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Quand on fait des pâtes, il y en a toujours trop. ¤¤ Siobhan

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Message posté : Lun 28 Juil 2014 - 19:59 Message
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Little Italy était un quartier que Lorenzo connaissait bien pour y avoir passé toute sa vie. Contrairement à ce que l'on pouvait penser, il n'y avait pas que des Italiens, dans ce quartier, même s'ils formaient la grande majorité de la population. On pouvait ainsi trouver une forte population grecque dans certains secteurs ainsi que d'autres communautés. Et pourtant, quand on se promenait dans les rues, on voyait énormément de drapeau vert, blanc et rouge, ces derniers ornant généralement des épiceries traditionnelles vendant des produits venus tout droit de l'Italie, des coiffeurs italiens, des glaciers italiens, des boutiques de vêtements italiens sans oublier les innombrables restaurants italiens. Oui, toute aussi petite qu'elle ait pu l'être, l'Italie était bien présente dans ce quartier.

Ce que l'on ne savait toutefois pas, où du moins, que l'on savait mais sans en avoir les preuves et sans vouloir le dire, c'était que la très grande majorité de tous ces établissements était sous le contrôle de la mafia, qu'ils appartiennent à l'une des nombreuses familles ou que les propriétaires payent pour une quelconque protection. La famille Mancini n'échappait pas à cette règle, possédant plusieurs établissements dont le fameux Maltese Falcon, un restaurant traditionnel davantage destiné aux gens aisés. Lorenzo appréciait beaucoup cet établissement et depuis sa plus tendre enfance, il y passait beaucoup de temps, d'abord en compagnie de son père, ensuite, de son propre chef. Aujourd'hui, c'était souvent l'endroit qu'il choisissait pour des rencontres intéressantes, jugeant que l'on parlait bien plus librement autour d'un bon repas plutôt que dans un bureau au sein d'un grand manoir.

En ce jour, c'était une rencontre de ce genre qu'il devait faire dans l'établissement et c'est pourquoi il avait choisi l'heure de midi, histoire de profiter au mieux du repas. Comme à son habitude, Lorenzo était arrivé relativement en avance et il s'était installé à sa table habituelle, relisant les informations qu'on avait pu lui procurer au sujet de la personne qu'il allait voir. Une Irlandaise, visiblement, membre du Cartel Rouge. Elle n'était pas la première personne originaire de ce pays qui rejoignait l'organisation criminelle et l'Italien ne put s'empêcher de se demander s'il y avait une explication derrière cela ou si ce n'était qu'un pur hasard. Toujours est-il que la jeune femme semblait déjà avoir fait ses preuves, même si elle restait encore dans l'ombre. On n'avait pu en dire beaucoup au sujet de ses compétences, mais elle semblait très douée pour protéger des choses. Qu'est-ce qui pouvait bien se cacher derrière tout cela ? Lorenzo souhaitait le savoir et c'était l'un des buts de ce rendez-vous.

Lorsqu'une jeune femme rousse entra dans l'établissement, il la reconnut immédiatement et il fit un signe presque imperceptible à l'un de ses hommes. Celui-ci aborda la jeune femme et la salua poliment avant de lui indiquer la table. Il reprit ensuite sa place, sans rien ajouter de plus. Néanmoins, Lorenzo prit la relève, se levant pour accueillir son invitée. Il portait un costume, italien, taillé sur mesure et l'on pouvait dire qu'il présentait relativement bien. Cela faisait en quelque sorte partie de son métier. « Buongiorno ! » S'approchant de la jeune femme, Lorenzo lui tendit la main et, prenant la sienne, il lui fit un baise-main. Certes, cela n'était peut-être pas sa manière d'être habituelle, mais le jeune homme savait jouer de son charme dans le but de faire bonne impression. Du moins, c'était là ce qu'il tentait de faire mais il n'était pas dit que les gens réagissent correctement à cela. « Lorenzo Mancini. Vous devez être la signorina O'Reilly ? Benvenuto ! » S'écartant pour lui ouvrir le passage, le jeune homme désigna la table. « Je vous en prie, prenez place. J'espère que vous n'avez rien contre la cuisine italienne ! Souhaitez-vous boire quelque chose ? » Lui laissant le temps de réfléchir à la question et de donner sa réponse, Lorenzo décida de poser une première question, afin d'initier la discussion sans en avoir réellement l'air. « Avez-vous une idée de la raison qui est à l'origine de cette invitation ? » Un moyen comme un autre de voir ce que pouvait savoir la jeune femme.
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Message posté : Mar 29 Juil 2014 - 23:20 Message
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Pour une fois, j’émergeais du sommeil à une heure à peu près décente. Bien que j’ai décalé mes heures de travail en les échangeant avec une autre serveuse, j’avais quelque chose de prévu aujourd’hui. En l’occurrence, j’avais été invitée au restaurant. Sans que ça soit si hautement inhabituel, ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps. Et la personne qui m’invitait, elle, devait probablement sortir de l’ordinaire. Vu le nom de famille qu’elle portait du moins. Si le prénom Lorenzo m’était peu familier, le nom de Mancini parlait pour lui même. Il était de notoriété publique ou presque qu’il s’agissait d’une famille mafieuse, qui avait rejoint le Cartel Rouge qui plus est. J’avais grappillé quelques informations au cas où quelqu’un voudrait faire appel à moi en son nom, mais pas plus que ça.

J’allais donc quelque peu à l’aveuglette à ce rendez-vous. Cela ne m’empêcha pas de m’apprêter avec un soin particulier. Si c’était mon physique plutôt que mes talents autres qui me décrochait un job, je n’aurais aucune honte… Alors autant profiter d’avoir cet avantage. Je passais une robe noire qui ne faisait ni trop habillée, ni négligée, arrivant juste au dessus de mes genoux, avec les talons assortis et un petit sac à main pour trimballer mon bordel. Vu la météo, je ne pris pas la précaution de me couvrir plus. J’ajoutais à ces préparatifs une légère touche de maquillage afin de mettre mes yeux bleus gris en valeur, laissant mes cheveux légèrement ondulés au naturel encadrer mon visage. Pas la peine non plus de passer quatre heures sur un brushing qui tiendrait cinq minutes. Et puis, j’étais plutôt bien comme ça, alors…

Je rejoignis ensuite le Maltese Falcon. Je n’étais jamais allée manger dans ce restaurant, bien que ça ne soit pas si loin de mon appartement. Mais la fille que je présentais au monde diurne n’était pas vraiment censée avoir les moyens de se payer un restaurant, quel qu’il soit par ailleurs, tous les quatre matins, donc, je n’avais pas vraiment le choix. Hésitant un instant, j’entrais finalement dans l’établissement. Un jeune homme des plus polis m’aborda rapidement pour m’indiquer la table où j’étais apparemment attendue.

Je pris le temps de rejoindre le jeune homme – plus jeune, en tout cas, que je ne l’avais imaginé. Je doutais qu’il soit beaucoup plus vieux que moi, en tout cas – en profitant pour me faire une première impression. Je ne saisis tout d’abord qu’une impression d’ensemble (des cheveux blonds, relativement fin, et il me paraissait également légèrement plus petit que moi), suffisamment pour me rendre compte que Mancini était plutôt très bien fait de sa personne. Ou comment joindre l’utile à l’agréable. Même s’il fallait plus qu’une gueule d’ange et des manières impeccables pour me charmer, je ne pouvais que me prendre au jeu. Bien qu’un peu décontenancée par son baise main, je me contentais de lui offrir un léger sourire, me maîtrisant à la perfection et jusqu’au bout des ongles. Je n’allais pas me plaindre d’être accueillie poliment et autour d’une table, pour une fois. J’acquiesçais alors qu’il prenait acte de mon identité

« Siobhan O’Reilly, en effet. Enchantée, M. Mancini. »

Je répondais avec naturel, n’étant pas du genre à être intimidée dans une situation un peu inhabituelle. Je pris place tranquille, et demandais poliment :

« Je prendrais bien un verre de vin blanc, s’il vous plaît. »

Je ne buvais pas beaucoup, mais, si je n’appréciais que peu le vin rouge, je ne disais pas non à un blanc de temps en temps. Et puis, quitte à faire. Je pris le temps de réfléchir à ce que je pouvais dire et ce que je devrais taire. Je n’étais pas femme à en dévoiler trop sur le champ. Loin de là. Plutôt secrète, je ne voulais pas étalé ma vie devant tout un chacun (et de toute façon, je n’en avais pas l’occasion). Mais cette réserve, je la cachais avec soin. Apparemment détendue, je gardais le sourire pour Lorenzo. Je jouais mon propre jeu, et je savais que je ne le jouais pas trop mal. Je répondis sans le quitter du regard un instant.

« Vous savez, je me suis bien demandée un instant ce que pouvait vouloir un membre de votre famille à ma modeste personne. Mais finalement, je ne vois pas ce qui pourrait vous pousser à prendre contact avec moi, si ce ne sont mes… capacités particulières. Et je me suis également rendue compte que vous auriez eu quelques difficultés à obtenir mon nom dans d’autres circonstances que celles-ci. »

Je marquais une légère pause. J’avais été interloquée lorsque j’avais reçu cette invitation. Au sein du Cartel, la plupart me connaissaient sous le nom de Morrigan. Même si quelques uns avaient appris ma véritable identité, évidemment. Je ne voyais pas pourquoi le jeune Mancini se serait intéressée plus d’une seconde à moi s’il m’avait croisé sur mon lieu de travail.

« Après tout, je ne suis qu’une jeune femme qui travaille dans un café pour joindre les deux bouts. Une femme ordinaire au quotidien tout aussi ordinaire. Du moins officiellement. »

Je baissais légèrement le ton sur cette dernière phrase, me penchant très légèrement vers lui. Même si je me doutais que le restaurant devait appartenir aux Mancini, je faisais toujours attention à ce que je disais.

« Cependant, je dois bien vous avouer qu’il va falloir m’éclairer quand à la nature de vos attentes vis-à-vis de moi. »

Je me pliais au ton qu’avait donné Lorenzo dés le début de notre rencontre. Prenant de réfléchir à ce que j’allais dire. Et je dois dire que je le faisais avec un certain plaisir.

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Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 18:20 Message
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Laissant le temps à la jeune femme de réfléchir à sa question, Lorenzo appela l'un des serveurs afin de lui demander d'apporter une bouteille de vermentino de Toscane, un vin blanc généralement plutôt apprécié. La bouteille ainsi que deux verres ne tardèrent pas à rejoindre la table et le service fut exécuté à la perfection. L'employé du restaurant s'éloigna alors, les laissant à nouveau seuls. Lorsque la réponse de Siobhan finit par arriver, le jeune homme ne put s'empêcher de constater que la jeune Irlandaise ne le quittait pas du regard, démontrant par-là un certain contrôle de sa personne. Dans le même temps, il en apprit un peu plus sur la condition modeste de sa vie personnelle et il nota là un point qui pouvait lui permettre de faire plus forte impression. Alors que la jeune femme achevait de répondre, il laissa apparaître un sourire amical sur ses lèvres. « Je suis pourtant certain qu'il existe de nombreuses raisons de s'intéresser à une jeune femme de votre style, signorina. Peut-être ne l'avez-vous pas constaté, mais votre entrée a fait forte impression. » Il s'agissait bien entendu d'un compliment voilé, même s'il en pensait malgré tout chaque mot.

Faisant glisser le verre de vin blanc devant la jeune femme, il prit lui-même le sien avant de le lever. « Aux nouvelles rencontres et aux nouvelles opportunités qui peuvent en découler ! Salute ! » Portant le verre à ses lèvres, Lorenzo en but une gorgée avant de le reposer devant lui. Ses yeux vinrent alors une nouvelle fois à la rencontre de ceux de Siobhan dans le but de répondre à sa question. « Votre déduction était néanmoins tout à fait véridique. Vos capacités m'intéressent. Je me suis laissé dire que vous n'aviez pas votre pareil pour protéger des choses et j'aurais donc aimé m'entretenir avec vous de cela. Entre autres choses, bien entendu. » On ne savait effectivement jamais sur quel terrain une discussion pouvait nous emmener et selon ce que la jeune femme lui révélerait, il était fort possible qu'il ait de nouvelles questions, voire des propositions plus intéressantes à formuler.

« Je ne doute pas que comme moi, vous ayez fait la connaissance de personnes fort intéressantes. » Une manière d'indiquer que Star City regorgeait d'individus aux capacités particulières, qu'ils soient des mutants, des mages, des combattants venus d'on ne sait où, voire même des extraterrestres. En tant que membre du Cartel Rouge, Siobhan pouvait donc elle-même avoir fait la connaissance de telles personnes, comme elle pouvait même en faire partie. « Je me dis donc que vous devez avoir vos trucs, pour remplir aussi bien les contrats que l'on vous confie. Oh, n'ayez crainte, je ne vous demande pas de me révéler tous vos secrets. Néanmoins, j'apprécierais quand même d'en savoir un peu plus sur vos méthodes. On dit que par les méthodes, on peut en apprendre beaucoup sur une personne, alors je trouve que c'est un bon départ. »

Lorenzo laissa alors apparaître un nouveau sourire sur ses lèvres, buvant une gorgée de son vin. « De plus, en me révélant comment vous vous y prenez pour assurer la protection des biens que l'on vous confie, je saurais si ces méthodes sont compatibles avec ce que ma famille peut attendre des gens avec lesquels elle traite. Cela peut donc être une bonne opportunité pour vous. Les Mancini savent être généreux avec les gens serviables. »
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Message posté : Dim 3 Aoû 2014 - 21:10 Message
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J’acceptais le compliment avec un petit sourire. N’étant pas adepte de la fausse modestie, j’avais conscience que mon allure générale avait tendance à faire tourner les têtes. Cela dit, j’avais aussi l’habitude de voir certaines personnes se décourager quand elles se rendaient compte que je n’avais pas besoin d’être choyée et protégée. Attirer un regard appréciateur n’était pas pour me déplaire pour autant. Surtout si le regard en question émanait d’un jeune homme tel que Lorenzo. Poli, sympathique, doté d’une moralité très probablement douteuse, et sexy. Jolie combinaison.

Je pris le verre qu’il me glissait, et le levait à sa suite. J’attendis qu’il est fini pour ajouter en revenant au gaélique sans trop y repenser : « Slainte ». Je bus un peu de vin du bout des lèvres, tandis que mon vis-à-vis faisait de même, avant de me répondre, cherchant mon regard pour se faire, ce que je lui accordais bien volontiers. Comme je m’en étais douté, c’était d’abord mes capacités qui l’avaient attiré vers moi. Evidemment. Et il était apparemment désireux d’en savoir plus. Pour plus de praticité, et parce qu’il l’avait bien fallu pour me faire embaucher, je n’avais pas fait mystère d’un certain nombre de choses à mon propos. Ayant de plus été testée à plusieurs reprises, ce que je m’apprêtais à révéler à M. Mancini ne serait rien de plus que ce qu’il aurait pu finir par apprendre.

«Vous l’aurez sans doute remarqué si vous ne le saviez pas déjà, mais je suis irlandaise. Je descends d’une lignée de druidesses qui remontent à … un certain temps, dirons-nous. La magie, chez nous, est une affaire de femmes. »

Je ne fis pas mention de mon lien avec Morrigan. Je n’en parlais guère, ne jugeant pas que c’était un renseignement si intéressant que ça pour mes employeurs potentiels, et n’ayant pas envie que l’on s’en serve pour une raison x ou y contre moi.

« Cependant, contrairement à la plupart des membres de ma famille, je suis ce qu’on pourrait appeler une druidesse noire. » Je fis une légère moue. « Bien que je trouve ce terme incroyablement réducteur. »

Je fis une pause, et pris le temps de boire une gorgée de vin, avant de reprendre.

« Je me suis vite rendue compte qu’il fallait savoir prendre des initiatives quand on recherche du pouvoir. » Je lui souris de nouveau, un sourire un peu carnassier cette fois-ci. Puis je m’adoucis de nouveau pour ajouter d’une voix tranquille : « Et étant donné la quantité de personnes intéressantes que l’on rencontre ici, j’en avais bien besoin si je voulais survivre à mes ambitions. »

Je détournais le regard un moment, scrutant la salle par pure habitude. N’étant pas sur mon territoire habituel, j’avais toujours tendance à observer les environs. L’expérience m’avait appris que toute information était bonne à prendre. Je revins cependant rapidement à mon hôte du jour.

« Ma magie étant assez peu commune de nos jours, il m’est relativement facile de remplir mes contrats efficacement. Après tout, il est difficile de lutter contre les protections que je pose si on ne comprend pas tout à fait leurs fonctionnements. »

ça, et le fait que j’étais la seule clé qui permettait d’ouvrir les dites protections, dans l’imaginaire collectif. Moi, ou le client auquel je transmettais la garde du sort. En réalité, n’importe qui ayant l’idée d’utiliser uniquement mon sang ou celui de la bonne personne aurait pu les faire tomber, mais bon. C’était typiquement le genre de choses que personne ne savait. Même mon oncle n’avait pas eu le droit à ce chapitre de l’histoire.

« Je pourrais vous raconter beaucoup de choses qui ne me nuiront pas vraiment, si vous en avez besoin. Je ne dis jamais non à une opportunité intéressante. A moins, bien sûr, que ça n’aille à l’encontre de mes intérêts ou de ceux de mes clients. »

Je faisais preuve d’une certaine honnêteté, en affaire. Ça évitait de se retrouver menacée tous les quatre matins, bizarrement. Ce qui était relativement appréciable dans la vie quotidienne. Le problème, quand on travaillait à gauche et à droite, c’est que je devais me débrouiller la plupart du temps pour me protéger moi même.
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Message posté : Jeu 7 Aoû 2014 - 23:22 Message
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La jeune Siobhan ne mit pas longtemps à répondre à Lorenzo et contre toute attente, elle n'hésita même pas à lui dire la vérité. Du moins, c'est ce que pensa le jeune homme, sans en avoir la certitude pour autant. En effet, ce qu'elle expliquait était particulièrement étonnant et extraordinaire, ce qui fait qu'on pouvait penser qu'il s'agissait bien de la vérité. Elle disait être une druidesse Irlandaise et cela ne s'inventait pas. Si Lorenzo avait déjà entendu parler de druides lors de ses années d'école, il ne savait pas que de tels personnages pouvaient encore exister. Quant à savoir ce qu'ils étaient capables de faire, c'était une toute autre question, surtout qu'elle évoquait le fait qu'elle était une druidesse noire. Bien entendu, cela semblait logique, puisqu'elle servait le Cartel Rouge.

Quoi qu'il en soit, la magie semblait relativement simple à utiliser, selon elle, ce qui lui permettait de remplir ses obligations avec aisance, d'autant plus que sa magie était étrangère et qu'elle n'était donc pas forcément comprise par les gens qui vivaient à Star City. Elle apporta sa conclusion en révélant ne jamais dire non à une opportunité qui pouvait se présenter tout en indiquant qu'elle suivait un certain code puisqu'elle se refusait vraisemblablement à trahir ses clients. « Votre loyauté vous honore, signorina. Mais je me doute bien que vos clients n'aient pas à se plaindre de vous, sans quoi, cela ferait sans doute longtemps que vous ne rempliriez plus le moindre contrat. » Or visiblement, des contrats, elle en remplissait plus qu'il n'en fallait.

La grande question, c'était de savoir ce qu'elle faisait précisément, parce que ça restait le plus grand mystère. En effet, même si sa réputation n'était plus à refaire, il était difficile voire impossible de savoir comment elle l'avait précisément gagnée. Cela semblait relativement normal, dans le domaine dans lequel ils œuvraient et c'était d'autant plus rassurant. « Il reste toutefois de nombreux mystères qui vous entourent et je dois vous avouer que cela m'intrigue au plus haut point. » Généralement, c'était plutôt la situation inverse, les rumeurs sur la famille Mancini allant bon train. Mais dans le cas présent, Lorenzo ressentait une curiosité particulière à l'égard de la jeune femme et cette curiosité ne faisait que s’accroître à mesure des révélations qu'elle lui offrait.

« Votre... magie. Comment se manifeste-t-elle ? » Le concept de magie lui était totalement étranger et il avait donc nécessairement un peu de mal avec ça. Lorenzo ne savait donc pas vraiment comment poser ses questions et il était probable qu'il n'ait pas l'air très intelligent, sur le moment. « Je veux dire, que vous permet-elle ? Lorsque quelqu'un vous approche afin de louer vos services, qu'êtes-vous en mesure de lui offrir ? » S'agissait-il d'une simple protection temporaire ? D'un moyen de retrouver quelque chose qui avait disparu ? D'un moyen de ne pas mourir ?? Tout était possible et il s'agissait donc de savoir ce que la jeune femme avait à offrir avant de lui proposer un quelconque contrat. Il aurait été dommage de ne pas lui confier un travail à la hauteur de son talent... « Je m'interroge aussi sur la raison de votre présence dans notre belle ville. Vous êtes bien loin de votre Irlande natale... Cela ne vous pose pas de souci ? » La magie pouvait être liée à sa terre ou à quoi que ce soit d'autre et de ce fait, elle pouvait être affaiblie, ici-même. A moins qu'il ne lui manque des moyens pour s'offrir ce dont elle avait besoin dans la pratique de son art. « N'y a-t-il rien qui vous manque, ici, en Amérique ? » Après tout, l'Amérique était une terre à part, non ? Ne disait-on pas qu'en Amérique, il n'y a pas de chat ?
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Message posté : Ven 8 Aoû 2014 - 16:53 Message
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Je n’avais jamais entendu de clients se plaindre d’une indiscrétion de ma part, en tout cas. Je n’étais peut être pas très connue, mais j’avais tout de même la réputation d’honorer mes contrats avec rigueur, sans poser de questions, et sans aller bavarder à tort et à travers par la suite. Ce qui expliquait que je trouvais toujours quelques tâches à remplir quand j’en cherchais. Ça me convenait pour le moment, même si je commençais à penser à passer à la vitesse supérieure.

Alors que Lorenzo faisait état de sa curiosité à l’égard de mes capacités et du mystère qui les entourait, je l’encourageais à poser ses questions d’un sourire. Je n’étais quand à moi pas plus pressée que ça d’avoir plus d’informations sur la famille du jeune homme. Je n’irais pas jusqu’à dire que je n’avais pas mes propres interrogations, mais je savais me montrer patiente. Tout ça viendrait en temps et en heure. Si je parvenais à susciter suffisamment d’intérêt chez mon hôte du jour.

En revanche, sa première question me laissa un peu perplexe, tant la magie faisait partie de mon quotidien. Je réfléchissais à un moyen d’expliquer le pourquoi du comment, quand il précisa un peu ses demandes, me donnant à tout le moins un point de départ. J’avais toujours autant de mal, après trois ans, à expliquer ce qu’était mon art à des novices. Heureusement que je n’avais jamais voulu être professeur, j’aurais fait des ravages… Réfléchissant, les yeux un peu perdus dans le vague, je finis par me focaliser de nouveau sur le jeune homme.

« Je peux réaliser différents sorts qui ont pour la plupart des visées de défense. De biens, éventuellement de personnes. Je pose ce qui s’appelle des Gardes. »

Le terme exact était garde de sang, mais tant qu’on ne m’avait pas payé pour mes services, je considérais qu’un éventuel client n’avait pas besoin de connaître tous les tenants et aboutissants de ma magie. Ça évitait de donner trop d’indices à des personnes malintentionnées à l’égard de mes menus travaux.

« Ce sont des barrières qu’on peut qualifier de semi-permanentes. Je les entretiens de temps à autre si mon client désire qu’elles durent plus longtemps. Je ne pose des gardes permanentes qu’en nombre très limité, c’est plus… contraignant. »

Parce qu’elles étaient directement reliées à mon sang, du quel elles tiraient de l’énergie pour se maintenir Et qu’en conséquence, le moindre dégât me revenait en pleine poire. Sympathique.

« Ces gardes ne peuvent être franchis que par les personnes qui y ont été liées. Elles bloquent les manifestations physiques et la magie. Je peux proposer d’autres services, comme marquer des objets de telle sorte que je puisse les retrouver où qu’ils soient s’ils venaient à s’égarer, localiser des personnes m’est possible sous certaines conditions. »

Je pensais avoir tout récapituler mais m’éclairais quand je pensais à une dernière chose qui était courante dans mes applications.

« Oh, et je peux faire prêter des serments. Inviolables sous peine de représailles plus ou moins lourdes. »

C’était utile pour certains, et il était déjà arrivé qu’on fasse appel à moi pour sceller un contrat entre deux parties. Etrangement, savoir que votre partenaire ne vous enfoncerait pas un couteau dans le dos à la première occasion avait tendance à rassurer les gens.

« Je ne vous donne ici que les services que je vends le plus couramment, il m’arrive d’avoir des demandes un peu plus originales. Je ne suis pas emprisonnée par des concepts pré-existants, étant donné que je fonctionne plus ou moins à l’instinct. »

Je ne me sentais pas moins compétente pour autant, c’est pourquoi je n’avais aucune honte à avouer mon manque de formation. J’étais suffisamment consciencieuse pour que personne n’ait jamais à se plaindre de moi.

« Mes sorts ne peuvent défaits que par un mage possédant à tout le moins une puissance équivalente à la mienne. Je ne suis pas à l’abri de tomber sur plus fort parti que moi, mais il faudrait encore qu’il parvienne à comprendre comment les désactiver. »

Je prenais un moment pour mettre de l’ordre dans mes pensées.

« Pour ce qui est de la manière plus précise dont fonctionnent mes sorts… J’évite d’en parler ou d’en montrer trop à n’importe qui. Même si vous n’êtes pas précisément n’importe qui, vous conviendrez que ça serait manquer de sérieux que de trop vous en dévoiler. »

J’adoucissais mes propos d’un sourire contrit. Néanmoins, je n’irais pas violer mes quelques principes pour les beaux yeux d’un homme que je ne connaissais pas quelques heures plus tôt. J’étais peut être parano, mais je préférais garder quelques secrets pour moi.

« Vous pouvez cependant me poser d’autres questions si vous le désirez. Je ferais de mon mieux pour y répondre avec le plus de précision possible. »

Je laissais de côté cela et pensais à l’autre sujet sur lequel il m’avait interrogé. La raison de ma venue en Amérique. Mes désirs inassouvis dans cette ville. Vaste question s’il en était. Mais, autant j’étais secrète sur le fonctionnement de mes quelques talents, autant j’étais prête à parler de moi si on me le demandait.

« Pour faire simple, je m’ennuyais en Irlande. J’avais besoin d’autre chose. J’aime découvrir de nouveaux endroits. Me poser des défis. J’aime pouvoir agir comme je l’entends, et mettre de côté les conventions sociales et la morale. J’ai choisi de venir m’installer ici car j’avais besoin de changer d’air. Et mon père était apparemment originaire de Star City. Ma venue tient plus du hasard que d’un choix mûrement réfléchi, au final. »

Une pause courte.

« Rien ne me retenait à ma ville natale. Je n’ai pas d’attachement particulier à mon lieu de naissance. Les membres de ma famille sont soit portés disparus, soit morts et enterrés. La seule chose qui me manquerait, au fond, c’est une situation un peu plus stable. Je suis sans attaches, et malgré mes compétences… Etre sans attaches dans notre monde à tous les deux reste dangereux. Je préserve mon anonymat du mieux que je peux pour éviter que quelqu’un finisse par comprendre qui protège mes clients. Et ne vienne frapper à ma porte. Mais dans tous les cas, je protège mes arrières toute seule. »

Je fis de mon mieux pour ne pas prendre un ton un peu réprobateur. La ou les personnes qui avaient renseignées le jeune Mancini ici présent auraient dû m’en parler auparavant. Je n’aimais pas que mon nom d’usage circule dans le Cartel. En général, j’étais Morrigan. Point barre.
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Message posté : Dim 17 Aoû 2014 - 20:06 Message
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Siobhan commença par expliquer ce qu'elle était capable de faire grâce à sa magie et bien vite, elle attisa l'intérêt de Lorenzo. Tout cela était particulièrement intéressant ! Elle était donc en mesure de poser des sceaux afin de verrouiller des accès, ce qui était bien mieux qu'une porte qui pouvait presque toujours être débloquée, que ce soit parce qu'on avait crocheté la serrure ou piraté le code. Bien entendu, ses sorts n'étaient pas inviolables et un mage de sa puissance pouvait en venir à bout, mais techniquement, leurs ennemis disposaient de bien plus de serruriers et d'électroniciens que de mages. Quant au fait de pouvoir retrouver des objets et des gens, cela pouvait aussi s'avérer intéressant, de par leurs activités. Enfin, son histoire de serments fit sourire le jeune mafieux. Elle n'était pas sans lui rappeler son initiation. Lorsqu'un nouveau membre était accepté dans la famille, il devait prêter serment en versant un peu de son sang sur une image pieuse, avant de prononcer son pacte. Ce pacte, s'il était brisé, signifiait la mort, mais évidemment, pour administrer la sentence, il fallait retrouver la personne et prouver ce qu'elle avait fait. Dans un tel cas, un serment inviolable serait beaucoup plus intéressant.

La suite de la discussion l'attrista un peu, avant de faire apparaître un sourire sur ses lèvres. Vraisemblablement, la jeune femme n'appréciait pas le fait que Lorenzo connaisse certaines informations à son sujet, mais sachant qu'elle disposait des mêmes informations sur lui, cela les remettait sur un pied d'égalité. Dans le même temps, cela lui permettait aussi de voir que Lorenzo, et par extension, la famille Mancini, n'était pas comme ses clients habituels. Ils avaient de la ressource, plus qu'elle ne pouvait sans doute l'imaginer. Avant une gorgée de son verre, le jeune homme finit par reprendre la parole. « Avant tout, signorina, sachez que vous n'avez rien à craindre de moi. Ce n'est pas parce que notre monde est tel qu'il est, qu'il n'existe pas des gens qui ont des principes. Vous devez très certainement avoir vos règles et nous avons les nôtres. Un code très strict à suivre et qui ne souffre aucune exception. Parmi ces règles, il y a bien entendu le respect. Et comme je vous respecte, rien de tout ce que je sais de vous ne sera jamais dévoilé, que vous veniez à travailler pour moi ou non. Qui serions-nous, si nous venions à renier nos principes ? » Des animaux, probablement. Ou des démons, par exemple.

« Quoi qu'il en soit, ce que vous venez de m'expliquer m'intéresse. Je ne vous demanderais rien de plus à ce sujet. Après tout, je n'entends rien à la magie et je ne suis pas certain de pouvoir comprendre ce que vous me raconteriez, alors autant laisser ça aux professionnels, non ? » La méthode ne l'intéressait pas en soi, c'était le résultat qui comptait. Quand on engageait un tueur, on se moquait de la manière dont il allait s'y prendre, pourvu qu'il réussisse. Et qu'il respecte le code, évidemment. « L'ennui est un mal courant, de nos jours, malheureusement. » C'était donc par ennui qu'elle avait quitté son pays et c'était par ennui qu'elle avait rejoint le Cartel Rouge. Cela expliquait aussi les rumeurs au sujet de ses combats au Circus Maximus... Décidément, l'ennui devait être terrible pour qu'elle se lance dans de telles aventures. « Cela dit, je ne suis pas certain que votre venue ici soit un hasard. Le hasard est une notion étrange à laquelle j'ai beaucoup de mal à croire. J'aime en effet croire qu'il y a des rencontres que l'on doit faire et que l'on fait, quoi qu'il advienne. Une sorte de destinée, plutôt. Peut-être était-ce votre destin que de venir dans cette ville. » Après tout, lui-même ne venait-il pas de rencontrer une alien originaire de la planète d'où semblait provenir son anneau ? Hasard ou Destin ? Chacun était libre de se faire son idée.

Souriant, Lorenzo continua. « Peut-être était-ce votre destin de me rencontrer moi. » Oui, bon, c'était peut-être facile comme propos, mais c'était comme ça. « Ainsi donc, vous souhaitez agir à votre guise mais vous êtes en quête d'attaches. N'est-ce pas un peu contradictoire ? » Pas nécessairement, mais Lorenzo voulait voir ce qu'elle allait répondre. Une idée germait doucement dans son esprit mais il devait d'abord la sonder un peu plus, pour voir ce qu'il en était et surtout, à qui il avait affaire. « Jusqu'où seriez-vous prête à aller pour obéir à un ordre ? Accepteriez-vous de vous soumettre à des règles malgré tout ? Cela peut être indispensable, de nos jours, vous savez. Mais, surtout, seriez-vous prête à faire vous-même un de vos serments ? C'est de la simple curiosité. » Et de toute façon, elle l'avait invité à poser d'autres questions. « Oh, une dernière petite question. Que désirez-vous manger ? » Levant la main, Lorenzo appela un serveur qui leur apporta deux cartes. « N'ayez aucune hésitation et choisissez ce qui vous fera le plus plaisir. Vous êtes mon invité, alors il me faut me montrer un hôte irréprochable. » Un dernier sourire ponctua cette phrase.
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Message posté : Lun 18 Aoû 2014 - 1:22 Message
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Je répondais au sourire de Lorenzo de manière un peu plus crispée qu’habituellement. Cependant, je savais depuis toujours que si je voulais avoir du travail, il fallait que mon nom circule un minimum dans notre milieu. C’était un mal nécessaire et logique. Et puis, même si je n’étais pas du genre à faire confiance à n’importe qui parce qu’il me faisait un joli sourire, je savais que je pouvais croire certaines personnes sur certains sujets. S’il avait représenté un danger pour moi, mon bracelet l’aurait signalé. Là, l’alarme que j’avais reçu m’avait simplement signalé que le jeune homme pouvait être potentiellement dangereux, mais que ça n’était pas dans ses intentions. Je retins un soupir de soulagement quand il annonça qu'il en avait fini avec les questions d'ordre magique.

« En tant que professionnelle ayant parfois du mal à expliquer précisément comment je fonctionne, je ne peux qu’être d’accord. »

La magie, c’était chez moi une affaire d’instinct avant tout. Allez expliquer ça. Je revenais à ce que me disait le jeune Mancini.

« Un mal courant, et terriblement difficile à supporter pour quelqu’un doté de mon tempérament. »

Je précisais, on ne sait jamais. Je souris largement quand Lorenzo enchaîna avec la notion de destinée. Dans notre mythologie, la destinée avait sa part. Ce n’était pas une notion qui m’était inconnue, qui me paraissait décalée, ou surréaliste. J’avais un esprit rationnel pour certaines choses, mais pour ce qui touchait au mystique, j’étais relativement rêveuse, par moment. Avoir un lien avec une divinité, ça vous ouvrait l’esprit. C’est pourquoi je répondais tranquillement :

« Peut-être bien, oui. Peut-être que mo cinniúint, mon destin, m’a conduite ici. »

Les interrogations quand à mes attentes qui vinrent par la suite me paraissaient légitimes. Je m’attardais sur la question un moment et finis par fournir une réponse, qui, je l’espérais serait claire et compréhensible pour le jeune homme :

« Si je choisis ces attaches, c’est agir librement. C’est choisir entre les mains de qui je remets mon destin. Je ne vois pas cela comme allant à l’encontre de mes attentes. »

Je m’interrompis un instant et baissais le regard pour continuer, songeuse.

« Je n’ai pas peur de me soumettre aux règles que mes employeurs m’imposent aujourd’hui. Je l’ai voulu, accepté, et intégré il y a des années. Si j’avais voulu être indépendante, je n’aurais jamais rejoint … notre monde commun. Je ne vois pas en quoi ça serait différent si d’aventure je choisissais de travailler pour une organisation en particulier. Tant que je sais où je mets les pieds. »

Je relevais les yeux et haussais les épaules.

« Tant que les conditions posées sont claires, je n’y vois aucun inconvénient. La seule chose qui serait en mesure de me contrarier, ce serait qu’on cherche à me tromper... Je peux être d’une loyauté qui n’a pas d’égale, sans exagération aucune, M. Mancini. Une fois que ma fidélité est acquise, je suis prête à tout pour faire ce que l’on veut que je fasse, et pour défendre les intérêts que j’ai accepté comme étant miens. Mais en échange, j’ai besoin de savoir que je ne serais pas trahie par ceux auxquels j’ai donné ma confiance. »

Un sourire de lionne, un brin carnassier tandis que je prononçais cette dernière phrase. L'honnêteté, c'était bien quand ça fonctionnait dans les deux sens. Malheureusement, c'était loin d'être toujours le cas.

« Quand à me faire prêter un serment à moi-même… Je l’ai déjà fait en cas de besoin. Je peux comprendre qu’on ait besoin d’une… assurance, et je suis en mesure de la fournir. Ça me donne un atout de plus, alors pourquoi je m’en priverais ? D’autant plus qu’une fois que le sort a été lancé, il devient autonome. Seule les deux parties impliquées peuvent décider de le révoquer, d’un commun accord. Je vous précise ça car on m’a déjà demandé quel était l’intérêt de prêter un serment que je serais capable de défaire. Hors, ce n’est pas le cas. »

J’arrêtais là mes considérations liées au travail et pris la carte que me tendait le serveur appelé par Lorenzo. Tandis que je la parcourais, je signalais à mon hôte du jour :

« Je ne vois pas matière à me plaindre de votre accueil, jusqu’ici, ne vous inquiétez pas. Au contraire.»

J’accompagnais ces paroles d’un sourire aimable, la politesse incarnée. Je jetais rapidement un coup d’œil à la carte des poissons, en étant particulièrement friande, et finis par arrêter mon choix, après un temps de silence que j’aurais qualifié de confortable. On ne plaisantait pas avec la nourriture. Sauf quand j’étais la cuisinière. Là, je comprenais aisément qu’on puisse en rire. « Je prendrais un filet de dorade, s’il vous plaît. » Je refermais la carte, laissant le soin à mon vis-à-vis de commander, et le dévisageais avec perplexité, pour finalement reprendre, avec une hésitation soigneusement calculée :

« Je peux vous poser une question qui n’a pas grand chose à voir avec le sujet qui nous occupe ? »

Je n’attendis pas de réponse pour poser la dite question.

« Je me demandais simplement quel âge vous aviez… Je ne vous ferais pas l’affront de dire que je suis venue à ce rendez vous sans le préparer un minimum, et je dois dire qu’au vu de ce que j’ai pu apprendre, je vous imaginais plus âgé. »

La curiosité était un vilain défaut, mais Lorenzo me paraissait jeune pour prendre une telle part aux activités de sa famille. Ce n’était pas poussée par le dédain ou la jalousie que je lui demandais cela, simplement par une admiration sincère. Et peut être un peu d’intérêt, certes.
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Message posté : Mer 27 Aoû 2014 - 19:56 Message
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Après avoir laissé les histoires de destin de côté, Lorenzo avait souhaitait en apprendre plus sur ce que la jeune magicienne pourrait accepter comme contraintes dans son travail. Était-elle prête à tout pour obéir à un ordre ou avait-elle quand même des principes propres qu'elle ne renierait pas ? De plus, était-elle prête à se lier par la magie à une autre personne, au risque d'être elle-même bloquée par cela ? Les réponses ne tardèrent pas à venir et Lorenzo écouta donc Siobhan avec une grande attention. La première des réponses lui tira d'ailleurs un nouveau sourire. Il était vrai que le simple fait de choisir les attaches que l'on se mettait était une preuve de liberté et le fait qu'elle vit la chose ainsi était plutôt plaisante. Elle ajouta ensuite que tant qu'elle avait une connaissance de l'endroit où elle allait mettre les pieds, elle était prête à accepter les règles et à s'y soumettre. Elle n'avait donc rien à voir avec ces criminels bien trop fiers pour oser se soumettre à une autorité supérieure.

Siobhan précisa ensuite être capable d'une fidélité sans faille, tant que l'on ne cherchait pas à la tromper. Certes, son discours faisait quelque peu d'elle une mercenaire capable d'offrir ses dons à qui le demandait, mais contrairement à de véritables mercenaires, sa loyauté n'allait toutefois pas à un portefeuille mais bien à des intérêts précis. Cela voulait-il dire qu'elle pouvait être capable de refuser une meilleure offre venant de quelqu'un d'autre ? Ou alors, pourrait-elle trahir son propre employer contre une meilleure rémunération ? Ce qu'elle avait révélé jusque-là laissait à penser que la seconde option était totalement irréaliste, et c'était tant mieux. De plus, comme la demoiselle semblait totalement prête à se soumettre à sa propre magie, il n'y avait pas le moindre doute à avoir à son sujet.

Vint alors le temps de choisir les plats et un nouveau sourire vint orner les lèvres de Lorenzo. Lorsqu'il avait invité Siobhan à choisir ce qu'elle désirait, il lui laissait l'ouverture pour prendre jusqu'au plat le plus cher. Et pourtant, elle se contentait d'un simple filet de poisson, sans même opter pour le poisson le plus luxueux. La jeune femme était invitée dans un restaurant aisé, elle avait le choix de prendre ce qu'elle voulait et elle optait malgré tout pour la simplicité. L'argent et la richesse ne semblaient donc pas être ce qui l'intéressait plus que tout, même si elle devait évidemment vouloir vivre sans trop de problèmes, comme tout le monde. Portant le regard vers le serveur, Lorenzo passa à son tour sa commande. « Le risotto maison, per favore. » Et alors que le jeune homme repartait avec les cartes et la commande, Lorenzo attrapa la bouteille de vin pour leur servir deux nouveaux verres.

En souriant à nouveau, l’œil brillant, le jeune homme posa son regard sur Siobhan. « Il semblerait que les rumeurs me fassent une bien belle réputation. Pourtant, croyez-le, je suis bel et bien jeune, même si je tente de faire de mon mieux. Mais pour vous répondre, j'ai 25 ans. » Autrement dit, il avait déjà l'âge de prendre part aux activités de sa famille et surtout, l'âge de travailler. Dans un autre domaine, son âge n'aurait pas forcément été un problème mais il était vrai que là, en l'occurrence, ce pouvait être troublant. Pourtant, il existait d'autres individus bien plus importants et connus que lui, mais aussi, bien plus jeune. L'exemple le plus flagrant était celui du Passeur, ce jeune Irlandais à la carrière plus que prometteuse. Évitant poliment de renvoyer la question à son interlocutrice, Lorenzo revint à leur discussion précédente.

« Permettez-moi d'en revenir à notre discussion, signorina. Je me dois de vous avouer que vos réponses à mes questions sont plus que satisfaisantes. Vous devez vous en douter, mais si je vous demande tout cela, ce n'est pas anodin. Vous n'avez plus à faire la preuve de vos talents et je souhaiterais que vous les mettiez au service de ma famille. Oh, je ne vous demande pas de vous enchaîner irrémédiablement à nous, ce serait présomptueux de ma part. Mais nous pourrions commencer par un contrat et voir où cela nous mène. Qu'en dites-vous ? » Bien entendu, si cela se déroulait bien, d'autres contrats pourraient venir à l'avenir. A cela, il fallait ajouter une autre idée qui germait doucement dans l'esprit de Lorenzo, parce qu'il devait l'avouer, la jeune Irlandaise ne le laissait pas indifférent. Physiquement, d'une part, mais aussi pour son état d'esprit et sa manière de penser, d'autre part. « Je vous ai toutefois comprise et si vous désirez en savoir davantage sur moi ou sur ma famille, je vous en prie. Je répondrais à vos questions avec toute la sincérité possible, cela afin que notre collaboration puisse se dérouler au mieux. » Buvant une gorgée de vin, il reposa son verre sans pour autant le lâcher. Puis, souriant, il se permit un dernier petit ajout. « Si vous veniez à avoir d'autres questions plus... personnelles, il se pourrait que j'y réponde aussi. » Non, ce n'était pas du tout une invitation à peine voilée pour se découvrir davantage. Heureusement, le serveur revint avec les plats, leur offrant une pause qui pouvait dissiper un peu la situation. « Grazie. »
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Message posté : Ven 29 Aoû 2014 - 16:45 Message
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En effet, les rumeurs lui faisaient déjà une certaine réputation. Mais il était également vrai que je connaissais d’autres membres du Cartel dont la réputation n’était plus à faire et qui était relativement jeune. Je pensais notamment à Abban, dont j’avais vu les débuts à Star City. Depuis, le Passeur s’était fait une belle place dans la ville. Néanmoins, il n’était pas facile de se faire un nom dans notre milieu. Je notais au passage que Lorenzo était légèrement plus jeune que moi. Amusant.

Le jeune homme ne me renvoya cependant pas la question. Revenant au sujet qui nous intéressait principalement, c’est à dire le travail, il me proposa un contrat, en guise de galop d’essai pour plus, apparemment. Je retins un sourire satisfait. Je ne disais que rarement non à de nouveaux clients. Sauf, évidemment, quand on essayait de m’engager pour récupérer des objets que j’étais chargée de protéger. Ça m’était arrivé quelques fois. Certaines de ces personnes avaient eu de malencontreux accidents, à la suite de notre rencontre. Mieux valait éliminer la menace avant qu’elle ne se révèle réelle.

Je remerciais le serveur à mon tour, faisant attention à le faire en anglais et pas en gaélique – ça m’arrivait de temps à autre. Je ne commençais cependant pas à manger de suite, bien que le poisson ait l’air délicieux, préférant répondre à mon interlocuteur.

« J’en dis que votre proposition me paraît tout à fait raisonnable, et intéressante avec ça. Je serais ravie de remplir le contrat que vous voudrez bien me proposer. »

Mes paroles étaient parfaitement sincères. Néanmoins, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que nous risquions d’avoir rapidement un problème dont je m’enquérais poliment :

« Je n’avais jamais envisagé de travailler pour votre famille puisque l’on m’avait dit que les femmes n’y avaient par leur place. Vous me voyez obligée de vous demander si vous risquez de rencontrer des oppositions, même si l’on ne parle que d’un contrat… pour le moment, en tous cas ? »

Je marquais une pause et hésitais un peu avant de continuer :

« Je dois avouer que je ne connais pas vraiment votre fonctionnement. A cause de ces informations qu’une de mes connaissances m’avaient transmises, j’avais décidé de me concentrer sur d’autres groupes. J’ai cessé de m’intéresser à votre famille dés lors que je ne pensais pas convenir. »

Je lui souris légèrement, et revenais à Lorenzo. Si c’était avec lui que je devais traiter, pourquoi pas me renseigner davantage sur lui ? Oui, je ne faisais montre que d’un intérêt purement professionnel. Je n’allais pas répondre à son invitation déguisée – enfin, déguisée…

« Puisque vous le proposez si gentiment, je peux peut-être vous demander quels sont vos centres d’intérêt en dehors de… » Je fis un geste vague qui pouvait vouloir dire tout et n’importe quoi tout en concluant : « … tout ça. »

Un sourire lumineux, parfaitement sincère celui là, avant que je n’ajoute d’un ton rieur :

« Après tout, j’espère bien continuer à traiter avec vous à l’avenir, il me paraît donc intéressant de mieux vous connaître. »

Pur intérêt professionnel, vous dis-je. Oh, et puis, au pire, j’avais bien le droit de me renseigner un peu, non ? De toute façon, j’avais déjà de quoi m’occuper avec Theo. J’avais cédé trop de fois à mes envies, et j’attendais toujours le retour de flammes. Mes projets se réalisaient les uns après les autres avec trop de facilité à mon goût. J’allais forcément rencontrer un obstacle à un moment ou à un autre, non ? Quelque chose qui m’aiderait à contrôler un peu l’arrogance dont je pouvais faire preuve.

En attendant, je me reprenais intérieurement, fuyant un instant le regard bleu de mon vis à vis en commençant à manger un peu. Eh, je n’y pouvais rien si j’aimais les hommes sûrs d’eux, et d’autant plus quand ils présentaient comme Lorenzo, si ? Et puis, je devais bien avouer que quelque part, j’appréciais ce que je devinais de sa façon de penser. Mais j’avais pour principe de ne pas mélanger le travail et le plaisir. Ça évitait de faire des conneries à cause de ses sentiments, par la suite. C’était la dernière question personnelle que tu lui posais, ma petite.
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Message posté : Lun 1 Sep 2014 - 14:10 Message
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Lorenzo fut ravi d'entendre Siobhan accepter sa proposition. Elle n'avait donc rien contre le fait de travailler avec eux et même s'il n'avait pas nécessairement besoin de ses services à elle, le jeune Italien était curieux de voir ce dont elle était réellement capable. Il n'était pas dupe, si une jeune fille comme elle avait réussi à se faire une place au sein du Cartel Rouge, c'était qu'elle devait cacher des dons bien spécifiques. Or, de ce qu'elle lui avait dit, cela était lié à la magie et s'il ne connaissait rien à ce domaine, il était donc curieux de le découvrir en action. Il fallait ajouter qu'au-delà du simple fait de la faire travailler pour eux, Lorenzo avait une autre idée en tête. Si les dons de Siobhan étaient aussi efficaces qu'elle le disait, qu'est-ce qui l'empêcherait de travailler pour eux à temps plein ? Après tout, ils avaient de l'argent et ils pouvaient lui offrir tout ce dont elle avait besoin, alors pourquoi se priver d'un tel talent ? Si en plus, cela permettait de priver leurs ennemis des mêmes talents, c'était tout tout bénef. Il restait toutefois à voir ce que leur collaboration allait pouvoir donner.

Un sourire apparut ensuite sur les lèvres du jeune homme alors que Siobhan mentionnait certaines rumeurs qu'elle avait pu entendre à leur sujet. « Vous savez, signorina, il ne faut pas croire tout ce que l'on peut entendre. Il est vrai que par tradition, les femmes de notre famille restent en dehors de nos affaires, mais c'est avant-tout pour les protéger. » Il était vrai que le machisme italien était probablement la première raison à ce fait, d'autant que soixante ans en arrière, les femmes n'avaient pas droit aux mêmes avantages que les hommes. Avec le temps, cela n'avait pas changé et souvent, si les mafieux tenaient leurs femmes à l'écart de leurs affaires, c'était pour qu'elles ne puissent pas être inquiétées par la justice. Comment pouvait-on être accusé de complicité si l'on ne savait rien ? « Malgré tout, des femmes travaillent pour nous et cela n'a jamais posé le moindre problème. Nous sommes loin d'être des gens misogynes. » Il offrit un nouveau sourire à la jeune femme pour souligner ses propos. « J'ajouterais qu'il est toujours possible de faire une exception lorsque l'on rencontre une personne extraordinaire. Vous ne pensez pas ? » La question était plus rhétorique qu'autre chose et elle avait surtout pour but de dissimuler très légèrement le compliment qui la précédait.

La question qui suivit fut toutefois beaucoup plus étonnante. Avec tout ce que la jeune femme aurait pu demander, ce qui l'intéressait le plus, c'était les centres d'intérêt de Lorenzo ? Décidément, elle savait surprendre ! « Vous savez, tout ça, c'est ma vie. J'imagine, à ce que vous m'avez indiqué, que votre vie est divisée en deux. D'une part, vos dons si particuliers, d'autre part, votre vie véritable. Quand on vient d'une famille comme la mienne, cette séparation n'existe pas vraiment. Du moins, elle aurait pu exister, si je l'avais choisie, mais dans ce cas, nous n'aurions pas cette discussion. » Avalant une bouchée de risotto, parce qu'il fallait bien commencer à manger, Lorenzo poursuivit ensuite. « J'ai toutefois des centres d'intérêt variés. J'aime la cuisine. Je trouve ça particulièrement intéressant. La cuisine varie tellement d'une culture à une autre, que c'est comme un voyage. Je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de partir d'ici, comme vous l'avez fait de chez vous, alors cela me permet de compenser. » Il lui offrit un sourire avant de boire une gorgée de vin.

« Mon cher frère m'a aussi appris à aimer les belles voitures. Je ne peux pas dire que je m'y connais autant que lui, mais il faut avouer qu'une belle mécanique sait attiser les désirs. » Et il ne fallait voir là-dedans aucun sous-entendu étrange... A moins que si ? « Je suis aussi un collectionneur. Je ne sais toutefois pas si je dois vous en parler... Cela risque peut-être de casser l'impression que vous pouvez avoir de moi. » Souriant, il se pencha vers elle, comme s'il allait lui révéler un secret. « Ne le répétez pas, mais je collectionne les ours en peluche. » Scrutant sa réaction, Lorenzo se remit alors à manger.
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Message posté : Lun 1 Sep 2014 - 19:52 Message
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Une personne extraordinaire, vraiment ? Et bien, il ne faisait pas les choses à moitié, le petit Mancini. Il aurait cependant été malhonnête de ma part de dire que j’y étais totalement insensible. Néanmoins, je laissais passer avec un petit sourire, préférant m’intéresser à ce qui tenait de lieu de conversation professionnelle entre nous et respecter mes petits principes de travail en concluant : « Dans ce cas, vous m’en voyez ravie. Et je vous répète que je serais heureuse de travailler pour vous. » Je me remis à manger avec délectation, prenant le temps de savourer. J’adorais goûter de nouveaux plats autant que de redécouvrir des saveurs que je savais apprécier. J’aurais mangé de la bonne cuisine tout le temps, si seulement j’avais su cuisiner un minimum. Néanmoins, je n’étais pas très talentueuse dans ce domaine précis.

Je buvais une gorgée de vin, ayant été judicieusement resservie par mon charmant hôte. C’est avec le plus grand sérieux que j’acquiesçais alors qu’il m’expliquait qu’il vivait sa vie dans notre petit monde de l’ombre. Il était né là dedans, lui. Je m’étais construite de rien, j’avais dû apprendre à maintenir un semblant de normalité dans mon quotidien pour me protéger. C’était plus sûr. Même si je n’étais pas la plus connue des magiciennes de cette ville, les dieux en soient loués. C’est avec une totale honnêteté que je lui avouais d’un ton rêveur : « Quelque part, je vous envie. Je suis parfois… fatiguée de jongler entre l’apparence que je veux donner et celle que je suis réellement. »

Je souris alors qu’il continuait. Amusant qu’il mentionne la cuisine alors que je me disais justement quelques instants auparavant que j’adorais cet art que j’observais de loin avec admiration. Je ne me privais pas de le faire remarquer, par ailleurs. « Je partage votre intérêt sur ce point particulier. J’adore découvrir de nouveaux pays à travers les saveurs qu’ils nous proposent. Vous savez, à part mon comté de naissance et Star City, je n’ai pas connu grand chose. » Je réprimais sans vergogne l’expression de mon regret. Je ne regrettais que rarement quelque chose, considérant cette activité futile, et sans intérêt – on ne refaisait pas le passé, jamais, à moins peut être d’être doté de dons particuliers – mais parfois je me disais que si j’avais su, j’aurais pris un ou deux ans pour voyager avant de poser mes valises. Histoire de voir le monde. « Je comprends donc ce que vous voulez dire. Malheureusement, je suis absolument incapable de cuisiner. » J’avouais cela avec un sourire contrit composé de toutes pièces. J’avais tellement pris l’habitude de maîtriser la moindre de mes réactions que certaines d’entre elles ne me venaient pas toujours naturellement. Malheureux.

Je recommençais à manger quand Lorenzo évoqua ces histoires de mécanique, tiquant déjà légèrement. Est ce que j’avais l’esprit un peu mal placé, ou est ce que le jeune homme me glissait un certain sous-entendu plutôt osé … ? Mes considérations furent stoppées alors que je dressais l’oreille. Un secret, vraiment ? Ou plutôt, une partie de son petit numéro, je dirais. J’avalais ma bouchée de poisson… et m’étouffais littéralement avec en entendant la suite. Levant une main en signe d’excuse, je toussotais jusqu’à réussir à reprendre mon souffle. Des ours en peluche ? Sérieusement ? Ce fut un rire totalement naturel, non maîtrisé qui retentit.

« Je suis désolée. Je suis vraiment désolée, ça ne prête pas matière à rire mais je ne m’attendais certainement pas à ça. »

Je souris à Lorenzo gentiment, et ajoutais avec un air de conspiratrice :

« Mais ne vous inquiétez pas votre secret est bien gardé avec moi. »

Mon sourire s’élargit alors que je continuais :

« Et il ne change pas vraiment la vision que j’avais de vous… si ce n’est que vous vous révélez plein de surprises, Monsieur Mancini. »

C’était rafraîchissant. Je finis mon assiette tranquillement puis observais le jeune homme d’un air songeur. Il se révélait plus agréable que je ne l’avais imaginé, ce repas. J’allais vite déchanter en repartant. J’étais sur un contrat particulièrement compliqué cette après midi. Que de bonheur pour moi.

« Je ne suis pas sûre d’avoir de petit secret à vous confier qui rivalise avec celui-ci, cela dit. »
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Message posté : Jeu 4 Sep 2014 - 21:42 Message
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Lorenzo se félicita d'avoir invité Siobhan dans un restaurant, au vu de ce qu'elle lui expliquait sur son intérêt pour la cuisine. Les jeunes femmes n'étaient pas toujours très portées sur la chose, préférant tester les derniers régimes à la mode. De fait, même si l'Irlandaise avait fait un choix très féminin quant à son plat, ce n'était pas bien grave. Et en réalité, c'était même plutôt dangereux parce qu'elle faillit s'étouffer ! Heureusement, ce n'était pas dû à une arête mais simplement à ce que le jeune homme venait de révéler. Il ne s’offusqua évidemment pas en l'entendant rire. Il savait très bien que collectionner des ours en peluche n'avait rien de très viril mais les choses en étaient ainsi ! S'il en avait eu honte, il ne l'aurait pas fait ou alors, il aurait simplement gardé le silence. En le révélant, il pouvait aussi tester la réaction de la jeune femme et cette dernière ne le déçut pas. « Ne vous inquiétez pas, je me doutais que cela vous surprendrait. » Buvant une gorgée de vin, il poursuivit. « D'autres que vous n'auraient pas hésité à se moquer, mais j'apprécie votre franchise. »

De fait, Siobhan se révélait être de plus en plus digne d'intérêt. Quant au fait qu'elle n'ait pas de secret à confier, ce n'était pas bien dramatique, Lorenzo n'attendait rien en retour du sien. Ce petit repas n'avait en réalité qu'un seul but, apprendre à connaître un peu cette jeune femme dans le but de travailler ponctuellement avec elle. Si cela semblait très bien parti, le jeune homme avait aussi un autre début d'idée derrière la tête. De par ses aptitudes bien particulières, Siobhan correspondait bien au genre de personnes qu'il désirait recruter pour remplir la mission qu'il s'était confié. Bien entendu, Lorenzo ne savait pas si elle pouvait être susceptible d'accepter, mais au vu de ce qu'elle lui avait déjà révélé sur elle, il disposait de suffisamment d'éléments pour mûrir un contrat qu'elle ne pourrait pas refuser. Toutefois, en attendant, ils avaient un travail en attente. Tirant une carte de sa poche, il la glissa sur la table.

« Voici ma carte personnelle. Nous avons déjà un premier accord, je m'occuperais donc de préparer ce qui doit l'être et je pense vous recontacter d'ici une semaine. Peut-être pourrais-je vous proposer de revenir à l'heure du déjeuner ? Il me semble que c'est beaucoup plus agréable pour chacun de nous et nous pourrons vous prévoir un petit repas qui vous fera voyager. » Dragueur ? Non, pas du tout. Bon, peut-être un peu, mais est-ce que c'était mal ? Non. Et c'était en se montrant comme ça qu'on avait les meilleurs résultats parce qu'il n'allait pas gagner son respect et son aide en la menaçant de mort. Là, au contraire, par sa douceur et sa gentillesse, il pourrait peut-être lui prouver qu'il était digne de sa fidélité. « Puis-je vous proposer un dessert ? Notre carte est plutôt fournie et nos glaces viennent directement d'Italie. Je ne peux que vous les conseiller. » Sans vraiment attendre sa réponse, Lorenzo fit signe au serveur pour lui demander d'apporter une carte. « Comme je vous le disais donc, je ne peux encore rien vous dire au sujet de ce travail, mais d'ici une petit semaine, ce devrait être bon. Je vous appellerais donc et nous conviendrons des détails. Cela vous convient ? »
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Message posté : Sam 6 Sep 2014 - 15:49 Message
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« C’est noté. » affirmais-je d’une voix tranquille tout en prenant la carte de Lorenzo. Je la rangeais dans mon sac à main aussitôt, histoire de ne pas prendre le risque de l’oublier sur place – ça aurait été bien dommage, ma foi.

« J’attendrais un contact de votre part. Un déjeuner me conviendrait tout à fait. Je ne serais pas fâchée de réitérer… l’expérience de ce midi. »

J’hésitais un peu sur mon choix de mots. Même si je n’étais pas à proprement parler en couple, j’avais une… conquête régulière, on va dire. Note à moi-même : ne pas dire à Theo comment je pensais à lui. En plus, j’étais malhonnête avec moi même. Il était un peu plus que ça, pour moi. Pas bon du tout.
Cependant, Lorenzo était quelqu’un de très agréable… et vu la gentillesse qu’il manifestait à mon égard, j’aurais juré qu’il avait une idée derrière la tête.

« Dans une semaine, très bien. J’aménagerais mon emploi du temps. »

Pas bien compliqué étant donné que mon boulot mis à part, je travaillais en autonomie. Donc, je choisissais mes horaires. Logique.
Une commande de dessert et une agréable conversation plus tard, j’avais assez mangé pour ce midi. La glace était en effet très bonne, et je ne me privais pas de le faire remarquer au jeune homme. Je récupérais ensuite mes affaires.

« Et bien, je vous remercie de votre invitation. Et je vous dis donc à très bientôt, M. Mancini. »

Je me levais et me fis raccompagner jusqu’à la sortie. Quelques échanges de banalités plus tard, j’étais dehors en train de me diriger vers mon appartement. J’avais deux ou trois rituels à conduire avant de repartir. Une histoire de protection d’entrepôt, j’allais m’amuser, je le sentais. Et je dormirais bien ce soir, si j’avais une surface importante à placer sous une Garde. Une garde mêlé à une illusion. Je détestais faire ça, parce que ça me forçait à plonger plus loin dans la magie noire. Et donc que ça se payait plus cher. O joie. Enfin, le travail n’attendait pas.

Je venais de vanter mes mérites à Lorenzo, et il était temps de me montrer à la hauteur de ma petite réputation. Petit à petit, je me faisais un nom, suffisamment peut-être pour enfin obtenir un peu de protection pour ma petite personne. Allez savoir pourquoi, je commençais à sentir venir les ennuis.

L’avenir allait me donner raison très vite, mais ça, c’était une autre histoire.
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Quand on fait des pâtes, il y en a toujours trop. ¤¤ Siobhan

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