour apprendre tout ce qu'il pouvait des ragots et rumeurs de la rue.

La rue. C'était un endroit qui pouvait s'avérer être très dangereux, mais quand on était un membre de la famille Mancini – ou de n'importe quelle autre famille mafieuse – on y était relativement en sécurité. En effet, la population locale avait un certain respect pour ces gens qui les protégeaient, malgré ce que cela pouvait demander en contrepartie, et les autres mafieux continuaient de respecter les règles anciennes, ne s'attaquant pas directement à un membre d'une famille. Peut-être que cela finira par changer, un jour, mais à l'heure actuelle, c'était ce qui pouvait expliquer la relative nonchalance de Lorenzo lorsqu'il se promenait.

Ce soir-là toutefois, le jeune homme ne sortait pas à la découverte de ce qui pourrait s'offrir à lui. Il avait effectivement quelque chose de bien précis en tête. Parmi les nombreux acteurs et actrices amateurs qui étaient passés par le studio dont il était le directeur, il y en avait une qui l'intriguait plus que les autres. Elle avait effectivement quelque chose d'attirant, même si elle n'était pas nécessairement le genre de personne avec qui Lorenzo pouvait s'imaginer, se doutant très bien de ce que l'autorité paternelle pourrait en dire. Cela ne l'empêchait pas de ressentir quelque chose de particulier à l'égard de cette personne et c'était pour cette raison qu'il s'était lancé à sa recherche, même s'il ne comprenait lui-même pas vraiment les raisons à tout cela. Était-ce un coup du destin ? Y avait-il une raison à tout cela ? Peut-être bien. Ou peut-être pas.

Installé à l'arrière d'un véhicule conduit par un chauffeur, le jeune homme scrutait les rues par-delà la vitre de la portière. La nuit tombait doucement, ce qui dénotait déjà une heure relativement tardive, en cette fin de mois de juillet. Absorbé par ses pensées, Lorenzo ne faisait qu'observer d'un œil distrait, ne sachant même pas vraiment ce qu'il cherchait. Du moins, si, il cherchait Cornelia. Il savait qu'elle devait se trouver là, quelque part, dehors. Ce quartier était aussi le sien, après tout. Mais où chercher ? Toutes les informations dont disposait Lorenzo semblaient fausses et ce n'était pas en cherchant au hasard qu'il allait la trouver... Et pourtant !

Quelque chose attira son attention, au détour d'une ruelle, et le jeune homme demanda au chauffeur de s'arrêter. Quittant le véhicule, Lorenzo s'assura d'avoir son arme personnelle sur lui et après avoir hésité un moment, il marcha le long du trottoir et s'engagea dans une petite rue perpendiculaire. Il était tout à fait possible que cette ombre n'ait rien à voir avec ce qu'il avait en tête, mais quelque chose lui disait de la suivre. Aussi, tout aussi inconscient que cette opération ait pu l'être, Lorenzo poursuivit sa route, jusqu'à tomber sur une scène qu'il n'aurait sans doute pas du voir. Comment expliquer ce qu'il découvrait ? Difficile à dire, mais il semblait évident qu'il venait de retrouver Cornelia... « J'imagine que tu as une très bonne explication pour... ça ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 29 Juil 2014 - 12:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
- J’ai faim.

Avachie les paupières closes dans un fauteuil passablement défoncé, Cornelia ne répondit rien. Elle ne pensait à rien, son esprit était totalement vide et rien ne semblait pouvoir l’atteindre. Pourtant, elle l’entendait et sa quiétude était troublée par ses incessantes jérémiades.

- J’ai faim.

Imperceptiblement, un tic déforme sa paupière gauche et elle finit par ouvrir un œil. La télévision grésille devant elle, ses images se reflètent sur son visage en une myriade de couleurs beaucoup trop clair. Elle fronce son œil et à tâtons, cherche la télécommande. Elle voulait juste un bruit de fond, des gens s’agaçant de leur vie insipide, le visage du monde quelque part à un instant précis, la rediffusion d’un vieil épisode d’une vieille série qu’elle n’a de toute façon jamais suivi.

- J’ai faim, Cornelia.

Elle le sait. Elle le sent, ça lui déchire les entrailles à elle aussi. Elle a beau avaler des paquets de chips entiers, des hamburgers froids ou se faire livrer des plats tout fait dont les cadavres s’amoncellent autour d’elle, rien ne change. La nourriture ne suffit pas, elle a besoin d’une âme à aspirer. Elle a besoin d’un autre type de force mais elle n’a aucun contrat à accomplir pour le moment.
Conscience soudaine ?
Non, flemme plutôt. Et satisfaction de contrarier le démon, même si elle se torture toute seule. Ses entrailles ne sont pas les seules à la brûler. Il y a sa gorge, sa poitrine, tout son corps en entier réclame quelque chose qu’elle seule peut aller chercher.

- Sale petite pute, arrêtes de te foutre de moi et bouge ton cul d’anorexique jusque dans la rue. J’ai faim !!
- Demandes gentiment.
- Crèves.

Elle hausse les épaules et ferme à nouveau les yeux. Elle sent que Raphaël tente de pousser son esprit pour s’imposer dans la domination de l’enveloppe mais il n’y parvient pas. Alors il enrage, elle l’entend grogner dans sa tête, marmonner milles insultes et damnations.

- S’il te plait j’ai faim…

Un petit sourire déforme ses lèvres, rare rictus qu’on verra à la chienne des ombres. Elle se lève finalement, s’étire et entend vaguement Raphaël lui promettre de se venger. Elle s’en moque.

Exactement cinquante-sept minutes plus tard, la tueuse baigne dans une mare de sang. Ses yeux rouges scintillent dans la pénombre et, à genoux, elle semble dévorer le vide. Seul un médium ou quelqu’un de sensible aux esprits distinguerait l’âme dont elle arrachait les morceaux et les hurlements stridents poussés par sa victime dont elle avait percé le cœur. La gamine avait tenté de crier, mais elle lui avait coupé les cordes vocales. Puis elle s’était laissée tomber, les yeux écarquillés et avait regardé le visage de marbre de son bourreau. Aucune jouissance, aucun plaisir, sauf dans ses yeux, ces yeux qui brillaient. Et désormais, les mains salies, les bras tout rouge, le sang qui transperçait son pantalon noir, Cornelia mangeait. Elle apaisait la brûlure et y prenait un plaisir quasiment sexuel. Un rare moment de communion parfait entre elle et Raphaël.
Un moment interrompu par une voix, dans son dos. Une voix que tous les deux connaissaient.

Lentement, le buste de Cornelia se tourne vers le nouvel arrivant. Elle tient toujours une moitié d’âme, elle a un peu de sang sur le coin de la bouche et des éclaboussures sur le visage. Elle mord dans ce qui semble être le vide et elle avale goulument en papillonnant des paupières.

- Laisses moi le contrôle.
- Non.
- Ne gâches pas tout ! s’exclama-t-il dans son esprit, contrarié.

- Lorenzo…Lorenzo des films pornos, c’est ça ? C’est avec toi qu’il utilise mon corps. Je me souviens, tu nous regardes et tu nous veux. C’est toi non, Lorenzo ?

Elle ouvre grand la bouche et y enfourne le restant de l’âme avant de se sucer l’index, comme pour ôter un résidu qui pourtant n’était pas là.

- Et toi, tu as une très bonne explication pour ça ? demande-t-elle en penchant la tête sur le côté. On avait faim. Alors on est sorti manger. Il n’y a pas de livreurs pour ce genre de choses. ajoute-t-elle d’un ton sans émotion.

Un ton normal en réalité, car Cornelia ne ressent pas souvent quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 18:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Le spectacle auquel Lorenzo assistait était des plus inhabituels. Des plus morbides, aussi. Et des plus surprenants. La mort, il connaissait. Certes, il n'était pas forcément un tueur accompli, n'ayant donné la mort qu'une fois, lors de son initiation, mais il savait à quelles extrémités les soldats de sa famille pouvaient être poussés. Toutefois, là, ça n'avait rien à voir. La mort semblait avoir cueilli une jeune femme parfaitement innocente et cela, de la plus violente des façons. Le sang qui se répandait dans la ruelle était une preuve flagrante du drame qui venait d'avoir lieu ici-même. Mais le pire, c'était peut-être que celle qui se trouvait au-dessus du corps n'était autre que Cornelia, une jeune fille frêle qui n'était pas spécialement violente. Et... Que faisait-elle ? Est-ce qu'elle faisait semblant de manger ? Quelle genre de fille est-ce qu'elle était ?

« Lorenzo des films pornos ? Est-ce ainsi que l'on me présente ? Mais oui, je suis bien Lorenzo Mancini. » Et Lorenzo avait pris grand soin d'appuyer son nom de famille, non seulement parce qu'il était fier de sa famille, mais aussi parce que même s'il dirigeait un studio de l'industrie pornographique, il n'appréciait pas spécialement que l'on pense à lui de cette manière. Ce point étant clarifié, le jeune homme ne sut pas quoi dire d'autre. De quoi parlait-elle au sujet de l'utilisation de son corps ? Est-ce qu'elle était folle ? Et que voulait-il dire quand elle indiquait qu'il les voulait ? Il lui arrivait certes de fantasmer au sujet de Cornelia, sans vraiment savoir pourquoi, mais il n'y avait qu'elle qui était concernée. Alors, de quoi parlait-elle ?

« Quant à mes raisons, elles sont nombreuses. Ce quartier est à nous. Little Italy nous appartient. » Et par nous, Lorenzo entendait aussi bien les Mancini que les autres familles, comme les César. Bien entendu, il y avait aussi des hommes politiques qui étaient là pour diriger les choses, mais ils n'étaient que des pantins, dans les faits. Tout le monde le savait. « Les gens s'attendent à ce qu'on les protège, alors tu dois te douter qu'un spectacle de ce genre n'est pas fait pour me plaire... » Quoi de pire qu'un crime sanglant commis au cœur de Little Italy ? « Je ne sais pas pourquoi tu as fait ça, mais de toute façon, tes raisons ne me concernent pas. Nous faisons tous des choses que les gens n'apprécient pas, alors je ne peux pas vraiment te faire la morale. » C'était un fait, en tant que membre de la famille Mancini, il avait aussi rempli sa part de choses illégales.

« Néanmoins, tu travailles pour moi. Même s'il ne s'agit que d'offrir ton corps devant une caméra, l'argent qui te paye vient de nous et si tu commets un crime, nous risquons d'être impliqués. » Une fois encore, c'était un fait non négligeable. Il suffisait de la moindre preuve conduisant jusqu'à elle pour qu'il se retrouve impliqué et au vu de sa réputation, ça serait nécessairement un problème. « Comment comptes-tu régler ça ? » Parce qu'il était impossible pour elle de faire disparaître les traces du meurtre. Elle n'était pas assez forte pour soulever le corps et de toute façon, elle ne pourrait nettoyer tout le sang présent. Mais le pire, c'était peut-être qu'elle avait trempé ses mains dans le sang, laissant de potentielles empreintes ou traces génétiques. « Si tu veux faire ce genre de... choses, tu devrais apprendre à être plus professionnelle. Et tu devrais le faire ailleurs. Little Italy n'est pas un endroit pour ça. Lincoln. Va à Lincoln. Là-bas, personne ne remarquera rien. »

Des conseils donnés sur un ton qui pouvait sembler normal. Pourtant, Lorenzo ne savait pas vraiment quoi penser de tout cela. Il fantasmait sur une fille un peu étrange qui n'hésitait jamais à faire ce qu'on lui demandait, devant la caméra, mais là, il faisait face à une folle tueuse, de quoi sérieusement entamer son intérêt. Ce qui ne l'empêchait pas de chercher à s'éviter les problèmes du mieux possible. Et malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cela signifiait... Même s'il avait dit le contraire. « Pourquoi l'avoir tuée ? Que cherchais-tu à faire ? » Il n'avait pas encore bougé, attendant sur place, prêt à réagir, s'il le fallait.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 19:18 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Si Raphaël avait eu le contrôle en cet instant précis, il aurait probablement gloussé. Etonnamment, le son sortit de la bouche de Cornelia. Un effet rarissime mais elle était incapable de le retenir. Peut-être était-ce l’euphorie due au repas ou l’agacement de Raphaël, son impuissance. Peut-être était-ce aussi la naïveté de l’héritier Mancini.

Ce quartier est à nous.
On protège les gens.
Tu ne peux pas faire ça.


Mensonges. Il ne protège personne, il exploite. Ce quartier ne lui appartient pas, rien n’appartient à qui que ce soit. Elle peut faire ce que bon lui semble, personne n’a rien à lui dire. Sauf Thomas. Et Thomas n’est pas là. Alors, Cornelia est libre d’agir comme bon lui semble. Libre de laisser les pulsions du démon s’exprimer, libre de le garder à l’intérieur d’elle, de l’emprisonner et de contrarier ses jolis plans. Elle pouvait se comporter comme une enfant irresponsable. Elle n’avait aucun ordre à recevoir de personne.

Si tu commets un crime, nous risquons d’être impliqué.

Elle cesse de glousser et le regarde avec ses yeux rouges, morts. Le changement est brusque, comme une brisure nette. Ses yeux ne reflètent rien. Il manque cette étincelle apportée par Raphaël. Elle ne ressent rien, elle se contente de l’observer, pire : de le fixer.

- Mais tu me paies pour commettre des crimes. Ton père le fait. Mancini, Mancini Lorenzo. J’ai le droit d’éliminer les ennemis de ta famille mais pas de me nourrir ? C’est pas ma faute, si personne n’a été méchant dernièrement. On n’achète pas des âmes avec de l’argent.

Elle soupire et suce son index pour nettoyer le sang. Désormais, l’âme est à l’intérieur et son pouvoir se répand dans ses veines. Une énergie qui l’apaise. Même Raphaël est béat, au point qu’il se tait –pour une fois, qu’il en oublie l’anneau et tout ce qu’il a fait pour parvenir à le voler. Pas grand-chose en réalité, le démon aime prendre son temps, planter le décor, susciter le désir. Il aime provoquer les pulsions les plus basses de l’humanité.
S’il s’était un peu activé, la situation de ce soir aurait pu être différente.

- J’ai faim, Lorenzo. Je mange des âmes. Raphaël mange des âmes, il en a besoin. On prend celles qu’on nous paie pour tuer, d’habitude mais ça fait trop longtemps, alors on a eu besoin d’une autre. C’est lui qui l’a choisi. Il les aime jeune, pure. Il aime les effrayer et les piéger dans son Enfer. C’est un sadique. Pourtant tu l’aimes bien. C’est lui que tu désires.

Parce qu’il était celui qui dirigeait le corps, pendant que la caméra tournait.

- Ne t’inquiète pas, tu sais. On fait ça depuis longtemps. On sait faire disparaître les traces. C’est de ça dont tu as peur ? Tu es faible. Faible, fragile, ignorant.

Elle commença à lécher ses autres doigts, barbouillant sa bouche d’un peu de sang.

- Tu ne trouves pas qu’il est drôle, Raphaël ?
- Arrêtes tes conneries, Cornelia. Laisses moi la place.
- J’ai pas envie. Tu la prends tout le temps. C’est mon corps. Je te laisse en faire ce que tu veux, je te laisse tourner tes films minables, parfois je te laisse même baiser avec Thomas mais là, là c’est mon tour.
- Putain de gamine.
- Il est contrarié, dit-elle à Lorenzo, sans se soucier de l’échange auquel il venait d’insister.

Car si elle parlait tout haut, Raphaël lui répondait dans son esprit. Leur interlocuteur ne pouvait donc pas les entendre.

- Tu sais, je suis une professionnelle. Pas du sexe, de la mort. Tarabotti, je m’appelle Tarabotti. Mon père était le chien du tien, tu t’en souviens ? Peut-être, peut-être pas, tu es tout petit en même temps… Maintenant j’ai pris sa place, parce qu’il est mort.

Parce qu’on l’a tué.

Cornelia se redresse d’un mouvement souple, encore un peu barbouillée, et lève la main au-dessus du cadavre. Les ombres s’enroulent autour de son bras et descendent jusqu’au corps sans vie de la gamine. Elles se pressent autour de sa chair jusqu’à ce que le cadavre disparaisse totalement de leur vue. Où cela ? Aspiré, avalé par les ombres. Il est encore là, au même endroit, mais invisible. On peut trébucher dessus, rien n’ôtera les ténèbres. Pour plus de sécurité, elle la pousse sur le côté, sans la toucher.

- J’irais la jeter dans l’eau avec les autres. Plus tard. Tu vois ? Aucune trace. Jamais aucune trace. Elle pencha la tête sur le côté. Depuis dix ans, pas une seule trace. Sommes-nous les meilleurs ou es-tu aveugle ? Choisis la réponse que tu préfères.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 7 Aoû 2014 - 23:23 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Dire que Lorenzo se sentait mal n'aurait pas été mentir. Il y avait quelque chose de dérangeant, chez Cornelia. Quelque chose qu'il n'avait encore jamais vu, quand elle tournait au studio. Qu'est-ce que cela signifiait ? Difficile à dire... Peut-être était-elle schizophrène. Une malade mentale. Cela semblait crédible, comme théorie, et cela expliquerait cette présence dont elle parlait. Raphaël. A mesure qu'elle poursuivait, la théorie semblait de plus en plus valide et le jeune Mancini ne put s'empêcher de se demander dans quoi il avait bien pu se fourrer. Cela étant dit, il n'était plus un petit garçon depuis bien longtemps et il avait énormément de ressource. S'il le fallait, il saurait se défendre.

La première révélation le déstabilisa toutefois. Cornelia travaillait déjà pour les Mancini ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Comment une femme pouvait-elle travailler pour la famille ? Surtout dans un domaine tel que celui qu'elle évoquait... Et surtout qu'est-ce que sa présence au studio signifiait ? Est-ce qu'elle était là pour le surveiller ? Ça n'était pas impossible. Ces questions furent toutefois mises de côté quand elle se remit à divaguer, parlant d'âmes et d'autres choses de ce genre. Raphaël mange des âmes ? Est-ce pour cela qu'elle tue ? Pour nourrir son éventuelle double personnalité ? Celle qu'il désire ? Que veut-elle dire ? Peut-être que sa présence au studio n'a rien à voir avec les activités qu'elle mène pour les Mancini mais que ce n'est qu'une lubie de son autre personne. C'est ce qui pourrait expliquer une telle différence dans son comportement.

Malheureusement, si cela répondait à bien des questions, ça avait aussi le mérite de calmer ses fantasmes. Certes, il avait désiré son corps et la manière dont elle avait pu se comporter mais aujourd'hui, il ne savait plus vraiment s'il en avait l'envie... Mais la manière dont Cornelia continua de s'adresser à lui calma bien vite le jeu et c'est avec un air beaucoup plus sérieux qu'il la laissa continuer, alors qu'elle parlait toute seule. Elle était donc véritablement folle. Pauvre fille. Peut-être devrait-il faire quelque chose pour elle ? Néanmoins, la manière dont elle fit disparaître le cadavre fit renaître son intérêt, même s'il ne savait pas encore quoi penser d'elle.

« Je vois. Quant à ma réponse, je l'ai déjà choisie. Tu es drôle, Cornelia Tarabotti. Tu me trouves ignorant. Penses-tu donc que tu ne l'es pas ? » Un petit sourire apparut sur les lèvres de Lorenzo alors qu'il maintenant toujours une distance de sécurité entre eux. « Je suis faible ? Fragile ? Petit ? Peut-être est-ce vrai. Peut-être pas. J'ai surtout la très nette impression que tu ne sais rien. Oh, tu donnes l'impression que tu sais. Peut-être même que tu le crois, en réalité. Mais c'est faux. » Il fit quelques pas sur le côté, jetant un œil vers les ombres qui dissimulaient le corps, ne voyant effectivement rien. « Tu es sans doute douée, je ne le nie pas. Mais pour le reste... Tu n'es qu'une petite exécutante. Que tu remplisses tes contrats à la perfection n'y change rien, tu restes au bas de l'échelle. Ne vois là aucune critique, parce que ma famille a besoin de toi. Mais tu as tout autant besoin d'elle. Tu auras beau être aussi douée que tu le veux, il viendra un jour où tu ne le seras plus assez. » Le Phantom en était la preuve. Il avait fait régner la terreur auprès des criminels durant de nombreuses années et il avait fini par disparaître, tué par de simples mafieux. Il n'y avait donc rien d'improbable à imaginer un héros qui triompherait de Cornelia. Et ce jour-là...

« Je me rends compte que je ne sais rien de toi. Mais sache que cela est tout aussi valable dans l'autre sens. Tu ne me connais pas. Absolument pas. Et pourtant, tu te permets de me juger... Que devrais-je penser de toi, si j'agissais de la même manière ? Que tu es une folle ? Une malade qui tue pour son plaisir ? Et qui prend du plaisir devant les caméras ? Si je me contentais de ce que je vois, il n'y aurait qu'une solution envisageable pour toi. La famille ne peut en effet pas travailler avec des gens comme toi. Mais tu as de la chance. Contrairement à toi, je ne juge pas de cette manière. » Enfin, pas cette fois-ci, parce que ça servait sa théorie. « Je suis certain qu'il y a autre chose derrière tout cela. Peut-être cela te plaît-il de n'être qu'un chien. Dans ce cas, je ne ferais rien pour te retirer ton collier. Mais si tu laissais de côté tes grands airs, je suis certain que l'on pourrait mieux parler. Tu ne crois pas ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 8 Aoû 2014 - 10:00 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Cornelia ne l’écoute que d’une oreille, elle a souvent des troubles d’attention.
Mais pas dans toutes les situations.
Lorsqu’elle est résolue à tuer, rien ne la détourne de son but, pas même une guerre nucléaire. Le monde serait en train d’être détruit qu’elle continuerait, inlassablement, jusqu’à atteindre son objectif. Ici ? Elle n’a rien à faire. Elle s’est nourrie, elle se sent mieux. La brûlure s’est apaisée dans sa gorge grâce à l’âme délicieuse et pure de la victime encore au sol.

- Ce n’est pas encore à toi de décider, petit Mancini. Petit car ton père est le grand. Un jour tu seras le grand et tu cesseras d’être le petit.

La possédée continue de lécher ses doigts. Majeur, annulaire, petit doigt, puis la paume de sa main, comme un chat qui fait sa toilette. Le sang disparaît à mesure et se retrouve un peu partout autour de ses lèvres. Elle est barbouillée par du rouge, joli rouge grenat. Elle passe sa langue sur ses lèvres et ressent vaguement l’agacement de son interlocuteur. Souvent, les gens qui lui parlent ressentent cette émotion mais elle en ignore la raison. Cornelia n’a pas conscience d’être une énigme et ne comprend pas que sa froideur ou son flegmatisme posent de réels problèmes. On la croit condescendante, imbue d’elle-même, mais Corny ne s’appelle pas Raphaël. Elle se contente d’énoncer les faits qu’elle constate en fonction des cartes qui lui sont données.

- Et ce jour-là tu pourras choisir. Te débarrasser de la chienne ou garder son collier ? Travailler pour toi ou pour une autre, cela n’a aucune importance. C’est du travail, ce sont des âmes à dévorer pour nourrir le démon. Il est pénible tu sais, parfois.
- Cornelia dégages de là !
- Il recommence, soupire-t-elle. Je crois qu’il veut te parler. Je ne t’aime pas trop, Lorenzo Mancini, annonça-t-elle de but en blanc. Et tu peux penser ce que tu veux de moi, je n’en ai jamais rien eu à foutre.

Elle lui fait un petit geste de la main, un « au revoir » avant de se retirer des commandes. Avec l’énergie du désespoir, Raphaël plonge pour prendre le contrôle et le changement d’attitude est immédiat. Rien que l’aura est différente, Cornelia –ou plutôt son corps- déborde désormais de confiance et de charisme. Ses yeux pétillent, sont plein de vie. Elle ressemble à une femme intelligente et sure d’elle, peut-être un tantinet diabolique, avec un sourire aguicheur. Elle ressemble à la fille que connaît Lorenzo.
Sauf qu’elle n’est pas vraiment une fille.
Et que le sourire de Raphaël n’est qu’une façade. Il bout littéralement de colère et se consume de frustration. Il a envie de la massacrer pour avoir ruiné son plan. Heureusement, elle n’a rien révélé de son objectif principal, à savoir s’emparer de l’anneau.

- Tu as l’air contrarié, chéri…Il ne faut pas écouter ce qu’elle raconte tu sais, Cornelia est folle. Ou morte. Ou les deux. Comme tu préfères. J’aurais voulu qu’elle s’abstienne d’ouvrir la bouche.

En parlant de bouche, il essuya la sienne d’un revers de la main afin de retrouver une figure moins effrayante.

- Je n’aime pas mentir. Ce qui est déjà un mensonge en soit. Mais les gens ont tendance à paniquer quand on dit « démon », la faute à l’Eglise et Hollywood qui nous donnent toujours une mauvaise image. Je ne suis pas dangereux. Mensonge, encore. Difficile de faire plus dangereux qu’un homme sans le moindre sens moral. Enfin, il avait une morale mais c’était celle d’un démon. Tu l’as bien vu, non ? Ma passion c’est le sexe. Enfin, plus ou moins, mais c’était mieux que de dire qu’il aimait enfermer des gens dans sa cave et s’amuser avec jusqu’à en être lassé. Et ça… Il désigna vaguement le corps au sol, qu’il distinguait entre les ombres. Disons que tu tues des vaches pour te nourrir. Enfin, quelqu’un le fait pour toi mais c’est du pareil au même, un boucher doit manger lui aussi…Et bien voilà. Je suis navré que tu ais assisté à ça, elle n’est vraiment pas propre quand elle mange cette petite.

Raphaël poussa un soupir, sans se rendre compte que sa tirade débitée avec un joli sourire rassurant était justement tout sauf rassurante. Il parvenait même à faire pire que Cornelia.

- Oh et puisque tu sais tout maintenant, tu peux m’appeler Raphaël. Démon de l’ombre, enchanté.

Il tendit la main, toujours avec ce même sourire. Il commençait à peine à se calmer et était particulièrement agacé d’avoir dû avouer à un catholique sa nature démoniaque. On fait mieux comme approche.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 18 Aoû 2014 - 21:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Plus Cornelia parlait, plus Lorenzo se disait qu'elle avait un sérieux problème. Non, mais c'était vrai, quoi, quelle personne censée parlerait de la manière dont elle le faisait ? En plus, ce qu'elle disait montrait bien qu'elle n'avait pas la moindre idée de la manière dont fonctionnait la Famille. Oui, le Don était son père, mais ça ne signifiait pas qu'il était un roi. Tout Don avait des conseillers, à commencer par son Consigliere. Dans le cas de Lorenzo, il n'était peut-être pas un vrai conseiller, mais il était quand même écouté par son père. Cela semblait l'évidence même, parce que sinon, comment pouvait-il faire ses preuves ? En informant son père de choses qu'il avait en tête, il pouvait voir ce dernier les accepter comme les refuser. Alors peut-être qu'il était petit, comme elle le disait, mais il n'empêchait qu'il avait quand même le pouvoir de lui faire perdre son boulot.

Quoi qu'il en soit, Lorenzo ne répondit même pas et il se contenta d'attendre la suite, songeant qu'un jour, elle en aurait peut-être quelque chose à faire, de ce qu'il pouvait penser d'elle. Pauvre fille, elle devait être vraiment stupide pour ne pas voir dans quoi elle s'enfonçait jusqu'au cou. D'autres avaient perdu la vie pour moins que ça. Puis, soudainement, les choses changèrent du tout au tout. C'était donc ça, le changement de personnalité ? Lorenzo n'était évidemment pas un expert sur le sujet, mais il lui semblait pourtant que dans ce genre de pathologie, il était très rare que les personnalités multiples soient au courant de ce fait. Souvent, il n'y en avait qu'une qui le savait, celle qui dominait, tandis que les autres n'en savaient rien. Or là, la situation était très différente et c'en était vraiment perturbant...

Lorsque la nouvelle personnalité se présenta, Lorenzo commença par se dire qu'elle était vraiment folle elle-aussi. Elle pensait donc réellement être un démon ? Quelle idée stupide. Et stupide, il l'était aussi, pour ne pas réfléchir à ce qu'il racontait. Bien entendu, lorsque Cornelia tendit la main pour le saluer, Lorenzo ne fit pas le moindre geste. Croyait-elle réellement qu'il allait s'approcher pour lui donner sa propre main ? Décidément, il y avait beaucoup à faire. « Des vaches ? Tu penses sincèrement que le fait d'être considéré comme du bétail m'aidera à mieux accepter tout cela ? » Parce que la fille était humaine, comme l'était Lorenzo, et si le démon ou quoi que ça puisse être considérait la fille comme du bétail, il en allait de même de lui. Bien entendu, il dirait probablement que c'est différent, que la fille ne valait rien, qu'il était plus important, mais cela ne changerait rien au fait. Qu'on considère un chien comme son propre enfant ne changeait rien au fait qu'il restait un chien et donc, quoi que l'entité ait pu raconter, Lorenzo savait déjà quoi s'en tenir.

« J'ai toujours pensé que les démons étaient des créatures que l'on devait craindre, parce qu'elles étaient dangereuses. Visiblement, on nous raconte effectivement beaucoup d'âneries à votre sujet. » Un sourire moqueur apparut sur les lèvres de Lorenzo, tandis qu'il s'assurait d'avoir son arme à portée de la main. Démon ou pas, un tir de pistolet laser risquait de lui faire bien mal. « Devoir demander l'autorisation à une fille que l'on considère folle pour occuper son corps, quand même... » C'était risible ? Pitoyable ? Un peu des deux. En tous les cas, ça ne donnait absolument pas l'impression que la créature était puissante, sans quoi, elle aurait pu faire les choses à sa guise. « Et donc, tu es venu sur Terre pour quelle raison ? Juste pour tourner dans des films pornographiques ? » Parce qu'à priori, c'était lui qui faisait cela et non pas Cornelia. Mais il fallait avouer qu'il y avait plus démoniaque comme plan que de se faire prendre par des étudiants sur un studio porno... A moins que ce démon ne soit qu'une créature inférieure, ce qui aurait pu expliquer son manque de puissance. Mais si c'était le cas, que cherchait-il et surtout, à quoi pourrait-il servir ?

Que penser de tout cela ? Lorenzo devait-il continuer à employer Cornelia, maintenant qu'il savait ? Bien entendu, elle était un peu devenue la star, donc s'en séparer serait gênant... D'un autre côté, avec ce qu'il savait, la laisser continuer le serait tout autant. Heureusement, ce n'était pas lui qui se retrouvait avec elle au lit et vu les révélations de cette soirée, cela n'arriverait heureusement jamais. Les fantasmes n'avaient plus aucun lieu d'être ! Il l'avait quand même échappé belle. Donc, devait-il accepter que cette créature fasse ce qu'elle voulait du corps d'une jeune femme ? En théorie, non, parce que cela allait à l'encontre de ses principes. Si au moins Cornelia précisait qu'elle était consentante, cela irait, mais dans le cas présent... De toute façon, il aurait largement le temps de prendre sa décision et pour le moment, il devait encore décider si ce que Cornelia disait était vrai ou si elle méritait simplement une chambre de choix à l'hôpital psychiatrique de la Providence. Dans un cas comme dans l'autre, c'était plutôt inquiétant, avec tout ce que cela impliquait.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 22 Aoû 2014 - 11:05 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Raphaël ne put retenir une moue boudeuse bien qu’intérieurement, il était profondément agacé.
La réplique de Lorenzo était précisément la raison pour laquelle la punition qu’on lui avait infligé était si pénible. Coincé dans le corps d’une fille frêle, privé d’une bonne partie de ses pouvoirs, Raphaël n’en imposait plus que par son aura, son comportement et sa maîtrise des ombres. Il aurait bien montré à Lorenzo le véritable sens du mot dangereux mais il craignait que l’anneau à son doigt ne se réveille. Il n’était pas certain que le gamin connaisse le pouvoir de l’artefact qu’il portait encore maintenant mais sait-on jamais. Raphaël ne voulait pas prendre de risque, il voulait posséder cet anneau pour se protéger lui-même des ennuis éventuels qu’il pourrait s’attirer…Et il allait s’en attirer beaucoup dans les semaines à venir.
Intérieurement, il bouillonnait de rage et n’avait envie que d’une chose : Ne pas se laisser marcher dessus. Heureusement, tout égocentrique et démoniaque qu’il était, Raphaël ne se comportait pas toujours comme un gamin et savait parfois attendre le moment opportun pour agir.

- D’où tu tiens cette idée ? Je n’ai demandé aucune autorisation, j’ai pris, c’est tout. Depuis quand tu n’aimes pas ce corps ?

Quelque chose lui disait que l’intervention de Cornelia avait fichu par Terre tout ce que Raphaël avait pu faire auparavant, y compris tourner des films porno. Non pas qu’il ne trouvait pas ça amusant mais il avait généralement des activités un peu plus intenses. Il ne prenait pas vraiment son pied avec les types qu’on lui proposait, tous trop jeunes, trop inexpérimentés, pour lui et il n’avait pas le droit de jouer au bourreau. Bref, l’industrie pornographique étudiante était frustrante mais il y avait eu une belle récompense à la clé, s’il jouait finement son coup.
Hélas, c’était sans compter Cornelia, qui se réveillait quand elle voulait bien.

- Je te jure, tu vas le regretter, grogna-t-il intérieurement.

Seul un silence lui répondit.
D’autant plus frustré, le démon sourit à Lorenzo en essayant de ne pas se montrer trop envieux ou trop effrayant. Heureusement, il était doué pour le mensonge.

- Et toi, tu es venu sur Terre pour quelle raison ? Je mène ma vie comme je l’entends, quand tu auras plusieurs millénaires d’existence, tu pourras critiquer mes choix de vie. Là…Disons que je suis en vacances, donc je m’amuse.

Un gros mensonge, il n’était pas ici de son plein gré, encore moins dans ce corps. Il avait fait une erreur quinze ans plus tôt qu’il payait encore et qu’il n’avait pas fini de payer, il en était certain.

- Plains-toi, tu vends bien grâce à moi non ?

Une affirmation née d’avantage de son égo surdimensionné que de faits véritables mais là n’était pas la question.

- Ne me regarde pas avec cet air si dégoûté, Lorenzo Mancini. En quelque sorte, je fais partie de ta religion et je ne suis pas là pour répandre le chaos ou déclencher l’apocalypse. Si tu croises un démon aux yeux jaunes, il sera probablement là pour ça, mais pas moi. Je ne suis pas un saint, mais tu ne l’es pas vraiment non plus, donc on peut chacun se pardonner nos petits péchés et reprendre nos affaires, qu’est-ce que t’en dis ?

Une proposition qui allait tomber à l’eau, le démon en était presque certain. Les catholiques possédaient cette fâcheuse tendance à ne pas parvenir à se détacher d’une certitude apprise après de nombreux après-midis à prier. On lui avait enseigné à cracher à la gueule du « Malin » mais il n’était pas Lucifer, il n’était même pas son fils. Il appartenait à la lignée de Bélial (ce qui n’était pas mieux) et avait récupéré par mal d’âmes au cours des millénaires écoulés…Mais là n’était pas non plus la question.

- Je te déteste, sérieux, marmonna-t-il intérieurement.

Cette fois, il aurait presque juré la voir sourire.
Mais il avait dû rêver.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 22 Aoû 2014 - 20:54 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Lorenzo avait laissé parler le démon, sans intervenir. S'il l'avait pu, il aurait sans aucun doute roulé des yeux, tellement ce qu'on lui disait avait l'air prévisible. Ainsi donc, le démon prenait, purement et simplement. Mais bien sûr... Et Lorenzo était le futur roi de l'Atlantide. Il le prenait vraiment pour un débile ? « J'imagine donc que ça faisait partie de ton plan, de la laisser tout me raconter, comme ça ? Ne viens-tu pas de dire que tu aurais voulu qu'elle ne parle pas ? » Si, il venait de le dire, très clairement. « Pourquoi n'as-tu donc pas pris, dans ce cas, pour la faire taire ? » Et voilà, il se trouvait au pied du mur. Comment allait-il tenter de se rattraper ? « Et tu sais, il est inutile de tenter de détourner mon attention en évoquant des sujets lubriques. Je ne suis pas aussi primaire. » Ce qui était vrai, malgré ce qu'on aurait pu penser au premier abord. Lorenzo ne produisait pas des films pornographiques pour satisfaire ses propres besoins, mais simplement parce que c'était un business payant et qui fonctionnait très bien.

Le jeune homme laissa de côté les propos du démon qui évoquait ses vacances pour se concentrer sur le reste. « Tu voudrais donc que l'on reprenne nos affaires. Mais quelles affaires ? Nous n'avons jamais travaillé ensemble, que je sache. Bien sûr, si j'écoute ce que dit Cornelia, vous travaillez déjà pour ma famille, mais qu'est-ce que vous pouvez apporter de plus que d'autres assassins ? » Il était vrai que la démonstration menée par Cornelia avait fait son petit effet mais si l'on regardait les choses de plus près, il y avait bien d'autres tueurs efficaces en ville et dans le monde. Pourquoi s’acoquiner avec un démon qui, par extension, pourrait les trahir n'importe quand ? Ne valait-il pas mieux s'en défaire pour choisir des hommes de main plus adaptés et plus dignes de confiance ?

« Tu sembles tout savoir, mais pourtant, tu fais erreur. Crois-tu que j'accepterais tes propositions, si je n'étais pas catholique ? Crois-tu que tu as ce que l'on veut ? » Il avait des pouvoirs, oui, mais c'était bien la seule chose dont il disposait. Pour le reste, il lui manquait malheureusement tout... « Il te faudrait peut-être apprendre à mieux connaître le monde actuel. Ton expérience millénaire ne t'aidera pas à t'adapter. Je suis désolé de te le dire, mais tu ne pourras jamais travailler pour la famille. Au cas où tu l'as oublié, tu es une fille. Si cela te permet d'être une associée, tu ne pourras jamais grimper les échelons. » Sans compter que de toute façon, il était peu probable que le démon puisse réciter son serment de fidélité en touchant une image pieuse.

De quelles affaires voulait-il donc parler ? Son rôle d'acteur – ou d'actrice – pour le studio dirigé par Lorenzo ? Leur rôle de tueur ? A moins qu'il n'y ait autre chose là derrière, mais quoi ? « Cela dit, peut-être que cela te convient de n'être qu'un sous-fifre obéissant. » Un chien, quoi. Qu'avait-il à gagner à tenir ce rôle ? Que cherchait-il ? « Qu'est-ce que tu attends ? Un démon aussi puissant que toi, que cherche-t-il, à jouer les vulgaires tueurs ou à se faire prendre devant une caméra ? Ne me dit pas que tu ne cherches pas à en avoir plus, je ne te croirais pas. » Parce qu'un démon sans ambition, ça n'était pas crédible et ça devait probablement être la seule chose vraie des représentations cinématographiques. Généralement, le démon était l'être puissant qui venait offrir des pouvoirs en échange de quelque chose. Mais ici, la situation semblait être totalement différente. S'il avait des pouvoirs, le démon ne devait plus être aussi puissant que cela, alors, peut-être cela pourrait-il lui servir ? Il fallait toutefois voir ce que ce dernier allait révéler. « Admettons que je sois prêt à t'écouter. Qu'as-tu à dire pour me convaincre de te faire confiance ? Ou me convaincre de t'aider ? » Allait-il seulement s'énerver à l'idée d'être celui dans le besoin ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 23:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Lorenzo commençait à sérieusement l’agacer.
Raphaël détestait se justifier, en particulier devant ceux qui n’avaient rien à lui envier. Certes, il était enfermé dans une enveloppe censée annihiler ses pouvoirs, Cornelia était une prison…Une prison mise au point par Bélial en personne, soit un des princes infernaux. Raphaël avait beau avoir un égo surdimensionné, il se savait incapable de rivaliser avec lui –pour l’instant. Il ne pouvait qu’attendre une solution ou s’adapter à sa nouvelle existence. Dans peu de temps, il allait se voir retirer la seconde option et serait obligé d’avoir un plan.
Mais en attendant, se faire insulter par un gamin prétentieux n’était pas un programme.

Le démon serra légèrement le poing et il dut se faire violence pour ne pas lancer ses ombres sur Lorenzo. Cela le démangeait, les lignes de son corps se troublaient déjà, mais plusieurs choses l’arrêtèrent. La première étant le manque de certitude quant à la solitude de Lorenzo. Il avait beau être un enfant imbu de sa personne –aux yeux du démon- il n’était probablement pas venu seul dans ce quartier la nuit. D’autres membres de la famille Mancini devaient rôder dans le coin et être prêts à descendre Cornelia s’il faisait un geste de trop. En temps normal, Raphaël se serait moqué de perdre son hôte mais dans la situation actuelle, il n’était pas certain que son essence ne serait pas désintégrée en même temps que l’enveloppe de Corny.
Raison pour laquelle il n’avait jamais tenté de la suicider. Raphaël avait beau être un démon culotté, il avait toujours su quand il fallait fuir.
Quant à savoir pourquoi il perdait son temps à tourner des films minables ?
Il voulait le sceau de Solomon.

Mais tout cela, évidemment, il n’allait pas le lui expliquer. Il estimait ne pas avoir à se justifier devant qui que ce soit et s’il était parti de Dis, c’était en partie pour cette raison.

- M’aider ? Me faire confiance ?

Il riait à peine, une condescendance forcée. En réalité ? Il bouillonnait et avait envie de faire payer l’affront fait par ce petit mafioso de bas étage. Hélas, il ne pouvait pas se le permettre, pas encore à moins de ruiner toutes ses chances de récupérer l’anneau qu’il portait à son doigt.

- Tu ne peux pas et ce n’est pas ce que je t’ai demandé, Lorenzo Mancini.

Et sans plus rien ajouter, parce que des actes valent souvent mieux qu’un long discours, Raphaël…
Disparut.
Les ombres l’entourèrent soudain comme un manteau et il ne fut plus visible pour personne. Il planta là Lorenzo, avec la petite satisfaction d’avoir eu le dernier mot dans cette discussion mais l’intime conviction qu’il devrait user de ruses pour parvenir à l’approcher à nouveau. Il aurait le temps de s’y pencher.
Ou peut-être pas suffisamment…
Mais ça, c’est une autre histoire.

And that’s all ?
Revenir en haut Aller en bas



Les choses les plus attendues arrivent souvent par surprise. ¤¤ Cornelia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Les choses les plus attendues arrivent souvent par surprise. ¤¤ Cornelia
» Les choses les plus attendues arrivent souvent par surprise. [Rogan]
» faire l'amour dans le noir reserve souvent des surprise
» Les ONG arrivent au pouvoir en Haïti
» [Archive 2006] Le Samain, ma vision des choses

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-