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Memory Lane

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Message posté : Mar 10 Juin - 10:09 Message
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21 juin 2014

— Hmmm…

Alex plissa les yeux. Il fallait agir vite, et il fallait agir bien. Le danger était proche et chaque décision comptait. Une catastrophe imminente planait sur son existence. Le mentaliste murmura :

— B7.
— Raté. F2.
— Touché. Coulé.

Abban s’étira et constata avec ravissement.

— J’ai gagné.
— Hmm hmm.
— J’ai encore gagné.
— Trois fois de suite, c’est pas non plus…
— Je crois que j’ai jamais vu quelqu’un d’aussi nul à la bataille navale.
— Ouais ben c’est bon, on a compris.

Le ton d’Alex avait été pour le moins brusque et Abban écarquilla les yeux. Depuis quelques semaines, depuis l’incident Lukaz-Zachary, sur lequel le téléporteur n’avait pas eu beaucoup de détails, la susceptibilité du mentaliste était exacerbée et il était prompt à prendre chaque remarque comme un reproche destiné à souligner sa supposée médiocrité. Alex était certes beaucoup, beaucoup plus doué que Chase pour dissimuler son mal-être, mais Abban connaissait assez les signes en soi-même pour les repérer chez les êtres. Tout doucement, il précisa donc :

— C’était pour rire, hein. C’est pas très grave.

Alex ne répondit rien, occupé à pianoter sur son téléphone.

— Comment ça va ?
— Ça va.

Très convaincant.

— Et Lukaz, comment ça va ?

Alex haussa les épaules.

— Tu veux en parler ?
— Non.

Silence.

— Et qu’est-ce que tu vas faire, pour la meuf, là ?
— Celle qui pose des questions ?

Alex releva les yeux de son écran et Abban hocha la tête.

— Tu crois que c’est important ?
— Elle pose beaucoup de questions.
— Y a beaucoup de gens qui posent beaucoup de questions.
— Tu fais comme tu veux, mais je serais toi, je jetterais un coup d’œil.

Depuis quelques jours, peut-être plusieurs semaines, une mystérieuse jeune femme sortie de nulle part ranimait l’enquête à propos de son décès. En soi, cela n’avait pas grand-chose de surprenant : en dehors des investigations officielles des forces de l’ordre, de celles, plus officieuses, de certains groupes d’intérêt plus criminels, Alex savait que quelques fans des NG, quelques théoriciens de la conspiration et des journalistes particulièrement inventifs tentaient d’élucider ce qu’ils tenaient pour le mystère de sa mort et que le silence du Bigsby Building rendait apparemment plus intrigant.

Jusqu’à présent, le mentaliste ne s’en était pas beaucoup soucié. En admettant même qu’une enquête conclût à sa survie, il fallait encore remonter jusqu’à lui et quand bien même on l’aurait fait, comme le Tesla de SHADOW, il n’y avait aucune preuve de son identité : même un examen génétique ne révélerait rien. Sa présence, et la réalité de ses souvenirs, dépendait entièrement de sa volonté et les esprits les plus suspicieux et les plus tenaces, il pouvait au besoin les recomposer. Abban, de son côté, trouvait l’attitude d’Alex un peu légère, mais il préférait ne pas risquer des commentaires qui seraient peut-être mal accueillis.

Ce jour-là pourtant, Alex se redressa, rangea son téléphone et décréta :

— T’as raison. Je vais jeter un œil.
— Ah bon ?
— Bah, je suis ton conseil.
— Ce serait bien la première fois.

Le téléporteur s’empressa d’ajouter :

— Mais cool, hein, t’fais bien, ‘videmment.
— Tu sais où elle est ?

Le regard d’Abban se perdit un instant dans le vide alors que son pouvoir localisait Lena. Il hocha la tête.

— Tu m’emmènes ?

Aussitôt, les deux jeunes gens disparurent de Fallaenn pour se matérialiser dans une ruelle assez sordide du district est.

— Tu veux que je t’accompagne ?
— Quoi, t’as peur que j’arrive pas à me débrouiller tout seul ?

Abban fixa le mentaliste sans rien dire. Ce n’était pas exactement de cela dont il avait peur et il était certain qu’Alex le savait fort bien. Celui-ci secoua la tête.

— Non ça va. Vas-y, t’inquiète, je gère.
— OK.
— Abban ?
— Oui ?

Alex eut l’air un peu gêné et ce fut d’un ton embarrassé qu’il murmura :

— Merci pour… La compagnie. Tout ça.
— Y a pas d’problèmes, mec. C’est quand tu veux.

Sur quoi l’Irlandais disparut. Il était le seul à qui Alex acceptât de véritablement parler, si encore on pouvait considérer qu’il lui parlait : la plupart de leurs rencontres se limitaient à des conversations à bâtons rompus autour d’un jeu. C’était déjà beaucoup. Le mentaliste refoula la vague de tristesse qui montait en lui et sortit de la ruelle pour considérer son nouvel environnement : la rue, pas trop grande, décrivait un large arc de cercle sur lequel donnaient plusieurs commerces, de l’électronique hors d’âge aux consignes urbaines en passant par les épiceries, ainsi que des immeubles d’habitation en voie de délabrement.

L’endroit, sans lui être véritablement familier, ne lui était pas inconnu : la rue était proche de l’endroit où Charlie Lane et lui-même avaient été brièvement détenus, bien des mois auparavant, par les hommes de main d’un gestionnaire de casinos clandestins. Ils s’en étaient tirés, même si Chase avait récupéré une balle dans l’épaule : cela avait été l’une de ses premières vraies missions sur le terrain, en seul agent en charge, même si elle avait été hors de ses attributions à l’UNISON. Rien de secret là-dedans et l’affaire était sans doute consigné quelque part dans son dossier à l’UNISON, à défaut il en avait été question dans la presse : il était aisé de retrouver les lieux.

Était-ce pour cela que la jeune femme décrite par Abban se trouvait ici ? Tentait-elle de débusquer des témoins ? Reprenait-elle le fil de son existence publique par ordre chronologique ? Ou bien n’était-ce qu’une pure coïncidence ? Alex commença à remonter la rue, pour rejoindre la salle désormais désaffectée où il avait été retenu. Elle avait été le lieu d’une ancienne salle de jeu et, une fois les scellés de la police levés, elle n’avait pas trouvé de locataire ; depuis, elle était à l’abandon.

Aux dires de l’Irlandais, sa nouvelle fan ne parvenait pas exactement à se fondre dans le décor : il chercha donc une silhouette de touriste atypique dans les environs.

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Message posté : Mer 11 Juin - 9:27 Message
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L’enquête de Lena n’avançait pas beaucoup.
Depuis près de quatre mois, elle avait reçu l’autorisation de sortir du Brett Building et donc de mener ses recherches directement sur le terrain. Si elle avait appris énormément de choses sur les coutumes humaines comme le fait que la violence n’était pas mal pour tout le monde ou qu’il ne fallait pas trop discuter devant eux avec les machines aux alentours, sa sous-enquête sur l’Unité Grue et la façon dont ils étaient parvenus à repousser leur attaque sans subir de dommages irréversibles était au point mort.
Lorsqu’elle avait touché cet ordinateur à l’UNISON, elle avait eu accès à tout un tas de dossiers et à l’aide des mots clés : Unité Grue elle était parvenue à trouver le nom de celui qui avait probablement protégé la Terre. Ou qui, au moins, en savait suffisamment pour l’aider. Elle avait donc commencé à chercher Chase Neutron-Grey, d’abord auprès de sa famille mais personne n’avait rien voulu lui dire. Elle avait ensuite compris qu’il était présumé mort et cela l’avait profondément ennuyé. Sur sa planète, les gens dont la vie s’achevait devenaient une partie de l’Ether, ils transmettaient leurs connaissances à toute l’espèce, du moins celle capable de se l’approprier. Sur Terre ? Elle avait demandé à plusieurs personnes de lui expliquer ce qu’était la Mort ici, si on pouvait contacter l’essence de la personne disparue, mais ses questions avaient été plutôt mal accueillies.
Soit, la Mort était un sujet tabou, tout comme la reproduction.

Désespérée, elle était retournée à l’UNISON, sous prétexte de rendre visite aux scientifiques qui lui avaient tenu compagnie pendant plus d’un an. En réalité elle désirait véritablement les revoir mais elle avait surtout besoin de leur ordinateur. Une main posée sur la machine, l’un de ses cerveaux recherchait des données, analysait tout ce qu’il trouvait sur Chase Neutron-Grey, sa vie, sa mort, le retenait comme s’il l’avait imprimé sur papier. Son autre cerveau, quant à lui, tenait la conversation et expliquait avec enthousiasme tout ce qu’elle avait appris et tout ce qu’elle avait vu. Si le docteur Andrews l’observait toujours avec une certaine méfiante, le jeune Johnson était, quant à lui, assez emballé. Il rit en apprenant qu’elle avait appelé le téléphone qu’il lui avait offert Happy, parce qu’elle était heureuse en le recevant. Après avoir passé deux bonnes heures à discuter d’un côté et emmagasiner de l’autre, Lena s’en alla.

L’UNISON lui avait prêté un appartement de fonction et elle avait le statut de diplomate extra-terrestre, ce qui signifiait que l’on prenait en charge ses besoins durant son séjour sur Terre. Lena avait dû expliquer qu’elle ne mangeait pas, ne buvait pas et n’avait besoin d’aucun accessoire de mode quelconque. Elle désirait juste des livres et un endroit où vivre. On lui avait donc donné une carte de bibliothèque et un petit appartement fonctionnel.
Rien de mieux pour la rendre heureuse.
C’est dans cet appartement qu’elle s’assit sur le sol au centre de la pièce, qu’elle ferma les yeux et entra dans une espèce de transe où elle repassait en vue chacune des informations, jusqu’à trouver un point étrange. Il était écrit que Chase avait utilisé une Pierre de Lune pour décupler ses pouvoirs et terrasser les Grues. Une image de la pierre accompagnait le dossier et Lena comprit que Chase ne pouvait pas être mort. Cette pierre, elle en avait déjà vue de semblables et s’il l’avait utilisé une fois ou deux, il avait dû fusionner avec elle, rendant son enveloppe incapable de mourir. Il avait dû se réincarner d’une manière ou d’une autre, mais comment ? Il pouvait désormais ressembler à absolument n’importe qui…Et elle ne pouvait pas sonder éthériquement toutes les personnes qu’elle allait croiser. Déjà, ce n’était pas très poli sur cette planète et en plus, elle s’épuiserait rapidement avant d’arriver ne fus-ce qu’à la moitié. Non, elle avait besoin d’une méthode de recherche…

C’est ainsi que, très logiquement, Lena entreprit de remonter le fil de la vie e Chase Neutron-Grey, un fil qu’elle avait téléchargé directement des ordinateurs de l’UNISON, sans qu’aucune alarme sécurité ne se déclenche. Personne n’avait pensé à protéger leurs ordinateurs contre l’Ether. Un jour, elle leurs expliquerait. En partant, évidemment.
Elle retenta le Buigsby Building, se rendit au HIT et dans tout un tas d’autres endroits. Elle se retrouvait aujourd’hui non loin d’un bâtiment, où Chase avait été retenu prisonnier par des hommes, avec une avocate. Si elle ne le trouvait pas, Lena comptait aller poser des questions à cette Charlie Lane, en espérant qu’elle se montre plus loquace que les autres Neutron-Grey qui, au final, n’avaient fait qu’accentuer sa curiosité par leur silence.

L’après-midi touchait à sa fin. Il y avait des enfants qui couraient dans la rue, des enfants qui semblaient habillés loin des canons de mode humains. Il y avait également des groupes d’homme assis sur le devant des immeubles, puis il y avait Lena, dans sa jolie robe verte qu’elle avait copié sur un magazine, avec ses talons, qui marchait en observant ces gens. Et ces gens l’observaient en retour, jusqu’à ce que l’un d’eux l’aborde.

- Qu’es’tu fait ici poupée ?
- Je cherche quelqu’un, monsieur. Peut-être pourriez-vous m’aider, le problème c’est que je ne sais pas exactement à quoi il ressemble. J’aurais besoin de vérifier son aura.

La spontanéité, le sourire et le manque de peur de l’extra-terrestre déstabilisèrent le jeune homme. Sans compter qu'elle lui parlait directement dans son esprit, mais c'était sans doute le moins bizarre dans tout ce qu'elle avait énoncé. A cette heure-ci, il n’y avait que des gamins qui voulaient se la jouer dans les rues et qui avaient déjà assisté à des trucs étranges.

- Bin c’que trouver quelqu’un sans savoir sa tête, c’est pas génial !
- Je sais, soupira-t-elle mentalement, découragée.
- Mais si t’es gentille avec moi, j’veux bien t’aider.

Il passa un bras autour des épaules de Lena et quelque chose se rebella en elle. Une fumée noire jaillit de son corps et se solidifia pour aller frapper le jeune garçon.

- Oh…Vous deviez avoir des intentions néfastes. Il sent ces choses-là, vous savez. Parfois je ne vous comprends pas, je posais juste une question… Elle fronça les sourcils. Vous êtes vraiment un mystère, vous les humains.

Elle haussa les épaules et leur tourna finalement le dos. Non loin de là, elle aperçut un garçon et elle le remarqua parce qu’il la fixait et qu’Isaiah lui avait appris que c’était extrêmement malpoli de fixer les gens qu’on ne connaissait pas, à moins d’avoir une bonne raison. En avait-il une ? Puis que faisait-il ici ? Il n’avait manifestement pas le « look » du quartier même s’il représentait bien l’un canon de beauté humaine, comme elle en avait vu dans les magazines.

- Excusez-moi monsieur ! s’exclama-t-elle mentalement en se dirigeant vers lui. Puisque vous m’observez et que nous ne nous connaissons pas, j’ai le droit d’entrer en contact avec vous, expliqua-t-elle mentalement d’une voix assurée. Pourquoi me regardez-vous ?

Une autre question aurait été de savoir pourquoi Lena ne regardait bien derrière elle et pourquoi elle n’avait pas pris en considération la variable selon laquelle les individus mâles possèdent un égo surdimensionné et refusent d’être repoussé par la femelle qu’ils ont choisie. Hélas pour eux, Lena n’était même pas une femme, même si elle en avait l’apparence. Mais ils l’ignoraient, alors ils se rassemblaient.
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Message posté : Ven 13 Juin - 17:34 Message
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Pour lui, retrouver quelqu’un dans Star City n’avait jamais vraiment été comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Ce jour-là, la facilité de l’opération fut quasi déconcertante. Alex n’avait même pas eu besoin de sonder les souvenirs les plus récents des gens qui vivaient dans les alentours, afin d’y repérer, comme dans autant de vidéos tirées des caméras de sécurité, une silhouette inconnue. Sur la Lincoln Street, il lui avait suffi d’apercevoir :

1. Une femme,
2. Blanche,
3. En robe,
4. Qui parlait aux hommes
5. Et les repoussait.

Pour savoir qu’il avait affaire à son enquêtrice attitrée. Il haussa un sourcil en voyant la fumée noire heurter le goujat et, tandis que la jeune femme marchait à droit à lui, lui, les mains dans les poches de son jean, sentait la couleur monter chez les hommes du petit groupe dont Lena s’éloignait. Avec des attitudes de ce genre-là, la demoiselle devait avoir de sérieux moyens de se défendre, ou bien elle jouissait d’une chance à toute épreuve : sans l’un ou l’autre, on l’eût depuis longtemps retrouvée échouée sur les plages de la baie. Lorsque la jeune femme lui adressa la parole, un sourire se dessina sur ses lèvres.

— Et dire que les gens trouvent mon style conversationnel étrange…

Derrière Lena, les machos du quartier faisaient gonfler leurs muscles en se motivant les uns les autres : il leur était apparemment éminemment nécessaire de se rassembler pour corriger une femme solitaire armée de ses seules chaussures. Alex ne leur prêtait pas grande attention : non seulement il eût été parfaitement capable de désamorcer la situation en leur inspirant une brusque mais impérieuse envie de beurre de cacahuètes, mais il était curieux de la laisser se développer, au moins un peu, pour voir si sa nouvelle interlocutrice avait véritablement les moyens de réagir à une agression.

Pour l’heure, il se perdait en conjonctures. Certes, on avait les fans que l’on méritait et il n’était que justice qu’un NG pas toujours au fait des subtilités de la psyché humaine — et, songea-t-il amèrement, bien malgré lui, c’était sans doute pour cela qu’il était tombé amoureux d’un homme qui paraissait avoir pris l’habitude de le tromper — et dont le seul des relations sociales avait toujours été un peu atypique attirât de semblables intérêts. Mais tout de même, la jeune femme paraissait débarquer de nulle part. Créature magique ? Voyage dimensionnel ? Pourquoi pas — on pouvait rêver — une alien ? Par prudence, Alex préféra ne pas s’informer directement à la source : on ne savait jamais trop quelles protections dormaient dans le(s) cerveau(x) des gens.

— Vous avez de jolis cheveux. J’adore vos cheveux. Je regardais vos cheveux.

Il désigna d’un geste de tête un point derrière Lena.

— Et votre popularité capillaire ne cesse de croître, on dirait.

En effet, une dizaine d’hommes s’était désormais assemblée derrière Lena. Celui qui avait été offensé, avec une diplomatie toute patriarcale, demanda à Alex :

— C’est ta meuf ?
— Bonjour.

Alex esquissa un sourire amusé et chercha du regard une réaction.

— Pas bonjour ? OK. Non, c’est pas ma meuf.
— Mais genre, tu la connais ?
— C’est ma cousine.
— Tu te fous de ma gueule ?
— Par alliance.
— Mais vas-y, je vais lui niquer sa race.

Des mains attrapèrent les bras de Monsieur Macho pour contenir son ire. Alex se pencha vers Lena et souligna :

— Je crois que vous les avez mis en colère.

Un homme un peu plus âgé que le premier se détacha du groupe et, puisque Lena était une femme, il continue à l’ignorer royalement pour traiter avec un autre homme, aussi antipathique fût-il.

— Écoute, ton amie, là, elle a mal parler à mon pote, et ça, c’est pas possible.
— Souhaitable.
— Quoi ?
— Une pierre qui tombe en montant ou de l’eau qui bout à 100 degrés sur l’Everest, c’est pas possible. Le mot que vous cherchez, c’est souhaitable, même si en fait, vous avez tort quand même. J’dis ça, c’est juste si jamais vous passez un examen de logique élémentaire, un jour.

Le poing partit sans réfléchir et bientôt, l’homme poussa un grognement de douleur : son poing s’était arrêté en plein air, mais il avait très mal. Et pour cause : il s’était brisé quelques phalanges contre l’invisible bouclier télékinésique d’Alex.

— Vous savez, votre rapport conflictuel à l’éducation est probablement l’une des sources de la frustration que je crois deviner en vous.
— Putain de bordel de merde…
— Vous voyez. Vous voulez en parler ?
— Débarrassez-nous de ce fils de pute et de sa pétasse.

Alex se pencha de nouveau vers Lena.

— Vous les avez vraiment mis en colère.

Alex se recula de deux ou trois pas, alors que les hommes s’avançaient vers eux.

— Allez-y, je vous regarde.

Et il la protégeait, quand même, au cas où — il n’allait pas la laisser se faire réduire en pulpe.
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Message posté : Mar 17 Juin - 10:18 Message
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Ce n’était pas la première fois que quelqu’un relevait la manière étrange qu’avait Lena L’y de communiquer. C’était par contre la première fois qu’une personne y réagissait aussi bien. Il n’y avait aucune peur ou incompréhension sur le visage de l’homme, dont le nom lui était encore inconnu. Il acceptait ce fait sans le moindre problème, ce qui était très intriguant pour l’extra-terrestre.

- Oh ! C’est très gentil, merci ! s’exclama-t-elle dans son esprit.

Elle avait temporairement oublié tout ce qu’elle voulait lui demander, suite à ce compliment anodin. Lena avait soigneusement choisi son apparence humaine et elle aimait beaucoup la couleur flamboyante de ses cheveux terriens. Elle était très différente sous cette forme empruntée mais cela faisait partie intégrante de son expérience anthropologique poussée.
Elle tourna la tête après que le garçon eut désigné quelque chose dans son dos et remarqua qu’effectivement, plusieurs personnes se dirigeaient vers elle. Une discussion s’en suivit alors, dont elle fut totalement exclue et dont elle ne comprit pas la teneur exacte avant que son mystérieux épieur ne lui explique qu’elle les avait mis en colère.

- Vraiment ? Mais…Pour quelle raison ?

Perplexe, elle observa la suite. L’homme leva la main pour frapper mais celle-ci fut stoppée nette par un bouclier, probablement invisible pour tout le monde mais Lena distinguait très bien l’énergie qui le composait car elle raisonnait avec l’Ether en elle. Ce garçon, nota-t-elle, possédait des pouvoirs qui correspondaient à ceux de la personne qu’elle recherchait. Hélas, Chase Neutron-Grey n’était pas l’unique mentaliste de cette ville. Elle le savait car elle avait souvent commis la méprise au cours du mois écoulé. Cette fois-ci, elle se montrerait plus prudente.

Les choses dégénérèrent alors véritablement. Un ordre fut donné, de se « débarrasser d’eux ». Lena avait déjà entendu cette réplique dans un film, cela augurait un mauvais moment à passer. Le garçon lui conseilla de régler le problème et elle soupira entre ses lèvres neuves.

- Je ne comprendrais jamais…

Sa remarque fut transmise à tout le monde et ce fut le signal. Ils vinrent d’abord sur elle à deux et l’un l’attrapa par le bras. Aussitôt, une fumée noire l’entoura et projeta l’inconscient sur plusieurs mètres. Il termina sa course contre un lampadaire qui avait déjà beaucoup souffert durant son existence.

- Faut pas la toucher ! s’exclama justement l’un des hommes.

Mais cette information sembla poser un problème collectif car comment corriger une personne qu’on ne peut pas toucher ? Ils optèrent alors pour l’attaque groupée en se disant que l’un d’eux au moins parviendrait jusqu’à elle et pourrait la blesser. C’était mal envisager les possibilités de l’Ether car lorsqu’ils furent entrés dans sa zone de confort, l’énergie noire explosa, devenant une entité solide qui les repoussèrent tous dans un vol plané presque majestueux. Deux tombèrent dans une benne à ordure, un autre contre un escalier en métal. Un rejoignit le premier compagnon près du lampadaire et les autres tombèrent tantôt sur une voiture, tantôt sur le trottoir. Ils étaient tous sonnés par l’impact. Lentement, l’énergie reflua en elle, l’ombre noire pénétra son corps et elle redevint l’adorable jeune fille aux cheveux roux qui semblait avoir temporairement disparut, brouillée par l’Ether.

- Excusez-moi mais je pense que vous avez contribué à les mettre en colère. Je n’aime pas utiliser l’Ether à des fins violentes.

Son peuple était extrêmement pacifique de par leur degré élevé de civilisation. L’Ether était une énergie de vie et le détournement qu’elle en faisait sur cette planète n’était décidément pas correct. Cela dit, il fallait bien qu’elle se défende et qu’elle s’adapte aux coutumes locales. D’ailleurs, même si elle ne l’avouerait pas tout haut, elle trouvait cela amusant.

- Peut-être devrions-nous nous éloigner, quelqu’un a peut-être prévenu les autorités…

Et elle n’était pas certaine d’avoir le droit de se faire arrêter, même si elle avait agi dans un cadre de légitime défense. Aussi prit-elle le poignet du garçon…
Avant de se stopper net.
En quelques microsecondes, son Ether avait réagi avec l’énergie qu’il dégageait, tirée de la fameuse pierre de Lune. Lena connaissait la signature énergétique, elle était assez proche de la sienne en réalité. C’était l’une des propriétés de l’Ether : puisque cette énergie vivait en toute chose sur toutes les planètes de l’univers, quoi que connue sous un nom différent à chaque fois, il suffisait aux représentants du peuple Xantah de toucher une personne physiquement ou mentalement pour savoir à qui ils avaient affaire. Peu importait les illusions physiques, en tant que prêtresse éthéryqie, même en semi-éveil, Lena était sure et certaine de son analyse car l’énergie qui vivait en elle ne pouvait mentir ou se tromper. Les yeux écarquillés, elle tourna la tête et souffla mentalement.

- C’est vous…Je vous ai trouvé !

A moins qu’il n’y ait un autre garçon en possession d’une telle pierre, auquel cas il fallait vraiment que la République contrôle mieux les arrivées de pierres astrales sur la planète Terre. Elle lui adressa un grand sourire, elle irradiait littéralement de joie.

- C’est pour vous que je suis là !

Même si cela, elle ne l’avait appris qu’une fois sur la Terre.
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Message posté : Mar 17 Juin - 15:57 Message
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Les mains enfoncées dans les poches, Alex avait sagement reculé, pour éviter de se prendre un caïd dans le coin d’une figure encore assez récente qu’il prévoyait de conserver quelques temps — c’état très fatigant à fabriquer, ces choses-là. En retrait, il put ainsi constater que la première salve d’énergie dont la jeune femme avait fait la démonstration, un peu plus tôt, n’était qu’un avant-goût de ses capacités et le jeune homme haussa les sourcils en l’observant finalement envoyer valdinguer ses nombreux agresseurs. Ce n’était peut-être pas une résolution très poétique des conflits, mais c’était quand même drôlement efficace. Avec un sourire en coin, comme si tout cela avait été véritablement très divertissant, Alex haussa les écoles, quand Lena suggéra qu’il n’avait peut-être pas été tout à fait étranger à la légère irritation de leurs interlocuteurs désormais inconscients.

— Ce n’est pas ma faute s’ils sont susceptibles.

Tout n’avait pas changé chez Chase lorsqu’il s’était réincarné et sa propension à aborder ce genre de situations avec une inépuisable ironie était intacte.

— Ne vous inquiétez pas pour les autorités. Sur Lincoln, vous pourriez tirer à la mitraillette sur vos ennemis que personne ne prendrait son téléphone.

Il n’était même pas sûr que ce fût vraiment une exagération. De toute façon, il n’allait pas le reprocher aux habitants de la rue tristement célèbre : les différents gangs de Star City n’étaient pas réputés pour leur inclination vers le pardon et Alex comprenait sans peine que de simples humains ne se sentissent pas assez fort pour s’opposer à eux, ou à même à des groupes de jeunes gens désœuvrés comme ceux que Lena venait de laminer d’une fumée experte. Ceci étant dit, ce n’était peut-être pas une mauvaise idée de trouver un cadre plus agréable pour leur conversation et Alex ne résista pas quand la jeune femme lui attrapa le poignet. C’est ainsi qu’elle connut l’épiphanie et découvrit en lui son nouveau dieu.

(Comment ça, j’enjolive ?)

Elle l’avait trouvé, donc il l’avait trouvée : si elle le cherchait, c’était qu’elle était celle qu’il cherchait. Frappé par cette logique imparable, Alex l’était aussi de l’enthousiasme de la jeune femme et du mode de sa toute récente révélation : comment avait-elle pu si clairement découvrir son identité ? Elle n’était pas à proprement parler télépathe, elle était… Le mentaliste plissa légèrement les yeux, pour effleurer la surface, et esquissa un sourire.

— On dirait que vous venez de très loin. Venez, je vous fais visiter.

Ce n’était pas la première non-humaine, trans-planète ou trans-dimensionnelle, qu’il rencontrât. Il se mit en marche dans la rue, élisant une direction au hasard, et médita d’abord silencieusement la situation. Les motivations de sa nouvelle amie étaient encore obscures, mais il ne les pensait pas sombre. Elle opérait de toute évidence seule, il n’y avait peut-être rien à craindre de l’UNISON. Son secret avait toutes les chances de se pouvoir conserver et puis… Les extraterrestres avaient des esprits comme les autres, que l’on pouvait photoshoper.

— Je dois vous avertir, au risque de vous décevoir : je suis déjà pris.

La plaisanterie était sortie toute seule, mais dans sa situation actuelle, il se rendit compte qu’elle avait une saveur bien amère. Son sourire disparut et il détourna le regard pour observer la succession des vitrines abandonnées au rideau de fer baissé.

— Vous savez, sans vouloir être désobligeant, il faut que je vous dise : vous n’êtes pas très discrète. Ça fait un moment qu’on me dit que vous posez des questions, beaucoup de questions et d’autres que moi auraient peut-être pris des mesures draconiennes pour assurer leur sécurité. Je ne sais pas exactement ce que vous cherchez, mais il faudrait songer à être plus furtive.

Pour leur bien à tous les deux. D’ailleurs, il se perdait en conjecture sur l’intérêt qu’elle pouvait avoir pour lui. Il y avait quelque chose de flatteur à songer que sa réputation le précédait, surtout de si loin, et l’exotisme extraterrestre faisait naître mille et une questions dans son esprit, dont la curiosité n’était jamais tarie, mais le plus urgent et le plus raisonnable — parce qu’il lui arrivait de se soucier de l’urgence et de la raison — étaient encore de s’assurer de la confidentialité de leur rencontre.

— Puisque vous me cherchez, vous avez dû constater que je fais profil bas en ce moment.

Par exemple, il était mort. Si ça, ce n’était pas rechercher l’anonymat.

— Et je préfère éviter que de trop nombreuses questions réveillent l’intérêt de trop nombreuses personnes à mon sujet.

Adressée à quelqu’un d’autre, cette dernière phrase eût peut-être été une menace, mais pour l’heure, Alex avait plutôt l’impression d’expliquer le fonctionnement d’une société indigène à Lena plutôt que de l’intimer, par la persuasion ou la force, au secret. La jeune femme venait de toute évidence d’arriver — ou alors elle était très lente pour s’adapter à la couleur locale — et il ne pouvait sans doute pas lui tenir rigueur de n’être pas une infiltratrice de première bourre.

— Vous pouvez m’appeler Noctis.
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Message posté : Mer 18 Juin - 10:14 Message
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- Y a-t-il quelqu’un d’autre que je ne perçois pas ? demanda-t-elle un peu naïvement.

Sans comprendre, évidemment, qu’il parlait d’un plan beaucoup plus personnel. Plan qui n’avait même pas effleuré l’esprit de Lena. Intriguée, elle le laissa finalement guider leur fuite à travers cette rue qu’elle ne connaissait pas mais qui semblait hors du commun. Comment ne pouvait-on pas appeler la police en entendant des gens tirer à la mitraillette ? Selon ses informations, c’était une arme dangereuse et bruyante…Elle devrait se renseigner.
Mais pas tout de suite. Elle venait de trouver l’homme qu’elle cherchait depuis bientôt quatre mois et toute l’attention de ses deux cerveaux était concentrée sur lui.

- Oh, je vois…Je suis navrée, je ne voulais pas vous attire d’ennuis. C’est juste que j’ai tenté d’appliquer les techniques de recherches utilisées sur votre planète mais elles ne sont pas très efficaces…J’ai donc tenter ma propre approche en interrogeant franchement.

Lena semblait vraiment embêtée et honteuse de son comportement. Fondamentalement, elle voulait agir pour le mieux et elle avait mis Chase Neutron-Grey dans l’embarra. Et s’il refusait de l’aider, à cause de cela ? Elle ne percevait aucune hostilité ni véritable contrariété mais elle avait appris que certaines personnes pouvaient cacher leurs émotions et ce, de manière redoutable. Pourquoi ne dissimulait-il pas également sa tristesse, dans ce cas ?
Encore une question à poser.

- Cela étant, vous n’êtes pas le premier à me dire que je manque de discrétion. J’ignorais que c’était si important ici mais visiblement…

En même temps, il était difficile pour quelqu’un dont le premier impératif biologique était la curiosité, de se montrer discret. C’était comme demander à un éléphant de ne surtout pas bouger face à une souris.
Oui, elle avait regardé un dessin animé ce matin.

- Je tâcherais de respecter votre souhait d’anonymat.

Tant qu’il acceptait de lui parler, elle n’avait aucun intérêt à trahir son secret. Il devait avoir ses raisons pour vivre de cette manière, à l’écart de ses amis, de sa famille et de tous les gens qui l’aimaient pour une raison ou l’autre.
Quelles raisons, d’ailleurs ?

- Noctis ? C’est très joli. Et court, comparé à votre ancien nom. Vous pouvez m’appeler Lena. Je suppose que vous le savez déjà, bien que j’ignore dans quelle mesure exactement car vous êtes le premier mentaliste aussi puissant que je rencontre, mais j’ai été envoyée par la République Lor pour étudier les humains et…

Lena s’arrêta quand ils croisèrent un groupe de jeunes enfants. Elle était plutôt fière d’avoir pensé par elle-même à se montrer discrète. C’était la première fois.

- Excusez-moi mais je pense qu’il vaudrait mieux trouver un endroit à l’écart où personne ne risque de nous entendre. On m’a demandé de ne pas trop étaler mes origines…Pas devant n’importe qui.

Ce qui ne l’empêchait pas d’expliquer à toute personne avec qui elle discutait plus de cinq minutes qu’elle venait de l’espace, qu’elle avait deux cerveaux et qu’elle apprenait leurs coutumes sociales. Le mensonge n’existait pas et la dissimulation d’informations était un crime sur sa planète, un peu comme un meurtre puisque l’information était une source de vie.

- Ce quartier semble peu fréquenté et ces immeubles inhabités.

Elle montra du doigt les différents immeubles dont les fenêtres étaient obstruées par des planches en bois, ainsi que les portes. Elle ne percevait pas de source de vie humanoïde à l'intérieur, bien qu'il y ait manifestement beaucoup d'insectes et quelques chats. Elle l'entraîna vers la porte d'entrée et se demanda s'il serait discret d'ôter les planches. Elle opta pour une réponse négative mais trouva une entrée en faisant le tour de l'immeuble. Elle ne lâchait pas son avant-bras, comme pour s'assurer qu'il n'allait pas disparaître. Elle trouva finalement un trou dans le mur, qui semblait avoir été garnit d'une fenêtre, jadis.

- Je ne ressens pas de vie ici, en dehors d'un chat au deuxième étage et de petits organismes mineurs. Si vous ne craignez pas les araignées, je propose que nous entrions dans ce trou.

Elle montra tout naturellement l'entrée de la cave du doigt.
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Message posté : Mer 18 Juin - 11:37 Message
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Certes.

La République de Lor.

Alex s’imaginait très bien débarquer dans une nouvelle dimension et expliquer sobrement : Je suis une entité psychique incarnée transdimensionnelle et je viens en apprendre plus sur votre industrie du jeu vidéo. Ça avait le mérite d’être clair et direct, mais il était à peu près certain qu’il ne s’inspirerait pas dans l’immédiat des techniques ethnographiques de Lena. C’était à se demander comment l’UNISON avait pu la laisser se promener dans les rues. Aux yeux du mentaliste, l’UNISON était par excellente l’organisme qui lissait le réel : pas trop de magie, pas trop d’extraterrestre, pas trop de mutants pas de catastrophe. Le bel ordre, bien établi, pour la gloire d’une humanité médiocre et rampante qui retournait les métahumains contre eux-mêmes.

Si Lena était venu d’une république extraterrestre, elle était nécessairement passée par l’UNISON : l’organisation et la Légion gardaient bien la planète. Alex voulait bien admettre qu’il y eût des moyens, et plusieurs, d’y accéder depuis l’espace en échappant à la vigilance des deux organismes et de leurs alliés, mais Lena se promenait trop ouvertement à Star City pour ne pas avoir l’appui de l’un ou de l’autre. Peut-être que la discrétion n’était pas un impératif absolu ? Peut-être que cette extraterrestre bien armée pouvait donner un coup de pied de la fourmilière de Star City ?

Peu à peu, un nouveau projet à ses yeux très distrayant, qui, comme d’habitude, consistait à répandre le chaos et la confusion, se formait dans l’esprit de Noctis et quand Lena, qui continuait à le palper, voulut l’entrainer dans une cave obscure, le jeune homme s’exclama volontiers :

— C’est parfait !

En effet, c’était très riant. Des planches clouées un peu en hauteur tombaient quelques rayons de soleil, qui diffusaient dans la pièce une lumière poussiéreuse. Un réfrigérateur démonté gisait dans un coin et, au milieu de la pièce, un vieux sofa à ressort attendait ses occupants ordinaires ; à en juger par les capsules et les quelques seringues qui trainaient ça et là, ceux-ci ne venaient pas discuter philosophie. Les yeux d’Alex se levèrent vers le plafond et, pendant une seconde ou deux, le jeune homme eut l’air absent — puis son attention se reporta sur Lena.

— Vous avez d’intéressantes aptitudes. Je serais curieux d’en apprendre plus. Mais je vous avoue, sécurité oblige, qu’avant toute chose, je serais curieux de savoir comment vous pouvez vous promener toute seule dans les rues.

Alex fit un geste de la main et la centaine de capsules et de seringues qui jonchaient le sol s’élevèrent pour flotter dans les airs. Un second geste et, comme une pluie étrange, les objets se précipitèrent vers le réfrigérateur pour s’y entasser.

— Mes anciens employeurs ne sont pas réputés pour leur tolérance raciale. Leur sens du cosmopolitisme s’arrête en général à l’espèce humaine. Et encore, pas toute ses composantes. Je croyais que les visiteurs spatiaux étaient soigneusement tenus en quarantaine.
— Mrrooow.
— Ah, très bien.

Alex s’accroupit pour gratter sous le menton le chat brun qui venait de faire son apparition. Les immeubles abandonnés devaient être un excellent terrain de chasse, parce que l’animal paraissait bien portant. Après l’avoir caressé quelques secondes, Alex posa un index sur le front du chat — le félin devint soudain très calme et, quand le mentaliste se releva, il partit en trombe, sortit de l’immeuble et s’assit à un endroit stratégique, pour surveiller les allées et venues.

— Je suppose que l’UNISON vous tient toujours en quelque manière en laisse, non ? Ils sont très doués pour ça. Regardez : vous prenez des NG, riches, puissants, indépendants. Vous donnez un avion à l’un, un laboratoire à l’autre, deux ou trois ordinateurs et vous arrivez à les contrôler pour le reste de leurs existences.

Alex afficha un sourire amer.

— C’est une parfaite petite dystopie américaine.

L’insatisfaction adolescente qu’il avait éprouvée jadis à l’égard de l’organisme, quand il avait été coincé dans son bureau d’informaticien, au sein du laboratoire de sa sœur, avait crû et mûri. Lukaz, la Foire du Futur, la rencontre de certains de ses doubles, dans d’autres dimensions, avaient jeté des lumières nouvelles sur l’UNISON, qui en avaient mieux fait ressortir les ombres, et l’inimitié qu’il concevait désormais à l’égard de l’organisation était bien plus complexe, bien plus profonde et bien mieux argumentée qu’une simple affaire d’ambition froissée.

— C’est pour ça que je vous recommande la discrétion. Si l’UNISON avait vu ce que vous venez de faire de vos pouvoirs…

Et qu’il avait largement provoqué en envenimant la situation, certes. Mais c’était une forme de pédagogie, non ?

— … je ne suis pas sûr que la satisfaction de votre curiosité resterait une entreprise aussi aisée. Alors, comment ça marche pour vous ? Ils vous ont donné, hmm… Un ordinateur ? Un téléphone ? Un appartement ? Une petite pension alimentaire ?

Toutes ces suppositions étaient d’autant plus faciles à faire qu’il connaissait bien le fonctionnement de l’organisation.
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Message posté : Mer 18 Juin - 13:05 Message
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Chase ou plutôt Noctis, semblait très heureux de l’endroit choisit par Lena pour leur entretien privé et l’extra-terrestre se dit que chaque humain était vraiment différent des autres. Sur un registre plus personnel, elle se moquait bien de l’environnement du moment où elle pouvait poursuivre la conversation dans un endroit privé, où personne ne les dérangerait. Hélas, avant d’avoir accès aux informations qui l’intéressaient, elle devrait donner un peu de sa personne en expliquant pour quelle raison l’UNISON la laissait aller et venir dans les rues sans la surveiller plus que cela. Elle était pourtant une représentante d’une race extra-terrestre, ce dont les humains se méfiaient énormément, surtout depuis l’attaque des Grues.

- Ecoutez…Sur ma planète, le mensonge n’existe pas et dissimuler des informations est un crime odieux dont personne n’oserait se rendre coupable. J’ai eu du mal à comprendre qu’ici, tout le monde procédait exactement de la manière inverse. Lorsque je suis arrivée sur Terre il y a près d’un an et demi, l’UNISON m’attendait et m’a mise en quarantaine. Ils se sont montrés très aimables, surtout lorsqu’ils ont compris que j’étais une visiteuse pacifique ou du moins qu’ils ont feint de le comprendre. Les documents que m’avaient remis le Sénateur Xhzorien n’avaient hélas aucune valeur ici, nous aurions dû le savoir. Ils m’ont donc observée et étudiée pendant un an et je pense que j’y serais encore s’il n’y avait pas eu…Cet accident. L’un des spécimens que vous appelez « de la zone 21 » s’est échappé dans le laboratoire et a failli tuer un scientifique. Je l’ai sauvé avec mon pouvoir…Un pouvoir que je n’avais jamais caché. Mais voyez-vous, malgré mes explications sur le sujet, les humains ne comprenaient pas toute la portée de l’Ether et je n’avais pas les mots adéquats pour leur expliquer. J’ai tout essayé, j’ai été très coopérative et je crois qu’ils me voyaient comme une sorte d’enfant un peu naïve qui voulait absolument s’intégrer. Je n’ai pas cherché à les détromper. Nous autres xanthiens, nous avions beau être les plus avancés de l’univers ou du moins compté parmi les plus avancés, nous étions toujours considérés comme des enfants lorsque nous partions de notre planète, parce que nous sommes curieux de tout. Nous devons l’être, au risque que l’un de nos cerveaux s’atrophie et que nous mourrions. Et nous devons satisfaire la curiosité des autres. Je vous le promets, j’ai vraiment essayé, mais vous ne disposez pas des outils pour comprendre.

Elle fouilla dans la poche intérieure de la petite veste qu’elle portait par-dessus sa robe et en sortit un joli smartphone.

- Il se nomme Happy. C’est mon téléphone portable, le jeune scientifique Johnson me l’a donné et je sais qu’il contient une puce GPS. Ce qu’eux ne savent pas…Ou ce qu’ils n’ont pas voulu reconnaître, c’est que chaque machine a une existence propre, un caractère, une sorte d’esprit, bien qu’ils soient mal considérés par les humains. L’Ether est une énergie et une source de vie présente dans tout ce qui est créé par n’importe quel peuple et je peux entendre leur…Comment dire avec des mots à vous…Âme ? Happy est mon ami et il falsifie les données GPS de ma puce afin de me localiser dans l’appartement qu’ils m’ont prêté. Je suis également consciente qu’ils ont dissimulé des caméras dans chaque pièce et elles aussi, me couvrent en envoyant de fausses images. Cela a été très amusant de les enregistrer.

Elle sourit en repensant à ce bon souvenir.

- Le problème c’est que les humains…Vous êtes encore à un stade de développement primitif, sans vouloir vous vexer. Vous craignez ce que vous ne comprenez pas ou vous faites comme si vous l’ignoriez. A l’UNISON, les scientifiques ont remarqué que j’échangeais avec des machines parce que je le leurs ai dit, au début. J’ai expliqué que je trouvais leur caméra bien sympathique mais ils ont préféré penser que j’utilisais le mauvais mot de vocabulaire. Vous savez, monsieur Noctis, j’ai deux cerveaux et même si je suis qualifiée de naïve dans ce monde, je sais m’en servir. J’ai appris à ne pas dire ce qui les dérangerait à coup sûr et je me suis contentée de parler par télépathie personnelle avec leurs ordinateurs. C’est comme ça que j’ai eu accès à toutes vos données…Et ils ne se sont rendu compte de rien. J’ai piraté tous vos systèmes sans qu’aucune alarme ne se déclenche.

Elle lui adressa un petit sourire, teinté d’une espèce de tristesse.

- J’aime beaucoup les humains. J’en ai rencontré plusieurs, tous très différents et c’était très amusant. Certains étaient des criminels, d’autres des gens normaux, j’ai même rencontré une vieille dame qui m’a donné un cookie et raconté l’histoire de sa vie ! C’était passionnant. Mais je sais que je suis effrayante pour la majeure partie de la population, surtout sous ma forme physique originelle et cela me rend triste, car j’ai vraiment tout essayé pour montrer que j’étais pacifique. L’Ether est une énergie de vie, je la contrôle à l’instinct et parfois, c’est elle qui décide. Quand j’ai repoussé le garçon la première fois, en réalité c’était l’Ether en moi qui a agi pour la protection de mon enveloppe. Il est hostile aux attitudes hostiles, c’est tout…Je ne veux réellement aucun mal à cette planète ni à aucune autre, je ne veux pas détruire votre monde comme on a pu détruire le mien…

Son sourire se fana et elle baissa les yeux.

- Je l’ai souvent répété, mais on ne m’a pas vraiment écouté. Ils m’ont laissé sortir parce qu’ils ont besoin de moi pour s’occuper des créatures de la zone 21 et des extra-terrestres du vaisseau pénitencier, vu que je connais leurs espèces, mais ils me surveillent comme si j’étais une criminelle, en pensant en plus que je suis idiote et que je ne remarque rien. Je ne peux rien contre cela mais j’ai besoin d’espace, j’avais besoin de liberté pour vous trouver parce que même si j’ai manqué de discrétion dans mes questionnements…Disons que j’ai fini par comprendre que c’était probablement le seul moyen de vous attirer jusqu’à moi.

Elle releva les yeux.

- Je vous cherche depuis quatre mois…Et je suis contente de vous avoir enfin trouvé. Est-ce que mes réponses sont satisfaisantes ou désirez-vous un développement supplémentaire ? Je peux tenter de vous en fournir et vous apprendrais tout ce que vous avez envie de savoir, si vous consentez vous-même à répondre à mes questions. J’ai l’impression que vous êtes le seul être sur cette planète capable de pleinement me concevoir…
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Message posté : Mer 18 Juin - 20:53 Message
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Et dire qu’on l’accusait d’être bavard ! Même Abban n’était pas capable de tenir le crachoir aussi longtemps, et Dieu sait qu’Alex avait dû endurer de longues, très longues, interminables explications sur les vertus des différents types de farine ou les mérites comparés des cols de chemise. Le jeune homme avait fini par s’asseoir dans le sofa, tout poussiéreux et inégal qu’il fût, et s’il avait eu une expérience de professeur ou d’inquisiteur, il aurait eu l’impression sans doute de faire passer un examen à Lena. Et la jeune femme était une élève (ou une hérétique, c’est pareil) intarissable.

Curieux comme toujours, Alex ne s’ennuyait pas cependant. Si les discussions pâtissières ou vestimentaires ne parvenaient pas toujours à le captiver aussi longtemps que son Irlandais favori l’aurait voulu, les histoires d’extraterrestres, d’UNISON, de technologies ou de pouvoirs l’intéressaient toujours au plus haut point, même prises isolément : leur combinaison dans les explications de sa monologique interlocutrice lui était donc captivante. Lorsque le silence retomba après la proposition de Lena d’entrer dans plus de détails, Alex resta un moment dans un mutisme songeur, pesant les risques et les avantages de cette rencontre.

Tout son calcul n’était pas fait de froideur. Il y entrait beaucoup d’un sentiment de solitude qui s’était accru depuis l’affaire entre Zachary et Lukaz, un sentiment d’étrangeté qui l’avait poursuivi toute sa vie, que sa réincarnation avait rendu plus criant et que ses déceptions sentimentales lui faisaient à chaque fois mieux sentir. Il ne savait pas par quel hasard l’assemblage de sa personnalité était devenu à ce point atypique qu’il ne se sentît plus capable de s’expliquer à qui que ce fût. Même à Lena, si proche à l’en croire par bien des aspects de sa propre personne, il n’espérait pas de pouvoir se dévoiler, mais au moins de partager une certaine perplexité. Peut-être.

Le mentaliste sortit ses pensées et leva un index.

— Un. Je ne suis pas humain.

Il y tenait beaucoup. À la fois par esprit d’exactitude scientifique et par fierté. Le mentaliste se releva.

— Je suis…

Il fit un geste de la main, comme s’il brassait les possibilités, et finit par hausser les épaules avec un léger sourire.

— … Noctis ? Et ce monde, ce n’est pas ma patrie. Ma patrie, c’est le Multivers. Comprenez-moi bien : j’aime vivre ici, et j’y vis parce qu’il faut bien vivre quelque part, mais mes horizons sont plus vastes. Ceci étant dit, si j’étais vous, je ne tirerais pas des conclusions trop hâtives sur l’avancée technologique de ce monde. Il pourrait vous réserver des surprises.

Il pensait tout autant à des créations techniques comme les siennes ou celles d’Otaku (hélas — mais il comptait bien régler un jour ou l’autre son compte à ce fâcheux concurrent) qu’aux technopathes qui devaient partager, supposait-il, un peu des sensations de Lena.

— Enfin, vous verrez bien par vous-même, je suppose que vous êtes ici pour un moment.

Il se demandait bien d’ailleurs comme elle était arrivée et, surtout, comment elle comptait repartir : les technologies de voyage spatial primo-terriennes demeuraient un peu rudimentaires, ça, c’était certain, et Alex n’était pas sûr de pouvoir emporter avec lui une navette d’un autre monde parallèle mieux équipé. C’était lourd, ces machins-là.

— De même, pour la surveillance de l’UNISON… Je suppose que leur relative absence de méfiance joue beaucoup, mais à trop attirer l’attention, vous risqueriez d’avoir affaire à des agents bien entrainés. À la Division d’Espionnage par exemple. Ils vous ont parlé de la Division d’Espionnage ? Probablement pas. Je ne suis pas sûr que ce soit très… légal. Vous vous renseignerez, ça vaut le détour. Enfin, je ne dis pas ça pour vous donner des leçons : c’est juste que vous m’êtes sympathique, je ne voudrais pas que vous disparaissiez brusquement dans une cellule de confinement.

Puisque les sympathies de Lena pour l’UNISON étaient apparemment un peu mitigées par la surveillance contraignante que l’organisation exerçait sur elle, Alex alimentait volontiers le mécontentement de son interlocutrice. Rien de plus fédérateurs que des ennemis communs.

— Ceci étant dit, très sincèrement, je sais ce que je peux faire, mais je ne suis pas sûr que qui que ce soit d’autre le sache, ici ou ailleurs, encore moins à l’UNISON. J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi vous me chercheriez, moi, précisément.

Tous ses actes héroïques avaient toujours été très circonscrits et bien en-deçà de ses capacités réelles, longtemps par un mélange de pur hasard et de retenue mal placée, et depuis peu par discrétion. Tous sauf un, évidemment.

— À moins que vous ne veniez me parler de l’invasion des Grues. Votre planète a été détruite par les Grues ? Vous manquez de pratique martiale ?

Simples déductions : tout cela, Lena l’avait plus ou moins dit, certes en le parsemant dans des flots de discours — il avait suffi de tracer les lignes entre les points et, habitué comme l’était Alex à nager dans des océans de pensées confuses, les explications bien ordonnées de la jeune femme, même abondantes, n’avaient rien d’un labyrinthe. L’invasion Grue. Voilà qui le ramenait loin en arrière et il craignait de n’avoir pas des réponses très satisfaisantes à apporter. Mais le sujet l’intéressait : depuis qu’il avait discuté avec Eclyps, sur Anterra, des effets néfastes d’un voyage dimensionnel trop aisé et trop répandu, la possibilité d’une destruction de sa chère Terre Prime pour une armée venue d’ailleurs, dans les dimensions ou l’espace, le préoccupait de plus en plus.

— Pardon. Assez de mes questions. Posez les vôtres.
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Message posté : Ven 20 Juin - 10:43 Message
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Lena était contente d’apprendre des choses de la part de Chase ou plutôt, de Noctis –qui-n’était-pas-humain. Elle n'avait aucun problème avec sa conception des choses, elle la trouvait même extrêmement intéressante et il était en plus très aimable de la mettre en garde contre les divisions spéciales de l’UNISON. Lena avait bien compris que sa présence, bien qu’appréciée dans certains cas, était surtout gênante. Qu’y pouvait-elle, de toute façon ?

- Ce sont les Grues, oui…

Son sourire se tarit presque immédiatement à l’évocation du souvenir douloureux.

- Ils n’ont pas vraiment détruit ma planète…Vous savez, nous étions parmi les peuples les plus avancés de l’univers et ils convoitaient le pouvoir de l’Ether. Ils étaient en train de nous envahir, ils allaient nous réduire en esclavage et obliger les Manipulateurs d’Ether à travailler pour leur compte. S’ils obtenaient cette énergie…Et notre technologie, ils risquaient d’écraser non seulement la République mais également tous les autres peuples libres et neutres. Nous ne sommes pas des combattants, nous avons essayé de nous défendre au mieux mais en voyant notre fin proche, ma mère…Enfin vous dites mère ici mais le terme n’est pas correct. Disons, la personne qui m’a autogénérée, car nous n’avons pas de sexe. Enfin, je m’égare, je veux dire…La dirigeante de notre planète, a préféré détruire notre patrie plutôt que de mettre en péril l’univers entier. Elle a simplement sauvé six d’entre nous, dont moi, dans l’espoir qu’un jour prochain la République vaincrait les Grues et que nous pourrions reconstruire notre civilisation ailleurs.

Son poing se crispa. Toute une série de sentiments étranges et inconnus lui serraient la poitrine lorsqu’elle évoquait cet épisode de sa vie.

- Le problème c’est qu’avec ma…Mère, pour utiliser votre vocabulaire, le fleuron de notre technologie est morte et je n’ai pas terminé de m’éveiller à l’Ether. Donner notre technologie à des peuples guerriers pourrait permettre une victoire mais le problème, c’est l’utilisation qu’ils en feront ensuite. Mon objectif est donc double. J’aimerais savoir de quelle manière vous avez repoussé les Grues, si vous seriez prêt à le refaire ou à m’apprendre comme les faire. Si ce n’est pas le cas, je vais devoir étudier de nombreuses civilisations, passer de planètes en planètes jusqu’à trouver un peuple qui serait capable d’utiliser l’Ether à bon escient.

Et elle n’était pas suffisamment naïve pour ne pas comprendre que cela lui demanderait énormément de temps, plus qu’une simple vie, même si son espérance d’existence était quasi infinie tant que personne n’y mettait fin.

- J’ai besoin de vous…J’ai besoin de vous parce que j’ignore comment terminer mon Eveil, donc comment mener à bien la seconde solution. L’Ether est une énergie complexe, elle est la source de toute la vie. Elle est en vous comme elle est en chaque être vivant, en chaque animal, en chaque feuille et même en chaque pierre. Tout a une vie, tout, même la technologie…Tout ce que vous voyez possède de l’Ether. Lorsque j’aurais terminé mon Eveil, je pourrais le manipuler, je pourrais avoir accès aux secrets de mon peuple, à leur essence et je pourrais peut-être même détruire les Grues. Mais je ne sais pas quel chemin emprunté, je n’ai aucun indice et je ne suis pas sure de désirer un tel pouvoir. J’ai peur…Des conséquences.

Sa mère aurait probablement pu tuer les Grues, tous. Sauf qu’elle n’y était pas parvenue, c’était contre tout ce qu’elle était, son essence même, contre les convictions de leur peuple. Elle n’avait pas su s’en détacher et avait préféré sacrifier une nation plutôt que de corrompre leur essence commune. Stupide ? Courageux ? Lena n’avait pas la réponse et parfois, cela la tourmentait. Elle n’était pas une guerrière, elle n’était pas celle qui serait capable de porter le coup décisif mais le garçon assit à côté d’elle pourrait très bien s’en charger à sa place. Il pourrait…La venger ? Non, non, elle ne voulait pas penser de cette façon. Il pourrait simplement la sauver. Elle et le reste de l’univers.
Elle plaçait des espoirs gigantesques en lui.

- Vous êtes probablement mon seul espoir, Noctis et j’espère que vous accepterez de m’aider. Je sais que nous venons à peine de nous rencontrer et que les conventions sociales humaines voudraient que nous ayons entretenus une plus longue relation avant de vous demander un tel….service. Mais puisque je n’ai plus de planète, c’est l’univers que je dois préserver de cette menace. Vous dites que votre patrie, c’est le Multivers mais les Grues envahissent tout…Alors ils pourraient très bien venir un jour pour vous enlever tout ce que vous aimez, tout ce que vous êtes, pour vous réduire à rien de plus qu’une…

Elle grimaça en se souvenant du terme employé par le Sénateur.

- Princesse sans patrie et pouvoir qui dépend du bon vouloir des puissants.
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Message posté : Ven 20 Juin - 21:36 Message
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Le problème, quand on était le mentaliste le plus puissant du monde, c’était que l’on n’avait pas souvent l’occasion de comparer ses pouvoirs avec ceux des autres. Chase avait bien eu un aperçu, d’ailleurs très elliptique, de ceux de Colin et discuté une ou deux fois avec Adrian des parentés possibles entre puissance magique et puissance psychique, mais ce n’était tout de même pas deux points de comparaison très constants ni très représentatifs, quant aux quelques mentalistes qu’il avait pu croiser à l’UNISON, s’entraîner avec eux était rapidement paru aussi utile que l’eût été, pour Mohammed Ali, de boxer avec une fourmi arthritique.

Alors savoir si l’Ether était la source directe de ses pouvoirs et si les préceptes scientifico-mystiques de son interlocutrice pouvaient être reversés à la compréhension de ses propres aptitudes était un peu compliqué pour lui. Ces considérations étaient loin d’échapper entièrement à son intérêt, mais depuis près d’un an, depuis les dernières tentatives d’expérience de Tesla, Chase avait jugé qu’il était toujours beaucoup plus intéressant de développer ses pouvoirs que d’ergoter sans fin sur leur nature et sur leurs applications théoriques. Pour l’instant, tout ce qu’il avait voulu leur faire faire, ils l’avaient fait, et s’il supposait bien, par principe, qu’ils n’étaient pas absolument illimités, il eût été bien incapable de dire a priori s’ils pouvaient être d’une quelconque utilité à Lena.

Après avoir mûrement pesé ces sérieux obstacles et ces considérations graves et sages, Alex hocha la tête et déclara :

— Bien sûr que je vais vous aider.

Ça avait l’air divertissant — ce qui était, somme toute, l’une des raisons principales des actions du jeune homme.

— Ceci étant dit, je crois que d’un point de vue purement stratégique, vous avez déjà la réponse à votre propre question. Si vous voulez savoir comment nous avons fait pour repousser les Grues, la réponse est simple : nous avons fait ce que votre civilisation n’a pas fait. Attaqué. Nous les avons électrocuté, brûlé, démembré, déchiqueté, explosé, avec nos pouvoirs et nos armes. Je ne voudrais pas vous paraître désobligeant ni excessivement pragmatique, mais je crains qu’à mes yeux, l’un des critères les plus fiables de l’avancée d’une civilisation soit sa capacité à exister, sans cela, toutes ses valeurs demeurent théoriques. Et l’existence implique la résistance, la résistance l’annihilation des menaces. Vous savez jouer aux échecs ?

J’espère que tout le monde admire le fait qu’Alex se fût retenu pendant de très longues minutes de faire une comparaison échiquéenne.

— C’est un jeu terrien, très intéressant, je vous apprendrai, vous allez adorer. Bref. Il y a parfois des manières de jouer moins élégantes et moins intelligentes qui sont plus efficaces contre des adversaires donnés. L’intelligence passe certes par la maitrise a priori de tous les coups possibles et par la capacité théorique de résoudre les situations les plus enchevêtrées de la manière la plus subtile, mais elle implique aussi et surtout une évaluation perspicace et réaliste des capacités de l’adversaire. Ma participation à la lutte contre l’invasion Grue n’a pas été une espèce d’entreprise de pacification psychique de leurs esprits : j’ai démantelé la cohérence de leurs armées, ruiné leur moral et permis à nos armes les plus matériellement destructrices de faire le plus de dégâts possibles. Pour être honnête…

Alex se pencha en avant, les coudes sur les genoux.

— Je crois non seulement que la violence est parfois la résolution la plus réaliste et pratique d’un problème donnée, mais je crois aussi que la destruction n’est pas entièrement dépourvue de valeur morale. Le pouvoir de détruire a son intérêt et sa beauté propres. Tant que vous ne l’admettrez pas, vous n’exploiterez qu’une partie infime de vos capacités, comme je l’ai longtemps fait. Vous cherchez une réponse raffinée et compliquée cachée dans le recoin de quelque civilisation exotique à l’autre bout de la galaxie, alors que la réponse est d’une simplicité que vous trouverez sans doute consternante : pour repousser un adversaire, on le fait exploser. S’il a des boucliers, on fait exploser ses boucliers avant. Et s’il est immunisé au feu, on lui tranche la gorge. Quand on est prêt à admettre cette vérité fondamentale que la souffrance et la mort des autres sont parfois absolument nécessaires, on peut commencer à élaborer des solutions plus élégantes. Mais il n’y a de vrai pouvoir que celui qui renferme les morts possibles.

Les yeux bruns du jeune homme cherchèrent ceux de son interlocutrice.

— Sur notre planète, il y a un pays qui s’appelle le Japon. Il y a très longtemps, alors que l’immense majorité des pays de notre monde se livraient des guerres permanentes et par bien des aspects primitives, la noblesse du Japon, à l’époque de Heian, plaçait la véritable gloire dans la contemplation de la nature et la composition des poèmes. Tout son système politique était conçu pour assurer une parfaite quiétude et une parfaite stabilité. Lorsqu’un grand commettait un crime, il n’était pas exécuté, ce qui était très rare à l’époque, mais envoyé en exil sur ses propres terres. Lorsqu’un empereur était trop puissant, il se retirait et un nouvel empereur était nommé. Pour préserver le calme. La quiétude. Et la stabilité.

Mais les nobles des province n’avaient pas accès à la poésie. À la contemplation des arbres raffinés de l’Empereur. Aux sculptures. Aux éventails. Les nobles de province s’occupaient autrement : exilés, coupés de la société, ils chassaient. En chassant, ils ont appris à monter à cheval. Ils ont appris à manier l’arc. Et les autres armes. Et quand ils se sont vus infiniment moins cultivés mais infiniment mieux armés que les nobles de la cour, quand certains Empereurs Retirés les ont vus ainsi, ils ont compris que les plus belles fleurs de cerisier pouvaient être coupées par les fleurs les plus vulgaires. L’époque de Heian a pris fin dans une violente guerre civile et a ouvert la voie à des dynasties de pouvoir militaire.
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Message posté : Sam 21 Juin - 9:48 Message
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Lena acquiesça lentement aux propos de Noctis. Elle avait conscience de la justesse de ses mots, elle avait fini par apprendre qu’il fallait parfois user de violence pour atteindre son but, surtout un but aussi important. Hélas, son peuple n’était pas prêt pour « la régression » comme l’avait dit sa mère. Elle refusait d’emmener leur civilisation dans un cycle sans fin où il connaîtrait une apogée, puis une chute vertigineuse avant de subitement remonter. Lena comprenait maintenant qu’il y avait peut-être une part d’orgueil…Une émotion qu’elle ne connaissait pas avant de la contempler chez les humains. Depuis qu’elle était sur la Terre, sa vision des choses avait grandement évolué mais on ne pouvait se débarrasser comme cela de toute une éducation.

- Je sais que vous avez raison…Mais je ne le sais que maintenant. Vous savez, jadis, nous étions un peu comme les humains. Nous nous affrontions sans arrêt…C’était avant mon autoprocréation, bien avant. Puis il y a eu un événement, qui aurait manqué de détruire la planète. C’était l’un des grands secrets de notre civilisation, je ne l’ai pas encore découvert en détail puisque je ne suis pas Eveillée mais cet événement a radicalement modifié notre manière de vivre. Il a été interdit de faire acte de violence et, après une période transitoire, ces règles ont finalement été intégrées par tous au point d’éliminer les pulsions négatives…Biologiquement parlant, je veux dire. Tout cela n’a finalement que retardé l’échéance inévitable. En voulant créer la civilisation parfaite, comme l’Empereur de votre histoire, nous nous sommes rendus vulnérables.

Et les Grues étaient comme ces paysans reclus sur leurs terres. Lena serra le poing, le regard perdu dans le vague de ses souvenirs. Elle revoyait son vaisseau s'éloigner, invisible, indétectable. Elle sentait encore la présence des cinq autres à ses côtés, des millions d'autres sur la planète et puis...Plus rien. Un grand vide, un grand silence, leurs connexions psychiques irrémédiablement coupées. Jamais Lena ne s'était sentie si seule, si abandonnée ni si...
Haineuse. Elle ne comprenait pas, n'acceptait pas. C'avait été le déclic pour « régresser » au sens xhantien du terme.
Elle revoyait encore les milliers de morceaux ayant jadis composés Xantah, s'éparpiller dans leur galaxie. Certains avaient embouti des vaisseaux ennemis et les avait détruit. D'autres avaient explosé sous le coup d'un rayon laser. D'autres encore, étaient sûrement encore présent. Lena avait senti l'Ether s'effiler et si elle avait eu une biologie humaine à ce moment-là, elle aurait probablement pleuré tant sa tristesse était gigantesque.

- Pourtant…Je n’en ai jamais parlé, mais en voyant ma planète exploser, en voyant les vaisseaux des Grues en partie emporté sans toutefois que la flotte ne soit détruite complètement, j’ai éprouvé…De la haine. Je crois que c’était de la haine. De la rancœur aussi et une profonde tristesse. Et depuis ce jour, j’éprouve des choses…Des choses que je ne connaissais pas. J’en suis venue à exiger la vengeance de la République, mais ils ont refusé. Ils ne veulent pas attaquer, comme vous l’avez fait. Ils n’ont pas eu la révélation en voyant leur planète détruite, eux. Ils ont peur des conséquences, peur de perdre, ils préfèrent se défendre.
Je ne sais pas si cela fait de moi une mauvaise personne, de vouloir éradiquer les Grues pour permettre à l’univers de vivre en sécurité. Je ne sais pas si je serais capable de recréer ma race comme le désirait ma mère, dans ce qu’elle appelait la perfection xanthienne. C’est aussi pour cela que je suis ici. L’Humanité est imparfaite, souvent bien cruelle mais malgré la jeunesse de votre race, j’ai appris d’avantage avec les humains sur un an et demi que durant le reste de ma vie, sur ma planète. Certes je n’ai rien appris sur la physique spatiale, les perspectives éthéryques, la biologie des espèces, les lois galactiques, mais j’ai appris…Des émotions, des nuances, des pensées.


Elle détendit sa main et la retourna. Elle avait enfoncé ses ongles si fort dans sa paume qu’elle saignait par les petits croissants imprimés dans sa chair. Avec l’index de sa main gauche, elle toucha la plaie et ressentit un picotement.

- Des sensations physiques…

Elle referma la main et le regarda droit dans les yeux.

- Enseignez-moi le pouvoir de détruire. Enseignez-moi la manière de le contrôler. Apprenez-moi ce que j’ignore et empêchez-moi de régresser à un stade critique.

Le problème de Lena était complexe et elle devrait trouver le subtil équilibre pour aboutir à son Eveil tout en étant capable de prendre les décisions adaptées, contrairement à celle qui l’avait auto-procréée. Parce qu’au fond, Lena L’y l’avait compris, toute existence n’est qu’un cycle. Un cycle condamné à se répéter. On ne peut pas toujours cibler plus loin, plus haut, parce qu’on arrive toujours sur la dernière marche et il est impossible d’y rester bloqué, à partir du moment où l’espèce est dotée d’une conscience. Il y aura toujours un esprit rebelle qui changera la donne pour toujours.

- Enseignez-moi l’Humanité, Noctis. Soyez mon guide, je ferais tout ce qu’il faut.
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Message posté : Sam 21 Juin - 12:04 Message
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C’était maintenant qu’il lui fallait faire preuve de pondération. Si la jeune femme avait donné une description sincère de ses pouvoirs, alors les dangers de cultiver en elle des pulsions destructrices étaient considérables et Alex n’avait aucune envie de voir se promener sur son monde une arme de destruction massive — de destruction plus massive que celle dont il était lui-même capable. Maintenir une certaine pondération chez son interlocutrice était un impératif de survie la plus élémentaire avant même d’être une obligation morale et Alex n’avait aucune envie de transformer Lena en Hulk.

De toute façon, ses propos n’avaient pas été de pure manipulation. Pas entièrement. Si la perspective de frapper fort en plein cœur de l’UNISON et de mettre un peu d’animation dans le quotidien de Star City ne lui était pas étrangère, il pensait tout aussi sincèrement que la pleine expérimentation de ses propres pouvoirs, pour chaque être de l’Univers, était une nécessité. N’était-il pas d’ailleurs possible de trouver même aux puissances les plus dévastatrices des morceaux de monde dépeuplés qui ne souffriraient pas de leurs entraînements, des dimensions reculées, comme il l’avait fait, lui, dans le Royaume des Rêves, et ailleurs ?

Le pur instinct de destruction eût été, aux yeux d’Alex, aussi idiot que la méticulosité maniaque dont il avait été entourée pendant toute sa jeunesse, pour contenir soigneusement l’expression de ses pouvoirs. Le jeune homme hocha la tête et un sourire se dessina sur ses lèvres.

— Venez, on va se promener. Il fait beau.

Alex se releva pour quitter l’obscurité de l’immeuble désaffecté. Dehors, dans l’allée, le chat attendait toujours patiemment, scrutant les environs, consciencieux bien malgré lui dans la mission qui lui avait été confiée. Une nouvelle, Alex s’accroupit à côté de lui. Il se mit à le gratter derrière l’oreille et murmura :

— C’est bien, mon grand. Tu peux aller dormir.

Après avoir ronronné quelques secondes, l’animal se détourna pour partir en quête d’un coin de soleil, tandis qu’Alex se redressait.

— Je ne sais pas comment fonctionne votre éveil, mais je peux vous dire comment a fonctionné le mien. Vous avez un peu visité la ville ? Vous avez vu le Bigsby Building ? C’est là que je suis resté enfermé pendant des années. On a surveillé mes pouvoirs. On les a contrôlés. Pour qu’il n’y ait pas d’incidents. Pour le bien de tous. Évidemment, on m’a sorti pour les grandes occasions. Pour les Grues, par exemple. Vous me rappelez un peu ma jeunesse. Vous avez beaucoup de règles. Et vous pensez à vous-même comme à un outil de votre civilisation. Un instrument de vengeance ou de repeuplement. Mais la haine n’est pas une fin en soi, les émotions ne sont pas un but : leur diversité et leur force sont deux effets de bord de quelque chose de beaucoup plus important et beaucoup plus fondamental. L’indépendance.

Il ne comprenait encore que très schématiquement les mécanismes biologiques que Lena évoquait par petites touches, mais il avait déjà cerné l’une des incompatibilités fondamentales entre son mode de vie et les conceptions de sa Padawan : lui vivait au gré de ses fantaisies, à la recherche de ce que les mondes pouvaient lui inspirer de plus personnels, et c’était ses aventures qui l’incitaient à créer de nouveaux pouvoirs et à développer son potentiel, quand Lena était guidée apparemment par les principes atemporels et collectifs d’une communauté qui avait cessée d’exister.

— Tout groupe vit sur le consensus mais tout individu vit de volonté de puissance.


Chase, dans une autre vie.

— Si vous voulez vous construire différemment de vos ancêtres pour éviter de reproduire leurs erreurs et être en mesure de vous changer, il va falloir vous connaître vous-même. Alors… Qu’est-ce que vous aimez faire dans votre vie ? Votre plat préféré ? La musique que vous aimez écouter ? Est-ce que vous aimez danser ? Vous faites du sport ? Votre type d’hommes ou de femmes ? Montagne ou plage ? Printemps ou automne ? Sucré ou salé ? Thé ou café ? Ces considérations vous paraissent sans doute dérisoires au regard du destin de l’Univers, mais pour vous dire la vérité, si je suis aujourd’hui dix fois plus puissant que je ne l’étais il y a deux ou trois mois, c’est que j’ai un faible pour l’accent français chez les mauvais garçons…

Un sourire triste revint sur les lèvres d’Alex, alors qu’ils quittaient la Fremont Street pour s’engager sur une avenue perpendiculaire. L’ironie de sa situation lui paraissait décidément de plus en plus humiliante : il s’était réincarné et avait décuplé ses pouvoirs pour les beaux yeux d’un homme qui l’avait trompé un peu avant et s’était empressé de le tromper un peu après. Il faisait à n’en pas douter un Seigneur Sith bien pathétique.
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Message posté : Sam 21 Juin - 12:39 Message
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Noctis renvoya le chat gardien à la quiétude de son quotidien avant de commencer sa première leçon. Ils sortirent de la cave de l’immeuble où le soleil ne pénétrait pas pour profiter un peu de l’extérieur. Ensuite, Noctis lui raconta de quelle manière il s’était éveillé et comment sa vie s’était déroulée avant cela. Lena ne pouvait s’empêcher de remarquer des similitudes entre eux. Premièrement, on les avait tous les deux élevés dans un but avec des règles très strictes afin de servir le bien commun. Sur la planète de Lena, c’était normal et elle n’avait jamais ressenti d’étouffement ou de mal être à cause de cela. Visiblement, celui qui avait été Chase ne l’avait pas très bien vécu et avait été désireux de changer les choses, d’être indépendant.
Mais l’indépendance signifiait l’égoïsme, l’égoïsme entraînait le désir de pouvoir et on entrait alors dans un schéma destructeur où les buts n’étaient pas toujours bons pour la collectivité.

- Me connaître moi-même ?

Lena réfléchit quelques instants à toutes les propositions et tiqua lorsqu’il lui expliqua qu’il était devenu ainsi parce qu’il aimait bien un certain type d’accent. Cela lui semblait mystérieux, surtout à cause de la tristesse qui transparaissait clairement dans son aura.

- Cela n’a pas l’air de vous rendre très heureux…Si je peux me permettre.

Mais peut-être n’avait-il pas envie d’en parler. La porte était ouverte et, en attendant, Lena réfléchissait à comment répondre à toutes ces questions.

- Beaucoup de vos interrogations sont complexes pour moi. Je ne ressens pas le besoin de manger ni de boire, je me nourris de pure énergie. J’ai par contre découvert que je pouvais me nourrir, quand la vieille dame m’a offert un cookie mais l’Ether en moi transforme immédiatement la nourriture en énergie du coup, je n’en comprends pas l’intérêt. Même si c’était agréable dans la bouche.
De même que j’ignore ce que peut être mon type d’homme ou de femme puisque je…N’ai pas vraiment de sexe. Sur ma planète, nous ne faisons pas de distinction et nous ne pratiquons pas la pénétration comme vous puisque nous pouvons nous auto-reproduire. Je n’ai jamais pensé à tenter ce genre d’expérience…J’ai copié la biologie d’une femme en arrivant ici parce que leur corps me semblait plus harmonieux, j’ai donc un vagin même si je n’ai pas de cycles menstruels, j’ai des seins…


Elle toucha sa poitrine et l’observa intensément, comme si ces deux excroissances de chair contenaient des réponses.

- Ce sont des questions intéressantes. Il faudrait que j’apprenne la réponse. C’est très aimable à vous de stimuler autant mon cerveau.

Elle lui sourit et, un peu euphorique, réfléchit « mentalement tout haut » à ces différentes questions. Cela donnait un rendu assez floue, puisqu’elle avait deux cerveaux et était donc capable de traiter un nombre énorme de données en même temps.

- J’aime me promener dans la ville, poser des questions aux gens, j’apprécie la manière dont vous vous habillez, je trouve fascinant que tous les humains soient différents et qu’il existe plusieurs ethnies, j’aime beaucoup les cheveux longs et les couleurs vives, les magazines qui contiennent plein d’images, des romans d’aventure et les traités de philosophie grecque, j’aime regarde des films mais je n’aime pas ceux où il y a trop de violence car je la juge souvent inutile, par contre j’apprécie les dessins-animés, c’est très amusant j’ai même essayé de dessiner une fois mais je ne manie pas très bien le crayon, cela ressemblait à ce que fait un enfant, je le sais parce que j’en ai observé un jour dans un par et ils étaient assis à une table passe en plastique de couleur en train de tracer des formes très éloignées de la réalité, j’ai cru qu’ils souffraient d’un handicap psycho moteur mais en réalité ils étaient simplement en phase de développement, d’ailleurs je pense que j’ai fait peur à leurs parents…J’aime les cookies aussi et les vieilles dames, elles racontent toujours plein d’histoire souvent je m’assois à côté d’elles dans le parc et j’écoute ce qu’elles ont à dire, c’est passionnant et cela me stimule grandement, surtout quand elles parlent à plusieurs en même temps. J’ai découvert un dessin animé où les personnages sont jaunes, on apprend plein d’informations au sujet de l’Amérique mais j’ai l’impression que tout n’est pas juste, c’est comme ça que j’ai appris le concept de caricature, du coup j’ai compris qu’on ne devait pas croire tout ce qui est dit dans la télévision. Je crois que…Je crois…

Elle cligna des yeux plusieurs fois, le débit de pensées se calmant lentement.

- J’aime apprendre, c’est ce que je préfère. Apprendre et découvrir, ça me procure une sensation agréable, c’est différent de sur Xantah. Ça me fait chaud, là.

Elle désigna le bas de son ventre n posant sa main dessus.

- Et j’aime les cookies. Vous pensez que je peux en manger souvent ? Vous pensez qu’on peut expérimenter toutes les questions que vous m’avez posées pour que je trouve la réponse ? Je n’ai jamais vu la montagne ou la plage, je n’ai jamais bu de thé ou de café, j’ignore comment danser ou pratiquer une activité physique…Nous ne faisions rien de tout cela. Tout se passait dans notre cerveau. Du mental et de l’énergie.
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Message posté : Sam 21 Juin - 20:54 Message
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Ce n’était certainement pas Alex qui allait lui apprendre quoi faire de son vagin et de sa poitrine, mais en revanche, dans d’autres domaines, le jeune homme se sentait à peu près en terrain connu. Il ne savait pas dessiner les Simpsons, certes, mais il avait quand même de solides notions en dessin technique et industriel, ses capacités culinaires s’accroissaient lentement (et, il est vrai, par une succession de catastrophes dont Clank devait bien souvent nettoyer les conséquences sur les plaques de cuisson) et des histoires, il savait comment en trouver, comment en créer et, ainsi qu’il l’avait prouvé avec son exposé japonais, comment en raconter.

Une information surtout retint son attention.

— Vous n’avez jamais été sur une plage ?

Une voiture s’arrêta brusquement à côté d’eux. L’amoureux de l’eau en général et de l’océan en particulier qu’avait toujours été Chase Neutron-Grey et qu’Alex n’avait pas cessé d’être ne pouvait laisser une diplomate extraterrestre arpenter la côte est sans plonger son regard dans l’Océan Atlantique.

— En voiture.

Il s’assit sur la plage arrière, derrière la conductrice, une femme d’une trentaine d’années qui avait l’air particulièrement concentré sur la route. Longtemps, Chase avait eu des scrupules et son système de gestion télépathique de ses transports s’était fondé sur l’utilisation de taxis, dument payés, et auxquels il ne donnait que l’intuition de venir le prendre à l’endroit où il se trouvait. Alex n’avait pas le même esprit de légalité et il se contentait d’emprunter la première voiture — et le premier chauffeur — qui passait par là, lequel se réveillait en général un quart d’heure après, dans une autre partie de la ville, sans aucun souvenir du voyage.

Certes, Alex avait commencé à apprendre la moto, mais il avait progressé très lentement. Pour pallier cette difficulté, il avait fait comme toujours : développé un nouveau pouvoir adapté à son nouveau projet. Le transfert de connaissances était désormais au point, il ne lui manquait plus que de mettre la main sur un motard expérimenté dont copier les aptitudes. Cette recherche avait été interrompue par sa tristesse : faire de la moto pour impressionner Lukaz lui apparaissait désormais dérisoire, puéril et sans saveur, alors il avait renoué avec son ancien système.

— Pour ce qui est de la sexualité, je ne suis sans doute pas la meilleure personne pour en parler. Apparemment, je suis très mauvais dans le domaine…

C’était sans doute l’une des nombreuses raisons qui expliquaient que le cerveau de son petit ami débordât de désirs insatisfaits que la première dispute ou le premier vampire venus suffisaient à diriger vers quelqu’un d’autre. Les yeux fixés sur les immeubles qui défilaient autour d’eux, Alex sentit sa mâchoire se crisper et son estomac se nouer.

— … mais je peux au moins vous dire que la pénétration n’est ni nécessaire, ni suffisante et qu’il y a bien d’autres choses à faire, d’une, et de deux, que la question de la procréation n’est pas toujours liée à celle de la sexualité. Les humains peuvent procréer sans avoir de rapports sexuels, nous avons des techniques médicales pour cela, qui fonctionnent très bien, qui fonctionnent même beaucoup mieux que les rapports sexuels. Et ils ont des rapports sexuels principalement pour éprouver du plaisir. D’ailleurs, pour la nourriture, c’est la même chose : la nourriture n’a pas qu’une fonction nutritionnelle, elle est aussi préparée pour procurer du plaisir. Les humains sont plus ou moins doués pour ça, mais je vous emmènerai chez un ami, qui a un restaurant où l’on mange très, très bien.

Il parlait du Malachi Road, récemment ouvert par les Mac Aoidh.

— Pour en revenir à notre sujet, si la plupart des humains sont mâles ou femelles, comme vous l’avez repéré, certains sont à la fois mâle et femelle. La plupart du temps, les médecins les opèrent à la naissance pour les classer dans l’un des deux sexes, mais ils commencent à progresser sur la question. Ensuite, les humains peuvent être hommes, femmes, les deux, aucun des deux ou n’importe quel dosage : c’est ce qu’on appelle le genre. La plupart des mâles sont des hommes et la plupart des femelles sont des femmes, mais ce n’est pas systématique et ce n’est pas une loi de la nature. Cela dit, la plupart des groupes sociaux humains acceptent encore mal ceux qui ne sont pas des mâles-hommes et des femelles-femmes, mais je vous emmènerai dans des endroits où vous pourrez voir un peu plus la variété de l’espèce. Puisque vous aimez la variété.

Alex détacha enfin son regard de la rue pour fixer Lena.

— Vous devez comprendre que la majorité des êtres humains ne partage pas votre amour pour l’apprentissage et pour la vérité scientifique, ni d’ailleurs pour la diversité. Nombre d’entre eux préfèrent connaître et organiser le monde grâce à des préjugés moraux, y compris quand la nature s’obstine à leur présenter des résultats contradictoires. Ces préjugés moraux tendent en général à la plus grande conformité possible et à la diminution drastique des sources de plaisir. C’est… Un mystère pour moi, je l’avoue, mais puisque vous vous êtes renseignée sur mon sujet, vous avez peut-être vu que les journaux ne sont pas toujours aptes à rendre compte objectivement de pratiques plaisantes qu’ils ne comprennent pas.

La voiture quittait le District Est pour gagner la mer. Plutôt que de sortir de la ville et de gagner les plages les moins fréquentées qu’Alex connaissaient bien, le jeune homme avait orienté leur chauffeur vers des plages mieux connues proches du centre-ville, où Lena pourrait avoir l’occasion d’observer des corps humains dans le détail, et les rituels sociaux inhérents à ce genre d’endroits. L’été n’était pas encore caniculaire, mais certains courageux commençaient déjà à préparer leur bronzage et à tester leurs maillots.

— Je ne dis pas ça pour vous décourager d’expérimenter, mais pour vous inciter à bien choisir les personnes avec qui vous conduirez vos expériences, dans quelque domaine que ce soit, d’ailleurs. Celui de la sexualité est le plus piégé pour… toutes sortes de raisons, mais il y a certaines personnes devant lesquelles il vaut mieux ne pas manger un steak ou une cuisse de poulet. Les humains ont des coutumes, des règles tacites et des opinions morales sur tous les aspects de leur existence. Cela dit, pour les cookies, vous êtes en territoire relativement consensuel. Notez qu’en fonction de votre physiologie, une consommation excessive de cookies peut entrainer une modification de votre corps, principalement une prise de volume.

(Je sais, c’est affreux.)

Élevé dans une famille de scientifiques, scientifique lui-même, quoique beaucoup plus fantasque que la tradition Neutron-Grey et dépourvu de toute éducation académique en la matière, Alex n’avait aucun mal à s’adapter aux questions de Lena et à produire sur un monde qu’il observait de toute façon de plus en plus loin un discours dépassionné. D’autant plus dépassionné, à vrai dire, qu’il avait rapidement balayé la question de sa tristesse et de sa propre sexualité, pour se lancer dans des considérations systématiques.

— De la même manière, le café a une composition chimique qui affecte la plupart des humains, quoique certains mutants soient immunisés contre ses effets. Généralement, les effets attendus sur une excitation et un sentiment de… non-endormissement.

Il avait failli dire éveil, mais mieux valait éviter, sans doute.

— Il existe une catégorie de substances synthétiques ou naturelles, d’ailleurs assez nombreuses, dont la principale utilité est de produire des effets de ce genre, qui modifient les pensées, les perceptions et les sensations des êtres humains, à des degrés parfois très importants : on appelle ça des drogues. Les humains en consomment pour se procurer du plaisir, principalement, je crois, mais les drogues peuvent être néfastes, toxiques voire mortelles, et elles entrainent souvent une sensation de dépendance. Je ne suis pas sûr de l’effet qu’elles auraient sur votre physiologie, je suis physicien beaucoup plus que chimiste ou biologiste, mais je suppose qu’avec des précautions, vous pourriez essayer. Mais pas avec moi. Au risque de vous surprendre, j’ai mes propres préjugés moraux et je trouve la consommation de drogues hautement condamnable.

Pourtant, à l’entendre, on eût dit qu’aucune des activités humaines ne lui faisait ni chaud ni froid et qu’il les jugeait toutes objectivement, et de loin. En attendant, ils étaient bloqués dans le trafic. L’esprit d’Alex se promenait de voiture en voiture, de chauffeur en chauffeur surtout, pour observer par des yeux empruntés l’état des bouchons et estimer le temps qu’il leur faudrait pour s’en dégager.
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