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Quand l'envie soudaine amène une rencontre insolite

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Message posté : Jeu 19 Juin 2014 - 2:13 Message
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Quand l'envie soudaine amène une rencontre insolite


Vendredi 20 juin


J’avais rencontré cette fille, Alexane Collings, une journaliste du Daily Herald, qui était venue me poser toute une série de questions sur l’incident qu’avait connu le musée historique suite à la visite impromptue de Quirk. Je lui avais conté la même chose qu’à la police qui était venue enquêter sur les lieux, à la seule différence que je lui avais accordé le droit de m’interviewer en privé, si elle souhaitait en apprendre d’avantage, à condition qu’elle accepte un dîner. Elle m’avait habilement éconduit ce jour là, me laissant mijoter dans mon jus sans vraiment me répondre ni me laisser lui fixer de date de rendez-vous.

Elle avait rédigé son article sur l’incident puis était devenue mon intermédiaire pour les autres diffusions publicitaires du musée. N’étant pas du genre à renoncer aussi facilement, je l’avais relancée subtilement une ou deux fois seulement, afin de ne pas lui donner l’impression d’être trop fruste, mais la belle semblait avoir un agenda encore plus chargé que le mien, à moins qu’elle ne fasse tout ce qui était en son pouvoir pour m’éviter. Cependant, il m’en fallait bien plus pour me décourager.

Ce vendredi, je quittai le musée plus tôt qu’à l’accoutumée. Je me rendis sur le parvis du Daily Herald Building pour me garer en double file, au volant de ma Lotus Evora. Je guettais la sortie de ma proie qui ne tarda pas à faire son apparition. Je devançai le taxi qu’elle venait d’appeler, baissai lentement la vitre de mon véhicule pour l’inviter à monter : « Bonjour mademoiselle Collings. Je vous dépose quelque part ? » Elle resta un moment interdite, ne s’attendant sans doute pas à me voir ici, puis je vis un sourire se dessiner sur ses lèvres avant qu’elle ne se décide à ouvrir la portière et à monter.

« Monsieur Mercury… quelle surprise ! »
« Raphaël ! » la repris-je, affichant un sourire charmeur tout en lançant la voiture à une allure illégale.

Elle esquissa de nouveau un sourire, mais ne répondit rien cette fois encore, les yeux perdus dans le vague.
« Puisque vous ne semblez pas décidée à m’indiquer l’endroit où vous déposer, permettez-moi de vous inviter à dîner. » puis, afin de prévenir de toute réponse négative, j’ajoutai « A moins que vous n’ayez pas faim ou que ma compagnie vous importune. »
« Ça tombe bien je meurs de faim ! » me répondit-elle enfin, en me lançant un regard en coin après quelques secondes de silence, pour mon plus grand plaisir.
« De quoi avez-vous envie ? »
« Surprenez-moi. » dit-elle, haussant les épaules.

La jeune femme qui avait, pour l’instant, toujours résisté à mes tentatives de séduction nourrissait mon espièglerie en acceptant finalement d’entrer dans mon jeu. Certes, rien n’était encore joué. Au contraire, la partie de faisait que commencer. Mademoiselle Collings m’intéressait par bien des égards. C’était une jeune femme exquise possédant une certaine force de caractère qui n’était pas pour me déplaire. Mais je ne m’arrêtais pas uniquement à cela. Je voyais en elle un autre intérêt des plus professionnel. Elle était journaliste au Daily Herald, et rien de tel que de se mettre une journaliste dans la poche pour contrôler sa publicité et sa visibilité dans les médias. De plus, j’avais également découvert qu’elle était liée à des personnes influentes à Star City, ce qui ne faisait qu’amplifier mon attrait envers sa personne. Le fait qu’elle me résiste ne rendait le jeu que plus intéressant d’ailleurs.

Je pris la 64th avenue puis quittait le centre de Star City pour gagner Little Italy. Je me garai devant une lourde porte en bois sculptée à travers laquelle un videur, l’air mal luné passa la tête. J’étais un habitué des lieux et le grand escogriffe m’adressa un sourire avant de nous laisser entrer. L’endroit était pittoresque et intime, mais comptait parmi les meilleurs restaurants Italien dans lesquels j’avais eu l’occasion de manger à Star City. Il était constitué d’une petite salle, basse de plafonds, peuplée de clients réguliers. Nous prîmes place. Parmi les personnes présentes, deux mafieux italiens discutaient bruyamment, dans leur langue natale. Je souris en entendant les noms d’oiseaux qu’ils se lançaient au visage. Deux femmes étaient assises à une table voisine de la nôtre, une mère et sa fille, sans doute. La musique était italienne, naturellement. Mon invitée sembla surprise par le lieu. Je présumais qu’elle devait être habituée à plus de prestige d’ordinaire. Je fis commander une bouteille de vin, avant que nous ne passions commande du repas. La jeune femme mit un certain temps à se dérider, comme si elle était sur la défensive, puis elle laissa tomber ses préjugés quand elle pu constater le délice des mets servis. Nous discutâmes de choses et d’autres, mais elle ne me parla que très peu d’elle. Elle ne manqua pas de m’interroger par contre, n’ayant pas oublié ma promesse d’interview privée. Elle poussa même le vice jusqu’à prendre des notes dans un calepin. Je m’amusai à détourner toutes ses questions sans jamais vraiment lui répondre. La soirée était déjà bien avancée. Je commençai à m’ennuyer. Comme sur un coup de tête, je l’invitai prestement à quitter les lieux vers un endroit « secret ».

C’est ainsi que je l’emmenai au Bar Secret, où j’espérais en apprendre d’avantage sur elle. L’atmosphère était bonne enfant, elle commençait enfin à s’ouvrir à moi. Je lui payai un verre, puis deux, puis trois, mais elle restait maîtresse d’elle-même, même si je décelais à présent, certaines faiblesses dans sa garde. Son regard, désinhibé par les effluves de l’alcool la trahissait, mon charme opérait. Nous explosâmes de rire suite à une blague. Je notais que son verre était vide et voulu passer commande pour un autre mais elle m’arrêta : « Non merci. Je crois que je vais m’arrêter là. Il faut que j’y aille. »
« Un dernier et je vous raccompagne. »
« Non, merci, c’est très aimable à vous, vraiment. Mais je vais prendre un taxi. »

Je savais par expérience qu’il était inutile d’insister. Je la dévisageai, plongeant mon regard dans le sien, elle se déroba.
« Très bien, comme vous voudrez. »
« Merci pour la soirée. »

Elle s’éclipsa, me laissant seul avec mon verre, avec une frustration passagère. J’esquissai un sourire amusé. Ce n’était que partie remise ! Et je n’aimais pas quand tout se déroulait avec trop de facilité. Je terminai mon énième verre puis, avant de partir, je me rendis aux toilettes constatant en chemin les effets de l’alcool qui commençais à me monter à la tête.



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Message posté : Jeu 19 Juin 2014 - 9:42 Message
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De Principatibus

ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 8161
ϟ Nombre de Messages RP : 863
ϟ Crédits : Hedgekey
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


    PrésentationRPLiens
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Quelle exécrable journée ! Louis n'en avait pas connu de si méchante depuis un temps immémorial. Il craignait de n'en pas voir le bout quand, au déjeuner, aux vilaines choses de la matinée s'ajoutèrent les promesses d'autres événements fâcheux. Au commencement, une panne d'électricité le priva d'un réveil à l'heure prévue – ce fut le carillon d'une église voisine qui le tira d'un sommeil pourtant agréable, mais qui dura près deux heures de trop. Louis appréciait la ponctualité, ce retard imposé par les déficiences d'installations électriques capricieuses lui causa quelque souci. Il ne put s'offrir le traditionnel premier repas de la journée qu'il ne manquait jamais et qu'il ordonnait à chaque fois comme un festin renouvelé. Louis était de ceux qui, loin de répéter qu'il faut manger sainement et régulièrement, s'appliquaient à se nourrir avec raison et conscience, puisqu'il voyait en l'alimentation la clef d'une bonne santé. Heureusement ce passionné de verdure put tout de même avaler quelques portions d'une salade de fruits conservée dans le frigidaire – il aurait souhaité y ajouter d'autres éléments pour compléter ce repas, mais l'heure à sa montre filait. Il devait déjà partir et se rendre à la Star School for the Arts où les premiers cours de la journée n'attendaient que lui pour commencer, puisqu'une classe ne peut se passer de professeur pour en animer le déroulement. De fort méchante humeur, Louis arriva à point nommé pour ne pas offrir à ses étudiants un prétexte pour le critiquer lui qui ne pardonnait aucune entorse à la ponctualité. Durant ces quelques heures de la matinée, Louis fut sans doute plus intraitable qu'un despote l'eût été sous la plume de Montesquieu. Avant le déjeuner, il libéra ses victimes – ses étudiants et quitta l'établissement en compagnie de quelques collègues, pour aller quelque part se restaurer.

La guigne le poursuivait de ses verdâtres puanteurs. Le premier troquet où ils souhaitèrent s'arrêter afficha complet quand ils arrivèrent. La carte du deuxième leur déplut fortement. La devanture du troisième provoqua leur fuite. Le quatrième offrit des garanties plus sûres : la carte était alléchante, la vitrine était mignonne. Quand ils entrèrent, la voix rieuse d'une vieux piano de saloon les accueillit de ses rimes endiablées. Une fois assis, la caresse des fauteuils flatta leur croupe fatiguée. Hélas, quand le serveur se présenta à eux... ils surent qu'ils regretteraient leur choix. Inutile d'expliquer ici les nombreuses raisons au grand mécontentement qui devait avoir des retentissements pour eux jusqu'à la fin de la journée, car nous avons tous déjà connu ces créatures désarticulées, trop grandes, trop étroites d'esprit, trop peu amènes et trop sûres d'elle qui sont à l'œuvre dans les restaurants et qu'on ne trouve point qu'à Paris. Car la capitale française n'avait manifestement pas le monopole d'un personnel méprisable qu'on croyait taillé pour elle. Toutefois, pour se consoler, Louis et ses camarades de l'école d'Arts purent se réjouir d'un repas assez agréable au palais pour marquer durablement leur souvenir. Lui-même fut très satisfait de l'assiette de légumes réputés du jardin, de la tourte végétarienne « à la façon » de grand-mère, et se régala même des trois sorbets aux fruits confits. Même ses collègues, d'ordinaire si peu enclin à partager son enthousiasme pour les bonnes tables de Star City, convinrent avec lui que la nourriture servie était « très bonne » ou « délicieuse », nonobstant ce pénible serveur qui, par souci de paraître bien faire comme par esprit de provocation, ne cessait de les harceler avec l'obséquiosité vénéneuse des eunuques de l'orient médiéval. Autant dire que le pourboire qu'ils laissèrent quand ils quittèrent le restaurant leur fut arraché malgré eux – s'ils avaient été en France, Louis n'en aurait pas donné l'ombre d'un centime, ce qu'il ne faisait que très rarement, mais qui se justifiait selon lui quand le service n'était pas fait de bon cœur, et de bonne foi.

L'après-midi ne fut pas plus agréable. La digestion se lesta de ces petites complications habituelles qu'il rencontrait chaque vendredi, quand un long cortège d'étudiants se pressaient à la porte de son bureau pour traiter avec lui d'affaires pressantes parce qu'en retard, de questions alambiquées parce que vaines, etc. Il y avait aussi les jeunes premiers soucieux de se montrer, les pintades et les sottes décidées à lui plaire, les martyrs du campus coiffés de la couronne d'épines du travail acharné, et parfois même ces abrutis qui se trompaient de bureau et croyaient parler à un autre professeur. S'occuper de ces « questions courantes » et de ces « affaires-là » relevaient de sa compétence et de ses obligations, mais Louis n'y prenait que rarement du plaisir et ce vendredi-là, il n'était pas d'humeur à se prêter au jeu. Que lui importait les petits problèmes d'étudiants trop peu avisés pour savoir gérer correctement leurs problèmes ? N'étaient-ils pas tous en âge d'être responsable d'eux-mêmes ? Il n'était ni leur confesseur, ni leur psychanalyste, alors pourquoi aurait-il prêté une oreille attentive en plus de donner de son temps libre pour leurs péroraisons puériles ? Pendant les trois heures qu'il leur consacré, nombreux furent ceux qui quittèrent son bureau livides ou en larmes. Quand le dernier en sortit, Louis se laissa aller un soupir de soulagement, car venait la dernière heure de la journée qu'il savait d'avance tranquille. En effet, c'était l'heure de surveiller les concertistes de l'école, dans l'auditorium. Une tâche facile et qui exigeait du calme, du silence, et de la maîtrise. Autrement dit, cette heure là viendrait racheter toutes les autres. Bien sûr, il lui faudrait aussi faire œuvre de pédagogie, expliquer les erreurs, reprendre les coquilles, mais ce n'était pas ce qui le fatiguerait le plus, d'autant qu'il connaissait bien le petit groupe d'étudiants qu'il devrait surveiller, et savait donc qu'il n'aurait pas à trop se démener.

Le soir vint, Louis rentra chez lui. Il fit un brin de toilette, se reposa un peu. Son téléphone sonna, il répondit. C'était William Stufford, un collègue de l'école. Ce dernier l'invita à se joindre à lui après le repas pour une soirée de fin de semaine « comme d'habitude ». Louis lui fit remarquer qu'il n'avait jamais accepté les propositions répétées de nombreuses fois. Après quelques échanges et plusieurs tentatives de la part de William, Louis céda finalement, et ils convinrent de se retrouver après leur repas du soir. En raccrochant, l'un se félicita, l'autre s'étonna d'avoir accepté. Après avoir mangé ce qu'il aurait dû prendre au petit-déjeuner, Louis appela un taxi et se rendit jusqu'au bar désigné par son collègue. Là-bas, ils se retrouvèrent, discutèrent, rièrent, échangèrent. La soirée s'annonçait fort sympathique, et William, dont Louis connaissait les secrets desseins, se révéla même plutôt d'agréable conversation. Mais alors qu'il achevait un troisième verre d'alcool, Louis remarqua deux choses. D'abord, il distingua très nettement sur lui-même les effets de la boisson. En dépit du maquillage des agrumes, la vodka s'insinuait en lui avec toute la férocité d'un manifeste anarchiste de la fin du siècle romantique. Maudite boisson slave! Ensuite, il remarqua non loin d'eux la présence d'une personne qu'il connaissait fort bien. Il l'observa d'abord du coin de l'œil puis sans vraiment chercher à se faire discret. Était-ce bien nécessaire, d'ailleurs ? Raphaël Mercury était sans doute trop occupé avec cette jeune femme. Naturellement enclin à imaginer mille et une choses, Louis n'eut pas à se faire prier par les sirènes de l'alcool pour se faire de très nombreux films sur ce qu'il voyait. Mais sans en attendre le dénouement, Louis s'excusa auprès de William et déclara avoir besoin de rendre à la nature son dû.

Il alla donc aux toilettes et une fois devant l'urinoir, se laissa aller. Il terminait quand, à sa grande surprise, le conservateur pénétra dans les lieux. Louis le salua d'un geste de la tête à travers le miroir qui couvrait le mur. « Monsieur le conservateur... » Louis se retint d'ajouter quoi que ce fût, car il se savait hors d'état de tout à fait maîtriser le flot tempétueux de sa parole. Mais c'était peine perdu. Il se détourna de l'urinoir et alla vers les vasques pour se laver les mains. Ce qu'il fit. « Quelques minutes d'avance et nous partagions plus qu'un coup d'œil en guise de salut, n'est-ce pas … ? » Quelque chose n'allait pas. Ses mains étaient sèches. « Comment allez-vous ? Vous êtes un homme heureux à ce qu'on dit, l'exposition... sur les samouraïs est un succès qui se confirme à ce qui se raconte... mais enfin pourquoi ne puis-je me laver les mains ? » Un coup d'œil lui suffit à remarquer qu'il n'avait pas relevé le mitigeur du robinet. Il n'avait pas non plus fait usage de savon, ce qui le fit sourire.  « Je suis étonné de vous voir ici, je pensais que la compagnie de cette gazelle... je veux dire, de cette demoiselle... vous tiendrait loin des sanitaires... »
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Message posté : Ven 20 Juin 2014 - 13:51 Message
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Je quittai l’ambiance rétro de la salle principale constituant le bar pour gagner un endroit plus calme, dédié à l’intimité masculine. Je poussai la porte des toilettes dont la déco était elle aussi inspirée des années 60, puis me dirigeai naturellement vers les urinoirs. Je croisai un homme, qui sortit après s’être séché les mains. Un autre se tenait là, face au miroir et était en train de rendre à la nature ce qui lui appartenait. Enfin…si l’on peut dire... Je laissai rapidement courir mon regard dans son dos, me dirigeant par la même, vers l’urinoir adjacent au sien. Une voix qui ne m’était pas inconnue, m’interpella au moment où je croisai le regard de mon voisin de cabinet dans le grand miroir qui nous faisait face. Il ne me fallu pas longtemps pour remettre ce visage amène au teint pâle, aux yeux clairs et aux cheveux bouclés. En le voyant, une douce et harmonieuse mélodie me revint en mémoire, sans doute un extrait d’un concert auquel j’étais venu assister, orchestré par Monsieur d’Ax en personne, et qui avait su ravir mon oreille délicate. Qui aurait cru que j’aurais pu faire pareille rencontre ce jour, en pareil endroit ! Le fruit du hasard avait parfois un goût aussi surprenant qu’intéressant ! De quoi égayer cette fin de soirée finalement.

Un sourire charmeur naquit sur mes lèvres, accompagné d’un regard assorti, plus appuyé que ce que je n’aurais voulu, sans que je ne m’en rende compte cependant. Nous mettrons cela sur le compte des effets de l’alcool sans doute, ou sur ma mise en bouche du début de soirée sur laquelle j’avais aiguisé mes armes. Je répondis aussitôt sur le même ton que lui, amusé : « Monsieur le chef d’orchestre… »
Il se détourna vers les vasques, j’en profitai pour faire ce que j’avais à faire. Sa plaisanterie m’extirpa un petit rire que je réprimai à peine. « Vous m’en voyez contrit.» dis-je sur un ton exprimant tout l’inverse des mots qui venaient de franchir mes lèvres. Au contraire, cette situation, aussi insolite soit elle, me mettait du baume au cœur. Et c’était avec grand plaisir que je pris part à la conversation.
« Très bien. Je vous remercie. Et vous-même ? »
Une fois soulagé, je remontai la fermeture éclair de mon jeans diesel noir, puis rejoignis le jeune homme. « Oui, le Japon médiéval est un sujet fascinant. Vous devriez venir jeter un œil à l’occasion, si le cœur vous en dit… »

J’avais l’intention de prendre place au vasque d’à côté pour me laver les mains, mais je déviai ma trajectoire à la dernière minute, m’approchant du musicien qui devait sans doute s’attendre à une robinetterie à détection, comme l’on en trouvait dans bon nombre d’établissements modernes. Je me plantai derrière lui, lui adressai un nouveau sourire angélique à travers le miroir, quelque peu moqueur cependant, puis j’activai le mitigeur au moment où il baissa les yeux. « Ne serait-ce pas mieux ainsi ? » lui murmurai-je presque à l’oreille, le frôlant légèrement avant d’aller me laver les mains à mon tour. « Il n’y a pas que la décoration qui est désuète, semble-t-il. » Cette allusion était assez risible, venant de moi, tout compte fait, même s’il n’en savait rien. J’étais une antiquité sur pattes, c’était le moins que l’on puisse dire ! Cette pensée me fit sourire. « Je parlais de la robinetterie, naturellement. » précisais-je, au cas où il l'eut pris pour lui.

La remarque qu’il m’adressa ensuite ne fit que me piquer un peu plus dans mon ego. Alors comme cela, il avait remarqué ma présence bien avant de me croiser ici. « Oh ! vraiment ! Je regrette de ne pas avoir eu le plaisir de vous saluer plus avant. »
Il était vrai que j’avais été pas mal occupé une bonne partie de la soirée avec la « gazelle » que j’avais amenée ici. Le lapsus révélateur de la part de mon interlocuteur des plus observateurs me tira un sourire presque carnassier. On pouvait voir les choses ainsi, effectivement. Tel un lynx, j’avais guetté le meilleur moment pour sauter sur ma proie, mais celle-ci avait réussi à me filer entre les doigts. Rien d’alarmant, en somme, cela faisait partie des aléas de la chasse. Parfois, il arrivait que les victimes se dérobent, ce qui obligeait les prédateurs à porter leur choix sur un autre encas, pas des moins savoureux du reste. Ce n’était pas un échec total en soit, pour un calculateur tel que moi, puisque j’avais réussi à faire tomber suffisamment de barrières pour me rapprocher d’un de mes desseins concernant la journaliste.

Sans me défaire de mon sourire, je lui adressai un regard en coin et répliquai : « J’ignorais qu’en plus d’être chef d’orchestre, vous étiez également paparazzi. » Je me séchai les mains sous l’automate situé à la droite du jeune homme. « Si c’est le cas, laissez-moi vous dire que vous êtes encore novice en la matière. Les apparences sont parfois trompeuses. Et puis tout homme nourrit tôt ou tard, des besoins qui le conduisent irrémédiablement aux latrines. » Cette discussion était quelque peut surréaliste d’autant plus que le séchoir automatique semblait se montrer capricieux. Je passai mes mains humides dessous, mais la soufflerie ne voulait pas rester enclenchée. Etais-je déjà éméché à ce point ? Si tel était le cas, j’allais devoir faire attention à mon élocution afin de ne pas paraître trop cavalier, ni éveiller d’injustifiables soupçons à mon égard. Quoi que... pour ce qui était de la cavalerie...
« Vous êtes du genre à vous réfugier dans votre intimité lorsqu’une situation vous ennuie ? » demandai-je, à juste titre, en déduction de la question qu’il venait de me formuler. Je me retournai vers lui, les mains toujours tendues sous l’automate qui refusait toujours d’obtempérer. « Etes vous venu en si mauvaise compagnie ? » demandais-je avec un sourire espiègle.
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Message posté : Ven 20 Juin 2014 - 19:03 Message
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♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
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 « Je vous remercie. » La proximité nouvelle du conservateur, qui actionna pour lui le mitigeur, provoqua en Louis des réactions insoupçonnées qu'il n'aurait pu de toute façon interpréter, car l'alcool dans ses artères faisait les ravages de sa tradition. Les mots murmurés à son oreille parurent même se fondre dans le bourdonnement qu'il ne savait distinguer puisque tous ses sens semblaient se mobiliser au contact des propos de Raphaël. Louis put toutefois se laver les mains et il y prit un certain plaisir.  « La robinetterie, oui... » Tant de connotations s'attachaient à ce vain mot ! Louis avait murmuré ces quelques mots sans y prêter le volume normal de sa voix. Il écouta les réponses de son interlocuteur avec beaucoup d'attention, car il craignait que son état ne lui permît pas d'en saisir tout le sens. Bien sûr, ce surcroît d'effort était idiot puisqu'il entendrait tout sans mal mais comprendrait sans doute à l'aune de ce que la boisson laisserait en lui, comme gages de sa vénéneuse présence. Louis s'amusa de la comparaison qu'il fit entre son attitude et l'activité des paparazzis. Tout en se séchant les mains, Louis voulut répliquer que les seuls clichés de l'événement ne l'intéressaient pas et qu'il aurait préféré entendre le récit de l'affaire de la propre bouche du conservateur, mais il s'abstint, peu sûr de vouloir hausser le ton pour couvrir de sa voix le ronronnement du séchoir. Les allusions de Raphaël piquèrent la curiosité de Louis qui craignait d'y voir plus que ce qu'il fallait y voir. Car loin d'ouvrir les yeux, l'alcool maquille trop souvent la réalité. Il décida donc de rester coi et prudent, plutôt que d'abonder dans un sens qui le conduirait peut-être droit dans un mûr.  « Je suis français, monsieur Mercury, le badinage galant de mes amis et ce qui m'intéresse le plus chez eux. » Peut-être allait-il un peu loin en qualifiant le conservateur d'ami, mais nul ne tiendrait rigueur à un ivrogne de considérer de la sorte le premier venu.

 « Les apparences sont trompeuses, je suis d'accord, mais qui les sauve sauve tout, n'est-ce pas ? » Qu'il était taquin, le faquin ! Louis osa un sourire d'espiègle enfant. Il ne doutait pas que le beau Raphaël pût conquérir les cœurs et les croupes de nombreuses gazelles à Star City. Il s'amusait simplement de le savoir ici avec lui plutôt qu'aux bras d'une belle à l'arrière d'un taxi en route pour son domicile. Louis ne comprit pas très bien l'interrogation sur le refuge de l'intimité, ou plutôt il craignit de comprendre trop vite et trop bien ce qui n'était peut-être pas si évident. Soucieux d'en tirer davantage de son interlocuteur avant de s'abandonner à de folles tentations, il esquiva l'invitation à répondre en se rapprochant dangereusement du conservateur, qu'il voyait peiner avec le séchoir de droite.  « Laissez-moi faire... » Disant cela, il s'avançait vers Raphaël, mais ne s'arrêta qu'au contact de son dos, choqué lui-même de n'avoir su s'interrompre plus tôt. Quelque peu décontenancé, il se recula, manqua de perdre l'équilibre et ne le conserva qu'en s'accrochant à la vasque d'une main et à l'épaule de Raphaël de l'autre.  « Veuillez m'excuser, votre proximité me fait chavirer ! » Et il se reprit enfin puis, dépassant d'un peu le conservateur, la main de Louis alla par devers lui appuyer sur un petit bouton blanc peu visible aux côtés du coffre du séchoir.  « Là, tout devrait fonctionner. » Et sans doute avait-il raison, car le séchoir désormais fonctionnerait. Louis fut moins réactif que la machine néanmoins : il garda la main près du bouton quelques secondes de trop sans doute, le bras sur l'épaule du conservateur. Quand il se dégagea, il s'appuya sur la vasque où il s'était lavé les mains, laissant à Raphaël tout le soin de se sécher les mains. Il l'observa un moment, et se décida enfin à répondre.

 « Les situations qui m'ennuient sont rares en vérité, et je ne suis pas de ceux qui fuient les hostilités. Je veux dire les difficultés. Pourquoi se cacher ? Pourquoi se terrer ? Affronter ces situations ennuyeuses me paraît plus agréable. Je veux dire profitable. » S'il commençait à perdre ses mots, Louis se savait perdu, alors il déploya un effort supplémentaire pour donner à sa conversation une teneur plus sérieuse. De fait, il n'aurait aucun problème particulier à discuter, mais il devait donc accepter la désinhibition progressive de sa parole. Il tourna sur Raphaël un regard amusé.  « La compagnie n'est pas mauvaise, elle est même amusante, dans son acharnement. Car c'est une conquête qu'il mène sans espoir d'y réussir. Il ne manquerait plus que j'accepte de le suivre... où donc m'a-t-il dit... Machine, oui, il a parlé d'un endroit comme ça ! » Les souvenirs de Louis se grisaient d'une brume douteuse. Il ne savait plus tout à fait à quoi ce nom faisait référence, et n'était pas même certain de l'avoir convenablement énoncé. William Stufford avait pourtant plusieurs fois émis le souhait de l'emmener dans un bar haut en couleur de Star City, établissement nommé Machine. Louis n'y avait jamais mis les pieds et n'en avait qu'à peine entendu parler. Et ivre comme il l'était, il eût été bien en peine d'en décrire brièvement les contours à son interlocuteur. Ce dernier devrait se contenter du nom seul de ce bar mystérieux.  « Ma gazelle est un mâle des plus coriaces, en fait, il s'obstine, et plus je refuse, plus il s'entête. Il me fait rire. Heureusement pour lui que j'ai la tolérance de mon âge et de mes origines, n'est-ce pas ? » Louis était jeune, français, bon vivant et ouvert de nature. Jamais il n'aurait eu à l'égard d'avances reçues aucune réaction de recul, d'hostilité franche. Qu'elles vinssent d'un homme ou d'une femme n'y changeait rien. Il n'allait pas s'offenser d'un compliment, et plonger la tête dans un seau d'eau bénite à la moindre allusion. Il laissait cela aux puritains pétris de leur infantilisme.
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Message posté : Sam 21 Juin 2014 - 18:23 Message
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J’étais déjà au courant des origines françaises du chef d’orchestre. Les français avaient la réputation d’être des exemples en matière de raffinerie, galanterie, et il était de notoriété publique qu’ils incarnaient le summum du romantisme. Pour avoir parcouru le monde à maintes reprises au fil des siècles, je ne pouvais pas complètement nier cette légende, bien que les français eux-mêmes, qualifieraient sans doute tout cela de cliché. Cependant, monsieur d’Ax était le mieux placé pour le savoir, lui.
Aussi, cette petite piqûre de rappel m’incita à répondre dans un français parfait sans accent, que même l’alcool n’avait su altérer.
« Naturellement, il est manifeste qu’un certain romantisme sommeille au cœur de tout français. » Enfin... c'était ce qu'ils inspiraient à tout étranger qui voudraient bien le croire.
Je ne me souvenais pas avoir déjà esbroufé le chef d’orchestre de mes talents de polyglotte. Voilà qui était dorénavant chose faite, et qui me permettait d’éluder la question subtile dissimulée dans son propos. Mon marivaudage, s’il avait effectivement cours, semblait l’intriguer plus que de raison où je ne m’abusais ? Quoi qu’il en soit, je n’avais pas l’intention de lui faire un compte rendu détaillé de la situation.

Le chef d’orchestre revint à la charge, malgré tout, mais je lui pardonnai ses taquineries, répondant à son sourire par un sourire complice. J’étais le premier à jouer et à me jouer de ce genre de situation d’habitude. Je n’allai pas lui tenir rigueur de vouloir en savoir d'avantage, d’autant plus qu’il n’y avait rien de tabou dans ce qu’il avait aperçu ce soir. Il m’avait surpris, en compagnie d’une jeune femme, somme toute attirante, mais notre relation n’avait pas dépassé le stade de connaissance professionnelle approfondie. Toutefois, je décidai de continuer à jouer les ingénue afin de faire d’avantage parler mon interlocuteur : « Que croyez-vous qu’il y ait à sauver ? »

Trop concentré sur l’analyse des dires et du comportement du chef d'orchestre, je n’avais pas vu le bouton situé sur le côté du séchoir. C’était le comble de l’ironie, moi qui m’étais moqué du musicien en galère avec son robinet quelques minutes auparavant, je n’étais pas en meilleure posture que lui, c’était pitoyable ! Bien que j’eusse l’impression de mieux contrôler mes mouvements que lui. Je lui lançai un regard en coin alors qu’il venait de me percuter. Contrairement à lui, je n’étais pas dérangé par la proximité, bien au contraire. La retenue infantile dont il faisait preuve m’amusait et lui conférait un je ne savais quoi d’attachant. Il s’excusa. J’explosai de rire et ne pu m’empêcher de répliquer : « On me le dit souvent. » sur le ton de la plaisanterie bien entendu, qui cachait cependant une certaine vérité. Sans doute passerais-je pour un grand narcissique, ce qui n’était pas complètement faux. J’avais la chance d’être le frère d’Apollon, et bien que ma beauté ne soit pas aussi légendaire que la sienne, j’avais hérité tout de même, d’un physique qui, je le savais, ne laissait pas indifférent, pour être modeste. Et quoi de plus naturel que de jouer avec les armes dont la nature vous a pourvu ! J’aurais tort de m’en priver !

Louis actionna le bouton de l’automate qui se mit à ronronner bruyamment. « Je vous remercie mon ami. » Je me tournai ensuite vers lui, et lui adressai un clin d’œil. Sa proximité n’était pas déplaisante, et je ne m’étais pas du tout rendu compte qu’il avait tardé à reprendre ses distances. La soufflerie du séchoir produisait un bruit d’enfer trop désagréable à mes oreilles délicates, et je du retirer mes mains de dessous afin de me concentrer sur la voix du chef d’orchestre pour entendre ce qu’il était en train de me raconter.
Pourquoi se cacher ? j’esquissai un sourire énigmatique, mon regard se teinta d’une lueur étrange, bien malgré moi. Bien qu’elle ne me soit pas particulièrement destinée, ou peut être que si… je n’en savais plus rien - j’avais l’impression que les effluves de l’alcool que j’avais ingurgité commençaient à embrumer mon esprit - je pris sa remontrance à titre personnel. J’étais exactement le contraire de ce qu’il décrivait, mais pour des raisons qui le dépassaient totalement, lui et tous les mortels d’ailleurs. J’étais obligé de me cacher, pour la simple et bonne raison que je n’avais pas le droit d’être ici. Je le vivais plutôt bien, mais les théories des ignorants avaient toujours le don de me faire sourire. Et puis… était-ce vraiment le propos d’ailleurs ? Ne m’étais-je pas mis moi-même en difficulté en venant m’installer sur Terre défiant l’autorité divine de mon paternel ? Je divaguais. J’avais du faire preuve d’une absence passagère mais je me ressaisit rapidement afin de répondre: « Remarquez, cela se tient ! C’est un point de vue qui se défend, et qui est fort louable, j’en conçois. »

Comme si je reprenais soudain conscience des lieux qui nous entouraient et surtout du début de notre rencontre, je tendis soudainement la main à mon interlocuteur, maintenant qu’elle était propre et sèche : « Oh ! pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs, nous pouvons nous saluer comme il se doit maintenant. »
« Raphaël » lâchais-je de but en blanc, comme un cheveux sur la soupe.
« C’est ainsi que j’ai l’habitude de me faire appeler par mes…amis. » précisai-je. J’appuyai volontairement le dernier mot afin de le souligner. Rien ne m’avait échappé, ou presque… enfin, c’était l’impression que j’avais encore, malgré mon ivresse grandissante. « Et puis, quitte à nous trouver à proximité l’un de l’autre, autant ne pas nous laisser distancer par les mots n’est-il pas ? » J’accompagnais mes dires d’un sourire charmeur et plutôt engageant. L’alcool avait tendance à désinhiber parait-il, même les êtres divins. Et les mots franchirent mes lèvres sans que je prisse le temps de les considérer et de les mesurer afin de jauger s’ils étaient appropriés à la situation ou non. Et puis, cela m’était égal. Il était lassant de devoir sans cesse contenir mes propos. Chassez le naturel, et il revient au galop et ma franchise n’était pas un mythe.

Puis, je fronçai les sourcils. Je n’étais pas bien sûr de comprendre ce qu’il était en train d’affirmer et je n’avais, moi non plus, jamais ouïe dire à propos de cette Machine ? je me demandais quel genre d’endroit cela pouvait-il être. « Jamais entendu parler ! »
Cependant, j’avais noté quelques mots dans sa phrase qui avaient retenus toute mon attention : « acharnement », « sans espoir », entourés de nombres formes de négations. « Pourquoi ne pas l’éconduire pour une meilleure compagnie, tout simplement ? » cela tombait sous le sens cependant, ou plus justement, mon sens : un point de vue de chasseur, très rarement chassé, ou uniquement quand il avait décidé de l’être et qui ne s’embarrassait pas inutilement avec ce genre de futilités. Et pourtant, mon père pourrait m’en être témoin, je m’y connaissais en matière d’acharnement et de patience également, à la différence que je parvenais toujours à mes fins et que j’avais l’éternité devant moi !

J’avais cependant, une technique très personnelle à laquelle faisait écho la suite du récit du musicien. Ce qui eut pour effet de raviver l’espièglerie sur mes traits. « Je vois ! Monsieur le chef d’orchestre est joueur… » Nous avions donc un autre point commun. « Hmmm ! Vous m’en direz tant. » Une idée saugrenue était en train de germer dans mon esprit tordu. J’étais joueur moi aussi, et j’étais tenté de le mettre au défi. « Une gazelle, chassant un prédateur a peu de chances de réussite, il va de soit. » Je fronçais légèrement les yeux lorsqu’il mentionna son histoire de tolérance : « Oui, je présume... Que voulez-vous dire ? » Je n’avais pas saisi l’allusion, ou alors c’était l’alcool était en train d’inhiber une partie de mes facultés cérébrales.
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Message posté : Dim 22 Juin 2014 - 1:28 Message
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De Principatibus

ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 8161
ϟ Nombre de Messages RP : 863
ϟ Crédits : Hedgekey
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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Louis comprenait désormais toute la profondeur des sous-entendus du conservateur du musée. Ce dernier paraissait jouer avec lui, ou peut-être tout simplement s'amusait-il d'une situation que l'alcool éclairait d'une lueur de tolérante gaillardise ?  « Louis... » Celui-ci ne comprenait pas pourquoi le conservateur éprouvait le besoin de lui rappeler son prénom, mais peut-être lui signifiait-il par là qu'il pouvait s'adresser à lui en ces termes moins... protocolaires ? Louis saisit l'autorisation et l'intégra à sa mémoire immédiate. Il aurait peut-être oublié cette permission plus tard, mais pour la soirée, il ne se priverait pas d'appeler le conservateur par son charmant prénom qui avait à la fois des accents d'Italie et d'Ancien Testament. Louis se tut jusqu'aux derniers propos de son interlocuteur. Il prenait un plaisir étrange à l'entendre parler. Sa voix était belle.  «J'ai peur de ne pas savoir ce que je veux dire... » Ce qui était partiellement vrai, car Louis perdait aisément le fil de ses propres pensées quand il était sous le joug de l'ivresse. Mais il le retrouvait assez souvent pour ne rien égarer d'une conversation importante même conduite sous l'effet des vapeurs de l'alcool. Louis était-il joueur ? À quel propos et sujet ? Il ne voyait pas trop où voulait en venir le conservateur. Remontant le fil ténu de sa mémoire, il s'arrêta sur une question plutôt sérieuse que Louis se posait à lui-même. Pourquoi ne pas éconduire le gêneur pour céder sa place à une compagnie de meilleur aloi ? Sans doute Louis avait-il trop d'indulgence pour les moustiques. Trop d'indulgence pour les parasites. Il était comme le propriétaire bienveillant d'un jardin où aimaient à se rassembler les insectes de toutes les sortes, et il laissait faire au lieu de sévir, au lieu de préserver sa belle flore de l'invasion rampante et inexorable de malheureuses bestioles. Que n'était-il plus résolu, parfois, à les exterminer pour de bon ! Louis était capable d'une grande détermination et d'assez de cruauté pour se prémunir des pique-assiette de la pensée, mais il avait parfois la faiblesse d'abandonner la victoire aux puces, poux et autres tiques qui pullulaient dans son entourage. C'était une tendresse malvenue et dangereuse, qui le rendait sensible à la proximité des médiocres de toutes sortes. William Stufford n'en était qu'un avatar parmi d'autres, et il en avait rencontré bien d'autres ces dernières semaines. À la librairie, à la Fondation épiscopale du New Jersey, et même chez le dentiste ! Star City grouillait de quémandeurs et tous ceux qui s'accrochaient à Louis savaient qu'il était trop bon pour les refuser tout net. Cela devrait changer.

Car en temps normal, Louis paraissait avoir plus d'aigreur que de hauteur, plus de manière que de fond, plus d'inapplication à l'argent que de libéralité, plus de générosité que d'intérêt, plus d'attachement que de passion, plus de dureté que de fierté, plus de mémoire des injures que des bienfaits, plus d'intention de piété que de piété, plus d'opiniâtreté que de fermeté et plus d'incapacité que tout le reste, ce qui donnait à croire qu'il avait l'esprit souple comme un métal fondu. Louis savait sa faiblesse et connaissait bien ceux qui espéraient en profiter, qu'il écartait toujours avec le mépris rieur qu'il avait copié de celles qui firent de l'enfant qu'il était l'homme qu'il devint.  « Ah, je me souviens ! » Il s'écarta du lavabo pour s'en aller s'observer dans le miroir, indifférent aux pastilles de chlore qui dormaient dans les urinoirs.  « Les français, historiquement, ont une tradition de grande tolérance à l'égard des romances masculines, si vous voyez ce que je veux dire. » Et n'en déplût aux fureurs de ceux qui, de façon chronique comme les pires maladies de la création, réclamaient à grands cris la criminalisation de la licence et des lubricités intimes. Il suffisait de lire n'importe quel traité d'Histoire de France un peu sérieux pour se rendre compte que les doigts de quatre mains seraient insuffisant à lister tous ces grands personnages qui avaient, eux aussi, ce « petit secret » devenu mode de vie dans certains quartiers de certains grande ville.  « Mais n'y voyez pas là un encouragement, je ne voudrais pas m'immiscer entre vous et la gazelle que vous convoitez ! Cela dit... » Louis se tut. Il n'était pas sûr de ce qu'il allait dire, alors autant sceller sa bouche un bref instant. Cela lui permit de réfléchir à la question qui jusque là n'avait obtenu aucune réponse. Il se décida enfin à briser le silence qu'il avait lui-même laissé traîner.

 « Je vais l'éconduire, vous avez raison, c'est idiot de ma part de le laisser espérer, quand bien même ses assiduités me flattent beaucoup. » Tout était dit, au fond, Louis cédait aux sirènes d'une vanité gourmande. Il se tourna vers Raphaël et s'approcha de lui cette fois sans aller jusqu'à le percuter. « Pensez-vous que cela suffira ? Que ferez-vous à sa place ? » Nul doute que s'il y mettait du cœur et de la conviction, Louis obtiendrait de son collègue une retraite honorable et le retour au statu quo ante, ce qu'il désirait ardemment, car après tout la compagnie de William n'était pas désagréable, quand il parlait d'autres choses, et non plus seulement des goûts de Louis, des habitudes de Louis, des passe-temps de Louis, des affinités gastronomiques de Louis, etc. Car le musicien était bien las de parler de lui-même : s'il était comme tout le monde un peu vaniteux, il n'était pas un Narcisse de lui-même énamouré. Au contraire, ce surcroît d'attention, ce regard scrutateur posé sur lui l'agaçait beaucoup, le gênait, et même l'inhibait. Heureusement, l'alcool, sur ce dernier point, faisait la preuve de sa très grande libéralité.  « Si je reste là assez longtemps il se lassera peut-être et partira, non ?  » Louis ne sut pourquoi il posait cette question. L'ivresse, encore une fois, lui faisait faire de drôles de choses. Jamais il n'attendrait ainsi caché que s'en allassent les difficultés. Et de plus, celui qu'il fuyait dans les toilettes, ne risquerait-il pas d'y voir une invitation des plus sordides ? Rien que d'y penser, Louis eut envie de vomir. Il blêmit.
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Message posté : Dim 22 Juin 2014 - 18:23 Message
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Notre dialogue bourré de sous entendus et d’incohérences produites par les effets indésirables, ou pas d’ailleurs, de l’alcool, entendu depuis l’extérieur, devait ressembler à un dialogue de sourds, absurde et sans queue ni tête. Pourtant, nous semblions plus ou moins converser sur la même longueur d’onde, à quelques approximations près.
Les propos de ce cher Louis me paraissaient de plus en plus confus. Etait-ce moi, qui en faisait une interprétation erronée ? ou tout bonnement lui, qui en perdait son français, qui pourtant était sa langue natale ? A moins que ce ne soit mon français à moi, qui ne soit pas tout à fait correct… Tant de possibilités et d’erreurs possiblement envisageables. J’avais préféré lui demander de reformuler afin de lever toute ambiguïté, ou d’en apposer une autre, à son bon vouloir. Il avait perdu le fil de la conversation, moi également. Je pouffai légèrement de rire, accompagné d’un haussement d’épaules. Finalement, cela n’était pas si grave. « Je crois que vous comme moi, sommes victimes des breuvages qui sont venus égayer notre soirée. »

Louis me dépassa et s’en retourna vers les urinoirs afin de faire face aux miroirs. Je ne l’avais pas quitté des yeux et l’écoutai l’air songeur. « Oui, j’en conviens. » répondis-je d’une voix lointaine, comme si j’avais à peine entendu ce qu’il venait de me dire. Pourquoi me parlait-il de cela tout à coup ? à l’observer et l’écouter ainsi, il m’inspirait… de la poésie. Ces romances masculines dont il parlait me rappelaient quelques vers français que j’avais un jours appris :
« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. »

Sans m’en rendre compte, je les avais récités tout haut. Si mes souvenirs étaient exacts, il s’agissait d’un poème ayant pour titre : Le bateau îvre, écrit par ce talentueux poète qu’avait été Arthur Rimbaud, dans une lettre à sont amant Paul Verlaine. Quel rapport me direz-vous ? Aucun, si ce n’était la romance tumultueuse qui avait uni les deux poètes et à laquelle me faisait penser la tolérance française évoquée par mon ami Louis. « Les grecs et les romains cultivaient également cette tolérance dans l’antiquité, mais je dois reconnaître que, historiquement parlant, oui, vous avez parfaitement raison. » Pour la Grèce antique, j’en savais quelque chose, c’était, le moins que l’on puisse dire...

Je n’eus pas le temps de laisser mon esprit vagabonder d’avantage à d’autres fragrance poétiques que mon ami revint à la charge avec la réalité concrète de mon début de soirée, qui commençait à me paraître déjà lointain. C’était comme s’il faisait une fixation sur cette « gazelle » comme il s’évertuait à l’appeler. Cela-dit… je restai suspendu à ses lèvres, mais il me laissa sur ma faim. Devais-je voir dans cette insistance nuancée une quelconque invitation ? J’esquissai un nouveau sourire enjôleur, pour toute réponse, toujours plus amusé, et flatté par l’attention particulière qu’il semblait soudainement me porter et qui éveillait chez moi une certaine envie de me laisser prendre à son jeu. Je fourrai mes mains dans les poches de ma veste, avançant lentement vers lui.

Le chef d’orchestre se retourna brusquement, déterminé à suivre mes conseils. Il semblait avoir mieux apprécié la distance qui nous séparait que lorsqu’il m’avait percuté devant le séchoir. A sa question, je plongeai mon regard malicieux dans le sien. Il me tentait diablement de lui faire une démonstration de ce que moi, je ferais en pareil cas, plutôt que de lui formuler une réponse. Sans me défaire de mon sourire, je franchis la distance d’intimité qui nous séparait et me penchai vers lui, inclinant légèrement la tête. La désinhibition provoquée par l’alcool me rendait bien plus entreprenant et plus direct que d’ordinaire. J’avais décidé de le prendre au mot. J’allais très vite savoir si son non-encouragement était anodin et maladroit ou s’il semblait vraiment regretter de ne pouvoir s’interposer entre moi et une concurrente potentielle. Je faisais montre d’assez de retenue pour semer le doute dans son esprit et mes lèvres s’arrêtèrent près de son oreille pour lui chuchoter : « Je croyais que vous n’étiez pas du genre à fuir les hostilités… » je laissais un ultime temps d’éternité s’installer à la fin de ma phrase afin de jauger la réaction du musicien avant d’ajouter : « Vous n’avez qu’à lui dire que la foudre s’est soudainement abattue sur vous en chemin… je ne sais pas… soyez inventif ! »

Je repris une distance de proximité mesurée, juste suffisante pour ne pas l’effleurer, lui adressai un clin d’œil complice en accrochant de nouveau son regard avant d’ajouter avec malice : « Ou alors, dites-lui ce que vous en pensez en toute franchise, et avec fermeté. Tant que vous cultiverez cette ambiguïté, rien ne pourra lui laisser présager que vous n’être pas intéressé. Si c’est quelqu’un d’intelligent, il devrait le comprendre, n’est-il pas ? »
J’entrepris de réajuster le col de la chemise du chef d’orchestre comme pour lui donner une certaine forme de courage bienveillant puis, j’ajoutai : « Et puis, si vous y parvenez, et que le cœur vous en dit, j’aurais une proposition malhonnête à vous faire. » tout cela énoncé sur le ton d’une parfaite innocence, sans me défaire de mon sourire des plus ravageur.

Au même moment, un homme fit irruption dans les latrines et marqua un temps d’hésitation sur le seuil de la porte, indécis quand à l’attitude à adopter face à ce qu’il était en train de surprendre. En ce qui me concernait, je n’avais eu aucune réaction notable, hormis le coup d’œil en biais que je lui avais lancé.


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Message posté : Dim 22 Juin 2014 - 23:48 Message
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♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
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♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Victimes des breuvages ? Quelle ironie du sort ! Ne venaient-ils pas tous deux justement de se délester d'une boisson bien moins ragoûtante qu'une bonne rasade de château La Mission Haut-Brion de l'année 2013 ? Qu'il aurait aimé boire un bon verre de vin, à cet instant précis, pour oublier l'horrible vision qui se profila sous ses yeux. Qu'il aurait aimé que s'effacent, d'un trait de la boisson des dieux, les souvenirs les plus sombres de ces derniers jours ténébreux... Ses yeux s'embuèrent quelque peu quand il entendit les vers de Rimbaud dans la bouche de Raphaël. Étaient-ils à propos, ou bien le conservateur faisait-il œuvre d’esbroufe ? Louis, trop ivre, comme le bateau, n'aurait su le dire. Toutefois, il nota à part lui que le rapprochement des tolérances françaises et gréco-romaines s'appuyaient sur une comparaison quelque peu faiblarde à l'ombre du millénaire séparant les temps antiques des temps médiévaux qui virent naître le roman national français. Mais Louis n'était pas assez en forme pour se lancer dans un débat historique avec le conservateur du Musée qui l'eût très certainement écrasé de toute sa connaissance s'il l'avait tenté d'un peu trop près.  « La retraite tactique n'est pas la fuite. C'est une prélude à une victoire toujours plus éclatante ! » Le manège de Raphaël apparut clair aux yeux de Louis qui, s'il avait été moins alcoolisé, s'y serait volontiers laissé prendre. Mais comme il l'était dangereusement, Louis déployait des trésors de prudence à tous les égards. Et dans le fond, le conservateur l'amusait. Il était d'une beauté troublante et le savait. Mais de le savoir, et de le montrer, il en devenait drôle à la manière de ces chanteurs qui, à l'opéra, s'imagine qu'il suffit d’égrainer des vocalises pour chanter l'amour des colombes ou des pigeons. Sa peau était d'une blancheur éclatante, comme les parquets de salon. Et ses lèvres, curieuses, goûtaient sans doute, ineffable, comme des bonbons fourrés à la neige. Une beauté singeant le marbre des statues mais taillée dans la brique des mausolées orientaux. Cette proximité lui laissait la désagréable impression d'être face au miroir déformant d'une réalité nouvelle, comme s'il pérorait contre lui-même des compliments, des mots de nigaud charmant. La niaiserie de son engouement soudain, qu'une chaleur lascive véhiculait, l'invita à réagir avec toute l'aigreur dont il se savait capable, mais la vague de bile ne vint guère, cédant le pas à un torrent d'abjectes flammes qui en disaient long sur l'effet conjugué de l'alcool et du discours persifleur du conservateur. Il se sentit comme un petit vieillard retrouvant quelques douceurs sous l'étreinte méchante de sa ceinture.

Mais les invitations de Raphaël à la révolte percutèrent en Louis la peau tendu d'un tambour qui l'éveilla. « C'est bien vrai, je vais aller le voir ! Restez ici, je reviens tout de suite ! » Et Louis s'inclina, vague salut d'ancien régime, puis se détourna et ouvrit une porte... qui donnait sur une cabine. Il la referma et dirigea ses pas vers la sortie des toilettes, indifférent à l'irruption d'un nouveau-venu. Il était bien décidé à se défaire d'une nuisance des plus mesquines. Il revint donc à William Stufford avec toute la détermination d'une lionne en chasse, et se ficha devant lui avec allure et résolution. Celui-ci, intrigué par un retour tardif, s'inquiéta de savoir ce qui avait retenu Louis.

 « Je vais mettre un terme à ce petit jeu que personne ne gagnera jamais. Tu ne m'intéresses pas, tu es trop morne, tu m'ennuies. Tes gentillesses me gâtent les dents, et si je t'écoutais plus souvent, je risquerais le diabète. Tu n'es pas si admirable que tu crois le penser et tu n'as pas de chance d'être entouré de tant de flatteurs qui te paient de cette monnaie de singe qui n'a de cours qu'à l'aune de ta grande vanité. Tu parles bien, mais le fatras de tes mots dissimule une pensée caractérisée par sa vacuité. Preuve en est, tu parles en rythme et en cadence, comme dans la musique militaire, c'est à croire que tu penses avec ta moelle épinière ! Tu n'es qu'une baudruche gonflée, et quand on te pique, il n'en souffle pas des tempêtes, comme tu le crois. Tu n'es qu'un marchand de tapis de la culture, et tu me navres. » Louis sut qu'il était allé trop loin mais, bizarrement, il n'en éprouvait aucune gêne, ni même aucune honte particulière : il ne faisait que vider son chargeur, quand jusqu'à présent il n'avait jamais osé tirer sur l'ennemi déclaré qu'était devenu William. Ce dernier, éberlué, voulut répliquer mais Louis, que l'alcool invitait à la violence et à la cruauté, poursuivit avec d'autant plus de véhémence que son adversaire paraissait se laisser faire.  « Tu me fais venir sans cesse à tes sorties en solitaire, et je te garde comme la nourrice promène les petits dont elle doit subir les jeux stupides. Tu te crois crocodile, mais tu n'as pas de dents. Franchement, pourquoi céderais-je à tes avances ? Tu voudrais goûter le pain d'un autre, parce que tu rechignes à mettre la main à la pâte et la pâte au four. Te crois-tu papillon ? Tu n'es qu'une punaise, c'est pourquoi tu m'excuseras si je ne daigne pas t'écraser. » Et Louis prit ses affaires pour s'installer un peu plus loin.

Qu'il se sentait mieux ! Il touchait presque du doigt l'air que ses poumons accueillaient à plein. Quelle déflagration purificatrice ! William reviendrait peut-être à la charge dans les secondes à venir, mais quelle importance ? Il avait dit ce qu'il devait dire, et n'en regrettait rien. Les regrets viendraient plus tard, peut-être, mais quoi ? Il n'en avait rien à faire. Il était content, satisfait, guilleret, il pouvait à présent s'amuser ! L'alcool y était pour beaucoup, il le savait. Mais cette fureur soudaine autant qu'imprévue ne lui déplaisait guère. Raphaël n'avait fait que craquer l'allumette. L'explosion devait arriver un jour ou l'autre. Il aurait sans doute préféré y mettre les formes et arrondir les angles, plutôt que de se laisser aller à un tel coup de poing. Oh, qui trompait-il ? Louis y avait pris beaucoup de plaisir. Mais le retour de flammes ne tarderait pas... il ne restait plus qu'à voir si celles-ci le brûleraient, ou au contraire l'échaufferaient davantage...
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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 23:41 Message
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La réplique de Louis trouva écho en moi et me procura une certaine satisfaction. Il n’aurait pas pu trouver de mots plus justes ! Il commençait à me plaire ce petit !

Il avait tant bien que mal résisté à mon approche cavalière, mais je sentais que je l’avais troublé. Je n’aurais pas la présomption d’affirmer que je ne le laissais peut être pas indifférent, à moins que ce ne soit plutôt mes mots qui l’aient touché. Quoi qu’il en soit, j’avais, semble-t-il, éveillé les ardeurs du jeune musicien à qui j'avais insufflé une audace soudaine qui le poussa à s’affirmer et à prendre les choses en main. C’est avec un sourire aux lèvres que je le laissai me planter là et prendre la porte… d'une cabine de toilettes. J’arquai un sourcil, ne comprenant pas bien ce qu’il était en train de fabriquer, puis pouffai de rire lorsqu’il rectifia sa trajectoire de lui-même pour prendre la sortie. Je ne fis aucun commentaire cependant, et me contentai de croiser le regard de l’homme qui venait de s’écarter au passage d’un Louis déterminé.
« Un problème monsieur ? » demandai-je à ce dernier avec un léger air de suffisance sans me défaire de mon sourire. Celui-ci ne pris même pas la peine de me répondre et se dirigea vers son urinoir avec un air condescendant, tout à fait digne de circonstance. Je haussai les épaules. A sa guise…

Puis je quittai les toilettes à mon tour, sans attendre le retour du chef d’orchestre. Il me fallu quelques instant pour remettre ce que je faisais avant de rencontrer le beau Louis dans les latrines du bar. Ah oui ! Je me rappelai que la soirée touchait à sa fin en ce qui me concernait.

Je parcouru la salle du regard et ne tardai pas à trouver le chef d’orchestre, tendu comme un string, debout devant la table à laquelle était assis son malheureux compagnon de soirée, et à qui, il était très certainement en train de balancer ses quatre vérités. Je m’attardai un instant, observant la scène d’un air distrait n’ayant que l’image, pas le son, de là où j’étais. Les voix étaient couvertes par une musique de Mel Torme.

Je détournai les yeux, pris mon temps, cherchant à me rappeler, je ne sais pour quelle raison, la suite des vers de ce poème que j’avais commencé à déclamer dans les toilettes et que Louis m'avait inspiré. Je ne savais plus très bien quels avaient été les associations d'idées qui me l'avaient mis en tête. Je me rappelais ces quelques moments passés en France dans les années… quand était-ce déjà ? mon esprit embrouillé par les effluves d’alcool m’avait fait perdre la date exacte de mon propre voyage. Je m’étais attardé sur la terre Prime, une fois n'était pas coutume, malgré l’interdiction formelle de m’y rendre, afin de me délecter d’un Paris en pleine modernisation lors de la Belle Époque. Je me rappelai être allé observer la Tour Eiffel, en charmante compagnie d’ailleurs... Les vers me revenaient soudain, accompagnant ce souvenir, et je les marmonnai, pour moi-même, dans ma barbe, tout en me dirigeant vers le bar, décidé à prendre un dernier verre avant de tirer ma révérence.

Mon acolyte musicien qui avait traversé la salle d’un pas énergique me devança et alla s’asseoir au bar. Je l’y rejoignis, puis m’installai au tabouret libre à côté de lui, l’air de rien. Je l’observai du coin de l’œil et son sourire de satisfaction n’échappa guère à ma vigilance, je pu donc en déduire qu’il avait effectivement vaincu.

Le barman passa devant nous. Je l’interpellai d’un signe de la main, me redressai sur mon tabouret afin de lui faire signe de se rapprocher d’avantage pour lui formuler ma commande à mi-voix et lui glissai quelques billets dans la poche de sa chemise. Puis je me retournai vers Louis :

« Alors ?... Quel est le résultat du match ? » demandai-je amusé.

Le barman revint avec deux flutes à champagne qu'il disposa devant Louis et moi, fit habillement sauter le bouchon d'une bouteille avant d'en remplir les verres tandis qu'une voix interpela le chef d'orchestre derrière moi.

« Louis ! Qu'est ce qui te prends enfin ?»
« Coriace, en effet.» répliquai-je à l'intention de mon voisin de bar, toujours aussi amusé de la situation. J'adressai un signe de tête en guise de remerciement à l'intention du barman qui glissait à présent la bouteille de champagne d'un grand cru dans un seau de glace, puis fis demi-tour sur mon tabouret afin de faire face à l'impertinent qui était sur le point de gâcher mon plaisir de trinquer avec mon nouvel ami. « Plait-il ?»
« Ce n'est pas à vous que je m'adresse.... Louis ?...»
« Présentement ?... Si.»

Dé :
Réussite :Stufford leva les yeux aux ciel et décida de m'ignorer.
Echec : Stufford, un peu éméché et quelque peu vexé par les propos de son compagnon, décida de déverser sa colère sur moi.

«Pardon ? Vous vous appelez Louis ?...Mêlez-vous de ce qui vous regarde !»
« Non. Raphaël ! Je crois que nous n'avons pas été présentés.»

Je sentais la patience s'étioler chez mon nouvel interlocuteur : «Une connaissance à toi Louis ?»
«Très juste ! Et si vous laissiez donc monsieur d'Ax en paix et alliez-voir ailleurs si j'y suis !»

Les joues de Stufford s'empourprèrent sous le coup de la colère et je vis sa mâchoire se contracter.


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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 23:41 Message
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Le Hasard

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Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 1:14 Message
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ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

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 « Le résultat est toujours le même à l'issue d'une exécution par le peloton, non ? » Louis avait dit cela comme un enfant qui se retient de rire. Il se sentait à la fois fautif et se savait vainqueur. Ces deux sensations, loin de se contredire, se répondaient avec délice. Car s'il était fautif, c'était d'avoir tant tardé à barbouiller la figure de William Stufford de la colle de ses contradictions. Et s'il était vainqueur, c'est bien de la vanité de cet homme qui, l'espérait-il, ne l'importunerait plus. Même s'il était ivre, Louis demeurait lucide, et le petit manège du conservateur ne passa guère inaperçu : il était clair qu'il venait de lui offrir une coupe de champagne ! Sans pour autant la refuser, Louis se permit d'indiquer, à tout hasard :  « Vous n'avez guère besoin de me faire boire pour m'inciter à venir plus souvent au musée, monsieur le conservateur, ni même pour obtenir de moi d'autres faveurs. » Les bulles éclatèrent sur sa langue, lui arrachant une grimace honteuse. Il avait oublié que les boissons pétillantes se comportaient comme des vandales sous le haut plafond de son palais délicat. Mais il s'en souciait trop peu à cet instant, et n'aurait de toute façon pas refuser pour une si faible raison la générosité de l'ami de ce soir, qu'il avait rencontré dans les toilettes et qu'il retrouvait à côté de lui à ce comptoir. C'est que les nerfs de Louis accusaient encore le coup de son emportement des quelques instants d'avant. Il se sentait comme à l'issue d'une course intense, comme au sortir d'un concert particulièrement exigeant physiquement, et donc nécessairement fatiguant. Mais quel bonheur ! Quelle joie aussi d'écraser les bestioles infimes sous le talon d'un pied vengeur ! Il se sentait comme le vent des premiers temps, qui balayaient la Terre, ses vals et ses ravins, bien avant que la pluie ne les eût fait verdir, bien avant que la vie ne les eût fait fleurir. Malheureusement cet état de grâce se vit bientôt menacé par le retour du même William Stufford qui, dans la défaite, avait l'arrogance de croire que la diatribe de Louis invitait à la négociation. Raphaël et lui échangèrent un peu tandis que Louis s'indignait en silence : allait-il se jouer là un vaudeville monstrueusement mis au goût du jour ? Il ne permettrait jamais cela, tant il avait horreur du mauvais théâtre.

 « William, n'en as-tu pas eu assez ? Veux-tu te donner en spectacle et me mêler à une comédie pour les esprits à ras de terre ?  »
 « Est-ce qu'on peut parler ailleurs ? Loin de... des présences gênantes ? »
 « Cela va être difficile, car tu es la seule nuisance, ici... »

Qu'il le dégoûtait, à présent, ce collègue méprisable ! Le prisme déformant de la boisson donnait à voir les choses sous un angle nouveau qui déplaisait fortement. William n'était qu'un petit chaton affectueux, dans le fond de lui-même, qui commençait déjà à ronronner sitôt que Louis posait sur lui ses yeux. C'était à vomir, proprement.

 « Je vois bien que tu parles comme ça à cause de l'alcool. »
 « Je suis d'accord. Mais allons plus loin, je parle librement parce que les délicieuses boissons qu'on m'a servies ont libéré mes propos. Comment dit la chanson déjà ? » Louis réfléchit un instant, regarda Raphaël, et la mémoire lui revint. Il chantonna :

 « Le vin délit la langue, il entrouvre le cœur, il donnera ce soir le ton et la couleur... Rouge ardent de la braise et cristal du désir, à notre nuit d'amour buvons pour le plaisir !» Et d'un geste nonchalant, il trinqua avec Raphaël en ne le quittant pas des yeux, comme le voulait la coutume européenne.
 « Je te rappelle que c'est moi qui t'invite, ce soir, pas... lui. »
 « Franchement, William, n'es-tu pas trop vieux pour me servir le rôle du gars éconduit aux portes du bal de la promotion ? Nous sommes dans la vraie vie, là, pas dans une de tes séries favorites. Pas de fin heureuse pour toi et moi ce soir. C'est une discussion d'adultes, une mise au point entre collègues avant que tu ne fasses un truc qui suscitera des regrets ou un suicide. » Louis ne se retint guère et ricana de la cruauté de ce qu'il disait. L'alcool n'avait fait qu'entrouvrir le couvercle d'une boîte d'où s'échappaient des monstres depuis longtemps tenus en sommeil.

 « Mais tu ne peux pas me laisser là comme ça, j'ai droit à des explications. »
 « Et tu les as eues. Moi, j'ai droit à la tranquillité. Mais sérieusement, William, tu te rends compte que tu t'acharnes là ? C'est grotesque.  »

Il n'allait pas laisser faire, Louis ne tenait pas à provoquer un scandale, mais il ne tenait pas non plus à servir sur un plateau ses oreilles. Celles-ci se faisaient moins tolérantes à mesure que passaient les minutes. Louis balaya l'individu d'un regard de profond mépris et de grande détermination avant de se retourner vers le conservateur du musée historique de Star City. Il pensait l'affaire close. Il alla pour parler mais fut interrompu. Hélas ! Cela ne finirait jamais. Étaient-ils filmés pour que ce crétin agît de la sorte ? Les yeux de Louis perdirent toute gaillardise. Ils ne pétillaient plus, mais il y couvait les lueurs dangereuses de ces braises qui désespèrent de déclencher des incendies meurtriers. William osa poser une main sur son épaule. Louis manqua de déchaîner sur lui les feux de la Peau de chagrin. Il ne dut qu'à l'alcool de tenir au silence sa rage frénétique.
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Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 4:31 Message
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« Une exécution ? carrément ? Vous n’êtes pas du genre à plaisanter ! » répondis-je amusé, levant mon verre à la santé du chef d’orchestre, faisant fi de ses railleries erronées sur mes intentions. « Vraiment ? … » répondis-je avec malice avant d’ajouter avec une pointe d’ironie : « On ne peut rien vous cacher Louis ! », entrant dans son jeu comme s’il m’avait démasqué. Mais nous n’eûmes hélas, pas le temps de trinquer.

Je ne prenais pas part à ce genre de querelles d’ordinaire, préférant me tenir éloigné des esprits échaudés, ne voulant pas me retrouver pris dans une rixe susceptible de compromettre ma couverture. L’alcool semblait atténuer légèrement mes principes et émousser ma retenue. Je ne pu m’empêcher d’attiser un peu plus la colère du gêneur, uniquement pour le plaisir de le voir enrager. Je cru, l’espace d’un instant, qu’il allait me décrocher une droite, mais Louis calma vite le jeu.
Je plissai les yeux lorsque je fus qualifié de « présence gênante », et mon visage afficha une moue désapprobatrice. C’est qu’il ne manquait pas de toupet le bougre ! Mais je me divertissais toujours autant de la comédie qu’il nous servait. Je m’abstins cependant de tout commentaire cette fois-ci, laissant Louis régler ses affaires personnelles. Et il n’y allait pas avec le dos de la cuillère, c’était le moins que l’on puisse dire ! Il m’apparaissait comme un jeune homme en pleine émancipation, cela faisait plaisir à voir.

Le chef d'orchestre à la recherche des paroles d’une chanson, m’adressa un regard complice. Pris au dépourvu, je me contentai de hausser les épaules tandis qu’il retrouvait son phrasé et entonnait ladite chanson française avec une éloquence certaine. Sa gaieté était contagieuse, à moins que ce ne soit du à ce que j’avais ingurgité durant la soirée. Je me saisi de mon verre et trinquai avec lui, soutenant son regard, faisant superbement abstraction du sifflement désagréable du moustique qui s’évertuait à vouloir troubler ce moment de réjouissance. Louis semblait avoir gagné en assurance et prenait maintenant un malin plaisir à le rabrouer. L’autre ne démordait pas cependant. Il était d'une ténacité absurde et pensait conquérir le coeur du jeune homme par un caprice juvénile.
Je sentais la patience du français s’envoler à mesure que son regard s’assombrissait. En ce qui me concernait, il en fallait beaucoup plus pour entacher mon espièglerie naturelle, cependant… Le dit William commençait à me fatiguer. Au moment où il posa sa main sur l’épaule de Louis, mon sourire s’estompa. J'avais le sentiment que la situation allait dégénérer, et je ne tenais pas à être aux premières loges de pareille belligérance, et encore moins y prendre part.
Je posai mon verre et descendis de mon tabouret. L’autre m’adressa un regard condescendant. « Je ne ferais pas ça si j’étais toi. » dis-je d’un ton calme, mais sans équivoque. Stufford enleva sa main de l’épaule du chef d’orchestre, grimaça et s’apprêtait à ouvrir la bouche pour répliquer lorsque je plongeai mes prunelles sombre dans les siennes. Il se raidit aussitôt face à l’éclat inquiétant qu’il y discerna. « Je ne vais y aller par quatre chemins. Louis ici présent t’as fait savoir à maintes reprises de ne pas être intéressé. Que tu sois dur d’oreille, cela te regarde mais, si tu ne veux pas que je devienne fortement désobligeant à partir de maintenant, tu arrêtes ton cinéma, et tu vas rentrer bien sagement chez toi, te mettre au lit. On est d’accord ? » La fin constituait d'avantage une question de rhétorique qu’autre chose. De toutes façons, il n’avait guère le choix. William était resté coi. Puis il nous regarda tour à tour, Louis et moi alors que je recouvrais mon sourire et lui indiquais la direction à prendre d’un signe de tête. « Ah ! et pense à payer la note en partant ! Ce serait fort aimable de ta part. »
Il papillonna des yeux, comme abasourdit, puis répondit : « Bien… puisque c’est comme ça, je vais vous laisser. »
« Fort bien ! » renchéris-je, satisfait.
« Pardonne-moi Louis et bonne soirée. » Il salua le chef d’orchestre comme il avait coutume de le faire, puis m’adressa un signe de tête que je lui rendis avec joie. Il s’en retourna vers la table où il avait laissé ses affaires, paya la note puis quitta les lieux.
Je me réinstallai aux côté du chef d’orchestre, la mine réjouie, comme si rien ne s’était produit, puis demandait un second service au barman tout en me tournant vers Louis : « A moins que vous ne désiriez boire autre chose ? »
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Message posté : Mer 25 Juin 2014 - 8:19 Message
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♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
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Si cela était encore nécessaire, Louis fit la démonstration de toute la résolution dont il était capable à l'égard des parasites qu'il n'hésitait pas à piétiner d'un pied rageur. Sa patience connaissait donc des limites, et le malheureux William en faisait les tristes frais ce soir. Mais Louis se blâmerait-il de tant de hargne ? Jamais ! Il ne faisait que réagir à l'accumulation des briques vaines, et pulvérisait le mur des inclinations de son collègue sans complaisance ni même plaisir particulier, si ce n'était celui de voir se décomposer un soupirant aussi ridicule qu'incertain. Et ce soupirant, cet infâme lombric, n'avait qu'à bien se tenir. Ce qu'il fit contre toutes attentes, et fort heureux ce fut pour lui, car Louis aurait été bien moins civil, si la manœuvre tactique de Raphaël avait échoué. Mais elle réussit, et l'injonction ficha sa pointe en plein cœur de sa cible, ce qui suffit à convaincre William Stufford de lâcher prise, au moins pour ce soir.

Louis veillerait à ce qu'il en fût toujours ainsi, même s'il pressentait qu'il aurait droit, le lendemain, à un rappel, comme pour tout concert digne de ce nom et respectueux des traditions. Il aviserait le moment venu et trouverait le mot juste pour se départir d'une situation qu'il n'était pas mécontent d'avoir suscité. Car les avances qu'on lui faisait flatter son ego mais agacer sa patience. Grâce à la diplomatie du conservateur du musée toutefois, il n'y aurait ni sang répandu sur les murs du bar, ni viscères brûlés en place de grève, ce soir ou cette nuit ! Le collègue en déveine sentimentale pourrait dormir sur ses deux oreilles, et Louis pourrait continuer à profiter d'une soirée bizarrement commencée. Qui aurait cru qu'une rencontre au détour d'un urinoir pouvait se révéler si bénéfique, si excitante, si pleine d'enthousiasme ?

 « Du champagne, ce sera parfait et de circonstance, pour célébrer cette victoire éclatante ! » C'était ce soir plus décisif que ne le fut Austerlitz en son temps pour les trois empereurs ayant tiré l'épée sur le plateau de Pratzen. Louis n'était pas mécontent, c'était peu de le dire : ses yeux avaient retrouvé leur couleur des beaux jours et ses lèvres semblaient déchirées entre l'euphorie du moment et un perpétuel sourire. Louis aurait tant aimé avoir une baguette entre les mains pour exprimer toute sa joie ! Mais vu la proximité géographique du conservateur du musée, il lui aurait certainement crevé l’œil, alors peut-être était-ce une bonne chose qu'il n'eût rien dans les mains sinon sa coupe de champagne à nouveau pleine. Les bulles sur sa langue l'indifféraient à présent, il ne goûtait plus que l'arôme du précieux nectar qui lui parut bien peu à la hauteur de ces espérances : la bouteille n'était pas fameuse, mais elle servait son office à la manière d'un laquais de Sicile.

Il n'allait pas sourciller et faire le difficile, il n'en avait ni l'envie ni les moyens, puisque son corps tout entier s'abandonnait à la joie d'une délivrance qu'il n'avait ni prévu ni même osé espérer il y encore quelques minutes. Dans la cathédrale de son cœur, ses cellules chantaient un Te Deum et dans les caves de sa moelle épinière, d'autres s'adonnaient à la danse rituelle des plus merveilleux rites à la gloire des anciens. Son corps était en fête, il n'en était que le taulier joyeux.

 « Je suis navré, cette scène était pitoyable, et vous y avez été mêlé à votre corps défendant... » Louis eut un rictus au goût de miel, ce qui l'étonna beaucoup. « Oh, je ne trompe personne, sans vous je n'aurais pas osé lui renvoyer l'épine avec les roses qu'il m'offrait, alors je devrais vous remercier plutôt que m'excuser. » Il brandit son verre pour, à nouveau, trinquer à la santé du conservateur et de tous les musées du monde, qu'il se sentait d'attaquer d'aller visiter cette nuit, s'il en avait eu les moyens et la possibilité. Il l'aurait fait, et de bon cœur, et de bonne grâce, mais il n'était pas de ces oiseaux qui volent à la vitesse de la lumière pour ainsi s'offrir un tour du monde en quelques heures.  « Alors à votre santé, Raphaël Mercury ! À défaut d'avoir levé la gazelle de tout à l'heure, vous avez levez les lièvres enragés qui sommeillaient en moi. Vous rendez-vous compte ? Je ne vous félicite pas. »

L'ironie de son propos était si manifeste qu'il n'était guère besoin d'expliquer la liesse qui se lisait sur les traits rassérénés du musicien. Et dans son zèle, il devint volubile.  « Enfin, pour l'avoir observé, cette gazelle ne demandait qu'à vous céder, croyez m'en. C'est à peine si elle crevait de s'offrir à vos cartouches ! Il y a de quoi la comprendre, ceci dit, beaucoup de braves filles en ville parlent en bien du conservateur du musée historique. Certaines n'auraient pas eu la retenue de celle que vous avez levée... je veux dire, trouvée, ce soir. » Il était peut-être temps pour Louis d'arrêter de boire... mais il n'en avait pas envie. Diablement !
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Message posté : Jeu 26 Juin 2014 - 23:16 Message
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Ma petite intervention divine passa comme une lettre à la poste, et je remerciais l’Olympe et l’état avancé d’ébriété de mon ami qui, pour le coup, n’avait rien remarqué. Si Stufford avait finalement tourné les talons pour ce soir, c’était uniquement parce que je lui avais donné un coup de pouce en faisant usage d’un don divin de persuasion auquel aucun mortel ne pouvait résister. Ce n’était pas très fairplay de ma part, mais je m’en moquais. Il avait constitué un obstacle entre le chef d’orchestre, moi, et le déroulement agréable de la soirée. Je n’avais que très rarement recours à mes pouvoirs lorsque j’étais en civil, mais ce mec avait réussi à émousser ma patience. Il allait donc se plier à ma volonté, pour ce soir, si le dosage que j’avais employé avait été juste, et peut être que demain il se réveillerait en se demandant ce qu’il lui avait pris d’agir ainsi. L’épineux problème, comme me fit judicieusement remarquer le chef d’orchestre, s'en était allé.

Je trinquai avec Louis à cette victoire réjouissante et à cette sérénité retrouvée. Mon sourire s’élargit devant ses excuses, et je feintai un air gêné que je n’éprouvais aucunement. « Je n’en étais pas moins sûr. J’ai cru, à vous voir, que nous allions frôler l’incident diplomatique. C’est pourquoi je me suis permis d’intervenir. Je vous prie de m’excuser de m’être l’immiscé dans vos affaires. » mentis-je avec aplomb. Je n’étais pas désolé le moins du monde et je savais déjà qu’il ne m’en tenait pas rigueur. J’imitai son geste, nos regards pétillants se croisèrent, à l’image des bulles de champagne, et nos verres s’entrechoquèrent. « A votre santé ! » lançais-je en même temps que lui. A défaut de savoir d’interpréter ses propos insinueux, j’explosai de rire. « Dois-je prendre cela comme un compliment ? » répondis-je, les yeux rieurs tout en portant la coupe à mes lèvres. « Ne m’encouragez pas, vous avez raison, je pourrais être tenté de vouloir éveiller d’avantage encore. » C’était dit sur un ton tout à fait léger et prompt à la plaisanterie, mais je n’en pensais pas moins.

Je réprimai un nouveau rire alors qu’il revenait à la charge avec ma proie de tout à l’heure. « Tout comme la vôtre. » répondis-je avec une légère ironie accompagné d’un clin d’œil. A charge de revanche ! Puis j’ajoutai, reprenant soudain un semblant de sérieux « Non je ne crois pas. C’est une journaliste. Je l’intéresse uniquement parce que je lui avais fait miroiter une interview en échange d’un dîner, depuis un petit moment. Elle a eu ce qu’elle voulait… et s’en est allée. Fin de l’histoire. » J’allais sans doute paraître bien naïf, mais le simple état de fait m’arrangeait en pareille circonstances, bien que je savais pertinemment que si j’avais insisté un peu, sans doute aurait-elle fini par me céder, ce qui n’aurait pas été pour me déplaire, il fallait l’avouer. Mais ce n’était pas exactement ce que j’attendais d’elle. En ce qui la concernait, je préférais me livrer à un jeu plus subtil et ambigu car je savais qu’il était plus facile de manipuler les humains avec leurs émotions. Elle pourrait m’être utile à l’avenir. J’étais juste en train de placer stratégiquement mes pions pour l’avoir à ma merci le moment venu.

Je n’étais pas surpris par les affirmations de Louis au sujet des rumeurs à mon égard, bien que je le soupçonne quelque peu de faire du zèle. Mon image avait tendance à me précéder. C’était un fait qui ne changeait pas, quelles que soient les époques. Les gens avaient tendance à s’imaginer que je pouvais obtenir n’importe quelle faveur de n’importe quelle homme ou femme en un claquement de doigts, et même sans en lever un seul d’ailleurs. Mais ça ne m’intéressait pas forcément et ce n’était pas toujours vrai du reste. Certes, je pouvais toujours faire usage de mon pouvoir de persuasion, mais quel intérêt si l’enjeu était uniquement de séduire ? J’étais joueur, et je n’aimais pas les parties courues d’avance. Il fallait que le jeu en vaille la chandelle à mes yeux.

Je détournai le regard, toujours aussi amusé des propos du jeune musicien. « Pourtant, je ne vois pas ce qu’il y a de sensationnel à être conservateur hormis le fait d’être bien conservé… » Blague à part, je replongeai un regard, espiègle mais entendu, dans le sien. « Et quand bien même, je ne sais pas si c’est très flatteur. Vous aimeriez, vous, n’avoir affaire qu’à des personnes insipides, prêts à combler le moindre de vos désirs ? » Il savait exactement de quoi je voulais parler et je ne doutais pas que nous serions d’accord sur ce point.
« En revanche, un artiste tel que vous doit être très prisé, ne me racontez pas d’histoires ! … la preuve en est… Vous semblez exercer certain envoutement sur certains de vos soupirants. »
Je fis signe au barman de nous resservir. C’était comme si l’alcool s’évaporait à mesure que nos verre se remplissaient. J’ignorais à combien de verre nous en étions, et pour l’heure, c’était le cadet de mes soucis. Je commençais à me sentir plus léger. « Quel est votre secret ? Aller ! vous pouvez tout me dire ! »
Mon esprit commençait dangereusement à divaguer. « Ça doit être l’effet de la musique… une mélodie envoutante et le tour est joué, n’est-il pas ? »

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Message posté : Ven 27 Juin 2014 - 0:17 Message
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De Principatibus

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ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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Louis n'avait pas l'impression que quiconque s'était immiscé dans quoi que ce fût le concernant ce soir, mais il savait le conservateur gré de sa présence et de son intervention à la marge des festivités. Le départ de Stufford couronnait la soirée qui ne faisait peut-être qu'enfin commencer et, trinquant à la santé de Raphaël, Louis s'étonna avec amusement qu'il pût douter des compliments qui lui étaient adressés comme l'eau d'un barrage effondré se déverse sur la vallée. Il approuva silencieusement et fit l'indicible promesse de ne plus rien encourager, mais toutefois la secrète intention de ne pas la tenir. Louis était un homme de parole, mais quand nul mot ne venait sceller un serment, il ne s'y sentait guère tenu par rien. L'alcool ne l'aidait guère, mais Louis était partagé. De nombreuses voix en lui s'élevaient pour exprimer des avis divers, parfois contraires, parfois grotesques, parfois audacieux, dans une cacophonie qu'il peinait à maîtriser et qu'il laissait aller tant le flux et le reflux de ses pensées lui faisait l'agréable effet d'un tourbillon exalté.

Ces sensations qui imprimaient sur lui leur mouvement immobile, auraient pu l'intriguer s'il n'avait été trop ivre pour ne pas leur abdiquer sa pudeur et ses réserves. Le conservateur ne parut pas avoir vu les mêmes choses que Louis plus tôt dans la soirée, et ce dernier savait son interlocuteur trop fin observateur pour ne pas saisir toute l'ironie d'un propos qui ne l'était sans doute pas, mais Louis n'aurait de toute façon vu que ce que ses yeux lui donnaient à voir, et ceux-ci avaient dressé entre eux et le monde un prisme ô combien déformant. Raphaël n'avait pas remarqué l'étincelle lubrique dans les regards de la journaliste ? À d'autres ! Pareille naïveté ne pouvait qu'être feinte. Elle colorait les traits du conservateur d'une couleur qui dorait ses contours, ce qui n'était pas déplaisant.  « Triste fin de l'histoire, alors... » Mais le ton de Louis en disait long sur ce qu'il pensait de tout cela. Mais il n'irait pas plus loin, respectueux du discours de son vis-à-vis. Louis se souvint alors des mots du livret d'un opéra qu'il n'avait pas dirigé ni entendu depuis des lustres. Ils vinrent d'abord les uns sans les autres, pêle-mêle, comme un essaim tordu.

Louis éclata de rire, et perdit tout contrôle des éclats dorés qui jaillissaient de sa gorge, à la plaisanterie décousue de son compagnon de soirée. Conservateur bien conservé... il avait osé la faire ! Mais les propos de Raphaël devinrent plus sérieux, quoique son regard fût le porteur d'un tout autre drapeau. Louis comprenait très bien ce que le conservateur voulait dire, et partageait son point de vue à bien des égards. Il n'était pas dans ses habitudes de céder aux désirs des coquilles vides n'ayant pour seul but que de brasser le vent de son sillage. Louis ne connaissait que trop bien cette espèce de nouveaux courtisans que de l'adulation béate un si long usage qu'ils composent leur humeur et leur visage aux yeux de l'objet de leur admiration. Il vomissait ces créatures plus creuses encore qu'une amphore oubliée.  « Je me lasse rapidement des tambours qui n'ont de répondant à l'aune du coup qu'on frappe, oui... » Le compliment qui suivit toucha Louis au cœur de sa vanité, car l'alcool avait dénudé la cible pour la rendre si vulnérable qu'il en rougit sur le champ. Mais aussi rapidement que le visage de Louis s'était décomposé, il se reconstruisit, plus fier que jamais, car cet homme avait l'orgueil se docile qu'il accueillait toujours avec faveur les compliments joliment formulés. Raphaël, à cet endroit, se débrouillait fort bien. Ses mots fondaient dans les oreilles de Louis comme le miel l'aurait fait sur sa langue.

Un verre de plus s'ajouta à la longue liste de ceux que Louis boirait ce soir. Il ne s'en souciait même plus.

 « Vous ne croyez pas si bien dire, il y a sur ce visage... » Louis désignait le sien d'un coup d’œil circulaire joint d'un geste de sa main libre.  « ...les marques d'un charme puissant, je ne peux vous le cacher, mais je le dois moins à mes ressemblances avec Phébus qu'aux leçons prises à l'école de Mercure, si vous me permettez ces comparaisons que seul un spécialiste de l'opéra d'inspiration antique oserait faire. » Plusieurs mémoires et une thèse consacrée à la place de l'Antiquité dans l'opéra européen vous conditionnaient pour la vie, ce qui expliquait sans doute les références d'un Louis bien loin du commun des mortels, pour le meilleur comme le pire. « J'ai toujours été à l'aise en société, sociable, comme on dit. La musique a été le parfait vecteur de ces affinités qui... m'ouvrent si facilement à mes semblables. » Louis perçut presque immédiatement tous les doubles sens qui pouvaient jaillir de toutes les interprétations à faire de ses derniers propos. Il s'égara un peu entre les ricanements. L'alcool lui servirait d'excuse. Mais il devait bien reconnaître qu'en effet la musique l'avait aidé à se rapprocher du monde dans son ensemble. C'était d'ailleurs parmi ses confrères et consœurs musiciens et musiciennes qu'il avait trouvé celle qu'il épousa dans l'euphorie d'une passion tendre et qu'il croyait promise à l'éternité.

 « Mais n'allez pas croire que je sois docile à toutes les sollicitations. Comme vous l'avez vu ce soir, toutes les mélodies ne sont pas douces. Venez donc un jour me voir, je vous montrerai ce qu'on peut tirer d'une corde tendue. » Il entendait par là les cordes d'un piano ou d'une harpe, ou même d'une guitare ou d'un violon, bien sûr. Bien sûr !
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