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On ne se fait pas des amis, on les reconnaît | Jay

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Message posté : Mer 4 Juin 2014 - 13:45 Message
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Elle avait foutrement mal.
Elle avait besoin d’un verre.
Elle avait foutrement besoin d’un verre.

Sa première intervention avec l’escouade ne s’était pas passée exactement comme elle l’espérait. Quand le major Colt lui avait suggéré d’intégrer l’escouade d’intervention de l’UNISON, il lui avait également assuré qu’il lui pensait les qualités nécessaires pour se faire, et qu’elle parviendrait sans mal à s’y intégrer eu égard à ses performances sur le terrain. Force a été de constater qu’il avait peut-être légèrement surestimé les capacités de la demoiselle… Quoiqu’Andrea bénéficie d’aptitudes physiques légèrement supérieures à la normale, l’Escouade passait pour être le SWAT de l’UNISON – Capable de mener des opérations à hauts risques, impliquant des supers, avec un armement et des tactiques adaptées – et ses agents d’intervention l’élite de l’élite. En conséquence de quoi la jeune femme s’était sentie, pour la première fois depuis très longtemps, distancée par ses pairs. Cependant, c’est sur le terrain que s’était faite la réelle différence car rien, rien au monde, ne pouvait les préparer aux menaces qu’ils devaient affronter au quotidien.
Elle allait devoir s’entraîner. Dur.

D’une main nerveuse, elle caressa sa pommette encore contusionnée, délogeant au passage les mèches humides venues se coller à la courbe de sa mâchoire. Elle avait pensé qu’un bain apaiserait son corps endolori, mis rien ne semblait y faire, ni la caresse voluptueuse de l’eau brûlante sur ses muscles, ni l’ibuprofène qui aurait pourtant dû faire son office depuis longtemps. Elle avait toujours mal, et à défaut de doubler les doses d’analgésique, la jeune femme choisit de sortir prendre l’air, espérant trouver un prompt réconfort dans le fond d’un verre whisky. Ou une bière. Une bonne bière bien fraîche. D’un revers de main, Andrea essuya la buée qui s’était accumulée sur le miroir de sa salle de bain et observa son reflet. L’aspect était beaucoup moins alarmant que la douleur le laissait supposer, et quoique les ecchymoses commencent tout juste d’apparaître – dessinant sur sa peau des arabesques bleuâtres –, il n’y avait encore aucune trace qui ne puisse être masquée d’un peu de fond de teint. La jeune femme, il allait s’en dire, s’estimait heureuse ; Sans sa résistance accrue, son petit hématome aurait très bien pu devenir une belle fracture, et sa lèvre boursouflée, une lèvre fendue. Il fallait dire qu’il tapait fort, ce mutant.

Elle s’habilla rapidement, prenant à peine le temps de sécher ses cheveux dégouttant d’eau. Saisissant ses clés de voiture à la volée, elle claqua derrière elle la porte de son appartement et sortit. La texane tourna à plusieurs reprises dans les rues de Star City, sans idée précise de ce qu’elle cherchait, sans vraiment savoir où se rendre. À la nuit tombée, la ville des supers s’illuminaient comme un âtre, cachant par-là la lueur hésitante des étoiles arrimées à la voûte noire des cieux. Au Texas, elle avait passé des nuits entières à les observer depuis le porche, quand le sommeil venait à lui manquer, happé par les souvenirs et le chagrin. Depuis son retour, ses nuits étaient plus calmes, fort heureusement… Quand enfin l’agent décida de s’arrêter, elle se trouvait devant un bar dont elle connaissait bien l’enseigne, pour y avoir pris quelques verres en des compagnies plus ou moins appréciables. L’une d’elle avait été le major Colt, une autre, un ami d’enfance. D’autres… Dont elle ne préférait pas se souvenir.

Comme souvent, le bar était animé. Assez pour que la jeune femme entre et se faufile jusqu’au bar en passant inaperçu. Elle demanda un soda – Pourquoi pas, après tout ? –, alla s’installer sur une table un peu en retrait et sortit son smartphone. Quelques minutes plus tard, le serveur vint lui apporter sa commande, et l’encaisser aussitôt. Elle écumait distraitement les clubs de self-défense depuis plusieurs minutes, sirotant sa boisson en se demandant si rejoindre l’un d’entre eux serait une bonne idée, quand son regard intercepta des prunelles qu’elle ne connaissait que trop bien. Décidément... Un sourire chaleureux fleurit au creux de ses lèvres, tandis que d’une œillade amicale, elle le saluait. Ne sachant pas s’il était accompagné, la jeune femme n’osa pas le déranger outre-mesure.

Mais c’était toujours un plaisir de croiser Jay Lane.
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Message posté : Mer 4 Juin 2014 - 20:11 Message
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Les soirées se suivaient et se ressemblaient toutes. C'était parfois lassant, parfois naturel. Jay s'était découvert un côté versatile qui me poussait à trouver chiantes certaines situations qui, le lendemain, lui apparaissaient comme parfaitement supportables. En gros, il avait l'impression de se comporter comme une gonzesse à changer de caractère comme de chemise, mais bon, c'était plus fort que lui. Les raisons de ce soudain changement ? Charlie. Principalement. Même si au départ Jay avait pensé que les paroles de sa sœur à propos de sa vie qui ne lui plaisait pas réellement, étaient totalement fausses, avec le temps son opinion évoluait. Il commençait à se dire qu'elle n'avait pas totalement tort et qu'il n'appréciait peut-être pas cette vie autant qu'il voulait le faire croire. Sauf que Jay était incapable de savoir ce qui lui plaisait réellement ou non et il ne voyait donc pas l'intérêt de continuer à se triturer l'esprit. À quoi bon perdre son temps à essayer de savoir si les choses se passaient aussi bien que vous le pensiez alors même que vous n'aviez jamais eu de problèmes avant ce jour ? En bref, les questionnements de Charlie avaient fini par semer le doute dans son esprit et par moment, le texan en venait à la détester pour avoir semé les graines de la discorde. Avec toutes ces conneries, il avait du mal à se comporter comme avant et ses frangins finiraient par le remarquer.

C'est donc soucieux d'éviter de se retrouver en tête-à-tête avec eux le soir où il n'était justement pas d'humeur à supporter leurs moqueries, qu'il avait décidé de sortir seul. Ça n'arrivait pas souvent et Jay savait très bien qu'ils allaient trouver ça étrange, mais sur le coup, autant dire qu'il s'en contrefoutait. Il avait donc pris son pick-up pour aller voir ailleurs et se changer les idées. Puis quoi de mieux qu'un peu d'alcool pour y arriver ? Pas grand-chose, pas dans son monde du moins. Le trentenaire avait donc jeté son dévolu sur un bar où ses frangins et lui-même ne se rendaient pas souvent. À quoi bon les fuir à la maison si c'était pour les retrouver ailleurs ? Bref, l'idée était donc de ne croiser personne qui puisse lui causer des ennuis, que ce soit du côté de Charlie ou du reste de la fratrie.

Il était installé à une table depuis quelques temps déjà et son regard se promenait sur les environs sans vraiment voir les personnes sur qui il se posait. Même le fait de changer de coin n'aidait pas à se vider l'esprit et pourtant ! Toutes ses connaissances – hormis Charlie – s'obstinaient à lui dire qu'il avait le crâne aussi vide que la réserve à bière de ses frangins, faire le vide ne devait donc pas être si compliqué, non ? La tombée de la nuit avait amené pas mal de monde et l'endroit était assez bondé. Son attention se posa finalement sur une silhouette assez connue, celle d'une amie à Charlie. En tant que telle, elle avait déjà le droit à beaucoup d'avantages comparée à la gent féminine, mais celle-là en particulier était encore plus privilégiée. Pourquoi ? Parce qu'à leur dernière rencontre, Jay avait pu constater qu'Andrea était une vraie texane, du genre à ne pas se laisser marcher sur les pieds et à savoir frapper fort. Il la respectait donc. Le sourire qu'elle lui offrit ne manqua pas d'étonner Jay, il avait toujours du mal à assimiler l'idée que quelqu'un puisse se montrer sincèrement aimable avec lui et c'est donc un simplement hochement de tête qu'il lui renvoya. Il ne fallait pas trop lui en demander non plus.

Alors qu'il songeait à simplement laisser les choses telles qu'elles étaient là, Jay hésita finalement. Ce n'était peut-être pas un simple hasard s'il croisait une personne qu'il connaissait et qui n'avait rien à voir avec ses frères et sa sœur. Enfin si, Andrea connaissait Charlie, mais de ce qu'il avait cru comprendre, les deux femmes ne s'étaient plus parlé depuis longtemps. Un simple regard sur la chaise en face – bien rangée – indiqua qu'elle avait l'air d'être seule. Il pouvait toujours aller voir si elle avait envie de tailler une bavette non ? Au final, Jay décida de faire au feeling et il quitta sa place pour s'approcher de la table de la texane qui se trouvait non loin de là. Arrivé à côté d'elle, le trentenaire la salua plus « officiellement. »

« Ça fait longtemps que j't'avais plus croisée. » Ce qui était l'équivalent d'un « bonjour ». « T'étais en vacances prolongées ? »

Après, Star City était suffisamment grande pour qu'ils puissent y vivre sans se croiser quotidiennement, mais bon. La logique de Jay était toujours aussi discutable. Et puis, s'il se souvenait bien, elle lui avait plus ou moins fait comprendre que l'UNISON la saoulait, alors il n'était pas impossible qu'elle ait tout plaqué et se soit offert des vacances avant de revenir dans le coin. Comme quoi, le texan pouvait parfois retenir certaines choses lorsqu'il s'intéressait à un sujet bien précis !

« T'es occupée ou ça t'ennuie si je te tiens compagnie deux minutes ? » Il savait être poli, quoi qu'en disent les mauvaises langues. « Sauf si t'es venue pour essayer de trouver l'homme de ta vie. »

Dans un bar, quoi de plus logique ? Cela dit, un simple regard aux alentours suffisait à dire que ce serait la pire idée qu'elle puisse avoir.
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Message posté : Sam 7 Juin 2014 - 13:53 Message
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Andrea se souvenait sans mal de sa toute dernière rencontre avec le cariste, dans ce même bar, et la façon dont le reste de la soirée s’était déroulé, et un sourire amusé étiola ses lèvres tuméfiées. Sa mère avait eu l’habitude de lui répéter dans son adolescence qu’il n’était pas bon pour elle qu’elle fréquente la famille Lane, qu’ils ne lui apporteraient jamais rien de bon, et elle devait avouer qu’elle n’avait pas vraiment eu tort sur ce point. Toujours est-il que les mises en garde de sa mère n’avait jamais empêché la texane de côtoyer Charlie et, par extension, Jay. Il s’écoula quelques instants entre le moment où elle le vit hocher la tête à son encontre et celui où elle sentit sa présence près d’elle, si bien qu’elle en conclut qu’ils en resteraient à ce simple échange de formalités, songeant qu’il devait être accompagné, ou ne voulait tout simplement pas lui parler. La dernière fois devait lui avoir suffi, et elle ne pouvait guère l’en blâmer.

Elle-même s’en était retournée à ses futiles occupations quand sa voix grave l’arracha à ses recherches. La jeune femme leva alors les yeux vers lui et sourit doucement à l’évocation des vacances prolongées. « Plus ou moins, oui », avança-t-elle. Oh, elle aurait bien voulu qu’il s’agisse de vacances prolongées, pour tout dire. Les raisons qui l’avaient poussée à se rendre au Texas n’étaient malheureusement pas de cet acabit-là, bien plus pénibles, bien plus déchirantes. Alors bien sûr, elle avait fait profit de ces mois loin de la tumultueuse Star City pour se déconnecter de la ville des supers, faire le point sur sa situation, ses envies, ses besoins. Mais non, ce n’était rien de moins qu’un deuil prolongé, un adieu.

Tout cela, bien entendu, elle se gardait bien de le dire.

La remarque de Jay sur l’homme de sa vie lui arracha un sourire amusé, et ses pensées. D’un vague geste de la main, elle l’invita à la rejoindre et rangea son smartphone dans le ventre rond de son sac à main. « Non, je t’en prie, installe toi. » Après tout elle n’attendait personne, non ? Et un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. D’autant que, dernièrement, la solitude tendait lui peser. Être seul, c’était penser, et penser c’était se laisser enliser dans des souvenirs encore trop vifs, qu’elle préfèrerait reléguer au passé pour le moment. « Il vient d’arriver, l’homme de ma vie, ironisa-t-elle, espérant toutefois ne pas froisser le texan. Elle secoua la tête en riant, se délectant d’une gorgée de soda avant de reporter son attention sur lui. Plus sérieusement, j’avais besoin de rompre avec le taff. Alors je me suis dit qu’un petit verre me ferait du bien. » Un verre d’alcool lui aurait fait du bien.

À dire vrai, c’était plus pour rompre avec la douleur qu’avec l’UNISON qu’Andrea était venue ici, car elle aimait son nouveau travail, en dépit du fiasco qu’avait été sa toute première intervention. Ses enquêtes au sein de l’organisation internationale ne s’étaient que par trop mal soldées. De l’impression de n’avoir jamais avancé, de celle de s’être fait abuser, de celle de s’être fait spoiler, écarter. Non, elle n’en gardait pas de très bons souvenir, ça allait s’en dire. Elle finit son verre d’une traite, plongeant ses prunelles dans celles de son interlocuteur et sourit. « Et toi, qu’est-ce qui t’emmène ici ? Sans tes frangins en plus ! J’te demanderais bien si tu viens trouver la femme de ta vie, mais ça risquerait de faire déjà-vu alors... » D’autant qu’un simple regard aux alentours suffisait à dire que ce serait vraiment la pire idée qu’il puisse avoir.


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Message posté : Dim 8 Juin 2014 - 14:45 Message
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Sur l'invitation d'Andrea, Jay s'installa en face d'elle alors qu'elle lui lançait une plaisanterie. Lui, l'homme de sa vie ? Bien sûr, ça coulait de source ! Le texan ne prit pas la boutade du mauvais côté étant donné qu'elle venait d'une fille qui était classée dans la catégorie « amies à Charlie », ce qui était à peu près l'équivalent de la bonne copine que tous les mecs voyaient comme un garçon manqué. Et vu que ce n'était pas réellement un mec, bah il n'avait aucune raison de se vexer de ce côté non plus. En bref, elle avait le luxe de pouvoir se payer des remarques de ce genre qui, normalement, l'aurait fait sortir de ses gongs. La texane enchaîna rapidement pour expliquer qu'elle avait eu besoin de se vider un peu la tête et qu'elle était venue ici pour ça et, forcément, le regard de Jay se baissa jusqu'au verre qu'elle tenait entre les mains avant de le vider. Se changer les idées avec un soda ? C'était un concept. Bizarre, mais c'était un concept. Il conserva le silence alors que la jeune femme enchaînait une dernière fois pour s'interroger sur la raison de sa présence ici. Elle n'avait pas tort : ce n'était pas dans ses habitudes de s'éloigner ainsi que la maison sans être avec ses frangins. Peut-être qu'en temps normal à se serait senti agacé que les gens puissent toujours l'assimiler à ses frères, mais avec ce qui était arrivé récemment, Jay avait fini par comprendre que c'était la vérité. Il ne vivait que pour les trois autres et n'avait jamais rien fait « juste pour lui ». Sa première réaction fut de secouer la tête d'un air négatif avant de répondre de manière plus claire.

« Le jour où ça arrivera, j'crois que tu pourras t'inquiéter, parce que ce sera certainement la fin du monde. » Voilà qui résumait bien ce qu'il pensait des relations amoureuses. « J'avais un peu envie de me changer les idées. La famille c'est cool deux minutes, mais au bout d'un moment ça a tendance à porter un peu sur le chou on va dire. »

Ce qui arrivait suffisamment rarement pour être surprenant. Cela dit, Andrea ne le connaissait sans doute pas assez pour comprendre ça. Étant donné que Jay était venu ici à cause des tensions qu'il avait avec sa famille depuis quelques temps, il n'avait pas forcément très envie de s'ennuyer à parler de ce genre de choses. Ce n'était pas qu'il n'avait pas envie de discuter avec la jeune femme, mais disons qu'il y avait normalement des choses plus intéressantes que de discuter d'une vie de famille aussi lassante que la leur.

« Alors tu viens te changer les idées à grand coup de verres de sodas ? Habituellement les gens s'envoient plutôt des verres d'alcool, ça soulage plus et en prime ça rend joyeux. » Il parlait forcément en connaissance de cause. « Puis pour une texane c'est un exploit de boire du soda, nan ? » Bon, là il ne parlait pas sérieusement. « Plus sérieusement, en général c'est les filles qui tiennent pas l'alcool et les femmes enceintes qui boivent ce genre de trucs, puis c'est pas ton cas que je sache ? »

Remarque, elle pourrait bien avoir un ALIEN dans le bide sans qu'il ne sache, ce n'était pas comme si ça le regardait franchement. Chacun sa vie et il y avait fort à parier que si Andrea n'avait pas été l'amie de Charlie à l'époque, ils ne se seraient jamais adressés la parole. Oh, Jay n'avait rien contre la demoiselle, il la trouvait même particulièrement sympa compte tenu du fait que c'était une gonzesse et qu'elle était naturellement faite pour être chiante, mais le contraire n'était pas forcément réciproque. Que ce soit parce que le texan avait été habitué à être considéré comme un moins que rien ou que ce soit simplement la vérité, Jay restait conscient du fait qu'il n'était pas le type le plus agréable à fréquenter qui soit. Après une légère pause, il enchaîna donc.

« Et alors, besoin de rompre avec le boulot parce que ça t'emmerde ? Je crois que t'hésitais à rester dans ton groupe, là... t'as finalement changé de milieu ou t'es toujours là-bas ? » Preuve qu'il était capable de se souvenir de certains détails lorsqu'il en avait l'envie. « On dirait que t'as eu une journée agitée. »

Enfin, s'il en croyait la manière dont elle parlait. Dans son monde, avoir besoin de rompre avec son boulot signifiait forcément qu'elle devait en avoir ras-le-bol du rester et pour que Jay soit poussé au maximum, il en fallait beaucoup ! Le texan avait simplement oublié que la quasi-totalité des habitants de cette ville n'étaient absolument pas comme lui. Fort heureusement d'ailleurs !
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 16:36 Message
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Une odeur âcre de cigarette froide embaumait, se mêlait, imperceptible, au relent écœurant de la bière éventée. Les discussions allaient bon train, de droite et de gauche, des éclats de rire par-ci, grassement servi par le fond d’une gorge déployée, des messes basses par-là, susurrées à demi-mot dans la confidence d’un verre d’alcool. Un éclairage chiche, qui n’était pas sans cacher à ses clients la crasse de l’endroit qui – sans être mal entretenu – ne se savait moins fréquenté qu’aux dernières heures du soir. Ce qu’elle trouvait à cet endroit ? Elle n’en avait aucune idée. La jeune femme, dont les yeux s’étaient perdus sur l’assistance qui peuplait le bar à cette heure – laquelle se faisait tardive –, reporta son attention sur son interlocuteur qui, après avoir pris place face à elle répondit par la négative à la question qu’elle lui avait posé. Sa remarque la fit franchement rire, et l’humour dont il faisait preuve laissa sous-entendre qu’il n’avait pas été froissé par sa remarque, ce qui rassura quelque peu la texane. Brièvement, il lui expliqua les raison de sa venue ici, arguant qu’il avait, lui aussi, besoin de se changer les idées. « C’est compréhensible. Et tu connais le dicton,… On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille. M’enfin, bon… » Sa mine se rembrunit imperceptiblement à l’évocation de ses frères. Parler famille lui rappelait systématiquement son père, dont la perte, trop récente, l’affectait encore, et, sans vouloir absolument changer de sujet, préférait noyer le poisson. Parfois, il lui semblait que tout n’était qu’un mauvais cauchemar dont elle allait se réveiller. Puis elle se réveillait, et tout devenait pire, plus, trop réel.

Jay lui fit remarquer que les gens qui avaient envie de se changer les idées prenaient d’ordinaire autre chose que du soda, ce qu’elle ne pouvait pas vraiment réfuter. « Tu as tout à fait raison ! Une texane qui boit du soda, et puis quoi encore ! » Sourit-elle. Ces clichés sur les texans n’étaient pas sans lui rappeler les échanges acerbes qu’elle avait eu avec le milliardaire et homme d’influence Gregory Williams du temps où elle avait été sa garde du corps. Ce dernier, de tout le temps qu’avait duré sa protection, s’était fait un plaisir de la confondre en pics sarcastiques sur ses prétendues origines péquenaudes. Sa pseudo-sagacité l’avait bien amusée, jusqu’à ce que l’agacement prenne le dessus. Fort heureusement, c’était désormais du passé. « J’allais justement y remédier en fait. D’un geste de la main, elle appela le serveur pour lui commander une bière, puis se tourna vers le cariste : Je t’offre quelque chose ? » La commande prise, l’homme s’éloigna, les laissant retourner à leur conversation. « En arrivant ici, c’est pas exactement ce que je comptais prendre. Andrea désigna le verre vide qui trônait fièrement en face d’elle. ‘Fin en fait j’avais besoin d’un truc frais, peu importe quoi. C’est pas que je sois enceinte ou que je ne tienne pas l’alcool, loin de là, je serais bien emmerdée dans le cas contraire vu mon job... Dans un cas comme dans l’autre ! » La jeune femme se rappela aussitôt que la dernière fois qu’elle avait croisé le texan, elle lui avait dit travailler comme enquêtrice pour l’UNISON. Un boulot plutôt calme, quand elle y regardait bien. À l’époque, elle était d’ailleurs en poste pour être la garde du corps du PDG de la Rhodes, et elle songeait à démissionner. Ce dont elle lui avait fait part.

À sa grande surprise, il s’en rappelait. Il s’en rappelait même bien puisqu’il lui demanda si elle faisait toujours partie de l’organisation internationale. « Tiens… Je suis étonnée que tu t’en souviennes ! S’exclama-t-elle d’une voix douce. Oui à l’UNISON, j’étais enquêtrice… J’y travaille toujours ouais. Mais j’ai plus ou moins changé de milieu, comme je te l’avais dit. Enfin, j’ai dû changer de milieu pour être précise. Après mes « vacances prolongées ». J’suis retournée neuf mois au Texas, à la ferme de mon père. Sa ferme, maintenant. Ses lèvres se pincèrent douloureusement, probablement pour empêcher sa gorge se serrer et les larmes, qui commençaient à poindre, de couler. Et quand je suis revenue à star City, on avait confié mon équipe à quelqu’un d’autre. Alors on m’a proposé de bosser pour l’équipe d’intervention – c’est un genre de SWAT – et j’ai accepté. Andrea cessa de parler quelques instants, le temps de remercier le serveur qui venait de poser sa bière devant elle. Franchement c’est un boulot cool, vraiment, ça me plaît. J’ai l’impression d’être utile et… ‘fin tu sais… j’peux pleinement les utiliser. Depuis leur dernière escapade, les capacités de la métisse ultime ne lui étaient pas vraiment inconnues. Il ne pouvait pas avoir oublié la fluette jeune femme fracassant un mur à coups de poing. Ce qui ne m’empêche pas… »

Elle détacha les trois premiers boutons de son chemisier crème, tirant sur le tissu pour libérer son épaule gauche. De sa main libre, elle balaya les cheveux qui cachaient encore sa peau. Un large hématome s’étendait de la racine de sa nuque à la pointe de son omoplate, descendait le long de sa clavicule, vestige de sa rencontre impromptue et involontaire avec un mur. Ses vêtements en cachaient, heureusement, la grande majorité, mais ce qu’elle laissait entrevoir était suffisant pour juger de la brutalité des coups qu’elle avait eu à supporter. « … D’avoir des journées agitées. » Elle souffla la mousse qui coulaient le long de son verre, le leva en direction de Jay et lui sourit franchement. « À la tienne et comme on dit chez nous… Amitié ! »
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 21:39 Message
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Bon, les clichés ne dérangeaient pas tellement Andrea et ce n'était pas Jay qui allait s'en plaindre ! Rien ne l'insupportait davantage que les filles – ou les mecs – qui piquaient la mouche dès qu'ils entendaient un cliché, une critique homophobe, machiste ou quoi que ce soit de ce genre ! Pourquoi ? Peut-être parce que le texan était justement une usine à clichés et à remarques déplacées, forcément ça ne passait que moyennement avec les autres. La franchise avait parfois du mal, il semblait que dans ce monde, pour avoir des amis il fallait faire preuve d'hypocrisie et de faux-semblants. Manque de bol – ou heureusement, tout dépendait des points de vue – les Lane avaient été conçus sans ce système. Les hommes du moins. Charlie était un peu plus civilisée. Quoi qu'il en soit, la jeune femme gagna encore un peu de points d'estime chez le texan en lui proposant quelque chose à boire. Ouais, s'il avait été un animal il aurait été un chien facile à appâter avec de la bouffe ou un jouet sympa. Sa réponse fut bien évidemment positive et il prit la même chose qu'Andrea – tant que ce n'était pas des sodas, tout passait – et écouta cette dernière expliquer son programme des derniers mois. Décidément, ne pas boire d'alcool, s'absenter neuf mois, on aurait presque dit qu'elle était allée faire un gamin là-bas et l’aurait laissé sur place ! Mais elle n'avait pas franchement l'air d'une maman. Enfin... à quoi ressemblait une mère ? Vu la sienne, ce n'était pas un bon exemple dirons-nous.

Il resta silencieux le temps qu'elle lui raconte donc ce qui la poussait à vouloir se reposer et vu les hématomes qu'elle arborait, ça avait l'air plutôt sérieux comme entraînement. Une chance que Jay ne soit pas du genre à se faire des idées, parce qu'entre la remarque destinée à dire qu'il était l'homme de sa vie et la chemise qui se déboutonnait, il y avait de quoi suspecter quelque chose ! Mais n'oublions pas qu'Andrea était le « bon pote » aux yeux de Jay et qu'en la regardant, il la voyait en mode censurée du menton aux chevilles. Il n'y avait donc pas le moindre problème à ce qu'il reste concentré sur la discussion et après qu'elle eut proposé de trinquer, le trentenaire l'imita et but une première gorgée avant de répondre.

« Pleinement tu dis ? Tu frappes à combien ? J'ai pas trop situé la dernière fois, j'étais un peu occupé on va dire... » C'était le moins qu'il puisse dire. « C'est bizarre que tu te ramasses des bleus comme ça, t'as pas développé une genre de résistance, un truc dans ce style ? » Le ton était un peu étonné. « Au début, lorsque je frappais, je m'explosais les os. Devait y avoir un bug, j'sais pas, mais j'ai dû pousser un peu pour que ça résiste aussi de ce côté-là. »

Bon, Jay n'avait pas vraiment pris le temps d'analyser ce qui s'était passé, disons surtout qu'il avait pensé que la jeune femme était une métahumaine comme lui. L'esprit étriqué de Jay l'empêchait de penser qu'un ancêtre d'Andrea était un homme issu d'un autre monde et qui aurait tiré son coup avec une terrienne. Sachant qu'il avait accusé Aela, une tarée rencontrée par hasard, de s'être échappée d'un asile lorsqu'elle avait prétendu venir d'un autre monde, inutile d'expliquer pourquoi il ne chercherait pas de ce côté-là. En tous les cas, le fait qu'il lui posait des questions montrait qu'il s'intéressait tout de même à ce qu'elle faisait ou devenait ! Venant de lui et surtout à l'encontre de quelqu'un qui n'était pas de la famille, c'était un véritable exploit. Enfin, pour une fois qu'il avait l'occasion de parler baston avec une nana, Jay n'allait pas s'en priver non plus !
Ces pensées l'amenèrent à se questionner un peu plus à ce propos.

« Remarque, c'est mieux qu'ils t'aient envoyée là-dedans. Ce serait un gâchis de pas utiliser ce que t'as pour toi. Enfin j'veux dire, ce serait comme de coller quelqu'un de super intelligent au nettoyage des trottoirs. J'dis pas que t'es juste bonne à frapper, mais tu saisis l'idée quoi. » Et si non, bah tant pis pour elle. L'explication n'était pas fournie avec les compliments. « Remarque, j'me dis que c'est pas si mal que tu sois restée dans ce truc-là, parce que sinon ça doit être chaud pour frapper avec toute ta force sans démonter le type en face de toi. J'pense que tu serais vite dégagée des clubs de boxe du coin. » C'était même probable. « Y'a pas mal de mutants là-bas, non ? »

Bien sûr, lui n'était pas de l'UNISON et pourtant il avait été capable de développer son don d'une manière plutôt surprenante. Il y a un an, il n'aurait pas imaginé pouvoir un jour devenir capable de frapper aussi fort – et pourtant ! Mais Jay n'avait pas l'intention de parler du Circus et de toutes ces choses, d'une part parce qu'il avait déjà Charlie sur le dos qui s'amusait à le seriner, puis ensuite parce que l'UNISON et le Cartel n'étaient pas vraiment copains. Jay n'avait d'ailleurs pas relevé le fait qu'il se souvenait de leur précédente discussion. Ça n'avait pas vraiment d'intérêt, puis de toute manière il n'avait pas envie de s'ennuyer à expliquer pour quelle raison il retenait certains trucs et d'autres non. D'ailleurs, même si les Lane n'avaient jamais été très copains avec les parents d'Andrea – prétendue mauvaise influence oblige – ça restait la famille d'Andrea. Du coup se renseigner sur la santé du paternel était peut-être une bonne idée. Ou pas. Il n'avait tellement pas l'habitude d'agir de la sorte qu'il n’en était pas convaincu. Enfin bref, il se lança finalement. Au pire, il mettrait les pieds dans le plat. Une fois de plus.

« Puis ton père d'ailleurs, ça va la ferme et tout le reste ? »

Que Charlie ne vienne plus lui dire qu'il était incapable d'être aimable de temps en temps.
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Message posté : Mer 18 Juin 2014 - 16:11 Message
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Elle déglutit une gorgée de bière, se laissant porter par la sensation froide de l’alcool sucré qui pétillait à son palais et le long de sa gorge. Au-dessus du goulot de sa pinte, la jeune femme jeta un coup d’œil à Jay et sourit intérieurement ; Certes, elle devait en convenir, le texan n’était pas l’homme le plus aimable qui soit, il était – comme beaucoup de l’état de l’étoile solitaire – doté d’une franchise qui frisait parfois la rudesse. Il ne fallait pas attendre de lui de pharisaïsme ou de complaisance, ce qui n’était pas pour lui déplaire puisqu’elle avait été, après tout, élevée avec cette même rigueur. Certes, elle était aussi intègre et savait se montrer sociable, et elle appréciait l’affabilité quand elle n’était pas synonyme de duplicité. Mais en plus de ça, Andrea n’était jamais gênée de l’honnêteté, et moins encore quand elle était servie d’aplomb. Aussi appréciait-elle la compagnie du texan au moins autant que certains devait l’exécrer pour cela.

Autre point qui favorisait ses échanges avec le texan ; Il savait – en surface – ce qu’elle était, et ne s’en formalisait pas (quoiqu’elle eut l’impression qu’il ne se formalisait pas de grand-chose). Il parlait le plus naturellement du monde, ce qui n’était pas pour déplaire à la métisse ultime qui, si elle commençait à apprivoiser sa nature et ne se cachait plus vraiment, n’était toutefois jamais à l’aise à parler ouvertement de ses capacités. Sauf avec lui. Il fallait aussi dire qu’à lui, elle avait montré tout ce dont elle était capable. À l’instar d’une femme qui, pour la première fois, aurait dévoilé la nudité de son corps à son amant, Andrea avait relégué la pudeur de ses pouvoirs à un échange de pures banalités. Le comparatif lui fit esquisser un sourire, qu’elle conserva alors même qu’il l’interrogeait.

« Aux dernières nouvelles mmh…, elle posa la pinte, un peu désarçonnée par la question. Bonne question, je n’y ai jamais vraiment réfléchi. Mais je dois me situer vers une tonne, par là. Elle agrémenta sa réponse d’un vague geste de la main. J’peux soulever des voitures, ce genre de trucs. » Et elle disait ça d'un air parfaitement normal. L’évocation de leur dernière sortie lui arracha un sourire et quoiqu’elle ne rebondit pas sur la remarque de son interlocuteur, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à cette fameuse nuit. Elle enchaîna : « Sinon ouais, j’ai développé une résistance à peu près équivalente à ce que je frappe. Mais ça a pas franchement été utile. C’est la première fois de ma vie que je me ramasse des bleus comme ça tu sais. J’ai l’impression qu’un train m’a roulé dessus. Même la balle que je me suis prise en défendant l’autre là… Elle parlait de Williams. A fait moins de dégâts. » Encore que celle-ci fut à l’origine de la seule et unique cicatrice qui entachait le corps autrement vierge de marques de la jeune femme. « J’ai dû intervenir contre un métahumain un peu plus fort que moi. Tu en as peut-être entendu parler, il a fait une prise d’otage dans une banque y’a pas longtemps. Y’a eu quelques morts. » Elle but une nouvelle gorgée de bière. Les journaux n’avaient pas tardé à s’emparer de l’affaire, défrayant les chroniques sur l’évènement, et la pseudo-inutilité des autorités compétentes pour empêcher le massacre. Bien sûr l’UNISON en avait pâti, comme toujours. Et l’incident était devenu le nouveau fer de lance des organisations anti-supers. « ‘Paraît qu’il avait un lien avec le Cartel mais je sais pas vraiment où ce type a appris à se battre. Quand on est arrivés il avait… Mais triplé de taille. J’avais jamais vu ça. De ma vie. Il m’a balayée, littéralement, contre un mur. J’ai entendu mes os craquer. Si j’avais été ‘normale’, au mieux j’aurais été paraplégique, au pire je serais morte. »

Et ni cette idée, ni l’autre, ne l’enchantait vraiment. Elle s’était, pour la première fois depuis longtemps, sentie dépassée par les évènements ! Et que dire, quand il s’avérait que l’homme n‘était même pas un super reconnu, ou classifié comme dangereux. Que dire quand le chef d’escouade lui avait glissé que malgré tout, malgré les morts, malgré la dévastation, et pour une mission de routine, elle s’était bien débrouillée. De routine ! Ce genre d’intervention allait désormais être son quotidien, et Andrea en venait réellement à se demander si c’était une bonne idée pour elle de persévérer dans cette voie. Certes, elle aimait ce qu’elle faisait, elle aimait l’idée d’être en première ligne, et elle savait qu’elle avait les capacités pour. On le lui avait dit et répété, rien ne pouvait les préparer à ce quoi elle aurait affaire en travaillant pour eux, ce qui comptait c’était la volonté, la hargne, et la faculté d’adaptation. Fort heureusement pour elle, Andrea possédait ces trois qualités. Malheureusement pour elle, ça ne suffisait pas. « Mais j’pense que t’as raison, va vraiment falloir que je songe à m’entraîner si je veux pouvoir passer l’année. »

D’un regard curieux, elle observa les clients du bar, lequel commençait à se vider à mesure sur l’heure avançait. Jay lui avança l’idée que ce n’était pas plus mal pour elle qu’il l’ait envoyée dans cette unité, arguant – à sa manière – qu’il était peut-être mieux d’évoluer dans un domaine qui nous correspondait. « Oui j’ai pigé t’en fais pas. Elle lui sourit en reportant son regard sur lui. Y’a pas mal de mutants à l’UNISON ouais… En même temps, qui mieux que des mutants pour gérer des mutants ? Ça, c’était dit. Mais j’ai pas encore trouvé avec qui j’pourrais essayer de développer un peu de mes capacités. Déjà parce que les types avec qui je bosse m’aiment – bon ça, à la limite, je m’en fous – mais surtout parce que j’ai encore rencontré personne qui résiste à une voiture lancée mach 2 qui leur passerait dessus. Quant à rejoindre un club de boxe, comme tu dis… Elle laissa sa phrase en suspension, puisqu’il était bien inutile d’ajouter quoi que ce soit. J’irais bien frapper les murs de béton, mais bon, à moins de travailler pour une société de démolition, ça risque vite d’attirer l’attention. Elle esquissa un sourire à sa propre vanne – il en fallait vraiment peu pour lui arracher une risette – et enchaîna. T’es allé où toi, pour t’entraîner ? » De toute façon la demoiselle n’avait pas beaucoup d’option ; Soit elle trouvait quelqu’un qui soit capable de résister à ses coups et de lui rendre, soit elle était bonne pour rejoindre une arène illégale qui faisait combattre les supers.

La question qui suivit la bouscula un peu, d’autant qu’elle s’était fait fort d’éviter minutieusement le sujet à mesure que la conversation avançait. Au moins, les choses seraient dites. Prenant sur elle, elle s’efforça de conserver un air impassible. « Mon père… Oh euh… Il est… décédé. AVC. Ça a été rapide, il a pas souffert. En dépit de ses efforts, une tristesse palpable brillait au creux de ses prunelles opalines. C’est pour ça que je suis retournée au Texas, funérailles, succession, ‘fin ce genre trucs. Du coup c’est à moi de m’occuper de la ferme. ‘Fin, je paye quelqu’un pour ça, en attendant de la vendre. » L’idée-même de vendre la ferme familiale dans laquelle elle avait grandi lui déchirait littéralement le cœur, mais se retrouver dans l’immense bâtisse vide de vie et pleine de souvenirs lui était encore plus douloureux.


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Message posté : Ven 20 Juin 2014 - 22:56 Message
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Une tonne ? Ce n'était pas trop mal. Pour une fille du moins. Lui avait commencé avec deux tonnes de pression, de ce que Seth avait vérifié, puis déjà à cette époque il avait trouvé que c'était plutôt passable, mais maintenant qu'il en avait largement plus, c'était encore pire. Une tonne c'était à peine l'équivalent de certains boxeurs bien entraînés, pas de quoi fouetter un chat en gros. Cela dit, le trentenaire se montra « attentionné » puisqu'il n'énonça pas tout haut ce qu'il avait en tête : son but n'était pas de la rabaisser plus bas que terre. Andrea avait aussi développé sa résistance donc c'était un assez bon début, cela dit elle n'avait visiblement pas les capacités de résister face à des Supers réellement entraînés. Il n'y avait qu'à voir contre lui, un simple homme de main : elle ne pourrait pas le repousser et il n'aurait certainement aucun problème à s'occuper de son cas. Même s'il n'avait absolument pas l'intention de le faire bien sûr. Disons juste que le fait qu'elle puisse parler du Cartel lui rappelait qu'ils n'étaient pas du tout du même côté et qu'il risquait donc de devoir agir de la sorte un jour. Enfin, s'il y restait, mais cette question le ramenait à Charlie et leurs discussions, chose qu'il ne souhaitait pas pour le moment.

Puis la discussion dévia sur quelques sujets plus gênants pour lui, à savoir l'endroit où il était allé s'entraîner par exemple, avant de finir sur les nouvelles de la famille Parker. Bon, le père qui était mort, il y avait plus gai comme sujet de discussion ! Cela dit, Jay savait parfaitement que les parents d'Andrea n'avaient jamais apprécié sa famille, alors il éprouvait une grosse difficulté à se sentir chagriné à l'idée que cet homme était mort. Mais, par politesse pour la texane, le trentenaire se contenta de rester silencieux tandis qu'elle terminait ses explications. Bon. Soyons honnêtes : il n'était pas du genre à faire l'hypocrite et à dire qu'il était désolé d'une chose dont il s'en moquait en vérité, mais là c'était un peu différent. Laissant passer quelques instants de silence, le trentenaire reprit finalement la parole pour lui répondre à sa manière.

« Désolé, j'savais pas. » Il ne voyait pas comment il aurait pu cela dit. « C'était pas vraiment des vacances du coup. C'est con, c'est jamais cool de rentrer pour un truc comme ça. » Parce que c'était là-bas chez eux après tout. « Ça veut dire que tu vas t'installer définitivement ici ? »

Cette question pouvait avoir l'air étrange sachant qu'Andrea vivait ici depuis quelques temps déjà, mais pour Jay, Star City n'était pas « chez lui », c'était juste une ville où ils étaient installés parce que la vieille le voulait, mais un jour il comptait bien rentrer à Houston. Dans son esprit c'était la même chose pour Andrea, mais apprendre qu'elle vendait le ranch de sa famille le pousser à penser que, finalement, elle n'en avait peut-être pas l'intention. Au fond, il s'en fichait un peu. Ce n'était pas parce que la jeune femme était une amie à Charlie qu'elle devenait une exception non plus. S'ils ne se croisaient pas par hasard, le texan ne ferait pas l'effort de la contacter pour avoir de ses nouvelles par exemple. Il ne traîna pas trop longtemps à ce sujet et reprit sur autre chose.

« Une ferme c'est une ferme, enfin pour moi. Mais j'imagine que t'as pas forcément envie de la vendre vu que c'est dans ta famille, y'a pas moyen de la louer plutôt ? »

Jay n'avait jamais été matérialiste et encore moins sentimental, du coup garder une maison pour ce qu'elle représentait jadis ne lui effleurerait pas l'esprit. Toutefois, il n'oubliait pas qu'il avait affaire à une femme et tout le monde savait qu'elles étaient plutôt du genre à vouloir rester accrochée aux objets qui leurs rappelaient le passé. Sauf si Andrea n'était vraiment pas une gonzesse, il n'avait jamais été vérifier après tout ! Son regard se détourna brièvement de la jeune femme avant qu'il ne reprenne.

« J'me suis pas vraiment entraîné en fait. C'est p't'être différent suivant l'origine du pouvoir, j'en sais rien. Enfin disons qu'à force de me faire chercher par d'autres types, bah c'est devenu plus efficace. T'as p't'être passé trop de temps dans les bureaux, hey. » Une pique sur le ton de la plaisanterie bien sûr. « Tu fréquentes beaucoup les types du Cartel pour vouloir t'entraîner à ce sujet ? » Le ton avait l'air léger, mais en vérité la question l'intéressait réellement. « Tu veux t'entraîner jusqu'à quel point ? Enfin, j'veux dire, jusqu'à pouvoir faire quoi exactement ? » Un haussement de sourcils interrogateur. « Parce que si tu veux vraiment t'améliorer puis que tu connais personne pour... j'peux toujours te proposer de t'aider un peu. Enfin pas en technique et ces conneries, j'y connais rien, mais je résiste à pas mal de force alors si ça peut éviter que tu abîmes tes collègues... » Il baissa les yeux vers les endroits où les bleus étaient visibles juste avant. « Et promis, j'te retournerai rien. Charlie m'en voudrait si je t'abîmais je crois. »

En fait, il n'en savait rien, il ne savait même pas si les jeunes femmes se parlaient à nouveau ou non, mais c'était plus pour la rassurer. À sa manière.
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Message posté : Dim 6 Juil 2014 - 0:23 Message
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C’était la première fois qu’elle en parlait, depuis son retour du Texas. La première fois qu’elle s’entendait le dire, et sa voix lui semblait si lointaine qu’elle peinait à croire les mots qui sortait de sa bouche. Ironie du sort, elle n’en avait pas parlé à Dana, qu’elle savait pour être une personne douce et compréhensive, ni même à Charlie, de qui elle aurait pu vouloir quérir la compagnie dans la difficulté. Elle l’avait annoncé à un homme qui ne lui aurait probablement jamais adressé la parole si ce n’était pour sa jeune sœur, qui n’avait jamais été réellement apprécié de sa famille, et qui – elle n’en doutait pas – ne devait pas avoir beaucoup de considération pour son défunt père. Pourtant, par respect, par délicatesse pourrait-on même dire, il avait choisi la carte du silence à celle de l’hypocrisie. Intérieurement, elle l’en remercia, étonnée même que le cariste puisse faire preuve d’autant de tact. Pour ravaler ses larmes – il ne manquerait plus que ça – elle se mordit l’intérieur de la joue en déglutissant quelques gorgées de bière.

« Y’a pas de souci. Ce n’était pas comme s’il avait pu en savoir quelque chose de toute façon. Et ouais, non c’était pas vraiment des vacances, tu penses bien… La paperasse. Et puis ça a tiré la gueule dans la famille, que j’hérite de tout. ‘Fin bon… Elle agrémenta sa pause pour laisser claquer sur son palais une nouvelle lampée du liquide ambré. C’est la vie ! aurait pu être son leitmotiv des derniers mois. Du coup oui, je vais rester à Star City maintenant. Peut-être retourner au Texas pendant les vacances si je garde la ferme. Un point de chute où m’aérer l’esprit quand ça devient trop dur à gérer ici. » Même si rien ne serait plus désormais pareil, la métisse ultime avait besoin de se ressourcer. Andrea n’était guère le genre de femme à rester en place trop longtemps. Sa nature la poussait à exécrer l’immobilisme, et la routine avait tendance à l’ennuyer ferme. C’est pourquoi elle avait accepté, en plus de son travail à l’UNISON, de reprendre du service pour le FBI en tant que consultante. Rien de mieux que la diversité !

« Ouais c’est clair que je suis pas super enjouée à l’idée de la vendre. Pas tant pour les souvenirs que pour avoir réellement un chez moi en fait. Les souvenirs, ils sont là, et là. Pour accompagner ses propos la jeune femme avait successivement porté sa main à son cœur, et son index à sa tempe. J’vais peut-être voir à la louer en tant que location de vacances, ça dépendra de ce que me dit l’avocat qui s’est occupé de la succession. Faudrait pas qu’elle me rapporte moins que ce qu’elle me coûte en entretien. » Elle laissa s’installer un moment de silence, pensant lequel elle sembla réfléchir. Maître Werber n’avait pas l’air d’un homme malhonnête, mais de manière générale, le seul avocat en qui Andrea aurait eu une confiance aveugle et absolue, c’était Charlie, qu’elle reconnaissait tout autant en qualité d’amie qu’en qualité de juriste d’exception.

Toujours est-il que l’agente fut soulagée de voir que la discussion repartait sur un terrain moins glissant, plus prompt à lui faire oublier les désagréments des derniers mois : la douleur des dernières heures. Jay lui signifia que, contrairement à elle, il n’avait pas cherché à s’entraîner, laissant sous-entendre qu’il s’était contenté de répondre à des provocations de combats de rue, et que sa mutation s’était chargée de faire le reste. Malheureusement pour elle, Andrea n’était pas vraiment du genre à risquer sa place pour aller taper des types dans les recoins sombres de Star City. Encore que ç’eut été une méthode d’entraînement efficace. Pressant le rebord de verre conte ses lèvres, la jeune femme vida d’une traite un bon quart de la chope qu’elle avait entre les mains avant de répondre à son interlocuteur.

« Oh ben sûrement oui ! Rétorqua-t-elle à sa boutade dans un éclat de rire. Dans le fond, le jeune homme n’avait pas totalement tort. Si elle avait participé à plus d’interventions avec son équipe d’agents, peut-être aurait-elle pu gagner en vigueur. Je sais pas trop concernant ma force… D’où ça vient, j’veux dire. Faudrait que je d… emande à Lucrèce. Ç’avait failli lui échapper. ‘Fin que je vois, quoi. La question du texan sur ses fréquentations au sein du cartel lui arracha un sourire. Bien sûr que je les fréquente ! Tous les jours ! Tout à fait mon genre d’homme, plaisanta-t-elle avec innocence. Elle recouvra son sérieux en plongeant ses yeux dans ceux de Jay, après qu’ils aient balayé la salle l’espace d’un instant. En vérité, j’ai pas plus de contact avec le cartel qu’avec les autres, elle voulait dire le commun des criminels, c’est des mecs pas mal discrets en général. Sauf quand y’en a un qui fait une grosse connerie, comme ce type. On l’a chopé parce qu’il a été assez con pour être pris avec de la drogue venant de chez eux… J’ai vraiment juste envie de m’entraîner pour pouvoir résister à des types comme lui. Jusqu’à quel point ? Je sais pas trop. Peut-être vers les 10, 20 T si on veut vraiment chiffrer. La suite de la conversation désarçonna quelque peu Andrea, qui ne s’attendait pas vraiment à cela de la part de Jay. Elle ne l’aurait pas cru capable de rendre service, ce qui impliquait que ça se fasse bénévolement et de bon cœur, deux choses auxquelles elle pensait Jay parfaitement hermétique. Cet homme ne cessait de la surprendre. Hé bien euh… Elle bégaya. Je sais pas quoi dire, ‘fin j’voudrais vraiment pas t’emmerder et tout. Et je sais pas trop comment faire, mais ouais, bien sûr ouais, ce serait génial. Ça m’enlèverait un sacré poids. »

C’était peu de le dire ! La question l’avait taraudée toute la journée, elle en était même arrivée à se demander si elle n’allait pas quitter l’Escouade. La mention à Charlie lui arracha un nouveau sourire, si bien que la jeune femme ne put s’empêcher de changer de sujet le temps de prendre des nouvelles de son amie. « Elle va bien d’ailleurs ? J’ai pensé à aller la voir quelques fois, mais j’ai été pas mal occupée ces derniers temps. Elle eut un rire nerveux. Ça m’énerve, j’ai toujours l’impression de chercher des excuses. »
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Message posté : Lun 7 Juil 2014 - 19:55 Message
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Jay ne comprenait pas grand-chose aux histoires d'héritage et compagnie. Il fallait dire que ce n'était pas au sein de sa famille qu'ils risquaient d'avoir de la dispute à propos de ça. Quand bien même la Mégère en viendrait-elle à passer l'arme à gauche, ils ne possédaient strictement rien – si ce n'était le dépotoir qui leur tenait lieu de maison. Autant dire qu'ils ne risquaient donc pas d'hériter de grand-chose. Sauf si leur géniteur avait fini par devenir une célébrité, un riche homme d'affaire ou quelque chose de ce genre et qu'il déciderait tout à coup de se souvenir de la tripoté de marmots qu'il avait eu il y a une trentaine d'années. En bref, les histoires d'argent et de famille qui se disputait, le texan ne connaissait pas vraiment ! Malgré les tensions qu'il y avait entre certains d'entre eux – son aînée et sa sœur par exemple – ils restaient relativement proches et l'idée de s'opposer à cause d'un héritage était donc plutôt bizarre. Mais bon ! Le trentenaire préféra se taire à ce sujet, tout comme lorsqu'elle parla de son avocat et des conseils qu'il pouvait lui donner. L'espace d'un instant, Jay songea à lui dire qu'elle pouvait toujours demander de l'aide à Charlie, puis il se souvint qu'il ne savait pas si les deux filles se parlaient encore ou non. Bordel, les histoires d'amitié entre nanas, Jay n'y avait jamais rien capté. Lui-même n'avait pas – ou peu – d'amis et s'avérait donc incapable de comprendre ce lien, mais il avait du mal à saisir que les deux jeunes femmes qui avaient été relativement proches durant leur enfance et vivaient désormais dans la même ville, ne prenaient pas le temps de se recroiser. Bref, ce n'était pas ses affaires de toute manière.

Le changement de sujet après la bonne gorgée d'Andrea arriva donc à point nommé. Il la laissa réagir à propos du Cartel et compagnie avant de répondre à sa proposition pour le moins surprenante. Bon, autant être honnête : lui-même s'étonnait assez d'avoir pu lui suggérer ça. Ce n'était pas du tout son genre de vouloir aider les autres et en vérité, il n'était même pas sûr de vouloir réellement le faire, mais disons que quelque chose lui murmurait de se lancer. Ce n'était pas pour Andrea, pas directement du moins, mais Jay se disait que sa frangine voyait qu'il était capable de faire autre chose que de simplement se battre – dans des combats illégaux – elle regagnerait peut-être un peu d'estime pour lui. Oh, le texan avait bien entendu ce qu'elle avait dit à ce propos, quelque chose du genre « je ne suis pas déçu de toi », mais il n'y croyait pas une seule seconde. Aider l'une de ses anciennes amies pourrait donc être bénéfique, non ? En tous les cas, c'était ce qu'il imaginait et si Andrea acceptait et qu'il finissait par en avoir marre, il pourrait toujours lui faire savoir.

Quoi qu'il en soit, la question sur sa sœur le fit réfléchir quelques instants avant de répondre.

« De toute manière, elle est toujours occupée si ça te rassure. Je crois qu'elle va bien. Ça fait un petit moment qu'je l'ai pas vue alors j'en suis pas sûr. » Il haussa les épaules comme si ça l'indifférait. « Depuis qu'elle est devenue aussi célèbre, j'crois qu'elle a au moins dix fois plus d'emmerdes qu'avant. Remarque, l'avantage c'est qu'tu pourras savoir comment elle va en lisant les magazines. »

Ou pas. Il avait bien cru qu'elle était en cloque et sur le point de se marier alors qu'en réalité, elle avait simplement été à l'hôpital avec un ami gay. Bref, inutile de préciser ce point. Jay observa son interlocutrice pendant quelques instants avant de reprendre.

« Tu pourrais toujours aller la voir pour tes histoires de location de vacances si jamais ton avocat fais pas l'affaire. » Il marque une petite pause. « En fait, y'a un truc qu'je capte pas trop : vous avez fait ou dit un truc qui a froissé l'autre ? Parce que j'ai du mal à capter pourquoi vous vous étiez comme ça alors qu'vous vivez dans la même ville. Enfin, j'dis pas que vous vous évitez, mais c'est l'impression que ça donne. » Il n'avait pas résisté longtemps à l'envie d'être trop franc. « J'ai jamais eu de potes aussi longtemps qu'elle et toi, mais j'trouve ça bizarre que vous vous soyez pas revues depuis le temps. Mais bon, les gonzesses vous faites toujours des trucs bizarres.... » Une belle conclusion sur sa manière de penser ! « De toute manière, si elle aura pas envie de te causer, elle le dira ou toi tu le diras. Vous serez plus vite fixées en vous reparlant, parce qu'si vous comptez sur moi pour transmettre les nouvelles, ça risque de pas être super efficace. »

Puis, de toute manière, c'était elles les deux potes, pas lui et Andrea. Il y avait fort à parier qu'ils ne se seraient jamais adressés la parole s'il n'y avait pas eu Charlie à la base. C'était déjà suffisamment surprenant que la jeune femme prenne la peine de venir lui parler alors qu'elle ne causait plus à l'avocate... il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin. Restait un dernier détail à régler.

« Puis si je te propose mon aide, c'est qu'ça me fait pas chier. De toute manière, si ça arrivait, j'te le dirai directement. » Pas besoin de douter à ce sujet. « Ca m'arrive, des fois, de pouvoir rendre service. » Vu qu'elle avait l'air d'en douter. « C'est juste qu'je croise pas grand monde qui s'intéresse aux bastons et j'ai pas franchement d'autres domaines de compétence tu vois. » Il n'était pas doué pour la cuisine ou le bowling, alors il fallait faire avec. « Vingt tonnes c'est pas mal. Et je résiste encore à ce niveau-là, donc t'as pas à t'inquiéter, t'auras pas de procès sur le dos. » Enfin, il ne comptait pas en parler à qui que ce soit pour le moment. « Ton gars, là, avec la drogue, c'était celle dont tu causais la fois dernière ? » Elle avait parlé de la Méta-X, d'où le fait qu'il s'en souvienne. « J'pensais que c'était réglé depuis le temps, ça fait un moment que ton groupe bosse dessus, non ? J'croyais qu'ils étaient un peu plus efficaces que ça quand même, c'est pas comme si les méchants gagnaient dans les films. »

Fort heureusement pour lui, ils n'étaient pas dans ces histoires de super-héros qui passaient au cinéma !
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Message posté : Mer 16 Juil 2014 - 23:41 Message
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Sa mère avait toujours eu de la rancœur à l’égard de la famille Lane, sans qu’elle ne sache jamais vraiment pourquoi. Certes, ils n’étaient pas les plus fréquentables, et Andrea même n’avait jamais réellement apprécié la compagnie les frères aînés de Charlie – Jay exclu – bien au fait que le ressentiment qu’elle éprouvait à leur égard était réciproque. Mais si une chose était certaine, c’était que leur famille était soudée, en dépit des tensions qui pouvaient éclater entre eux. S’il était une chose que la mère d’Andrea ne pouvait leur enlever, c’était qu’ils étaient toujours ensemble alors qu’elle-même entretenait des liaisons extra-conjugales et laissait germer une graine pourrie au sein de son couple. C’est qu’ils étaient toujours relativement proches, alors que sa propre famille se déchirait dans un divorce injuste et inégal, et qu’elle broyait le cœur d’un homme qu’elle avait un jour aimé, et qui l’aimait toujours. Juste avant son départ, quand elle avait fait ses bagages et qu’Andrea avait fait le choix de rester auprès de son père, la jeune femme lui avait dit ce qu’elle pensait d’elle et de ses façons de faire. Et elles ne s’étaient plus parlé pendant des mois. Si elle avait su plus tôt, peut-être aurait-elle considéré différemment les agissements de sa mère.

Toujours est-il qu’en définitive, aucune des branches de sa famille n’était vraiment soudée aux autres ; Elle ne connaissait pas le côté maternel de sa famille, sa mère étant orpheline de naissance et elle l’avait brièvement côtoyé le côté paternel dans son enfance avant qu’une dispute entre son père et ses frères ne scindent définitivement la famille en deux. Rien d’étonnant alors, à ce que le décès de ce dernier et la succession qui s’ensuivit n’envenime la situation. Dès qu’il était question d’argent… Mais Andrea préféra laisser ces considérations de côté. Déglutissant une gorgée de bière, elle écouta Jay lui expliquer qu’il pensait que Charlie allait bien, étant donné qu’il ne lui avait pas parlé depuis un certain temps déjà, ajoutant au passage que la célébrité de sa jeune sœur s’était accompagnée d’un lot d’emmerdes. Elle esquissa un sourire lorsqu’il fit allusion à la presse people et aux articles qui y paraissaient sur Charlie. « J’ai lu beaucoup de conneries dernièrement sur elle dans ces torchons, alors bon, j’évite de trop m’y attarder. Et puis de manière générale ce genre de tabloïds tu sais… Elle esquissa une moue équivoque sur ce qu’elle pensait de ces magazines et des gens qui les écrivaient. Pis dernièrement la presse, je l’ai en travers. Avec ce que l’UNISON – et moi au passage – on s’est pris sur la gueule à cause de la prise d’otage... De toute manière, dès qu’y’a matière à parler de toi, tu peux être sûrs que tu vas avoir des emmerdes. ‘Fin bon, si malgré tout elle va bien c’est le principal. »

Alors qu’elle finissait sa bière d’un trait et, d’un coup d’œil, en demandait une nouvelle au serveur, le texan lui suggéra de passer la voir si elle se trouvait avoir des emmerdes avec son propre avocat. Quand il évoqua les raisons pour lesquelles les jeunes femmes ne se parlaient plus, Andrea secoua la tête d’un air de négation. « Non, non, rien de tout ça. L’idée même d’éviter Charlie lui était inconcevable. Quand on est parties du Texas on a gardé le contact pendant quelques temps, et puis de moins en moins. ‘Fin le truc classique. Elle marqua une pause. Après, pourquoi on s’est pas revues depuis qu’on est ici. Manque de temps, repousser toujours à une autre fois, la crainte que l’autre n’en ait pas plus envie que ça. Des trucs cons quand on y pense. Le pire c’est que je suis sûre que de son côté, c’est la même chose. Elle remercia le serveur qui apportait sa nouvelle bière et en but une gorgée. De toute façon j’passerai la voir, location ou pas location. » Conclut-elle enfin.

La suite de la conversation s’orienta sur la proposition qu’il lui avait faite un peu plus tôt. Pour mettre fin à ses inquiétudes, il lui assura que si ça le faisait chier de l’entraîner à un moment où à un autre, il n’hésiterait pas à le lui dire et à y mettre fin. Et ça, la jeune femme était loin d’en douter. Elle ne connaissait peut-être pas bien le jeune homme, mais déjà assez pour savoir qu’il n’était pas du genre à s’emmerder pour quelqu’un qui ne comptait pas beaucoup à ses yeux. En guise de réponse, elle se contenta d’un hochement de tête – de toute façon, ça se passait de mots. « Comment tu voudrais qu’on s’organise, du coup ? » Au fond, tout lui irait. Elle se démerderait toujours pour dégager du temps libre. S’il se proposait de l’aider, c’était la moindre des choses de sa part de l’arranger dans la mesure du possible.

Jay évoqua brièvement l’homme de la prise d’otage, et son rapport au Cartel. Il évoqua la Meta-X dont elle lui avait déjà parlé à leur dernière rencontre, demandant s’il s’agissait de la même drogue. Depuis qu’elle avait quitté Star City, l’enquête sur la Meta avait avancé à grands pas, si bien que – disait-on – ils avaient réussi à éradiquer cette drogue de la ville des super. Une nouvelle drogue avait entre-temps émergé d’entre les entrailles du Cartel pour ravager les quartiers pauvres de Star City. Mais il ne s’agissait pas de celle-là. « Ils ont réussi à régler cette histoire quand j’étais repartie au Texas. ‘Fin bon, le Cartel c’est une hydre, tu coupes une tête y’en a trois qui poussent. Mais non, c’était pas la même drogue. C’était un truc plus soft, un genre de meth. Mais dont la formule correspondait à un cristal qu’on avait déjà trouvé sur des types du Cartel. Du coup ils ont fait le lien facilement… »

Facilement, oui, mais pour rien. Le Cartel était jusque-là resté inattaquable, et savoir d’où il venait après coup ne changeait rien au fait qu’il avait du jour au lendemain décidé de prendre une banque en otage et tué cinq personnes. S’ils étaient parvenus à le ficher plus tôt, la tragédie aurait peut-être pu éviter. Comme quoi, en matière de défense, l’UNISON avait encore du chemin à parcourir.
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Message posté : Lun 4 Aoû 2014 - 15:13 Message
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Il semblait au moins qu'ils avaient la même vision des choses concernant les torchons qui servaient de documentation aux adolescentes aux hormones en folie. Tant mieux, parce que Jay aurait eu beaucoup de mal à se dire que la meilleure amie de sa frangine était une fan des articles sur la meilleure manière de mincir avant l'été ou des dernières fréquentations de la star à la mode du moment ! Cela dit, ce n'était pas très étonnant : comme il l'avait toujours plus ou moins pensé, Jay voyait Andrea comme un mec dans un corps de fille – enfin il présumait vu qu'il ne s'amusait pas à reluquer cette partie. Elle devait donc davantage se passionner pour les motos ou les belles voitures que pour les magazines sur les célébrités. Quant à la précision sur l'UNISON, Jay ne vit pas de raison de relever ces explications : il n'y connaissait vraiment rien et devait avouer se réjouir des problèmes que ses membres pourraient avoir. Après tout, même si lui-même n'avait rien contre cet organisme, il causait beaucoup d'ennuis au Cartel et Jay y était étroitement lié – malgré lui par moments. En bref, le sujet de la célébrité semblait épuisée puisque le texan n'avait rien de personnel à avancer. Il n'était pas franchement le genre de personnalité qui pouvait intéresser les tabloïds, fort heureusement !

Le trentenaire préféra s'intéresser à la réponse d'Andrea concernant sa relation avec Charlie. Apparemment, les deux jeunes femmes avaient donc gardé contact avant de « s'oublier » et de finir par ne plus se contacter. Il semblait que c'était quelque chose de normal, mais dans le monde de Jay c'était aussi clair que si la texane s'était mise à lui parler de la douleur éprouvée lors d'une rupture amoureuse ou de ses cycles menstruels. En bref : il ne comprenait pas vraiment ce procédé et se contenta de hocher la tête. Mouais. C'était quand même bizarre de flipper que l'autre puisse ne plus vouloir vous voir ! Le jour où il avait recroisé Charlie, Jay n'avait pas cherché midi à quatorze heures : il était allé lui parler, tout simplement ! Si l'autre ne voulait pas l'écouter, il l'enverrait paître et chacun serait fixé. Rester dans l'incertitude n'était pas quelque chose de familier pour le trentenaire, excepté lorsque ça concernait sa frangine cela dit. Avec Charlie, c'était toujours plus compliqué. Peut-être que c'était la même chose pour Andrea, allez savoir ? Si ça se trouvait, elles étaient peut-être plus que des amies ? Cette simple idée fut suffisante pour qu'il décide d'arrêter ses analyses sur-le-champ : imaginer sa frangine en train de s'amuser avec sa meilleure amie – et pas en jouant à la Barbie – ce n'était pas franchement sa tasse de thé !

Bien décidé à rester convaincu que les deux jeunes femmes étaient des êtres asexuels, il décida de répondre au sujet de ce qu'elle avait dit.

« Charlie est pas franchement du genre à remballer les gens qu'elle connaissait, surtout ses anciens potes. » Après, il ne la connaissait pas sur le bout des doigts, malheureusement. « Puis de toute manière, vaut mieux y aller franchement, au moins si vous pouvez plus vous blairer, ce sera réglé et vous perdrez plus de temps avec ça. M'enfin, je suis pas le mieux placé pour donner des conseils sur les relations avec les autres. »

C'était juste une manière de confirmer qu'elle faisait le bon choix en décidant d'aller lui reparler. Andrea devait se douter que les Lane – Charlie exceptée – n'étaient jamais capables de devenir les meilleurs amis de quelqu'un d'autre. Voire simplement de pouvoir s'entendre avec une autre personne en fait. Même elle qui avait été l'amie de Charlie n'était rien de plus qu'une emmerdeuse, un joli lot ou une personne lambda – tout dépendait du Lane en face – pour eux.

Le changement de sujet qui arriva alors fut le bienvenu, même s'il posait une colle à Jay. Comment est-ce qu'ils s'organiseraient ? Euh... certainement pas en échangeant leurs numéros pour pouvoir fixer une date précise – il n'avait pas de téléphone utilisable de toute manière. Pas davantage comptant sur le hasard pour se recroiser vu le délai qu'il y avait eu entre leurs deux rencontres. Bref, Jay n'avait foutrement aucune idée de comment procéder et réfléchissait encore lorsque la jeune femme reprit à propos du Cartel. Elle avait l'air bien au courant de ce qui se passait, plus que lui même sachant que le texan n'était pas au courant des drogues en vogue au Circus. Vu qu'il n'y touchait pas, il n'y connaissait rien, c'était aussi simple que ça ! Le trentenaire hocha la tête comme pour dire que c'était une bonne chose qu'ils avancent.

« Ouais, enfin ça a surtout l'air d'être du temps perdu. J'veux dire, vous réglez un problème, y'a un autre presque pareil qui débarque juste après.... c'est un peu inutile, nan ? » Question sincère et franche. « J'sais pas, faudrait p't'être un truc plus franc histoire de régler définitivement le problème, parce que sans vouloir critiquer les gens pour qui tu bosses, les lois c'est pas super utile. » Il haussa les épaules. « Regarde mes frangins, ils ont tous fait un tour en taule ou en maison de redressement à cause de leurs conneries, bah ça a rien changé à leur manière de voir les choses. Pas que j'm'en plaigne, hein, mais ça m'a pas franchement l'air utile ce que vous faites. »

Discours un peu étrange venant de quelqu'un qui n'avait pas forcément un comportement exemplaire – pas du tout même – mais au moins Andrea ne pouvait pas dire que son interlocuteur faisait preuve d'un manque d'honnêteté avec elle. Quoi de mieux, pour sympathiser avec une femme, que de lui dire qu'elle était inutile ? Enfin, ce n'était pas ce qu'il disait véritablement, mais pas loin. Restait un dernier point à éclaircir.

« Et pour le reste... bah... j'en sais trop rien. Enfin, c'est pas comme si j'avais l'habitude de faire ça. » Tu m'étonnes. « J'sais pas, t'as un endroit où on pourrait se croiser ? Parce que j'ai pas franchement envie de débarquer là où tu bosses, puis sans vouloir te vexer, j'ai pas franchement envie que mes collègues nous voient ensemble. » Pour se taper des rumeurs de merde, sans façon. « Du coup, un lieu neutre où on se croiserait de temps-en-temps ? »

Une espèce de rendez-vous, mais le mot en moins. C'était tout de suite plus acceptable pour lui.
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Message posté : Dim 24 Aoû 2014 - 22:21 Message
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Le bar avait commencé à se vider sensiblement. Moins de rire, moins de conversations. Juste ses oreilles qui en bourdonnaient encore. Le calme soudain qui s’était abattu dans l’enceinte de l’établissement en était presque assourdissant, si bien qu’elle mit plusieurs minutes à réaliser que les conversations qui vrombissaient à ses tempes n’étaient que des réminiscences. Cette même odeur de vieille cigarette flottait dans l’air, se mêlant encore et toujours aux relents de bières et au bois humide duquel était fait le bouge. La raison de cette désertion soudaine était facile, et un simple coup d’œil suffit à le lui apprendre : Il était presque une heure du matin. D’un regard, elle balaya la salle et arriva à la conclusion qu’ils devaient être parmi les derniers clients. Le tenancier avait même déjà commencé à déblayer les déchets qui jonchaient le sol, et a essuyé les tables inoccupées dont il rabattait les chaises. Ils ne tarderaient pas à quitter l’établissement.

L’espace d’un instant, Andrea se demanda si Charlie pouvait imaginer la conversation qu’ils pouvaient tenir sur elle, et surtout ce qu’elle en dirait. Sans doute n’aurait-elle pas pensé que son frère puisse un jour encourager son ancienne meilleure à reprendre contact avec elle. Pourtant c’était bien le cas et ça, la texane n’hésiterait pas un seul instant à le lui dire, ne serait-ce que pour voir sa réaction. Inutile de préciser qu’elle garderait tout le reste sous silence. L’avocate n’avait nullement besoin de savoir qu’Andrea allait recevoir de son frère un entraînement bien spécial. Le sujet Charlie laissait cependant la métisse Ultime sceptique ; Jay pouvait bien prétendre ne pas avoir de conseils à donner aux autres sur les relations humaines – et elle était une des rares à savoir combien ça pouvait être vrai – il n’en demeurait pas moins qu’il avait raison sur au moins un point : une fois la question réglée entre elles, elle n’aurait plus de temps à perdre avec ça. Ça passait ou ça cassait, rien de plus. Si ça passait, Andrea n’était pas loin d’avoir retrouvée l’une de ses amies les plus chères. Si ça cassait, la jeune femme pourrait encore définitivement tourner cette page de son histoire ; La page Texas, la page amie, la page famille et la page Adriel. Il avait également argué que sa sœur n’était du genre à remballer les gens qu’elle connaissait, et sans douter de ses dires, elle se demanda l’espace d’instant si la Charlie qu’elle avait connu était toujours la Charlie qu’elle était. Des années s’étaient écoulées depuis leur dernière conversation et il était possible qu’elle ait changé du tout au tout, comme son ex-petit ami, ou pas du tout, comme Jay. Andrea n’aurait guère pu parier là-dessus. Pour mettre cependant un terme au chapitre – dont le tour avait été fait – la jeune femme se contenta d’abonder en son sens d’un simple « Tu as raison, oui. », déviant ainsi sur un sujet beaucoup plus délicat. De l’utilité ou de l’inutilité de la justice.

La remarque de Jay l’avait laissée passablement songeuse. Dans un sens, le cariste n’avait pas tort, et c’était en partie ce qui l’avait poussée à quitter les sections d’investigation pour rejoindre l’Escouade. Elle aurait très bien pu s’accommoder d’une nouvelle équipe, réapprendre à connaître, réapprendre les mécanismes du terrain. Après tout, ça n’aurait pas été la première fois et même si l’idée l’avait passablement ennuyée de prime abord, elle avait été envisagée. Et rejetée. Car c’était en définitive une toute autre motivation qui avait fait d’Andrea un agent de l’Escouade. L’investigation en elle-même n’avait rien de bien complexe aux yeux de la jeune femme, et elle y avait même démontré de véritables talents, en plus de s’y être pleinement épanouie. Mais c’était également un domaine régi par une mécanique complexe, qui l’avait dépassée à de trop nombreuses reprises. La frustration avait été sa principale motivation. Elle ne voulait plus que ses efforts soient vains, son travail balayé par les rouages de l’administration. Elle voulait agir au plus près. Quelques instants de silence, et la belle reprit la parole. Le visage rembruni et le ton morne.

« Du temps perdu, oui... C’est ce que je me suis dit maintes et maintes fois. Un sourire triste ourla ses lèvres. C’est très dur de voir qu’on a risqué sa vie pour rien. Pas de reconnaissance, pas de récompense. C’est injuste et frustrant. Elle but une gorgée de bière et vissa ses prunelles dans les embruns dorés qui surnageaient la surface du liquide. Mais tu sais ce qui est encore pire ? De voir que des gens malhonnêtes s’en sortent bien ! Et ça arrive tellement ! Des types que j’ai choppé la main dans le sac, libres comme l’air… Les lois ne sont rien de plus que des outils utiles à ceux qui savent s’en servir. Et inutiles entre les mains de qui elles sont un obstacle. L’impunité m’écœurt, c’est pour ça que j’ai quitté la section d’investigation. Et que j’agis maintenant sur le terrain. C’est le seul moyen que j’ai trouvé d’être utile et de rester fidèle à qui je suis. » Honnête diraient certains, vaine diraient d’autres.

À dire vrai, elle n’avait pas grand-chose à faire de ce que disaient les autres. Sa vision des choses pouvaient bien sembler naïve ou pessimiste, elle n’en résultait pas moins des expériences par lesquelles était passée Andrea. Elle appréciait cependant l’honnêteté dont faisait preuve son interlocuteur, même si elle ne pouvait nier qu’au fond, la vérité lui fasse mal et l’enrage. Ce n’était pas tant qu’il lui ait dit, parce qu’elle savait qu’on fond, Jay n’avait aucun intérêt à lui dire ce genre de chose pour la blesser, et de la même manière n’avait aucun intérêt à le lui cacher pour la préserver. Il le lui disait parce qu’il le pensait, et ça l’offensait parce que c’était vrai. Par chance, le cariste, en changeant de sujet, avait balayé ces considérations en un instant. Soulevant des questions bien plus problématiques. Il lui avoua qu’il ne savait pas trop comment procéder, mais concéda toutefois que le mieux pour eux était de se retrouver dans un lieu neutre, et ce afin d’éviter, basiquement, que leurs univers se rencontrent. Elle ne pouvait qu’approuver : la jeune femme n’avait guère envie que ses pairs de l’UNISON n’apprenne pour sa collaboration, et elle-même n’avait réellement envie de côtoyer le quotidien de Jay. « Tu as raison, il faudrait aussi convenir d’un jour. Quant au lieu… Songeuse, Andrea essaya de se souvenir des lieux paumés qu’elle connaissait. L’idée était de dénicher un lieu assez paumé pour que leurs entraînements n’attisent la curiosité de personne. Ah ! S’exclama-t-elle, soudain. Tu connais cette vieille usine de jouets dans Chinatown ? Celle qui a été démantelée pour trafic d’enfant. Personne y fout jamais les pieds, et elle est un peu en retrait, ça pourrait convenir non ? »

Ce n’était peut-être pas l’idéal, mais c’était ce qu’elle avait de mieux à proposer pour le moment.
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Message posté : Lun 25 Aoû 2014 - 1:12 Message
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Il semblait que la remarque que Jay avait faite à propos de l'inutilité du boulot d'Andrea, n'avait pas trop enchanté cette dernière. Surprenant ? Assurément non, il venait tout de même de la descendre, elle et tous ses collègues, ce qui n'était pas franchement aimable de sa part. Cela dit, le texan ne l'avait jamais été avec personne, pas même sa frangine. Au final, il pouvait s'estimer heureux de ne pas se retrouver avec une gifle en plein visage et à devoir trouver une explication pour justifier le bel hématome qu'il se récolterait dès demain. Il fallait croire qu'Andrea était habituée aux types peu subtiles, à moins qu'elle n'en ait juste rien à faire de ce qu'il pensait d'elle ? Allez savoir. De toute manière, le trentenaire ne l'avait pas dit pour lui faire du mal, mais juste pour exprimer ce qu'il pensait de tout cela. La franchise était la pire chose qui puisse exister semble-t-il, enfin c'était ce que le texan en déduisait en voyant le nombre de personnes qu'il avait réussi à froisser depuis qu'il était en âge de parler.

C'est à ce moment où il démontra que sous ses airs de type grognon et incapable de se montrer aimable, il subsistait un minimum de savoir-vivre. Car au lieu de persister dans cette voie en sachant très bien qu'il risquait de vexer, voire blesser, Andrea, le texan préféra laisser filer et se contenter d'acquiescer d’un vague hochement de la tête. Pourtant, en temps normal il aurait plutôt été du genre à en remettre une couche pour voir jusqu'à où l'autre saurait garder son calme en comprenant à quel point son boulot était inutile et qu'il ne changerait jamais rien à la criminalité qui gangrenait la ville. Parce que oui, Jay pouvait être attentionné à ses heures. C'était juste que les gens ne le remarquaient pas lorsque ça arrivait.

La discussion glissa à nouveau sur les prochaines rencontres qui ne seraient pas laissées au hasard et permettraient donc à la jeune femme d'améliorer ses compétences actuelles. C'était plutôt bizarre de se dire qu'il allait jouer « au prof » avec elle et soyons honnêtes, il n'était pas convaincu que Charlie serait heureuse d'apprendre qu'il incitait sa meilleure amie – ou ex-meilleure amie – à se bastonner. Mais bon, elle avait déjà bien assez honte de lui, alors une chose de plus ou de moins, qu'est-ce que ça changerait ? Le texan se laissa quelques secondes de réflexion avant de répondre.

« Ça peut le faire, ouais. Enfin, j'en ai entendu parler, mais j'y ai jamais été. » Dans le genre flippant, une ancienne usine de jouets, c'était pas mal ! « J'pense que ça doit être pas mal dégagé, puis insonorisé. Parce que j'ai pas franchement envie que les flics débarquent parce que les voisins ont entendu des bruits bizarres. » Liés aux entraînements bien sûr. « Enfin, quoique... je doute que dans ce quartier, les flics soient les bienvenus. » Tout le monde avait plus ou moins entendu parler de la mafia là-bas. « Puis si y'a des jeunes qui squattent, t'auras qu'à les faire flipper un bon coup, j'suis sûr que tu sais bien le faire ! »

Et venant de lui, c'était un compliment ! Jay n'avait connu que des « femmes » de caractère et au final, Charlie était la seule véritable gonzesse qu'il avait pu côtoyer de manière récurrente. Leur génitrice étant plus proche du cétacé que de l'humain, elle n'entrait pas en ligne de compte. Bref, pour un texan comme lui, une femme qui s'imposait c'était forcément le bien. Quoi qu'il en soit, le sujet avait l'air d'être réglé. Il avait terminé sa bière et même s’il bossait le lendemain, l'idée de se coucher tôt ne l'accaparait pas vraiment. Son regard se reposa finalement sur Andrea après avoir observé les environs pour constater qu'il avait passé plus de temps que prévu avec la jeune femme. Un dernier point restait à éclaircir.

« Par contre... même si j'me doute que tu vas le savoir, j'tiens pas à que Charlie soit au courant de ça si jamais tu la revoies. En fait, elle a même pas besoin de savoir qu'on s'est recroisés depuis que t'es de retour en ville. » Pas qu'il avait honte de ça bien sûr, mais bon. « Puis tant qu'à faire, y'a pas grand monde qu'est au courant pour ça... » À comprendre, ses pouvoirs. « …. du coup j'aimerais bien qu'ça reste comme ça. J'ai pas besoin de détails comme ça pour que les gens me prennent en grippe, alors on va éviter d'en rajouter une couche. »

Après, il s'en foutait pas mal de ce que les autres pensaient de lui et même si les mutants étaient bien acceptés dans ce monde, il préférait éviter de donner le bâton pour se faire battre. Son caractère exécrable était déjà un point de départ suffisamment handicapant pour qu'il n'en rajoute pas davantage. Son regard clair se détourna finalement de la trentenaire pour se diriger vers le bar avant qu'il ne reprenne la parole, espérant simplement qu'il n'allait pas titiller un point trop sensible. Puis sinon... bah tant pis. Ce serait un premier entraînement improvisé ?

« Puis si t'as d'la frustration, tu pourras la garder pour ces soir-là. Taper dans le tas, ça défoule bien. » Il la regarda à nouveau. « Enfin j'te traite pas de tas hein. »

Les compliments à la mode jayienne.
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Message posté : Dim 31 Aoû 2014 - 21:43 Message
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Andrea n’était pas sans se l’avouer, la discussion qu’elle était en train d’avoir avec Jay était tellement surréaliste qu’elle peinait elle-même à le croire. Bien qu’elle ait traîné un certain temps avec lui quand ils habitaient encore au Texas, elle ne s’était jamais, jamais, sentie proche de lui. Et elle le savait, la réciproque était vraie. Si ça n’avait pas été pour Charlie, le texan n’aurait jamais posé les yeux sur elle, ne lui aurait jamais parlé… Quant à lui apporter son aide ? Il n’y fallait pas compter ! Là encore, à cet instant précis, la jeune femme se demandait ce qui pouvait bien avoir poussé le Lane à lui avoir proposé son aide aujourd’hui, alors qu’elle-même n’avait plus adressé un mot à Charlie depuis des années. Lui avoir déjà parlé était un fait appréciablement notable. Durant l’instant de silence qui avait suivi ses marasmes allégoriques, Andrea s’était plu à imaginer ce qui pouvait bien pousser son interlocuteur à vouloir user ainsi de son temps pour une fille dont il n’avait très probablement que faire. Ce n’était pas l’argent, puisqu’il lui avait clairement dit qu’il n’escomptait aucune rémunération. L’attrait du combat ? Peut-être bien, Jay lui avait semblé être friand de pugilat, et lui en avait même fait une sublime démonstration lors de leur dernière escapade texane. L’attrait du combat… Un trait de caractère qu’elle lui connaissait depuis leurs jeunes années. Ou alors il avait simplement envie de rendre service ! La jeune femme saisit son verre du bout des doigts pour déglutir une gorgée d’alcool, étouffant dans l’œuf le rire qui avait commencé à étirer ses lèvres. Si sympathique que puisse être Jay – et il l’était ! – elle l’imaginait bien mal en bon samaritain de la tatane.

Toujours est-il que, si la discussion semblait provenir tout droit de la quatrième dimension, Andrea y prenait un plaisir certain et Jay se montrait de bonne compagnie. Pour une fois, la soirée s’était déroulée sans accroc. Lorsque le sujet avait dévié sur l’endroit dont ils useraient pour leurs séances d’entraînement, l’agent réfléchit quelques instants à la possibilité d’utiliser une des anciennes caches du FBI ou de l’UNISON. Les sous-sols de Star City en étaient criblés, et la plupart étaient totalement laissés à l’abandon. Ç’eut été l’idéal ; Ils disposaient de salles insonorisées et de leur propre groupe électrogène, le système électrique était indépendant et ils n’apparaissaient même pas sur les journaux immobiliers. De véritables no-man’s land au milieu de la jungle urbaine. Le gros problème, c’est que ces lieux étaient scellés en grande majorité, et la jeune femme se demandait même s’ils n’étaient pas sous vidéosurveillance, ce qui rendait leur exploitation impossible.

« J’y suis allée deux, trois fois. Des histoires de junkies à la méta, rien de bien méchant. En vérité, ç’avait une mission de routine, tous étant trop défoncés à la pour montrer une quelconque once d’agressivité. On avait clean l’endroit, mais ça remonte à un bail alors ce n’est pas impossible qu’il soit de nouveau investi. Et s’ils étaient du même acabit, ça ne poserait problème ni à l’un, ni à l’autre. Y’aura peut-être besoin de nettoyer un peu. Les débris et les squatteurs. Et peut-être de barricader un peu pour éviter d’être emmerdés, mais comme c’était une usine, c’est bien insonorisé, et y’a pas grand monde qui traîne par là-bas. Flics, elle entendait. Ça sera parfait. »

Le lieu. Si tout se passait bien, ils pourraient commencer leurs activités dès le début de la semaine, et à cette idée, le cœur d’Andrea se remplit d’excitation. Ça faisait des semaines qu’elle se demandait comment elle allait bien pouvoir trouver de quoi se renforcer, et voilà que la solution se présentait à elle, de la façon la plus inattendue qui soit. Si tout allait comme convenu, ça serait la meilleure chose qui lui soit arrivé depuis des mois. Triste vie… La requête qui suivit la laissa quelque peu stupéfaite. Dans un silence attentif, elle écouta Jay lui demander de ne rien dire à sa sœur au sujet de leur projet, et même de ne pas évoquer leur rencontre. La jeune femme s’apprêtait à lui répondre quand il enchaîna, lui expliquant que peu de personnes étaient au courant de ses capacités, et qu’il préférait qu’elles demeurent secrètes, ce qu’elle comprenait parfaitement ; Elle-même ne se sentait pas réellement prête à en faire part publiquement, même dans son cercle proche. Sans un mot, la jeune femme hocha la tête de l’air de dire qu’elle comprenait, puis lui assura d’un « ton secret sera le mien » que, de son côté, personne ne saurait rien de leur entreprise.

Le sujet se clôt enfin, les laissant savourer les derniers instants de la soirée dans l’intimité d’un bar désormais à moitié vite. La boutade de Jay eut l’effet escompté en la faisant franchement éclater de rire, l’alcool et la fatigue aidant son esprit à se relâcher doucement. Oh de la frustration, elle en avait… Beaucoup. Assez pour fracasser un mur avec ses mains. Assez pour retourner Star City jusque dans ses fondations. Texan contre texan, ça suffirait. « J’prends ça pour un compliment ! » Et de vider son fond de verre d’un trait d’un seul. La jeune femme jeta un coup d’œil à l’horloge, estimant qu’il était plus que l’heure de rentrer pour elle. Elle remarqua dans le même temps que boire lui avait largement ouvert l’appétit, jusque-là coupé par la douleur qui avait parcouru tous ses membres. « Dis, je pensais rentrer mais… Tu as faim ? J’dois avoir des pizzas surgelées (Toujours mieux que sa cuisine) au frigo… Sinon on peut aussi se faire un chinois à emporter (Encore toujours mieux que sa cuisine) ! » S’exclama-t-elle de but en blanc. Pourquoi ? Parce que. « ‘Fin si ça te tente hein ! » Elle offrit un sourire sincère à son futur mentor. Loin d’elle l’idée de le contraindre, ou de l’acculer. La soirée qu’ils avaient passée promettait d’ores et déjà de belles suites, et cela suffisait peut-être au Lane, qui se tardait probablement de rentrer chez lui. Mais ça valait le coup d’essayer.

Leurs chemins se recroiseraient de toute façon bien assez tôt.


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On ne se fait pas des amis, on les reconnaît | Jay

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