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La Famille est Tout !

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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 21:59 Message
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Légion des Etoiles
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Légion des Etoiles

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Black Arm

ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 30/03/1988
ϟ Arrivée à Star City : 12/09/2013
ϟ Nombre de Messages : 2617
ϟ Nombre de Messages RP : 244
ϟ Crédits : MySelf
ϟ Célébrité : Chris Pratt
ϟ Âge du Personnage : 30 ans
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Chomeur
ϟ Réputation : Niveau 3
ϟ Signes particuliers : s'en bat les burnes !
ϟ Pouvoirs : • Super-force (80.000T)
• Super-résistance (80.000T)
• Super-vitesse (6.600.000km/h)
• Super-réflexes
• Super-vision
• Sūpā-Modū
• Eveil au Qi (champs protecteur)
• Kiai
• Chō Gakushū Nōryoku

La Famille est Tout !


Il avait toujours pensé vivre la pire journée de sa vie quand ils s’étaient mutuellement soutenus autour du cercueil vide de son frère Randall. Il avait toujours cru à la déclaration militaire avançant que l’explosion de l’hélicoptère au-dessus des sables d’Irak fut d’une violence telle qu’il fut impossible de trouver trace du moindre corps des trépassés. Il n’en avait serré que plus fort encore les plaques frappées du nom de son jumeau quand on avait définitivement enfermé ce dernier dans les entrailles de la terre familiale, sur ce domaine où ils avaient tant ris, joués et grandis ensembles dans une époque désormais révolue. Aujourd’hui… Aujourd’hui il se rendait compte à quel point ce jour n’avait l’office que d’un tendre prélude à la souffrance qui encapait son être comme son âme face à la bière sensée contenir son dernier frère. Il se souvenait encore ce matin à Seattle où il avait plaisanté avec son frère, se souvenait que ce dernier avait accepté de le voir partager un bout de son quotidien le temps que leurs plaies affectives prennent un peu le temps de cicatriser. Il se souvenait la déclaration des autorités, le rapport d’enquête sur le chauffard ivre ayant brûlé une priorité pour s’encastrer dans le siège passager et déclencher un carambolage qui provoquerait la naissance d’un authentique feu. A-t-on idée de faire circuler un camion-citerne en banlieue ? Toujours est-il que le destin comme les flammes semblaient avoir un curieux sens de l’ironie comme une piquante affection pour le comique de répétition : pour la seconde fois la famille Veidt s’était retrouvée unie autour d’un cercueil affreusement vide.

Tête basse, nuque accablée par la peine, Adriel consentit simplement un regard en coin à la maigre communauté alentours, à la faible foule qui s’était amassée pour rendre un dernier hommage à son frère. Un regard vers la gauche, un autre vers la droite et il ne reconnut que les traits de ses plus proches amis avec qui il avait traversé les plus violents affrontements sur les terrains de football du pays. Il trouverait dans leurs mots comme dans leur poigne ou étreinte un semblant de réconfort une fois la religieuse cérémonie terminée. Il ne fut même pas surpris de constater, pour la seconde fois, l’absence de la famille Cooper avec qui il avait traversé l’enfance. Les épreuves avaient le don de vous révéler sur qui vous pouviez bien compter et les personnes qui ne sont, finalement, guère digne d’intérêt. Elles avaient également le mérite de vous assurer le soutiens factice de tous les flagorneurs et les lèches botte que puisse porter la terre. Si tôt les poignées de terre déversées sur le sombre bois et Leonel enfermé sous cette gangue de poussière, la geste Veidt se vit accablée par une procession au chagrin qu’Adriel trouva des plus factice. Des années plus tard, il serait de nouveau confronté à bon nombre dans le monde des affaires et comprendrait alors que ces poignées de mains et ces accolades n’avaient pour but que d’entrer dans les faveurs de la famille. Dans celle des industriels plus que des amis. Bande de misérables charognards…

Les rites funéraires terminés, l’ancien prospect numéro un à la sortie du lycée se retrouva plus seul que jamais. Il avait abandonné son téléphone portable, fatigué de voir des mots vides de sens apparaitre sur l’écran. Au retour dans la demeure familiale, il prit ses distances avec le reste de la famille, ne prenant même pas la peine d’être surpris à la vue de son père s’en retournant vers leurs industrielles affaires. Il ne l’avait jamais véritablement compris et ne partageait pas grand-chose avec lui de toute façon, aussi ne s’était-il pas attendu à plus de compassion. Dénouant sa cravate, il passa comme une ombre ravagée sous les yeux de Gustavo, arpentant les couloirs du manoir sans véritable but. A chaque pas sur le paquet vermoulu, à chaque nouveau panorama glissant sous ses yeux, le jeune homme voyait des souvenirs d’enfance affluer à sa mémoire, ce qui contribuait à sa peine immense. Des souvenirs de ses jeux avec ses frères comme d’expériences qu’eux seuls avaient vécues… Le chagrin le rendait fou, c’est du moins ce qu’il pensait et s’en frotta les yeux pour penser à autre chose. Depuis quand n’avait-il pas dormi ? Cela devait contribuer à ces étranges pensées… Il déambula pendant un moment avant de rester figé dans l’encadrement de cette vaste pièce qui les avaient vus sommeiller ensemble comme jouer ensemble des après-midi durant. Son cœur se serra et sa peine explosa quand il laissa ses yeux clairs se poser sur la silhouette d’un soldat qu’affectionnait tout particulièrement Randall. Lui qui se prenait pour le Patriote alors qu’ils singeaient des héros avait toujours eu cette vocation, les plaques militaires de son jumeau passée à son cou se faisant plus froides encore sur sa peau. Il saisit le jouet entre ses doigts et sentit ses yeux se gonfler de quelques larmes. A quoi jouait-il ? Pourquoi s’infligeait-il pareille chose ? La culpabilité d’être celui des trois qui restait en vie ? Elle ne fut que plus forte quand il sentit la chevalière de Leonel sous ses doigts, dans les méandres d’une de ses poches. " Ca va… " Adressa t’il à sa mère alors qu’elle le questionnait sur son état. Tout le contraire en réalité, il avait vaguement l’impression de devenir fou et ne pouvait parler à personne de tout ce qui se passait dans sa tête. Seul Leonel fut au courant de ce que lui avait offert la mort de Randall, de tous les souvenirs propres à son jumeau qu’il possédait désormais comme s’ils avaient été le fruit de ses propres actes. Et la chose s’était reproduite, immédiatement après la disparition de ce frère dans la confidence. Il avait l’impression d’avoir vécu trois existences bien distinctes dans ce même corps et ne réussissait pas à comprendre par quel maléfice ces choses-là en venaient à l’accabler. " J’ai besoin de rien… ! " Grogna t’il en se dégageant de l’étreinte maternelle, ne supportant pas ce flot de pitié immense dont il faisait l’objet. En ce temps-là, il n’avait pas clairement compris que sa mère avait tout autant souffert que lui de la disparition de ses enfants et se la figurait juste comme étant inquiète pour son dernier héritier qu’elle ne jugeait que trop fragile désormais. Il s’était toute sa vie durant battu contre la faiblesse pour se forger cette image forte et inaltérable qui ne l’avait guère quitté tout du long de sa scolarité, qui lui avait permis de se hisser dans les classements d’étudiants prétendant aux bourses sportives jusqu’à lui autoriser d’être le numéro un à son poste. Il était resté fort tout du long ses périples universitaires pour s’ouvrir les portes d’une mirifique carrière en NFL. Mais là… Il ne voyait de lui qu’un simple portrait anéanti.

" Je peux entrer…? " Prononça t’il mollement alors qu’il se tenait un brin vouté dans l’encadrement de cette porte menant à un petit salon où il trouva son Grand-Père. Il ne savait ni d’Adam ni d’Eve comment il en était arrivé à se trouver ici. Le fruit de ses errances probablement. Il détestait l’image que cela pouvait bien donner de lui, cette apparence faible et molle… Mais il n’avait plus vraiment la force de chercher à paraitre redoutable et se retrouvait dans la position de l’enfant chétif venant chercher conseils comme réconforts auprès de son ainé. " Qu’est-ce que tu fais ? " Avança t’il avec la désagréable sensation de redevenir un enfant en bas âge un peu trop curieux. A dire vrai, il s’en foutait complétement et se laissa mollement tombé sur un fauteuil luxueux dont il gouta le confort comme il ne l’avait jamais fait avant. Pendant quelques temps, tout aurait un gout différent et rendrait ses sens bien plus réceptifs. C’était en soi la bénédiction qui accompagnait la triste malédiction. Il se tenait là, fébrile devant celui qui représentait le plus la figure paternelle et qui lui avait inculqué bien plus de choses que son propre Père. Il avait besoin d’aide alors qu’il dénouait sa cravate à la recherche d’air, toujours incapable de pleurer pour autant. Adriel se mit à songer à la peine qu’avait dû endurer son Grand-Père quand il avait perdu sa femme, se demandant si la douleur pouvait être équivalente à celle ressentit quand disparaissaient deux jumeaux irremplaçables. Il eut un frisson en se penchant quelque peu pour enfermer dans ses paumes son visage triste. D’au-delà ce voile de chair, une voix éraillé se fit fort de questionner : " Et maintenant… Comment je fais pour continuer à vivre après… Tout ça ? "
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 21:29 Message
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Une tragédie grecque, à n’en point douter. A de cela près que les acteurs ici présents n’étaient nullement payés pour leur brillante prestation. Le plus ancien des Veidt n’avait tout simplement pas daigné desserrer la mâchoire de toute la cérémonie, le seul probablement encore assez lucide pour se rendre compte qu’à peine une poignée de ces gens réunis étaient véritablement concernés – et qui plus et touchés - par cette maladresse du destin. Le seul d’ailleurs qui avait réussi à lui arracher une réplique particulièrement rieuse – qui déclencha une réaction très courroucée de la part d’Isaac Veidt – ce fut l’indescriptible Gustavo qui passa la journée entière à tenter de rendre celle de son patron plus agréable. Mais c’était peine perdue : la balance était trop pesante d’un côté pour qu’un équilibre soit possible. Derrière de sombres lunettes qui empêchaient uniquement le soleil de nuire à ses yeux clairs et non de cacher une quelconque tristesse comme beaucoup le pensaient, Hans observait le regroupement auprès du cercueil. Tournant un instant le regard, il s’attarda sans nostalgie aucune sur les trois autres tombes déjà disposées là ; le premier des triplets et ses propres parents. Resserrant encore un peu plus la pression à l’intérieur de sa mâchoire – une mauvaise habitude liée au stress probablement – il se dit que, dans l’ordre des choses, la prochaine fois que la famille Veidt se retrouvera ici ça sera pour enterrer cet incapable d’Isaac. Là-dessus Hans était clair ; si son propre fils ne réagissait pas en homme à ce nouvel affront du destin et que l’entreprise familiale se voyait perdre pied dans le marché mondial, le vieil homme aurait à agir sans scrupule. La famille est tout. Mais c’est également de là que provienne nos plus grands ennemis. Sentant un sanglot ravager la foule, le grand-père reporta son attention sur le cercueil de sa descendance en lui adressant un dernier hommage silencieux, priant son épouse de veillez sur lui maintenant qu’il n’était plus en pouvoir de le faire. S’il en était venu à avoir en horreur son propre fils, il avait toujours voué un amour paternel aux trois petits derniers et se voir ainsi privé d’un second membre de sa fratrie en si peu de temps lui laissait un goût amer dans la bouche. Il sentit Gustavo remuer dans son dos. Inclinant la tête un instant sur le côté, il vit son fidèle compagnon tenter vainement de cacher un bâillement de lassitude. Le chilien n’était pas un sensible. Pourtant, le vieil homme savait que ce geste cachait un profond regret ; le chilien vouait par déformation professionnel peut-être, le même amour aux petits-enfants Veidt que son patron. Tout comme leur ancêtre, l’étranger avait veillé sur ces chenapans pendant bien des journées et s’était fait un sang d’encre lorsque ces derniers prenaient un malin plaisir à filer. Pendant un temps, le chilien avait contre vents et marées prétendu avoir peur uniquement de la réaction du grand-père qui se faisait un honneur de lui passer un savon mémorable lorsqu’on lui apprenait que Randal, Leonel ou Adriel étaient introuvables. Mais à force de persévérance et d’efficacité, le vieux l’avait percé à jour : Gustavo aimait la famille Veidt, si on faisait abstraction d’Isaac et de sa femme, bien entendu. Le vieil homme roula ses épaules pour détendre ses muscles fatigués à force d’être condamnés à rester statiques des heures durant. Combien de morts verrait-il encore au sein de sa famille avant qu’il ne soit son heure ? Il n’aurait su le dire. Ils n’étaient plus que quatre désormais. Adriel, Isaac et sa femme, ainsi que lui-même. Et dans le tas, il n’y avait qu’une seule personne qu’il ne voulait pas voir sombrer. Si son fils et sa belle-fille jouèrent le jeu des embrassades et des poignées de mains, il se contenta à chaque fois d’un « autant pour moi » avant de bien vite perdre le compte des crétins qui étaient venus uniquement pour lui serrer la main. Dans sa tête, une liste non exhaustive se remplissait à chaque nouveau venu et en titre ; à rayer de la liste. D’un haussement de sourcils, il chassa le dernier venu qui n’essayait même pas de retenir son sourire alors qu’il venait aborder le vieux Veidt. En retrait, Gustavo faisait, ma foi, ce qu’il savait faire le mieux ; observer discrètement pour le compte du vieux. Après d’interminables minutes à saluer, remercier, offenser et envoyer chier la moitié des invités rassemblés là, Veidt jeta un regard sur son fils et sa belle-fille avant de définitivement se dire que ces deux-là étaient tout bonnement irrécupérables. Sans rien demander à ceux qui restaient, il s’éclipsa en compagnie de Gustavo pour rejoindre le manoir et profiter de ce qui lui allait le mieux ; la solitude. Après quelques indications à son fidèle, il gravit les marches en silence, mains dans les poches. Il n’avait besoin que d’une chose et il savait où la trouver.

Confortablement installé dans le canapé presque aussi vieux que lui, Veidt s’était finalement débarrassé de sa veste et de sa cravate qu’il avait laissées à l’étage. Jambes croisées, les lunettes légèrement redescendues sur son nez, il parcourrait les pages d’un livre qu’on lui avait fait parvenir la veille au soir. Un énième rassemblement de feuilles sur l’art de la guerre dans un quelconque pays exotique. Il n’y portait pas véritablement attention, à dire vrai, profitant simplement de son temps libre pour éradiquer tout ce qui pouvait l’être. Il eut droit à la visite de Gustavo qui ronchonna de ne savoir quoi faire à partir du moment où il s’était fait joyeusement foutre dehors des cuisines après avoir regardé une cuisinière de trop près. Veidt esquissa un sourire amusé, à demi voilé par ses lunettes à cause de sa tête penchée en avant.

« Vous devriez apprendre à le faire discrètement. » Le chilien expliqua à grand renfort de mots qu’il n’avait aucun conseil à recevoir d’un vieux dont le lit était froid depuis passé quarante ans. Auquel Veidt répondit, toujours le nez dans son livre. « Certes. En considérant que pour se faire vous ayez obligatoirement besoin d’un lit. » Habitué au sarcasme de son patron, le chilien ne manqua pas de répondre en riant qu’il ne voulait rien savoir des pratiques d’un autre siècle qu’utilisait l’ancêtre assis en face de lui. « Voudriez-vous retourner à mon bureau. J’y ai oublié mes lunettes. Lunettes qu’il décrocha de son nez au passage en regardant avec insistance son second qui lâcha un « hein ? » avant de se retourner sur le canapé et d’aviser l’âme en peine qui passait par là. D’un regard, il comprit où voulait en venir son patron et se leva discrètement. « Une heure ? ». « Vous savez où se trouvent mes clés, n’est-ce pas ? » Il faisait référence aux quelques voitures de collection entassées dans un garage poussiéreux que lui-même ne conduisait plus. A en croire l’expression du chilien, lui en revanche savait quoi en faire. En quittant le vieux il lâcha un malicieux « pas besoin de lit, hein ? » avant de fausser compagnie à son patron et de sortir de la pièce par la seconde entrée.

Hans replaça ses lunettes sur son nez sans prendre la peine de regarder son petit-fils qui venait de l’apostropher. « Si telle est ta volonté, je ne peux m’y opposer. » Il était déjà arrivé au vieil homme de renvoyer son propre fils hors d’une pièce. D’où la question d’Adriel, probablement. En ce qui concernait son petit-fils en revanche, la partie était tout autre. Tournant la page du chapitre annonçant la fin de ce calvaire de pages, il releva un instant les yeux pour voir son héritier se laisser mollement tomber en face de lui. Il plissa les yeux. « Est-ce véritablement important ? Il referma son bouquin comme pour confirmer l’évidence de ses propos avant de se redresser et de répliquer toujours avec ce même ton posé et incroyablement lent. Accessoirement, je te permets de profiter d’un confort hors de prix. » Sarcasme à nouveau. Il faisait référence au fait que contrairement à d’autres dans cette maison, il savait d’où provenait leurs biens et que c’était en travaillant qu’il les avait obtenus. Bien qu’en jour de deuil, Hans ne pouvait tout bonnement repousser indéfiniment son travail à plus tard. Son fils le lui reprocherait et il le giflera de paroles, tant de sermons vains pour tenter de remotiver les troupes Veidt. Déposant le livre à son côté, le plus vieux des Veidt regarda un instant par la fenêtre qui donnait sur l’extérieur et se détourna pour lancer à son voisin un regard franc. « En soit, beaucoup de possibilités s’offrent à toi. Tu peux par exemple vivre pour ce que tu es fait et honorer la mémoire de tes frères en prenant le chemin le plus long et le plus douloureux comme tu peux laisser libre court à ta frustration et à tes regrets en suivant le chemin le plus agréable. Et finir comme ton père. » La pique était aussi soudaine qu’une frappe. Décroisant les jambes, le vieil homme se leva de son fauteuil et en fit le tour pour se perdre dans l’admiration de la bibliothèque juste derrière lui. Il ne cherchait nullement un livre en réalité mais cette obsession de toujours être occupé le suivait partout. Sans se retourner vers la seule personne de sa famille pour qui il avait encore l’envie et le pouvoir de se battre il répliqua : « Si tu veux mon conseil, ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connait. Tu pourrais ne pas t’égarer. » Assez étonnant à croire, mais Hans avait appris de ses erreurs, et il en avait fait beaucoup. Et c’était d’en avoir fait justement, qui le rendait aussi efficace et perspicace. De plus, il ne pouvait en réalité aider son petit-fils. Il avait côtoyé à bien des reprises la mort mais jamais il n’avait eu de frère pour en tester la dévastation la plus profonde. Et s’il avait perdu son épouse, il ne pouvait comparer son départ à celui de Randall. Il s’empara du premier livre venu et en feuilleta les pages en soulevant un léger nuage de poussière. A croire qu’il était le seul à encore utiliser cette étagère. Relevant le nez du petit volume il expédia rapidement son point de vue à son petit-fils quant à la tournure que devait prendre sa vie. « Je suis persuadé que tes frères seraient heureux de constater que tu utilises deux fois mieux tes capacités maintenant qu’ils t’ont laissé la place. » Adriel n’avait pas bougé de son canapé et chagrin ou non, Hans ne supportait pas de voir le plus jeune se lamenter ainsi. En réalité, s’il ne s’était pas trouvé être aussi âgé il l’aurait probablement raccompagné à la porte à renfort de coups de pieds au cul. L’ancien Allemand n’était pas fait pour les cajoleries ni même pour les beaux discours. Il était devenu aussi pragmatique et radical que son père avant lui et l’état d’esprit de son petit-fils n’était dû qu’au manque total de rigueur d’Isaac. En se déhanchant, le vieux s’appuya contre le dossier du fauteuil qu’il avait quitté tout en ne lâchant pas des yeux Adriel. « Tu n’es pas encore prêt, mais un jour tu te rendras compte que la mort de tes frères était un sacrifice nécessaire permettant ton évolution. » La phrase faisait écho dans la mémoire du vieil homme et il était à des lieues d’imaginer à quel point elle pouvait avoir un sens différent pour son héritier.
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Message posté : Dim 29 Juin 2014 - 21:13 Message
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Ne pas se voir congédié par cette naturelle figure d’autorité suffit à ourler un éphémère sourire sur la lippe que Veidt. Ne se voilant guère la face, il aurait de toute façon poursuivit dans son entreprise d’arrivée si son aïeul avait cherché à le congédier. Dans un certain sens, il avait eu comme la sensation que le paternaliste vieillard ne lui fermerait pas sa porte et fut pour le moins heureux de constater que ce ne fut pas le cas. Du moins fut-il aussi heureux que le lui permettait sa condition d’éploré survivant. " Non, ça ne l’est pas... " Marmonna t’il sans chercher à ce que ses mots n’atteignent l’ouïe de son grand-père. Il n’avait, pour ainsi dire, rien à foutre de ce qu’Hans pouvait bien lire et trouva un semblant de réconfort dans le fait que son aïeul lui accordait un semblait d’attention dans ses instants de peine. Toujours plus que son père porté disparu dès que ne fussent terminés les rituels funéraires comme les hypocrites processions. Pour le coup, le Golden Boy en vint à constater un brin de haine comme de mépris dans son cœur pour cet homme qui n’avait rien d’un père. Tout le contraire du vieillard se tenant face à lui. Il eut un sourire devant la remarque sarcastique de son ancêtre, étirant un maigre sourire fissurant tout juste le masque de tristesse peignant ses traits. Oui, il avait conscience que tout –ou presque- ce qui constituait cette maison comme leur environnement il le devait au travail de cet homme illustre qui lui faisait face. Une situation qui l’avait toujours placé dans d’avantageuses positions mais qui ne saurait guère lui faire voir de différente manière le douloureux aspect de leur situation. " Tant et tant de choses à même de rendre la situation beaucoup moins amères, n’est-ce pas... ? " Au sarcasme, il répondit par l’ironie. Tout l’argent du monde n’aurait pas pu soulager ses maux, la perte de ses jumeaux. Mais, au moins, converser de cette si particulière façon avec son Grand-Père avait le mérite de raviver un semblant de flamme en son être, un semblant de combattivité qu’il pensait avoir perdu lors de ces successifs trépas. Une bien étrange passe d’arme qui lui faisait, un temps, oublier ses doutes quant à sa santé mentale alors que se situaient désormais dans son esprit tous les souvenirs comme les expériences de ses frères tombés dans les limbes de l’oubli.

Vint finalement l’instant où Adriel manifesta sa question, ses doutes comme ses interrogations sur le futur de sa condition. Il ne s’était pas vraiment attendu à voir son Grand-Père le cajoler, leur relation n’avait jamais véritablement été basée sur une expression aigue de leurs respectifs sentiments, mais il ne s’était pas non plus attendu à subir pareil regard. Ce regard l’avait toujours fasciné, impressionné. Un regard que ne savent dégager que de rares figures charismatiques, sondant l’âme et glaçant les êtres. Face à ces yeux-là, l’ancien Aggies de Texas A&M chercha à trouver une force nouvelle en lui pour ne pas se voir figé dans un froid carcan nommé la peur. Trouver la force en lui de garder le silence face aux tranchantes paroles, aux piques acérées et aux propos glacés incitant à la révolte. Il accueillit ces propos comme de rares trésors et beaucoup tournèrent longtemps dans son esprit. Une dernière phrase qui serra son cœur puis le silence. Comment la mort de ses frères pouvait elle lui être profitable ? Ils étaient venus au monde ensemble, avaient grandi ensemble et n’avaient jamais imaginé leur évolution autrement qu’ensemble. Désormais seul –et pensant habité par le souvenir permanent de l’existence de sa fratrie au point de s’imaginer partiellement fou- Adriel éprouvait toutes les peines du monde à se voir poursuivre son existence. Au point d’en finir de lui-même avec son existence ? S’eut été mentir de dire qu’il n’eut jamais envisagé cette macabre possibilité. Toujours accablé mais semblant dans son attitude un peu plus révolté, le jeune homme abandonna son attitude molle pour se redresser sur son siège, enfermant sa bouche dans la gangue de ses doigts noués. Il ne dévoila ses lèvres que pour finalement souffler :

" Vivre pour ce que je suis fait... " La phrase resta un temps en suspens alors que l’ancien Wide Receiver posait ses yeux clairs sur le spectacle des terres par-delà les verres de leurs fenêtres. Une chose qui lui resterait éternellement douloureuse tant était désormais imprimé que reposaient dans ce sol ces deux jumeaux trépassés. Il tourna son faciès vers le rude visage de son illustre aïeul. " Est-ce que nous savons seulement tous les deux ce pour quoi je suis fait… ? " Le jeune homme n’en avait, lui, dans tous les cas pas la moindre idée. Il avait toujours plus ou moins suivi ses passions sans réellement se préoccuper de la situation qu’elles pourraient bien lui offrir plus tard. Des trois jumeaux, il était celui qui adoptait le plus souvent une position de retrait pour observer son monde en vue de déterminer si ce qu’il voyait lui plaisait ou le faisait chier. Dans le second cas, il passait son tour mais dans le second, il n’avait que quelques peines à s’afficher comme étant l’un des meilleurs dans cette catégorie. Sur bien des plans, il avait toujours plus ou moins évolué dans l’ombre de ses frères. Des trois, Randall était celui qui évoluait comme progressait pour ses convictions profondes alors que Leonel s’affichait comme étant l’esprit le plus brillant, digne héritier de cet Hans se trouvant face à lui. Bien des fois, il s’était figuré comme étant la déception au sein de la triplette. Un constat qui lui fit alors penser à un éternel poncif : « Les meilleurs sont ceux qui partent les premiers ». De là à se figurer qu’il fut le pire… " Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je ne suis pas Randall et je n’ai pas cette vocation à la défense des autres. Je ne suis pas non plus Leonel avec tous son savoir comme sa passion pour le monde des affaires… " Il ne le savait pas encore, mais il était tout cela à la fois. Il possédait tous les souvenirs comme toutes les expériences de ses frères et verrait progressivement son caractère impacté par ceux de ses frères habitant désormais son être. Il ne le savait pas encore, mais tous ces traits de caractères se combineraient plus tard au sien pour dévoiler un Golden Boy au sommet de la société érigée par son illustre Grand-Père. Des traits propres à ses frères qui initieraient le projet d’une vie, un projet Jaeger… Pour l’heure, simplement un jeune homme tiré de ses rêveries d’éternel adolescent par des évènements violents qui le laissaient seul face à lui-même comme à ses doutes. Et qui lui firent souffler mornement en haussant les épaules : " Moi… Moi je sais juste jouer au football. "

Plutôt bien, certes, au point d’être vu comme une futur star de la NFL par bon nombre d’observateurs alors qu’il n’avait même pas encore terminé son cursus universitaire. Mais en soi… En soi s’était plus une distraction qu’une véritable vocation. Ses deux frères en avaient eu et ils avaient vécu leur vie dans ce sens. Maintenant qu’il partageait leur mémoire –sans avoir encore pleinement conscience de sa nature profonde et en craignant que ce ne soient que des illusions provoquées par la peine- il prenait peu à peu conscience de ce fait immuable : leur existence bien que plus courtes que la sienne n’en avaient été qu’infiniment plus savoureuses. Une profonde lassitude sembla accaparer les traits d’Adriel alors qu’il se faisait la réflexion de ne plus être qu’un semblant de coquille vide sans ses frères. La chose le heurta, le blessa et il évita d’exposer son faciès bien trop faible à son Grand-Père, en détournant le visage, rivant ses yeux sur un point quelconque à l’intérêt pour le moins discutable. " Tu sais… " Avança t’il en se redressant plus encore sur le fauteuil, créant de ses mains une anse sur laquelle vient se poser son menton. Plus qu’il ne le souhaitait, son visage trahissait un trouble immense et une peine insondable. Comment pourrait-il en être autrement près la perte de ses deux semblables en une période de temps si courte ? Un souffle et quelques mots. " Je n’ai aucune idée de ce que je peux faire, de ce que je peux réussir sans eux… " De tous temps ils s’étaient soutenus et épaulés, puisant dans leur lien une force qui leur permettait de franchir les plus profonds écueils. Même avec l’âge et la distance, cet infrangible lien n’avait pas perdu de sa superbe. Jusqu’à ce qu’il ne sombre définitivement dans le trépas de ses créateurs… " J’ai l’impression d’être tellement… Vide. Incomplet. Comme si jamais rien ne pourrait combler le vide qu’ils ont laissé. Et tout ça me rend… " Dévoiler ses failles ne l’enchantait guère mais cela avait le mériter de laisser la parole agir comme un baume sur ses différentes plaies psychiques. De ces épreuves, il apprendrait à se forger une carapace de solidité innébranlable et une aura de superbe imperturbable. Car face à lui se tenait un monolithe ayant traversé les âges et que les épreuves ne semblaient guère accabler. Un modèle bien plus inspirant que ne le seraient ses géniteurs eux-mêmes et un homme exceptionnel qu’Adriel enviait. Enviait d’être aussi fort, imperturbable et charismatique face à cette chienne que pouvait être la vie. Les épreuves ne semblaient guère l’avoir miné là où elles le plongeaient dans d’insondables tourments. Tout cela rendait Adriel en tous points :" Furieux… "
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Message posté : Mer 9 Juil 2014 - 21:44 Message
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L’esprit calculateur du vieil homme tentait de percevoir au-delà de l’image sombre et décadente que lui offrait son unique descendant. Voir plus loin pour être capable d’avoir la bonne stratégie dans ce présent plus qu’instable. Et pourtant, peu importait le futur qu’il envisageait, son esprit arrivait toujours à la même conclusion ; Adriel ne pourrait pas voir plus loin ni même s’affirmer dans la famille temps que deux générations le séparaient de la tête de la Veidt Entreprises. Hans n’en dirigeait pratiquement plus rien et c’était Isaac qui était désormais directeur mais le grand-père savait que cette stratégie-là n’était pas à son efficacité maximale. Il ne pouvait avoir une discussion avec son fils dans ce sens d’ailleurs ; comment faire comprendre à un fils de riche qu’il doit se retirer du marché et laisser son influent de père – aussi vieux soit-il – garder les honneurs jusqu’à la fin ? Impensable. Même la naïveté d’Isaac n’était pas à ce point aveugle pour accepter sans broncher pareil compromis. Et ce schéma destructeur se reproduisait sur Adriel. A croire qu’il était inconcevable de se développer dans une quelconque discipline à partir du moment où tout était en votre possession d’un claquement de doigts. Hans crispa à nouveau sa mâchoire. Qu’il avait pu pleurnicher comme une fillette lors des entraînements infernaux de son père alors qu’il ne mesurait pas plus qu’un mètre de haut ! Et qu’il avait pu se faire traiter de tous les noms d’oiseaux par son officier de père. Il en entendait encore la douce mélodie allemande, toujours aussi cassante et toujours aussi présente lorsqu’il se savait sur le point de provoquer du relâchement dans la troupe Veidt. Si un tel enseignement lui avait sauvé la vie en le forgeant à un monde aussi cruel que compétitif, il ne pouvait être aussi brutal avec la nouvelle génération qui se contentait de chasser ces idées désuètes d’un mouvement d’épaule avant de s’en retourner à leurs besognes sans importance.

Il abandonna sa posture menaçante lorsque son petit-fils se redressa enfin dans le canapé en face de lui. Bien. Le jeune homme semblait retrouver un minimum d’esprit. Quittant le dossier sur lequel il s’était appuyé, Hans avança de quelques pas dans la pièce avant de s’arrêter pour souligner du regard la venue silencieuse d’une aimable domestique qui ne faisait que son devoir en apportant un café au propriétaire des lieux. Debout, mains dans les poches, Hans attendit que la vieille femme ait déposé le tout sur la table basse avant de la remercier poliment et d’échanger quelques mots empruntés à la langue à ascendance slave de sa mère. La vieille femme connaissait la famille Veidt depuis des temps si lointains qu’il aurait été impossible de lui donner un âge. Le vieil homme savait pourtant qu’elle n’était nulle autre que la dernière fille de sa femme de chambre et qu’elle ne devait avoir que quelques printemps de moins que lui. Ancienne polonaise, elle ne parlait dans sa langue natale qu’en compagnie du vieil homme qui ne marmonnait que quelques mots en réponse ne possédant pas assez de vocabulaire pour en faire plus. Il n’avait jamais pratiqué le polonais en compagnie de sa mère mais en avait appris quelques rudiments auprès de la femme de chambre qui prenait autrefois un malin plaisir à passer son humeur sur le jeune Hans qui se contentait bien souvent de répliquer en allemand qu’il n’en avait que faire des malheurs de la servante. Ce à quoi elle avait toujours répondu par une paire de claques si bien senties que le petit garçon en était venu à composer avec le polonais pour avoir matière à répondre sans se faire fouetter. Sa contemporaine dodelina de la tête en remarquant le triste état d’Adriel avant de s’en retourner à ses affaires en traînant les pieds sur le sol en bois sombre. Les yeux toujours rivés sur la vieille femme, Hans arqua un sourcil désapprobateur lorsque le jeune homme lui donna réponse. Gardant sa position, il répliqua, les dents serrées : « Ce n’est pas à moi de te dire ce pour quoi tu es fait. Il marqua un temps de silence avant de reprendre, toujours la mâchoire serrée. Cependant je sais de quoi tu es fait. Si ta seule ambition est de jouer au football, je pense que tu sais où se trouve la porte car tu ne recevras rien de la part de Veidt pour contribuer à cette ridicule lubie. » Voilà qui était clair. Hans n’avait absolument rien contre le football, ni le sport en règle générale mais tout comme son père avant lui, il ne concevait pas que la famille puisse briller en autre chose qu’en armement militaire. Privé des deux plus brillants de la fratrie et doté d’un fils sans espoir, le vieux se raccrochait à cette idée folle qu’Adriel deviendrait encore plus puissant que lui et saurait faire perdurer l’entreprise pendant encore de longues années après sa mort. Enfin du moins, pour le moment, il ne voyait qu’un adolescent séduit par la renommée du ballon et ça ne l’enchantait guère. Mais si le vieil homme avait pour le moins l’habitude d’être confronté à un Adriel particulièrement difficile à gérer et n’en faisant qu’à sa tête, il s’inquiétait désormais de le voir jamais remonter la pente. Avec une lenteur qui n’était pas due qu’à son âge, Hans se replaça sur le fauteuil en face d’Adriel pour se servir un café brûlant qu’il noya dans un grossier nuage de lait. Croisant ses jambes, il fixait son petit-fils par-dessus la tasse blanche sur laquelle il soufflait, pensif. Il ne prit pas la parole. Le laissa parler, s’épancher probablement bien plus qu’il ne le ferait jamais bien conscient que ce qu’il avouerait aujourd’hui ne sortirait jamais de cette pièce. Il attendait la chute, ce qui lui permettrait de rebondir. La perche que voudrait bien lui tendre son descendant pour lui permettre de le hisser en haut de la falaise qu’il venait de dégringoler en si peu de temps. Et à sa dernière réponse, Hans sut qu’Adriel ne serait jamais semblable à Isaac. Ni même à lui. En réalité, il ressemblait d’avantage à un homme que probablement seul Hans avait vu sous sa véritable nature : Wolfgang Veidt. L’arrière-grand-père. Son ambition sans faille avait poussé l’officier allemand à faire croire au monde à son côté américain et antinazi alors que son sang était imprégné du contraire et que sa cause allait à tout autre. Ce père intraitable encore bien plus réfléchi que l’était Hans et pourtant si impulsif ! Chose qui manquait cruellement au vieil homme qui ne pouvait tout bonnement jamais lâcher sa raison pour opérer sur un coup de tête. En affaires comme en privé d’ailleurs.

Inclinant la tasse, il goûta au nectar exotique sans quitter le plus jeune des yeux. Il avait eu sa chute. C’était à lui de répondre. « Pourquoi ? Ce vide, cette impression de ne pas être entier… elle ne vient pas de la disparition de tes frères. Tu as déjà vécu séparé d’eux même lorsque leurs âmes étaient encore parmi nous. Qu’est-ce qui te rend si furieux… ça n’est pas leur mort, n’est-ce pas ? Tu disais ne pas savoir ce en quoi tu étais doué. Je sais en quoi tu ne l’es pas ; tu n’es pas assez fort pour protéger ceux à qui tu tiens. » Et tout ceci, il l’avait dit sur un ton très clame, presque si on lui avait demandé d’énoncer un quelconque article de journal sans la moindre importance. Son regard en revanche, démontrait un intérêt certain pour la réponse que son voisin voudrait bien balancer. Car il était bien question de cela. Hans n’était pas un homme froid et insensible pour son bon plaisir, non il l’était pour ce et ceux qu’il chérissait du plus profond de son être. S’il s’obligeait à provoquer Adriel en cette soirée de deuil s’en était que le meilleur exemple. La famille est tout. Et il ne le dirait jamais assez. Il ne pouvait prétendre avoir causé la mort des deux frères d’Adriel mais s’il avait un instant eu la certitude que cette décision entraînerait une réaction sans précédent sur le restant, il s’en serait chargé. Se salir les mains n’était que question de point de vue et de courage. Et de remords, chose dont Hans était tout bonnement dépourvu.

Hans avala encore une gorgée du café brûlant, attendant que sa réplique fasse son effet, espérant ne pas s’être trompé. S’il pouvait se vanter de toujours tomber juste en bourse ou en rachat d’entreprise, il s’était rendu compte que l’agent famille était bien plus instable que tout le reste et ne pouvait parier sur la réussite de cette mission. Il voulait provoquer Adriel, le pousser à la réaction en utilisant ses meilleures armes. Cependant, vu la condition de son petit-fils, il ne pouvait prévoir avec exactitude, le trouvant dans un état tout sauf normal. Le défi ne l’effrayait d’aucune sorte, sachant avec malice que s’il n’arrivait pas à prendre le dessus sur cet ado mollasson assis en face de lui, il y aurait toujours Gustavo pour lui mettre le nez dans un baquet d’eau glacée histoire de lui secouer les esprits une fois pour toutes. « Ne te trompe pas sur ton ressenti. Je refuse de croire que tu n’as pas d’ambition. Tu en as, au plus profond mais tu es trop lâche pour la faire ressortir. Il abaissa sa tasse avant de reprendre. En réalité, tu refuses d’admettre ce que tu sais déjà. Tu cherches des excuses pour te lover dans un confort qui contredit ton essence même. Tu n’es pas vide ni même incomplet. C’est ce que les autres veulent que tu crois. Ce que ton père et ta mère te poussent à croire en espérant que tu vivras jusqu’à la fin de tes jours en te languissant de tes frères. Là est la vérité Adriel. Ils ne veulent pas de ton ambition et ne l’ont jamais désirée. Tu pouvais te cacher derrière tes frères et prétendre être le moins bon mais c’est un mensonge parmi tant d’autres. Un mensonge que je refuse de croire et auquel je t’interdis de donner du crédit. »

Toujours avec la même sérénité, il vida la fin de son café et reposa la tasse délicate sur la table. Croisant les mains, il les appuya sur ses genoux avant de faire rouler son épaule droite et de balancer à l’âme perdue en face de lui sur un qui trahissait un sentiment qu’il n’avait pourtant jamais eu à l’égard de son petit-fils ; le désintérêt complet. « Tu n’es pas le dernier des trois, mais tu es trop bête pour seulement t’en rendre compte. » Tête dans un saut de glaçons disions-nous ? Probablement qu’Hans aurait dû y enfoncer la tête de Randall et de Leonel pour obliger son petit dernier à surmonter ses démons et affronter sa propre nature. Ou sa propre tête. Mais il n’irait pas jusque-là. Pas ce soir.
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Message posté : Dim 13 Juil 2014 - 17:43 Message
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Black Arm

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• Sūpā-Modū
• Eveil au Qi (champs protecteur)
• Kiai
• Chō Gakushū Nōryoku

La Famille est Tout !


San réellement le savoir, il trouvait là ce qu’il était venu chercher : un bon coup de pied au cul ! Des réponses cinglantes et des attitudes détachées qui s’heurtaient à sa conception du monde comme de la fratrie. Tant de choses qui, progressivement, le sortaient de sa torpeur, de cette gangue de souffrance dans laquelle il s’était enfermé suite à la double disparition de ses jumeaux. Il regardait de ses pupilles d’un bleu métallique cet aïeul imperturbable, ce modèle de réussite, en grinçant épisodiquement des dents à certaines de ses attitudes comme de ses remarques. Le chagrin avait beau avoir envahi son corps comme ses pensées, il y avait toujours quelque chose qui restait vivant et brûlant chez Adriel : sa Fierté ! Il fut surpris de voir la femme de chambre se pointer ainsi, la regardant du coin de l’œil sans une quelconque once de mépris. De l’étonnement, simplement. Peut-être qu’elle ne percevait pas ce qui était en train de se jouer ici. Ou peut-être qu’il se donnait, une nouvelle fois, trop d’importance. Une pensée qui eut le don de lui remettre les pieds sur terre et qui le plongea dans le mutisme jusqu’à ce que la polonaise qui l’avait, probablement, vu naitre ne mette les voile. Seuls à nouveaux, Adriel s’attendit à voir son Grand-Père agir en prédateur, harcelant sa proie sans pour autant lui laisser le moindre instant de répit. Il ne fut guère déçu. Il ne répondit pas à la remarque de son Grand-Père sur le Football, se contentant d’étirer un maigre sourire en se penchant plus avant, nouant ses mains au-devant de son visage pour dissimuler ses lèvres derrière la paroi de ses doigts. A la vérité, il pensait de jamais pouvoir reprendre la compétition. Ils s’étaient découvert une passion commune tous les trois en passant les équipements de protection, avaient apporté à leur Lycée une renommée Sportive en dominant la concurrence dans l’Etat et auraient tous pu signer dans de prestigieux programmes sportifs universitaires au seul mérite de leurs capacités sportives. Tout dans ce jeu lui rappelait ses frères et même s’il en avait connu d’autres dans son collectif universitaire, il savait qu’il aurait toujours à l’esprit le souvenir des défunts sitôt passé un casque sur sa flavescente crinière. " Ouais... " Marmonna t’il sans chercher à ce que ses mots n’atteignent l’ouïe de son grand-père. Plus par réflexe, par malheureux défi de l’autorité qu’il avait l’habitude d’exercer face à son père. Sauf qu’il n’avait pas à faire à son père pour l’heure, mais à quelqu’un de bien plus dangereux. En temps normal, il n’aurait donc pas cherché à poursuivre son propos et se serait muré dans le silence pour clairement indiquer à Hans qu’il avait compris. Sauf que la situation n’avait rien de normale, que la situation était ce qu’elle était et que sa souffrance face à sa relative faiblesse de l’instant lui intimait l’obligation d’être fort. Et âtre fort passait par ne pas courber la tête face à cette sculpturale figure austère et sévère. Quand bien même viendrait les remontrances pourraient ensuite suivre la muette reconnaissance après tout. " Nous savons tous deux que si je le voulais, j’y arriverai… Avec ou sans vous. " Sa bravade n’avait couru qu’un instant, s’étouffant dans le menu sourire qu’il étira en regardant son grand-père par-delà ses mains jointes. La raison pour laquelle il s’était longtemps estimé comme étant le pire des trois ? Cette sempiternelle faculté à tout prendre comme une farce, à ne jamais réellement estimer ses actes comme étant sérieux et à vivre dans l’instant là où ses deux frères s’étaient toujours, plus ou moins, projetés dans le futur. L’un à l’aune d’une petite amie texane et l’autre à la lueur de ses propres ambitions professionnelles. Tout ceci, il ne le savait désormais que trop bien et ça le minait même s’il faisait preuve d’un certain talent pour la comédie afin de rien montrer. Des années plus tard, il comprendrait qu’en l’espace d’un an il avait fait sien l’expérience comme l’existence de ses jumeaux trépassés.

Vint finalement l’instant où le vieillard reprit la parole pour l’un de ses psaumes qu’était venu chercher son petit-fils. Le receveur vedette des Aggies se fit silencieux et attentif à l’ensemble des mots que pouvait bien prononcer le parangon de réussite. Bien malgré lui, il confirma les premiers dires. Leur gémellité avait rendu toute séparation difficile mais les dernières technologies avaient rendu toute séparation bien moins définitive que ce qu’il avait cru. Ne se passait pas un jour sans que les jumeaux ne se parlent au téléphone ou bien n’échange par le biais de ces services informatique à l’aide de leur Webcam respectives. Hans énonçait froidement un fait en oubliant un point : rien dans leurs précédentes séparations n’avait de caractère aussi définitif que la mort. Cet état imposé par la grande faucheuse laissait Adriel face à une sombre réalité : il ne les retrouverait que quand son tour serait venu… Pour peu qu’il ait une foi relative en la vie après la mort, bien entendu. La suite du propos, il ne s’y était guère attendu et les mots lui firent l’effet d’un coup de poing s’enfonçant au plus profond de ses entrailles. Il grinça des dents, dénoua ses doigts et enserra de ses mains les accoudoirs du fauteuil qui lui apparaissait de plus en plus inconfortable. La pression qu’il exerça de ses doigts sur le bois alors que les critiques le cinglaient furent blanchir les jointures de ses phalanges. Et soudain, il siffla à l’attention du vieillard :

" Attention... " Un silence, un mouvement de tête de côté et un regard des plus dur pour appuyer son propos voilé d’une menace dont il avait, désormais, pleinement conscience. " Je suis le dernier de cette famille que vous pouvez encore avoir… " Au fil du temps, il avait compris. Compris que le conflit larvé entre son père et son grand-père n’était pas de ceux qui se résolvaient avec le temps. Au contraire, ce dernier ne faisait qu’approfondir les différents et apposer les être dans une haine voilée qu’Adriel trouvait déplacée au cœur d’un cercle familial. Curieux de voir que le vieux Veidt leur avait appris, à grand renfort de mots comme d’actes, que « la famille est tout » mais qu’il était également à l’origine du schisme divisant la sienne. Enfant, il n’avait pas conscience de ce qui pouvait bien opposer les adultes mais désormais il ne le savait que trop bien : Hans s’était construit dans le temps et la difficulté là où son père fut bâti dans l’aisance et l’immédiat. Des différences qui ne pouvaient être corrigées par les mots. Sa position au sein de la fratrie lui avait appris à embrasser la cause de son grand-père plus que celle de son père, lui qui des trois eut le plus besoin de faire ses preuves comme de se battre pour s’accomplir. Mais il avait également conscience d’une chose : l’existence de son aïeul touchait à sa fin et il représentait désormais son dernier espoir de voir son souvenir comme ses idéaux perdurer dans cette famille. Il représentait son héritage à la face du monde. Et agiter le spectre de la solitude dans la défense de cette cause était un moyen peu louable mais efficace de lui clouer le bec face à cette attaque qu’il jugeait sans fondement. Son timbre se fit fort et cassant alors qu’il se jura de laisser filer tout ce qu’il avait sur le cœur. La colère guidait ses mots plus que ne le faisait sa raison. " Ne pensez-vous pas que j’éprouve de la culpabilité à leur trépas ? Que je m’en questionne chaque jour ? Comment aurais-je pu les protéger ? J’étais au beau milieu d’un match dans le Kyle Field quand l’hélicoptère de Randall a été abattu par une roquette dans l’espace aérien Iraquien ! J’étais dans un lit entrain de… " Me taper une des sœurs Garity. " …Lire quand Leonel s’est fait percuter par un chauffeur ivre ! Vous pouvez me blâmer pour bien des choses et je l’accepterai mais ne me blâmez pas pour être simplement humain… " Il était resté en place, n’avait pas bougé d’un iota. Le plus claire de ses expressions était passé par son regard dans un surprenant mimétisme des attitudes de son modèle. Un témoin ignorant aurait bien pu questionner une filiation bien plus directe entre les deux membres de la famille Veidt. " Mais plus encore, ne me blâmez pas pour vos propres erreurs… Ne me reprochez pas mon incompétence à protéger mes frères et je ne vous reprocherais pas la vôtre à protéger Grand-Mère, à m’avoir interdit le privilège de simplement la rencontrer… "

Il se rendit compte qu’il payerait pour ces paroles dès l’instant où il vint à les prononcer. Mais il ne pouvait pas perdre la face ainsi, il ne pouvait pas cesser de parler pour l’instant. La peine causée par la mort de ses frères lui avait offert le luxe de révéler les saveurs de toute chose, de leur donner beaucoup plus de profondeur qu’il ne leur avait jamais connu. Cela marchait également pour le courage… Des épreuves, il n’en avait pas traversé tant que cela au cours de son existence mais se rendait compte que celle-ci finissait d’accomplir l’œuvre de la vie, achevait de le transformer en homme. Pour évoluer, il devait endurer. Et cela passait par les remarques de son Grand-Père. Il eut tôt fait de faire bouillonner la colère dans les entrailles de son petit-fils. L’écouter ainsi avancer combien il était pitoyable avait au moins le mérite de faire prendre conscience d’une chose à Adriel : il l’était. " Taisez-vous… " Murmura t’il entre deux phrases de son Grand-Père. Hans lisait en lui avec une facilité déconcertante, mettant à jour tous les défauts qu’Adriel s’était clairement identifié depuis que… Depuis qu’il partageait –d’inexplicable manière- l’ensemble des souvenirs de ses frères. " Taisez-vous ! " Peut-être entendrait il cette fois, mais Adriel doutait que cela ne fasse taire le vieillard. Il mettait en lumière toutes ses failles et cela avait le don de le faire sortir hors de ses gonds. Une dernière pique et le jeune homme explosa, se redressa d’un bloc en laissant sa voix exploser dans la pièce pour définitivement intimer le silence : " TAISEZ-VOUS ! " Son faciès déformé par la colère dardait Hans d’un regard furieux alors qu’il le surplombait désormais de toute sa haute taille. Sa mâchoire crispée autorisa des mots à fuser hors de sa gorge dans des semblants de sanglots déformés par de… La haine ? " Vous voulez m’entendre le dire ? Vous voulez recueillir ma confession ? Oui… Oui je me suis caché dans leur ombre. Pas parce que je ne me jugeais pas de taille, simplement parce que… Parce que je ne voulais pas faire d’efforts ! Et maintenant… A cause de ça… Je vis avec la sensation que j’aurai pu changer les choses si je ne m’étais pas montré aussi oisif… " Des larmes embuaient ses yeux alors que son masque de colère éprouvait des difficultés à ne pas s’effriter. Il tenait à ne pas perdre la face devant son ainé : " Vous voulez savoir… ? Je ne suis pas un lâche… Je l’ai été mais je n’en ai plus le droit désormais ! Cette… Mésaventure m’a offert un aperçu du monde réel. Où les gens, chaque jours, perdent des choses importantes… Ne comptez plus sur moi pour pleurer, gémir ou abandonner ! Comme une putain de femme ! " Il songea à sa mère. Il eut des difficultés à retrouver sa respiration. Sa fierté en avait pris un coup face à la véracité des propos de son aïeul. Les gens se prétendent volontiers affamés de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert. " Je veux juste… Passer à autre chose. " Il ne le pourrait guère en restant ici.
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Ven 1 Aoû 2014 - 11:24 Message
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Le vieil homme avait croisé les mains, désormais noueuses, autour de son genoux. S’il continuait de cligner avec énergie des paupières et de serrer sa mâchoire à s’en faire blanchir les joues, il était complètement étanche à la déferlante qui s’abattait sur lui. Contrairement à son petit-fils, il était entièrement blindé à toute émotion, bonne ou mauvaise et s’était tout à fait attendu à cette vague qui allait le submerger. Il avait eu le temps de prendre sa respiration avant de se retrouver sous l’eau en quelque sorte alors que le pauvre être en face de lui s’était retrouvé sous les vagues sans le moindre signe avant-coureur de remous. Fixant son cadet avec une détermination sans faille, le vieil homme se demanda l’espace d’un instant s’il avait été aussi délicat pour son propre père de lui remettre les points sur les i. Car il faut bien l’admettre, pendant une longue période, Hans haïssait son père sans aucune chance de rachat. Wolfgang lui apparaissait comme un minable fuyant son pays et un incapable soumis aux volontés de ce peuple d’accueil. En réalité, jusqu’à l’arrivée de la grand-mère Veidt, Hans était en guerre contre sa propre famille et n’avait espéré qu’une seule chose ; être assez brillant pour pouvoir s’en défaire et fuir cette maudite contrée américaine. Mais l’arrivée de Clara avait complètement changé la donne. En l’espace de quelques années, il avait découvert que ce que montrait sa famille n’était que le sommet d’un iceberg qui s’étendait à des profondeurs abyssales au-dessous de la surface. En acceptant la totalité de ce bloc de glace, le jeune économiste s’était accepté lui-même et avait finalement intégré la famille Veidt dans son ensemble. Son père, Wolfgang, s’était toujours montré froid et strict. Ce qui l’avait affreusement affecté en premier lieu, ne désirant qu’à être aimé et chouchouté par ses parents, avant de se rendre compte que ce désir était tout bonnement la clé d’un échec total dans la société qu’était le monde moderne. En devenant un homme et en prenant part à l’entreprise familiale, le vieil homme avait changé son regard sur le monde – sur son monde - et s’était fait un honneur que de ne jamais décevoir son père. Promesse à laquelle il n’avait jamais fait défaut. Avec le temps, il en était même venu à surpasser son paternel qui – malheureusement pour le jeune homme de l’époque – vieillissait. En ayant lui-même un fils, Hans s’était remis à détester son père. Non parce que ce dernier avait changé de comportement, mais parce que Wolfgang n’était plus l’officier SS d’autrefois et que tout simplement, Hans et Clara étaient trop imposants pour laisser aux fondateurs de la Veidt une place de première valeur dans la société. Et parce que voir son père s’approcher de la mort terrorisait Hans. Il ne l’avait toujours connu que fort, rigide et intraitable. Le voir pouponner Isaac l’avait rendu malade et incroyablement jaloux de cette affection qu’il n’avait jamais reçue aussi purement. Et c’est à ce moment qu’il décida de se brider complètement : afin de ne pas subir les conséquences de la perte de ses parents, Hans se forgea une carapace invisible et cessa de faire entrer en lui les bonnes comme les mauvaises émotions. C’est cette carapace qui lui permit de ne pas sombrer à la mort de son épouse, et celle-ci encore qui lui permettait de ne pas enjamber la table qui le séparait d’Adriel pour le gifler jusqu’à ce qu’il se taise et arrête ainsi d’enfoncer dans sa chaire une lame trop émoussée pour laisser une cicatrice nette et précise.

Il n’aurait su déterminer à cet instant s’il ressentait une quelconque compassion pour son petit-fils qui souffrait le martyr ou s’il s’en voyait reconnaissant de ne plus avoir à faire lui-même le choix de son futur héritier. Il l’avait su au moment où les triplets étaient venus au monde ; seul l’un d’eux deviendrait le futur directeur de Veidt Entreprises en reprenant pour la quatrième génération cette Enterprise d’armement. Pourtant, même après avoir passé des heures à les coacher avec discrétion et finesse, à s’être montré beaucoup plus présent qu’il ne l’avait jamais été avec son propre fils, être resté insensibles à leurs caprices de gosses et prenant part à leurs jeux enfantins, il n’aurait su dire lequel des trois étaient la meilleure option pour son entreprise. Randall était un militaire hors paire et s’il était d’une efficacité redoutable sur le terrain, rien ne pouvait garantir qu’il ne se ferait pas dévorer une fois lâché dans la fosse aux lions. Leonel avait un don pour le sens des affaires et s’en serait probablement très bien sorti dans ce monde chaotique mais il ne restait que le petit dernier. Amoureux de son football à en rendre complètement hébété son grand-père qui ne voyait pas comment il était possible d’aimer à ce point un sport. Ah le petit Adriel… Hans avait constamment l’envie de lui enfoncer la tête dans un bac de glaçons ou de le jeter tout entier dans une piscine de ces petits cubes et de l’y enfoncer à grand renforts de coups de pieds au cul ! C’était chimique. Tout son être avait envie de se rebeller contre ce jeune qui n’avait rien d’un Veidt dans toute sa splendeur. Une envie profonde de le faire passer sur la chaise électrique pour lui insuffler assez d’énergie pour qu’il se révèle enfin à lui-même… Resserrant avec lenteur sa mâchoire, le vieil homme se contenta d’un regard par en dessous lorsque son dernier annonça entre ses mains qu’il n’avait pas besoin de la maison Veidt pour se construire un avenir. Tenté par l’idée, le grand-père aurait bien cédé à son caprice en le mettant à la porte séance tenante s’il avait eu un quelconque moyen de savoir si ce procédé était le plus efficace. Gardant cette option dans le coin de sa tête, le vieil homme détourna le regard, pour mieux le reporter sur Adriel lorsque ce dernier s’anima soudain. Hans arqua un sourcil l’espace de quelques instants, simplement surpris et satisfait de voir que l’épave en face de lui avait décidé de ne pas couler sans sauver ce qui pouvait l’être. Relevant un peu le menton, il enjoignit par ce geste son cadet à continuer, bien curieux de voir jusqu’où cet élan de bravoure soudaine pouvait bien le mener. Il contracta à nouveau la mâchoire en sentant son héritier monter dans les tours. Il ne craignait pas la colère d’Adriel mais savait que ce qui allait suivre n’aurait rien d’agréable et qu’il aurait à tenir jusqu’au bout s’il voulait pouvoir être véritablement utile à son jeune endeuillé. La distance autant que le respect soudain d’Adriel à son encontre en se mettant à le vouvoyer perturba un temps le vieil homme qui accepta finalement cette particularité comme une aubaine ; si on en arrivait là, il allait se montrer sans pitié. Il ne répondit pas à la première vague d’Adriel. Il est vrai que le jeune homme n’aurait pu en aucune sorte éviter la mort de ses frères. Pourtant, le regret se lisait sur le visage du garçon. Hans le savait : même si ces morts ne pouvaient être évitées, elles influaient plus que nécessaire sur la vie des vivants. Même sans pouvoir aucun, Adriel s’en voudrait probablement toute sa vie de ne pas avoir été là et finirait par vivre avec ce sentiment destructif. Sentiment qu’Hans partageait. Ses lèvres remuèrent légèrement lorsqu’il abaissa le menton en le rapprochant de sa poitrine. La lame d’Adriel s’était encore plus enfoncée dans son corps de vieillard et il en ressentait la douleur avec plus d’insistance dans son esprit qui tentait de la brider. Il était soulagé d’avoir croisé ses jambes et déposé sa tasse de café quelques instants auparavant. Il ne savait ce qu’il aurait fait si la distance entre lui et son petit-fils n’avait pas été aussi grande. Il se contenta de changer l’inclinaison de sa tête, désireux de toujours pousser son cadet plus loin, quitte à véritablement en sentir la brûlure au prochain passage.

Et il dût l’admettre, il avait largement sous-estimé la réaction montante d’Adriel. Lorsque ce dernier se leva et le surplomba, le vieil homme se trouva largement en position de faiblesse et se rendit compte que désormais, il risquait physiquement d’être en danger en provoquant encore plus son cadet. Avec trente ans de moins, il aurait probablement été encore en mesure de remettre le jeune à sa place mais sans l’intervention désormais nécessaire de Gustavo pour les tâches physiques, il ne pouvait rien pour se protéger de son propre descendant. Le regardant par en-dessous, Hans lui lança un regard mauvais. Il savait que la colère de son jeune n’était que passagère et due à une douleur incontrôlable mais il y avait des limites à ne pas franchir et Adriel en mordait dangereusement la ligne. « Les femmes ont plus de couilles que tu n’en auras jamais Adriel. » Lâcha-t-il sans même hausser le ton. « Me hurler dessus comme un gosse ne changera rien à tes problèmes d’ado en quête d’identité. Tu es un homme, agis comme tel. Tu veux te prendre en main ? Passer à autre chose ? Tu possèdes assez de fortune pour te le permettre. Choisis ta route et affronte là. Ta mère et ton père ne t’y aideront pas. Pas plus que moi d’ailleurs. Tu dois trouver seul ce qui te motiveras à avancer jusqu’à la fin de ta vie peu importe les virages que tu auras à prendre. Sois en conscient et accepte le. » Décrochant son visage de son cadet, le vieil homme poussa un soupir. Il n’avait plus autant de résistance physique pour affronter de violentes disputes. Volontairement, il garda le silence trop longtemps, comme pour permettre à Adriel de retrouver un minium de sérénité. Détournant le regard à nouveau sur l’extérieur, le vieil homme laissa au jeune assez de temps pour réintégrer son siège et se calmer. Et l’attaqua à nouveau.

« Ta grand-mère est morte pour que tu puisses vivre dans un monde qui en vaille la peine. » Il détourna le regard de la fenêtre. Si le gosse pourri gâté voulait en entendre sur sa grand-mère, il allait être servi. « Contrairement à toi et à ton père, elle se battait pour ce en quoi elle croyait. Toute sa vie, elle l’a savourée comme au premier jour sans ne jamais éprouver le moindre regret ni pleurer sur son sort. Elle était forte. Et a fait plus pour Veidt que n’importe lequel d’entre vous. » A nouveau, son regard se faisait menaçant et sa mâchoire ne cessait de se resserrer. « Ta mère n’est qu’une ombre sans histoire en comparaison. Une bonne fille d’ici. Ta grand-mère a vécu la guerre et en soldat, elle est morte en défendant ses idées sur un champ de bataille. La protéger ? Qu’est-ce que ton adorable père t’a raconté sur sa mère… sur moi. Crois-tu que sa mort n’était qu’un accident égoïste de ma part ? Que je l’aurai laissée mourir si j’avais pu en faire autrement ? Ta grand-mère n’avait pas besoin de moi. » C’est moi qui avait besoin d’elle. A nouveau, le vieil homme détourna le regard en mâchouillant l’intérieur de sa bouche. Il hurlait de l’intérieur. Il aurait adoré pouvoir discuter tranquillement de la femme qu’il aimait mais son cadet n’était aucunement prêt à entendre la vérité sur l’origine de la famille Veidt. « « Quand tu auras un fils, il suivra ton exemple plutôt que tes conseils. » C’est ce que disait ta grand-mère. Et j’y ai cru, jusqu’à ce que je laisse entièrement glisser entre mes doigts la vie de ton père. Tu vaux beaucoup plus que tu veux bien l’admettre Adriel. Et tu dis vrai. Tu es le dernier, le seul qui me reste, tout ce qu’il me reste de mon sang, de l’héritage de grand-mère et de tes arrières grands-parents. » Il marqua un temps d’arrêt pour fixer son regard dans les yeux de son jeunet. Il décroisa les jambes et les mains avant de se pencher en avant par-dessus la petite table basse et de murmurer. « Alors ne me décevez pas, Adriel Morgan Veidt. » Il prononça le nom de son dernier avec son accent original, cette pointe d’allemand profondément inscrite dans sa chaire mais qu’il n’avait le droit de faire ressortir.
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Message posté : Jeu 14 Aoû 2014 - 19:06 Message
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La Famille est Tout !


Il resta ainsi figé un très long instant face à ce monolithe d’assurance comme de puissance et d’expérience que pouvait bien représenter son illustre aïeul. Sa musculeuse silhouette n’était agitée que par le souffle saccadé soulevant son torse alors que ses traits se figées d’un masque de rage aveugle toute dirigée contre le patriarche de la fratrie. Vint l’instant où il sentit la goutte glacée glisser le long de son dos, alors qu’il prenait pleinement conscience de la mesure de son geste. Mais avec une certaine surprise pour le Golden Boy, la bascule opéra dans le même temps dans être, alors qu’il se rendait compte que la colère avait irrémédiablement changé quelque chose en lui, avait brisé des inhibitions qu’il pensait présentes à jamais. La colère lui avait permis de réaliser qu’il n’était plus le petit enfant peureux face à la sinistre et intimidante image que lui proposait le vieil homme. Désormais, il était la force avec laquelle il fallait compte car il représentait tout bonnement l’avenir. Et sa belle assurance ne lui fit comprendre que trop lentement la réalité : il représentait l’avenir là où son Grand-Père touchait au crépuscule de son existence. Plus que l’avenir, il représentait la dernière chance du vieil homme de laisser au monde un semblant d’héritage dont il n’aurait pas honte. Et plus que le temps que lui laissa le vieil homme pour se calmer, c’est bien cette pensée qui finit d’apaiser le jeune homme colérique, qui finit de l’ancrer à nouveau dans la réalité. Enfermé dans son mutisme coupable et penaud d’avoir tant haussé la voix, sa fierté lui intimait de ne pas afficher visage goguenard. Ici se jouaient les premiers instants d’Adriel dans un monde politique, dans la cours des négociations où il prendrait plus tard une part des plus importantes. Il le mirait de son regard, imprimant dans son esprit chacune des rides exprimant le futur courroux de son aïeul et chercher à calfeutrer son être pour ne pas subir de plein fouet la répartie qu’il imaginait cinglante. Il lui avait suffi d’un instant d’abandon, d’un instant où la colère s’était emparée de son être pour lui faire franchir le premier pallier et assoir son début d’ascension en direction du pallier sur lequel se tenait fièrement son inaltérable mentor. Sa colère lui avait donné le courage de s’adresser en toute franchise à celui qui s’apparentait le plus à un père. Sa colère avait imprimé l’ardent désir de voir le vieil homme ne plus le considérer comme un brouillon inachevé mais bien comme un héritier à son sang qu’il conviendrait de ne guère négliger.

De la colère au courage. Bien peu de lettres différentes pour deux phonèmes qui se voulaient plutôt opposés. Le calme, Adriel ne l’avait pas encore retrouvé tant il s’attendait à devoir opposer sa violence à la cinglante réponse que ne manquerait pas de lui rétorquer. Sa colère comme son deuil avaient fini par lui faire comprendre qu’il n’était pas une petite chose fragile. Il avait écumé bien des arènes modernes du pays pour ne voir aucune blessure accabler son corps alors qu’il renvoyait à leurs chères études bon nombre de ceux qui se tenaient sur sa route. Il avait su tisser des liens aussi étroits qu’infrangibles avec d’autres pour pousser la masse vers un triomphe commun. Il avait su user de son talent, de ses aptitudes comme de sa force pour bloquer, avancé, capté comme courir vers un but précis. Du coin de l’œil, il avait vu les autres galoper dans son sillage alors qu’il s’envolait vers la terre promise, sachant au plus profond de lui que tous seraient là pour l’aider à se relever s’il venait à chuter. Il n’avait jamais été plus homme que sous le maillot des Aggies, quand il couvrait ses cheveux d’or de son casque carmin. Les mots de son entraineur lui revinrent en mémoire : « Quand on vieillit, certaines choses vous sont enlevées. Ça fait partie de la vie. Mais on n’apprend ça que quand on commence à perdre des choses. On apprend que la vie se joue centimètre par centimètre. Le football aussi. Dans les deux jeux, la vie ou le football, la marge d’erreur est très mince. Un demi-pas trop tard ou trop tôt, et on n’y arrive pas tout à fait. Une demi-seconde avant ou après, et on n’attrape pas tout à fait. Ces centimètres que nous voulons sont partout autour de nous. Dans chaque phase de jeu, à chaque minute, à chaque seconde. Dans cette équipe, on lutte pour chaque centimètre. Dans cette équipe, on se déchire et on déchire tout le monde autour pour chaque centimètre. On griffe de nos ongles pour chaque centimètre. Parce qu’on sait qu’à la fin, le total de tous ces centimètres fera la putain de différence entre gagner et perdre ! Entre vivre et mourir ! Je vais vous dire : dans tout combat, c’est celui qui est prêt à mourir qui gagnera ce dernier centimètre. Et si j’ai encore un peu de vie, c’est que je veux encore lutter et mourir pour ce centimètre. Parce que vivre, c’est ça ! Ces quinze centimètres devant vous ! Je ne peux pas vous y forcer ! Regardez ce type à côté de vous ! Regardez-le dans les yeux ! Vous verrez un type qui foncera avec vous. Vous verrez un type qui se sacrifiera pour l’équipe parce qu’il sait que le moment venu, vous en ferez autant pour lui... C’est ça une équipe messieurs. C’est ça le football, les gars. Rien de plus. Eh bien, qu’allez-vous faire ? ». Prendre ma vie en main. Il se rendit alors compte qu’homme il avait toujours été. Simplement, il ne le fut guère sur le terrain le plus adéquat.

En cet instant, il pensait être l’égale de son idéal par le feu nouveau brûlant en lui. Il suffit d’un regard à son grand père, d’une œillade cernée d’ombre pour que le Golden Boy comprenne qu’il avait encore beaucoup à apprendre. Certes, il ne craignait plus vraiment ses brimades physiques comme elles avaient pu le marquer dans son enfance. En vérité, il redoutait quelque chose de bien plus glaçant : il redoutait le mépris de cette seule famille qu’il estimait véritablement. Ses tremblements de fureur comme ses attitudes courroucées furent douchées par quelques mots qui accablèrent sa pensée. Hans n’avait guère besoin d’hausser le ton pour imprimer ces dogmes dans l’esprit de son héritier. Lucide, Adriel le contemplait, lui égrenant les composantes d’une dure réalité. Tout ce que pouvait bien lui narrer son aïeul, le Veidt en avait conscience. Maintenant que ses frères étaient tombés, il avait pleinement conscience de sa solitude comme de la chance qu’il eut de grandir à leurs côtés. Ne plus jamais pouvoir compter sur eux le ravageait mais il subsistait en lui l’étrange pensée que ses semblables n’auraient pas souhaité le voir gaspiller le temps qu’il lui restait. Et voilà que son Grand-Père soulevait un point qui l’avait toujours marginalisé, qui avait fait de lui ce petit connard égocentrique qu’il ne découvrait qu’avec effroi : leur fortune avait été un problème car elle avait résolu tous les siens. Il caressa l’idée de foutre le camp, d’affronter la réalité comme de s’heurter au monde dans toute sa brutalité. Le désir était présent, les mots de son ainé furent l’élément déclencheur, l’étincelle enflammant ses ambitions…

" J’entends ce que vous dites… " Conserver par le vouvoiement cette distance propre à l’affrontement. Il avait beau se montrer rude en l’instant, Adriel avait conscience que le vieil homme demeurait sa famille. En on lui avait appris que la famille était tout… Peu importe ses agissements, peu importe la violence de son propos, le jeune homme avait pleinement conscience que tout était dirigé pour le plus grand bien de la Famille. Une des choses qu’il aimerait hériter de son grand père. Et le Golden Boy de poursuivre : " Mais je lis également dans votre regard que vous n’approuverez rien d’autre que la route qui suivra la voie de votre propre intérêt… " Il en était persuadé. Après tout, le vieil homme lui avait bien spécifié qu’il ne le suivrait pas dans ses lubies de poursuivre sur le chemin du sport, sur le chemin du football. Fort heureusement pour son Grand-Père, Adriel avait su abandonner cette idée suite aux tragédies qui l’avait frappé. Il étira un sourire ironique et énigmatique face à son propos. Il le maintint tout au long du silence que lui imposa son aïeul, prenant le temps de retrouver son calme pour mieux rebondir face au prochain assaut que le Veidt supposait violent. Son Grand-Père n’était pas arrivé dans une situation de monopole comme de domination mondiale en se satisfaisant de quelques déconvenues. Adriel n’en fut que plus surpris à la lumière des évènements qui suivirent.

Au premier phonème qui vint à ses oreilles, il sentit ses entrailles nouées. Jamais il n’avait senti cette paternelle figure aussi lasse et démunie. Il en regretta d’avoir abordé le sujet, se rendant compte de la souffrance qu’il semblait bien provoquer chez le vieillard. Il en fut désolé car il pensait partager sa peine, car il ne ressentait que trop vivement la douleur imposée par la disparition de ses frères. Il partagea sa peine mais ne manqua pas souffrir la comparaison que lui imposait son Grand-Père. Que les enfants qui n’ont jamais connu la paix et que ceux qui n’ont jamais connu la guerre aient des perceptions du monde comme des valeurs différentes ? Evidemment… Mais ce n’était pas une raison pour blâmer le fait qu’il était né à une époque qui ne lui correspondait pas. Les accusations comme les comparaisons lui firent initialement grincer des dents alors qu’il croisait ses bras sur son large torse, trahissant une certaine forme de frustration face aux déclamations de son ainé. Il voulait le faire taire, lui dire qu’il ne vivait que dans le passé, sans se rendre compte que le monde avait changé. Mais ce point n’était pas véritable, Hans Walter Veidt était très probablement la personne la plus au fait du monde et de ses évolutions. Encore une fois, il avait mené son entreprise à la domination par l’analyse comme la maitrise des différentes composantes moderne. Autant de qualités qui lui avaient assuré des coups d’avance sur bien des plans. Alors Adriel se tut, serrant les dents et crispant sa mâchoire pour ne pas laisser éclater sa voix une nouvelle fois. Alors il comprit. Il comprit lorsqu’il avança que sa grand-mère n’avait pas besoin de lui. Il comprit que son grand-père vivait avec ses propres démons, ses propres souffrances. Il sut immédiatement qu’il était le plus à même de le comprendre comme de l’épauler.

" Quand on était enfants, qu’on se sentait trop petits ou trop seuls, tous les trois nous regardions vers les étoiles en nous demandant s’il pouvait bien y avoir, là-haut, de réconfortantes présences… " Indiqua t’il en laissant son regard porter vers l’extérieur, vers l’un des balcons où tous trois se serraient en partageant leurs craintes comme leurs doutes, alors qu’ils étaient encore âgés de moins de huit printemps. Il se souvenait les nuits d’encre et les étoiles blafardes alors que ses bras se nouait autour des flancs de ses frères que le vieux limier Danois familial les enrobait de sa rassurante chaleur. Puis venait inévitablement l’instant où l’un des triplets posait les yeux sur la rude silhouette illuminée par quelques chandelles d’un bureau où il œuvrait. " Invariablement, nous convenions avoir regardé dans la mauvaise direction… Alors nous surmontions notre peur de ces longs couleurs comme du noir pour nous rendre vers quelques bureaux où nous retrouvions celui qui nous avait enseigné la plus importante des leçons : que la famille est tout ! " Lui-même. Il restafigé face à son aïeul suite à cette déclamation qui avait autant valeur de confesse que d’excuse. De très loin, et même s’il avait particulièrement honte de l’admettre, Adriel considérait plus légitimement Hans comme étant son père en lieu et place de son géniteur pour qui il ne semblait être qu’un poids. Il laissa tourner le poids des mots dans son esprit comme la notion d’héritage issue des liens du sang. Devenir le véritable héritier du vieil homme semblait sa voie. Ne restait plus à lui qu’à déterminer comment il allait bien pouvoir l’arpenter. " Ce n’est pas mon intention… D’autant que désormais, vous n’êtes plus la seule personne que je ne dois guère décevoir… " Bien qu’il ne comprenne pas encore comment il pouvait partager tous les souvenirs comme toutes les expériences de ses semblables, Adriel pensait sincèrement qu’il emportait avec lui leurs rêves comme leurs espoirs. Ainsi, il n’avait pas le droit de les trahir… Un silence et des traits neutres. Puis, il se gratta la tempe avec un semblant de gêne pour finalement souffler sur ce ton qu’il adressait à ses proches et sans qu’il ne soit trempé dans l’eau de ses colères : " J’espère que tu m’excuseras mais… J’ai besoin de m’aérer. " Pour se changer les idées… Ou bien pour les concrétiser. Adriel tourna les talons, prenant la direction de la porte mais s’arrêta finalement dans son encadrement. Une main posée sur le bois brut, il laissa un regard fuir par-delà son effort, vers son grand-père. Et sur un timbre qui se voulait presque aimant, finit par lui adresser : " Merci… Pour la discussion. "

A cet instant, il ne savait pas que s’était la dernière fois qu’il parlait à son grand-père avant plusieurs années. Il commença à le comprendre lorsqu’il se trouva dans sa chambre, qu’il laissa les mots de son aïeul tourner encore et encore dans son esprit. Son héritier… Il voulait sincèrement le devenir pour avoir un poids sur les évènements de sa vie. Mais pour dominer ce monde, il se devait de le comprendre. Et pour le comprendre, il devrait s’immerger dans celui-ci, en commençant par les couches les plus basses. Il abandonna son costume hors de prix, passant un ample sweat à capuche ainsi qu’une veste en cuir sur ses épaules. Plus de chaussures en cuir mais des rangers qu’il avait trouvé dans le paquetage de son frère, Randall. Il abandonna l’ensemble de ses couteuses possessions pour ne composer qu’un paquetage de fortune qu’accompagnerait le liquide qu’il avait su rassembler. Puis, à la faveur de la nuit tombante, il s’évapora…

* * * * * * *
La Tour Veidt, un gratte-ciel du cœur de Star City, près du Star Park, à quelques dizaines de blocs du siège social de la Rhodes. Elle occupe aujourd’hui la place laissée vacante par un building racheté par Hans Walter et dont la fonction première est, à ce jour, retombée dans l’oubli. La rénovation de la Tour en elle-même coûta près de 300 millions de dollars, sans comprendre l’achat du terrain lui-même, particulièrement onéreux. Culminant à 325 mètres de hauteur, la Tour compte 85 étages desservis par 72 ascenseurs. Bien située, elle a l’avantage de se trouver proche d’une station de métro alors que le sous-sol abrite un garage capable d’accueillir environ 800 véhicules. L’ensemble du bâtiment peut accueillir environ 30 000 personnes. Une cafétéria, différents commerces et un restaurant occupent le rez-de-chaussée de la Tour pour une intégration sociale du bâtiment au paysage urbain. Le premier tiers bas de la tour occupe des bureaux ainsi que des locaux commerciaux et des salles de conférences loués à des entreprises aussi diverses que variées. Le tiers supérieur est dédié aux services administratifs de Veidt Enterprises. Cela comprend, notamment, le service des ressources humaines ainsi que le pôle comptabilité. Le reste de la tour abrite les locaux de Veidt Search et c’est là que travaillent toutes les personnes chargées de la recherche et de développement chez Veidt Enterprises. Les trois derniers étages sont occupés par les bureaux des plus hauts échelons de la hiérarchie Veidt. C’est là qu’il trouverait son Grand-Père…

Immobile devant l’imposante bâtisse, Adriel revenait d’un périple qui avait duré ce qui lui avait semblé être une vie entière. Cinq ans qu’il n’avait pas parlé à son aïeul, pratiquement certain d’avoir semé ses yeux comme ses oreilles à Jacksonville, lors d’un match des Jaguars. Entre temps, il avait roulé sa bosse sur les routes de tout le pays, du Mexique et de tous les Pays du Continent Sud-Américain jusqu’à se révéler au Brésil. Il avait compris bien des choses là-bas, trouvant par la même occasion un but, l’objet même de son voyage. Un type en costume le bouscula, se rendant en toute hâte vers le premier niveau de la Tour. Il sourit, songeant que son allure ne laissait pas une seconde imaginer la nature véritable de son identité. Plus musculeux qu’avant, ses vêtements étaient amples, son jean délavé et troué en de nombreux endroits. Emmitouflé dans un sweat noir à capuche, clairsemé d’un incroyable nombre de tâches de javel, il avait passé dessus une lourde veste de cuir au dos frappé d’une représentation de la faucheuse entouré d’un ruban à la phrase cinglante désormais réduite à l’incompréhension par les outrages du temps. Casquette New Era des New England Patriots sur le crâne, ses traits finissaient d’être dissimulés par la capuche recouvrant son couvre-chef, ne dévoilant que sa barbe blonde broussailleuse. Des rangers dénoués finissaient de peindre un portrait complété par des mitaines de laine rongées aux mites. Sur son épaule, un sac où il avait accumulé les rares biens amassés au cours de ses errances. Il avait appris pour la mort de ses parents, c’est plus ou moins ce qui l’avait amené à revenir. Il avait également pleuré un peu, après tout ce n’était pas encore un monstre.

" Vous savez que vous avez de très jolis yeux... " Avança-t-il à une secrétaire alors qu’il s’était enfin décidé à pénétrer dans ce qui semblait bien lui appartenir. Elle lui adressa un sourire mais ne sembla pas le moins du monde intéressé. L’accoutrement, très probablement. Inutile de bavasser inutilement, aussi s’accouda t’il franchement sur son plan de travail en avançant : " J’aimerai voir le directeur. " Elle lui demanda s’il avait rendez-vous, il eut un sourire en rétorquant : " Heu… Non ! Mais je n’en ai pas vraiment besoin… " Dit-il en Conservant son sourire. La jeune femme ne décolla pas son nez de son bout de papier quand elle lui demanda pourquoi. Il en profita pour rabattre sa capuche sur sa nuque et ôter sa casquette, dévoilant ses traits comme sa flavescente crinière alors qu’il lui soufflait sur le ton du secret : " Parce que je suis Adriel Veidt... " Elle leva son visage au ralentit, tombant sur le faciès espiègle du jeune homme qui lui adressai un index levé barrant ses lèvres. " …et qu’il voudras très certainement me parler... " Quelques minutes plus tard, il se trouvait seul dans l’ascenseur menant au bureau de son aïeul. A mesure que s’égrenaient les étages, une boule se forma dans son ventre et il serra plus encore la courroie de son sac sur son épaule. Puis, vint l’instant où tout mouvement cessa. Et où les portes s’ouvrirent sur le centre névralgique de l’entreprise. Cinq ans. Cinq ans déjà et pourtant les propos tenus lors de leur dernière conversation sonnaient de nouveau dans sa tête…
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Ven 15 Aoû 2014 - 22:31 Message
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Peut-être que ça n’était pas aussi visible que ça finalement. A quel point Hans tenait à son "petit dernier" et à quel point il faisait son possible pour le pousser dans ses derniers retranchements. Peu lui importait le prix à payer. Adriel pouvait bien décider de le détester ou de le fuir pour le restant de ses jours, ça lui était foutrement égal. Son petit-fils disait vrai. La route qu’il voyait pour lui était celle qu’il avait déjà désencombrée lui-même. Était-ce si égoïste que de vouloir voir l’œuvre de toute sa vie reprise par la personne la plus digne de le faire ? Il n’en savait rien. Il savait en revanche qu’il avait beaucoup à léger à Adriel et que ce dernier n’était pas en mesure de l’accepter. Pas encore, pas dans cet état d’esprit. Alors qu’il s’efforçait de ne pas ciller, il baissa les yeux en laissant un doucereux sourire flotter sur ses lèvres pendant plusieurs secondes. Il se souvenait très bien des fois où les trois petits Veidt, accompagnés de l’illustre chien, venaient à sa rencontre alors qu’il préparait la journée du lendemain. S’il avait toujours refusé d’ouvrir la porte à son fils lorsqu’il était entrain de travailler, il avait toujours accueilli les trois petits lutins avec un plaisir espiègle. Et chaque fois qu’ils disparaissent de son bureau après plusieurs heures à ses côtés, il se renfermait dans une solitude sans borne, regrettant que sa défunte femme ne puisse profiter de moments aussi délicieux que ceux-ci. Il ne s’était jamais montré très tendre et encore moins papa poule avec les trois frères, mais il les avait toujours apprécié et ne se permit jamais de les blesser. Pourtant, il était entrain de reproduire l’extrême inverse avec le seul qui lui restait. Triste ironie du sort. Bien évidemment qu’il aurait voulu que la vie d’Adriel soit simple et qu’il puisse briller dans ce qui lui convenait le mieux – même si ça devait être ce foutu sport du nouveau continent – mais il savait plus que quiconque qu’une vie sans détours ne valait pas l’appellation vie. Passer la pommade au jeune homme perturbé qui lui faisait face n’arrangerait rien à cela et entant que patriarche de cette famille, il se devait de veiller au grain.

Il redressa la tête. Entendre son adage dans la bouche d’Adriel le piqua au vif. Il n’y avait jamais fait autant attention que ce soir. Il savait que son dernier était entrain de quitter le navire, de prendre les voiles et de tout bonnement l’abandonner. Il le sentait et savait qu’il ne pouvait en être autrement. Et il ne pouvait que se blâmer de l’avoir encouragé. C’était probablement la bonne occasion pour lui dire à quel point il plaçait ses espoirs en lui et comptait sur lui pour reprendre l’entreprise qu’il ne lèguerait jamais totalement à son père Isaac mais il ne le fit pas. Par instinct, ou par peur de provoquer l’extrême inverse. Il l’observa se lever et prétexter qu’il devait aller prendre l’air. Le vieil homme hocha simplement de la tête sans omettre de lui adresser un regard froid et distant. Et le laissa partir. Incroyablement éprouvé par la discussion, il laissa s’affaisser sa tête et ses épaules en avant, dans un long soupire. Avant de bien vite se redresser en avisant son cadet qui s’arrêtait prêt de la porte. A qui il ne répondit rien. Il détourna le regard avant d’à nouveau crisper sa mâchoire et quitter le canapé confortable. Il trouva finalement ce qui lui permit de se libérer l’esprit et de classer dans sa mémoire la discussion de ce soir. Une chose qu’il n’avait jamais montrée à son fils ni à personne d’autre d’ailleurs. Un très vieil album photo qui l’avait suivi partout. En parcourant les pages, il se dit que finalement, il avait bien fait d’enfoncer une lame dans le cœur de son dernier et de briser son confort. Car après autant d’épreuves amères et violentes il n’y avait que deux solutions ; la vie ou la mort. Et heureusement pour lui, Adriel avait choisi, de vivre.


* * * * * * *


Le conseil d’administration comptait pas moins de dix membres aux horizons divers et variés et tous choisis par son Président pour une raison bien particulière ; leur efficacité propre. Pourtant, depuis presque deux ans déjà, les séances mensuelles semblaient dangereusement être on ne peut plus semblables et si le ton ou les mots étaient choisis à chaque fois avec soin, l’ambiance générale et le mot d’ordre restaient inchangés. Il fallait du nouveau chez Veidt Entreprises. Le Directeur actuel avait de la bouteille, à n’en point douter et assurait une réussite totale à la société dans le marché mondial. Mais même si tous à cette table s’accordaient à dire qu’il était intouchable sur ce point, tous avançaient néanmoins la même remarque que la presse : Combien de temps encore l’image de la société serait-elle associée à un vieil homme aussi intransigeant qu’incritiquable ? Les torchons de la ville avaient besoin de quelque chose à se mettre sous la dent et l’irréprochable Veidt n’offrait rien dans ce sens. Et il savait pourtant bien que mauvaise pub est toujours mieux que pas de pub du tout.

Le vieil homme se remémora alors les conseils de son homme de l’ombre, l’indémodable Gustavo, qui s’était gaiement proposé de lui donner un cours accéléré afin de briser son image d’homme de glace intouchable. Si Veidt avait écouté – non sans humour – jusqu’au bout de la tirade, il savait pourtant que la réalité était bien là. En continuant de faire le meilleur pour sa société sans jamais offrir un travers, il risquait de lui faire perdre une part du marché en devenant petit à petit sans intérêt aucun pour la page people. Crispant sa mâchoire, Hans pianota à nouveau ses doigts les uns contre les autres au niveau de son menton. Il se devait de trouver une alternative. Et vite.


Il n’y a que cela devrai. Une glace à la chantilly pour accompagner le café brûlant et sans goût du hall d’accueil de cette maudite tour Veidt. Traînant les pieds, pas le moins du monde pressé de remonter dans les nuages de la sphère de son patron, Gustavo observait – tout en savourant sa glace – pour la centième fois l’architecture du coin. Perdu dans sa contemplation, il ne vit pas débarquer un spécimen particulièrement notoire qui n’aurait pourtant pas manqué de lui sauter aux yeux ne serait-ce que pour sa démarche de jaune paumé. S’en retournant à sa glace, il pivota sur lui-même en songeant avec humour qu’il verrait bien trôner là une gigantesque poster flottant au vent à l’effigie de son patron avec en caractères gras rouge surmontant le tout : « LA FAMILLE EST TOUT ». Le chilien était bien heureux d’avoir comme allié ce vieux nazi aux goûts parfois trop avant-gardistes pour son âge avancé. Parcourant le hall, il laissa traîner ses yeux et ses oreilles au service de Veidt depuis des ans qu’il ne comptait plus. Il avisa finalement l’espèce de loque qui faisait de la drague à la charmante Jessy. Il s’étonna que la sécurité n’ait pas encore bougé un bras pour foutre dehors ce badaud lorsqu’il remarqua l’ensemble que portait l’intrus. Du conventionnel, pour la rue oui…mais quoi alors ? Pourquoi ce sentiment de déjà vu, de familier ? Le chilien arrêta ses pas, se contentant de lécher avec rythme sa glace. Sortant de sa poche sa main droite, il en extirpa son portable. Enclenchant l’appareil photo de ce dernier, il zooma sur l’inconnu en tendant le bras, sans avancer d’avantage. Déplaçant son doigt, il le positionna au niveau du bouton actionnant la prise de photo. Bouton qu’il actionna involontairement suite à un soubresaut qui lui parcourut le corps lorsqu’il vit poindre la broussaille blonde jusqu’alors cachée par l’immonde capuche. « Oh bordel… ».


Hans avait les deux mains toujours appuyées au niveau de son menton et subissait sans broncher les remarques de ses collaborateurs. Il sentit son portable s’agiter au fond de sa poche de veston et soupira avant de l’en extirper tout en écoutant toujours ses alliés.
_Directeur ? Monsieur Veidt ?
L’air surpris et inquiet du directeur des finances le sortit de sa contemplation. N’avait-il véritablement rien suivit des quelques derniers mots de la discussion ? Un étrange sourire lui taillada les traits alors qu’il rangeait son téléphone.
« Bien. Nous en avons assez fait pour aujourd’hui. »
_Monsieur, je me dois d’insister. Si nous ne trouvons pas d’alternative, nous…
« Je m’engage personnellement à nous sortir de là d’ici la fin de la semaine. Sans quoi, je me retirerai. Messieurs, nous en avons fini. »
Détournant le regard, il ne s’attarda pas sur les visages interrogateurs qui lui faisaient face. Ils se retirèrent en marmonnant entre eux, bien inquiets des propos du Directeur général qui semblait tout bonnement avoir pété les plombs. Trois ans qu’ils cherchaient une solution au fait qu’il n’y avait plus d’autre Veidt pour reprendre le flambeau et voilà que le vieux se disait prêt à parier son propre poste en affirmant trouver quelque chose d’ici sept misérables jours ? Se croyait-il si puissant pour avoir une dernière carte dans sa manche ? Le comité en doutait et craignait plus que tout la fin de la semaine qui ne promettait rien de bon. Dans un cas comme dans l’autre.


Le vieil homme avait quitté lui aussi la salle de réunion pour gagner son bureau. Un verre à la main, il observait en silence l’imposante photographie noire et blanc qui trônait dans la pièce. Elle représentait les ruines de Dresde peu après la deuxième guerre mondiale. Debout, une main dans la poche de son pantalon de lin clair, il détaillait le tableau avec insistance comme s’il le voyait pour la première fois. Pourtant son esprit ne pouvait brider sa mémoire et ne cessait de lui renvoyer toutes sortes d’informations enfouies. Comment apprendre quand on connait déjà tout, comment observer quand on a déjà tout vu ? Etrange concept, en effet. Concept qui allait sans nul doute le mettre à l’épreuve dans les minutes à suivre.

La porte de son bureau s’ouvrit. Pas de sécurité ni de secrétaire au dernier niveau. En dehors de Gustavo qui devait traîner Dieu seul sait où. Sans prendre la peine de regarder qui entrait dans sa tanière, il lâcha crûment. « Dans quel trou à rat t’es tu vautré ces cinq dernières années pour oublier avec autant d’arrogance qu’on ne se présente pas à un entretien d’embauche vêtu de la sorte ?! » Hans porta le verre à ses lèvres et en savoura le nectar avant de s’éloigner de l’œuvre et de s’en retourner s’asseoir à son bureau. D’une main, il désigna la chaise vacante en face de lui alors qu’il avait déjà le nez penché sur quelques paperasses à signe et à traiter. « Monsieur Veidt, je me dois de vous dire que votre temps de réaction approche avec peine celui des mollusques. Notre équipe vous a contacté il y a de cela pas moins de cinq ans. Vous comprendrez alors que nous mettions fortement en doute l’intérêt que vous portez à notre entreprise. Il tourna une page d’un volumineux dossier de statistiques. Devrais-je voir en votre venue aussi soudaine qu’incongrue une preuve d’engagement envers Veidt Entreprises ? »

Le tout avait été dit sans que le vieil homme daigne lever le nez de ses papiers et sur un ton qui ne laissait à aucun étranger comprendre que ce que partageaient ces deux hommes ne se résumait pas au Veidt qui les unissait. « Préféreriez-vous que la question vous soit posée en français, allemand, ou en chinois peut-être ? » Il prononça le nom des langues avec leur consonance originale – bien qu’il écorcha le chinois – et il le faisait délicieusement exprès. Son salopard de petit-fils n’avait pas décidé de passer la porte de son bureau en guenilles pour lui pleurer dans le veston. Il voulait un travail et le vieux était prêt à lui en offrir un. Mais il se devait de juger son adversaire et ses piques n’étaient que sous-entendus à peine voilés sur ce en quoi consisterait ce post. Il avait enchaîné les questions sans laisser le temps à son héritier de répondre. Il ne tenait pas à perdre du temps. Il en avait déjà perdu suffisamment longtemps en laissant Adriel lui filer entre les pattes cinq années plus tôt. Il ne le perdrait pas une seconde fois. Du-t-il le lier à cette entreprise par un testament pour ensuite se donner la mort dans la semaine afin de garantir à son équipe ce qu’il avait promis. Il releva les yeux, regardant son descendant légèrement par en dessous. Il crispait sa mâchoire, la mâchouillait, comme toujours. Mais c’était la première fois de sa vie qu’il le faisait dans le seul but de s’empêcher de sourire comme un heureux bonhomme.

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Message posté : Lun 18 Aoû 2014 - 19:01 Message
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Black Arm

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La Famille est Tout !


Les étages défilaient sous ses yeux alors que l’aiguille d’or naviguait sur une série de chiffre pour irrémédiablement s’approcher du plus grand, de la destination qui était la sienne : du sommet. Il sentait quelque chose de froid glisser dans ses entrailles, se lover entre ses tripes pour les gratifier d’un glacial contact alors qu’elles se nouaient sous les muscles saillants de sa puissante paroi abdominale. Il sentait le blafard serpent de la peur naviguer en lui et le faire douter de son initiative, douter de son retour. Il était au Panama quand il avait appris pour la mort de ses parents, lâchant quelques larmes suite au malheureux accident. Sans cette nouvelle aurait-il continué ses errances ? Aurait-il poursuivi cette vie au jour le jour en se contentant de plaisirs immédiats avant de trouver la paix dans quelque situation que la vie aurait bien pu lui faire rencontrer ? Probablement pas… Depuis cet épisode au Brésil, depuis qu’il avait pris conscience de ses facultés de Super et depuis qu’il avait appris à les utiliser au sein de la Black House, il se sentait investi d’un certain devoir moral, d’une certaine responsabilité envers tous… Randall et Leonel restaient ses frères et lui murmuraient sans cesse par le biais de leurs talents comme de leurs souvenirs qu’il ne devait pas gâcher ce don. Sans la mort de ses parents, il serait tout de même revenu. Probablement bien moins vite, toutefois… Sa vie d’errance était derrière lui, mais il n’était pas dit qu’elle soit à la base de son identité publique là où tous les talents de ses différentes vies seraient mises au service d’un rôle taillé pour la domination de ce nouvel écosystème dans lequel il faisait son entrée. Et de cet écosystème, il allait directement faire face à l’Apex Predator le dominant de la tête comme des épaules. Un Prédateur Suprême dont il partageait la nature comme le sang. Un chasseur supérieur qu’il avait toujours souhaité égaler, qui s’était toujours érigé en idéal à singer. Il soupira alors qu’un tintement signalait qu’il avait atteint sa destination. Son combat le plus rude allait bientôt débuter…

L’atmosphère feutrée lui sauta à la gueule dès l’instant où il posa les yeux sur les lieux. Cela eut le mérite de figer sur place, bouche entrouverte alors que ses yeux bleu métallique pétillaient dans l’expression de souvenirs propre à l’enfance. Il retrouvait dans ce bureau bien des éléments propre à celui qu’il avait l’habitude d’envahir avec ses frères à l’aube de leur vie. De mirifiques souvenirs envahissant sa mémoire, il se trouva interdit un instant avant que la voix de son Grand-Père ne le sorte de sa torpeur. Directe et immédiate, cassante comme pouvaient l’être les traits du vieil homme mais son petit fils ne s’en formalisa guère, il se contenta d’en étirer un maigre sourire. Il était content de le revoir, content de constater qu’il tenait encore la grande forme… Un entretien d’embauche ? Il comprit presqu’immédiatement qu’il serait là affaire de succession, qu’Adriel débarquait pour mettre la main sur ce qui lui revenait de droit et qu’il allait donc être jugé sur sa capacité à prendre les rênes du conglomérat. Le jeune homme resserra l’étreinte de ses doigts sur l’anse du sac passé à son épaule, grinçant également des dents. Il s’était attendu à un combat, mais pas de cette nature… Une certaine forme d’excitation remplaça la peur présente dans ses tripes, l’excitation propre à quelqu’un qui se voit offrir l’occasion de prouver sa valeur. Il e remerciait son Grand-Père, de muette façon, estimant que s’était sa manière toute personnelle de faire comprendre à son petit-fils qu’il était heureux de le revoir.

Il jeta un coup d’œil à la photographie représentant les ruines de Dresde, retrouvant dans ce cliché toute la force qu’il y avait jadis ressentie mais également une certaine forme de désespoir coupable face à un point irrévocable : ils exerçaient dans un secteur d’activité pouvant amener à ces atrocités. Le vieil homme ne lui adressa pas le moindre regard et son héritier se contenta de garder un masque neutre sur ses traits rendus plus dur par les épreuves qu’il s’était lui-même imposé durant son périple. Dans quel trou à rat ? Probablement les pires que pouvait bien porter le continent mais cela avait eu le mérite de lui faire prendre conscience de bien des choses, de notions propre à la vie des gens plus humbles qu’il n’aurait jamais soupçonné en restant cloitré dans sa tour d’ivoire. Loin de lui l’idée d’accuser le vieillard, mais il se demandait depuis quand il ne s’était pas intéressé à la nature de ses employés de par le monde. Depuis quand il n’avait pas partagé le point de vue de personnes autres que celles présentes à son conseil d’administration. Il répondit favorablement à l’invitation de son aïeul, s’asseyant sur le fauteuil face à son bureau en laissant choir son sac au seul, le Golden Boy passa une main dans ses cheveux. A l’un de ses doigts, la chevalière de Leonel alors que sur son torse drapé de noir luisaient les plaques militaires de Randall. Leur souvenir ne les quittait jamais. Il ne put s’empêcher de sourire quand Hans le traite de mollusque, se demandant depuis quand il savait se montrer si drôle… Il comprit alors que la métaphore comme le parallèle seraient dès lors très présent dans la conversation. Cinq ans ? Comme le temps de son absence, au lendemain d’une conversation où le vieil allemand lui avait fait comprendre qu’il était le dernier Veidt sur lequel il pouvait fonder de véritables espoirs pour laisser au monde un semblant d’héritage. Il ne répondit guère aux propos de son Grand-Père, se contentant de les assimiler pour chercher à les utiliser plus tard. Des preuves d’engagement envers la société ? Ce n’était pas envers elle qu’il souhaitait véritablement s’engager… Le vieillard ne le comprendrait que bien assez tôt. Puis vint l’instant où son aïeul s’adressa à lui dans une succession de langues étrangères. Il distingua avec aisance l’allemand, buta un peu sur le français et déduit que la dernière devait être du chinois mandarin du fait des liens étroits que Veidt Enterprises entretenait avec cette partie du monde, sous l’initiative de son Grand-Père. Il ne lui fallut pas moins d’un instant pour laisser tinter sa voix et répondre du tac au tac :

" Je suis bien plus à l’aise avec l’espagnol comme le portugais… " Il prit le parti de singer les agissements de son semblant de figure paternelle, l’agrémentant d’un léger sourire. Cela aurait également le mérite de faire comprendre à son Grand-Père les « trous à rats » qu’il avait écumé pendant près de cinq ans. Après avoir écumé les Etats-Unis, à sa façon, il avait passé un temps monstre dans les pays d’Amérique centrale comme d’Amérique du sud, y rencontrant des situations propre à la misère de certaines de ses contrées tout en se rendant compte, également, de l’active présence du conglomérat familial de par le monde. Après tout, ils étaient bien leader mondial dans leur domaine… Il laissa ses yeux bleus scruter le faciès du vieux, trouvant enfin son regard quand il daigna le laisser courir en sa direction. Il prenait le parti de joueur au jeu du recruteur, son petit-fils lui donnerait le change. Avec le vouvoiement qui s’impose : " Je conçois qu’il puisse paraitre plus qu’étrange de transmettre un Curriculum accablé de tels trous… Considérez cela comme un gage d’honnêteté, à la vérité ces cinq années n’ont eu pour but que d’engranger une expérience que mon précédent parcours ne me permettait guère d’acquérir. " Passer de l’autre côté, intégrer les rangs des classes les plus basses pour se rendre compte d’une chose essentielle : peu importe sa violence ou son immoralité, son entreprise ancrait dans la réalité des familles par le biais d’emplois stables là où la conjoncture rendait cette perspective illusoire pour bon nombre. Il enveloppa sa mâchoire dans une de ses larges mains, savourant l’âpre contact de sa barbe drue sur sa peau. Il y a avait beau avoir son nom de marqué au-dessus de la porte, rien ne lui garantissait qu’il obtiendrait ici un poste. Alors, autant entrer dans le jeu de son aïeul et, à sa façon, lui énoncer ce qu’il pouvait bien avoir envie d’entendre.

" Je ne sais guère comment procéder. Dois-je commencer par vous faire un énoncé des différentes expériences que j’ai pu endurer ? " Il y avait cinq ans qu’ils ne s’étaient pas vu. Cinq ans depuis une discussion qui s’était poursuivie comme terminée dans le vouvoiement car tous deux étaient des plus fier. La fierté… Adriel pensait que s’était ce qui permettait au vieillard cette glaciale distance. Il pourrait très bien se tromper qu’il n’en aurait cure, à la vérité cela l’amusait quelque peu d’entrer dans son jeu. Il se redressa un brin, commençant à ordonner ses pensées avant de les égrener : " Durant les cinq dernières années j’ai vécu au jour le jour en redécouvrant la valeur de l’effort. Vous seriez surpris si je vous déclamais le nombre de professions que j’ai bien pu endosser… " Il avait écumé les chantiers, les petits boulots en tout genre, avait usé de ses talents en robotique comme en mécanique pour se faire de l’argent qui lui permettrait de payer l’essence jusqu’à sa prochaine destination, avait usé des aptitudes martiales de Randall pour se défendre comme pour en défendre d’autres et avait plagié Leonel en faisant progressivement fructifier un peu d’argent sur des comptes ouverts sous de fausses identités. Le nom de Karl Malone fut très souvent utilisé. Hans devait savoir avec quoi il était parti, ouvrant son sac Adriel lui exposa avec quoi il était revenu. Il y avait quelques fringues, le Kabarde Randal et suffisamment de fric pour vivre encore peinard un bon moment. Il pourrait décemment en conclure que son petit-fils n’était pas revenu demander la charité. " Autant me montrer honnête avec vous, j’estime que c’est mon plus grand atout… Le fait d’avoir partagé l’existence de bon nombre de Gens vivant par cette entreprise comme pour cette entreprise m’a fait prendre conscience d’un certain devoir que ce doit d’avoir la tête envers la base. Des notions que bon nombre auraient oublié à mesure que passe le temps. Mais plus encore, j’estime être à même de pleinement pouvoir donner du corps à une devise qui se doit de ne pas perdre son sens. La devise de votre entreprise : « Nous n’oublions pas pour qui nous travaillons. » " Un point essentiel, un point qu’il jugeait comme nécessaires à la bonne marche de cette société. Plus que quiconque, il avait en mémoire les visages de toutes ses personnes que les armes qu’ils produisaient avaient vocation à protéger. Il avait beau ne pas représenter la caution morale la plus louable aux yeux du monde, il se savait à même de guider le conglomérat sur une voie où il n’aurait plus à franchir de ligne jaune. " Plus encore, il est une chose que j’ai découvert et qui a fini de me convaincre de répondre favorablement à vos sollicitations. " Il ne portait pas de cravate mais singea un geste, comme s’il cherchait à en remettre une en place au niveau de son cou. Plus tard, il conserverait cette mimique. Un silence pour agrémenter le discours et dévoiler quelques trésors de rhétorique indispensable à la maitrise de sa fonction. Puis, la tension dramatique ayant monté d’un cran, il se fendit de ces mots : " En venant, j’ai vu un Nom perché au sommet de cette tour. Un Nom que je partage… Un nom dont je suis fier. Porter ce nom signifie faire partie de ma famille. Et il est jadis une importante personne à mon existence qui m’a enseigné une infrangible maxime : « La Famille est Tout ! ». " Il prit le temps de laisser un silence s’installer, cherchant de ses pupilles bleutés le regard sévère de son grand-père. Il l’avait abandonné, il en était désolé. Mais désormais, le vieillard pourrait lire dans ce regard une infrangible détermination se faisant l’écho des paroles prononcées auparavant. Ses lèvres se fendirent alors qu’il prononçait : " Cette entreprise, elle est ma famille. Dans ses moindres composantes. Et j’entends par devoir comme par respect continuer de lui prodiguer tous le lustre que méritent ces cinq lettres propres ce germanique patronyme synonyme de réussite éclatante. Si je suis prêt à démontrer mon engagement auprès de Veidt Enterprises ? " Il recula, s’adossant sur son siège et nouant ses doigts au-devant de son visage. Tant de ses attitudes trahissaient la présence de ses frères. Les manières de Leonel dans l’emploi de ses mains comme les traits sérieux de Randall face à la démonstration de son engagement alors qu’il restait dans ses yeux le pétillement propre au plus espiègle des trois triplés. Un sourire en coin ourlant ses lèvres, le Golden Boy souffla à destination de son illustre aïeul : " Vous possédez déjà votre réponse… " Il lui en avait fourni toutes les composantes. Cette fois, Adriel ne comptait guère prendre la fuite…
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Mar 9 Sep 2014 - 21:29 Message
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Mettre en échec le moindre de ses aspirants rivaux. Détruire la moindre de leur initiative pour mieux digérer et intégrer leurs recherches au sein même de l’écosystème Veidt, c’était ce que le vieux Hans savait le mieux faire. Mettre en déroute, anéantir et le tout sans le moindre regrêt aucun. Il avait été formé pour cela. Tel était sa place chez Veidt depuis de si nombreuses années qu’il ne s’était jamais vu à un autre post ni même jamais conçu qu’un jour il devrait revoir sa propre fonction. Pourtant, ici, dans son bureau, assit confortablement sur une chaise hors de prix en face d’un jeune qui avait tout d’un motard inconscient du danger tout en connaissant les bienfaits de la vitesse, il prenait un putain de coup de vieux. Et son expression enjouée le démontrait bien. La balance était totalement déséquilibrée et c’était plaisant à constater. Certes, son intrépide soldat blond possédait encore assez de retenue ou de respect pour le vieillard qu’il était pour ne pas lui dire de virer son cul de là mais le Directeur savait pertinemment que c’était bien de cela dont il était question. Et ça n’était pas trop tôt. Attendre. Combien de temps avait-il attendu en espérant un signe prometteur de son fils, de ses trois-petits fils ? Tellement d’années… tellement d’années que la Veidt avait grandement besoin d’un nouveau point de vue. Il ne s’était jamais leurré : il était capable de faire tourner son entreprise grâce à sa tactique de stratège hors norme et sa capacité à n’éprouver aucun remord et sacrifier ce qui devait l’être sans craindre un chamboulement entier au sein de la structure mais depuis toujours, il avait besoin des autres comme briques à son édifice. A l’origine, il y avait son père et sa mère, les premières pierres, les fondations de tout cela. Il s’était imposé en armature, en acier liant le tout. Puis il y avait eu Clara, son épouse, qui avait ajouté un étage en porte à faux sur tout le reste. Et à nouveau, il avait consolidé le tout. Mais gratter donc un peu la surface, érodez la pierre pour ne laisser que l’acier d’armature et la tour s’effondrera comme un vulgaire château de carte. Là est la vérité d’Hans Walter Veidt : il n’est rien sans les autres. Sans l’importance que lui donnent les autres. La preuve étant qu’un étage entier de la tour s’était effondrée lorsque les briques déposées par Isaac n’avaient pas été cimentées par Hans. Ou devrait-on dire, qu’Hans s’était contenté d’ébrécher volontairement le mur comme si ses tripes présageaient quelque chose de plus grand, de plus immense. Mais en refusant cet étage de connaissance, il avait mis à nu l’étage du dessous, celui auquel il tenait le plus : le porte-à-faux de Clara. Consolider un mur en ruine n’avait jamais été la bonne solution et tenter de colmater les joints alors que l’eau s’était déjà infiltrée n’était qu’un gain de temps avant l’inondation complète. C’est donc tout un pan de la construction qu’il avait dû raser pour en assainir les bases. A contrecœur, il avait dû se séparer des briques noircies qui en composaient les fondements et laisser des percements si gros que les courants d’air s’y infiltraient sans retenue. Jusqu’à l’explosion. Veidt avait dynamité sa propre tour pour éradiqué la vermine qui s’y était introduite et supprimer ainsi toute trace d’échec. Il ne lui restait plus que des ruines fumantes sur les bras. Ruines qui allaient permettre à un élément plus grand encore de renaître. Une tour plus solide, plus large et qui s’élèvera tellement plus haut que la précédente que jamais il ne regrettera son geste. Et en bon artisan des temps anciens, son tombeau servira de première pierre à l’édifice imprenable qui suivra son règne.

Lorgnant son descendant du coin de l’œil, le vieil homme s’attarda un instant sur les deux marques distinctives qu’avaient toujours porté les triplets. Randall et Leonel. Le vieux se redressa dans sa chaise comme pour tendre une oreille. Ce n’était probablement pas le moment de dire à son dernier qu’il était bien heureux que ce soit lui, le dernier. Hans, s’il n’avait jamais eu de réelle préférence pour les trois frères, les avait aimés autant que son caractère acariâtre et froid le lui avait permis. Plus qu’il n’avait aimé son propre fils et en retrouver la présence dans les gestes et les mots d’Adriel, ça avait quelque chose d’encore plus dramatique. Elle était bien belle la famille Veidt. Elle ne se résumait plus qu’à eux deux désormais et ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il n’y ait plus qu’Adriel comme seul représentant de l’espèce. Et quelle espèce. Le vieil homme dut redoubler d’effort pour ne pas sourire ouvertement en reconnaissant des intonations qu’il avait pourtant habitude d’entendre dans la bouche d’une baraque défigurée. Baraque en question qui devait être en train de faire des allers-retours dans le couloir dans l’espoir d’étreindre chaleureusement le hippie qui faisait face au vieux Veidt, d’ailleurs. Mais assez parlé du chilien. Se voir pareillement et avec autant d’humour moquer rendait le vieil homme nostalgique d’un temps où lui aussi avait été arrogant et jeune, et où son propre père rivalisait d’ingéniosité pour le mettre hors de lui dans des joutes verbales. Tout comme il retrouva ce plaisir malsain aux côtés de Clara qui était la plus douées de tous pour mettre en peu de mots fin aux répliques cinglantes de Hans. Et voici que son dernier reproduisait le schéma.

« Vous m’envoyez navré Monsieur Veidt, mais nous ne possédons guère de relations américaines… » Puisqu’ils possédaient le monopole sur ce continent. Et parce que Hans n’avait rien trouvé de mieux à répondre au polyglotte évident de son petit-fils. Comme si la paperasse était à nouveau un sujet très intéressant, il s’y replongea avant de griffonner à la plume sur plusieurs pages afin d’y apposer sa signature soignée. L’esprit de vieux lui imposa un nouvel échec : Adriel marquait en réalité un point non négligeable qui rendit furtivement le vieil homme jaloux. La pauvre âme qui faisait les cents pas dans le corridor, parlait également l’espagnol, langue que Hans ne maitrisait nullement. Il fixa son petit-fils. Ce chacal assit en face de lui allait pouvoir manipuler son vieux sur plus d’un terrain maintenant que le vieil homme était incapable de savoir de quoi ses deux meilleurs soldats allaient parler en privé. Et il gageait que sur ce terrain, Gustavo ne lâcherait rien, protégeant depuis toujours le cadet. Un nouveau tressaillement de la lèvre pour s’empêcher de sourire. Et il baissa les yeux. Cet enfoiré d’Adriel allait devenir encore plus pertinent que lui en empruntant un tout autre chemin. Et il allait s’en prendre plein les yeux. « Des références ? Dans ce cas…. » Comme ni l’un ni l’autre ne semblait décidé à céder à quelque chose de plus intime, le vieux continua d’enchaîner machinalement comme lors d’un entretien standard. Ça mis à part qu’il était de bien meilleure humeur qu’à l’accoutumée. Refermant son livret, Hans s’obligea à garder les yeux baissés. Oh en réalité, il en avait une sainte idée de ce qui avait pu se passer en cinq ans. Etonné de ne pas voir revenir son petit-fils plus tôt, le vieux s’était mis à questionner Gustavo sur les « démarches habituelles de jeunes en manque d’héroïsme ». L’homme de main avait énoncé tellement de probabilités diverses et variées en n’omettant aucun détail sordide que le vieux Veidt avait fini par le foutre à la porte en le sommant de rester à sa place, sachant qu’il était question d’Adriel Morgan Veidt et non d’un vulgaire badaud. Cinq minutes après, Gustavo était revenu avec une boîte à cigare. Le vieux avait compris. Il ne pouvait rien empêcher et Adriel vivrait sa vie comme en suivant son instinct, comme il n’avait jamais eu le courage de le faire. Craindre le pire n’aiderait pas le jeune et si pendant un temps il attacha Gustavo à la tâche de suivre à la trace le dernier, il ne mit pas longtemps à demander à son limier d’abandonner toute recherche. « Il reviendra quand il se sentira prêt. » avait répliqué Gustavo et Veidt de répliquer « Dans ce cas, espérons qu’il ne sera pas déjà trop tard. »

Hans releva les yeux. Il se faisait bouffer par sa propre chaire. Comment cet ado perturbé avait-il pu évoluer avec autant d’assurance et de fierté en à peine cinq ans ? L’espèce de loque qu’il avait laissé partir était un monstre en puissance, un lion d’un autre genre, mais un nouveau rival sur son propre territoire et pour la première fois, le patriarche savait qu’il n’avait plus les crocs ni les griffes assez acérées pour donner un coup fatal au nouveau venu. Mais au fond, qu’avait-il à défendre bec et ongles en dehors de sa vieille carcasse ? Il le devinait plus qu’il ne le comprenait, Adriel était celui qu’il avait attendu depuis plus de trente ans. Adriel était celui qui mènerait l’entreprise à sa gloire la plus complète et plus que tout, il saurait veiller sur sa veille croute de grand-père jusqu’à son dernier souffle. Et manqua pourtant de l’achever en une seule tirade. Le vieux poussa un long soupir et se laissa aller complètement contre le dossier de sa chaise en cuire, remerciant les dieux connus et les autres de lui avoir ramené son gamin à temps. Il était foutrement heureux de l’avoir en face de lui et pourtant sa première pulsion, si le bureau ne les séparait pas, aurait été de lui envoyer une paire de claques en lui demandant de repasser une fois qu’il serait présentable. Et cette ressemblance étrange avec ses frères…

« Bien. Mon bureau vous semble-t-il convenable comme premier poste ? »
Le vieux avait gardé le silence pendant presque une minute, percuté par ce qu’il venait d’entendre et complètement désemparé face à la puissance que dégageait Adriel. Il se rapprocha du bureau pour en ouvrir le tiroir central et tout en griffonnant, indiqua à voix haute ce qu’il était en train d’y inscrire :

« Je, soussigné, Veidt Walter Hans, né le 30 janvier 1937, à Dresde, déclare léguer Veidt Entreprises, fondée le 13 février 1942 par Wolfgang et Lamia Veidt, dans sa totalité, à Monsieur Adriel Morgan Veidt, né le 10 avril 1982, à Long Island… »

Et marmonna le reste dans sa barbe avant d’y imposer sa griffe en ancre bleue ainsi que l’immuable tampon à l’effigie de l’entreprise. Avec aucun sentiment apparent, il tendit le tout à Adriel par-dessus le bureau après avoir attendu que la particule bleue soit sèche. D’un geste de la plume, il répliqua ensuite avec un ton presque mécanique, qu’il n’avait qu’à présenter cela au Conseil d’administration et qu’il lui souhaitait bon courage pour se démerder avec la bande de rapaces qui y siégeaient et qui ne seraient pas des plus contents de voir débarquer le fils prodige alors qu’ils pensaient enterrer le vieux pour le remplacer par un nouveau d’une autre famille. Et s’enfonça à nouveau dans son fauteuil, tout en se disant qu’il n’y avait plus aucun droit. Lorgnant son petit-fils d’un regard espiègle, il fit une sorte de moue avant de répliquer avec rigidité.

« Si je pouvais ne pas voir ceci dans la presse en première page demain, ni les jours d’après d’ailleurs, je vous en serais très reconnaissant, Monsieur Veidt. » Il n’allait pas l’appeler Directeur. Par fierté et par vérité. Même s’il léguait ce qu’il possédait à son unique héritier, le jeune Veidt n’était que propriétaire principal de Veidt. Il aurait de quoi virer son grand-père pour devenir le Directeur mais pour cela, il devrait se mettre en poche le conseil d’administration. Hans ne craignait pas son petit-fils, mais espérait ne pas se tromper en jugeant que ce dernier ne le ficherait pas à la retraite dès le lendemain matin. Sans quoi, une explosion plus terrible encore que celle qui avait secoué la tour en 2009 serait mise en place. Hans passa une main dans sa barbe vieille de plusieurs jours avant de soudainement penser à quelque chose. Et esquissa un véritable sourire avant de se lever de son fauteuil. « Si tu le permets, je demanderai à Gustavo de venir déposer Dresden leben si tenté que cet ami-là soit toujours de mon côté après t’avoir offert un verre. » Il marqua un moment de silence, baissant un instant les yeux sur son bureau puis se retourna un instant sur la vue qu’offrait l’ouverture sur la ville. « Il y a un coffre, derrière la toile. 8.3.4.3.8. Je ne peux pas te léguer ce qu’il contient tout bonnement parce que ça ne m’appartient pas. Mais je crois savoir que tu en feras bon usage. » Le vieux inclina la tête en avant comme pour défier le jeune d’en faire autrement. Il renfermait en réalité une autre part de Veidt ; les originaux de Lamia et Wolfgang, sur du calque coupant et jauni ainsi que l’entier des recherches de Clara Meinhoff, l’épouse défunte de Hans, sur support USB.

« Un Ratzeputz ? » Hans ne possédait pas de champagne pour conclure comme il se devait l’affaire, ni de scotch, ni de wishky. Mais l’eau-de-vie allemande aux racines de gingembres réputée pour ses effets bien agréables sur la pense, petit digestif en réalité très épicé au goût persistant, perché sur la haut de la commode et dernière survivante d’un voyage en son pays natal ferait l’affaire.
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Message posté : Mar 30 Sep 2014 - 14:56 Message
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Black Arm

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• Eveil au Qi (champs protecteur)
• Kiai
• Chō Gakushū Nōryoku

La Famille est Tout !


Bien des années s’étaient écoulées depuis leur dernière rencontre, des années où le jeune homme s’était figuré son aïeul comme un monstre de charisme à même de le dévorer sans la moindre difficulté. Et voilà qu’il se tenait fièrement face à lui dans une posture de bravade qu’il aurait figuré impossible il y a de cela ce qui lui apparaissait être une éternité. Il n’éprouvait aucune crainte à nouer son regard au sien, plongeant ses pupilles d’une bleu acier dans celles de son Grand-Père sans identifier qu’il laissait son regard exsuder bien plus d’indices sur sa personnalité véritable qu’il ne le souhaitait. Et voilà donc qu’ils se tenaient face à face, dans un respect comme une admiration mutuelle, jouant à leur rôle bien particulier dans l’attente du couronnement d’un nouveau semblant de Roi…

Il ourla un de ces sourires qui deviendrait plus tard sa signature toute particulière face au premier aveu de faiblesse de la part de son aïeul. Ce dernier n’avait, de toute évidence, aucune idée des épreuves par lesquelles étaient passé la chair de sa chair et il était pour le moins gratifiant de voir le plus jeune lui renvoyer dans les dents sa propre pique. Polyglotte, il le serait plus encore à la faveur du temps comme à la faveur de ses talents lui offrant le luxe d’un apprentissage accéléré face à la courbe du temps. De ses talents il ne serait guère question ce jour et n’en serait probablement jamais véritablement question au demeurant. Découvrir sa nature véritable dans l’enfer Brésilien avait brisé son ancienne représentation et il avait dû reconstruire son être à partir de miettes. Il n’était pas sur de vouloir dévoiler son secret, de vouloir dévoiler ses talents car ils l’auraient fait paraitre comme un homme foncièrement gâté par l’existence là où ses surnaturelles capacités n’avaient été que la source du plus grand traumatisme de sa courte existence. Un soupir et ses yeux clairs de se poser de nouveau sur le visage buriné de son ainé. Il ne tirait aucune gloriole à dominer les débats car s’était bien de cela dont il était question en l’instant- mais prenait plaisir à tenir la dragée haute à ce qui se faisait de mieux dans ce bas monde.

Puis il y eut ce soupir. Ce long soupir avant que le vieillard ne s’enfonce dans son confortable fauteuil suite aux ultimes déblatérations du plus jeune Veidt. Adriel avait parlé avec entièreté et dire qu’il n’avait aucune idée de ce que pouvait bien penser Hans en l’instant était un euphémisme. Peut-être en avait-il trop fait. Peut-être s’était-il trop dévoilé et le payerait-il d’une de ces façons particulières dont le vieux savait, jadis, le gratifier. Les perspectives avait de quoi effrayer les trois âmes qu’il abritait désormais. Pourtant, nul témoignage de crainte dans le corporel langage du blond. Le temps comme les épreuves avaient eu le don de lui enseigné que la douleur physique restait une peine passagère facilement surmontable. Tout le contraire pour ce qui est du domaine de l’âme et les propos du Golden Boy avaient eu le mérite de laisser la sienne en paix. Son Grand-Père ne serait plus ignorant à se façon de voir le monde et il prendrait la décision qu’il souhaiterait en ayant les bonnes cartes en main. Que ce silence était long… Mais il fut brisé d’une façon que n’attendait guère Adriel. Interdit pendant quelques secondes, il dévisagea son aïeul avec un semblant de méfiance, se demandant s’il avait encore à faire à l’un de ses pièges tortueux. Cela ne semblait guère être le cas. Prendre sa place…

" Oui… Il apparait aussi grand qu’imposant tout en étant hanté par de bien illustres figures mais… J’imagine que si vous me le proposez c’est que vous m’estimez capable de relever le challenge ! " Il eut un sourire. Cette proposition signifiait beaucoup. Autant que les mots qu’il venait de prononcer, signifiant combien il était conscient de l’héritage lourd imposé par sa position. Si la chose l’effrayait ? Il aurait été fou de ne pas avoir peur… Parallèlement, il s’estimait étrangement comme étant le plus à même de remplir idéalement cette fonction, comme s’il estimait être à même de garder le cap fixé par des générations successives tout en faisant office de caution morale assurant au conglomérat de ne pas franchir la ligne jaune. Piquant pour quelqu’un qui deviendrait rapidement la coqueluche des tabloïds du fait de son train de vie pour le moins extravagant. Papier en main, il laissa son regard défiler sur les lignes lui assurant la plus haute position dans l’entreprise leader mondial dans le domaine de l’armement. Il réalisait tout juste le changement brutal qu’imposait la chose dans sa vie mais se montrait plus excité qu’autre chose par le challenge. Du bout des doigts, il toucha la signature de son aieul faite d’encre bleu. Etait-il véritablement son héritier désormais ? " Pas de grandiloquent couronnement ? Vous m’en voyez fort déçu... " Il lui adressa son air badin le plus entier. IL aurait cessé d’être Adriel s’il ne s’était pas fendu d’une répartie pour le moins burlesque en l’instant. Evidemment qu’il ne fanfaronnerait pas sur cette prise de pouvoir et qu’il ne la mettrait guère en scène. Pourquoi ? Simplement car aux yeux de tous, il n’était rien dans le monde des affaires… Tout juste un poisson rouge jeté dans la mare aux requins. Il en avait conscience et c’est bien pour cela qu’il ne comptait pas se priver du plus redoutable des prédateurs qu’il connaissait. En vérité, il était avide d’effrayer les requins avant d’en avoir peur lui-même… " Tu traines toujours cette vieille carne… " Lança t’il dans un sourire amusé, préférant conserver le sujet du tableau pour la suite de la conversation. Le contraire l’eut étonné. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il connaissait le Chilien et s’attendait à voir ce dernier lui proposer une bière quand les choses se seraient tassées. Au moins aurait-il le plaisir de pouvoir converser avec lui dans sa langue maternelle désormais… " Tu surestimes mon pouvoir de séduction… " Avança t’il dans un sourire. Le Chilien avait toujours été un proche de son Grand-Père et il doutait avoir la capacité d’inverser la tendance. Déjà, Adriel avait la connaissance d’un fait immuable : Gustavo serait un allié tout pendant que son aïeul le lui ordonne. " Je n’ai aucune intention de te décevoir sur ce point-là… " Avança t’il face au dernier présent que lui léguait son ainé. Il avait beau ne pas particulièrement représenter tout ce que l’n était en droit d’attendre d’un authentique chef d’entreprise –à fortiori d’un Veidt- Adriel savait à quel point il était important de connaitre son passé pour assurer son avenir. Plus encore depuis qu’il disposait de trois passés véritables. S’appuyer sur son héritage pour ensuite amener sa vision des choses. Une entreprise qui prendrait très probablement des années mais qui aurait le mérite de consumer ses talents comme son énergie pour la réussite d’un idéal : le bien commun. Vint l’instant où Hans lui proposa de sceller la transaction dans un verre d’alcool de leur pays d’origine. Adriel lui répondit dans un sourire : " Volontiers… "

Il finit par se lever, restant dans l’attente de voir ce verre arriver. Il déambula un brin dans le bureau, laissant ses doigts glisser sur quelques meubles alors qu’il imaginait bien comment son Grand-Père pouvait agir en ses lieux. Comment son Père avait également pu agir… Le sujet n’était pas encore arrivé sur le tapis mais il ne manquerait guère d’être abordé, tôt ou tard. Il se figea face à la grande baie vitrée, laissant ses yeux courir sur le panorama urbain s’étendant en contre bas. Au moins appréciait-il la vue en cet endroit. Le verre arriva en compagnie de son ainé et l’on triqua au lendemain comme à la prospérité du conglomérat. Un certain poids se mit à peser sur les épaules du Golden Boy mais de ces poids qui vous donnent envie de relever le challenge. Il gouta du bout des lèvres, constatant que ce Ratzeputz là était bien savoureux que ceux qu’il avait pu gouter dans quelques répliques de villages bavarois au Brésil… Un temps mort, puis le jeune homme de reprendre :

" Aucun problème pour le Dresden leben par ailleurs… " Il bu une nouvelle gorgée avant de poursuivre : " Mais j’imagine qu’il considérera bien ingrat de te voir le solliciter pour descendre cette pièce d’art d’un simple étage seulement… " Il était temps d’aborder le sujet. Tant d’avancer que malgré l’authentique changement qui se profilait, Adriel ne comptait pas immédiatement révolutionner leur entreprise. Pour le peu de connaissance qu’il avait des marchés boursiers, il savait que la continuité était nécessaire à la pérennité des actions. Sa nomination aurait un effet boost relatif quand l’inquiétude face à son inexpérience gagnerait bien des partenaires économiques. Face à cela, il devait opposer un inébranlable colosse rompu au monde des affaires alors qu’il ferait ses classes comme ses armes pour finalement prendre tranquillement et naturellement la relève. Hans avait dû le comprendre : son petit-fils comptait encore beaucoup sur lui. " J’ai besoin d’apprendre, d’accumuler de l’expérience… Et pour cela, j’entends bien coopérer avec les meilleurs. Et si j’ai appris une chose au cours de toutes ces années, c’est que tu es bien le meilleur dans ce que tu entreprends, vieillard… " Petite pique amicale, de celles dont le Golden Boy est coutumier. Dans sa bouche, la chose était plus affectueuse que profondément vexante. Néanmoins, il s’attendait tout à fait à recevoir une volée de bois vert en réponse. Ce qui ne l’empêcha guère de poursuivre : " Tout cela pour dire qu’il va falloir procéder à quelques aménagement de l’étage du dessous et que ce n’est pas encore l’heure de la retraite pour toi, Er Direktor... ! " Un sourire puis son regard de porter sur l’horizon. En quelques années, la ville avait changé tout comme lui-même avait changé. En vérité, le monde entier avait changé et Adriel s’y était progressivement ouvert pour enfin se décider à prendre la place qu’il devait occuper. Ce n’était que le début d’une longue route semée d’embuches pour lui, mais il n’éprouvait aucun regret dans son retour. " Etrange de voir comment tourne le monde… " Il prit le temps de laisser un silence s’installer, en profitant pour boire une gorgée supplémentaire. " La dernière fois que nous nous sommes parlé, je t’ai dit être le dernier sur qui tu pouvais compter… " Il n’y avait aucun mystère pour le Veidt dans les relations que son Grand-Père pouvait entretenir avec ses parents. Nul mystère dans le fait qu’il savait être le dernier à pouvoir transcender l’héritage du vieillard. Et Adriel de poursuivre : " Je n’avais pas imaginé qu’à mon retour, tu serais également le dernier sur qui je pourrais compter… " Ainsi se trouvaient ils là face aux tortueuses actions du destins, tous deux côté à côté. Les deux derniers Veidt à respirer en ce monde… Adriel n’avait jamais véritablement dit au revoir à ses parents.
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Le Poing de la Justice

"A monster ? How am I monster ? Yer all just pussies !"

Message posté : Mar 14 Oct 2014 - 20:44 Message
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D’un point de vue purement critique, il y avait de quoi remettre salement en doute la décision des plus irréfléchie que venait de prendre l’allemand en transmettant son héritage direct à son petit-fils. Il n’était pas difficile de s’imaginer le conseil d’Administration hors de lui et aboyer comme de petits chiots qu’il était complètement inconscient et pas le moins du monde soucieux du bienêtre de son entreprise. Du bienêtre de son entreprise ou du confort matériel dans lequel se lovaient la troupe gérant son conseil ? Il s’en foutait pas bien mal. Contrairement à ce qu’il voulait bien laisser croire, il ne se servait pratiquement jamais du conseil, même s’il s’efforçait de paraitre attentif et maintenait les réunions le plus régulièrement possible. Depuis qu’il avait pris la suite de son père à la tête de la firme, il s’était toujours démerdé tout seul et s’il avait un temps cherché appuis et conseils auprès de son épouse, il s’était bien vite imposé en maître de ses propres stratégies et avait démontré bien plus d’une fois qu’il ne lui était pas utile de demander appuis au conseil. Avec son âge avancé, il jouait désormais au vieillard désireux d’un coup de main, laissant croire qu’il était complètement dépassé par les évènements du monde moderne. En réalité, il avait un sacré coup d’avance et depuis près de cinq ans, il reposait sa stratégie d’entreprise sur un seul mouvement ; tout transmettre à Adriel. Il n’aurait su dire ce qui en lui, lui confirmait avec autant de convictions que son dernier lui reviendrait et que ce dernier serait à même d’être un homme digne de sa société. Il hésita. Non. Que sa société serait digne du dernier Veidt. Il commençait seulement à le percevoir mais le périple de son cadet avait imposé en lui une force qu’Hans lui-même ne possédait pas. L’Allemand avait toujours tout dirigé depuis en haut et même s’il avait lui-même commencé par les plus bas échelons – même entant que fils unique du directeur – il s’était bien vite éloigné de la logique du petit employé pour permettre à la firme de prendre une ampleur considérable dans le monde entier. Si cette stratégie avait été des plus justes pendant de longues années, probablement grâce aux nombreuses guerres qui avaient ravagé le monde, il savait aujourd’hui que ce n’était pas forcément la plus adaptée pour cette époque en perpétuel changement. De par sa distance et sa froideur, Hans était intouchable mais il risquait également de ne plus toucher grand monde avec ses discours droits et précis s’il continuait sur la même lancée. Il allait se faire incendier pour son acte irréfléchi et probablement qu’Adriel prendrait semblable savon pour avoir accepté. Le vieux en soupirait déjà. Le conseil n’avait jamais trouvé ses décisions justes, les remettant systématiquement en cause. Mais il était certain d’une chose ; il avait eu raison de laisser un plein pouvoir au Directeur, sinon quoi, l’entreprise aurait déjà fait faillite.

Tout en agitant son verre de mouvements circulaires qui faisaient miroiter son contenu, Hans observait d’un œil de juge les mouvements et les silences de son voisin. Ça avait quelque chose d’étrange, le retrouver après cinq longues années sans la moindre nouvelle et de partager ainsi un verre avec lui comme il l’aurait fait avec un très vieux collaborateur. Il contracta les muscles de sa mâchoire. Il en avait toujours été incapable, de différencier sa famille, son sang, de ce pour quoi il vouait sa vie. Veidt famille lui était semblable à Veidt Entreprises et les deux composantes n’étaient que pions pour une entreprise plus gigantesque encore. Il avait remis en cause ce mode de fonctionnement en constatant l’échec qu’était devenu Isaac mais en regardant plus loin devant, et en observant Adriel en cet instant, il se félicita de ne pas avoir changé sa stratégie en cour de route. Il redoutait le moment où il devrait annoncer à son dernier ce que cachait son nom de famille mais plus pour la perte que ça serait pour l’ordre qu’autre chose. Il porta son verre à ses lèvres et en savoura le contenu. Manquer d’Adriel serait comme se passer de la plus excise des bières allemandes ; ça serait pénible et désagréable, mais en rien mortel. Il savait cependant que sans lui, la vie n’aurait probablement plus un goût aussi prononcé qu’aujourd’hui. La preuve en était les piques moqueuses que lui envoyait Adriel. Il ne s’avouerait pas vaincu d’aussi tôt mais il était vrai que son dernier l’avait particulièrement pris au dépourvu en se pointant ainsi à son bureau. Encore à ressasser les missions de sa journée, Hans peinait à retrouver son malhonnête naturel et dû s’abreuver à nouveau à sa coupe avant de lancer avec revanche. « Il faudra me tuer pour obtenir ma couronne. » Et de visser son regard dans celui d’Adriel. Il ne manquait pas beaucoup au jeune pour pousser son vieux à une franchise glaciale et le vieil homme en était parfaitement conscient. Il pensait suffisamment connaitre son petit-fils pour savoir que ce dernier voulait le pousser dans le dernier de ses retranchements pour connaître les nouvelles limites de sa nouvelle fonction. Et au vieux de reprendre sur un ton imposant, qui voulait couper court à toutes les fioritures qu’Adriel introduisait dans les discours. « Cette vieille crane est le seul être humain capable de me suivre jusqu’au bout, même s’il doit s’abaisser à me changer les couches durant des mois. » Et d’à nouveau porter son regard sur son propre sang. « Ce n’est guère sur toi que je peux compter pour veiller sur ton grand-père il me semble. » Lâcha-t-il avant de porter à nouveau sa boisson au niveau de ses lèvres. Il n’en voulait nullement à son petit-t fils d’être parti et ne voulait en aucun cas lui imposer une image de lui vieille et croulante, bavant et suintant. Il en était encore préservé pour le moment et sa routine le conserverait encore pendant quelques années mais il n’était pas dupe. A pratiquement 8o ans, il était plus proche de sa fin que de son début. Il ne répondit rien à la remarque sur Gustavo. Des travaux ingrats, la descente de l’œuvre ne serait pas le pire. Veidt ne faisait pas dans la dentelle avec le chilien et c’était probablement pour cette raison (entre autres) que le latino servait le même homme depuis de si nombreuses années.

« Lucius Crane. » Le vieil homme venait de déglutir la fin de son verre. Il répondait aux nombreuses questions de son voisin avec ce simple nom. Il savait que le jeune homme qu’il avait à côté de lui à cet instant n’était pas plus prêt de rentrer en force dans l’entreprise que lui de prendre sa retraite. L’un n’allait pas sans l’autre et si le vieux pensait encore pouvoir se royaumer dans son entreprise, il savait que son cadet serait plus vite proche de son rang que lui du tombeau. Il posa son verre sur la commode en entendant qu’il se faisait traiter de vieillard et enfonça ses deux mains dans ses poches de pantalon parfaitement taillé. Il ne quitta plus du regard son cadet. Et il avait repris son naturel froid et intransigeant. Ce qui ne décontenança pas le moins du monde le plus jeune qui semblait parfaitement cerner la situation, surprenant plus d’une fois son grand-père qui n’aurait pu l’espérer aussi conscient et critique envers lui-même. « Nous en avions discuté il y a déjà bien longtemps et contrairement à toi, il était conscient de ce que tu serais amené à devenir. Il t’apprendra ce que tu as à savoir pour permettre à cette entreprise de tourner. Pour la faire évoluer et perdurer, à chaque époque sa force, à chaque changement de Directeur sa qualité mais une seule chose demeure et permet constance à cette firme, lui permettant d’être tout. La famille Veidt. » Il retournait sa propre citation et en avait parfaitement conscience. Là était la vérité. La Veidt Entreprises tournerait et gagnerait en puissance à chaque génération tant qu’il y aura des Veidt pour la gouverner, la guider et la protéger. Adriel n’avait probablement pas encore réalisé à quel point cette entreprise lui boufferait la vie et comment assez vite il ne vivrait que pour elle sans pouvoir en faire autrement. Une passion, une vie, une drogue. Une histoire de famille digne des plus grands romans avec ses amours, ses tromperies, ses mensonges et sa part de meurtres. Le blondinet ne devait percevoir qu’une grosse partie émergée de l’iceberg mais ne pouvait être conscient de ce qui se trouvait en dessous de la surface lisse et miroitante. Même Hans n’avait pas une vision d’ensemble sur ce royaume qu’il gouvernait. C’était la qualité du métier. Toujours découvrir de nouvelles pièces à l’édifice, des pièces inexplorées et pourtant emplies de poussière prouvant leur appartenance au tout depuis des temps reculés. Il n’y avait en réalité qu’un désavantage à cette œuvre qu’était la Veidt ; l’éloignement des siens. Même si toute la famille avait payé le prix du sang pour la voir grandir, Hans savait que le plus grand sacrifice serait à venir ; couper définitivement les ponts à Adriel pour qu’il soit encore plus féroce et ignoble que lui. Le forcer à devenir un monstre encore plus puissant qu’il ne serait jamais et ainsi assurer à cette symphonie une fin mémorable.

Il plissa les yeux. Les derniers. Oui, il ne restait plus qu’eux deux. Et c’était Hans qui en avait décidé ainsi. Il n’avait pas provoqué la mort des deux triplés et ignorait tout des pouvoirs d’Adriel mais comme son cadet, il possédait des secrets qu’il faudrait dévoiler en leur temps et ça ne serait pas pour ce soir. « Nous ne sommes pas les derniers, Adriel. Mais les premiers d’une nouvelle ère. Compter sur moi n’a rien de nouveau, tu ne savais faire que cela à une époque pour moi pas si lointaine. C’est d’ailleurs le but ultime de mon existence, à y regarder depuis un autre angle. De notre existence. » Il marqua un temps de pause avant de reprendre. « Il y a toujours un Veidt sur qui l’on peut compter tant qu’un autre n’a pas besoin de notre aide à son tour. » Et il insista sur la fin de sa phrase en inclinant la tête en avant, pour peser ses mots. Quand il serait temps pour Adriel de faire perdurer la race Veidt, Hans ne serait qu’une relique accrochée à un mur. Le destin lui avait permis de sauter une fois cette étape parce que son fils n’avait jamais eu besoin de lui mais il ne lui offrirait pas cette chance une seconde fois. « D’ailleurs… » La baffe fusa avant que le Golden Boy ait eu le temps de porter une nouvelle fois le verre d’alcool à ses lèvres. La détente du vieux était encore surprenante mais c’est l’effet de surprise qui permit surtout à Hans de ne pas se ridiculiser en frappant du plat de la main la joue mal rasée de son descendant. Et de répliquer avant de se faire mettre au sol par une réplique équivalente de son voisin. « Gustavo proposait d’enfoncer ta tête de SDF dans un bac emplit de glace jusqu’à ce que tu t’excuses pour l’inconsciente dont tu as fait preuve en abandonnant ta demeure sans prévenir les tiens. Je me suis alors souvenu que le seul à porter la main sur toi hormis tes frères, c’était moi. Et j’ai voulu en privilégier une dernière fois. » Il enfonça à nouveau sa main dans sa poche. Elle était cuisante et il en vibrait encore. « J’avais oublié que ça te faisait autant de bien qu’à moi. » Il le gratifia d’un sourire moqueur avant de désigner la porte du nez. « Contrairement à toi qui jouit d’un temps considérable pour t’adapter à la Tour, j’ai encore passablement de choses à faire avant que la journée se termine. » Sous-entendu aimable pour montrer à Adriel qu’il était largement plus que temps qu’il sorte de son bureau s’il ne voulait pas lâcher une bombe à retardement au sein de l’entreprise.

Comme s’il avait entendu son patron l’appeler, le chilien ouvrit grand la porte du bureau en provoquant un bref courant d’air qui décrocha un air moqueur au vieux qui le regarda sans ciller. Le latino avisa Adriel, puis le vieux, et à nouveau Adriel avant de tourner le regard sur l’œuvre cachant le coffre et de foudroyer du regard Hans avant de claquer la porte comme un mal propre. Il avait envie de rattraper les cinq années d’absence du blondinet et Hans ne pouvait lui en vouloir. Le Directeur retourna son visage dur vers son petit-fils. « Il y a une séance de coordination pour les nouveaux projets internes vendredi. Ta présence n’y est pas souhaitée. » En remontant le menton. « Gustavo non plus. Pourtant je crois savoir qu’il a accès à la centrale de surveillance vidéo. » Sous-entendus que si physiquement, Adriel n’avait pour le moment encore rien à y faire, il pourrait suivre en directe l’assemblée comme le faisait depuis des années le chilien pour passer le temps.
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Message posté : Mar 11 Nov 2014 - 13:24 Message
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Légion des Etoiles
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La Famille est Tout !


La contemplation du fond de son verre le laissait songeur alors que son respectable aïeul parait son discours de mots soignés. Il étira un sourire face à tant de répartie, face à tant de talents rhétoriques. Un mouvement de poignet pour agiter le reste du contenu de son verre et chasser la jalousie comme le désir, d’un jour, parvenir à tant de morgue comme à tant de confiance de son propre discours. Des années éloignés, des années à ne pas échanger et toujours le même semblant de crainte face au visage austère du vieux Veidt. Il n’était que trop temps de briser ce rempart de peur qui pouvait le réduire à l’impuissance…

" Dans ce cas… J’imagine qu’il ne me reste plus qu’à faire preuve d’un peu de patience ! " Il eut un sourire. Tuer le vieux ? Quelle idée grotesque… Il savait que le vieillard était au crépuscule de son existence et ce dernier devait tout autant en être conscient… Et il ne manqua pas de le lui rappeler par le biais de ces quelques mots… Le ton était donné, tous deux étaient des prédateurs, de véritables lions à même de sortir griffes comme crocs pour assurer la domination de leur genre. Partager le même sang ne semblait guère leur interdire la possibilité de le faire couler… La discussion dériva sur Gustavo et Adriel ne manqua pas de comprendre que le Chilien se montrerait toujours fidèle au plus ancien des deux Veidt. Il était bon de pouvoir jauger des degrés de fidélité de ses alliés pour ne point se voir accablé de mauvaises surprises. Un soupir alors que le vieux lui reprochait son absence d’empathie familiale et le Golden Boy de rétorquer après une nouvelle lampée : " Nous n’en sommes pas encore à devoir te changer les couches que je sache... " Au fond de lui, il espérait bien ne jamais à voir son modèle de réussite en arriver à pareil état de décrépitude. Et il pensait bien que le vieillard ne l’accepterait pas non plus… " Et il est évident que toute ta fortune te sera bien utile quand viendra le temps pour toi de te retirer du monde des affaires… " L’on avait beau dire, l’argent était à même de résoudre bien des affres de la vie moderne et il valait mieux vieillir riche que pauvre en cette époque de pur égoïsme. Pour autant, Adriel savait bien qu’il ne pourrait jamais se résoudre à abandonner son unique famille restante…

Et les échanges de se poursuivre, son Grand-Père égrenant un nom qu’Adriel trouva superflu au départ. Il ne se rendit pas compte qu’il avait là à faire à celui qui deviendrait un semblant de mentor dans les domaines de la finance. Chaque mot, chaque parole de son ainé lui indiquait à quel point il y avait de lourdes attentes placés en lui. Mais Adriel n’avait pas réellement peur. Il avait toujours joui d’un caractère de compétiteur et savait élever son niveau pour outrepasser les challenges. Point de doute donc dans sa capacité à réussir dans ses nouvelles fonctions. Une responsabilité qui prit encore plus de poids quand le vieillard mentionna l’héritage Veidt, le fait que toute son existence n’était plus orientée que vers la dotation d’un colossal héritage à son cadet. Le jeune homme déglutit avec difficulté avant que la claque d’Hans ne lui fasse de nouveau prendre pied dans la réalité. Il toucha sa joue du bout des doigts avant de lâcher un coupable sourire, conscient qu’il avait mérité pareil camouflet…

" Rappelle moi qui m’a conseillé de chercher par moi-même le sens de mon existence… ? " Il faisait référence à la dernière discussion qu’ils avaient eu tous deux avant que le jeune homme ne disparaisse pour son tortueux périple. S’il pouvait encore offrir quelques menues satisfactions à son ainé, il en était ravi. Mais il ne manqua pas de moquer avec un air badin : " J’imagine que cela signifie que tu as pu être… Inquiet. " Il en semblait pour le moins ravi. Vint finalement l’instant où Gustavo fit irruption dans la pièce, ce qui arracha un sourire au plus jeune Veidt. En effet, son Grand-Père avait encore à faire et se retrouvait contraint par les limites d’un emploi du temps là où le plus jeune était encore –pour un temps- libre comme l’air. " Entendu, je ne te dérangerai pas plus longtemps… " Conclut-il en terminant son verre. Ils auraient tout loisir d’échanger librement au soir, lorsqu’ils se retrouveraient dans l’intimité familiale. Un sourire à la dernière remarque de son Grand-Père, avant de rejoindre Gustavo. " Pas souhaitable, mais je l’imagine souhaitée... ! " Un sourire puis son regard de porter sur le chilien. Ce dernier lui apprendrait tout ce qu’il était nécessaire de savoir sur les rouages de l’ombre de l’entreprise. Et ça, le vieillard devait pleinement en être conscient ! " Ca faisait longtemps… " Lâcha t’il au Chilien une fois qu’ils eurent quitté le bureau. Les deux hommes se donnèrent l’accolade et ne manquèrent pas de moqueurs leurs changements physiques respectifs. " J’ai pas mal de choses à te raconter… " Pas mal de périples à lui avouer autour d’une bière. Il se devait d’en profiter. Car le lendemain, la vie d’Adriel aurait changé du tout au tout…
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