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[Musée historique] Conférence sur le Samouraï à travers les âges

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Message posté : Sam 7 Juin - 19:39 Message
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Conférence sur le Samouraï à travers les âges



Jeudi 5 juin 2014 – 16h


Après avoir répondu aux dernières questions des élèves de Star High venus assister à ma conférence sur le monde moderne dans les locaux de l’école, et après avoir remballé mes affaires, je jetai un œil à mes mails sur mon smartphone : quelques courriels d’informations sans grande importance ainsi qu’un rappel de l’horaire de la conférence suivante, sur le thème de l’exposition temporaire : le Samouraï à travers les âges, se déroulant au musée historique à partir de 17h. Rien de très extraordinaire en somme. Après cela j’aurais tout le loisir de disposer de ma soirée et je me demandais si je n’allais pas en profiter pour rendre une petite visite de formalité à mon paternel. Cela faisait un certain temps que je n’avais pas foulé le sol divin de l’Olympe, et y faire une apparition éviterait des questionnements innoportuns à mon égard ainsi que d’attirer trop l’attention sur mes activités clandestines sur terre.

Je pliai bagages et me joignis à la foule dans les transports en commun, conscient que cela puisse paraître incongru de ne pas prendre un taxi comme la plupart des personnes de ma classe sociale. Certains diraient que cela m’évitait sans doute bien des désagréments. Mais je n’en avais que faire. Mes extravagances et mon non conformisme étaient dus au fait que j’aimais me fondre ainsi parmi le commun des mortels et que je trouvais très distrayant et instructif de les observer dans les transports, me prenant moi-même au jeu. Et puis, j’avais une heure devant moi à tuer !

Je cédai ma place à une vieille dame dans le bus, qui me remercia chaleureusement avant de se mettre à me raconter sa vie. « Oh merci jeune homme ! Vous savez, quand vous aurez mon âge…bla bla bla » Je l’écoutai poliment, en souriant. Elle se complaignit d’abord à propos des jeunes gens d’aujourd’hui, puis ajouta qu’elle était ravie de tomber sur un jeune homme de bonne famille, comme moi, qui se rappelait, dieu merci, les règles de bienséance dans cette société. Cela m’amusait. Il était curieux de constater que de vieilles personnes éprouvaient souvent ce besoin de se confier à quiconque se montrait sympathique à leur égard.
« Pardonnez-moi Ma Dame, mais c’est ici que je descend. Je vous souhaite une bonne fin de journée. » Je la gratifiai d’un sourire charmeur accompagné d’un clin d’œil. Son visage en paru sublimé. « C’était un plaisir jeune homme. » me répondit-elle.

Je gravis les marches menant au musée à l’image d’un temple Grec puis gagnai le grand hall ou trônait majestueusement le squelette du tyrannosaure face aux files d’attentes des billetteries et aux échoppes de souvenirs. Je saluai cordialement le personnel de l’accueil d’un signe de tête puis empruntai l’accès réservé au personnel pour regagner mon bureau. Je passai devant celui de mon assistante dont la porte était entrouverte et je n’eu même pas besoin de faire l’effort de glisser la tête à l’intérieur pour l’entendre me dire : « Monsieur Mercury ? Tout est en place pour la conférence de tout à l’heure. » Je m’arrêtai, poussai la porte de son bureau et lui lançai avec un sourire espiègle : « Qu’est ce que je ferais sans vous ! » elle leva le nez de son écran par lequel elle semblait absorbée et me demanda d’un ton plus que professionnel : « Oh ! vous avez l’air de très bien vous débrouiller. Je vous avais fait envoyer un taxi pour vous récupérer à Star High. Vous ne l’avez pas vu ? » Qu’est-ce que je disais ! Je fis mine de réfléchir un instant puis répondis d’un air faussement innocent : « Non. J’ai pris les transports en commun. » Sa bouche se contracta en une moue réprobatrice mais elle ne fit aucun commentaire. Elle commençait sans doute à s’habituer à mes excentricités. « Ma conférence à Star High s’est bien passée. Cependant, je nais pas eu le plaisir de croiser Sydney, pourriez-vous vous charger de la contacter pour moi afin de planifier avec elle les dates des prochaines ? » Elle prit note de mes directives, et au moment où j’allais quitter son bureau, elle ajouta : « Monsieur Pennington est passé. Il a demandé à vous voir. » Je m’enquis aussitôt d’un sourire, bien que je ne sois guerre des plus enthousiastes à l’idée de l’avoir dans les pattes celui là. « Très bien, dans ce cas je vais le recontacter. A-t-il laissé un message ? » répondis-je d’un ton enjoué afin de parfaire mon jeu d’acteur. « Non, aucun. Il a juste demandé de vos nouvelles. » « Bien. Merci Kate. » Je disparu aussitôt, retournant vaquer à mes occupations. Je gardais un œil sur ce Pennington, tout comme lui en gardait un sur moi. Cependant, j’aurais préféré avoir affaire à l’Archimage en personne plutôt qu’à un de ses sous-fifres. Selon moins, un secret n’était bien gardé que lorsque un minimum de personnes étaient au courant, et je n’aimais pas avoir des gêneurs et encore moins des petites fouines venant mettre leur nez dans mes affaires.

Je passai rapidement à mon bureau déposer mon attache case puis je descendis en salle de conférence où le public s’était déjà installé. Je traversai la salle, fut salué par quelques habitués et autres personnalités puis je pris place devant mon auditoire. « Bien le bonjour, je suis Raphaël Mercury, conservateur du musée historique de Star City, pour ceux qui ne me connaissent pas encore. Si vous le voulez bien, la conférence va pouvoir débuter. » J’étais encore peu connu car compte tenu de mon apparente jeunesse, je n’occupais pas ce poste depuis très longtemps à Star City. J’étais souvent pris pour un jeune premier, sortant tout juste de l’école, dont les parents auraient joué de leurs relations afin de placer leur progéniture. Cela m’amusait toujours autant d’en jouer, ainsi que d’alimenter ce genre de ragots et de surprendre par mes connaissances et mon expérience, les plus experts dans le domaine. Je prenais garde toutefois, à ne pas trop étaler ma science afin de ne pas attiser de trop, la curiosité de certains à mon égard.
C’est ainsi que tout à fait dans mon élément, je transmettais mon savoir à ces gens. Il s’agissait bien plus que de simples connaissances théoriques, j’avais traversé ces âges également et j’avais pu observer la culture japonaise de mes propres yeux aux époques que je mentionnais. Il fut question de l’évolution de la classe guerrière japonaise depuis la fin de la période Nara jusqu’à l’ère Meiji. Je terminais bien entendu la séance par laisser la parole au public souhaitant poser leurs questions.

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Message posté : Dim 8 Juin - 19:39 Message
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Cela me fait étrange de quitter le cabinet si tôt. En général je reçois des patients jusqu'à 18, voir 19h. D'une certaine manière ce que je m'apprête à faire est le prolongement de mon travail. Cela fait maintenant plus d'un mois que je reçois Mervin pour une visite hebdomadaire. J'arrive à peine à lui faire décrocher plus de deux phrases par séance. J'ai essayé de nombreuses approches, aucune n'a fonctionné jusqu'à présent. Je me sens frustrée et je sais que plus le temps passe, plus il se renferme. La détresse de cet enfant me touche beaucoup. Si Ian était encore de ce monde il me ferait la leçon, me dirait que je ne dois pas autant m'attacher, m'investir, que je dois laisser mes dossiers quand je ferme le cabinet. Il aurait raison jusqu'à un certain point, et il comprendrait tout aussi bien pourquoi j'en suis incapable. C'est à Mervin que je pense en fermant la porte du cabinet en cette fin d'après-midi. Je le revois assis sur le fauteuil, me dévisager de ses grands yeux. Et je ne peux m'empêcher d'y lire une sorte de défi muet, un défi qui dit « tu n'es pas capable de m'aider ». Pourtant je le voudrais. Cela me hante. Si l'enfant refuse de me parler, je communique plus facilement avec ses parents. Ils me racontent avec force de détails les soucis à l'école, à la maison, les façons dont leur fils se blesse et essaie de se faire du mal sitôt qu'ils le laissent seuls. L’énigme devant laquelle il nous laisse tous trois impuissants est : pourquoi. Il existe forcément une raison, un motif, quelque chose qui a provoqué cette crise qui s'accentue de semaines en semaines. Je voudrais tant la toucher du doigt.

Voilà comment m'est venue l'idée d'assister à cette conférence, non pas que je trouve l'histoire des samouraïs ennuyeuse, loin de là. Seulement je ne me rends pas au musée par intérêt personnel. Mervin est fasciné par la culture liée à ces guerriers japonais d'après ses parents. Je me dis que si je parviens à discuter de ce sujet avec lui, à échanger un peu, je pourrais ensuite l'amener à évoquer des choses plus personnelles et difficiles. Pour cela je dois savoir de quoi je parle, pouvoir lui apporter une chose qu'il ignore, lui offrir une information susceptible de capter suffisamment son attention. Ce sera le plus compliqué. Une fois à l'intérieur du musée, je profite des minutes qu'il me reste avant que la conférence commence pour m'imprégner de l'exposition à ce sujet. J'essaie de m'ouvrir au regard que mon jeune patient peut bien porter sur tout ceci. Qu'est-ce qui lui plaît tant dans cette culture ? Comment s'y est-il intéressé ? Je l'ignore encore, j'espère trouver les clefs pour le découvrir lors de prochaines séances. Je parcours les panneaux, les écrans, les vitrines en surveillant l'heure. Je n'ai pu voir qu'un bout de tout ce que rassemble la collection, il est déjà temps de m'installer sur une des chaises de la salle de conférence. Mon regard scrute les autres personnes assises là tout comme moi.

Enfin notre conférencier entre en scène. La jeunesse de ses traits me frappe. Il se présente à nous de façon tout à fait cordiale. Cet homme est assez éloquent et charismatique. Il connaît son sujet et je me retrouve rapidement captivée par ce qu'il évoque. J'essaie de prendre des notes, bien que parfois je sois vraiment trop absorbée par ses mots pour y penser. Je n'ai pas vu le temps filer que déjà la séance touche à sa fin. Des doigts se lèvent dans l'assemblée, des voix exposent leurs demandes de précisions sur tel ou tel point abordé. Je ne me vois pas me mêler à ces gens, mes questions étant bien différentes des leurs. Après de longues minutes les interrogations sont épuisées, la salle se vide. Quelques présents viennent aborder le conservateur. Je les observe de loin, en évitant de prêter l'oreille aux conversations qui ne me regardent pas. Sans trop savoir pourquoi je traîne un peu dans les parages. Du moins si, je sais très bien ce qui me pousse à rester. Je ne sais pas si j'oserais ni si je dois oser. Finalement l'homme se retrouve seul et je m'approche en lui souriant d'un air presque d'excuse.


« Bonjour monsieur Mercury, je suis Raven Walden. J'ai trouvé votre approche absolument captivante.

Je lui tends la main pour serrer la sienne. Mon regard se perd un instant dans ses yeux clairs et pour une raison obscure je me sens troublée. On dit que les yeux sont le miroir de l'âme, j'aime regarder mes interlocuteurs droit dans les leurs. Parfois on devine certaines choses mais là... Ceux que je croise sont indescriptibles. J'essaie de me ressaisir, de sourire à nouveau en refoulant cette drôle d'impression.

- Je m'excuse de vous ennuyer alors que vous nous avez déjà consacré beaucoup de votre temps précieux. Je viens d'en apprendre beaucoup grâce à vous sur le sujet, seulement j'ai une requête un peu particulière à vous faire. Je ne sais pas trop comment formuler cela... Voyez-vous je suis psychologue et j'ai un jeune patient qui se passionne pour cette culture. J'aimerais fonder une approche par la thérapie en me servant de cet intérêt seulement, je suis bien loin de posséder toutes vos connaissances ou même juste les siennes. Il est très souvent venu visiter l'aile du musée dédiée aux samouraïs.
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Message posté : Ven 13 Juin - 2:12 Message
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Comme souvent après mes conférences, j’eus le droit à quelques échanges de poignées de mains ainsi que quelques entretiens privés avec des personnes qu’il aurait été impoli d’éconduire, dont, entre autre, un collègue européen de passage, qui me félicita à propos de mon exposé puis me sollicita pour venir réitérer cette conférence en France, prochainement. J’acceptai poliment, l’incitai cordialement à discuter des détails logistiques avec mon assistante, tandis que je tentai de me dérober avant que d’autres ne viennent me mettre leur grappin dessus.

Cela aurait pu être une réussite. C'était sans compter que, lorsque je remontai l’allée principale de la salle, je fus interrompu presque timidement par une exquise jeune femme. Elle était le genre de personne pour qui j’étais prêt à renoncer à mon besoin d’évasion quelques instants de plus, rien que pour le plaisir de me perdre dans ses beaux yeux bleus.
Je m’arrêtai dans mon élan, accrochai son regard avec assurance et la gratifiai d’un sourire enjôleur tout en saisissant délicatement la main qu’elle me tendait. « Tout le plaisir est pour moi, Mademoiselle Walden. » Je portai le dessus de sa main à mes lèvres, ne me souciant guère de la désuétude de mon geste. « Que puis-je faire pour vous aider ? »

La jeune femme m’adressa un sourire que je lui retournai aussitôt après avoir lâché sa main. Elle commença par s’excuser poliment puis m’exprima la difficulté de formulation de sa requête. « Avec des mots, tout simplement. » répondis-je avec amusement, l’incitant cordialement, par la même occasion, à poursuivre. Elle m’exposa alors, un sujet tout à fait inattendu. Comme cela, elle était psychologue et ce qui l’avait amenée à assister à ma conférence était lié à son travail. C'était une bien curieuse association de corps de métier. « Oh ! Vraiment ! »
Il n’était pas rare de constater que de jeunes gens, ainsi que d’autres moins jeunes d’ailleurs, soient passionnés par la culture japonaise. Ces guerriers d’un autre âge et d’une culture complètement différente de celle des américains, n’avaient pas fini de fasciner. Je n’étais guère surpris de cet aveu, contrairement à la mine étonnée que j’arborais.

Ce qui m’intriguait toutefois d’avantage que l'attrait de son patient pour l’asie, c’était plutôt cette jeune femme, son coté psychologue, ainsi que son histoire d’approche thérapeutique. A cet instant, je vis en elle une opportunité tout à fait intéressante d’en apprendre plus sur le fonctionnement des êtres humains. Bien que je les eusse observés de longues années durant, et que je me fondis du mieux que je pu parmi eux, il y avait encore bien des choses qui ne m’étaient pas familières au contact des humains. C'était sans doute à cause de notre différence de culture, à l'instar du contraste qui régnait entre les japonais et les américains, mais aussi à cause de mes origines divines, très probablement. J’en étais convaincu. J’avais une vision de la vie complètement différente de la leur du fait de mon invulnérabilité et de mon immortalité, entre autre. Notre échelle de temps et de valeur différait considérablement également. J’étais par ailleurs, bien incapable de comprendre les notions de bien et de mal qui semblaient guider la ligne de conduites de bon nombre d’entre eux.

J’écoutai poliment les explications de la jeune femme, tout en la dévisageant du regard. « Et bien… le moins que l’on puisse dire c’est que ce patient a de la chance d’être tombé sur une jeune femme attentionnée telle que vous. » Je lui adressais à nouveau un sourire charmeur.
J’étais curieux de comprendre quel genre de rapport la culture ou les connaissances… mes connaissances ? pouvait avoir avec son patient et en quoi cela pourrait-il bien l’aider, vue qu'elle était restée très évasive sur le sujet, pour le moment. « J’ignorais que ce genre de pratique était répandue en psychologie. »

Je l’invitai, d’un geste de la main, à marcher à mes côtés afin de quitter la salle et pourquoi pas gagner l’aile du musée dédiée à cette exposition temporaire, si d’aventure elle voulait en savoir d’avantage sur le sujet. « Dites-moi tout. Si j’ai bien compris, votre projet serait de partager l’intérêt de votre jeune protégé dans le but de l’atteindre, est-ce bien cela ? » Quoi de plus normal cela dit ? C’était pour ainsi dire, comme cela que j’avais toujours eu l’habitude de fonctionner. Certains appelaient cela « égoïsme » si je ne m’abusais. Or, j’avais du mal à concevoir qu’un être puisse agir uniquement de manière désintéressée, car au fond de lui-même, même le plus juste des justes, s’il vouait sa vie au service des autres, j’étais convaincu qu’il en retirait au moins, une certaine source de satisfaction de quelque manière que ce soit.

Mademoiselle Walden m’avait fait part de son manque de connaissances sur ce sujet historique, ce qui n’était pas dramatique en soit, à mon sens. La vie humaine était courte, il leur était impossible d’exceller dans trop de domaines différents. « Qu’attendez-vous de moi ? » fini-je par demander d'un air presque complètement innocent.

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Message posté : Sam 14 Juin - 1:53 Message
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Je le regarde étrangement tandis qu'il porte le dos de ma main vers ses lèvres. On ne voit donc pas que ce genre de gestes à la télévision ? Je m'étonne tout de même qu'un homme d'apparence si jeune esquisse ce genre de gestes, bien que je ne trouve pas le contact déplaisant. Je sens mes joues s'empourprer légèrement, ce qui me fait maudire intérieurement mon corps pour cette réaction chimique bien involontaire. Elle accentue mon malaise même si j'imagine que je ne suis pas la première intimidée devant le conservateur. Heureusement la conversation qui s'amorce me permet de me concentrer sur ce qui m'amène et m'importe : mon jeune patient. Au moins j'ai réussi à intéresser monsieur Mercury qui accepte de m'écouter.

- La psychologie est un domaine aussi vaste que l'âme humaine. Les méthodes que nous employons sont diverses. Elles vont des discussions, aux interprétations de rêves, aux jeux de rôles ou même des ateliers. On s'adapte à la personne que nous recevons tout en s'appuyant sur des thérapies qui ont fait leurs preuves par le passé. Seulement cette fois...

Je soupire, baissant temporairement les yeux vers le sol. Mes doigts glissent dans ma chevelure et la ramènent en arrière. Mes prunelles reviennent finalement vers celles de mon interlocuteur. Je ne suis pas là pour me laisser abattre, d'autant que je suis quelqu'un d'obstinée. Je compte bien parvenir à atteindre Mervin d'une manière ou d'une autre. Visiblement il va falloir que j'explique un peu ce que j'envisage, en évitant bien évidemment de trop en dire sur mon patient.

- Vous avez bien compris. Le jeune garçon dont je m'occupe refuse de parler avec moi, de jouer, de dessiner. Rien de ce que j'ai tenté n'a fonctionné. Il m'ignore royalement jusqu'à présent. Aussi je me dis que si je parviens à lui offrir quelque chose de spécial, quelque chose qui me permettra de capter son attention, il s'ouvrira un peu.

J'ai suffisamment travailler auprès d'enfants et de pré-adolescents pour savoir comment ils fonctionnent. Et si Mervin ne s'exprime pas quand je suis là, j'ai eu le loisir de l'observer malgré tout. J'ai l'intuition que cela fonctionnera, je veux y croire. Je penche légèrement la tête en regardant le conservateur. J'ai imaginé bien des choses, de la plus simple à la plus déraisonnable. J'ignore laquelle je dois demander et si je suis là c'est aussi pour qu'il m'aiguille. S'il pouvait m'offrir la clef de lui-même ce serait d'ailleurs plus facile.

- J’espérais simplement que vous pourriez me donner les « armes » pour l'intéresser, soit par la connaissance, avec quelque chose qu'il ne peut pas savoir encore. J'ai vu que vous maîtrisez divinement bien le sujet. Soit, et je sais que je demande beaucoup, par une visite particulière. Ou encore par des conseils sur où me procurer le savoir ou les objets susceptibles d'atteindre mon but. Je sais que cela peut paraître relativement flou vu comme cela. Pour la simple et bonne raison que je demande un service, je me vois mal exigé en plus sa nature. Je me doute vu vos fonctions que vous êtes très occupés, aussi si vous préférez me recommander auprès d'une autre personne capable de m'orienter ce serait déjà beaucoup.

Je n'aime pas trop la situation dans laquelle je me trouve. Venir me présenter à quelqu'un en lui demandant quelque chose, ce n'est pas très habituel pour moi. Je suis une personne fière et bien que je sache demander de l'aide quand cela s'avère nécessaire, je ne trouve pas très confortable de dépendre de quelqu'un. D'un autre côté, il ne s'agit pas de moi alors il m'est plus facile de mettre de côté mes principes.

- Il va de soi que je vous serais redevable si vous m'aidez d'une quelconque manière. Je ne vois pas bien ce que je pourrais vous offrir à part mes services.

Je lui souris doucement. Je me doute que mes compétences ne lui seront certainement pas utiles. Encore que, on a de plus en plus recours à la thérapie, que ce soit pour soi-même ou pour son entourage. En général je prends des patients « spéciaux », mais comme je me suis engagée je pourrais faire une exception. Je reprends d'un air amusé :

- Vous n'avez pas je suppose un squelette de tyrannosaure qui se prend pour un mammouth et que vous voudriez que je reçoive dans mon cabinet ? Mauvaise idée remarquez, mes fauteuils sont trop petits. Je pourrais faire une consultation à domicile pour une fois.
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Message posté : Mar 17 Juin - 3:04 Message
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Mes manières décalées produisaient toujours leur petit effet et je fus entièrement satisfait de voir que cette fois-ci ne faisait pas exception. Cela me permettait bien vite de cerner quelques traits de personnalité de mon interlocutrice. Loin de moi l’idée de mettre la jeune femme mal à l’aise, le jeu de la séduction, un de mes favoris, faisait partie de ma nature. Toutefois, je ne le pratiquais pas toujours avec arrières pensées, contrairement à ce que l'on pourrait croire.

La jeune femme se ressaisit bien vite pour m’exposer son domaine de compétence. Je donnais l’impression de l’écouter d’un air distrait, pourtant, je saisi chacun de ses mots, pensant qu’un mentaliste pourrait être diablement efficace dans ce genre de métier.

Je notai ce que je pris pour une certaine forme de désarrois chez mon interlocutrice, comme si quelque chose semblait lui poser problème, à moins que cela ne lui tienne spécialement à cœur. Je tentai d’analyser ses dires, mais n’étant moi-même aucunement psychologue, et de plus, complètement étranger à certains comportements humains, j’avais besoin qu’elle m’expose sa requête plus en détail. Ma reformulation tomba juste. J’esquissai un nouveau sourire de satisfaction, sans me soucier de l’interprétation qu’elle pourrait en faire, et je devais avouer que la situation m’amusait quelque peu.
J’ignorais tout des tenants et aboutissants de son métier, bien qu’elle me l’ai brièvement expliqué. Mais je ne voyais pas vraiment ce qui lui posait problème, ni ce qui l’empêchait de partager la passion de cet enfant. Aussi, répondis-je simplement : « Pourquoi ne pas l’amener ici ? » comme si cela coulait de source, faisant fi des conventions, règlementations et demandes d’autorisations parentales ou autres, qui semblaient la brider. Je trouvais que les humains avaient un don certain pour se compliquer la vie quelques fois.

Or, sa demande était légèrement plus complexe que je ne me l'étais imaginée au départ. Je commençai par faire mon travail de conservateur, lui rappelant le fonctionnement du musée : « J’ignore quel âge à cet enfant, mais nous disposons au musée d’un parcours ludique destiné aux plus jeunes, visant à leur faire découvrir l’histoire à travers divers jeux. Or, cela ne s’applique malheureusement pas à l’exposition temporaire, mais nous mettons à disposition des enfants, un petit dépliant illustré qui leur est destiné. Cependant, vous dites qu’il est déjà venu, je présume qu’il doit déjà connaître l’exposition, je me trompe ? »

Pour ce qui était du sujet, pour sûr que je le maîtrisais, et encore, il était difficile de tout expliquer en une seule conférence d’une heure et demie. Quand aux « armes » dont elle parlait… Nous nous trouvions à présent devant une vitrine contenant des lames de katanas et de wakisashis. Je répondis avec un sourire mutin : « Sauriez-vous seulement les manier ? » Bien que cela puisse paraître déplacé, je ne visais pas du tout à la sous-estimer, en aucune manière que ce soit. Il s’agissait en réalité d’une allusion à ce qui se tenait derrière la vitre contre laquelle je venais de m’appuyer.


J’ignorais si je l’avais offensée, mais elle s’empressa de me proposer quelque chose en échange de mon aide. Quoi de mieux pour me ravir que de me voir offrir les services d’une demoiselle aussi charmante ? Bien que, comme elle le devina très justement, je n’ai pas spécialement besoin d’une psychothérapie.
Mon sourire s’élargit en voyant son visage s'illuminer d'un sourire, et je lâchai un petit rire à sa plaisanterie : « Et bien puisque vous en parlez, un tyrannosaure qui se prend pour un mammouth, je ne crois pas. Cependant, il arrive que certains visiteurs ne parviennent pas à contenir leur émois et sèment la discorde dans le musée, si d’ordinaire ils revenaient, je pourrais vous les envoyer en consultation. » J'avais répondu sur le même ton léger qu'elle. Je faisais allusion à Quirk qui avait décidé de me faire l’honneur de sa visite, il y a peu de temps. Il avait fait du musée historique, son terrain de jeu mais n’avait pas été nommé dans la presse. L’incident avait tout de même été porté à la connaissance du public car le musée avait du être fermé une semaine durant, afin de tout remettre en état après le passage du petit lutin. Si la demoiselle lisait les rubriques « faits divers » du Daily Star Online, elle avait peut être sans doute eu vent de cet incident.

Ne désirant pas m’étendre sur le sujet, je posais ensuite un doigt sur la vitrine : « Voyez-vous, ces sabres, vous pourriez croire qu’il s’agit de simples lames, qu’elles sont toutes identiques, mais regardez de plus près, vous voyez, la ligne de trempe là ? il s’agit du tranchant de la lame, c’est à cela que l’on reconnaît la signature du forgeron qui l’a conçue. Ici, il s’agit de Motoshige-sama. » expliquai-je avec passion, prononçant le nom du maître avec un parfait accent japonais. « Toutes les lames sont uniques, bien que les techniques de forges soient semblables. On raconte même que chaque lame serait dotée d’un esprit que lui insufflerait le maître forgeron lors de sa conception. » Je reportai mon attention sur la jeune femme et lui adressai un nouveau sourire angélique : « Vous pouvez trouver quelques-unes de ces informations ici, je peux vous faire une visite guidée, ou bien je peux vous recommander des ouvrages qui traitent de la question si cela vous intéresse… Cependant… » Tout en parlant, j'avais continué de réfléchir à sa proposition et une idée saugrenue avait germé dans mon esprit. Je pris soudain un air plus sérieux, plongeant mon regard dans ses yeux clairs et, bien que cela n'ai aucun rapport avec ce dont j'étais précédemment en train de parler, je lâchai : « Acceptez que je vous invite à dîner. »
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Message posté : Mer 18 Juin - 23:44 Message
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Je reste un instant silencieuse tandis qu'il évoque la possibilité d'emmener mon jeune patient ici. Il connaît l'exposition et je ne vois pas bien ce que l'y accompagner pourrait nous apporter. Non je suis venue ici avec en tête l'idée d'obtenir quelque chose auquel il n'a pas eu accès encore, quelque chose d'assez important pour susciter son intérêt et percer ses défenses. Je me doute bien qu'il est présomptueux de ma part de formuler ce genre de requêtes. Le pauvre conservateur a déjà dû en entendre de nombreuses autres, même si la mienne ne sert pas mon intérêt personnel. Est-ce que cela aura la moindre valeur à ses yeux ? Je l'ignore. Au moins il a la gentillesse ou la politesse de m'écouter. Un peu des deux sûrement. La déception se lit probablement sur mon visage quand il me renvoie à ce que le musée a mis en place. Je suis certes têtue mais pas au point d'insister. Et pourtant je m'accroche au mince espoir qu'il me reste tant que monsieur Mercury ne tourne pas les talons.

- Il a dix ans, vous avez des enfants vous-même ?

Je sais, c'est un peu bas de me servir de son affect pour plaider ma cause. De toute façon je suppose qu'il est trop jeune pour en avoir déjà. Il est souvent plus facile de sensibiliser des parents sur le sort d'un enfant. Cela vaut la peine d'être tenté.

- En effet, il est venu ici à deux reprises déjà. J'ai peur que le conduire à nouveau dans votre musée ne suffise pas à provoquer l'effet escompté. Sinon vous vous doutez bien que je l'aurais fait déjà.

Mon regard se pose sur le contenu de la vitrine. Je réalise qu'il a pris le mot « armes » tout droit sorti de ma bouche un peu trop au pied de la lettre. Je ne m'attends pas à ressortir d'ici avec un katana sous le bras. Je n'envisageais pas de m'improviser moi-même samouraï pour que Melvin m'adresse la parole. Je secoue doucement la tête en souriant.

- Non, je suis plutôt du genre à griffer et à mordre si l'on m'attaque.

Ce n'est pas qu'une demi-vérité cette fois, seulement il ne peut pas le deviner. J'ai appris certaines techniques de combats au corps à corps, mon agilité est d'ailleurs assez utile pour ce qui est d'esquiver les coups. Mes entraînements avec Ian s'effectuaient surtout à mains nues. Je devrais peut-être apprendre à me servir d'une arme blanche, elles sont plus élégantes que ces gros joujoux de la catégorie des armes à feux. C'est une chose qui me traverse encore l'esprit parfois : mettre mes capacités au service de la Légion. Enfin, nous sommes bien loin du sujet du jour. Le conservateur relève ma petite taquinerie, ce qui me fait plaisir. Ce n'est jamais agréable quand son humour tombe à plat. Il confirme plus ou moins ce que je pensais même s'il ne refuse pas, par politesse une fois de plus probablement.

- Je vais vous laisser ma carte, qui sait...

Je soulève un peu ma sacoche qui contient entre autres choses mon ordinateur portable. De la petite poche de devant, mes doigts extirpent une carte toute simple avec les coordonnées de mon cabinet. Je la tends à mon interlocuteur. Mon attention se focalise ensuite sur l'arme qu'il décrit. J'avoue que je ne me suis jamais plus intéressée que cela aux armes, la violence me rebute le plus souvent. Malheureusement elle nous entoure de plus en plus. Je ne peux qu'admirer le travail réalisé bien que j'ignore exactement en quoi il consiste. Ma tête se tourne vers l'homme qui comble mes lacunes.

- Un esprit dites-vous ? Quel genre d'esprit ?

On peut difficilement ignorer le surnaturel en vivant ici, on voit tellement de choses. Et on dit souvent que dans toutes légendes demeure une part de vérité. Mon regard azur fixe de nouveau la lame. Mes pensées et mon imaginaire vagabondent, se demandant ce que peut bien cacher cette histoire. Les objets même inanimés ont parfois vécu tant d'aventures. Je serais curieuse de pouvoir entendre ce qu'ils ont à nous raconter. Je reviens à Monsieur Mercury tandis qu'il me propose l'aide que j'ai demandé. Du moins jusqu'à ce que sa proposition me désarçonne. Je plonge dans ses yeux, me demandant si j'ai bien compris ce qu'il vient de m'offrir. Ce n'est bien sûr pas la première fois que l'on m'invite à dîner. Je me méfie toujours un peu de ce genre de propositions, surtout lorsqu'elles émanent d'un homme. Les clichés ont la vie dure. D'un autre côté, il s'est montré courtois non pas vraiment envahissant jusqu'ici, et la discussion d'un conservateur doit être passionnante.

- Je... J'avoue que je ne m'attendais pas à cela. C'est un repas de travail ? Je lui souris aimablement. Ce serait plutôt à moi de vous inviter dans ce cas. Vous me livrez les secrets des samouraïs et je vous offre quelques clefs de la psyché humaine le tout autour d'un verre de shochu ?
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Message posté : Sam 21 Juin - 18:13 Message
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La requête de la jeune femme était tout à fait inattendue, et j’étais quelque peu pris au dépourvu, il fallait l’avouer. J’essayai de l’aiguiller du mieux que je pouvais, en faisant mon travail de conservateur, dans un premier temps, mais je pu aisément lire dans son regard que ce n’était pas exactement ce qu’elle attendait de moi. La psychologie n’était vraiment pas mon domaine de prédilection. Bien que je fusse proche des humains depuis longtemps, je n’avais pas passé suffisamment de temps à leur contact pour saisir tous les méandres de leurs esprits. Et peut être qu'en fin de compte, je n'étais pas fait pour comprendre toutes les nuances des sentiments humains.

Un enfant de dix ans. Parfait. Le programme était tout à fait adapté à son âge. Mais la question qu’elle me posa ensuite me surpris légèrement. Je devais avouer que je ne voyais pas le rapport. J’esquissai un sourire courtois cependant et mentis sans sourcilier : « Non. Pourquoi cette question ? »
La mythologie m’attribuait une demi douzaine de descendants officiels, c’était sans compter les rejetons que j’avais pu engendrer avec des mortelles lors de mes passages éclairs sur terre. Mais ceux là, n’avaient rien à voir avec mon avatar du moment, Raphaël Mercury, qui paraissait déjà bien jeune pour le poste qu’il occupait en tant que conservateur de musée. De ce fait je n'avais aucun doute au sujet de ma crédibilité au sujet des enfants.

« Est-ce que par hasard, il s’agirait de votre enfant ? » ce qui m’expliquerait d’avantage cet acharnement dont elle faisait montre, à moins qu’elle ne soit l’une de ses fervents défenseurs de la veuve et de l’orphelin tout comme les Supers de la légion des étoiles ou encore de l’UNISON. Il y avait quelque chose qui m'échappait totalement. Mais soit !

« Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir, suis-je tenté de vous suggérer. Vous souhaitez partager quelque chose avec lui, non ? Loin de moi l’idée de vous apprendre votre métier dont j’ignore toutes les subtilités mais… peut être pourriez-vous faire une sorte de deal avec lui. S’il est si passionné que cela. Il vous apprendrait des choses et en échange, vous pourriez le persuader de coopérer… en quelques sortes.»

Ma réflexion était des plus pragmatique et n’était peut être pas appropriée à la situation. Le travail de mademoiselle Walden n’était pas si différent du mien en réalité. Pas de celui de conservateur historique, j’entendais, mais de mon métier originel. Les bases de tout échange et négociation commerciales étaient fondées sur le fait que chaque protagoniste y trouve son propre intérêt, dans une moindre mesure. Je pensais que cela pouvait également s’appliquer aux relations humaines. Du moins, c’était ma conception des choses. Je fonctionnais comme cela : un prêté, pour un rendu. Vue qu’elle était venue me trouver pour me demander conseil en quelques sortes, autant lui faire part de mes idées, et qui sait ?

J’avais volontairement repris ses mots pour les détourner de manière métaphorique afin d’attirer son attention sur la vitrine. Je lui adressai un sourire en coin et ne pu m’empêcher de commenter sa réponse : « Une tigresse ! Aïe ! C’est étonnant, ce n’est pas du tout l’impression que vous donnez au premier abord.»

Je saisis la carte qu'elle m'adressa, y jetai un rapide coup d’œil, « Merci. » Puis je la glissais dans la poche de ma veste. Je plongeai ensuite ma main dans ma poche intérieure et lui tendit la mienne en retour, sur laquelle figuraient, en plus des coordonnées du musée, que chacun pouvait retrouver sur la documentation officielle, un numéro de téléphone de ligne directe ainsi que mon adresse mail professionnelle. Puis, reprenant un air plus sérieux, je lui fis un bref petit exposé sur les katanas exposés dans la vitrine, qui ne manqua pas d’attirer son attention. Un sourire étira mes lèvres. Je relevai la tête, affichant un sourire satisfait avant de poursuivre avec toujours autant de professionnalisme, sans répondre à sa question pour le moment cependant, jusqu’à ce qu’une proposition incongrue ne vienne se glisser dans la conversation.

Je devais avouer que je prenais un malin plaisir à produire ce genre d’effet. Je n’avais, pour le moment, pas vraiment d’arrière pensée derrière la tête, même si mes manières de faire portaient à croire le contraire. Hormis le fait que je trouvais cela plus convivial de parlementer autour d’une table en charmante compagnie, qui plus est.
« Oui, qu’en dites vous ? Ainsi nous pourrions discuter plus confortablement. » Je fus ravi qu’elle accepte mon invitation et agréablement surpris par ce qu’elle me proposa en échange. « Je vois que j’ai affaire à une connaisseuse ! » elle avait piqué ma curiosité et stimulé mon intérêt en marquant un point sans le savoir. J’avais un faible pour la nourriture asiatique, tout particulièrement pour la cuisine Japonaise. « Cela fait également partie de votre métier de lire dans les pensées des gens ? » lui lançais-je sur un ton taquin.

Je l’invitai de nouveau à marcher à mes côtés, d'un geste de la main, afin de rejoindre la sortie du musée. Je relançai la conversation sur le chemin menant à ma voiture, garée dans la cour intérieure et privée du musée. « Est-ce que vous faites cela avec tous vos patients ?... je veux dire… ce genre, d’enquêtes. »
Les feus arrière d’une Lotus Evora noire se mirent à clignoter à notre approche. J’ouvris la portière passager à mademoiselle Walden afin de lui permettre de s’installer, puis je pris moi-même place au volant du bolide que je sorti doucement du parking, avant de l’élancer à une vitesse peu raisonnable sur la 51st avenue, direction le quartier du Centre ou se tenait le meilleur restaurant japonais de la ville.
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Message posté : Lun 23 Juin - 18:13 Message
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Je m'attendais bien à ce qu'il me dise non. Il a l'air bien trop jeune pour être père, encore que certains trouvent l'amour rapidement et fondent tout aussi vite une famille. La vie est curieuse parfois. Et puis il émane de lui une certaine expérience qui ne colle pas à son apparence juvénile, peut-être à cause de tout le savoir qu'il possède, peut-être que je me fais juste des idées. Quoi qu'il en soit, je prends un air amusé lorsqu'il me demande s'il s'agit de mon fils.

- Non du tout, sinon je n'aurais pas parlé de patient mais bien de mon enfant. Et je ne suis pas certaine que faire une thérapie soi-même à sa progéniture soit une bonne idée. Encore que, avec une mère telle que moi si j'ai des enfants un jour il est de grandes chances pour qu'ils aient besoin de consulter.

Je dis cela sur le ton de la plaisanterie, bien que je ne puisse m'empêcher de repenser à ma propre mère. Mon enfance a été plus que particulière pour ne pas dire tourmentée et déséquilibrée. Après l'avoir étudié, je sais ce dont elle souffrait, je sais aussi qu'il existe une chance pour que ce soit héréditaire. Cela me travaille régulièrement. Vais-je perdre pied avec la réalité moi aussi un jour ? Je ne sais même pas ce que ma propre mère est devenue, bien que je l'ai cherché et la cherche encore. Parfois je me demande si elle n'est pas morte dans l'indifférence générale. Qui se soucie des êtres qui vivent en marge de la société ? Enfin ce n'est pas le meilleur moment pour remuer tout cela, je suis ici pour une bonne raison. Je me reconcentre donc sur le conservateur qui se tient près de moi. J'écoute sa proposition d'approche et secoue doucement la tête dans une cascade de boucles blondes.

- J'ai bien peur que ce ne soit pas aussi facile. J'ai bien essayé de le faire parler de ce sujet qui le passionne. Il reste aussi fermé qu'une huître. Je pense qu'il doit bien y avoir un échange, c'est d'ailleurs la raison de ma présence ici. Je veux tenter de lui offrir quelque chose, quelque chose qui comptera pour lui. En espérant qu'en retour je gagne le droit qu'il me laisse m'approcher. Je suis bien consciente que c'est assez fourbe et intéressé comme façon de faire, seulement je ne vois pas d'autres façons de l'aider. Comme je l'ai précisé je crois, j'ai testé bien d'autres manières de faire avec lui sans aucun succès. J'ai bon espoir que celle-ci réussisse.

Oui je veux y croire, aussi parce que dans le cas contraire je ne vois pas quoi expérimenter d'autre. Peut-être le recommander à un confrère en souhaitant que le contact passe plus facilement entre eux. Mais je doute que cela aide Mervin et surtout je suis trop obstinée pour abandonner. Pour l'heure je vais tout faire pour que cette tentative soit la bonne, et je mise beaucoup sur l'aide de mon interlocuteur. Sa remarque sur la tigresse m'amuse. S'il savait être aussi proche de la vérité. Je ne sais pas quelle image je renvoie aux autres, on m'a déjà dit que j'étais assez féline dans ma démarche. On me reproche aussi mon indépendance et même parfois ma froideur de prime abord. C'est curieux comme les gens peuvent nous percevoir parfois si différemment de ce que nous sommes.

- Il faut se méfier de la tigresse qui dort alors. Comme je l'ai mentionné, je ne griffe qui si l'on m'attaque, sinon je suis aussi calme et paisible qu'une chatte. J'espère ne pas vous avoir effrayé pour autant. Je n'ai vraiment rien d'agressive par mon tempérament.

Après tout, je suis assez proche par certains côtés des félins. Je suppose que c'est en partie dû à ma mutation. De cela je ne vais pas me vanter, non pas que le sujet soit tabou. Il est juste bien loin de ce qui me préoccupe à l'heure actuelle et je doute que mes échanges avec monsieur Mercury me conduisent à lui révéler ma nature. Même si je suis en train d'accepter son invitation à dîner. La soirée est décidément pleine de surprises.


- J'aime la gastronomie et je m'intéresse à toutes les formes de culture même si je n'ai malheureusement pas toujours le temps de parfaire mes connaissances. J'avoue que l'idée justement de partager les vôtres au cours d'un repas a quelque chose de tentant. Mais ne croyez pas me faire abandonner si facilement mon but premier.

Nous voilà donc en route vers l'extérieur et si j’aperçois bien le joli bolide garé là, il me faut un peu de temps pour réaliser que je vais monter à bord. J'imagine que faire une remarque sur le prix de ce bijou serait déplacé. On ne peut pas blâmer quelqu'un qui en a les moyens de se faire plaisir. Je ne suis pas très voiture moi-même, loin d'être une passionnée de mécanique. Malgré tout celle-ci a de quoi séduire n'importe qui. Je prends place côté passager, remerciant d'un sourire la galanterie de mon hôte pour la soirée.


- Très joli jouet. Bon nombre d'hommes doivent vous envier quand ils vous croisent en ville au volant. Et tout autant de femmes doivent être prêtes à monter à bord rien qu'à votre simple demande.

Je me retiens de faire une taquinerie sur ce que l'on reproche par jalousie aux hommes qui ont une grosse voiture, cette histoire de compensation. A peine le temps d'attacher ma ceinture que nous nous élançons à grande vitesse sur l'avenue. La vitesse a quelque chose de grisant, j'aime assez. Peut-être que si je n'étais pas aussi trouillarde je me mettrais à la moto. Enfin à dire vrai j'ai toujours préféré me faire conduire que conduire les engins, quels qu'ils soient. Si ce n'est par goût immodéré de l'indépendance, je n'aurais sans doute pas moi-même de voiture ni passé mon permis de conduire.


- Non, je ne fais pas cela pour tous mes patients, seulement ceux pour qui les approches classiques ne fonctionnent pas. J'ai vite réalisé qu'il est bien plus facile de sortir d'un cadre strict souvent pour obtenir des résultats. Je m'occupe beaucoup de jeunes, l'aspect guindé d'un cabinet les met rarement en confiance. Alors il m'arrive de faire des séances en extérieur. Mais vous ne m'avez pas répondu pour l'esprit des lames dont vous parliez tout à l'heure. Une omission volontaire ou involontaire ?

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Message posté : Ven 27 Juin - 3:02 Message
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Je ne comprenais pas grand-chose à la psychologie humaine, mais j'avais saisi l’idée générale de la démarche et ce que mademoiselle Walden cherchait à entreprendre. Ce n'était finalement, pas si loin de ce que je faisais au quotidien : manipuler les gens pour obtenir d’eux une quelconque faveur, mais, contrairement à elle, je ne faisais pas cela pas pour les aider.

« Si j’ai bien compris, c’est un coup de poker. »

J’avais bien une solution radicale pour obliger cet enfant à parler. J’étais moi-même d’un naturel très… persuasif, si l’ont pouvait dire les choses ainsi. Il allait sans dire que grâce à mon don divin, j'étais capable de convaincre n'importe qui ou presque de se plier à ma volonté. Mais, là, en l'occurrence, ce n’était aucunement mon rôle, je n’étais pas psychologue, et je ne voulais surtout pas prendre le risque de m’exposer sans raison valable. Personne à Star City ne connaissait ma véritable nature, hormis l’Archimage et son disciple, et je tenais à ce qu’il en reste ainsi. Je ne souhaitais pas spécialement non plus, à être identifié en tant que « Super ». Donc je me restreignais d'user de mes pouvoirs uniquement lorsque je le jugeais nécessaire.

Je me moquai gentiment de la jeune femme, mais ce n’était aucunement une critique et encore moins un jugement que je portais sur elle. Le tableau félin qu'elle dépeignit d'elle-même m'intrigua. Et quand bien même elle serait effectivement une tigresse, il en fallait bien plus pour m’impressionner et je ne demandais qu’à voir.
« Effectivement. » répondis-je, la dévisageant d’un regard énigmatique teinté d’un soupçon de malice.

J’étais ravi qu’elle accepte mon invitation à dîner, même si elle m’avoua ouvertement rester sur ses gardes. Ce qui ne me perturbait pas plus que cela en soit. L’inverse m’aurait probablement fait tiquer. C’était une bien jolie perche qu’elle me tendait là en m'invitant à ne surtout pas tenter de la détourner de son objectif. C'était sans compter sur mon esprit de contradiction. J’esquissai un sourire pour toute réponse.

La voiture était lancée à vive allure le long de 51st avenue et seul le ronronnement du moteur dompté par ma conduite sportive mais fluide venait interférer avec notre conversation. La jeune femme me complimenta au sujet de ma voiture, ce à quoi je répondis : « Merci. C’est le cadet de mes soucis. Il est vrai qu’il y a des femmes amatrices de ce genre de bijou, mais de vous à moi, ce n’est pas la voiture qui fait l’homme…ni la femme d’ailleurs. Vous vous y intéressez ? Je n’y connais pas grand-chose en vérité. J’ai une voiture car il me faut parfois un véhicule pour me déplacer, et il est plus commode d’en avoir un à soi pour ce genre d’occasions. » Je lui jetai un regard en coin puis me reconcentrai sur la route.

Je m’étais procuré la Lotus chez un concessionnaire chez qui je m’étais rendu un peu au hasard. J’avais passé un long moment à discuter avec le commercial, puis le directeur qui avaient essayé de me faire commander un modèle unique et je ne sais quelle autre idiotie. Je les avais laissé parler avant de prendre en main la négociation. J’avais décrété qu’il me fallait un véhicule pour m’intégrer comme il se devait à Star City et j’étais reparti le jour même avec ce modèle que je avais négocié un bon prix. Ma seule exigence avait été d’avoir une voiture sportive qui ne se traine pas sur la route. Bien qu’elle fut très agréable à conduire, je ne la trouvais pas assez rapide à mon goût. Il était sûr que j’étais loin de ma vitesse de pointe habituelle, mais je m’en contentais.

Alors que nous arrivions aux abords du restaurant que je convoitais, mademoiselle Walden me relança au sujet de ce que je lui avais glissé à l'oreille, quelques instants plus tôt. Un nouveau sourire illumina mes traits. « Rien ne vous échappe à ce que je vois. » Je garai la voiture dans un parking souterrain, non loin de là puis répondit sur le chemin menant au restaurant : « C’est un mythe. On raconte que chaque lame de Katana serait vivante et posséderait sa propre âme, son propre esprit, et que c’était cela qui lui conférait toute sa puissance au guerrier qui l'emploie. » J'attendis de jauger sa réaction, désirant garder un peu de suspens, avant de poursuivre : « Avez-vous déjà entendu parler du Katana Ecarlate, mademoiselle Walden ?»

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Message posté : Dim 29 Juin - 10:57 Message
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Je suis assez surprise par sa réponse. Quand on achète ce genre de bijou, qui j'imagine doit coûter un rein, c'est en général par amour des belles voitures. Enfin, c'est ce que je m'étais figurée. Sa remarque sur l'image limitée d'un homme à son véhicule me fait sourire. Dans notre société de consommation, on est de plus en plus ce que l'on achète, ce que l'on possède, du moins aux yeux des autres. La majorité des êtres humains rêverait d'avoir suffisamment d'argent pour s'offrir tout ce qu'elle désire. Il est donc plutôt agréable de tomber sur un homme ayant une situation et qui n'en fait pas étalage.

- Absolument pas. A part un ou deux modèles de voiture que je connais, ne me demandez rien concernant l'automobile. Je suis comme vous, j'attends de ce genre d'engin qu'il me conduise d'un point A à un point B. Pour le reste, tant qu'il ne tombe pas en panne toutes les semaines, je ne suis pas bien difficile. Après qui n'apprécierait pas le luxe et le confort ? C'est un peu comme s'asseoir sur une chaise pliante en bois ou dans un bon fauteuil rembourré. On s'en passe, pourtant si on a le choix et les moyens, on optera tous pour le confort. Lui adressant un sourire complice j'ajoute : mais je suis heureuse que vous ne soyez pas un de ces frimeurs. Je ne serais pas très emballée à l'idée de passer ma soirée à flatter votre égo.

J'espère qu'il n'a rien contre les taquineries, sinon je redeviendrais plus sérieuse. Quitte à aller dîner en tête à tête, j'aime autant que l'ambiance soit décontractée. Ce n'est pas non plus un repas d'affaire même si je compte bien atteindre mon objectif. Je regarde le paysage urbain par la vitre, essayant de me situer. Le quartier ne m'est pas très connu. Il va donc falloir faire confiance à mon hôte et me laisser guider. Cela me rend un peu nerveuse, ma nature s'y prête bien. Avant de quitter la voiture, je cache ma sacoche avec mon ordinateur dedans au bas de mon siège. Je ne garde que mon sac à main. Un regard à ma tenue, je prie pour qu'il ne m'emmène pas dans un de ces restaurants chics parce que je risque de faire un peu tâche dans le décor.

Enfin il se décide à apaiser ma curiosité, rebondissant sur le sujet des katanas. Mon attention se focalise sur ses mots, moins sur la devanture de l'endroit où il m'emmène. Je tâche d'imaginer ce qu'il évoque, essayant de comprendre la légende. Comme toutes les histoires elle comporte sa part de mystère. Le conservateur me pose une nouvelle colle. Je n'ai pas honte de reconnaître mon ignorance sur le sujet.


- J'ai bien peur que non, absolument pas. C'est un club de strip-tease ? J'esquisse un sourire. Pardonnez-moi, j'ai un humour un peu particulier quelques fois. Je devine qu'il s'agit d'une de ses armes forgées par le maître que vous avez évoqué et doté d'une âme. Tout cela me rend vraiment curieuse. Je me demande par quel phénomène le créateur parvient à munir un objet d'un esprit. Est-ce l'âme de quelqu'un, un grand guerrier par exemple qui s'y trouve enfermée ou juste une âme neuve née spécialement lors de la forge ? Et en quoi donnerait-t-elle plus de puissance à celui qui la manie ? Par sa conscience du combat ?

Sans être sceptique, à Star City il est bien difficile de l'être, je m'interroge réellement sur les caractéristiques de ses armes. Je crois que si l'on m'en offrait l'occasion, je serais bien capable là tout de suite d'en saisir une par la garde et de tenter d'établir une connexion avec l'âme qui l'habite. D'autant que l'esprit est clairement mon domaine. Pouvoir sonder la conscience d'un objet normalement inanimé doit être quelque chose de tout de même exceptionnel. Je finis par poser mon regard sur l'endroit dans lequel nous pénétrons. Il est assez élégant, par chance les gens attablés là ne sont pas trop sur leur trente et un. Je ne me sens donc pas mal à l'aise outre mesure. On nous conduit vers une table toute proche d'un petit jardin entourant un bassin où nagent des carpes koï. Je m'émerveille en voyant le soin apporté au décor. Ce établissement est à lui seul un réel dépaysement. Accrochant mon sac à main au dossier de mon siège, je m'installe en face de monsieur Mercury. Le serveur nous remet une carte à chacun.

- Cet endroit est un vrai petit bijou, je ne connaissais pas. Vous y venez régulièrement ?

Puisqu'il a l'air de bien connaître la culture asiatique, je ne doute pas que la gastronomie de ce restaurant soit à la hauteur. Je suis presque impatiente de goûter leur plat. La destination du soleil levant est de plus en plus à la mode. Peut-être que j'aurais l'occasion un jour moi aussi de m'envoler pour ses îles lointaines. C'est une culture si riche et fascinante... L'idée de voyager seule ne m'emballe pas beaucoup malheureusement. Nous avions tant de projets avec Ian. Je chasse cette triste pensée et me concentre sur mon menu. En parcourant la liste des cocktails, mon choix s'arrête sur un composé de midori, de curaçao, de galliano, jus de citron et de fraises. J'adore découvrir de nouvelles choses chaque fois que je sors dîner.

- Je vais prendre un Japanese sunrise, merci.

Habituellement je ne suis pas une grande consommatrice d'alcool. Je bois un verre de temps en temps lorsque l'on m'invite. Je ne fais pas d'abus pour cette même raison, les buveurs occasionnels supportent moins bien l'alcool. Me donner en spectacle ou rouler sous la table n'a rien de très tentant à mes yeux.


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Message posté : Mar 1 Juil - 18:20 Message
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« J’avais cru l’espace d’un instant avoir affaire à une connaisseuse. » répondis-je avec le sourire, réprimant à peine un éclat de rire, bien que cela n’aurait pas changé grand-chose qu’elle s’intéresse aux voitures, à moins qu’elle ne me fasse un cours magistral sur la chose. Je rejoignais à peu de choses près ses propos et sa remarque sur la frime m’amusa bien d’avantage. Frimeur ? je ne savais pas vraiment si l’on pouvait me qualifier de tel, pas en ce qui concernait l’automobile en tout cas, quand à mon égo, il aimait à être flatté, certes, mais pas de la manière dont elle semblait l’entendre. Dans mon cas, la subtilité était plutôt de rigueur lorsque l’on souhaitait s’attirer mes faveurs.
« Le genre de personne que vous avez l’habitude de fréquenter ? » demandai-je en toute innocence. « Quel dommage ! Moi qui espérais que vous aviez accepté mon invitation juste pour mes beaux yeux. » renchéris-je avec ironie, répondant à sa taquinerie. Si elle voulait s’aventurer sur ce terrain là, c’était à ses risques et périls car je n’étais pas en reste en la matière.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous nous trouvâmes à quelques pas d’un restaurant japonais, aussi, j’en profitai pour répondre partiellement à la curiosité de la jolie blonde qui m’accompagnait. Sa boutade me surpris quelque peu. J’allais de surprise en surprise la concernant. J’esquissai un sourire à mon tour mais la décence de rigueur m’abstins de surenchérir.


Nous entrâmes dans le restaurant. Une serveuse vint à notre rencontre, s’inclina respectueusement et baragouina quelques mots de japonais à notre encontre accompagnés d’un sourire. « こんにちはハチ公さん、お元気ですか?» demandai-je aussitôt dans un japonais parfait, sans accent. Elle me répondit, s’inclina de nouveau puis nous invita à la suivre afin de nous placer à côté du petit jardin zen, ma table favorite. Je me saisis de la carte que la serveuse me tendit, lui adressai un signe de tête avant qu’elle ne prenne congé, puis posai le livret sur le coin de la table, sans même daigner y jeter un coup d’œil, de toutes façons, je connaissais la carte par coeur. Je répondis ensuite à mademoiselle Walden, avec un brin de modestie, un sourire amusé sur les lèvres : « Je suis venu quelques fois, oui. » et le mot était faible. La gastronomie japonaise était mon péché mignon, et je devais venir ici au minimum une fois par semaine. « Je l’ai découvert à mon arrivée à Star City, si vous appréciez la cuisine japonaise, vous ne serez pas déçue. »

Hachiko-San revint quelques instants plus tard, la demoiselle passa commande et j’ajoutai à sa suite : « いつものように梅酒を取るよ。2のガラスは理解ください » « はいどうもありがとうございました» La serveuse me demanda ensuite si nous avions choisi le plat que nous voulions commander, ce à quoi je lui expliquai que nous allions d’abord prendre l’apéritif et que nous aviserions ensuite. Elle me remercia encore une fois, puis revint quelques instants plus tard avec un plateau contenant le cocktail de la psychologue, ainsi qu’une bouteille ressemblant à s’y méprendre avec une bouteille de vin. Elle déposa un petit verre devant chacun de nous avant de les servir. « どうもありがとうございました » dis-je avec un sourire angélique pour la remercier.

Je reportai mon attention sur la jeune femme puis l’invitai à trinquer à l’occidentale en levant mon verre devant mes yeux : « C’est de l’Umeshu, je ne sais pas si vous connaissez, il s’agit de ligueur de prune, c’est un vrai délice, vous m’en direz des nouvelles… Kampaï ! »

« Je suis toutefois surpris, vous ne m'aviez pas parlé de Shoshu ? » dis-je, portant le verre à mes lèvres afin de savourer ce délicieux breuvage acidulé.
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Message posté : Mer 2 Juil - 12:45 Message
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Il me faut reconnaître que je suis impressionnée par la maîtrise de la langue dont fait preuve le conservateur. Pour ma part je ne sais composer qu'avec trois ou quatre formules de politesse de base, voilà à quoi se limitent mes maigres connaissances. Autant dire que je vais vite avoir l'air d'une potiche ici, s'ils se mettent à tenir une conversation lui et notre serveuse en robe traditionnelle. Loin de m'en offusquer, je prends les choses avec bonhomie, avec humour comme le plus souvent. Une fois que la femme s'est éloignée, je me penche en avant vers le conservateur et je lui murmure quelques mots avec malice.

- J'espère que vous ne lui avez pas demandé de cracher dans mon assiette. Vous êtes décidément plein de talents et de surprises Monsieur Mercury.

Je me recule dans mon siège, calant mon dos contre le dossier. Mes mains sont posées sur la table et l'une d'elles joue avec une des baguettes en bois. Mon regard est régulièrement attiré vers le jardin non loin de nous. Il est décidément magnifique. On se sent rapidement bien ici, le doux bruissement de l'eau, la verdure, les poissons qui nagent offrent un climat serein. J'en oublierais presque que je suis venue ici pour dîner, du moins si mon ventre n'émettait pas tout à coup un grognement disgracieux. L'employée revient avec son plateau à la main, elle dépose deux verres devant moi ce qui provoque un nouveau sourire, pas de contentement mais d'amusement une fois de plus.

- Arigato. Dis-je avec mon piteux accent qui n'a rien à voir avec l'agilité dont mon voisin de table fait preuve quand il s'agit de manier le japonais. Une fois qu'elle est repartie, je rive mon regard clair dans les yeux tout aussi profonds du jeune homme. Vous n'avez pas prévu de m’enivrer j'espère ! Je ne tiens pas très bien l'alcool. Je ne connais pas l'Umeshu non.

Avec curiosité je fixe le verre de liqueur et le porte à mon nez. Cela sent un peu fort.

- Kanpai !

Voilà, nous aurons bientôt fait le tour de mes maigres connaissances de la linguistique nippone. Mes lèvres se trempent dans le liquide clair. Le goût de l'alcool est présent, bien prononcé même. La saveur fruitée est délicate, je dois reconnaître que l'ensemble est assez agréable. Il me relance sur le verre que je lui avais promis, esquivant une nouvelle fois mes questions.

- Je vais finir par croire que vous le faites exprès. Vous attisez ma curiosité avec un sujet puis éludez volontairement mes interrogations quand je montre le désir d'en savoir d'avantage. Ne croyez pas que je renonce si facilement, vous n'avez pas idée à quel point je peux être têtue. Pour le Shoshu c'est simplement que j'ai la fâcheuse manie de toujours vouloir goûter les choses que je ne connais pas encore. Alors je ne commande jamais deux fois le même plat, même quand ma gourmandise m'y pousserait !

Mes doigts portent à nouveau le verre à mes lèvres pour une petite gorgée. Je crois que je vais faire traîner mes deux apéritifs jusqu'à l'entrée au moins. Je ne cours pas vraiment après l'alcool même si j'en apprécie certains, à commencer par le rhum.

- Alors, allez-vous me dévoiler les secrets du katana écarlate ?

Je croise les mains sur la table, en me penchant légèrement en avant. Mon attention se fixe sur l'homme assis en face de moi. Je ne vais pas le laisser se dérober toute la soirée. D'autant que ce ne sont pas ses propres secrets que je cherche à percer. Une jolie mélodie asiatique emplit le restaurant, elle s'accorde parfaitement à l'ambiance. Un instant mon regard se perd sur les autres clients, le décor, les serveuses qui évoluent entre les tables tel un ballet savamment orchestré. Mes prunelles reviennent se perdre dans l'azur de celles du conservateur.

- Où avez-vous étudié le japonais ? Vous avez fait un séjour là-bas ? On dit que tous ceux qui s'y rendent tombent amoureux du pays du soleil levant. C'est une des destinations les plus à la mode. Curieusement ce n'est pas l'endroit que je choisirais en premier même si par votre conférence vous m'avez donné envie d'en découvrir d'avantage. Est-ce qu'il y a d'autres sujets, d'autres cultures, d'autres langues que vous maîtrisez aussi parfaitement ?




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Message posté : Jeu 3 Juil - 21:12 Message
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La remarque de miss Walden me fit sourire et je ne pu m’empêcher de répliquer, sans la moindre crédibilité : « Ciel, vous m’avez découvert. Vous comprenez le japonais ? » Je ricanai à ma propre plaisanterie puis ajoutai : « Cela fait partie de mon travail. Il serait fort ennuyeux pour un conservateur de musée tel que moi de ne pas parler la langue du pays qu’il présente, et je dois avouer, tout à fait entre nous, que c'est très utile pour frimer dans un endroit comme celui-ci. » je lui adressai un clin d'oeil complice, faisant écho à ce qu'elle m'avait dit dans la voiture. Frimeur moi ? Peut-être que oui finalement, mais c'était complètement assumé.

La quiétude du lieu, agrémenté du doux bruissement de l’eau se déversant à intervalles réguliers dans le bassin, fut troublé par le grondement du ventre de mon interlocutrice que je m’abstins de commenter quand je vis arriver la serveuse avec nos apéritifs. Je me permis de lui demander quelques biscuits d’accompagnements après l’avoir remerciée en japonais. « Loin de moi cette idée ! Cependant, si vous aimez le Shoshu, vous devriez apprécier. »

Je portai le verre à mes lèvres après avoir trinqué et aussitôt, j’eus le sentiment de me faire gentiment enguirlander par la demoiselle qui n’était pas décidée à se laisser duper par mon petit manège. Je souris, véritablement amusé. « Êtes-vous donc si impatiente ? » Je louai cependant son goût manifeste pour toute nouvelle découverte : « C’est tout à votre honneur ! » puis portai une nouvelle fois le verre à mes lèvres, la dévisageant avec malice. Tout compte fait, je commençais à entrevoir les crocs de la tigresse dont nous avions parlé tout à l’heure et que j’avais sous-estimée… A tort ?

Le moins que l’on puisse dire, c’était qu’elle était plutôt directe et qu’elle n’était pas du genre à parvenir à ses fins par quatre chemins. Je pouffai de rire tout en répondant dans un souffle sur un ton badin : « Oui… » Mais c’était plus fort que moi. Elle venait de réveiller le démon du jeu qui sommeillait en moi, et je ne pu m’empêcher de la laisser mijoter quelques instants encore, malgré le regard inquisiteur qu’elle me lançait. J’avais répondu à la question, le plus simplement du monde, jouant sur ses mots, ayant pleinement conscience du risque que je prenais de la froisser. J’étais joueur. Hachiko-san revint avec quelques amuses bouche qu'elle déposa subrepticement sur notre table, mettant ainsi la partie sur pause.

Ensuite, la conversation dériva naturellement sur des banalités coutumières des premières rencontres, ou chaque protagoniste échangeait sur son parcours, son travail, puis venaient généralement des questions plus personnelles et plus si affinité. Ayant appris le rite, je me pliai au jeu, sans me défaire de mon sourire angélique. Mon discours était rodé et parfaitement crédible : « A l’université. Oui, quelques uns. C’est un interrogatoire ? » demandai-je toutefois, toujours en souriant, sans la quitter des yeux.
En vérité, je n’avais jamais foulé le sol d’une quelconque université de l’époque contemporaine aux Etats-Unis - hormis pour y donner moi-même des cours - même si mes certificats d’études prouvaient le contraire. Tout était subtilement falsifié, aussi bien les documents administratifs que les contacts que j’étais sensé y avoir noué. Mon pouvoir de persuasion m’avait été d’une grande utilité. Quand à mon apprentissage de la langue japonaise, je l’avais fait lors de mes séjours répétés au Japon à travers l’histoire, et ils étaient indénombrables.

Je portai une nouvelle fois le verre d’Umeshu à mes lèvres, un vrai délice qui n’avait cependant rien à envier au nectar des dieux.
« Et pourquoi pas ? C’est un pays vraiment fascinant. Comme tant d’autres. » l’interrompis-je lorsqu’elle mentionna ses priorités en matière d’endroits à visiter : « Où iriez-vous ? » Quand à sa question sur la maîtrise des autres langues et cultures, je souris, m’adossai au dossier de ma chaise, croisai les bras puis déclarai en toute modestie : « Vous savez mademoiselle Walden, je suis conservateur au musée de Star City, mais je ne suis pas focalisé que sur une seule culture ou un sujet en particulier. L’histoire est vaste. Je dois dire que je suis assez généraliste, ce qui fait que je suis amené à beaucoup voyager. » ou comment maîtriser l'art et la manière de discourir des politiciens afin de donner l'illusion de répondre à la question posée. « Et vous ? comment-êtes vous devenue psychologue ? Vous ne vous occupez que de « jeunes » patients ? » demandai-je, mimant les guillemets avec mes deux index.

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Message posté : Ven 4 Juil - 14:12 Message
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Je ne sais pas si je dois être agacée ou amusée par son attitude. S'il veut se montrer joueur, il risque de trouver à qui parler. Il n'est pas le seul à savoir s'entourer de mystère. On dit souvent de moi que je suis secrète. J'ai l'habitude d'écouter, d'amener les autres à me parler d'eux sans vraiment me dévoiler. J'imagine que connaître la psychologie est un atout dans ce domaine. Généralement les hommes aiment parler d'eux, surtout de leurs connaissances, de leurs atouts. Seulement monsieur Mercury a l'air d'échapper à la règle. Il dit être frimeur sans en avoir l'air. Tant mieux, je suis assez allergique aux personnes imbues d'elles-même. Sirotant mon verre, j'essaie de déchiffrer son attitude, ce qui se cache dans le bleu de ses yeux. Il s'y trouve décidément quelque chose que j'ai du mal à définir et qui fait travailler mon imagination bien plus qu'elle ne le devrait. Et puisqu'il me tend une perche en me demandant quel pays je visiterais, je vais en profiter pour me prêter à son jeu.

- Si je dois être parfaitement honnête, là tout de suite la seule envie que j'ai c'est... Je laisse ma phrase en suspens. Mes yeux se lèvent vers le plafond comme si je recherchais une tournure de phrase appropriée ou juste la destination de mes rêves. En réalité je sais d'ores et déjà parfaitement ce que je vais lui dire. Mon regard se pose sur lui au moment où je lève le mystère. Tout droit dans une bibliothèque chercher ce que peut bien être ce foutu katana écarlate !

Mes lèvres dessinent une moue faussement boudeuse comme si j'étais profondément contrariée. Finalement je pose un coude sur la table, mon menton s'appuie dans la paume de ma main. Mes prunelles détaillent ce jeune homme qui s'évertue à tester ma patience ou ma curiosité.

- J'aurais mes réponses, de votre bouche ou non. Pour ce qui est de l'interrogatoire non, je crains d'avoir oublié la lampe de bureau à mettre dans vos yeux pour le climat angoissant. Je m'intéresse simplement à vos domaines de prédilection. Néanmoins si vous préférez que nous ayons un repas silencieux je peux fort bien me contenter de « Ah » et de « Oh » à mesure que le dîner avancera et que les plats se succéderont.

Mon sourire se teinte d'amusement, j'ai la fâcheuse manie d'être taquine ce qui n'est pas du goût de tout le monde. En tous cas je note à quel point ses réponses sont évasives. Pas facile d'agrémenter une conversation dans ces conditions. Et puisqu'il dirige les questions vers moi pour éloigner le sujet de lui, je vais lui servir la même tactique éculée.

- J'ai suivi le cursus, obtenu tout un tas de diplômes et ouvert mon cabinet. Pas seulement non.

J'espère bien qu'il goûtera à son tour la frustration de ne pas obtenir les informations que l'on désire. A moins qu'il ne me demande cela que pour me rendre la politesse en se contrefichant réellement de qui je suis. Si tel est le cas je ne comprendrais pas pourquoi il m'a invité à dîner. Le souci est que je suis du genre directe, pas du tout mielleuse ou hypocrite.

- Je me demande où est passé l'élégant et éloquent maître de conférence qui parlait avec tant d'emphase sur les samouraïs tout à l'heure. On ne le croise que pendant les heures de bureau ? Que vous ne vouliez pas me parler de vous, je peux le concevoir. Je n'ai pas demandé si vous aviez quelqu'un dans votre vie ou si vous préfériez les slips ou bien les boxers. Ce sont des questions toutes bêtes qui vous encourageaient à me parler d'autres cultures que vous affectionnez, de voyages que vous avez aimé... Allez, je vais montrer le bon exemple !

Le sourire n'a pas quitté mes lèvres, mon ton est malicieux, pas du tout agressif ou accusateur. Ma tête se penche légèrement sur le côté tandis que mon menton glisse au creux de ma paume.

- J'ai eu la chance de visiter l'Europe, un voyage organisé un peu limité. Si je devais recommencer je pense que je ferais mon propre circuit. Ce qui m'intéresse hormis les paysages c'est l'histoire, j'adore les grandes civilisations, tout ce qui a marqué le passé. Alors je rêve de découvrir l’Égypte, l'Amérique du sud, la Grèce... De repartir en Italie sur les traces de la Rome Antique... Ce ne sont que quelques exemples évidemment. Le monde est vaste, les contrées à découvrir si diverses... Dans une autre vie peut-être que je me ferais aventurière, un genre d'Indiana Jones mais sans le chapeau et en femme. A vous !





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Message posté : Mar 8 Juil - 1:35 Message
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Au fil des minutes, je discernais petit à petit l’espièglerie de ma surprenante interlocutrice, ce qui n’était pas pour me déplaire. J’avais, semble-t-il, commis une erreur de jugement. L’apparente timidité, que je lui avais attribuée au premier abord cause de son visage angélique de petite fille trop sage, était en train de s’envoler et j’étais plutôt agréablement surpris par la facette que j’étais en train de découvrir. Elle m’avait bluffé, et pour l’heure, je ne regrettai pas de l’avoir invitée à dîner.

Bien que mon attitude en aurait exaspéré plus d’une, elle se prêtait volontiers à mon jeu et elle ne me laissait pas en reste ! Fort bien ! Je restai à la fixer d’un regard mutin alors qu’elle semblait chercher la destination de ses rêves, laissant planer le suspens sur un début de phrase que mon esprit retors ne manqua pas d’agrémenter de toutes les fins qui auraient pu le séduire, dont certaines étaient plutôt édulcorées. Mais je n’imaginais pas que Mademoiselle Walden soit ce genre de femme. Quoi que… elle avait l’air pleine de ressources, je ne doutais pas qu’elle puisse encore me surprendre !
Mon sourire s’élargit quand elle daigna enfin achever sa phrase, mettant fin à mes divagations les plus farfelues. « Oh ! je vois. » répondis-je, amusé. Bien ! Elle ne lâcherait pas le morceau aussi facilement. Les hostilités étaient lancées. Elle avait réussi à captiver toute mon attention et je commençais à vraiment à m’amuser. Quand bien même elle l’aurait été, je ne pris pas du tout au sérieux sa bouderie, continuant d’afficher un sourire insolent. Elle pouvait bouder si ça lui chantait, je n’étais pas du genre à me laisser prendre par ce genre de sentiments. Je gardai le silence. Sa petite comédie ne dura pas bien longtemps et je fus une fois de plus ravi d’essuyer la morsure de ses crocs. « Comme c’est regrettable ! Qui sait ? Ma langue pourrait être amenée à se délier d’avantage dans un climat angoissant… Je ne suis pas persuadé que vous soyez du genre à pratiquer à merveille le dialogue l’onomatopée, je me trompe ? » Non, elle avait l’air bien trop déterminée et impatiente pour cela.

J’étais resté évasif sur ses questions, préférant la laisser parler. J’avais remarqué que les femmes d’ordinaire, aimaient que l’on s’intéresse à elles, mais Miss Walden semblait déroger à cette règle. Elle adoptait la même tactique que moi, ce qui me fit sourire une fois de plus. Petite maligne !
Je n’eu pas le temps de répliquer qu’elle prenait déjà les armes pour contre attaquer. Elle commençait à me plaire. Je la laissai terminer puis répondis d’un ton faussement innocent, fixant mon regard sur les baguettes que j’entrepris d’aligner au rebord de la table : « Peut-être que le maître de conférence est intimidé par une telle force de caractère et qu’il n’a pas le temps d’en placer une. Et non je n’ai personne dans ma vie et je préfère les boxers. Cela vous convient-il comme réponse ? » Allez démêler le faux du vrai là dedans ! J’avais lâché cela d’un trait, sur un ton complètement égal. Je levai de nouveau les yeux sur elle, laissant mes baguettes tranquilles, piochait dans les biscuits apéritifs, puis croisai les mains sous mon menton, dévisageant cette fois la jeune femme d’un regard énigmatique : « J’affectionne particulièrement la mythologie et les grandes civilisations, cela va de Cipango à la Rome Antique, en passant par la Grèce, l’Egypte… tout comme vous. Mais j’apprécie aussi l’histoire contemporaine et celle des Supers. C’est pourquoi je ne me suis spécialisé dans aucun domaine en particulier, car j’aime par-dessus tout voyager et parcourir la terre me délectant de ses paysages et de son histoire. Et je ne vous le fait pas dire, le monde est vaste, et ne se limite pas à la Terre prime. Il vous faudrait de nombreuses vies pour tout explorer. » J’avais, pour cela, retrouvé le ton impérieux que je réservais à mes conférences, puisque c’était, semble-t-il, ce qu’elle voulait entendre.

« Concernant, le Katana Ecarlate, vous pourrez toujours chercher dans une bibliothèque, je ne sais pas si vous y trouverez votre bonheur, il ne s’agit pas exactement d’un sabre à proprement parler, mais d’une personne. » Continuai-je sur le même ton, recouvrant peu à peu mon sourire malicieux. « Il fut l’homme le plus craint de l’Asie au début du XXème siècle. Il était l’homme de main de l’empereur du pays du soleil levant et de son premier ministre. C’était un assassin sans pitié et sans peur qui a servit pendant la guerre du Pacifique notamment.» Je laissai volontairement mon récit en suspend lorsque Hachiko-san nous rejoignis afin de prendre notre commande. Elle s’exprima dans un anglais cette fois-ci, saupoudré d’un fort accent exotique. « Vous avez choisi ? » je lançai un regard interrogateur à mon interlocutrice agrémenté d’un sourire galant. Je n’avais pas ouvert la carte, mais je savais déjà ce que j’allais prendre. Je la connaissais par cœur.
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[Musée historique] Conférence sur le Samouraï à travers les âges

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