AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Nécessité n'a pas de loi | Kyle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message posté : Mer 4 Juin 2014 - 21:56 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Il s’appelait William Preston.
Quarante-trois ans.
Sans emploi.

Il avait une fille, malade.
Il n’avait aucun passif, aucun passé criminel.
Mais il avait besoin d’argent.

Aussi, lorsqu’il était entré ce matin-là dans cette banque, personne n’aurait pu prédire ce qu’il allait se produire. Personne n’aurait pu croire un seul instant que cet homme malingre aux cheveux grisonnants et à l’air valétudinaire allait se diriger d’un pas vacillant jusqu’à l’accueil de la Eastern Seaboard Bank et, sans l’ombre d’une hésitation, sortir une arme de poing pour la coller entre les yeux de la banquière, terrorisée. Il n’était pas familier des braquages, ni des prises d’otage, n’avait même jamais considéré l’idée d’en faire un jusqu’à ce que la nécessité prenne le dessus sur sa raison. Car non, William Preston n’était pas cupide, il était dans le besoin.

En temps normal, le SCPD aurait été tout à fait à même de gérer sans l’aide de quiconque une prise d’otage dans une grande banque, d’autant que le sujet lui-même ne semblait pas être du genre agressif. Quand bien même ne l’aurait-il pas pu, faire appel au SWAT aurait été une formalité où, dans la ville des supers, le département de police possédait sa propre unité de forces spéciales. Cependant, lorsqu’il apparut clair que les forces régulières ne suffiraient pas à endiguer la menace d’une arme d’origine extra-terrestre, ce fut à l’UNISON de jouer. Sans attendre, ils dépêchèrent une équipe, jugeant leur expérience du terrain suffisante pour gérer la menace, qu’ils n’avaient pourtant pas encore pleinement identifiée. Car William Preston ne leur avait pas encore dévoilé tous ses secrets ; La façon dont il s’était procuré cette arme, son lien avec le Cartel Rouge, son addiction pour les jeux… d’arène. Aussi, lorsque les agents pénétrèrent dans l’enceinte de la banque, ils ne trouvèrent nulle trace de William Preston. À sa place se dressait, haut de trois mètres et fort comme dix hommes, le Colosse.

Andrea avait attentivement écouté le récapitulatif de leur supérieur. Brièvement, il leur avait expliqué ce qui avait suivi l’arrivée de l’UNISON en lieu et place de la prise d’otage, et la rupture des communications avec les agents restés hors de la zone de sûreté. Il leur avait précisé qu’il leur faudrait faire preuve de prudence, l’ennemi qu’ils affrontaient étant méconnu des forces de l’ordre. La jeune femme, qui avait rapidement pu jeter un coup d’œil au dossier qu’ils avaient monté sur lui, en déduisit rapidement que William Preston n’était pas du genre violent, mais son tempérament instable et névrosé ne le rendait pas moins dangereux. De plus, le signalement qu’on avait fait de Colosse correspondait à celui d’un mutant qu’on soupçonnait de participer à des combats illégaux dans le district sud. « On pourrait tenter une approche raisonnée, il n’a pas le profil-type du v... » Insinua-t-elle, rapidement coupée par son supérieur. « S’il vous plaisait de spéculer, il ne fallait pas rejoindre l’escouade, Parker » pour toute réponse, et sous les ricanements narquois de ses pairs, la Texane choisit de se murer dans le silence.

Ils arrivèrent à l’Eastern Seaboard Bank peu de temps après ça et heureusement ; La jeune femme commençait réellement de suffoquer avec tout son imposant attirail dans le véhicule blindé qui les conduisait au lieu de la prise d’otage. L’effectif était volontairement réduit au minimum. Leur supérieur resterait en retrait pour superviser les opérations, deux snipers se posteraient sur les postes alentours, assez haut pour avoir une vue dégagée de la banque et attendre le signal. Elle-même et deux autres agents de l’escouade seraient envoyés au cœur du complexe et, en raison de son expérience du terrain (et probablement pour la mettre à l’épreuve), elle fut choisie pour diriger la micro-équipe au sein de la banque. Acquiesçant à l’ordre de déploiement, la jeune femme et les agents se dirigèrent rapidement vers l’homme en charge de liaison avec l’équipe ayant pénétré dans la banque. « Agent Adams ? Demanda-t-elle. Agent spécial Andrea Parker, en charge de cette unité d’escouade. Quelle est la situation à l’intérieur ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 5 Juin 2014 - 13:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Le bandage n’allait jamais suffire. L’homme, assis le dos contre un mur teinté de sang, essayait de ne pas hurler alors que Kyle serrait fortement la bande de tissus autour de son bras. Il n’avait jamais été spécialement doué pour les premiers secours, et il ne faisait pas exception cette-fois. Le saignement allait être ralenti, pas stoppé. Ce gars avait besoin qu’on s’occupe de lui rapidement, car il était blanc comme un linge. Exception faite des tâches de sang sur son visage. Kyle, lui, poussa un soupir, et se redressa avant de jeter un coup d’œil vers la pièce centrale de la banque.

Elle était en-dessous d’eux. Il y avait une rambarde qui dissimulait en partie leur présence à l’étage, et le jeune homme avait une vue sur tout le hall principal. Et ce qu’il voyait n’était pas spécialement beau : 8 otages, un type gargantuesque en plein milieu, trois cadavres, des tâches de sang un peu partout et des meubles détruits. Cela dit, là où il était, ce n’était guère mieux. Un homme d’une quarantaine d’année, un otage « libéré », se trouvait à côté de lui, assis contre le mur et serrant les dents. Il portait le bandage fait par le jeune agent de l’UNISON. Il y avait également une petite fille, la gamine du vieux sans doute. Elle était couverte de saleté à cause des débris.

Sa radio grésilla. Il toucha l’oreillette qu’il portait, et écouta la voix féminine. Il ne connaissait pas du tout l’agent Parker. Peu importait, c’était du renfort. Quant à la situation… il soupira encore. Il avait rarement vu aussi désastreux. Il s’efforça de garder son calme, alors qu’il était lui-même couvert de saleté et de sang. Ses réflexes et sa nouvelle capacité ne l’avait pas vraiment aidé. Elle l’avait simplement empêché de mourir dès le début. Car c’était bien simple, pour lui tout paraissait lent. S’il se concentrait, il oubliait ce détail et était en mode « vitesse normale ». Mais il était capable de bouger trop rapidement pour que le monde suive.

« Content d’entendre une voix amicale, agent Parker. Ici… c’est assez mauvais. Les trois gars de l’équipe d’intervention sont morts, tués par cette chose énorme et totalement incontrôlable. J’ai tenté de le raisonner, mais il a bien failli me tuer. Deux otages sont morts. Les huit autres sont encore dans le hall, avec ce taré. Je suis moi-même à l’étage, au-dessus du hall, en face de l’entrée. J’ai avec moi un homme, blessé au bras, et sa gamine. On va avoir besoin d’une assistance médicale pour lui. »

Il marqua une pause, afin de laisser les informations atteindre le cerveau des agents à l’extérieur mais aussi pour se laisser un peu d’air. Il croisa le regard du gars à côté de lui, qui semblait profondément désespéré. Il avait besoin d’une bonne nouvelle, n’importe quoi qui pourrait le soulager en partie de sa peine. Malheureusement, Kyle n’en avait aucune à lui donner. Au contraire. Il reprit la parole, dans sa radio.

« On a essayé tout ce qu’on pouvait. Les lames se brisent sur lui, les balles s’enfoncent comme dans du Kevlar sans pourtant pénétrer. Etant plutôt bon tireur, j’ai essayé de viser quelques points faibles : la tête, et notamment les yeux, ou les pieds et les mains. Rien à faire. Son corps tout entier est trop solide. Et il a une sacrée force dans ses coups. Il démolit même les murs de pierre. »

Kyle commençait à désespérer un peu de pouvoir sauver les otages. Il pouvait tenter de les porter, et grâce à sa vitesse, il irait loin rapidement. Mais l’ennemi pourrait le toucher, ou tuer des otages. Il était incroyablement rapide, pour un type aussi colossal. Kyle aurait préféré essayer de raisonner avec sa forme humaine, il aurait au moins su qu’il ne craignait rien. Mais comme ce n’était pas le cas, il allait devoir se contenter de cette forme-ci. Et il espérait que ceux à l’extérieur allaient parvenir à trouver un moyen de l’abattre. Car ce type méritait soit la mort, soit l’hôpital psychiatrique. Ou les deux.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 7 Juin 2014 - 13:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Andrea jeta rapidement un regard autour d’elle, sombre. Les cris stridents des voitures de police déchiraient le silence qu’avait fait le vide dans les rues de la ville, leurs gyrophares agressifs noyant la façade du bâtiment de rouge et de bleu criards. Au loin, les sirènes des pompiers et des ambulances appelées en urgence se donnaient écho, témoignant de la gravité qu’avait pris la tournure des évènements. Des badauds, parmi lesquels nombre de journalistes, s’amassaient en caillots aux abords des barrières de sécurité qu’avait dressé le SCPD dans l’espoir d’apercevoir quelque chose de la prise d’otage. Certains tentaient même d’outrepasser la limite mise en place par les forces de l’ordre, quoiqu’ils fussent irrémédiablement stoppés par ces dernières. Elle reporta son attention sur son interlocuteur. L’agent, un homme de la transmission qu’elle ne connaissait pas, parvint à établir la communication avec son contact, à l’intérieur de la banque. Il lui passa l’oreillette, pour lui permettre d’entretenir une conversation directe avec l’agent Adams.

Quand enfin sa voix perça – avec difficulté – d’entre les grésillements, la jeune femme fit signe à son supérieur que le contact avait bel et bien été établi. Brièvement, l’agent lui fit état de la situation dans l’enceinte du bâtiment. Ils comptaient désormais pas moins de cinq morts, dont trois agents du groupe d’intervention de l’UNISON et deux otages. À cette nouvelle, le visage de la métisse ultime se rembrunit notablement. De plus, la quasi-totalité des autres otages étaient encore en prise avec le forcené, qu’il qualifiait lui-même de totalement incontrôlable. Il précisa enfin qu’il se trouvait avec un homme et sa fille à l’étage de la banque, hors de portée du colosse. « Nous ne pourrons peut-être pas faire venir une assistance médicale dans l’enceinte… Les raisons en étaient évidentes. Il pourra être pris en charge sitôt que nous vous sortiront de là. Pensez-vous qu’il tiendra jusque-là ? » À dire vrai, une idée avait déjà germé dans l’esprit d’Andrea.

Attendant la réponse de son contact, la jeune femme se pencha vers un officier de police pour lui glisser quelques mots à l’oreille. Ce dernier, acquiesçant, fila rejoindre son supérieur hiérarchique, lequel cracha quelques mots dans son talkie-walkie grésillant. Elle-même s’empressa de tenir informé le chef de division de la stratégie dont elle comptait faire usage, qu’il approuva non sans réserve. La voix de l’agent Adams crachota à son oreille. Il lui expliqua que l’équipe d’intervention, lui y compris, avait essayé tout ce qu’il était possible pour faire tomber le mutant, mais que rien n’y faisait ; Les lames et les balles s’écrasaient sur sa peau, il était doté d’une force colossale, démolissant les murs à la force de ses poings. « Parfait, ça fait deux comme ça », marmonna-t-elle d’un air pensif. Ses yeux glissaient sur la surface élimée du plan, son doigt suivant le tracé sinueux des canalisations. « Nos armes devraient pouvoir le neutraliser. Elle l’espérait. L’escouade, en raison de la dangerosité de leurs missions, avait accès à des armes de type expérimental, dont l’UAR 180, un fusil d’assaut basé sur le système des armes énergétiques. Vous êtes bon tireur vous dites ? »

Son doigt ganté s’arrêta sur une sortie d’air située à l’arrière de la banque, qu’elle signala à l’agent à ses côtés. La canalisation, large d’un peu plus de quatre-vingt centimètres, se faufilait dans la carcasse du bâtiment jusqu’aux vestiaires, près de la salle de vidéosurveillance. D’un geste de la main, elle informa son supérieur qu’ils avaient trouvé un moyen de pénétrer dans la banque. « Rappelez-moi votre position exacte, agent Adams. Elle enchaîna. Je crois avoir trouvé un chemin pour vous rejoindre, mais il va falloir que vous quittiez votre position. Un membre de l’équipe médical nous accompagnera pour administrer les premiers soins à l’otage. Dans votre position, ce n’est cependant pas possible. Ils ne prendraient pas le risque de se faire remarquer du mutant. Il faudrait que vous puissiez rallier les vestiaires, près de la salle de la sécurité. C’est ici que nous vous rejoindrons. Vous pensez que ça va être possible ? »

À dire vrai, leur choix s’était quelque peu limité depuis que William Preston avait décidé de devenir hors de contrôle. Ajustant sa visière, Andrea récupéra un fusil blaster supplémentaire, et fit signe à son équipe de se diriger vers le point d’entrée de la banque. Une dernière fois avant que l’intervention ne débute, elle contacta l’agent Adams. « Nous arrivons. Je reste avec vous, bon courage. » Puis s’enfonça dans les boyaux sombres de la Eastern Seaboard Bank.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 7 Juin 2014 - 17:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Kyle examina le visage de l’homme à côté de lui. Ce dernier ne le regardait pas, il essayait de rassurer sa gamine afin qu’elle arrête de pleurer et de trembler. Sa voix était faible, mais elle insufflait des paroles apaisantes. Malheureusement, leur effet était limité à cause de la proximité du colosse invincible, et aussi parce que Kyle parlait dans sa radio et qu’il n’en ressortait aucune bonne nouvelle. Le jeune homme se promit d’offrir un truc à la petite, si jamais ils s’en sortaient vivants. En attendant, il fallait qu’il reste concentré. Car non, l’homme n’allait pas bien du tout. Quant à savoir s’il tiendrait…

« Pas sûr qu’il tienne. Mais on fera au mieux. Quant à ma position exacte, juste en face de l’entrée, en haut. Dans le couloir derrière la balustrade, qui s’enfonce dans le bâtiment. Premier étage. »

Il poussa un soupir de soulagement en entendant l’agent Parker lui donner une tâche à accomplir. Pas parce que ça avait une chance de les tirer de là, mais parce qu’au moins ils bougeraient, sans avoir à attendre tranquillement que le détraqué viennent les chercher. A vrai dire, le jeune agent était étonné qu’ils n’avaient pas été trouvés plus tôt. Cela dit, il ne s’en plaindrait pas trop, car cela permettait au blessé de survivre.

« C’est faisable oui. Il le faut, de toute façon. »

Il se tourna vers l’homme blessé.

« On bouge. De l’aide arrive, on vous soigner. Vous vous appelez comment ? »

« Oliver. Merci de votre aide, jeune homme. »

Kyle lui passa un bras autour de son épaule, puis se mit à avancer doucement, la petite fille sur ses talons. Il aurait pu accélérer, encore une fois, et atteindre les vestiaires sans souci. Mais il n’était pas sûr que cela n’achève pas le blessé, pas habitué à une telle vitesse de déplacement. Et de toute façon, la petite aurait été en danger. Arrivé au bout du couloir, Kyle tourna à droite, et il continua.

Il n’avait jamais été la tronche de cette banque de toute façon. Les murs blancs lui donnaient une impression de calme qui n’arrivait absolument pas à l’apaiser. Il était beaucoup plus hyperactif ses derniers temps, probablement parce qu’il commençait seulement à maîtriser ses capacités de vitesse. Néanmoins, il s’efforçait de ne pas trop le montrer aux deux civils. Les stresser davantage ne leur apporterait aucun réconfort, et ne ferait qu’empirer la situation. Et c’était la dernière chose que voulait Kyle. En y repensant, c’était déjà un fiasco de toute façon. Des morts, des otages, une banque saccagée… on se serait cru dans un film, sauf que bien sur ce n’en était pas un. La fin aurait eu une chance d’être bonne, voir même quasi-certainement bonne. Mais encore une fois, ce n’était pas le cas. Rien n’était simple dans ce métier. Kyle n’avait cependant aucun regret. Il se sentait davantage à sa place ici que de l’autre côté des barrières de sécurité, parmi les flics.

Il n’avait aucune idée de la progression de la nouvelle équipe d’intervention. Il savait simplement qu’ils étaient arrivés dans les vestiaires. Kyle allongea Oliver au sol, et ordonna à la petite de rester près de lui et de venir le chercher s’il y avait ne serait-ce que le moindre problème. Il sortit de la pièce et se mit à attendre les renforts, qui heureusement ne tardèrent pas à arriver. Il eut un grand sourire, immensément soulagé. Il indiqua la voie au médecin du groupe, puis se tourna vers les autres, dispatchés aux alentours.

« Merci pour les renforts. Et maintenant, que fait-on ? »

Il espérait que si jamais le groupe repartait à l’attaque, il en serait. Il voyait bien les armes dont disposaient le groupe, et c’était probablement beaucoup plus efficace que des balles contre leur adversaire. Le jeune homme ne craignait pas de toucher un camarade par inadvertance, il visait toujours là où il le voulait.

« Chouettes jouets, les copains. J’peux en avoir un aussi ? »
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 16:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Elle détestait ça. Détestait l’idée de devoir le faire, haïssait plus encore de l’avoir fait encore. Elle détestait la chaleur qui étreignait sa poitrine comme un feu ardent qui la consumait subtilement, l’oppression du conduit circulaire autour d’elle qui semblait s’étrécir à mesure qu’elle progressait à l’intérieur du boyau. Détestait le poids de son équipement sur ses épaules, la tension qui pressait ses muscles qui s’endolorissaient à mesure qu’elle faufilait son corps. À de nombreuses reprises, elle avait dû se soumettre à un pareil entraînement – qui faisait partie des qualifications de bases pour rejoindre l’Escouade – et elle parvenait toujours à rejoindre le bout du tunnel. Mais bon Dieu ce qu’elle pouvait exécrer cette sensation ! C’était anxiogène.

Au bout des quelques minutes, qu’elle passa à lutter contre sa propre respiration, Andrea aperçut la grille d’aération qui donnait au-dessus de la porte des vestiaires. Si tout s’était bien passé pour eux, l’Agent Adams et les deux otages devaient les y attendre, à l’abri de la folie meurtrière du mutant. Précautionneusement, elle dévissa la plaque grillagée, puis la fit glisser sous elle pour la dégager de la voie et permettre son passage ainsi que celui de son équipe. Après quoi, dans un immense soupir de soulagement, la jeune femme glissa par le passage et, dans un plaisir à peine dissimulé, retrouva pieds à terre. Profitant de l’accalmie que lui offraient les vestiaires, la jeune femme ôta ses lunettes de protection et son casque, essuyant une goutte de sueur qui roulait le long de sa mâchoire. « Y’a pas de quoi, articula-t-elle. Agent Adams je suppose ? » Question rhétorique, bien entendu.

Le médecin qui les accompagnait s’était penché sur la silhouette de l’homme, qui le remerciait à demi-mot. Il les informa que l’homme souffrait d’une fracture ouverte du radius ; Il avait perdu beaucoup de sang et, s’il était en mesure de faire cesser l’hémorragie, il lui faudrait très rapidement une assistance médicale adaptée, lui-même ne pouvant prévenir une embolie graisseuse. « Entendu. La Texane se tourna vers l’agent, lui tendant le fusil blaster en plantant ses prunelles dans les siennes. Il faut qu’on le neutralise, je ne sais pas encore comment mais… j’aimerais éviter qu’il y ait d’autres pertes. » À ses yeux, c’était déjà une catastrophe sans nom que d’avoir perdu des otages, et des membres de l’UNISON. La macabre situation lui offrait un air de déjà-vu qui la mettait indubitablement mal à l’aise. La dernière fois que des agents étaient morts sous son commandement, c’était lors des évènements de la Zone 21, bouleversements dont elle ne s’était remise qu’à grande peine et après lesquels il lui avait fallu se détacher de l’organisation internationale pendant quelques temps… Elle revoyait encore leurs corps inanimés, sans vie, jucher la terre battue qui buvait avidement leur sang. Elle se souvenait du sentiment d’impuissance, de l’impression que la mort patientait, impassible, ce moment où elle-même tomberait sous les coups des créatures infernales qui les assaillaient. Et elle s’était fait la promesse, ce jour-là, qu’elle ne ressentirait plus jamais l’asthénie d’une telle situation. Plus jamais.

Bien entendu, Andrea n’était pas dupe. La mort guettait tout un chacun, en particulier lorsque l’on se vouait à des missions comme le maintien de la paix, quand l’on vivait son quotidien en se confrontant jour après jour à de dangereux supers. Non, elle ne doutait pas devoir y faire face un jour, encore. Exception faite que cette fois, c’était elle qui se trouvait en première ligne. Elle se tourna vers les otages, s’efforçant de garder un sourire rassurant au coin des lèvres. « Ne vous en faites pas, vous êtes en sécurité ici. » Plus que quiconque, à dire vrai. Bien entendu, ils devraient attendre que la prise d’otage prenne fin avant même de songer à être escorté hors de la banque. Mais au moins, ils étaient loin de la zone de conflit… Ouvrant la communication à supérieur, elle lui signala qu’ils étaient parvenus à rejoindre leur contact à l’intérieur de la banque, ainsi que les otages, ces derniers se trouvant entre les mains du médecin urgentiste. Elle lui indiqua également qu’ils allaient tenter de neutraliser le mutant, et que la communication risquait de rompre à tout instant, puis se tourna vers son équipe et l’agent Adams. « Allons-y. »

Ils progressaient lentement dans les couloirs de la banque, sur laquelle un silence de plomb s’était abattu. Arrivé à proximité du balconnet donnant sur le rez-de-chaussée de la banque, où le colosse faisait des allées et venues, les agents firent ventre à terre pour progresser le plus discrètement possible. Andrea profita des quelques précieuses secondes dont elle disposait pour jeter un œil sur les otages, amassés le long de l’accueil. Rapidement, elle en compta treize, effrayé et sanglotant, épuisés pour la plupart. Comme l’agent Adams les en avait informés, cinq cadavres juchaient le sol, dans une mare de sang, leur corps effroyablement ravagé par la force de l’homme devenu monstre. Un homme d’âge mûr et probablement sa femme, dont les cheveux grisonnants s’étaient teintés de rouge, probablement au mauvais endroit, au mauvais moment. Étrangement, quand elle regardait son hideuse face teintée d’angoisse, Andrea ne sentait pas que ces meurtres avaient été volontaires ; Elle les ressentait comme des dommages collatéraux à sa tentative de défense contre les forces d’intervention, ce qui n’enlevait rien à la gravité du crime. Et l’heure n’était plus aux négoces.

C’est à ce moment-là qu’elle l’entendit. Le débris qui, poussé par le coude d’un de ces équipiers, alla s’écraser huit mètres plus bas. C’est à ce moment qu’elle le vit lever la tête, ses yeux s’étrécir en deux fentes haineuses. C’est à ce moment qu’elle le vit lever le bras et l’abattre, et le cri mourut au fond de sa gorge. Le mutant arracha une partie de la balustrade, et eux avec. Sans voir ce qu'il était advenu de son équipe, la jeune femme se vit glisser avec horreur le long du balconnet, tentant de s'accrocher à la rambarde qui céda sous son poids. En pleine chute, elle fut happée par le poing du monstre qui la projeta dans une colonne, contre laquelle son corps s'écrasa avant de chuter lourdement au sol. Son arme, trop loin d'elle, gisait encore à l'étage supérieur. Sentant que les choses commençaient à tourner au vinaigre, et la panique se répandre dans les rangs des otages, Andrea décida qu'il était temps de donner de sa personne. De tous, après tout, elle était de très loin la plus solide. Elle pouvait encaisser. « Trouvez un moyen de le stopper, cracha-t-elle dans son oreillette. Je vais faire diversion. » Était-il seulement possible de souffrir autant ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 30 Juin 2014 - 19:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Citation :
Une prise d'otages à l’Eastern Seaboard Bank fait cinq morts
Le Daily Herald avec ABS Media | 29.05.2014 à 10h21

Quatre employés et dix clients de l’Eastern Seaboard Bank ont été pris en otage par un homme armé à Star City, ce vendredi en début d'après-midi. Deux des otages, deux femmes, ont été tué peu après le début de la prise d’otage par le forcené, a-t-on appris de source proche de l'enquête, puis trois hommes lors de l’intervention des forces spéciales de l’UNISON. Le preneur d'otages, un mutant inconnu des forces de police, a ensuite rapidement été neutralisé.

L'homme était entré vers 14 h 50 dans l'agence avec une arme de poing. Selon une source policière, il a réclamé un négociateur, de l’argent et de quoi quitter le pays. Le bureau des patrouilles, chargé, à Star City, de la lutte contre le grand banditisme et d'interventions en situation de crise, a rapidement établi un périmètre de sécurité autour de la banque. Un employé avait alerté la police en déclenchant l'alarme de télésurveillance. À la vue des forces de l’ordre, le preneur d’otage a été pris de fureur, occasionnant la destruction d’une partie de la banque. La dégradation rapide des évènements a nécessité l’intervention de l’Escouade d’élite de l’UNISON, en partenariat avec la Star Squad.

Entre 50 et 100 policiers ont été déployés sur place. Les deux premiers otages libérés par l’Escouade, manifestement sous le choc, ont été emmenés, encadrés par des policiers, dans un restaurant italien situé en face de la banque où les forces de l'ordre avaient installé leur quartier général.

« Des systèmes de vidéosurveillance, de gardiennage financés par la ville ont été créés. Pourtant, visiblement, ces mesures ne sont pas suffisantes », a déclaré à la presse le commissaire Barbara Kane, passablement agacée par la tournure prise par les évènements. « Il faut plus de transparence sur le statut des métahumains », a enfin déclaré une source anonyme citée par ABS Media.


Johnathan Stokes, journaliste au Daily Herald
Revenir en haut Aller en bas



Nécessité n'a pas de loi | Kyle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Nécessité n'a pas de loi | Kyle
» Zimbabwe-Mugabe : La Nécessité d’un Coup d’état
» Kyle XY
» Kyle Cumiskey
» ♣ Aaron Kyle Cooper • Être l'homme, ou le frère...[VALIDE]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-