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Le travail, c'est la santé, ne rien faire c'est la conserver

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Message posté : Sam 12 Juil 2014 - 17:14 Message
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Après avoir servi un dernier café, je passais au vestiaire pour récupérer mes clés et mon sac à main. Un coup d’œil rapide à ma montre m’apprit qu’il était 19h passées. Je m’étais encore fait dépasser par le temps. Je saluais Faith, mon amie et guérisseuse attitrée, en quittant le café, et traversais l’Ashton Mall, direction mon petit appartement à deux pas de là. J’avais à peine mis les pieds dedans que mon téléphone m’annonçait joyeusement que j’avais reçu un SMS. D’un membre du Cartel. Joie.

Je levais les yeux au ciel, exaspérée. Combien de fois avais-je dit et répété que, non, je n’étais pas au service de mes clients à n’importe quelle heure ? Mais je continuais de recevoir des ordres de missions à des heures indues. Plus le temps passait, plus je me disais qu’il serait temps de quitter mon boulot de serveuse, et de trouver autre chose. Quelque chose que je puisse faire à domicile, de préférence. Bref. N’ayant guère de choix, je passais dans ma chambre me changer, passant un t-shirt noir près du corps qui découvrait mes bras, et attrapant la cape noire munie d’une capuche que j’avais achetée l’année dernière. Elle était très jolie, et plus discrète que ce que je portais avant pour dissimuler mes cheveux d’un roux flamboyant.

J’ajoutais à ma panoplie ma dague, soigneusement passée avec son fourreau dans ma ceinture, sous la cape, et une sacoche contenant du papier buvard. Je filais ensuite vers le parc du Front de la Mer, bien loin de mon théâtre habituel d’opération (ce qui avait tendance à m’interpeler, d’ailleurs). Le temps de rejoindre les lieux, la nuit avait commencé à tomber. Et coup de bol pour moi, la pluie aussi. Ce qui me donnait une excuse toute trouvée pour relever ma capuche. Je me sentais mal à l’aise, ici. Trop bien fréquenté pour me permettre d’agir en toute quiétude. Enfin. Je déambulais le long des chemins du parc, jusqu’à trouver la personne que je cherchais, assise sur un banc… avec un livre. Sous la pluie. Tu parles d’une discrétion.

« Sérieusement, Asher… Un livre ? Je savais même pas que tu savais lire.
- Morrigan ! Il était temps… J’ai cru que j’allais prendre racine sur place. »

Levant les yeux au ciel, je lui fis signe de lever ses fesses du banc pour marcher avec moi. Je n’aurais pas été jusqu’à dire que je le connaissais intimement, mais nous nous étions souvent croisés au gré des demandes du Cartel à mon égard. Grand, les cheveux et les yeux bruns, il était tout ce qu’il y a de plus banal.

« Bon alors, dis moi tout. J’ai pas que ça à faire ce soir, et en plus, on est en dehors de mes horaires de boulot.
- C’pas moi qui choisit, je fais que passer le message et tu le sais très bien. (Je lui fis signe de se dépêcher un peu). Ça va, ça va ! C’pour un marquage sur une cargaison. Au cas où elle se perdrait.
- Bah, voilà, c’était pas si compliqué. Quelle taille ?
- Conséquente. Y’a plusieurs caisses à marquer.
- Combien ?
- Une quinzaine.
- Loin d’ici ?
- Nan, c’est qu’à deux pas. »

Mon téléphone laissa échapper sa mélodieuse sonnerie. Je jetais un coup d’œil à l’écran et reconnut le numéro d’un autre de mes intermédiaires, qui se trouvait sans doute à l’autre bout de la ville à l’heure qu’il était. Je me retournais vers Asher, qui attendait patiemment, et en soupirant, le traînais vers un nouveau banc.

« Bon, tu guettes que personne n’approche, et je vais te préparer quelque chose. Tu n’auras qu’à l’appliquer sur chacune des caisses. »

Je sortis ma dague, et coupais légèrement la paume de ma main gauche. Ça serait largement suffisant pour ce que je voulais faire. Enduisant le bout de mon index de sang, je traçais avec application quatre oghams sur le papier, murmurant leur nom à voix haute, et y associant une incantation en gaélique :

« Ruis regenerates, ceanglaíonn An Gort, Duir neartaíonn, Eadha cuimhnigh, ag an aontas na Oghaim, tá an gaol fola atá bunaithe agus survives.»

Le sang imprégna le bout de papier, et resta en surface, scintillant sous les éclairages du parc. Je fis une moue satisfaite et tendis l’objet à Asher, tout en appliquant une compresse sur ma main coupée :

« Le premier symbole, tu ne l’appliques pas sur la caisse, seulement les trois autres. Ça va simplement garder le sang frais le temps que tu appliques le tampon sur les caisses. Ensuite, tu brûles le papier, en entier. J’ai un lien avec ce truc, donc je le saurais si tu ne le fais pas. Désolée, mais je dois filer mon vieux. »

Je me relevais et amorçais le départ, mais Ash’ me retint par le bras et murmura d’une voix pressante :

« T’es sûre que ça va marcher ? Bordel, c’est de la magie t’es censée être là ! »

Je lui fis mon regard le plus noir en fixant sa main sur mon bras, et commençais à lui signaler d’un ton vaguement menaçant :

« Mon chou, ma magie, c’est mon s… »

Je me tus brusquement et me redressais, sentant une désagréable démangeaison entre les omoplates… qui était un avertissement d’ennuis à venir, par le corbeau enchanté que je portais au poignet. J’adore quand une mission se déroule comme sur des roulettes. Alors pourquoi, pourquoi, ça ne m’arrive jamais ? (D’accord, j’aime bien aussi quand il y a des accrocs. J’avoue).
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Message posté : Dim 13 Juil 2014 - 22:58 Message
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Prudence éternua bruyamment. La pluie glissait sur son visage, noyant ses yeux asséchés par trop peu de larmes à verser. Sale et détrempée, la fille de la foudre courait sous la pluie battante, soulevant des vagues de boue et de gravillons à chaque foulée. Les précédents sanglots s’étaient taris au profit d’une horrible sensation de manque. Un mal qui lui donnait l’impression de dévorer son cœur encore chaud. Pleurer ne l’avançait à rien. Regretter, haïr, tout cela ne rimait à rien. Seule comptait la volonté. Et après avoir eu le courage d’appeler son père, pour lui expliquer qu’il avait épousé une alien et élevé une fille à moitié comme elle, sa volonté de fer fondait sous le marteau rougis de la déception. Chaque pas dans cette allée du Parc du Front de Mer résonnait en elle comme un coup de marteau. La peur avait passé. Elle avait cédé face à la triste résignation de son père.

Il savait. Il savait, depuis tout ce temps. Oh certes, il ignorait que maman n’était pas née dans le Kansas mais bien plus loin dans l’univers ! Mais il savait qu’elle nous avait menti pendant des années. Il savait et il ne m’a rien dit.

Cette trahison paternelle, de la part du seul homme au monde en lequel elle vouait une confiance aveugle, une admiration sans bornes, le seul homme à ce jour pour qui elle éprouvait une affection sincère et aucune crainte de l’afficher, le seul être humain qui la comprenait d’un regard… Ce mensonge par omission se révélait pire qu’un coup de poignard dans le dos. Bien sûr, Robert Carter avait pris la nouvelle de la réelle nature de son aînée avec tolérance et précaution. Cela ne changeait rien au fait que Prudence Carter restait sa fille chérie, son orage préféré etc… Mais il avait mentis. Le seul homme qu’elle ne croyait pas capable de lui mentir, à elle avait osé le faire.

Prétextant son footing habituel, l’adolescente avait enfilé une tenue sportive, ses baskets et une casquette. N’osant croiser le regard de sa tante de peur de craquer devant elle, Prudence s’était enfuie. Une fois dans le métro, elle avait laissé libre cours à sa rage impuissante, en larmes amères dévalant ses joues. S’extirpant du réseau de trains souterrains de Star City, elle avait émergé près du parc à la Sentinelle. Ce fut en passant devant les pieds monumentaux de l’héroïque Prétorien que Prudence Carter avait senti la digue enfin céder en elle. Propulsée aussi bien par ses muscles que son énergie électrique, elle s’était enfoncée dans le réseau d’allées du parc, courant aussi vite que possible. Pour oublier. Pour se défouler. Pour que la douleur physique surpasse celle de son cœur. Hors d’haleine, elle acheva sa course éperdue près d’un saule fatigué, se rendant soudainement compte qu’il pleuvait. Et qu’il faisait pratiquement nuit. Nullement décontenancée, elle s’apprêtait à repartir de bon pied. Quand son regard d’aigle tomba sur un couple dépareillé au possible.

A quelques mètres de distance, à demi-caché par de gros chênes et un banc couvert de fientes de pigeons, se tenait une silhouette encapuchonnée et vêtue d’une cape noire, tel un gothique échappé d’un film d’horreur. Le geste de son compagnon paraissait brusque, porteur de velléités non-désirées. Un couple qui se dispute ? Ou des comptes à régler ? Prudence n’en avait cure. Sortant de sa cachette, elle se dirigea vers eux d’un bon pas, vérifiant rapidement si sa casquette ne se transformait pas en éponge avec la pluie. Elle se grata la gorge, non pour se faire remarquer mais plutôt pour tester la fermeté de sa voix. Elle fut satisfaite de pas l’entendre trembler. Elle avait retrouvé un minimum de sang-froid. Et son corps ne produisait plus d’excès d’électricité, ce qui mettait hors de danger toute personne l’approchant par surprise.

- Excusez-moi ! Bonsoir. Auriez-vous l’heure, s’il-vous-plait ?

Elle avait oublié sa montre et son téléphone portable sur sa table de chevet. Tante Emery risquait de lui faire une scène en rentrant. Peu lui importait. Rien ne pouvait racheter le mensonge de son père à ses yeux. Cette journée était gâchée.

- Oh, mais vous saignez ! s’exclama-t-elle en écarquillant les yeux, s’avisant de la main rougie du gothique dont elle ne pouvait pas encore voir le visage. Vous voulez un pansement ? J’en ai toujours quelques-uns sur moi !

Sur ce, elle fouilla les poches de son jogging à leur recherche. Elle en emportait toujours lorsqu’elle faisait son sport quotidien, ayant la fâcheuse habitude de s’attirer des ennuis et de jouer au casse-cou. Une pensée lui traversa néanmoins l’esprit, vive comme l’éclair. Elle fronça les sourcils, en continuant de fouiller ses poches.

Est-ce que c’est LUI qui l’a blessé ?
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Message posté : Mer 16 Juil 2014 - 20:16 Message
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Asher sembla se rendre compte de ce qu’il était en train de faire, car il me lâcha comme si je l’avais brûlé (ce qui n’était pas le cas, promis). Dans le même temps, une jeune femme de petite taille aux cheveux bruns – entre la pluie et la tombée de la nuit, je n’y voyais pas grand chose de plus – s’approcha de moi, toussotant comme pour annoncer sa présence. Elle me paraissait jeune, sans aucun doute plus jeune que moi. Et trempée comme une soupe. La casquette qu’elle portait paraissait bien superflue dans le contexte météorologique actuel, mais bon… C’était sûrement un effet de style.

Bien que j’eus vite conscience que je devais paraître, au choix, impolie ou un peu attardée, je pris mon temps pour la dévisager une fois qu’elle fut en face de moi. Des fois que j’ai besoin de retrouver la demoiselle. Je ne devais pas laisser de traces derrière moi. Et j’ignorais totalement ce que la jeune femme avait vu de notre petite scène. Si elle avait effectivement vu quelque chose de compromettant pour mes jolies petites fesses, elle serait probablement assez intelligente pour ne pas en faire étalage non ? Remarque, dans cette ville à la noix, j’avais plus d’une fois été dérangée par des empêcheurs de tourner en rond. A vouloir déménager dans une ville peuplée de supers, j’avais trouvé ce que je cherchais. Grosso modo, les ennuis. Conséquence il allait bien falloir que je fasse en sorte qu’elle n’ait pas grand chose à raconter de notre rencontre.

En tous cas, la jeune femme demanda poliment si nous avions de quoi lui donner l’heure. Je retins un soupir (vraiment ? Risquer de se faire repérer pour ça). Prenant mon mal en patience et guettant une occasion, je me retournais vers elle, et commençais à sortir mon téléphone en réfléchissant à toute allure. Je n’eus pas le temps d’aller jusqu’au bout de mon mouvement, cependant, qu’elle continuait déjà. Remarquant le saignement de ma main, que j’avais quand à moi déjà oublié. Je baissais les yeux, et m’avisais que j’avais fait tomber ma compresse quelque part.

Mais le clou du spectacle vint par la suite, quand mon interlocutrice me proposa des pansements. Cachant mon mécontentement, je la vis se mettre à fouiller ses poches. Et, alors que je l’observais, je remarquais aussi qu’elle paraissait un brin dérangée par quelque chose… Assez facile de deviner quoi, malheureusement. Enfin, j’en profitais pour ramasser la compresse et la fourrer dans ma poche, et pour annoncer à la demoiselle :

« Il est 21h27, très précisément. »

Je me tournais ensuite vers Asher, et lui lançais d’un ton un brin hargneux (le pauvre payait les pots cassés, j’imagine) :

« Dégage Ash’. Ça marchera très bien comme ça.
- Mais… »

Je l’interrompais avant qu’il ne dise quelque chose qui me forcerait à effacer la menace de façon un peu trop radicale à mon goût, et répétais sèchement :

« Dégages de là. T’as pas besoin de moi pour te débrouiller, Ash’. Et j’ai pas plus besoin de toi. »

Il haussa les épaules, et finis, enfin, par amorcer le départ. Sur ce, je revenais à mes moutons, si tant est qu’on puisse comparer une fille qui tombait au mauvais endroit au mauvais moment à un mouton.

« Pas besoin de pansement, c’est rien, je vous assure. Je me suis coupée, mais ça a l’air plus impressionnant que ça ne l’est en réalité. Je suis un peu hémophile, d’après mon médecin. »

Là. Comment gagner du temps en temporisant. Je construisais mentalement le sort dont j’allais avoir besoin pendant ce temps. Le problème majeur étant que pour le fixer définitivement, j’allais avoir besoin de dessiner une rune sur la demoiselle. Je notais dans un coin de mon esprit qu’il serait peut être temps de régler ce problème là, par ailleurs, et après une hésitation, je rouvrais ma main rougie de sang et la montrais à la joggeuse.

« Voyez, c’est qu’une petite coupure. »

Pour plus de discrétion, je resserrais le poing, celui qui saignait, sur le pendentif en forme de triskel et y puisais l’énergie que j’y avais stockée au préalable, plutôt que de rouvrir complètement ma main pour accéder à la quantité de sang nécessaire. Puis je murmurais tranquillement :

« Morrigan, bandia laoch an easaontais agus destinies chosnaíonn, do leanbh mar go mbeadh tú a chosaint do flesh féin agus a thugtar dó luas agus aclaíocht. »

Protection, rapidité et agilité, combinées à l’intuition guerrière apportée par mon bracelet. J’en appelais à Morrigan car en tant que sa descendante, je pouvais parfois obtenir que mes intentions se réalisent. Sur un sort mineur de telle sorte, l’énergie du pendentif serait suffisante pendant un certain temps. D’aucuns diraient que je faisais preuve d’un excès de précaution, mais j’avais payé pour comprendre qu’ici bas, un nain de jardin pouvait cacher un super pouvoir. Dans le doute. Mieux vaut prévenir que guérir, tout ça tout ça. En attendant, même en parlant à voix basse, je doutais fort que la jeune femme ait pu croire que je parlais anglais. Ce n’était pas bien grave, mais quitte à faire…

J’affichais un sourire en coin, tout en affectant d’être gênée par sa présence.

« Depuis quand êtes vous arrivée, si ce n’est pas indiscret ? »

J’avais besoin de savoir où je mettais les pieds pour modifier sa mémoire. Je n’étais pas assez puissante sans préparation, sans rituels, pour effacer complètement un souvenir. En revanche, je pouvais modifier suffisamment de détails.

« Mon compagnon et moi avions un léger désaccord. Il a son petit caractère, parfois. »

Un mouvement naturel, et je me retrouvais en train de presser mes mains l’une contre l’autre, tordant mes poignets comme si j’étais en proie à l’anxiété, et recouvrant mes deux menottes de mon sang au passage. Je préparais le terrain, calmement, sans précipitation. Mais je ne pouvais empêcher mon ton d’être légèrement fébrile. Je tendis alors la main pour attraper le poignet de la demoiselle, d’un mouvement fluide et sans hésitation, y imprimant une trace rougeâtre au passage. Ce faisant, je lui laissais voir mes bras nus et marqués par les cicatrices. Je laissais tomber le masque définitivement à cet instant.

« Mais voyez vous, je tiens énormément à mon intimité. C’est pourquoi j’ai besoin de savoir ce que vous avez saisi de notre petite scène. »

Je croisais intérieurement les doigts, m’en remettant, une fois n’est pas coutume, à la chance, me protéger. Avec un coup de pouce du destin, peut être que la jeune femme serait tout ce qu’il y a de plus normale, ou bien trop surprise pour réagir.
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Message posté : Mer 16 Juil 2014 - 23:05 Message
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Lorsque Prudence réussit enfin à extirper de sa poche un pansement à l’emballage froissé par négligence, ce fut pour constater à quel point ses efforts étaient inutiles. Le gothique – qui s’avérait être une femme à entendre sa voix – affirmait avec véhémence que ce n’était qu’une minuscule coupure, certes très sanguinolente mais sans grande importance. L’adolescente voulait bien le croire. Parfois, les plus petites blessures suscitaient les plus grandes peurs. Il suffisait de connaître suffisamment sa belle-mère pour savoir ça. Prudence aurait passé outre, si son oreille fine, entraînée depuis son plus jeune âge à écouter de la musique, n’avait perçu une espèce de prière de langue inconnue. Elle releva la tête, bravant la pluie, à demi-protégée par sa casquette de sport. La nationalité de la femme encapuchonnée ne la regardait pas, pas plus que le business qu’elle entretenait avec cet Ash’. La curiosité naturelle de l’adolescente faisait souvent des ravages mais ce soir, elle s’était endormie. Anesthésiée par la pseudo-trahison paternelle, sans compter l’apprentissage laborieux pour se faire à l’idée de n’être qu’à moitié humaine, Prudence Carter ne détecta pas tout de suite la menace implicite qu’impliquait cette gothique trempant dans des affaires louches.

- Désolée de vous avoir déranger, répliqua-t-elle machinalement. Merci pour l’heure.

Elle s’apprêtait à faire demi-tour, lorsqu’un étrange interrogatoire se mit en marche. Elle plissa les yeux avec perplexité. Elle n’eut le temps de balbutier que des « Quoi ? », « Mais que ? », « Hein ? ». Rajustant l’équilibre d’autorité entre la rapidité de son cerveau et la paresse de sa langue, elle réussit à articuler avec méfiance :

- Très peu de temps. Je faisais mon sport quotidien, figurez-vous et…

La gothique se saisit de son bras en un mouvement vif, qui surprit Prudence autant qu’il la désarçonna. L’instant ne dura qu’une demi-seconde, avant qu’elle ne retrouve ses esprits. L’idée d’être empoignée contre son gré et toute poissée de sang – même s’il en fallait beaucoup plus la choquer – la révulsait. Les yeux gris de la jeune fille se chargèrent de sombres nuages, tandis que son organisme produisait soudain plus d’électricité qu’il n’était d’ordinaire nécessaire. Sa chaleur corporelle commença à augmenter régulièrement. Très vite, l’adrénaline elle-même, qui circulait dans ses veines dans l’euphorie ou l’inquiétude de l’imminence d’un danger, lui parut superflue. Voire ridicule. Elle était fille de la foudre et des étoiles, désormais. Son corps avait d’autres ressources pour faire face aux dangers. Et son précédent désordre émotionnel n’étant pas si lointain dans le temps, son corps pouvait à nouveau entrer en production de masse sans échauffement ni baisse de régime.

- Hey, bas les pattes ! Je demandais juste l’heure ! Pas ce que vous avez mangé ce midi, ni la superficie de la Nouvelle-Guinée !

Une brève onde électrique, très légère, la traversa de part en part, aux frontières de sa peau et de ses vêtements. Elle espérait que cela serait suffisant à la belliqueuse inconnue pour la lâcher et la laisser tranquille. Avec un peu de chance, elle aurait compris le message. Que Prudence Carter n’était pas qu’une étudiante sans boussole. Elle eut le temps d’apercevoir des yeux très bleus sous la capuche noire, ainsi que des cicatrices régulières sur le pâle épiderme de son mystérieux agresseur. Ses yeux s’étrécirent davantage, tel un félin irrité. Qu’est-ce que c’était encore que ces conneries ?

- Faites votre business, peu importe ce que c’est, dans votre coin. Mais foutez-moi la paix !

Attend une minute, Prudence Violet Carter ! Tu laisserais une folle sanguinaire mener ses petites affaires de son côté ? En sachant que c’est probablement illicite et dangereux ? T’as beau être fatiguée et découragée, il n’y a pas d’heure pour faire respecter l’ordre.

Prudence maudit sa conscience mais obtempéra, se rendant à l’évidence. Cette histoire puait l’illégalité, en plus d’être sacrément bizarre. Elle relâcha un peu plus de pression, laissant l’électricité fourmiller sous sa peau pour mieux l’emmagasiner. Sa bouche marqua un pli dur. L’adolescente fit ce qu’elle put pour capter le regard de l’inconnue, d’un regard empli de défi.

- Il a pas l’air très légal, votre business, en tout cas. Un conseil : lâchez-moi tout de suite. Et je promets de ne pas vous faire de mal.
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Message posté : Jeu 17 Juil 2014 - 3:07 Message
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Hmm. Vu comme la petite était réactive, elle devait soit avoir des ennuis, soit être un peu simplette. Allez savoir pourquoi, la deuxième option m’aurait vraiment plu. Mais on ne pouvait pas toujours avoir ce qu’on voulait. Visiblement, j’avais interpelé la demoiselle juste à temps, car elle s’apprêtait à filer vers d’autres horizons. Mais alors que je lui posais mes petites questions, elle peina à suivre le rythme (visiblement, en tout cas, à en juger par ses réponses monosyllabiques pour la plupart). J’étais quand à moi en plein conflit intérieur : peut-être était-elle sincère et n’avait-elle rien vu. J’envisageais une demie seconde de la laisser partir tel quel, mais changeais rapidement d’avis en l’entendant se reprendre d’une part et en sentant un léger choc électrique au point de contact entre nos deux peaux.

Misère. J’avais tiré le gros lot. Une pile. Un petit orage sur pattes, que sais-je encore. Vraiment ? Un petit orage relativement insolent par ailleurs. La superficie de la Nouvelle-Guinée, sérieusement ? Je maintins le contact une seconde plus, et tandis qu’elle m’adjoignait de lui « foutre la paix », je cite, je murmurais quand à moi :

« Gort, chónaisceann. »

J’appelais ainsi l’ogham du lien, et créais un fil ténu entre l’esprit de la jeune femme et moi. Problème majeur s’il en était, j’avais besoin de maintenir le contact et d’un certain délai pour modifier son souvenir des évènements. Puisqu’il fallait qu’elle soit sous mon emprise pendant ce temps. Et ce n’était pas la maigre balise que je venais de poser qui allait m’aider de beaucoup. Loin de là. Surtout qu’en l’état actuel des choses, elle durerait de manière fugace seulement. Je signalais au passage :

« Mon chou, j’adorerais te foutre la paix, comme tu dis, mais j’ai des intérêts à défendre. »

Sous mes yeux ébahis, la gamine durcit alors son regard. Je sentais que cette histoire allait me valoir de sacrées emmerdes, décidément. Note pour plus tard : plus de boulot en plein air avant une heure décente. Il était bien trop tôt dans mon emploi du temps nocturne pour ces conneries. Et Asher allait m’entendre, tiens, avec ses lieux de rendez-vous à la noix. Je la lâchais, pas parce que j’étais un tant soit peu impressionnée (et mon sourire narquois sur le visage, contraste certain avec sa petite bouille si sérieuse, marquait bien cet état de fait), mais parce que j’avais besoin d’avoir les deux mains libres. Son coup de jus picotait, certes, mais quand on doit s’ouvrir les veines régulièrement pour sa magie, bizarrement, on développe une tolérance certaine à la douleur. C’est magique.

« Ecoute , commençais-je tout en attrapant ma dague de la main droite, je n’ai rien de particulier contre toi mais il se trouve que je ne suis pas toujours maîtresse du moindre de mes choix. Mais même si je ne te promets rien, je ne souhaite pas te faire de mal, techniquement parlant. »

Pas trop, ajoutais-je mentalement. Je ponctuais la fin de ma phrase en passant soigneusement le fil aiguisé de ma lame sur mon poignet gauche, mes yeux bleus scrutant les siens qui étaient emplis, si je ne m’abusais pas, de défi. C’était adorable. Quoi que, je pouvais bien rire tout ce que je voulais, elle avait l’air relativement douée. Mais comme moi sans doute, au vu de son âge apparent, elle devait encore apprendre. Qui dit apprentissage dit possible faille. Normalement.

Je rangeais ma dague – je ne comptais vraiment, vraiment pas la tuer. Promis – et baissais le bras jusqu’à ce que je vois mon sang couler sur le sol. Je devais avoir couper assez profond. Parfait. Je me mis en mouvement, m’éloignant de quelques pas. Prenez moi pour une idiote si vous voulez, mais je voulais pas me trouver trop près de la miss si elle venait à chercher à m’électrocuter. Mes gestes avaient une certaine fluidité, et étaient un chouïa plus rapide que la moyenne, même si je n’étais pas devenue Flash par magie. J’avais des limites, celles imposées par mon corps.

Ne voulant pas vraiment passer à l’offensive, je visualisais les trois runes constituant invariablement mon bouclier Duir, Fearn et Luis, qui me permettait de protéger mon esprit, mon corps et ma magie. De la sorte, les runes véhiculeraient moins de pouvoirs, mais ça devrait être assez. Il était toujours temps d’augmenter la puissance plus tard. Je devinais que je devais avoir l’air un peu ailleurs ce faisant. Mais je gardais un œil sur la demoiselle.

Tout cela passa relativement vite, le temps pour moi d’imaginer les runes (quelques secondes, donc, tout au plus). Mais elle me paraissait bien réactive, et je ne m’attardais pas. Cherchant le lien ténu entre l’esprit de la justicière en herbe et le mien, je prononçais en tirant de l’énergie du sang qui gouttait joyeusement de mon poignet :

« Tar. »
(Viens)*

Je continuais à reculer tout en parlant puis commençais à infléchir ma trajectoire. Je ne voulais pas fuir, je voulais délimiter un périmètre. Mon sang, en gouttant au sol, rejoignait celui qui avait déjà imbibé la terre tant bien que mal. Et au fur et à mesure, une ligne fine de pouvoir se dessinait, persistante malgré la pluie qui tombait, et flamboyante pour mes yeux grands ouverts par la magie.


*:
 
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Message posté : Sam 19 Juil 2014 - 13:17 Message
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La folle la lâcha enfin et Prudence ne put s’empêcher de faire un brusque écart, pour remettre de la distance entre elles. Quelque chose ne tournait définitivement pas rond chez cette femme-là. L’adolescente aurait volontiers passé son chemin, si une bravade ne lui avait pas échappé. Dès lors, elle ne pouvait plus fuir. Elle devait faire face à cette folle hémophile et comprendre ce qu’il se passait. Une chose était néanmoins certaine : la gothique était dangereuse. L’instinct de Prudence lui criait de s’éloigner au plus vite et de demander à quelqu’un de plus compétent de s’occuper de cette affaire. Mais qui appeler ? La police ? Sa tante ? La Légion ? Elle doutait que les forces de l’ordre habituelles puissent en venir à bout. Elle ne possédait pas le numéro privé d’un super-héros du coin et, de toute façon, elle avait oublié son portable. Sinon, elle aurait pu appeler Lena pour que l’UNISON débarque…

La situation s’inversait et c’était la cinglée de service qui promettait de ne pas faire de mal à l’adolescente. Plusieurs hypothèses traversèrent l’esprit de Prudence à la vitesse de la foudre. Mutante ? Alien ? Créature bizarre ? Sorcière ? Le sang s’écoulant des plaies lui rappelait de vieux films d’horreur. Où une fille finissait toujours par devenir la fiancée du démon, en quelque sorte. Le sang qui attirait des forces surnaturelles… Prudence opta pour sorcière car, dans son imaginaire, une femme qui prononçait des incantations dans une langue inconnue, ça ne pouvait être qu’une sorcière. Un sourire goguenard étira les lèvres de la jeune fille.

- Tu te prends pour un vampire à jouer avec ton sang ? T’as oublié un détail dans l’équation. Moi aussi, j’ai des talents cachés.

Prudence fléchit les genoux, le pied droit en avant. Elle ferma les poings et se mit en position défensive, comme lors de ses quelques notions de boxe vues à la TV. Elle savait se battre au corps à corps, elle avait pris suffisamment de cours d’auto-défense pour cela. Face à l’étrange magie – pour l’instant inopérante – de son adversaire, la lycéenne pouvait également jouer de sa puissance brute pour renforcer ses coups.

- T’as cherché les problèmes avec la mauvaise personne, Bloody Mary.

Ses yeux étaient naturellement attirés vers le sang qui s’égouttait lentement sur le sol. La gothique se mouvait avec une fluidité presque indécente, comme si elle s’affranchissait des entraves inhérentes au corps humain. Ce constat lui rappelait un cobra sur le point de mordre, ou un requin tournant autour de sa proie avant de frapper. Les choses dérapèrent lorsque Prudence commença à sentir un tiraillement dans ses muscles. Quelque chose fourmillait désagréablement dans sa tête, qui voulait la pousser à faire un pas en avant. Elle cligna des yeux pour essayer de chasser cette impulsion. Son pied gauche dérapa sur le sentier, la poussant en avant et manquant lui faire perdre l’équilibre. Cherchant à capter le regard de la gothique, elle en vint à se demander si celle-ci ne possédait pas aussi des pouvoirs mentaux. Prête à paniquer, elle fit alors quelque chose d’à la fois stupide et courageux. Parce qu’elle allait gaspiller de l’énergie.

- Sors de ma tête !

Son pied droit s’abattit violemment sur le sol. Une onde électrique se propagea en cercle autour du point d’impact, sur environ dix mètres. Une partie de sa décharge revint à son corps sous une forme affaiblie. Elle en profita pour charger ses poings, qui se mirent à luire légèrement, parcourus par une myriade de minuscules étincelles. Cette violation de son esprit la révulsait plus que tout. Seule sa volonté avait droit de mouvoir ce corps. Prudence appréciait les télépathes mais pas les manipulateurs. Et elle pouvait encore sentir la présence diffuse de cet ordre étranger, dans un coin de sa tête, qui lui intimait l'ordre pernicieux de s'approcher. Mais Prudence Carter ne se rendait jamais sans combattre.

- J’sais pas qui tu es ni ce que tu es. Mais t’as intérêt à ne plus t’approcher de mon esprit.
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Message posté : Mer 23 Juil 2014 - 0:22 Message
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« Tu te prends pour un vampire à jouer avec ton sang ? T’as oublié un détail dans l’équation. Moi aussi, j’ai des talents cachés. »

Très concentrée sur la formule dont j’aurais besoin plus tard – en magie, soit vous étiez précis, soit ce que vous faisiez se retournait contre vous. C’était quasiment immuable comme règle – je ne faisais que surveiller d’un œil la gamine en face de moi. Néanmoins le mot vampire me fit relever la tête brusquement. Je faillis répliquer, quasi outrée – ce qui était ridicule, avouons le – mais je retins mes imprécations in extrémis. Bon sang. Vampire. Sérieusement ? Je ne buvais pas du sang, je passais mon temps à le perdre. Heureusement que ça ne me rendait pas malade. J’aurais eu l’air fin, si la vue de mon liquide préféré m’avait donnée des vertiges. La jeunesse ne savait plus rien, de nos jours.

En revanche, le surnom suivant « Bloody mary » me fit rire. Je ne m’en privais pas d’ailleurs, me doutant bien que si la jeune fille me prenait déjà pour une folle ça n’allait pas manquer de la conforter dans son opinion. Mais bon, au point où j’en étais…

« Bloody Mary ? Sérieusement, tu n’as rien trouvé de mieux ? »

Je cessais de rire en la voyant se mettre en posture de combat. Youpi. Avec une moue septique, j’attendais simplement de voir si mon appel trouverait un résultat. Je n’allais certainement pas répondre à sa provocation. Comme j’aimais à le dire, j’étais de un, consciente de mes capacités, et de deux, une putain de mage, pas une athlète. Je me battais avec d’autres armes. Tout ce que j’avais à faire, c’était rester hors de portée de la demoiselle. Du moins je l’espérais.

Je suivais son regard vers mon sang au sol, et retins au dernier moment une grimace de mécontentement. Je n’avais pas envie, si elle se révélait un peu trop vive d’esprit, qu’elle comprenne ce que j’étais en train de faire. A vrai dire, avec ses connaissances sur ma magie étaient inexistantes, et c’était du domaine de l’impossible ou presque mais bon. Sait-on jamais.

Enfin, une réaction. Un sourire satisfait aux lèvres, je regardais son pied gauche glisser au sol dans ma direction… Avant de perdre mon sourire et de reculer précipitamment (merci Morrigan) tout en levant à la hâte mes boucliers magiques quand elle m’enjoignit de sortir de sa tête. Et qu’elle abattit son poing sur le sol. Riche idée, puisque malgré mes petits talents, je ressentis une partie de l’électricité qu’elle avait ejectée ainsi. Je plissais les yeux. Ce n’était pas extrêmement agréable. Je me retrouvais à 15 bons mètres de la jeune fille… Et de la ligne de pouvoir que j’avais commencé à tracer. Merveilleux, vraiment. J’observais les poings de la demoiselle, qui luisaient tout doucement, me demandant à quel point il serait douloureux d’entrer en contact avec eux.

Bon, autant pour ma petite expérience. Je savais que j’étais capable de manipuler quelqu’un, mais j’avais besoin pour ça de plusieurs choses : mon sang comme carburant magique, le sang de la personne comme ancre, et une formule. Avec un seul de ses éléments, le résultat n’était pas probant… et avec la distraction que la jeune fille venait de m’offrir, j’avais perdu définitivement ce lien. Chiotte. Je soulevais un chapeau invisible tout en inclinant la tête à l'intention de Volt.

« Bravo pour la résistance, même si ça ne va pas arranger tant que ça tes affaires. Pénétrer ton esprit, c'était la manière douce, Volt. »

Sans quitter la demoiselle des yeux, je me rapprochais prudemment. Mon sang coulait toujours, et la ligne de pouvoir que j’avais esquissée au sol était comme flamboyante pour mes yeux. Si pour un néophyte, elle était invisible, pour moi, c’était un tracé rouge rubis, qui scintillait. J’imagine que les autres mages auraient pu la discerner. Ou pas. En tout cas, ma magie se reconnaissait. Maintenant, si je voulais terminé ce que j’avais à faire, j’avais besoin d’une distraction.

Puisque de toute façon, le sang que j’avais étalé sur la demoiselle ne servait à rien, j’articulais tout en tendant mon esprit vers les quelques particules de magie qui y restait stockée :

« Straif ag mo draíocht agus mo dónna fola. »
(Straif, par ma magie et mon sang, brûle)

Là. La rune du prunelier, qui infligeait la douleur, associée ces quelques mots, allaient déclencher une sensation de brûlure sur le poignet maculé de sang de la jeune femme. Rien de bien dangereux, juste plutôt douloureux. Mais elle n’aurait aucune blessure conséquente. Je ne pouvais pas, sans son sang, lui infliger de réelles blessures. Ça tenait plus de l’illusion. En tous cas, ça me suffisait pour me donner le temps de me rapprocher d’elle de nouveau. Fébrile, je retrouvais le pouvoir, cassais mon poignet, et serrais le poing pour que mon sang coule un chouïa plus vite. Je continuais le dessin à la hâte, cependant certaine que je n’aurais pas le temps de clore le cercle avant que la demoiselle ne se remette de sa surprise. Et je savais pertinemment, qu’étant posté à environ deux ou trois mètres d’elle, je n’aurais pas le temps de réagir si elle se rapprochait trop vite. Je gardais donc mes boucliers dressés, les visualisant dans mon esprit. Atténuer les chocs, c'était déjà mieux que rien. De l'électricité, à pleine puissance, ça pouvait faire très mal. Et je ne connaissais pas la capacité limite de ma nouvelle copine...

« Alors, Volt, tu n’as rien de mieux pour Bloody Mary ? », lançais-je d’un ton dégoulinant de sarcasme. Je n’avais pas pu résister à la tentation.
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Message posté : Mer 23 Juil 2014 - 20:34 Message
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Prudence haussa un sourcil, dans la plus parfaite attitude de qui croit faire face à une vraie cinglée échappée d’un asile psychiatrique. La seconde d’après, l’envie de rire lui passa complètement. Elle poussa un bref cri de douleur et recula. Plaquant une main sur son poignet, elle darda des yeux furieux sur son adversaire. La sorcière semblait s’amuser de la douleur qu’elle provoquait. Elle se demanda ce qui était le pire vu sous cet angle : se réjouir de la souffrance d’autrui ou gaspiller son sang dans de la magie bizarre. Elle ôta lentement ses doigts de sa blessure au poignet. Et fut stupéfaite de découvrir son épiderme vierge de toute trace de brûlure. Alors elle comprit. La folle de l’hémoglobine pouvait utiliser ses pouvoirs à distance, ce qui n’arrangeait pas Prudence. L’adolescente était faite pour le corps à corps. Projeter trop d’énergie dans l’espoir d’atteindre la gothique risquait de l’épuiser plus rapidement que si elle réussissait à la frapper physiquement.

- Si tu traites tous les passants qui te demandent l’heure comme tu le fais, pas étonnant que tu sois tellement à cran !

Il lui fallait changer de tactique. La sorcière gothique ne semblait pas prête à la laisser partir. Prudence détestait ce qu’elle allait devoir faire. Mais la nécessitait faisait loi. Mettant un genou à terre dans la boue, elle força l’électricité qui circulait en elle à se concentrer dans ses jambes. Les étincelles blanches qui dansaient autour de ses mains glissèrent jusqu’à ses semelles. D’un bond, Prudence se propulsa dans les airs. Elle se stabilisa à dix mètres au-dessus du sol, à la verticale. Tant que son niveau de production électrique serait maintenu, elle garderait l’avantage de l’altitude.

- Essaye de m’attraper, gronda-t-elle depuis les hauteurs.

La pluie conduisait la foudre avec la facilité et la rapidité d’une ligne téléphonique. Mais si l’eau était un parfait conducteur, il dispersait également l’énergie un peu partout. Les conditions optimales n’étant pas réunies, Prudence risquait fortement de gâcher de l’énergie à essayer de viser la sorcière. Si elle cherchait à la toucher directement, elle n’était pas certaine de l’atteindre. Son regard fut attiré par un vieil arbre juste derrière la gothique.

Désolée, vieux.

Elle jeta de toutes ses forces un éclair à la base du tronc. Le son suivit le mouvement avec une fraction de seconde de retard, retentissant tel un coup de tonnerre. L’arbre gémit, craqua et frémit. Il commença à vaciller face à l’assaut du vent. Puis le lent basculement en avant se transforma en rapprochement dangereusement rapide du sol. Prudence n’espérait pas bloquer ou blesser la belliqueuse magicienne. En revanche, elle comptait profiter de l’effet de surprise. Elle arma à nouveau son poing droit, le chargeant d’électricité. Dans ses yeux gris à l’éclat métallique se reflétaient les étincelles nées de son énergie.

- Ceci est un premier avertissement. Rend-toi.
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Message posté : Jeu 24 Juil 2014 - 2:43 Message
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M’arrêtant nette, je haussais un sourcil, ouvertement narquoise une fois de plus, et rétorquais à la demoiselle :

« Seulement les passants ayant un mauvais timing, Volt… il faut croire que tu n’as pas beaucoup de chance. »

J’avais tracé deux bons tiers de mon cercle de pouvoir, quand je vis la jeune fille mettre un genou à terre. Etonnée, je ne repris donc pas mon mouvement. Par prudence, je redirigeais ma magie vers mes boucliers, attendant de voir ce que demoiselle Volt comptait faire avec méfiance. Si vous voulez mon avis, j’avais bien raison de me méfier. Prenant sur moi de cacher ma surprise – avec difficultés tout de même – je vis ma petite emmerdeuse en chef s’envoler. Littéralement parlant. Joie. J’estimais qu’elle était à au moins huit mètres du sol.

Renonçant à tout faut semblant, je levais les bras au ciel et marmonnais tout bas : « mais c’est une putain de blague, non ? ». Etant donné qu’elle était toujours dans le périmètre du cercle, que la pluie, cette satanée bestiole, coulait toujours à flots (j’aimais moyennement l’idée de baigner dans un conducteur quand une pile électrique se baladait au dessus de ma tête), je terminais mon cercle de sang. Je m’agenouillais, posais ma main ensanglantée sur le trait que j’avais tracée, et utilisant le sang placé sur la demoiselle comme ancre, je prononçais d’une voix claire et chargée de mon pouvoir :

« Fearn, Luis, Duir le Nuin i Interleaved ag Ruis i gcónaí agus coimeádann athghinte seoltóireacht soladach weave tú. »
(Fearn, Luis, Duir, par Nuin dans une garde entrelacés, par Ruis toujours régénérés, un voile solide vous tissez…)

Un craquement sourd m’interrompit. Ebahie, je levais les yeux pour voir l’arbre tomber lentement vers le sol. Je murmurais du bout des lèvres la fin de mon incantation, avec précipitation.

« Cosain, leithlisiú, príosúnacht. »
(Protégez, isolez, emprisonnez)

Je reculai de la trajectoire de l’arbre dans un mouvement précipité et manquant cruellement de grâce, avouons le bien. Mais j’avais réussi à me mettre hors de portée. Dans le même temps, la garde que j’avais dressée autour de Volt se referma avec un claquement sec au dessus de la tête de la demoiselle. Non mais. Je la tâtais de l’esprit (la garde, pas la demoiselle. Je suis sans scrupules, pas perverse, merci bien), et grimaçais quand je sentis une faille. M’ayant interrompue alors que j’incantais, la jeune fille avait fragilisé l’édifice magique.

Celui ci l’empêcherait de sortir de la cloche qui faisait une quinzaine de mètres hauteur et avait une circonférence au sol d’environ dix mètres. Seul mon sang pouvait la rouvrir. Cependant, la garde laisserait passer l’énergie. Y compris l’électricité. Ce qui voulait dire que j’étais une cible sur pattes, pour peu que Volt ait encore quelques… et bien, quelques volts en réserve pour sa sorcière préférée. Bizarrement, je n’avais pas vraiment vraiment envie de tester cette possibilité.

Prudent, je reculais de quelques pas de plus. J’étais à présent à deux mètres du bord de la garde. A une douzaine de mètres du point d’où avait décollée la jeune imprudente. Je regardais son poing droit avec appréhension, n’y décelant que trop bien l’énergie.

« Ecoute, Volt, ton avertissement est très bien passé, crois moi. J’ai bien compris que tu savais aussi bien faire mumuse avec l’électricité que moi avec la magie. Mais on va bien finir par arriver dans une impasse, au cas où tu n’avais pas remarqué. »

Je n’étais pas totalement idiote. J’avais conscience que si ma jeune adversaire avait décidé de ne pas me laisser l’approcher, je n’étais pas rendue. A moins de pouvoir l’épuiser, mais dans l’état actuel des choses, je n’avais pas vraiment le temps. Peut être que si elle se rendait compte qu’elle était plus ou moins coincée dans sa bulle, elle coopèrerait ? Je n’avais plus le temps de m’attarder. Nous avions fait un sacré raffût avec tout ça, et je n’avais pas envie de voir la cavalerie rappliquer. De plus, je ne savais pas à quel point la garde qui l’empêchait de sortir était fragile : peut être qu’avec quelques coups de jus bien placés, elle serait capable de la court-circuiter.

D’autant plus que j’avais fait usage d’un certain nombre de sorts à la suite, et que je commençais à m’essouffler. Quand au sort alimenté par mon pendentif, il était en train de vider celui-ci de son énergie, de plus en plus vite.

« Je te jure que je ne te veux aucun mal, enfin. Je veux juste faire en sorte de… je sais pas, faire attention à mes arrières. Je n’ai pas envie qu’on sache que j’ai été ici ce soir. Point barre. »

Je fis une pause, et plissais les yeux, ayant du mal à discerner ma petite proie avec la pluie qui me tombait dans les yeux. Je rajoutais ensuite :

« Sans vouloir paraître ennuyée, on peut continuer ça un certain temps, toi et moi, mais ça ne nous fera de bien, ni à l’une ni à l’autre. »

Tout en parlant, je surveillais la jeune fille. Je n’avais pas envie de me prendre un éclair en pleine face, mais j’avais du mal à maintenir mes boucliers, alimenter la garde de sang autour de ma proie et à maintenir l’ancrage qui rattachait la dite garde à un objet en mouvement. Je privilégiais la garde par rapport à mon bouclier. Habituellement, je n’en avais pas besoin, puisque lancée correctement, une Garde de Sang s’auto-alimentait tant qu’elle n’était pas endommagée par un mage. Dans l’état actuel des choses, elle me pompait l’énergie.

« Je veux juste modifier un peu ton souvenir de cette soirée. Rien de mal. Tu pourras rentrer tranquillement chez toi Volt. Ne vois pas ça comme une menace, mais si ce n’est pas fait ce soir, tu deviens dangereuse pour moi. Et entre toi et moi, je sais qui je choisirais. Sans hésitations. Et ce, même s’il faut que je te traque à l’autre bout de cette putain de planète. »

Songeuse, je m’interrompis un instant avant de rectifier :

« En fait, si. C’est une menace. »

Mon honnêteté me perdra. Je n'étais pas fan de la négociation, mais j'avais avant tout l'esprit pratique. Il fallait tuer pour gagner, je tuais. Mais si je tuais la gamine, vu son âge, j'aurais sa famille aux trousse. Il fallait torturer, je torturais, mais de un, il fallait que je l'approche pour ça, et de deux, ça ne m'aurait pas servi à grand chose. S'il fallait mentir, je mentais, et ainsi de suite. Mais en l'occurrence, la solution la plus simple pour moi, c'était d'obtenir la reddition de mon adversaire. Et qu'importe si ça manquait cruellement d'élégance.
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Message posté : Jeu 24 Juil 2014 - 22:52 Message
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- Cesse de m’appeler Volt ! Je suis Lightning Girl, et c’est tout ce que tu sauras jamais de moi.

Prudence avait conscience d’augmenter les risques d’être attaquée si elle continuait de laisser parler la sorcière. Cette dernière marmonnait des mots inconnus, qui chantait à ses oreilles mais dont elle aurait été bien en peine de définir la langue d’origine. Elle ne pouvait pas distinctement entendre ses marmonnements mais vu le résultat précédent, il valait mieux ne pas les laisser se prolonger. Il fallait agir vite. Privilégier la rapidité d’exécution et l’initiative. Jour de chance : c’était justement dans ce domaine que Lightning Girl excellait. L’improvisation, l’audace, l’initiative.

- T’es cinglée, assena-t-elle avec la conviction de la hache tombant sur le billot. Si j’avais voulu te nuire, je ne me serais pas arrêtée pour te demander l’heure. C’est toi qui as créé cette impasse. Toute seule, comme une grande. Tu m’aurais juste demandé de partir après, je n’aurais peut-être même pas remarqué ton trafic sanguin !

Ce qui aurait été bien dommage, dans un sens. Si Prudence voulait un jour faire partie des plus super-héros de cette planète, elle devait faire ses preuves, éprouver sa foi en la justice et gagner en expérience. Cette occasion était toute trouvée face à la folle de l’hémoglobine. Prudence ne doutait pas – ou si peu – d’en venir à bout. La sorcière mettait trop de temps à préparer et activer ses sorts, quels qu’ils soient. L’adolescente conservait l’avantage de la vitesse. Et, en l’occurrence, de l’altitude. Pour l’instant. Il fallait mettre cela à profit.

La menace que lui jeta la gothique lui fit à nouveau hausser un sourcil. Dubitative, elle tenta de faire le lien entre le sang répandu par terre et les pouvoirs télépathiques que son adversaire semblait posséder. Il y avait un lien mais lequel ? L’électricité représentait la source et la finitude des capacités hors du commun de la jeune fille. En était-il de même avec le sang pour cette femme encapuchonnée ? Prudence hésita une seconde de trop, comme elle allait le découvrir plus tard. Si elle ne pouvait appeler aucun renfort – et si personne ne faisait le lien entre la foudre ciblée et le ciel vierge de tout éclair sur le reste de la ville -, elle resterait seule face à la sorcière. C’était devenu son travail de l’arrêter et de clarifier cette affaire. C’était son devoir. Ses yeux s’étrécirent davantage, autant pour lutter contre la pluie que parce que la colère enflait en elle comme un ouragan.

- Menace-moi autant que tu veux, tu ne peux pas m’atteindre. Touche mon esprit encore une fois et ce sera ta dernière action avant longtemps… Parce que je grillerais avant le peu de neurones que tu as.

L’inébranlable fierté et assurance de Prudence allait bientôt voler en éclats. Mais pour l’heure, elle décida de s’élever un peu plus haut d’une poussée depuis ses pieds. Dans le même mouvement, elle augmenta la concentration d’énergie dans son poing droit. Tendit le bras en avant, ouvrit les doigts et relâcha la pression. Un nouvel éclair frappa le sol, presque aux pieds de la sorcière. Prudence perdit du même coup un demi-mètre d’altitude. Viser par ce temps était plus ardu qu’elle ne l’aurait cru.

- Rends-toi. C’est mon deuxième avertissement.

Alors seulement remarqua-t-elle qu’elle ne pouvait pas s’élever plus haut. Oh, bien sûr, sa production d’énergie dépendait de ce que son corps, actuellement, pouvait supporter. Et il était rare, de toute façon, qu’elle dépasse les dix ou douze mètres de hauteur en vol. Avec les années et l’entraînement, elle était convaincue qu’elle pourrait faire beaucoup mieux. Mais là, c’était différent. Une étrange sensation d’enfermement, paradoxale au vu du lieu, commença à lentement se resserrer autour d’elle. Elle connaissait suffisamment cette sensation pour l’avoir déjà vécue tant de fois. Un zeste de claustrophobie refit surface. L’adolescente connut un bref instant de panique, qu’elle refoula avec rage. Elle darda des yeux noirs de fureur sur la sorcière clouée au sol. Sans y prendre garde, sa température corporelle monta plus encore. L’électricité fourmillait dans ses membres, comme frémissant d’impatience à l’idée d’être bientôt libérée. Prudence amorça une rotation en commençant par son pied droit, pivotant sur elle-même à l’égale d’une toupie et de plus en plus vite. Les bras écartés, les poings serrés, elle serra les dents, se préparant à tout lâcher. Même si pour cela, elle devait s’épuiser. Elle s’écria :

- Tu ne peux pas m’atteindre !

Prudence acheva un dernier tour complet, ouvrit les doigts et lâcha l’énergie en cercles rapides. La foudre se déploya autour d’elle comme des anneaux, frappant tout ce qui se trouvait à une trop grande proximité. Une poubelle explosa. Un bosquet s’enflamma, avant d’être aussitôt éteint par la pluie. Les cimes frémirent mais nul tronc ne plia cette fois. La foudre s’était principalement dirigée vers le haut et le bas. Et chaque anneau d’énergie avait perdu en intensité par rapport au précédent. Prudence elle-même fut soufflée par l’explosion qu’elle venait de libérer. Elle atterrit pêle-mêle dans le plus arbre, où elle se raccrocha aux branches pour ne pas glisser. Le souffle court, elle eut néanmoins l’audace de sourire.

Prend ça dans les dents, face de rat !
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Message posté : Ven 25 Juil 2014 - 20:47 Message
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Lightning Girl ? Sérieusement ? C’était mignon dans un sens. Si jeune et déjà son petit surnom. Mais pour moi, ça resterait Volt. J’aimais bien embêter mon monde, quand mon monde m’embêtait. Et puis, c’était elle qui avait commencé, alors… J’étais Bloody Mary, la vampire, et apparemment, vu ce qui suivit, j’étais aussi cinglée. Quand elle m’assena cela (ça me donnait envie de rire plus qu’autre chose), je levais un chapeau imaginaire en son honneur. En revanche, elle n’avait pas tout à fait tort pour la suite. Apparemment, elle n’avait rien remarqué, mais, bordel, je n’étais pas mentaliste, et je n’aurais pas pu deviner. Note pour la prochaine fois : penser à regarder deux secondes autour de soi avant de réaliser une transaction, ça m’évitera de m’embrouiller avec une gamine pseudo-héroïque pour des prunes.

J’avais vraiment, vraiment mal géré la situation. Il fallait bien que ça m’arrive un jour ou l’autre, mais la couleuvre n’était pas plus facile à avaler pour autant. Enfin. Tant que dans l’imaginaire de la demoiselle, on en restait à du « trafic sanguin » (vraiment ?), ça n’était pas dramatique. Et puis, avec l’obscurité et les vêtements sombres que je portais et qui me recouvrais quasi intégralement, elle aurait sans doute du mal à me reconnaître en plein jour dans Little Italy. Non ? D’autant plus que je dissimulais toujours les cicatrices que je portais sur les bras, et les quelques autres qu’on pouvait trouver à gauche et à droite sur mon corps.

Un nouvel éclair me visant apparemment vint frapper le sol à quelques centimètres de mes pieds. Nonchalamment, du moins en apparence, je redirigeais un peu de l’énergie de la garde dans mes boucliers, au cas où, mais à cause de l’omniprésence de l’eau, l’électricité s’éparpilla un peu partout. Je ne bougeais pas d’un pouce, sachant qu’il aurait été stupide de signaler à Volt que je commençais à fatiguer, et attendis patiemment qu’elle se rende compte qu’elle était enfermée, comme un canari dans sa cage. Je remarquais au passage qu’elle avait l’air un peu moins haut dans le ciel. Impression, illusion d’optique, ou baisse d’énergie ? Qui sait.

« En tout cas, Volt, tu crois encore au Père Noël si tu crois que je vais me rendre parce qu’une gamine comme toi me l’ordonne. Redescends sur terre. » Courte interruption avant de terminer « Dans tous les sens du terme, ça serait bien. »

A cet instant, la jeune fille se mit à tournoyer sur elle même et ce de plus en plus vite. Sachant que j’allais le regretter, mais me doutant aussi que j’avais tout intérêt à protéger mes jolies petites fesses, je rappelais une fois de plus une partie de l’énergie de la Garde vers mes protections personnelles. Grand bien m’en prit, puisque quelques secondes plus tard, Volt ouvrit ses petits poings serrés, et relâcha de l’énergie. La première vague fut interrompue par ma magie, dieu merci, mais l’effort demandé abaissa encore d’un cran mon énergie magique. Si je voulais réalimenter mes boucliers, il fallait que je saigne plus, mais si je saignais plus, je me fatiguais plus. Cercle vicieux quand tu nous tiens.

De toute façon, je n’eus pas le temps de réagir que j’étais déjà projetée en arrière par la foudre. J’atterrissais comme un tas de linge sale dans le buisson le plus proche, en regardant, médusée, un bosquet proche prendre feu avant de s’éteindre aussi sec à cause de la pluie qui ne s’interrompait toujours pas. Visiblement, ça ne faisait pas du bien de se prendre tout ça en direct. Je ne sentais plus, ni mes boucliers, ni la Garde, qui avaient dû voler en éclats. La douleur m’avait saisie un instant, mais je remerciais pourtant Morrigan et tous les dieux celtes que je connaissais d’être en un seul morceau, bien que je sente des graviers joyeusement enfoncés dans la main gauche que j’avais ouverte plus tôt pour me rattraper, et certainement en train de faire leur petit bonhome de chemin dans la plaie qui s’y trouvait à cause de mon besoin de magie. Misère.

Rapidement, j’inspectais mon corps, et découvrais quelques bleus, bosses et coupures, dont je tirais toute l’énergie magique que je pus (c’est à dire pas grand chose). Globalement, je fonctionnais, même si mon dos me tiraillait. J’avais dû mal atterrir. Secouant la tête (tiens, une migraine), je me rasseyais tant bien que mal, et cherchais Volt du regard, tout en songeant que j’allais peut être me laisser aller à l’étriper, tiens. Peut être que son sang serait acceptable en sacrifice, non ? Je la découvris perchée dans un arbre auquel elle se raccrochait tant bien que mal.

« Un vrai petit écureuil », marmonnais-je tout bas avant de pouvoir m’en empêcher. Utilisant mon seul sort qui fonctionnait encore, celui qui tirait son énergie de mon pendentif et pas de mon sang directement, je me déplaçais rapidement, mais toujours sans grâce (finalement, j’avais mal un peu partout, je suppose) vers le pied de son arbre, tout en récupérant ma dague dans ma sacoche étiquetée « nécessaire à magie ». Ce que j’allais essayer s’avérait être une tentative nouvelle, qui avait une certaine chance d’échouer, mais bon. Je recoupais une énième fois la paume de ma main (je n’allais pas pouvoir m’en servir de suite, de celle là, entre les cailloux et les deux – attendez, peut être même trois ? – entailles que je m’étais infligée), imprégnant la dague de sang (et Morrigan sait qu’elle en était toujours avide, après des siècles d’usage au cours de sacrifices…) avant de la projeter vers la jambe de Volt tout en vidant définitivement mon Triskel pour obtenir toute la précision dont j’avais besoin. La manœuvre fonctionna plus ou moins, puisque même si elle ne s’arrêta pas sur la gamine, je sentis un sang nouveau imprégné la dague en plus du mien.

Je ne fis pas dans la dentelle. Localisant la dague grâce à ma magie, je liais celle-ci à Volt grâce aux quelques gouttes de ce magnifique liquide rouge qu’elle avait perdu, et projetais mes dernières réserves personnelles (du moins, les dernières réserves qu’il m’était possible de sacrifier sans finir aux urgences puis en prison) :

« Streif. Fulaingt. »
(Streif. Souffres)

Je récupérais la dague tombée au sol un peu plus loin, pantelante, et m’esquivais tant bien que mal le temps que l’illusion de douleur que j’avais projeté sur la demoiselle ne se dissipe. Je n’avais même plus assez d’énergie pour en profiter pour manipuler son esprit. Si ce n’était pas malheureux. En attendant, si j’avais son sang, je pouvais la retrouver. Et si je pouvais la retrouver, je pourrais régler le problème un jour ou l’autre.

HRP:
 
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Message posté : Mar 5 Aoû 2014 - 19:24 Message
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Pour l’instant, même juchée dans un arbre où elle s’accrochait pêle-mêle pour reprendre son souffle, Prudence avait l’impression d’avoir plutôt bien géré la situation. Pas de morts, pas de dégâts irréversibles sur les biens publics – sauf un chêne déraciné – et son niveau de fatigue n’atteignait pas un seuil accablant. Relâcher de l’énergie n’était pas un problème en soi. Tout dépendait de la quantité libérée et de sa volonté à vouloir la maîtriser. Cela s’était donc relativement bien passé, de son point de vu. L’impression d’enfermement qui l’étreignait un peu plus tôt semblait s’être dissipée. Et la gothique folle, même si elle avait apparemment des protections magiques – comme des paratonnerres magiques ? -, semblait également mal en point. Cette fois, Prudence pouvait suivre son avancée et ses mouvements à l’œil nu. Pas comme tout à l’heure, où elle se déplaçait littéralement trop vite et de manière trop fluide pour un humain normal.

Prudence comprit le danger à temps. Mais son corps réagit trop tard. Finalement, elle était plus fatiguée qu’elle ne l’avait cru. Quelques étincelles dansèrent à la frontière de son épiderme, autour des doigts de sa main droite. Elle tenta de la libérer de l’enchevêtrement de feuilles dans lequel elle s’était empêtrée. Trop tard. La folle de l’hémoglobine jeta sa dague vers elle. Prudence retint son souffle. Elle ne sentit pas la lame entailler son pantalon de sport, ni tracer un sillon sanglant sur sa cheville. Mais elle la vie retomber sur le sol devenu boueux. Et comprit qu’elle venait de fournir quelque chose, même si elle ne savait pas encore quoi, à son adversaire. Avec un frisson de peur, elle suivit des yeux la sorcière récupérer sa dague, marmonner deux mots et s’enfuir à toute jambes. Elle ne put assister à sa fuite. Car une douleur aiguë lui traversa soudain la jambe. L’adolescente gémit et serra les dents. Pas question de hurler pour faire plaisir à cette cinglée ! La douleur reflua aussi vite qu’elle était apparue. Et lorsque Prudence ouvrit à nouveau les yeux, la sorcière avait disparu.

- Oh merde !

Ce ne fut qu’en rentrant chez sa tante, en prenant sa douche, qu’elle remarqua l’entaille superficielle – mais qui pissait le sang ! – sur sa cheville droite. La sorcière l’avait marquée. Et pour d’obscures raisons, seules connues de l’inconscient de la jeune fille, Prudence Carter sut qu’elle la reverrait un jour. Et qu'elle lui ferait payer de l’avoir marqué du bétail.
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Le travail, c'est la santé, ne rien faire c'est la conserver

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