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Les Belles et la Bête

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Message posté : Lun 9 Juin 2014 - 18:52 Message
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Dimanche 8 juin 2014, environ 18h

« J’ai laissé les DVD à l’endroit habituel, dans le salon… Bah oui… Mais puisque je te dis qu’ils y sont ! Regarde mieux !... Ah, tu vois ! Je fais très attention à ces DVD, c’est ma série préférée, je te rappelle… Oui. Euh non. C’est Stargate SG-1, là. Star Trek, c’est encore autre chose… Je rentre tout à l’heure. Bisous.

Tante Emery avait un don pour renifler l’odeur des ennuis chez quelqu’un. Cela n’avait rien à voir avec la télékinésie, c’était seulement un instinct de limier développé au fil du temps passé dans la police. Ce talent se révélait très utile et même profitable. Le problème, c’est que tante Emery avait également tendance à l’utiliser sur sa nièce. Elle avait raison de le faire. Prudence Carter n’avait pas son pareil pour s’attirer des ennuis, même sans le faire exprès. Du point de vu de la nièce en question, cette propension à déceler les coups tordus ruminés par l’adolescente se montrait très agaçante sur le long terme. Prudence ne pouvait plus faire un pas hors des lignes surprotégées des diverses zones d’influence de sa tante – le lycée, le centre commercial, la maison et deux-trois autres endroits d’une sûreté impeccable – sans être aussitôt mise en joug à son retour. Toute son enfance, elle avait vécu dans une telle atmosphère – mais en pire. Son humeur s’en ressentait. A l’approche des vacances et de la fin des examens, son irritation montait en flèche.

Au fond, elle n’en voulait pas à sa tante. Star City se révélait une ville aux mille traquenards et aux mille mystères. Mais justement, Prudence voulait en faire partie. Elle ne risquait pas de devenir un super-héros si elle restait constamment derrière les lignes et pensait surtout à sa sécurité. Elle voulait participer. C’était son devoir.

L’adolescente enfouit les mains dans ses poches de pantalon, après avoir remis le portable dans son sac en bandoulière et repartit d’un bon pas. On était dimanche, le quartier aurait dû être animé de rires, de cris et de pleurs d’enfants. D’une foule de touristes armés d’appareils photos. De terrasses emplies de clients. Pas âme qui vive, ou presque. Il n’y avait, çà et là, que des voitures banalisées d’agents de sécurité, qui eux-mêmes déambulaient sans but apparent. Prudence n’était pas dupe. Depuis le trottoir d’en face, elle longeait en cet instant même la fameuse Zone 21. Port-Royal avait pour l’instant disparu des esprits. Ne restait que cette zone fermée, qui recelait des monstres captifs en son sein, et qui ne cessait d’attiser la curiosité des médias depuis que les autorités osaient dire que cette zone rétrécissait grâce à leurs efforts. Solidement gardée, il était impossible de s’en approcher et encore moins de toucher le mur bâtis autour. Personne ne dévoilait encore la nature des créatures qui avaient émergées du Lac Marshall. Personne ne voulait en dire quoique ce soit. Les plus acharnés des journalistes repartaient toujours bredouilles. Où que les yeux de Prudence se posaient, elle ne pouvait rien voir au-delà de ce mur. Un mur autant construit de béton et d’acier, que de mensonges et de dissimulation.

Alors qu’elle atteignait le bout de la rue, là où les commerces laissaient la place aux maisons silencieuses, Prudence décida de poser ses fesses sur un banc près d’un lampadaire usé. Et d’observer. De réfléchir. Régulièrement, elle venait ici pour tenter de trouver un lien logique entre le peu d’informations qu’elle avait découvert sur le sujet. Rien de bien concluant, en somme. Elle se contentait alors d’observer. Et d’attendre. Dans l’espoir d’apercevoir quelque chose. Ou bien que quelque chose, n’importe quoi, se passe. De là où elle se trouvait, le mur était plus haut et les agents façon Men in Black plus absents. Ce coin à la tranquillité douteuse était souvent délaissé. Personne ne faisait attention à une lycéenne errante qui se contentait d’attendre sur un banc. Personne ne se posait de question puisque, justement, il n’y avait personne. Le soleil commençait à décliner mais il ferait encore jour jusqu’à 21h. Prudence avait promis de rentrer avant 19h30, il lui restait encore un peu de temps avant de quitter son poste d’observation. Avec le temps, son impatience et sa concentration s’étaient taries. Il ne restait que l’attente. Elle s’assoupit, la tête dodelinant, un quart d’heure après s’être installée.

Un bruit sourd la fit sursauter. Prudence cligna des yeux tel un chat éblouis par le soleil. Par réflexe, elle inspecta la rue d’un rapide regard circulaire, s’assurant qu’elle était bien seule. Un chien errant famélique traînait dans les poubelles éparpillées. Lui aussi sursauta. Il se hérissa, montra les dents et se mit à aboyer en direction du mur, sans pour autant s’en approcher. Prudence le regarda un moment. L’idée remonta lentement la pente somnolente de son cerveau. Ses yeux se portèrent sur le mur. Béton, acier, barbelés, pancartes de danger, affiches. Rien n’avait changé. Le chien gémit et prit soudain la fuite. Perplexe, l’adolescente quitta sa position fœtale et descendit du banc. Elle n’osait pas y croire.

Il y a quelque chose qui bouge derrière le mur.

Et derrière le mur, ça signifiait dans la Zone 21.

- Oh…

Le soleil ruissela en une pluie d’or aveuglante. S’élevait progressivement une sorte de butte, dont la surface accrochait la lumière. Le bruit sourd qui l’avait réveillé se fit de nouveau entendre. L’instinct de Prudence lui communiqua aussitôt une sensation de danger. De même qu’une incroyable – et déplacée – euphorie la gagna. Il se passait enfin quelque chose ! La chose semblait se redresser, ou s’approcher, juste aux limites internes du mur. Tandis que ce qui semblait être son dos continuait à s’élever, une longue tête cornue émergea à son tour de la masse dorée. Un œil aussi grand qu’un enjoliveur s’ouvrit, révélant une prunelle écarlate et rougeoyante tel un incendie. Et qui ne tarda pas à se poser sur l’unique être vivant assez stupide pour rester sur son passage.

- … Mon…

Prudence retint son souffle. La créature perçut son hésitation, ou peut-être renifla-t-elle l’odeur de la peur dans l’air, car elle se rapprocha du mur. Une barrière tellement factice, malgré sa solide apparence, qu’elle eut tôt fait de la traverser comme s’il s’agissait d’un mur de beurre. Dans un fracas de fin du monde, la créature franchit les éboulis, détruisant ce qu’il restait de la fragile frontière humaine. Elle déroula un long corps serpentin de plusieurs dizaines de mètres, que mouvaient trois paires de pattes aux griffes acérées. Prudence ne pouvait pas apercevoir la fin de son corps. Un silence de plomb habitait les lieux. La scène semblait irréelle, voire cauchemardesque. Ce ne fut que lorsque la créature ouvrit une large gueule bardée de crocs effilés, que Prudence Carter se rappela son nom – et l’existence de ses pouvoirs.

- … DIEU !

La bête rugit avant de fondre sur sa proie.
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 11:09 Message
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Lena ne faisait pas partie de l’UNISON, elle n’était pas un agent accrédité mais elle avait des compétences spécifiques qui aidaient dans certaines affaires, comme celle de la zone 21. Depuis que les scientifiques du département l’avaient vue arrêter l’une des créatures grâce à son Ether, on avait accepté de la laisser sortir mais, en échange, elle devait souvent venir dans les environs de ce qui était jadis le quartier de Port-Royal, afin de surveiller les abords et/ou de trouver une solution au problème des créatures à l’intérieur. Souvent, ces missions se déroulaient la nuit car les créatures semblaient allergiques à la lumière du soleil de ce système. Lena leur avait expliqué que c’était normal parce que, dans le leur, il n’y avait pas de soleil, aucune source de chaleur, du coup leur peau et leurs yeux n’étaient pas prévus pour y résister. Elle avait essayé de donner leur nom mais elle ne le connaissait que dans sa langue et aucune corde vocale humaine n’était capable de reproduire ce qu’elle pouvait dire de manière télépathique. Aussi en était-on resté à l’appellation « créatures de la zone 21 » ou « gros monstre cauchemardesque ».

Cela ne dérangeait pas Lena de surveiller les abords de cet endroit. Déjà, elle pouvait discuter avec d’autres agents et ils étaient une véritable mine d’or d’informations. Ensuite, elle pouvait écrire tranquillement son rapport pour la Congrégation sans que personne ne s’étonne de la voir parler à son bracelet. Lena était connue pour avoir des comportements un peu étrange et après tout, c’était normal : Elle venait d’une autre planète. Elle avait donc d’autres habitudes, d’autres coutumes, d’autres façons de vivre.
Alors qu’elle expliquait à son bracelet les dernières informations qu’elle avait recueillies sur l’espèce humaine et qui concernaient surtout le type de mission qu’on confiait à un agent de l’UNISON, elle entendit un cri. Un cri qu’elle ne perçut pas parfaitement, mais qui ressemblait à : DIEU ! Lena L’y savait que les divinités humaines pouvaient avoir une multitude de formes et elle se demandait bien à qui on faisait référence, surtout de manière aussi expressive. Elle décida de mettre en pause l’envoie de son rapport pour aller voir ce qu’il se passait, parce qu’après tout, la curiosité est un impératif biologique pour un xanthien.

C’est ainsi qu’elle découvrit une scène anormale : une créature supposée être de l’autre côté du mur avait traversé les protections de la zone 21 et tentait de s’en prendre à une jeune fille. C’était donc elle, qui avait invoqué Dieu ! Tout s’expliquait, elle désirait probablement obtenir de l’aide mais Lena n’avait jusqu’à présent jamais assisté à une manifestation divine. Aussi, au lieu d’attendre pour voir si cela se produisait, elle décida d’intervenir.
Elle invoqua l’Ether, qui jaillit autour d’elle en une forme solide et elle l’envoya percuter la créature pour la détourner de la jeune fille. Cela fonctionna assez bien, même si le monstre sembla étonné de tomber face à quelque chose de non humain.

- Laisses cette humaine en paix !
- J’ai faiiiiiiim… geignit le monstre en guise de réponse.

Evidemment, l’Ether lui permettait de comprendre ce qu’il disait et de l’entendre dans son esprit, car ils communiquaient tous deux par télépathie. La bête secoua sa tête pleine des crocs coupants et tenta de se relever. Lena envoya l’Ether pour l’entourer et l’immobiliser.

- Mademoiselle, vous n’avez rien ? demanda-t-elle directement dans l’esprit de la jeune fille.

En copiant la biologie des humains, elle avait pourtant copié leurs cordes vocales mais elle n’arrivait pas à s’en servir et entendre le son de sa voix la perturbait beaucoup trop. Aussi optait-elle toujours pour un moyen de communication avec lequel elle était à l’aise, même si cela surprenait toujours les humains qu’elle rencontrait. Du moins au début.

- Je vous demanderais de reculer, le temps que je ramène cette créature de l’autre côté du mur.

En réalité, elle allait utiliser la force de l’Ether pour soulever la bestiole et la faire repasser de l’autre côté. Elle risquait d’être un peu fatiguée ensuite mais elle pouvait gérer, du moins, elle l’espérait.

LANCER DE DÉS 1 :
Réussite : Lena parvient à utiliser la force de l’Ether pour soulever le monstre et le faire repasser de l’autre côté du mur.
Echec : Lena échoue dans sa tentative car elle a sous-estimé la force du monstre. Il parvient à se libérer de son emprise et tente à nouveau d’attaquer les deux filles.
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 11:09 Message
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 21:45 Message
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Si Prudence avait eu envie de hurler, elle n’en eut guère le temps. L’invocation à Dieu ayant eu autant de succès que du jus de chaussette, l’adolescente se jeta de l’autre côté du banc pour esquiver les grandes mâchoires de la bête. Celles-ci claquèrent bruyamment au-dessus de sa tête, à l’endroit même où elle se tenait une seconde plus tôt. Son cœur battait si vite qu’il lui donnait l’impression de vouloir jaillir hors de sa poitrine. Passée la seconde et demie où Prudence Carter fut réduite à l’état de petite fille terrifiée, Lightning Girl prit enfin le relais, galvanisée par une vague montante d’adrénaline. Echauffée par toutes ces émotions, et modelée par sa volonté, son énergie commença à circuler plus rapidement dans son corps. L’électricité fourmillait dans ses membres, comme impatiente, elle aussi, d’aller au combat. Elle ramena ses genoux sous elle, prête à bondir. Alors qu’elle s’apprêtait à sauter dans les airs, les poings chargés, la créature de cauchemar poussa un gémissement indigné. Prudence se figea.

- Hein ?

Une autre seconde passa sans qu’elle réagisse. La bête n’attaquait plus. Perplexe, Prudence osa un œil par-dessus le banc. Et finit par se redresser tout-à-fait pour dévisager, interdite, le petit brin de rouquine qui venait de lui sauver la vie. Elle vacilla sur ses jambes comme une autre voix faisait irruption dans sa tête. Nom de… ! Mais d’où sortait cette fille ? D’un rapide coup d’œil, Prudence la jaugea des pieds à la tête. Ce n’était ni un agent de sécurité lambda, ni une simple humaine. Elle pouvait parler avec son esprit ! Une télépathe ! Une télépathe qui semblait parfaitement maîtriser la situation grâce à une étrange brume noire, qui lui permettait de faire un tas de choses. Repousser et immobiliser un monstre géant, entre autre. La bioénergie électrique de l’adolescente réintégra son corps, y retrouvant un rythme normal de circulation.

En d’autres circonstances, Prudence lui aurait été extrêmement reconnaissante. Elle aurait sauté de joie à l’idée de rencontrer une télépathe – une télépathe quoi ! C’est trop cool ! – doublée d’une magicienne. Aussi, elle aurait probablement fêté tout ça autour d’un plateau de pâtisseries. Sauf que. Se faire voler la vedette par une inconnue, qui plus est avec une ridicule facilité, avait de quoi être vexant. Prudence recula sagement, pour permettre à la rouquine de manœuvrer la bête. Mais son visage fermé et ses yeux plissés à la manière d’un fauve contrarié étaient de mauvais augures.

- Merci, lâcha-t-elle à contrecœur du bout des lèvres. J’aurais pu me débrouiller !

J’en doute mais on peut rêver, non ?... Ouais, t’as de l’espoir, ma vieille.

Lightning Girl pardonnait difficilement le fait d’avoir passé pour la demoiselle en détresse. Elle détestait ça. Même – et surtout – quand c’était vrai. Car sans l’aide de cette inconnue, nul doute qu’elle aurait finis dans l’estomac de la créature. Elle aurait eu tout le temps de méditer ses conneries pendant la digestion. Pour l’heure, la colère était plus forte que la raison.

- Hey, championne ! C’était mon monstre. Mon Godzilla ! On ne t’a pas appris à demander la permission à quelqu’un avant de lui passer sous le nez ?

Le « Godzilla » en question poussa un sifflement enragé entre ses longs crocs. Il semblait presque vexé qu’on ne fasse pas plus attention à lui. Il s’agita entre les mailles du filet d’Ether, ses six pattes battant l’air dans le vide. Ses grands yeux rouges sans pupilles fixaient les deux filles, seules proies disponibles à l’horizon, sans ciller. Un mugissement douloureux lui échappa. La faim lui tordait les entrailles. Il n’attendait qu’une occasion : s’évader à nouveau.

T’inquiètes pas, mon gros. Dans quelques minutes, tu seras le centre de l’attention de dizaines d’agents !

Comme s'il l'avait entendu penser, le monstre braqua l'un de ses yeux incarnats sur Prudence. Cette dernière déglutit péniblement. Il y avait de la malice dans ce regard-là. une malice malveillante, affamée et impitoyable.
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Message posté : Mer 11 Juin 2014 - 9:47 Message
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Lena se concentra sur sa tâche car le monstre pesait son poids et il n’était pas trop chaud pour retourner de l’autre côté du mur. Là-bas, il n’y avait plus rien à manger, et il essaya d’argumenter avec Lena.

- J’ai faiiim…Laisse-moi la manger. Elle sent si bon.
- Manger les humains est mal, surtout sur une planète habitée en majorité par cette espèce. Ce n’est pas toléré dans ce système ni dans aucun sous la protection de la République.
- Mais c’est injuste ! J’ai faim ! J’ai faim ! Laisse-moi !

Lena secoua la tête et tira d’abord le monstre, dans un premier temps, jusqu’au bord du mur avant de le soulever en prenant appui contre lui. Si elle avait pu suer, elle l’aurait fait mais son corps, bien qu’ayant copié partiellement la biologie d’une femme humaine, ne recevait jamais d’eau parce qu’il n’en avait pas besoin. Aussi resta-t-elle fraîche comme une rose tandis que le monstre retombait du bon côté du mur en grognant son mécontentement. Lena allait devoir avertir les agents de l’UNISON qu’il y avait une faille ici et les aider à la réparer. Mais avant, elle dû se confronter à la jeune fille qu’elle avait sauvée.

Interdite, Lena l’observa et l’écouta lui faire des reproches.

- Oh je suis vraiment navrée, j’ignorais qu’il existait une coutume humaine spécifiant que la première proie choisie par le monstre avait un droit supérieur d’intervention. Je m’en souviendrais pour la prochaine fois !

Ce n’était pas du tout un sarcasme, Lena avait vraiment l’air embêtée par ce malentendu. Elle pensait venir en aide à une femme en détresse, imitant ainsi les héros qu’elle avait vu dans la télévision –quelle invention !

- Excusez-moi de vous demander cela mais pourriez-vous arrêter votre choix sur un seul mode de communication ? Je risque de ne pas tout saisir si vous parlez à la fois avec vos cordes vocales et avec votre esprit, d’ailleurs vous risquez de ne pas tout comprendre non plus.

Lena, elle, avait arrêté son choix depuis longtemps et c’était toujours dans l’esprit de la jeune femme qu’elle se manifestait.

- Si je peux vous suggérer le mode de communication orale…Car je pense que l’agent Todd de l’UNISON est sur le point d’arriver et il n’a pas la capacité de communiquer comme moi. Il est un membre lambda de votre espèce.

Un petit ajout nécessaire alors que l’agent en question arrivait vers les deux filles au pas de course.

- Mademoiselle Lena ! J’ai rêvé ou je vous ai vue renvoyer l’une des créatures de l’autre côté ?
- Il a attaqué cette jeune fille, dit-elle dans l’esprit de l’agent uniquement tout en désignant la demoiselle du doigt. Je pense que le mur n’est pas au point, il faudrait le renforcer à cet endroit. Vous l’écrirez dans votre rapport ?
- Evidemment. Je vais prendre la déposition de mademoiselle… Mademoiselle ?

Leurs deux regards se braquèrent sur celui de la jeune fille, en attendant qu’elle les informe de son nom. Ensuite, l’agent lui poserait quelques questions, lui demanderait sa version des faits et rapporterait l’accident. Elle n’avait rien à craindre, elle n’était qu’une victime dans toute cette histoire mais une victime qui semblait encore contrariée et en proie à des conflits intérieurs que Lena suivait sans le vouloir. Elle ne pouvait pas forcer les esprits, elle ne voyait que ce que la personne lui adressait, même inconsciemment.

Dès que l’agent finirait son rapport, Lena discuterait plus amplement avec elle. Déjà pour comprendre ce qu’était un Godzilla et ensuite pour comprendre exactement ce qu’elle avait fait de mal et quelle était la variable qui différait entre son action et celle d’un super-héros. Visiblement, cette jeune fille pourrait beaucoup l’instruire.
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Message posté : Mer 11 Juin 2014 - 22:16 Message
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Je nage en plein délire !

Prudence avait naturellement une imagination prolifique, quoiqu’assez terre-à-terre sous certains aspects. Par exemple, elle rêvait de voyager dans l’espace-temps en traversant un trou de ver mais elle savait bien que ce n’était pas possible. Pour les humains, en tout cas. La télépathe n’avait pas un comportement ordinaire, c’était le moins qu’on puisse dire. Loin d’être offusquée de la rebuffade de l’adolescente – qu’elle avait quand même pris la peine de sauver -, elle paraissait sincèrement désolée. Elle venait peut-être d’un autre pays… Quoique, elle ressemblait beaucoup à une Européenne pour une étrangère. Ses mots parvenaient doucement à son esprit, sans la brusquer mais leur impact valait son pesant de cacahouètes. Elle pouvait l’entendre penser clairement ? Même quand elle n’y faisait pas attention ? Prudence se sentit aussitôt mise à nue. Elle détesta cette sensation. Qu’y avait-il d’autre encore, qu’elle ne pouvait pas cacher à l’inconnue, sans s’en rendre compte ?

Elle ouvrit la bouche. Voulut dire quelque chose. Mais la referma, interloquée. Puisqu’elle n’avait rien d’intelligent à dire – à l’oral -, il valait mieux qu’elle se taise. Pour l’instant. A peine l’agent Todd fut-il évoqué qu’elle vit un homme en costume se précipiter sur les lieux, portable et carnet à la main. La seule mention de l’UNISON conforta l’adolescente sur le bienfondé de sa présence. Une si longue attente… Et elle avait enfin quelqu’un qui soit détenteur de véritables informations sous la main. Pour un peu, elle aurait embrassé le monstre pour le remercier !

- Carter, articula-t-elle sèchement. Prudence Carter.

Ses yeux gris allèrent de l’agent à l’inconnue, pour revenir à l’agent, avec beaucoup de circonspection. Elle ne devait pas se réjouir trop vite. Quel agent digne de ce nom se donnerait la peine de répondre aux questions d’une ado ? Une fille qui avait, de surcroît, manqué être le repas d’une créature féroce, par imprudence et bravade ? Elle croisa les bras sur sa poitrine et soupira. Elle avait devoir se prêter au jeu.

Elle raconta tout depuis le début. Et ce fut bien court. Lightning Girl n’avait pas même eu le temps de frapper une seule fois la créature. On était aussitôt venu à son secours. Et de plus, elle n’était coupable de rien. Ce n’était pas sa faute si le mur autour de la zone 21 se révélait aussi solide qu’un lot de quilles ! Une fois la déposition achevée, la main de Prudence jaillit pour agripper la manche de l’agent Todd. Elle réprima néanmoins son geste, un peu penaude. Une soudaine pensée provoquait sa panique.

- Dites, vous n’allez pas donner mon nom aux journalistes ou à la police ? C’est un rapport de l’UNISON, hein, donc c’est confidentiel ?

Si sa tante entendait parler de cette histoire un jour, elle signait son arrêt de mort. L’agent se permit de la rassurer – assez maladroitement – sur le sujet, avant de s’éloigner de quelques pas. Les épaules de la jeune fille se décrispèrent lentement. Elle osa un coup d’œil par-dessus la portion de mur en ruines. La bête ne cessait pas de fixer les trois protagonistes de ces yeux qui ne cillent jamais. Le regard de Prudence se trouvait être irrésistiblement attiré par cette bête géante. Véritable colosse, à mi-chemin entre un insecte et un reptile, couverte d’une armure d’écailles dorées aussi larges que des capots de voitures, cette bestiole lui fichait une sacrée trouille. Et en même temps, elle ne pouvait pas s’empêcher de la trouver belle. Étrange, effroyable et monstrueuse : différente, en un mot.

Comme les mutants, en somme.

Elle eut une grimace contrite sitôt cette pensée clairement formulée. Elle retourna un regard désolé à sa sauveuse. Elle haussa les épaules, espérant détendre l’atmosphère. Fort heureusement pour tout le monde, la rancune n’avait jamais été qu’un épisode fugace dans la tempête émotionnelle qui rugissait chez Prudence Carter.

- Désolée. On va opter pour la voie orale !

Elle hésita. Manifestement, cette étrange rouquine était quelqu’un d’important, pour que l’UNISON lui fasse ainsi confiance. Peut-être même appartenait-elle à l’UNISON. Cette pensée la fit rêver – même si dans son cœur, il n’y avait toujours eu de la place que pour la Légion des Etoiles. Il fut plus facile pour elle de reconnaître son erreur, dès lors qu’elle savait avoir affaire à quelqu’un de haut gradé.

- Je te euh… Je vous remercie de m’avoir sauvé la vie. Est-ce que j’ai le droit de connaître le nom de ma sauveuse ? C’est quoi, votre source de magie ? C’est un objet enchanté qui en est à l’origine ? Oh ! Vous êtes peut-être une mutante, vous aussi ? Et c’est quoi, cette créature ?

L’agent Todd ne paraissait pas si concentré à prendre des notes sur son carnet car il se permit un ricanement moqueur. Prudence se retint de lui jeter un regard noir. Son rythme cardiaque s’emballait un peu à l’idée de pouvoir discuter avec cette télépathe aux fabuleux pouvoirs.

- A l'avenir, mademoiselle Carter, ne vous avisez plus de vous assoupir près de cette zone. Merci d'avance.

Et Prudence de lever les yeux au ciel. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois, que quelqu'un de raisonnable lui donnerait de tels conseils.
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Message posté : Ven 13 Juin 2014 - 9:34 Message
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L’agent Todd posa donc ses questions à la demoiselle que Lena avait sauvée. Pendant ce temps, la xanthienne observait cette jeune fille dont le cerveau ne semblait pas pouvoir se fixer sur un seul mode de pensée. Elle avait l’impression qu’elle se parlait à elle-même ou qu’elle n’était pas seule dans son corps, peut-être comme Suzaku ? Avait-elle un kami ou étais-ce une autre forme de partage ? Lena était intriguée et c’était sur cela qu’était concentré l’un de ses cerveaux, tandis que l’autre suivait la conversation. Lorsqu’elle fut terminé, Prudence –car elle se nommait ainsi- assaillit Lena de questions.

- Je me nomme Lena L’y, je suis enchantée de vous connaître Prudence.

C’était un joli prénom et Lena aimait bien lorsque les gens s’appelaient avec le nom d’objet ou des qualificatifs. Même si visiblement, le sien ne lui allait pas très bien. Ce qui était d’autant plus amusant.
Lena échangea un regard avec l’agent Todd, pour savoir de quoi elle pouvait parler. Il haussa les épaules, comme pour lui dire que c’était à elle de voir et s’en alla reprendre sa ronde ou plutôt, décrocher le téléphone et appeler les personnes compétentes pour réparer le mur, depuis lequel la créature semblait fixer Prudence. Lena se demandait pour quelle raison le monstre s’acharnait ainsi et elle décida d’en avoir le cœur net. Elle tendit la main.

- Ce n’est pas de la magie, c’est de l’énergie. Je sais que cela y ressemble mais en réalité le terme humain ne convient pas. La fumée noire que tu as vue s’appelle Ether.

Un Ether qui s’était insinué en elle, sans qu’elle ne ressente quoi que ce soit de particulier. L’un des cerveaux de Lena était concentré sur la recherche d’une anomalie et l’autre, sur sa conversation.

- D’où je viens, c’est la source de toute vie et nous avons fusionné avec elle. Nous pouvons la manipuler. Tu sais, l’Ether est présent partout dans l’univers, sur chaque planète, sous différentes formes. Ici aussi, les humains en sont composés en partie et c’est pour cette raison que je peux facilement communiquer avec vous par la pensée. J’ai beau avoir copié votre biologique, je n’arrive pas à me faire aux cordes vocales. Je n’ai pas de bouche normalement.

Lena parlait beaucoup, en particulier lorsqu’on prenait la peine de la questionner. Elle adorait dispenser du savoir presque autant que d’en recevoir. A ce moment précis, l’Ether caressa quelque chose et les yeux de Lena s’écarquillèrent. Un sourire apparut rapidement sur son visage, un sourire plus large que d’habitude.

- Oh, vous aussi, vous venez de l’espace ! J’ignorais qu’Ilborion avait un agent sur cette planète, c’est étrange ! Le Conseiller ne m’a rien dit…

Songeuse, elle lâcha la main de Prudence sans remarquer l’air qu’elle arborait.

- Je manque à tous mes devoirs. Je suis l’une des rescapées de Xantah, l’une des six. On m’a envoyé sur Terre pour étudier l’espèce humaine, son état d’avancement et apprendre leur secret sur la manière dont ils ont vaincu les Grues. Et vous ?

Parce qu’après tout, elle devait bien être ici pour quelque chose et Lena se demandait pourquoi le conseiller d’Ilborion aurait envoyé un autre agent, compte tenu du fait qu’il était affilié à Xana. Personne ne lui avait parlé d’elle et cela l’inquiétait qu’on ait omis une telle information. Manque de confiance ? A moins que Prudence ne soit pas censée être là…Mais au moins, cela expliquait l'attitude du monstre à son égard. Ils étaient issus du même système planétaire et les Ilboriens en avaient souvent combattu par le passé, ils étaient même spécialistes dans le domaine.
Elle tenait peut-être la raison de sa présence ici?
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Message posté : Sam 14 Juin 2014 - 19:02 Message
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HRP:
 


Prudence avait l’habitude de beaucoup réfléchir, parfois trop et pas souvent au bon moment. Avec le temps, son père lui avait doucement fait comprendre que dire tout haut le fond de ses pensées, à tout instant, pouvait fâcher ses interlocuteurs. Saisissant la nuance, l’adolescente détestait pourtant mettre en pratique ce conseil, car elle s’approchait trop de l’hypocrisie. Elle voulait dire ce qu’elle pensait car il ne sert à rien de ruminer ses pensées. Si bien qu’elle parvenait à se parler à elle-même et à même à monologuer dans sa tête, comme si cela pouvait mieux extérioriser ses pensées profondes. Mais là n’était pas le débat.

Avec un brin de méfiance, Prudence avança également la main vers celle que lui tendait amicalement l’inconnue. Lena L’y était son nom. Il sonnait bizarrement, comme si sa musicalité originelle n’était pas faite pour être prononcée par des langues humaines. Elle écouta religieusement ses explications, sans pour autant en comprendre tous les tenants et les aboutissants. Certes, il n’était pas question de magie, cette fille ne venait donc pas de Poudlard ! Et si « l’Ether » était une énergie qui circulait en elle, c’est que Lena devait aussi être une mutante ! Mais pourquoi cette distinction entre les humains et elle ? Trêve de plaisanterie ! Le plus sérieusement du monde, Prudence s’apprêtait à demander – poliment – de plus amples explications sur le sujet, lorsque la conversation dériva.

-… Quoi ?

Ce fut à peu près la seule chose intelligible qu’elle réussit à dire. L’enthousiasme non feint de la rouquine lui passa très loin au-dessus de la tête. Est-ce qu’elle venait de la traiter d’extraterrestre ? Les yeux ronds comme des billes, Prudence se recula aussitôt de deux pas, loin de sa sauveuse. Son bras se rétracta par réflexe, comme si elle venait de toucher un serpent particulièrement beau mais venimeux.

- Je… Vous devez me confondre avec quelqu’un d’autre, s’entendit-elle dire d’une voix sourde.

Tandis qu’elle parlait, les rouages de son cerveau tournaient à plein régime. Bon, même si c’était une erreur purement hasardeuse et pas bien méchante, cela ne pouvait signifier qu’une chose. Cette méprise avait révélé un détail d’importance sur la nature si étrange de son interlocutrice : Prudence discutait en ce moment même avec une vraie extra-terrestre. D’où la distance qu’elle maintenait toujours entre les humains et elle dans ses propos. D’où sa télépathie, nécessaire à toute créature intelligente qui ne savait pas se servir de cordes vocales. D’où les fabuleux pouvoirs, sans doute, qu’elle possédait. Prudence aurait volontiers voué son âme aux Cylon pour remercier Dieu – ou n’importe quelle entité suprême dans l’univers – pour pouvoir parler avec un extra-terrestre. Cela semblait tellement surréaliste ! Bien sûr, la Terre avait repoussé une attaque de l’Unité Grue en 2010. Mais Prudence n’avait pas été là.

Si seulement elle comprenait ce qu’il était en train de se passer, elle aurait manifesté une joie sans bornes…

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, pas vraiment… Et je ne suis pas la mieux placée pour vous renseigner en ce qui concerne la tentative d’invasion des Grues. Mais je peux vous dire une chose : vous faites fausses route. Je m’appelle Prudence Carter, je suis Américaine, j’ai grandis dans le Kansas et j’étudie à la Star High. Je suis une humaine. Mutante mais humaine quand même !

Elle ressentit le besoin d’expliquer. Si elle n’aimait guère se vanter d’ordinaire, cette situation différait trop pour qu’elle manque une occasion d’être bien vue par des êtres interstellaires.

- Les mutants sont des humains dont l’évolution génétique a accéléré, leur conférant des pouvoirs et des capacités hors normes, dit-elle doctement.

Mais comment savoir, au fond, si Lena L’y disait la vérité ? Y avait-il une caméra cachée, en train de la filmer se ridiculiser ? Pourtant, ses paroles avaient l’accent criant de la vérité. Prudence avait tellement envie de la croire… Sauf en ce qui concernait la partie sur les « Ilborion », là, son interlocutrice délirait complètement.

- Vous euh… Vous êtes loin de chez vous, Lena L’y de Xantah.

La créature derrière le mur, qui n’avait pas bougé de son poste d’observation, était aussi très loin de chez elle. Quant à savoir d'où elle venait réellement, la question restait entière. Si quelqu'un avait su percer ce mystère, cette information n'avait pas filtré dans les médias. Ce qui demeurait certain, c'était que l'odorat de cette créature semblait suffisamment développé pour percevoir, chez les deux jeunes filles, une odeur qui n'avait rien d'humain. Ce qui en faisaient des proies de choix et autrement plus appétissantes, sur une planète où régnaient en maîtres les humains.
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Message posté : Sam 21 Juin 2014 - 10:07 Message
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Visiblement, l’analyse de Lena choqua beaucoup Prudence. La xanthienne se demanda si elle n’avait pas commis une erreur…Mais non, elle sentait ses cellules ilborions aussi clairement qu’elle voyait la jeune fille se dresser devant elle. Une mutante ? Non, elle développait probablement juste les aptitudes de son peuple.

- Je vois…Vous n’avez jamais connu votre planète.

Il y avait une pointe de tristesse dans la voix de Lena même si, au fond, Prudence se considérait comme une humaine et donc comme appartenant à la Terre. Elle se demandait comment un croisement entre un humain et un olborion avait été possible, qui était la mère, comment l’un des membres de cette espèce était arrivé jusqu’ici, comme avait-il pu passer outre les contrôles de l’UNISON…Mais vu l’âge de la jeune fille, l’UNISON n’avait pas encore été créé à l’époque ou venait tout juste de l’être. Lena se mordilla la lèvre, hésitant sur le fait d’insister puis finalement, elle se dit que Prudence avait bien le droit de savoir d’où elle venait.

- A vos mots, je comprends que vous êtes née et avez grandis ici mais je sens en vous des cellules ilborions. Je ne peux pas me tromper, l’Ether est infaillible. Il est la source de toutes les vies dans l’Univers, de la vôtre aussi. Vous n’êtes pas humaine ou du moins, vous ne l’êtes pas totalement au sens biologique du terme. Vous n’êtes pas victime d’une mutation, juste d’un croisement inter-espèce.

Une vérité qu’elle semblait avoir du mal à intégrer. Lena ne comprenait pas pour quelle raison exactement : Elle venait d’apprendre une information capitale sur elle-même, une information qui lui ouvrait un millier de possibilités. Elle aurait dû déborder de joie.
Oui, parfois, Lena avait des problèmes pour comprendre les humains.

- Et je ne suis pas loin de chez moi…Je n’ai plus de chez moi. Les Grues…

Elle allait dire : les Grues ont détruit ma planète, mais ce n’était pas totalement vrai. Lena avait fini par le comprendre, au contact de l’Humanité, de ses différentes philosophies. La colère et la haine qu’elle avait ressenti en partant était en partie dirigée contre celle qui l’avait jadis auto-procréée.

- Comme je vous l’ai dit, je suis ici pour étudier les humains, apprendre d’eux et comprendre quelle est la stratégie adéquate à adopter pour vaincre les envahisseurs Grues. La Terre est la seule planète à en être sortie indemne.

Elle ne comptait évidemment pas les milliers de mort ni tous les dégâts matériels mais au moins, l’espèce existait toujours, leur système social, financier et politique avait été préservé, ils avaient pu reconstruire leurs immeubles, leurs routes et put enterrer leurs morts dignement. Lena n’avait même pas pu absorber l’essence des siens. Elle avait cessé d’exister, vaporisée en même temps que sa patrie.
Cette pensée était encore douloureuse, aussi Lena perdit-elle son sourire.

- Lequel de vos parents est le géniteur terrien ? Peut-être ignorait-il ou elle la vérité. Il est étonnant qu’un représentant d’Ilboria soit arrivé sur Terre sans encombre ou qu’il ait tout simplement choisi cette planète alors qu’il y en a au moins douze autres sur son chemin avant d’y parvenir…

L’un de ses cerveaux était totalement absorbé par cette énigme étrange. Elle voulait vraiment comprendre ce mystère mais elle aurait besoin de la coopération de Prudence. Pour cela, il fallait déjà que la jeune fille accepte ce qui semblait être inacceptable pour elle…Lena s'inquiétait d'avoir mal agis, tellement qu'elle avait presque oublié la créature de l'autre côté du mur. Presque, parce que quand on a deux cerveaux, on peut aisément se focaliser sur une multitude de sujets différents...

- Ai-je dis quelque chose de mal? finit-elle par s'inquiéter, alors que Prudence ne disait toujours rien.
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Message posté : Sam 21 Juin 2014 - 13:09 Message
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- C’est surréaliste !…

Prudence se faisait l’effet d’un témoin indiscret, assistant en spectateur impuissant à l’effondrement d’une étoile d’où jaillissait à présent un trou noir. Détachée d’elle-même, elle observait la scène avec un sang-froid qu’elle était pourtant loin de posséder en cet instant. Léthargique et muette, elle ne pouvait qu’écouter les paroles de Lena L’y et tâcher d’en comprendre toutes les implications. Le sourire crispé qu’elle arborait tantôt avait cédé au mutisme sans expression, digne d’un poisson crevé. Ce n’était tout simplement pas possible.

Si elle tiqua aux mots « indemne » - concernant l’état de la Terre après l’attaque des Grues – et « croisement inter-espèce », elle ne parvint pas pour autant à ouvrir la bouche. Ce fut seulement lorsque le flot de questions de Lena se tarit qu’elle sembla émerger. Très lentement, elle revint à la réalité. Alors remarqua-t-elle l’accès de panique qui commençait à la gagner. Son rythme cardiaque s’emballait et le sang battant à ses tempes rugissait tel un ouragan. Malgré elle, la peur l’envahissait.

- Ai-je dis quelque chose de mal ?

Cette question, si anodine et si innocente, creva l’abcès. Des images et des sensations, qu’elles n’avaient pas éprouvées depuis très longtemps, refirent soudain surface. Le souvenir d’une berceuse chantée par la voix maternelle, dans une langue qu’elle ne reconnaissait pas. La sensation d’une dure chute, alors qu’elle avait voulu faire une blague, et sa main ensanglantée après avoir ripé sur quelque chose de métallique dans le dos de sa mère. Plus fort que tout, il y avait ce souvenir ancré en elle, quotidien et malaimé, d’un regard de sa génitrice. Ce même regard qu’elle ne supportait jamais de soutenir, qui se posait sur elle dès que sa mère pensait qu’elle ne la voyait pas faire. Ce regard qui donnait l’impression à la fillette d’être une étrangère, pire un danger, pour sa mère.

Prudence avait envie de vomir.

- Tu mens.

Les mots jaillirent sans qu’elle puisse les retenir. Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Ce serait tellement plus simple, si Lena lui mentait ! Prudence vacillait au bord d’un gouffre. C’était, du moins, l’impression qu’elle avait. Si elle persistait assez fort à ne pas y croire, peut-être qu’elle réussirait à s’éloigner du bord. Mais si elle commençait à y croire, même un tout petit peu, si elle continuait d’écouter la rouquine télépathe, elle sentait qu’elle basculerait dans le gouffre sans pouvoir se retenir. Elle plongerait dans l’inconnu. Ce ne pouvait pas être vrai.

Prudence aurait dû se réjouir. Elle qui avait toujours cru être mutante, voilà qu’elle se révélait être à demi-alien ! Etre si exceptionnelle… Elle s’en moquait, d’être exceptionnelle, au fond. Ses pouvoirs faisaient partie d’elle, pas l’inverse. Elle ne se définissait pas par eux. Prudence Carter ne vivait pas pour exercer ses pouvoirs, elle avait ses propres rêves à mener à bien. Alors en quoi cela serait-il différent s’il s’avérait juste qu’elle ait eu un parent extra-terrestre. Ce ne fut qu’un souffle ténu, mais les mots lui avaient à nouveau échappé. Et il était trop tard, désormais, pour reculer. Le gouffre était ouvert.

- Pourquoi maman ne m’a-t-elle rien dit ?

C’en fut trop, il fallait qu’elle relâche la pression. Son corps produisait trop d’électricité depuis quelques minutes. Elle courait sous sa peau et dans sa chair à la vitesse de la lumière. Prudence maîtrisait d’ordinaire beaucoup plus facilement sa puissance. Les circonstances actuelles ne l’aidaient pas en ce sens. Ses jambes tremblaient, elle devait s’asseoir sans quoi elle s’effondrerait telle une pucelle effarouchée de films historiques ! Un arc électrique se déploya entre ses poings serrés. Prudence s’obligea à respirer à fond. Ce procédé lui permit de réguler la vitesse de circulation de l’énergie dans son corps. Dès qu’elle reporta son attention sur Lena L’y et croisa son regard, la manœuvre échoua lamentablement. Une vague de colère monta en elle. Une colère presque désespérée.

- TU MENS ! rugit-elle. Je m’appelle Prudence Carter ! Je suis née le 13 avril 1997 à Lawrence dans le Kansas, de Robert et Angela Carter ! Je suis humaine ! Je suis une mutante et fière de l’être !

Elle n’avait jamais eu l’intention d’attaquer sa sauveuse. Cela aurait été d’une ingratitude inimaginable. Et même si le trop plein d’électricité dans son corps ne se régulait plus, elle maîtrisait encore assez son énergie pour la diriger autre part. Dans un élan de rage, elle déplia ses doigts de la main droite. L’arc électrique s’éteignit pour mieux concentrer toute sa puissance dans le poing gauche. Lequel fut brusquement dirigé vers le banc. Qui explosa sous l’impact. Le silence retomba. Prudence avait le souffle court. Des larmes lui brûlaient les yeux mais elle refusait de les laisser couler. L’envie de vomir la reprit et elle plaqua sa main droite sur sa bouche.

- J’en sais rien... Je sais plus rien…
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Message posté : Dim 22 Juin 2014 - 11:28 Message
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Lena L’y était démunie face à la réaction de Prudence et elle se sentait affreusement mal de l’avoir plongée dans cet état. Visiblement, elle n’était pas au courant de sa nature hybride mais pire encore, elle l’acceptait très mal. Lena ne saisissait pas pour quelle raison mais c’était un fait. Elle sentait la brume dans son esprit, l’égarement, la peur aussi de prendre conscience d’une nouvelle dimension de son existence. Lena pensait bien faire mais elle se souvint des paroles de Suzaku. Elle devait faire attention à ce qu’elle disait au risque de blesser quelqu’un ou de provoquer sa colère.
L’air coupable, Lena observa le déchaînement de Prudence. La négation d’abord, puis les questions, le rejet, l’incompréhension…Et finalement, l’écroulement. Elle perdait tous ses repères, elle craignait que ses parents lui aient toujours menti. Lena avait brisé « son identité » alors qu’elle voulait simplement lui fournir une information. Toute à sa joie d’avoir découvert un nouvel alien sur Terre, un alien jeune qui semblait pouvoir se mouvoir en liberté, elle n’avait pas songé une seule seconde que 1) Prudence n’était au courant de rien et 2) que cela provoquerait une réaction aussi vive.

Un banc non loin explosa sous l’effet d’un éclair et à nouveau, Lena songea au pouvoir de Suzaku. Lui, le tenait d’un Kami. Elle, le tenait de ses gênes d’une planète lointaine. Comme quoi un même don pouvait avoir des sources multiples.

Lena voulut s’approcher d’elle, lui toucher l’épaule, tenter de la réconforter comme elle l’avait souvent vu dans des films ou même dans la rue. Elle voulait sincèrement aider Prudence à se remettre mais elle ignorait comment procéder. Sa détresse était palpable, elle ignorait comment gérer la situation alors elle se repassa ces dernières minutes et entreprit de noter toutes les questions posées par Prudence. Aucune distinction de rhétorique, elle allait répondre à tout et peut-être la calmer un peu de cette manière.

- Je suis désolée mais je suis incapable de mentir car c’était une activité non pratiquée sur ma planète d’origine. Je l’ai découverte en arrivant sur Terre mais je ne le maîtrise pas du tout car je ne conçois pas l’intérêt sociologique pour moi de le pratiquer.

Lena hésita quelques secondes alors que la jeune fille, prostrée sur le sol, semblait si perdue. Elle fit un pas en avant, réduisant la distance entre elles.

- Vous restez vous-même. Rien ne change, votre psychologique est identique, votre biologie également, de même que vos pouvoirs. Vous êtes toujours Prudence Carter, née le 13 Avril 1997 à Lawrence dans le Kansas, fille de Robert et Angela Carter. Simplement, le nom d’un de vos deux parents a été traduit dans la langue humaine. J’ignore si votre parent humain est au courant de cela mais le plus simple serait de lui poser la question.

Elle voulut tendre la main vers elle puis se ravisa, sachant qu’elle ne maîtrisait pas très bien l’art du contact physique. Parfois, elle en donnait un qui n’était pas adapté et d’autres fois, elle n’utilisait pas le bon geste. Puisque la demi-alien semblait être instable, mieux valait y aller avec des pincettes.
Une expression humaine un peu étrange d’ailleurs.
Mais ce n’était pas le sujet.

- Je ne voulais pas vous perturber à ce point…Bien que j’ignore ce qui vous perturbe exactement. Je ne maîtrise pas bien toutes les subtilités de la psychologie humaine mais je suis vraiment, vraiment navrée de vous avoir mise dans cet état. C’était…Indécent de ma part. Non, le mot est faux. Je veux dire…Méchant. Même si je ne le voulais pas.

Elle secoua la tête, s’embrouillant dans ses propres pensées, des mots de vocabulaire extra-terrestres lui venant à la place de ceux en langue humaine qu’elle utilisait habituellement pour communiquer. Elle espérait que ses paroles suffiraient à la calmer. Elle était incapable de produire un pourcentage concret de possibilités.
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Message posté : Dim 22 Juin 2014 - 17:03 Message
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Prudence se serait volontiers assise par terre si elle n’avait craint de ne plus pouvoir se relever ensuite. La nausée ne passait pas. Pliée en deux, les mains serrées sur les genoux, elle fixait le bitume en tâchant d’évacuer… Évacuer quoi ? Le stress ? La production trop rapide d’électricité par son corps ? La vérité ? Hurler, gémir, sangloter… Avec un détachement presque surnaturel, elle se dit que tout cela n’en valait pas la peine. Au milieu de la tempête qui faisait rage sous son crâne, ces émotions parasites cédaient face à une certitude. Une seule certitude, qui emplissait peu à peu tout l’espace et qui résonnait, amplifiée par les propres mots de Lena L’y. Là se trouvait sa bouée de sauvetage.

Je suis Prudence Carter.

En apparence, l’adolescente passait pour un être turbulent et impulsif, qui réfléchissait fort peu ou que les questions existentielles indifféraient. Il n’en était rien. Et Prudence faisait les frais de sa curiosité naturelle et de sa vivacité d’esprit. Tous les morceaux du puzzle s’emboîtaient. Et le résultat n’était pas celui escompté.

Je suis à moitié extra-terrestre.

Elle releva les yeux sur Lena L’y, qui s’était assez rapprochée pour comme tenter de la réconforter. Elle eut un bref mouvement de recul. Qu’elle réprima aussitôt amorcé. Ce n’était pas de sa sauveuse qu’elle devait avoir peur, mais plutôt de la bête affamée derrière le mur. Lena L’y ne lui voulait pas de mal. Comme elle le disait si bien, elle ne pouvait pas mentir.

- Je… Désolée pour le banc.

Ce fut tout ce qu’elle réussit à articuler sur le moment. Il fallait qu’elle se ressaisisse. D’innombrables questions commencèrent à affluer. Elle se redressa, le souffle court. Parler lui permettait de retenir les larmes et l’envie de vomir.

- Je ne vous en veux pas. Non… C’est juste que… Je ne m’attendais pas à ça… Lena L’y de Xantah, si ce que vous dites est vrai – et je ne vous accuse pas de mentir, non pas du tout ! -… Cela veut dire qu’on m’a menti toute ma vie. C’est pas… Ce n’est pas facile d’apprendre ça…

A mesure qu’elle parlait, sa voix enflait. Il lui devenait difficile de savoir si elle s’adressait réellement à l’extra-terrestre télépathe ou à elle-même. Elle recommença à faire de grands gestes. Elle adressa un regard mi exaspéré mi agacé à Lena.

- Ce n’est pas… Méchant de faire ce que vous avez fait ! Seulement, assurez-vous que la personne en face soit prête à recevoir de telles informations ! Elle peut très bien n’avoir pas envie de savoir !... Remarque, je préfère l’apprendre de vous que d’un type en blouse blanche qui me prendrait pour son cobaye…

Cette pensée la fit frémir d’horreur. Elle chassa aussitôt cette vision de son esprit.

- Cela veut dire que ma mère vient d’une autre planète. Ce ne peut être qu’elle, de toute façon ! Je vois mal Papa développer des pouvoirs et cacher une double identité… C’est pour ça qu’elle est partie. Maman s’est enfuie quand elle a su que j’étais comme elle. C’est la peur qui l’a fait partir… Oh mon Dieu !

Prudence n’était pas particulièrement croyante mais ce fut la première expression qui lui vint à l’esprit. Cette découverte chamboulait toutes ses théories. Et lui ouvrait des perspectives infinies. Elle regarda avec des yeux neufs l’extra-terrestre contrite qui lui faisait face. Venait-elle de la même planète ? Du même système solaire ? Pourquoi l’avait-elle quitté ? Pour les mêmes raisons que sa mère – quelles qu’elles soient – ou bien d’autres ? De quoi avait-elle parlé, déjà ? Combattre les Grues, découvrir la Terre. Les yeux gris de Prudence détaillèrent brièvement son vis-à-vis. Il était impossible de deviner qu’il s’agissait d’un alien. Seule l’absence de voix – autre que télépathique – la trahissait d’emblée, quand son « Éther » ne se manifestait pas avant. Qui était-elle vraiment ? De quel coin de l’univers était-elle originaire ? Pourquoi l’avoir sauvé, elle, Prudence Carter, alors qu’elle aurait très bien pu ne rien faire et observer tout autant ?

- Je suppose que je dois vous remercier. De m’avoir dit la vérité. Je suis donc… Un croisement inter-espèce. Génial. Pardonnez mon manque d’enthousiasme, j’ai un peu l’impression que mon cerveau est passé dans une machine à laver le linge !

Elle offrit un pauvre sourire désolé à la jeune femme. Comment fait-on pour mener une conversation après ça ? Ce qui déroulait ici semblait tout droit sorti d’un film de science-fiction. Prudence s’attendait à tout instant à voir débarquer des anneaux de transport pour les propulser sur un vaisseau-mère, où elle se réveillerait d’un long sommeil cryogénique. Un truc de fou !

- J’ai conscience que je vais peut-être vous en demander beaucoup mais… Est-ce qu’on pourrait parler ? Je sais pas, de votre planète, de cette bête ou de la couleur bizarre des glaces à la pistache ? N’importe quoi ! C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme vous et vous venez de me sauver la vie. C’est pas rien. Je peux peut-être faire quelque chose… Pour vous ?

Qu'avait-elle à perdre ? Elle venait juste de découvrir qu'elle n'était pas totalement humaine. Plus rien ne pouvait l'étonner !
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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 11:40 Message
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Parfois, il était donc difficile d’apprendre des informations…Inutile de dire que le concept était assez neuf pour Lena, qui écarquilla les yeux de surprise. Pour elle, apprendre était aussi naturel que la respiration pour un être humain. Toute information était bonne, peu importe la nature du contenu. Apprendre et vivre dans la Vérité était un bienfait et elle avait voulu le partager avec Prudence. Dans son enthousiasme, elle avait oublié que les humains étaient différents des membres de son espèce. Qu’elle ne devait pas, ne pouvait pas, se comporter comme sur Xantah. C’était la source première de sa gêne car elle n’était pas stupide au point de croire qu’elle n’avait pas blessée Prudence ou du moins, grandement perturbée.

- D’accord…Je m’en souviendrais pour la prochaine fois. C’est étrange, ce tri d’informations.

Oui, elle était encore bloquée sur le sujet.

- Je suis désolée, je n’ai aucune réponse à vous fournir concernant votre parent.

Lena n’avait encore rencontré qu’un seul extra-terrestre et c’était dans la zone de quarantaine, à l’UNISON. Elle n’avait pas encore revue Johana mais elle savait que de toute façon, elle ne venait pas d’Ilboria et il était donc inutile de l’évoquer ici. Elle n’était certainement pas la mère de Prudence…Mais comment cette dernière avait pu échapper à l’UNISON ? Lena se posait beaucoup de questions et se promit de faire des recherches sur le sujet.

- Vu la quantité de matières néfastes pour un cerveau dans ce genre de machine, ce doit être assez désagréable ! J’espère que vous vous soignerez rapidement.

Oui, Lena avait encore du mal avec les expressions imagées…

- Vous ne préfèreriez pas évoquer votre planète ? Je veux dire, parler d’Ilboria, en apprendre plus sur ses systèmes politiques, ses coutumes, modes de vie, dirigeants actuels ? Je ne m’y suis jamais rendue moi-même mais j’ai rencontré le conseiller ilborion lors de mon passage à Lorvan, c’est de cette manière que j’ai pu sentir d’où vous veniez. L’Ether n’oublies jamais ce que j’ai pu toucher, même effleurer une fraction de seconde et je peux le stocker jusqu’à la fin de mon existence sans en avoir conscience, hormis au moment où j’en aurais besoin. C’est très pratique, du moins…En certaines circonstances.

Lena devait vraiment apprendre à gérer les informations qu’on lui envoyait, elle devait comprendre de toute urgence les subtilités des discussions humaines et des rapports sociaux si complexes, si codifiés mais dont l’orientation et le code pouvait changer à cause d’un simple mot, d’un simple geste malheureux. Elle en avait acquis les bases mais beaucoup de travail restait à fournir. Lena avait beau apprendre très vite et littéralement dévorer les connaissances dont on daignait l’abreuver, il y avait plus à découvrir sur Terre que sur bon nombre d’autres planètes. Pour cette raison, elle adorait les humains. La Terre était un peu pour elle comme un parc d’attraction plein de couleurs pour un enfant. Sauf qu’elle avait le droit d’y rester plus d’une journée.

- Peut-être devrions-nous nous asseoir.

Sans plus de cérémonie, Lena prit place sur le sol. Le banc le plus proche avait été réduit en morceau et elle ne tacherait pas sa robe, elle le savait déjà, puisqu’elle était une illusion d’Ether. Elle fit signe à Prudence de prendre place à ses côtés.

- Sachez d’abord que vous ne me devez rien mais je suis très touchée que vous soyez désireuse de m’aider. Je suis ici pour apprendre tout ce qui est possible d’apprendre sur les humains, sur les différentes sociétés, bref sur tout ce qui compose cette planète, toutes les sciences, toutes les cultures…Parce que j’appartiens à une espèce pour qui acquérir de la connaissance est vital. Nous le faisons très, très rapidement grâce à nos deux cerveaux et au fait qu’il s’agisse d’un impératif biologique. Pour cette raison j’ai été choisie pour cette mission. Je pensais que ce serait simple mais en réalité, votre civilisation est d’une complexité affolante…J’aime énormément.

Et le grand sourire qui suivit en était la preuve.

- Voulez-vous bien tenter de m’expliquer comment définir le bon moment pour dire quelque chose ?

Si tant est qu’il soit possible de l’apprendre. Lena partait du principe qu’on pouvait tout acquérir avec de la bonne volonté mais parfois, cela se révélait trop abstrait et la personne en face d’elle était incapable de lui donner une explication.
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Message posté : Mar 24 Juin 2014 - 13:52 Message
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Prudence esquissa un sourire amusé. Son interlocutrice ne comprenait décidemment pas encore toutes les subtilités du langage humain. Cette soudaine légèreté de propos fut la bienvenue. L’adolescente put ainsi calmer sa respiration et mieux réguler le flux d’énergie produit par son corps. Il fallait qu’elle parle, ou qu’elle écoute, bref, qu’elle fasse n’importe quoi qui put l’empêcher de réellement réfléchir à toutes les implications de sa nouvelle prise de conscience. Si elle réfléchissait trop, elle allait exploser. Littéralement.

- Oui, pourquoi pas ? murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour sa sauveuse.

Lena L’y sembla ne pas l’avoir entendue et continua sur sa lancée. Elle s’assit à même le trottoir, sans ménager sa jolie robe. Et Prudence n’eut d’autre choix que de l’imiter. Assise en tailleur sur le sol, les yeux rivés sur l’aimable extra-terrestre, elle faisait tout son possible pour enregistrer les informations délivrées. Cela dépassait le stade de la science-fiction, d’ailleurs. Parce que tout était réel. L’univers que Prudence Carter connaissait depuis toute petite volait en éclats. Oh, bien sûr, elle savait que les humains n’étaient pas seuls dans l’immensité de l’univers. Mais en avoir la preuve devant soi – et en soi – était toute autre chose. Si elle ressortait saine d’esprit de cette expérience, Jace et tante Emery n’allaient pas en revenir quand elle leur raconterait !

A l’ultime question de Lena L’y, Prudence lui opposa un silence perplexe. Elle ne savait pas quoi répondre. Tout cela lui semblait naturel. Et elle peinait à s’imaginer dans le rôle improvisé du professeur. Mais avait-elle le choix ? Après tout, c’était elle qui avait demandé ce qu’elle pouvait faire pour remercier Lena L’y. Elle devait l’assumer, maintenant. Heureusement, une fois son discours commencé, elle parut plus à l’aise et agita les mains pour expliciter son propos.

- Euh… C’est compliqué… De toute façon, tout est compliqué avec les humains ! Et je comprends que vous soyez perdue dans tout ça. Il y a plusieurs niveaux d’importance dans les mots. Par exemple, la phrase « Il fait beau aujourd’hui » est d’une banalité affligeante. Ça n’a aucun impact sur la vie des gens. En revanche, si vous dites « Je suis une extra-terrestre », assurez-vous au préalable que la personne en face de vous soit apte à comprendre et, surtout, qu’elle ne vous veuille pas de mal. Ok, vous avez l’Ether et la télépathie pour vous aider ! Mais les humains ont des intonations, des gestes, des expressions faciales qui… Comment dire… Qui peuvent vous permettre d’en savoir plus sur eux. Quant à choisir le bon moment, ça dépend de l’information, de la personne, des circonstances… Bref : c’est compliqué.

C’était quand même vachement surréaliste, comme conversation. Surtout avec la bestiole affamée qui les observait en chien de faïence. Actuellement, l’adolescente n’avait d’yeux que pour Lena L’y, au risque d’oublier le reste du monde. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’éprouver de la révérence à se trouver en présence d’une forme de vie intelligente et remarquablement puissante. Cela dépassait le stade du fantasme. Dans le jargon parfois peu élaboré de Prudence Carter, lorsqu’elle perdait ses mots, cela signifiait que c’était trop cool.

- Je peux vous poser une question ? Au risque de paraître indiscrète… Vous ressemblez à une humaine mais vous n’en êtes pas une, n’est-ce pas ? Pour mener à bien vous mission, vous avez dû vous déguiser, ou que sais-je encore… Est-ce votre vraie forme ?

Et moi ? Est-ce que c’est aussi ma vraie forme ?

Elle s’en voulue aussitôt d’y avoir pensé. C’était trop tôt, trop douloureux encore. Savoir que sa vie avait été basée sur le mensonge de sa fuyarde de mère ne la rassurait nullement quant à son propre avenir. La Légion des Etoiles s’éloignait comme un rêve inaccessible.

- Désolée. J’ai tendance à être trop curieuse et à dire ce que je pense sans pouvoir me retenir alors… C’est parfois gênant.

Elle inspira à fond. Puis se pencha légèrement en avant, sur ses genoux, pour mieux plonger ses yeux gris dans les prunelles brunes de sa comparse. Elle baissa d’un ton, presque comme si elle demandait une confidence. Fronçant les sourcils, dubitative, elle s’enquit :

- Comment faites-vous pour passer inaperçue ? L’UNISON et les agents de sécurité autour de la Zone 21 vous connaissent et vous font confiance. Mais vous, comment savez-vous à qui donner votre confiance ? Tous les humains ne sont pas des anges. Beaucoup ne regardent que leur intérêt et un très petit nombre encore rêve de dominer le monde. Ce sont vos pouvoirs qui vous guident ?

Prudence se faisait l'effet d'un témoin privilégié, qui ose questionner sans vergogne son mystérieux sauveur, alors qu'il devrait ramper à ses pieds en signe de gratitude. Ce qu'elle ne s'imaginait pas faire. Sa fierté le lui interdisait. Et ce serait un gâchis inter-galactique, si elle ne profitait pas de l'opportunité. Finalement, elle avait bien fait de s'assoupir en face de Port-Royal.
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Message posté : Jeu 26 Juin 2014 - 11:42 Message
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D’accord, c’était compliqué. Ce genre d’argument encourageait généralement Lena à poursuivre plus en profondeur mais elle avait l’impression que Prudence ne le désirait pas. Puisqu’elle avait mal agit vis à vis de la jeune fille, Lena avait à cœur de lui faire plaisir avant toute autre chose, aussi acquiesça-t-elle simplement et préféra s’engager à répondre à ses nombreuses questions. Partager ses connaissances était tout aussi gratifiant pour elle qu’en engranger de nouvelles, de toute façon.

- Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas du tout gênant. J’aime que l’on me pose des questions, sur ma planète tout le monde en posait, le partage de connaissance est une valeur très importante pour mon peuple, aussi posez toutes les questions que vous jugerez bonnes.

Lena ne put s’empêcher de rire.

- Que dire de moi ? Ici, poser des questions est parfois si mal vu ! Je me suis souvent sentie gênée.

Elle se rappelait cette conversation sur la sexualité qu’elle avait eue avec Suzaku par exemple, quand elle n’avait pas compris la réaction physiologique de son ami ni tout ce que cela impliquait. Elel comprenait donc parfaitement ce que Prudence ressentait.

- Je suis sur Terre depuis une année et demi, selon votre calendrier. Je suis restée longtemps en zone de quarantaine à l’UNISON, jusqu’à ce que je sauve la vie d’un scientifique. Ils avaient emmené un spécimen de la zone 21 pour l’étudier et ça a mal tourné. Je l’ai aidé et ils ont jugé que je pourrais être utile. Pour cette raison, ils me laissent une relative liberté. Je dis relative car j’ai une puce GPS dans mon téléphone pour qu’ils connaissent toujours ma position.

Ce que Lena ne révéla pas, c’était qu’elle avait trafiqué cette puce depuis longtemps à l’aide de ses pouvoirs, de même que les caméras dans son appartement. Elle n’avait pas eu le choix pour pouvoir tranquillement enquêter sur Chase.

- Je suis consciente qu’ils se méfient toujours un peu de moi, mais ce sont surtout les dirigeants qui ont ce sentiment. La plupart des agents sont très aimables avec moi, les scientifiques aussi. C’est sûrement parce que j’ai toujours été très coopérative. Je ne voyais aucune raison de leurs cacher quoi que ce soit.

Même si elle avait dû garder certains détails sous silence, en partie parce que les humains ne comprenaient pas tout ce qu’elle pouvait expliquer. Il y avait des notions trop complexes et trop effrayantes pour eux, qu’ils préféraient mettre sur le compte d’une incompréhension inter-espèce plutôt que de se remettre trop profondément en question. Lena respectait ce choix.

- Le fait que je puisse distinguer les pensées immédiates est un plus, évidemment mais j’ai déjà rencontré plusieurs fois des criminels…Qui se sont révélés être très gentils avec moi, sans chercher à m’utiliser. J’ai ainsi pu observer le paradoxe de l’Humanité, que je ne saisis toujours pas dans sa totalité. J’aime les humains.

Elle sourit.

- D’ailleurs, pardonnez-moi mais j’ai distingué votre inquiétude au sujet de votre véritable forme et ne vous inquiétez pas, votre corps humain est bien réel. Quant au mien, il s’agit en partie d’une illusion et en partie d’une copie. Mes vêtements sont une illusion et j’ai copié la biologie d’une scientifique, Maddison Gray. C’était pour mieux vous comprendre mais la copie n’a pu être que partielle, disons…Oui, parlons plutôt de fusion temporaire entre mes caractéristiques et les vôtres. J’ai dû m’organiser au mieux, ma vraie forme ne passe pas suffisamment inaperçue. Je peux vous montrer si vous voulez.

Autour de Lena, une fumée noire sembla se dissiper petit à petit et la xanthienne reprit sa forme d’origine. Elle conservait la même taille mais avait un crâne plus long, pour laisser place à ses deux cerveaux, ne possédait pas de bouches et avait de grands yeux totalement blancs. Sa peau était translucide et, comme une multitude de petites veines, on distinguait clairement les flux de l’Ether en elle. Elle n’avait pas de poitrine, rien qui ne la distinguait en tant que femme parce qu’elle n’en était pas vraiment une. Les xanthiens n’avaient pas de sexe et se reproduisaient par auto-procréation. Une robe mauve unie, celle des apprenties, entoura son corps.

- Voilà. C’est pour cela que je parle par télépathie, je n’ai ni bouche ni cordes vocales normalement. J’ai copié celles du docteur Gray mais je me sens mal à l’aise dans leur utilisation. J’espère que je ne vous effraie pas ?

Spoiler:
 
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