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Avec un peu - beaucoup - de retard. #Jace

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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 13:08 Message
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22 avril 2014, quelque part dans le quartier du Front de Mer.

« Ce truc de ouf ! Non mais regarde, j’te jure, ils disent que Thunder va mourir. »
« Arrête, c’est pas possible, t’as vu de qui on parle là ? »

Deux adolescentes étaient en train de regarder un téléphone portable. Le genre de filles qu’on imagine très bien en pleurs à un concert de Justin Bierber, ou à entendre des heures pour espérer apercevoir un Jace Roberts faire son apparition avant d’entrer dans un bâtiment d’une chaîne de télévision. Le genre de filles dont Aish se serait complètement foutu si elle n’avait pas prononcé « mourir » et « Thunder » dans la même phrase. Passant à leur hauteur, sans prévenir, l’Irlandaise arracha le téléphone des mains d’une des filles.

« C’qu’vous pouvez raconter comme connerie, sérieux ! »

Forcément il y eut plusieurs protestations mais comme l’Irlandaise ne semblait pas fuir, se contentant juste de regarder l’information sur le téléphone, la propriétaire prit son air supérieur en croisant les bras.

« Si t’avais l’application qui permet de suivre tous les super héros de ton choix, tu le saurais. »

L’autre, elle avait quoi ? 15 ans à tout casser. Vas-y, gamine, le jour où t’auras un manoir et un restaurant, tu pourras te permettre de faire des leçons de vie aux autres ! Aishlinn lui relança son téléphone après avoir noté le nom de l’application pour se détourner et aller chercher elle-même les informations. S’ensuivit une bonne période de réflexion : aller le voir ? Ne pas y aller ? Puis finalement, même si l’envie était présente, ça restait beaucoup trop exposé, le gars devait être super-entouré et puis, s’il était à l’article de la mort qu’est-ce qu’elle pouvait faire ? Ce n’était pas comme si elle était super-importante dans sa vie et que sa présence allait changer quoi que ce soit. Difficile de voir ce qu’elle pouvait lui apporter.

Aishlinn cocha le nom de Thunder dans l’application pour suivre l’évolution.


***

21 juin 2014, Cabinet Lane & Robb.

« Sérieux pour une fois j’ramène l’café, t’pourrais faire un effort. Ton bureau va pas s’envoler, t’sais ? »

Sarah daigna se lever pour aller rejoindre la salle de repos. Logiquement le timing ne devait pas être trop mauvais. Jace avait un été appelé pour une course, elle venait de virer l’assistante donc, normalement, c’était elle qui devrait réceptionner le coursier. Appuyée contre le bord du bureau, ses pieds croisés, Aishlinn jouait à faire passer un petit carton carré entre ses mains en sifflotant.

Presque deux mois qu’elle avait cette petite boite, c’était stupide. Mais à défaut de pouvoir/vouloir/avoir le courage d’aller voir Jace, elle avait trouvé une figurine de Link et c’était dit qu’elle pourrait lui faire envoyer. Genre cadeau de bon rétablissement, sans pour autant avoir à se pointer. Chaque tentative d’envoi s’était soldée par un échec cuisant. Elle trouvait ça trop débile, trop niais, pas approprié, vraiment pourri, … Non mais qui offrait des figurines à un type croisé deux fois dans sa vie pour lui souhaiter un bon rétablissement ? Un peu plus, et elle allait passer pour la fan hystérique !

Elle ne savait pas trop ce qui avait changé dans sa vie pour qu’elle change d’avis. En fait, tout avait un peu changé, les choses étaient même assez bordéliques pour le moment. Bref, elle n’en savait rien au final, peut-être qu’elle avait juste besoin de côtoyer des personnes qui, au moins en apparence, avait l’air bien plus stable et équilibré qu’elle. Aishlinn cessa de faire passer la petite boite d’une main à l’autre quand Jace débarqua.

« Hey, salut. » Léger mouvement de sa main libre avant de désigner la direction de la salle de repos. « Sarah est partie prendre son café. »

Hmm. Du coup, ça ne faisait pas un peu trop : j’sais que t’allais venir et j’t’attendais ? Aishlinn se redressa, histoire de prendre une posture plus, euh, digne ? plus sûre d’elle ? Ouais, bref, enchainer et personne ne remarquerait rien.

« T’as plutôt l’air en forme pour quelqu’un qu’est passé proche d’la mort. Euh, pas qu’j’me renseigne sur ton actualité, hein ? » Elle roula des yeux en soupirant. « Comme si j’étais l’genre d’fille qui, sur son téléphone, a un truc qui permet d’suivre les nouvelles… N’importe quoi ! » Du moment que personne ne demandait à regarder son téléphone, tout irait bien. « Ouais bref, euh… ça va ? »

Moralité : toujours s’écouter quand on n’est pas sûr de vouloir faire quelque chose !
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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 18:24 Message
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— Tu es sûr que ça ne va pas, je ne sais pas… exploser ?
— Exploser ?

La tête de Jace reparut.

— C’est un réfrigérateur.
— Je ne sais pas, je disais ça comme ça.
— Ah ben merci, la confiance règne.

La tête disparut de nouveau derrière le réfrigérateur. Il y eut des clonks et des plocs, puis l’adolescent s’extirpa de derrière le meuble froid et le repoussa dans son réceptacle, avant de déclarer :

— Et voilà !
— Tu devrais aller te laver, t’es plein de graisse, maintenant.
— Même pas un merci ?
— Dis donc, Jace Roberts !

Instinctivement, comme tout bon Roberts de cet appartement — c’est-à-dire comme son père — Jace rentra légèrement la tête dans les épaules.

— C’est ton frigo aussi, je te signale !
— J’sais, M’man.
— Là où tu stockes tous tes…
— Crispy Max.
— Voilà.
— Aux deux chocolats.
— Donc…
— Avec de vraies pépites.
— File, avec que je t’assomme avec une cruche.

L’école était finie. L’école était finie et les activités de Jace, lorsqu’il ne travaillait pas pour Charlie et lorsqu’il n’était pas en mission avec la Team Alpha, au sein de laquelle l’ambiance était… fraîche, se partageaient entre de nombreuses activités dont, ces derniers temps, les réparations d’électroménager semblaient tenir une part considérable. Sur les conseils de Zachary, Jace était tout de même parvenu à donner un rythme un peu différent à son existence, à s’offrir plus de temps pour ses propres envies, même si elles n’étaient pas toutes aussi folles que celles qu’il avait exprimées, le soir de détresse, quand il était venu trouver son ami en larmes.

Alors, certes, il avait un jour concrétisé avec Alya, l’étudiante en biologie rencontrée dans un parc, Abel, le mystérieux jeune homme passionné de météorologie, qui s’était montré très… instructif, il s’était initié au skateboard et avait adopté comme nouveau sport le plongeon du haut des falaises dans des parties isolées de la côte locale, là où il ne risquait pas, en atterrissant dans l’eau, d’électrocuter des baigneurs innocents, mais en dehors de ces quelques expériences, Jace s’employait surtout à récompenser un quotidien qui ne fût pas spécifiquement héroïque, mais bien le sien, à lui, fait de responsabilités raisonnables, de devoirs acceptables et d’envies choisies.

Ce quotidien-là n’en laissait pas d’être plein de danger. Par exemple, alors qu’il s’amusait, cet après-midi, à faire remonter des étincelles électriques le long des jets de la douche en se shampouinant d’une main distraite, il entendit son téléphone sonner. Quelques secondes plus tard, il avait manqué de se fracasser le crâne contre le robinet de douche et se tenait en équilibre, un pied dans la baignoire, un pied par terre, couvert de mousse et à moitié enroulé dans le rideau de douche, en train d’affirmer à Sarah qu’il arriverait dans très peu de temps. Encore heureux qu’il pouvait contrôler le mode haut-parleur de son portable à distance.

Une dizaine de minutes plus tard, ce fut donc un Jace très propre ayant réussi à se dérouler du rideau de douche qui se posa au sommet de l’immeuble où était sis le cabinet de Charlie, pour en descendre les étages. Depuis sa discussion avec Zachary, il avait pris son courage à deux mains et adopter des tee-shirts un peu plus près du corps, même s’il était loin d’oser encore enfiler ces cols en V qui criaient « regardez mes pectoraux » — il y avait aussi joint des baskets rouges et c’était le summum de son audace vestimentaire. Quand il parvint au bureau de Sarah, il la regretta aussitôt, se sentit ridicule et eut envie de se cacher derrière la première plante verte venue.

Aishlinn. Il en avait parlé à Zachary. Et évidemment, depuis qu’il en avait parlé, il y pensait de plus en plus. La tumultueuse Irlandaise avait cet esprit indomptable et aventureux dont il avait compris qu’il lui était nécessaire — si aventureux, indomptable et mystérieux qu’il avait été incapable de retrouver. D’un autre côté, il n’avait pas essayé très fort : il avait cherché sur Facebook, mais un peu. De manière très traditionnelle. Il avait bien eu l’idée de mettre tous ses pouvoirs de cyberpathie et les réseaux de la Légion au service de son intérêt sentimental, mais en matière de sentiments, comme toujours, Jace continuait à courir lentement, comme s’il avait peur d’arriver au but.

La première chose qu’il trouva à dire, très nerveusement, fut :

— Je suis technopathe.

En théorie, s’il avait bien compris ce qu’avait cherché à lui faire comprendre Zachary, il était censé la draguer, là. Sauf que Jace n’avait jamais dragué personne et ne savait absolument pas comment s’y prendre, alors à la place, il cultiva son image de type un peu suspect.

— Je pourrais regarder dans ton téléphone les applications que tu as et lire les données.

Ça lui avait paru une bonne idée, de dire ça, mais, réflexion faite, ça sonnait beaucoup moins bien à l’oral. Il rougit et s’empressa de s’expliquer. Plus ou moins.

— Non mais c’est pas que je le ferai, hein, je dis juste que je peux, mais je dis ça pas pour crâner, simplement pour dire que… que… euh…

Il ne savait plus très bien pourquoi, d’ailleurs.

— La protection des données est un problème crucial dans la société contemporaine, à l’âge de numérique.

Tout à fait.

— Du coup, euh…

Tu es jolie. J’aime tes cheveux. Tu sens bon. On va prendre un verre ? Tes yeux sont magnifiques.

— Qu’est-ce tu fais là ?

Presque.

— Tu, euh… Tu connais Sarah ? Elle est gentille. J’veux dire, moins que toi. Enfin, t’es pas gentille. Enfin si, juste… Il fait un peu lourd aujourd’hui, hein ? Peut-être qu’il y aura de l’orage.

GG, Jace.
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Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 17:25 Message
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Le regard d’Aishlinn descendit sur les chaussures de Jace. Le truc qui dit qu’il ne faut pas de plus trois couleurs c’était… Non mais on ne pouvait pas mettre de rouge, sans avoir autre chose pour rappeler cette couleur, c’était craignoss, non ? Un « contente pour toi » un peu distrait avait ponctué l’annonce de Jace sur son côté technopathe, avant qu’il n’explique plus en détail ce qu’il pouvait faire de ce pouvoir.

« Quoi ? »

Elle était remontée direct à son visage, sans passer par la case t-shirt plus moulant que d’habitude. Il ne fallait pas mettre une couleur aussi visible au pied, s’il voulait qu’on s’y attarde, voilà, bien fait ! Non mais genre, pas moyen qu’il regarde dans son téléphone, un téléphone c’était intime d’abord et… Peu importe, ça ne se faisait pas. Enfin, on ne lui faisait pas parce que, à l’inverse, elle ne s’en priverait sûrement pas. Haussement de sourcil. Elle l’aimait bien, dans une certaine mesure mais, quand même, il était super bizarre comme type.

« Mouais, s’tu l’dis. »

Elle s’en foutait un peu de la protection des machins dans le truc de ce moment. Protection voulait dire faille de toute façon. Encore une fois : sauf quand il s’agissait de ses affaires ! Du coup, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Ben, de manière peu glorieuse, elle était en train de l’attendre. Horrible, elle était en train de faire comme une horde de groupies, à faire la potiche en attendant que Monsieur le Super Héros se pointe. Ok, il fallait qu’elle trouve une manière un peu plus classe de dire les choses pendant que lui il s’embrouillait sur Sarah, le temps, la gentillesse et les orages.

« ‘Tain, y a vraiment des fois où j’me d’mande si on t’écrit pas tes discours pour qu’t’arrives à aligner deux mots pendant une interview. »

Sauf qu’elle l’avait vu à l’œuvre en étant embarqué dans un livre et qu’il pouvait parler de manière hallucinante pour débloquer une situation ou motiver les troupes. Et ouais, elle avait vu une de ses apparitions télé, celle avec l’autre Cooper, qu’elle avait d’ailleurs croisé au manoir Pennington. Peu d’intérêt.

« Mais ouep, j’connais Sarah. ‘Fin, des fois, j’bosse pour Charlie en fait. Bref, c’compliqué. »

Pas vraiment un boulot, elle jouait juste les assistantes sociales en servant de messagère entre l’avocate et son désagréable petit frère. Tout ça, à la base, pour faire plaisir à Abban en se disant que si elle aidait Charlie, il trouverait ça cool.

« J’suis là pour ça. »

Elle lui balança la petite boite en carton qu’elle avait entre les mains et haussa les épaules comme si ce n’était vraiment pas grand-chose. Alors que, chez elle, c’était un putain de miracle pour qu’elle en vienne à offrir un truc à quelqu’un.

« J’te l’avais pris, t’sais, quand ils ont dit qu’t’étais hospitalisé. Mais euh… »

Ça impliquait qu’elle ne lui avait pas envoyé et qu’elle le gardait depuis deux mois. Qu’elle n’était pas non plus venue lui apporter sur le moment. Comme elle savait qu’elle ne l’avait pas fait par manque de confiance et de courage, elle se disait que lui aussi devait le voir. Ce qui la poussa à se justifier.

« Ben, t’sais, c’pas comme s’ils avaient laissé une adresse ou l’envoyer. »

Comme si elle n’avait pas les moyens de trouver ça, ou même de l’envoyer à la Star High ou à la Légion des Étoiles pour être certaine que ça puisse lui parvenir. Ouais, les relations sociales, sans un groupe de braqueur, ou sans une comtesse pourpre, ce n’était pas son fort. Elle était carrément plus douée quand elle se foutait complètement des gens, ou qu’elle n’avait rien qui prouvait qu’ils pouvaient avoir un semblant d’importance.

Et, bien sûr, elle était passée complètement par hasard aujourd’hui, avait la boite sur elle et, toujours par hasard, elle avait appris qu’il viendrait récupérer un courir à transporter. Super crédible !

« ‘Fin bref, c’pas grand-chose. »
« Jace, tu es là. »

Non, non, c’était une réplique de Jace, juste un hologramme. Ah Sarah. Sainte Sarah. Sauveuse Sarah. Merveilleuse Sarah qui retrouva son bureau pour ouvrir un tiroir et en sortir un petit paquet avant de le tendre à Jace.

« Tiens, ça va dans le quartier des théatres, dans les Marais. »
« Woah, t’as l’âge de t’balader dans c’quartier ? »

Désolée, ça avait été plus fort qu’elle pendant que Sarah les regardait tour à tour en se demandant si ce quartier posait un problème particulier.
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Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 22:51 Message
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Aishlinn travaillait pour Charlie ? Bizarre, je dis bizarre. Bizarre, bizarre.


Pendant deux ou trois secondes, le regard que Jace posa sur Aishlinn se fit plus incisif, plus précis, alors qu’il bondissait d’un endroit à l’autre de l’Irlandais, comme si elle avait été une carte encodée à décrypter. Des informations qu’il n’avait jamais vues, pour ne les avoir jamais cherchées, se présentèrent en foule à son esprit, restaurant, garage, Irlande, moto, peuplier, maison hors de la ville, un chat, deux chats, craie, marqueur. Jace cligna plusieurs fois des yeux et détourna le regard, non sans attraper au passage, un peu par automatisme, le paquet qu’elle lui laissa.

— Tu m’as acheté un cadeau ?

Un sourire se dessina sur ses lèvres et il ne tarda pas à reporter son attention sur sa charmante interlocutrice. Il ne savait pas trop ce qui, de ce geste inattendu ou de l’air d’indifférence aussi peu convaincant que possible qu’affectait la jeune femme, était le plus plaisant. Le sourire de Jace s’agrandit d’ailleurs tandis qu’Aishlinn tentait de sauver les apparences et de monter l’histoire improbable du cadeau qui ne voulait rien dire mais qu’elle avait conservé pendant deux mois avant de le traquer pour le lui offrir. Jace s’apprêtait à ouvrir la boîte quand Sarah refit son apparition pour lui confier un paquet bien moins intéressant.

La remarque de l’Irlandaise le fit rougir et Jace précisa avec fierté :

— Hey, j’suis majeur, je te signale.

Sarah haussa un sourcil.

— ‘Fin, oui, presque. C’est tout comme. À quelques semaines-mois près.

L’assistante juridique avait vu dans sa vie assez de garçons tenter de lisser leurs supposés défauts devant une demoiselle pour deviner à peu près ce dont il était question. Les yeux posés sur ses dossiers, un stylo à la main, paraphant des contrats, elle suggéra d’une voix dégagée :

— Emmène Aishlinn avec toi, elle te chaperonnera.
— J’ai pas besoin de cha…

Jace s’interrompit et la lumière se fit dans son cerveau de mâle presque-comblé.

— Excellente idée. On y va.

Aussitôt, il se dirigea vers l’ascenseur, accompagné d’Aishlinn, suppose-t-on, sans quoi cette histoire connaitrait une fin brutale et inattendue. Une fois dans la cabine d’ascenseur, il regarda la jeune femme, puis ouvrit le cadeau et sortit la figurine. Sa première impulsion fut de lui raconter comment, quelques jours plus tôt, il s’était promené dans le quartier du Front de Mer avec un blouson à l’effigie de Link, mais comme cette histoire-là impliquait aussi le récit de la manière dont il s’était fait dragué par des motards SM et un type de quarante ans un peu suspect, il jugea préférable de la garder pour un autre jour.

Un peu timidement, il glissa :

— J’aurais bien aimé te voir, tu sais, à l’hôpital. J’y suis pas resté longtemps finalement mais, n’empêche, j’aurais bien aimé te voir. C’était… étrange. De presque mourir.

Il esquissa un sourire nerveux et triste, qui disparut presque aussitôt. Il n’avait vraiment parlé de cette expérience-là avec personne et s’était plutôt contenté de surfer sur la vague d’euphorie qui avait suivi sa réanimation électrique et la découverte de son tout nouveau pouvoir, ainsi que de l’endurance exceptionnelle qu’elle lui procurait, en réduisant ce temps employé à une activité qu’il avait toujours estimé inutile : le sommeil. Mais la vérité, c’était qu’il avait bel et bien failli mourir, que sans l’intervention un peu désespérée de son père, il serait peut-être resté indéfiniment plongé dans un coma artificiel, et que depuis, son existence lui apparaissait sous un jour nouveau, à la fois plus intense et savoureuse, mais aussi plus incertaine.

— Enfin bref. J’aime bien la figurine, elle est chouette. J’ai acheté un des jeux, en fait. J’avoue, j’y connais pas grand-chose, aux jeux vidéos, mais… Ce qui est un peu nul, je trouve, c’est que la princesse Zelda ne fait pas grand-chose, alors qu’elle devrait être plus comme toi.

Non, Jace ne s’identifiait pas du tout à l’histoire et, certains soirs, il ne s’imaginait pas du tout en Link, en train de parcourir Hyrule pour sauver Aishlinn, prisonnière d’un sorcier maléfique. La porte de l’ascenseur s’ouvrit et Jace se souvint que, dans la vraie vie, à défaut d’Epona, il avait un vélo. L’idée de transporter Aishlinn dans la circulation de Star City sur le porte-bagage qu’il n’avait pas vraiment lui paraissait assez mauvaise.

— D’habitude, j’y vais en vélo. Enfin, officiellement en vélo, officieusement en volant, mais là, c’est peut-être mieux si on prend le métro.

La figurine toujours à la main, visiblement pas pressé de la ranger dans la poche de son blouson, Jace se souvint de sa première rencontre avec Aishlinn.

— Enfin, je sais pas, t’as toujours ta moto, sinon ?

Et il ne disait pas ça parce qu’il avait envie de pouvoir passer les bras autour de la taille de la jeune fille, avec un peu plus d’audace que la dernière fois.

Non.

Pas. Du. Tout.
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Message posté : Jeu 26 Juin 2014 - 12:57 Message
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Ce qui était surtout bizarre c’était cette façon de la regarder, même si ça ne durait que quelques secondes. En fait, ce qui était bizarre, c’était lui, voilà tout ! Puis ce n’était pas un cadeau qu’elle lui avait acheté. Est-ce qu’elle avait une tête à acheter des trucs, sérieusement ? Puis bon, à quoi ça servait qu’elle s’acharne à faire comme si ce n’était rien pour qu’il foute tout son travail en l’air pour parler de cadeau ? ‘Tain, encore une journée où elle aurait dû rester au fond de son lit… Une éternité que ça n’était pas arrivé ! Ben, puisqu’il foutait tous ses efforts en l’air, aucun regret à avoir quand la situation se présenta un peu plus tard.

« Ouais, donc t’es toujours pas majeur, c’bien c’que j’dis ! »

Sarah, si elle décidait de quitter son boulot, en tout cas, pourrait se reconvertir comme coach pour aider les gens à trouver l’amour, tellement elle essayait de caser tout le monde ensemble. Charlie ne devait pas être sa seule victime apparemment. Et bien sûr qu’Aishlinn avait suivi Jace dans l’ascenseur, comme si elle allait passer à côté d’un enfermement – très relatif avec elle – dans une boite en métal – très dangereux avec lui – pour peu que le tout tombe en panne, que la température passer sous les moins 8 000, elle… En fait elle releva la tête vers lui pour écouter ce truc sur la mort. Aishlinn ouvrit la bouche, voulut exprimer un « désolée » pour ne pas être passé mais, le mot resta bloqué quelque part dans sa gorge, au même titre que Jace effaça son expression rapidement de son visage.

« Ouais… »

En réponse à cette histoire sur la princesse Zelda, dans un hochement de tête qui se voulait convaincant et qui aurait pu l’être si elle n’avait pas reporté son regard sur les chiffres du panneau électrique de l’ascenseur. Lui aussi, il avait une image bien faussée de qui elle était parce que, en réalité, elle ne faisait pas grand-chose hormis enchainer les mauvais choix et d’être le boulet que se trainait Abban. Elle inspira, effaça ses pensées qu’elle n’avait pas tellement envie de partager avec lui pour sortir de l’ascenseur avant que les portes ne finissent de s’ouvrir.

« L’métro ?! »

L’horreur ! Non mais le métro quoi ! On en revient à la théorie de s’enfermer dans une boite en métal sauf que là, c’était vachement moins glamour puisqu’il fallait se taper la présence de beaucoup de personnes. Rappelons aussi la petite taille d’Aishlinn qui, de manière injuste, la situait pile à la hauteur des aisselles des gens qui se tenaient aux barres en hauteur. Hors de question qu’elle foute ses pieds là-dedans.

« ‘Tain mais sérieux dans quel monde tu vis ? »

Avec un jumeau téléporteur, il était un peu difficile de trouver normal de prendre les transports en commun qui, pourtant, dans le nom disait bien que c’était commun. Mais, à part ça, c’était Jace qui vivait dans un autre monde ! Mouvement de tête et elle le guida jusqu’à la moto, non loin, différente de la dernière fois – merci Abban ! Un casque balancé à Jace et les deux purent se mettre en route. Bon et puis, quitte à ce que Jace s’accroche bien, autant en profiter pour être un peu plus rapide sur la route, apparemment il ne risquait pas de se décrocher au premier virage ou à la moindre accélération !

Elle calma sa conduite pour se mettre aux limitations de vitesse – quelle lenteur – en arrivant dans le quartier, un peu trop réputé pour sa fréquente vigilance du SCPD. Pas le moment de risquer une contravention alors qu’elle trimballait le fils du Commander. La moto garée dans une rue, les casques remis à leur place, il ne restait plus qu’à se rendre à l’adresse.

« C’est où ton truc ? »

Elle tourna la tête pour essayer de voir l’adresse inscrite sur le colis ce qui, forcément impliqua de se rapprocher considérablement du légionnaire.

« J’sais pas comment t’fais en vrai ? T’sais, moi, avec un boulot com’ça, j’crois qu’j’regard’rais trop c’qui s’trouve dans les paquets. »

D’ailleurs pourquoi s’en priver, hein ? La curiosité était un très joli défaut, c’est juste les gens qui voyaient ça d’une mauvaise manière. Elle posa son regard dans celui de Jace.

« Hey, au fait, faut qu’j’te dise. » Elle prit un air tout gêné. « Ton t-shirt, il t’va super bien, j’veux dire, t’sais… ‘Fin, on voit qu’t’es… T’vois c’que j’veux dire ? »

Stratagème bas et typiquement féminin pour le perturber un peu et s’emparer vivement du colis qu’il avait dans les mains. Après tout était une question de rapidité : tenir le paquet d’une main, enfoncer l’autre dématérialisé de manière à pouvoir attraper ce qu’il y avait dedans et le sortir. Un jeu d’enfant ! Elle posa à peine son regard sur l’objet qu’elle le lâcha sur le champ.

« ‘Tain c’trop dégeu. »

Elle s’essuya frénétiquement la main sur son jean, pendant que l’objet était au sol… Enfin l’objet… Qui avait idée d’envoyer un doigt par l’intermédiaire d’un coursier ?
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Message posté : Ven 27 Juin 2014 - 19:35 Message
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— D’habitude, je vole.

Ce qui ne l’empêchait certes pas de prendre régulièrement les transports en commun, quand il se déplaçait avec des amis moins mobiles que lui, mais Jace avait ressenti le besoin de souligner sa différence devant Aishlinn, pour qu’elle n’eût pas une idée, justement, trop commune de sa personne — comme si on pouvait oublier, en le regardant, qu’il était Thunder et le fils du Commander. C’était pour Jace une expérience toute nouvelle que de se faire mousser et il fallait bien avouer qu’il n’était pas vraiment doué pour cela : déjà, il avait l’impression d’avoir été horriblement prétentieux, en précisant factuellement son mode de déplacement le plus ordinaire.

Il n’empêchait que pour une fois, il était bien content de ne pas voler. Après avoir haussé un sourcil impressionné et un peu perplexe devant la moto d’Aishlinn qu’il ne pourrait jamais s’offrir et s’être renouvelé intérieurement ses questions sur les finances de la demoiselle et leurs origines, Jace glissa le paquet dans son blouson, remonta la fermeture, attrapa le casque et s’installa. Il passa timidement les bras autour de la taille d’Aishlinn mais, quand il comprit que sa survie dépendait de la chaleur de son étreinte, celle-ci se resserra. Jace eût sans doute bien plus profité du voyage s’il n’avait eu l’impression qu’ils manquaient de s’écraser contre le mobilier urbain toutes les deux secondes et il fut finalement tout aussi ravi de descendre de la moto qu’il l’avait été d’y monter.

Il retira le paquet pour vérifier l’adresse et désigna d’un geste de la tête une rue perpendiculaire à celle où ils venaient de laisser l’engin.

— Dans les paquets, y a des documents légaux, je suppose. C’est pas la lecture la plus excitante du monde. J’travaillerai pour une ligue sportive, je dis pas, ça m’intéresserait, mais là, sérieusement.

Il n’avait jamais cherché à regarder ce qu’il contenait et n’en avait jamais éprouvé la curiosité. Quand même son intérêt eût été piqué, sa conscience professionnelle l’aurait convaincu aisément de ne pas pousser plus loin. Quelques secondes plus tard, sa conscience professionnelle regardait un doigt par terre.

— C’est un doigt, constata-t-il.

Citoyens de Star City, vous pouvez dormir tranquilles : vous êtes protégés par des héros perspicaces. Jace releva les yeux vers Aishlinn et, avec une nette incrédulité, murmura :

— Tu m’as fait un compliment pour me prendre l’enveloppe ?

Pendant quelques secondes, il avait vraiment cru plaire à l’Irlandaise. Son visage se ferma alors qu’il lâchait :

— Des fois, j’suis vraiment idiot.

Un peu vexé, assez fâché et très déçu, Jace sortit un mouchoir de sa poche et s’accroupit pour ramasser le doigt : c’était au moins une consolation. Depuis quelques temps, le jeune homme avait découvert que les événements les plus curieux de l’existence lui faisaient un bien fou, particulièrement lorsqu’ils étaient inexplicables de prime abord, sans doute, supposait-il, parce qu’ils donnaient du grain à moudre à son esprit. Certes, il était un peu inquiet de trouver tant d’intérêt dans une si lugubre découverte mais, pour l’heure, son sacerdoce de super-héros n’en pâtissait pas.

Jace retourna le doigt dans tous les sens pour l’examiner sous toutes les coutures.

— C’est un doigt d’homme, entre trente et quarante ans, l’empreinte digitale est un peu effacée, ça arrive quand on manipule souvent des produits chimiques, mais l’ongle est manucuré, probablement pas un ouvrier, un agent d’entretien ou de manutention. C’est un majeur, gauche, d’un gaucher, à en juger par la bosse de l’écriture, marié, il y a une légère réaction allergique à l’or à la base, là où la peau du majeur est souvent en contact avec l’annulaire. Sectionné avec une pince coupante, je dirais, à en juger par la coupure nette et incliné des deux côtés de l’os, mais il faudrait vérifier au microscope, les poils sont bruns. On cherche un chimiste brun entre trente et quarante ans, gaucher, marié, récemment disparu, parce que c’est de toute évidence pas un doigt de cadavre, qui jouit d’une bonne position dans le privé ou le public, propre sur lui… Hmm…

Jace avait parlé très vite, très vite — il redevint brusquement silencieux et se mit à regarder les nuages, tandis que son esprit commandait à son téléphone de se connecter au serveur de la Légion, pour faire défiler les dossiers des personnes disparues. Après cinq secondes de pensives et météorologiques observations, il décréta :

— Professeur Robert Pempelton, directeur-associé des recherches en chimie quantique, HIT. Disparu depuis trois jours, une femme, deux enfants.

Oui, il lisait à voix haute un dossier invisible. Jace enveloppa finalement le doigt dans le mouchoir.

— Il nous faut du scotch. Pour bien refermer le colis. On va livrer le doigt comme prévu, la vie de l’otage en dépend peut-être. Ensuite, l’enquête. Il se passe de drôles de choses chez Lane & Robb.

Et c’était précisément pour cela qu’on l’avait affecté au cas Charlie Lane. En montant son plan de bataille, Jace n’avait pas vraiment regardé Aishlinn. Si la curiosité de la jeune femme l’avait mis sur une piste prometteuse dans l’affaire Pempelton, le faux compliment, lui, avait toujours beaucoup de mal à passer.

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Message posté : Dim 29 Juin 2014 - 19:12 Message
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Un doigt ? Non sérieux ? Elle aurait pourtant juré que c’était une figurine ! Ça va, elle n’était pas blonde, hein, Aishlinn avait très bien vu que c’était un doigt, bien pour ça qu’elle ne l’avait pas gardé en main. En avoir cinq à une main était largement suffisant pour elle. L’adolescente sortie de ses pensées pendant une fraction de seconde, quand Jace se considéra idiot. Dans un soupir, elle secoua la tête.

« Trop pas. T’pas idiot, t’es… »

Un mec… Elle haussa les épaules et laissa tomber son explication qui viserait à dire que, de toute façon, les mecs étaient tous pareils. Il suffisait de leur sourire, de leur faire des compliments, parfois d’agiter un peu quelques attributs et ils devenaient tous un peu trop manipulables. Philosophie qui ne s’appliquait pas à Abban, parce que lui, il était parfait et qu’il ne se laisserait pas avoir avec seulement quelques compliments sur sa personne. Non, non ! L’objectivité, ce n’était pas le fort des Mac Aoidh.

S’il n’était pas idiot, il était quand même super bizarre. Est-ce qu’il avait réellement besoin de tripoter ce doigt dans tous les sens ? A bien y réfléchir, ce n’était pas une figurine de Link qu’il aurait fallu lui offrir, mais une de Sherlock Holmes – qui aurait été parfait comme détective, s’il n’avait pas été anglais ! Il arrivait vraiment à voir tout ça avec juste un doigt ? Aishlinn haussa un sourcil, forcément impressionnée mais, peut-être un peu sceptique. Il pouvait très bien avoir raconté n’importe quoi, ce n’était pas elle qui risquait de le contredire dans la mesure où elle n’avait pas fait de thèse sur les doigts humains coupés dans une boite. Elle le laissa admirer le ciel – quand on vous dit qu’il était bizarre – avant de secouer la tête.

« Pas b’soin d’scotch, j’ai pas ouvert l’colis. »

Elle tendit la boite intacte, le doigt ayant été récupéré par une dématérialisation contrôlée. Cela dit, hors de question qu’elle touche ce truc, du coup, elle dématérialisa le haut du petit colis.

« Vas-y, t’peux l’remettre dedans. Faut qu’t’enfonce ta main par le haut, là. »

En suivant les instructions, il pourrait passer sa main au travers du carton et, hop, ni vu ni connu, le doigt retrouverait sa place d’origine. Cela dit, ce n’était pas vraiment le point le plus intéressant de cet évènement. Relevant les yeux sur Jace, elle le dévisagea comme si elle allait soudainement avoir des réponses à ses questions.

« T’sais qu’t’es un peu flippant Sherlock ? Un peu plus et on pourrait croire qu’c’est toi qu’a fait envoyer l’colis tell’ment t’as l’air euh… Intime avec c’doigt. »

Ok, peut-être pas la bonne expression mais bon, elle n’avait pas de pierre bizarre coulant dans ses veines pour sortir de belles phrases et elle n’avait pas suffisamment usé les bancs de l’école pour avoir un vocabulaire étendu à toutes les circonstances de la vie.

« Non mais c’est sérieux, t’arrives vraiment à voir tout ça avec juste un bout d’doigt ? »

Sur le coup, elle ouvrit la bouche, prête à lui demander de le prouver en faisant la même chose sur elle mais, finalement, elle se ravisa. S’il pouvait vraiment voir tous les détails de cette manière, Aishlinn n’avait aucune envie qu’il puisse se pencher sur son cas à elle. Il restait de la Légion des Étoiles, puis pas n’importe quel membre, déjà à la tête d’une équipe, et un père commander. Non, vraiment, elle préférait rester loin de ses radars.

« Hey, atta là. » Trois ans après… Percuter avait été long. « L’enquête ? Parc’que genre, là, on va enquêter ? J’sais pas si t’es au courant mais c’pas trop notre problème hein, puis on est pas tous membres d’la légion, t’sais. »

Puis techniquement, s’il y avait un otage c’était forcément pour une bonne raison, non ? Il fallait bien que des criminels puissent avoir des moyens de pression sur les autres. S’occuper d’un truc comme ça, c’était différent que de se préoccuper du sort de gamin enfermé dans un monde resté à l’époque des westerns, c’était différent que de s’occuper du cas d’une contrée dans un livre, différent de gérer une bande de braqueurs dans un café.

Truc con, si les gens qui avaient envoyé le doigt étaient en rapport avec des gens qui bossaient avec Abban ? Ou le groupe à Suzaku ? Des connaissances à Lukaz ? Elle devait faire quoi elle ? Aller tous ces gens après pour leur dire : Oh désolée, j’ai foutu la merde dans votre plan mais, vous comprenez j’étais avec Jace Roberts !

« Vas-y, on va déposer ton colis là, mais après les gens s’démerdent ouais. »

Ce qui était la solution la plus conne qu’elle pouvait proposer. Y aller c’était déjà prendre part à l’histoire et se trouver toutes les raisons du monde de faire quelque chose ensuite. Ce n’était pas lui qui était idiot, c’était elle ! Elle secoua la tête pour se remettre en route.

« ‘Tain sérieux, en fait ça m’étonne même pas qu’ça vienne du cabinet. Charlie, t’façon elle est zarbe. Non mais s’rieux, t’as vu les frangins qu’elle s’paye ? Elle peut pas être super clean avec une famille comme ça ! »
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Message posté : Dim 29 Juin 2014 - 21:12 Message
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Bizarre, flippant. Génial. Quand Aishlinn ne lui faisait pas de faux compliments pour se moquer de lui, elle lui faisait partager le fond d’une pensée pas très flatteuse. Jace avait au moins la chance d’avoir un doigt sur lequel se concentrer, parce qu’en ce moment précis, livré à lui-même, il se serait senti parfaitement ridicule, avec son tee-shirt et ses nouvelles chaussures.

— Voir, c’est facile. C’est y penser vraiment qui…

… était facile, aussi, pour lui, désormais. Jace glissa le doigt à l’intérieur du colis et retira sa main, avant de relever les yeux vers Aishlinn. Il eut envie de lui demander si elle le trouvait vraiment trop bizarre, vraiment flippant ou vraiment déplaisant, mais tout ce qu’il put imaginer comme réponse de la part de l’Irlandaise était une répartie sarcastique et il n’était pas certain d’avoir le courage d’en supporter une nouvelle. Il avait songé beaucoup à cette nouvelle rencontre ces dernières semaines et il devait bien se rendre à l’évidence : elle ne se passait pas du tout comme prévu.

Le héros récupéra le colis. Quand Aishlinn fit part de ses réticences, cette fois-ci, il la fixa pour de bon et avec une évidente perplexité. Il avait toujours cru que la relative indifférence que la jeune femme avait toujours professé à l’égard du sort des autres était une pure façade, particulièrement quand il l’avait vue lui en vouloir de ne pas aider, apparemment, les villageois opprimés par la Comtesse. Se pouvait-il qu’il se fût trompé ? Il avait du mal à le croire. Et il avait du mal à croire que le courage manquât à l’Irlandaise.

Était-elle mêlée à toute cette affaire ? Il aurait fallu être très bonne actrice. Et puis, pourquoi ouvrir le colis, ans ce cas ? Peut-être qu’elle soupçonnait simplement pouvoir être liée à cette affaire, soit directement, soit… À nouveau, le regard de Jace détaillait l’Irlandaise. Tatouage. A ? Son propre nom ? Étrange. Le nom de quelqu’un d’autre. Chaussures. Vêtements. Moto. Cher. Intangible. Voleuse ? Les affaires mystérieuses de ces derniers mois défilaient dans son esprit. Le vol à l’aquarium ? Trop mouvementé pour une passe-muraille. Le Musée des Supers, en revanche…

Jace détourna les yeux et haussa les épaules.

— T’es pas obligée de m’accompagner, mais moi, j’suis dans la Légion, et si des mecs s’amusent à sectionner le doigt d’un type qui n’a rien demandé à personne, je ne vais pas regarder ailleurs en attendant que ça passe.

Il se mit donc en marche en direction de l’adresse indiquée sur le colis et faillit se manger un poteau quand Aishlinn évoqua les frères de Charlie. La Légion n’avait pas pour habitude d’enquêter dans le détail sur des personnalités aussi respectables que Maître Lane et l’objectif avait toujours été de la protéger, non de la surveiller comme une criminelle. À entendre Aishlinn, Charlie vivait entouré de truands. Comme tout le monde, apparemment. Le jeune homme passa une main dans ses cheveux.

— OK, alors on va…

Enquêter sur Aishlinn, enquêter sur Charlie et puis, tant qu’il y était, enquêter sur lui-même, des fois qu’il se fût mis à cambrioler des banques dans son sommeil sans s’en rendre compte. Jace s’arrêta brusquement de marcher. Tout intelligent qu’il fût, il n’avait pas vraiment l’âme d’un manipulateur et l’idée de jouer à ce petit jeu ne l’enchantait guère. Il aurait été facile pourtant de fouiller dans le téléphone d’Aishlinn, de retourner au cabinet, de passer au peigne fin l’ordinateur de Charlie, mais tout cela était grotesque. Thunder avait un sens de la loyauté beaucoup trop prononcé pour employer tout à fait les mêmes tactiques et raisonnements que Sherlock Holmes.

Le jeune homme se planta devant Aishlinn.

— Écoute, je suis peut-être bizarre, flippant, gamin, pas séduisant et tout ce que tu veux, mais j’ai pas envie de jouer aux devinettes avec toi. Je vais livrer ce colis, aller voir Charlie, lui demander si elle est ou ses frères sont impliqués là-dedans à sa connaissance et partir de là. Et je vais te demander à toi si tu as quelque chose à voir là-dedans ou si tu as des raisons de supposer que quelqu’un que tu connais serait capable de trancher le doigt d’un universitaire, de le retenir en otage et de faire Dieu sait quoi. Si c’est le cas et que tu préfères couvrir ces personnes parce que… Je ne sais pas, j’arrive pas à imaginer des raisons, mais enfin, si tu te casses là, maintenant, je vais pas essayer de t’en empêcher et de toute façon, je pourrais probablement pas. Après…

Elles avaient quand même de sacrément jolis yeux.

— J’suis p’têt vraiment très con, ou alors je te trouve trop jolie et ça fausse mon jugement, mais je te vois pas sectionner le doigt de quelqu’un, ni regarder les bras croisés quelqu’un qui sectionne le doigt d’un mec.
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Message posté : Mar 1 Juil 2014 - 16:49 Message
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Ne pas croire à un manque de courage de la part de l’Irlandaise n’était peut-être pas très objectif. Après tout, c’était elle qui, avant de se lancer dans une bataille contre la comtesse, avait hésité et avait eu besoin qu’on l’encourage. D’accord, l’affaire était un peu différente cette fois-ci, son manque d’investissement venait d’autres préoccupations. Ce quartier n’était pas celui de Wildcard ? Et si, de manière même très indirecte, Abban était concerné ? Oui, de manière vraiment indirecte, son jumeau n’irait jamais découper le doigt d’un chimiste brun entre trente et quarante ans, n’est-ce pas ?

D’un autre côté, elle y réfléchissait pendant qu’elle marchait, si quelqu’un qu’elle connaissait devait être impliqué, ne serait-il pas plus judicieux de suivre Jace ? Ce serait la meilleure option pour mettre les gens au courant si une personne de la Légion fouillait un peu trop dans leurs affaires. Oui mais, ça, ça impliquait trahir Jace. Et merde, pourquoi est-ce qu’elle avait ouvert le colis déjà ? Non mais vraiment, des fois elle ne réfléchissait pas !

Multitâche, Aishlinn était en train de chercher la meilleure option et, en même temps, elle avait déjà commencé à lever la main. L’idée c’était de poser sa main sur l’épaule de Jace pour le dématérialiser afin qu’il ne se bouffe pas un poteau en marchant mais, elle ravisa son geste en comprenant qu’il arrivait très bien à éviter cet obstacle tout seul. Arrêter dans sa marche, elle fit face à Jace qui se lança dans un laïus qu’elle ne comprit pas trop. Ah, non, il y a des choses qu’elle entendit très bien.

« Tu m’trouves jolie ? »

Est-ce qu’elle en doutait ? Peut-être pas mais ça faisait plaisir à entendre ! Est-ce que c’était le plus important du discours ? Probablement pas.

« J’ai jamais dit qu’t’étais pas séduisant. »

Ce qui n’était peut-être pas le plus important non plus. Il lui avait posé une question, répondre était sûrement la meilleure chose à faire. Le tout était de savoir comment s’y prendre. Elle haussa les épaules.

« Et, j’vois pas d’quoi tu parles. Pourquoi j’connaitrais quelqu’un qui aurait un rapport avec ça ? »

Ok, ce type-là, il ne voyait pas uniquement l’avenir ou la vie de quelqu’un à travers un doigt. Ça sentait mauvais – façon de parler, nous avons tous retenu la phase dans la douche. Là, tout de suite, elle regrettait d’avoir entendu dire qu’il avait été à deux doigts de la mort, d’avoir été assez stupide pour prendre une figurine, encore plus débile d’avoir voulu lui donner. Elle secoua la tête l’air vexé.

« Franch’ment, j’sais trop pas pour qui tu m’prends et, t’sais quoi ? J’ai pas envie d’savoir. »

Être vexée, tourner les talons, reprendre la marche, c’était une technique comme une autre après tout. Et ça venait surtout de conditionner son implication dans cette histoire pour, justement, prouver qu’elle n’avait rien à craindre de ce qu’ils allaient découvrir. Plus jamais elle ne jouerait à Zelda !

« Bonjour »

Quelques minutes plus tard, ils étaient devant une femme, la trentaine bien tassée, qui venait de leur ouvrir la porte.

« J’ai un colis pour vous. » Elle se poussa un peu que Jace puisse donner le paquet à la femme en question. « ‘Fin c’est lui qu’a un colis pour vous, hein, parc’que, c’pas lui le colis. »
« Quoi ? »
« Ouais, non, ‘fin, j’suis un stage moi. Coursière stagiaire. » Elle regarda Jace « ça s’dit ça ? »
« Je dois signer quelque chose ? »

A croire qu’elle n’avait aucune envie de s’intéresser à la dure vie des stagiaires de ce pays. Quelle ingratitude, si son mari était pareil ce n’était pas étonnant qu’on lui coupe un doigt après tout.

« Avant d’vous faire signer quoiqu’ce soit, vous d’vez vérifier que c’que vous avez r’çu est en bon état. »

1, ils verraient sa réaction. 2, ils pourraient ouvertement dire ce qui se trouvait dans la boite sans avoir à se trahir. 3, c’était toujours important de vérifier un colis. La femme entreprit d’ouvrir le paquet tout en regardant Jace.

« Vous travaillez vraiment comme coursier alors ? Au début, quand vous en avez parlé, lors de l’interview, je n’y croyais pas vraiment, je pensais que c’était juste de la com…Oh mon D… »
« Euh ? »

Aishlinn regarda Jace, puis baissa le regard sur la femme qui venait de s’écrouler au sol avec le doigt qu’elle venait de déballer. Finalement, elle revint sur Jace.

« Bon, ben, au moins, c’pas elle qui a d’mander l’enlèvement d’son mari pour récupérer son pognon. Euh, c’est l’moment où on la traine à l’intérieur ? »
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Message posté : Mer 2 Juil 2014 - 19:21 Message
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Ben voyons ! Si le numéro de la vexation marchait très bien sur le jumeau Mac Aoidh stressé de la vie, Jace n’était pas né de la dernière pluie et ses soupçons à l’égard d’Aishlinn étaient déjà beaucoup trop prononcés pour qu’il crût à son air de demoiselle comme il faut outrée par des accusations sans fondement. Hélas, le petit instant de comédie de l’Irlandaise étendit les soupçons de Jace sur ce qu’elle avait dit juste auparavant et l’adolescent était désormais convaincu que son interlocutrice essayait de la manipuler, en le prenant alternativement par les sentiments et les hormones. Le reste du trajet se déroula donc en un silence glacial, jusqu’à ce qu’ils fissent face à une femme évanouie.

— Intéressant.

Jace se reprit.

— Euh, ouais, on la porte à l’intérieur.

Décidément, son déficit d’empathie ces derniers temps l’inquiétait un peu. L’évanouissement de la femme lui avait paru d’abord une pièce de plus au petit puzzle du jour et cette approche un peu trop intellectuelle et dépassionnée de la situation le perturbait. Ravalant ses interrogations existentielles, comme il l’avait toujours fait, il se baissa pour la soulever et la porter à l’intérieur, cherchant le salon où la déposer sur un canapé, tandis qu’il laissait à Aishlinn la charge de fermer la porte.

Comme Mrs. Pempelton n’avait pas heurté sa tête trop violemment, qu’elle n’était pas en train de convulser et qu’elle allait probablement reprendre connaissance, Jace ne jugea pas utile d’appeler les secours. À la place, il localisa la cuisine grâce à l’abondance de ses appareils électroménagers et revint dans le salon, quelques secondes plus tard, pour déposer un verre d’eau sur la table basse, en face du canapé où gisait la propriétaire des lieux inconsciente, parce que c’était comme ça qu’on faisait dans les films américains, même si je n’ai jamais été parfaitement convaincu des vertus curatives du verre d’eau.

— Pourquoi est-ce qu’elle s’évanouit ? Qu’est-ce que j’ai fait de mon doigt, moi…

Jace arrêta d’observer la femme pour revenir dans l’entrée, récupérer le doigt et retourner dans la cuisine. Les glaçons du congélateur serviraient cette fois-ci pour conserver l’index de Monsieur ; le coca frais, ce serait pour une prochaine fois. Le jeune super n’espérait pas tant qu’il serait possible de recoudre l’appendice dactyle au reste de son propriétaire ordinaire que de conserver une preuve, voire un indice. Avec son verre plein de glace et de doigt, Jace revint dans le salon.

— Si on envoie un doigt, c’est une preuve. Si on envoie une preuve, c’est pour confirmer qu’on l’a bien enlevé, c’est parce que quelqu’un a à un doute. Elle devrait s’attendre à recevoir ce genre de choses. Elle ne sait pas que son mari a été enlevé ? Si elle savait, elle ne se serait pas évanouie. Et elle m’aurait demandé de l’aide, puisqu’elle m’a reconnu. Ou alors…

Le regard de Jace se mit à bondir d’objet en objet dans la maison : une petite statuette, des magazines, le tapis, Mrs. Pempelton, les portes-fenêtres, le verre avec le doigt, Mrs. Pempelton à nouveau.

— J’avais pas vu ses sandales.
— Hmmm…

Jace prit le verre sur la table basse et le tendit à la femme qui se redressait péniblement, une main sur le front.

— Merci.
— Vous n’êtes pas Mrs. Pempelton.

La femme le regarda d’un air interrogatif. Jace fit un geste de tête vers ses pieds.

— Vos sandales.
— Euh… Jayna, Jayna Pempelton est ma sœur.
— Elle est partie où ?
— Comment… Elle… Elle et Robert sont à un congrès de chimie, à Atlanta, je crois. Elle m’a demandé de garder la maison.
— Hmmm…

La femme poussa un nouveau petit cri en apercevant le doigt dans le verre.

— C’est un doigt. Quand est-ce que vous avez parlé à votre sœur pour la dernière fois ?
— Il y a deux jours. Qu’est-ce qui se passe ?
— Et ce congrès à la dernière minute, vous n’avez pas trouvé ça étrange ?
— Si. Un peu. J’ai supposé que c’était une excuse, que Robert et elle avaient besoin de temps ensemble. Pour régler leurs problèmes.
— De couple ?
— Quoi ?
— Des problèmes de couple ?
— Oui.
— Hmmm…

(Encore.) Personne n’enlevait son mari pour s’en envoyer le doigt sectionné à soi-même après avoir disparu à son tour et certainement pas sous l’effet de quelconques problèmes de couple. Jayna avait disparu la veille.

— Votre sœur a un avocat ?
— Je ne sais pas. Oui. Probablement. Pourquoi ?
— Vous connaissez son nom ?
— Non, bien sûr que non. Vous ne voulez pas me dire ce qui s’est passé ?
— Votre beau-frère a été enlevé. Et votre sœur a disparu.

Silence.

— Vous n’avez pas l’air si surprise que ça…
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Avec un peu - beaucoup - de retard. #Jace

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